Dictionnaire des sciences philosophiques 1875/damien (pierre)
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né à Ravenne, dans les premières années du XIIe siècle, quitta le monde, jeune encore, pour entrer au monastère de Fontavellana dont il fut élu abbé en 1041. Les services qu’il avait rendus au Saint-Siège dans plusieurs occasions importantes, ayant décidé le pape Étienne IX à le nommer, en 1057, cardinal et évêque d’Ostie, il n’accepta ces hautes dignités que pour les résigner peu d’années après. Malgré son penchant pour la solitude, il fut encore appelé à remplir les fonctions de légat en France, en Allemagne et en Italie. Il est mort à Faenza, le 22 février 1072.
Pierre Damien n’a émis dans ses nombreux ouvrages aucune opinion qui lui soit propre. Théologien orthodoxe, il reproduit fidèlement la doctrine de l’Église et craindrait de l’altérer en cherchant à l’approfondir. Il n’était pas étranger à la connaissance de l’antiquité mais il n’a aucune sympathie pour ses écrivains. Il veut ne recourir, selon ses termes, ni aux sources de l’éloquence cicéronienne, ni à la science de Platon et de Pythagore, mais suivre les sentiers frayés par la divine sagesse (Opp., t. III, p. 97, édit. de Paris). Ailleurs, il gourmande les moines qui étudient les règles de Donat de préférence à la règle de saint Benoît (Ib., p. 130). Comme il est ordinaire, cette rigueur envers
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l’antiquité s’allia chez Pierre Damien à des tendances hostiles à la philosophie. Il ne conteste pas qu’elle ne donne de la force à l’esprit dans la méditation des saints mystères mais il l’estime peu ; il aurait du penchant à la proscrire, et il la subordonne entièrement à la théologie (Ib., p. 271).
En un mot, Pierre Damien est un écrivain plus prudent qu’original, dont les ouvrages solides et sensés ont joui au moyen âge d’une juste célébrité, mais qui n’a exercé aucune influence notable sur la marche des idées.
Les œuvres de Pierre Damien ont été recueillies, sous le pontificat du pape Clément VII par le cardinal Constantin Cajétan, Rome, 1606-1615, en trois volumes in-f°, réimprimés à Lyon en 1623. Le premier volume contient cent cinquante-huit lettres, divisées en huit livres ; le second, soixante-quinze sermons ou biographies ; le troisième, divers opuscules sur le dogme, la discipline et la morale, au nombre de soixante. Cajétan ajouta, en 1640, un quatrième volume renfermant des prières, des hymnes etc. Cette édition a servi de base à celles de Paris, in-f°/ 4 vol., 1642 et 1663. Consultez Dupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du XIe siècle ; Oudin, de Scriptoribus ecclesiasticis, t. II, p. 668 ; Histoire littéraire de France, t. VIII.
C. J.