Dictionnaire général de la langue française Hatzfeld & Darmesteter 1890-1893

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Dictionnaire général de la langue française Hatzfeld & Darmesteter 1890-1893
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[modifier] Sources

  • Dictionnaire général de la langue française du commencement du XVIIe siècle jusqu’à nos jours, précédé d’un traité de la formation de la langue, Adolphe HATZFELD et Arsène DARMESTETER, avec le concours d’Ambroise THOMAS, Cinquième édition. Paris, C. Delagrave , [1890-1893]. 2 vol . 2 vol. (XXVIII-2272 p.) ; 29 cm, in-4° Tome 1 : A-FUYA [1] ; Tome 2 : G-ZYMO [2]

[modifier] Texte

DICTIONNAIRE GÉNÉRAL

LANGUE FRANÇAISE

DU COMMENCEMENT DU XVIIe SIECLE JUSQU’A NOS JOURS

Tome Second (G-Z)

DICTIONNAIRE GÉNÉRAL

DE LA

LANGUE FRANÇAISE

DU COMMENCEMENT DU XVIP SIÈCLE JUSQU’A NOS JOURS

PRÉCÉDÉ D’UN

TRAITÉ DE LA FORMATION DE LA LANGUE

ET CONTENANT :

|| 1° LA PRONONCIATION FIGURÉE DES MOTS ;

|| 2° LEUR étymologie ; leurs transformations successives, avec renvoi aux chapitres du traité

QUI LES EXPLIQUENT, ET L’EXEMPLE LE PLUS ANCIEN DE LEUR EMPLOI ;

|| 3° LEUR SENS PROPRE, LEURS SENS DÉRIVÉS ET FIGURÉS, DANS l’oRDRE A LA FOIS HISTORIQUE ET LOGIQUE

DE LEUR DÉVELOPPEMENT ;

|| 4° DES EXEMPLES TIRÉS DES MEILLEURS ÉCRIVAINS, AVEC INDICATION DE LA SOURCE

DES PASSAGES CITÉS

PAR MM.

Adolphe HATZFELD

PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AD LYCEE LOUIS-LE-GRAND

ET

Arsène DARMESTETER

PROFESSEUR DE LITTERATURE FRANÇAISE DU MOYEN AGE ET D’HISTOIRE DE I.A LANGUE FRANÇAISE

A LA FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS

AVEC LE CONCOURS DE

M. Antoine THOMAS

CHARGÉ DC COURS DE PHILOLOGIE ROMANE A LA FACULTE DES LETTRES DE PARIS

Ouvrage ayant obtenu le prix Jean Reynaud

d’une valeur de 10.000 francs.

PARIS

LIBRAIRIE GIL. DELAG RAVE

13, RUE SOUFFLOT, 13

DICTIONNAIRE

GÉNÉRAL

DE LA

LANGUE FRANÇAISE

DEPUIS LE COMENCEMENT DU XVIIe SIÈCLE JUSQU’A NOS JOURS

G

G [jé ; selon la nouvelle épellation, je] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. g, m. s. || XII s. Plus que nule letre que j’ose Signifie G la goie Qui par feme revient au monde, Senefiance de l’ABC, dans Jubinal, Nouv. Rec. II, 278.]

|| La septième lettre et la cinquième consonne de l’alphabet français. Se prononce avec le son guttural qui lui est propre, devant une autre consonne, devant les voyelles vélaires a, o, u (gare, gosier, guttural], et à la fin des mots où il se fait entendre (grog) ; avec le son du | devant les voyelles palatales e, I, y (gerbe, girouette , gynécée) ; avec le son de 1 mouillée dans certains mots venus de l’italien où il est suivi de la syllabe li (imbroglio) ; avec le son de n mouillée quand il est suivi de n irégner), excepté dans quelques mots venus du grec et du latin où il garde le son guttural distinct du son de l’n (igné) ; généralement muet à la fin des mots, même devant un mot commençant par une voyelle (étang) ; mais, le plus souvent, muet devant un autre mol qui commence par une consonne, il devient sonore et prend le son du k devant un autre mot commençant par une voyelle ou une h muette (Un long hiver).
|| Un petit g ou g minuscule. Un grand G ou G majuscule.
  • GABAN [gà-ban].

V. caban.

GABARE [gà-bàr] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. gabarra, m. s. mot d’origine inconnue qui se retrouve dans l’ital. Et l’espagn. gabarra, etc. § il. || 1338. Nefs, gabarres... sur la rivière de Garonne, Compte, dans du c. gabbarus.]

I. (Marine.) Bateau à voiles ou à rames, pour charger et décharger les navires. || Bâtiment de transport.

II. P. anal. (Pêche.) Seine (filet) de grande dimension.

1. GABARIER [gà-bà-ryé] s. m.

[ktym. Dérivé de gabare, d’après le provenç. gabarrier, m. s. §§ U et 115. || 1478. Gabarrier, dans du c. gabarotus. Admis AC.\D. 1835.]

|| (Marine.) Patron, matelot d’une gabare. || Ouvrier qui charge et décharge une gabare.

2. * GABARIER [gà-bà-ri-yé] i’. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gabari, § 154. || 1764. Gabarier les bois,

DUHAMEL DU MONCEAU, Expl. dcS fjois, p. 042.] || (Marine.) Façonner sur le gabarit. — l’étambot d’un navire.

GABARIT ou GABARI [gà-bà-ri] s. vj.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne gabarrit, m. s. qui paraît sorti d’une confusion du radical de gabare avec celui de galbe, | ;§ il et 509. || 1678. Le gabari du vaisseau, COLBERT, Lett. à Arnoul, 10 sept. Admis ACAD. 1762.] || (Marine.) Modèle en bois mince, en tôle, etc., ayant les dimensions, le calibre des membres d’un navire à construire, d’un gabion, etc., à fabriquer. — de l’étrave,

DICT. FRANC.

de l’étambot. || P. ext. || 1. Forme , dimension réglementaire des caissons de vivres, de munitions, qui suivent une armée. || 2. Arceau sous lequel on essaie les wagons chargés pour s’assurer qu’ils peuvent passer sous les tunnels.

  • GABAROT [gà-bà-rô] s. m. et * GABAROTTE [gà-bàrot’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gabare, d’après le provenç. Moderne gabarrot, gabarroto, m. s. §§11 et 136. || 1562. Dng guabarrot, texte bordelais, dans GODEF. || 1757. Gabarote, encycl.] || (Marine.) Petite gabare non pontée. * GABATINE [gà-bà-tin’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gabbatina, m. s. de gabbare, gaber, § 12. || XVI’’-XVII’= s. Tu m’as bien baillé de la gabatine et fait un tour de femme, a. de monluc. Comédie des proverbes. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1878.] || Anciennt. Sorte de tour de cartes. Fig. Vieilli. Mystification. Donner à qqn la —. Notre nation Donne souvent la —, SARRAZiN, Poés. p. 35, édit. 1656. On donneur de —,un mystificateur.

GABEGIE [gâb’-ji ; en vers, gà-be-ji] s. f.

[ÉTY’M. Mot du patois bourguignon , d’origine incertaine, peut-être apparenté à grabuge, § 16. [Cf. le provenç. moderne gabugio, m. s. et l’anc. franc, gabuser, tromper.) || i^éolor]. Admis ACAD. 1878.] || Pop. Fraude.

GABELAGE [gâb’-làj’ ; en vers, gà-be-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gabeler, § 78. || XVe s. Droict de gabellage ordinaire, dans gouef. gabellage.] || Anciennt.

|| 1° Action de gabeler le sel.

|| 2° P. ext. Pailles que les commis mettaient dans le sel de la gabelle, pour le distinguer de celui des fauxsauniers.

GABELER [gâb’-lé ; en vers , gà-be-lé] i’. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gabelle, §§ 65 et 154. || 1389. Avoir vendu a leur profit ledit sel sans gabeler, dans DU c. gablum.] || Anciennt. Déposer (le sel) dans la gabelle (grenier public) pour le sécher avant de le vendre. Sel gabelé.

GABELEUR [gâb’-leur ; en vers, gà-be-...] .t. m.

[ÉTYM. Dérivé de gabeler, § 112. (Cf. gabelou.) || XVI« s. Guabelleur, RAB. IV, ‘où.] || Anciennt. Commis de la gabelle.

GABELLE [gà-bèl] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. gabela, m. s. mot d’origine incertaine (cf. l’arabe kabala, impôt, § 22), qui existe aussi en espagn. et en ital. § 11. || 1342. Greniers ou gabelles, Ordonn. II, 179.] || Ancieyint.

|| 1° Impôt sur le sel. Pays de — (soumis à cet impôt). Portant l’argent de la —, L.\ F. Fafj. I, 4.

|| 2° Administration chargée de percevoir cet impôt. 72

GABELOU 1138 GAGE

Frauder la —. Entrer dans les gabelles ? la. br. 14. || P. anal. Impôt analogue sur d’autres denrées. — du vin, des draps.

|| 3° Grenier public pour déposer et faire sécher le sel avant de le vendre.

GABELOU [gâb’-lou ; en vers, g’a-be-...] s. m.

[ÉTYM. Pour gabeloux, prononciation dialectale de gabeleux, § 16, dérivé de gabelle, §§ 65 et 116. || 1 XVI" s. Gabeloux, N. DU FAIL, Eutrapel, 23. Admis ACAD. 1878.] || (En mauvaise part.) || 1. Anciennt. Commis de la gabelle. || 2. De nos jours. Employé de l’octroi, de la douane.

  • GABER [gà-bé] v. tr.

[ÉTYM. Mot d’origine Scandinave, § 9 : anc. nordique gabb, raillerie. || XIe s. Devant ses pers vait il ore gabant, lioland, 1781. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1718.] || Anciennt. Se moquer de. — qqn, et, v. rdfl. Se —de qqn. 1.

  • GABET [gà-bè] s. m.

[ÉTYM. Dérivé d’un radical gab qui paraît apparenté à l’angl. gable, pignon, §§ 8 et 133. D’après th. corn, gabet au sens de « « girouette » n’est usité que sur la Manche. || 1694. TH. CORN. Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1798.] || (Marine.)

|| 1° Girouette placée au sommet d’un mât.

|| 2° Pinnule d’un instrument à prendre les hauteurs.

2. * GABET [gà-bè] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1795. encygl. méth. Chasses.] || (Vénerie.) Ver parasite qui se loge dans la peau du cerf, du daim, du chevreuil.

  • GABIE [gà-bi] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. gabi, anciennement gabia, m. s. proprt, » cage », § 11. [Cf. geôle.) || XVIe s. Trinquet de gabie, RAB. IV, 22.] || (Marine.) Demi-hune au sommet des mâts à antennes.

GABIER [gà-byé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gabie, d’après le provenç. gabier, m. s. g§ 11 et 115. Il 1690. FURET. Admis ACAD. 1835.] || (Marine.) Matelot qui se tient dans les hunes.

GABION [gà-byon ; en vers, -bi-on] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gabbione, m. s. proprt, « grande cage », § 12. || 1543. Gabions pourestre en seureté, dans MONTAIGLON, Anc. Poés. franc, IV, 62.] || (T. milit.) Grand panier cylindrique rempli de terre qui sert à protéger les soldats et les travailleurs dans la tranchée. || Fig. M^’^ de Lillebonne mit ce — devant elle de peur de se brouiller avec Chamillart, ST-SIM. VI, 420.

GABIONNADE [gà-byô-nàd’ ; en vers, -bi-ô-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gabionner, d’après l’ital. gabbionata, m. s. §§ 12 et 120. Il XVIe s. la noue, dans GODEF. Compl. Admis AC.\D. 1878.] || (T. milit.) Ouvrage de défense formé de gabions.

GABIONNER [gà-byô-né ; en vers, -bi-è-...] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gabion, § 154. || XVIe s. Les autres gabionnaient défenses, RAB. III, prol.] || (T. milit.) Protéger au moyen de gabions. || Fig. De vertu s’arme et gabionne, ST-amant, Épit. à Melay, p. 458, Bibl. elzév.

  • GABORD [gà-bor] s. 7n.

[ÉTYM. Parait composé Je bord et d’un premier élément d’origine et de sens incertains, § 173. || 1538. Quille et gabortz d’icelle galère, dans JAL, Gloss. naut.]

|| (Marine.) Partie basse du bordage extérieur d’un navire, au-dessus de la quille. (Cf. ribord.)

  • GABURON [gà-bu-ron] j. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1642. Gaburron, OUD.] || (Marine.) Jumelle appliquée à un mât pour le fortifier.

  • GABURONNER [gà-bu-rù-né] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaburon, § 154. || 1771. trév.] || (Marine.) Fortifier à l’aide de gaburons.

  • GÂCHAGE [gâ-chàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gâcher, § 78. || 1807. oppenheim, Art de fair. la jjoterie, p. 19.]

|| 1° (Technol.) Action de gâcher (le plâtre).

|| 2° Fig. Action de perdre qqch faute de soin, d’ordre. — de l’ouvrage. — des provisions.

1. GÂCHE [gach’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1294. Dn millier de cramponchiaus a la gaiche, dans GODEF. Compl.] || (Technol.) Pièce de fer où s’engage le pêne d’une serrure pour fermer. || Pièce de fer qui maintient des tuyaux de descente.

2. * GÂCHE [gach’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gâcher, § 52. H 1376. Un aviron nommé gaiche, dans du C. gachum.] || (Technol.) Outil avec lequel le maçon gâche le plâtre, le détrempe. || P. anal. Spatule de pâtissier.

GÂCHER [gâ-ché] v. tr.

[ÉTYM. Emprunté du german. waskon (allem. moderne waschen), laver, détremper, devenu guaschier, gaschier, §§ 498 et 499, gascher, § 634, gâcher, § 422. || XIIIe s. Qui s’ame pert por tel gaschié, Guaschie est, De monacho pericl. 622, dans beneeit. Ducs de Norm. t. III.]

|| 1° Délayer le plâtre avec de l’eau. Spécialt. — du plâtre. Absolt. — lâche, en pâte un peu liquide. — serré, en pâte un peu consistante. || P. ext. — une meule de paille, la recouvrir de terre délayée. — le blé, recouvrir de terre les racines de la plante.

|| 2° Fig. Perdre faute de soin, d’ordre. (Cf. bousiller.) — un ouvrage, une attaire.

  • CACHET [gà-chè] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVIIIe s. buff. Cachet.] || (Hist. nat.) Hirondelle de mer à tête noire.

GÂCHETTE [ga-chêf] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gâche 1, § 133. || XVe s. Dne gaschette pour la serrure, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1798.] || (Technol.)

|| 1° Pièce de fer fixée sous la queue du pêne d’une serrure, servant à le maintenir dans la position où la clef l’a placé.

|| 2° Pièce de l’intérieur de la platine d’un fusil d’ancien modèle, tenant le chien bandé, ou au repos.

GÂCHEUR, "GÂCHEUSE [gâ-cheur, -cheuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gâcher, § 112. || 1292. Gascheeurs, Rôle de la taille, dans DELB. Rec. Admis ACAD. (au masc.) 1835.]

|| 1° S. m. Manoeuvre qui gâche le plâtre. || P. ext. Aide d’un ouvrier menuisier, charpentier, etc.

|| 2° Fig. S. m. et f. Celui, celle qui perd qqch faute de soin, d’ordre.

GÂCHEUX, EUSE [gâ-cheû, -cheuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gâcher, § 116. || XVIe s. Temps gacheux, LIÉBAULT, Mais. rust. p. 479, édit. 1597.]

|| Vieilli. Détrempé d’eau. La route est gâcheuse.

GÂCHIS [gâ-ehi] s. m.

[ÉTYM. Pour gâcheïs, dérivé de gâcher, § 82. || 1611. COTGR.]

|| Mortier fait de plâtre, de chaux, de ciment et de sable, détrempé avec de l’eau. || P. anal. Boue détrempée. || Fig. Famil. Désordre dans les affaires. Être dans le — .

  • GÂCHOIR [gâ-chwàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gâcher, § 113. || Néolog.] || (Technol.) Caisse dans laquelle on mélange les matériaux de la pâte pour poterie.

GADE [gàd’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du grec yd^oi ; , morue. || 1788. encygl. MÉTH. Admis ACAD. 1835.] || (Hist. nat.) Genre de poissons (morue, merlan, etc.).

GADOUARD [gà-dwàr ; en vers, -dou-àr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gadoue, § 147. || XVIe s. Marmiton de la gadouarde, gholières, Après-disnées, p. 380.] || Vieilli. Vidangeur.

GADOUE [gà-dou] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVIe s. La gadoue d’Egypte, RIVAUDEAU, dans GODEF. Compl.] || Engrais formé de matières fécales et d’immondices. || Fig. Trivial. Prostituée de bas étage,

GAFFE [gaf ] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. (Cf. le provenç. gaf, on. s.) \\ 1455. Dn baston nommé gaffe ayant un crocq de fer au bout, dans DU g. gafare. Admis ACAD. 1762.]

I. Perche à pointe de fer garnie d’un crochet latéral pour pousser une barque, tirer qqch à bord, sonder, etc || Croc pour tirer à terre les gros poissons.

II. Fig. Trivial. Maladresse. Faire une — .

GAFFER [gà-fé] v. tr. et intr.

[ÉTYM. Dérivé de gaffe, § 154. || 1694. th. corn, gaffe. Admis ACAD. 1762.]

I. v. tr. (Technol.) Pousser, tirer avec une gaffe. I

II. Fig. Trivial. v. intr. Commettre une maladresse.

GAGE [gàj’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du german. * wadjo (goth. wadi), m. s. (cf. allem. mod. wette, gageure), devenu guage, gage, §§ 498 et 499. 1 || XIe s. Il durra wage e truvera plege, Lois de Guill. le Conq. 6.]

GAGE-MORT — 1139 GAGNER

I.

|| 1° Objet déposé pour garantir le paiement d’une somme due. Prêter, emprunter sur —. Mettre qqch en — . One chose laissée en —. — vif, — mort (dit aussi mort—), qui vient, ou ne vient pas en déduction de la dette. P. plaisant. Demeurer pour —, pour les gages, ôtre pris pendant que les autres s’échappent. Pour — il y laissa sa queue (sa queue resta sur le champ de bataille), LA F. Fab. v, s. || Fiy. || 1. Garantie. La première victoire fut le — de beaucoup d’autres, uoss. Cond(‘. Vous en aviez déjà sa parole pour —, CORN. Hor. v. 2. De votre obéissance elle ne veut qu’un —, RAC. Ath. III, 4. Donner des gages à un parti, faire qqch de décisif qui garantit qu’on y adhère. || 2. Témoignage. Ce fils, que de sa flamme il me laissa pour —, RAC. Andr. III, 8. Épée que Laërte lui avait donnée comme — de sa tendresse, FÉN. Tél. 16.

|| 2° Dans les jeux de société, objet que dépose le joueur qui a fait une faute, et qu’il ne peut retirer qu’en faisant une pénitence. Jouer au — touché.

|| 3° Enjeu déposé dans une contestation par les deux parties, en convenant que les enjeux appartiendront à celui qui aura raison. || 4» Anciennt. — de bataille, de combat, signe de défi, gant que jetait celui qui portait le défi.

II. Prix convenu dont on paie un serviteur, par an, par mois, etc. Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans ? REGNARD, Joueuv, III, 7. Je le rabattrai sur vos gages, MOL. Av. III, 1. Être aux gages de qqn. Avoir, tenir qqn à ses gages. Un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, boil. Sat. 1. On homme à gages, qui est payé pour faire ce qu’il fait. Rare au sinçi. Notre souffleur à —, LA F. Fab. vi, 3. Casser aux gages (un serviteur, un employé), lui retirer brusquement son emploi.

GAGE-MORT [gàj’-môr ; en vers, gà-je-...].

V. gage.

GAGER [gà-jéj v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gage, § 154. || XIIc-xIIIe s. Par mon clef, dist Aiols, ains est molt bien gagié, Aiol, 8073.]

I. Vieilli. (Droit.) Saisir (des meubles) comme gage 4’une dette. (Cf. gagerie.)

II. Dans une contestation avec qqn, déposer (qqch) comme gage. [Syn. parier.) Vous auriez encore raison de — un pour avoir deux, pasc. Feus, x, 1. Je gage cent pistoles que c’est toi, MOL. Impr. se. 3. Absolt. Parier. Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point Sitôt que moi ce but, la F. Fab. VI, 10. Ellipt. Gage (je gage) qu’il se dédit, MOL. Et. III, 3. Et moi je gage qu’il ne sauxcIIt être approuvé, ID. Av. I, 4.

III. Payer (un serviteur) par an, par mois, etc., d’un prix convenu. Je suis auprès de lui gagé pour serviteur, mùl. Et. I, 7. || P. anal. Payer pour qq fonction, qq service. (La royauté) Enrichit le marchand, gage le magistrat, LA F. Fab. III, 2. P. ext. Nos Phrynés dont ils gagent les vices, GILBERT, Dix-huitième Siècle.

GAGERIE [gàj’-ri ; en i ;ers, gà-je-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gager, § 69. || XIIIe s. Guagerie, Ass. De Jérus. I, 550. Admis ACAD. 1762.]

|| (Droit.) Acte par lequelle créancier s’assure un gage. Spëcialt. Saisie—, saisie d’objets mobiliers, sans transport, pour assurer un gage au créancier.

GAGEUR, EUSE [gà-jéur, -jeuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gager, § 112. || XIu^s. Deswageurs, Bans d Ilénia, dans GODEF. gageor.] || Celui, celle qui fait une gageure.

GAGEURE [gà-jar] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gager, § 111. || XIII" s. La gagure ount il affermée, montaiglon et ilay-nauu, Rec. de fabliaux, II, 195.] || Convention entre parties contestantes de déposer un enjeu devant revenir à celle qui aura raison. Juge-nous im peu sur une — que nous avons faite, MOL. Impr. se. 4. Faire, soutenir, accepter une —. Loc. prov. Gager sa tête à couper est la — d’un fou. Ce n’est point la coutume d’en venir aux gageures que lorsque les preuves nous manquent, DESC. Rcp, aux fi’* ùbject. s. Payer une —. P. h ;/perb. En parlant d’un acte étrange qui semble ne pouvoir s’expliquer que par une gageure faite d’agir ainsi. Cela ressemble à une —, c’est une — .

GAGISTE [gà-jïsf] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gage, § 265. || 1680. ricIIel. Admis ACAD. 1718.] 1. Celui qui est gagé. — de théâtre. Spccialt. Musicien non lié par le service militaire, engagé et payé dans une musique de régiment.

II. (Droit.) Celui qui délient qqch à titre de gage.

GAGNAGE [gd-nâj’] s. m.

[Etym. Dérivé de gagner, § 78. || XIIe s. Mult resunt boen 11 gaagnage, beneeit, Ducs de A’orm. 6532. Admis ACAD. 1718.]

|| (Agricult.) Pâturage pour les bestiaux. || P. ext. (Chasse.) Nourriture que vont prendre hors du bois, dans les champs voisins, certains animaux, comme faisans, lièvres, etc. (Syn. viandis.)

GAGNANT, * GAGNANTE [gâ-iî an, -nânl’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de gagner, § 47. || xm^ s. Anfanz... sages et bien gueadgnanz, Établissem. de St Louis, I, 143, VioUel. Admis ACAD. 1718.] || Qui gagne (au jeu, dans une loterie, une course). La carte gagnante. Le billet, le numéro —. La personne gagnante, et, substantivt, Le —, la gagnante, celui, celle qui gagne. ‘GAGNE [gâII’] s. f

[ÉTYM. Subst. verbal de gaper, § 52. [Cf. gain.) || XIIe s. Ge ne vif pas de tel guaalgne, Enéas, 7122.] || Dialect. Action de gagner. Acheter qqch à la —, en s’acquitlant à mesure qu’on gagnera.

GAGNE-DENIER [gâù’-de-nyé ; en fer.y,gâ-rie-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de gagne (du verbe gagner) et denier, § 209. Il 1522. Des crocheteurs gaignedeniers de Paris, MC. vERSORis, Journal, dans DELB. Rec] || Vieilli. Homme de peine.

GAGNE-PAIN [gâň-pin ; en vers, gâ-ûe-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de gagne (du verbe gagner) et pain, § 209. Le mot désignait en anc. franc, une sorte de gantelet. || XIIIe s. Brasuès, wagnepans, escoUeres, J. bretel, Tourn. de Chauvency, 3804.] || Ce qui sert à gagner sa vie, instrument de travail. Un bûcheron perdit son —, C’est sa cognée, la F. Fab. v, 1.

GAGNE-PETIT [gâù-pe-ti ; en vers, gd-fie-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de gagne (du verbe gagner) et petit, au sens de « peu », §209. || 1597. Édit, dans httré.] || Rémouleur qui va par les rues pour aiguiser les couteaux, les ciseaux, etc.

GAGNER [gd-ûé] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. waidanjan, forme allongée de weidon (allem. moderne weiden), pailre, latinisé sous la forme vuadaniare, d’où le franc, guadagnier, guaagnier, gaagnier, §g 498 et 499, gagnier, gagner, §g 358 et 634. Il XIIes. Etnefuonkescibitee,Guaaignieenelaboree,£’7iea, ;, 6575.]

I. Anc. franc. v. intr. \\ 1° Paître. (Cf. gagnage.) (S’emploie encore en vénerie.) Les bêtes sortent la nuit du bois pour aller — dans les champs.

|| 2° P. ext. Faire du butin. Ils ne surent où plus avant aller pour —, froiss. Chron. il, 158.

II. P. ext. v. tr.

|| 1° Conquérir (un territoire, une ville). Avoir ville gagnée. Fig. Croyant ville gagnée (se croyant maîtres de la position), LA F. Contes, Rémois.

|| 2° P. ext. Occuper (un lieu). Ils gagnent leurs vaisseaux, CORN. Cid, IV, 3. J’ai gagné doucement la porte sans rien dire, BOIL. Sat. 3. P. anal. Le feu a gagné la maison voisine. Le froid gagne les extrémités. — le large. — les champs, le taillis, la guérite [vieilli), atteindre un lieu de sûreté. J’en serai moins léger à — le taillis, MOL. Dép. am. v, 1. Vans le même sens. — le haut, — au haut. Le galant... gagne au haut, L.\ F. Fab. II, 15. Absolt. — au pied (avec le piedi. prundre de l’espace, partir rapidement. || Fig. La nuit nous gagne. Le sommeil me gagne. L’inquiétude le gagne.

III. P. ext. v. tr.

|| 1° Acquérir (un profit). Ce que gagne un ouvrier, son salaire. Ce que gagne un marchand, son bénéfice. Que gagnei-vous par an ? la v. Fab. \III, 2. — gros (faire de gros bénéfices), lu. ibid. vu, 15. On hasarde de perdre envoûtant trop —, ID. ibid. vu. 4. Je n’y gagne pas, je n’v ai pas de bénéfice. Il a bien gagné son argent, il a bien mérité son salaire. P. anal. Dn cheval qui a bien gagné son avoine. Ironiql. Il l’a bien gagné (en parlant de qqch de fâcheux), il a ce qu’il mérite. — de quoi vivre. — sa vie, son pain. — de l’argent au jeu. Je mets sur moi tout l’argent que je gagne, MOL. Av. I, 4. — l’enjeu de la partie, et, cllipl, — la partie. — les cartes, faire plus de levées que son adversaire. Absolt. Celui qui a gagné, le gagnant. Jouera qui perd gagne, au rebours de la partie ordinaire, la convention étant que l’enjeu appartient au perdant. Donner partie gagnée, et, el-

GAGNEUR – 1140

lipt, Donner gagné, reconnaître qu’on a perdu avant la fin de la partie. P. ext. — qqn au jeu. || — l’enjeu d’un pari, et, ellipt, — un pari, une gageure. — unlot àlaloterie, et,ai ?/so//, — à la loterie. Celui qui a gagné, et, p. ext. Le billet qui a gagné.

|| 2° Conquérir (un succès). Un fils... Qui fait triompher Rome et lui gagne un empire, CORN. Hor. IV, 2. Alors l’Espagne perdit ce que nous gagnions, BOSS. Marie-Thérèse. Travailler à — le ciel, l’éternité bienheureuse. — des indulgences (en remplissant les conditions imposées). || En parlant d’une femme, dont la main doit être le prix de quelque action. Rodrigue t’a gagnée, et tu dois être à lui, CORN. Cid, V, 7. || — une victoire. La victoire était périlleuse et souvent mortelle à ceux qui la gagnaient contre les ordres, BOSS. Hist. Univ. III, 6. — une bataille, remporter la victoire. S’ils gagnent des batailles, CORN. Tois. d’or, prol. | — un procès, une cause, obtenir un jugement favorable, || — le prix dans une lutte, une joute, une course. Le coureur, le cheval qui a gagné le prix. Absolt. — d’une longueur, avec une avance égale à la longueur du cheval. F. ext. — qqn de vitesse, le devancer, et, fig. le prévenir, | — barre sur qqn, au jeu de barres, avoir prise sur un coureur de l’autre camp, et, fig. prendre avantage sur qqn. — le dessus du vent, en parlant d’un navire, se placer le plus près du côté d’où’vient le vent. Fig. — le dessus, l’emporter. Ces raisons, qui flattent nos sens, gagneront adsément le dessus, boss. Yol. de Monterby. Dans le même sens. Vieilli. Le — sur qqn, contre qqn. Ne pouvant le — contre toi, cORN. Clit. v, 3, var. || — les devants. — du terrain, du pays, et, vieilli, — pays, prendre de l’avance. — du terrain, avancer, s’étendre. L’incendie gagne du terrain, et, elipt, L’incendie gagne. Les sociniens gagnent sensiblement du pays parmi vous, BOSS. 1er Avert. Aux protest. 47 || Un cheval qui gagne à la main, qui reprend sur les rênes. || Absolt. Fig. Être en progrès. Son style a gagné en précision, en élégance. Ce vin gagne en vieillissant.

|| 3° Obtenir (un avantage). — du temps, obtenir, se ménager un délai dont on a besoin. || — l’estime, la confiance, le suffrage de qqn. Songeons plutôt à — sa tendresse, RAC. Mithr. IV, 5. – le cœur, l’âme de qqn. Dois-je irriter les coeurs au lieu de les — ? rac. Baj . 1. Son maintien honnête et sa douceur m’ont gagné l’âme, MOL. Av. I, 4. Commençons, je vous prie, par — votre mère, id. ibid. IV, 1. Tous les soldats sont gagnés par ses largesses, FÉN. Tél. 13. Les uns... se laissaient — par des spectacles et des jeux, boss. Hist. univ. II, 26. Les geôliers avaient été gagnés. — qqn à sa cause. Ceux qui le voient sont gagnés au peuple romain, uoss. Hist. univ. I, 8. — qqch sur qqn, sur l’esprit de qqn, avec qqn, auprès de qqn, réussir à obtenir de lui qqch. Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, boil. Sat. 9. J’ai gagné sur lui qu’il ne me verra plus, CORN. Poly. II, 4. Quand on a pu — sur soi de n’y plus penser, pasg. Prov. 4. || — à qqch, y trouver un avantage. Il n’y a rien à — à cela. Avec un infinitifpour complément. Il gagne à être connu, n y a des gens qui gagnent à être extraordinaires, la br. il. Ce tableau gagne à être vu de loin. Absolt. — près de qqn, être mieux apprécié de lui. Bertrand gagnerait près de certains esprits, LA F. Fab. XII, 3. || Ironiqt. En parlant de ce qui est le contraire d’un avantage, n n’y a que des coups à —. n y a gagné une bonne fluxion de poitrine. Il a gagné ce rhume à la chasse. Il a gagné cette maladie en soignant son frère. Une maladie qui se gagne, contagieuse.

GAGNEUR, * GAGNEUSE [gâ-ueur, -neuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gagner, § 112. || XIIe s. Li marchant gaaigneor, beneeit. Ducs de Norm. 3075. Admis ACAD. 1878.] || Celui, celle qui gagne, qui fait un profit. Les cris des gagneurs d’argent, j.-j. rouss. Lett. à Silhouette, 2 déc. 1759. Il P. anal. — de batailles, volt. Lett. à d’Argenson, 25 juin 1745.

  • GAGUI [gà-ghi] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1642. Une grosse gagui, OUD. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1878.] || Pop. Fille réjouie. Une grosse —. Une bonne grosse gaguie (sic), gherardi, Th. ital. I, 570.

GAI, GAIE [ghé] adj.

[ÉTYM. Origine incertaine ; le rapprochement avec l’anc. haut allem. gahi, « prompt », soulève des difficultés phonétiques. || XIIe s. Donc jan’arez a nul jor le cuer gai, Raoul de Cambrai, 5038.]

|| 1° Qui est d’humeur riante. Triste ou —, je veux faire des vers, boil. Sat. 7. — comme un pinson. || Famil. Une personne un peu gaie, que le vin a mise en belle humeur. Un cheval —, qui gambade un peu. || P. ext. Où règne la gaieté. Le repas fut —. L’entretien libre et — de la dame, l.\ F. Contes, Rémois. Un — refrain. || Qui a un aspect riant, inspire la gaieté. Un appartement —. Des couleurs gaies. Avoir le vin —, être de belle humeur quand on a bu. || (Hist. littér.) Le — savoir, la gaie science (par opposition à la théologie, à la philosophie, etc.), la poésie des troubadours. || Pris comme interjection. — ! (que l’on soit gai !) AUons, — !Vousa-t-on donné votre congé ? regnard, Joueur, III, 2.

|| 2° (Technol.) Qui joue, est à l’aise dans la place où il est ajusté. Resserrer un boulon trop —. P. ext. \\ (Pêche.) Hareng —, qui a rendu ses oeufs ou sa laitance. || Subslantivt. Le grand —, la pucelotte, petit poisson (qui frétille dans l’eau).

GAÏAC ou GAYAC [gà-yâk’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté des langues indigènes de l’Amérique centrale, § 30. || 1532. RAB. Pantagr. prognostic. Admis ACAD. 1762.]

|| (Botan.) Arbre exotique à bois dur et résineux. Dn Jeu de boules en bois de —. — officinal. Une décoction de bois de —. — du commerce, dit bois saint, bois de vie.

  • GAÏACOL ou GAYACOL [gà-yà-kôl] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaïac, § 282 bis. \\ Néolog.] || (Chimie.) Éther extrait de la résine de gaïac.

GAIEMENT ou GAÎMENT [ghé-man] adv.

[ÉTYM. Composé de gaie et ment, § 724. || XIV<= s. Et d’autres paremens si gaiement pareis, Brun de la Montagne, 2374.] || D’une manière gaie. Vivre —. Un mort s’en allait tristement S’empEirer de son dernier gîte ; Un curé s’en allait — Enterrer ce mort au plus vite, LA F. Fab. vu, 11.

GAIETÉ ou GAÎTÉ [ghé-té] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gai, § 122. || xn« s. Jelz vers et pleins de gaieté, ben. de ste-more, Troie, 5377.] || Humeur riante. Les hommes mêmes n’ont pas en Perse la — qu’ont les Français, montesq. Lett. pers. 34. Ta muse R.\c. Mithr. IV, s. — le coeur, l’àme de qqn, et, ellipt, — Me rend la soeur de la santé, La —, musset, Stances à Nodier. || Famil. Être en —, être mis en belle humeur par le vin. || Un cheval qui a de la —, qui gambade. P. hyperb. Loc. adv. De — de coeur, de bonne volonté, sans y être obligé. C’est une licence que prennent Messieurs les poètes, démentir de — de coeur, MOL. Escarb. se. 1. || P. ext. \ 1. Une —, un acte de gaieté. Ce sont des jeux de mains et desgaietés Incroyables, SÉV. 520. || 2. Spécialt. Petite composition littéraire amusante.

GAILLARD, AUDE [gà-yâr, -yàrd’] adj.

[ÉTYM. Origine incertaine ; peut-être dérivé du même radical que galant, § 147. || XIe s. Cors ad gaillart, Roland, 2895.]

I. Vieilli. Solidement établi. Château — , château fort. || Spécialt. (Marine.) Château — , et, ellipt, —, château qu’on élevait à l’avant et à l’arrière des grands vaisseaux. De nosjours. Parties extrêmes du pont supérieur d’un navire, en arrière du mât d’artimon (— d’arrière), en avant et un peu en arrière du mât de misaine (— d’avant). Batterie de —, la batterie d’artillerie du pont supérieur. || Substantivt, au fém. Gaillarde. Caractère d’imprimerie dont la force est de huit points, intermédiaire entre le petit texte et le petit romain.

II. "Vif et réjoui. Le — savetier, LA F. Fab. vIII, 2. Frais, — et dispos, MOL. Amph. II, 1. Une personne gaillarde, et, substantivt. Un —, une gaillarde. Elle a l’esprit —, CORN. Suite du Ment, I, 3. D’une assez vigoureuse et gaillarde manière, MOL. Mis. III, 1. Le carnaval ne prend pas le train d’être bien —, sÉv. 1114. || P. ext. Voici de nouveau quelque conte — (d’une gaieté un peu libre), MOL. Éc. des f. I, 4. || Substantivt, au fém. Gaillarde. Ancienne danse française, à trois temps, d’un mouvement animé, composé d’un assemblé, d’un pas marché et d’un pas tombé. Or y avait-il là des violons ; Achon demanda une —, d’aub. Sa Vie, ann. 1562. || Air sur lequel on dansait cette danse.

GAILLARDEMENT [gà-yàr-de-man] adv.

[ÉTYM. Composé de gaillarde et ment, § 724. || XI* ’s. Gaillardement tuz les unt encensez, Roland, 2959.] || D’une manière gaillarde. Je travaille — à l’« Extrême- Onction », poussin, Lett. avril 1644.

GAILLARDISE [gà-yàr-dîz’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gaillard, § 124. || XVI" s. Il le fera paroistre avec quelque gaillardise, la noue, Disc, polit. 5.]

GAILLET — 1141 GALANTERIE

|| Manière d’être, propos, écrit d’une gaieté un peu libre. Ce n’est pas que les gens d’esprit ne puissent faire... quelques gaillardises, furet. Rom. iourrj. I, 128.

GAILLET [gà-yè] S. rji.

[ÉTYM. Dérivé du lai. galium, grec yï Atov, 7n. s. §§ 13.3 et 462. On s’est longtemps servi de la forme lat. galium. || 1786. ENCYCL. MÉTH. || (Botan.) Plante de la famille des Rubiacées, dite caillelait, dont les finIIlles passent pour faire cailler le lait.

  • GAILLETERIE [gà-yet’-ri ; rn ?•< ?/•. ?, -yc-te-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gaillette, § 69. | || Néolog.] || (Technol.) Houille en gaillettes.

  • GAILLETEUX, EUSE [gày’-teII, -teIIz’ ; en vers, gàye-...] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gaillette, §§ 65 et 116. || Néolog.] || (Technol.) Qui contient de la gaillette. Charbons — .

  • GAILLETTE [gà-yef] s. f.

[ÉTYM. Mol dialectal (Nord), d’origine inconnue, § 16. On trouve aussi galiette. || Néolog.] || (Technol.) Morceau de houille de taille moyenne.

GAÎMENT.

v. gaiement.

GAIN [glIIn] s. m.

[ÉTYM. Pour gaain, suhsl. verbal de gagner, § 52. (Cf. gagne.) Distinct de l’anc. franc, gain, conservé dans regain. (v. ce mot.) Il XIIe s. Ou del gain (corr. gaain) ou de la perte, ET. DE FOUGÈRES, dans DELU. Rec.]

|| 1° Action de gagner. Ne devoir qu’à soi le — d’une bataille, CORN. Cid, I, 3. Le — d’un procès. Avoir — de cause. Le — d’un pari.

|| 2° Ce qu’on gagne. Emporter son —. Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes, LA F. Fab. VIII, 2. L’espérance du — n’est pas ce qui me flatte, MOL. Et. I, 8. || (Droit.) — de survie, avantage stipulé pour le survivant des deux époux.

GAINE [ghén’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. vagïna, m. s. devenu de bonne heure * guaïna, d’où le franc, guaïne, gaine, §§ 443, 394 et 291, gaine, § 358. ACAD. 1798-1835 écrit gaîne.]

|| 1° Étui de la lame d’un instrument tranchant ou aigu. Des ciseaux dans leur —. || P. anal. (Marine.) — d’une voile, ourlet autour du bord d’une voile, pour la rendre plus forte. — de flamme, coulisse où passe le bâton de la flamme.

|| 2° (Architect.) Support d’un buste, dont celui-ci semble sortir.

|| 3° (Anat.)l 1. Enveloppe détendons, démuselés, etc. || 2. (Entomol.) Tube qui renferme l’appareil suceur de certains insectes. || 3. (Botan.) Expansion du pétiole qui embrasse la tige. ‘GAINERIE [ghèn’-ri ; en vers, ghè-ne-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gainler, §§ 65 et 68. || 1412. Gaynerie, dans DU c. gaynerius.] || Industrie, commerce du gainier.

GAINIER, * GAINIÈRE [ghè-nyé, -nyèr] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gaine, § 115. || XIII« s. Gainlers, tabletlers, broudeurs, Queue de Renart, dans jubinal, Nouv. Rec. de fabliaux, II, 92.]

I. S. m. et f. Celui, celle qui fabrique, qui vend des gaines, des étuis, des écrins, etc.

II.

|| 1° S. m. Arbre de la famille des Légumineuses, dit arbre de Judée, dont la gousse rappelle une gaine.

|| 2° -S. f. Gainière. Variété d’abeille, dite faiseuse d’étuis.

GAÎTÉ. v. gaieté.

GALA [gà-là] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gala, m. s. § 12. Sur le genre, v. § 551. L’ital. gala correspond à l’anc. franc, gale, réjouissance ; le même radical se retrouve dans galant. (K. ce mot.) Il Admis ACAD. 1762.]

|| Apparat d’une fête. Habits de —. Voiture de —. Représentation de —. Diner en grand —. n y a — à la cour.

  • GALACTITE [gà-lâk’-lif] . ?. f.

[ÉTYM. l’]mprunlé du lat. galactitis, grec , nom donné à une pierre précieuse, de , lait. || XIVe s. Galactide, J. CORBICHON, dans DELB. Rec. | XVIe s. Galactite, DU PINET, ibid. Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1798.]

I. (Minéral.) Argile qui, délayée dans l’eau, lui donne l’apparence du lait et sert au dégraissage des laines. il. (Botan.) Plante cotonneuse dite chardon laiteux.

GALACTOMÈTRE [gà-lak’-l6-mètr’] s. m.

[ÉTYM. Composé avec le grec , -, lait et , mesure, § 279. || 1796. ENCYC. MÉTH. Agricult. Admis ACAD. 1878.]

|| (T. scientif.) Pèse-lait.

GALAMMENT [gà-là-man] adv.

[ÉTYM. Pour galantment, composé de galant et ment, § 724. On trouve souvent galantement au XVIe s. et encore dans RÉGNIER, Sat. 11 : Galantement payé d’une cassade. || 1611. Galemment, COTGR.] || D’une manière galante.

||1° Avec bonne grâce. Quand les vers sont tournés —, MOL. F. sav. III, 2. || Fig. De bonne grâce. Faites les choses — et sans vous faire tirer l’oreille, MOL. Mar. forcé, se. 9. || Vous venez d’en user si — que je ne veux point vous le cacher, HAMILT. Gram. 5.

|| 2° En cherchant à plaire. Je suis trop heureux. Madame, d’avoir pu vous rendre ce petit service, lui répondis-je le plus — du monde, MARIV. Pays. parv. 4.

  • GALANDAGE [gà-lan-dàj’] s. m.

