Étude sur le corset (1907)/Introduction
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INTRODUCTION
Mon but avait été primitivement de soutenir une thèse sur l'hygiène du vêtement en général, où chaque chapitre eut 'été consacré à une partie de cette importante question; mais devant l'étendue du cadre de ce sujet et d'autre part pressé par le temps et le désir bien naturel de finir sans retard mes études médicales, j'ai restreint, mes investigations d'hygiène au problème si passionnant parce que difficilement soluble du corset et à son rôle dans l'hygiène individuelle et dans la pathologie.
Est-il à dire par là que j'aie voulu soulever pour toujours le voile qui obscurcit depuis si longtemps cette question aussi vieille que le premier corps « à baleine » et que j'aie la prétention de faire adopter par tous mon opinion sur un sujet que tant d'autres plus autorisés que moi ont laissé, encore nimbé d'une auréole d'illustre mais vague incertitude? Loin de moi cette pensée.
Viendrai-je donc, après les A. Paré, les Winslow, les Van Swieten, les Buffon, les Montaigne, les Cruveilhier, Testut, Bouveret, Glénard, Tylicka, Gaches-sarraute, Witkowski en France; les Boas, Ewald, Rossenheim, Zimssen, Petermöller, Meinert en Allemagne, demander de rejeter complètement le corset comme un vêtement « antihygiénique et même pathogénique quand on en abuse? »
Viendrai-je au contraire, comme le dit le docteur O'Followell dans son très intéressant ouvrage Le Corset, « aux noms réunis de la : médecine et de la mode, rejeter l'emploi de tout corset qui n'est pas celui de mon invention? »
Non, je me contenterai d'exposer dans un ordre logique, le résultat de l'étude consciencieuse que j'ai faite sur le corset.
Après un aperçu nécessaire mais forcément restreint sur l'histoire du corset à travers les âges, j'aborderai son rôle sur le corps et son influence tant organique que physiologique; je présenterai ensuite le résultat des intéressantes expériences auxquelles m'a amené l'étude de ce vêtement; et je crois qu'il me sera permis alors de conclure que la question est loin d'être close et qu'il est bon de la reposer de temps en temps pour qu'on n'oublie pas qu'elle existe.
C'est maintenant le moment de remercier tous ceux : professeurs de la Faculté de Médecine ou étudiants qui ont, pendant le cours de mes études médicales, facilité l'élaboration dans mon esprit de ces connaissances parfois si abstraites. C'est tout d'abord M. le professeur Jeannel, auquel je dois mes connaissances de clinique chirurgicale; puis M. le professeur Bézy, dont j'ai su apprécier comme tant d'autres le sympathique enseignement; M. le professeur agrégé Mériel, dont l'enseignement aux côtés de son oncle, le regretté professeur Labéda, sera pour moi inoubliable; M. le professeur Audry, dont je fus l'externe; M. le professeur agrégé Baylac, dont les leçons de clinique furent pour moi une base solide à mes connaissances médicales; M. le professeur agrégé Dieulafé et M. le docteur Payrau, que je remercie sincèrement des nombreux documents qu'ils m'ont fournis pour ma thèse; et enfin M. le professeur Marie, qui a bien voulu diriger la partie expérimentale de mon étude et me faire l'honneur de présider ma thèse inaugurale.
Je ne veux pas oublier que M. Bernardin, préparateur de physique, a mis une extrême complaisance dans l'aide qu'il m'a apportée pour les expériences radiographiques et je tiens à lui dire toute ma reconnaissance.
Juillet 1907.