Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850/B (suite)

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BONCHAMP (CHARLES-MELCHIOR-ARTUS de), né en Anjou en 1760, servit avec distinction dans la guerre d’Amérique. Il était capitaine au régiment d’Aquitaine, lorsque la Révolution, qu’il désapprouvait, lui fit quitter cette place. Il se retira dans un château près de Saint-Florent ; c’est là que les insurgés de la Vendée vinrent le chercher pour le mettre à leur tête. Général prudent et habile, il battit quelquefois les troupes républicaines ; mais ses collègues l’accusèrent souvent d’indécision et de tiédeur.

Le 17 septembre 1793, l’armée de la basse Vendée, commandée par Charette et Bonchamp, rangée en bataille sur le bord de la grande route de Tiffauges à Chollet, faisant face à Torfou, fut attaquée par les Républicains sous les ordres de Kléber. L’attaque fut si impétueuse que le village et la hauteur furent évacués presque aussitôt par les Vendéens et occupés par Kléber ; mais la retraite de l’ennemi ne fut point une fuite ; il se rangea derrière les haies et les fossés. L’affaire s’engagea de nouveau, et Kléber ayant l’avantage de la position, chargea les Vendéens à la baïonnette et les débusqua ; mais les fuyards, au lieu de se jeter en arrière, filèrent par la gauche des Républicains pour les prendre en flanc et les tourner. Cette manœuvre nécessita la retraite de Kléber après cinq heures d’un combat sanglant où les deux partis montrèrent un égal courage et un grand acharnement. Les soldats qui composaient la colonne mayençaise se faisaient hacher plutôt que de rendre les armes. Cette colonne dut surtout son salut à la résolution héroïque de Chevardin, chef de bataillon des chasseurs de Saône-et-Loire. Kléber, déjà grièvement blessé et se sentant de plus en plus pressé par les Vendéens, arriva au pont de Boussay, y fit placer deux pièces de canon et dit à Chevardin : « Tu vas rester ici et défendre ce passage. Tu seras tué, mais tu sauveras tes camarades. — Oui, Général, » répondit avec une généreuse vivacité Chevardin, et il combattit et mourut au poste qui lui était assigné ; mais le passage ne fut point forcé.

Après cet échec, le général en chef Canclaux ordonna au général Beysser de se porter sur Boussay. Charette et Bonchamp résolurent de l’attaquer. Ils se joignirent à Montaigu, et là, à la suite d’un combat où le général républicain, atteint d’un biscaïen, passa pour mort pendant quelques moments, sa colonne fut mise dans un désordre complet et s’enfuit, vivement poursuivie jusqu’à Aiglefeuille.

De Montaigu, Charette marcha sur Saint-Fulgent, où il battit de nouveau les Républicains, leur prit 22 canons, leurs bagages et de nombreuses munitions. Le lendemain, 22, Bonchamp et d’Elbée assaillirent près de Clisson le général Canclaux. Déjà Bonchamp s’était emparé des chariots, des ambulances et d’une partie de l’artillerie républicaine ; mais Charette ne vint pas au rendez-vous, et les Vendéens furent vaincus à leur tour. Le 30 septembre, Kléber, placé sous les ordres de Canclaux, rencontra, à deux lieues de Montaigu, les avant-postes de Bonchamp et de d’Elbée. Ces généraux étaient campés de ce côté avec 40 mille hommes et une nombreuse artillerie. Kléber donnale signal de l’attaque. « Nous n’avons pas de canons, dirent quelques officiers. » — Eh bien ! répondit le général, reprenons ici ceux que nous avons perdus à Torfou. » Après une lutte acharnée de deux heures, les Vendéens, troublés par l’impétuosité d’une charge à la baïonnette, se rompirent et furent mis en déroute.

Aux combats de Saint-Christophe (17 novembre) et de la Tremblaie, les Vendéens, commandés par Bonchamp, d’Elbée, Lescure et Larochejaquelein, furent encore battus après une lutte sanglante. Lescure fut mortellement blessé.

A la bataille de Chollet qui eut lieu le 17, vingt-quatre mille Républicains combattirent contre quarante mille Vendéens découragés, très mal armés et encore plus mal disciplinés. Il y eut peu de batailles où les masses se soient entre-choquées avec autant de fureur. Les Vendéens eurent longtemps l’avantage. Ce fut le jeune général Marceau qui décida la victoire à se ranger de son côté. « Jamais, dit Kléber, les Vendéens n’ont livré un combat si opiniâtre, si bien ordonné ; ils combattaient comme des tigres et leurs adversaires comme des lions. » La perte des insurgés fut évaluée à 10,000 hommes tués. D’Elbée y fut blessé grièvement et Bonchamp mortellement. Ce dernier, porté à Saint-Florent, y expira le lendemain. La perte des Républicains fut considérable, surtout en officiers.

Madame de Bonchamp raconte ainsi dans ses Mémoires les derniers moments de son mari : « M. de Bonchamp, après sa blessure, avait été transporté à Saint-Florent, où se trouvaient 5,000 prisonniers renfermés dans l’église. La religion avait jusqu’alors préservé les Vendéens de représailles sanguinaires ; mais lorsqu’on leur annonça que mon infortuné mari était blessé mortellement, leur fureur égala leur désespoir ; ils jurèrent la mort des prisonniers. M. de Bonchamp avait été porté chez M. Duval, dans le bas de la ville. Tous les officiers de son armée se rangèrent à genoux autour du matelas sur lequel il était étendu, attendant avec anxiété la décision du chirurgien. Mais la blessure ne laissait aucune espérance. M. de Bonchamp le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures. Il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l’on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant vers d’Autichamp, il ajouta : « Mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l’assurance qu’il sera exécuté. » En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l’effet qu’on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s’écrièrent : « Grâce ! grâce ! Bonchamp l’ordonne ! » et les prisonniers furent sauvés.

BONET (JEAN-PIERRE-FRANÇOIS, comte) , né à Alençon, en 1768, soldat au moment de la Révolution, dans le régiment de Boulonnais (79° d’infanterie), sergent dans un bataillon de volontaires de son département, passa par tous les grades et fut nommé général de brigade. En 1794, il fit à l’armée de Sambre-et-Meuse, sous les ordres de Jourdan, les campagnes de 1794 et 1795, se signala au combat de la Chartreuse en Belgique, le 16 septembre 1794 et à ’toutes les affaires où il prit part. Il fit avec la même distinction les’ campagnes d’Allemagne et d’Italie de 96 à 99. Sa brillante conduite à la bataille de Hohen-linden, attira sur lui l’attention du premier Consul. Général de division, le 27 août 1803, il commanda la 26e division à Aix-la-Chapelle et fat envoyé au camp de Brest en 1804, sous les ordres d’Au-gereau. Il resta en non-activité jusqu’à la fin de 1807. Appelé alors au commandement d’Aranda, il se distingua surtout pendant la campagne de 1808 en Espagne, et pendant les années suivantes, à Santander, dans les Asluries, à l’attaque de Celdessajoras, à Gijon, à la bataille des Arapyles, qui.fut livrée par Mar-mont, malgré les vives remontrances du général Bonet et dans laquelle celui-ci se battit héroïquement, enfin au combat de Penaranda, où il fut blessé très-grièvement. En 1813, le comte Bonet commandait une division dans le corps de l’armée.de Marmont, à la campagne d’Allemagne. Il prit une part active à la victoire de Lutzen, où il soutint plusieurs charges de cavalerie, à Baulzen, le 8 mai, sur les hauteurs de Dohna, et le 10, dans la plaine de Tœplitz.

Le 20 mars 1815, Napoléon lui confia le commandement de Dunkerque. Après le désastre de Waterloo, Bonet reparut un moment sous le ministère du maréchal Gouvion-Saint-Cyr, et fut appelé au commandement de la 13° division à Rennes. A l’arrivée du duc de Feltre au ministère, Bonet rentra dans la vie privée et fut mis à la retraite, le 16 févrierl82o.

Au commencement de 1831, Louis-Philippe le nomma commissaire extraordinaire dans les 4e, 12" et 13’ divisions militaires, lui conféra, le 20 avril, le titre de grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur, et le créa pair de France, le 19 novembre suivant.

En 1832 il rétablit la tranquillité un moment troublée dans l’Ouest.

Nommé, cette môme année, président de la commission spéciale, envoyée en Afrique, il en revint l’année suivante, après avoir dignement rempli sa mission.

Rentré dans le cadre de réserve, en 1835.

Son nom est gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté sud.

BONNAIRE (JEAN-GERARD)[modifier]

né à Pro-pet (Aisne), le 11 décembre 1771. Entré comme simple soldat dans la carrière militaire, il avait acquis tous ses grades par des actions d’éclat, et était parvenu à celui de général de brigade, lorsqu’il fut nommé, en 1815, commandant de la place de Condé. Après les. désastres de Waterloo il refusa d’ouvrir les portes aux ennemis, et ceux-ci étaient déjà maîtres de Paris qu’il résistait encore aux Hollandais qui investissaient Condé. C’est alors que le colonel Gordon, Hollandais de naissance, naturalisé Français, péné^ tra dans la place avec des proclamations et des lettres signées par Bourmont et

Clouet. Les habitants, exaspérés et excités encore, dit-on, par le lieutenant Miéton, aide-de-camp du général, firent feu sur Gordon et le tuèrent. On saisit cette occasion de punir le général de sa résistance ; lui et son aide-de-camp furent traduits devant un conseil de guerre. Le lieutenant fut condamné à mort et fusillé le 30 juin 1816 ; quant au général, quoiqu’on ne pût le convaincre d’avoir participé à la mort de Gordon, il fut condamné à la déportation, et dégradé sur la place Vendôme en présence de la colonne dont les bas-reliefs représentaient quelques-uns de ses glorieux faits d’armes. Le brave général mourut de chagrin deux mois après dans la prison de l’Abbaye.

BONNARD (ENNEMOKD)[modifier]

né à Saint-Symphorien d’Ozon (Basses-Alpes), le 30 septembre 1756, entra au service le 29 mars 1774, dans le régiment d’artillerie d’Auxonne, et y fut fait sergent le 4 septembre 1782. Bientôt après ce régiment fit partie des troupes envoyées par le gouvernement français au secours de la république naissante des États-Unis.

La paix de 1783 ramena ces troupes en Europe. Bonnard fit partie d’un dé-lachement d’artilleurs envoyés à Naples comme instructeurs en 1787.

La révolution le fit revenir en France ; il rejoignit son régiment en 1791, et y devint sergent-major le 18 mai 1792, lieutenant au choix le 11 septembre suivant, et adjudant-major au rang de capitaine le 15 février 1798.

Il avait fait, dans ces différents grades, les campagnes de 1792 et de 1793, lorsqu’il fut promu au grade de cbef de bataillon au 2’ régiment d’artillerie, le 3 ventôse an n. Il prit alors la direction du grand parc d’artillerie qu’on avait réuni à Guise. Élevé au grade de général de brigade le 24 prairial suivant, il corn-

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manda l’artillerie au siège de Charleroi, et rendit de grands services à la bataille de Fleurus. Nommé commandant de l’artillerie du corps chargé de reprendre sur l’ennemi les places de Landrecies, du Quesnoy, de Valenciennes et de Condé, il reçut l’ordre, après la prise de ces places, de rejoindre l’armée de Sambre-et-Meuse. Jl commanda l’artillerie de l’aile droite au combat de Spremont et à la bataille de Duren sur la Roër. Ce fut lui qui dirigea l’artillerie à l’attaque du fort de Wick, lors du siège de Maastricht. Le 23 brumaire an m, il fut nommé général de division. La campagne de l’an m devait s’ouvrir par le passage du Rhin ; le général Bon-nard reçut l’ordre de tout préparer pour cette importante opération. C’était la division de Kléber qui devait tenter ce passage. On manquait d’artillerie et de tout ce qui était nécessaire pour l’effectuer ; Bonuard pourvut à tout ; lespoiutsdeDus-seldorffet d’Urdingen se trouvèrent parfaitement préparés ; le Rhin fut franchi.

En l’an îv, ce général fut mis à la tête d’une division d’infanterie avec laquelle il investit la forteresse d’Ehrenbretstein et observa la basse Lahn.

En messidor de la même année, il eut le commandement de la réserve de l’armée de Sambre-et-Meuse, dont, la division qu’il commandait précédemment faisait partie. Il prit position à Achem-bourg, le 15, passa la Lahn le 20, la Nidda le 23, et marcha sur Francfort. Le mois suivant, sa division fut attachée ail corps-de Marceau, qui devait investir Mayence, observer la garnison de Man-heim et bloquer les forteresses d’Ehrenbretstein et de Kenigstein., Après la paix de l’an v, il fut nommé au commandement des place et province du Luxembourg, et quelques mois plus tard, à celui de la Belgique ; et en l’an vu, il vint commander la 2e division mi-

litaire, qu’on lui accorda pour raison de santé ; mais il la quitta bientôt pour la 24e (Belgique). Ifonnard parvint à faire disparaître les divisions qui agitaient ce pays, à calmer, à réunir tous les partis ; et ce n’est pas une des moindres obligations qu’on lui dut. En l’an vm, on adjoignit à son commandement les 25e et 2b’e divisions militaires où se concentraient les forces qui formaient la gauche de l’armée gallo-batave. La paix le rendit à sa 24e division militaire, qu’il garda jusqu’en l’an x.

Pendant une partie de cette même année et pendant toute l’année suivante, il remplit les fondions d’inspecteur génér rai d’infanterie dans la 18* division militaire (Paris). ■ En l’an xn,- le -premier Consul le fit membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire, commandant de l’Ordre le 2o prairial, et lui confia le commandement de la 22e division militaire, qu’il conserva jusqu’au 1" octobre 1814, époque à laquelle Louis XVIII l’admit à la retraite. La croix de Saint-Louis lui avait été donnée le 27 septembre précédent.

Il mourut à Tours le lo janvier 1819. Son nom est inscrit sur l’arc de l’Étoile, côté nord.

BONNEMAINS (PIERRE, vicomte de)[modifier]

né à Tréauville, arrondissement de Cherbourg, le 10 mai 1772. Elevé au collège de Valognes, il entra au service en qualité d’adjudant-major d’un bataillon de gardes nationaux de la Manche. Le 20 mai 1793, il passa sous-lieutenant dans les dragons de la Manche, depuis 12e dragons ; en 1797, il était capitaine aide-de-camp du général Tilly et fit plusieurs campagnes aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse.

Nommé chef d’escadron sur le-champ1 de bataille, puis major du 16e de chasseurs à cheval, colonel du 5e chasseurs, en 1806 ; il fit les campagnes de 1806. et 1807, se distingua à Schleitz, à Lubeck, à Iéna, à Crrvilz, à Friedland.

Officier de la Légion d’honneur en 1808, il passa en Espagne, se distingua à Burgos où il fut créé baron, à Tru-xillo, à Médelin, en 1809 à Talavéra et en 1812 à Algesiraz. Général de brigade, le 6 août 1811, il resta en Espagne’ jusqu’au commencement de 1813, passaen Italie, fit sous le prince Eugène les campagnes de 1813 et 1814, commanda quelquefois l’avant-garde et se fit remarquer à Caldiéro et à Villa - Franca, contribua au succès de la bataille du Mincio et fut proposé pour le grade de lieutenant-général. Il était déjà commandeur de la Légion d’honneur et chevalier de la Couronne de fer.

Le 19 juillet 1814, il fut créé chevalier de Saint-Louis, commanda une brigade de cavalerie pendant les Cent-Jours ; il eut le commandement d’une brigade de cavalerie sous les ordres du maréchal Grouchy, et, jusqu’au dernier moment, témoigna de son dévouement à la cause de Napoléon. Après Waterloo, il fut de nouveau désigné pour le grade de lieutenant-général ; mais cette nomination ne fut pas confirmée par le roi.

Pendant quelques années, le général Bonnemains resta dans l’ombre ; mais il finit par s’entendre avec les Bourbons, fut créé vicomte, fit la campagne d’Espagne et fut nommé enfin lieutenant-général le 22 juin 1823, puis gentilhomme de la’ chambre, commandant de la Corse, et grand officier de la Légion d’honneur.

Le général Bonnemains a fait plusieurs fois partie de la Chambre des Députés. Envoyé en Algérie, en 1839, pour réorganiser la-cavalerie, il fut placé, à son retour de cette mission, en 1840, dans le cadre de réserve.

BONNET (GUILLAUME)[modifier]

né à Genève en 1784, des religionnaires français réfugiés. 11 prit du service sous le drapeau français en 1804 dans les vélitës de la garde ; huit ans plus tard l’Empereur le faisait chef de bataillon à Moscou, dans le 18* de ligne. M. Bonnet avait reçu six blessures graves dans les guerres d’Allemagne, de Pologne et de Russie.

En 1815, le commandant Bonnet était à l’armée du Rhin et se distingua le 9 juillet à l’attaque du village de Mittel-Hausbergen, où il commandait 300 voltigeurs d’avant-garde.

Sous la Restauration, il fut d’abord mis en disponibilité, puis envoyé, comme major, au 20e léger. Sept ans plus tard, il fut nommé colonel à l’ancienneté.

En 1829, il publia à la Rochelle une brochure sur la formation et l’emploi de l’infanterie légère que l’on voulait trans former en infanterie de ligne.

En 1832, le colonel Bonnet fut envoyé en Vendée, lors des troubles qui y éclatèrent. Sa conduite fut telle que la garde nationale de Laval lui offrit une épée d’honneur.

Peu après, M. Bonnet reçut la croix de Commandeur.

Promu au grade de général de brigade’ le 12 août 1839, il est aujourd’hui en retraite.

BONY (le général FRANÇOIS)[modifier]

né à Cressey (Côte-d’Or) le 20 décembre 1792, entra au service, : le 12 septembre 1793, en qualité de volontaire dans le 10e bataillon de la Côte-d’Or. Incorporé depuis dans la 51* demi-brigade de ligne, peu de jours après il fut nommé lieutenant à l’élection. Il fit les campagnes de 1793 à l’an H aux armées de Rhin-et-Moselle, et celles de l’an m et de l’an v à l’armée d’Italie, et se trouva à la bataille de Cas-tiglione, où il fut grièvement blessé, et à celle d’Arcole, où il mérita le grade de capitaine. Il se distingua encore à Ho-henlinden, sous Moreau, et y prit deux pièces de canons. Peu après il fut décoré (25 prairial an xn) et nommé chef de bataillon. A Austerlitz, à la tête d’une compagnie de grenadiers, il fit 300 prisonniers. À Iéna, il reçut un coup de feu. En Espagne, il gagna la croix d’officier et le grade de major titulaire du 4e régiment de ligne (29 juin 1811). Rentré en France pour prendre le commandement des dépôts, il fut nommé colonel en second le 21 février 1813, rejoignit la grande armée et fut nommé le 10 août colonel du 13e régiment provisoire. Avec 800 hommes, il reprit Buntzlau défendue par trois régiments russes. Il était général de brigade à Leipzig ; il y fut fait prisonnier après avoir eu trois chevaux tués sous lui, rentra en France en juin 1814, et fut créé chevalier de Saint-Louis et mis en disponibilité.

Le 22 mars 1831, il fut compris dans le cadre de réserve de l’état-major de l’armée et mis à la retraite le 1er janvier 1835. Il continua de remplir les fonctions de colonel de la garde nationale de Selongey (Côte-d’Or) et de maire de la même ville.

Le général Bony est encore chevalier de l’Ordre de la Réunion et commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur.

BORDESOULLE (ETIENNE, baron, puis comte de Tardif de Pommeroux)[modifier]

né le 8 avril 1771, à Lizeray (Indre), entra au service le 27 avril 1789, comme simple chasseur à che val dans le 2e ; fit toutes les campagnes de la révolution, depuis 1792 jusqu’en l’an ix, aux armées du Rhin, de Rhin-et-Moselle, d’Allemagne, d’Angleterre, de Mayence, d’Italie, et s’y distingua par de nombreuses actions d’éclat. Major du 1er régiment de chasseurs le 6 brumaire an xn, il fut créé officier de la Légion d’honneur le 25 prairial, et servit au T. I.

camp de Bruges eii l’an XH et l’an xm. Il fit les campagnes de l’an xiv à 1807, en Autriche, en Prusse et en Pologne, au 2e corps delà grande armée, et fut nommé colonel du 22e régiment de chasseurs, le 6 nivôse an xiv, par suite de sa brillante conduite à Austerlitz.

Le 9 juin 1807, à la tête de 60 hommes de son régiment, il traverse le passage de Guttsdat, charge un bataillon russe qui est entièrement pris et taillé en pièces et reçoit deux coups de baïonnette à l’avant-bras droit et dans la poitrine. Il se distingue encore à Heilsberg et à Friedland, et est créé général de brigade le 25 du même mois.

Le 1" août, il est employé dans le corps d’armée du maréchal Brune, et placé en décembre à la tête de la cava lerie légère attachée à la défense de Dantzig. Le 21 septembre 1808, il reçoit l’ordre de se rendre à Bayonne, et est promu en novembre au commandement d’une brigade de la division Lassalle (réserve de cavalerie de l’armée d’Espagne). En décembre, il détruit les débri de l’armée de Castanos, aux environs de Madrid, et contribue, le 28 mars 1809, au gain de la bataille de Medelin, en taillant en pièces, à la tête des 5e et 10" de chasseurs, 60,000 hommes d’infanterie espagnole, au moment où tout le corps du maréchal duc de Bellune opérait son mouvement de retraite, et où il.avait lui-même reçu l’ordre de se retirer. Passé le 25 mai 1809, à l’armée d’Allemagne, il y prit le commandement d’une brigade de cavalerie du 4° corps, fut employé au corps d’observation de la Hollande en mai 1810, et investi du commandement de la 3e brigade de cavalerie légère de l’armée d’Allemagne, le 2.décembre.

