D’un profond pensement j’avois si fort troublee

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Pierre de RonsardAmours Diverses

D’un profond pensement j’avois si fort troublee



D'un profond pensement j'avois si fort troublee
L'imagination, qui toute en vous estoit,
Que mon ame à tous coups de mes lévres sortoit,
Pour estre, en me laissant, à la vostre assemblee.

J'ay cent fois la fuitive à l'hostel r'appellee,
Qu'Amour me desbauchoit: ores elle escoutoit
Et ores sans m'ouyr le frein elle emportoit,
Comme un jeune Poulain qui court à la vollee.

La tançant, je disois, Tu te vas decevant.
Si elle nous aimoit, nous aurions plus souvent
Course, poste, message, et lettre accoustumée.

Elle a de noz chansons, et non de nous soucy.
Mon ame, sois plus fine: il nous faut tout ainsi
Qu'elle nous paist de vent, la paistre de fumee.

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils