À M. de Régnier

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Alfred de MussetPoésies nouvelles

À M. de Régnier
de la Comédie-Française,
après la mort de sa fille



Quel est donc ce chagrin auquel je m'intéresse ?
Nous nous étions connus par l'esprit seulement ;
Nous n'avions fait que rire, et causé qu'un moment,
Quand sa vivacité coudoya ma paresse. 

Puis j'allais par hasard au théâtre, en fumant,
Lorsque du maître à tous la vieille hardiesse,
De sa verve caustique aiguisant la finesse,
En Pancrace ou Scapin le transformait gaiement. 

Pourquoi donc, de quel droit, le connaissant à peine,
Est-ce que je m'arrête et ne puis faire un pas,
Apprenant que sa fille est morte dans ses bras ? 

Je ne sais. - Dieu le sait ! Dans la pauvre âme humaine
La meilleure pensée est toujours incertaine,
Mais une larme coule et ne se trompe pas.
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils