« La Pensée est une eau sans cesse jaillissante »

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Société du Mercure de France, 1901 (2e éd.) (pp. 136-137).
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XXXIX




La pensée est une eau sans cesse jaillissante.
Elle surgit d’un jet puissant du cœur des mots,
Retombe, s’éparpille en perles, jase, chante,
Forme une aile neigeuse ou de neigeux rameaux,
Se rompt, sursaute, imite un saule au clair de lune,
S’écroule, décroît, cesse. Elle est sœur d’Ariel
Et ceint l’écharpe aux tons changeants de la Fortune
Où l’on voit par instants se jouer tout le ciel.
Et si, pour reposer leurs yeux du jour, des femmes,
Le soir, rêvent devant le jet mobile et vain

Qui pleut avec la nuit dans l’azur du bassin,
L’eau pure les caresse et rafraîchit leurs âmes
Et fait battre leurs cils et palpiter leur sein,
Tandis que la pensée, en rejetant ses voiles,
Dans un nouvel essor jongle avec les étoiles.

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