Mon frère, que jamais la tristesse importune
Ne trouble ses prospérités !
Va remplir à la fois la scène et la tribune :
Que les grandeurs et la fortune
Te comblent de leurs biens, au talent mérités.
Que les Muses, les arts toujours d’un nouveau lustre,
Embellissent tous tes travaux ;
Et que cédant à peine à ton vingtième lustre,
De ton tombeau la pierre illustre
S’élève radieuse entre tous les tombeaux.
Mais................................................
Infortune, honnêtes douleurs,
Souffrance, des vertus superbes et chaste fille,
Salut. Mes frères, ma famille,
Sont tous les opprimés, ceux qui versent des pleurs,
Ceux que livre à la hache un féroce caprice ;
Ceux qui brûlent un noble encens
Aux pieds de la vertu que l’on traîne au supplice,
Et bravent le sceptre du vice,
Ses caresses, ses dons, ses regards menaçants ;
Ceux qui devant le crime, idole ensanglantée,
N’ont jamais fléchi les genoux,
Et soudain, à sa vue impie et détestée,
Sentent leur poitrine agitée,
Et s’enflammer leur front d’un généreux courroux.
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