Contes et fables/Le Héron, les poissons et l’écrevisse

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LE HÉRON, LES POISSONS ET L’ÉCREVISSE

FABLE


Un héron vivant au bord d’un étang était devenu vieux ; et, comme il n’avait plus la force d’attraper les poissons, il réfléchit à quelle ruse il aurait recours pour vivre.

Il dit un jour aux poissons :

— Eh ! vous, poissons, savez-vous le malheur qui vous menace ? J’ai entendu dire aux hommes qu’ils allaient vider l’étang et vous mettre à la poêle. Je connais bien un autre étang derrière la montagne, et je voudrais bien vous y transporter, mais je suis si vieux qu’il m’est difficile de vous aider.

Les poissons prièrent le héron de ne point les abandonner.

— Soit ! dit le héron, je vais me dévouer pour vous ; je vous porterai l’un après l’autre, car je ne pourrais vous porter tous à la fois.

Les poissons se réjouirent, et c’était à celui qui passerait le premier.

— Porte-moi ! porte-moi ! s’écriaient-ils.

Et le héron commença le transport.

Il prend un poisson, l’emporte dans le champ voisin, et le croque.

Il en mangea ainsi une grande quantité.

Dans ce même temps-là, vivait une vieille écrevisse. Quand elle vit le héron emporter le fretin, elle comprit la ruse et lui dit :

— Eh bien, mon héron, veux-tu m’emmener à la crémaillère ? Le héron saisit l’écrevisse et l’emporta.

Arrivé dans le champ, le héron voulut poser l’écrevisse ; mais celle-ci, apercevant les arêtes des poissons sur la terre, serra de ses pinces le cou du héron et l’étrangla.

Puis, elle revint à la rivière et raconta tout aux poissons.



LE CORBEAU ET LE RENARD

FABLE


Un corbeau trouva un jour un morceau de viande et se posa sur un arbre.

Le renard, flairant la pitance, s’approcha et dit :

— Eh ! corbeau, quand je te contemple, et que je vois ta taille et ta beauté, je


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