« Gais et contents »

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Saint Graal Paul VerlaineAmour
« Gais et contents »
1888
À Fernand Langlois





à charles vesseron


Une chanson folle et légère
Comme le drapeau tricolore
Court furieusement dans l’air,
Fifrant une France âpre encor.


Sa gaîté qui rit d’elle-même
Et du reste en passant se moque
Pourtant veut bien dire : Tandem !
Et vaticine le grand choc.


Écoutez ! le flonflon se pare
Des purs accents de la Patrie,
Espèce de chant du départ
Du gosse effrayant de Paris.


Il est le rythme, il est la joie,
Il est la Revanche essayée,
Il est l’entrain, il est tout, quoi !
Jusqu’au juron luron qui sied,

Jusqu’au cri de reconnaissance
Qu’on pousse quand il faut qu’on meure
De sang-froid, dans tout son bon sens,
Avec de l’honneur plein son cœur !
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