BATIR, v. act. & neut. Ce terme pris en lui-même, & ſans le conſiderer comme exprimant un art, ce terme, dis-je, a trois ſignifications. Il déſigne tout à la fois & la dépenſe d’un
Bâtiment, & l’invention du deſſein, & l’exécution. Ainſi on dit qu’un tel particulier a
Bâti cet édifice, parce qu’il en a fait la dépenſe ; qu’un tel Architecte l’a
Bâti, parce qu’il en a donné le deſſein, & qu’un Entrepreneur, un Maître Maçon
Bâtit bien,. lorſque les bâtimens ſont conſtruits avec choix de bons matériaux, & avec le ſoin & la propreté que l’art demande. Nous entendons l’
Art de Bâtir proprement dit. Ç’auroit été peut-être ici le lieu de preſcrire les régles de cet art : mais nous avons cru devoir les déduire aux articles
Architecture &
Batiment ; & après les renvois, que nous avons faits à ces articles, nous n’avons rien à ajouter à celui-ci. Nous nous contenterons de citer quatre Ouvrages où l’
Art de Bâtir, tel que nous l’entendons ici, & que nous devons l’entendre, eſt bien développé : ce ſont les Livres ſuivans : l’
Architecture Françoiſe de
Savot, l’
Architecture pratique de
Bullet, le
Cours d’Architecture de
d’Aviler, & l’
Architecture moderne, ou l’
Art de bien Bâtir, pour toutes ſortes de perſonnes, tant pour les maiſons particulieres que pour les Palais, contenant cinq Traités : 1°. De la conſtruction & l’emploi des matériaux : 2°. De la diſtribution de toutes ſortes déplaces : 3°. De la maniere de faire les Devis : 4°. Du toiſé des Bâtimens, ſelon la coutume de Paris : 5°. Des us & coutumes & des rapports des Jurés Experts. Nous avons tranſcrit le titre en entier, parce qu’il comprend exactement les parties de l’
Art de Bâtir, parties que nous développons aux articles déjà cités, & à ceux de
Détail,
Devis, &
Toisé.