À Antoine Arnault
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 178-180).
À ANTOINE ARNAULT
MEMBRE DE L’INSTITUT
LE JOUR DE SA FÊTE
ANNÉE 1812
Air du ballet des Pierrots
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- Je viens d’ Montmartre avec ma bête
- Pour fêter ce maître malin,
- Et n’ crains point qu’au milieu d’ la fête
- Un bon mot m’ renvoie au moulin.
- On dit qu’avec plus d’un génie
- Antoin’ prend plaisir à cela.
- Nous qui n’ somm’s pas d’ l’académie,
- Je viens d’ Montmartre avec ma bête
- Souhaitons-lui d’ ces p’tits plaisirs-là.
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- Il n’ s’en tient pas à des saillies ;
- Dans plus d’un genre il est heureux.
- J’ sais mêm’ qu’il fait des tragédies
- Quand il n’est pas trop paresseux [1].
- De la Merpomène idolâtre,
- Il n’ s’en tient pas à des saillies ;
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- Qu’il fass’ mourir par-ci par-là.
- Nous qui n’somm’s pas d’z héros d’théâtre,
- Qu’il fass’ mourir par-ci par-là.
- Souhaitons-lui d’ ces p’tits plaisirs-là.
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- On m’assur’ qu’il vient d’ faire un livre
- Où c’ qu’y a du bon, je l’ crois bien.
- C’ docteur-là nous enseigne à vivre
- Par la bouch’ d’un arbre ou d’un chien.
- À messieurs les polichinelles [2]
- Il dit : Vous en voulez, en v’là.
- Nous, qui n’ tenons pas les ficelles,
- On m’assur’ qu’il vient d’ faire un livre
- Souhaitons-lui d’ ces p’tits plaisirs-là.
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- À la cour il s’ moqu’rait, je l’ gage,
- Mêm’ de messieurs les chambellans.
- De c’ pays n’ayant point l’ langage,
- Il vant’ la paix aux conquérants.
- À d’ grands seigneurs qui n’ sont pas minces,
- Sans ramper, toujours il parla.
- Nous, qu’on n’a pas encor faits princes,
- À la cour il s’ moqu’rait, je l’ gage,
- Souhaitons-lui d’ ces p’tits plaisirs-là.
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- Mais, quoiqu’ malin, z’il est bon homme ;
- D’mandez à sa fille, à ses fils.
- Ah ! qu’il soit toujours aimé comme
- Il aime ses nombreux amis !
- Mais, quoiqu’ malin, z’il est bon homme ;
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- Que l’secret d’son bonheur suprême
- Reste à c’te gross’ maman que v’là.
- Nous qui sommes d’ ceux qu’Antoine aime,
- Que l’secret d’son bonheur suprême
- Souhaitons-lui d’ ces vrais plaisirs-là.
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Nota. on trouvera peut-être que cette chanson, comme beaucoup d’autres des miennes, était peu digne de voir le jour. En effet, je ne la livre à l’impression que parce qu’elle m’offre l’occasion de payer un tribut d’éloges à l’un de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu’elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m’ait pas permis d’y faire entrer l’expression de ma reconnaissance particulière pour l’homme excellent dont l’amitié me fut si longtemps utile, et me sera toujours précieuse. (1815.)