Antiquités étrusques, grecques et romaines/d’Hancarville (1785)/Préface

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Antiquités étrusques, grecques et romaines
1877-1919, 5 tomes

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Index par ordre alphabétique

Préface
De l’origine des Etrusques, et de leurs Lettres
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[modifier] PREFACE.

C’est à M. Hamilton que le public est redevable du beau recueil de dessins et de vases étrusques, grecs et romains, que nous lui donnons aujourd’hui. Conduit par un goût très-éclairé sur toutes les parties des arts, dès long-temps il s’est fait un plaisir de ramasser ces monumens précieux du génie des anciens ; et moins flatté de l’avantage de les posséder, que de celui de les rendre utiles aux artistes, aux gens de lettres, et, par leur moyen, à tout le monde en général, il a bien voulu nous les confier pour les publier, n’exigeant que la beauté de l’exécution, la fidélité du dessin, et ne se réservant que l’honneur de les faire paroître sous les auspices du roi d’Angleterre.

C’est sans doute une perte pour nos lecteurs, que les occupations de son ministère n’aient pas permis à M. Hamilton de publier lui-même le cabinet qu’il a formé avec tant d’intelligence. Plus en état que nous d’en connoître tout le mérite, cet ouvrage entre ses mains fût devenu aussi précieux que la collection même qui l’a fait naître ; mais puisque des soins d’un ordre

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bien supérieur ont privé le public de ceux qu’il eût pu donner à cette entreprise, nous tâcherons d’y suppléer autant rjue nous le pourrons, et nous nous ferons une loi de rendre avec toute l’exactitude dont nous sommes capables, les idées qu’il a bien voulu nous communiquer ; nous y joindrons celles qu’une longue étude des arts et de l’antique a pu nous fournir, et nous ne négligerons rien pour la conduire à la perfection que nous pouvons lui donner.

Au reste nos vues, dans l’ouvrage que nous entreprenons, ne se bornent point à donner une collection de dessins, à rechercher l’explication des figures qu’ils offrent à la vue, et à montrer les beautés qu’ils présentent. Nous n’aurions travaillé que pour procurer à nos lecteurs le plaisir des yeux, et que pour contenter leur curiosité, mais nous n’aurions rien fait, ou du moins bien peu de chose, pour l’avancement des arts. Notre but a été de présenter un assemblage considérable de modèles choisis ; mais nous nous sonnnes encore proposé de hâter les progrès des arts en donnant à connoître leurs principes véritables et primordiaux. C’est en cela que notre ouvrage est d’un genre que l’on peut dire absolument nouveau, car personne n’a encore entrepris de rechercher quelles loix les anciens ont suivies pour donner à leurs vases

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l’élégance que tout le monde y reconnoît : de découvrir des règles dont l’observation conduisît d’une manière sûre à les imiter ; d’assigner enfin des mesures exactes pour en fixer les proportions : afin que l’artiste qui voudroit inventer dans le même genre, ou seulement copier les monumens qui lui paroissent dignes d’être copiés, pût le faire avec autant de justesse et de précision que s’il avoit les originaux mêmes entre les mains. C’est par-là que cet ouvrage peut servir à l’avancement des arts, et faire Connoître, de la manière dont il importe qu’ils soient conners, les chefs-d’œuvres de l’antiquité que l’on doit prendre pour modèles ; car nous croyons que l’on conviendra aisément qu’il ne suffit pas d’avoir des vases des Anciens une idée générale et telle que la donnent les livres de M. le comte de Caylus, ou ceux du P. Montfaucon. Ces ouvrages servent tout au j)lus à faire voir quels membres les anciens employoient dans la composition de leurs vases, mais n’ea indiquent pas les proportions relatives, et l’on réussiroit aussi mal à les copier d’après ces notions- vagues, que l’on auroit réussi, si avant que de mesurer l’architecture des Grecs, on eût prétendu l’imiter avec succès. Nous croirions ne pas avoir fait un pas de plus si les monumens que nous publions étoient simplement pour les

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artistes les objets d’une admiration stérile ; mais nous penserons être allés un peu plus loin, si c’est un art ancien que nous tirons du tombeau, si nous offrons ses premiers rudimens et le développement successif de ses maximes fondamentales ; enfin s’il résulte de cette partie de notre ouvrage qui regarde les formes, une théorie telle que, pour passer à la pratique, il ne soit plus besoin que de l’aptitude à exécuter, ce que le travail et l’usage donnent à la main du moindre artisan. Dans tous les arts, les bons modèles font naître les idées en excitant l’imagination, la théorie fournit les moyens de rendre ces idées, c’est la pratique qui met en œuvre ces moyens, et cette dernière partie, qui est toujours la plus commune, est aussi la plus facile. Si nous remplissons notre objet, nous aurons fait ce que veut Longin, qui pense avec raison que lorsqu’on traite d’un art, le point principal consiste à montrer comment et par quels moyens ce que nous enseignons se peut acquérir.

