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SPENER (PHILIPPE-JACQ.),
célèbre docteur de l’Eglise protestante, regardé comme le fondat. de la secte des piétistes, naquit en 1635 à Ribeauvillers en Alsace. 11 étudia la théologie, les langues anciennes et l’hébreu à Strasbourg, devint instituteur des deux princes de Birkenfeld, et voyagea en Allemagne, en Suisse et en France avec ses élèves. Reçu docteur en théologie en 1664, il ac-"quit bientôt une si grande réputat., que le sénat de Francfort lui offrit la première place parmi les pasteurs de cette ville, où il demeura 20 ans. C’est là qu’il institua en 1670 des assemblées particulières, dans lesq., après des actes de dévotion, il répétait d’une manière sommaire le contenu de ses sermons, et expliquait les versets duNouv.-Testament. Les femmes étaient admises à ces exercices, mais sans pouvoir être vues du reste de l’auditoire. On donnait à ces réunions la dénomination de Collége de piété. Il se forma dans plusieurs villes de l’Allemagne des assemblées pareilles, dont les pasteurs et les magistrats conçurent des inquiétudes. Des plaintes s’élevèrent, et Spener crut devoirjustifier son instit. par un écrit insit. : Pia desideria, dans lequel il s’efforçait de démontrer la nécessité d’une réforme génér. dans tous les états de la société, en s’arrêtant particulièrement aux ecclésiastiques, dontles études n’étaient, selon lui, dirigées que pour faire briller les prédicateurs dans les dis-putes religieuses, au lieu de les pénétrer de cetesprit de charité, d’humilité, de ces sentim. pieux qui édifient les fidèles. Malgré le grand nombre d’autres écrits théologiques et d’instructions relig. qu’il publia pend. son séjour à Francfort, il trouva le temps de s’occuper de travaux d’une autre espèce pour lesquels il avait pris du goût dans sa jeunesse, et qui le constituèrent fondateur de la science héraldique en Allemagne. En 1690, Spener accepta la place d’inspecteur et de prem. pasteur de l’église St-Nicolas àBerlin, et plus tard il eutle crédit d’introduire son système de réforme dans l’université de Halle, nouvellement fondée. Cette même ville de Halle devint dès-lors le centre d u piétisme, et les luthériens d’Allemagne se divisèrent en deux partis, les orthodoxes et les piétistes ou spénériens. Ce fut en vain que l’élect. de Saxe, Frédéric-Auguste Ier, pressa Spener de venir reprendre la place de prédicat. de la cour de Dresde qu’il avait exercée de 1686 à 1690 ; ce sav. docteur ne voulut plus quitter Berlin, et y mourut en 1705. On ne peut nier que quelq.-unes de ses opinions sont peu conformes aux livres symboliques des luthériens ; celle qui, élevant la théologie au-dessus d’une science, en fait une lumière intérieure, parait conduire au mysticisme, et Spener semble se rapprocher de l’Eglise catlioliq. par le mérite qu’il accorde aux bonnes oeuvres. Ses idées sur une seconde venue du Christ forment tout-à-fait une nouvelle croyance. Spener a laissé un grand nombre d’ouvrages de théologie en langue allemande, oubliés aujourd’hui, quoique plus. ne méritent pas ce sort. Ses ouvrages historiques et héraldiques, écrits en latin, ont pour titre : Sylloge genealogico-historica è numero proecipuorum familiarunt quibus suos principes Germanie nostra debet XII exhibens, etc., Francfort, 1665, in-8.-Theatrunt nobilitatis europees, etc., ibid., 1668-78, 4 vol. in-fol. - Commentarius historicus in insignitt serenissintce domûs saxonices, ibid., 1668, in-4. - Insignium theoria, seu operis heraldici pars specialis, ib., 1680. - Pars generatis, 1690, 2 vol. in-fol., réimpr. en 1717.-Illustriores Gallicestirpes tabulis genealogicis comprehenses, ibid., 1689, in-fol.
[modifier] Jacques-Charles SPENER,
fils du précéd., mort en 1730, a publié : Historia germanica uni-• eersalis et pragmatica, 2 vol. in-8. - Notitia germania ; antiques, 1717, in-4.