[ÉTYM. Pour garlandage. (V. ce mot.) || 1785. encycl. MÉTH. Arls et tnét. Maçon.] || (Technol.) Cloison construite en briques de chant.

GALANGA [gà-lan-gà] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. du moyen âge galanga, m. s. d’origine arabe, § 22. Du même radical l’anc. franc, a tiré garingal, nom d’une sorte d’épice. || XIVe s. Galanga chaulde et seiche. Simples medicines, mss franc. Bibl. nat. 1288, f° 135, r°. Admis ACAD. 1878.] || (Pharm.) Rhizome de plantes de la famille des Amomées, employé comme stimulant. — officinal ou petit — .

GALANT, ANTE [gà-lan, -lânt’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de l’anc. franc, galer, être vif, joyeux, s’amuser, § 47. On trouve qqf au XVIIe s. le fém. galande, par confusion de suffixe, § 62. L’anc. verbe galer paraît dérivé du radical german. qui se trouve dans l’allem. moderne wallen, « bouillonner, s’agiter, vovager », §§ 6, 498 et 499. (Cf. gaillard et gala.) || XIW s. Un gallant lévrier, gage de la bigne, Déduits de la chasse, dans la C.]

I. Anciennt. Vif, entreprenant. Frère Jean au château-gaillard monta — et bien délibéré, RAB. IV, 3.3. Suhstantivt. Le — en eût fait volontiers un repas, LA F. Fab. III, 11. Déjà dans son esprit la galande le croque, ID. ibid. IV, 11. || Vieilli. Verts galants, galants de la feuillée, voleurs qui se tenaient dans les bois. P. ext. Fig. Un vert —, un homme entreprenant avec les femmes. Et nous étions, ma foi, tous deux de verts galants, MOL. F. sav. II, 2.

II. Qui a bonne grâce. Jamais un lourdaud, quoi qu’il fasse. Ne saurait passer pour —, LA F. Fab. IV, s. Vous allez faire pic, repic et capot tout ce qu’il y a de — dans Paris, MOL. Préc. rid. se. 9. Je voudrais que cela fût mis d’une manière galante, ID. B. gent. II, 4. Cela a un tour spirituel et —, ID. Préc. rid. se. 9. Un déshabillé —. Le Mercure —, recueil littéraire, anecdotique. || Substantivt. Ce goût (du siècle) se porte au —, LA F. Psyché, préf. || Avec l’adj. avant le subst. Qui a des procédés délicats. Ce ne serait pas agir en — homme, MOL. B. gent. IV, 1. Mécénas fut un — homme, LA F. Fab. I, 15.

III. Empressé à plaire aux femmes. Peindre Caton — et Brutus dameret, BOIL. Art p. 3. Dn homme —. Monsieur Jourdain est — plus que je ne pensais, MOL. R. gent. IV, 1. || P. ext. Faire, dire qqch de —. La déclaration est tout à fait galante, MOL. Tart. III, 3. Cela sera —, ID. B. gent. II, 4. P. ext. Une intrigue galante, une intrigue amoureuse. One femme galante, qui a des intrigues amoureuses. ||  ! Substantivt. Dn —, celui qui courlise une femme. Les galants n’obsèdent jamais que quand on le veut bien, MOL. G. Dand. il, 2. || P. ext. Un amoureux. Une femme qui n’a qu’un — croit n’être point coquette, L.\ im. 3. || Fig. Dn —, noeud, cocarde de ruban ou de dentelle. Vous vendez dix rabats contre moi deux galants, CORN. Gai. du Pal. IV, 12. Voilà Ton beau — de neige, MOL. iJép. am. IV, 4.

GALANTERIE [gà-lant’-ri ; en vers, -lan-te-ri] .t. f.

[ÉTYM. Dérivé de galant, § 69. || XVI’’s. Quand on leur rapportoit ces galanteries, amyot, Dcmétr. 31.]

|| 1° Caractère de ce qui a bonne grâce. Que ce bout de ruban a de — I COUN. Suite du Ment, il, 6. || P. ext. .\cte qui a ce caractère. Ceux... qui... font — de se déchirer l’un l’autre, MOL. Impr. se. 4. Ces galanteries ingénieuses à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies, id. Scap. i. 2.

|| 2° Empressement à plaire à une femme. Messieurs les Français ont un fonds de — qui se répand partout, MOL. Sicil. se. 11. Il P. ext. Compliments flatteurs à une femme. VoUà ce que c’est que de ne pas répondre aux galanteries que je vous

GALANTIN 1142 — GALERIE

écris, VOIT. Lett. 25. || Pièce de ce caractère. Soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux, paSC. Prov. 11. || P. e.rt. Intrigue amoureuse, n est une saison pour la — , MOL. Mis. III, 4. On peut trouver des femmes qui n’ont jamais eu de —, mais il est rare d’en trouver qui n’en aient eu qu’une, LA ROCHEF. Rrfle.T. 73.

GALANTIN [gà-lan-tin] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de galant, § 100. || 1555. 0n beau et galentin cheval de service, de la bouthière, Prodiges, dans DELB. P,rc. Admis ACAD. 1798.1 || Celui qui veut faire le galant auprès des femmes.

GALANTINE [gà-lan-tin’] . ?. f.

[ÉTYM. Altération par étymologie pop. (F. § 509) de galatine, mot d’origine incertaine, qui désignait autrefois une préparation, une sauce spéciale pour le poisson. On trouve en anc. provenç. galareia, en anc. allem. galreide (allem. moderne gallerte) dans le même sens. (Cf. gélatine.) || XIIe-xIIIo s. E galatines et sirop, Guill. Le Mai’échal, 966Ô.] || Mets de chair de volaille, de veau, etc., cuite avec des épices, qu’on sert froid avec une gelée. Une — truffée.

GALANTISER [gà-lan-ti-zé] v. tn.

[ÉTYM. Dérivé de galant, à l’imitation de l’ital. galantegglare, m. s. §§ 12 et 267. || wW^ s. v. à l’article.] || Vieilli. Traiter avec galanterie. Pour me —, il ne faut qu’un miroir ; J’y vois en un moment tout ce que vous me dites, CORN. Gai. du Pal. II, 1, i’° édit.

GALAXIE [gà-làk’-si] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. galaxias, grec Y* ^aÇ-’3tç, m. s. de Yâ>va,lait. Sur le genre (le lat. et le grec sont maso.), v. § 550. Il 1584. j. DES CAURRES, OEuvres mot. dans DELB. liée. Admis ACAD. 1762.] || (Astron.) La voie lactée.

GALBANUM [gal-bà-nùm’J s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. galbanum, m. s. \\ XII6-xIII« s. Galbanen de bone odor. Job, dans Rois, p. 447.] || (Pharm.) Gomme-résine balsamique tirée d’un arbre de Syrie. || Fig. Vieilli. Donner du — à qqn, l’amadouer.

GALBE [gàlb’] s. 7n.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. garbo, m. s. § 12. retz emploie encore garbe en parlant du gabari d’un navire, IV, 329 ; mais r. est. signale déjà la prononciation galbe au lieu de garbe, Nouv. Lang. franc, italian. I, 39. [Cf. le provenç. moderne galbe ou galbi, m. s.) L’ital. garbo paraît se rattacher au radical german. qui se trouve dans l’allem. moderne gerben, préparer, g^ 6, 498 et 499. || XVI" s. Tant la garbe de prince au visage il avoit, rons. Bocage royal.]

|| 1° Contour, protil qui détermine la forme d’un membre d’architecture, d’un vase, etc. | || P. ext. Contour, profil qui détermine une figure, un corps humain. Une tète d’un — élégant. || 1’Profil chantourné d’une pièce de menuiserie.

  • GALBÉ, ÉE [gâl-béj adj.

[ÉTYM. Dérivé de galbe, g 118. || Néolog.] || (Architect.)

|| 1° Qui a un galbe spécial. Colonne galbée, dont le fût n’est pas rectiligne, mais renllé au milieu.

|| 2° Dont le galbe seul est indiqué. Feuille galbée, qui n’est qu’ébauchée dans un ornement.

  • GALBULE [gâl-bul] s. 7n.

[ÉTYM. Emprunté du lat. galbulus, pomme de cyprès. 1 || ISUl. BOiSTE, Dict. Univ.] || (Botan.) Fruit en cône écailleux (cvprès, genévrier).

GALE [gàl] s. f.

[ÉTYM. Origine incertaine ; peut-être galle pris au sens figuré. Il 1539. Galle, r. est.] || Maladie contagieuse de la peau que cause la présence d’un insecte nommé acarus. Loc. famil. Méchant comme la —, et, p. ext. en parlant d’une personne. C’est une méchante —. P. anal. — du porc, la rogne. — des végétaux, rugosités, protubérances sur l’écorce, sur les feuilles. — du bois, trous de vers, qui en rendent la surface inégale.

GALE [gà-lé] s. m.

[ÉTYM. Emprunté del’angl. gale, m. s. qui, introduit par j. BAuniN (1541-1618) dans le lat. des botanistes, a été prononcé à la façon latine, § 8. || .\dmis ACAD. 1762.] || l i Botan.) Arbrisseau odorant, qui croit dans les terrains humides, dit aussi myrte bâtard, myrte des marais, piment aquatique.

GALÉACE OU GALBASSE [gà-lé-às’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ilal. galeazza, augmentatif de galea, galère, § 12. || XVe s. Tant galUaces, gallees que galiotes, berry, Chron. dans a. gh.\rtier, OEuvres, p. 163, édit. 1617. Admis .^cad. 1718.] || (Marine.) Galère de grande dimension, a rames et à voiles, garnie de canons sur les côtés ou à la proue.

GALÉE [gà-lé] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du bas grec y^Xa’a, m. s. % s. [Cf. galère.) L’anc. franc, dit plutôt gaUe que galee. [Cf. gaIIon, galiote.) || XIe s. Eschiez e barges e galies enefs, Roland, 262d, Galees curanz, ibid. 2729. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° Anciennt. Galère, petit navire de guerre.

|| 2° P. anal. (Technol.) Planchette rectangulaire à rebords sur laquelle le compositeur typographe place les lignes assemblées dans le composteur.

  • GALEFRETIER [gâl-fre-tyé ; en vers, gà-le-...] s. m.

[ÉTYM. Origine incertaine ; peut-être même radical que calfeutrer (F. ce mot), § 115. ! || XVIo s. RAB. II, 30. Admis- ACAD. 1718 ; suppr. en 1835.] || Vieilli. Va-nu-pieds. Elle n’était jamais lasse de deviser spécialement avec des galefretiers, sorel, Francion, p. 59.

GALÉGA [gà-lé-gà] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. galega, m. s. d’origine incertaine, § 12. Sur le genre, v. g 551. ! || 1694. tournefort, Élérn. de botan. I, 317. Admis ACAD. 1762.] || (Botan.) Espèce de plante légumineuse. — officinal, dit rue de chèvre. — tinctorial, dit indigo bâtard.

GALÈNE [gà-lên’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec vaXr.vT,, plomb. ||  ! 1556. La galène, espèce déterre, rich. lebl.\nc. Subtilité’, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Minéral.) Sulfure de plomb natif. [Cf. alquifoux.)

  • GALÉOPITHÈQUE [gà-lé-ô-pi-tek’] s. m.

[ÉTYM. Composé avec le grec y^^t,, belette, et riOTjXOî, singe, §279. || 1799. audebert, Hist. nat. des singes, pl.l.j || (Hist. nat.) Genre de quadrumanes chéiroptères, dits. aussi singes volants.

GALÉOPSIS [gà-lé-ôp’-sïs’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. galeopsis, grec yaXîoi’.î, m. s. proprt, « oeil de belette ». || 1545. Galeopsis est une herb& semblable a l’ortie, G. guéroult, Hist. des plantes, dans DELB. Rec. .\dmis ac.\d. 1762.] || Plante labiée dite vulgairement chanvre bâtard.

  • GALER [gà-lé] v. tr.

[ÉTYM. Peut-être dérivé de gale, § 154. L’anc. franc, possède un autre verbe galerdontle part. prés, a formé l’adj. galant. [V. ce mot.) || 1360. Un oisel qui se gale en la cuisse, dans GODEF. galer 1. Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1878.] || Vieilli. Gratter, frotter. [Cf. galis.) || Fig. Battre. Cà,. çà, galons-le, LA F. Contes, Diable de Papefig.

GALÈRE [gà-lèr] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. galera, altération de galea, galée, § 12. || XVe-XVIe s. Gallere, seyssel, dans delu. Rec]

I.

|| 1° Navire de guerre des anciens, àun ou à plusieurs rangs de rames, et à voiles.

|| 2° Navire de guerre à rames, ponté, avec deux mâts et deux voiles latines, employé surtout dans la Méditerranée. || Loc. proy. Vogue la — ! laissons aller les choses. Qu’allait-il faire dans cette — ? pourquoi s’est-il engagé dans cette mauvaise affaire ? (allusion aux Fourberies de Scapin de Molière, oII Géronte croit avoir à racheter son fils emmené sur une galère turque). || Ramer sur les galères du roi, peine établie sous François 1er et remplacée par celle des travaux forcés. Ellipt. Être condamné aux galères. || P. ext. Bagne. J’ai vu les galères de Livourne et de Venise, je n’y ai pas vu un seul homme triste, montesq. Pens. div. Fig. Une vie de —, très pénible.

II. Fig. (Technol.) 1 || 1° Sorte de tombereau que les maçons traînent eux-mêmes.

|| 2° Gros rabot à deux poignées pour dégrossir le bois de charpente, de menuiserie. || 30 Ratissoire à roulettes pour allées de parc, de jardin. || 4" Long fourneau oII chauffent à la fois plusieurs vases. || Fourneau rond à réverbère, autour duquel on place les vases à chauffer.

GALERIE [gal-ri ; en vers, gà-le-ri] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du bas lat. galeria, m. s. mot attesté dès le ix" s. et dont l’origine est inconnue. || XIV< ! s. Guerrerie (1328), dans DELB. Rec. \ Galerie, bersuike, dans uttré.]

GALERIEN — 1143 — GALLICISME

|| 1° Espace couvert qui règne autour d’un bâtiment, d’un appartement, d’une salle, ou dans sa longueur, et sert de lieu de promenade, de passage, d’exposition pour des collections, etc. Allez l’entretenir dans cette —, CORN. Cid, I, 2. Des fossés du château faisant leurs galeries (leur lieu de promenade), l.\ f. Fab. III, 12. One — de tableaux. Les galeries du Louvre. One — d’histoire naturelle. Les galeries du Muséum. Il Specialt. Dans un jeu de paume, allée d’où l’on regarde les joueurs. P. ext. Ceux qui regardent jouer. Les gens qui forment la —, et, elLipt, Ceux qui font —. Consulter la — sur un coup. Fig. Famil. S’inçpaiéter delà —, de l’opinion.

|| 2° P. ext. Sorte de balcon en saillie qui couronne l’arrière d’un navire. || Balcon en saillie qui règne autour d’une salle de théâtre et contient une ou plusieurs rangées de spectateurs. || P. anal. Ornement en rebord d’un meuble, d’une lampe, d’une étoiïe. Châle à —. || Bande de cuivre qui se met devant le foyer d’une cheminée. || Passage souterrain pratiqué dans une mine (de siège) ou servant à l’exploitation des mines de charbon, de fer, etc. || Passage souterrain voûté pour l’écoulement des eaux.

GALÉRIEN [gà-lé-ryin ; en vers, -ri-in] s. m.

[ÉT-i-M. Dérivé de galère, § 244. || 1611. COTGR.] || Celui qui a été condamné à ramer sur les galères du roi. || P. ext. Forçat. | || Fig. Mener une vie de —, très pénible.

GALERNE [gà-lèrn’] s. m.

[ÉTY.M. Origine incertaine ; se rattache peut-être au radical de l’angl. gale, vent violent. || XI" s. Se galeme Ist de mer, Voi/. de Charl. à J(‘rus. dans DELB. Rec.\ || (Marine.) Vent du nord-ouest.

GALET [gà-lè] s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de l’anc. franc, gai, m. s. d’origine inconnue, § 133. Il XII<= s. Li canivés et li fuisius Et li tondres od le galet, Partenopeus, 5067.]

|| 1° Caillou déposé par la mer sur le rivage et généralement arrondi et poli par le frottement. Marcher sur les galets, sur le —. One plage où il y a du — .

|| 2° (Technol.) Disque de bois, de métal, d’ivoire, servant à divers usages. Les galets d’un lit, d’un fauteuil, disques polis sur lesquels on fait rouler un grand lit, un fauteuil. Les galets d’un pont tournant, d’une plaque de chemin de fer, disques sur lesquels on fait tourner le pont, la plaque. || P. ext. Bouée indiquant la position d’un filet.

GALETAS [gâl-tâ ; en vers, gà-le-td] s. m.

[ÉTYM. Nom propre, § 36 : la tour de Galata, à Constantinople, dont le nom a été donné au mv^ s. au haut de tout édifice important. || XIV«-XVe s. Galatas grans et adrois, eust. descu. I, 156.]

|| 1° Logement sous les toits, n se retire au — de son palais, L.\ BR. 13.

|| 2° Logement misérable. L’oracle était logé dedans un —, L.\ F. Fab. vu, 15.

GALETTE [gà-lêf] s. f.

[ÉTY-M. Tiré de galet, § 37. || XIIIo s. Chanestlans et gaietés, dans BARB.\z.\N, Fabliaux et contes, IV, 92, Méon.]

I. Sorte de gâteau, d’ordinaire rond et plat, fait de pâte ferme ou feuilletée , étendue sous le rouleau et cuite au four. — de plomb, trop compacte. One — de maïs, de sarrasin. || P. ext. Biscuit dur et plat qu’on donne aux marins.

II. P. anal. (Technol.)

|| 1° Pâte de charbon et de salpêtre battue pour la préparation de la poudre de guerre.

|| 2° Carcasse en carton, en toile ou en poil de lapin destinée à recevoir la peluche pour chapeaux d’homme.

|| 3° — de cocon, et, absolt, —, filoselle qu’on tire des cocons percés qui ne peuvent plus se dévider.

GALEUX, EUSE [gà-leII, -leuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gale, § 116. || XVI" s. Gualous, veroUez jusqu’à Tous, RAU. I, 54.] || Atteint de la gale. One personne galeuse, e\,substantivt, On —, une galeuse. Ce pelé, ce —, LA F. Fab. vII, 1. Loc. prov. Qui se sent — se gratte, que celui qui se sent coupable s’applique le reproche. (Cf. Qui se sent morveux se mouche.) On chien —. One brebis galeuse. Fig. Brebis galeuse, personne corrompue dont le contact est dangereux. Loc. prov. n suffit d’une brebis galeuse pour gâter tout un troupeau. || P. ext. Bois —, sur kujuel se sont formées dus rugosités, des protubérances. Verre —, sur lequel se sont formés des grains, dont la vitrification n’est pas pure.

GALHAUBAN [gà-lo-ban] s. m.

[ÉTYM. Composé avec hauban et un mot gai dont le sens et l’origine sont inconnus, § 196. On écrit aussi galauban et même galeban. || 1681. "Texte dans JAL, Gloss. naut. .\dmis ACAD. 18 :^5.] || (Marine.) Longue corde tendue de chaque côté des mâts de hune, de perroquet, et fixée à la muraille du navire, pour les soutenir contre l’effort du vent.

  • GALIETTE (gà-lyet’].

v. gaillette.

GALIMAFRÉE [gà-li-mâ-fré] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XIVe s. Calimafree ou sanlce paresseuse, Ménagier, II, 233.] || Restes de viande en ragoût. || P. ext. Mets qui présente un mélange peu appétissant.

GALIMATIAS [gà-ll-mà-tyà] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVI" s. L’on n’y entend que du galimatias, Sat. Mënipp. I, 15.] || Discours, écrit, offrant un mélange confus, inintelligible. Votre — ne m’a pas tantôt ébloui, MOL. G. Dand. II, 2. Qui songe à votre argent, dont vous me faites un — ? iD. Av. V, s. || Adjectivt. On langage le plus — et une prononciation la plus mauvaise que l’on se puisse figurer, sorel, Francion, p. 225.

GALION [gà-lyon ; en vers, -li-on] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de galie, aIIc. forme de galée, § 104. || XIn’^-XIVfi s. Lors vint messires Phelippes de Montfort en un galion, JOINV. 389.]

|| 1° Bâtiment de charge employé surtout autrefois par les Espagnols, pour le commerce avec r.\mérique, et spécialement pour rapporter l’or des mines du Pérou. || Fig. Les galions sont arrivés, il est arrivé de l’argent.

|| 2° (Technol.) Traverse de bois qui supporte les panneaux qui ferment une écoutille. (S///i. galiote.)

GALIOTE [gà-liôt’ ; en vers, -li-ôt’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de galie, anc. forme de galée, § 186. || 1418. Pour erres de la dite galiocte, dans GODEF. Compl. Admis AC.\D. 1718.]

|| 1° Petite galère à rames et à voiles. || Long bateau couvert avec lequel on voyageait sur les rivières.

|| 2° (Technol.) Traverse de bois qui supporte les panneaux qui ferment une écoutille. (Syn. galion.)

GALIPOT [gà-li-pô] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. (Cf. garipot.) || 1701. furet. .\dmis ACAD. 1762.] || (Technol.) Matière résineuse qui s’écoule, après la récolte, des incisions faites au pin. || P. ext. Sorte de mastic de résine et de matières grasses, dont on se sert en marine.

  • GALIS [gà-li] s. m.

[ÉTY’M. Dérivé de galer, § 82. i || 1627. Le masle fait aussi du gallis, RENÉ DE MARicouRT, Chasse du lièvre, dans DELB. Rec] || (Vénerie.) Trace laissée par le chevreuil à l’endroit où il a gratté la terre du pied.

  • GALLATE [gâl’-lâl’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de galle, § 282 bis. || 1805. encycl. méth.] || (Chimie.) Sel formé par la combinaison de l’acide gailique avec une base.

GALLE [gàl] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. galla, m. s. \\ XIII» s. De nois de gales Escrire letres toutes pales, C/e/’d’amour, dans DELB. liée] || Excroissance que produit sur les feuilles, sur la tige des végétaux, la sève extravasée, par la piqûre de certains insectes qui viennent déposer là leurs oeufs. — du chêne, dite aussi noix de —, qui sert à fabriquer l’encre et à teindre en noir. — du rosier. (V. bédegar.)

GALLICAN, ANE [gàl’-li-kan, -kàn’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gallicanus, gaulois, français. || XVe-XVI" s. Concile de l’église gallicane, J. le maire, dans DELB. Rec] || (Hist.) Relatif à l’Église de France, considérée comme indépendante en certains points de l’autorité du pape. Ces précieuses libertés de l’Église gallicane, ST-siM. XI, 265. Il P. ext. l’artisan de ces libertés. Cet évéque était — . Substantivt. Les gallicans et les ultramontains.

GALLICANISME gàl’-li-kà-nîsm’] . ?. »i.

[ÉTYM. Dérivé de galUcan, §265. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || Doctrine gallicane. || Attachement à cette doctnne.

GALLICISME [gâl’-li-sism’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gallicus, gaulois, français, § 265.

GALLINACES — 1144 — GALVANISATION

|| XVIe s. La coustuine est de quitter icy notre gallicisme et user de l’itaHanisme, H. EST. Nouv. Lang. franc, italian.

II. 177.]

|| 1° Forme de langag :e propre à la lang-ue française.

|| 2° Forme française introduite abusivement clans une autre langue. Ce thème latin contient des gallicismes.

GALLINACÉS [gàr-li-nà-sé] s. m. pl.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gallinaceus, m. s. \\ 1817. cuviER, Règne animal, I, 436. Admis ACAD. 1835.] || (Hist. nat.) Ordre de la classe des Oiseaux comprenant les poules, dindons, perdrix, cailles, faisans.

  • GALLINE [gal’-lin’] adj . f.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gallus, coq, § 245. || Néolog.] || (T. didact.) Qui est de la nature du coq, de la poule. L’espèce — .

GALLIQUE [gàr-lïk] adj.

[ÉTYM. Dérivé de galle, § 229. || 1805. encycl. méth. Admis ACAD. 1835.] || (Chimie.) Produit par la noix de galle. Acide — .

  • GALLIUM [glF-lvôm’ ; en vers, -li-ôm’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de Gallus, traduction lat. du nom del’inventeur, § 2S2. || Néolog.] || (Chimie.) Corps simple découvert par M. Lecoq de Boisbaudran, en 1875.

GALLON [gk-lon] s. m.

[ÉTYM. Mot anglais qui est lui-même emprunté del’anc. franc, galon ou gallon, d’origine inconnue, § 8. || Admis ACAD. 1835.] || Mesure anglaise de capacité, pour les liquides, contenant environ quatre litres et demi.

GALOCHE [gà-lôch’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. * galôpia, dérivé de * galopus, podos, transcription du grec y.a’Xo-o’-. ;, -o5o ; [cf. calopodes soIcee, galoches, dans un scoliaste d’Horace), m. s. proprt, « pied de bois », §§ 497, 426 et 291. || 1292. Se déduit de galochier. (F. ce mot.)]

I. Chaussure à dessus de cuir et à semelle de bois, qui sert à préserver de l’humidité. || P. eort. Seconde chaussure de cuir fort qu’on met par-dessus la première. || Fig. Menton de —, qui avance.

II. (Technol.)

|| 1° Poulie à moufle plat dont la chape est ouverte transversalement sur une de ses faces, et qu’on applique sur les grandes vergues pour y faire passer les boulines.

|| 2° Coin de la presse du doreur.

  • GALOCHIER [gà-lô-chvé] et * GALOCHER [gà-lôché] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de galoche, § 115. || i 1292. Galochiers, Rôle de la taille, dans DELB. Rec] || Marchand, fabricant de galoches.

GALON [ga-lon] s. m.

[ÉTYM. Subst. verbal de galonner, § 52. || 1611. COTGR.] || Tissu (de laine, de soie, d’argent, d’or) en forme de ruban dont on orne des uniformes, des costumes, des chapeaux, des rideaux, des meubles, etc. || Spécialt. Bande de laine, d’argent, d’or, qui, placée sur la manche de l’uniforme, sert à distinguer le grade des sousofficiers.

Les galons de caporal, de sergent, de sergent-major. || Loc. prov. Quand on prend du —, on n’en saurait trop prendre, quand on s’attribue un rang élevé, il faut se le donner aussi élevé que possible. Acheter de vieux galons (pour en retirer l’or, l’argent qu’ils contiennent . Vieux hsibits, vieux galons , cri des fripiers qui courent les rues pour acheter de vieux habits, de vieux uniformes. ! || (Marine.) Bande de toile qu’on coud sur une couture de voile pour la fortifier.

GALONNER [gà-lo-né] v. tr.

[ÉTYM. Origine inconnue. Le subst. galon, qu’on serait porté à considérer comme primitif de galonner, ne se trouve qu’à une époque récente, tandis que le verbe est fréquent dès les premiers siècles de la langue au sens de « tresser les cheveux ». || xn« s. Aunfild’orertgalonee, Ênras, 1473.] || Orner de galon. Un chapeau, un habit galonné.

GALOP [gà-lû] s. m.

[ÉTYM. Subst. verbal de galoper, §52. || ] XI<‘s. Uns veltres avalât Que vint a Carie les galops e les salz, Roland, 730.]

|| 1° L’allure la plus rapide du cheval, suite de bonds qu’il fait successivement en trois temps ou battues, posant d’abord une des jambes de derrière, puis une jambe de devant et l’autre jambe de derrière, enfin la jambe de devant qui reste. Mettre son cheval au —. Aller le —, an — , au grand —. — désuni, où les battues sont irrégulieres. — faux, où le cheval galopant en cercle ne porte pas en avant le pied placé du côté où il se penche pour tourner. Branle de —, mouvement par lequel le cheval s’enlève pour galoper. Faire un temps de —, galoper qqs instants. — de course, très allongé. On cheval de —, qui est surtout propre à celte allure. || Fig. Chassez le naturel, il revient au —, destouches, Glor. III, s. Prendre, courir le grand —, aller trop vite, n dit fort posément ce dont on n’a que faire Et court le grand — quand il est à son fait, rac. Plaid, III, 3.

|| 2° P. anal. Danse à deux temps d’un mouvement rapide consistant en une suite de chassés. || 3’^ Fig. Pop. Vive réprimande. Donner, recevoir un — .

GALOPADE [gà-lô-pàd’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de galoper, § 120. || 1611. COTGR. Admis ACAD. 1718.] || Action de galoper. || Spécialt. Galop d’école, raccourci et cadencé. P. anal. La danse du galop.

GALOPANT, ANTE [gk-lù-pan, -pânt’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de galoper, § 47. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || Qui va au galop. Fig. (Médec.) Phtisie galopante, dont la marche est très rapide.

  • GALOPE [ga-lôp’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de galoper, § 52. (Cf. galop.) || -Veolog.]

|| 1° Danse rapide à deux temps, dite plus ordinairement galop. || 2’’(Technol.) Instrument de relieur pour tracer rapidement de petites raies sur une couverture avant de la glairer.

|| 3° Fig. Trivial. Loc. adv. A la —, avec précipitation.

GALOPER [gà-16-pé] v. intr. et tr.

[ÉTY.M. Origine incertaine ; la terminaison -loper (en provenç. -laupar) fait songer au goth. hlaupan, allem. moderne laufen, courir ; mais la première syllabe ga fait difficulté, §§ 6, 498 et 499. || XIIIe s. Lors c’et li Turs vers Bernier galopes, Raoul de Cambrai, 6960.]

I. v. intr. Il 1° Aller au galop. Exercer les chevaux à — alternativement sur le pied gauche aussi bien que sur le droit, BUFF. Cheval. Dn cheval qui galope sur le bon pied, qui porte en avant le pied placé du côté où il doit tourner, c.-à-d. en dedans du cercle. || Fig. Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, bùil. Ép. s. Je vois déjà comme le temps galopera, sÉv. 253.

|| 2° P. anal. Danser le galop.

II. Famil. v. tr. Faire aller au galop. — un cheval rapide. || Fig. Mener qqch grand train. || P. ext. (Le duc) galope vos filles d’honneur, hamilt. Gram. 10. La fièvre le galope.

GALOPIN [gà-lù-pin] s. m.

[ÉTYM. A l’origine, nom propre tiré de galoper, §§ 36 et 100. Il XIV^-XV^ s. Queux, escuiers, li galopin, eust. DescII. VIII, 104.] || Petit garçon que l’on envoie faire les courses, les commissions. || P. ext. Gamin qui court les rues. || P. plaisant. Anciennt. Demi-setier de vin bu avant de partir en course, n boit tous les matins son — avant que de sortir, RICHEL. Dict. Il Adjectivt. Les dames de Paris aiment les airs galopins, et elles s’habillent déjà à la galopine ou à la gourgandine, c’est tout UD, gherardi. Th. ital. v, 212.

GALOUBET [gà-lou-bé] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne galoubet, 7n. s. || mot d’origine incertaine, § 11. || 1791. encycl. méth. Ad- || mis ACAD. 1835.] || Sorte de flûte à trois trous.

GALUCHAT [gà-lu-chà] s. m.

[ÉTYM. Nom propre d’inventeur, § 36. || 1790. encycl. || méth. Arts et maîiuf. gainier. Admis ACAD. 1835.] || (Technol.) Peau de certains squales, lissée et colorée,  ! dont on fait des étuis, des gaines, etc.

GALVANIQUE [gàl-và-nik’] adj.

[ÉTYM. Dérivé du radical de galvanisme, § 229. || 1801. Propriété galvanique, FOURCROY, Syst. des connaiss. chimiques, I, 211. Admis ACAD. 1835.] || (Physique.) Relatif au galvanisme.

  • GALVANISATION [gâl-và-nl-zà-syon ; en vers , -sion] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de galvaniser, § 247. || 1802. sue, Hist. du galvanisme, I, 326.]

GALVANISER 1145 GANACHE

|| (Physique.) Action de galvaniser.

GALVANISER [gal-và-ni-zé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé du radical de galvanisme, § 267. || 1799. HUMBOLDT, Exp. sw te galvatIIsme, trad. par Jadelot, p. 13. 278, etc. Admis ac.\d. 1878.] || (Physique.)

|| 1° Faire contracter (des muscles inertes) par l’électricité qu’y développe le contact de deux corps hétérogènes. || Fifj. Redonner à qqch une animation factice.

|| 2° Électriser par la pile galvanique (ou voltaïque).

|| 3° Recouvrir (le fer) d’une légère couche de zinc, pour empêcher l’oxydation.

GALVANISME [gâl-và-nïsm’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de Galvani, physicien italien qui a découvert l’électricité animale en 1781), §§ 36 et 5^65. || 1797. Annales de chimie et de phys. XXI, .3. Admis ACAD. 1835.] || (Physique.) Électricité qui se développe par le contact de deux corps hétérogènes.

GALVANOMÈTRE [gal-và-nô-métr’] s. m.

[ÉTYM. Composé avec le radical de galvanisme et le grec HiîTpov, mesure, § 284. || 1802. sui :, lliat. du cjalvanisme, I, 299. Admis ACAD. 1878.] li (Physique.) Instrument qui sert à mesurer l’intensité d’un courant galvanique. (Syn. rhéométre.)

GALVANOPLASTIE [gâi-và-nô-plas’-li] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le radical de galvanisme et le grec 7 :\i.zzz’.’i, former, § 284. || i\’rolorj. Admis ACAD. 1878.] || (Technol.) Application d’une couche d’or, d’argent, etc., par l’action de la pile galvanique.

GALVAUDER [gal-v6-déj v. tr.

[ÉTY.M. Origine inconnue. || 1690. furet.]

|| 1° Vieitti. Humilier par des reproches.

|| 2° Avilir, n s’est galvaudé dans cette affaire. — son nom.

  • GALVAUDEUX, EUSE [gal-vû-deu, -deuz’] s. m. et f.

[ÉTY.M. Pour galvaudeur, § 62, dérivé de galvauder, §§ 112 et 116. Il Néolorj.] || Pop. Propre à rien, qui vagabonde dans les rues.

  • GABIACHE [gà-mâch’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté, par l’intermédiaire du provenç. garamacha, galamacha, m. s. de l’espagn. guadamaci, sorte de cuir, proprt, « cuir de Gadamès », g§ il, 13 et 22. 1 || xyi^^- XVn’’s. d’aub. Foeneste, IV, 1.] || Dialect. Guêtre.

GAMBADE [gan-bàd’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gambata, m. s. de gamba, jambe , § 12. || XV« s. Faire la gambade, coquillart, Monotogue des perruques.] || Saut où l’on agite les jambes. Faire des gambades. Le mulet fait sur l’herbette —, LA F. Contes, Lunettes. \\ Fig. Payer en gambades (allusion aux bateleurs qui, pour se dispenser d’acquitter le péage, faisaient danser leur singe devant le péager), éluder le paiement d’une dette.

GAMBADER [gan-bà-dé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gambade, § 154. On trouve gambadir dès 1425 dans un texte de la Suisse romande. (v. DELB. Rec.) || 1526. en. DE BOURDiGNÉ, Pierre Faifeu.] || Faire des gambades. Le cheval mutin a gambadé de plus belle, LA F. RagoIIn, I, 10. ‘GAMBE [gânb’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté au sens l» de l’ital. et au sens 2° du provenç. gamba, jambe, §§ 11 et 12. || 1771. Gambes de hune, TRÉV.] || l" (Musique.) Viole de —, grand violon (le violoncelle d’aujourd’hui) qu’on tenait entre les jamhes, quand on en jouait. || /’. anal. Un des jeux composés de l’orgue.

|| 2° (Marine.) Chacun des cordages tendus de chaque bord des haubans de hune aux bas haubans. ‘GAMBIER [gan-byé] et ‘GAMBIR [gan-bir] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du malais gambir, ?«. s. § 28. || Xéolog.] || (Technol.) Substance astringente analogue au cachou, qu’on tire d’une plante sarmenteuse d’Océanie.

GAMBILLER [gan-bi-yé] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Pour gambeyer (par substitution de suffixe, §62). emprunté de l’ilal. gambeggiare, m. s. qui correspond à l’anc. franc, jambeier, g 12. || XVI» s. Se guambayolt, penadolt et paillardoit parmy le lict, hac. I, 21. || loi2. Gambiller, OUD.]

I. r. intr. Il l" .\giler les jambes pendantes. — les pieds en haut devant tout le monde, MOL. Pourc. ni, 3. || jL" (Marine.) S’avancer à la force des poignets sur un cordage tendu en laissant pendre les jambes.

II. v. tr. (Marine.) Changer (une voile à bourcet) de bord, en faisant pa.>ser sur l’avant la partie longue de la vergue et de la voile.

  • GAMBIR.

v. gambier.

GAMBIT [gan-bi] s. m.

[ÉTYM. Pour gambet, emprunté de l’ital. gambetto, diminutif de gamba, jambe, m. s. proprt, « croc-en-jambe » (cf. jambette), g 12.

I || 1752. trév. .\dmis ACAD. 1762.] || (T. de jeu d’échecs.) Coup où l’on fait prendre au début de la partie le pion du fou du roi (— du roij ou le pion du fou de la reine (— de la reine).

GAMELLE [gà-mèl] s. f. [ktym. Emprunté de l’ital. gamella, m. s. qui est le lat. camélia, vase en bois, § 12. || 1 1611. cotgk.]

|| 1° Grande écuelle dans laquelle plusieurs matelots, plusieurs soldats, mangent ensemble. Manger à la —. || P. ext. || 1. Vase de fer-blanc dans lequel chaque soldat reçoit sa ration. || 2. (Marine.) Table commune des officiers, des élèves, des chirurgiens.

|| 2° (Technol.) Écuelle quisert à puiser l’eau salée dans les poêles des salines, pour vérifier l’état de la muire.

  • GAMELON [gâm’-lon ; en vers, gà-me-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé degameUe, §§ 65 et 104. || Xéolog.] || Petite gamelle en usage dans les hôpitaux militaires.

GAMIN, INE [gà-min, -min’] s. m. et f.

[ÉTYM. Origine incertaine ; peut-être emprunté de l’allem. gemeiner, simple soldat, § 7. || 1801. boiste, Dict. univ. Admis ACAD. 1835.]

|| 1° S. m. Petit garçon qui sert d’aide aux ouvriers fumistes, maçons, etc.

|| 2° S. m. et f. Petit garçon, petite fille qui joue dans les rues, qui fait des espiègleries. Un — de Paris.

  • GAMINER [gà-mi-né’v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gamin, § 154. || Néolog.] || Faire le gamin.

  • GAMINERIE [gà-mïn’-ri ; en ver* , -mi-ne-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gamin, § 69. || Néolog.] || Espièglerie de gamin.

  • GAMMARE [gâm’-màr] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. gammarus, grec vi-IIIapo ;, écrevisse. || XXI" s. Gammares et escrevices, RAB. i. 39.] || (Hist. nat.) Crustacé amphipode, dit crevette des ruisseaux.

  • GAMMA-UT [gâm’-mà-IIt’]. v. gamme.

GAMME igàm’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec yi\i.\i.z, nom de la lettre F employée au moyen âge par gui d’arezzo pour désigner la première note de la gamme. On a dit aussi gamma-ut et gamm’ut (trév.). || XII* ^ s. Par la game chante Musique, Tkèbes, dans DELB. Rec. \ XIu^ s. Toz tens revient en gamaOx (var. gameûz), g. de coincy, dans GODEF. gamauz 2.]

|| 1° Série des sept notes de l’échelle musicale, disposées dans leur succession naturelle ascendante ou descendante, partons et demi-tons dans l’intervalle d’une octave. La — diatonique. — diatonique majeure, où le premier demi-ton est du 3>= au 4<= degré. — diatonique mineure, où le premier demi-ton est du 2° au 3e degré. || P. ext. — chromatique, où les notes se succèdent par demi-tons. || Gammes enharmoniques, deux gammes où les degrés qui se correspondent sont en rapport enharmonique. 1 || Fig. Chanter à qqn sa —, lui défiler tous les griefs qu’on a contre lui. Je m’en vais le trouver et lui chanter sa —, MOL. Fc. des m. il, 7. Être au bout de sa —, avoir tout dit. Changer de —, de ton. Force lui fut qu’elle changeât de —, L.A. F. Contes, .Mari cont’ess. 4. Vieilli. Crier à haute —, très haut. P. ext. Dn fou de haute —, un fou achevé. Mettre hors de —, déconcerter. C’est une bizarrerie qui met hors de —, pasc. Pens. vu, 14.

|| 2° P. anal. — des couleurs, série de couleurs graduées.

GANACHE [gà-nach’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. ganascia, m. s. qui paraît se rattacher au grec vviOo ;, mâchoire , §§ 5 et 12. || | 1642. Ganaches de cheval, OUD.]

|| 1° Mâchoire inférieure du cheval. P. ext. Région située au contour de l’os maxillaire inférieur. Écartement de la —, angle que forment les deux os de la ganache. Cheval chargé de —, qui a cette partie épaisse. || Fig. On homme qui a la — pesante, dont la physionomie annonce un esprit lourd. Il P. ert. Due —, personne incapable. || (Théâtre.) Rôle de barbon imbécile. Jouer les ganaches. || P. plaisant. Fauteuil —, grand fauteuil pour personnes âgées.

GANGETTE — 1146 GARANCE

|| 2° Proéminence de la lèvre inférieure des insectes.

|| 3° Cachexie aqueuse dont un des symptômes est un gonflement sous le menton.

  • GANCETTE. F. gansette.
  • GANDIN [g-an-din] >v. rn.

[ÉTYM. Paraît venir du boulevard de Gand, à Paris, nom porté autrefois par le boulevard actuel des Italiens, § 100 : Ces hommes en corset, ces visages de femmes, Héros du boulevard de Gand, A. BARBIER, ïambes, Curée.] il Néolof/. Jeune dandy.

  • GANELONNERIE [gan’-lon’-ri ; en vers, gà-ne-lône- ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de Ganelon, traître célèbre de nos anciennes chansons de geste, § 69. Le mot est propre à sÉv. et paraît être un emprunt au provenç., ganeloun étant encore employé dans le midi de la France comme synonyme de <i traître », § 11. || XVn= s. v. à l’article.] || Inusité. Trahison. Si je doute de la sincérité de votre conduite et de la — de la sienne, sÉV. 262.

GANER [gà-né] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gano, § 154. || 1771. trév. Admis ACAD. 1878.]

|| (Jeu d’hombre.) Inviter son partenaire à laisser la main. || Laisser la main qui est demandée.

GANGLION [gan-gli-yon] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. ganglion, gvcc^if^’k :Qy,vi. s.] || XVI" s. PARÉ, V, 6. Admis ACAD. 1762.] || (Anat.) Organe globuleux formé par un noeud de fibres nerveuses ou de vaisseaux lymphatiques. Ganglions nerveux, lymphatiques. || Tumeur globuleuse développée sur le trajet des tendons.

GANGLIONNAIRE [gan-gli-yô-ner] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gangUon, § 248. Ij Néolog. Admis ACAD. 1878.] || (Anat.) Qui se rapporte aux ganglions. Système —, le système nerveux de la vie organique. || Affection — .

GANGRÈNE [gan-grën’ ; vieilli et pop. kan-...] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gangraena, grec viyypaiva, pourriture. || XVIe s. paré, x, 11.] || (Médec.) Désorganisation putride des tissus animaux. — humide, où la partie gangrenée est engorgée de liquide. — sèche. — sénile, gangrène sèche qui affecte qqf les extrémités chez les vieillards. — des os, nécrose. || Fig. Corruption morale. Cette — du monde avait gagné même des ducs, st-sim. XI, 422. || P. anal. Maladie des arbres.

GANGRENER [gan-gre-né] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gangrène, § 154. || I XVI« s. paré, préf.] || (Médec.) Affecter de la gangrène. Voilà tout son corps gangrené, boil. Ép. 3. || Fig. Corrompre moralement. Dne âme que vous avez gangrenée, fén. Dial. des morts, 48.

GANGRENEUX, EUSE [gan-gre-neu, -neuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gangrène, §§ 65 et 116. ACAD. 1762-1835 écrit gangreneux, § 65. I || XVI» s. Rab. III, 28.] || (Médec.) Qui est de la nature de la gangrène.

GANGUE [gang’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’allem. gang, chemin, filon de mine, § 7. || 1701. furet. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Matière étrangère oII se trouve engagé un minerai ou une pierre précieuse. || P. ext. (Anat.) Substance amorphe enveloppant un élément anatomique.

GANO [gà-nô] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. gano, je gagne, § 13. || 1 XVII’s. v. à l’article. Admis ACAD. 1762.] || (Jeu d’hombre.) Terme par lequel un joueur demande à son partenaire de lui laisser la main. [Cf. ganer.) Se plaindre d’un — qu’on n’a point écouté, boil. Sat. 10.

GANSE [gâns’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. mod. ganso, m. s. proprt, * boucle d’un lacet, d’une corde, etc. », d’origine incertaine (cf. ital. gancio, espagn. gancho, crochet), § 11. || 1611. Gance, ganse, COTGR.] || Cordonnet rond qui sert à border, à faire des attaches tenant lieu de boutonnières, etc. || I P. ext. Celte attache. || P. ext. Premier enroulement d’un fil, d’un cordage qu’on noue.

  • GANSER [gan-sé] v. tr.

[ÉTY-M. Dérivé de ganse, § 154. || Néolog.] || Border d’une ganse. Dne robe gansée.

  • GANSETTE [gan-sef] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de ganse, § 133. H 1811. Gancette, mozin, Dict. franc. -allem.] || (Technol.)

|| 1° Petite maille de certains filets.

|| 2° Ficelle d’aboutement de la chaîne du tisserand.

GANT [gan] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. vsrant, m. s. devenu guant, gant, §§ 6, 498 et 499. I || XIe s. Livrez m’en ore le guant e le bastun, Roland, 247.]

|| Enveloppe de peau ou d’un tissu de fil, de laine, de soie, etc., qui recouvre la paume de la main et chaque doigt séparément , de manière à protéger les mains en les laissant libres. Prendre ses gants (pour sortir). L’autre... Prend fort honnêtement ses gants et son manteau, MOL. Ec. des f.i, 1. Vieilli. Gants de jasmin, de frangipane, parfumés au jasmin, à la frangipane. || — d’oiseau, pour la main dont on portait le faucon — d’escrime , gant rembourré pour la main dont on tient le fleuret. Jeter le —, jeter à qqn son gant, en signe de défi. Relever le —, le ramasser en signe qu’on accepte le défi. Fig. Jeter le —, relever le —, faire, accepter un défi, une provocation. 1 || Loc. prov. Cela vous va comme un —, très bien. Être souple comme un —, d’un caractère docile. Ironiqt. C’est comme cela qu’on donne les gants au roi, en parlant à qqn qui présente qqch d’une manière peu convenable. || /’. plaisant. Perdre ses gants, son innocence (en parlant d’une fille). Mainte fille a perdu ses gants. Et femme au partir s’est trouvée, l.a k. Contes, F. du roi de Garbe. \\ Spécialt. Bonne main. Avoir les gants de qqch, en avoir le profit. [Cf. l’espagn. para guantes, pour avoir des gants, pour boire.) J’ai grand regret de n’en avoir les gants, LA F. Contes , Troqueurs. P. ext. Se donner les gants de qqch, s’en attribuer le mérite. || P. anal. — de Notre-Dame, nom donné à diverses fleurs en forme de doigt de gant (gantelée, ganteline, digitale, ancolie).

GANTELÉE [gant’-lé ; en vers, gan-te-lé] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gant, §§ 63, 118. || 1545. L’herbe... que les Francoys nomment gantelée, G. guéroult, Hist. des plantes, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Bolan.) Campanule en forme de doigt de gant.

GANTELET [gant’-lè ; en vers, gan-te-lè] s. ?«.

[ÉTYM. Dérivé de gant, g§ 63, 134. || XIIIe s. Gantelès de baleine, Ordonn. dans e. boileau, Livre des viest. p. 371, Depping.] || Gant, recouvert de lames d’acier, faisant partie de l’armure d’un chevalier. || P. anal. Morceau de cuir dont les chapeliers, les cordonniers, les bourreliers, se couvrent la paume de la main. || Bandage de chirurgie couvrant la main et chaque doigt.

  • GANTELINE [gant’-lin’ ; en vers, gan-te-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gant, §§ 63 et 100. || 1820. Dict. des sciences nat.] || (Botan.) Espèce de campanule.

GANTER [gan-té] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gant, § 154. || XVI» s. Main... laquelle estoit gantée, marg. de valois, Heptam. 57.] || Recouvrir d’un gant (la main). Avoir une main gantée et l’autre nue. P. ext. — qqn, lui mettre des gants. Dne personne bien gantée , et, absolt, Des gants qui gantent bien. || Famil. — six, sept, mettre des gants dont la pointure est six, sept. || Fig. Famil. Cela me gante, c’est juste ce qu’il me faut.

GANTERIE [gant’-ri ; en vers, gan-te-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gantier, §§ 65 et 68. || XIVe s. En la fourmagerle Assez près de la guanterie, Mir. de Notre-DamCr dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || Commerce, fabrique, magasin de gants.

GANTIER, 1ÈRE [gan-tyé, -tyèr] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gant, § 115. || 1292. Gantiers, gantières. Rôle de la taille, dans DELB. Rec] || Celui, celle qui fabrique, qui vend des gants.

GARAGE [gà-ràj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de garer, § 78. || 1802. Ordonn. dans goujon, Mémorial forestier, II, 86. Admis ACAD. 1878.] || (Technol.) Action de garer. Bassin de — (pour garer les bateaux). Voie de — (pour garer les wagons).

  • GARANÇAGE [gà-ran-sàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de garancer, § 78. || 1750. Garençage, HELLOT, Art de teinture, p. 521.] || (Technol.) Action de garancer.

GARANCE [gà-râns’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. I || XII* s. La teste ot plus verGARANCER - H47 melle que n’est tains de warance, Alexandre , dans godef CompI

GARDE

Plante de la famille des Rubiacôes dont la racine séchée et pulvérisée fournit une teinture rouge. || P. ext. Teinture qu’on tire de cette plante. || P. ext. Couleur de celte teinture. Teindre en —. P. appas. Le rouge —. Un drap —, rouge garance. Pantalon —, celui que porte en France l’infanterie de ligne.

GARANCER [gà-ran-sé] v. tr.

[ÉTVM. Dérivé de garance, § 154. || 1 1388. Couleur appelée gaurancie, dans du c. garaneus.] || (Technol.) Teindre en garance. ‘GARANCEUR [gà-ran-séur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de garance, § 112. || 1671. Instr. géncr. pour la teinture, dans uttré.] || (Technol.) Ouvrier qui teint en garance.

  • GARANCIÈRE [gà-ran-syér] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de garance, § 115. || (Au sens 1°.) 1700. LIGER, Souv. Mais. rust. dans DELB. Rec]

|| 1° Champ de garance.

|| 2° Atelier de garançage.

GARANT, ANTE [gà-ran, -rânt’] s.)n. et/".

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. wërento, m. s. subst. particip. de wëren, garantir (allem. moderne gewaehren), devenu ‘guerent, guarant, garant, §§ 6, 498 et 499. || Xi<^ s. J’i puis aler, mais n’i avrai guarant, Roland, 290.] || Personne, chose qui assure qqch à qqn. Moyens dont ils se rendront les garants, paSC. Proi-. s. Il est mort, et j’en ai pour garants trop certains Son courage et son nom, uac. Mithr. V, 1. Dieux garants de la foi que Jason m’a donnée, roR\. Mp’d. I, 4. La singularité des faits, la nouveauté même des découvertes, ne sont pas de sûrs garants de l’immortalité, BUFF. Style. Prendre qqn à —, lui demander d’être garant. Elle (la fortune) est prise à — de toutes aventures, L.\. F. Fnh. V, 11. Il Adjectivt. Qui assure qqch à qijn. S’il n’était pas — de tout ce qu’il m’a dit, MOL. Lt. III, 3. Vous me rendez — du reste de sa vie, rac. Rrit. I, 2. Les dieux en sont garants, VOLT. .Mer. IV, 5.

GARANTIE [gà-ran-ti] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de garant, § 68. [1 xn<= s. Ne guarantle ne socors, Éneas, 13.35.] || Action de garantir.

|| 1° Engagement par lequel on assure qqch "a qqn. Vendre un objet avec —. Être breveté sans — du gouvernement. — de droit, due en vertu de la nature des choses. — formelle, qui a lieu en matière réelle, hypothécaire. Le vendeur est tenu de la — à raison des défauts cachés de la chose vendue. Code civil, art. 1641. On emprunt fait sous la — de qqn. jj Appeler qqn en —, le citer pour qu’il tienne l’engagement qu’il a pris. || P. anal. Ils appelaient des lois odieuses en — des actions les plus lâches, montesq. Lett. pers. 145. Bureau de —, oh l’on contrôle, pour en certifier le titre, les matières d’or, d’argent. || P. ext. Ce qui sert de gage. Donner des garanties à qqn. Prêter sous bonnes garanties.

|| 2° Moyen par lequel on assure contre ce qui peut arriver de fâcheux. Les garanties constitutionnelles, qui protègent les droits de la nation. Garanties individuelles, qui protègent la sécurité de chaque citoyen.

GARANTIR [gà-ran-lîr] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de garant, § 154. || XIe s. Jo ne vos puis tenserne guarantir, Roland, 1864.]

|| 1° .assurer (une chose) à qqn sous sa responsabilité. — une créance. Une montre garantie pour dix ans. Le contrôle garantit le titre des matières d’or et d’argent. Les dieux... Garantiront la fol de mes saintes promesses, uac. Ph’kl. v, 1. || P. ext. Certifier sous sa responsabilité. Pour homme de bien je garantis le maître, MOL. Tart. I, 1. Je la garantis (la pièce) détestable, id. Crit. de l’Éc. des f. se. s.

|| 2° Assurer (une personne, une chose) contre qq événement fâcheux. — qqn contre les poursuites. En vain d’un sort si triste on les veut —, coRN. lier, III, 2. Ce sang qui tant de fois garantit vos murailles, ID. Cid, II, 8. Prendre des précautions pour se — du froid. On vêtement qui garantit bien de la pluie.

  • GARBE [gàrb’].

v. gabarit et galbe.

GARBURE [gàr-bûr] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du gascon garburo, m. s. qui paraît apparenté à l’espagn. garblas, sorte de ragoût, § 11. || .\dmis ACAD. 1798.] || (Cuisine.) Soupe de pain de seigle, aux choux et au lard.

GARCE [g’ars’] s. f.

[ÉTYM. Féminin de gars, § 37. || XIIIe s. Si leur soit tostla garce et errant délivrée, adenet, Berte, 492.] || Anciennt. Fille. ] P. ext. Fille de mauvaise vie. 1. GARCETTE [gàr-sef] s. f. [ktym. Dérivé de garce, § 133. || (Au sens I.) XIII« s. Simple guarcete, G. de coincy, dans GODEF. garcete. || (Au sens II.) Admis ACAD. 1835.] 1. Anciennt. Petite fille. (F. garce.)

II. Fig. (Marine.) Petite corde faite de vieux cordages détressés. Châtier un matelot à coups de — . 2. ‘GARCETTE Jgàr-set’] s. f.

[ÉTYM. Empruntédel’espagn. garceta, héron(à aigrette) et, p. ext. « bouquet de cheveux », § 13. || XVI«-XVII« s. Y. à l’article.] il Anciennt. Coiffure de femme où les cheveux sont rabattus sur le front. La Volupté n’avait couverture que ses cheveux qui lui couvraient tout le front, et de là la mode a pris son modèle pour la — de ce temps, d’aub. FoenestCj IV, 17. 3. ‘GARCETTE [gàr-srf] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. garzetta, diminutif de garza. chardon, carde, § 12. || Néolog.] || (Technol.) Petite pince pour épincer le drap.

GARÇON [gàr-son] . ?. m.

[ÉTYM. Origine inconnue ; le mot se retrouve dans l’ital. garzone, l’espagn. garzon, etc. [Cf. gars.) || XIe s. Que n’i adelst esquiers ne garçun, Roland, 2437.1

I. Il l^Enfant du sexe masculin. Elle aeu deux filles et un —. On petit —. Fig. Être traité par qqn en petit —. Être petit — auprès de qqn, sur un pied d’infériorité. Dn grand — . || P. ext. Jeune homme. Un beau —. Fig. Ironiqt. Vous êtes un joU —. Un bon, un brave —. Enfonce ton bonnet en méchant —, MOL. Scap. I, s. || 2’^ Personne du sexe masculin non mariée. Rester —. Un vieux —. Dire adieu à la vie de —, se marier. Un logement de —. (Syn. garçonnière.) Un déjeuner de garçons, d’hommes non mariés, ou d’hommes sans leurs femmes. || — d’honneur, chargé, dans un mariage, d’aller chercher les invités en voiture, d’assister les mariés pendant la cérémonie, etc.

II. Jeune ouvrier travaillant pour le compte de son maître. — tailleur. — serrurier. ||  ! P. ext. Employé subalterne. Un — de bain. Un — de café. Un — de bureau. ‘GARÇONNER [gàr-sô-né] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de garçon, § 154. || XIII» s. n n’a... Garçon qui ne l’ait garçonee, Renart, vu, 485.] || Famil. Jouer avec les garçons, en parlant d’une fille.

  • GARÇONNET [gàr-sô-nè] .y. m.

[ÉTYM. Dérivé de garçon, § 133. || xni« s. Un garsonnet a apelé, Renart, ix, 748.] || Petit garçon. Vêtements pour enfants et garçonnets.

GARÇONNIÈRE [gàr-s5-nyèr] adj. et .<j. f.

[ÉTYM. Dérivé de garçon, § 115. || i xu" s. A toute gent communax garsoniere, Raoul de Cambrai, 1.331.]

I. Adj. fém. Qui aime à jouer avec les garçons. || Substantivt. Cette fille est une — .

II. Famil. Néolof/. s. f. Logement de garçon. 1. GARDE [gàrd’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de garder, § 52. || XI» s. Malvalse t’ai fait soz mon degret guarde, 5< Alexis, 393.]

I. Action de garder. || l» .\clion de veillera ce qu’une personne, une chose ne parte pas, ne se perde pas, n’éprouve pas de dommage. Être mis sous bonne —. Un enfant que Dieu même à ma — confie, R.\c. .llh. v, 2. Et je viens vous chercher pour vous prendre en ma —, coRN. Sicom. v, 6. Les soldats chargés de la — du souverain. Fig. L’amour de ses sujets est une sûre —, ROTROU, Antig. n, 4. jj La — de deux filles est une charge un peu trop pesante pour un homme de mon âge, MOL. Prec. rid. se. 4. Avoir la — d’un enfant. || Sprciall. Féodal.) — noble, bourgeoise (.\Cad. écrit garde-noble, garde-bourgoise\ jouissance par le survivant de deux époux de condition noble, bourgeoise, du bien des enfants jusqu’à l’âge fixé par la loi . à charge de les entretenir et de les élever. Ce que nos coutumes appellent la — noble, laqueUe est fondée sur d’autres principes que ceux de la tutelle, MONTr-O- Espr. des lois, XXXI, 33. || Avoir la — d’un malade. L’interne de —, qui est de garde dans un hôpital. La — d’une maison. Dn chien

GARDE — 1148 GARDE-FOU

de —. Avoir la — d’un poste. Faites doubler la — aux murs, CORN. Cid, II, 6. Monter la —, se rendre au poste pour le garder, et, p. ext. être de garde. Descendre la —, revenir après avoir été de garde, et, fig. trivial, mourir. || Un corps de —, un corps de soldats chargés de la garde d’un poste, et, p. cxt. le l)àliment où ils se tiennent. Mettre qqn au corps de —, l’y enfermer sous les verrous. Ces princesses fumaient avec des pipes qu’elles avaient envoyé chercher au corps de — suisse, ST-SIM. I, 286. || Prendre en — des tapis, des fourrures. P. ext. Les gardes, les fourrures prises en garde. Des fruits de —, qui se gardent sans se gâter.

|| 2° (Escrime.) Action d’éviter un coup. Être en —, se mettre en —. En —, Monsieur ! MOL. B. gent. n, 3. Tenir la — haute, basse. || Flri. Se mettre en — contre qqn, contre qqch, se tenir sur ses gardes, veiller à ne pas se laisser surprendre. P. plaisant. Fig. ns (vos yeux) se mettent sur leur — meurtrière, MOL. Préc. rid. se. 9. Être hors de —, hors d’état de se défendre ou d’attaquer. Léandre pour nous nuire est hors de — enfin, MOL. Et. III, 4. Se donner —, prendre — , et, vieilli, Se donner de —, faire attention à ne pas se laisser surprendre. Donnez-vous de — des faux Christs et des faux prophètes, Boss. llist. univ. II, 23. Prenez — à vous, et, ellipt, — à vous ! commandement aux soldats de se tenir immobiles, prêts à exécuter un commandement. || P. ext. Prendre — à qqn, à qqch, faire attention à qqn, à qqch. Je n’aurais pas pris — à elle, MARIV. Pays. parv. 3. Avec à, de et un infin. Prenez bien — au moins à ne lui point parler du diamant, MOL. B. gent. III, 16. Prenez — de tomber. || N’avoir — de faire qqch, ne pas y songer, en être éloigné.

|| n’a — d’aller avouer cela, MOL. Scap. I, 4. Cette pièce... n’a — d’être dans les règles, coRN, Mi^l. Exam.

II. Ce qui sert à garder.

|| 1° Personnes qui gardent, | 1. Ceux qui montent la garde dans un poste. La — montante, descendante, qui va prendre, qui quitte le service. Relever la —, remplacer ceux qui ont fait leur temps de faction. Spécialt. La — , soldats ou agents de police placés dans un lieu de la ville, pour la sûreté publique. Appeler la —. || P. ext. Patrouille.

La — passe. || 2. Grand —, petit corps de troupe placé en avant d’un campement pour prévenir une surprise. — avancée, dite autrefois — folle, placée, pour plus de sûreté, en avant de la grand garde. || 3. Soldats chargés plus particulièrement du service auprès d’un souverain. La — qui veille aux barrières du Louvre, malh. Poës. 11. Les archers de la —. La — française, chargée de garder les avenues des lieux où le roi était logé. Ellipt. Un — française (un soldat de la garde française), et, au plIIr. abusivt. Des gardes françaises. La — royale, impériale, et, ellipt, La —. Les cuirassiers de la — (sous Napoléon). La vieille —, composée des plus anciens soldats. La jeune —. || 4. — nationale, milice composée des citoyens armés pour le maintien de l’ordre. — nationale mobile, troupe levée dans certaines circonstances pour seconder la troupe de ligne. — municipale (dite plus tard — républicaine, — de Paris), sorte de gendarmerie créée pour le service de Paris. || s. — d’honneur, troupe chargée du service de l’escorte, de la garde d’un personnage auquel on rend les honneurs militaires.

|| 2° Choses qui gardent. Les gardes d’un livre, feuillets blancs placés entre les pages du livre et la couverture. ||

La — d’une épée, d’un poignard, partie qui sert à couvrir la main, il lui enfonça son épée dans le sein jusqu’à la —. || Les gardes d’une serrure, pointes de fer destinées à entrer dans le panneton de la clef, pour qu’une autre clef ne puisse tourner dans la serrure. || (T. de jeu.) Avoir une — à carreau, àtrèfle, etc., une carte basse de carreau, de trèfle, etc., qui en protège une de valeur. || Fig. Elle mit une — de prudence sur ses lèvres, flégh. Aiguillon.

2. GARDE [gàrd’] s. m. et f.

[ÉTYM. Tiré de garde 1, § 37. || XIIe s. Sonious gardes de sa povreteit, Dial. Grégoire, p. 133.] || Celui, celle qui a la garde de qqn, de qqch.

|| 1° S. m. Soldat de la garde d’un souverain. Ses gardes affligés Imitaient son silence, autour de lui rangés, rac. Phèd. V, 6. || — royal, — municipal, — national, soldat de la garde royale, municipale, nationale. || Gardes nobles, chargés de la garde de la personne du pape. || Gardes du corps, cavaliers de maison noble chargés de garder la personne du roi. || — champêtre, agent préposé à la garde des propriétés rurales. || — forestier, agent préposé à la conservation des forêts de l’État. \\ — du commerce, agent chargé de mettre à exécution les contraintes par corps. || Les gardes de la marine, et, ellipt, Les gardes-marine, officiers de marine (créés par Colbert) remplacés aujourd’hui par les aspirants. || — des sceaux, le ministre de la justice, auquel sont confiés les sceaux de l’État. (Cf. garde-scel.) || 2o s. f. Une —, femme qui garde les malades. [Cf. garde-malade.) M. de Savoie la servit durant cette maladie comme aurait fait une —, ST-siM. il, 357.

GARDE-BARRIÈRE [gàr-de-bâ-rvèr] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et barrière, § 209. Il Néolog. Admis ACAD. 1878.] || Employé chargé de garder une barrière (pour percevoir l’octroi, interdire l’accès d’une voie ferrée, etc.).

GARDE-BOIS [gàr-de-bwà] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et bois, § 209. || 1617. Thresor des trois langues, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1694.] || Agent chargé de garder les bois d’un domaine.

GARDE-BOURGEOISE [gàrd’-bour-jwàz’].

v. garde 1.

GARDE-BOUTIQUE [gar-de-bou-tïk’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et boutique, § 209. Il 1642. ouD. Admis ACAD. 1718.]

|| 1° Vieilli. Objet que le marchand garde parce qu’il n’est pas de vente. [Sgn. garde-magasin.) || P. ext. Fig. Un fidèle miroir est un —, dufresny, Poésies, Étr. de Mercure.

|| 2° Nom donné au martin-pècheur, oiseau dit aussi drapier, parce que sa dépouille passe pour éloigner les teignes, les mites.

  • GARDE-CANAL [gàr-de-kà-nal] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et canal, § 209. || Néolog.] || Agent chargé de surveiller un canal.

  • GARDE-CENDRE [gkr-de-sândr’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et cendre, §209. Il Néolog.] || Galerie placée en avant du foyer d’une cheminée, pour retenir la cendre, les charbons. [Cf. garde-feu.)

GARDE-CHASSE [gàr-de-chas’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et chasse, § 209. 1 || 1690. FURET. Admis ACAD. 1694.] || Agent chargé de garder une chasse réservée.

  • GARDE-CHIOURME [gàr-de-chyourm’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et chiourme, § 209. Il Néolog.] || Surveillant de la chiourme, des galériens.

GARDE-CORPS [gàr-de-kor] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et corps, § 209. Désigne une sorte de vêtement en anc. franc. || (Au sens actuel.) 1690. furet. Admis ACAD. 18.35.] || (Marine.) Balustrade qui garnit le bord d’un navire. (Cf. garde-fou.) || Faux —, cordage fixé à la tête du beaupré pour diriger ce mât quand on le met en place.

  • GARDE-CÔTE [gàr-de-kôf] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et côte, § 209. Il 1617. Vaisseaux de guerre garde costes, Mercure franc, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° Vaisseau chargé de garder les côtes.

|| 2° Soldat chargé de la surveillance, de la garde des côtes. Valets à qui Pontchartrain donnait les emplois de gardecôtes, ST-SIM. XII, 285.

  • GARDE-CROTTE [gàr-de-krof] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et crotte, § 209. Il Néolog.] || (Technol.) Bande de cuir fixée au-dessus des roues pour garantir de la crotte, de la boue, ceux qui sont dans une voiture.

GARDE-ÉTALON [gàr-dé-tà-lon] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et étalon, § 209. Il 1700. LiGER, Nouv. Mais. rust. dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1798.] || Agent chargé de garder les étalons dans les haras.

GARDE-FEU [gàr-de-feîi] s. m.

[ÉTY’M. Composé de garde (du verbe garder) et feu 1, § 209. Il 1680. RICHEL. Admis ACAD. 1740.] || Grille, toile métallique qu’on met devant une cheminée ou foyer, pour préserverdu feu. (C/". garde-cendre.)

GARDE-FOU [gàr-de-fou] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et fou 2, §209. Il 1611. COTGR.] || Balustrade, parapet dont on garnit le bord d’un fo’ssé,

GARDE-FRAISIL

d’un pont, etc., pour empêcher qu’on ne tombe. (Cf. garde-corps.)

  • GARDE-FRAISIL [gàr-de-frè-zi] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et fraisil, §209. Il Npolor/.] || (Technol.) Plaque de fer qui entoure l’àtre d’une forge et retient le fraisil.

GARDE-MAGASIN [gàr-de-mà-f ; ;i-zin] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et magasin, § 209. Il 1690. FURET. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° Employé chargé de garder un magasin.

|| 2° P. ext. Vieilli. Objet que le marchand garde, parce qu’il n’est pas de vente. (Syn. garde-boutique.) ‘GARDE-MAIN [gàr-de-min] s. m.

[ÉTYM. Composé lie garde (du verbe garder) et main, § 209. Il Nrolo(].] || Papier qu’on met sous sa main en écrivant, en dessinant, en brodant, etc., pour ne pas ternir l’ouvrage auquel on travaille. [Cf. sous-main.)

GARDE-MALADE [gàr-de-mà-làd’] s. 7)i. et f.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et malade, § 209. Il Admis ACAD. 1835.] || Celui, celle qui garde les malades.

GARDE-MANCHE [gàr-de-mânch’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et manche, § 209. Il 1642. Garde-manches, ou D. Admis ACAD. 1835.] || Fausse manche qu’on met par-dessus les manches du vêlement pour les préserver pendant qu’on travaille.

GARDE-MANGER [gàr-de-man-jé] s. vi.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et manger (subst.), § 209. Il 1285. Li gardemengiers fera la pale, dans GODEF. gardemangier. || 1397. Du estuy... pour mettre un gardemengier, dans laborde. Émaux, p. 327.] || Lieu où l’on conserve les aliments. || Spécialt. Petite armoire formée de châssis tendus de toile métallique, laissant passer l’air, et où l’on conserve les aliments. Des — .

GARDE-MARINE [gàr-de-mà-rin’].

v. garde 2.

GARDE-MARTEAU [gàr-de-màr-tô] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et marteau, § 209. Il 1669. Ordonn. dans isambert, Rec. cjcn. des anc. lois franc, XVIII, 257. Admis ACAD. 1718.] || Anciennt. Officier de la maîtrise des eaux et forêts, dépositaire du marteau avec lequel on marquait les arbres destinés à être coupés.

GARDE-MEUBLE [gàr-de-meubl’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et meuble, § 209. || 1680. RICHEL.]

|| 1° Bâtiment où l’on garde des meubles. Spëcialt. — de la couronne, — national, où l’on garde les meubles du souverain, de l’État.

|| 2° Officier chargé de la garde des meubles de la couronne.

  • GARDE-MINE [gàr-de-min’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et mine, §209. Il Néoloq.] || Agent, dit autrefois conducteur des mines, servant d’auxiliaire aux ingénieurs.

  • GARDÉNIA [gàr-dé-nyà] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des naturalistes gardénia, m. s. nom donné par linné à cette plante en l’honneur du botaniste écossais Garden (1728-1792). On trouve qqf gardène (engycl. méth. 1786). || 1777. kncycl. SuppL] || (Botan.) Arbrisseau de la famille des Rubiacées.

GARDE-NOBLE [gàr-de-nôbl’]

V. garde 1 et 2.

GARDE-NOTE et mieux * GARDE-NOTES [gàr-denôt’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et note, §209. Il 1611. Notaires et gardenotes du roy, dans DELB. Rec] || Vieilli. Celui qui a la garde des minutes des contrats, des rôles, des pièces de procès. Notaire, conseiller — .

GARDE-PÊCHE [gàr-de-pèch’] * -. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et pèche, §209. Il Admis ACAD. 1762.] || Agent chargé de la police des rivières, des fleuves.

  • GARDE-PLATINE [gàr-de-plà-lin’] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et platine, §209. il 1751. ENCYCL. bas.] || (Technol.) Pièce de métier à bas qui garantit les platines du contact de la presse. || Morceau de cuir ou d’étoffe qui sert à garantir la platine d’un fusil.

149 - GARDE-ROBE

  • GARDE-PORT [gàr-de-por] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et port § 209. || Néolog.] || Agent chargé de recevoir et de placer les marchandises déposées par bateau dans le port d’une rivière.

GARDER [gàr-dé] v. intr., tr. et pron.

[ÉTYM. Emprunté du german. wardon (allem. moderne warten), veiller, être sur ses gardes, devenu guarder, garder, S.§ 6, 498 et 499. || XI» s. Sit guarder al por amor Alexis, SItAlexis, 152.]

I. v. intr. Éviter que qqch ait lieu. Garde bien qu’on te voie, CORN. Cid, III, 4. Gardez qu’avant le coup votre dessein n’éclate, rac. Andr. III, 1. Gardons d’être surpris, mue. Pourc. 1, 1. Il 1’. ext. Veiller à éviter de faire qqch. A ces honteux moyens gardez de recourir, CORN. Rodorj. III, 2. Et gardez de rien dire, .mol. Èc. des f.\, 1.

II. v. pron. Se — de. || 1. Éviter de faire qqch. Gardezvous, leur dit-il, de vendre l’héritage, la k. Fah. v, 9. Gardezvous de la quitter des yeux, MOL. Éc. des f. v, s. || 2. Veiller à se préserver de qqch, de qqn. De ses fureurs songez à vous —, RAC Mithr. IV, 2.

III. v. tr. Préserver de qqch. Des roses que sa main gardera de vieillir, rac. Poés. 3. Ce qui est nécessaire pour nous — de toute injure, pasc. Prov. 14. || Absolt. Que Dieu vous garde, et, vieilli. Dieu vous gard (veille à vous préserver de tout mal). Dieu vous gard, mon frère ! MOL. F. sav. II, 2. Dieu te gard, Nicodème, hauteroghe, Deuil, se. 16. Grand Dieu, gardez donc son innocence, mass. Tentai, des fjrunds, 3. Il AbsoU. Préserver (qqn, qqch). — un dépôt, des enjeux.

Le bâtiment où sont gardées les archives. Donner des fourrures à —. Du vin, des fruits qui ne se gardent pas. Être chargé de — la maison. — les bois, la chasse. — les troupeaux. Loc. prov. Trivial. Nous n’avons pas gardé les cochons ensemble (pour reprocher à qqn une familiarité choquante^. — les manteaux, les cannes, les parapluies. — les balles (au jeu de paume ;. Flg. — les manteaux, les balles, et, vieilli, — le mulet, attendre à la porte pendant que qqn se divertit. Et moi, durant ce temps, je garderai les balles, CORN. Place Royale, II, 7. P. ext. En donner à — à qqn, lui en faire accroire. Ne m’en donnes-tu point à — ? MOL. B. gent. III, 10. || — un malade. | || Les soldats chargés de — la personne du souverain. || — les remparts, — un poste, — les côtes. || (Jeu de cartes.) Se — à carreau, à trèfle, etc., préserver une grosse carte de carreau, de trèlle, etc., à l’aide d’une petite. Fig. Famil. Se — à carreau, prendre ses précautions. || P. ext. Empêcher de partir. — un prisonnier. Il est gardé à vue. Il suffira de trois à me —, CORN. Poly. IV, 1. — qqn à diner. — longtemps un fournisseur, un serviteur, un employé. — un objet en gage. — de l’eau dans la bouche. — la minute d’un acte. — copie d’une lettre. Il garde pour lui les meilleurs morceaux. || Ne pas quitter. — son chapeau sur sa tète. — son manteau, ses gants. || Fig. — son innocence. — ses illusions. — sa fraîcheur. — son rang. — le souvenir de qqn, de qqch. — un secret. Qu’il te souvienne De — ta parole, CORN. Cinna, V, 1. Crains Dieu et garde ses commandements, boss. D. d’Orl. || — remcune à qqn. — une dent contre qqn, lui garder rancune. Ellipl. J’en parlai au comte de Toulouse, qui abhorrait Pontchartrain et qui la lui gardait bonne, st-sim. XII, 285. — le silence. || P. ext. Réserver. On lui a gardé son dîner. — une poire pour la soif, et, fig. réserver qqch pour les circonstances qui pourraient se présenter. Il a vu quel accueil lu gardait ma colère, cORN. Hor. v, 8. C’est le prix que vous gardait l’ingrate, RAC. Andr. II, s. || Ne pas quitter lun lieu). — la chambre. — le lit. P. anal. — les rangs. — les arrêts.

  • GARDERIE [gàrd’-ri ; en vers, gàr-de-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de garder, § 69. || XVI« s. Salles, chambres et garderies, vigenère, dans DELB. Rec.] || Asile où l’on garde les enfants en bas âge pendant que la mère va travailler. [Cf. crèche.)

  • GARDE-RIVIÈRE [gàrd’-ri-vyèr ; e« i’e/\y, gàr-de-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et rivière, § 209. Il Xéolog.] || Agent chargé de la police d’une rivière.

1. GARDE-ROBE [gIIrd’-rob’ ; en vers, gàr-de-...] s. f.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et robe, § 209. Sur le genre, v. § 211. || XIIIe s. CU fet prendre toute sa robe Et mettre en une garderobe, dans montaiGLO.N et RAY’NAUD, Rec. dc fabliaux, I, 247.]

I. Chambre, armoire où l’on serre les robes, les haGARDE- ROBE H50 — GARGOTER bits. ANDRÉE : Est-ce, Madame, qu’à la cour une armoire s’appelle une — ? — LA COMTESSE : Oui, butorde, on appelle ainsi le lieu où l’on met les habits, MOL. Escarb. se. 2. || P. eo’A.

Les robes, les habits d’une personne. Avoir une — riche. Officier, valet de la —, préposé à la garde des vêtements du roi. il P. anal. Plante odorante qui garantit les vêtements des mites. (Cf. garde-boutique.)

II. Cette même chambre où l’on mettait une chaise percée, n demanda ma — et y monta en grande hâte, st-Sim. I, 151. Il P. ext. I 1. Cabinet d’aisances. AUer à la —.1 2. Évacuation. Il a eu plusieurs garde-robes abondantes.

2. GARDE-ROBE [gàrd’-rùb’ ; en vers, gàr-de-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et robe, § 209. Il XYi^ s. Garderobes et tabliers, J. DE montlyard, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1798.] || Vieilli. Tablier à manches. Dn — gras, Régnier, Sat. 11.

GARDE-RÔLE [gàrd’-rôl ; en vers, gàr-de-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et rôle, §209. il 1690. Garde-roUe, furet.] || Anciennt. Officier de la chancellerie chargé de garder les rôles des oppositions faites à la résignation des offices.

GARDE-SACS [gàr-de-sal<‘] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et sac, §209. || 1690. FURET. Admis ACAD. 1798.] || Anciennt. Celui qui avait la garde des sacs contenant les pièces des procès. Greffier — .

GARDE-SCEL [gàr-de-sèl] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et scel, ancienne forme de sceau, § 209. || 1637. Mercure franc, dans DELB. iJec. Admis AG.\D. 1878.] || Ancieîint. Officier chargé de sceller les expéditions des actes de chancellerie.

  • GARDE-SCELLÉS [gàr-de-sè-lé] s. ?«.

[ÉTY.M. Composé de garde (du verbe garder) et scellé, 5 209. Il Néolog.] || Celui à qui est confiée la garde des scellés.

GARDEUR, EUSE [gàr-deur, -deuz’] s. m. et f.

[ÉTY.M. Dérivé de garder, § 112. || XW^ s. Teus gardeors Que il conut a des meillors, beneeit, Ducs de Norra. 34795.] il Celui, celle qui garde (qqch). || | Spécialt. \ 1. Celui, celle qui garde des animaux. Un — de troupeaux. Une gardeuse de dindons. || 2. Aux halles de Paris, employé préposé a. la garde, au chargement des voitures, qui perçoit le droit de stationnement sur les voitures, marchandises, etc.

GARDE-VAISSELLE [gàr-de-vè-sèl] i’. m.

[ÉTY.M. Composé de garde (du verbe garder) et vaisselle, ^ 209. Il XVIt> s. Escuyer de cuisine et gardevaisselle, LOUIS

GUYON, dans DELB. Rec] || Officier qui a la garde de la vaisselle (d’un prince).

GARDE-VENTE [gàr-de-vânf] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et vente, 5 209. Il 1669. Ordonn. dans is.^.mbert, Rec. gén. des anc. lois franc, XVIII, 238. Admis ACAD. 1835.] || Celui qui est chargé de l’exploitation des coupes de bois , pour l’adjudicataire. Chaque adjudicataire sera tenu d’avoir un facteur ou — assermenté. Code forestier, art. 31.

GARDE-VUE [gàr-de-vu] s. m.

[ÉTYM. Composé de garde (du verbe garder) et vue, § 209. Il 1788. SALM0N, Art du potier d’étain, p. 131. Admis ACAD. 1878.] || Visière pour garantir de la lumière. || 1 Sorte d’abatjour.

GARDIEN, lENNE [gàr-dyin, -dyèn’] s. m. et f.

[ÉTYM. Ane. franc, gardenc, dérivé de garde, § 142, devenu gardien par substitution de suffixe, §§ 62 et 97. || i XII« s. Et tôt entor mist ses guardens Ki veillassent la nulttoz tens, Énéas, 4893. || XIVe s. Se li gardien A ce tuit assentoient bien, guill. de machault, p. 30.] || Celui, celle qui a la garde, la surveillance intérieure d’un bâtiment, d’un lieupublic, etc. Les gardiens d’un musée. || — des scellés. || Fig . — de la paix, agent de police. [, Spécialt. Supérieur de certains couvents, grand maître de l’ordre de la Jarretière, etc. || P. appos. (Théol.) Ange — , qui veille sur chaque homme de sa naissance à sa mort.

GARDON [gar-don] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XIIIe s. Cil qui mangue les gardons,

G. DE COINCY, dans GODEF. CotnpL] || (Hist. nat.) Petit poisson d’eau douce dont la chair

  • st estimée. Loc. prov. Vieilli. Frais comme un — . 1. GARE [gâr] interj.

[ÉTYM. Tiré de l’impératif de garer, § 50. || XVI’^ s. Guare, voy le ci ! RAB. IV, 33.] || Famil. Avertissement d’avoir à se garer. — qu’aux carrefours on ne vous tympanise, MOL. Èc. des f. I, 1. — la cage ou le chaudron ! LA F. Fab. I, S. Un cocher qui pousse ses chevaux sans crier —. Fig. Sans leur dire — elle (la mort) abat les humains, MOL. Et. II, 3. 2. GARE [gâr] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de garer, § 52. || 1690. furet. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° Bassin naturel ou artificiel qui sert de port dans les rivières. [Cf. garage.)

|| 2° P. ext. Emplacement ménagé sur un chemin de fer pour charger et décharger les marchandises ; pour abriter un convoi pendant qu’un autre convoi passe ; pour embarquer et débarquer les voyageurs. — militaire, pourvue d’un grand nombre de quais, pour servir en cas de guerre ou de mobilisation. Un chef de — .

GARENNE [gà-rèn’ ; anciennt, -ràn’] s. f.

[ÉTYM. Du bas lat. warçnna, ?«. s. dérivé du même radical german. que guérir, §§ 6, 99, 498 et 499. i] XIIIe s. Tant chevauche bois et garanne Qu’en la cit vint de Theroane, Renart, x, 283.]

|| 1° Vieilli. Lieu de réserve pour la pêche, la chasse. || P. anal. — à poisson, réservoir pour le poisson dans les étangs. Il P. ext. Tabacs en —, en entrepôts.

|| 2° Spécialt. Lieu entouré de murs, de fossés ou de treillages, et peuplé de lapins. || P. ext. Bois, bruyère, oII le lapin abonde. Un lapin de — .

GARENNIER [gà-rô-nyé ; anciennt, -rà-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de garenne, § 115. || XIIe-xIIIe s. Des forestiers et de vsrarenniers. Charte de Jean sans Terre, dans GODEF. garenier.] || Celui qui garde une garenne.

GARER [gâ-ré] v. tr.

[ÉTYM. Autre forme de guérir (anciennement garir\ qui paraît être un infinitif refait par erreur d’après le futur garrai, contraction de gariral, § 627. || 1564. Garrer un bateau,

J. THIERRY, Dict. franç.-lat.] il 1° Mettre hors de l’atteinte de qqch. Se —, — qqn des voitures. L’abbé voulait tuer Arnaud, gui s’en gara bien, st-sim. 1,58.

|| 2° Spécialt. Mettre (un bateau) à l’abri dans un bassin. || Mettre (un convoi) à l’abri dans un emplacement ménagé sur la voie ferrée.

  • GARGAMELLE [gàr-gà-mèl] s. f.

[ÉTY.M. Emprunté du provcnç. gargamela, m. s. mot de formation obscure, mais dont le premier élément se retrouve dans l’anc. franc, gargate (v. gargoter), §11.11 i^68.

La gargamele ou gosier, dans du C. gargalio.] il Pop. Gosier. Je vais me rafraîchir un peu la —, n.\UTEROCHE, l’Amant qui IV ; flatte point, IV, 9.

GARGARISER [gàr-gà-ri-zé] v. tr.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gargarlzare, grec Yipyapi^etv, m. s. || XIV« s. Gargarizier, Somme M" Gautier, mss franc. Bibl. nat. 1288, f 49, v».] || Humecter (l’entrée de la gorge) avec un liquide qu’on y laisse séjourner un moment, en l’agitant par un mouvement d’aspiration. Se — la gorge, et, ellipt, Se — .

GARGARISME [gàr-gà-rïsm’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gargarisma, grec Yapyipiffjia, m. s. || XIIIe s. Livre de fisique, dans GODEF. Co ?nj)l.] || Liquide préparé pour gargariser la gorge.

GARGOTAGE [gàr-gô-taj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gargoter, §§ 69 et 78. || 1642. Gargotterie, OUD. || 1690. Gargottage, furet, ACAD. admet gargotage en 1718.] || ] Cuisine semblable à celle qu’on fait dans une gargote.

GARGOTE [gàr-gôt’j s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gargoter, au sens I, § 52. H 1680. RICHEL.] || Restaurant de bas étage.

GARGOTER [gàr-gô-té] v. intr.

[ÉTYM. Pour gargater, dérivé de l’anc. franc, gargate, gosier, §g 62, 154 et 167. [Cf. gargamelle.) Le sens II a été tiré après coup de gargote, § 154. || XIVe s. En garguetant dedensleur gueulle, GaST. pIIébus, C/iasse, dans GODEF. gargueter.]

I. Vieilli et dialect. Faire du bruit en bouillonnant.

GARGOÏERIE — 1161 GARNISON

Pourvu que nous ayons de quoi faire — la marmite, Caquets de l’accouchre, 7. II P- anal. Boire, manger malproprement.

II. Fréquenter Ifs gargotes.

  • GARGOTERIE [gàr-gÔt’-ri ; en vers, -gô-te-ri] * . /".

[ÉTYM. Dérivé de gargotier, §§ 65 et 68. || XVII« s. v. à l’article.] || Vieilli. Gargote. Dans les collèges et dans les gargoteries, FURET. I(07n. ôourr/. II, 110.

GARGOTIER, 1ÈRE [gàr-gù-tyé, -tvèr] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gargote, § 115. || 1642. OUD.] || Celui, celle qui tient une gargote. Fils de paysan ou de —, FURET. liom. l/oIIrg. II, 79. jj Fi(f. Celui, celle qui fait la cuisine comme on la fait dans une gargote.

  • GARGOUILLADE [gàr-gou-yàd’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gargouille, S 120. [Cf. gargouillée.) || 1757. ENCYCL. Admis acau. 1762 ; suppr. en 1878.]

|| 1° Trait de chant confus qui rappelle le bruit de l’eau tombant d’une gargouille.

|| 2° P. ext. Pas de danse en pirouette. [Cf. tortillé.) Quoiqu’un peu pesant, tenez, Je fais presque la —, fagan, Oriç]. se. 15.

GARGOUILLE [gàr-gouv’] s. f.

[ÉTYM. Origine incertaine. Peut-être apparenté à l’espagn. gargol, provenç. gargalh, jable, rainure. || 1295. Pro iapidis vocatis gargoules quadrigandis, dans du c. gargoula.]

|| 1° Dégorgeoir en saillie par lequel l’eau des gouttières, des chéneaux, tombe à dislance des murs, et qui, dans certains édifices, a la forme d’un serpent, d’un dragon à gueule béante. || Fig. Figure d’un dragon portée en procession à Rouen, le jour de la fête de saint Romain, qui passe pour avoir délivré la ville d’un dragon. Douter de la — de Rouen, volt. Mél. littév. Lett. chin. 2. [Cf. gringole.)

|| 2° P. anal. Ouverture par laquelle se déchargent les eaux d’une gouttière. Cordon de pierre sur lequel sont établis des tuyaux de conduite. || Tuyau de fonte logé dans les trottoirs, pour l’écoulement de l’eau des maisons, il Conduit qui assemble les produits de la combustion et les amène dans la cheminée d’un haut fourneau.

|| 3° P. ext. Anneau qui termine les branches d’un mors de cheval. || Entaille pratiquée au pied du poteau d’une cloison pour recevoir le bout d’une solive.

  • GARGOUILLÉE [gàr-gou-yé] * . /".

[ÉTYM. Dérivé de gargouille, § 119. (Cf. gargouillade.) | || 1732. TRÉV.] || Vieilli. Chute d’eau d’une gargouille.

GARGOUILLEMENT [gàr-gouy’-man ; en vers, -gouye-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gargouiller, § 145. || 1542. r. est. dans

GODEF. Compl. Admis agad. 1740.]

|| 1° Bruit que fait l’eau en tombant d’une gargouille. il 2° P. anal. Bruit que produit le déplacement de certains liquides dans l’estomac, dans les intestins, etc.

GARGOUILLER [gàr-gou-yé] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de gargouille, § 154. || XIV"^ s. Les mets gargouillent , ÉVRART DE CONTY, dans GODEF. Compl. Admis agad. 1718.]

I. v. intr. Produire un bruit semblable à celui de l’eau qui tombe d’une gargouille. Spécialt. En parlant du canal digestif, où certains liquides se déplacent.

II. v. tr. (Tcchnol.) Dresser (un fût de colonne) en le faisant passer avec du grès dans un marbre creusé.

GARGOUILLIS [gàr-gou-yi] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gjirgouiller, § 82. || 1581. Au gargouillis d’une source écartée, bIIIAGUE, dans GODEF. Compl. Admis AGAD. 1718.] || Bruit semblable à celui de l’eau tombant d’une gargouille.

  • GARGOULETTE [gàr-gou-lef] s. f.

[ÉTYM. Semble dérivé de gargouille d’après l’anc. forme gargoule, § 133. || 1397. Couppe d’argent dorée a trois gargoulettes par desseure, dans DELB. Rec.] || Vase poreux à long col étroit où l’eau se rafraîchit par évaporation.

GARGOUSSE [gàr-gous’] et, r/ei/// , * GARGOUCHE [gàr-gouch’J .V. /•.

[ÉTYM. Altération de cartouche, §§ 12 et 509. || 1643.

Gargouche, fouhmer, Hi/drogr. .\dmis acau. 1718.] || ^T. IIIilil.) Charge d’une bouche à feu, dans son enveloppe.

  • GARIDELLE [gà-ri-dcl] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des naturalistes garldella (tournefort), du botaniste provençal P.-J. Garidel (1658-1737), §§ 36 et 47. Il 1752. trév. Admis agad. 1762, et écrit par erreur gavidelle ; suppr. en 1798.] || (lîolan.j Ancien nom d’une plante de la famille des Renonculacées.

GARIGUE [gà-rig’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. garriga, m. s. d’origine inconnue, qui correspond à l’anc. franc, jarrie, conservé comme nom de lieu, § 11. || XV !" s. Claires guarigues et belles bruyères, RAB. III, 2. Admis agad. 1798.] || iJialect. (Midi). Terre incuite.

  • GARIPOT [gk-ri-pô] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. (Cf. galipot.) || 1 x\i’s. Le garipot et le pinastre, ou pinet, Ùioscoride , dans DELB. Rec] || Vieilli. Épicéa, variété de pin.

  • GARITE [gk-rit’]. v. guérite.
  • GARLANDAGE [gkr-lan-dàj’] j. m.

[ÉTYM. Dérivé de garlande, anc. forme de guirlande, §78. (Cf. galandage.) || Néolog.] il (Marine.) Rebord que présente le tour de la hune.

GARNEMENT [gàr-ne-man] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de garnir, § 145. || XI« s. De vaissels, de deniers et d’altre guarnement, Voy. de Charl. à Jérus. 84.]

I. Anc. franc. Ce qui garnit, protège.

II» P. ext. Un mauvais, un mécliant —, et, elllpt, Un — , un mauvais sujet. Que vous preniez tout l’air d’un mécliant —, MOL. Tari. I, 1. On étrange —, ST-al.M. III, 430.

GARNIR [gkr-nîr] r. tr.

[ÉTYM. Emprunté du german. warnian (allem. moderne warnen, avertir), dont le sens primitif est « refuser », par extension « protéger » (qqch contre qqn), devenu guarnir, garnir, §§ 6, 498 et 499. || XI« s. Tant aprist letres que bien en fut guarniz, St Alexis, 34.] il 1° Enlourer de qqch qui protège. Les remparts étaient g£irnis de leurs défenseurs. Garnissez l’Aventin, vult. Catil.

IV, 2. Dn navire garni de canons. Un gauitelet garni de lames d’acier. || i Absolt. — des bas, les renforcer au talon, au bout du pied. Se —, être gsurni contre le froid, bien couvert. || Spécialt. Se —, en parlant d’une femme, s’entourer de linges, lorsqu’elle a ses règles, lorsqu’elle est en couches.

|| 2° Compléter (une chose) en y mettant ce qu’elle est destinée à contenir. — le four (du bois nécessaire pour la fournée). — une quenouille (de laine). — une bibliothèque (de livres), un buffet (de vaisselle). — un nécessaire (des pièces qui le composent). Avoir la bourse, le gousset garni (d’argent). Une maison, un hàtel garni, un appartement garni (qui se loue meublé). C’est un logis garni que j’ai pris tout à l’heure, MOL. Et. v, 4. Au part, passé employé substantivt. On garni, maison, chambre qu’on loue meublée. Tenir  ; un garni. Loger en garni. 1 || Spécialt. (Technol.) Garnir de | pierre les intervalles des assises dans une construction. || Au part, passé pIIs substanIIIt. Un garni, remplissage fait , avec des pierres. i || La aalle se garnit de spectateurs, et, el-  ! lipt, Les loges ne sont pas garnies. Les branches commencent i à se — (de leurs feuilles). Une bouche bien garnie (qui a de , belles dents).  !

Ii 3° Compléter (une chose) en y ajoutant certaines [ parties comme accessoire, ornement. — des fauteuils, en || rembourrant de crin, de laine, le siège, le dossier, les ^ bras. Spécialt. — du drap, en faire ressortir le poil. — | une épée (de sa garde). (Blason.) Épée garnie, dont la garde est d’un autre émail. || Dn manteau garni de fourrures. Une robe garnie de dentelles, etc. i || (Cuisine. ; Due choucroute garnie, accompagnée de jambon, de saucisson, etc. Dne asj siette garnie (de charcuterie assortie). Bouilli garni de persil.

I

GARNISAIRE [gàr-ni-zèr] s. m.

I

[ÉTY.M. Dérivé du radical de garnison, § 248. A remplacé garnisonnaire (trév.). || Admis ACAD. 1798, suppl.] | il 1°J Celui qu’on établissait dans le domicile d’un débiteur pour garder les meubles saisis.

|| 2° Soldat qu’on établissait dans le domicile des pa- || renls dont le fils ne s’était pas présenté à la conscription, || ou chez les contribuables en retard, pour les contraindre.

GARNISON [gkr-ni-zon] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de garnir, § 108. || XIII« s. Aux garnisons qu’il dépendoit, ruteb. p. 91, Kressner.] 1. (Technol.) Action de garnir de qqch. Pièce de —, fixée par la soudure au corps d’une pièce d’orfèvrerie. Ouvrage doré par —, dans certaines parties.

GARNISONNAIRE 1162 — GASTRIQUE

II. Ce qui garnit, protège. || Specialt. \\ l» Ensemble des troupes qui occupent une place de guerre pour la défendre. Mettre — dans une place.

La — fut forcée de capituler || P. ext. Ensemble des troupes qui sont casernées dans une ville. Une ville de —, et. ellipt. famil. One —. Changer de —. La vie de — .

|| 2° Celui ou ceux qui sont établis chez un débiteur pour garder les meubles saisis. Ses associés sont venus mettre —, LES. Turcaret, v, 14.

  • GARNISONNAIRE [gàr-ni-zô-ner]. v. garnisaire.
  • GARNISSAGE [gàr-ni-sàj’] s. m.

[ÉTi-M. Dérivé de garnir, § 78. || | 1785. encygl. méth. Arts et manuf. crins.] || (Technol.) Action de garnir.

  • GARNISSEUR, EUSE [gàr-ni-seur, -seuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de garnir, § 112. || XIII"^ s. Garnisieres a espees, E. BOiLEAU, Licre des mest. I, lXVI, 1.] || (Technol.) Ouvrier, ouvrière qui a pour emploi de garnir les robes, les chapeaux, les meubles, etc.

GARNITURE [gàr-ni-tùr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de garnir, §250. A remplacé l’anc. franc, garneture, garnesture. || 1539. r. est.] || Ensemble des accessoires qui complètent une chose ou servent à la décorer. Une — de cheminée (pendule, candélabres, vases, etc., placés sur le dessus de la cheminée). Dne — de foyer (chenets, pelle, pincettes, etc.). li Une — de comble, lattes, tuiles, ardoises, etc. || Une — de robe, rubans, dentelles, passementeries, etc. || P. e.ri. Une — de boutons, l’assortiment des boutons qui doivent être posés sur un vêtement. || La — d’un plat, les accessoires qui accompagnent la pièce principale. Une poularde avec une — de champignons. Une — de vol-au-vent, crêtes, quenelles, etc. Il La — d’un mât, les cordages, les agrès. || La — d’une forme d’imprimerie, les pièces de bois ou de métal qui servent à séparer les pages dans la forme. 1. GAROU [gà-rou] s. m.

[ÉTYM. v. loup-garou.] || Vieilli. Loup-garou. P. plaisant. Fig. Courir le — , aller en quête d’aventures nocturnes, de débauche. (Cf. garouage.) 2. GAROU [gà-rou] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1700. liger, Nouv. Mais, rust. dans DELB. liée. Admis ACAD. 1762.] || (Botan.) Nom vulgaire de plusieurs variétés de daphné.

GAROUAGE [gà-rou-àj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de garou 1, § 78. || XVI« s. Si vous povez garder ma femme d’aller en guarrouage, Farce d’une/ inanj jaloux, dans Ane. Th. franc, I, 136.] || Vieilli. Quête d’aventures nocturnes, n avait été tué de nuit allant en —, peiresc, Lett. aux Dupuy, 77.

  • GARRON [gà-ron] s. 7n.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. mod. garroun, m. s. d’origine incertaine (cf. jars, mâle de l’oie), § 11. Qqs dictionnaires donnent par erreur garbon. || 1620. La perdrix ou le garron, c’est a dire le masle, e. binet, dans DELB. Rec] || (Fauconn.) Mâle de la perdrix. 1. GARROT [gà-rô] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. (Cf. espagn. garrote, m. s.) \\ XIII«-XIVe s. Li garroz qui lors de la îst, G. guiart, Roy. lign. 17633.] || Bâton (vieilli au sens général). On dit en menaçant qqn qu’on lui donnera cent coups de —, pour dire qu’on lui donnera cent coups de baston, furet. Dict. \\ Specialt. \ 1. Vieilli. Bois d’une flèche, trait d’arbalète. Le flanc mortellement d’un — traversé, Régnier, Dial. \ 2. Bâton que le jardinier dispose pour forcer une branche à changer de direction, | 3. Morceau de bois qu’on passe dans une corde pour la serrer en tordant. || 4. Instrument dont se sert le chirurgien pour comprimer une artère, | s. Supplice du — (en Espagne), strangulation à l’aide d’un collier de fer (autrefois d’un garrot). 2. GARROT [gà-rô] s. 7n.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XIIIe s. Copper les gerrotz, dans GODEF. CompL] || Chez le cheval, le boeuf, etc., partie saillante située au-dessus des épaules, entre l’encolure et le dos. || P. anal. — de l’arçon, partie correspondante de la selle. 3. "GARROT [gà-rô] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1757. encycl.] || (Hist. nat.) Sorte de canard des régions arctiques.

GARROTTER [gà-rô-té] V tr

[ÉTYM. Dérivé de garrot 1, § 154. || XIII<= s. Que il soit guerotiez, Parise la Duchesse, dans GODEF. Co)npl.]

|| 1° (Jardin.) — un arbre, y placer un garrot.

|| 2° Serrer fortement (un fardeau) à l’aide d’un garrot. P. ext. Serrer fortement (qqn) avec des liens. || Fig. Être garrotté par un contrat, lié de manière à ne pouvoir agir.

GARS [gàr ; famil. gd] s. m.

[ÉTYM. Ancien cas sujet de garçon, § 538. || Admis agad. 1798.] || Garçon. C’est un beau — . ‘GARUM [gà-rom’J s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. garnm, grec yâpov, vi. s. || 1545.

Huile, garum et vinaigre, G. guéroult, dans DELB. Rec.\ || (Antiq.) Saumure de poissons salés et aromatisés que les Romains employaient comme assaisonnement.

GARUS [gà-rûs’] s. m.

[ÉTYM. Nom propre d’inventeur, § 36. || 1757. encycl. garium. Admis ACAD. 1762.] || (Pharmacie.) .\lcoolat stomachique.

GASCON, ONNE [gàs’-kon, -kùn’] s. m. et f.

[ÉTYM. Nom propre, § 36 : habitant de la Gascogne, ancienne province de la France.] || Famil. Hâbleur (comme certains Gascons). Se tirer en — d’une semblable affaire, LA F. Fah. vIII, 10. || Adjeclivt. Tout a l’humeur gasconne en un auteur —, boil. Art p.3.

GASCONISME [gas’-kô-nïsm’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de Gascon, § 265. || 1584. v. à l’article. Admis ACAD. 1718.] || (Gramm.) Façon incorrecte de parler, d’écrire (le français, le latin, etc.), due à riulluence du dialecte gascon.

J’avais prié le sieur Estienne de corriger les gasconismes, jos. scaliger, Lett. (1584,, dans DELB. Rec.

GASCONNADE [gâs’-kô-nàd’j s. f.

[ÉTYM. Dérivé de Gascon, nom des habitants de la Gascogne, § 120. || XVI’î-XVIIo s. p. de l’estûile, dans GODEF. CompL Admis ACAD. 1694.] || Famil. Hâblerie de Gascon.

GASCONNER [gâs’-kè-né] v. tr. et intr,

[ÉTYM. Dérivé de Gascon, nom des habitants de la Gascogne, § 154. || XV !* ^ s. Gasconnant leurs jargons, vaUQ. de

LA FRESN. dans GODEF. CompL .-^dmis ACAD. 1798.]

I. Anciennt. v. tr. Voler, dérober, il me gasconna mes plumes, mon canif et mon écritoire, sorel, Francion, p. 172.

II. v. intr. || 1. Vieilli. Hâbler. || 2. Parler français avec l’accent, les articulations des Gascons.

GASPILLAGE [gàs’-pi-vàj’] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaspiller, § 78. || Admis ACAD. 1740.] || Action de gaspiller.

GASPILLER [gâs’-pi-yé] v. tr.

[ÉTYM. Peut-être pour gaspailler, dérivé de l’anc. franc, gaspail, criblure du blé, g 154. Gaspail semble apparenté au provenç. gaspa, petit-lait. La conservation de l’s indique une origine dialectale, § 16. (Cf. le poitevin gapailler.) || XVI’^ s. Gapiller, la boderie, dans GODEF. CompL] || Consommer, dépenser inutilement par une profusion désordonnée. — l’argent, les provisions. || Fig. — le temps.

GASPILLEUR, EUSE [gàs’-pi-véur, -yeuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gaspiller, § 112. || x\i« s. Vastadours et gaspilleurs, J. de mal’MONT, Zonare, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || Celui, celle qui gaspille.

GASTÉROPODES [gâs’-té-rô-pôd’] s. m. pl. ^ .

[ÉTYM. Emprunté avec le grec yacTTT.p, ventre, etTroOç, Ttoôôî, pied, § 279. || 1795. cuvier, dans Magasin encyclop.

II, 448. Admis ACAD. 1878.] || (Hist. nat.) Ordre de mollusques à ventre en forme de disque, sur lequel ils rampent, se traînent.

GASTRALGIE [gâs’-tral-jij s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grec yacjTT.p, estomac, et^Àyoî, douleur, § 279. || Néolog. Admis ACAD. 1835.] || (Médec.) Affection nerveuse de l’estomac.

  • GASTRALGIQUE [gas’-trâl-jik’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gastralgie, § 229. || Néolog.] || (Médec.) Qui appartient à la gastralgie.

GASTRIQUE [gas’-trïk’] adJ.

[ÉTYM. Dérivé du grec yxstt.p, estomac, § 229. || Admis ACAD. 1762.]

GASTRITE — 1103 GATEUX

|| (AIIat.) Qui appartient à l’estomac. Les sucs gastriques.

GASTRITE [ijàà’-trït’] s. f.

[ÉTY.M. iJi-rivé du grec vasTï.p, estomac, § 282. || 1811.

Gastrite ou gastritis, Mozi.N. Dict. /’ranç.-allem. Admis.^CAD. 1835.] || (Médec.) Maladie inflammatoire de l’estomac. ‘GASTROCÈLE [fc’âs’-trô-scl] s. f.

[ÉTY.M. Compo.séavec le grec YaïTT,p, estomac, et xt,)>t,, tumeur, § 279. || | 1772. boissier de s.\l’vages, Nosologie,

H, 3, trad. Gouvion.] || (Mf’ulec.) Hernie de l’estomac. CASTRO-ENTÉRITE [gàs’-trù-an-té-rïl’] s. f. [icTYM. Compose ; avec le grec yauxT.p, estomac, et entérite, § 279. WSéolorj. Admis acau. 1878.] || (Médec.) Inflammation de l’estomac et des intestins.

  • GASTRO-HÉPATITE [gâs’-trô-é-pà-tit’] s. f.

[ÉTY.M. Composé avec le grec vaurr.p, estomac, et hépatite, . ! ; 279. Il Xéolor/.] || fMi’dec.) IntlamIIIalII)n tlo l’estomac et du foie.

  • GASTRO-INTESTINAL, ALE [gâs’-trô-in-tês’-ti-nàl] adj.

[ÉTYM. Composé avec le grec ya5T-r,p, estomac, et intestinal, § 284. Il 1808. BROUSSAIS, Hist. des phlegmasies,

II, 73. 1 || (Médec.) Qui a rapport à l’estomac et à l’intestin.

  • GASTRO-LARYNGITE [gas’-trô-là-rin-jil’] s. f.

[ÉTY.M. Ctjmposé avec le grec yaîtf.p, estomac, et laryngite, § 279. Il Nêolog.] || (Médec.) Inflammation de l’estomac et du larynx.

GASTRONOME [gas’-trù-nôm’] s. m.

[ÉTV.M. Tir.’de gastronomie, § 37. || 1803. Le Gastronome à Paris, CKOZE-MAGNAN, titre. Admis .acad 1835.] || Celui qui est e.vperl dans l’art de faire bonne chère.

GASTRONOMIE [gàs’-trô-nô-mij s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du grec yasTpovoaîa, m. s. \\ 1800.

La Gastronomie, berchoux. titre. Admis ACAD. 1835.] || Art de faire bonne chère. Le poème de la Gastronomie de Berchoux.

GASTRONOMIQUE [gâs’-frô-nô-mlk’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gastronomie, § 229. || Ncolog. Admis ACAD. 1835.] || Relatif à la gastronomie.

  • GASTRO-PÉRITONITE [gas’-trô-pé-ri-tô-nïl’] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grec fx<sxr,a, estomac, et péritonite, § 279. ! || Xéolog.] il (Médec.) Inflammation de l’estomac et du péritoine.

GASTRORAPHIE [gâs’-trô-rà-fi] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec yzs-zaoiooi-çiz, m. s. de ya- 5TT,p, ventre, et pi-T£iv, coudre. || 1(311. COTGR. Admis ACAD. 1798.] || (Médec.) Suture pour réunir les plaies du bas-ventre.

GASTROTOMIE [gâs’-trô-tô-mi] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grec yaatT.p, ventre, et toti-r,, incision, § 279. || 1611. COTGR.] || (Médec.) Ouverture de l’abdomen pour réduire une hernie, débrider un étranglement intestinal, extraire le foetus. Il P. anal. (Art vétérin.) Ponction du rumen. ‘GASUEL [gà-zu-èl]. J’. casoar.

GÂTEAU [gâ-tô ; .V. ;h.

[ÉTYM. Pour gasteau, gastel, § 422, d’origine incertaine : le moyen haut allcm. wastel, m. s. parait emprunté du français || XIIIc s. Gastiel, vu. mousket. lians GODEF. Compl.]

|| 1° Mélange de farine, de beurre, d’oeufs, réduit en pâte, cuit au four, et qqf sucré, aromatisé, garni de crème, etc. — des rois, gâteau mangé le jour des Rois, et contenant une fève qui fait roi du festin celui des convives qui la trouve dans sa part. || Fig. Avoir part au —, au prolit. Se partager le —. || P. anal. — au riz, — de pommes de terre, etc., entremets sucré fait avec du riz, des pommes de terre, etc. || Fig. Famil. (Par jeu de mots sur gâteau et gâter.) Un père —, qui gâte ses enfants.

|| 2° P. e.rt. Masse d’une substance analogue à de la pâte. I 1. Masse de cire formée d’alvéoles où les abeilles déposent leur miel. || 2. Masse de cire ou de terre dont les sculpteurs remplissent les creux du moule. || 3. Masse de résine qui sert à isoler les corps qu’on veut électriser. || 4. Masse de charpie disposée en couches. || s. ^Iasse de métal qui s’est figée dans le fourneau après la fusion. I 6. f.Anat.l — placentaire, la masse du placenta.

  • GÀTE-BOIS [gât-bwd ; en vers, gâ-te-...] s. m.

DICT. FRANC.

[ÉTYM. Composé de gâte fdu verbe gâter ; et bois, § 209. | 1397. Perrin Gasteboys, dans GODEF. gastebols.j

|| 1° Famil. Celui qui gâte le bois, mauvais menuisier.

|| 2° fllist. nat.) Papillon dont la larve ronge les arbres.

  • GÂTE-CUIR [gât’-kuir ; tm vers, gâ-te-...] s. ?«.

[ÉTYM. (J(jinposé de gâte (du verbe gâter) et cuir, § 209. || 1690. Gaste-cuirs, furet.] || Famil. Celui ([ui gâte le cuir, mauvais cordonnier.

GÂTE-ENFANT gd-tan-fan] s. m. et f.

[ÉTYM. Composé de gâte (du verbe gâter ; et enfant, §209. || Admis ACAD. 1798.] || ] Famil. Personne qui gâte les enfants, qui est trop indulgente pour eux. Cette bonne est une — . ‘GÂTE-MAISON [g ;U’-mè-zon ; en vers, gd-le-...] et

  • GÀTE-MÉNAGE [gdt’-mé-nàj’ ; en vers, gâ-te-...’s. m. et / :

[ÉTYM. Composé de gâte (du verbe gâter) et maison, ménage, § 209 II XVu* -XVm’= s. K à l’article.]

Ij Famil. Domestique qui (aux yeux de ses camarades gâte le service (en le faisant trop bien). Vous êtes un vrai gâte-maison, les. HU Blas, vu, 15.

GÂTE-MÉTIER [gdt’-mé-tvé] s. m.

[ÉTYM. Composé de gâte du verbe gâter) et métier, § 209. || 1615. Gaste-mestier, montchrestien, OEcon. polit, dans DELB. liée] || Celui qui (aux yeux de ses confrères) gâte le métier (en donnant son travail, sa marchandise à trop bas prix .

  • GÂTE-PAPIER [gdt’-pk-pyé ; en vers, gd-le-...] s. vi.

[ÉTY.M. Composé de gâte (du verbe gâter) et papier, §209. Il XIli’s. Gatepapiers et plaidiers, J. de vitry, uaIIa UELU. Rec] || Famil. Mauvais écrivain.

GÂTE-PÂTE [gdt’-pât’ ; en vers, gâ-te-...] s. m.

[ÉTY.M. Composé de gâte (du verbe gâter et pâte, § 209. || 1690. Gaste-paste, furet. Admis ACAD. 1798.] || Famil. Ouvrier qui gâte la pâte, mauvais boulanger, pâtissier, jj P. e.rt. Celui qui ne sait pas son métier.

  • GÂTE-PLÂTRE [gdt’-plàtr’ ; erj vers, gâ-te-...] s. w.

[ÉTY.M. Composé de gâte (du verbe gâter) et plâtre, §209. || 1690. Gaste -piastre, furet.] || Famil. Ouvrier qui gâte le plâtre, mauvais maçon.

GÂTER [gd-té] i’. tr.

[ÉTYM. Du lai. vastare, dévaster, devenu "wastare sous l’IIIlluence de l’ancien haut allem. wastan, ravager, d’où guaster, gaster, §§ 443, 499, 295 et 291. gâter, § 422. XI« s. Caries li magnes ad Espaigne guastee, Roland, 703.]

I. Vieilli. Dévaster. .Cf. dégât.) La maudite engeance Eut le temps de — en cent lieux le jardin, LA F. Fab. ix, 5.

II. Détériorer (une chose, une personne), en l’altérant.

La pluie a gâté les chemins. On se gâte l’estomac par les excès de table. Le temps se gâte. C’est le vrai moyen de — les affaires, MOL. Tari, ai, 1. La richesse ne gâte rien. — le métier, rendre le métier moins avantageu.x. (Cf. gâte-métier.) || Spécialt. Détériorer en salissant. [Cf. gâteux. ; Fi ! cela sent mauvais, et je suis tout gâté, .mol. Et. ni, 9. || | Détériorer en pourrissant. Des fruits gâtés, et, au part, passé employé’suàstantivl, Oter le gâté, la partie pourrie d’un fruit. Des oeufs gâtés. De la viande gâtée. /’. anal. Avoir le sang gâté, vicié par quelque maladie. || En parlant de l’esprit , du coeur.

Je hais seulement La science et l’esprit qui gâtent les personnes, MOL. F. sav. IV, 3. Ne vous gâtez pas sur l’exemple d’autrui, lu. Ec. des f. 111, 2. Les princes gâtés par la flatterie, fé.n. Tel. 14. Il P. hyperô. — qqn, le traiter avec une faiblesse qui encourage ses exigeances. Une femme que son mari gâte. On enfant gâté par ses parents, et, absolt, Un enfant gâté. (Cf. gâte-enfant.) Fig. C’est l’enfant gâté de la fortune, la fortune n’a pour lui que des faveurs.

  • GÂTERIE Lgdt’-ri ; en vers, gâ-te-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gâter, § 69. || Séolog.] || .^cte par lequel on gâte, on choie à l’excès (qqn).

GÂTE-SAUCE [gdt’-s6s’ ; en vers, gd-te-...] s. m.

[ÉTY.M. Composé de gâte (du verbe gâter) et sauce, §2i’0. || 1811. MOZI.N, Dict. franç.-allem. .\dmis .\cad. 187^. || Famil. Mauvais cuisinier. I || P. e.Tt. Marmiton.

  • GÂTEUR. EUSE [gd-téur. -léuz’i .f. 7/ï. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gâter, § 1 12. (Cf. gâteux.) || Xin« s. Li gasterres ne set riens garder, CArtA’/oie ?/2en^, dans GODEF. gasteor.j  ! || Famil. Celui, celle qui gâte (qqn, qqch’. Spécialt. — de papier, mauvais écrivain. (Cf. gâte-papier.)

GÂTEUX, EUSE [gd-teII, -teuz’j s. m. et f. 73

GAÏINE — 1154 — GAUFRE

[ÉTYM. Pour gâteur, dérivé de gâter, §§ 62, 112 et 116. || Nëoloq. Admis ACAD. 1878.] || Malade qui en est venu à faire sous lui sans en avoir conscience, par paralysie, affaiblissement mental, etc. || P. ext. Personne qui a l’intelligence presque éteinte.

  • GÂTINE [gil-IIn’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gâter, § 100. || i XII« s. Foresz i a granz e gastines, moNEEiT, Uucs de Norm. 18336.] || (Vénerie.) Partie d’une forêt où le bois a été abattu.

  • GÂTIS [gâ-ti] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gâter, § 82. || 1786. engyci.. métII. AqvIcult.] || Vieilli. (Droit.) Dégât causé par les bestiaux.

  • GATTE [gaf] s. f.

[ÉTYM. Empruntéduprovenç. gâta, ?>i. s. proprt," jatte», § 12. Il XVI" s. L’arbre du haut de la guatte, RAB. IV, 18.] || (Marine.) Cloison transversale élevée à l’avant du navire, au-dessus du pont de la batterie basse, pour recevoir l’eau qui pénètre parles écubiers et l’empêcher de se répandre dans l’entrepont.

GATTILIER [gà-ti-lyé] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1755.’duhamel du monceau, Arbres et arbustes, II, 358. Admis ACAD. 1835.] || (Botan.) Agnus-castus, plante formant un genre de la famille des Verbénacées.

GAUCHE [gôch’] adj.

[ÉTYM. Adj. verbal de gauchir, § 53. Au sens 3°, gauche est substitué à senestre comme droit à destre, vers le XV<= s. || 1471. La main gaulche, dans du c. dodus.]

|| 1° Qui présente une déviation. Cette règle est —. Une planche dont la surface est —. (Géom.) Surfaces gauches, surfaces réglées, mais où deux génératrices voisines ne sont jamais dans le même plan. (Architect.) Appareil réglé —, voûte biaise. || Ficj. Je trouve ce raisonnement un peu —, cII. DE sÉv. dans sÉv. 924. Les lois des Visigoths sont puériles, gauches, montesq. Espr. des lois, xXVui, 1.

|| 2° P. anal. Qui s’y prend de travers. Vous croyez que je suis — et embarrassée de mes mains, sÉv. 565. Malgré mon air — , J.-J. Rouss. Coîifess. s. || P. ext. Maladroit, embarrassé. Un maintien —. Sa taille est assez —, MOL. Av. IV, 3. Voilà des révérences bien gauches, destoucues, Fausse Agnès, II, 6.

|| 3° P. ext. En parlant du bras qui est du côté du coeur, et qui est moins adroit que l’autre, parce qu’on s’en sert moins habituellement. Le bras, la main —, et, p. ext.

L’oreille —, le côté — du corps. Le coeur est du côté —,mol. Méd. m. l. II, 4. Suivre la main —, et, loc. adv. Aller à main —, dans la direction qui est du côté de la main gauche. Parle flanc — I commandement militaire de tourner du côté gauche. P. anal. Le côté — d’un objet, celui qui est situé par rapport à la partie antérieure de l’objet comme le bras gauche par rapport à la face de l’homme. L’aile — d’un édifice, d’une armée. La rive — d’un fleuve, qu’on a à sa gauche en descendant le courant. Le centre — d’une assemblée, les membres du centre les plus rapprochés de ceux qui siègent du côté gauche. || Spëcialt. (Chimie.) Qui dévie à gauche de la lumière polarisée. Acid» tartrique — . || Fig. Mariage de la main —, où l’époux d’un rang supérieur à la femme lui donne la main gauche au lieu de la droite pendant la bénédiction nuptiale, marquant par là que ce mariage ne doit communiquer son rang ni à la femme ni aux enfants qui peuvent survenir. P. ext. Mariage de la main —, concubinage. Vieilli. Être sur le pied —, dans une position embarrassante. Visages pour la plupart fort sur le pied — avec eUe, st-sim. III, 32. || Substantivt.

La —, la partie du côté gauche. La — d’une armée, l’aile gauche. La — de la scène, la partie qui est du côté gauche des spectateurs. La — d’une assemblée, les membres qui siègent du côté gauche du président. La — d’une personne, d’une chose, l’espace qui s’étend à partir du côté gauche de la personne, de la chose. Suivre, prendre sa —. Placer un chiffre à la — d’un nombre. || Loc. adv. A —, du côté gauche. Tourner à —. A — I et, ellipt, — ! commandement militaire de tourner à gauche. P. ext. Recevoir, prendre à droite et à — , de toutes mains. || Fig. Un jugement à — , MOL. Et. II, 11. Donner à —, aller de travers (dans sa conduite, etc.). Tu prends mon sens à —, CORN. Ment, I, 1.

GAUCHEMENT [gôch’-man ; en w/’s, g6-che-...] adv.

[ÉTYM. Composé de gauche et ment, § 724. || 1787. féhaud, Dict. crit. Admis ACAD. 1835.] || D’une manière gauche, maladroite.

GAUCHER, ÈRE [gô-ché, -cliér] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gauche, § 115. || 1 XVI" s. Raquette gauschiere, RAB. IV, 7.] || Qui se sert de la main gauche là où les autres se servent de la droite. Un homme —. Substantivt. Un — .

GAUCHERIE [gôch’-ri ; en vers, gô-che-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gauche, § 69. || XVIu" s. v. à l’article. Admis ACAD. 1762.] || Manière d’agir gauche. Avoir de la —. La — de la campagne et les ridicules de la province, picard, Manie de briller,.

I, 3. || P. ext. Action gauche. Il fait des gaucheries partout dans sa charge, d’argenson, dans delu. lice.

GAUCHIR [gô-chîr] v. intr.

[ÉTYM. Altération de gauchir, § 509, plus anciennement guenchir, emprunté du german. wenkjan, céder, fléchir, §§6, 498 et 499. (C/’. allem. moderne wanken, ?«. s.)\\ xn^s. Que Latinusli guenchisseit Et sa fUle li retolelt, Enéas, 3393.] || iSe détourner de la position qu’on a, du chemin qu’on suit. Fig. De ce qu’elle s’y met (dans la tête) rien ne la fait — , MOL. Ec. des /". III, 4. || P. a ?ial. Subir une déviation. Cette règle a gauchi. || Vieilli. Transitivt. — un obstacle, l’éviter. Ce grand péril se peut —, coRN. hnit. I, 23. || Fig. Biaiser.

J’en al déjà parlé, mais il a su —, CORN. Pomp. IV, 2. Contre son insolence on ne doit point —, MOL. Tart. V, 2.

GAUCHISSEMENT [gô-chis’-inan ; en ui ?/’5,-chi-se-...] s. m.

[ÉTY’M. Dérivé de gauchir, § 145. || 1547. Gauchissement, a la semblance d’un genouil ployé, J. martin, dans DELB. JKec. Admis ACAU. 1752.] || (Technol.) Action de gauchir ; résultat de cette action^

GAUDE [gôd’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du german. walda (allem. moderne waude), m. s. devenu gualde, guaude, gaude, §§6, 498 et 499^ || XIII« s. Semence de guarence ne de gaude, E. boile.au, Livre des mest. II, il, 76. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° (Botan.) Espèce de réséda qui fournit une teinture jaane.

|| 2° P. anal. Bouillie de maïs, de couleur jaunâtre,

  • GAUDÉ [gô-dé] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gaude, gaudete, impératif du-, verbe lat. gaudere, se réjouir, § 2[ù. [Cf. gaudéamus.) || ; XV !* * s. Ladicte bonne femme disant ses gaudez, RAB. II, 11.] || Prière de l’Église commençant par le mot lat. gaudete. Tous les gaudés qui farcissaient sa tête, gresset, Vert- Vert, 3.

  • GAUDÉAMUS [gô-dé-à-mûs’] , ?. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gaudéamus, impératif de gaudere, se réjouir, § 216. [Cf. gaudé.) || XVe s. Ses grans chierres, ses gaudéamus, coquillart, I, 25.] || Famil. Chanson de réjouissance.

  • GAUDER [gô-dé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaude, § 154. || 1690. furet.] || (Technol.) Teindre en jaune à l’aide de la gaude.

GAUDIR (SE) [gô-dir] v. prou.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gaudere, se réjouir. [Cf. jouir.) || XIII» s. Çaus... Qu’avarise faisoit gaudtr, mousket, Chron. 30010. Admis ACAD. 1762.] || Vieilli. S’égayer. || P. ext. Se — de qqn, s’égayer à sesdépens. ||

|| se pledsait à aller quelquefois voir les chartreux, pour se — d’avoir quitté leur froc, st-sim. III, 206.

GAUDRIOLE [gô-dri-yôl] s. f.

[ÉTYM. Paraît dérivé plaisamment de gaudir, sur le modèle de babiole, cabriole, etc. § 86. || 1781. Jour des gaudrioles, MERCIER, Tabl. de Paris, II, 3il. Admis ACAD. 1835.], || Famil. Propos d’une gaieté un peu libre.

  • GAUDRON, * GAUDRONNER, ‘GAUDRONNOIR. v. godron, godronner, godronnoir.

GAUFRAGE [gô-fràj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaufre, § 78. || 1806. desmarest, dans : Mém. de l’Institut, Se. math, et phys. Vil, II, 157. Admis ACAD. 1878.] || (Technol.) Action de gaufrer.

GAUFRE [gôfr’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du bas allem. wafel, diminutif de : wafe, qui correspond au haut allem. et allem. moderne wabe, « gâteau de eire des abeilles », §§ 10, 498 et 499. | || XIIe s. Walfres et simenels, u. DE rotelande, Protesilaus,.- dans G0DE1’’. CompL]

|| 1° Gâteau de cire des abeilles formé d’alvéoles.

GAUFRER -m

|| 2° Pâtisserie faite dans un moule à plaques divisées en cellules semblables à des alvéoles. FIIj. Être la — dans une affaire, être la victime, par allusion à la g-aufre prise entre deux plaques. Fort en — entre ces deux camps, ST-aiM. î, 253.

|| 3° Fig. Disposition pré.sentant des dessins variés, empreinle à l’aide de fers sur du papier, etc.

GAUFRER [^ô-fré] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaufre, § 154. || XVIes. Rachetés gaufrées, R. BELLKAU, daUS GODEK. CompL] || (Techriol.) Marquer d’un f,’aufrage. One reliure gaufrée. — des pétales de roses artificielles.

  • GAUFRETTE [gô-fref] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gaufre, § 133. || 1536. Oublies et gaufrectes, dans godek.] || Petite gaufre (pâtisserie). Gaufrettes fourrées à la framboise.

GAUFREUR, EUSE [gô-freur, -freuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gaufrer, § 112. || 1723. savary, Dict. du comm. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Ouvrier, ouvrière qui gaufre le papier, le cuir, les étoffes.

GAUFRIER [gi’)-fri-yé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaufre, § 115. || 1377. Un fier de waffier, dans GODEF. Coiupl.] || iTechnol.) Moule de fer formé de deux plaques entre lesquelles on verse la pâte pour faire cuire les gaufres. ‘GAUFROIR [gù-frwàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaufrer, § 113. || 1785. encycl. métu. Arts et manuf. passementier.] || (Technol.) For à gaufrer le papier, le cuir, les étoffes.

GAUFRURE [go-frIIr] s. f.

[ÉTVM. Dérivé de gaufrer, § 111. || XV" s. Gaufrure quarelee comme machonnerie, 0. DE la M.\rche, dans dei.b. fiec] || (Technol.)

|| 1° Empreinte présentant des dessins variés qu’on applique à l’aide de fers sur du papier. || 2o Façon que l’on donne aux fleurs artilicielles.

  • GAULADE [gô-làd’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gaule, § 120. || XVIe-XVII"5 s. d’aub. Sanoj, 1.1.] || Vieilli. Coup de gaule. (V. gaulée.)

  • GAULAGE [gô-làj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gauler, § 78. || Néolog.] || Action de gauler.

GAULE [gôl] . ?. f.

[ÉTYM. Origine incertaine : le rapport du mot soit avec le lat. vallum, pieu, soit avec le goth. valus, bâton, est douteux. || 1278. As waulles et as oisieres, dans GODEF. Co»ipl.] || Longue perche. Abattre des noix avec une —. Il ne me fallait pas payer en coups de gaules, MOL. Et. II, 7. || P. ext. || 1. Iloussine. Et tenant une —, Ainsi qu’à leurs chevaux nous en flattant l’épaule, Régnier, Sat. 4. || 2. Bâton du pavillon d’un navire. — d’enseigne. || 3. Manche d’une ligne à pêcher. || 4. Levier du piston d’une pompe.

  • GAULÉE igù-lé] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gaule, § 119. (Cf. gaulade.) || 1 IGU. COTGR.]

|| 1° Ce qu’on a abattu à l’aide de la gaule. Ramasser à terre une — de noix.

|| 2° Pop. Coups de gaule ou de bâton. Recevoir une — .

GAULER [gô-lé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaule, § 154. || 1360. Un ouvrier qui waulle le pariel, dans GODEF. Compl.^ || Battre avec une gaule. — des noyers (pour faire tomber les noix), et, p. ext. — des noix. || Fig. Vieilli. Ravager.

La campagne est gaulée, richel. Dict.

  • GAULETTE [gù-lef] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gaule, § 133. || 1451. Une waulette, dans UODEF. CompL] || Petite gaule.

GAULIS [gô-li] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaule, § 82. || 1392. Dn gaulich pour rendore, dans GODEF. CompL] || (Technol.) Grande branche, jeune brin d’un taillis. Des — aussi gros que les bras, MOL. Fdcli. il, 6. One bourriche de lames de — (gaulis refendus).

GAULOIS, OISE [gô-lwâ, -Iwâz’] adj.

[ÉTYM. Tiré du nom propre Gaulois, habitant de la

Gaule, § 143.]

|| 1° Qui appartient au vieux temps (de la France), 5 - GAVION simple, grave. Tout était grossier. Ignorant, —, fé.n. DiaL des morts, L. Xll et Fr. b^ \\ Suhstantivt. Passer pour — ridicules, fkn. ïiduc. des filles, 10.

|| 2° /’. l’.rt. Oui ;i la gaieté un peu libre du vieux temps. L’esprit —. Un tradt un peu trop — .

  • GAULOISEMENT [gù-lw.i-ze-man] adv.

[ÉTYM. Composé de gauloise et ment, § 724. || xyII^- XVIIIc .s. v. à l’article.] || Vieilli. Simplement. Comme nous parlons tous à lui — , dufresny, Fau.r Sincère, I, 1.

  • gauloiserie [gô-lwâz’-ri ; en vers, -Iwâ-ze-ri] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gaulois, § 69. || Néolog.] || Famit. Acte, langage un peu libre.

  • GAULT [golf] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’angl. dialect. gault, sorte d’argile, qui a été introduit en 1812 par willia.m smitu dans la langue scientifique, § 8. || Néolog.] || (Géologie.) Marne bleue qui, dans les terrains crétacés, se trouve d’ordinaire au-dessus d’une couche de sables verts.

  • GAUMINE [gô-min’] s. f.

[ÉTYM. Tiré du nom propre de Michel Gaumin ou Gaulmin, intendant sous Louis XIII et Louis XIV, dont le mariage fit grand bruit, §§ 36 et 37. || XVIIIc s. Mém. sur le mar. des protest, dans la c] || Anciennt. Mariage à la —, contracté devant le curé ou le ministre, sans sa bénédiction et même malgré lui.

GAUPE [gop’j .y. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. H 1401. Tu as appelé Agnès, qui est ici, gauppe, dans du c. gausape.J || Vieilli. Souillon. Marchons, —, MOL. Tart. I, 1. Adjectivt. Plus vilaine encore et plus — Que le plus ssde marmiton, CH. PERRAULT, CoIItcs, Peuu d’Auc.

  • GAUSSE [gôs’i s. / ;

[ÉTYM. Subst. verbal de gausser, § 52. i || 1611. Gosse, COTGR.] || Famil. Conte par lequel on se gausse de qqn.

GAUSSER (SE) et "GAUSSER [gô-sé] l’. pron. et tr

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVI* ^ s. Te moquer de mes vers Et, te gauchant, les lire de travers, RONS. Êgtogues, 4.] || Famil. Se moquer de qqn à sa barbe. D’un homme on se gausse Quand sa femme, chez lui, porte le haut-de-chausse, MOL. F. sav. V, 3. ns ne laissèrent pas de le — sur la musique, SOREL, Francion, p. 159. || Absolt. Vous vous gaussez, Monsieur, dancourt, Vend, de Suresnes, se. 1.

GAUSSERIE [gôs’-ri ; en vers, gô-se-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gausser, § 69. || xyi» s. Tout plein de gosserie, vauq. de la fresn. dans GODEF. CompL] || Famil. Acte par lequel on se gausse de qqn.

GAUSSEUR, EUSE [gô-seur, -seIIz’J s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gausser, § 112. || XVI» s. Volontaires et gosseurs, N. du fail, Eutrapel, 33.] || Famil. Celui, celle qui aime à se gausser. Deux bourgeoises des plus gausseuses, sorel, Francion, p. 152.

  • GAVACHE [gk-vàch’] .v. m.

[ÉTY.M. Emprunté de lespagn. gavacho, terme de mépris appliqué surtout aux montagnards des Pyrénées, § 13. (Cf. gavotte.) || XVI«s. Couillon guavasche, rah. III, 2%.] || Vieilli. Lâche, n vous traiterait de gavaches, scarr. Virg. trav. 10.

GAVER [gk-vé] v. tr.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne gava, 7n. s. dérivé du radical qui se trouve dans le franc, gavion, § 11. il 1642. Se gaver, ouD. Admis ACAD. 1878.] || Gorger de nourriture (la volaille qu’on veut engraisser). — des pigeons, des poulets. || P. ext. Se —, manger avec excès.

  • GAVETTE [gà-vêf] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gavetta, m. s. § 12. || 1757. ENCYCL.] || (Technol.) Barre d’or préparée pour passer à la fdière.

  • GAVIAL [gà-vyàl ; en vers, -vi-àl] s. 7n.

[ÉTYM. i^mprunté des dialectes de l’Inde, § 25. || 17S9. Se trouve dans les grandes Indes, où on l’a nommé gavial, lacépjvDE, Uist. nul. des rept.] || (Ilist. nat.) Espèce de crocodile à museau allongé, de la région du Gange, qui vit de poisson. | GAVION [gà-vyon ; en vers, -vi-on] j. m.

I

[ÉTYM. Dérivé de l’anc. franc, gave, gosier. § 106. Le || maintien du son guttural du g initial indique que le mot

GAYITEAU — 1156 GAZONNEMENT

est d’origine dialectale, § 16. (Cf. jabot.) || 1 xm<= s. Dne areste de poisson Li aresta el gavion, dans montaiglon et UAyN.^LD. liée, de fabliaux, III, 161.] || Vieilli. Famil. Gusier. En avoir jusqu’au —, être gorgé. ‘GAVITEAU ‘gà-vi-tô] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne gaviteu (cf. l’ital. gaviteUo), 7«. s. § 11. || 169U. furet.] || (Marine.) Bouée.

GAVOTTE [gà-vÔf] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne gavoto, 7)i. s. proprt, « danse des gavots », sobriquet, en Provence, des montagnards des Alpes, mot qui n’a rien à voir avec la ville de Gap, mais qui est plutôt apparenté à gavache, §§ 11 et 36. Il 1611. Gauote, coTori.] || Danse à deux temps, avec deux reprises de quatre à huit temps. Uu air de —, et ellipt, Clyméne ctiante cette — que toute la troupe danse, la F. Duphné, 1,2.

GAYAC. v. gaïac.

GAZ [gàz’] S. m.

[ÉTYM. Mot créé arbitrairement par van helmont (1577-1644j, peut-être d’après le tlamand geest, esprit, pour désigner une substance subtile qu’il considéra’it comme unie aux corps, § 217. || 169U. Gas, furet. Admis ACAD. 1762. | || (Chimie.) Fluide aériforme (à la température ordinaire).

La pesanteur, l’élasticité, la dilatation des —. i || Spécialt.

Le — d’éclairage, et, ellipt, Le —, hydrogène bicarboné qu’on extrait de la houille par la distillation en vase clos, et qu’on emploie pour l’éclairage. Bec de — , par lequel on donne issue au gaz distribué dans les conduits, quand on veut l’allumer. Un magasin éclairé au — .

La compagnie du —, et, ellipt, On employé du —. || P. ext. Vapeurs qui se développent dans l’estomac, dans les intestins. Avoir des — . ‘GAZAGE [gâ-zàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gazer 2, § 78. || Néolog.] || (Technol.) Action de passer à la flamme du gaz.

GAZE i_gâz’] s. f.

[ÉTYM. Origine incertaine ; le rapport de ce mot avec le nom de la ville de Gaza, en Palestine, est très douteux. || XVI" s. Sur la gaze peinte, ro.ns. Bocage royal.] || Etoffe d’un tissu léger, transparent. — de soie. — argentée. — de Chambéry. Une robe de —. || P, anal. Travail pour remplir l’intérieur des Heurs dans la dentelle réseau. || Fig. Ce qui voile légèrement la pensée, sous une forme transparente. Tout y sera voilé, mais de —, LA F. Contes. Tableau.

GAZÉIFIER [gd-zé-i-fyé ; en vers, -fi-é] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaz, § 274. || 1811. Se déduit de gazéifiable, dans mozi.n, Dict. franç.-alleni. Admis agad. 1835.] || iChimie.) Faire passer à l’état gazeux.

GAZÉIFORME ^gà-zé-i-fùrm’] adj.

[ÉTYM. Composé avec gaz et le lat. forma, forme, § || 271 et 284. Il 1811. MOziN, Dict. franç.-allem. Admis ACAD. 1835.] || (Chimie.) Qui est à l’état gazeu.x.

GAZELLE [gà-zèl] s. f.

[ÉTY-M. Emprunté de l’arabe ghazâl, m. s. § 22. || XIIIe- XIV’= s. One beste sauvaige que l’on appelle gazel, JOINV. 181. || One gasele, Livre de Marc Pol, dans GODEF. Compl.] || Espèce d’antilope qui habite l’Afrique et l’Asie. 1. GAZER [gâ-zé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaze, § 154. || Admis ACAD. 1762.] jl 1° Couvrir d’une gaze, d’une étoffe légère et transparente.

Ij P. anal. Remplir l’intérieur des fleurs dans la dentelle réseau.

|| 2° Fig. Voiler (ce qu’on dit, ce qu’on écrit) sous une forme transparente. — des détails trop libres. Absolt. — en racontant qqch. 2. * GAZER [gâ-zé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gaz, § 154. || Néolog.] || (Technol.) Passer à la flamme du gaz ou de l’alcool les fils, soies, cotons, etc.), pour en enlever le duvet.

GAZETIER [gàz’-tyé ; en vers, gà-ze-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gazette, § 115. || 1633. Le gazettier a continué de m’envoyer sa gazette, peiresc, Lett. dans DELB. Rec] || Vieilli. Celui oui compose, publie une gazette. (Syn. journaliste.) On — de modes, furet. Rom. bourg, I, 53. || Fig. Colporteur de nouvelles. — scandaleux, deulle. Conversât. 2. ‘GAZETIN [gàz’-tin ; en vers, gà-ze-...’, ."f. m.

[ÉTYM. Dérivé de gazette, à l’imitation de l’ital. gazzettino, m. s. §§ 12 et lOU. || 1725. Mère, de France, p. iÛUU. .\dmis ACAD. 1762 ; suppr. en 1878.] || Vieilli. Petite gazette. Les gazetins infidèles dont l’Europe est inondée, volt. Lett. 30 mars 1740.

GAZETTE Lgà-zêt’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gazzetta, m. s. proprt, nom d’une monnaie vénitienne, les premières publications périodiques ayant été faites au milieu du XVI" s. à Venise, ovi il en coûtait une gazzetta pour en prendre connaissance, § 12. Il XVI<‘-XVu’= s. A ce que nous dit la gazette, d’aub. Épigr.] || Publication périodique, généralement quotidienne, donnant les nouvelles politiques, littéraires, etc. (Syn. journal. I Mon valet de cbambre est mis dans la —, MOL. Mis.

III, 7. La Gazette de France. La Gazette de Hollande. || Fig . Colportage de nouvelles. Deux personnes chargées de faire la — de la cour, montesq. Espr. des lois, XII, 7. P. ext. Cet homme est une — vivante (un colporteur de nouvelles). ‘GAZEUSE [gd-zeuz’] .f. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gaze, § 112. (Cf. gazier 1.) || Néolog.] || (Technol.) Ouvrière qui remplit l’intérieur des fleurs dans la dentelle réseau.

GAZEUX, EUSE [gâ-zeû, -zcuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gaz, § 116. || 1775. Vin gazeux, grignon, Mém. p. 503. Admis .\cad. 1798.] || Chimie.)

|| 1° Qui est de la nature du gaz. Huide — . Émanations gazeuses. || | Air —, nom qu’on donnait à l’acide carbonique. lî 2’^ Qui contient du gaz. Des boissons gazeuses. De la limonade gazeuse. 1. ‘GAZIER, 1ERE [gd-zyé ; -zyèr] .y. ?n. el f.

[ÉTYM. Dérivé de gaze, § 115. || 1723. savary, Dict. du comm. Admis acad 1762 ; suppr. en 1878.] || Vieilli. ^Technol.) Ouvrier, ouvrière qui fabrique les étoffes de gaze. ^C/’. gazeuze.) 2. GAZIER, ‘GAZIERE [gâ-zyé, -zyêr] adj. et s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gaz, § 115. || Néolog. Admis ACAD. 1878.]

|| 1° Adj. Relatif au gaz. L’industrie gazière.

|| 2° S. m. Ouvrier qui travaille dans une usine à gaz. || Celui qui vend, qui pose des appareils à gaz (Cf. appareilleur.) ‘GAZOGENE [gd-zô-jen’] s. m.

[ÉTYM. Composé avec gaz et le grec ysvvâv, engendrer, %-/Sibis. Il Néolog.] || (Technol.)

|| 1° Appareil portatif qui sert à fabriquer de l’eau gazeuse (eau de Seltz artificielle). || 2’’Mélange d’alcool et d’essence pour l’éclairage.

GAZOMÈTRE [gd-zù-métr’] s. m.

[ÉTYM. Composé avec gaz et le grec [xétoov, mesure, §279. Motdùà LAVOISIER. (v. Traité élém. de c/ie/«/e [1789],

II, 347.) Admis ACAD. 1835.] || (Technol.) Appareil pour mesurer le volume des gaz. SpÉcialt. Appareil qui règle l’écoulement du gaz d’éclairage, en mesurant la quantité fournie.

GAZON [gd-zon] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. waso i^allem. moderne wasen), ?«. s. devenu guason, gason, écrit arbitrairement gazon, §§ 6, 498 et 499. || 1258. Couvers de vers wasons, a. dupont, Mahomet, dans DELB. Rec] || Herbe menue de diverses graminées, qui forme sur le sol comme un tapis de verdure. Tondre le —, couper cette herbe court. Être couché sur le —. Sur un lit de —, de faiblesse étendu, coRN. Rodog. v, 4. On talus revêtu de — . || Au plur. Lever des gazons (des mottes de terre couvertes de gazon) pour en couvrir un terrain. || l’. anal. (Botan.) — anglais, IVraie vivace ou ray-grass. — de Mahon, julienne de Chio, dite aussi giroflée de Mahon. — de chat, germandrée maritime. || Fig. Trivial. Perruque courte. Votre — vous rend l’air triste, Chanson des disgrâces de porter perruques (XVIII’ï s.).

GAZONNAN-T, ANTE [gd-zo-nan, -nânt’] adj.

[ÉTYM. Adj . particip. de gazonner, § 47. || 1338. Prez gazonnants, dans GODEF. Compl Admis ACAD. 1878.] || (Hortic.) Qui forme gazon. Plantes gazonnantes.

GAZONNEMENT [gd-zôn’-man ; en vers, -zô-ne-...] s. m.

[ÉTY-M. Dérivé de gazonner, § 145. || Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) .\ction de revêtir un terrain de gazon. Le — des montagnes.

GAZONNER - III

GAZONNER [gâ-zo-né] v. tr. et inlr. \

[ÉTYM. Dérivé de gazon, § 154. || 129ij. Wassonner, dans

GODKP. Com/il.]

|| (Technol. || | 1° v. tr. Revùlir de f,’azoII. — un talus. || ÎZ" v. hitr. Pousser en gazon. Herbe qui gazonne. Se rouvi’irde irazoïi. Pré qui gazonne.

GAZOUILLEMENT [gk-zouv’-man ; en vers, -zouyt !-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gazouiller, § 1 i5. || XIV* s. Le gasoillement des oyseaulx, uRk.sme, dans GODEF. Cotnpl.] || Action de gazouiller. On entendait le — des oiseaux, fén. Tél. 2.

GAZOUILLER [gà-zou-yé] r. intr.

[ÉTV.M. Peut-être df’-rivé du même radical que jaser, t ; 161. Il 13 10. L’enfant aussi comme par leesse Gazouille et rit, j. MAiLi.ARij, Comtfssf (l’Anjou, dans littré.J || F]n parlant des petits oiseau.x, faire entendre un chant léger. Il /•". nnal. Produire un murmure. Dn ruisseau qui gazouille sous les saules. || 1’. ext. Favdl. Dn enfant qui commence à —, à jtarler.

GAZOUILLIS [gà-zou-yi] s. m.

[ÉTV.M. D(‘Mivé de gazouiller, § 82. || XVI* ’s. Gasouillis des ruisseaux, ‘vAug. ije la kresn. dans GODEF. Compl.] || Hi’uit d’oiseaux qui gazouillent. D’autres oiseaux... font entendre à la lois Le — de leurs confuses voix, volt. Ép. 64. Fiy. MurnuII’e. Au — des ruisseaux de ces bois, LA F. Contes, Purgatoire. 1

GEAI [je] s. m. ‘

[ÉTV.M. Origine inconnue. || XIIe s. Le gai Qui slet sor l’arbre, liaoulde Ccnnhrai, 5031.) || Oiseau formant un genre des Passereaux conirostres, voisin des corbeaux. Un paon muait, un — prit son plumage, la F. Fah. IV, 9.

GÉANT, ANTE [jé-an, -ânt’] s. m. et f.

[ÉTV.M. Du lat. gigantem, m. s. devenu par assimilation (K. §36U * gagante dans le lat. pop., d’où galant, jaiant.jéant, et, par reslaui’aliou orthographique (T. | 5U"-3’. géant, §§393. 394. 346 et 291.] || Personnage d’une taille démesurée. il 1° i^Mythol.) Les Géants, ôlres fabuleux, fils de la Terre, qui essayèrent de détrôner Jupiter et furent foudroyés. Et les os dispersés du — d’Épidaure, rac. Phèd. I, 1.

|| 2° (T. biblique.) Les Géants, êtres monstrueux nés du commerce des anges avec des femmes.

H 3° Homme, femme qui dépasse la taille ordinaire. Une statue de —. David tua le — Goliath. || Fif/. Marcher à pas de —, faire des progrès rapides. Le roi avait de rien formé plusieurs géants de grandeur, ST-snL vIII, 37. || 4" P. anal. Adjectivt. (Hist. nat.i Dn arbre —, une fougère géante.

GECKO [je-kô] s. m.

[ÉTYM. Onomatopée, § 32. (Cf. malais goké, 7n. s. § 28.) || 1784. ENCYCL. MÉTU. Admis agad. 1878.] y (Hist. nat.) Genre de sauriens qui ont la configuration du lézard avec les formes du crapaud.

GÉHENNE [jé-hèn’l s. f.

[ÉTYNL Kniprunté du lat. gehenna, grec vÉjvva, hébreu ghêhinnom, 7II. s. qui a d’abord désigné une vallée (ghê) près de .lérusalem, où les Juifs idolâtres faisaient passer leurs enfants par le feu en l’honneur de Molok, §§ 21 et 216. Il XIII« s. La paor dou feu de jehenne, brun, lati.ni, Trésor, p. 462. .\dmis agad. 1835.] || (T. biblique.) Enfer. Le feu de la — . 1. GEINDRE Ljindr’j v. intr.

[ÉTYM. Du lat. gÇmere, ni. s. devenu glembre, geimbre, $ ! ; 3U5, 29(3, 472 et 271, puis, par substitution de désinence, geindre, S 648. [Cf. le doublet gémir.)] || Fdinil. Se lamenter à plaisir. 2. ‘GEINDRE. v. gindre.

  • GEL [jèl] .V. m.

[ÉTYM. Du lat. gÇlu, m. s. devenu giel, gel, §§ 305, 307 et 291. (Cf. dégel.^] || Vieilli et dialect. Froid qui produit la gelée. Au premier — .

GÉLATINE [jé-là-tin’l s. f.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gelatus, gelé, § 245. || 1611. COTGR. Admis AGAD. 1835.] || (T. scientif.) Substance azotée qu’on extrait des os, des cartilages, des animaux, et qui forme avec l’eau une gelée. 7 - GEMINE

GÉLATINEUX, EUSE [jé-lk-ti-néu, -néuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gélatine, § 251. Ij 1743. Matière gélatineuse, QUEs.NAY, dans Mpui. de l’Acad. roy. de china ;/.

I, 91. Admis AGAD. 1762.]  ! || (T. scientif.) Qui a la nature de la gélatine. Substance gélatineuse.

GELÉE [je-Ié] s. f. ‘ÉTYM. Du lat. pop. * gelata, 7)t. s. subst. particip. de gelare, geler i v. îj 45). devenu gelede, gelée, SS 295, 4IJ2 et 291. jl vIII’^ s. Pruina : gelata, Closs. di- Heirhenatt, dans foers- TKR, Uef/uIIf/s/jIIch, p. 19, n" 809. || XIe s. Altresi blanches cume neif sur gelée, Roland, 3319.] || ; 1° Ktat de la température où l’eau se solidifie. Le temps est à la —. Il y a eu de fortes gelées. ! || — blanche, congélation de la rosée, avant le lever du soleil, par les nuits sereines. (Syn. givre, i

|| 2° Suc de substance animale qui a pris de la consistance en refroidissant. — de veau, de poisson. Du jambon entouré de —. Absolt. Le roi prit de temps en temps un peu de —, ST-siM. X[. 456. || | P. anal. Suc de fruits congelé. — de pomme. — de groseille. || P. ext. — de mer, sorte de médiLse.

GELER ^je-lé] v. tr. et intr.

[ÉTVM. Du lat. gelare, m. s. .Ç.S 295 et 291.]

I. v. tr. TratLsformcr en glace. L’eau est gelée dans les font£dnes. L’huile s’est gelée dans la lampe. || | P. anal. Durcir par la gelée. La terre est gelée. || P. ext. Altérer un corps organisé) par l’action d’un froid excessif. La vigne a été gelée, n eut les pieds gelés dans la campagne de Russie. ][ /’. hyperh. Être gelé, avoir très tVoitl. Je me gèle ici à vous attendre. ‘/"(‘/• Rendre contraint. Son accueil gèie les gens. || vous gèle le sang, RÉGNIER. Sat. 16.

II. r. intr. Se transformer en glace. La Seine a gelé cette nuit. || Impersonnidlt. Il a gelé cette nuit, il gèle à pierre fendre. || H a gelé blanc, la rosée est congelée, i’P. ext. S’altérer par un froid excessif. La vigne a gelé. !’P. hyperb. .Avoir très froid. On gèle dans cette chambre. ‘GELEUR, EUSE ;.je-léùr. -léuz’] s. m. et /’.

[ÉTY.M. Dérivé de geler, § 112. || XVIe s. Saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons, n.\B. dans DELB. lier.] \l Rare. Qui fait geler. P. plaisant. Sprcialt. Les geleurs de vignes, saints dont la fête tombe dans la saison des gelées blanches.

GÉLIF, IVE Ijé-nr. -liv’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de geler, ,§s 65 et 125. [Cf. gélls.’l || î 1519- 1528. Gelif, tortu ou contrefaict, Chants roy. du puy de Rouen, dans gouef. gelif. .\dmis agad. 1835.] || (Technol.) Qui se fend par le gel. Arbres gélifs.

GELINE [je-lin’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. gallina, m. s. §« 393, 346, 366 et 291.] || Vieilli. Poule. [Cf. morgeline.)

GELINOTTE [je-li-nol’] .«. f.

[ÉTYM. Dérivé de geline, S 136. || XVI" s. Le franc coq... avec sa gelinotte, marot, Fpigr. 36.]

|| 1° Oiseau du genre Tétras, dit coq de marais.

|| 2° Poule d’eau.

  • GÉLIS, ISSE [jé-li, -lis’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de geler, §§ 65 et 82. (Cf. gélif. ]\ XVI" s. Telles pierres sont gelisses ou venteuses, b. pai.i.->v. p. 319.] || (Technol.) Qui se fend parle gel. Pierres gelisses, buff. Minéraux.

  • GÉLISSURE [jé-li-sûr] et GÉLIVURE [jé-li-vûr] . ?. f

[ÉTYM. Dérivé de gélis, géUf, § 111. || 1762. Gélivure. agad. || 1771. Gélivure ou gélissure, trév.] || (Technol.) Fente que fait le gel dans le bois, dans la pierre.

GÉMEAU, ‘GÉMET.LE [jé-mo, -mèl] S. m. et /.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gemellus, m. s. (Cf. jumeau.)

|| XVI" s. r. à l’article.] || Vieilli. Jumeau. De deux princes gémeaux nous déclarer l’aîné, CORN. Rodog. I, 1. Deux filles gémelles, paré. \ix, 4. SI Spéciall. l>e nos jours, (.\stron. ; Les Gémeaux, Castor et Pollux, un des douze signes du zodiaque.

GÉMINÉ, ÉE [jé-mi-né] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. geminatus, m. s. \\ .\dmis agad. 1762.] li T.didact.lQuiaundouble.y Spécialf.\ 1.- Architect.) Colonnes géminées, groupées deux à deux. || 2. Hotan.) Parties géminées, parties des plantes disposées deux à deux ou par paires. || 3. (Épigr.) Lettre géminée, redoublée a la fin

GEMIR — 1108 — GENEALOGIQUE

d’un mot pour indiquer le nombre deux. Pour désigner les deux consuls on écrit, avec une S géminée, COSS.

GÉMIR [jé-mir] v. intr.

[ÉTYM. Tiré de geindre, anciennement giembre, par changement de conjui,’aison, d’après le lat. gemere, § 629. || XIU° s. Se gémirai tôt mon aage Les granz péchiez , G. DK coiNCY, dans Zeitschrift fur roman. Philologie, vi, 343. || Pousser une plainte inarticulée. Quel tourment... De l’entendre —, Rac. Brit. III, 7. Et les princes et les peuples gémissaient en vain, BOSS. D. d’Orl. \\ P. anal. La tourterelle gémit. || P. ext. Po^t. Faire entendre un Lruit plaintif. La rive au loin gémit, rac. Iph. v, 6. Les marteaux faisaient — les cavernes de la terre, fén. Tel. 2. Le vent gémit dans la cheminée. || Fig. Se sentir oppressé. Le royaume gémissait sous la tyrannie, fén. Tel. 13. J’ai fait taire les lois et — l’innocence, RAC. Eslh. ni, 1. || Poét. Son corps... Fait — les coussins sous sa molle épaisseur, uoil. Luir. 1. Famil. Faire — la presse, donner beaucoup à imprimer.

GÉMISSANT, ANTE [jé-mi-san, -sânt’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de gémir, § 47. IjXV’-XVI» s. Povres enfans gemissans et plorans, o. de st-GELais, Enéide, dans DELB. Rec] || Qui gémit. Gémissante et presque inanimée, r.\g. Phèd. V, 6. Ces gémissantes voix, l.\ f. Fah. via, 14.

GÉMISSEMENT [jé-mis’-man ; en vers, -mi-se-...î s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gémir, § 145. || XII« s. Le gémissement del lIIed, Psaut. de Cambridge, dans DELB. Rec.] || Plainte de qqn qui gémit. Il tire de son coeur de profonds gémissements, fén. Tél. 2. Quels seront nos gémissements à la vue de ce tombeau, boss. Marie-Thcrcse. Les gémissements des chrétiens effrayés, ID. R. d’Angl. \\ P. anal.

Le — delà tourterelle. || P. e.rt. Bruit d’une cIIose qui gémit.

Le — du vent d£ms les bols. || Poét. L’orgue même en pousse un long —, boil. Lutr. 3.

  • GEMMAL, AX.E [jem’-màl] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gemma, g 238. || Néolog.] || (Botan.) Qui tient au bourgeon d’une plante. Écailles gemmales.

GEMMATION [jem’-mà-syon ; en vers, -si-on] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gemmatio, 7n. s. || 1798. l.-c.-m. RICHARD, Dict. de botan. de Bulliurd. Admis ACAD. 1835.] || (Botan.) Formation et développement du bourgeon dans les plantes. || P. anal. (Zoologie.) Reproduction par gemmes.

GEMME [jèm’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gemma, qui signifie à la fois

  • pierre précieuse » et « bourgeon ». A remplacé l’anc. franc, gemme (prononcé et écrit souvent jamme ; cf. femme), qui est de formation pop. § 502. || Admis ACAD. 1762.J

I. Pierre précieuse. — orientale, corindon hyalin. || Adjectivt. Pierre —. Sel —, sel qu’on trouve en couches solides dans le sein de la terre (par opposition au sel marin).

II. (Botan.) Bourgeon. || P. anal. (Zoulogie.j Saillie charnue sur le corps de certains animaux (annélides , polypes, etc.), rudinient d’un nouvel individu.

  • GEMMIPARE [jem’-mi-pàr] adj.

[ÉTYM. Composé avec le lat. gemma, bourgeon, et parère, enfanter, § 273. || 1771. trév.] || (T. didact.) || 1. (Botan.) Qui produit des bourgeons. || 2. (Zoologie.) Qui se reproduit par gemme.

  • GEMMULE [jem’-mul] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gemmula, petite gemme. || 1808. L.-c.-M. RICHARD, Analyse du fruit, p. 54.] || (Botan.) Rudiment de la lige, qui apparaît dans la germination. (Syn. plumule.) i || P. ext. Petit corps ovoïde qui, se séparant de la plante, sert à la reproduire. Les gemmules des algues.

GÉMONIES ijé-mè-ni] s. f.pl.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gemoniae, m. s. \\ 1611. DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Antiq.) Escalier où l’on exposait, à Rome, le corps des suppliciés. || Fig. Traîner qqn aux —, l’accabler d’outrages.

GÉNAL, AXE [jé-nàl] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gêna, joue, § 2.38. || 1757. encycl. Admis ACAD. 1762.] || (Anat.) Qui appartient aux joues. Muscles génaux.

GÊNANT, ANTE [jè-uan, -nânf] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de gêner, § 47. || Admis ACAD. 1694.] || Qui gêne. Une personne, une chose gênante.

GENCIVE [jan-sîv’] . ;. /’.

[ÉTYM. Du lat. gingiva, m. s. devenu par dissimilation (F. § 360) * gïncîva, d’où gencive, §§ 342 et 291.] || Tissu charnu qui garnit les arcades dentaires et le tour des dents, en adhérant à leur collet.

GENDARME [jan-dàrm’] .y. m.

[ÉTYM. Pour gens d’armes, composé de gens, de et armes, § 176 ; le mot ne s’est d’abord employé qu’au pluriel. Ij XIV s. Chevaucheurs estoient ceulx que nous appelons maintenant gensdarmes, bersuire, dans littré.]

|| 1° Vieilli. Homme d’armes. Tous les dards, tous les traits, tous les chars des gendarmes, CORN. Office de la Vierge, ps. 45. Tous vos romains gendarmes Ont au camp de César couru, l.\ f. Hof/otin, IV, 4. Il Spéciult. De nos jours. On —, soldat appartenant à un corps chargé de veiller à la sûreté publique. Un voleur arrêté par des gendarmes. || Fig. || 1. Personne qui contrôle tout. || 2. Femme qui a l’air viril.

|| 2° P. anal. iTechnol.) Pièce de fer de la charrue servant à arrêter les herbes qui pourraient se prendre dans les jambettes. || P. plaisant. Bluettes qui sortent du feu. || Parcelles de lie dans le vin. || Tache dans l’oeil. Paillette dans un diamant.

GENDARMER (SE) [jan-dàr-mé] v. pron.

[ÉTYM. Dérivé de gendarme, § 154. || x\n^ s. Pour se vouloir eslever et gendarmer, MONTAIGNE, I, 24.] || Se mettre sur la défensive contre qqn, qqch. Je ne vois pas contre eux de quoi se —, TH. CORN. Inconnu, I, s. Votre esprit Se gendarme toujours contre tout ce qu’on dit, MOL. Mis. II, 4. Cet homme, gendarmé d’abord contre mon feu, ID. Éc. des f. III, 4. || Rare. Transitivt. — sa vertu,

GHERARDI, Th. ital. III, 388.

GENDARMERIE [jan-dàr-me-ri] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gendarme, § 69. || 1539. R. est.] || Corps de gendarmes. || P. ext. Caserne de gendarmes.

GENDRE [jândr’] s. ?n.

[ÉTYM. Du lat. gÇnerum, m. s. devenu gen’re, gendre, §§ 290 et 484.] || Celui qui a épousé une fille, par rapport au père ou à la mère de celle qu’il a épousée. One belle-mére aime son —, n’ïdme point sa bru, la br. 5.

GÊNE [jén’] s. f.

[ÉTYM. Pour geïne, §368, plus anciennement gehine, dérivé de l’anc. \ erbe gehir, avouer, § 100. Le verbe gehlr est d’origine german. (anc. haut allem. jehan, déclarer), §§ 6, 498 et 499. Le subst. gehine a été de bonne heure confondu avec géhenne, § 509. || XIII<= s. Il le mistrent a gehine, si leur connut la vérité, Trad. de Guill. de Tyr, III, 4.]

I. A71C. franc. Aveu. Spécialt. Aveu arraché par la torture. || P. ext. Vieilli. Torture. [Cf. question., Préparez seulement des gênes, des bourreaux, CORN. .Méd. v, s. J’en ai souffert la — sur mon corps, MOL. Et. IV, 4. || i Fig. Sont-ils d’accord tous deux pour me mettre à la — ? rac. P/ukl. v, 4. || Tourment. L’enfer n’a point de — Qui ne soit pour ton crime une trop douce peine, MOL. Sgan. se. 16.

II. Malaise qu’on éprouve quand on est serré, oppressé. Sentir de la — dans la respiration, être oppressé. || Fig. \ 1. Embarras où l’on met qqn. Je ne voudrais pas vous causer de la —. || 2. Embarras où met le manque d’argent. Vivre dans la —. || 3. Contrainte qu’on s’impose. La — de souffrir et de le déguiser, CORN. Oth. I, 4. Être sans —, ne s’imposer aucune contrainte pour les autres.

GÉNÉALOGIE [jé-né-à-lô-ji] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. genealogla, grec YevEaXoyia,  ?n. s. || XII’s. Ce dit la généalogie, evrat, Bible, dans DELB. Rec.] || Filiation d’une ou de plusieurs personnes , établie par la succession de leurs ancêtres. Faire, dresser la — d’un individu, d’une famille. Je fais faire une assez sotte chose, c’est ma —, montej^q. Pens. die. La — de David. || [ P. ext. Science de la généalogie des familles. Être savant en — . || P. anal. La — d’un cheval de race. || Fig. Ces généalogies ridicules d’opinions inutiles, malebr. Rech. de la vérité, p. 159.

GÉNÉALOGIQUE [jé-né-k-lô-jik’J adj.

[ÉTYM. Dérivé de généalogie, § 229. || 1480. Poètes généalogiques, Barutre infernal, dans DELB. Rec] || Relatif à la généalogie. Arbre —, tableau de la généalogie d’une famille, sous la forme d’un arbre dont les

GÉNÉALOGISTE llb9 GENERATION premiers parents sont la tige, et les descendants les rameaux. || /’. anal. Arbre — des sciences, qui présente les diverses ramifications des connaissances humaines.

GÉNÉALOGISTE [jé-né-à-lù-jîst’] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de généalogie, § 265. || 1G90. furet.] || Celui qui s’occupe de dresser la généalogie des familles. || est —, et il espère que son Jirt rendra, si les fortunes continuent, monïesq. Lett. pers. 132.

GÉNÉPI [jé-né-pi] ou GÉNTPI [jé-ni-pi] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du savoyard génépi, m. s. d’origine inconnue, § 11. || x%III=s. v. à l’article. Admis ACAD. 1878.]

IKBotan.) Plante officinale des Alpes, variété d’armoise. jl P. eoet. Vulnéraire fait avec celte plante. Dne pleurésie dont le génépi ne put le sauver, J.-J. Rouss. Cûn/’ess. 5.

GÊNER [jè-néj u. Ir.

[ÉTYM. Dérivé de gène, § 154. || 1381. Les demendeIIrs furent gehinez, dans GODEF. gehiner.]

I. Mettre à la torture. Et les mêmes tourments dont vous gênez les âmes, coRN. Méd. i,4. || Tourmenter. Ah ! que vous me gênez ! rac. Andr. 1,4.

II. Mettre mal à l’aise, en serrant, en oppressant. Cette chaussure me gêne. J’ai la respiration gênée. Nous étions gênés dans cette voiture. Fig. Embarrasser, contraindre. Britannicus le gêne, Albine, rac. Brit. I, 1. N’allons point les — d’un soin embarrassant, ID. Ath. il, s. Être gêné vis-à-vis de qqn. Afjsolt. Être gêné, avoir des embarras d’argent. Se —, s’imposer une contrainte. Vous ne vous gênez pas. Ne pas savoir se — (pour les autres). C’est un homme qui ne se gêne pas.

GÉNÉRAL, ALE [jé-né-ràl] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. generalis, ? ? ;. s. || xn^ s. Un gênerai ost de tôt lo munde, Serm. de St Beni. p. 146.]

I. Qui se rapporte à un ensemble de personnes, de choses. Dn concile —. Les états généraux (sous l’ancien régime).

Les conseils généraux des départements, et, p. ext. Un conseiller —, un membre d’un conseil général. Dne donation générîde de tous ses biens, la br. 13. L’opinion générale.

L’intérêt —. Le combat — aujourd’hui se hasarde, CORN. llor.

I, 2. L’assemblée générale, et, substantIIt, Battre la générfde, battre le tambour pour avertir les soldats de s’assembler et de se tenir prêts à marcher. Une vue généréde des choses. Des idées générales. Ces principes sont si simples et si généraux, DE3C. Méth. 6. Les règles générales. Les termes généraux. || Substantivt. (Logique.) Le —, ce qui convient au genre tout entier. On ne peut conclure du particulier au —. || Loc. adv. En —. || 1. Au point de vue général. Je ne vous ai parlé de la piété qu’en —, pasc. Prov. 9. || 2. P. ext. Famil. D’une manière générale. En —, on juge sur les apparences.

II. Qui embrasse l’ensemble d’un service, d’une administration, d’un commandement. État-major —. Quartier —. Direction générale des postes. Le procureur —, l’avocat — .

Le vicaire — d’un évèque. Inspecteur — de l’instruction publique, etc. Trésoriers généraux. Sui/stanlIIt. Les généraux des finances, fonctionnaires chargés, sous l’ancien régime, de centraliser la perception des aides et tailles, jj Père — d’un ordre religieux, et, su(jstantivt, Le — des jésuites. Commandant —, et, aubstantivt. Le — des galères du roi. L’inspecteur —, et, substantivt, Le — des vivres militaires. Officiers généraux, officiers supérieurs qui ont le commandement d’une partie plus ou moins considérable d’une armée. SubstantIIt. Un —, chef militaire d’une armée, d’un corps d’armée. Ce qu’un sage — doit le mieux conncdtre, c’est ses soldats et ses chefs, BOSS. Condé. | || Spécialt. — de division (taulrefois lieutenant —), celui qui commande une division. — de brigade (autrefois maréchal de camp), celui qui commande une l)rigade. Un — d’infanterie, d’artillerie, du génie. ‘ || Famil. Au fém. La générale, la femme du général. Madame la générale.

GÉNÉRALAT [jé-né-rà-là] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de général, g 254. A remplacé générante (cf. amirauté), encore donné par ol’D. jj .wII^ s. patru,

IHaidoy. 1.]’

|| 1° Grade de général d’armée.

|| 2° Dignité de général d’un ordre religieux. || P. ext. Durée des fi>nctions de général.

GÉNÉRALE. v. général.

GÉNÉRALEJVIENT jé-né-ral-man ; f ;i vers, -rà-le-..." adv.

[ÉTYM. Composé de généréde et ment, § 724. || x :i<= s. En tens estaulit s’asemblet toz li empeires generalment en ost, Sei-m. de SI Bern. p. 146.]  ! 1° .\\i point de vue général. Traiter une question — . — parlant, tout homme a souverainement le don de me déplaire, DESTOLCIIES, Fausse Agiles, I, 1. il 2° D’une manière générale. Cette opinion est — admise.

GÉNÉBAT.TSATEUR, TRICE [jé-né-ià-li-zà-teur,-trl3’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de généraliser, § 249. || Séolog. Admis ACAD. 1878.] || Qui gi’ni’raliso. Un esprit — .

GÉNÉRALISATION jé-né-rà-li-zà-syon] s. f.

[ÉTYM. Dérivé d(i généraliser, § 247. | || 1779. Une faible généralisation, leluc, Lett. phys. et mot : I, p. 295. .Vdmis ACAD. 1798.]

|| 1° Action de se généraliser. La — d’une doctrine, d’une opinion. La — d’une maladie.

|| 2° (Logique.) Action de généraliser. L’abstraction et la — .

GÉNÉRALISER îjé-né-rà-li-zé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de général, § 267. || XVIIe-XVIII» s. v. à l’article. Admis acau. 1702.]

|| 1° Rendre général, applicable à l’ensemble. — une doctrine, une opinion. La seule bonne manière de diminuer le nombre des lois est de les —, i.’aijUÉ de .-t-I’ !ERRE, .)îém. SU)’les procès, p. 31. La maladie se généralise ^de locale, devient générale).

|| 2° (Logique.) Réunir sous une idée une expression générale, ce qui est commun à divers termes, en éliminant les différences. Absolt. L’art de — .

GÉNÉRALISSIME [jé-né-rà-li-sim’] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté de l’ital. generalissimo, 7n. s. § 12. || XVI’^-XVn’^ s. Généralissime des armées chrestienes, u’aub.

Hist. univ. III, IV, 27.] || (T. milit. ; Général chargé du commandement en chef, qui a sous ses ordres les autres généraux.

GÉNÉRALITÉ [jé-né-rà-li-té] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de général, d’après le lat. generalitas, §255. On a dit d’abord générante, mot qui s’est maintenu jusqu’au XVII<= s. au sens spécial de généralat. jj XIII<= s. Ba’il aint en généralité, J. de meung, lio.-’C, 5465.]

I. Il 1° Caractère de ce qui est général. Cette proposition a trop de —. || P. ext. Idée générale. Je ne puis entrer avec elle dans des généralités, BOSS. Lett. abbat. IGU. ji 2° Séolog. Le plus grand nombre. La — des hommes pense ainsi.

II. Anciennt. \\ 1° Circonscription administrative du royaume de France placée sous l’autorité d’un intendant. \\ 2° État-major général d’une armée. Nous rencontrâmes toute la — qui revenait, ST-SIM. I, 84.

GÉNÉRATEUR, TRICE [jé-né-rà-teur, -tris’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. generator, m. s. \\ 1519. guill. MICHEL, Georgiques, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] li ±0 Qui sert à la génération. Les organes générateurs.

|| 2° Fig. Qui sert à la formation de qqcli. Son —, le son principal que fait entendre un corps sonore mis en vibration, par opposition aux sons harmoniques. Rectangle, triangle —, dont la révolution autour d’un de ses côtés engendre un cylindre, un cône. L-igne génératrice, e\. substantivt,

Génératrice, ligne formant l’axe autnur duquel a lieu cette révolution. La génératrice d’un cylindre, d’un cône. || Substantivt. Le — (d’une machine à vapeur, la chaudière où se produit la vapeur qui fait mouvoir la machine. — d’électricité.

GÉNÉRATIF, IVE [jé-nc-rà-tîr, -tïv’] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. generare, engendrer, § 257. U XIIIi^-xu’s. Médecine generative de char, Chirurg. de Mondeville, f» 63.] || (T. didact.) Relatif II la génération. Faculté généraUve.

GÉNÉRATION [jé-né-rà-syon ; en vers, -si-ou] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. generaUo, m. s. || XII« s. Guarderas nus de ceste generatiun en parmanableté, Psaul. de . Cambridge, XI, 7.] || I. Il 1° Production d’un être vivant, par des itrcs de i même nature chez lesquels il était en germe. Nous nom- 1 mons improprement — le commencement d’un développement i qui nous rend visible ce que nous ne pouvions auparavant apercevoir,

GH. BONNET. Gfc :ia)v ;s,v.3(.’4. : ;5/j<‘< :i<«//.Actjon d’engendrer, de féconder la femelle. L’acte de la —. P. ext. — ‘spontanée, production d’êtres organisés qui. suivant cer-  : tains naturalistes, viendraient sans germe. Ji (Philos.) U

GÉNÉREUSEMENT — 1160 — GENIE —

, le mouvement par lequel les êtres finis naissent dans le temps. || (Tliéol.) La — du FUs, sa production directe par le Père (par opposition au Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils). ! || La — d’un monastère, création d’une nouvelle maison par la maison mère.

|| 2° Fig. La — d’un nombre, sa formation par l’unité ou par d’autres nombres. || La — d’une surface, sa formation par une ligne supposée en mouvement. La — d’un cylindre, par la révolution d’un rectangle autour d’un de ses côtés pris pour axe. || La — d’un accord, par le son fondamental que produit la corde et les sons harmoniques qui l’accompagnent.