La plus grande partie des vases que l’on trouvera dans ce recueil, est ornée de peintures-dont les sujets sont tirés deTHistoire, de la Mythologie et des coutumes religieuses, civiles ou politiques des anciens ; ce qui les rend très-intéressans pour les savans. La composition de ces pein-

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tures, la manière d’en traiter les figures, la finesse des attitudes, la beauté des expressions, la singularité du trait, les rendent très précieuses pour les peintres, pour les sculpteurs et pour ceux qui aiment le dessin. Les moindres circonstances peuvent de même intéresser les antiquaires, et c’est pour eux que nous avons cherché à n’en omettre aucune. Persuadés qu’ils feront mieux que nous les dissertations sans nombre que l’on peut faire sur de tels sujets, nous nous sommes bien gardés de leur en enlever le plaisir et le mérite. C’est donc des remarques sur les objets, et non des dissertations, que nous prétendons faire 5 ainsi l’on ne doit pas s’attendre à nous voir répandre de l’érudition sur les mônuniens que nous représentons, et si quelquefois nous disons notre sentiment sur quelquesuns de ces morceaux, si nous l’appuyons de ce que les passages des auteurs ou l’inspection des médailles, des statues, des bas-reliefs, ou des peintures antiques ont pu nous faire connoître, nous prions nos lectevirs de croire que nous n’avons pas la présomption de vouloir décider, et que nos opinions ne sont pour nous-mêmes que des doutes que nous soumettons aux lumières de ceux qui sont plus habiles que nous.

Notre objet principal sera de siiivre la marche de l’esprit humain dans la carrière des arts qui

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embellissent la société et qui rendent la vie plus agîéaljle. Nous essayerons de faire sentir quels ont étélessystêines des anciens dans presque tous les arts qui ont rapport au dessin. Nous proposerons les réflexions que nous ont fait naître les beaux monumens découverts sous les cendres du Vésuve et conservés à Portici. C’est peut-être à cette riche collection (1), aux idées qu’elle nous a fournies, aux comparaisons qu’elle nous a mis à portée de faire, que nous devons ce qu’il y aura de mieux dans notre ouvrage.

Après avoir expliqué en général le but que nous nous proposons, il ne sera pas hors de propos de rapporter ici pour quelles raisons nous nous le sommes proposé.

Nous avons reinarqué que, plus diversifiés dans les formes de leurs vases que dans celles de leur architecture, les anciens les ont variées presqu’à l’infini- ; et que tandis que celles que lions avons inventées se réduisent à une trentaine, ils nous en font connoître presqu’autaiit qu’ils ont de vases différens. Ce n’est cependant pas que nos artistes n’aient envie de se distinguer ; ce n’est pas qu’ils ne cherchent à inventer

(1) On vient de réduire aux formats in-4°. et in-8°. cet intéressant ouvrage, cimiposé de 9 volumes, qui contiennent deux cent vingt-deux sujets, et se trouve à Paris, à la même adresse que celui-ci.

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quelque chose de nouveau dans un temps où la nouveauté seule tient lieu du mérite que la chose devroit avoir ; en effet, leur intérêt, leur réputation, la considération que leur procure quelque découverte, tout les porte à faire du nouveau, quiestsûr d’être récompensé pourvu qu’il soit aaréable ; car chacun le recherche, chacun l’achète, et l’opulence s’empresse à le payer chèrement. Pourquoi donc cette stéùlité, cette sécheresse dans les formes ? pourquoi le peu d’aménité que nous savons leujr donner r Je ne pousse point l’enthousiasme pour l’antiquité jusqu’à soupçonner que cela vient de ce que nos artistes manquent de génie, ou qu’ils en ont beaucoup moins que les anciens. Je pense plutôt que cette différence entre nous et eux vient de celle qu^ est entre le point d’où ils sont partis, et celui d’où nous partons. Le goût étant en effet fondé sur nos sentiraens bien plus que sur nos connoissances, et tous les hommes étant nés sensibles, comme leur goût peut être perverti par les mauvais modèles qu’on leur vante dans leur jeunesse, il peut être perfectionné par l’habitude de n’entendre louer que les bons. Dans les commencemens de l’art on ne travailloit que d’après la nature, et d’après elle on établit des principes connus qui, étant pris dans l’essence des choses mêmes, condui-

