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Biographie universelle ancienne et moderne
Tome 1
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ABASCAL (Don José-Fernando)
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[modifier] ABASCAL (Don José-Fernando)
capitaine général des armées espagnoles, né en 1743 à Oviédo, où il fit ses études, entra en 1762 en service, où il se distingua par son ardeur à acquérir les connaissances qui lui manquaient. Il fut de l'expédition d'Alger en 1775. Promu à trente ans au grade de colonel, il servit en cette qualité dans la guerre qui fut déclarée à l'Espagne par la république française. Trois ans après, il fut élevé au rang de brigadier par Charles IV, qui l'envoya exercer les fonctions de lieutenant de roi à Cuba : il concourut à fortifier les places de cette ile et à défendre la Havane, lorsqu'elle fut attaqué par les Anglais. Son zèle, dans ces circonstances, fut récompensé par le commandement général et l'intendance de la Nouvelle-Galice, ainsi que par la présidence de la cour royale de la Guadalaxara. Pris par les Anglais dans la traversée, il s'échappa et se rendit par terre de Rio-Janeiro à Lima. On sait que ce fut alors que les insurrections des colonies espagnoles commencèrent. À peine arrivé, Abascal eut à résister aux attaque de 50,000 Indiens soulevés, qu'il parvint à réprimer. Il obtint, en 1804, avec le grade de maréchal de camp, la vice-royauté du Pérou, et son administration dans cette contrée eut d'abord d'heureux résultats. Mais l'invasion de l'Espagne par Napoléon, en 1808, et les événements qui en furent la suite, causèrent de nouveaux troubles dans les colonies d'Amérique. Le but déclaré des insurgés fut désormais de s'affranchir entièrement de toute soumission à la métropole, qui se débattait entre deux partis rivaux, celui de Napoléon et celui de l'ancienne dynastie représentée par les cortès. C'est en faveur de ce dernier qu'Abascal parut se prononcer, et ce fut pour prévenir la séparation qu'il forma, sous le nom de volontaires de l'Union espagnole du Pérou, un corps militaire destiné à maintenir l'esprit de concorde entre les Espagnoles et les Américains. Enfin il envoya au cortès en Europe de nombreux convois de munitions et d'argent, et, grâce à son zèle, le Pérou fut la dernière colonie qui se sépara de la mère-partrie. Les cortès, pour récompenser son zèle, le proclamèrent, par un décret du 30 mai 1812, marquis de la Concordia española del Peru ; et la junte des Asturies le nomma son député général. Mais les circonstances le contraignirent bientôt à disséminer le peu de forces qu'il avait à disposition. Après s'être vu obligé d'envoyer des secours à Buenos-Ayres, attaqué par les Anglais, il dut aussi en envoyer au Chili et ç la Nouvelle-Grenade ; peut-être eut-il le tort de trop se dégarnir, car le général Pezuela, qui commandait sous ses ordres, ayant eu à réprimer un insurrection qui éclata simultanément à Cusco, à Lima, à Arequipa, à Charcas, et dans presque tout le Pérou, ses troupes furent coupées faute de renforts. Il parait que c'est pas suite de ce malheureux événement qu'en 1813 Abascal fut révoqué par Ferdinand VII, et remplacé par ce même Pezuela. Il revint à Madrid, où il mourut le 30 juin 1821.
Z.