Dictionnaire des antiquités romaines et grecques/Rich (1861)

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Dictionnaire des antiquités romaines et grecques/Rich (1861)

accompagné de 2,000 gravures d’après l’antique représentant tous les objets de divers usages d’art et d’industrie des grecs et des romains par Anthony Rich, traduit de l’anglais sous la direction de M. Chéruel, inspecteur de l’académie impériale de Paris, Paris, librairie de Firmin Didot frères, fils et cie imprimeurs de l’institut, 56, rue Jacob 1861

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DICTIONNAIRE

DES

ANTIQUITÉS ROMAINES

ET GRECQUES

Typographie de H. Firmin Didot. — Mesnil (Eure).

DICTIONNAIRE

DES

ANTIQUITÉS ROMAINES

ET GRECQUES

ACCOMPAGNÉ DE 2,000 GRAVURES D’APRÈS L’ANTIQUE

REPRÉSENTANT

TOUS LES OBJETS DE DIVERS USAGES D’ART ET D’INDUSTRIE

DES GRECS ET DES ROMAINS

PAR ANTHONY RICH.

TRADUIT DE L’ANGLAIS SOUS LA DIRECTION

DE M. CHÉRUEL

INSPECTEUR DE L’ACADÉMIE IMPÉRIALE DE PARIS

Segnius irritant animos demissa per aurem.

Quam quae sunt oculis subjecta fidelibus.

(Hor. A. P. 180.)

PARIS

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET Cie

IMPRIMEURS DE L’INSTITUT, 56, RUE JACOB

1861

Droits réservés

[modifier] PRÉFACE DE L’AUTEUR.

Une partie considérable des matières que contient ce volume fut réunie pour mon instruction et mon amusement personnels, pendant un séjour de sept années dans le centre et dans le sud de l’Italie. Pour une personne qui arrive en ce pays, au sortir des études ordinaires d’une école publique et d’un collège, et qui a en outre l’avantage de s’entendre assez au dessin, les collections d’antiques ont naturellement un vif attrait, sans compter l’impression qu’elles produisent comme œuvres d’art accomplies. L’homme versé dans la connaissance de l’antiquité y aperçoit mille particularités qui échappent à l’observateur ordinaire, qui éclairent bien des points de ses études antérieures, et lui expliquent des choses restées pour lui jusque-là dans un mystère complet, ou seulement entrevues vaguement, à travers le prisme souvent trompeur de l’imagination. Lorsqu’il observe, par exemple, les costumes représentés dans la peinture et la sculpture, et qu’il en examine de près les détails, il découvre un grand nombre de parties diverses, évidemment distinctes pour la forme et pour l’usage, dont quelques-unes s’expliquent facilement d’elles-mêmes, et lui remettent aussitôt à l’esprit les noms classiques qu’il ne connaissait que par routine. Il s’en présente d’autres dont il lui semble difficile de déterminer le nom et l’emploi spécial. Il ne trouve pas d’abord ou les différences précises qui les séparent d’autres parts du vêtement d’un aspect à peu près semblable, ou les termes classiques par lesquels chacun de ces vêtements était désigné. Il est évident néanmoins que, du moment où ces différences existent dans les objets, elles étaient marquées dans la langue du peuple qui s’en servait. Si l’on connaît déjà les différents mots, on doit s’attendre à trouver des spécimens, pour en établir le sens, dans les représentations de l’art. Ces découvertes une fois faites, une lumière soudaine remplit l’esprit, dissipe les doutes, produit la conviction, et permet à l’observateur de dire avec une satisfaction intime : Ceci portait tel nom, cela était employé de telle manière ; je vois maintenant le sens de tel passage, de telle allusion ou de telle expression. C’est le retour fré-

a.

vj PRÉFACE DE L’AUTEUR.

quent d’impressions pareilles qui fit naître en moi l’idée de dessiner ou de noter chaque chose que j’observais et qui pourrait servir à éclairer la langue ou les moeurs de l’antiquité classique. Je lus sur place les auteurs, je consultai les nombreux ouvrages sur les antiquités qui traitent de ces matières, et par là mes connaissances devinrent peu à peu plus exacte et plus étendues. A la fin, le contenu de mon calepin et celui de mon portefeuille avaient à peu près les dimensions du présent volume et renfermaient à cette époque (car je parle d’un temps bien éloigné) une quantité de renseignements qui eussent alors été tout fait nouveau dans la littérature anglaise. Depuis quelques années, il est vrai, ç’a été chez nous une disposition générale d’étudier le passé, et d’interroger avec curiosité les coutumes des âges écoulés, que cette étude eût pour objet notre nation ou les autres contrées ; et plusieurs érudits, anglais ou allemands, qui ont visité l’Italie ou qui y ont séjourné se sont occupés plus particulièrement dans leurs recherches des antiquités classiques. Mais la plus grande partie de leurs ouvrages est consacrée à l’examen des institutions politiques de l’antiquité, et ils ont donné peu de place, en comparaison, aux habitudes sociales et à la vie domestique, que mon ouvrage a spécialement pour but de décrire et de figurer aux yeux. De plus, on n’a pas essayé jusqu’ici d’expliquer systématiquement, et mot par mot la langue de la littérature ancienne par les œuvres de l’art ancien. Ces considérations m’ont porté à tenter de réunir mes fragments, espérant qu’ils pourraient, d’une façon à la fois agréable et utile, combler les lacunes ou compléter les aperçus trop rapides de traités plus considérables et plus savants.

D’après ce que j’ai dit, il est facile de concevoir la nature de cet ouvrage : en premier lieu, fixer le sens véritable de tous les termes, techniques ou autres, désirant un objet particulier, un produit de l’art, un travail des mains qui peut tomber sous la vue. Secondement, donner une idée nette de cet objet, en offrant une représentation fidèle de la chose elle-même, d’après quelque original classique qui reproduisit les formes que les anciens avaient l’habitude de voir, et qui fit naître dans l’esprit les idées mêmes qu’ils concevaient. Eu dernier lieu, enfin, communiquer une connaissance générale des habitudes sociales et de la vie privée des Romains et des Grecs, sous la forme d’un vocabulaire ou fussent contenus tous les termes des artistes anciens qui se rapportent à ces matières ; où fut réunie, comme explication, d’après les propres dessins, une série de peintures de leurs costumes, de leurs maisons et des ustensiles des diverses professions, afin de nous mettre en relation intime avec les Grecs et les Romains, et de nous les montrer, comme dans un miroir fidèle,

PRÉFACE DE L’AUTEUR. vij

sous leurs traits véritables et leurs aspects familiers. A cet effet, nous avons ajouté à la fin du volume une table analytique, formant un ensemble systématique, et contenant des listes séparées de tous les mots qui se rapportent à un sujet donné, classés sous des chapitres distincts. De la sorte, en renvoyant de l’ordre adopté dans cette table aux explications données à chaque terme, tout ce qui a rapport à une question particulière se trouve concentré sur un seul point, comme si l’on n’avait affaire qu’à un seul article : on embrasse d’un coup d’œil tout l’ensemble, on s’initie en même temps aux diverses dénominations classiques qui s’y rattachent, et aux différences ou aux analogies de celles qui ont une certaine parenté sens, sans être synonymes.

Nous prenons le latin comme base, de préférence au grec, pour des raisons faciles à concevoir. Étant plus connu, il donne à l’ouvrage une portée et un intérêt plus grands. Mais les synonymes grecs, quand leur correspondance est bien établie, sont placés entre parenthèses à côté des mots importants, et toute différence essentielle entre les usages des Grecs ceux des Romains est marquée dans le texte ; un index des mots grecs par ordre alphabétique, avec leurs synonymes latins, y est joint aussi. Il montrera juxtaposés les termes qu’emploient dans le même cas les deux langues, et permettra de se reporter aussi facilement aux mots grecs que s’ils avaient été introduits par ordre alphabétique dans le corps du volume. Nous n’avons pas la prétention et nous n’avons jamais eu le dessein d’offrir une analyse aussi complète de la langue grecque que de la langue latine ; les auteurs grecs ne sont cités non plus que dans les cas particuliers où il était nécessaire d’y recourir ; mais, comme rien d’essentiel n’a été omis, cet ouvrage suffira pour mettre sur la voie d’études plus approfondies.

Dans le choix des autorités empruntées aux textes, on s’est toujours proposé de prendre de préférence, quand la chose était possible, les mêmes passages que ceux que les dictionnaires citent d’habitude, et de les placer immédiatement après l’assertion qu’ils doivent confirmer, entre parenthèses et sans interrompre le texte, de façon que le livre puisse servir à tous ceux qui s’intéressent aux sujets dont il traite, non-seulement par les tours qu’il donne pour l’étude des langues, mais par les connaissances populaires qu’il communique. Comme règle générale aussi, quand un mot se rencontre par occasion dans un auteur appartenant à l’époque florissante de la littérature, mais que le caractère précis de l’objet qu’il désigne est établi par des descriptions ou des inductions empruntées à des écrits d’une époque très postérieure, on renvoie aux deux passages : à l’un, pour constater l’emploi véritable et primitif du terme, à l’autre pour

viij PREFACE DE L’AUTEUR.

décider l’explication propre qu’il en faut donner. Mais, pour les mots qui se rencontrent à chaque instant et dont le sens est assez généralement connu et admis pour n’avoir pas besoin de confirmation, on a cru suffisant de citer seulement les noms de quelques-uns des meilleurs auteurs où on les trouve, sans indiquer des passages particuliers.

Il est souvent impossible de fixer le sens exact de certains termes et le caractère précis des objets qu’ils désignent, sans avoir recours aux détails et aux témoignages fournis par les auteurs des périodes inférieures de la littérature classique. De là vient qu’on s’est appuyé souvent sur les grammairiens, les scholiastes et les inscriptions ; on n’y a cherché ni la bonne latinité ni les étymologies exactes ; on ne les a pas pris comme des guide infaillibles, mais comme une source utile d’un certain prix, quand leur témoignage est confirmé par d autres autorités, surtout par les représentations de l’art ; car, si l’on ne veut admettre comme valables que des preuves tirées des auteurs des meilleurs temps de la littérature, on sera entraîné souvent par la seule absence de ces autorités à des idées aussi fausses sur les coutumes de l’antiquité que si on admettait, par un excès opposé, tout ce qui est écrit, sans le discuter avec ne critique sévère et impartiale. Pour citer un exemple entre beaucoup d’autres, Beckmann, auteur d’ailleurs fort estimable, prétend, dans l’Histoire des Inventions, que les presses pour étoffes ne furent découvertes qu’au dixième siècle parce que, comme il le dit, il n’a rencontré aucun passage où l’on fasse mention de ces machines. Mais quand l’établissement d’un foulon trouvé dans les fouilles de Pompéi (engloutie par l’éruption du Vésuve de l’an 79 après J.-C.), on découvrit la représentation d’une presse à étoffe, construite exactement comme celles dont on se sert aujourd’hui, parmi d’autres peintures qui reproduisent différentes opérations du métier sur un pilastre de l’édifice ; et Ammien Marcellin, écrivain fort antérieur la période fixée par Beckmann, puisqu’il vivait au quatrième siècle, donne distinctement le nom de pressorium à une machine de cette espèce. Toutefois il ne faut pas méconnaître qu’on doit apporter une prudente réserve et un degré convenable de scepticisme critique pour ne point laisser entraîner à donner comme certain ce qui n’est que douteux et à avancer de pures hypothèses comme des vérités démontrées. Dans cette conviction, je me suis imposé comme obligation essentielle de marquer tous les degrés qui m’avaient conduit à mes conclusions, citant impartialement les raisons et les autorités, m’efforçant de ne jamais affirmer, à moins que je ne crusse avoir des motifs suffisants pour le faire, notant toujours les points sur lesquels il pouvait rester des doutes, et, dans le cas où les autorités semblaient se balancer et où les savants n’étaient pas

PRÉFACE DE L’AUTEUR. IX

d’accord, produisant fidèlement les arguments de part et d’autre avec les témoignages qui les appuient.

