Conférence de Stresa

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Conférence de Stresa
Conférence de Stresa


Anonyme
 




Reproduit in NOEL Léon, « Les Illusions de Stresa, l’Italie abandonnée à Hitler », Editions France-Empire, 1975, pages 177-181.

Les représentants des gouvernements d’Italie, de France et du Royaume-Uni ont examiné à Stresa la situation générale européenne à la lumière des résultats des échanges de vues poursuivis durant les dernières semaines, de la décision prise le 16 mars par le gouvernement allemand ainsi que des informations recueillies par les ministres britanniques au cours des visites qu’ils viennent d’effectuer dans diverses capitales européennes.

Ayant envisagé les conséquences de cette situation par rapport à la politique définie dans les arrangements intervenus tant à Rome qu’à Londres, ils se sont trouvés d’accord sur les différentes questions qu’ils ont discutées.

Sommaire

[modifier] 1

Ils sont convenus d’une ligne de conduite commune à suivre au cours de la discussion de la requête dont le gouvernement français a saisi le conseil de la Société des Nations.

[modifier] 2

Les informations recueillies les ont confirmés dans le sentiment qu’il convient de poursuivre les négociations tendant au développement souhaité de la sécurité dans l’Europe orientale.

[modifier] 3

Les représentants des trois gouvernements ont procédé à un nouvel examen de la situation autrichienne. Ils confirment les déclarations anglo-franco-italiennes du 17 février et du 27 septembre 1934 par lesquelles les trois gouvernements ont reconnu que la nécessité de maintenir l’indépendance et l’intégrité de l’Autriche continuera à inspirer leur politique commune.

Se référant au protocole franco-italien du 7 janvier 1935 et aux déclarations franco-anglaises du 3 février 1935, par lesquelles a été réaffirmée la décision de se consulter sur les mesures à prendre au cas où l’intégrité et l’indépendance de l’Autriche seraient menacées, ils sont convenus de recommander la réunion à une date très prochaine des représentants de tous les gouvernements énumérés dans le protocole de Rome en vue de conclure les accords relatifs à l’Europe centrale.

[modifier] 4

En ce qui concerne le pacte aérien proposé pour l’Europe occidentale, les représentants des trois gouvernements confirment les principes et la procédure à suivre, tels qu’ils ont été envisagés dans le communiqué de Londres du 3 février et conviennent de poursuivre activement l’étude de la question en vue de la préparation d’un traité entre les cinq puissances visées dans le communiqué de Londres, ainsi que tous les accords bilatéraux susceptibles de l’accompagner.

[modifier] 5

Passant à l’examen du problème des armements, les représentants des trois puissances ont rappelé que le communiqué de Londres prévoyait un règlement à négocier librement avec l’Allemagne pour être substitué aux dispositions correspondantes de la partie V du Traité de Versailles ; ils ont délibéré, avec le sentiment de leur responsabilité, sur la récente démarche du gouvernement allemand et sur le rapport qu’à fourni sir John Simon au sujet des conversations qu’il a eues avec le chancelier allemand sur cette question.

Les représentants des trois gouvernements ont eu le regret de constater que la méthode de répudiation unilatérale adoptée par le gouvernement allemand à un moment où des démarches étaient en cours pour promouvoir un règlement librement négocié de la question des armements, avait porté gravement atteinte à la confiance de l’opinion publique dans la solidité d’un ordre pacifique. D’autre part, l’ampleur du programme de réarmement allemand, tel qu’il est annoncé – programme dont l’exécution est déjà très avancée – a enlevé toute valeur aux prévisions quantitatives sur lesquelles avaient été jusqu’ici fondés les efforts poursuivis pour le désarmement, et a du même coup ébranlé les espoirs qui avaient inspiré ces efforts.

Les représentants de trois puissances réaffirment néanmoins leur profond désir de maintenir la paix en créant un sentiment de sécurité et déclarent pour leur part qu’ils restent désireux de s’associer à tout effort d’ordre pratique tendant à promouvoir un règlement international sur la limitation des armements.

[modifier] 6

Les représentants des trois gouvernements ont pris connaissance du désir, exprimé par les Etats dont le statut militaire a été fixé respectivement par les Traités de Saint-Germain, de Trianon et de Neuilly, d’obtenir la révision de ce statut.

Ils décident d’en informer par la voie diplomatique les autres Etats intéressés. Ils sont d’accord pour recommander aux Etats intéressés d’examiner cette question en vue de la régler par voie contractuelle dans le cadre des garanties générales et régionales de sécurité.

[modifier] Déclaration des gouvernements anglais et italien

La déclaration commune dont le texte suit a été faite par les représentants de l’Italie et du Royaume-Uni, en ce qui concerne le Traité de Locarno ;

Les représentants de l’Italie et du Royaume-Uni, puissances qui ne sont parties au Traité de Locarno qu’en qualité de garantes, réaffirment solennellement toutes les obligations qui, aux termes de ce traité, incombent à ces puissances et déclarent celles-ci déterminées à s’en acquitter fidèlement le cas échéant.

Les obligations ci-dessus visées ayant été contractées à l’égard de toutes les autres puissances parties au Traité de Locarno, cette déclaration commune, faite à la conférence de Stresa à laquelle la France prend part, sera officiellement communiquée aux gouvernements allemand et belge.

[modifier] Déclaration finale

Les trois puissances dont la politique a pour objet le maintien collectif de la paix dans le cadre de la Société des Nations constatent leur complet accord pour s’opposer par tous les moyens appropriés à toute répudiation unilatérale de traités susceptibles de mettre en danger la paix de l’Europe ; elles agiront à cet effet en étroite et cordiale collaboration. […]