« Je le connais, Destins, vous avez arrêté »

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François de MalherbeSonnets

Au roi
« Je le connais, Destins, vous avez arrêté »


Je le connais, Destins, vous avez arrêté
Qu’aux deux fils de mon roi se partage la terre,
Et qu’après le trépas ce miracle de guerre
Soit encore effroyable en sa postérité.

Leur courage, aussi grand que leur prospérité,
Tous les forts orgueilleux brisera comme verre ;
Et qui de leurs combats attendra le tonnerre
Aura le châtiment de sa témérité.

Le cercle imaginé qui de même intervalle
Du nord et du midi les distances égale
De pareille grandeur bornera leur pouvoir.

Mais étant fils d’un père où tant de gloire abonde,
Pardonnez-moi, Destins, quoi qu’ils puissent avoir,
Ce leur sera trop peu s’ils n’ont chacun un monde.


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