Aline
La neige a couvert tout entier
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- Le sentier
- Le sentier
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Qui mène à la maison d’Aline,
Si long quand un seul le parcourt,
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- Et si court
- Et si court
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Quand deux ensemble on y chemine.
Que de fois je l’ai fréquenté
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- Cet été,
- Cet été,
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A l’heure où la rosée emperle
Dans la bonne odeur des moissons
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- Les buissons
- Les buissons
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Où rentre en caquetant le merle.
Je m’y glissais d’un pas furtif,
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- Attentif
- Attentif
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Au moindre bruit de la feuillée,
Mais surtout évitant les yeux
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- Curieux
- Curieux
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De la lune au ciel éveillée.
J’arrivais avec l’air poltron
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- D’un larron
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Qui n’a pas fait son coup de maître,
Et sans souffler je restais droit
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- A l’endroit
- A l’endroit
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D’où je l’ai vue à sa fenêtre.
C’est trop bête d’aimer ainsi !
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- Le souci
- Le souci
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Vous ôte le cœur à l’ouvrage,
Et l’on pleure, on ne sait pourquoi ;
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- Mais, ma foi,
- Mais, ma foi,
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Je vais prendre mon grand courage.
Quand les jours froids seront finis,
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- Quand les nids
- Quand les nids
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Babilleront sous la ramée,
Sitôt que le souffle attiédi
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- Du midi
- Du midi
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Verdira la plaine embaumée,
J’irai, par les ravins couverts
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- De buis verts,
- De buis verts,
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Cueillir, où je sais qu’il en pousse,
La primevère au collier d’or.
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- Pâle encor,
- Pâle encor,
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Qui grelotte en son lit de mousse.
Des fleurs elle aime le parfum,
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- Surtout un,
- Surtout un,
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C’est celui de la violette :
Il en vient, Dieu sait ! tout le long
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- Du vallon ;
- Du vallon ;
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Moi premier j’en ferai cueillette.
Le muguet fleurit dans ce coin,
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- Et plus loin
- Et plus loin
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La giroflée est par brassées.
Ah ! j’oubliais du romarin,
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- Puis un brin
- Puis un brin
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D’aimez-moi, puis quelques pensées.
J’ai lié d’un ruban coquet
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- Mon bouquet,
- Mon bouquet,
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Et je l’ai caché sous ma veste.
Plus d’une en voudrait un morceau,
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- Mais tout beau !
- Mais tout beau !
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Qu’elle aille en chercher s’il en reste.
Je trouve Aline par hasard
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- A l’écart,
- A l’écart,
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Je l’aborde avec révérence,
Et je lui dis : « Belle aux yeux doux,
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- Voulez-vous
- Voulez-vous
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Encourager mon espérance ? »
Tremblante, elle me tend la main ;
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- Le carmin
- Le carmin
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De la honte est sur son visage ;
Sa chère voix, tremblant aussi,
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- Dit : « Merci ! »
- Dit : « Merci ! »
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Voilà mes fleurs à son corsage.
Du coup nous sommes fiancés.
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- C’est assez
- C’est assez
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D’un mois pour la galanterie ;
Tout bien compté, l’anneau bénit
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- Nous unit
- Nous unit
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Le beau jour de Pâque fleurie.
L’avoir à moi seul, quel bonheur !
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- Vrai ! j’ai peur
- Vrai ! j’ai peur
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D’oublier, le jour, à lui plaire,
Et, la nuit, de pleurer souvent
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- En rêvant
- En rêvant
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Que ma noce est encore à faire.
Mais qui donc s’avance là-bas ?
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- N’est-ce pas
- N’est-ce pas
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Aline avec un jeune drôle ?
Elle se pend sans embarras
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- A son bras,
- A son bras,
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Le cou penché sur son épaule.
Malheur de moi ! tout est perdu !
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- J’aurais dû
- J’aurais dû
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Me risquer plus tôt auprès d’elle ;
J’avais déniché l’oiselet,
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- Il fallait
- Il fallait
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Tout de suite lui couper l’aile.
Le cœur ne choisit pas son jour,
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- Et l’amour
- Et l’amour
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Dresse en toute saison son piége ;
C’est une rose de Noël
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- Que le ciel
- Que le ciel
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Fait fleurir même sous la neige.