Dictionnaire de la conversation et de la lecture 1853 - Tome 1, ANZIN
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Village du département du Nord, célèbre par l'immense exploitation de houille qui s'y opère. Cette exploi-
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tation ne remonte qu'à 1734, époque où le vicomte Désandrouin et l'ingénieur J. Mathieu rencontrèrent une houille de première qualité en gisements considérables après dix-huit ans de recherches infatigables, des accidents de toutes sortes et la perle de capitaux considérables. La découverte de la houille à Anzin eut les résultats qu'il était facile de prévoir. Elle fournissait un précieux aliment à l'activité industrielle et commerciale de la Flandre française et du Hainaut, désormais affranchis du lourd tribut payé depuis si longtemps à la Belgique; elle enrichissait un pays que la guerre avait trop souvent appauvri. De chétives bourgades devinrent bientôt de populeuses et florissantes communes ; l'existence de quelques mille ouvriers fut dès lors assurée. La compagnie trouva dans les bienfaits même qu'elle répandait la source d'une fortune rapide ; ses travaux se poursuivirent avec persévérance et succès. A la révolution de 1789, elle avait trente-sept fosses, tant pour l'extraction de la houille que pour l'épuisement des eaux, douze machines à vapeur, quatre mille ouvriers, six cents chevaux; elle produisait annuellement 7,000,000 d'hectolitres de charbon, et gagnait au moins un million. L'invasion des armées étrangères, en 1792, apporta une grande perturbation dans l'établissement d'Anzin; les machines furent brisées, des fosses comblées, etc. Les propriétaires de la moitié des actions émigrèrent. Leurs parts furent, en l'an V de la république, vendues par l'État. On évalua les biens de la compagnie à 5,000,000 fr. environ, payables en assignats. C'est sur ce pied que MM. Périer, Berner, Le Cousteux de Canteleu et autres achetèrent. L'adjudication eut lieu alors que les assignats étaient en dépréciation, et le payement quand ils étaient à zéro. C'est à M. J.-M. de Désandrouin, fils du fondateur, qu'on doit la réorganisation de l'affaire. Sous l'Empire, l'établissement fut peu prospère, la guerre ayant pour conséquence la stagnation du commerce; sans compter que, par la réunion de la Belgique à la France, on avait à soutenir une rude concurrence contre les houillères de ce pays. Mais à la Restauration la paix ramena le développement de l'industrie, et Anzin vit augmenter chaque année dans de vastes proportions sa production et ses profits. On étendit le périmètre de sa concession primitive par d'autres concessions, et le bassin houiller de Denain, qu'on a rattaché à Anzin par un chemin de fer, lui fournit une source inépuisable de richesses minérales. Aujourd'hui la compagnie tire annuellement 6,000,000 d'hectolitres; elle emploie six mille ouvriers, soit dans ses mines, soit dans ses chantiers et ateliers de construction; elle possède plus de cinquante machines à vapeur, et gagne environ 3,000,000 de fr. chaque année. On sait quelle influence cette compagnie financière a exercée en 1830 et 1831 sur la politique de la France relativement à la Belgique, dont les offres de réunion furent repoussées, moins peut-être par crainte d'une guerre européenne que pour conserver à MM. Périer et consorts le monopole et l'exploitation des houilles que protègent contre la concurrence étrangère, et notamment contre celle de la Belgique, des tarifs exagérés équivalant à une véritable prohibition. On se ferait difficilement, au reste, une idée de la position des malheureux mineurs attachés à l'exploitation d'Anzin, condamnés à rester de huit à dix heures par jour à plus de quatre cents mètres sous terre, et ne gagnant en moyenne que 1 fr. 66 c. par jour ! Nulle part la féodalité nouvelle, c'est-à-dire celle que les capitalistes parviennent à exercer, grâce à l'accumulation des capitaux entre quelques mains, n'apparaît plus hideuse et plus désolante dans ses résultats que parmi cette population de charbonniers. Et cependant un procès nous a appris qu'une augmentation eu moyenne de 20 cent, seulement sur le prix de chaque journée suffirait pour adoucir tant de misères. Mais aussi à ce compte la compagnie verrait diminuer ses bénéfices de 3 à 400 mille francs. Edward LECLAY.
Le village d'Anzin offre encore quelques établissements industriels, tels que fabriques de clous, forges à l'anglaise, haut fourneau, verrerie, briqueteries, etc., etc.