Deux bons vieux coqs

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Maurice RollinatPaysages et paysans

Deux bons vieux coqs





 
Le cabaret qui n’est pas neuf
Est bondé des plus vieux ivrognes
Dont rouge brique sont les trognes
Entre les grands murs sang de bœuf.
L’un d’entre eux, chenu comme un œuf,
D’une main sur la table cogne,
Et, son verre dans l’autre, il grogne :
« Aussi vrai que j’ suis d’ Châteauneuf !
J’ reste un bon coq, et l’ diab’ me rogne !
Je r’prendrais femm’ si j’ dev’nais veuf. »
« Dam ! moi, fait le père Tubeuf,
J’ suis ben dans mes quatre-vingt-neuf :
Et j’ m’acquitte encor de ma b’sogne ! »

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