En novembre 1811, il passa au corps d’armée d’observation de l’Elbe devenu V’ corps de la grande armée, et fut appelé en juin 1812 à la tête de la 2e brigade de cavalerie légère du même corps. Le 30 de ce mois, il battit à Soleschniki l’avant-garde du général Barclay de Tolly, et le 23 juillet, commandant l’avant-garde du maréchal prince d’Eck-miihl, composée du 3e régiment de chasseurs et d’un régiment d’infanterie, il s’empara du Mohilow, y fit 900 prisonniers, se rendit maître de magasins, de bagages considérables et de plus de 600 bœufs- destinés au prince Bagration. Il combattit encore à Smolensk, à la Mos-kowa, où il eut la mâchoire fracassée d’un coup de biscaïen, et à Krasnoë, où il s’empara de huit pièces de canon après avoir culbuté un corps de 1,500 hommes, enfonça un formidable carré d’infanterie, lui fit 300 prisonniers et dégagea le 9e de lanciers polonais, gravement compromis.

Élevé au grade de général de division le 4 décembre 1812, il fut appelé au commandement de la lrC division de cuirassiers du let corps de cavalerie de la grande armée, le 15 février 1813, et fit, à sa tête, la campagne de Saxe.

Déjà revêtu du titre de baron de l’Empire avec une dotation, il fut créé commandeur de la Légion d’honneur le ’14. mai et se distingua à Lutzen, à Baut-zen, à Dresde’, où il dirigea avec habileté plusieurs charges vigoureuses, enfonça une douzaine de carrés ennemis, fit 6,000 prisonniers et contribua à refouler dans les montagnes de la Bohême, l’armée nombreuse qui menaçait de nous écraser ; à Leipzig, où les 16, 17 et 18 octobre, il donna des nouvelles preuves d’inf répidité ; à Hanaù, où il soutint une partie de laretraite, et sut, avec ’peu de monde, imposer à une nombreuse cavalerie chargée de l’inquiéter. — Nommé commandant de deux divisions de cavalerie organisées à Versailles le 3 juin 18-1-4, il coopéra au succès remporté sur

le feld-maréch’al Blûcher, à Vauchamps, le 12 février, culbuta l’ennemi au combat de Villeneuve le 17, se trouva à la reprise de Reims le-13 mars, au combat de la Fère-Champenqise le 25, et à la bataille sous Paris le 30.

Après la première rentrée des Bourbons, il dut à son origine nobiliaire d’être nommé, en mai 1814, inspecteur général de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, le 2 juin, et grand officier de la Légion d’honneur le 23 août. Lorsque l’Empereur revint de l’île d’Elbe, il prit, le 12 mars 1815, le commandement provisoire des neuf escadrons de cavalerie de la 2e division militaire dirigée sur Châ-lons.

Le gouvernement royal le confirma dans ce commandement le 16 du même mois. Il suivit Louis XVIII à Gand, fut nommé chef d’état-major du duc de Berryle25 juin 1815, pendant l’émigration, et rentra en France avec ce Prince dans le mois de juillet.

Louis XVIII le nomma grand-croix de la Légion d’honneur Je 13 août et lui confia, le 8 septembre, l’organisation de cette belle cavalerie de la garde royale dont il eut le commandement. Il fit par-r tie de la Chambre introuvable, comme député de l’Indre, et fut créé, le 12 octobre, membre de la trop fameuse commis-/sion chargée d’épier la conduite des offU ciers des Gent-Jours. Le 3 mai 1816, il fut fait commandeur de l’ordre de Saint-Louis, et ^échangea- son titre de baron, conquis sur le champ de bataille, contre celui de comte, quelui donnait la Restauration. Aide-de-camp honoraire du comte d’Artois, le 2 juin 1807, membre du comité des inspecteurs généraux le 25 octobre, il devint gentilhomme d’honneur du duc d’Angoulême le 2 juillet 1820, reçut la décoration de grand-croix de Saint-Louis le 1" mai 1821, et fut nommé gouverneur de l’École polytech-

BOR (2 nique, en conservant son emploi dans la garde royale, le 17 septembre 1822. Ce n’est pas peut-être un sabreur intrépide qu’il eût fallu à la tête de cette école modèle, mais plutôt un de ses anciens élèves, joignant à la même bravoure des connaissances plus étendues. Quoi qu’il en soit, on n’a pas oublié qu’il jlui rendit le régime militaire qui est encore en vigueur, et lui donna cet uniforme sous lequel elle devait organiser la victoire populaire en 1830.

Appelé, le 16 févrierl823, au commandement en chef des troupes de la garde employées à l’armée des Pyrénées, Bor-desoulle fit le blocus et le bombardement de" Cadix, et fut cité, le 31 août, à la prise du Trocadéro, victoire trop vantée par les amis de la Restauration, trop critiquée par ses ennemis, mais qui n’en reste pas moins, pour l’histoire impartiale, un0 brillant et audacieux fait d’armes.

Après la guerre, il fut créé pair de France le 9 octobre, et reçut la’ grand’-croix de l’ordre de Charles III d’Espagne, le 4 novembre de la même année. Ses opinions étaient franchement patriotiques et constitutionnelles. Ses conseils au duc d’Angoulême en obtinrent plusieurs actes qui furent agréables aux amis de la liberté : entre autres la fameuse ordonnance d’Andujar, imposée à Ferdinand VII, mais qui fut si traîtreusement exécutée par ce prince.

Au mois de décembre, il reprit le commandement de sa division de cavalerie dans la garde. Ala mort de Louis XVIII, Charles X ne le conserva pas comme aide-de-camp honoraire dans la nouvelle liste, arrêtée le 4 novembre 1824. — Proclamé chevalier commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, dans le chapitre ténu le 21 février 1830, il tenta vainement de conjurer les funestes résolutions du roi en juillet, et demeura, pendant les trois journées, à Saint-Cloud, prêt à défendre sa personne. Ce fut à Rambouillet seulement qu’il le quitta, continuant à exercer son commandement dans la garde dissoute jusqu’au 21 août, qu’il fut mis en disponibilité. Compris dans le cadre de réserve de l’état-major général le 7 février 1831, il fut admis à la retraite le 14 mars 1832.

Depuis la révolution nouvelle, il vécut à l’écart, bien qu’il fit encore partie de la Chambre des pairs, où il paraissait à de rares intervalles.

Il mourut le 3 octobre 1837, à sa terre de Fontaine, pïès de Senlis.

BORNE DESFOURNEAUX (EDME-ÉTIENNE)[modifier]

né le 22 avril 1767, à Vezelay (Yonne), était sergent au régiment-de Conti-infanterie, au moment delà Révolution de 1789.

Il avait été chargé au mois d’octobre de garder, avec un détachement de 13 hommes, un grand magasin de tourbes, près d’Amiens, lorsque, attaqué par 600 paysans armés, onze hommes.de son détachement l’abandonnèrent. Seul, avec deux soldats, il se défendit héroïquement, et, quoique atteint de plusieurs blessures,. il parvint à repousser les assaillants. Là municipalité d’Amiens, reconnaissante, lui décerna, en présence de la garnison assemblée, une montre d’or aux armes de la ville, avec cette inscription : Au brave Desfourneaux, et le ministre de la guerre le nomma sous-lieutenant le 26 décembre 1790.

Les volontaires du Pas-de-Calais l’appelèrent dans leurs rangs, et au mois de juin 1792, il s’embarquait pour Saint-Domingue, comme lieutenant-colonel du 48e régiment d’infanterie. Appelé en janvier 1793, au commandement de la place de Saint-Marc, il emporta d’assaut le camp de Thilerier et montra la même résolution à la prise du fort d’Onanaminte, où il fut grièvement blessé. Nommé colonel de son régiment le 8 février et commandant en chef de la partie ouest, il se signala à la prise du fort de Lesce, s’empara de 14 pièces de canon, et fit éprouver à l’ennemi une •perte de 4,000 hommes. Au commencement de l’an H, il chassa les Espagnols de la partie ouest de l’île, battit dans toutes les rencontres l’armée du gouverneur général Garcia, et reçut quatre blessures dans ces différents engagements. Il prit ensuite, avec 300 hommes du 106* régiment, le fort de la Crête-Saie, et y fit prisonniers les 700 Espagnols qui le défendaient.

A son retour en France, le Comité de salut public conféra à Desfourneaux le grade de général de division, le 21 frimaire an m, et le renvoya à Saint-Domingue, sous les ordres du capitaine général Lavaux ; mais contrarié par les vents, et contraint de relâcher aux États-Unis, Desfourneaux ne put arriver à sa destination qu’en floréal an iv.

Après avoir commandé successivement la place du Port-au-Prince et les circonscriptions du Sud et de l’Ouest, il revint Len France en l’an vi, prit en frimaire an vu le commandement de la Guadeloupe, fut rappelé en floréal et aborda les côtes de France en pluviôse anvm.

Embarqué en pluviôse an îx, sur la frégate l’Africaine, pour aller porter des secours à l’armée d’Orient, il fut pris par les Anglais dans le détroit de Gibraltar, après un combat glorieux, où il vit périr à ses côtés trois de ses aides-de-camp, son frère et son neveu ; blessé lui-même à la poitrine, il revint en France par suite d’échange, et repartit pour Saint-Domingue avec l’expédition du général Le-.clerc.

Débarqué au cap Français le 15 pluviôse an x, Desfourneaux prit d’assaut, le 14 ventôse, la ville de Gonaïves,força le général nègre Maurepas à mettre bas

les armés avec ses 4,000 hommes et lui prit son artillerie.

Le 25 du même mois, il remporta à Plaisance une victoire complète sur la troupe de Toussaint-Louverture et lui fit 5,000 prisonniers.

Rentré en France au commmencement de l’an xi, Bonaparte l’accueillit avec distinction, et lui dit en l’apercevant : « Général, vous vous êtes bien battu ; vous avez fait de grandes choses à la tête de vos troupes ; je m’en souviendrai et je vous donnerai des preuves de ma confiance. »

Cependant l’Empereur ne tint point les promesses du premier Consul, et le général Desfourneaux cessa, depuis cette époque, d’occuper des commandements importants.

Nommé commandeur de la Légion d’honneur à la création de l’ordre, en juin 1804, et baron de l’Empire en 1808, il entra au Corps législatif en 1811, et y occupa plusieurs fois le fauteuil en qualité de vice-président. Louis1 XVIII le nomma grand-croix de la Légion d’honneur et chevalier de Saint-Louis, le 3 août 1814. Membre de la Chambre des représentants pendant les Cent-Jours, il commanda les troupes Chargées de défendre les hauteurs de Montmartre, et cessa de servir à la seconde Restauration.

Le général Desfourneaux qui, depuis cette époque, n’avait sollicité aucun commandement,- est mort à Paris, le 22 février 1849, à l’âge de 81 ans. Son nom est inscrit sur le côté ouest de l’arc de triomphe de l’Étoile.

BORELLI (CHARLES-LUCE-PAULIN-CLÉMENT, vicomte de)[modifier]

lieutenant-général, né à Yillefort (Lozère), il reçut, comme fils de citoyen actif, un brevet de sous-lieutenant pour les hussards de la légion des Alpes, depuis 14e régiment de chasseurs à cheval, fit plusieurs campagnes en Vendée, sous les ordres de Hoche.

Parvenu au grade de capitaine, il entra dans l’état-major général, et servit en Italie, sous les généraux Schefer, Joubert, Moreau, Championnet et Masséna. Il fit ensuite les campagnes d’Austerlitz, d’Iéna et de Pologne, comme chef d’escadron, sous les ordres de Lannes. Blessé plusieurs fois, et honorablement cité dans les bulletins de l’armée, il fut nommé colonel d’état-major et envoyé en 1808 en Espagne ; il était déjà officier de la Légion d’honneur après Friedland, il fut nommé adjudant-commandant. Le prince Murat le nomma sous-chef d’état-major général et l’envoya recevoir l’armée portugaise qui entrait en Espagne par Ciudad-Rodrigo. Il prit part au siège de Madrid, et fut nommé gouverneur de cette ville. Il remplissait lés fonctions de sous-chef d’état-major de la cavalerie à la campagne de Russie, où il se distingua aux combats de Witepsk, Smolensk, Borodino, et fut nommé général de brigade à la Moskowa, et chef d’état-major général à la place du général Belliard. Il entra un des premiers à Moscou à la suite des Cosaques. Murat le cita comme un des plus habiles et des plus braves officiers de l’armée.

En 1813, il était chef d’état-major du, maréchal Saint-Cyr, qui commandait en Saxe le 14e corps. Le 18 septembre, il détruisit totalement une colonne ennemie de 2,000 hommes. Il était dans Dresde quand cette ville capitula, et partagea le sort du maréchal Gouvion-Saint-Cyr, qui le cita avec le plus grand éloge. Rallié aux Bourbons en 1814, il leur resta fidèle jusqu’au dernier moment, et remplit pendant les Cent-Jours les fonctions de chef d’état-major de la garde nationale de Paris. Napoléon le nomma lieutenant-général ; mais cette nomination ne fut pas confirmée par Louis XVIII.

En 1823, il fit la campagne d’Espagne comme chef d’état-major du maréchal Molitor, et fut créé grand officier de la Légion d’honneur.

Après la Révolution de 1830, il fut réintégré dans son grade de lieutenant-général (20 novembre 1831). Il fut employé plusieurs fois comme inspecteur général de cavalerie.

Mort en septembre 1849, âgé de 78 ans.

C’est le colonel Borelli (Charles-Hyacinthe-Jules), fils unique du général Borelli, qui a attaqué intrépidement et pris la lunette Saint-Laurent, au siége d’Anvers, à la tête des grenadiers du 65e de ligne. Le colonel Borelli a été promu au grade de général de brigade le 26 avril 1846. Il est aujourd’hui commandant de là Légion d’honneur, et il commande la 3e subdivision de la 14e division militaire.

Le général vicomte de Borelli était oncle maternel de M. Odilon-Barrot, président du conseil des ministres, en 1849.

BOTZARIS (MARCO)[modifier]

Le héros de la Grèce moderne était issu d’une famille illustre de Souli(Épire). Il abandonna sa patrie conquise par Ali-Pacha pour se réfugier sous les drapeaux français, à l’ombre desquels il crut en sagesse et en valeur. De la taille ordinaire des Soulio-tez, qui est de cinq pieds environ, sa légèreté était telle qu’on le comparaît au zéphyr. Nul ne l’égalait à la lutte, au jeu du disque ; et quand ses yeux bleus s’animaient ; que sa longue chevelure flottait sur ses épaules, et que son front rasé, suivant l’usage antique, reflétait les rayons du soleil, on l’aurait pris pour un descendant de ces Pélasges qui civilisèrent l’Ëpire. Il avait laissé sa femme et deux enfants sur la terre étrangère pour se livrer avec plus d’audace aux chances des combats. Mais sa femme Chrysé vint le rejoindre après l’insurrection de la Grèce, et voulut combattre à ses côtés.

Marco Botzaris obtint de nombreux et brillants succès contre les Turcs et fit reverdir dans sa patrie des lauriers flétris depuis 22 siècles. Peu de temps après la prise de Regniasa, il fit, avec une poignée d’hommes, poser les armes à 1,3.00 Turcs.

EnavantdeMissolunghi,ilsoutint,avec 600 Pallikares, les efforts de l’armée ottomane tout entière. Les Thermopylespâliront un jour à ce récit. Retranchés auprès deBrionero, fontaine située à l’angle occidental du mont Aracynthe, ces braves, après avoir peigné leurs belles chevelures, suivant l’usage immémorial des soldats de la Grèce, se lavent dans les eaux de l’antique Aréthuse, et revêtus de leurs plus riches ornements, ils demandèrent à s’unir par les liens de la frater--nité, en se déclarant Ulamia. Un ministre des autels s’avance aussitôt. Prosternés au pied de la croix, ils échangent leurs armes ; ils se donnent ensuite la main en formant une chaîne mystérieuse, et prononcent les paroles sacramentelles : Ma vie est ta vie, et mon âme est ton âme. Le prêtre alors lès bénit, et ayant donné le baiser de paix à Marco Botzaris qui le rend à son lieutenant, ses soldats s’étant mutuellement embrassés, présentent un front menaçant.

C’était le 4 novembre 1822, au lever du soleil : on apercevait de Missolun-ghi et d’Anatolico le feu du bataillon immortel qui s’assoupit à midi. Il reprit avec une nouvelle vivacité deux heures après, et diminua insensiblement jusqu’au soir. A l’apparition des premières étoiles, on aperçut, dans le lointain, les flammes des bivouacs ennemis dans la plaine ; la nuit fut calme, et, le 5 au matin, Marco Botzaris rentra à Missolunghi, suivi de 22 Souliotes : le surplus de ses braves avait vécu.

A la faveur de cette héroïque résistance, -le président du gouvernement, Maurocordato, avait approvisionné Missolunghi, et fait embarquer pour le Pé-loponèse, les vieillards, les femmes et les enfants. Marco Bolzaris voulait pourvoir de la même manière à la sûreté de sa femme et de ses enfants ; mais Chrysé, son épouse, ne pouvait’se résoudre à l’abandonner : elle lui adresse les adieux les plus déchirants, elle tombe à ses pieds- avec les timides créatures qui le nommaient leur seigneur et leur père. Marco Botzaris les bénit au nom du Dieu des batailles ; il les accompagne ensuite au port ; il suit des yeux le vaisseau ; il tend les bras à sa femme ; hélas ! il la voyait pour la dernière fois.

Il périt peu de temps après, dans une bataille nocturne contre les Turcs, et sa mort fut aussi glorieuse, aussi sainte que sa vie. (Extrait de POUQUEVIIXE.)

BOUCHARD (ANDRE-PAUL)[modifier]

amiral, est né en 1780, à Borme (Var). Son père était fabricant de bouchons et mourut, laissant son fils âgé de 13 ans. Des chagrins domestiques le forcèrent à prendre du service dans la marine. Bientôt il donna des preuves de son courage et de sou intelligence ; au siège de Malte surtout, il se fit remarquer par son intrépidité.

Peu après, Bouchard fit partie de la malheureuse expédition de Saint-Domingue. Échappé comme par miracle à notre désastre, il passa aux États-Unis où il se livra d’abord à des opérations commerciales. Puis il visita divers États de l’Amérique. Il se trouvait à Buénos-Ay-res le 25 mai 1810, et fut de ceux qui contribuèrent le plus à la Révolution. Les preuves de capacités qu’il avait données" lui firent déférer le commandement de l’escadrille de cette république. Le 3 juin, après plusieurs actions glorieuses contre les Espagnols, il reçut l’ordre de s’emparer de Montevideo. Avec les sept bâtiments qu’il commandait, il battit la flotte ennemie forte de vingt-sept bâtiments de guerre, et le jour suivant, la ville se rendit aux patriotes.

Le Chili et le Pérou comptent aussi M. Bouchard au nombre de leurs libérateurs.

Tour à tour marin- et cavalier, il déploya dans ses campagnes de terre et de mer la plus haute capacité.

En 1829, époque de son dernier commandement, l’amiral Bouchard s’empara de la place et de la citadelle de Guyaquil.

BOUCHOTTE (JEAN-BAPTISTE-NOEL)[modifier]

né à Metz, en 1754. — Lieutenant-colonel, commandant àCambrai en 1792, il empêcha cette place de tomber au pouvoir des Autrichiens.Nommé ministre de la guerre en remplacement de Beurnonville, par le vote unanime de la Convention, il conserva ce portefeuille du 4 avril 1793 au 20 avril 1794 ; — créa onze armées ; — par ses soins 700,000 hommes furent levés, habillés, armés dans un délai de quatre mois. Il fit décréter les 14 et 16 août 1793 la levée en masse du peuple français ; — le 5 septembre 1793, il ordonna la formation de l’armée révolutionnaire licenciée le 27 mars 1794, et enfin le 5 octobre 1793, l’établissement du calendrier républicain.

Bouchotte, souvent persécuté, méconnu, oublié, mourut à Metz, en 1840, âgé de 86 ans.

BOUCHU (FRANÇOIS-LOUIS, baron)[modifier]

né Iel3 novembre 1771, à Is-sur-Tille (Côte-d’Or). Caporal dans le 2* bataillon de volontaires de son département, le 1" septembre 1791, il fit la guerre de 1792 à l’armée du Nord. Prisonnier le 11 juin à l’affaire de Grinwel, près de Maubeuge, où il reçut une légère blessure, il obtint, à sa rentrée au corps le 24 décembre, le grade de sergent.

Nommé lieutenant dans la compagnie de canonniers du 2e bataillon de la Côte-d’Or, le 30 janvier 1793, il se trouva au combat de Rhinzabern, sous Landau (armée du Haut-Rhin). Le 26 mai suivant, dirigé sur l’armée du Midi, il prit part au siège de Toulon.

Passé à l’armée d’Italie après la reprise de cette place, il y servit depuis,1a fin de l’an n jusqu’au commencement de l’an vi. Capitaine en second le 15 prairial an n dans la compagnie des canonniers attachée à la 117e demi-brigade de ligne, devenue 75e, il se signala à la prise d’Oneille, au siège de Ceva ( Piémont)’, au siège et au blocus de Mantoue en l’an iv et en l’an v, et combattit à Casti-glione.

Pendant le blocus de Mantoue, il fit remonter, sous le feu des retranchements ennemis, les barques nécessaires à l’établissement du pont de l’île de Thé, et coopéra au passage du Tagliamento le 26 ventôse an v.

