« J’ai dit à mon désir : pense à te bien guider »
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- J'ai dit à mon désir : pense à te bien guider,
- Rien trop bas, ou trop haut, ne te fasse distraire.
- Il ne m'écouta point, mais jeune et volontaire,
- Par un nouveau sentier se voulut hasarder.
- Je vis le ciel sur lui mille orages darder,
- Je le vis traversé de flamme ardente et claire,
- Se plaindre en trébuchant de son vol téméraire,
- Que mon sage conseil n'avait su retarder.
- Après ton précipice, ô désir misérable !
- Je t'ai fait dedans l'onde une tombe honorable
- De ces pleurs que mes yeux font couler jour et nuit,
- Et l'espérance aussi ta sœur faible et dolente,
- Après maints longs détours, se voit changée en plante,
- Qui reverdit assez, mais n'a jamais de fruit.