Comme je regardois ces yeux (mais ceste fouldre)

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Auteur: Pierre de Ronsard (1524-1585)

Recueil : Amours Diverses


Comme je regardois ces yeux (mais ceste fouldre)
Dont l'esclat amoureux ne part jamais en vain,
Sa blanche, charitable et delicate main
Me parfuma le chef et la barbe de pouldre.

Pouldre, l'honneur de Cypre, actuelle à resouldre
L'ulcere qui s'encharne au plus creux de mon sein,
Depuis telle faveur j'ay senty mon cœur sain,
Ma playe se reprendre, et mon mal se dissouldre.

Pouldre, Atomes sacrez qui sur moy voletoient,
Où toute Cypre, l'Inde, et leurs parfums estoient,
Je vous sens dedans l'ame. O Pouldre souhaitee,

En parfumant mon chef vous avez combatu
Ma douleur et mon cœur: je faux, c'est la vertu
De ceste belle main qui vous avoit jettee.