Capitaine de la 1" compagnie de pontonniers le 27 germinal de la même année, il suivit l’expédition d’Égypte, assista à la prise de Malte et d’Alexandrie, aux sièges de Jaffa, de Saint-Jean-d’Acre et du Caire.

Chargé, au siège de Saint-Jean-d’Acre, de diverses reconnaissances des approches de la place, il s’en acquitta avec autant de zèle que de talents, et resta constamment exposé au feu des batteries du port et des remparts de la ville.

Lorsque le général Bonaparte remit à Kléber le commandement en chef de l’armée d’Orient, il porta le commandant Bouchu sur la liste des officiers d’élite qu’il recommandait à son attention ; lui-même, après les événements de brûmaire, n’oublia pas le brave de Saint-Jean-d’Acre, et il le nomma, le 5 floréal an vin, chef de bataillon d’artillerie, et, quand cet officier supérieur rentra en France, il le chargea d’organiser à Strasbourg le 1" bataillon de pontonniers, dont il lui donna ensuite le commandement.

Nommé sous-directeur des ponts près le parc général d’artillerie des camps sur l’Océan, le 21 fructidor an xi, Bouchu fit. les campagnes de l’armée des côtes des ans J^I et xii, et reçut à Boulogne, le 25 prairial de cette dernière année, la décoration de la Légion d’honneur. Colonel, le 3" jour complémentaire an m, et attaché provisoirement à l’état-major général de l’artillerie, il prit le commandement du 3e régiment d’artillerie à pied.

Pendant la campagne d’Allemagne de l’an xiv, en Prusse et en Pologne, en 1806 et 1807, il remplit les fonctions de directeur du parc général, et, le 7 mai 1807, il obtint la croix d’officier de la Légion d’honneur.

Chef de l’état-major général de l’artillerie de l’armée d’Espagne, le 10 décembre 1808, il commandait l’artillerie du 5e corps à la bataille d’Ocana. Nommé général de brigade le 19 mai 1811, sur la proposition du maréchal duc de Dal-matie, pour sa conduite au siégé de Ba-dajoz et à la bataille d’Albuéra, il commanda l’artillerie du midi de l’Espagne à partir du 21 janvier 1813.

Appelé le 6 juillet à la direction des équipages de pont de. la grande armée, il montra tant d’intelligence et de valeur à l’attaque du pont de Meissen, que l’Empereur crut devoir lui conférer le titre de baron de l’Empire.

Nommé en décembre au commandement de l’artillerie de la ville deTorgau, il fut fait prisonnier après une vigoureuse résistance, et ne rentra en France

qu’après la première abdication de Napoléon. Commandant de l’École d’artillerie à Grenoble le 21 juin 1814, chevalier de Saint-Louis le 29 juillet suivant, il se trouvait à Grenoble au moment où l’Empereur fit son entrée dans cette ville au retour de l’île d’Elbe.

Le 8 juin 1815, il reçut l’ordre d’aller prendre le commandement de l’artillerie de l’armée des Pyrénées-Orientales.

Nommé, le 10 février 1816, comman- 4 dant de l’École régimentaire de Valence, et de l’École polytechnique le 2 octobre suivant, il reçut, le 24 août 1820, la décoration de commandeur de la Légion d’honneur, et le 17 septembre 1822, celle de grand officier.

Louis XVIII l’attacha au comité consultatif de l’artillerie, et lui confia, lé 23 avril 1823, la direction du parc d’artillerie des Pyrénées. Il soutint dignement au siège de Pampelune son ancienne réputation.

Le 30 octobre 1823, le roi l’éleva au grade de lieutenant-général, et le. roi d’Espagne’ lui accorda, le 23 du même mois, la plaque de 4e classe de l’ordre de Saint-Ferdinand.

Attaché successivement, de 1816 à 1831, à l’inspection des troupes et au comité de son arme, placé en non-activité le 1" janvier 1837, et enfin admis le 13 août 1839 dans la section de réserve du cadre de l’état-major général de l’armée, il est mort à Antony, près de Paris, le 31 octobre suivant.

Son nom figure sur le côté ouest de l’arc de triomphe de l’Étoile.

B0UDET (JEAN, comte)[modifier]

général de division, naquit à Bordeaux, le 19 février 1769. Il entra au service à l’âge ’ de seize ans, en sortit après quelques années ; plus tard, lors de la formation des gardes nationales, il entra comme lieutenant dans un bataillon de la Girondej et se distingua par une rare bravoure au combat de Château-Pignon, en 1793. 11 assista-comme capitaine au siège de Toulon, et à la guerre de la Vendée en 1794 ; il avait été envoyé à la Guadeloupe, alors occupée par les Anglais ; il y prit le fort Fleur-d’Epée et la ville de Pointe-à-Pitre, vigoureusement défendus par l’ennemi. Le, courage et les talents qu’il avait déployés dans cette expédition, le firent nommer dans la même année général de brigade. 11 acheva la conquête de l’île par une longue série des plus brillants faits d’armes, et fut élevé, par le Directoire, en 1796, au grade de général de division. Au bout de deux ans, et après avoir mis l’île en état de défense, il revint en France pour prendre part à’ia canipagne de Hollande, sous le commandement du général Brune. Après le 18 brumaire, il entra dans l’armée de réserve, commandée par Berthier et destinée pour l’Italie. Chef de l’avant-garde, il s’y distingua à la tête de sa division par un grand nombre d’actions d’éclat. Vers la.fin de 1801 il alla à Saint-Domingue, sous les ordres du général Leclerc, et y contribua.puissamment au succès des armes françaises. Sa conduite, dans cette sanglante et terrible expédition, ne saurait être assez louée. Il s’y montra constamment généreux et humain, et traita avec un égal ménagement les noirs et les hommes de couleur. De retour en France, le général Boudet fut envoyé en Hollande par l’Empereur, en 1804, pour tenter de là une descente en Angleterre ; mais la guerre de 1805 interrompit les. préparatifs et l’appela sur les côtes d’Allemagne. En 1807 il prit part au siège de Colbert, sous les ordres de Murât, et s’empara, après la paix de Tilsitt, de la forteresse de Stralsund. En récompense de ses services, Napoléon lui conféra le titre de comte, et lui fit don d’un re-

venu de 30,000 francs sur la Poméranie suédoise. En 1809, le général Boudet assista à la prise de Vienne ; à Essling il résista pendant 36 heures à l’armée autrichienne. La veille du 5 juin 1809, sa division fut la- première qui, de l’île de Lobau, attaqua les Autrichiens placés sur la rive gauche du Danube et effectua le passage ; et le o au soir, il avait, à la pointe de la baïonnette, pris possession d’Essling et de Gross-Aspern. Dé l’aveu de l’EmpereHr lui-même, ce fut à la conduite du général Boudet que nous dûmes la victoire d’Aspern. Mais les constants et pénibles efforts d’une carrière si bien remplie lui avaient attiré une goutte violente à laquelle il succomba le 14 septembre 1809.

Napoléon perdit en lui un de ses généraux les plus braves et les plus dévoués.

Son nom est gravé sur l’arc de triomphe de l’Etoile, côté est.

BOUGENEL (JEAN-FRANÇOIS)[modifier]

né à Paris, le 16 mai 1786, servit, dès l’âge de 14 ans, sur les vaisseaux de l’État, en qualité de novice ; plus tard il entra à l’école de Fontainebleau, où il fut d’abord élevé, et d’où il sortit, en’1806, sous-lieutenant au 19" de chasseurs à cheval ; il fut en outre attaché au prince de Neufchâfel, en qualité d’officier d’ordonnance, et fit toutes les campagnes jusqu’au 13 septembre 1813, qu’il fut fait prisonnier à Borra, en Saxe.

M. Bougenél conquit sur les champs de bataille les gradés de capitaine et de chef d’escadron, et la croix de la Légion d’honneur.

Rentré en France en 1814, il fut mis en non-activité, reprit du service pendant les Cènt-Jours, fit là campagne avec le 10’ chasseurs, ou à l’état-major de la cavalerie ; il passa en 1816 dans les chasseurs de l’Isère et fut promu au grade de lieutenant-colonel du 6’ chasseurs en 1827.

Après la Révolution de 1830, M. Bou-genel fut nommé colonel du 6e lanciers, et le 24 août 1838, maréchal de camp, chargé du commandement de la subdivision militaire de Givet.

Le général Bougenel, chevalier de Saint-Louis, en 1822, est aussi commandeur de la Légion d’honneur. Il a été nommé général de division, le 28 décembre 1846. Il commande aujourd’hui la 4e division militaire et fait partie du comité de cavalerie.

BOUILLE (LOCIS-JOSEPH-AMOUR, marquis de)[modifier]

fils et frère des deux Bouille qui participèrent à l’évasion de Louis XVI ; M. de Bouille est né le Ie’mai 1769. Le grand Frédéric l’admit à l’Académie des gentilshommes de Berlin. A 18 ans, il fut nommé capitaine au Royal-Pologne, cavalerie ; puis dans Mestre-de-camp-général, dragons, et enfin major en second aux hussards de Ber-dung, le 5 juin 1790.

En 1791, il devint lieutenant-colonel aide-de-camp de son frère, le chevalier de Bouille. Il eut occasion de montrer sa bravoure dans quelques émeutes en 90 et 91, à Metz et à Nancy, et sauva la vie à plusieurs personnes. Le jour de l’arrestation du roi à Varennes, M. de Bouille se trouvait près de son père, et il fut poursuivi comme lui, en vertu d’un décret de l’Assemblée nationale, mais il passa en Suède et devint aide-de-camp de Gustave III et adjudant-général. A la suite de l’assassinat de ce prince, M de Bouille se rendit à l’armée de Condé, passa au service de Prusse et fut blessé au siège de Mayence.

En 1793 il leva à ses frais un régiment de hullans et combattit à l’avant-garde de l’armée anglaise jusqu’à la réforme de son corps, en 1796. Cette même année, lorsque le comte d’Artois voulut tenter une descente, il confia à M. de Bouille le commandement en chef de la cavalerie. Après l’échec de cette expédition, il resta dans l’inaction jusqu’en 1802. Il obtint à cette époque sa radiation de la liste des émigrés et prit du service dans sa patrie en 1806.

Il ne tarda pas à se distinguer et montra tant de bravoure au siège de Gaëte en 1807, qu’il reçut la décoration de la Légion d’honneur.

Attaché au 9’ corps de la grande armée, il assista aux combats livrés par ce corps et à la tète d’une avant-garde de chevau-légers de Linanges-Bavarois, battit le prince d’Anhalt, lui prit son artillerie et paralysa tous ses mouvements.

En 1808, il suivit en Espagne le général Sébastiani, en qualité de chef d’état-major, contribua au succès du combat de Ciutad-Real, fut élevé au grade de chef d’état-major général du 4° corps, se distingua dans divers rencontres, notamment à la bataille d’Almona-cid, où il ajouta à la réputation de valeur et de capacité qu’il s’était faite. Cette brillante conduite lui mérita le grade de général de brigade, le 22 juin 1810, et le commandement d’un corps de dragons avec lequel il battit, le 19 avril et le 17 mai 1812, le général Freyre. Forcé, par le mauvais état de ses yeux, de quitter l’Espagne, il fut fait lieutenant-général à la rentrée des Bourbons et mis à la retraite.

BOURCIER (FRANÇOIS-ANTOINE-LOUIS, comte)[modifier]

né le 23 février 1760, à la Petite-Pierre, près de Pbalsbourg (Bas-Rhin). Lieutenant de cavalerie au commencement de la Révolution, il fut alors nommé aide-de-camp du duc d’Aiguillon, et passa en 1792 à l’état-major du général Custine. Devenu général de brigade, il fut nommé, en 1793, chef d’état-major de l’armée du Rhin, et élevé l’année suivante au grade de général de division.

Chargé de la conduite d’une division de cavalerie, sous les ordres du général Moreau, il se distingua au combat d’In-golstadt, et contribua par son talent et son.courage aux résultats de la fameuse retraite de i796. Nommé inspecteur de cavalerie lé 3 août 1797, il fit les campagnes de Suisse et de Naples, où il commanda une colonne de cavalerie qui tailla en pièces les insurgés qui s’étaient rassemblés à Andria. 11 fit la campagne de 1805, à la tête d’une division de dragons, et prit part aux batailles d’Elchin-gen et d’Ulm, ainsi qu’à celle d’Auster-lilz, au succès de laquelle il contribua par de brillantes charges ; il assista l’année suivante à la bataille d’Iéna, et fut nommé, après la prise de Berlin, inspecteur général du grand dépôt des chevaux pris à l’ennemi. Envoyé en Espagne,,il n’en revint que pour aller combattre à Wagram, où il donna des preuves d’un courage et d’une intrépidité extraordinaires. Plus tard il fit partie de l’expédition de Russie ; et vint, après les revers qui l’accompagnèrent, s’établir à Berlin où il réorganisa la cavalerie française.

Il fut mis à la retraite en 1816 ; mais l’année suivante il fut rappelé au conseil d’État et employé en qualité de commissaire du roi.près la régie générale des subsistances militaires. Il fit ensuite longtemps partie de la chambre des députés, et mourut en 1828.

BOURJOLLY (LE PAYS DE) (JEAN-ALEXANDRE)[modifier]

né à Saint-Dominique,le 24 mars 1791, est sorti des pages de Louis-Napoléon, roi de Hollande, pour entrer dans,1e 2e d’infanterie hollandaise, en qualité de sous-lieutenant, par décret du 23 mai 1807. Ce régiment, en 1808,faisait partie de l’armée d’occupation de Hanovre.

Commandant un détachement de 18 à 20 hommes sur les côtes de l’Ost-Frise, M. de Bourjolly se signala en reprenant aux Anglais un navire que la marée descendante avait laissé à sec ; avec 12 hommes il s’en rendit maître. Saisissant le fusil d’un de ses fantassins, il tua lui-même l’officier : huit hommes furent tués dans cette petite affaire, et neuf furent ramenés prisonniers. Il avait alors 17 ans.

Passé au service de France en 1810, aide-de-camp du maréchal duc d’Istrie (Bessières),le 4septembre ; il fit les campagnes de 1810, 1811 en Espagne, 1812, en Russie et 1813 en Allemagne. Il fut décoré de l’ordre de la Légion d’honneur sur le champ de bataille de Lutzen. Le maréchal Bessières fut tué à ses côtés au moment où il lui donnait un ordre.

Devenu aide-de-camp, du maréchal Soult, le 5 mai 1813, il fit les campagnes de 1813 et de 1814 en Espagne et en France, et se trouva à la bataille de Toulouse ; il fut nommé chef d’escadron le 31 octobre de la même année ; plus tard, pendant la campagne de 1815, il était encore aide-de-camp du maréchal Soult, à la bataille de Waterloo.

La Restauration arrêta une carrière commencée sous de si brillants auspices. Parvenu au grade d’officier supérieur-à l’âge de 23 ans, M. de Bourjolly resta en demi-solde jusqu’en 1830, où il fut remis en activité et nommé chef d’escadron au 8" dragons, le 11 août 1831 ; il est devenu colonel du même régiment le 29 août 1835, et du 1" des chasseurs d’Afrique le 27 août 1839 ; le i\ juin 1840, il fut promu au grade de maréchal de camp.

M. de Bourjolly, grand officier de la Légion d’honneur, général de division depuis le 20 octobre 1845, est aujourd’hui inspecteur général et membre du comité de cavalerie ; il a commandé successivement les 7’, 6" et 4’ divisions militaires.

II a fait les campagnes de 1807,1808, 1809 en Hanovre et en Hollande ; de 1811 en Espagne, de 1812 en Russie, de 1813 en Allemagne, de 1814 en Espagne, de 1815 en France, et, enfin, de 1830, 1839, 1840, 1841, 1843, 1844 et 1845 en Afrique.

BOURJOLLY DE SERMAISE (LE PAYS DE) (GUILLAUME-JBAN-MARIE-ËDOUARD)[modifier]

né à Philadelphie, le 10 juin 1793. Il était sous-lieutenant au 2 » régiment de chasseurs italiens, le 8 août 1811, et lieutenant au 3e régiment de la même arme, le 26 juillet 1813. Le 13 octobre de cette année, il fut nommé lieutenant-adjudant-major, et passa capitaine au service de France le 7 juillet 1814.

A la Restauration, 13 août 1814, il entra dans les mousquetaires, 1" compagnie, en qualité de maréchal-des-logis, le 19 mars 1815 ; il était, chef d’escadron et passa avecce grade aux chasseurs de l’Allier en 1816. Nommé lieutenant-co^ lonel au 3* régiment de chasseurs le 30 avril 1831, et colonel du 6° régiment de la même arme le 3 février 1836. Il fut promu au grade de maréchal de camp le 22 avril 1846.

M. de Bourjolly de Sermaise est officier de la Légion d’honneur depuis 182i, et commande aujourd’hui la 2e subdivision de la 3’ division militaire, à Nancy, (Meurthe et Vosges).

Il a fait les campagnes de 1812 en Russie, de 1813 en Illyrie.et de 1814 en Italie. — II a été blessé à l’épaule à la bataillé du Mincio, en 1814.

BOURKE (JEAN-BAYMOND-CHARLES, comte)[modifier]

né à Lorient, le 12 août 1772, d’une famille irlandaise qui avait suivi les Stuarts en France, entra en 1787 dans le régiment de Walsh-infanterie, et fit partie à l’âge de 14 ans de l’expédition de Cochinchihe. H était, en 1792, à Saint-Domingue, où il fut blessé en défendant le poste de Genton. De retour en France, il passa à l’armée des côtes de Cherbourg, puis s’embarqua, en l’an vi, comme chef de bataillon dans la brigade étrangère qui fit partie de l’escadre qui conduisait en Irlande le capitaine de vaisseau Bompart. Fait prisonnier à bord du bâtiment qu’il montait, il fut échangé et remplaça, en l’an vm, le général Lambert dans le commandement supérieur de Lorient.

Il prit part en l’an x, à la tête de 300 hommes de la marine, à l’expédition de Saint-Domingue, et fut nommé, à son retour, en l’an xv, lieutenant-colonel, aide-de-camp du général Davoût, qui commandait le 3’ corps de l’armée d’Angleterre : il se distingua dans tous les engagements de la flottille française qui eurent lieu entre Flessingue et Ambleteuse, et principalement à l’affaire de Messidor, an xm, sous le cap Griuez.

Depuis, Bourke soutint avec un rare courage l’honneur des armes françaises ; A la bataille d’Austerlitz, avec une partie du 17’léger, il contint l’ennemi qui voulait prendre en flanc notre armée et déjoua toutes ses tentatives.

Dans la campagne de Prusse, il s’empara d’un équipage de pont sur la Saale, et porta les postes de cavalerie légère jusqu’à Freyberg. Cette belle action lui mérita le titre de commandant de la Légion-d’honneur.

Dans la deuxième campagne d’Autriche en 1809, sa rare intrépidité contribua puissamment à la prise de 3,000 Autrichiens qui défendaient une des portes de Ratisbonne. Sur le champ de bataille de Wagram, où il eut deux chevaux tués sous lui, il fut nommé général de brigade. L’armée anglaise ayant débarqué dans l’île de Walcheren, il se porta en toute hâte à Anvers, et entra à la tête de sa brigade, le 15 novembre 1809, dans le fort de Bath, et à Flessingue, le 15 novembre suivant. De 1810 à 1813, il se signala par des prodiges de valeur en Espagne, où il culbuta toutes les bandes de Mina.. Nommé lieutenant - général et gouverneur de Wesel, le 7 novembre 1813, il ne consentit à rendre cette place aux Prussiens que sur l’injonction de Louis XVIII. De même en 1815, ce ne fut qu’en exécution des traités de Paris qu’il remit à l’armée russe la ville de Givet dont Napoléon lui avait confié la défense ; il se retira alors avec le peu d’hommes qui lui restaient dans la citadelle de Charleroi, où il se maintint tant que dura l’invasion étrangère et qu’il, eut ainsi la gloire de conserver à la France

En 1822, le général Bouike fit la campagne d’Espagne : c n’était pas un tacticien de premier ordre ; mais son impétuosité et sa constance le rendaient terrible dans un coup de main. Rien ne put refroidir son ardeur, ni l’âge, ni les blessures, ni la richesse. Il aimait la France avec passion et donna de nouvelles preuves de son patriotisme. Aussi fut-il un des meilleurs soldats de cette légion irlandaise qui en renfermait de si braves et qui se montra fidèle à la France, sa patrie adoptive.

Bourke a été nommé successivement, depuis 1823, grand officier de la Légion d’honneur, pair de France, grand-croix de Saint-Ferdinand et de la Légion d’honneur, inspecteur-général d’infanterie. Il est mort à Lorient, en septembre 1847.

BOURMONT (Louis - AUGUSTE - VICTOR, comte de Ghaisne)[modifier]

naquit au château de Bourmont, en Anjou, le 2 septembre ] 1773^ II était^enseigne dans le régiment ; des gardes françaises depuis un an, lors j de la révolution de 1789. Au licencier ; ment de ce corps, cette même année,.il retourna au château de Bourmont d’où il.partit avec son père, vers la fin de 1790, pour se rendre à Turin, à l’appel du prince de Condé dont il était aide-de-camp. Sur la fin de 1791, M. Bourmont père mourut et son fils revint quelques mois en France auprès de sa mère, puis rejoignit le comte d’Artois à Coblentz. Le régiment des gardes françaises ayant été formé dans cette ville sous le nom d’hommes d’armes à pied, M. de Bourmont y fut nommé sous-lieutenant, grade équivalent à celui de capitaine. Au licenciement de l’armée des Princes il se retira à Bruxelles et après la bataille de Jemmapes, à Bois-le-Duc, en Hollande. En 1795, il obtint du prince de Condé la permission de passer dans la Vendée où il eut le commandement en second des troupes du vicomte de Scépeaux et le ’ titre de major général. Chargé par M. de Scépeaux d’aller à l’armée de Condé solliciter la présence dans l’ouest d’un prince de la famille de Bourbon, il s’acquitta de sa mission, se remit en roule pour retourner en Vendée et apprit la catastrophe de Quiberon avant d’y arriver.

