La bibliothèque libre.
à Madame Martin.
21 mai 1817.
Madame,
vous nous permettrez de vous rappeler que nous
sommes sans argent depuis le 1er. Comme nos besoins
sont toujours les mêmes, nous avons été contraints
d’emprunter. Nous vous prions en conséquence de
nous faire passer les 6 francs qui nous reviennent,
savoir : 3 francs pour le 1er mai et 3 francs pour
le 15, de nous envoyer un perruquier et de parler à
Mme Dejarrier pour nos chaussures et les chapeaux.
Daignez, madame, agréer l’assurance des sentiments
d’estime et d’affection que vous méritez de notre
part.
Vos très humbles et très obéissants serviteurs,
V Hugo, E Hugo.
à Monsieur Raynouard,
secrétaire perpétuel de l’académie française.
Paris, le 31 août 1817.
Monsieur,
retenu par une légère indisposition, je ne puis avoir
l’honneur d’aller moi-même vous témoigner ma
reconnaissance de la faveur que l’académie française
a daigné me faire en accordant une mention honorable
à la pièce n.15 dont je suis l’auteur. Ayant appris
que vous aviez élevé des doutes sur mon âge, je prends
la liberté de vous remettre cy-inclus mon acte de
naissance. Il vous prouvera que ce vers
moi, qui...
de trois lustres à peine ai vu finir le cours
n’est point une fiction poétique.
S’il était encore temps de faire insérer mon nom
dans votre rapport imprimé par ordre de l’académie,
ce serait augmenter infiniment la reconnaissance que
je vous dois, et dont je vous prie d’agréer la preuve
dans cette langue que vos encouragements me rendent
si chère et qui doit, à tant de titres, vous l’être
bien davantage encore.
J’espère de votre bonté, monsieur, que vous voudrez
bien, après en avoir pris connaissance, me renvoyer
mon acte de naissance rue des petits-Augustins, n.18.
Je vous prie d’agréer l’assurance du profond respect
avec lequel j’ai l’honneur d’être, monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur,
Victor-Marie Hugo.