Il n’est guère nécessaire de s’étendre sur l’avantage d’employer la représentation des œuvres d’art comme secours pour interpréter les textes. Une description, quand elle est assez nette et assez circonstanciée, peut donner toute l’instruction désirable ; et pourtant les idées n’en deviendront que plus claires si on voit une représentation fidèle de la chose elle-même. Ce qui est tracé avec la plume n’est pas plus net et plus véridique, n’emporte pas plus la conviction que ce qui est tracé avec le pinceau ou le burin. Au contraire, l’avantage est souvent du dernier côté. Mais, quand les deux se soutiennent, comme ici, s’éclairent réciproquement, suppléant à l’insuffisance l’un de l’autre et se confirmant par leurs témoignages mutuels, c’est alors que la peinture a tout son prix et qu’elle présente le meilleur moyen de donner des idées exactes et d’éclaircir des points difficile d’une façon qui persuade immédiatement. Prenez, par exemple, les expressions hasta amentata et hasta hansata, qu’on rencontre pour désigner une espèce particulière de lances : toutes deux sont données dans les dictionnaires comme des termes synonymes, quoique les notions élémentaires renfermées dans ces adjectifs soient entièrement distinctes ; le substantif amentum désigne, en effet, un objet analogue à une lanière droite, et ansa, quelque chose de courbé en forme de bride ou de poignée. La langue elle-même marque donc que les deux objets ne sont pas identiques ; mais on n’avait pu établir la distinction d’une façon positive, et probablement on ne l’aurait jamais fixée sans la découverte de deux dessins antiques, l’un sur un vase qui présente une lance avec une courroie droite (amentum), attachée au bois, comme le montre la gravure au mot AMENTUM ; l’autre sur les parois d’une tombe à Paestum, qui nous montre une lance avec une poignée demi-circulaire ou en forme de bride (ansa), attachée au bois, par laquelle on passait la main, comme on le voit dans la gravure au mot ANSATUS. Puis, pour les analogies qui existent entre des mots de même familles et les objets qu’ils désignent et qui, sans la connaissance des formes qu’avaient jadis ces objets, recevraient une interprétation erronée ou du moins imparfaite, prenez les mots latins ancon, ansa, ancile, anquina, et les mots grecs  Tous renferment la même notion élémentaire, celle d’une courbure ou d’un creux, comme celui que produit l’articulation du coude ; et l’on s’apercevra, en se reportant aux différents objet représentés sous chacun de ces mots, que cette propriété particulière constitue dans tous un trait essentiel, quelque différents que puissent être à d’autres égards leurs formes et les usages

X PRÉFACE DE L’AUTEUR.

auxquels on les employait. Dans la langue de la poésie surtout, qui tire souvent son charme de quelque épithète explicative suggérée par les œuvres de l’art il est évident que la beauté particulière de plusieurs expressions sera perdue ou imparfaitement appréciée si nous n’avons pas une connaissance suffisante des formes que le poète avait l’esprit lorsqu’il écrivait.

Quant aux gravures, qui forment le trait caractéristique de ce livre, les principales conditions requises sont qu’elles soient tirées d’originaux authentiques, exécutées avec fidélité, et assez distinctes dans les détails pour présenter sans confusion les points particuliers qui doivent venir à l’appui du texte.

Pour ce qui regarde l’authenticité des gravures, je puis déclarer qu’il y en a peu dont je n’aie vu par moi-même les originaux. Mais, dans tous les cas où un dessin a été fait de seconde main, c’est-à-dire sur un livre ancien ou une vieille gravure, ou toutes les fois qu’il a paru possible que la copie dont il était pris eût été exécutée inexactement ou corrigée d’une façon quelconque ; toutes les fois, en un mot, que je n’ai pu, dans les limites de mes connaissances, me porter garant de la fidélité de la reproduction, j’ai cité l’ouvrage auquel j’empruntais la gravure, de manière à donner pour le dessin du moins une autorité responsable. Dans les autres cas, j’ai cru suffisant de mentionner seulement la nature de l’œuvre servait d’original à chaque gravure, peinture, statue, pierre gravée, etc. ; car je me suis toujours proposé de maintenir ce volume dans des limites aussi restreintes que le permettait une exécution convenable de la tâche dont je m’étais chargé. De toutes les gravures, qui représentent près de deux mille objets différents, cinquante seulement sont prises d’autres originaux que des modèles grecs ou romains. La moitié de ces dernières sont dessinées d’après les antiquités de l’Égypte et sont données sans hésitation, parce qu’elles prouvent l’emploi familier de certains objets longtemps avant, le commencement de l’histoire authentique en Europe ; comme nous savons combien les Grecs empruntèrent à l’Égypte et que nous connaissons les relations qui s’établirent entre les Romains et ce peuple, on peut y voir avec confiance des inventions transmises aux âges classiques d’une période plus reculée. Douze sont reproduites d’après les modèles employés encore aujourd’hui, principalement en Asie, en Grèce ou en Italie : car pays ont conservé beaucoup de leurs mœurs primitives, et ont gardé presque sans altération plusieurs des usages leurs ancêtres. Trois sont tirées d’originaux chinois ; on les a introduites parce qu’elles servent à expliquer certains termes, qui autrement ne sont pas faciles à comprendre, et qui ne sont pas exactement entendus.

