Épître 82

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VoltaireÉpître 82

Au roi de Prusse.
1751


Dans ce jour du saint vendredi,
jour où l’on veut nous faire accroire
qu’un dieu pour le monde a pâti,
j’ose adresser ma voix à mon vrai roi de gloire.
De mon salut vrai créateur,
de D’argens et de moi l’unique rédempteur,
du salut éternel je ne suis pas en peine ;
mais de ce vrai salut qu’on nomme la santé,
mon esprit est inquiété.
Pardonnez, cher sauveur, à mon audace vaine.
ô vous qui faites des heureux,
l’êtes-vous ? Souffrez-vous ? êtes-vous à la gêne ?
Et les points de côté, la colique inhumaine,
troubleraient-ils encor des jours si précieux ?
ô philosophe roi, grand homme, heureux génie
vous dont le charmant entretien,
l’indulgente raison, l’aimable poésie,
étonnent mon âme ravie,
puissiez-vous goûter tout le bien
que vous versez sur notre vie !
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