Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 1, ABACA-KAN
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[modifier] ABACA-KAN
8e empereur mongol, de la race de Djenguyz-Kan, était fils de Holakou-Kan, à qui il succéda en 663 de l'hégire (1265 de J.-C.). Au commencement de son règne, Barkah-Kan, roi de Bokhara, tenta de faire une invasion en Perse par les défilés du Caucase ; mais il fut défait par Techmout, frère d'Abaca-Kan. Cette victoire, loin d'effrayer Barkah, lui fit mettre un plus grand nombre de troupes sur pied. Il se dirigea de nouveau vers l'Adzerbaïdjan. Abaca-Kan de son coté, s'était mis en défense ; mais au moment où les deux parties allaient en venir aux mains, Barkah mourut, et se troupes s'en retournèrent à la hâte. En 1269, Borac-Oghlan envahit le Khoraçan ; Abaca-Kan, prince aussi actif que bon guerrier, marcha contre lui, le rencontra près d'Hérat, le mit en fuite, et reprit le Khoraçan, dont il donna le gouvernement à l'un de ses frères. Lorsque Abaca-Kan eut repoussé ses ennemis, et qu'il eut, par son bon gouvernement, donné le repos à son empire, il conçut le projet de réduire la Syrie et
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l'Égypte, conquises par Holakou-Kan, et qui s'étaient soustraites à sa domination. Il y envoya, en 1280, son frère, Mankou-Tymour, avec une armée considérable. Ce prince fut défait par Calaoun, sultan d'Égypte, et forcé de s'enfuit à Bagdad, où il mourut. Abaca-Kan se rendit aussitôt dans cette ville pour y faire les préparatifs d'une nouvelle expédition qu'il devait commander en personne ; mais des troubles, qui s'élevèrent dans ses États le forcèrent de retourner à Hamadan. On l'avait soupçonné d'être favorable à la religion des chrétiens. Après avoir assisté à une cérémonie religieuse, dans une de leurs églises, à Hamadan, il se rendit le lendemain à une fête magnifique à laquelle un seigneur persan l'avait invité : il y fut saisi d'un mal subit, et mourut presque aussitôt, en 680 de l'hégire (1282 de J.-C.). On prétendit qu'il avait été empoisonné et l'on pensa même que son premier ministre n'était pas étranger à ce crime. Abaca-Kan fut un prince juste et bon ; sous son règne, qui dura 17 années lunaires, le peuple et le soldat jouirent d'un bonheur constant : les ruines de Bagdad furent relevées par ses sois. Il réunissait sous son empire le Khoraçan, l'Adzerbaïdjan, le Faristan, les deux Irac, le Khouzisthan, le Dyar-Bekir, et une grande partie de l'Asie Mineure. Amed-Kan, son frère lui succéda.
J-N.