Au mois de janvier 1796, le comte de Scépeaux chargea le comte de Bourmont d’aller en Angleterre exposer à Monsieur la situation des provincesroyalistes.M. de Bourmont trouva le comte d’Artois à Edimbourg et reçut de sesmains la croix de Saint-Louis, en même temps que le duc d’Angoulême. Il avait alors 22 ans.

M. de Bourmont retourna en Vendée ; mais, la paix ayant été conclue avec les chefs royalistes, il demanda au général Hoche la permission de retourner en An-.gleterre, permission qui, à ce qu’il paraît, ne lui fut point accordée. Il fut déporté en Suisse sous l’escorte d’un général républicain. L’année suivante, M.deBourmontentra dans de nouvelles menées et vint à Paris, déguisé, préparer, aidé de quelques autres, une conspiration dont Pichegru était l’âme. L’arrestation des chefs militaires comprima le mouvement préparé, M. deBourmont se sauva à Londres, où il resta jusqu’en 1799, où la guerre civile recommença. Georges Cadoudal était au nombre des nouveaux chefs vendéens : M. de Bourmont eut lui-même le commandement des provinces du Maine, du Perche, etc. Cettevfois. les soldats qu’il commandait n’étaient plus les anciens Vendéens, mais ces soldats, plussembla-bles à des brigands rendus célèbres sous le nom de Chouans qui, au besoin mettaient à contribution les caisses publiques, et pillaient les diligences. Avec une colonne de ces soldats, M. de Bourmont s’empara du Mans, le 15 octobre 1799 et pour la deuxième fois, depuis la révolution, cette malheureuse ville fut mise à sac par des Français.

Après la paix, qui fut de nouveau signée le 2 février 1800, M. de Bourmont se rendit à Paris, y épousa mademoiselle Becdelièvre, fille de l’ancien président du parlement de Bretagne, et parvint à se rendre utile au premier Consul, qui le consultail sur les affaires de l’Ouest.

Le 21 décembre 1800, lorsqu’eut lieu l’explosion de la machine infernale, il ne fut d’abord ni arrêté ni accusé publiquement de complicité avec les royalistes, mais, peu après, il fut compris dans la catégorie des royalistes qui,- refusant de se rallier au gouvernement, furent mis dans des prisons d’État. On l’enferma dans la citadelle de Besançon. Il s’en évada vers la fin de 1804 et se réfugia en Portugal, où il resta malgré l’invasion de Junot, qui lui donna même à exercer les fonctions de chef d’état-major. Après la convention de Cintra, M. de Bourmont suivit l’armée française en France ; mais, arrivé eu Bretagne, il fut arrêté et conduit à Nantes. Junot, dont il avait reçu la parole, le fit rendre à la liberté et le fit admettre dans l’état-major de l’armée, comme adjudant-commandant,

avec ordre de rejoindre l’armée à Na-ples. Le comte de Bourmont s’élança dans la carrière des armes qu’on ouvrait devant lui, prêta serment à l’Empereur, se conduisit avec distinction dans l’affaire de. Bragance, alla à Milan, près du vice-roi, puis à Inspruck, et fut dès lors associé à toutes les opérations du 4" corps jusqu’à la campagne de Russie.

Employé pendant les campagnes de 1813 et 1814, il reçut de Napoléon quelques missions importantes, et fut mentionné honorablement dans les rapports officiels de la bataille de Dresde. Il avait été nommé général de brigade au mois d’octobre 1813. En 1814 (février), l’Empereur l’ayant laissé à Nogenl avec 1,200 hommes ; il barricada les rues, crénela les maisons, "et repoussa toutes les attaques de l’ennemi, à qui il fit perdre 1,700 hommes. Ce fait d’armes lui valut le grade de général de division.

M. de Bourmont reconnut un des premiers les Bourbons, et fut nommé au commandement de la 6e division militaire, qu’il avait encore à l’époque du débarquement. L’ordre lui fut donné de se réunir au maréchal Ney, et il fut témoin de la défection de ses troupes. Pendant les Cent-Jours, M. de Bourmont se rendit à Paris, s’insinua de nouveau dans les bonnes grâces de l’Empereur, et obtint le commandement de la 6e division du corps d’armée commandé par le général Gérard. Cependant dès la promulgation de l’acte additionnel, auquel il refusa d’adhérer, il avait jugé la cause de Napoléon perdue et le retour de Louis XVIII infaillible. Dès lors sa conduite était tracée, et son départ pour Gand n’était plus que l’affaire du temps et des circonstances. Trois jours avant la bataille de Ligny sous Fleurus, le 14 juin, il abandonna ses drapeaux et se rendit auprès du roi, qui, après la bataille de Waterloo, lui donna le commandement de la frontière du Nord. Il figura ensuite dans les procès du maréchal Ney et du général Bonnaire, et contribua par ses dépositions à la condamnation du premier. En 1816, il fut nommé commandant de l’une des divisions de la garde royale. En 1823, il commanda en Espagne la division d’infanterie de la garde royale attachée au corps de réserve.

En 1829, il fit partie du ministère Polignac, et eut le portefeuille de la guerre.

Ce fut lui qui, en 1830, commanda l’expédition d’Alger. La flotte opéra son débarquement le 14 juin, et le 5 juillet Alger capitula. Il dut à ces événements de n’être pas impliqué dans le procès des ministres après la Révolution. Charles X venait de le nommer maréchal de France. Le nouveau gouvernement refusa de reconnaître ce titre, et envoya le général Clausel pour le remplacer en Algérie.

Le 3 septembre, M. de Bourmont, accompagné de ses deux fils, mit à la voile sur un bâtiment marchand, et se rendit en Angleterre auprès de Charles X, qui l’accueillit avec effusion. Depuis lors il essaya de ranimer la guerre1 de la Vendée, où il accompagna la duchesse de Berri. Il mit aussi son talent militaire au service de don Miguel, en Portugal..Ce dernier acte a autorisé le> gouvernement, à lui appliquer les dispositions du Code concernant les Français qui servent en pays étrangers sans autorisation. M. de Bourmont a cessé d’être Français, et a fixé sa résidence en Allemagne ;

II est mort le 27 octobre 1846 au château de Bourmont, dans l’Anjou, à l’âge de 73 ans. Tel est l’homme que la France entière et Napoléon ont jugé sévèrement avant l’histoire. On connaît le mot accablant prononcé par l’Empereur à Sainte-Hélène : « Bourmont est une de mes erreurs. »

BOUSSARD (ANDRE-JOSEPH, baron)[modifier]

né à Binch, en Hainaut, le 13 novembre 1758, servit d’abord dans les troupes autrichiennes ; mais les troubles de la Belgique le rappelèrent bientôt dans sa patrie, où il servit, en qualité de capitaine, jusqu’en 1791. A cette époque il passa sous nos drapeaux.

Chef d’escadron au 20’ dragons en 1793, il passa en Italie et s’y fit remarquer. Nommé chef de brigade, il suivit Napoléon en Égypte et se signala dans toutes les rencontres. Rentré en France avec le grade de général de brigade, il fit avec distinction la campagne de Prusse ; mais c’est surtout en Espagne qu’il donna des preuves d’une éclatante bravoure.

Chargé en 1810 d’arrêter le général O’Donnel qui cherchait à dégager Lé-rida assiégée par nos troupes, il le joignit, l’attaqua avec tant d’impétuosité que les colonnes.ennemies débordées ne purent se mettre en ligne et s’enfuirent dans le plus affreux désordre.

La tentative de Bassecourt sur le camp de Vinaros fournit à Boussard une nouvelle occasion de gloire ; il fondit sur les assaillants à la tête de quelques escadrons de cuirassiers, les enfonça et les poursuivit jusqu’à Benicarlos. A la bataille de Sagonte, la cavalerie ennemie s’était emparée de nos pièces et faisait main basse sur les colonnes qui lesappuyaient ; Boussard accourt, s’élance sur les Espagnols, les sabre, reprend nos canons et enlève l’artillerie des assaillants eux-mêmes. Comme cet intrépide général attaquait sans les compter tous les ennemis qu’il avait en tête, il rencontre vingt "escadrons espagnols en bataille en avant de Torrente ; il n’avait avec lui qu’une soixantaine de hussards, et cependant il fait sonner la charge et se précipite sur l’ennemi avec un abandon sans exemple ; mais la disproportion était trop grande ;

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il est entouré, couvert de coups de sabre, et eût péri sans le général Delort qui vint le dégager. Nommé général de division le 16 mars 1812, mais épuisé, couvert de cicatrices, il vint à Bagnè-res-de-Bigorre pour s’y rétablir, et y mourut le 11 août 1,813.

BOUTEILLER (CHARLES-FRANÇOIS-ROMARIC de)[modifier]

né à Nancy le 9 décembre 1786, était passé de l’École polytechnique à l’École d’application de Metz en septembre 1805 ; il avait fait ses premières campagnes en Prusse et en Pologne avec le,6e régiment d’artillerie à pied, aux sièges de Breslau, de Schweid-nitz, de Neiss, de Silderberg et au combat de Glatz. Le 1" juillet 1810, il entra comme capitaine au 2e bataillon de pontonniers, et fit la campagne de Russie en qualité d’adjoint à l’état-major de l’artillerie de la grande armée. Il était à la bataille de Smolensk.et à celle de la Mos-kowa, aux combats de Krasnoé, Maloja-roslawetz ainsi qu’au passage de la Bé- » résina. Il eut pendant la retraite un doigt de la main gauche gelé, dont il subit plus tard l’amputation. Nommé chevalier de la Légion d’honneur le 21 avril 1813, est attaché avec le grade de capitaine chef de bataillon à l’artillerie à pied de la garde impériale pendant la campagne de Saxe ; il reçut un coup de feu dans l’épaule droite à Bautzen, et fut décoré de la croix d’officier le 6 septembre, après la bataille de Dresde.

Présent à Leipzig, à Hanau, à Brienne, à Arcis-sur-Àube, M. Bouteiller, qu’on avait placé à l’École de Metz à la pre -mière Restauration, commanda dans les Cent-Jours et durant tout le blocus l’artillerie de la garde nationale de cette ville. Successivement major du 2’ à pied, commandant de l’artillerie à Thionviile et secrétaire du comité consultatif de son arme, M. de Bouteiller, devenu lieutenant-colonel en 1825, eut en 1830 la direction administrative du dépôt central et de l’atelier de précision de Paris ; puis il commanda quelque temps comme colonel l’École d’application, et fit, en qualité de chef d’état-major général de l’artillerie les trois campagnes de 1831, 1832, 1833 en Belgique, les deux dernières au siège d’Anvers. Il obtint à cette occasion la décoration de commandeur de la Légion d’honneur et celle d’officier de l’ordre de Belgique. Nommé maréchal de camp le 27 février 1841, il quitta la direction de Metz, où il était employé depuis 1833, et commanda successivement les Écoles de Toulouse et de Metz. Promu au grade de général de division le 12 juin 1848, M. de Bouteiller était membre du comité d’artillerie et du conseil de perfectionnement de l’École polytechnique.

Il est mort à Paris dans l’exercice de ces hautes et importantes fonctions le 3 mars 1850, à l’âge de 63 ans.

M. de Bouteiller unissait à un mérite incontestable comme artilleur, à une instruction étendue et aux qualités de l’homme de cœur, un esprit fin et aimable, une grande bonté de caractère, une extrême modestie et une piété sincère. Établi à Melun depuis plusieurs années, il y jouissait d’une grande considération et de l’affection de toutes les personnes qui l’y ont connu.

BOYELDIEU (LOUIS-LEGER, baron)[modifier]

naquit le 13 août 1774 à Monsures (Somme). Le 2 septembre 1791 il entra comme sous-lieutenant dans le 3e bataillon de volontaires de son département. Incorporé dans la 24° demi-brigade de ligne, devenu 61’, lieutenant le 4 février 1792, et capitaine le 25 prairial an H, il fit les guerres de la Révolution de, 1792 à l’an v, et suivit sa demi-brigade en Égypte. De l’an vi à l’an ix, il se trouva aux batailles de Chebreiss et des Pyramides, suivit l’armée dans le Séid, et prit part à tous les combats que sa demi-brigade livra à Mourad-Bey ;

Rappelé dans le Delta, il y combattit les Turcs et fut blessé à la prise du fort d’Aboukir. A la’bataille livrée sous les murs d’Alexandrie, le 28 ventôse anix, il reçut un coup de feu dans le cou, et obtint le grade de chef de bataillon, le 9 germinal suivant.

Rentré en France après la capitulation d’EI-Arisch, il devint membre de la Légion d’honneur le 2o prairial an xn, fit la campagne de cette année et la suivante à l’armée des côtes de l’Océan, et passa avec son grade, le 18 fructidor an xm, dans les grenadiers à pied de la garde consulaire. Sa conduite, pendant la campagne de l’an xiv, lui mérita, le 9 mars 1806, le grade de colonel, et le 14 du même mois la décoration d’officier de la Légion d’honneur.

Passé au commandement du 4e de ligne, il fit les guerres de 1806 à 1807 en Prusse et en Pologne, et reçut à Deppen, le 7 février 1807, un coup de feu dans le bras gauche ; l’Empereur le nomma le 11 juillet commandant de la Légion d’honneur, et, l’année suivante, baron de l’Empire.

Pendant la campagne d’Allemagne de 1809, il combattit à Bergfried et àWa-gram, fut blessé dans chacune de ces affaires et mérita d’être cité dans le Bulletin officiel.

Adjudant général de la garde, avec rang de général dé brigade, le 21 juillet 1811, il suivit la grande armée enPrusse et en Saxe. Napoléon l’éleva, le 7 septembre 1814, au grade de général de di-. vision.

Il s’était fait remarquer à la bataille de Dresde à la tête d’une brigade dé la jeune garde, et avait reçu un coup de feu à l’épaule gauche. La gravité de cette blessure ne lui permit pas de faire la campagne suivante.

Chevalier de Saint-Louis le 29 juillet 1814, et en non-activité le 1er septembre suivant, il est mort à Monsures (Somme), le 17 août 1815.

Son nom est inscrit sur la partie Est de l’arc de triomphe de l’Étoile.

BOYER (PIERRE-FRANÇOIS-XAVIER, baron)[modifier]

lieutenant-général, naquit à Bel-fort (Haut-Rhin), le 7 septembre 1772. Il partit comme volontaire à l’âge de vingt ans, dans un des bataillons de la Côte-d’Or. Peu de temps après il commandait, comme capitaine, une compagnie du 1" bataillon du mont Terrible, et devenait l’aide de camp du général Kellermann.

En 1796, il faisait la campagne d’Italie, en qualité d’adjudant-général. Plus tard, il suivait Bonaparte sur les bords du Nil et en Syrie. Il se distingua à la bataille d’Alexandrie, où il fut grièvement blessé.

Le 3 germinal an ix, il était général de brigade, et se disposait à prendre part à l’expédition de Saint-Domingue, comme chef d’état-major de l’armée. Il se comporta brillamment en Allemagne, aux batailles d’Iéna, de Pultusk, de Fried-land et de Wagram.

Il devint en Espagne la terreur des guérillas. Sa division de dragons inspirait partout l’effroi. Lieutenant-général le 16 février 1814, il fut placé à la tête du département du Mont-Blanc ; il en fut chassé par la première Restauration, combattit l’étranger pendant tout le temps de l’invasion, et fut réformé sans traitement en 1816. Il vécut misérablement pendant plusieurs années. On l’autorisa enfin à passer au service du Pacha, vice-roi d’Égypte. La révolution de Juillet le rappela en France. Il commanda une division en Afrique, lors de l’expédition de Clausel, dans la province de Tittery. On lui confia le commandement de la place d’Oran. Il y arriva précédé d’une grande réputation de sévérité qui lui avait valu en Espagne le surnom de Cruel. On eut quelque peine à croire que cet homme si doux, si affable dans son intérieur, eût jamais mérité qu’une telle épithète s’attachât à son nom ; mais la dureté impitoyable avec laquelle il sévit contre les Maures, soupçonnés d’avoir des intelligences avec le Maroc, ne tarda pas à prouver qu’on n’avait nullement calomnié le général Boyer. Toutefois, notre situation exigeait peut-être ces manifestations énergiques et implacables. La province était dans une anarchie complète. Mascara était presque constituée en république ; Tlemcen n’était qu’un vaste cirque où les Maures et les Coulouglis s’entre-déchiraient journellement ; Mostaganem nous reconnaissait à peine. Le reste de la province nous était plus qu’hostile, et nous avions affaire à des ennemis tels que le marabout Mahy-cd-Dine, l’émir Abd-el-Kader, Musta-pha-el-Mezary, Miloud-ben-Arrach,. etc. La main de fer. du général Boyer, tout en pesant sinistrement sur la ville, en y comprimant la révolte et la trahison par la terreur, faisait en même temps respecter notre drapeau aux ennemis extérieurs. Il est donc à peu près prouvé que la province eut regagné toute sa tranquillité s’il avait été maintenu à son poste. C’était peut-être le seul homme capable d’imposer aux Arabes, qui ne sont soumis qu’à ceux qu’ils craignent. La bénignité, la mansuétude du général Desmi-chels, qui remplaça le général Boyer, détruisit en quelques jours les effets de la vigoureuse administration de son prédécesseur.

Il est grand officier de la Légion d’honneur.

BOYER (LODIS-JACQUES-JEAN, baron)[modifier]

né le 24 juin 1767, à Sarlat (Dordogne). Le 8 octobre 1791. il entra comme sous-ieutenant dans le 48e régiment d’infanterie de ligne, devint lieutenant le 1" octobre 1792, et passa avec ce grade, le 8 du même mois, en qualité d’adjoint à l’état-major de l’armée du Midi.

Le 19 juin 1793, il fut nommé chef de bataillon des côtes maritimes, et peu de jours après adjudant-général chef de bataillon provisoire.

Le 16 brumaire an n, le gouvernement lui envoya le brevet d’adjudant-généràl chef de brigade (colonel) pour le récompenser de ses services distingués pendant les campagnes de 1792 à l’an ni, aux armées du Midi, des Alpes et d’Italie.

Réformé par suite de la réorganisation de l’état-major de l’armée, le 2o prairial an ni, il ne reprit de l’activité que le 19 pluviôse an vi, et fut employé aux armées gallo-bataves du Rhin et d’Italie, de l’an vi à l’an xi.

Le 11 fructidor de cette dernière année, il reçut le brevet de général de brigade etfut appelé au commandement de la -l’e subdivision de la 13" division militaire.

Le 6 nivôse an xu, le général Boyer passa de ce commandement à celui des côtes du Morbihan. Compris sur la liste de nomination des membres de la Légion. d’honneur du 19 frimaire an xu, il fut nommé commandant de cet ordre le 2o prairial suivant, et peu de temps après électeur du département de la Dordogne. Employé le 2 vendémiaire an xiv au camp volant de Rennes, composé de grenadiers réunis, il retourna, le 8 février 1806, dans le Morbihan, et fut désigné, le 9 janvier 1807, pour prendre le commandement du département des Côtes-du-Nord. Le général Boyer resta peu de temps dans cette résidence.

Le 6 février de cette année, l’Empe^ reur lui confia la brigade d’avant-garde

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du camp de Pontivy. A la fin de décembre 1808, il reprit ses fonctions dans le département des’Côtes-du-Nord.

Vers ce temps, Napoléon lui conféra le titre de baron de "l’Empire. Passé au commandement de l’île d’Aix, le 29 juillet 4812, il prit, le.18 août suivant, celui de la 8e brigade des gardes nationales.

A la première Restauration, le général Boyer adressa sa soumission à Louis XVIII, qui le maintint dans son commandement de l’île d’Aix.

Au retour de l’île d’Elbe, l’Empereur retrouva dans ce chef de son choix tout le dévouement.qu’il avait droit d’en attendre ; aussi ne (arda-t-il pas à lui donner un emploi de confiance, en l’envoyant, le 22 mai J 815, dans le.département de la Vendée, menacé par une nouvelle levée d’insurgés. Il montra la plus grande fermeté dans ces fonctions difficiles, et sut s’y concilier l’estime des habitants et l’affection dès troupes. placées sous ses ordres.

Mis en non-activité le 24 août suivant il fut compris dans le cadre de disponibilité de l’étal-major général de l’armée le 30 décembre 1818, et mis à la retraite le Ier décembre 1824.

Il est mort le 18 novembre 1828. Son nom est gravé sur le monument de l’Étoile, côté Nord.


BOYER DE REBEVAL (JOSEPH, baron)[modifier]

né à Vaucouleurs le 20 avril 1768, entra au service en 1787, fit avec distinction presque toutes les campagnes de la Révolution, et gagna tous ses grades par des actions d’éclat. Colonel d’un régiment de fusiliers-chasseurs en 180", il’fut chargé de foire le blocus de Colberg, en Poméranie. Le fort de Neugarten gênait les approches de la place ; mais, situé au milieu dévastes marais, il n ’était accessible que par un chemin creux que balayaient trois pièces de canon. Boyer ouvre l’attaque, et trouvant bientôt qu’elle est trop lente, indécise, il arme ses soldats de planches, de fagots, s’élance à travers la mitraille, arrive aux fossés, les comble, force les remparts et fait mettre bas les armes à la garnison.

