Colibri
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- Mes amis,
- J’ai soumis
- Mes amis,
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L’enfer à ma puissance.
De son obéissance
J’ai pour gage certain
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- Un lutin. (bis.)
- Un lutin. (bis.)
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Sous forme d’oiseau-mouche
À mon chevet il couche.
Lutin doux et chéri,
Baisez-moi, Colibri,
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- Colibri ! (ter.)
- Colibri ! (ter.)
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- S’éveillant,
- Babillant,
- S’éveillant,
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Au jour qui naît et brille,
Son petit corps scintille
D’émeraude et d’azur
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- Et d’or pur.
- Et d’or pur.
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Fleur qui cherche sa tige,
Le voilà qui voltige :
L’aurore en a souri.
Baisez-moi, Colibri,
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- Colibri !
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- Je le vois,
- À ma voix,
- Je le vois,
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Voler vers qui m’implore.
Ses ailes font éclore
Richesse, honneurs, amours
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- Et beaux jours.
- Et beaux jours.
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Quelque soif qui m’embrase,
Il peut remplir le vase
Que ma bouche a tari.
Baisez-moi, Colibri,
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- Colibri !
- Colibri !
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- Je puis voir
- Son pouvoir
- Je puis voir
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Franchir l’espace et l’onde,
Du Pérou, de Golconde
M’apporter, dans nos ports,
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- Les trésors.
- Les trésors.
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Mais, non ; point d’opulence,
Quand un peuple en silence
Souffre et meurt sans abri.
Baisez-moi, Colibri,
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- Colibri !
- Colibri !
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- Je puis voir
- Son pouvoir
- Je puis voir
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Me donner des couronnes,
Des palais à colonnes,
Des gardes et l’amour
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- D’une cour.
- D’une cour.
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Mais, non ; j’en sais l’histoire :
Le monde, à tant de gloire,
De douleur pousse un cri.
Baisez-moi, Colibri,
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- Colibri !
- Colibri !
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- Demandons,
- Pour seuls dons,
- Demandons,
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Simple toit, portes closes,
Des chants, du vin, des roses,
Et la paix d’un reclus,
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- Rien de plus.
- Rien de plus.
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Mon paradis s’arrange,
Dieux ! et l’oiseau se change
En piquante houri.
Baisez-moi, Colibri,
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- Colibri !
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