À Madame la comtesse A.H.
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- Oh ! quel que soit le rêve, ou paisible, ou joyeux,
- Qui dans l'ombre à cette heure illumine tes yeux,
- C'est le bonheur qu'il te signale ;
- Loin des bras d'un époux qui n'est encor qu'amant,
- Dors tranquille, ma sœur ! passe-la doucement,
- Ta dernière nuit virginale.
- Dors ; nous prîrons pour toi, jusqu'à ce beau matin.
- Tu devais être à nous, et c'était ton destin,
- Et rien ne pouvait t'y soustraire.
- Oui, la voix de l'autel va te nommer ma sœur ;
- Mais ce n'est que l'écho d'une voie de mon cœur
- Qui déjà me nommait ton frère.
- Dors, cette nuit encor, d'un sommeil pur et doux,
- Demain, serments, transports, caresses d'un époux.
- Festins que la joie environne,
- Et soupirs inquiets dans ton sein renaissant,
- Quand une main fera de ton front rougissant
- Tomber la tremblante couronne.
- Ah ! puisse dès demain se lever sur tes jours
- Un bonheur qui jamais ne s'éclipse, et toujours
- Brille, plus beau qu'un rêve même !
- Vers le ciel étoilé laisse monter nos vœux.
- Dors en paix cette nuit où nous veillons tous deux,
- Moi qui te chante, et lui qui t'aime.
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- Nuit du 19 au 20 décembre 1827