M. Boyer combattit à la bataille d’Ess-ling, fut nommé général de brigade, le 6 juin, et commandant de la Légion d’honneur le 21 septembre suivant ; puis il retourna en Espagne, fut fait adjudant-général de la garde sur la fin de 1811, et partit pour la campagne de Russie, où il fut blessé à la bataille de la Moskowa.

En 1803, il se distingua à la bataille de Wurtchen, à celle de Dresde, où il futien-core blessé et nommé général de division.

En 1814, il combattit’ avec valeur à Méry-sur-Seine, où il culbuta et mis en fuite plusieurs divisions ennemies, reçut deux nouvelles blessures à la bataille de Craonne, déploya la plus brillante valeur àLaon, à Arcis-sur-Aube, où il enleva le village de Torey, et sous les murs de Paris.

Le général Boyer se battit encore héroïquement à Waterloo, et après le licenciement de l’armée, il se retira dans sa terre de Rebeval, où il mourut le o mars 1822.

BRACK (ANTOINE-FORTUNE)[modifier]

élève de l’École militaire de la promotion de 1806, fit les campagnes de Prusse, de Pologne, d’Allemagne, de Russie, comme officier de hussards et comme aide-de-camp du général Colbert. Il obtint la décoration dé la Légion d’honneur sur le champ de bataille de Wagram.

Pendant l’armistice de Dresde, en 1813, Napoléon le distingua d’une façon toute particulière, et le plaça dans les lanciers de sa vieille garde, où il resta jusqu’après Waterloo.

Laissé en non-activité pendant la Restauration, le colonel Brack fut ruppelé en 1830, et nommé en 1832 colonel du

BRA

( 4e hussards, dont il fit le plus beau régiment de cavalerie légère de l’armée. Promu au grade de maréchal de camp, le 24 août 1838, il commanda l’École de Saumur j usqu’en 1840, et le département de l’Eure jusqu’en 1848.

Admis à la retraite depuis les événements de février, il fut rétabli sur les cadres comme disponible par un récent décret de l’Assemblée nationale.

Il est mort à Évreux, le 21 janvier 1850, dans sa soixante-unième année. Il était commandeur de la Légion d’honneur.

Indépendamment d’un courage chevaleresque éprouvé sur maints champs de bataille, le général Brack était doué d’un esprit plein de naturel et d’originalité qui le faisait rechercher dans le monde, et il possédait une connaissance parfaite de toutes les choses de son arme.

Après avoir composé son traité sur les Avant-postes de cavalerie légère, qui se trouve dans le porte-manteau de tout officier studieux, il avait traduit de l’allemand la Tactique des trois armes, de Decker. Le tome xxm du Spectateur militaire contient sous le titre : Faut-il deux infanteries ? un article où il s’attache à démontrer la nécessité de diviser l’armée en six armes distinctes, qu’on recruterait d’hommes ayant les conditions physiques ou les connaissances propres à chacune d’elles. Enfin, au-mois de juillet 1838, il avait entrepris la traduction libre et l’examen critique de l’ouvrage du comte de Bismark, intitulé : Sedlitz, ou la cavalerie prussienne sous Frédéric le Grand, travail où brillaient toute l’élégance de son style et la légèreté de son esprit, et qu’une cruelle maladie vint interrompre subitement en 1840.

Cet ouvrage a été continué avec non moins de talent par M. le colonel d’artillerie Tortel.

BRAYER (MICHEL-SYLVESTRE, comte)[modifier]

né le 31 septembre 1769 à Douai (Nord), soldat au régiment Suisse de Reinhart, le 20 avril 1782 ; adjudant-major, le 23 décembre 1793 dans le 3e bataillon de Puy-de-Dôme, devenu 38e demi-brigade, puis 103e d’infanterie de ligne ; il fit les campagnes de 1792 à l’an ix aux armées des Ardennes, de la Moselle, d’Helvétie, du Danube et du Rhin, et passa capitaine de grenadiers, le 26 brumaire an xi.

Après s’être distingué aux affaires d’Emeding, en Brisgau, en l’an v, de Reichnau, le 16 ventôse an vu, et à plusieurs autres, le premier Consul le nomma chef de bataillon à la 103e demi-brigade, le 12 thermidor an viu.

Le 18 germinal an xi, Ney, alors général en chef et ministre plénipotentiaire en Helvétie, lui fit décerner un sabré d’honneur, accompagné d’un certificat conçu dans les termes les plus honorables, surtout à propos de sa brillante conduite à la bataille de Hohenlinden.

M. Brayer fut nommé major du 9* régiment d’infanterie de ligne, le 30 frimaire ’=an xn, et membre de la Légion d’honneur le 4 germinal suivant ; il fit les campagnes de l’an xiv en Autriche, comme commandant de la 2e demi-brigade d’élite (58e et 81° de ligne), division des grenadiers d’Oudinot, 3e corps de la grande armée.

Au combat d’Hollabrùn, il dispersa l’aile gauche de l’arrière-garde des Russes et leur prit 800 hommes à Austerlitz ; il fit capituler 8,000 Russes engagés dans un défilé. Après la bataille, l’Empereur le nomma colonel du 2e régiment d’infanterie légère.

Commandant d’avant-garde du maréchal Lefebvre, en 1806 et 1807, il se distingua au siège de Dantzig, à la prise de l’île de Nehrung, où il reçut la croix d’officier de la Légion d’honneur ; il contribua au succès de la bataille d’Heilsberg, fut grièvement blessé à Friedland.

Passé à la i" division du 2e corps de l’armée d’Espagne, en 1808, il se signala à la bataille de Burgos et fut nommé commandeur deux jours après. Le 19 novembre, à San Vicente, il culbuta les Espagnols, leur tua beaucoup de monde et leur fit plus de 1,000 prisonniers.

Général de brigade, le 26 mars 1809, il contribua puissamment à la prise,du camp retranché sous les murs d’Oporlo, se distingua à la bataille d’Ocana, et à tous les combats qui eurent lieu dans la Sierra-Morena. A la tête de deux régiments, il enleva la position de Pêna-Pe-ras, regardée comme la clef de l’Andalousie.

Le 15 août 1811, il fut créé baron de l’Empire avec une dotation de 6,000 francs ; chargé de se réunir au 2r corps en position devant Mérida, il traversa avec 5 bataillons d’infanterie et 2 régiments de cavalerie les plaines de l’Estra-madure en présence de 15,000 hommes, commandés par la Romana. Le 5 août, au combat de Villagarcia, le général Brayer chargea à la baïonnette 5,000 Espagnols, s’empara du plateau qu’ils défendaient et décida le succès de cette journée.

Après-la bataille de Gebora et la prise de Badajôz, il fut proposé pour une augmentation de dotation de 2,000 francs, en récompense de sa belle conduite à la bataille d’Albuhera, où il prit et reprit à la baïonnette une position tenue par les Anglais ; obligé de céder au nombre, il commençaitune troisième attaque, quand une balle lui fractura la jambe gauche. Il marchait encore avec des béquilles, lorsque, le 3 avril 1813, il alla rejoindre l’armée. Le 25 mai, au combat de Buntzlau, il rétablit un pont, le passa sous le feu de l’ennemi qu’il força à mettre bas les armes.

Général de division après la bataille de Dresde, où il fut blessé, il se trouva aux différents combats qui se livrèrent devant Leipzig. Dans la bataille du 19 octobre, un boulet tua son cheval et le blessa à la cuisse.

En 1814, il fit partie du corps d’armée du duc de Tarente, et se distingua particulièrement le 4 février àChâlons, à Montmirail, àlaFerté, à Bar-sur-Seine.

Mis en non-activité iiprès l’abdication ; une ordonnance royale du 8 juillet le nomma chevalier de Saint-Louis.

A l’entrée de Napoléon à Lyon, en 1815 (10 mars), le général Brayer, commandait cette place ; il en partit le lendemain avec la division et passa le 22 mars la revue de l’Empereur sur la place du Carrousel.

Commandant d’une des divisions de la jeune garde, il se rendit le 18 mai à Angers avec deux régiments, et sa conduite, dans cette ville, fut à la fois fer-^ me et prudente.

Créé chambellan de l’Empereur, gouverneur de Versailles et de Trianon, pair de France et comte de l’Empire avec dotation de 4,000 fr., il prit une part active aux opérations du général Lamarque dans la Vendée.

Au second retour de Louis XVIII, il fut compris dans l’acticle Ier de l’ordonnance du 24 juillet, et condamné à mort par contumace, le 18 septembre 1816. Le général Brayer, réfugié ’ en Prusse, puis aux États-Unis, alla prendre du service à Buenos-Ayres. Parti de Baltimore avec le général Carrera, il commanda, en 1818, l’armée des indépendants dans le Chili. Les intrigues d’un cabinet étranger le forcèrent à quitter ce pays. De retour dans sa patrie, en 1821, le général Brayer rentra dans tous ses droits, titres, grades et honneurs ; fut admis à la retraite le le’janvier 1829, fut rappelé à l’activité le 4 août 1830, et nommé commandant de la 5e division (Strasbourg).

Grand officier de la Légion d’honneur en 1830, et pair de France en 1832, il remplit les fonctions d’inspecteur général de l’infanterie en 1833, 1834, 1835.

Lorsqu’il quitta Strasbourg, les habitants lui décernèrent une épée d’honneur.

Admis dans le cadre de vétérance, le 31 septembre 1835, il reçut la grand’croix de la Légion d’honneur, le 15 février 1836, et fut mis en non-activité.

Il est mort à Paris le 28 novembre 1840 ; son nom figure sur la partie Ouest de l’arc de l’Étoile.

Le général Bràyer avait été compris dans le testament de Napoléon pour une somme de cent mille francs.

BRÉA (JEAN-BAPTISTE DE)[modifier]

né en 1790, entra, dès l’âge de huit ans, au lycée impérial, en sortit pour aller à l’École militaire. Sous-lieutenant le 9 mai 1807, lieutenant le 6 août 1809, capitaine le 28 novembre 1812. Chef d’escadron le 25 décembre 1816. Lieutenant-colonel le 31 décembre 1831.

M. de Bréa a fait les campagnes de 1807 et 1808 en Calabre, 1809 à la grande armée, 1810et 1811 en Calabre ; 1812 et 1813 à la grande armée, 1815 à Waterloo.

En avant de Holsauzen, à la prise de la redoute suédoise, le 16 octobre 1813, le général comte Charpentier, commandant la 36e division,11° corps, détacha sa croix d’or et la remit au capitaine de Bréa, en signe de satisfaction, en présence de toute la division formée en colonne, et des généraux Meunier et Char-ras. Voici quelques mots sur ce brillant fait d’armes :

Le 16 octobre, à midi et demi, le général Charpentier reçut du maréchal Ou-O dinot l’ordre de s’emparer de la redoute suédoise. De nombreuses coupures dans le terrain ne permettaient pas de conduire de l’artillerie dans sa direction. Son élévation prodigieuse, les canons dont elle était hérissée, 6,000 hommes d’infanterie qui la défendaient rendaient inexpugnable cette formidable position.

Cependant, sous le feu terrible que vomissait la redoute, la 36e division s’avance l’arme au bras et au pas cadencé, son général de division en tête. Les boulets frappent dans les rangs et y sèment la mort, sans que la moindre indécision, le moindre flottement, se laissent apercevoir dans la colonne. A demi-portée de mitraille, le général Charpentier ordonne d’accélérer le pas ; mais, au pied de la position, le pas de charge se fait entendre ; dès lors, c’est à qui le premier en atteindra le sommet. Cet honneur appartient aux capitaines de Bréa, Mori-court et Bonnet, tous trois du 22e d’infanterie légère qui formait tête de colonne. Ces braves se précipitent avec intrépidité dans la terrible redoute, sabrent les canonniers qui sont devant eux et s’emparent de leurs pièces. Le capitaine de Bréa crie gaîment à ses carabiniers : Amis, doublez le pas, ce sont des Autrichiens ! Cette exclamation, qui peint l’audace et le caractère tout français de ce jeune officier, était fondée sur l’expérience. Les ennemis, frappés d’épou-vante, abandonnent la position, et fuient avec tant de précipitation, que pas un des six mille ne se serait échappé si, commeàLutzen, le manque de cavalerie ne se fût fait sentir.

Le général Charpentier témoignait sa satisfaction au capitaine de Bréa, lorsqu’un biscaïen enlève le schako de cet officier : quelques lignes plus bas, et c’en était fait du capitaine et du général

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Le capitaine de Bréa, frappé de deux coups de feu, le 19 octobre 1813, fut laissé pour mort sur le champ de bataille de Leipzig.

Le 16 juin 1815, aux Quatrc-Bras, à la tête de 140 carabiniers du l*r régiment d’infanterie légère, il chargea à la baïonnette un carré d’Écossais, et, dans cette action, signalée comme un des beaux faits d’armes de la journée, 43 carabiniers et 2 de ses officiers furent mis hors de combat.

M. de Bréa a été nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 21 juin 1813, ofiîcier du même ordre le 17 mars 1815 ; chevalier de Saint-Louis le 25 août 1823 ; chevalier de l’ordre royal des Deux-Si-ciles, le 4mai 1813 ; chevalier de l’ordre’ du Mérite militaire de Wurtemberg, le 25 août 1813, colonel le 6 janvier 1836, et maréchal de camp le 20 avril 1845.

Dans les funestes journées de juin •1848, le général de Bréa> placé à la tête d’un corps considérable de troupes, s’était emparé des positions occupées par les insurgés sur la rive gauche de la Seine, et avait rejeté ceux-ci hors des murs de Paris. Pour amener la cessation complète des hostilités, le 25 juin, le général, accompagné de M. Mangin, capitaine d’état-major et des chefs de bataillon Desmarets et Gobert, se dirigea vers la barrière de Fontainebleau, dernier rempart de l’insurrection.

Sur ce point, quatre barricades fermaient les côtés des boulevards intérieurs et extérieurs, et protégeaient les insurgés réunis sur les routes de Choisy ■ et d’Italie. La barrière, fermée par une masse de pavés, laissait un étroit passage sur là droite.

Le corps ’ de garde de’ l’octroi était peuplé d’une foule armée.

Le général de Bréa se présenta en dehors de la barrière, et après quelques paroles, pénétra au delà sur l’invitation

qui lui fut faite. Aussitôt il fut entouré et saisi avec ceux qui le suivaient et devint le prisonnier des insurgés.

Des clameurs sinistres s’élevèrent et grossirent.. Quelques-uns le prenaient pour Cavaignac. Les moins forcenés le firent entrer dans le poste de l’octroi, mais les cris des assaillants redoublant, on proposa de les conduire chez Dorde-lin, maire de la commune et propriétaire de l’établissement du Grand-Salon.

Arrivés dans cet endroit, les portes se refermèrent sur la foule furieuse. On essayait de faire fuir le général par le jardin, lorsque les insurgés pénétrèrent dans la maison et entraînèrent la victime au second étage.

Là, on exigea de lui un ordre écrit pour le départ des troupes. Le général succombant à la violence morale et.physique, écrivit cet ordre d’une main mal assurée.

Pendant ce temps les commandants Gobert et Desmarets avaient été désarmés et cruellement maltraités. Tous furent conduits au grand poste, où de nouvelles tentatives furent faites pour sauver le général, par une ouverture pratiquée à l’instant au mur du violon. Un enfant de quatre ans dénonça cette tentative. Les généreux défenseurs du général prirent la fuite.

Quelques minutes après des cris d’effroi se font entendre du côté de la barrière : Voilà la Mobile ! Peut-être était-ce le signal de l’exécution tant de fois annoncée. Toujours est-il qu’au même moment, six coups de fusil retentissent ; le général et son aide-de-camp Mangiu tombent mortellement frappés.

Les misérables assassins pénètrent dans le corps de garde ; l’un d’eux enfonce la baïonnette de son fusil dans le ventre du général, un autre lui fracasse le crâne avec sa crosse. MM. Desmarest et Gobert, qui avaient échappé à la mort eh se plaçant sous le lit de camp, parvinrent à s’éloigner de ce sanglant théâtre.

BRENIER DE MONTMORAND (ANTOINE-FRANÇOIS, comte de)[modifier]

lieutenant-général, grand officier de la Légion d’honneur, né en 1767 à Saint-Marcelin (Isère), entra au service en 1786, et obtint, dans les premières années de la révolution, un avancement rapide. Il fit avec distinction toutes les campagnes de la République, et suivit, en 1807, le général Junot en Portugal, où sa valeur se signala, surtout à la bataille•d’Almeïda. Sommé par les Anglais d’abandonner cette place, dont Masséna avait inutilement cherché à les éloigner, il en fit sauter les fortifications ; et, le 10 mai, à la tête de la poignée de braves qui lui restaient, il s’ouvrit un passage à travers l’armée anglaise, et rejoignit l’armée du maréchal qui le croyait perdu.

Le grade de général de division fut la récompense de cette action d’éclat, v Depuis cette époque, il prit une part honorable à la campagne de 1813. Nommé, en 181 4, commandant de la 16e division militaire, il mit Lille en état de défense. Il passa ensuite au commandement de la ville de Rrest, où sa conduite, pendant les Cent-Jours, loi mérita une épée d’honneur que lui vota le conseil municipal.

Inspecteur général d’infanterie de 1816 à 1818, commandant supérieur de la Corse de 1820 à 1823, il obtint sa retraite en 1827, et mourut le 8 octobre 1832.

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Ouest.

BRICE (JOSEPH-NICOLAS-NOEL)[modifier]

né à Lorquin (Meurthe). le 24 décembre 1783, fils d’un instituteur et élevé par son père. Soldat volontaire, le 9 mars 1803, dans le 14° régiment de chasseurs à cheval,-

était déjà maréchal-des-logis-chef, le 29 juillet 1804. Après la campagne d’Italie, il fut appelé dans les chasseurs à cheval de la garde, comme simple chasseur, et cependant, dès 1809, il était lieutenant en second et décoré. Deux fois il avait été blessé grièvement, à Eylau et à Wa-gram. M. Brice fit les campagnes d’Autriche et de Russie en qualité de lieutenant en premier et de porte-étendard. Celles de 1814- et 1815, en qualité.d’adjudant-major, de capitaine et de chef d’escadron.

Maintenu dans son grade après la rentrée des Bourbons, et placé sous les ordres de Lefebvre Desnoëttes, ex-général des chasseurs de la garde, il fut sur le point d’être arrêté, après le débarquement de Napoléon, et dut se placer sous la protection de son régiment. Placé par l’Empereur à la tête du 2e corps des chasseurs volontaires de la Moselle, il fit à l’ennemi un mal incalculable, et fut mis hors la loi par un ordre du feldruiaréchal prince de Wrède. Un jour, le colonel Brice fut sur le point d’enlever les empereurs de Russie et d’Autriche, et le roi de Prusse, à Sarre-bourg.

Le 19 juillet, il signa une capitulation devenue indispensable avec le général-Orloff. Cette capitulation ne l’empêcha p"as d’être condamné à mort. Il se réfugia à Bruxelles, puis en Allemagne ; en 1819, M. Brice revint en France, et fit purger sa double contumace. On l’admit au traitement de réforme comme chef d’escadron seulement.

Le 2 août 1830, le maréchal Gérard lui confia le commandement du 3e régiment de cuirassiers qui se trouvait à Lille. En 1833, le 3e cuirassiers vint à Paris pour assister à l’inauguration de la statue de Napoléon sur la grande colonne.

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« Prince, dit-il alors au jeune duc d’Orléans, si j’avais connu la position de la statue, j’aurais commandé le salut militaire à mon régiment. — Vous auriez bien fait, colonel, répliqua le prince. » Le colonel tenait garnison à Haguenau lorsque éclata la tentative de Strasbourg. Il avait connu à Bade le prince Louis-Napoléon. Il en reçut une lettre d’appel ; mais il ne crut pas devoir y répondre. Cependant, peu de jours après, il fut, sans enquête préalable, enlevé à son régiment et mis en retrait d’emploi.

Il fut remis en activité en mai 1837, et envoyé en Afrique comme commandant de place à Bone. Bientôt, ne pouvant obtenir la conservation de son titre de colonel de cavalerie, il demanda et obtint son retour en France, mais en non-activité par retrait’d'emploi. Le 28 février 1848, le colonel Brice fut promu au grade de général de brigade par le gouvernement provisoire.

Il est aujourd’hui officier de la Légion d’honneur, et commande la 4e subdivision de la 3’ division militaire.

BRICHAMBAULT-PERRIN (ANTOINE-CHARLES de)[modifier]

né à Nancy (Meurthe), le 28 novembre 1777, d’une famille ancienne attachée aux ducs régnants, puis au roi Stanislas ; —- fut admis à l’école militaire de Pont-à-Mousson en 1786 et en sortit en 1792. Il fit la campagne de 1793, comme soldat volontaire d’artillerie et passa à l’armée du Nord et de Sambre-et-Meuse sous le général Marescot, qui le nomma adjoint du génie.

Après les siéges de Charleroi, de Landrecies, du Quesnoy, de Maëstricht, de Valenciennes, il entra à l’école de Metz comme élève sous-lieutenant du génie (1794). Le comité de salut public le destitua en 1795, mais on le réintégra comme lieutenant le 30 octobre 1796.

En 1799, il servait à l’armée du Rhin, fut employé au blocus de Philisbourg, nommé capitaine le 18 août et aide-de-çamp du général Marescot, qu’il suivit au camp de Boulogne, en Bavière, en Autriche, en Prusse et en Espagne.

En 1808, il rentra dans le corps du génie comme capitaine en premier, sollicita sa mise à la réforme en 1810, pour cause de santé ou par mécontentement.

En 1813, il se battit en duel avec M. d’Estournel, capitaine à l’état-major du prince Berthier, et, à la suite de ce duel, fut exilé à Nancy.

