Épître 93
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Voltaire — Épître 93
à Madame élie De Beaumont,
en réponse à une épitre en vers
au sujet de Mademoiselle Corneille.
1761
en réponse à une épitre en vers
au sujet de Mademoiselle Corneille.
1761
Épître 93
S’il est au monde une beauté qui de Corneille ait hérité, vous possédez cet apanage. L’enfant dont je me suis chargé n’a point l’art des vers en partage ; vous l’avez : c’est un avantage qui m’a quelquefois affligé, et que doit fuir tout homme sage. Ce dangereux et beau talent est pour vous un simple ornement, un pompon de plus à votre âge ; mais quand un homme a le malheur d’avoir fait en forme un ouvrage, et quand il est monsieur l’auteur, c’est un métier dont il enrage. Les vers, la musique, l’amour, sont les charmes de notre vie ; le sage en a la fantaisie, et sait les goûter tour à tour : s’y livrer toujours, c’est folie.

