Chanson en Si

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Glady, 1873 (pp. 121-123).
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CHANSON EN SI




Si j’étais noble Faucon,
Tournoierais sur ton balcon…
— Taureau : foncerais ta porte…
— Vampire : te boirais morte…

Te boirais !


— Geôlier : lèverais l’écrou…
— Rat : ferais un petit trou…
Si j’étais brise alizée,
Te mouillerais de rosée…

Roserais !


Si j’étais gros Confesseur,
Te fouaillerais, ô Ma Sœur !
Pour seconde pénitence,
Te dirais ce que je pense…

Te dirais…


Si j’étais un maigre Apôtre,
Dirais : « Donnez-vous l’un l’autre,
Pour votre faim apaiser :
Le pain-d’amour : Un baiser. »

Si j’étais !…


Si j’étais Frère-quêteur,
Quêterais ton petit cœur
Pour Dieu le Fils et le Père,
L’Église leur Sainte Mère…

Quêterais !


Si j’étais Madone riche,
Jetterais bien, de ma niche,
Un regard, un sou béni
Pour le cantique fini…

Jetterais !


Si j’étais un vieux bedeau,
Mettrais un cierge au rideau…
D’un goupillon d’eau bénite,
L’éteindrais, la vespre dite,

L’éteindrais !


Si j’étais roide pendu,
Au ciel serais tout rendu :
Grimperais après ma corde,
Ancre de miséricorde,

Grimperais !


Si j’étais femme… Eh, la Belle,
Te ferais ma Colombelle…
À la porte les galants
Pourraient se percer des flancs…

Te ferais…


Enfant, si j’étais la duègne
Rossinante qui te peigne,
Señora, si j’étais Toi…
J’ouvrirais au pauvre Moi,

— Ouvrirais ! —


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