Lors de l’invasion de 1814, dès le jour de l’entrée des Russes à Nancy, il se déclara publiquement pour les Bourbons, offrit avec empressement ses services au comte d’Artois et en reçut sa nomination de lieutenant-colonel. De retour à Nancy, il composa plusieurs libelles très condamnables contre l’Empereur.

En 1815, il suivit Louis XVIII à Gand en qualité de volontaire agrégé aux grenadiers à cheval commandés par le marquis de la Rochejacquelein à Gand ; le commandement du génie de la place lui fut confié.

Rentré avec le roi et appelé au commandement supérieur de Bouchain, il eut ordre de sommer cette forteresse : il la bloqua jusqu’à sa reddition avec des paysans qu’il avait organisés.

Nommé colonel en 1816, ingénieur en chef à Lille, directeur du génie à Lorient, puis à Nantes, il contribua puissamment à dissiper la sédition excitée dans cette ville en juin 1820.

En 1823, il fut attaché au 5e{{}} corps sous les ordres de Lauriston, comme chef du génie, et se distingua à Pampelune, à Saint-Sébastien, à Lérida.

Il fut mis à la retraite le 31 décembre 1826 avec le grade de maréchal de camp. Il était déjà chevalier de Saint-Louis, officier de la Légion d’honneur et chevalier de l’ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne ; le roi l’avait créé baron en 1817.

M. de Brichambault s’était toujours occupé de travaux littéraires, il s’y livra exclusivement lorsqu’il fut mis à la retraite. Charles Nodier fait le plus grand éloge de ses productions dans une de ses appréciations littéraires.

BRICHE (ANDRE-LOUIS-ELISABETH-MARIE, baron, puis vicomte)[modifier]

né à Neuilly-sous-Clermont (Oise), le 12 août 1772.

Cavalier dans le 1" régiment de’ chasseurs à cheval le 1er avril 1790, sous-lieutenant le 15 septembre 1791, il fit la campagne de l’armée du Nord en 1792 ; lieutenant le 1" avril 1793, il continua de servir à la même armée jusqu’à l’an vi, devint capitaine le 25 ventôse an ni, et passa le 28 germinal an vi, en qualité d’adjoint, à l’état-major général) il avait été détaché pendant six niois, en l’an n, dans la Vendée, et avait été compris le 26 frimaire an iv dans la réforme du 4e escadron de son régiment ; c’est à cette époque qu’il obtint du,général Moreau l’autorisation de servir à la suite de son corps jusqu’au 1" vendémiaire, an vi.

Passé avec son grade à l’état-major de l’armée d’Italie, par ordre du général Le-clerc, du 28 germinal même année ; il fut placé le 15 ventôse an vu dans le 11e régiment de hussards, et se lit remarquer à la bataille de la Trébia, en couvrant la retraite de l’armée avec une poignée de braves de toutes armes qu’il parvint à rallier. Il se distingua à Ma-rengo.

Au passage du Mincio, il prit un major et plusieurs cavaliers, et Murât, alors général en chef, le nomma chef d’escadron provisoire le 11 prairial an )x. Le gouvernement confirma cette nomination le 23 frimaire an x. Major du ’9e hussards le 6 brumaire an xu, et membre de la Légion d’honneur le 4 germinal suivant, il passa avec le grade de colonel

le 13 janvier 1806 au 10’ régiment de hussards, et fit avec ce corps les guerres de la grande armée de 1806 à 1807. A Saalfeld, le 11 octobre 1806, apercevant le 9° de son arme ramené par les Russes,’ il fit aussitôt sonner la charge, s’élança avec impétuosité sur l’ennemi, l’enfonça, s’empara de deux pièces de canon, et jeta le désordre dans la colonne commandée par le prince Louis-Ferdinand de Prusse, qui fut tué ^dans cet engagement.

Il combattit à Iéna. Quelques jours après, informé que le régiment de dragons prussiens de la reine s’était mis en mouvement pour venir le surprendre dans ses cantonnements, près de Torn, il fit monter son régiment à cheval, tomba sur l’ennemi, lui coupa la retraite et le défit entièrement. En Pologne, il soutint sa brillante réputation et devint officier de la Légion d’honneur le 14 mai 1807.

Envoyé en Espagne, il arriva assez tôt pour prendre une part glorieuse au siège de Sarragosse. Après la prise de cette place, le 21 février 1809, il fut chargé du commandement d’un détachement composé du 10e hussards et de deux bataillons du 26e régiment d’infanterie, avec lequel il devait rétablir les communications entre l’armée du Midi et celle de la Catalogne, c’est-à-dire depuis Fraga jusqu’à Wals. Cette opération présentait de grandes difficultés ; Briche réussit. Napoléon, informé de ce succès, conféra à cet officier supérieur, le 15 août, le titre de baron de l’Empire, avec dotation, et le nomma général de brigade le 17 septembre 1809.

A la bataille d’Ocana, le 18 novembre suivant, il chargea l’ennemi avec quatre régiments de cavalerie-légère, et culbuta l’aile droite de sa ligne. Au mois de février 1810, il.fit partie du 5e corps de l’armée d’Espagne. Au combat de Fuente de Cantos, le 13 septembre suivant, à la tête de sa brigade, qui ne comptait que 2,700 chevaux, il mit en’déroute les Espagnols et les Portugais, leur prit 500 hommes dont le colonel du régiment de l’infante, un grand nombre d’officiers et six pièces de canon avec leurs attelages et leurs caissons.

Le 6 janvier 1811, il chassa de Merida la cavalerie espagnole, et, après avoir nettoyé la rive droite de la Guadiana, poussa sa colonne jusque sur Albuquer-que, atteignit l’arrière-garde ennemie à la Botoa, et lui fit éprouver une déroute complète. Le 20, même mois, placé en observation à Talaveira-la-Roa, et attaqué inopinément par les Espagnols, il les’ repoussa jusqu’auprès de Badajoz. Le 19 février suivant, il contribua au gain de la bataille de Gébora et fut cité honorablement dans le rapport du duc de Trévise.

Il se signala de nouveau à la bataille d’Albuhera le 16 mai ; chargé du commandement de la cavalerie légère, il sp porta rapidement à l’extrême droite de l’armée, pour garder un pont dont la possession eût permis à l’ennemi de tourner nos troupes de ce côté. Après avoir bivouaqué toute la nuit en présence de l’ennemi, il attaqua-de bonne heure les avant-postes anglais en avant du ruisseau d’Albuhera, et parvint à les rejeter au delà du pont. Napoléon lui accorda, le 20 du même mois, la croix de commandeur de la Légion d’honneur. . Au commencement du mois d’octobre 1811, sa brigade fit partie d’une colonne dirigée par le général Gérard ; il parcourut avec elle le pays renfermé entre la Guadiana et le Tage, seconda puissamment cet officier général, et concourut à forcer le général Castanos à se retirer ’ sur les frontières de Portugal.

Mis en disponibilité le 16 janvier 1812, il fut appelé le 23 octobre suivant au

commandement de la brigade du premier ban, qui venait d’être organisée dans la capitale. Le 18 janvier 1813, Napoléon lui confia le commandement et la formation de la cavalerie qui devait faire partie du corps d’observation de l’armée d’Italie, stationné à Vérone. Employé en avril de la même année au 4° corps de la grande armée, il en commanda l’avant-garde, et il exécuta à la bataille de Lutzen une charge habile contre l’aile gauche victorieuse des alliés.

A l’affaire de Dresde,il perdit presque toute sa brigade, et l’Empereur lui donna le commandement d’une division de cavalerie wurtembergeoise.

Général de division le 19 novembre suivant, et placé à la tête de la 5e division de grosse cavalerie du 5e corps de réserve, il reçut vers le même temps la croix de l’ordre royal du Mérite militaire de Wurtemberg. La campagne de 1814 lui ouvrit un nouveau champ de gloire. Le 9 janvier., le duc de Bellune voulant s’établir àEpinal, Rambervilliers et Saint-Dié, envoya Briche avec sa division de dragons (la l’e) pour chasser l’ennemi de ces positions. Ce général parvint à s’emparer de Rambervilliers, après un combat de quelques heures : la division ennemie, poursuivie l’espace de deux lieues, laissa sur le champ de bataille 300 tués, blessés ou prisonniers. Le 12, il chassa les alliés de Saint-Mihiel, et se distingua d’une manière particulière aux combats de Saint-Dié. Le 29, il inquiéta la cavalerie du général Pahlen, en retraite sur Brienne, et lui fit quelques prisonniers. A la bataille de la Rothière, le 1" février, il ne céda le terrain à l’ennemi qu’après lui avoir fait éprouver des pertes considérables. Le 4, le général Michel, soutenu par sa division de dragons, surprend les alliés à Saint-Thiébault et les repousse vigoureusement jusqu’à Saint-Pierre-les-Vandes, malgré la supériorité de leurs forces. A la fin de l’action, Bri-che tombe sur les Autrichiens, en tue une centaine et leur fait 150 prisonniers. Le 27, au second Combat de Bar-sûr-Aube, il chasse du village de Villars la cavalerie légère du prince de Wurtemberg, et le force à se replier sur l’infanterie.

Le 18 juin 1814., Louis XVIII le nomma inspecteur général de cavalerie dans la 14° division militaire, le chargea de 1,’organisation du régiment de cuirassiers d’Angoulême et du 9e de chasseurs à cheval, et lui donna la croix de Saint-Louis le 19 juillet suivant.

Il commandait la 2e subdivision de la 9" division militaire (Montpellier) depuis le 1b janvier 1815, lorsqu’à la nouvelle du débarquement de Napoléon de l’île d’Elbe, le ministre de la guerre lui donna l’ordre de se rendre à Nîmes, où le duc d’Angoulême avait son quartier général. Le prince le laissa dans cette ville à la tête des troupes qui s’y trouvaient : mais il tenta vainement de les conserver à la cause des Bourbons. 11 courut même les plus grands dangers dans la journée du 3 avril ; ses épaulettes et ses décorations lui furent arrachées, et il faillit être massacré par ceux qu’il avait un instant commandés. Napoléon le destitua par un décret du 16 avril.

Appelé au commandement de la 9" division militaire le 20 juillet 181b, et nommé le 3 mai 1816 commandeur de l’ordre de Saint-Louis, il fit partie du conseil de guerre chargé de juger le général Mouton-Duvernet. Il présida la même année le collège électoral du département du Gard, et reçut de Louis XVIII le titre de vicomte, sur la proposition du duc de Feltre, alors ministre de la guerre. Le roi, pour le dédommager de ses pertes dans la journée du 3 avril 181b, lui accorda une indemnité de 3,000 fr.

Compris dans le cadre de l’état-major général de l’armée,le 30 décembre 1818, il conserva le commandement de la 9°di-vision. militaire, qu’il échangea le 23 janvier 1821 pour celui de la 4e, et fut fait grand officier de la Légion d’honneur le 1" mai suivant.

Mis en disponibilité le 13 juillet 1822, réemployé le 12 février 1823, et placé à la tête de la 8e division militaire, il est mort à Marseille le 21 mai 182b.

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Sud.

BRIQUEVILLE (ARMAND-FRANÇOIS, comte de)[modifier]

colonel de cavalerie et député.

La maison de Briqueville, l’une des plus anciennes de la monarchie, figure avec éclat dans les annales de la noblesse française ; mais le plus illustre soldat de ce nom est celui qui fait l’objet de cette notice. Jamais les armées françaises ne comptèrent dans leurs rangs un plusbrave officier, ni nos assemblées législatives un plus digne représentant du pays.

Armand de Briqueville naquit en 178b, à Briqueville, petit bourg de la Manche.

Tombé au pouvoir des républicains, son père mourut en criant vive le roi/ Cependant,au moment de marcher au supplice, il dit en embrassant son fils : « Je donne ma vie aux Bourbons, mais ne les servez jamais, ce sont des ingrats. »

Briqueville entra à 17 ans à l’école de Fontainebleau, d’où il sortit avec le grade de sous-lieutenant de cavalerie. Depuis ce moment, sa vie ne fut marquée que par de brillants faits d’armes et d’héroïques actions.

Lieutenant de dragons en 1807, capitaine en 1808, chef d’escadron et officier d’ordonnance de Napoléon en 1812, lieutenant-colonel des lanciers de la garde impériale en 1813, il n’est pas un de ces grades qu’il ne gagnât à la pointe de son épée, pas un champ de bataille qu’il ne rougît de son sang, pas un combat où sa valeur ne conquît les acclamations de l’armée. En Italie, en Prusse, en Espagne, en Pologne, en Russie, en France, depuis Iéna jusqu’à Waterloo et sous les murs de Paris, il défendit son pays avec un dévouement digne des temps héroïques.

Après la chute de l’Empire, Brique-ville, toujours fidèle à Napoléon, quitta le service, mais sa retraite fut précédée par un fait d’une admirable nationalité. Rencontrant Louis XVIII escorté par des cavaliers prussiens, le jeune colonel s’élance à la tête de ses. lanciers vers l’officier prussien, lui intime l’ordre de lui céder la place, et s’adressant au roi : « Sire, lui dit-il, c’est sous la protection des Français que votre Majesté doit rentrer en France. » II conduisit en effet la famille royale jusqu’au château de Saint-Ouen ; mais \k il déclara respectueusement que ses affections et sa conscience lui faisaient un devoir de se retirer, et il donna sa démission malgré les bienveillantes instances du monarque.

Après le retour de l’île d’Elbe, Brique-ville accomplit des prodiges à la bataille de Ligny, où il fut mis à l’ordre du jour de l’armée. Le 17 et le 18 juin, faisant partie du corps,de Grouchy, il fut l’un des officiers qui insistèrent le plus éner-giquement pour marcher sur le canon de Waterloo. Après ce’ grand désastre, le jeune colonel, frémissant d’indignation et de douleur, se précipita, entre Sèvres et Versailles, sur une colonne de cavaliers prussiens dont il fit un horrible carnage, et du milieu de laquelle il sortit la tête entr’ouverte par un coup de sabre et le poignet droit à demi abattu.

Criblé de blessures et d’infirmités, il lit partie de plusieurs conspirations contre les Bourbons, puis vécut dans la retraite jusqu’en 1827, que ses concitoyens l’envoyèrent à la Chambre des députés où il se montra le plus incorruptible adversaire de la Restauration. Après la révolution de 1830, il fit partie de l’opposition constitutionnelle, eut une rencontre avec le fils du maréchal Soult, à propos d’une attaque injurieuse contre le vieux maréchal, en sa qualité de major général de l’armée à Waterloo, et mourut le 20 mars 1844 à Paris, d’où il fut transporté à Cherbourg. Ses obsèques eurent lieu dans cette ville le 2 avril, avec une pompe extraordinaire.

BRO (le général Louis)[modifier]

né à Paris le 17 août, fils d’un notaire, s’embarqua à Toulon pour rejoindre l’expédition d’É-gypte ; mais les croisières anglaises le forcèrent à rentrer.

Soldat volontaire en l’an x, dans le 1er régiment de hussards, il fit partie du détachement formant la garde du général Leclerc, commandant de l’armée expéditionnaire de Saint-Domingue. Il fut blessé à l’affaire du Haut-Cap, et nommé sous-lieutenant le 12 thermidor.

Renvoyé en France par suite de blessures graves, il devint aide-de-camp d’Augereau, et le suivit dans toutes les campagnes de 1803 à 1807. Après la bataille d’Eylau, il fut nommé capitaine au 7e de hussards, et assista aux journées de Friedland et de Wagram. Grièvement blessé dans cette dernière, et honorablement cité, il passa comme chef d’esca-drou (capitaine) aux chasseurs à cheval de la garde, et fit avec elle les campagnes de 1812 et 1813.

Nommé major le 28 juin 1813, M. Bro se distingua à la bataille de Montereau où il reçut la croix d’officier.

Le o avril 1814 il fut promu au grade d’adjudant-commandant, avec rang de colonel ; il prit, en cette qualité, en 1815, le commandement du 4e de lanciers, ancien 9e dragons, à la tète duquel, dans la campagne de Waterloo, il écharpa la brigade Ponsomby, tua cet officier général, et reprit l’aigle, du 55e régiment d’infanterie enlevée par les dragons de Ponsomby. Le colonel Bro fit des prodiges de valeur dans cette affaire et y fut grièvement blessé.

Sous la Restauration, qui lui contestait son titre de colonel, M. Bro fut cinq ans en disponibilité, et commanda en second la deuxième légion de la garde nationale parisienne.

A l’arrivée au ministère du général Gérard, M. Bro fut rappelé sous les drapeaux et reconnu dans son grade depuis le 5 avril 1814. Il fit, à la tête du 1" lanciers, la première campagne de Belgique en 1831, fut nommé maréchal de camp en 1832 et envoyé en Afrique où il reçut la plaque de grand officier de la Légion d’honneur. Le 6 août 1838 il fut rappelé en France et commanda le département de l’Hérault.

BRON DE BAILLY (ANDRE-FRANÇOIS)[modifier]

né à Vienne en Dauphiné, le 20 novembre 1757, d’une famille honorable du pays ; il s’engagea avant l’âge de 20 ans, dans le régiment des dragons d’Artois, où il fut surnommé le beau Bron, tant k nature avait été pour lui prodigue de ses dons. II n’était encore que sous-Iieufenant en 1791, devint lieutenant en 1792, capitaine en 1793, chef d’escadron en l’an H, au 24e régiment de chasseurs à cheval, puis chef de brigade et commandant provisoire du 3e dragons ; il éprouva, avant de rejoindre l’armée d’Italie, la jouissance la plus flatteuse pour son amour-propre, celle d’entrer, à la tête de son régiment, dans sa ville natale, d’où il était sorti soldat dix-huit ans auparavant. Il fut fait sur le champ de bataille commandant titulaire du 3e dragons. En Égypte comme en Italie, Bron se montra soldat intrépide, et le général en chef lui conféra le titre de général de brigade.

Le général Bron, nommé commandant de la Légion d’honneur, fut ejnployé successivement en 1806, à l’armée de Naples, dont il commanda toute la cavalerie ; en 1807 et 1808 à la grande armée ; en 1810, 1811 et 1812 à l’armée d’Espagne.

Il fut fait prisonnier par les Anglais après avoir combattu vaillamment à Ar-tago-Molinos, et ne recouvra sa liberté qu’à la chute, de l’Empire en 1814. Depuis cette époque, le général Bron est constamment resté dans la vie privée. Son nom, déjà gravé sur la grande pyramide d’Égypte, a été inscrit d’office Sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté sud.

Mort le 18 mai 1847, à Batignolles-Monceaux, à l’âge de 90 ans.

BROUSSIER (JEAN-BAPTISTE, comte)[modifier]

né à Ville-sur-Saulx le 10 mars 1766. Destiné à l’état ecclésiastique, il s’enrôla, en 1791, dans le 3e bataillon de la Meurthe, et y fut nommé capitaine. Il fit ses premières armes sous Beurnonville dans les campagnes du Nord ; il fut grièvement blessé à l’affaire de "Vavrin, en l’an n.

Nommé chef de bataillon peu de temps après, il fut envoyé à l’armée de Sambre-et-Meuse, et chargé de la défense d’un poste important, où il fut atteint d’une balle à la tête.

Broussier passa, en 1797, à l’armée d’Italie, se distingua à la prise de Spez-zia, pénétra un des premiers dans le fort de Chiusa, et fit prisonnier de sa main le général autrichien. Nommé chef de brigade à la suite de ces actions d’éclat, il fut employé à l’armée de Naples, puis chargé de diriger une expédition dans les Apennins. Il attira dans une embuscade une troupe de 12,000 paysans qui avaient fermé le défilé, et en fit un grand carnage dans le lieu même où les Sarnnites avaient fait passer les Romains sous les fourches Caudines.

Promu pour ce beau fait au grade de général de brigade qu’il reçut le même jour, il concourut en cette qualité à la conquête de Naples, détruisit entièrement l’armée du cardinal Ruffo, soumit toute la Pouille insurgée, et s’empara, après des assauts meurtriers, des villes de Trani et d’Andria, qu’il fut obligé de réduire en cendres.

En 1799, le Directoire.le fit traduire pour crime de concussion, devant un conseil de guerre, avec Championnet, son général en chef ; mais la révolution du 30 prairial an vu écarta les dangers qu’il courait, et il fut réintégré dans son grade. Il continua à servir avec beaucoup de distinction en Italie, jusqu’en 1803, époque où il fut nommé commandant d’armes de la place de Paris.

Élevé, en 1805, au.grade de général de division, il retourna en Lombardieen 1809, y déploya encore autant de valeur que d’habileté, et eut une grande part à la victoire de Wagram.

Il fit ensuite, avec non moins d’éclat, les campagnes de Russie et de Saxe ; et, aussitôt après les désastres de 1813, il vint s’enfermer à Strasbourg, dont l’Empereur lui avait confié le commandement. Il allait prendre, l’année suivante, celui du département de la Meuse, lorsqu’il fut atteint d’une apoplexie foudroyante qui mit fin à sa carrière, le 13 décembre 1814, à Bar-le-Duc. Son nom est inscrit sur le monument de l’Étoile, côté nord.

BROUSSIER (NICOLAS)[modifier]

né en 1774, à Ville-sur-Saulx, partit comme volontaire dans un de ces nombreux bataillons que le déparlement de la Meuse envoya sur la frontière, au commencement de nos guerres d’indépendance, et reçut le baptême de sang sur le champ de bataille

d’Arlon. Pendant la campagne de 1801 > au passage du Mincio,.il fut atteint d’une nouvelle blessure, en débusquant l’ennemi du village de Pazzolo, à la tête de quelques tirailleurs de la 43°. Légionnaire dès 1803, lorsqu’il était capitaine aide-de-camp du général Broussier, son cousin, et, chef de bataillon, pendant la campagne de 1809, il conduisit lui-même, le 29 juin, deux bataillons au secours du 24e régiment bloqué depuis trois jours dans le faubourg Saint-Léonard, à Gratz, par 10,000 Croates, et ramena le régiment sur le drapeau duquel l’Empereur fit inscrire la devise : un contre dix.

