De la justice dans la Révolution et dans l’Église, tome 2

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De la justice dans la Révolution et dans l’Église, tome 2
Garnier frères, 1858 (p. TdM).


TABLE

CINQUIÈME ÉTUDE.


l’éducation.


[Argument. — Quelle que soit la religion, produit d’une intuition mystique ou d’une spéculation métaphysique ; que l’église qui lui sert d’expression soit organisée pour l’aristocratie ou pour le communisme, dès lors que cette religion pose le principe du droit en dehors du sujet humain, il est fatal que l’éducation soit aussi hors l’humanité, et se résolve en un système de dépravation. Ainsi l’âme n’étant pas cultivée comme un germe vivant, qui possède sa loi en soi et ne demande qu’à se développer librement, mais traitée comme une nature informe, obscure et mauvaise, qui attend sa façon, son mouvement et sa qualité d’une action étrangère, l’homme devient, par l’éducation que lui donne l’Église, hypocrite, puisque sa conscience n’est pas en lui ; étranger à lui-même, puisque sa fin est hors de lui ; étranger à la société, qui par sa raison d’état tantôt le fait serf, tantôt le privilégié, dans tous les cas lui ôte la raison des choses et le respect des personnes ; étranger enfin à la terre sur laquelle il est comme exilé, et qui n’a rien de commun avec lui. Et comme le résultat inévitable d’une pareille éducation est de rendre, par la privation de toute justice propre, de toute franchise de l’esprit, de toute estime du prochain, de toute communion avec la nature, l’existence malheureuse, la mort sera d’autant plus misérable que la dévotion du sujet à sa foi aura été plus grande. — Théories contraires de la conscience libre, de l’enseignement égalitaire, de la possession de la nature, et de la bonne mort.]

Préambule

Chap. Ier. — Idée générale de l’éducation ; intervention de la pensée religieuse.

Chap. II. — L’homme dans son for intérieur : Symbolique du culte et de la prière. — Double conscience.

Chap. III. — L’homme devant la société. — Loi du respect violée par l’éducation ecclésiastique.

Chap. IV. — L’homme au sein de la nature.

Chap. V. — L’homme en face de la mort.



SIXIÈME ÉTUDE.


le travail.


[Argument. — Le travail, par son côté répugnant et pénible, crée pour l’homme une fatalité qui tend à le rejeter incessamment dans la servitude, que la balance économique, l’organisation politique et l’éducation ont pour but au contraire de faire cesser. Pour vaincre cette fatalité, qui menace la Justice et compromet la civilisation, il n’est qu’un moyen, c’est de passionner le travail, ce qui ne se peut faire qu’à une condition, savoir, que chaque travailleur devienne de sa personne, pendant le cours de sa carrière, un représentant de la totalité du développement industriel. D’où il suit que le problème du travail passionnel, en autres termes, du travail affranchi, est identique à celui de l’origine des connaissances et de la formation des idées, et que l’apprentissage des métiers se présente comme une branche de l’instruction publique. Mais ici, comme partout, la théologie s’est signalée par son génie anti-pratique ; à sa suite, l’Église et l’État ont décrété, de par la dignité de l’esprit, la servitude de l’homme de peine. Antipathie de la philosophie spiritualiste pour le travail ; impuissance de la charité. — La Révolution, en résolvant le problème, anéantit la révélation dans sa cause et rend toute hiérarchie sociale impossible.]

Préambule.

Chap. Ier — De la liberté dans le travail. — Conclusions contradictoires de l’école fataliste et de l’école libérale.

Chap. II. — Discussion. — Principe de la transcendance : Que le travail est de malédiction divine, et conséquemment la servitude d’institution religieuse. Théorie spiritualiste.

Chap. III. — Droit de l’homme de travail ou de l’esclave, d’après Moïse. — Loi d’égoïsme.

Chap. IV. — Droit du serf ou salarié, d’après l’Église : loi d’amour.

Chap. V. — Du travailleur d’après la Révolution. — Charte du travail. — Loi de Justice.

La franc-maçonnerie.
Anti-conceptualisme maçonnique. — Idée de Dieu.
L’origine de la philosophie et des sciences, découverte dans la spontanéité travailleuse de l’homme. — Alphabet industriel.
Encyclopédie ou polytechnie de l’apprentissage.
Organisation de l’atelier.

Chap. VI. — Le travail s’affranchira-t-il, ou ne s’affranchira-t-il pas ?



SEPTIÈME ÉTUDE.


les idées.