La — des idées.

II. P. ext. Ceux qui descendent de qqn par fdiation directe. Puissiez-vous voir vos fils jusqu’à la troisième et la quatrième —, saci, Bible, Tohie, ix, il. || P. anal. Ceux qui vivent dans le même temps (évalué à la durée moyenne de la vie humaine). La — présente. Que les hommes goûtent les fruits de la paix, de — en —, fén. Ti’l. 11.

GÉNÉREUSEMENT [jé-né-reûz’-man ; en vers, -reûze-...] adv.

[ÉTYM. Composé de généreuse et ment, § 724. || 1630. Généreusement, MONET, Abrégé du parallèle.) || D’une manière généreuse. || l» Avec noblesse de sentiments. Secourons l’innocence et —, ROTROU, Antig. v, 3. Je crois qu’il n’agit pas moins — , CORN. Nicovi. III, 8.

|| 2° En donnant plus qu’on n’est tenu de le faire. Payer, récompenser — .

GÉNÉREUX, EUSE [jé-né-reû, -reuz’] adj.

[ÉTV.M. Emprunté du lat. generosus, ?/i. s. \\ XIVes. Ne ce n’est genre genereus, J. LEFIIVRi :, Vieille, dans DELB. Rec]

|| 1° Vieilli. Qui est de noble race. Il est d’un sang — . || P. anal. Des coursiers — .

|| 2° P. ext. Qui a de nobles sentiments. Une âme généreuse Trouve dans sa vertu de quoi se rendre heureuse, CORN. Pulch. II, s. Et si l’on n’est barbare, on n’est point —, ID. Hor. IV, 4. || Slib-stantirt. Sottement faire le —, uoiL. Sat. 8. Il P. ext. Un dessein si beau, si —, rac. Andr. I, 4. Cet orgueil —, ID. Phèd. il, 1. Un — sacrifice.

|| 3° Qui donne plus qu’il n’est tenu de le faire. Les plus riches ne sont pas toujours les plus —. || P. ext. Un don —. || Viq. Un sol —, très productif. Un vin —, très réconfortant.

GÉNÉRIQUE [jé-né-nk’j adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. genus, eris, genre, § 229. || XVIIe s. v. à l’article. Admis ACAD. 1718.] || (T. didact.) Qui tient à un genre. Terme, caractère — .

L’unité —, DESC. Rép. aux sec. object. 21. Les chevaux, mules et mulets ne sont pas compris dans l’expression — de bestiaux, Aixêt de la Cour de cassation, 17 juin 1806.

GÉNÉROSITÉ [jé-né-rô-zi-lé] s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. generositas, m. s. \\ 1512. De très antique générosité, J. le maire, dans DELB. Rec] || ±0 Noblesse de sentiments. La — suit la belle naissance, CORN. lier. V, 2. Ma — doit répondre à la tienne, lu. Cid, III, 4.

|| 2° Disposition à donner plus qu’on n’est tenu de le faire. Tous ont reçu des marques de sa —. || P. ext. Une — , acte de générosité. Faire des générosités.

  • GENÈSE [je-néz’] et, vieilli, "GÉNÉSIE [jé-né-zi], ?. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec i’£vvt || tII ;, ?«. i\ transcrit avec un seul n par confusion avec ysveffi ! ;, naissance. || 1611.

Genesie, cutgr. || 1732. Genèse en géométrie, trév.] || (T. didact.) Génération. || l. (Géom.) Vieilli. La — d’une surface. || 2. (Hist. nat.) Production des êtres organisés.

L’ordre successif de la génésie ou foUation des matières minérales, bvff. Époq. de la ncd. Gen. des minéraux. || Fig. Néolog. La — d’un livre, d’une oeuvre dramatique.

  • GENESTROLE [je-nes’-trùl] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne genestrolo, m. s. dérivé de genestro, genêt, §§ 11 et 86. A remplacé genétrole, § 422. || XV-xyi^ s. Geneterole, Journal de botan. 1894. .\dmis ACAD. 1762 et écrit avec deux 1.] || (Botan.) Espèce de genêt qui fournil une matière tinctoriale jaune.

GENESTROLLE. F. genestrole.

GENÊT [je-nè] s. m.

[ÉTYM. Pour genest, § 422, du lat. pop. * genïstum (class. genïsta), m. s. §§ .308, 291 et 556. (Cf. genestrole.)] || Arbrisseau à fleur jaune, de la famille des Légumineuses. — d’Espagne. — à balais. — des teinturiers.

GENET [je-nè] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. jinete, m. s. d’origine incertaine, § 13. || XIV» s. Vingt mile Genevois sur gênez chevauchant, cuvEi.iER, Duguesclin, 11114.] || Petit cheval de race espagnole. [Cf. genette 2.)

GÉNÉTHLIAQUE [jé-nët’-li-âk’] adj. et s. 7n.

[ÉTYM. Emprunté du lat. genethliacus, grec y£Vc8>kiaxôî, m. s. || XVI’= s. RAI3. III, 87. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° -le//. Relatif il la naissance (d’un enfant). Poème — .

|| 2° s. m. Astrologue qui dresse un horoscope.

  • GENÊTIÈRE [je-nè-tyèr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de genêt, § 115. || 1611. Genestrière, COTGR.] || Lieu couvert de genêts. ‘GÉNÉTIQUE [jé-né-lïk’] adj.

[ÉTYM. Pour gennétique, emprunté du grec vEvvTiTixôî, m. s. de Y£vv5v, engendrer. (Cf. genèse, i || Néolog.] || (Anat.) Qui a rapport aux fonctions de génération. [Cf. génital. "i Facultés génétiques. 1. GENETTE [je-nef] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. jineta, arabe djerneit, m. s. §§ 13 et 22. || XIII<‘s. Piaus de martrine, piaus de genetes, E. BOiLE.AU, Livre des mest. II, XXx, 11.] || (Hist. nat.) Petit mammifère du genre des Carnivores digitigrades, dont la peau est utilisée comme fourrure. 2. GENETTE [je-nef] s.f.

[ÉTYM. Tiré de genêt, § 37. || XV" s. Sarrazins qui chevauchent a la genette, cIIastell. Chron. dans DELB. Rçc.\ || (Manège.) Mors, dit à la turque, dont la gourmette a la forme d’un anneau. || Loc. adv. Monter à la —, avec les étriers courts et l’éperon près du flanc du cheval.

  • GENÉVRETTE [je-né- vrêt’] et * GENEVRETTE [jën’-vrêf ; eji vers, je-ne-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de genièvre, §§ 65 et 133. || 1780. Boisson appelée genevrette, dans Journal de l’agricult. IV, p. 163, décembre.] || Boisson faite avec des baies de genièvre.

GENÉVRIER [je-né-vrl-yé] et "GENEVRIER [jene-...] .ç. m. [éty’m. Dérivé de genièvre, §§ 63 et 115. || 1372. Genévrier,

J. CORBICHON, Propr. des choses, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1740 et écrit genévrier, puis en 1878 genévrier.] || Arbuste de la famille des Gupressinées, à baies aromatiques.

  • GÉNI [jé-ni]. F. génien.
  • GÉNIAL, ALE [jé-nyIIl ; en vers, -ni-àl] adj.

[ÉTYM. Dérivé de génie, § 238. L’anc. franc, génial vient du lat. genialis, et a un sens tout différent. || | Néolog.] || Qui est inspiré par le génie. Une idée géniale.

GÉNIE [jé-ni] s. 7n.

[ÉTYM. Emprunté du lat. genius, « génie tutélaire », m. s, influencé par ingenium, n talent ». || 1611. cotgh.]

I.

|| 1° Esprit bon ou mauvais, être surnaturel qui, dans les croyances des pa’iens, présidait à la destinée des individus, des familles, des nations. Le bon —, le — tutélaire de Socrate. Le mauvais — des Atrides. Le — de Rome. || Fig. Être le bon, le mauvais — de qqn, exercer sur lui une bonne, une mauvaise influence.

|| 2° P. anal. Être surnaturel doué d’un pouvoir magique (dans les contes de fées). || 30 P. ext. Etre allégorique personnifiant en poésie, en sculpture, en peinture, une idée abstraite, etc. Le — des arts, du commerce. Le — de la Liberté. || /’. ext. Représentation de celte allégorie. Le Génie de la Bastille.

II.

|| 1° Disposition, talent naturel. Ceux en qui on remarque le — de la guerre, fé.n. Tél. 14. Dans son — étroit il est toujours captif, boil. Art p. 1. Pauvre —. Petit —. n a le — de l’intrigue. Avoir le — de la destruction. Je sens que mon esprit travaille de — (d’inspiration ;, uuil. Sat. 8. || P. ext. Tendance propre. S’écarter du — de notre langue. Du Ciel la prudence infime Départ à chaque peuple un différent — , CORN. Cinnu, 11, 1. J’ai tâché de faire connaître le — de son siècle (de Louis XI), duglus, L. XI, préf.

|| 2° Aptitude supérieure que tiennent de la nature les esprits créateurs. Un homme de —, et, ellipt. Un — sublime.

III. P. ext. (Sous l’influence du mol ingénieur, constructeur d’engins, engin venant du lat. ingenium.) Application des sciences à la forliticalion des places, à la construction des navires, des ponts, etc. Le — militaire. || P. ext. Le corps des officiers, des soldats qui y sont emGENIEN — a ployés. Officier, soldat du — civil, . || Le — maritime. Le l’ensemlile de ? ingénieurs civils.

  • GÉNIEN, lENNE [jé-nvin, -nvèn’ ; en i’e ?"5,-ni-...]ar(;’.

[ÉTYM. Dérivé (Ju grec yîVctov, menton, § 244. || 1811. MOZiN, Dict. fran’-.-al/em.] || (Anat.) Qui tient au n’ienton. Apopliyse génienne (dite apophyse géni>, située en arrière delà symphyse du menton.

GENIÈVRE [je-nyévr’] s. m.

[ÉTYM. Du lat. jûnïperum, qui a donné régulièrement en anc. franc, geneivre, genoivre, SS 397, 349, : :509, 431, 2’.M3 et zOi. La l’orme genièvre (acau. 1694) est une altération inexpliquée, § 509 : richel. et furet, ne connaissent que genèvre.] || Genévrier. I || Fmit du j^cnévrier. Vin de —, genévrette. || P. exl. Eau-de-vie distillée sur des baies de genièvre. ‘GÉNIOGLOSSE jé-nyô-glôs’ ; en iw* , -ni-ù-...] adj.

[ÉTYM. Composé avec le grec yivE’.ov, menton, et YÀÛTffa, langue, § 279. || 1630. Muscles genioglosses, Roland DE BEi.EBAT, Aqlosso.ito7nof]raphi<‘, p. 1 i.] || (Atiat.i Qui tient au menton et à la langue. Muscle — ,

GÉNISSE jé-nis"] et "GENISSE [je-nis’]5- /"•

[ÉTYM. Du lat. pop. ‘jûnicia, adj. tiré du lat. class. jûnîcem, vi. s. § 07, puis emplové substantivement à la place de ce dernier, §.S 397, 349, 378 et 291.] || Jeune vache qui n’a point porté. Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses ? rac. Alh. I, 1.

GÉNITAL, ALE jé-ni-tàl] adj.

[ÉTYM. linipruuté du lat. genitalis, m. s. \\ XIy" s. Membres geniteulx, .i. i.i : févre, Vieille, dans dei.b. Bec] || (T. scienlif.) Oui sert à la génération. iCf. génétique.

Les parties génitales de l’homme, de la femme, du mâle, de la femelle.

GÉNITIF [jé-ni-tif] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. genltivus C ?.-ent. casus\ 7n. s. proprf, < qui engendre ». || XIV<= s. Monstre de grammaire... Quant il de génitif n’a point, J. le ficvre. dans uklu. liée] || (Gramm.) Cas auquel on met un mot déclinable pour exprimer son rapport à un autre mot désignant une chose qui lui appartient. Mettre au — un nom et l’adjectif qui s’y rapporte.

GÉNITOIRES [jé-ni-twàr] s. m. pl.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. genitalia (s.-ent. membra), ?». v. deveim génitalies, génitaries, génitaires, puis, par substitution de suftixe, génitoires, g 62. || xu<^ s. Bon sunt si genitaire... A mètre en medicine, PH. de th.\un, Hest. p. 94. | || Vieilli. Organes génitaux du mâle.

  • GÉNITO-URINAIRE [jé-ni-tô-u-ri-nér] adj.

[ÉTY’M. Composé avec le radical de génital et urinaire, §280. Il Néolo ;/.] || (T. scientif.) Qui a rapport à la génération et à la sécrétion urinaire. Organes génito-urinaires.

GÉNITURE gé-ni-tur] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. genitura, 7h. s. i || XVe s. Eternelle et vraye geniture, Actes des Ap. dans godef.] || Vieilli. Progéniture. La mère, apaisant sa chère —, la F. Fah. IV, 16.

GENOU [je-nou] s. m.

[ÉTYM. Four genouil, §463, du lat. pop. "genûculum * genuclum ^class. geniculum), dimIImtif de genu, m. s. §§ SS, .• !24, 390, 290 et 291.]

|| 1° Articulation de la jambe avec la cuisse, à la partie antérieure. Avoir les genoux portés en dedans, en dehors. Plier les genoux. Mettre un — enterre. (1’. agenouUler.) Mettre un enfant à genoux (par punition). Se mettre à genoux (pour prier Dieu, pi)ur supplier qqn). Demander une chose à genoux, à deux genoux (les deux genoux à terre). Votre Bome à genoux vous parle par ma bouche, coRN. Cinna, u, 1. Plier, fléchir le — devant qqn, s’incliner humblement devant lui. n n’a devant Aman pu fléchir les genoux, rac. Kstk. III, 4. Embrasser les genoux de qqn (chez les anciens), se prosterner devant lui en suppliant. C’est donc à moi d’embrasser vos genoux, II.\C. Ipli. in, ô. || Fifj. Êtreàgenoux devant qqn, être aux genoux de qqn, lui montrer une soumission, une dépendance absolue. Un peuple obéissant vous attend à genoux, UAC. Midir. I, o. Être aux genoux d’une femme. L’orgueilleuse m’attend encore à ses genoux, u.\.c. Andr. u, s. || i l’. anal. En parlant de certains animaux. Les genoux d’un cheval, d’un éléphant. Le chameau se met à genoux. | || /•’/’/. Fntnil . Sa téta est comme un —, cluiuvo. Ce couteau coupe comme un —, ne coupe pas. 61 - GENS

|| 2° P. anal. (Technol.) Partie articulée d’un instrument. — d’une lunette, d’un graphomètre, pièce articulée placée au haut du pied de l’instrument, pour lui permettre de tourner. || — d’aviron, partie comprise entre la poignée et le point d’appui. || — de varangue, pièce de bois coudée qui consolide la coque d’un navire. ! || P. < ?.t<. (.\nat.) — du corps calleux, partie du corps calleux qui forme l’inllexion antérieure.

  • GENOUILLADE :je-nou-yàd’] s. f.

[ÉTY.M. Dt rivé de genouil, anc. forme de genou, § 119. || XVII’- s. v. à l’article.] || Vieilli. Génullexion. Le grand Amphitryoniade Lui fit profonde —, scarr. Typhon, 4.

GENOUILLÈRE [je-nou-yér] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de genouil, anc. forme de genou, S U.ô. | || XII« s. Et ensement les genoillieres D’or et d’argent furent partieres, Eni-us, 4425.] || l" Ce qu’on attache sur le genou pour le préserver. || Pièce de l’arnmredes chevaliers qui était entre les jambards et les cuissards. || Partie d’une botte à l’écuyère qui emboîte et protège le genou. || Enveloppe de cuir que les couvreurs, les ramoneurs, mettent aux genoux pour monter dans les cheminées, sur les toits. || Enveloppe de cuir qu’on met aux genoux d’un cheval pour l’empêcher de se couromier. | Enveloppe de llanelle, de tricot, que l’on met au genou pour éviter, combattre les rhumatismes. i II 2° P. anal. (Technol.) || 1. Charnière mobile qui sert ‘à monter les instruments de mathématiques, i 2. Carî touche coudé des fusées qu’on tire sur l’eau. || 3. Partie basse de l’embrasure d’une batterie de canons,

GENRE [jânr] s. m. j

[ÉTYM. Emprunté du lat. genus, generis, m. s. § 503. (|| || XII* -xIII’-’s. Salverat humaine genre, Veng. de J.-C. dans GOI DEF. Compl. I \i\^ s. Choses qui différent engenrre, oresme, | Éth. VI, 1.]

|| 1° Groupe naturel d’êtres qui se ressemblent par certains traits essentiels. Le — et l’espèce. Les divers genres du régne animal, végétal. || P. ext. Le — humain. || 2°^ Idée générale sous laquelle l’esprit réunit ce qui est commun à divers termes, en éliminant les différences. Dans la scolastique, les genres prenaient le nom d’universaux. Tout objet se définit par le — et la différence. 3’^ Ensemble des caractères essentiels d’une chose. Des ornements d’un — recherché. Fainil. Avoir bon, mauvais —, de bonnes, de mauvaises manières. Ellipt. Se donner des genres, avoir des manières atfectées. Avoir du —, une manière d’être élégante, distinguée. ‘ || C’est un personnage illustre dans son —, L.\ BU. 11. Inventer un nouveau — de supplice. Les divers genres de style. Le — badin, familier. Les divers genres de littérature, d’architecture. Le — didactique, lyrique, épique, dramatique. Un bâtiment du — gothique. Peinture de —, qui traite des sujets de fantaisie (par opposition à la peinture d’histoire, au paysage). || 4» ^Gramm.) Forme spéciale employée dans certaines langues pour distinguer les êtres masculins, les êtres féminins et les choses qui n’ont pas de sexe. Le — masculin, féminin, neutre. Un adjectif des deux genres, qui n’a iju’une termin-aison pour le masculin et le féminin. Un substantif des deux genres. 1. GENS jan ; \’s se lie avec la valeur de z] s. m. et i f.pl. j

[ÉTYM. Ancien pluriel de gent 1, § 560. Féminin à 1 origine, conformément à l’étymologie ; devenu masculin sous Tinlluence de l’idée d’homme, il garde pourtant le genre féminin dans quelques cas où l’adjectif lui est étroitement uni par le sens ou la construction. || XI>^ s. La gent qui enz fregondent, 5f Alexis. 299. || xn= s. Grani est li duels  ; que sa (var. ses) genz font, Eneas, 2012.1

I. Nombre indéterminé de personnes prises collectivement. Avant que de songer à condamner les —, MOL. Mis. III, 4. Donner la chasse aux — Portant bâtons, LA K. Faô.

I, s. Une hôtellerie où on loge bêtes et —, chevaux et voyageurs. || Famil. Les —, pour désigner, sans la nommer, | une certaine personne, souvent la même qui parle. , Mais on entend les — au moins sans se fâcher, MOL. .Mis. I, 1. Regardez un peu les — sans nulle haine, lu. Tait, il, -â. ||

Gens veut au féminin les qualificalits et les délerminatifs ‘qui le précèdent, lorsque le qualilicatif ou le délerminalif qui le précède immédiatement n’a pas une forme unique pour le masculin et pour le féminin. QueUes — étes-vous ?

GENS - H62 — GENTIMENT

RAC. Plaid. Ti, S. Certaines —. Toutes — d’esprit scélérat,

LA F. Fab. VIII. 22. De telles —. Les petites —, gens de condition inférieure. De bonnes —, de méchantes —. Toutes les vieilles —. QueUes sottes — I II y a de sottes — qui me veulent dire qu’il a été marchand, MOL. B. f/ent. IV. 3. ||

Gens veut au masculin les qualillcatifs et les déterminatifs qui le précèdent lorsque le qualificatif ou le déterminatif qui le précède immédiatement a une forme unique pour le masculin et pour le féminin, ou lorsque le qualificatif est séparé de gens par un membre de phrase. Tous ces —. Quels honnêtes — ! Ces courageux jeunes —. Instruits par l’expérience, les vieilles — agissent prudemment, jj

Gens veut au masculin les qualificatifs ou détt-rminatifs qui le suivent. — fort sensés. L’un dit : Ces — sont fous ! la F. Fah. TII. 1. Des — fades, oisifs, la br. 7. Plus telles — sont pleins, moins ils sont importuns, la F. Fab. XII, 13.

II. Une certaine catégorie de personnes. Les — de lettres, d’épée, de robe. Les — d’armes. (Cf. gendarme.) Les — du monde. Les — de l’art, du métier. Les — de chez nous. Au ; sommet De la salle, où l’on met Les — de Lantriguet Tréguieri, MOL. B. gent. ballet. Les — de bien. Tous deux pour leur pays sont morts en — d’honneur, CORN. Hor. IV, ^ 2. Si tant de — de coeur font des voeux pour ta mort, ID. | Cinna, IV, 2. Des — de sac et de corde. Les vagabonds ou , — sans aveu sont ceux qui n’ont ni domicile certain..., Code \ pénal, art. 270. ji Ahsolt. Ceux qui sont sons les ordres ! de qqn. La moitié de tes — doit occuper la porte, CORN. Cinna, \ V, 1. Dites aux — de Monsieur qu’Us aillent quérir des violons, MOL. Prec. rid. se. 11. | 2. ‘GENS ijins’l s. f. ,

[ÉTYM. Emprunté du lat. gens, m. s. \\ Xrohg.] || (Antiq. rom.) Famille ou réunion de familles d’une souche commune, patricienne. La — Fabia, CorneUa. 1. GENT îjan] s. f.

[ÉTYM. Du lat. gçntem, 7n. s. § 291. [Cf. gens 1 et 2.) || 1 XIe S. Les Turcs et les Persanz et celé gent haïe, Voy. de Charl. à Jerus. 105]  !’1° VII’illi. Nation. La — noircie Dont le Nil arrose les

  • hamps, LA F. Odes, s. || Spécialt. De nos jours. Au plur. Droit des gens. || 1. Droit naturel commun à toutes les nations. || 2. Droit international, qui règle les rapports de nation à nation.

|| 2° Famil. Race. La — ailée. La — trotte-menu (rats, souris) s’en vient chercher sa perte, LA F. Fab. III, 18. 2. GENT, GENTE : jan, jânt’] adj .

[ÉTYM. Emprunté du lat. pop. * gentum, m. s. contraction de genitum, participe de gignere , engendrer, §§ 290 et 291 ; proprt, » né »  ; par extension, « bien né ». jj XIe s. Donc le font gentement, St Alexis, 47. Gent ad le cors e le cuntenant fier, Roland, 118.] || Vieilli. Gentil. Cette gente assassine ? MOL. Et. I, 5.

GENTIANE [jan-syàn’ ; en rers, -si-àn’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gentiana, m. s. || xnic s. Antidotaire, Mss franc. Bibl. nat. 25327. Admis ACAD. 1762.1 || (Botan.) Plante type de la famille des Gentianées, à suc amer, qui croit dans les montagnes. La — bleue.

La grande — ou — jaune. P. ext. Tisane, sirop, vin, oîi entre la racine de cette plante. Boire de la — .

  • GENTIANÉES [jan-sy ;i-né ; en vers, -si-à-...] s. f. pl.

[ÉTYM. Dérivé de gentiane, § 223. || 1811. mozin, Dict. franç.-allem.] || (Botan.) Famille de plantes dicotylédones, dont la gentiane est le type.

  • GENTIANELLE [jan-syà-nèl ; en vers, -si-a-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gentiane, §258. || 1791. encycl. méth.] || (Botan.) Espèce de gentiane originaire des Canaries. 1. GENTIL [jan-ti] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. ecclés. gentilis, ?>î. ^f. § 216.

Les Juifs appelaient goyim les nations en grec xt. eSvt,), les peuples étrangers à leur culte ; les chrétiens latins appelèrent de même gentiles les païens. || XVI<= s. Sur les

Gentilz exercera justice, marot, Ps. 110.] || Celui qui appartient aux nations païennes. (S’emploie surtout an pluriel.) La conversion des gentils. || Adjectivt. FUs d’un père — et d’une mère chrétienne, .\cad. 2. GENTIL, ILLE jan-li, -tiy’ ; l finale se lie avec la valeur d’un y : gentil enfant" adj .

[ÉTYM. Du lat. gentîlem, de race, de « famille », par extension <(de bonne race, de noble famille ». § 291. .\utrefois des deux genres. [Cf. gentiment.) Sur le son mouillé pris il une époque régente par 1 finale. v. § 464. ‘ || XI« s. Donc prist moillier... Des mielz gentilz de tote la contrede, St Alexis, 20.] 1. Anciennt. Noble. [Cf. gentilhomme.) Gentille femme, gentille dame. 1 || P. anal. — pays de France. || Fiçf. Généreux. El. P. ext. Qui a un agrément di’licat. Dn — costume. 0ne gentille enfant. H... me disait des mots les plus gentils du monde, MOL. Ec. des f. II, s. Faire le —, affecter cet agrément. || Ironiql . Vous êtes —, vous êtes un — garçon. Vous me traitez là de gentille personne, MOL. Mis. II, 1. 1 || Fiy. Bois —, daphné, garr)u, plante odorante.

GENTILHOMME [jan-ti-y6m’ ; auplIIr. -ti-zôm’]5. m.

[ÉTY’M. Composé de gentil et homme, § 173. || XI« s. Franc sunt mult gentil hume, Roland, 377.]

|| 1° Homme de naissance noble. Qui se dit — et ment comme tu fais, Il ment quand il le dit, CORN. Ment, v, 3. Qu’avez-vous fait dans le monde pour être — ? Croyez-vous qu’il suffise d’en porter le nom et les armes ? MOL. D. Juan,

IV, 4. — de nom et d’armes, noble de race. — de parchemin, roturier anu’.ili. Loc. prov. Vivre en —, sans travailler. P. plaisant. De travailler pour lui les membres se lassant Chacun d’eux résolut de vivre en — , L.\ f. Fab. III, 2. || Spécialt.

Gentilshommes de la chambre, attachés au service particulier du roi. — au bec de corbin. (V. bec-de-corbin.)

|| 2° Fig. I 1. (Ilist. nat.) Fou blanc, oiseau palmipède. || 2. (Technol.) Pièce de fonte sur laquelle s’écoule le laitier d’un haut fourneau.

  • GENTILHOMMEAU [jan-ti-yô-mô ; auplur. -ti-zù-...] s. 771.

[ÉTYM. Dérivé de gentilhomme, § 126. || XV«-XVIe s. Aulcunspetis gentilshommeaux, ET. de médicis, dans DELB. Rec] || Vieilli. Gentillàtre. Ces gentilshommeaux de province aiment les fêtes, BRUEYS et p.\LAPRAT, Groudeur, II, 15.

GENTILHOiyrMERIE[jan-ti-yôm’-ri ; en vers, -yù-meri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gentilhomme, § 69. jj XVII’’s. v. à l’article. Admis ACAD. 1762.] || Famil. ‘1° Qualité de celui qui est gentilhomme.

La — vous tient les bras liés, MOL. G. Dand. I, -3.

|| 2° Réunion de gentilshommes.

GENTILHOMMIÈRE [jan-ti-yô-myèr] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gentilhomme, §115. jj XVIe s. Gentilhomme ayant une gentilhommière, v.\UQ. DE l.a fresn. dans DELB. Mater.] || 11 Famil. Petit domaine de gentilhomme. Sa —, qu’il  ! avait travestie en château, ST-siM. IV, 136.  ; GENTILITÉ jan-ti-li-té] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. ecclés. gentilitas, m. s. § 217. || XIV<= s. Retourner a la gentilité, J. de vig.nay. Miroir fIIst. dans DELB. Rec] || Ensemble de sgentils. Afin que la —, aussi bien que le judaïsme, rendit hommage à ce Dieu, bourd. Myst. Résurrect. 1.

GENTILLÀTRE (jan-ti-yâtr’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gentil 2, § 151.) || XIVe s. n font trop le gentillastre, Fauvel, dans GODEF. Compl.) || En mauvaise part. Gentilhomme de petite noblesse.

GENTILLESSE i^jan-ti-yes’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gentil 2, § 124. A remplacé l’anc. franc, gentelise pourgentilisei. ‘ || XII’^s. De vostre enor vos resovaingne Et de vostre grant jantillesce, curétien de troyes. Cheval, au lion, dans DELB. Rec]

I. Anciennt. Noblesse. — de nature, grandeur de courage, AMYùT, Caton d’Ut. 15.

II. Agrément délicat. — d’un enfant. Le prix de ses présents est en leur —, cORN. Suite du Ment, II, 3. Ce sont des brutaux, ennemis de la — et du mérite, MOL. Pourc. III, 2. || P. ext. .\ction, parole qui a un agrément délicat. Il lui a fait mille gentillesses. Ironiqt. Je te dispense de me parler des gentillesses de ton enfance, ila.milt. Gram. 3. Où prend mon esprit toutes ces gentillesses ? MOL. Amph. I, 1. ‘GENTILLET, ETTE [jan-ti-yè, -yet’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gentil, § 133. Fréquent comme nom propre au moyen âge. || Xëolog.] || Famil. .\ssez gentil.

GENTIMENT jan-ti-man] adv.

[ÉTYM. Pour gentilment, composé de gentil et ment, § 724. Il XII’=-\nic s. Gentilment la saluai, dans bartsch, Royn. und Pastour, p. 149.] || D’une manière gentille. Je voudrais... que cela fût tourné —, MOL. B. gent. II, 4.

GENTLEMAN — U63 — GÉOMÉTRIQUE

  • GENTLEMAN [jant’-le-màn’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’angl. gentleman, m. s. proprt,

  • gentilhomme », § 8. || 1788. encygl. méth. Écon. polit.

III, 17.] || Homme comme il faut. Deux parfaits gentlemen.

GÉNXJFLEXION[.j6-nu-nok’-syon ;<>nrer5, -si-on]s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. genunexio, m. s. \\ XIV= s. Genuflection,

J. goi.ein, Trad. du lialtonal. dans GODEF. Compl.]

Ij Action de (léchirle genou, en signe d’adoralion, de respect, de soumission. [Cf. genouUlade.) Faire des génuflexions.

Le duc de Guyenne... fit encore une — en entrant dans la loge, duci.os, L. XI, II, 209. fi ;j. Famil. Civilités exagérées.

GÉOCENTRiauE [jé-ô-san-trïk’] adj.

[ÉTYM. Composé avec le grec yf,, terre, xr/xpov, centre, et le suffixe ique, g 279. || 1732. trév. Admis ACAD. 1762.] || (.\stron.) Mesuré par rapport à la terre considérée comme centre de la sphère céleste (par opposition à hé- Uocentrique). Latitude —. Mouvement — d’une planète. ‘GÉODE Ljé-od’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. géodes, grec Y£w5t, ;, m. s. proprt, n terreux ». Sur le genre, v. §550. || 1694. th. CORN. Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1798.] || (Minéral.) Pierre naturellement creuse contenant des cristaux, des matières terreuses, etc. La belle — qui est au cabinet du roi, bu’FE’. Mincraur.

GÉODÉSIE Ljé-ô-dé-zil s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grecysuSatTÎa, ?».. ?. de y^,, terre, etSaÎE’.v, diviser. || 1647. Longimetrie ou géodésie, bobynet, dans DEi.n. Rec. Admis ACAD. 1762.] || Science de la mesure du globe ou de ses parties.

GËODÉSIQUE Ljé-ô-dé-zik’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de géodésie, § 229. || 1742. Hist. de l’Acad. des se. p. 90. Admis ACAD. 1762.] || Qui se rapporte à la géodésie. Opérations géodésiques.

GÉOGNOSIE [jé-ôg’-nô-zi] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grecyf,, terre, et vvûffîî, connaissance, S 279. Il 1802. WERNER, Souv. Théorie de la form. des filons, p. 9, préf. Admis ACAD. 1835.] || Science de la composition minéralogique du globe.

GÉOGRAPHE [jé-ô-grâf] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. geographus, grec YEu^pâ-yOî, m. s. || XVI« s. Nos géographes, Montaigne, II, 12.] || Celui qui s’occupe de géographie.

GÉOGRAPHIE [jé-ô-grà-li] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. geographia, grec vEuvpicpîj^ m. s. proprt, « description de la terre ». || XV<=-XVI« s.

Geografie, J. le maire, dans GODEF. Compl.] || Science qui a pour objet la description de la surface du globe. — physique, description des montagnes, des bassins, etc. — politique, description des peuples, des villes. — historique, descripti(jn des changements que les événements ont amenés. Dne carte, un traité de —, et, ellipt, Dne — .

GÉOGRAPHIQUE [jé-ô-grà-fïk’j adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. geographicus, grec vewvpjtp’.xôi ;, m. s. Il 1555. Description géographique, j.\cqlIInot, Astrolabe, fo 51, v".] || Oui se rapporte à la géographie. Dictionnaire, carte —,

  • GÉOGRAPHiaUEBdENT [jé-ô-grà-fik’-man ; en vers, -fi-ke-...] adv.

[ÉTYM. Composé de géographique et ment, § 724. || XVIe s. Pourtrait geografiquement, dans GODEF. Compl.] || D’une manière géographique.

GEÔLAGE [jô-làj’l . ?. m.

[ÉiYM. Dérivé de geôle, § 78. || 1306. Us ne paieront point de geolaige, dans GODEF. jaiole.] li Atiriermt. Droit pavé au geôlier par le prisonnier.

GEÔLE[jÔl] s. /•.

[ÉTYM. Pour géole, plus anciennement jaiole, § 358, du lat. pop. caveOla, diminutif de cavea, cage, § S6, altéré de bonne lieure en ‘gaveÇla, "gaviÇla, § 379, d’où ‘gaiola, § 445, jaiole, §S 393 et 291. Cf. gabie.) || XI !» s. Fu trovez oeorz en la gaole Grimout, wahe, lion, III, 4233.]

|| 1° AncirIInt. Cage. (Cf engeoler.)

|| 2° Prison. /’. l’.r/. Logement du geôlier.

GEÔLIER, 1ÈRE jo-lyé. -lyèr] .s-. »i. et /".

[ÉTYM. Dérivé’de geôle, g 115. || 1298. Le jeolier du chastelet de Paris, dklh. liée.] || Gardien, gardienne d’une prison.

GÉOLOGIE [jé-ô-lô-ji] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grec yf., terre, et î^oyo ;, discours, § 279. Il 1779. DELUC, Letl. phys. et mor. I, p. 5, dise. Admis ACAD. 1835.] || Science qui étudie les terrains dont est formée l’écorce terrestre, leur état actuel et leur formation.

GÉOLOGIQUE [jé-ô-16-jik’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de géologie, § 229. || 1798. deluc, Lelt. sur l’hist. phys. de la terre, p. 122, dise, .\dmis ACAD. 1835.] || 1 Qui se rapporte à la géologie.

  • GÉOLOGIQUEMENT [jé-ô-lô-jïk’-man ; en vers , -jike-...] adv.

[ÉTY.M. Composé de géologique et ment, §724.] || Séolog.] || D’une manière géologique.

GÉOLOGUE [jé-ô-lùg’] s. m.

[ÉTYM. Tiré de géologie, § 37. || 1798. Deux géologues célèbres, DELUC, Lett. sur l’hist. phys. de la terre, p. 13. .\dmis ACAD. 18.35.] il Celui qui s’occupe de géologie.

  • GÉOMANCE [jé-ù-mâns’] et GÉOMANCIE [jé-ô-mansi] s. / :

[ÉTYM. Emprunté du lat. geomantia, grec veojaavTeia, m. s. || XIVe s. Devinement fait en terre est appelé géomancie,

J. DE vignay, Miroir hist. dans DELB. liée. ac\d. 1694- 1762 ne donne que géomance ; suppr. en 1878.] || Art de deviner l’avenir d’après les figures que forme une poignée de terre jetée au hasard.

GÉOMANCIEN, lENNE [jé-ô-man-syin, -syèn’ ; en vers , -si-...] s. ?«. et /".

[ÉTYM. Dérivé de géomancie, §244. || XVIes. paré, XIx,31. Admis ACAD. 1762.1 || Celui, celle qui s’occupe de géomancie.

GÉOMÉTRAL, ALE || jé’-ù-mé-tràl] adj.

[ÉTYM. Dérivé de géomètre, § 238. || 1680. ricIIel.] || (.\rchitect.) Qui reproduit la forme et la dimension géométrique d’un ouvrage construit ou à construire. Plans géométraux. Coupe, élévation géométrîde.

GÉOMÉTRALEMENT [jé-ù-mé-tràl-man ; en vers, -trà-le-...] adv.

[ÉTYM. Composé de géométrale et ment, §724. || 1547. Toiles geometralement proportionnées, a. mizauld, Mir. du temps, dans DELB. Rec. Admis ac.\d. 1835.] || (Architect.) D’une manière géométrale.

GÉOMÈTRE [jé-0-métr’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat géomètres, grec vïtoué-rpT, ;, m. s. L’anc. franc, dit ordinairement geometrien, qui est encore dans OUD. || XIh^-XIVc s. Ensi corn font li géomètre , Boèce, dans GODEF. Compl.] || Celui qui est versé dans la géométrie. Il n’y a point de — qui ne croie l’espace divisible à l’infini, pasc. Espr. gp’om. 1. P. appos. Arpenteur —, géomètre chargé d’opérations d’arpeniagt ;. /’/y. Cette sphère du monde que Platon appelle... l’ouvrage de l’éternel —, volt. Mémoires , .3. || Vieilli. Adjectivt. Avoir l’esprit —, volt. Dict. philos.

Locke.

GÉOMÉTRIE [jè-ô-mé-tril s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. geometria, grec ycwjiETpîa , 7n. s. de Y ?,, terre, et [xÉTpov, mesure. ! || XII<^s. L’une i portrait géométrie. Si com ele esgarde et mesure, CURÉtie.N de TROYES, Érec, dans DELB. Rec] || Science qui a pour objet la mesure de l’étendue et des parties qu’on y peut concevoir. — plane, qui mesure les figures tracées dans un même plan. — dans l’espace, qui mesure les volumes. — descriptive, qui étudie les lois de la représentation graphique des figures, et, spécialt, la projection des solides sur un plan. — analytique, qui applique à la géométrie le calcul algébrique. — transcendante, qui applique à la géométrie le calcul infinitésimal. Dn traité de —, et, ellipt. Dne —. ||  ! /’. ext. Toute science mathé’mali([ue. La —... ne peut définir ni le mouvement, ni les nombres, ni l’espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu’elle considère particulièrement et selon la recherche desquelles elle prend ces trois différents noms de mécanique, d’arithmétique, de —, ce dernier mot appartenant au genre et à l’espèce, P.xsc. Kspr. i/éom. 1. i || /’/.’/. Il y a... en nous une — naturelle, c’est-à-dire une science des proportions, BO^s. Court, dr ]>ifu. I, 8.

GÉOMÉTRIQUE jé-ù-mé-trïk’l adj.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. geometricus, grec y£<«>IA£t ? ;x’J ;,

GÉOMÉTRIQUEMENT 1164 GERMER

m. s. || XIVc s. Proportionalité géométrique, ORESME, Eth. v.’s.j || Relatif à la géométrie. Science, démonstration, construction —. L’exactitude —. || Sppcialt. Proportion, progression —, proportion, progression par quotient.

GÉOMÉTRIQUEMENT [jé-ô-mé-lrïk’-man ; en vers, -tri-l<e-...] adv.

[ÉTYM. Composé de géométrique et ment, § 724. || xtv’’s.

Geometricment ponctué, Traité d’alch. dans littré.] || D’une manière géométrique. Démontrer qqcli — .

  • GÉORAMA [jé-ô-rà-mà] s. m.

[ÉTYM. Composé avec le grec yîi, terre, et 6paII.a, spectacle, § 279. Il Néolog.] || Représentation en relief de l’ensemble ou d’une parlie de la terre, à une échelle plus ou moins grande.

GÉRANCE [jé-râns’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gérant, § 146. || Néolog. Admis agad. 1878.] || Fonction de gérant.

GÉRANIUM [jé-rII-nyèm’ ; en vers, -ni-ôm’] * . m.

[ÉTYM. Emprunté du îaf. géranium, grec yjpâv.ov, m. s. proprt, « bec de grue ». || 1545. Le géranium ou la viole noire,

G. GUKROULT, dans DELB. Rix. Admis ACAD. 1762.] || (Botan.) Plante de jardin à feuilles arrondies, à fleurs en ombelle.

GÉRANT, ANTE [jé-ran, -rânt’]^. m. et f.

[ÉTYM. Subst. parlicip. de gérer, § 47. || Néolog. Admis ACAD. 1835.] || Celui, celle qui administre, pour le compte d’un autre, un domaine, une entreprise industrielle, etc. Spéciall.

Le — responsable d’un journal, d’une revue. ‘GERBAGE [jèr-bàj’] S. m. [ktvm. Dérivé de gerber, § 78. || Néolog.] || Action de mettre (le blé) en gerbes.

GERBE Ijèrb’] s. f.

[ÉTYM. Pour jarbe, § 302, emprunté de l’anc. haut allem. garba, allem. moderne garbe, m. s. §§ 6, 498 et 499. || XIn’-’s. Par vos perdi ge mon froment Ou j’avoie la quarte jarbe, Renart, XXII, 657.] || Faisceau d’épis coupés, ofi les tètes sont disposées d’un même côté, qui va s’élargissant. Lier les gerbes. Anciennt. Dîmer à la dixième, à la vingtième —, prendre une gerbe sur dix, sur vingt, en vertu du droit de dime. On curé qui court la —, qui va lever la dime en personne. ||

Loc. prov. Faire — de fouarre à Dieu, donner au curé, pour la dîme, la gerbe oII il y a le plus de fouarre, le moins de grain. [Cf. barbe.) || P. anal. Hne — de Heurs, botte de tleurs coupées oîi les tètes sont disposées du même côté. Une — d’osier, botte de branches d’osier (pour la vannerie). || Vig. Une —- de feu, flammes qui s’élancent en forme de gerbe. Spcciall. Dans un feu d’artifice, fusées qui s’élancent en gerbe. Une — d’eau, eaux jaillissantes en gerbe.

GERBÉE [jèr-bé] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gerbe, § 119. || 1553. Deux chariots... chargez de gerbes, B. de salignac, Siège de Metz, p. 526, Michaud.]

|| 1° Botte de paille où il reste qqs épis.

|| 2° B(jtte de fanes, de tiges de céréales, de légumineuses, coupées avant la maturité pour servir de fourrage. || i’. anal. — de sarments, sarments mis en botte.

GERBER [jèr-bé] r. tr. et intr.

[ÉTYM. Dérivé de gerbe, § 154. || XIIIe s. Cilz qui gerbetet vet moxonnant, Cartul. de St-Vi7ic. de Metz, dans GODEF. Admis agad. 1718.]

|| 1° v. tr. Mettre en gerbe. — les javelles. || P. anal. Mettre en tas. — des fûts, des obus.

|| 2° F. intr. Se mettre en gerbe. Ft.17. On jet d’eau qui gerbe.

  • GERBO [jèr-bô] s. m. et GERBOISE [jèr-bwàz’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’arabe yerbo ou djerbou [cf. l’espagn. gerbasia), ?«. .s. §§ 13 et 22. || 17U0. Un petit animal nommé gerbo, cornelis de bruyn, Voy. au Levant, p. 406. Admis AGAD. 1835.] || (Ilist. nat.) Petit mammifère rongeur. — du Cap.