En 1813, Napoléon confia à Broussier le commandement du 9e de ligne, régiment composé d’enfants de Paris, à la tête desquels, le 2 mars 181-4, ilescalada les remparts de Parme, où il reçut un coup de baïonnette : il s’empara de la porte Saint-Michel par laquelle l’ennemi devait opérer sa retraite, et fit mettre bas les armes au régiment hongrois Fran-cesco-Carl.

La Restauration, qui avait d’abord relégué Broussier dans la non-activité, lui donna, en 1819, le 5e régiment de ligne qu’il conduisit en Espagne, où sa belle conduite lui mérjta, le 3 octobre 1823, le grade de maréchal de camp dans la division du Haut-Èbre. Broussier commanda le département de la Côte-d’Or, de 1831 à 1836.

Il se retira ensuite à Bar-le-Duc, où il est mort d’une attaque d’apoplexie foudroyante le 10 janvier 1850.

BRUAT (ARMAND)[modifier]

gouverneur des îles Marquises.

Né en Alsace en 1797, entra au service en 1811, à bord du vaisseau-école de Brest, où il fut remarqué pour sa hardiesse devenue proverbiale.

En 1815, il fit une campagne à Copenhague, au Brésil et aux Antilles, sur le brick le Hussard. En 1817, il servait à bord de la corvette l’Espérance, qui tint trois ans la station du Levant, et fut nommé enseigne.

De 1819 à 1824 il fut officier de manœuvres sur le Conquérant, le Foudroyant, et sur la frégate la Diane.

En 1824, il fit une laborieuse campagne dans la mer du Sud, à bord de la Diligente,> et contribua à la pris.e du pirate célèbre la Quintanilla. Au retour, il fut fait lieutenant de vaisseau, et embarqué sur le Breslaiv comme officier de manœuvre.

En 1827, c’est le Breslaw qui, à Navarin, dégagea l’amiral russe, força le vaisseau qui combattait l’Albion de couper ses câbles et de se jeter à la côte, et fit couler la frégate que montait l’amiral turc et une autre frégate. Bruat fut décoré pour sa conduite dans cette action. L’année suivante il obiint le commandement du brick la Silène, ce fut sur ce brick qu’il alla croiser jusque sous les forts d’Alger, et exécuter de nombreuses prises en vue du port. Ce fut aussi alors qu’en suivant le commandant d’Assigny, qui montait le brick l’Aventure, il fit naufrage sur les côtes d’Afrique. Sur 200 hommes de l’équipage français 110 furent massacrés. Le reste ne fut sauvé que par le dévouement et l’énergie des deux capitaines.

Bruat, prisonnier à Alger, fit passer h l’amiral Duperré une note sur l’état de la place. Cet acte patriotique l’exposait aux plus grands dangers.

Depuis 1830, la carrière militaire du capitaine Bruat fut des plus actives. Il fut attaché à la station de Lisbonne. C’est dans le Tage qu’en mai 1838 il reçut sa nomination de capitaine de vaisseau, et passa sous les ordres de l’amiral Lalande à bord de l’/éna, et devint son capitaine

de pavillon. C’est en cette qualité qu’il commanda ce vaisseau de 92 canons et fit la belle campagne du Levant.

De l’Iéna, il passa sur le Triton sous l’amiral Hugon, le quitta en juillet 1841, et fit partie du conseil des travaux de la marine à Toulon.

Il a été appelé, en 1843, au gouvernement des îles Marquises et au commandement de la subdivision navale.

BRUEYS (FRANÇOIS-PAUL, comte de)[modifier]

était lieutenant de la marine royale, au commencement de larévolution. Quoique noble, iln’émigra pas, et, enl772, il eut le commandement d’un vaisseau qui fit partie de l’escadre conduite par l’amiral Tru-guet su ries côtes de Naples et de Sardaigne. Forcé de quitter sa place, comme noble, il fut rappelé sous le ministère de Tru-guet, qui lui donna l’ordre d’aller croiser dans l’Adriatique. La paix était conclue lorsqu’il arriva à Venise ; il fit voile pour les iles Ioniennes, et fut obligé, pour y vivre pendant une longue station, d’avoir recours à Ali-Pacha. La campagne d’Égypte ayant été résolue, Brueys reçut le commandement de la flotte qui devait porter l’armée. Il réussit à tromper les Anglais qui voulaient lui disputer le passage, et arriva heureusement dans la rade d’Aboukir. Aussitôt après le débarquement des troupes, il aurait dû ou entrer dansleport d’Alexandrie, ou retourner sans perdre de temps en France, à Malte ou à Corfou. Il n’en fit rien et s’embossa pour attendre les Anglais. Nelson jugea du premier coup d’œil qu’il pouvait séparer les vaisseaux français ; il passa audacieusement entre le rivage et la flotte, et plaça ainsi l’avant-garde entre deux feux.

Le combat fut terrible, mais la victoire se décida pour les Anglais. Dès lors Brueys ne chercha plus que la mort ; atteint de deux blessures, il ne voulut pas descendre pour se faire panser : Un amiral français, dit-il, doit mourir sur son banc de quart. Bientôt un boulet vint le frapper, et il expira au moment où son vaisseau, l’Orient, sautait avec une explosion terrible.

BRUIX (EUSTACHE)[modifier]

né à Saint-Domingue, en 1759, d’une famille distinguée, originaire du Béarn, s’embarqua comme volontaire sur un vaisseau marchand. Deux ans après (1778), il était garde de la marine, fit sa première campagne sur la frégate le Fox, et sa seconde sur la Concorde. Il servit dans les diverses escadres qui vinrent au secours des États-Unis, et fut fait enseigne de vaisseau. Nommé commandant du Pivert, il fut chargé, avec M. de Puységur, d’établir • les cartes destinées à retracer les côtes et les débouquements de Saint-Domingue. Lieutenant de vaisseau et membre de l’académie de marine, en 1791, il fut renvoyé comme noble en 1793 ; employé de nouveau sous le ministère de Truguet qui lui confia l’Éole jusqu’au moment où il fut envoyé sur l’escadre de Villaret-Joyeuse, en qualité de major général. Il fit partie de l’expédition d’Irlande, et fut nommé contre-amiral, puis ministre de la marine. Masséna, assiégé dans Gènes, avait besoin de secours ; Bruix court à Brest où notre flotte, était bloquée par les Anglais, profite d’un coup de vent qui disperse les vaisseaux ennemis, va ravitailler Gênes, rallie à son retour les Espagnols, et rentre avec eux dans le jport de Brest. Après cette expédition hardie, Bruix rendit le portefeuille de la marine et prit le commandement de la flotte assemblée à l’île d’Aix, et qui devait faire voile pour l’Espagne. Mais l’ennemi renforça la croisière ; l’amiral tomba malade, et la paix d’Amiens vint empêcher la flotte de sortir. La guerre ayant de nouveau éclaté, T. i. ■

Napoléon conçut le projet d’une npuvelle descente en Angleterre, et confia à Bruix le commandement de la flottille que devait transporter l’armée ; mais les forces de ce brave officier l’abondonnèrent, et il fut obligé de revenir à Paris où il mourut le 18 mars 1805, à peine âgé de 45 ans.

BRUN DE VILLERET (le général)[modifier]

né à Malzieu (Lozère), le 13 février 1773 ; il était destiné au barreau. Il se montra d’abord hostile aux idées révolutionnaires et dut se réfugier à Paris après le 18 fructidor. Il se jeta alors dans la carrière des armes, après avoir suivi des éludes mathématiques à l’École d’artillerie, fut l’aide de camp de Soult ; il se trouva à Austerlitz, à Iéna., à Eylau, à Friedland, et gagna sur les champs de bataille les épaulettes de capitaine et de chef de bataillon.

Le roi de Saxe, auprès de qui il fut envoyé comme négociateur, lui donna de sa main l’ordre de Saint-Henri.

Le commandant Brun fit ensuite la campagne d’Oporto avec le maréchal Soult, fut choisi pour aller rendre compte à l’Empereur de cette malheureuse mais glorieuse expédition, et fut chargé trois mois après de porter au maréchal le brevet de major général. Dans une nouvelle mission auprès de Napoléon, il reçut le double brevet de colonel et d’officier de la Légion d’honneur. C’est dans cette mission qu’attaqué par 400 guérillas, il se défendit pendant trois heures, avec une escorte de 60 hommes, derrière les débris d’un mur. Il fut délivré par la garnison de Ségovie accourue au bruit du feu.

Lorsque Napoléon rappela Soult en Allemagne, le colonel Brun de Villeret fut, dès son arrivée auprès de l’Empereur, élevé à la dignité de baron de l’Empire et au grade de général de brigade. 13

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A la bataille de Wurchen, il enleva trois positions à l’ennemi à la tête de six bataillons de conscrits, et eut deux chevaux tués sous lui. Nommé gouverneur de Torgau, il y fut bombardé et contraint de se rendz’e. Torgau est une ville de 4,000 âmes ; on y avait entassé 2b mille blessés, dont 18 mille périrent par l’épidémie ou par le feu du siège.

A sa rentrée en France, le général Brun de Villeret devint secrétaire général du ministère de la guerre ; chevalier de Saint-Louis, commandeur de la Légion d’honneur. Pendant les Cent-Jours, ses alliances de famille l’empêchèrent de prendre du service. Il se retira à sa terre de Malzieu, où il donna asile et protec-1ion au maréchal Soult, après le 18 juillet 1815.

Après la seconde Restauration, on le vit successivement commandant militaire de la Lozère et de l’Ardèche, membre de la chambre des députés, général de division, commandant de la 19e division, pair de France, grand officier de la Légion d’honneur.

Le général Brun est mort en 1845.

BRUNE (GUIIXAUME-MARIE-ANNE)[modifier]

maréchal de France, né à Brives (Corrèze) le 13 mars 1763.

Destiné au barreau, il cultivait les lettres à Paris à l’époque de la Révolution. Brune s’enrôla dans le 2e bataillon de Seine-et-Oise. Adjudant-major en 1791, et l’année suivante adjoint aux adjudants-généraux ; adjudant-général et colonel en 1793 ; puis commandant d’a-vanl-garde contre le général Wimpfen ; il était général de brigade à la bataille d’Hondschoote.

C’est lui qui rétablit la tranquillité dans le Midi, dans cette même ville d’Avignon où il devait périr assassiné.

En Italie, sous les ordres de Bonaparte, Brune se distingua à Rivoli, à Saint-Michel, à Feltre, à Bellune, etc., et fut nommé général de division sur le champ de bataille.

Ambassadeur près de la cour de Na-ples, commandant en chef des troupes envoyées en Suisse, sa conduite lui valut les plus grands éloges et le commandement de l’armée d’Italie, en remplacement de Berthier et de Masséna, puis le commandement en chef de l’armée ba-tave. La conduite de Brune dans cette campagne fut admirable et lui valut le gouvernement de la Hollande et une armure complète, présent de Bonaparte. De là il alla pacifier la Vendée, puis commander l’armée de réserve, dite des Grisons, et passa en Italie, où il continua à se distinguer.

Rentré au conseil d’État, il fut nommé président de la section de la guerre, am-1 bassadeur à Constantinople, où il fonda les premières relations avec la Perse.

A son retour en 180o ; il.fut nommé maréchal de France et grand-croix de la Légion d’honneur, commandant l’armée des côtes de l’Océan, gouverneur des villes Anséatiques en 1807, puis disgracié. Louis XVIII lui donna la croix de Saint-Louis en 1814. Pendant les Cent-Jours, il eut le commandement de l’armée du Var.

Sur la fin de juillet 1815, après avoir fait arborer le drapeau blanc à Toulon et s’être démis du commandement, Brune se rendait à Paris. Parvenu à Avignon, le 2 août, il fut assassiné à l’hôtel du Palais-Royal, près de la porte du Rhône, par les royalistes.

Ces forcenés outragèrent son cadavre, le traînèrent par les rues et le jetèrent dans le Rhône. Rejeté par le fleuve, il resta deux jours sans sépulture sur la grève. Ainsi périt un guerrier illustre^ l’honneur de nos armées. Napoléon a dit à Sainte-Hélène :

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« Brune, Masséna, Augereau et beau- « coup d’autres étaient des déprédateurs « intrépides. » (LAS CASES.)

BRUNET-DENON (VIVANT-JEAN)[modifier]

né à Givry (Saône-et-Loire) le 9 mai 1778. Il accompagna son oncle, le savant Denon, membre de l’Institut d’Égypte. Il remplit dans cette campagne les fonctions de secrétaire de l’état-major de l’armée et revint en France avec Bonaparte.

En brumaire an vin, le jeune Brunet s’enrôla dans le 9e régiment de dragons, et fut nommé sous-lieutenant après la bataille de Marengo.

Il devint successivement lieutenant, aide-de-camp de Murât, membre de la Légion d’honneur, fit les campagnes d’Ulm, de Vienne. À Austerlitz il fut blessé, eut un cheval tué sous lui et fut nommé capitaine.

Chef d’escadron pendant les campagnes de •1806-1807, il fut nommé colonel à Tilsitt le 1" juillet 1807.

En 1808, il fut créé baron de l’Empire ; le 20 mars 1809, son régiment fut un des deux régiments de cavalerie légère qui passèrent les premiers le Danube et qui soutinrent l’attaque des Autrichiens pendant le passage du reste de l’avant-garde.

A Essling, il perdit les trois cinquièmes de son brave régiment, eut un cheval tué sous lui et le bras droit emporté.

L’Empereur lui donna la croix d’officier et le nomma commandant en second, directeur des études de l’École militaire spéciale de cavalerie qui allait s’organiser à Saint-Germain-en-Laye.

En 1814 (novembre), le colonel Bru-net fut nommé maréchal de camp et chevalier de Saint-Louis.

Le 29 mai 1815, l’Empereur confirma ce grade et le nomma commandant en second des dépôts de cavalerie, réunis en

Champagne sous les ordres du général Defrance. Ces dépôts devaient suivre les mouvements de l’armée.

Le général Brunet fut mis à la retraite comme amputé le 1er août 1815. — II fut placé dans les cadres de réserve le 15 septembre 1830.

BRUNO (ADRIEN-FRANÇOIS, général, baron de)[modifier]

né à Pondichéry, le 10 juin 1771, fils de M. de Bruno, introducteur des ambassadeurs près Monsieur, frère du roi Louis XVI.

Enrôlé dans la cavalerie de la Nièvre, incorporé, depuis, dans le 4’ de hussards, sous-lieutenant aullrde hussards, puis lieutenant et capitaine, il protégea, en l’an vu, la retraite de l’armée après la bataille de Vérone, et soutint avec cent chevaux, pendant une journée, l’attaque de forces décuples ; chef d’escadron au 12e de hussards en 1801, major au 10e de chasseurs à cheval, puis aide-de-camp de Louis-Bonaparte, roi de Hollande ; lieutenant-général et grand écuyer de la couronne, et, après l’abdication de Louis,’ replacé dans les cadres de l’armée française comme général de brigade, le 11 novembre 1810 ; commandant provisoire de la 5e division de cuirassiers, et, après la bataille de la Moskowa où il se distingua, commandant de la lre division des cuirassiers. Après la retraite de l’armée jusqu’à l’Elbe, il commanda la cavalerie du 5° corps d’armée sous les ordres de Lauris-ton, puis celle du 2e corps commandée par Victor. Cette dernière était composée de 2 régiments de hussards westphaliens, du 11e d’infanterie légère, de 500 Cosaques polonais et de deux pièces de canon. Attaqué dans Reichenbach par les armées russes et prussiennes, les deux régiments de hussards westphaliens passèrent à l’ennemi ; mais le général Bruno parvint à.se maintenir dans sa position.

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Envoyé ’eh observation ’sur les bords de la Floë, à la suite de la bataille de Dresde, il fut fait prisonnier, et resta en Hongrie jusqu’en 18J4-.

Après le 20 mars 1813, le maréchal Davoût donna au général Bruno là brigade de cavalerie du corps du comte d’Erlon. Après les désastres de Waterloo, il rentra malade dans ses foyers. Pendant la Restauration, il commanda l’Hérault sous le ministère du maréchal Saiht-Cyr, et la Moselle sous le ministère Latour-Maubourg.

Mis en disponibilité par le maréchal Soult, il fut rappelé en 1832 pour commander les Vosges, et fut mis à la retraite en’1833.

il est commandeur delaLégion-d’Hon-néur, chevalier de Saint-Louis et décoré de l’ordre de Charles III.

BRUYERES (JEAN-PJERRE-JOSEPH, baron, puis comte)[modifier]

né le 22 juin 1772, à Sommiers (Gard), chasseur dans la 45e demi-brigade d’infanterie légère le 20 pluviôse an II, i"l fit les campagnes de la Révolution jusqu’à l’an ix, aux armées d’Italie, de réserve et à celle d’observa-lion du Midi.

Adjoint aux adjudants-généraux le 1er nivôse an m, il fut promu sous-lieutenant au 3e bataillon de la ’15e de’mi-b’ri-gade légère le 15 pluviôse suivant. Lieutenant le 16 pluviôse an îv, il passa en qualité d’aide-de-camp auprès du général de division Berthier (Alexandre) chef d’état-major de l’armée d’Italie, le 18 ventôse an v, et devint capitaine au 7e régiment bis de hussards le 20 thermidor suivant.

Après la bataille de Maréhgo, où il fit des prodiges de valeur, ilfutélevéau grade de chef a’escadron, passa dans le 7e régiment de hussards le 2e jour complémentaire an x et fut nommé major du 5e régiment de même arme,’ le G brumaire

an sit. Il fit partie de l’armée des côtes de l’Océan en l’an xn et un, et c’est là que, le ■& germinal an xn, il reçut la décoration de la Légion d’honneur.

Colonel du 23e régiment de chasseurs à cheval le 27 pluviôse an xni, il fit la campagne de l’an xiv à l’armée d’Italie, où il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse le 12 brumaire, et celle de 1806 en Prusse, avec la grande armée. Il se distingua particulièrement à la bataille d’Iéna, obtint le 31 décembre 1806 le grade de général de brigade, et fit- en cette qualité la guerre de Pologne. Le 8 février 1807, à la tête d’une brigade de cavalerie légère, il mit en déroute une colonne de 6,000 Russes sur le champ de bataille d’Eylau. Unbiscaïen qui passa entre son corps et son bras gauche Lu occasionna, une forte contusion. Le 9 juin suivant, au combat de Glottau, il chargea avec la même bravoure et le même succès la cavalerie et l’infanterie russes.

Fait officier de la Légion d’honneur le 11 juillet 1807, il eut, en 1808, le commandement d’une brigade de cavalerie légère à l’armée d’observation d’Allemagne, et reçut le titre de baron de l’Empire.

Il servit à la grande armée en 1809, et fut nommé commandant de la Légion d’honneur le 14 juin. A Wagram, le 6 juillet suivant, il se signala par des traits de la plus rare intrépidité, et reçut deux coups de feu, l’un très-grave et avec fracture à la cuisse droite, l’autre à l’épaule gauche. Cité à cette occasion comme un officier général de cavalerie de la plus haute espérance, l’Empereur l’éleva au grade de général de division le 14 du même mois.

Obligé de rentrer en France pour y soigner ses blessures, il quitta l’armée le 28 août ; " mais, à peine rétabli, il sollicita un commandement. L’Empereur

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lui donna celui de la l’î division de grosse cavalerie de l’armée d’Allemagne, le 17 octobre de la même année.

Placé le 8 avril 1811 à la tête de la cavalerie légère de la même armée, il passa à la cavalerie de réserve de la grande armée le 15 janvier 1812.

Pendant la campagne de Russie, il soutint sa réputation militaire. Le 28 juin, à la tête de sa division, il prit possession de Wilna, poursuivit l’ennemi sur la rive gauche de la Wilna et lui fit éprouver des pertes considérables. Le 25 juillet suivant, appuyé par la division du général Saint-Germain, il culbuta la cavalerie ennemie à deux lieues en avant d’Ostrowno, lui enleva ses batteries et sabra l’infanterie qui s’avançait pour soutenir son artillerie. L’ennemi abandonna au vainqueur huit pièces de canon et 600 prisonniers.

A la bataille de Smolensk, le 17 août, Bruyères, avec sa division, après avoir chassé un gros corps de cavalerie russe et de Cosaques postés sur le plateau même de Sloboda-Raczenka, y prit p.osition, et s’y maintint malgré tous les efforts de l’ennemi.

Le 7 septembre, à la Moskowa, il pénétra dans les masses ennemies et il y fit un horrible carnage. Il échappa aux désastres de la retraite et fut employé en 1813 au 1" corps de pavale.rje de la grande armée. On le vit intrépide, aux batailles de Bautzen et Wurschen, les 20 et 21 mai, et il eut les deux cuisses emportées par un boulet de canon, le ^lendemain 22, au combat de Reichenbach.

Il mourut à Gorlitz Je 5 juin suivant.

BUDAN DE RUSSE (CESAR)[modifier]

général de brigade, commandant de la Légion d’honneur, né à Saumur (Maine-et-Loire), le 13 décembre 1787, d’une famille honorable qui lui fit donner une éducation distinguée. Admis à l’école militaire de Fontainebleau eh l’an xm, il en sortit comme sous-lieutenant le 23 septembre 1806. et passa dans le 14° régiment des chasseurs à cheval qu’il rejoignit en Italie. Il fit avec ce régiment toutes les campagnes de l’Empire jusqu’en 1814, et fut blessé grièvement à la bataille de Vittoria.