[Argument. — Dès l’origine de la civilisation, les hommes ont conçu la vérité et la loi des choses comme étant d’essence supérieure à la lumière individuelle, que le sens intime et la pratique de la vie dénoncent à chaque instant comme trouble et contradictoire. Aussi l’autorité privée fut-elle de tout temps suspecte, et l’on a cherché la raison générale ou la certitude, tantôt dans des révélations et des oracles, tantôt dans le consentement spontané ou réfléchi des peuples, plus tard dans la méditation métaphysique, enfin, et en désespoir de cause, dans l’observation et l’expérience. Tout faisait une loi de cette recherche : l’opposition des intérêts, le mensonge des formules, les variations sans fin du législateur, l’interprétation plus variable encore du juge, les incertitudes des philosophes, la contradiction sans cesse renaissante entre les institutions d’une part, et l’expérience quotidienne de l’autre. Après l’ignorance des lois de la Justice économique, politique et industrielle, l’ignorance des conditions de la raison générale est la plus grande cause de démoralisation qui afflige le genre humain. Insuffisance des garanties proposées : corruption de la science et de la raison publique par l’autorité ecclésiastique ; scepticisme universel, pacte de mensonge, tyrannie de l’absolu. — La Révolution fait la lumière au sein de ces ténèbres : après avoir déterminé l’objet positif et la circonscription de la métaphysique, elle affirme la réalité de la raison collective, sa distinction spécifique d’avec la raison individuelle, et, sur les ruines de l’immoralité probabiliste, fonde l’édifice indestructible de la foi publique.]

Préambule.

Chap. Ier. — Idée d’une méthode de direction pour l’esprit dans la recherche de la vérité, d’après la science moderne. — Élimination de l’absolu.

Chap. II. — Difficulté d’appliquer l’hygiène intellectuelle aux sciences morales et politiques.

Chap. III. — Méthode d’une direction pour l’esprit dans la recherche de la vérité, d’après l’Église. — Théorie du probabilisme.

Chap. IV. — Corruption de la raison publique par l’absolu.

Chap. V. — Corruption de la raison publique par l’absolu. — Suite.

Chap. VI. — Discipline intellectuelle, ou méthode d’élimination de l’absolu d’après les principes de la Révolution. — Constitution de la raison publique.

Chap. VII. — Continuation du même sujet. — La raison publique, condition et fondement de la foi publique.



HUITIÈME ÉTUDE.


conscience et liberté.


[Argument. — Quels que soient le dogme et la constitution d’une église, si cette église admet la réalité et l’efficacité de la conscience, en autres termes le principe de la Justice immanente, elle perd sa raison d’être et cesse d’exister ; si elle reconnaît, en dehors du commandement divin, une différence entre le bien et le mal, elle cesse d’exister ; si elle a l’intelligence et le respect de la liberté, elle cesse encore d’exister. L’Église nie donc la suffisance de la conscience et la réalité de la Justice ; elle nie la justification de l’humanité par elle-même ; elle nie la distinction subjective du bien et du mal, et elle accuse la liberté, qu’elle ne comprend pas, d’être l’ennemie de Dieu. De là, en premier lieu, le pyrrhonisme moral qui, sous prétexte de sanction divine, fait le fond de toute théologie ; de là, ensuite, ce régime d’autorité et de discipline par lequel l’Église entreprend de contraindre au bien des natures lâches et déchues ; de là enfin, lorsque la foi religieuse vient à s’éteindre, la corruption et l’esprit de tyrannie qui s’emparent de toute nation en qui la critique, ayant tué la religion, a laissé la morale sans fondements. Comment alors relever la société affaissée ? Sera-ce par la Justice, dont la notion, en dehors de la théologie, existe à peine, et qu’une si longue préoccupation du sujet divin empêche de sentir ; ou par la liberté, dont le mystère est encore plus impénétrable, et que nient formellement les philosophes ? Les nations anciennes ont succombé devant le problème ; et nous sommes menacés d’y succomber à notre tour. — Ici de nouveau la Révolution se lève : elle démontre contre le pyrrhonisme idéologique, la réalité et l’efficacité du sens moral ; contre les sophisnes de la raison d’Église et de la raison d’État, la certitude de la distinction du bien et du mal ; contre le fatalisme des philosophes et la mythologie de la révélation, la nature et la fonction de la liberté.]

Chap. Ier. — Objections des théologiens : Qu’il s’agit bien moins de donner les formules de la Justice que d’en procurer l’observance, laquelle ne se peut passer de religion.

Chap. II. — Réfutation du pyrrhonisme théologique : réalité du sens moral.

Chap. III. — De la distinction du bien et du mal.

Chap. IV. — Du franc arbitre. — Marche de l’idée.

Descartes.
Spinoza.
Leibnitz.
Autres philosophes

Chap. V. —Nature et fonction de la liberté.




fin de la table.