« Quand les guignes furent mangées »
La bibliothèque libre.
Floréal. VI
Œuvres complètes : Les Chansons des rues et des bois, Ollendorf, 1909, 30 (p. 30).
VI
Quand les guignes furent mangées,
Elle s’écria tout à coup :
— J’aimerais bien mieux des dragées.
Est-il ennuyeux, ton Saint-Cloud !
On a grand’soif ; au lieu de boire,
On mange des cerises ; voi.
C’est joli, j’ai la bouche noire
Et j’ai les doigts bleus ; laisse-moi. —
Elle disait cent autres choses.
Et sa douce main me battait.
Ô mois de juin ! rayons et roses !
L’azur chante et l’ombre se tait.
J’essuyai, sans trop lui déplaire.
Tout en la laissant m’accuser,
Avec des fleurs sa main colère,
Et sa bouche avec un baiser.
-
-
-
-
- 12 juillet 1859.
-
-
-