Épître 88
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Tu pousses trop loin l’amitié, abbé, quand tu prends ma défense ; le vil objet de ta vengeance sous ta verge me fait pitié. Il ne faut point tant de courage pour se battre contre un poltron, ni pour écraser un Fréron, dont le nom seul est un outrage. Un passant donne au polisson un coup de fouet sur le visage : ce n’est que de cette façon qu’on corrige un tel personnage, s’il pouvait être corrigé. Mais on le hue, on le bafoue, on l’a mille fois fustigé : il se carre encor dans la boue ; dans le mépris il est plongé ; sur chaque théâtre on le joue : ne suis-je pas assez vengé ?