Carnage

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Les Paons
Georges Richard, 1908 (p. 3).



I


CARNAGE



La blessure de bruit que font dans l’étendue

Les cris aigres des paons,

S’est, à mesure, ouverte, élargie, épandue…

Elle plane en suspens.


La nappe du silence en est toute percée

Et laisse, par ces trous,

S’enfuir l’aérienne extase dispersée

Au travers du ciel roux.


Et j’écoute couler le sang de cette plaie

Fait de nuages d or,

De rosiers effeuillés dont le parfum supplée
A l’odeur du sang bleu des blessés et des morts.

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