GERCE [jèrs’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gercer, § 52. ACAD. ne donne que le sens 2°, dont le rapport avec le sens 1° n’est pas sûr. L’anc. franc, jarce signifie « lancette à scarifier». || (Au sens 2°.) xyi"^ s. Tignes, gerces et chenilles, a. mizauld, McIIs. champ, dans DELB. liée.]

|| 1° Fente légère que produit la dessiccation dans le bois. Il P. e.rt. Planche ainsi fendillée.

|| 2° Teigne qui ronge les étoffes.

GERCER [jèr-sé] v. tr.

[ÉTYM. Pour jarcer, §302, du lat. pop. * carptiare (tiré du lat. class. carpere, déchirer, comme "captiare, chasser, de capere^, m. s. altéré de bonne heure en ‘garptiare, §379, d’où jarcier, §§ 393, 429, 406, 297 et 291, jarcer, § 634. Le mot signifie souvent « scarifier » en anc. franc. || XIIc-xIII’’s. Chil ki si griément se garsa, rencl. de moiliens, Miserere, cXXXVII, 10.] || Fendiller. Avoir la peau, les lèvres gercées par le froid. ||

Les chaleurs ont gercé la terre. || La sécheresse a fedt — cette planche.

GERÇURE [jèr-sûr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gercer, § 111. || xV s. Par seignees ou par gerseures. Traité de trihulation, dans GODEF. gerseure.] || Fente légère que le froid produit sur la peau, la sécheresse sur le bois, sur un enduit, etc.

GÉRER [jé-ré] v. tr. et pron.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gerere, porter, administrer. || 1611. COTGR.]

|| 1° v. tr. Administrer pour le compte d’un autre (un domaine, une entreprise indusirielle, etc.). Un homme chargé de — les propriétés de qqn. || P. anal. — une tutelle. 1 || P. e.rt. Il a mal géré ses affaires.

|| 2° Rare. v. pron. (Droit.) Se — créancier, se porter créancier.

GERFAUT [jèr-fô] S. m.

[ÉTYM. Pour gerfauc, composé avec l’anc. haut allem. gîr (allem. moderne geier), vautour, et fauo, anc. nominatif de faucon, g§ 6, 199, 498 et 499. || XII« s. Osturs, girfaus e espervers, Vie de St Gilles, 1553.] || Oiseau de proie, sorte de faucon de grande taille,, hardi et très agile.

GERMAIN, AINE [jèr-min, -mên’] adj.

[ÉTYM. Du lat. germanum, 77i. s. §§ 300 et 291.]

|| 1° Né du même père et de la même mère. Frère — , soeur germaine. [Cf. consanguin et utérin.) || Substantivt. Des frères, des germains, CORN. Pomp. IV, 1.

|| 2° P. ext. Cousins germains, nés de parents frères ou soeurs l’un de l’autre. Elle est ma cousine germaine. || Substantivt. Cousins issus de —, issus de parents qui sont cousins germains. Cousin issu de — de M™^ de Maintenon, STsiM. 1, 28.

GERMANDRÉE [jèr-man-dré] s. f.

[ÉTYM. Altération (v. § 509) du lat. chamaedrys, yos, grec /TLIIxiùpoi, m. s. proprt, « chêne terrestre ». || XII’^-xIII’^ s.

Gamedreos : gemandree, Gloss. dans GODEF. CompL] || (Botan.) Plante formant un genre de la famille des-

Labiées, à fleurs purpurines ou jaunes. — aquatique.

GERMANISME [jèr-mà-nïsm’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé du lat. Germanus, nom propre des Germains, anciens habitants de l’Allemagne, § 265. || 1752. TRÉv. Admis ACAD. 1798.] || (Gramm.) Façon de parler propre à la langue allemande.

GERME [jèrm"] s. m.

[ÉTYM. Du lat. germen, tn. s. §§ 291 et 473.]

I.

|| 1° Rudiment de l’embryon destiné à reproduire la plante, l’animal. Faux —, produit informe d’une conception imparfaite. Accoucher d’un faux —. Préexistence des germes, système d’après lequel le germe préexisterait à la fécondation.

|| 2° P. ert. Rudiment de certaines parties organiques.

Le — des dents, des cheveux.

II. Fig. Principe, élément du développement d’une chose. Avoir le — d’une maladie. Étouffer la rébellion dans son —. Le — des vertus, des vices. Une idée qui contient en — tout un système. Qui croirait que le — de Pyrrhus et d’Andromaque est dans Pertharite ? volt. Mél. littér. Lett. à d’Olivet.

GERMER [jer-mé] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Du lat. germinare, m. s. devenu ‘germner, germer, §§ 336, 472, 295 et 291.]

I. v. intr. Il 1° En parlant de la semence, faire paraître le germe. Des graines qui commencent à —. || Fig. Voyez — à l’oeil les semences du monde, Régnier, Sat. 9.

|| 2° P. e.rt. En parlant de la plante, se montrer en germe. Les blés sont germes. On fabrique la bière avec de l’orge qu’on a fait —. || Fig. Commencer à se développer. Les idées

GERMINAL — 1165 GIBBEUX

qui germent dans les esprits. Les vertus qui germent dans le coeur d’un eniant.

II. r. //’. i’ruduire eu dcveluppaIIt lu fjerme. Que la terre germe l’herbe verte, fén. Exisl. de Dieu, I, ‘Z. Fiff. Qui de nouveaux martyrs germe une ample moisson, couN. Hymne

Ht Victor.

GERMINAL, "GERMINALE [jèr-ini-IIàl] adj. et S. 7«.

[ÉTYM. iJérivc du lat. germen, inis, yerIIIe, § 238. Au sens II le mot est dû à kauIII- : d’égi-antine. Admis ACAD. 1798, suppl.]

I. Adj. (T. didact.) Relatif au f,’erme.

II. S. m. Septième muis du calendrier républicain (du 21 mars au 19 avril).

GERMINATIF, FVE [jèr-mi-IIIi-tir, -llv"j adj.

[ÉTYM. Dérivé du lai. germinare, germer, §257. || wi^ s. || y en a une autre (eau) germiuative, B. Palissy, p. 2G7. Admis AC.\L). 1878.] || (T. didacl.) Qui a rapport à la germination.

GERMINATION : jèr-mi-nà-syon ; en vers, -si-on]s. f.

[ÉTYM. EmpiuIIlé du lat. germinatio, m. s. \\ XV<=-XVIe s.

Germination de David, fossetier, dans GOUEF. Compl. Admis ACAU. 1702.

J || (T. didacl.) Production, accroissement du germe, de l’embryon végétal. || P. ext. Premier développement de la plante. ‘GERMOIR [jùr-mwàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de germer, § 113. || 1700. liger, Nouv. Mais. rust. dans uelu. liée] || (Technol.) || 1<* Caisse, pot, trou creusé pour recevoir certaines graines qu’on veut semer plus lard.

|| 2° Cellier où l’on fait germer l’orge pour la fabrication de la bière. ‘GERMURE LJèr-mùr] .y. f.

[ÉTYM. Dérivé de germer, ,§ 111. || XV» s. Ces gemures tendoient a maturité, J. v.\l\iuelin, dans guDef. gernure.j || rà ?i//i. Uerminalion. Les germures faites à l’air, dud.^RT, dans Mem. de L’Acad. des se. ann. 17UU, p. 55.

GÉROFLE [jé-rotl’]. v. girofle.

GÉRONDIF [jé-ron-dif] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gerundivum (mieux gerundlum), m. s. de gerere, l’aire. || 1520. SignIIIcation déponente ou gerundive, fabui, dans godei’. Compl.] || (Cramm. lat.) Sorte d’inlinilif déclinable à trois désinences, indiquant que l’idée exprimée par le verbe se fuit, va se faire. Le — en di, en do, en dum. La forme du — s’est confondue en français avec celle du participe présent.

GÉRONTE [jé-ront’J s. m.

[ÉTYM. Nom d’un personnage de comédie, emprunté dugrec yépojv, ovTo ;, vieillard, § 36. || jYéo/o^..\dmisAGAD. 1878.] || Famil. "Vieillard débonnaire, crédule. Pour quel — me prend-on ? ch. ue Bernard, IIom7ne sérieux, 17.

  • GERSEAU [jér-s6] * -. m.

[ÉTYM. Semble pour herseau, § 126. [Cf. herse.) || 1690. furet.] || (Marine.) Corde qui sert à suspendre ou à renforcer une poulie.

GERZEAU [jèr-z6] s. m.

[ÉTYM. Même radical que l’anc. franc. Jargerie (var. garzerie, jergerie, elc), IVraie, d’origine inconnue. || \W s. Quant nos augom et aragom le jarzeu de tous froment. Serinons jioilevins, dans gouef. jarzeu. Admis ACAD. 1798.] || (.•\gricuU.) Nielle, plante qui croit dans les blés.

GÉSIER [jé-zyé] s. m.

[ÉTYM. Du lat. gigÇrium, qui en lat. classique désigne les entrailles des volailles et qui parait avoir pris dans le lat. pop. le sens de « gésier » et être devenu par dissIInilalion

  • gicërium, d’oII gisler, §§ 382, 305 et 291, puis, par une seconde dissimilalion, Jesier, gésier, § 360. || xu»‘- xui" s. Jecur : giser, Utoss. de Glasijow, dans gouef. Compl.] || Second estomac des oiseaux, qui vient après le jabot, et où les aliments sont broyés et réduits en pâte.

GËSENE [jé-zin’] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gésir, § 100. || XIIe s. En sa gesine, BENEEiT, Ducs de Norm. 10763.] || Vieilli. Couches (d’une femme).

GÉSIR [jé-zîr] v. intr.

[ÉTYM. Du lat. jacçre. m. s. §§ 397, 346, 382, 316 et 291. Le mot n’est plus usité qu’au présent et à l’imparfait de l’indicatif et au participe présent.] || Être couché, étendu. C’est là que du lutrin glt la machine énorme, boil. Lutr. 3. A l’endroit où gisait cette somme enterrée,

LA F. b’ah. IV, 2(J. Speciall. Être couché dans la tombe. Sous ce tombeau gisent Plante et Térence, L.\ F. Epil. de Molière. Ici git, ci-glt un tel, une telle, formule des c-pitaphes. || P. ext. S’étendre. || 1. Marine.) La côte git nord et sud. I 2. (Minéral./ L’endroit où gisent les meilleurs filons.

Les mines d’étain de Saxe... gisent comme celles d’Angleterre dans les montagnes à couches, uuff. Minéraux, Etum. Fifj. Se trouver. C’est là que git la difficulté. C’est là encore où git la gloire, i.a hr. 12.

GESSE Ljés’] s. f.

[ÉTY.M. Emprunté du provenç. gelssa, geicha, m. s. d’origine inconnue, § 11. || 1 140(J. Un queirtaul que faives que poix que jaisses, dans goukf. Compl.] || (Botan.) l^lanle légumineuse formant un geiwe de la famille des l-’apilionacées. — cultivée ou domestique, pois breton, dit aussi lentille d’Espagne. — chiche. — odorante, pois de senteur. — de la Chine, pois vivace.

GESTATION [jés’-tà-syon ; en vers, -si-on] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gestatio, action de porter. 1 || .\dmis ACAD. 1762.] || ‘Ilist. nat.) Séjour du foetus dans le sein de la mère depuis le moment où elle a conçu. Fi(j. La — d’un poème. 1. GESTE [jésl’] s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gesta, participe passé- au pluriel neutre de gerere, faire, accomplir. (Jqns font le plur. gestes du masc. sous l’intluence de geste 2, ou du premier terme de la locution fjdts et gestes. || (xi* ’s. Il est escrit en la geste Prancur, Roland, 1443.] jj l» Anciennt. Action mémorable. (Vitres) Où peintes sont les gestes authentiques, marot, I, 177. Grsmd chroniqueur des gestes d’Alexandre, boil. Ep. 11. || Specialt. Chanson de —, poème épique français du moyen âge.

|| 2° De 710S jours. Les faits et gestes de qqn, t(jute sa conduite. (S’emploie en mauvaise part.j On ne parle ici que des discours et des faits et gestes de la BrinvUliers, sev. 530. 2. GESTE [jesf] .s\ m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gestus, m. s. || XV« s. Sa geste et parolle estoit aspre, com.m. II, 3.] || Mouvement du bras, de la main, de la tète, etc., qui exprime certaines pensées, certains sentiments, ou rend plus expressif le langage. Les muets se font comprendre par gestes. Faire un — d’assentiment, de dénégation. Laisser échapper un — d’impatience. Je réponds d’un — de tète, MOL. Ainph.

III, 1. J’approuvais tout pourtaint de la mine et du —, uoil. Sat. 3. Dn orateur qui a de beaux gestes. Une personne qui fait beaucoup de gestes en parlant.

GESTICULATEUR, "GESTICULATRICE [jés’-ti-kulà- teur, -tris’] 6’. m. et /’.

[ÉTYM Emprunté du lat. gesticulator, m. s. || 1583. Gesticulateur des mains, F. uretin, Lucien, dans uelb. Rec] || Celui, celle qui gesticule.

GESTICULATION [jes’-ti-ku-là-svon ; en fer.y, -si-on] s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gesticulatio, ?«. a* . H XIV«^ s. Gesticulation des espaules, J. UE yig.nay, Miroir ftist. dans DEi.u. Rec] || Action de gesticuler.

GESTICULER [jès’-ti-ku-lé] v. intr.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gesticulare, ?n. s. \\ XVI’s. Gesticuler en faisant des exclamations, u. est. Nouv. Lan<]. franc, ilalian. dans delu. Rec.] || Faire beaucoup de gestes. Ils gesticulent, ils crient, ils s’agitent, L.\ br. 9.

GESTION [jes-tyon ; en vers, -li-on] j.-. /".

[ÉTYM. Emprunte du lat. gestio, m. s. || xV-XYi’s. Par les gestions duquel les choses futures devinent precognoissoit, Fos : ?ETiER, Chrun. maryar. dans godef.j || | lo.\ction de gérer. Confier à qqn la — d’une entreprise.

IJ 2° Manière de gérer. Demander compte à qqn de sa — .

GEYSER [ghèy’-zér] s. m. \

[ÉTY.M. Emprunté de l’islandais geyser, m. s. proprt, î « furieux », § 9. || 1812. uru.n neergaaru, dans Journal | des mines, xXXI, 6. ,\dmis ACAD. 1878.] || (Géologie.) Source d’eau bouillante qui jaillit à une 1 grande hauteur.

GIBBEUX, EUSE [jib’-bcII, -beuz’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gibbosus, m. s. \\ XV<= s.^Faulcon gibbeux ou bossu, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.)

GIBBIE — 1166 — GIGOTÉ

|| (T. didact.) 1 || 1° En parlant d’une personne, qui a une bosse (au dos).

|| 2° En parlant d’une chose, qui est en bosse. Partie gibbeuse du foie. Les parties gibbeuses de la lune. ‘GIBBIE [jîb’-bi] s. f,

[ÉTYM. Dérivé du lat. gibba, bosse, à cause de la forme globuleuse de l’abdomen de cet insecte, § 124. || 1815. en- CYCL. MÉTH. lnsectes.\ || (Ilist. nat.) Insecte coléoptère à abdomen renflé, sorte de grosse puce qui ronge les plantes chez les herboristes, dans les herbiers.

GIBBON [jïb’-bon] . ?. m.

[ÉTYM. Paraît emprunté des dialectes de l’Inde, § 25. DUPLEix a fait connaître en France le mot et l’animal qu’il désigne. || XVIII« s. buff. Gibbon. Admis ACAD. 1878.] || (Ilist. nat.) Grand singe de l’Inde.

GIBBOSITÉ [jïb’-bô-zi-té] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gibbosus, gibbeux, § 255. || XIu«- XIVe s. La gibbosité du foie, Chirurçj. de Mondeville, f» 22. Admis ACAD. 1762.] || (T. didact.) || l» Bosse de l’épine dorsale.

|| 2° Proéminence en forme de bosse.

GIBECIÈRE [jïp’-syèr ; en vers, i’i-he-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de l’anc. verbe gibecer, aller à la chasse [cf. gibier), § 115. || 1350. Six gibecières broudees, dans du c. giboçaria.] || Grand sac en cuir oII les chasseurs mettent le menu gibier. || P. anal. Sac où les pêcheurs mettent le menu poisson. Mettons-le en notre —, LA F. Fab. v, 3. || Sac où les bergers, les écoliers, mettent leurs provisions. || appelait. Sac d’escamoteur. Faire des tours de —. Fig. Il a plus d’un tour dans sa —, il sait trouver plus d’une ruse.

GIBELET fjïb’-lè ; en vers,’]i-hQ-\(i] s. m.

[ÉTYM. Altération de guibelet, guimbelet (formes encore employées par ménage). Le mot est apparenté à l’angl. wimble, vilebrequin, d’origine incertaine, § 8 ; quant à glmblet, qui a le même sens en anglais, il est emprunté du français guimbelet. || 1412. Un guimbelet ou foret, dans du c. vigiliae.] || Foret que les tonneliers, les marchands de vin, enfoncent d’un seul coup dans un fût pour le mettre en perce. || Fiq. Cet homme a un coup de —, il est un peu fou.

  • GIBELOT [jib’-16 ; envers, ji-be-lô] s. m.

[ÉTYM. Peut-être altération de l’allem. gabelholz, m. s. proprt, « bois (holz) qui fait la fourche (gabel) », § 7. || 1694. TH. CORN.] || (Marine.) Pièce de bois courbe fixée entre l’étrave et les plats bords d’un navire.

GIBELOTTE [jib’-lof] s. f.

[ÉTYM. Même radical que l’anc. franc, gibelet, façon d’accommoder les oiseaux, lequel paraît se rattacher à gibier, § 1.86. || 1708. Laissez cuire vostre gibelotte, École des officiers de bouche, p. 341. Admis ACAD. 1762.] || (Cuisine.) Ragoût de lapin.

GIBERNE [ji-bèrn’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gibema, m. s. § 12. (Cf. lat. zaberna, 7n. s. dans un édit de dioclétien.) || 1752. trév. Admis ACAD. 1762.] || (T. milit.) Boîte recouverte de cuir que les soldats portent au ceinturon ou en bandoulière et où ils mettent les cartouches. || Fig. Il a le bâton de maréchal dans sa — , de simple soldat, il peut devenir maréchal de France.

GIBET [ji-bè] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. Le sens le plus ancien paraît être celui de « bâton en forme de crosse ». || XIII» s. Et il a le gibet saisi Qui a son destre braz pendi, wace, Rou, III, 8349.]

|| 1° Potence pour les criminels condamnés à être pendus. On scélérat qui sera par Géronte envoyé au —, MOL. Scap. III, 3. || P. ext. Bois sur lequel on mettait en croix, chez les anciens. Jésus-Christ suspendu à l’infâme — .

|| 2° Fourches patibulaires. Corps exposés au — de Montfaucon.

GIBIER [ji-byé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé d’un radical gib, d’origine inconnue, § 115. Il xu" s. Me requist Que jou alalsse en gibier aveuo lui,

Huon de Bord. 1372.]

|| 1° Ane. franc. Chasse. Aller en —, à la chasse. || 2o P. e.Tt. Animaux qu’on prend à la chasse. Dne pièce de —. Du — à plume (perdrix, cailles, etc.), à poU (lièvres, lapins, chevreuils, etc.). Menu — (perdrix, cailleslièvres, etc.). Gros — (chevreuil, sanglier, etc.). Le — du lion, ce ne sont pas moineaux, LA F. Fab. il, 19. || Fig. Personne qu’on cherche à prendre, à gagner. Ce n’est point là — à des gens comme moi, CORN. Ment, I, 1. — de potence, celui qui est fait pour la potence. Vrai — de potence, MOL. Av. I, .3. Apparemment, Monsieur nous prend pour du — à commissaire, gherardi. Th. ilal. III, 320.

GIBOULÉE [ji-bou-lé] s. f.

[ÉTY-M. Origine inconnue. || 1548. Giboulée ou undee, amizauld, Miroer de l’air, dans DELB. Rec] || Coup de vent accompagné d’averse, qqf de grêle, et même de neige, et bientôt suivi d’une éclaircie. Dne — de mars, de printemps.

GIBOYER fji-b\và-yé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé du radical de gibier, § 163. || XIIe s. Ezvoz

Girart qui vient de giboier, AuIIs et Amiles, 3-391.] || Vieilli. Chasser, prendre du gibier.

GIBOYEUR [ji-bwà-yeur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de giboyer, § 112. || 1583. A la mode des glboyeurs, d. sauvage, P. Jove, dans DELB. Rec] || Vieilli. Celui qui prend du gibier. C’est un grant, un petit —. || Celui qui vend du gibier.

GIBOYEUX, EUSE fji-bwà-yéu, -yeuï’]adj.

[ÉTYM. Dérivé de giboyer, § 116. || 1700. Dne terre giboyeuse,

LiGER, NoIIv. Mais. 7’IIst. dans DELB. Rec. Admis .^.CAD. 1798.] || Qui abonde en gibier. Dne chasse giboyeuse.

GIFLE [jifl’] .V. f.

[ÉTYM. Peut-être emprunté du moven hautallem. kivel i’allem. moderne kiefer), mâchoire, § 8. || XIII" s. Qui borse a dure et giffes moles, G. DE coincy, dans méon. Fabliaux et contes, I, 306. Admis ACAD. 1878.]

|| 1° Vieilli. Joue. Ce qui fait leurs gifles enfler, scarr> Virg. trav. 2.

|| 2° Fa ? ? ?//. Tape donnée sur la joue de qqn avec la main. Donner, recevoir une — .

GIFLER [ji-flc] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gifle, § 154. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || Famil. Frapper (qqn) sur la joue avec la main, n s’est fait — .

  • GIGADOU [ji-gà-dou] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || Néolog.] || (Technol.) Instrument de menuisier, de charpentier, de maçon, servant à prendre la mesure des angles, des courbes suivant lesquelles il faut tailler le bois, la pierre, etc.

GIGANTESQUE [ji-gan-tesk’] adj.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gigantesco, m. s. de gigante,. géant, § 12. || XVII<‘s. v. à l’article.] || Qui passe de beaucoup la grandeur ordinaire. Dn animal, un arbre —. Être d’une taille —. M. de Trichateau, dont vous haïssez la — figure, SÉv. 654. || Fig. Qui passe de beaucoup la mesure commune. Dn projet, un plan —. (Lois) frivoles dans le fond et gigantesques dans la forme, montesq.. Espr. des lois, xXVui, 1.

  • GIGANTESQUEMENT [ji-gan-tes’-ke-man] adv.

[ÉTYM. Composé de gigantesque etment,§724. || Néolog.] || D’une manière gigantesque.

GIGOT [ji-gô] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. (Cf. glguer, ginguer.)

I || XV" s. Pastés de gigos de mouton, dans taillevent, Viandier, p. 47, Pichon et Vicaire.] || lo Cuisse des membres postérieurs d’un mouton, d’un agneau, etc., préparée pour être cuite. Dn — rôti, braisé- Dn émincé de —. Dn — de chevreuil. [Syn. cuissot.) || Manche du —, partie de l’os par laquelle on peut le prendre. Manche à —, poignée qui emboîte cet os et par laquelle on’ le tient pour découpera table. || P. plaisant. .ïambe d’un’c personne. Il faut ici remuer le —, regnard. Bal, se. 16. n n’allait plus que d’un — , scarr. Gigantomachie, 4. || P. ext. Vieilli. Celui qui fait des rondes, archer du guet.

Les pauvres gigots de justice crièrent merci, SOREL, Francion, p. 344.

|| 2° Fig. Partie renflée de la manche des robes de femme. Des manches à — .

GIGOTÉ, ÉE [ji-g5-té] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gigot, .§ 118. || I 1680. richel.] || Famil. Fortement membre. Cheval, chien, bien, mal — .

GIGOTER 1167 — GIRIE

GIGOTER [ji-gô-lé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gigot, g 154. || Admis ACAD. 1718 et écrit avec deu\ t jus(iu’eII 1835.] || Famil. Agiter les jambes. | || P. plaisant. Danser. 1. GIGUE [jig] s. /•.

[ÉTVM. Sul)st. verbal de giguer, § 52. Le mot n’est dans aucun dictionnaire avant celui de Fi ;III :r., ijui le définit : ‘• fille gaye et enjouée (jui saule, qui ganiljade ». Le sens de « jambe » parait dû à rinlluenc(> de gigot.

J || Fdînil. Jambe. Il a de longues gigues. Spccialt. Une — (cuissotj de chevreuil. || /’. i :ct. En uiuuvuise part. Une grande —, IIUe grande, maigre et alerte. 2. GIGUE LJig’J .V. /.

[ÉTY.M. Emprunté de l’angl. jig, m. s. § 8. Le mot anglais est lui-même emprunté de l’anc. franc, gigue, qui désigne un instrument à cordes d’origine germanique (anc. haut allem. gîge, allem. moderne geige, violon), §6. || ! 168U. HICUKL.] || .\ir de danse, danse d’un mouvement vif. L’on n’entend point une — à la chapelle, la Hit. 14. Danser la — . ‘GIGUER [ji-ghé] v. intr. [iJTYM. Origine inconnue. (Cf. ginguer.) || XV» s. Glgant et Jouant," p. ue beauvau, Troilus, p. ‘Z’6^. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1762.] || Vieilli. Gambader. S’il faut — et se battre. Elle en donne six pour quatre, gombaud, Epigr. I, 48.

GILET [ji-lè] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de Gille, personnage portant une veste sans manches, g§ 36 et 133. (v. gille 2.) || 1736. Merc. de Fr. dans tuév. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° Partie du costume de l’homme qui recouvre le torse et se porte sans manches sous l’habit ou la redingote. || P. anal. Partie du vêtement de la femme qui imite le gilet d’homme. Un — Louis XV.

|| 2° Sorte de camisole qu’on porte le plus souvent sur la peau. Un — de flanelle, de laine, de coton.

GILETIER, 1ERE [jil-tyé, -lyer ; en vers, ji-le-...] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gilet, § 115. || Néolog. Admis .\cad. 1878.] || Celui, celle qui confectionne des gilets. 1. * GILLE [jil] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue ; parait être le même mot que gielle, mentionné dans Modus (XIV* ^ s.) comme nom d’une des parties constitutives d’un rets. (V. GODEF. gielle et guille 1.) || 1669. Engins appelés giles, Ordonn. sur la pêche, dans isambert, Rec. des anc. lois franc, XVIII, 303.] || Vieilli. Filet pour la pêche, sorte de grand épervier. 2. GILLE [jil] s. m.

[ÉTYM. Nom propre correspondant au lat. ^Igidius, § 36. || XVI° s. Quand quelqu’un s’en est enfui, on dit : il a fait gilles, UER0ALDE DE VERViLLE , Moyeu de parvenir, chap. général.]

I. Dans le théâtre de la foire, celui qui joue les rôles de niais. || Fiq. On —, un niais.

II. Loc. prov. Vieilli. Faire —, déloger. Vous sûtes faire — et fendîtes le vent, CORN. Suite du Ment, I, 1.

GIMBLETTE [jin-blef] j. f.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne glmbeleto ou gimbleto, m. s. d’origine incertaine, g 11. || i 1680. Les bonnes gimbelettes viennent de Languedoc, ricuei.. Admis ACAD. 174U.] || Petit giâteau sec.

GINDRE [jindr’] s. m.

[ÉTYM. Pour joindre, § 357, du lat. pop. ‘junior (class.

Junior), comparatif de Juvenem, jeune, §§ 329, 290 et 484. Pour le sens, cf. sire et seigneur. || XIII" s. Soit Joindres soit Vallès, E. uoII.EAU, Livre des mest. I, I, 44.] || (Technol.) Ouvrier boulanger qui pétrit le pain.

GINGAS Ljin-gâ] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1799. Fabrique de gingas, PEUcIIET, I>ict. de géogr. cornmerc. introd. p. 247. Admis ACAD. 1835.] || (Technol.) Toile à carreaux pour matelas.

GINGEMBRE jjin-jânbr’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. zing^berl, grec Ç’.yYtSep ; ;. m. s. devenu par assimilation * glnglberi, ‘gingimberi, d’où gingembre, §§ 360 cl 503. Il XIIo s. Gimgibre et mult girofre pur eschalfer mangeit, garn. de pont-ste-m.\x. ^’i Thomas, 3384.] || (Botan.) Plante des Indes, dont la racine aromatique est employée comme condiment. Rapporter de Goa le poivre et le —, noiL. Sat. S. Confiture de — . ‘GINGIVAL, ALE [jin-ji-vàl] adj .

[ÉTY.M. Dérivé du lat. gingiva, gencive, § 238. ! || Séolog.] || (Anal.) Relatif à la gencive. Muqueuse gingivale.

  • GINGIVITE [jin-ji-vit’l s. f.

[ÉTY.M. Dérivé du lai. gingiva, gencive, §282. || Néolog.] || (Médec ; Inflammation de la gencive.

  • GINGLYME ijin-glim’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du grec yîvvXlIIjlo ;, charnière. Il 1586.

J. GUILLEMEAU, Tobles unutom. p. 6. Admis acau. 1762 ; suppr. en 1798.] || (Anat.) Articulation en forme de charnière. ‘GINGUER [jin-gué] v. intr.

[ÉTYM. Autre forme de giguer, § 361. || XV= s. Petillans et gingans, martial u’auvekgne, Amant rendu cordelière 1546, Monlaiglon.] || Dialecl. Sauter, folâtrer. || Ruer.

GINGUET, ETTE [jin-ghè, -ghet’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de ginguer, ,i ;.^ 16 et 1.’33. || x\T’s. En l’an 1554 nous eusmes des vins infiniment verds que l’on appela ginguets, PASQ. Rech. VIII, 43.] il 1° En parlant du vin, suret (proprt, qui fait sauter celui qui en boit). Boire du vin —, et, substantivt, du — . [Cf. guinguette.)

|| 2° Fig. De mince valeur. Ce n’est pas la faute de l’auteur si ce morceau se trouve —, marquis de mirabeau, l’Ami des hommes, II, 1. Les « Scythes » (tragédie) sont un peu ginguets, VOLT. Lett. à d’Argent. 20 juin 1767.

GINSENG [jin-san] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du chinois glnsen, m. s. § 27. || 1757.

Gins-eng, engycl. .^dmis ac.\d. 1762.] || (Botan.) Plante d’Oi-ient dont la racine aromatique est employée comme stimulant. Vers 1750, un commerce nouveau, celui du —, tourna toutes les tètes. Mémoires de- M. de Bouvart (1758), dans Collect. de documents, Québec, 1840.

  • GEPON iji-pon]. v. guipon.

GIRAFE [ji-râr] s. /•.

[ÉTYM. Emprunté de l’arabe zourafa ou zerafa, m. s. par l’intermédiaire de l’ital. giraffa, §§ 12 et 22. joinv. dit oralle, altération orale de la forme arabe. || xm» s. Mul ni asnes ne bues ne chamoux ni giras, Prise de JrrIIs. dans GODEF. Compl. I XV* ^ s. Bestes moût estranges... lesquelles sont appelées giraffa, d’.\ngllre, Vo’j àJérus. dans deld. Rec.\ || (Ilist. nat.) Mammifère à très long cou et à robe mouchetée, dit autrefois caméléopard. Fig. On cou de —^ très long.

GIRANDE [ji-rând’] . ?. f

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. giranda, m. s. du verbe glrare, tourner, § 12. || 1694. th. CORN. Admis ACAD. 1762.) || (Technol.) Gerbe d’eau, de lumière. [Syn. girandole.)

GIRANDOLE [ji-ran-dôl] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. girandola, m. s. diminutif de giranda (1’. girande), § 12. || 1642. Girandolle, OUD. ] || l» (Technol.) Gerbe d’eau, de lumière.

|| 2° P. anal. Chandelier à plusieurs branches. || Boucle d’oreilles à plusieurs pendants.

GIRASOL [ji-rk-sùl] .f. m.

[ÉTY.M. Emprunté de l’ital. girasole, m. s. § 12. COTGR. et ouD. écrivent encore, conformément à l’orthogr. itaL girasole. || XVIc s. (.\u sens 1°.) DU pinet, dans DELB. Rec~ \ (Au sens 2°.) e. binet, ibid.]

|| 1° Pierre précieuse analogue à l’opale.

|| 2° (Botan.) Vieilli. Tournesol.

GIRATOIRE [ji-rà-twàr] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. girare (mieux gyrare), tourner, § 249. Il XVIIIo s. Mouvement giratoire, condorcet, Elogesd’Arci. Admis ACAD. 1835.] || (T. didact.) Qui fait tourner. Le mouvement — des cyclones.

GIRAUMONT et GIRAUMON [ji-ro-mon] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1732. trév. Admis acad- 1762.] || (Botan.) Courge dWmérique.

  • GIRIE [ji-ri] > ?. f

[ÉTYM. Origine inconnue. || Xéolog.] || Famil. \\ 1° Plainte affectée.

|| 2° P. ext. Manière aiïectée. Faire des girles.

GIROFLE — 1168 — GIVRURE

GIROFLE [ji-rôfl’l et GÉROFLE fjé-rôfl’] s. m. ||

[ÉTVM. Emprunté du lat.caryophyUon, grec y.apuôçuA’Xov, i devenu de l)onne heure * garyophyllon, ; 497. * garpfolum, § 35(3, d’où gerofle, giroHe, §§ 3<J3, 29U et 29i. \\ XII» s.

Gimgibre et mult girofre pour eschalfer mangeit, garn". de PONT-STE-MAX. St Thonuis, 3834.] || Bouton de la fleur du girotlier, en forme de clou à tête, employé comme épice. Des clous de — .

GIROFLE, ÉE [ji-rù-flé] adj. et s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de girone, § 118. || XIII<^ s. Plument et girofle, AUENET, dans uelb. Rec. \ xV^ s. Pour ce qu’elle a ou-  ; deur semblable a clous de girofle, l’appelle l’en giroilee, Grant llerbi> ;r.-Zn.]

I. Adj. Qui tient du girofle. Cannelle giroflée, écorce , aromatique du giroflier. 1

II. Giroflée, s. f. Plante formant un genre de la famille des Crucifères, à fleurs blanches, jaunes ou rougeàtres, dont l’odeur rappelle celle du girofle. — double.’— à cinq i feuilles. || P. plaisant. Fig. Dne — à cinq feuilles, un souftlet laissant la marque des cinq doigts sur la joue.

GIROFLIER [ji-rù-lli-yéj * \ vi.

[ÉTVM. Dérivé de girofle, § 115. || 1372 Ou rosier et ou giroffier, J. coRBiCHON, Propv. des choses, dans ijBlb. Hec. Admis ACAD. 1740.] || (Botan.) Arbre des Moluques ou des Antilles, de la famille des Myrtacées, dont la fleur en bouton est employée comme épice sous le nom de clou de girofle.

  • GIROLE [ji-rol] s.f.

[ÉTVM. Emprunté du provenç. moderne giroulo, m s. d’origine incertaine, § 11. || XVIe s. Chervys ou giroles, du piNET, Hist. liât, de Pline, XIx, 4.] || (Botan.) Nom vulgaire de la berle des potagers, dont la racine est comestible et analogue à celle du chervis.

GIROLLE [ji-rùl] s. /’.

[ÉTYM. Parait-être une form.e dialectale (F. § 16) pour girelle, dérivé du lai. girare (mieux gyrare), tourner, à cause de la forme arrondie de ce champignon, § i26. | || XVI<^ s. Girolles et champignons, dans GODEF. girole. Admis agad. 1878.] || Espèce de bolet, champignon comestible dit aussi chanterelle, oreille-de-liévre, etc.

GIRON [ji-ron] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. gero, 7n. s. (cf. le hoUand. geer, gousset, geeren, être de biais), §§ 6, 498 et 499. Il XI"^ s. Sil prent par son geron, Y’oy. de Charl. à

Jérus. dans DELB. liée]

I. Il lo Ane. franc. Pan coupé obliquement en forme de triangle.

|| 2° (Blason.) Triangle dont la pointe se termine au coeur de l’écu.

|| 3° P. ej-t. Surface (triangulaire, en biais) de la marche d’un escalier. || P. ext. — droit, rectangulaire.

II. P. ext.

|| 1° Ane. franc. Pan du vêtement allant de la ceinture au genou.

|| 2° P. ext. Partie qui s’étend de la ceinture aux genoux chez une personne assise. L’Amour vient se jeter dans le — de sa mère, la k. Daphne, I, 6, indic. scéniq. || Fig.

Le sein. Rester dans le — de l’Église.

GIRONNÉ, "GIRONNÉE [ji-rô-né] adj.

[ÉTYM. Dérivé de giron, g 118. || XIF s. Et la sorcele d’un riche escarimant De ci a terre geronee pendant , Raoul de Cambrai, 504. Admis agad. 1718.] || iTechnol.) Disposé en giron. (Blason). Écu —, divisé en parties triangulaires. Marches gironnées, marches triangulaires d’un escalier à vis. || Tuile gironnée, taillée en triangle.

  • GIRONNER [ji-rô-né] v. tr.

[ÉTYM. Tiré de gironné, à cause de la forme de l’écu gironné, § 37. || 1600. Gironner un suage, E. binet, Merv. de la nat. dans godef.] || (Technol.) .\rrondir (une pièce d’orfèvrerie). || Arrondir le fond (d’une pièce de chaudronnerie ;.

GIROUETTE [ji-rwef ; en vers, -rou-ef] s. f.

[ÉTYM. Origine incertaine. Semble se rattacher au lat. girare (mieux gyrare), tourner, § 133. || J 1549. Un gyrouet, une gyrouette, R. est.] || Flèche, banderole de fer ou de tôle, mobile sur un pivot, au sommet d’un édifice, et qui, tournant au gré du vent, en indique la direction. Jamais légère — Au vent si tôt ne se vira, desportes, Bergeries, 6. || Fig. Personne qui change souvent d’opinion. Dne — politique.

GISANT, ANTE Ji-zan, -zânf] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de gésir, § 47. ||  ! 1498. Les gesans du planquier, dans GODEF. gesant.] || Etendu sans mouvement. Les blessés gisants sur le sol. SicbstantII’t. Le — (le malade gisant) irait voir ses aïeux, la F. Fah. V, 12. || P. anal. (Technol. l Navire —, échoué. Bois —, tombé à terre. Les usagers qui n’ont d’autre droit que celui de prendre le bois mort, sec et —, ne pourront se servir de crochets, Code forestier, a.vi. 80. Meule (de moulin) gisante, meule inférieure fixe, sur laIIuelle vient frotter la meule supérieure. || Substantivt. Le — d’un chariot, d’un tombereau, la partie du brancard qui porte directement sur l’essieu.

GISEMENT [jiz’-man ; en i-er^, ji-ze-...] et, vieilli, ‘GISSEMENT [jis’-man ; en vers, ji-se-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gésir, § 145. || XIu« s. Vostre gissement faites, Renaud de Montauban, p. 403, Michelant. .\dmis ACAD. 1740.]

|| 1° (Marine.) Situation d’une côte, relevée par les calculs nautiques.

|| 2° (Mines.) Position qu’affectent les couches de minerai. || P. ext. Filon. On a découvert un — de houille.

GÎTE[jit’] s. m. (fém. comme terme de marinej.

[ÉTYM. Subst. verbal de gésir, §§ 52 et 65. || xu^ s. Et s’i prandroitla nuit songiste, chrétien de thoyes, Cheval, au lion, 670.]

|| 1° Lieu où l’on trouve à coucher, à se loger. Vous n’irez pas fort loin pour trouver votre —, MOL. Tari, v, 7. Vieilli. — d’étape, lieu désigné pour étape à des soldats en marche. Bon souper, bon —, LA F. Fab. ix, 2. \\ Sj)ëcialt.

Lieu où le lièvre repose. Dn lièvre en son — songeait, LA F. Fab. II, 14. P. anal. (Cuisine.) Lièvre au —, en pàlé dans une terrine. || Fig. Revenir au —, parmi les siens, n faut attendre le lièvre au —, il faut attendre les gens chez eux. || P. plaisant. Un mort s’en allait tristement S’emparer de son dernier —, LA F. Fab. vu, 11.

|| 2° P. ext. (Technol.) || 1. (Marine.) Lieu où un navire est échoué. || 2. Gisement de minerai. || 3. (.Arlill.)

Lit de poutrelles qui soutient une plate-forme. || 4. Charpente autour de laquelle pivote un pont tournant. || s. Poutre de grenier. || 6. Meule gisante d’un moulin, | 7. Table qui reçoit le raisin à presser. || 8. Plaque inférieure d’un soufflet. || 9. (Boucherie.) — à la noix, partie du boeuf où se trouve une pelote graisseuse, dite noix. Ellipt. Dn morceau de — .

GÎTER [j’i-té] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de gîte, § 154. || XIII’’s. Trop par estoie lolng gités. Rose, dans GODEF. Compl.]

|| 1° v. intr. Avoir son gîte (qqpart). Gîtant, chassant de château en château, j.-j. rouss. Nouv. Hél. il, 18. Cheï lui (l’aubergistej rarement on gîtait, LA F. Contes, Berceau. Absolt. Afin qu’il ne m’avienne De mal —, L.\ F. Contes, Oraison. || Spécialt. \ 1. (Chasse.) Le lièvre était gîté dessous un maître chou, LA F. Fab. IV, 4. || 2. (^Marine.) Le lieu où gîte un navire, où il est échoué.

|| 2° v. tr. Mettre dans un gîte. Je ne sais où les —. Se — où l’on peut. Nous avons été mal gîtes. 1. GIVRE [jivr’j s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XV" s. De joivre et de bruillas, dans GODEF. Compl.] || Gelée blanche, congélation de la rosée, ou de la vapeur du brouillard, par les nuits froides d’automne, de printemps. Les arbres sont couverts de —. || P. anal. (Chimie.) Cristaux blancs que dépose k la surface de la vanille l’acide benzoïque qu’elle renferme. 2. GIVRE s. f. v. guivre. 1. ‘GIVRÉ. ÉE [ji-vré] adj.

[ÉTYM. Dérivé de givre 1, g 118. || Aeolog.] || Couvert de givre, de gelée blanche. || Fig. VanUle givrée, à la surface de laquelle l’acide benzo’ique a déposé des cristaux blancs. Pierre givrée. (!’. givreux.) 2. "GIVRÉ, ÉE. v. guivré.

  • GIVRÉE [ji-vré] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de givre 1, § 119. || Néolog.] || (Technol.) Couche de verre blanc pilé.

  • givreux, EUSE [ji-vreII, -vreuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de givre 1, § 116. || Néolog.] || (Technol.) Pierre givreuse, qui présente des traces d’éclat fait par l’outil du lapidaire. [Syn. glaceux.)

  • GIVRURE [ji-vrùr] s. f.

GLABRE 1169 GLACIS

[ÉTYM. Dérivé de givre 1, § 111. || Néolof/.]

Ij (Technol.)TacIie mate produite sur un diamant par un éclat ()u’a fait l’outil du mineur, du lapidaire. (Cf. étonnure. i

GLABRE Iglàhr’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glaber, m. s. || 1545. Tige glabre, li. GUÉKouLT, dans delh. liée. Admis ACAD. 1835.] || (T. didact.jEn parlant de ce qui est pubescent à l’état normal, dépourvu de poils, de duvet. Un menton —. One pleinte à feuilles glabres.