PRÉFACE DE L’AUTEUR. xj

On peut remarquer que plusieurs costumes et plusieurs objets, maintenant particuliers à ce peuple primitif, ont une ressemblance frappante avec des ustensiles et des vêtements en usage aux époques classiques de la Grèce et de l’Italie ; d’ailleurs la découverte de bouteilles de porcelaine, portant des lettres chinoises, dans plusieurs des tombes les plus anciennes d’Égypte, témoigne des relations établies primitivement entre ces pays. Neuf figures seulement ne sont pas tirées d’originaux existants, mais sont composées d’après des textes pour donner une idée claire et déterminée de certaines expressions qu’une figure explique plus facilement qu’une description ; pour prévenir tout malentendu, nous avertissons le lecteur et nous donnons le nom de l’érudit et de l’éditeur dont elles sont l’ouvrage.

En ce qui concerne la fidélité de l’exécution, condition essentielle dans travaux de ce genre, nous n’avons pas épargné nos peines pour y arriver. Plusieurs des dessins ont été faits sur bois, d’après des dessins ou des esquisses exécutées par moi-même ; tous ont été corrigés sur la planche par le dessinateur sous ma direction ou de ma main, quand cela était nécessaire, et par le graveur, après son travail, sur des épreuves retouchées par moi-même ou sous mes ordres.

Quant à la précision et à la clarté des détails, il faut prendre en considération les proportions réduites des dessins qui, dans un ouvrage d’utilité et non de luxe, et où les figures abondent comme ici, deviennent une condition nécessaire. Cependant, toutes réduites qu’elles sont, si le lecteur veut seulement prendre la peine d’examiner de près les particularités désignées par le texte à son attention, il trouvera que nos gravures manquent rarement d’expliquer ce qu’elles ont à expliquer, sinon au premier coup d’œil, du moins après un peu de pratique et quand l’esprit s’est familiarisé avec les points précis et distincts qu’on veut lui faire étudier. Mais, toutes les fois qu’il m’a semblé qu’on distinguait mal, soit par défaut de précision dans le dessin, soit par la confusion résultant de lignes inutiles, j’ai cité quelque autre gravure où une représentation du même objet est donnée sur une plus grande échelle ou avec plus de perfection, et où on le voit plus distinctement.

En choisissant les gravures, j’ai eu constamment pour but d’introduire les moins vulgaires et les moins rebattues, de préférence à celles qu’on peut trouver ou auxquelles on renvoie d’habitude dans d’autres ouvrages qui touchent à des sujets analogues : de cette façon, la somme des autorités empruntées à la peinture, et formant un fonds commun auquel on peut se reporter utilement, est à la fois plus variée et plus considérable. Mais, dans les cas où il n’existe qu’un spécimen connu, il n’y a pas d’autre al-

xij PRÉFACE DE L’AUTEUR.

ternative que de le reproduire ; ou bien, lorsque entre plusieurs il en est un plus complet et plus déterminé dans les détails, qui fournit une figure meilleure et plus satisfaisante que tous les autres comme ce qu’on appelle un locus classicus en littérature, j’ai senti qu’il fallait le donner de préférence. Chaque dessin, en effet, est ici un commentaire pratique du sens des mots adressé à l’esprit par la vue, et non pas une gravure d’agrément, destinée à embellir une page d’impression.


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