At mihi jam puero coelestia sacra placebant,
Inque suum furtim musa trahebat opus.
OVIDE.
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- Vous dont le poétique empire
- S'étend des bords du Rhône aux rives de l'Adour,
- Vous dont l'art tout-puissant n'est qu'un joyeux délire,
- Rois des combats du chant, rois des jeux de la lyre,
- O maîtres du savoir d'amour !
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- Aussi belle qu'à sa naissance,
- Votre muse se rit des ans et des douleurs ;
- Le temps semble en passant respecter son enfance ;
- Et la gloire, à ses yeux se voilant d'innocence,
- Cache ses lauriers sous des fleurs.
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- Salut ! - Enfant, j'ai pour ma mère
- Cueilli quelques rameaux dans vos sacrés bosquets ;
- Votre main s'est offerte à ma main téméraire ;
- Etranger, vous m'avez accueilli comme un frère,
- Et fait asseoir dans vos banquets.
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- Parmi les juges de l'arène
- L'athlète fut admis, vainqueur bien faible encore.
- Jamais pourtant, errant sur les monts de Pyrène,
- Il n'avait réveillé de belle suzeraine
- Aux sons hospitalier du cor.
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- D'une fée, aux lointaines sphères,
- Jamais il n'avait dit les magiques jardins ;
- Ni, le soir, pour charmer des dames peu sévères,
- Conté, près du foyer, les exploits des trouvères,
- Et les amours des paladins.
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- D'autres, d'une voix immortelle,
- Vous peindront d'heureux jours en de joyeux accords.
- Moi, la douleur m'éprouve, et mes chants viennent d'elle.
- Je souffre et je console, et ma muse fidèle
- Se souvient de ceux qui sont morts !
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- Mai 1822.