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soient par des chemins assurés au but de l’art. Ceci n’est point un systêîhe fondé sur des préventions, et nous aurons plusieurs occasions de le montrer évidemment. Pour le dire en passant, si ce que nous avançons n’étoit qu’une supposition, et si les anciens travailloient au hasard, comment seroit il possible que, dans cette multitude infinie de ibrmes qu’ils nous ont laissées, on vît un ordre de choses et un point de ralliement qui indiquent qu’on s’est conduit par les mêmes maximes, en quelque temps et par quelques mains qu’elles aient été mises en pratique ? Il suivoit de-là que les artistes, délivrés de la tyrannie des règles qui rétrécissent l’imagination, mais guidés par des principes féconds en conséquences, laissoient prendre l’essor à leur génie, et la nature du génie étant de tenter des chemins non frayés, ils étoient créateurs. On enseignoit à celui qui commençoit à apprendre un art, moins ce qui s’étoit fait que ce qui pouvoit se faire. On tenoit en cela une conduite bien différente de celle que nous tenons aujourd’hui : ne travaillant que d’après l’exemple, on diroit que nous croyons qu’apprendre un art, est apprendre ce que fait le maître qui nous l’enseigne ; nous confondons ainsi les principes avec les pratiques de l’art, qui ne sont que les moyens dont on se sert pour

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y parvenir. De-là vient que, prévenus de riiablleté d’un liouzuie en qui ils ont mis leur confiance, les jeunes disciples suivent aveuglément sa méthode, d’après laquelle ils jugent tout ce qu’ils voient. Les maximes de leurs maîtres deviennent pour eux des entraves desquelles ils ne peuvent se tirer, ctcantens de leurs n.anières, ils ne se donnent pas la peine de rechercher les raisons qui ont engagé les inventeurs à préférer les chemins qu’ils ontsui-yis, aux chemins qu’il paroîtroit qu’ils auroîent pu suivre. C’est cependant dans la connoissance de ces raisons que consiste la véritable connoissance de la thiorie, sans laquelle l’art n’est plus qu’une opération mécanique, et l’artiste se confond avec l’artisan.

Ce seroit donc rendre aux arts un service important, que de leur proposer à la fois, et des principes assurés et de bons modèles à suivre. Quant à cette dernière partie, nous croyons pouvoir garantir que ce livre la remplira. Pour ce qui regarde les principes, nous tenterons de les établir ; les monumens même nous serviront d’exemples pour confirmer ce que nous dirons, et seront pour le public des moyens de ju^er si nous avens atteint ou non le but que nous nous sommes proposé : car, nous le répétons, soit pour ce qui regarde les peintures, soit pour

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ce qui regarde les formes, nous nous sommes fait une loi d’être aussi exacts qu’on peut l’être. Ainsi, quand bien même nous ne réussirions pas autant que nous le desirons dans notre entreprise, dont la recherche des principes pratiqués par les anciens forme un objet, elle ne seroit pas pour cela sans utilité, puisqu’en supposant qne nos raisonnemens ne fussent pas bons, les modèles que nous proposons ne laisseroient pas que d’être excellens. De plus, les idées répandues dans le cours de ce livre serviroient toujours à faire penser, aux jeunes artistes, que ce n’est pas en se tenant servilement attachés à la méthode de leurs maîtres, ni même en imitant ceux qui les surpassent, que l’on sort de la médiocrité ; mais que c’est en s’élevaiit aux principes constitutifs de l’art même ; en remontant ù, la soiuce d’où sont découlés ces principes, qui est la contemplation raisonnée de la nature des choses ; en se mettant à la place des iixTcnteurs pour voir de-là, comme d’un point élevé, tous les pas que l’art a faits jusqu’à nous, que l’on arrive à counoître tous ceux qu’il peut encore faire, que l’on devient soi-même inventeur, et que l’on parvient à reculer ces bornes étroites que le défaut de génie ne peut franchir, et qui arrêtant tous les autres, cessent d’être un cbsUcle pour les seuls granda iioiames.

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De tont ce que nous avons dit cî-dessns, il resulie que c’est pour ceux qui cultivent les iettres, pour les amateurs de l’antiquité, pour tous les artistes, que c’est enfin pour les gens de goût que nous écrivons,

Des gens de lettres et des antiquaires, il en est peu qui ne désirassent de voir une telle collection exécutée avec précision et avec soin. Ils pourront aisément comparer celle-ci avec celle du cardinal Gualtieri, rapportée dans le supplément de l’Antiquité expliquée du P. Montfaucon, et avec toutes celles qui ont été imprimées jnsqu’à présent. Si elle ne sert pas de modèle à celles que l’on pourra publier dans la suite, nous nous flattons au moins qu’elle pourra leur servir d’exemple ; et si l’exemple est trouvé bon, ce sera du moins un pas que l’on aura fait vers la perfection.

