« Le grand homme vaincu peut perdre en un instant »
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Le grand homme vaincu peut perdre en un instant — Les Chants du crépuscule
Œuvres complètes : Les Feuilles d’automne. Les Chants du crépuscule. Les Voix intérieures. Les Rayons et les Ombres, Ollendorf, 1909, 17 (p. 245).
XVI
Le grand homme vaincu peut perdre en un instant
Sa gloire, son empire, et son trône éclatant,
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- Et sa couronne qu’on renie,
- Et sa couronne qu’on renie,
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Tout, jusqu’à ce prestige à sa grandeur mêlé
Qui faisait voir son front dans un ciel étoilé ;
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- Il garde toujours son génie !
- Il garde toujours son génie !
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Ainsi, quand la bataille enveloppe un drapeau,
Tout ce qui n’est qu’azur, écarlate, oripeau,
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- Frange d’or, tunique de soie,
- Frange d’or, tunique de soie,
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Tombe sous la mitraille en un moment haché,
Et, lambeau par lambeau, s’en va comme arraché
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- Par le bec d’un oiseau de proie ;
- Par le bec d’un oiseau de proie ;
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Et, qu’importe ! à travers les cris, les pas, les voix,
Et la mêlée en feu qui sur tous à la fois
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- Fait tourner son horrible meule,
- Fait tourner son horrible meule,
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Au plus haut de la hampe, orgueil des bataillons,
Où pendait cette pourpre envolée en haillons,
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- L’aigle de bronze reste seule !
- L’aigle de bronze reste seule !
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21 février 1835.