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ARISTOXENE DE TARENTE
disciple il immédiat, mais disciple ingrat d’Aristote. On dit que, dépité de n’avoir pas été choisi, au lieu de Théophraste, pour lui succéder à la tête de l’école péripatéticienne, il fut un de ceux qui cherchèrent à répandre des bruits injurieux contre son maître, Quoi qu’il en soit, Aristoxène se distingua par son talent et par l’étendue de ses connaissances. Fils d’un musicien, il s’occupa lui-même de cet art et y appliqua les leçons qu’il reçues du pythagoricien Xénophylax. On a conservé de lui un traité en trois livres sur l’harmonie, publié par Meursius et Meibom avec d’autres ouvrages sur la même matière. Lorsque Aristoxène se livra à l’étude de la philosophie, il devint disciple d’Aristote ; mais il ne nous reste aucun ouvrage touchant ses doctrines. On sait seulement, par le témoignage de quelques anciens (Cic, Tusc., lib. I, c. x, xvm, xxii, — Sextus Emp., Adv. Mathem., lib. VI, c. i), qu’il appliquait ses connaissances musicales à la philosophie et surtout à la psychologie ; par exemple, il disait que l’âme n’est pas autre chose qu’une certaine tension du corps (intentio quœdam corporis) ; et de même qu’en musique l’harmonie résulte des rapports qui existent entre les différents tons, ainsi, selon lui, l’âme est produite par le rapport des différentes parties du corps. On voit par là qu’à l’exemple de tant d’autres péripatéticiens il penchait vers le matérialisme. Voy. Mahne, de Aristoxeno, philosopho peripatetico, in-8, Amst., 1793.