Dictionnaire de Chaudon 1821 - Tome 25, SPENER ou SPEINER (PHILIPPE-JACQUES)
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Pasteur luthérien de Francfort-sur-le-plein, fut auteur, vers l'an 1680, de la secte des piétistes. Elle prétendait que le luthéranisme avait besoin d'une nouvelle réforme, et se croyait illuminée; elle renouvela aussi les systèmes des millénaires. Les Allemands et les Suisses s'occupèrent beaucoup de ce nouveau genre de fanatisme, qui s'enracina dans les tempéramens bilieux et mélancoliques. « Les piétistes en général, dit l'abbé
SPEN
Pluquet, toléraient dans leurs assemblées tous les différens partis, pourvu qu'on eût de la charité, et que l'on fût bienfaisant. Ils estimaient beaucoup plus les fruits de la foi (selon la doctrine de Luther), tels que la justice, la tempérance, la bienfaisance, que la foi même. Les points fondamentaux du piétisme étaient : 1° « Que la parole de Dieu ne saurait être bien entendue sans l'illumination du saint Esprit, et que le saint Esprit n'habitant pas dans l'ame d'un méchant homme, il s'ensuit qu'aucun méchant ou impie n'est capable d'apercevoir la lumière divine, quand même il posséderait toutes les langues et toutes les sciences; qu'on ne saurait regarder comme indifférentes certaines choses que le monde regarde sur ce pied; telles sont la danse, les jeux de cartes, les conversations badines, etc. » Spener, qui avait le premier formé cette secte, avait de l'éloquence et de la piété. Il mourut en 1705, à 70 ans, à Berlin , où l'électeur de Brandebourg l'avait appelé pour lui donner les charges d'inspecteur et de conseiller consistorial , qu'il remplit avec zèle. Il était né à Rappoltzweiler, en Alsace, en 1635.