Étude sur le corset (1907)/Le Corset et la circulation

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:Le Corset et la Respiration Étude sur le corset(1907) :Le Corset et son influence sur le Foie et la Rate


CHAPITRE V Le Corset et la circulation

La circulation du sang est intimement liée au phénomène dont nous venons de parler : la respiration. C'est en effet au poumon que le sang vient se revivifier, se débarrasser de l'acide carbonique dont il est gêné et se charger de l'oxygène qu'il va porter avec la vie dans tous les tissus et tous les organes de l'économie.

Le corset, en gênant la respiration comme nous l'avons vu, va donc aussi influencer défavorablement la circulation. L'hématose ne va plus s'accomplir avec régularité, et c'est un sang de mauvaise qualité qui va revenir au cæur et de là être lancé dans la grande circulation d'où: incomplète vitalité des organes lointains et acheminement, peut-être, aux maladies de toutes sortes aux néoplasies même.

Pour Buttin, le cæur est moins sensible à l'action du corset que le poumon; si le corset n'est pas trop serré, il ne se passe rien d'anormal, mais il ajoute rapidement que lorsqu'il est trop serré, il n'en est plus de même.

Le cæur en effet, enfermé dans le péricarde, a besoin de toute sa liberté d'action pour remplir efficacement son rôle, il n'a plus la même facilité d'expansion maintenant que la capacité de la poitrine est diminuée, il lutte alors avec rage, mais ce n'est que par la vitesse qu'il regagne ce qu'il a perdu en force: Et ce sont les palpitations qui apparaissent avec tout leur cortège de gêne atroce, d'anxiété et de préoccupations.

Ce n'est pas tout : le sang rencontre encore des obstacles, c'est la compression des vaisseaux; la veine cave inférieure, la veine porte, les veines utéroovariennes sont diminuées de calibre et presque étranglées au niveau de la taille.

Les figures 37 et 38, planche IX, le montrent bien, surtout pour la femme assise: nous voyons, en effet, suivant les flèches x, y, z, s'exercer les différentes pressions produites par le corset. En y, les vaisseaux sont comprimés contre la colonne vertébrale; en x, c'est le foie qui est refoulé, gênant l'expansion du diaphragme; en z, la cornpression sur les organes abdomi-naux inférieurs qui augmentent la pression générale.

La circulation périphérique s'accomplit mal elle aussi, les parties comprimées ont une mauvaise circulation capillaire et c'est de là que proviennent les différentes congestions des organes tels que le foie, le poumon et le cerveau. De, là aux évanouissements, aux vapeurs si à la mode sous Louis XV, aux syncopes, il n'y a qu'un pas. Il devient t banal de Pépé-ter que c'est un des accidents les plus -fréquents à, se produire dans les réunions mondaines, les dîners; celui pour lequel, ainsi que le, di t le docteur Fr. Glénard, le médecin de service est le plus souvent appelé au théâtre, et c'est presque instinctivement que les personnes présentes cherchent à délacer le corset de la malade.

La mort subite, elle-même, peut être la conséquence de cette gêne dans la circulation et il est classique de citer le cas rapporté par A. Paré d'une jeune mariée morte pendant la cérémonie nuptiale, de s'être trop serrée la taille avec un corset. Reveillé-Parise (Gazmed 1872) raconte la désastreuse aventure d'une femme très forte qui, se faisant lacer en trois temps par sa domestique, en mourut, un jour, de suffocation. C'est encore ce dernier auteur qui rapporte l'idée bizarre d'une personne qui, pour être fortement serrée, s'était fait enfermer le corps dans un sac de peau de Penne, qu'elle avait entendu dire être inextensible.

Ælsner signale l'épistaxis comme une conséquence souvent constatée de la congestion produite par la gêne de la circulation attribuée au corset.

Ces obstacles nombreux qui entravent, la circulation générale obligent le cœur à des efforts anormaux ; Buttin considère-t-il justement que le corset peut être une raison de la dilatation cardiaque.

Ceci une fois admis, ce sera plutôt avec une idée pessimiste sur le corset que nous terminerons ce chapi tre, car ainsi que, le dit Arnould, « l'hygiène a toujours le droit de, demander que. le vêtement masculin ou féminin ne comporte pas de ligatures, ni de constrictions localisées ou étendues, compromettant la circulation sanguine ».

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