Œuvres poétiques (Théophile de Viau)/Première partie/LXXII. Les Nautoniers

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Œuvres poétiques (Théophile de Viau)/Première partie/LXXII. Les Nautoniers


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Les Amours plus mignards à nos rames se lient,

Les Tritons à l'envi nous viennent caresser,

Les vents sont modérés, les vagues s'humilient

Par tous les lieux de l'onde où nous voulons passer.


Avec notre dessein va le cours des étoiles,

L'orage ne fait point blêmir nos matelots,

Et jamais alcyon sans regarder nos voiles

Ne commit sa nichée à la merci des flots.


Notre Océan est doux comme les eaux d'Euphrate,

Le Pactole, le Tage, est moins riche que lui,

Ici jamais nocher ne craignit le pirate,

Ni d'un calme trop long ne ressentit l'ennui.


Sous un climat heureux, loin du bruit du tonnerre,

Nous passons à loisir nos jours délicieux,

Et là jamais notre oeil ne désira la terre,

Ni sans quelque dédain ne regarda les cieux.


Agréables beautés pour qui l'Amour soupire,

Eprouvez avec nous un si joyeux destin,

Et nous dirons partout qu'un si rare navire

Ne fut jamais chargé d'un si rare butin.

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