Adieux à mes amis
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 292-293).
ADIEUX À MES AMIS
Air : C’est un lanla, landerirette
- D’ici faut-il que je parte,
- Mes amis, quand loin de vous
- Je ne puis voir sur la carte
- D’asile pour moi plus doux !
- Même au sein de notre ivresse,
- Dieu ! je crois être à demain :
Fouette, cocher ! dit la Sagesse ;
Et me voilà sur le chemin.
- Malgré les sermons du sage,
- On pourrait, grâce aux plaisirs,
- Aux fatigues du voyage
- Opposer d’heureux loisirs.
- Mais une ardeur importune
- En route met chaque humain :
Fouette, cocher ! dit la Fortune ;
Et nous voilà sur le chemin.
- Ne va point voir ta maîtresse,
- Ne va point au cabaret,
- Me vient dire avec rudesse
- Un médecin indiscret ;
- Mais Lisette est si jolie !
- Mais si doux est le bon vin !
Fouette, cocher ! dit la Folie ;
Et me voilà sur le chemin.
- Parmi vous bientôt peut-être
- Je chanterai mon retour.
- Déjà je crois voir renaître
- L’aurore d’un si beau jour :
- L’Allégresse, que j’encense,
- À mon paquet met la main.
Fouette, cocher ! dit l’Espérance ;
Et me voilà sur le chemin.