[[ ]] — Antoni Lange
A Madame S... Cantatrice
1898
A Madame S...
- Le son de votre voix, Madame, est bien pareil
- A un rayon de ciel - et qui ne le sait pas,
- D'où vient-il, le rayon? Il nous vient du soleil,
- Source de lumière, que Dieu nous dévoila.
- Mais c'est l'autre source, qu'il nous tient en secret.
- Où est le reservoir des mélodieux rayons -
- C'est un mystère sacré et nul ne le sait,
- Où se trouve la source et le soleil des sons.
- Il est dans l'invisible, il est dans le divin,
- Car il y a dans le chant un rayon angélique,
- Qui descend sur nos âmes en murmur argentin -
- Et d'un parfum celeste arrose la musique.
- Musique est une fleur, le chant est son arôme
- Et c'est par vous, Madame, que ce souffle du ciel
- Nous parvient et nous charme et de l'oubli embaume
- Tous nos maux et nos pleurs, tel un rêve éternel.
- Soyez bienvenue, douce annonciatrice
- De l'invisible soleil aux parfums mélodieux,
- Que Dieu créa pour l'homme, pour qu'il pressentisse
- Un monde, où ne règnent que les chanteurs des cieux.
- Vous êtes soeur jumelle de ce choeur ailé.
- Dans vos yeux brille un charme, qui ne pouvait pas naître
- Ici bas. Les anges pour sûr vous l'ont donné -
- Et c'est qui divinement nous enchante et penètre.