Dictionnaire de la conversation et de la lecture 1853 - Tome 15, SANNAZAR (JACQUES)

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Dictionnaire de la conversation et de la lecture 1853
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SANNAZAR (JACQUES), Jacopo Sannazaro,


poëte distingué, qui employa la langue italienne et la langue latine avec un égal bonheur, naquit en 1458, à Naples, où était venue s’établir sa famille, originaire d’Espagne. Il se forma à la connaissance des lettres, surtout dans l’Académie du Pontano, où, suivant l’usage de cette école, il prit le surnom d’Azzio Sincero. Son amour pour la belle Carmosina Bonifacia, qu’il a célébrée sous les noms d’Harmosine et de Filli, dévelopa ses talents poétiques. Pour s’affranchir des chaînes de cette passion par l’absence, il alla voyager en France ; mais cédant au désir de revoir celle qu’il aimait, il ne tarda pas à revenir à Naples, et alors il ne la retrouva plus en vie. C’est pendant cette absence qu’il composa son Arcadia, suite d’idylles qui, comme tous ses autres poëmes en langue italienne, sont l’œuvre de sa jeunesse, mais qui ont conserve une valeur durable. Une poésie douce, un style pur et une versification harmonieuse, tels sont les caractères de cet ouvrage, où la prose alterne avec les vers. Les poésies de Sannazaro attirèrent l’attention du roi Ferdinand et de ses fils, Alphonse et Frédéric, qui le choisirent pour les accompagner dans leurs voyagés et leurs campagnes. Frédéric, qui monta sur le trône en 1496, lui fit don de la villa Mergellina et lui accorda en outre un traitement de 600 ducats. Mais Sannazaro ne devait pas jouir longtemps de sou bonheur. Par suite des troubles du temps, qui firent intervenir les prétentions de la maison de France au trône de Naples dans le système des États italiens, son bienfaiteur dut, après maintes vicissitudes, renoncer à la couronne et se réfugier en France. Sannazaro aurait cru manquer à l’honneur en continuant à jouir de sa propriété, tandis que le prince qui la lui avait donnée languissait dans l’infortune. Il le suivit en exil, et ne revint qu’après sa mort à Naples, où it mourut, en 1530, à l’âge de soixante ans. Il fut enterré tout près du tombeau de Virgile.

710 SAN SALVADOR

Indépendamment de l’Arcadia, dont la première édition complète parut à Venise, en 1502, et la dernière à Milan en 1806, Sannazar composa encore en italien des sonnets et des canzoni, qui brillent également par la pureté de la langue ; aussi l’académie della Crusca le range-t-elle au nombre de ses modèles. La meilleure édition de ses ouvrages italiens est celle qui parut en 1723 à Padoue, sous le titre de Le Opera volgari del Sannasaro da vari illustrati. Sannazar est peut-être plus célèbre encore par ses poésies latines, qui, outre un grand poème, De Partu Virginis (dern, édit., Leipzig, 1826), se composent d’élégies, d’églogues et d’épigrammes. Parmi ces dernières, la plus célèbre est un panégyrique épigrammatique de Venise en six vers, que le sénat vénitien récompensa par le don de 600 ducats. L’élégance et le choix heureux des expressions, la finesse de la pensée et la richesse de l’imagination assignent aux poésies latines de Sannazar une des premières places parmi les productions des poëtes latins modernes. Sa vie a été écrite par Crispo de Gallipoli (Naples, 1720), par Volpi et par Cormani.

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