Après le licenciement de l’armée, en 1815, il entra dans les hussards de la garde comme capitaine, commandant un escadron ; il ne quitta ce corps qu’à son licenciement, en 1830. Rappelé au service en 1833, comme lieutenant-colonel, il a été nommé colonel du 7e dragons le 14 avril 1835.

Le 14 avril 1844, il a été promu au grade de général de brigade.

Il est aujourd’hui commandant de la Légion-d’Honneur, et commande l’écoje de cavalerie.

BUGEAUD DE LA PICONNERIE (THOMAS-ROBERT)[modifier]

maréchal de France,- duc d’Isly, est hé à Limoges le 17 octobre 1784, de messire Ambroise Bugeaud, seigneur, chevalier de la Piconnerie, et de dame Françoise de Sutton de Cléonard, d’une famille illustre d’Irlande ; à l’âge de 20 ans, il entra comme vélite dans lès grenadiers à pied de la garde impériale, se distingua dans toutes les campagnes auxquelles il assista ; il fut blessé au jarret au combat de Pulstuck en Pologne, en 1806, fut envoyé plus tard en Espagne, d’abord dans l’arméede Suchet, puis dans la division Lam arque : caporal à Auster-litz, sous-lieutenant, puis lieutenant au 64e de ligne dans la campagne de Pologne, capitaine au 116e de ligne, le 2 mars 1809 ; il était chef de bataillon en Espagne, en 1811, où il se montra avec éclat aux sièges de Lérida, de Tortose et de Tarragone. Au combat d’Ordal,.en Catalogne, il avait reçu l’ordre de tenir tête au 27e régimentd’infanterie anglaise ; il l’attaqua bravement et le mit en déroute ; ce fait d’armes lui valut le grade de lieutenant-colonel. Pendant la Restauration, le colonel Bugeaud célébra les Bourbons dans quelques pièces.de vers, n’en retourna pas moins près de l’Empereur pendant les Cent-Jours, et fut envoyé à l’armée des Alpes à la tête du 14° de ligne.

Au second retour des Bourbons, Bugeaud se relira âExcideuil dans les propriétés deson père, marquis de Faverolle et seigneur de la Piconnerie ; il s’occupa d’agriculture et aussi de l’étude des belles-lettres. Au premier bruit de l’expédition d’Espagne il demanda du service et fut refusé ; dès lors il entra dans l’opposition et y resta jusqu’en 1831, qu’on l’envoya à la Chambre. Il venait d’être nommé maréchal de camp. Le nouveau général devint l’ami du pouvoir, qui l’envoya à Blaye garder et surveiller la duchesse de Berry. On sait qu’il s’acquitta très-scrupuleusement de ces fonctions, mais aussi très-honorablement, quoi qu’en aient dit quelques biographes : une lettre que lui écrivit la duchesse en fait foi. Il fut encore chargé d’accompagner sa prisonnière jusqu’à Palerme. De retour à Paris, il eut une rencontre avec M. Du-long, qui l’avait traité de geôlier ; c’était le 27 janvier 1834. M. Dulong eut le crâne fracassé.

Dans l’insurrection d’avril 1834, il commandait la brigade qui réprima cette guerre des rues, mais il est faux qu’il se soit trouvé à l’épisode sanglant de la rue Transnonain.

Bientôt, le général Bugeaud fut envoyé en Algérie (6 juin 1836) avec la double mission de combattre Abd-el-Kader et de faire la paix avec lui. Il montra dans cette courte campagne toutes les qualités qui doivent distinguer un homme de guerre. Homme actif, prompt au coup de main, façonné en Espagne à la guerre des Guérillas, soigneux du soldat, veillant à son bien-être, populaire dans la troupe, brave et ne s’épargnant jamais, M. Bugeaud, par la rapidité même de ses mouvements, montre qu’il valait mieux qu’un autre dans cette poursuite de Bohémiens. On lui reproche comme impolitique et désastreux le traité de la Tafna, par lequel il reconnut à Abd-el-Kader, au nom de la France, le titre d’émir, traita avec lui comme avec un souverain indépendant, et marqua même la limite de ses États.

M. Bugeaud, lieutenant-général, depuis le 25 août ! 836, et grand officier de la Légion d’honneur, fut nommé gouverneur général de l’Algérie au commencement de 1841. Investi de ces hautes fonctions, il voulut s’en rendre digne. Par des expéditions souvent hardies, toujours heureuses, par l’intrépidité de son action, il a consolidé notre puissance dans ce pays, pacifié plusieurs provinces, chassé les Arabes jusqu’aux confins du désert, et préparé les germes d’une colonisation sérieuse et féconde. On connaît l’éclat de la bataille d’Isly (14 août 1844), où, avec des forces très-inférieures, il n’a point hésité à se précipiter sur une nuée de Marocains qu’il a culbutée en quelques heures. De tels faits honorent à la fois le général et son armée. Déjà maréchal de France, depuis le 17 juillet 1843, il fut nommé duc d’Issly.

Le conquérant devint colonisateur. Après avoir été l’effroi des Arabes, il devint leur idole. La révolution de Février vint le surprendre dans la retraite où il était rentré depuis quelques mois. En face de nouveaux périls, il met encore une fois son épée au service de la France. Le Président de la République l’avait nommé commandant en chef de l’armée des Alpes ; plusieurs départements l’avaient envoyé à l’Assemblée législative. La gloire de sauver la civilisation et la société semblait la mission glorieuse réservée à sa vieillesse, lorsque, le 10 juin 1849, il fut cruellement enlevé par une attaque de choléra.

Le corps du maréchal Bugeaud a été déposé dans une chapelle sépulcrale de l’Hôtel des Invalides ; il se trouve placé au dessus du cercueil de l’amiral Du-perré, tout près de celui du général Du-vivier.

Le maréchal Bugeaud était un original et un homme d’esprit. Sa finesse et son habileté se cachaient, comme celles de Henri IV, sous les apparences de la bonhomie et de la gaîté.

Le 27 juin 1815, il était à Moustier, sur la Haute-Isère, lorsqu’il apprit le désastre de Waterloo et l’arrivée de 10,000 Autrichiens ; il n’avait, lui, que 1,700 hommes. — a Amis, dit-il, nous •sommes 1,700 chasseurs contre 10,000 lapins, la proportion est excellente et la chasse sera bonne : c’est 3,000 pièces de gibier à laisser sur le carreau. » II ne se trompait que de 40 ; 2,960 Autrichiens restèrent morts ou vifs en son pouvoir.

On connaît la chanson composée par nos soldats sur la Casquette à Bugeaud. En voici le sujet : Dans une marche forcée, sous une chaleur ardente, le maréchal aperçoit un tirailleur sansképy ; il avait laissé le sien dans un engagement, h des Kabyles qui voulaient lui couper le moule. — « Tu as bien fait, lui dit le maréchal, ta tête est bonne à garder ; » et il lui cède généreusement sa propre casquette. —Mais vous, maréchal, s’écrie le soldat confus, vous allez attraper un coup de soleil. — « Non pas, mon ami ; car tu m’apporteras le burnous d’un des premiers Arabes qui nous attaqueront : B

Le tirailleur fit mieux : il enleva un

drapeau ennemi au lieu d’un burnous. Le maréchal reprit sa casquette et donna la croix au brave. Le 24 février 1848, lorsque Louis-Philippe lui retira ses pouvoirs de commandant en chef : — a Sire, lui dit-il laconiquement, Votre Majesté est fichue. » On sent que nous déguisons l’énergie du mot.

Un montagnard soutenait un jour, dans une réunion ministérielle, le droit, qu’il s’arrogeait de s’écrier : Vive la république démocratique et sociale !

— « A quoi bon ? repartit le maréchal Bugeaud ; la république démocratique, vous l’avez ; la république sociale, vous ne l’aurez jamais ! C’est moi qui vous le dis, prenez-en note. »

A Lyon, un pompier ameutait la foule par des propos séditieux. Le maréchal qui passait, va droit à lui :

— « Tu es chargé, lui dit-il, d’éteindre le feu et non de l’allumer. Fais ton métier ou je ferai mon devoir. »

BUGET (CLAUDE-JOSEPH, baron)[modifier]

né à Bourg, le 10 septembre 1770. Son père, chirurgien-major de l’hôpital de cette ville, l’avait destiné à l’état ecclésiastique ; mais la révolution chassa Buget du séminaire et le jeta dans les camps. Parti comme soldat, il fut nommé sous-lieutenant le 25 avril 1793, dans un des régiments de l’armée du Nord, et attaché à l’état-major de Dugommier, chargé du siège de Toulon. M. Buget se distingua à ce siège et fut nommé adjudant-général, chef de bataillon.

Le 14 juin 179-4, il fut envoyé à l’armée d’Italie en qualité de chef de brigade. Il reçut sa première blessure le 6 germinal an vu sous les murs de Legnano, et le 27 floréal suivant, il fut de nouveau blessé à Marengo. Le premier Consul le récompensa de sa bravoure et de ses services par le grade de général de brigade

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le 8 germinal an ix. L’année suivante, il reçut de Bonaparte un sabre d’honneur et une lettre de félicitations.

Un peu plus tard, l’Empereur lui donna la croix deCommandeur, le titre de baron et une riche dotation en Westphalie.

Le général Buget continua à se couvrir de gloire dans toutes les affaires où il se trouva. A Fiïedland, ; il perdit la main droite emportée par un boulet ; il en donna la nouvelle à sa femme dans- une lettre écrite de la main gauche et empreinte d’un esprit de plaisanterie qui ne le quittaitjamais. Treize jours après, on le revit à la tête de sa brigade, après l’amputation de l’avant-bras.

M. Buget fit la guerre d’Espagne et se fit remarquer aux sièges de Sarragosse et de Lérida ; à ce dernier siège, un boulet emporta la moitié de son chapeau et brisa sa longue vue dans la main qui lui restait. Quelques jours après, montant le premier à l’assaut, flanqué de deux grenadiers, il eut sa montre brisée dans son gousset par une balle.

Rentré dans l’intérieur, il reçut le commandement supérieur deBelle-Isle et ensuite celui des Pyrénées-Orientales.

Employé à la défense de Paris, le IA juin 1813, la Restauration le rendit à la vie civile le 18 octobre suivant.

Le maréchal Victor, ministre de Louis XVIII, le fit nommer lieutenant-général le 28 mars 1823. M. Buget est mort dans sa retraite, à Perpignan, le 2 octobre 1839.

BULOW (FREDERIC-GUILLAUME, baron de)[modifier]

comte de Dennewitz, général en chef de l’infanterie prussienne, célèbre par la part active qu’il prit aux grandes luttes de la Prusse contre Napoléon, naquit le 16 février 1755, dans la Vieille-Marche, à Faïkenberg, domaine où résidait son père, fils de Guillaume Dietrich de Bulow, mort en 1737, ministre d’État prussien. Après avoir reçu une éducation distinguée dans la maison paternelle, il témoigna de bonne heure les dispositions les plus prononcées pour l’état militaire. A l’âge de 14 ans il entra au service avec le grade de lieutenant ; et il était parvenu à celui de capitaine, lorsqu’en 17R3 il fut nommé gouverneur du prince Louis-Ferdinand de Prusse, avec le tilre de major, et fit en cette qualité la campagne du Rhin. Au siège de Mayence il donna de nombreuses preuves de bra-voiire, notamment en faisant échouer une division tentée contre Marienborn par les Français, et contribua beaucoup à la prise de cette place importante, en enlevant d’assaut le bastion de Zahlbach. Sa mission auprès du prince une fois terminée, il entra dans la brigade des fusiliers de la Prusse orientale, et y obtint le commandement d’un bataillon. Pendant la guerre de 1806-1807, il concourut, en qualité de lieutenant-colonel, sous les ordres du général Lestocq, à la défense de Thorn, et se distingua dans plusieurs affaires, notamment à celle de Walterdorf. En 1808 il passa général major, puis général de brigade, et fut nommé, en 1811, gouverneur de la Prusse orientale et occidentale.

Lorsque la Prusse, déchirant les traités qui la liaient à la politique de Napoléon, eut tourné ses armes contre la France, ce fut le général Bulow qui, le 5 avril 1813, remporta, près de Mœckern, le premier succès dont furent couronnés, dans cette guerre, les efforts des troupes prussiennes. En s’emparant, le 2 mai suivant, de Halle, il gagna la confiance de son armée et ranima l’enthousiasme du peuple, que la perte toute récente de la bataille de Lutzen avait singulièrement découragé. Peu de temps après, par l’avantage qu’il remporta à Huckau, sur le maréchal Oudinot, il mit une première fois à l’abri du danger la ville de Berlin que les Français menaçaient déjà. A l’expiration’de l’armistice (août 1813), son corps d’armée fut placé sous les or-dresdeBernadotte,prince royal deSuède, commandant en chef de l’armée dite du Nord. Dans cette position dépendante, Bulow se vit souvent condamné à l’inaction par suite de la tactique temporisatrice adoptée par Bernadotte. Il sut cependant se dérober peu à peu à celte influence énervante, et agit de son propre mouvement toutes les fois que l’occasion s’en présenta. C’est ainsi, et à peu près contre’ l’avis du prince de Suède, qu’il livra la bataille de Gross-Beeren, dans laquelle il battit le maréchal Gudinot pour la seconde fois, et celle de Dennewitz, où, par ses excellentes dispositions, il repoussa le maréchal Ney accouru au secours de son collègue, sauvant ainsi une seconde et une troisième fois la ville de Berlin, et anéantissant du même coup une partie considérable des forces ennemies. Le roi de Prusse, en récompense de ces beaux faits d’armes, le nomma chevalier grand-croix de la Couronne de fer ; et ses troupes, désormais pleines de •la plus aveugle confiance dans l’étoile de leur chef, le saluèrent du surnom de l’heureux général. Après avoir été chargé pendant quelque temps de l’investissement de Wittemberg, il prit une part importante à la bataille de Leipzig. Débouchant de Paunsdorf et de Reudnitz, ce fut lui qui, le premier, dans la journée du 19 octobre, parut avec ses troupes aux portes de Leipzig, qu’il enleva de vive force. Pendant que les armées alliées poursuivaient l’armée de Napoléon dans sa retraite sur le Rhin, Bulow fut chargé d’occuper les provinces septentrionales de l’Allemagne, et d’observer militairement ie ©as-Rhin et l’Yssel. Ters la fin de janvier 1844., il occupa rapidement la Hollande et la Belgique, à l’exception de quelques points où les Français se retranchèrent, et reçut l’ordre de venir opérer sa jonction avec l’armée qui manœuvrait en Champagne sous les ordres de Blu.-cher. Ce qu’il exécuta, dès le 4 mars, en s’emparant, chemin faisant, deLaFère et de Soissons. Il prit part à la bataille de Laon, enleva Compiègne, et termina la campagne en occupant les hauteurs de Montmartre, lorsque les troupes alliées entrèrent dans Paris. Ce fut dans cette capitale que le roi de’ Prusse le créa comte de Dennewitz, et lui accorda une dotation en terres d’un million de francs.

Il fut nommé ensuite commandant supérieur de le Prusse orientale et occidentale.

A l’ouverture de la campagne de -1815, il reçut le commandement en chef du 4e corps qu’il amena en toute hâte à Blù-cher, et il lui aida ainsi à livrer la bataille de Waterloo.

Nommé, par suite de la part qu’il prit à cette affaire, chef du 15e régiment de ligne, qui dès lors porta son nom, il revint, le 11 janvier 1816, reprendre son poste à Kœnigsberg, et y mourut le 25 février de la même année. Bulow n’était pas seulement un officier distingué, il n’était pas moins estimable comme homme et comme citoyen. Initié dès sa jeunesse à la théorie de la tactique, il en fit l’objet constant de ses études, sans pour cela négliger les beaux-arts. C’est ainsi qu’il composa plusieurs morceaux de musique sacrée.

Une statue lui a été élevée sur l’une des places publiques de Berlin, par ordre du roi Frédéric-Guillaume.

BUSTAMENTE (D. ANASTACIO., général)[modifier]

né au Mexique en 1780.

Lorsqu’en septembre 1810, Hidalgo et Allende poussèrent contre les Espagnols le premier cri d’indépendance, et que ce cri, partout répété, mit la Nouvelle-Espagne en feu, "Bustamente, âge de trente ans environ, exerçait à Guadalajara, à 150 lieues à l’ouest de Mexico, la profession de médecin. Forcé de se joindre aux Espagnols, contre ses concitoyens insurgés, il servit sous les ordres du général Calleja, et assista à la fameuse bataille du pont Calderon, le 17 janvier 1811, où d 00,000 insurgés avec 103 bouches à feu, furent taillés en pièces par le général espagnol Calleja, qui n’avait avec lui que 6,000’hommes environ, dont la moitié d’une excellente cavalerie et 10 pièces de campagne.

La belle conduite de Bustamente à cette bataille attira sur lui l’attention publique, et ce fut le commencement de sa fortune militaire.

Nous ne suivrons pas Bustamente dans les sanglants épisodes de cette guerre acharnée ; nous dirons seulement que, devenu général après s’ôlre rangé parmi les indépendants, il se joignit, en 1821, au général Iturbide, le futur empereur du Mexique, et lui resta fidèle jusqu’à sa déchéance en 1823. A cette époque, le général Guadalupe Victoria fut le premier président de la République mexicaine. Pendant ce laps de temps jusqu’en 1828, Bustamente prit une part active dans les affaires de l’État. En décembre 1829, il commandait une division campée à Jalapa, lorsque ses soldats le choisirent pour renverser Guerrero, le second président élu. Il se mit en marche et s’empara de Mexico. 11 conserva le pouvoir jusqu’en 1833. Santa-Anna, devenu président à cette époque, bannit du pays le général Bustamente, celui-ci séjourna trois ans à Paris où il se livra à l’étude.

En 1836, l’état du Texas se déclara de nouveau indépendant, et Bustamente, fatigué de son exil, repassa l’Atlantique pour demander du service contre cette province révoltée ; il obtint mieux qu’il ne souhaitait, et, le 25 janvier 1837, il

fut élu président de la République mexicaine ; il conclut bientôt un traité définitif avec l’Espagne qui reconnut l’indépendance de la colonie.

Bustamente montra un grand courage dans deux circonstances qui suivirent : la première est le traité de l’amiral Bau-din et l’affaire de San-Juan d’UUoa, où il ne craignit pas d’affronter la colère de la France. La seconde est le siège de Mexico par Santa-Anna, et le danger de mort qu’il courut dans son propre palais dont la garnison révoltée s’était emparée.’

L’année suivante, une nouvelle révolution, suscitée encore par Santa-Anna, le força à abdiquer le pouvoir entre les mains du congrès, et à revenir en France où il arriva en octobre 1842. Au mois de novembre suivant, il partit pour l’Italie, et vit aujourd’hui à Gênes sans faste et sans bruit.

BUZEN (GERARD-SERVAIS)[modifier]

fils d’un médecin distingué, naquit à Schyndel (Brabant-Septentrional), le 22 septembre 1784. Entré au service à l’âge de 19 ans, dans le 13* régiment de chasseurs à cheval, il fut bientôt sous-officier.

Blessé et fait prisonnier après la bataille d’Iéna, il fut conduit en Pologne, y resta longtemps dans un hôpital, parvint à s’évader, et rejoignit l’armée française. Le lieutenant-colonel de La Roche se l’attacha comme secrétaire. Deux ans après il devint maréchal-des-logis au 1" régiment.de chasseurs, et lieutenant au T régiment le 26 juillet 1813. Il avait déjà fait sept campagnes et avait été blessé deux fois, et avait reçu la croix d’honneur.

En 1811, il rentra dans sa patrie, fut nommé lieutenant au 8° de hussards, assista à la bataille de "Waterloo, fut promu au grade de capitaine en septembre 1815, et, deux ans après, devint aide-de-camp du général baron Duvivier, sous les ordres duquel il avait servi en France.

La révolution de 1830 le fit lieutenant-colonel et commandant supérieur de Mons, puis commandant militaire du Luxembourg. Menacé par les excursions de.la garnison de la forteresse fédérale, il sut rendre la tranquillité à la province et reçut du gouvernement provisoire le titre de colonel.

En 1831, lorsque l’importante citadelle d’Anvers fut confiée au général Chassé, le colonelBuzen fut nommé commandant supérieur d’Anvers, où, malgré les menaces du général Chassé, il organisa les armements les plus formidables qui préservèrent la ville du bombardement, lors du siège de l’armée française.

Sa belle conduite lui valut le grade de général de brigade.

A la suite des pillages d’avril 1834, il fut appelé au commandement supérieur de Bruxelles.

Choisi par le roi comme ministre de la guerre, il"était déjà l’un de ses aides-de-camp. Une main inconnue alla fouiller dans la vie passée du général Buzen, et trouva qu’au lieu d’être inscrit comme prisonnier suc la matricule du 13’ régiment des chasseurs à cheval, il avait été porté, en 1806., comme déserteur. On donna à ce fait, considéré sans correctifs, la plus grande publicité. L’on ajouta qu’il portait indûment la croix de la Légion-dH’on-neur, et enfin qu’il n’était rentré dans sa patrie qu’en 1814 avec les Cosaques.

Son ancien général, le baron Duvivier, ayant gardé sur cette affaire un silence qui fut mal interprété, et quelques représentants de l’opposition s’étant rendus chez-lui pour l’engager à confondre la calomnie, le général ministre, profondément affecté de cette démarche, se tua d’un coup de pistolet, laissant à un ami les documents nécessaires pour prouver la fausseté des accusations dont il avait été l’objet.

BONAPARTE Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 C