Ceux qui font des recueils d’estampes et de dessins, trouveront sans doute avec plaisir ici des copies des plus anciens dessins qui soient connus et des seuls morceaux de cette espèce qu’on puisse présenter à leur curiosité. Par cet endroit, ces peintures doivent a^^oir place à la tête de toutes les collections d’estampes et de dessins. Il est vrai que l’on voit à Rome et à Naples des restes admirables de la peinture et de la sculpture des anciens ; mais ce n’est que

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sur les vases qnl rons viennent d’eux, qtie l’on voit des traces de leur dessin, et l’on sait avec quel soin Raphael, Jules Romain, Jean-JaOudine et le Poussin ont étudié d’après ces sortes de monumens. Quels seront donc les sculpteurs, les peintres et les artistes, qui n’auront pas plaisir à étudier d’après des choses qui ont servi de maîtres à ces grands hommes, dont ils se font honneur d’être disciples ?

Nous pensons encore faire un présent agréable à ceux qui travaillent nos fayances et nos porcelaines, à ceux qui font des vases en argent, en cuivre, eu verre, en marbre, etc. Ayant employé bien plus de temps i travailler qu’à réfléchir, manquant d’ailleurs de modèles, ils seront charmés de trouver ici plus de deux cents formes absolument nouvelles pour la plupart d’entr’eux. Là, comme dans une source féconde, ils pitiseront des idées que leur habileté et leur goût sauront encore étendre pour leur avantage et pour celui du public. Et ce qui est bien important pour eux, c’est que ce sera dans la source la plus pure qu’ils puiseront ces idées. De tous les pays de l’Europe, la Campanie est en effet celui où l’on trouve le plus de vases antiques ; et c’est pour cela qu’on a soupçonné que les principales manufactures où ils se fabriquoient, étoltnt à Nola, qui est au pied du Vé-

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suve, à Capone célèbre par ses délices qiù arrêtèrent Annibal, et à Canipana qui est dans les environs de Cuincs et de Pouzzol. Ce pays ayant été d’ailleurs celui que les Romains avoient clioisi pour y établir leurs maisons de plaisance, il est naturel de croire qu’ils y avoient rassemblé ce qu’ils trouvoient de plus élégant, de plus fini et de plus précieux en tout genre. La beauté singulière des morceaux dont nous offrons le dessin mène à le penser, et ce qui confirme notre opinion, c’est que les habitans dû pays sont ceux qui ont conservé les meilleures formes dans leurs vases. Il vient peu d’étrangers à Naples, qui n’admirent la variété et l’élégance des vases les plus communs et les plus usuels, ce qui vient sans doute des belles formes des vases antiques que l’on déterre journellement, et qui vraisemblablement ont été plus communs autrefois qu’ils ne le sont aujourd’hui. La fragilité de ces monumens s’opposant à leur transport, on n’en voit qu’un très-petit nombre dans les pays étrangers, ce qui fait que la source des bons modèles s’y trouve, pour ainsi dire, tarie pour les artistes.

Toutes ces considérations, qui montrent l’impartance de l’ouvrage que nous donnons, font encore plus sentir de combien dercconnoissance l’on est tenu envers M Hamilton. Son amour pour les arts grossissant à ses yeux la crainte où

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il étoit qne les vases qu’il feroit transporter dans son pays, n’y arrivassent point sans être rorapns, cette crainte, plus que toute autre chose, ]’a déterminé à laisser graver à Najiles sa collection. Par ce moyen les artistes de toutes les nations auront les belles formes sous les yeux, à-pcu-près comme s’ils ctoient dans le caUinet qui renferme les originaux, et comme s’ils avoicntla liberté d’en disposer à leur gré. Nous espérons que ces artistes, ainsi éclairés sur las vrais principes de leur art, conJamneront bientôt au néant ces formes gothiques que l’habilude seule rend supportables : et nous aurons atteint au but si, faisant de notre livre un ouvrage agréable pour le public, nous lui sommes en même tems utiles, en engageant ceux qui travaillent pour lui, à le servir mieux, sans pour cela lui causer plus de dépense, ce qui est très possible ; car, de même qu’il en coûte autant pour élever un mauvais édifice que pour en élever un de bon goût, de uiêuie il n’en coûte pas plus de travail pour faire un beau vase que pour en faire un mauvais. Ici la dépense est dans le goût de l’artiste, et non dans la matière.

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