« Ils vivent cependant et de tant de victimes »

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André ChénierIambes

Ils vivent cependant et de tant de victimes


 
Ils vivent cependant et de tant de victimes
     Les cris ne montent point vers toi.
C'est un pauvre poète, ô grand Dieu des armées,
     Que seul, captif, près de la mort,
Attachant à ses vers des ailes enflammées
     De ton tonnerre qui s'endort,
De la vertu proscrite embrassant la défense,
     Dénonce aux juges infernaux
Ces juges, ces jurés qui frappent l'innocence,
     Hécatombe à leurs tribunaux.
Eh bien, fais-moi donc vivre, et cette horde impure
     Sentira quels traits sont les miens.
Ils ne sont point cachés dans leur bassesse impure ;
     Je le vois, j'accours, je les tiens.

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