Jean-Baptiste Chassignet — Mespris de la vie et consolation contre la mort
« Comte les ans, les mois, les heures et les jours »
- Comte les ans, les mois, les heures et les jours
- Et les poins de ta vie, et me dis mal-habile,
- Où ils s’en sont allés comme l’ombre fragile
- Ils se sont escoulez sans espoir de retour.
- Nous mourons et nos jours roulent d’un viste cours
- L’un l’autre se poussans comme l’onde labile
- Qui ne retourne point, mais sa course mobile
- D’une mesme roideur precipite tousjours.
- Tousjours le tems s’enfuit et n’est point reparable
- Quand il est despensé en euvre dommageable,
- L’usant et consumant en travail superflus
- Nos jours ne sont sinon qu’une petite espace
- Qui vole comme vent, un messager qui passe
- Pour sa commission et ne retourne plus.