GLAÇANT, ANTE [glà-san, -sânt’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de glacer, i^ 47. Fréquent en anc. franc, au sens de « glissant ». || (Au sens actuel.) Admis ACAD. 1798.] || Qui glace. (Cf. glacial.)

GLACE [glIIs"] s. / :

[ÉTYM. Uu lat. pop. ‘glacia (class. glaciem), m. s. §§ 378 et 291. (Cf. verglas.) || XII’’s. Car plus blanche est que neis ne glace, Ènéas, 3994.]

I. Il 1° Eau congelée par le froid. L’été n’a point de feux, l’hiver n’a point de —, boil. Lutr. 2. Va temps froid comme —, LA F. Contes, Courtisane amoun-use. La — commence à fondre. Mettre de la — sur la tète d’un malade. Rafraîchir l’eau avec- de la —. Par le chaud qu’U faisait, nous n’avions point de —, HoiL. Sat. 3. Casser, rompre la —. Ferrer un cheval à —, et, /i ;/. famil. Être ferré à — sur une question, ne pas avoir à craindre de perdre son aplomb, la connaître parfaitement. Rompre la —, faire cesser la froideur, la contrainte. P. (‘j :t. On médecin d’Angleterre auquel il faut donner la louange d’avoir rompu la — sur cet endroit (circulation du sang), DEsC. Méth. s. liare uu pluriel. Le duc du Maine se chargeait de rompre utilement toutes les glaces, .st-sim. XI, 9. || Morceau de glace. Les glaces du pôle. || 1’. exl. Degré de la température, marqué sur le thermomètre, auquel l’eau se congèle, n y a dix degrés au-dessous de —. Le thermomètre esta —. P. anal. Boire à la —, à la température de la glace. \\Elli]tt. One —.crème, sirop congelé dans la glace. Prendre une — .

|| 2° FIIj. || 1. Froideur extrême. L’homme est de — aux vérités, Il est de feu pour les mensonges, la k. Fafj. ix, 6. Cette indiscrète ardeur tourne bientôt en —, CORN. Poly. III, 3. Specialt. En parlant de l’amour. Quand je suis tout de feu, d’où vous vient cette — ? rac. Phèd. v, i. || 2. Engourdissement de la vieillesse. Il ne sent plus le poids ni les glaces de l’âge, bOiL. Lutr. s. D’un corps tout de — inutile ornement, coIIN. Cid, I, 4. || 3. Contrainte dans l’abord. Essayer de fondre la —, de rendre l’abord plus engageant. Quel accueil ! quelle — ! KAG. Brit. II, 6.

II. Ce qui rappelle la glace, par le poli, la transparence de sa surface. || ±0 Plaque de verre d’une grande épaisseur destinée à réiléchir la lumière, à servir de miroir, de vitrage, etc. Une manufacture de glaces. Couler une —. Étamer une —. Un Scdon qui a des portes, des painneaux de —. || P. ext. \ 1. Panneau, miroir de glace. Mettre des glaces dans un salon. Un appartement orné de glaces. Se coiffer devant la —. Les entrées passaient dans les cabinets, psir la porte de —, st-6IM. x[, 438. || 2. Châssis vitré d’une voiture. Lever, baisser les glaces. || P. exl. — blanche, sorte de tache mate dans un diamant. (Syn. givrure.)

|| 2° (Cuisine.) || 1. Couche de blanc d’oeuf et de sucre dont on recouvre certaines pâtisseries. || 2. Ct)uche de gelée faite de jus de viande réduit. Un filet de boeuf dans sa — .

GLACÉE [glà-sé] s. f.

[ÉTYM. iSubst. particip. de glacer, § 45. || Admis acau.

ITG :.’. ! || (liotan.)

|| 1° Plante (icoïde, dite aussi glaciale. (V.ce mot.) || 2’^ Variété de pomme, dite aussi pomme de glace.

GLACER [glk-sé] v. Ir. et inlr.

[ÉTYM. Du lat. glaciare, m. s. devenu glacier, ïi§ 398, 297 et 2’.>1, glacer, g 634. Signifie souvent glisser en anc. franc. Uo là le sens I de glacis.] || l» Refroidir (un liquide) de manière à le convertir en glace. On pourra voir la Seine à la Saint-Jean glacée, non.. Sm<. l. || /’. ext. Rendre très froid. Boire de l’eau glacée. Avoir les mains glacées. || P. anal . Frapper du fruid de la mort, tlu frisson de la crainte. Entre les mains de la mort, glacés sous ses froides mains, boss. Conde. Je sentis dans mon corps tout mon sang se —, hac. Iph. I, 1. || 2’^ /•’/ ;/. || 1. Paralyser par la crainte, l’émotion, etc. DICT. FR.\NC.

La peur a glacé mes indignes soldats, RAC. Atk. v, s. Al-je par un écrit Pétrifié sa veine et glacé son esprit ? BOIL. Sal. 9. Sa langue en sa bouche à l’instant s’est glacée, rac. Ath.

II, 2. Spéeialt. Rendre sans ardeur, sans passion. Ses froids embrassements ont glacé ma tendresse, W..KC. Phid. IV, 1. Trouverai-je l’amant glacé comme le père ? II). Ipli. il, 3. 1 2. Engourdir par la vieillesse. Un coeur déjà glacé par le froid des années, rac. Mithr. IV, s. || 3. Rendre d’un abord frcjid. Quel est ce sombre accueil et ce discours glacé ? RAC. Paj. m. 6. FïIItes-lui un accueil glacé, li :s. Turcar. I, 1.

|| 3° P. anal. Revêtir d’un vernis p(jli, transparent, qui a l’apparence de la glace. Des gants glacés, du papier glacé. Du taffetas glacé, et, suhstanlivt, Le glacé des gants, du papier, le vernis qui lui donne celte apparence. — des poteries, les revêtir d’un enduit destiné à se vitrifier au feu. [V. glaçure.) || — une galantine, en la recouvrant d’une couche de gelée faite avec du jus de viande réduit. — un gâteau, avec une couche de blanc d’oeuf, de sucre, etc. || — une peinture, appliquer sur une partie déjà peinte une teinte légère, transparente, pour en modilier le ton. (K. glacis.) || P. ext. — une doublure, l’unir, l’empêcher de plisser.

GLACEUX, EUSE [glà-seu, -seuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de glace, § 116. || 1400. Un balay... glaceux en bende, dans douet u’arcq. Pièces relat. à Ch. VI, II, 358. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° Anciennt. Qui atteint la température où l’eau se convertit en glace. Nuit très obscure et fort glaceuse, u’aub.

Hisl. unie, v, p. 12, de Ruble.

|| 2° (Technol.) Qui présente une tache mate, dite glace blanche. Diamant —. (Syn. givreux.)

GLACIAIRE [glà-syèr ; en vers, -si-er] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. glacies, glace, § 238. (Cf. glacier, glacière.) || Néolog. Admis .\cad. 1878.] || (T. didact.) Qui appartient aux glaciers. La période —, dans laquelle se sont formés les glaciers.

GLACIAL, ALE [glà-syàl ; en vers, -si-àl] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glacialis, ?n. s. \\ XIVe s. Humeur cristalline ou glacial, EVR.\RT DE CONTY, Probl. d’Arislote, dans GûDEK.]

|| 1° Qui a la température de la glace. Zone glaciale. Les mers glaciales. Un froid, un vent —. || P. ext. (Botan.j Anémone glaciale, qui croit dans la région des glaciers. || Suljsluntivt. La glaciale, plante ficoïde dont les feuilles sont semées de vésicules transparentes comme la glace.

|| 2° Fig. I 1. Qui est sans ardeur, sans passion. Orateur, écrivain, style —. || 2. Qui est d’un accueil sec, contraint. Un homme —. P. ext. Faire à qqn une réception glaciale. 1. GLACIER [glà-syé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de glace, § 115 : le mot paraît emprunté des dialectes de la bavoie, § 11. || 1757. encycl. Admis ACAD. 1762.] || Amas de glace permanent, qui se forme dans les hautes vallées de certaines montagnes. Les glaciers du mont Blanc. 2. GLACIER [glà-syé] s. in.

[ÉTYM. Dérivé de glace, § 115. || (.\u sens II.) 1784. encycl. MÉTII. .\dmis acau. 1835. J

I. Celui qui fait, qui vend des glaces (crèmes, sirops glacés).

II. Celui qui fabrique, qui vend des glaces (de verre).

GLACIÈRE [glà-syèr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glace, g 115. || 1642. OUD.] || ±0 Cavité souterraine où l’on conserve, où l’on produit de la glace à rafraîchir. Fig. Lieu très froid. Cet appartement est une — .

|| 2° Vieilli. Amas de glace. (V. glacier 1.)

GLACIS [glà-si] .S". 7«.

[ÉTYM. Dérivé de glacer, § 82. ] || 1512. Les haults rochers et glacis inaccessible, J. le maire, dans DELb. Hec]

I. il 1° Terrain en pente unie. Spéeialt. Pente douce qui, dans une fortilication, descend du haut du chemin couvert jusqu’à la campagne.

|| 2° Pente sur la cimaise d’une corniche, dite — de corniche, et servant à l’écoulement des eaux pluviales.

|| 3° Évasement ajouté à la partie supérieure d’une chaudière pour en augmenter la capacité. || 4o Tour de la sole d’un sabot de cheval. || 5" Plan de maçonnerie sur lequel les raffineurs exposent les pains de sucre pour les faire sécher au soleil.

GLAÇON 1170 — GLANDE

II. Il 1° Teinte légère, transparente, qu’on applique avec un pinceau délié sur une partie déjà peinte, pour en modifier le ton.

|| 2° Enduit de plâtre dont on recouvre les lattes voliges d’un faîte ou les lattes jointives d’une cloison, la tête d’un mur de clôture, etc.

|| 3° P. ext. Rang de points qui fixe sur une étoffe la doublure, pour qu’elle soit unie et ne se plisse pas.

GLAÇON [glà-son] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de glace, § 104. || xu" s. Dune vint l’iver od ses glaçons, beneeit. Ducs de Nortn. II, 1728.] || Morceau de glace d’une certaine dimension. La Seine charrie des glaçons. || Fig. \ 1. Froideur, défaut d’ardeur. Dissipe mes glaçons, CORN. Imit. IV, 16. ] 2. Personne froide, sans artleur. C’est un — .

  • GLAÇURE [glà-sùr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glace, § 111, sous l’influence de l’allem. glasur, m. s. § 7. || 1771. Vernis dont on couvre la porcelaine, en allemand « glasur » et que l’on nomme en français converti

  • glaçure », comte de milly, Poi’celaine, p. 4.] || (Technol.) Enduit dont on revêt les poteries, et qui est destiné à se vitrifier au feu.

GLADIATEUR [glà-dyà-teur ; e ?i vers, -di-à-...] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gladiator, m. s. de gladius, glaive. Il XIu’^ s. Gladiators très cruelx, dans GODEF. CompL]

|| 1° (Anliq. rom.) Homme qu’on faisait combattre dans le cirque, contre d’autres hommes ou contre des bêtes féroces, pour l’amusement du peuple. Les sanglants spectacles des gladiateurs, noss. Ilist. univ. Ii, 10. Spartacus, un esclave, un vil —, RAC. Mithi\ III, 1.

|| 2° P. ext. Vieilli. Duelliste. N’ont-ils pas flatté la passion de ces malheureux gladiateurs, en enseignant qu’un homme qui est injustement attaqué peut tuer son ennemi en duel ? PASC. Fact. Curés d’Amiens. \\ Fig. Voilà une belle matière qui se présente aux gladiateurs de plume, maucroix, dans RICHEL. Die t.

  • GLAI [glèj s. m.

[ÉTYM. Du lat. gladium, glaive, qui a été employé en lat. pop. au même sens que gladiolus (v. glaïeul), §§ 294, 415 et 291.] || Vieilli. Glaïeul. Les nymphes... S’y viennent fournir... De pipeaux, de joncs et de glais, ST-amant, I, p. 22, Livct.

GLAÏEUL [glà-yéul] s. m.

[ÉTYM. Du lat. gladïolum, m. s. proprt, « petit glaive », devenu en lat. pop. ‘gladyplum, § 356, d’où glaiuel, glaïeul, §§ 415, 320 et 291.] || (Botan.) Plante voisine de l’iris. (Syn. glai.) ‘GLAIRAGE [glè-ràj’] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de glairer, § 78. || Néolog.] || (Technol.) Action de glairer.

GLAIRE [glèr] s. /’.

[ÉTYM. Du lat. pop. ‘claria, ?7i. s. (tiré de clarus, clair, § 67), devenu de bonne heure * glaria (par confusion avec le lat. class. glaria ou glarea, gravier, §§ 377 et 509), §§294, 356 et 291. || XIIe s. La glaire d’où, Lapid. de Marbode, 652, Pannier.]

|| 1° Le blanc de l’oeuf lorsqu’il n’est pas cuit. (Syn. aubin.)

|| 2° P. anal. \ 1. Toute humeur visqueuse du corps. Cracher des glaires. On trouve des gl^lires dans les excréments. Trois sortes de glaires ou humeurs extrêmement claires, desc. l’Homme. \ 2. Eau qui se trouve dans les diamants imparfaits.

GLAIRER [glè-ré] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de glaire, § 154. || 1680. richel. Admis AGAD. 1798.] || (Technol.) Frotter deglairure.

GLAIREUX, EUSE [glè-reu, -reuz’j adj.

[ÉTYM. Dérivé de glaire, § 116. || xuio s. Les sansues qui... sont glaireuses, alebrant de sienne, dans littré.] || Qui est de la nature de la glaire. Matières glaireuses.

  • GLAIRURE [glè-rùr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glairer, § 111. || Néolog.] || (Technol.) Blanc d’oeuf battu avec un peu d’alcool, dont on frotte la reliure d’un livre pour la préparer à recevoir la dorure.

GLAISE [gléz’] s. f.

[ÉTYM. Ane. franc, gleise, gloise, du lat. pop. "glltia (tiré de gUs, glitis, « terre tenace » dans les gloses d’isiooRE de sÉviLLE, § 67), §§ 309, 406 et 291. (C/l glette.) On trouve aussi en anc. franc, gIIse, qui paraît indiquer une forme secondaire glltea. Le mot est peut-être d’origine celtique, § 3 : cf. glissomarga, sorte de craie ou de marne, dans PUNE. Il XIIe s. Mes li mur ne sont pas de glise. ben. de ste- MORE, Troie, 23022. Un paies covert de gloise, chrétien de troyes, Perceval, dans gouef. CompL] || Argile grasse qu’on emploie pour fabriquer des poteries communes. Toutes les glaises se durcissent au feu, BUFF. Minéraux. Argiles et glaises. P. appos. De la terre — .

GLAISER [glè-zé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de glaise, § 154. || 1690. furet.] || (Technol.)

|| 1° Enduire, corroyer avec de k glaise.

|| 2° Amender, fumer avec de la glaise.

GLAISEUX, EUSE [glè-zeîi, -zeuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de glaise, § 116. || xm* ^ s. Terre gloiseuse, dans GODEF. Compl. Admis agad. 1798.] || (Technol.) Qui est de la nature de la glaise. Un terrain — .

GLAISIÈRE [glc-zyér] s. /.

[ÉTYM. Dérivé de glaise, § 115. || Admis ACAD. 1702.] || (Teclinol.) Terrain qui fournit de la glaise.

GLAIVE [glèv’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gladius, m. s. devenu gladie, glaie, glavie, glaive, §§ 360 et 415. [Cf. le doublet glai, de formation pop.) || x* ^ s. Et a gladies percutan, 5i Léger, 134. || XII* ^ s. Muèrent a glaive et a martire, Enéas, 3719.] || Poét. Lpée. Tirer le —. J’ignore si de Dieu l’ange se dévoilant Est venu lui montrer un — étincelemt, r.\c. Alh. II, 2.

|| Spéciait. Le — du bourreau, et, p. ext. fig. Le — de la justice. Ellipt. Qu’à la fureur du — on le livre avec elle, rag. Atli. V, 6. Le — de la justice divine, le châtiment divin. Bedoutable est le — que Dieu lui a mis dans la main, mais c’est un — spirituel, bu.ss. Le Tellier. \\ Fig. Le — de douleur dont Siméon lui prédit que son âme sera percée, bouuu. /"‘Purifie, de la Vierge, 2.

GLAMA. v. lama.

GLANAGE [glà-nàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de glaner, § 78. || 1606. nigot. Admis ACAD. 1740.] || Action de glaner. 1. GLAND [glan] 0)\ m.

[ÉTYM. Du lat. glandem, in. s. § 291. Pour le changement de genre, le mot lat. étant fém. v. § 551.] 1. Fruit du chêne, dont le péricarpe uni à la graine est recouvert en partie d’un involucre écailleux. Manger des deux côtés à la fois, comme les cochons mangent les glands,

LES. Guzm. d’Alfar. I, s. || — doux, fruit comestible de certaines espèces de chênes. Du café de glands doux, fait avec des glands doux torréfiés. || On dit que les premiers hommes se nourrissaient de glands. Retourne au — des bois pour assouvir ta faim, delille, Géorg. 1.

II. P. anal. Ce qui rappelle la forme du gland.

|| 1° (Ilist. nat.) — de terre, gesse tubéreuse, terre-noix. || — de mer, balane, sorte de crustacé.

|| 2° (Anat.) Extrémité de la verge, du clitoris. il 3° (Technol.) Houppe de soie, de laine, etc., qui sert d’ornement dans les ouvrages de passementerie. || Morceau de bois, de métal, de forme analogue. Des glands de rideau. 2. * GLAND [glan] s. m.

[ÉTYM. Origine incertaine. Peut-être emprunté (et altéré par étymologiepop. §509) de l’allem. klemme, étau, § 7. || 1752. TRÉv.] || (Technol.) Sorte de tenailles, de mâchoires de bois, à l’usage des parcheminiers et des fabricants de peignes.

GLANDE [gland’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté dulat. glandula, /».s. devenu * glandle, glandre, glande, § 503. [Cf. glandule.) || XIII« s. En col nuées glandres out, Vie d’Edouard le Conf. 26i2.]

|| 1° Organe formé de petits utricules, qui effectue dans l’économie animale la sécrétion de certains liquides.

Glandes lacrymales, salivaires, rénales, mammaires. La — pancréas. || P. ext. La — thyroïde, corps qui couvre en avant la partie inférieure du larynx. La — pinéale, corps situé dans le cerveau. Les glandes lymphatiques, ganglions qui sont sur le trajet des vaisseaux lymphatiques. || P. anal. (Botan.) Cellule des végétaux qui se remplit d’un liquide résineux, etc.

|| 2° P. ext. Tumeur formée dans une glande, ou dans un ganglion lymphatique. Il lui est survenu une — au sein. 1. GLANDÉ, ÉE [glan-dé] adj.

GLANDE 1171

[ÉTYM. Dérivé de gland, § 118. || XV !" s. Sous un chesne glandé, a. jamyn, Iliade, 18. Admis acau. 1702.) || (HlIIson.) Qui porte dos glands. Chêne —, li(^uré sur l’écu avec des glands (d’émail di(îérenl). 2. GLANDÉ, ÉE [glan-dé] adj. [kty.m. DcM’ivé du glande, § 118. || IGUU. kukkt. Admis .vcAD. leyi.] || (Art vétérin.) Qui a des tumeurs glanduleuses. Cheval —, qui a un gonflement des glandes de la ganache.

GLANDÉE ,glan-dé] s. /’.

[ÉTY.M. Uériyé de gland, S 119. || XVe-XVI"-’s. Coul. d’Anjou, dans GOUKi-’. CotnpL.] || Récolte de glands. Envoyer les porcs à la —, k^s mettre dans les bois de chênes pour manger les glands,

GLANDULAIRE [glan-du-lèr] udj .

[ÉTYM. Dérivé de glandule, § ‘Z’i’6. \\ 1611. COTGR. Admis ACAD. 1835.] || (Anat.) Qui a la nature d’une glande. Organe — .

GLANDULE [glan-dtil] .v. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glandula, m. s. (C’/’. glande.) || XV1° s. PARÉ, I, 17.] || (Anat.) Petite glande. Les glandes salivaires forment une grappe composée de glandules.

GLANDULEUX, EUSE [glan-du-leu, -léuz’] fit/,/.

[ÉTYM. Dérivé de glandule, à l’imilalion du lat. glandulosus, § 2.") !. || 1372. Chair glanduleuse, J. connicHON, dans

JJKLB. liée. Admis acau. 1718. | || (Anal.) Qui est de la nature des glandes. Tissu —. Organe — .

GLANE [glàn’] s. f.

[ÉTYM. Suhst. verbal de glaner, § 52. [Cf. gléne 2.) || XIII< ! s. Ces avons nous en nostre glane, lienarl, i ;i3i ;4, Méon.] || Poignée d’épis ramassés dans les champs après la moisson. Accorder le droit de —, et, eU.ijit, la —. || P. ext. Une — de poires, de groseilles, bouquet de poires, de grappes de groseilles. || One — d’oignons, poignée d’oignons attachés à des brins de paille.

GLANER [glà-né] v. Ir.

[ÉTYM. Pour glener, § 342, du lat. glenare, m. .i. mot qui se trouve dès le vi^ s. et dont l’origine est incertaine, ^§ 295 et 291.] || Recueillir dans un champ (les épis qui restent après la moisson). — quelques épis. || Absolt. Fig. Recueillir ce qui x\ été laissé par d’autres. L’on ne fait plus que — après les anciens,

LABK. 1. Ce champ ; la fable) ne se peut tellement moissonner Que les derniers venus n’y trouvent à —, i,a i". Fab. III, 1.

GLANEUR, EUSE [glà-néur, -neuz’J s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de glaner, §112. || XIII« s. A moissonneor ne iglaneor, Psaut. dans GOUEe. Conipl .] || Celui, celle qui glane. || fV//. Des glaneurs du Parnasse qui font des recueils de pièces, kuret. Rum. buur(j. zi, 1U8.

GLANURE [glà-nur] ,v. /’.

[ÉTY.M. Dérivé de glaner, § 111. || XVI« s. La glanure elles autres choses dont les pauvres puissent grapper, calv. dans ooUEE. Compl. Admis .’vcau. 1762. | || Ce qu’on glane. F’uj. C’est la moisson du savant M. Méjiage ; voyons si l’on pourra trouver des glanures après lui, UAYLE, Wicl. crit. Bardai.

GLAPLR [glII-pir] v. IIItr.

[ÉTYM. Altération de glatir (F. ce mot), peut-être sous Tintluence de japper, § 5U9. D’autre pari, glapir est devenu xlapir [V. clapir 1) en tant qu’il s’applique au lapin ; mais même dans ce sens on peut employer glapir. ; v. à l’article.) || xu"^-xIII’= s. Il ot un brachet glapir, Ferceval, dans

GODEb’. Coinpl.] || En parlant de certains animaux, faire entendre un cri aigu et précipité. Le renard glapit, uukf. Renard. L’épervler glapit comme le lapin, cuatical’rr. ilcnif, I, v, s. ||

I’. e.rt. En parlant de l’honimt !. Il n’est pas, que je crois. Plus haut que sa seringue, et glapit comme trois, regnaIIu,

Li’i/IIl. IInif. Il, 11. || Fi(/. Statue Contre laquelle a tant glapi Des méchants l’énorme cohue, voi-T. F/IIl. llU. i || Trunaitict. Pour avoir glapi parfois Quelque épithalame à la glace, gres-  !<ET, Épil. 1.

GLAPISSANT, ANTE [glà-pi-san, -sànt’] adj.

[ÉTY.M. Adj. particip. de glapir, § 47. || XVII<= s. v. l’article. .\dmis ACAU. 1718.] || Qui glapit. Il Fie/. L’un traîne en longs fredons une voix glapissante, boil. Sut. 3. Vingt échos des plus glapissants,

GHERAUui, Th. ital. II, 27.

GLENOiDAL pi-se-...] 1539. Glappissement,

GLAPISSEMENT [glk-pis’-man ; en vers, m.

[ÉTYM. Dériv de glapir, S ; 145. ji Cri de l’animal (\\\\ gla[)il. Son — (du renard est une espèce d’aboiement qui se fait par des sons semblables et très précipités, mji’F. Renard. \\ FII/. Les glapissements de l’envie.

  • GLARÉOLE [glk-ré-ùl] s’, f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des naturalistes glareola hrisson), qui parait tiré du lat. glarea, gravier. || 1811. mozi. N, bict. j’ranç.-alLetn.] || (llist. nat.j Oiseau de l’ordre des Echassiers, qui vit au bord de la mer, dans les marais. — à collier, la perdrix de mer.

GLAS [glâ] et, vieilli. * GLAIS [glèj .t. m.

[ÉTYM. Du lat. classicum, sonnerie de trompette, devenu

  • classium. S 381, d’où * clais, glais,S§ 377 et 3.")6. forme plus usit(‘e à Paris au XVII’^ s. que glas, qui parait refait sur le type latin, g 502. jj XI>^ s. Tost fait le glas soner, Voy. de Charl. à .Jerus. 197. || XII<= s. Sonent li saint trestuit a glais, chrétie.n de troyes, Erec et Enide, •ZMII.’.

|| 1° Anciennt. Sonnerie de toutes les cloches d’une église. li 2° Tintement lent de la cloche d’une église, pour annoncer l’agonie ou la mort de qqn. Le — funèbre. || f . anal. Coups de canon tirés à intervalle aux funérailles militaires.

  • GLATIR [glk-tir] v. inlr.

[ÉTYM. Du lat. glattlre, m. s. §§ 366 et 291. .\ été remplacé par glapir, au sens général, ou altéré en clatir i T. ces mots), § 5(J9. jj s.i’^ s. Cume chien i glatissent, Roland. 3527.] || Anciennt. Glapir.

  • GLAUCIER [glo-syé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé du lat. glaucium, grec -’ÀaJxiov, m. x. § 115. Il Xéolofj.] || (Botan.) Plante analogue au pavot, <jui croit dans le sable au bord des rivières, de la mer. — jaune, pavot cornu.

GLAUCOME [glô-kôm’j s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glaucoma, grec YAa’Jxojaa, m. s. Un s’est servi longtemps de la forme lat. glaucoma (th. corn.). Il 1732. TRÉv. Admis ACAD. 1762.’ || (Médec.) Maladie de l’oeil où l’humeur vitrée devient opaque et où le fond de l’oeil prend une teinte verdâtre. ‘GLAUCONIE [gl6-kù-nij ,v. /’.

[ÉTY.M. Dérivé du grec yAauxo ; ou du lat. glaucus, glauque, avec intercalalion arbitraire du suflixe on, | ; 224. [ || Néoloy.\ || (Minéral.) Silicate hydraté de fer, d’alumine et de potasse, sorte de craie verdâtre.

GLAUaUE [glôk’] adj.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. glaucus, grec yAjuxô ;. m. s. || 16U3. Neptune... Glauque amy des navondes, cn.\MPREPL"S, Poésies, dans DELB. Rec. .\dmis acau. 1835.] || Qui est de couleur vert de mer. Des yeux glauques.

GLÈBE [glèb’] ,s’. f.

[ÉTY.M. Emprunté du lai. gleba, ni. s. jj XV s. Glèbes ou globons qui sont proprement lopins ou monceaux de terre ,

Hist. sainte et prof, dans gouee. globon.] || Motte de terre. Écraser les glèbes. || (/’. e.rt. Poel. Champ, terre. Combien... sont amoureux de la — qu’ils ont remuée ! nuiE. Disc, anini. || Sprciall. ^Féodal.- Serf attaché à la —, ne pouvant quitter la terre et changeant de maître quand elle changeait de propriétaire. L’esclavage de la — s’établit quelquefois après une conquête, MoNTEsg. Espr. des lois, XIu, 3. Fig. La Nature... Aura-t-elle à la — attaché les humains ? volt. Scythes, IV, 2. 1. GLÈNE iglèn’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec yXt.vt,, cavité. || XVI’’s. La dite boette de l’omoplate est appelée glene, P.\HÉ, IV, 19. .\dmis ACAD. 1762. | jj (.Vnat.) Cavité peu profonde d’un os dans laquelle s’emboile un autre os. 2. ‘GLÈNE Iglèn’] .S-. f.

[ÉTY.M. Empiunté du provenç. glena, m. s. mot qui correspond au franc, glane, § 11. jj 1786. encycl. méth.] || ^Marine. ! Rond d’un cordage roulé sur lui-même.

GLÉNOÏDAL, ALE [glé-nô-i-dàlj et GLÉNOIDE [glénô- id’] adj.

[ÉTYM. Composé avec le grec yXt.vt,, glène, et Eiooî,

GLENOIDIEN - irrz - forme, §§ 379 et 238. || 1754. Bt :RTiN, Ostéologie, I, 105. Admis ACAU. 1762.] || (Anat.l Qui présente une glène. Cavité glénoïdale ou glénoîde de l’omoplate. ‘GLENOIDIEN, ENNE [glé-nù-i-dyin, -dvcn ; en ters, -di-...j (u/j.

[ÉTYM. Dérivé de glénoîde, § 244. || 1813. encycl. méth. Syst. anat.] il (Anat.) Qui appartient à une glène. Le ligament — de l’omoplate, qui entoure la cavité glénoîde de cet os.

GLETTE [glef] s. f.

[ÉTYM. Le sens primitif paraît être « substance visqueuse

  •  ; peut-être même radical que glaise. L’allem. glaette, litharge. est un emprunt fait au français, qui s’est confondu avec glaette, dérivé de glatt, uni, poli. || XII<= s.

La lange li ad délivrée Et la glette del puer jetée, il. de ROTELANDE, Fiotesilaus , dans godek. glete. .\dmis ac.\d. 1762.] || l» A71C. franc, et dialect. Ecume, bave.

|| 2° (Technol. I Litharge, matière impure qui coule de la coupelle d’at’linage.

  • GLETTERON ^glèt’-ron ; en ver ?, glè-te-...]. v. glouteron et grateron.
  • GLEUCOMÈTRE [gléu-kù-métr] s. m.

[ÉTY.M. Composé avec le grec vasOxoî, moût, et uLÉ-rpov, mesure, § 279. || 1796. encycl. méth. AfiricuU.] || Physique.) Aréomètre servant à déterminer la pesanteur spécifique des moûts et la quantité de sucre qu’ils contiennent. ‘GLINE [glin’I .V. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1769. dlhamel du monceau, Pèches, I, ni, 3.] || (Pèche.) Panier couvert où le pécheur met le poisson qu’il a pris.

GLISSADE [gli-sàd’j s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de glisser, § 120. || 156 i. J. tIIIerry, Dict. franc. -la t.]

|| 1° .\ction de se laisser glisser. Faire une —. || Fiç/. Fainil. .-Vclion de se laisser entraîner insensiblement. Si la présence de son amant lui fait faire quelques faux pas, c’est une — dont elle se relève, CORN. Cid, e.\am.

|| 2° Action de glisser, de se lancer sur la glace, sur une surlace lisse. || P. anal. JJanse.) Pas glissé de côté, il droite ou à gauche. || P. ext. Surface unie où l’on glisse.

GLISSANT, ANTE ;gli-san, -sânt’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de glisser, § 47. || XV=-XVI« s. Rives pendentes et glissantes, seyssel, dans DELB. Rt.^ jj Qui l’ait glisser. Un terrain —. Le verglas a rendu la route glissante. || t’ig. Défiez-vous des rois ; Leur faveur est glissante,

LA F. Fah. X, 9. La finesse est l’occasion prochetine de la fourberie ; de l’une à l’autre le pas est —, la br. 8.

GLISSÉ gli-sé] s. m. v. glisser.

GLISSEMENT [glis’-man ; en vers, gli-se-... ; s. yn.

[ÉTYM. Dérivé de glisser, § 145. || 1564. j. thierhy . Dict. franc. -lat. .\dmis ACAD. 1798.] li Action de glisser. Le — d’un piston dans un corps de pompe. Il Mécau. Frottement de — ipar opposilion a frottement de roulement . ]j i^Géologie. — d’une couche de terrain, son abaissement là où une faille s’est produite.

GLISSER [gli-séj v. intr. et tr.

[ÉTYM. .\nc. franc, glier, emprunté de l’anc. hautallem. glltan lallem. moderne gleiten , vu ,v. devenu régulièrement gUder, glier, gg 6, 498 et 499. La substitution de gUsser (plus anciennement glicier , à glier parait due k l’influence de glacer i^plus anciennement glacier), § 509. || XIuo s. Les larmes des iex glIIer, Mir. de St Eloi, p. 34.

Les yex crues en parfond gUciés, j. de meung. Rose, 10200.] 1. v. intr. ! || 1° Être mû, se mouvoir d’un mouvement continu sur la surface d’un corps lisse, par une impulsion une fois donnée. Il s’est laissé — le long de la corde. Le pied lui a glissé. Fifj. Crois-tu que, toujours ferme au bord d’un précipice, Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse (sans qu’elle se laisse entraîner k qq faute ? boil. Sat. 10. Il Spéciult. Se lancer sur la glace, sur une surface lisse, en se tenant en équilibre. Au part, passé employé substantivt. On glissé, un pas de danse fait en glissant. | || Fig. Passer légèrement sur qqch. Le coup glissa et n’enfonça guère avant, eén. Tél. 13. || Fig. || 1. Ne pas faire impression sur qqn. Les reproches glissent sur lui. || 2. Ne pas s’appesantir sur qqch. Il faut — sur tout cela, sÉv. 141.

GLOBULE

|| 2° P. ext. En parlant d’un corps lisse, échapper, ne pas cire retenu, jj Fig. Ce Monsieur de Nevers, si extraordinaire, qui glisse des mains sur qui on ne peut faire fond ?. ^Év. 119. Quelque terme où nous pensions nous attacher... il échappe à nos prises, nous glisse, p.asc. Pens. I, 1.

II. v. tr. Faire entrer, sortir, insensiblement. — une lettre dans la main de qqn. Dn serpent qui se glisse entre les fleurs, EÉN. Dial. des morts. Ane. 17. Nos Grecs dispersés Se sont jusqu’à l’autel dans la foule glissés, rac. Andr. v. 3.  ; Fig. — deux mots à qqn dans l’oreille. Et l’espoir malgré moi s’est glissé dans mon coeur, rac. Phèd. III, 1.

  • GLISSETTE [gli-sét’j s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glisser, § 133. || Xéolog.] || (Géom.) Courbe engendrée par un point lié k une courbe mobile qui roule en glissant sur une courbe fixe.

GLISSEUR, ‘GLISSEUSE [gli-seur, -seuz’] s. m. et /’.

[ÉTYM. Dérivé de glisser, ^ 112. || Néolog. .\dmis ac.\d. 1835.] || Celui, celle qui glisse sur la glace. ‘GLISSIÈRE [gli-syér] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glisser, § 115. || Néolog.] || vTechnol.) Coulisse ménagée pour faire glisser une pièce d’un mécanisme. [Cf. glissoire.) | || Spécialt. Châssis sur lequel l’affût d’une pièce de siège est mobile, de manière k se prêter au pointage. ‘GLISSOIR [gli-swàrj s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de glisser, § 113. Au XVui’^ s. on dit glissoire dans ce sens. (v. p. leroy, Erpl. de la Tuàture dans les Pyrénées (1776i, p. 49.) || Néolog.] || ^Technol.i Couloir pratiqué dans une montagne pour faire descendre les bois coupés. [Syn. lançoir.)

GLISSOIRE gli-swàr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glisser, § 113. || 1308. Glichoueres pour essyaver, dans godef.]

Ij 1° Surface un’ie, frayée sur la neige, sur la glace.

|| 2° ;Technol.) Pièce de divers mécanismes (machine k coudre, etc. ; maintenue par frottement entre des coulisseau\. -Cf. glissière.)

GLOBE [glôb’l s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. globus, m. s. \\ XIV<= s. Un globe gros qui soit de drapiaus, Chirurg. de Brun de Long Bore, dans godef.] || Corps de forme sphérique ou sphéroïdalo. Le — du soleil. Le — terrestre, et, ellipt. Faire le tour du —, de la terre. Les révolutions du —. Un — terrestre , globe sur lequel on représente la figure du globe terrestre. — impérial, boule ronde surmontée dune couronne, d’une croix, emblème de la puissance souveraine. Le cours silencieux De ces globes brillants ‘Jes astres) dispersés dans les cieux, Ducis, ALufar, II, 7. Le — de l’oeil, jj Spéciult. Globe de verre, de cristal que l’on place sur les appareils d’éclairage pour disperser la lumière. Le — de la lampe. || Globe de verre bombé que l’on place sur certains objets pour les préserver de l’air, de la poussière. Dne pendule, une couronne de mariée sous —. || — de compression, fourneau de mine destiné k détruire une galerie de mine. || — hystérique, sensation d’une boule qui semble monter de la poitrine et produit de la suffocation, ‘GLOBÉE [gl5-bé] . ?. /’.

[ÉTYM. Semble dérivé de globe, § 119. || 1786. encycl. MÉTH.] || (Bolan.’i Plante tropicale de la famille du gingembre. — danseuse, penchée.

GLOBULAIRE [glù-bu-lér] adj. et s. f.

[ÉTY.M. DiTi\é de globule, § 248. || 1701. furct. Admis ACAD. 1762.] l..idj. (T. didact.) Qui est de forme sphérique ou sphéroïdale.

II. s. f. (Botan.) Plante voisine des labiées, k fleur en capitules et qui contient un principe purgatif.

GLOBULE [glù-bul] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. globulus, diminutif de globus, globe. Il XVHC s. r. k l’article. Admis ACAD. 1694.] || (T. didact.) Corpuscule déforme sphérique ou sphéroïdale.

Le vif-argent s’échappe en globules. Des globules d’adr s’élevaient à la surface de l’étang. Quand on dit que le chaud n’est que le mouvement de quelques globules, p.asc. Pens. xXV, 10. Poet. D’un ciel en feu les globules glacés (la grêle , st-lam- BERT, Saisons. \\ Spécialt. I 1. Globules du sang, du lait, corpuscules plus ou moins arrondis en suspension dans le

GLOBULEUX — 1173 GLOSSATEUR

liquide. ‘2. Globules pharmaceutiques, substance nn’dicinalo administrée sous l’oIInc de corpuscules arrondis. Globules de digitaline. Globules homéopathiques, contenant diverses substances médicinales à doses inliniment petites. || 3.

Globules de calétaction, fcuuttes d’eau qui, projetées sur un métal incandescent, prennent la forme d’un petit globe (jui s’(‘\apore lentement sans ébulIItion.

GLOBULEUX, EUSE [Klù-bu-léu. -leuz’j adj.

[ÉTYM. Dérivé de globule, § 251. || 1611. cotgh. Admis ACAU. 17’’lO.] || (T. didacl.’^ Formé de globules. Selon Descartes, la lumière ne vient point à nos yeux du soleil, mais c’est une matière globuleuse, VOLT. i’/tUos. di ; Seirlon, II, 1.

GLOIRE [ghvàr] s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du l^it. gloria, m. s. devenu glorie, gloire. S. ! ; 356 et 503. ]] XI<^ s. Prest est la glorie qued il li vuelt doner, St Alexis, 205.]

|| 1° Eclat de la céb’brité. La douceur de la — est si grande qu’à quelque chose qu’on l’attache, même à la mort, on l’aime, l’A.-^c. l’i’IIs. Il, "2 //is. Tout psirle de sa —, cnIIN. Ur/r. v. H. Aucun chemin de fleurs ne conduit à la —, LA F. Fah. x, 1.’ ?. Dire, publier qqch à la — de qqn. Les chefs les plus braves Mettaient toute leur — à devenir esclaves, coRN. Cinna, i,’-^. On m’appelle soldat : je iais — de l’être, il». />. Sunche, i. ‘A. Vifilli. On me croit son disciple, et je le tiens à —, f ;o[iN. .V/- roIII. II, 3. La — de ce choix m’enfle d’un juste orgueU, II).

Hor. II, 1. La — de vos armes, m. Micom. il,.’5. Cette action a tourné à sa —. Il fut la — de son siècle. ||) fo^Y. Héputation. Ma — vous serait moins chère que ma vie ? uac. //)/(. v. 2. Il /’. l’-rt. l’rix qu’on .ittache à la réputation. La —, il est vrai, les défend de quelques faiblesses ; mais la — les défendelle de la — même ? boss. U. d’Orl. || FaIIIil. Mauvaise — , vaine —, vanité de paraître. La vaine — est cette petite ambition qui se contente des apparences, volt. IHct. philos. gloire, 1. A/jsolt. Dans le même sens. Encore que les philosophes fussent des animaux de —, boss. i^’l’anég. St Franc, de liante. Ce n’est pas par —, par ostentation.

|| 2° 1’. e.r(. Éclat de la grandeur. Venez dans mon palais, vous y verrez ma —, rac. Ath. n, 7. Il vaudrait mieux que Troie fût encore dans toute sa —, fén. Tel. 10. || Specialt. Splendeur de la majesté divine. (Celui) à qui seul appartient la —, la majesté, l’indépendance, hoss. H. d’Augl. Bendre — à Dieu, publier sa gloire. Ellipt. — à Dieu, rendons gloire à Dieu. Dire, faire qqch à la — de Dieu. Le Fils de Dieu viendra dans sa —. H F. anal. Une —, auréole lumineuse dont on entoure la représentation des personnes divines, des anges, etc. || P. ext. La — étemelle, la — céleste, participation des élus à la gloire et à la béatitude divine. Dans ce séjour de — et de lumière, CORN. Poly. IV, 3. ‘GLORIA [glô-ryà ; en vers, -ri-à] s. m.

[ÉTYM. Parait tiré du lat. ecclés. gloria, gloire, premier mot du verset qui termine tous les psaumes, § 216. || Néolocj.] || Pop. Café mélangé d’eau-de-vie. Dn — .

GLORIEUSEMENT [glù-ryeuz’-man ; en vers, -ri-éuze-... | udi’.

[ÉTYM. Ctunposi’de glorieuse et ment, § 724. || XII" s.

Gloriosement magnifiez est, Lih. Psdbn. p. 23* 5, Michel.] || D’une manière glorieuse. Mourir — sur le champ de bataille. Fautes... si — réparées, boss. L’onde.

GLORIEUX, EUSE [glo-rveu, -ryeuz’ ; en vers, -ri-...] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gloriosas, 7«. .«. || XIe s. En pareîs entre les glorius, Roland, 2f^W. \\ (Jui donne de la gloire. De — exploits. Chercher au bout du monde un trépas —, R.\c. Milhr. m. s. Tout ce que peuvent donner de plus — la naissance et la grandeur, accumulé sur une tète, IIoss. li. d’Anç/l. Un événement — à la sagesse d’un homme d’État, u’alkmu. Flof/es, Cardinal de Snithise. | || /’. anal. Qui se fait gloII’e de q(jcli. Il n’est point de Romain Qui ne soit — de vous donner la main, coun. Hnr. IV, ‘.^. — d’une charge si belle, la k. Fah. i. 4. || Fn niauraise pari. Qui a la vanité de pai’aitre. La nation des auteurs est un peu vaine et glorieuse, les. <IIl lilas.w, 14. Sul/slun/irl. Voyezvous, dirait-on, cette madame la marquise qui fait tant la glorieuse ? MOL. H. <J>‘nl. ni, 12. Ce n’est qu’un — qui ne dit rien de tendre, IIoiL. Sat. 3. || Fllipt. Les trois glorieuses, les journées des 27,2.S et 2i» juillet IKit). I Speri(dl. tjui participe il la spleiuleur divine. La glorieuse Vierge Marie. ^uùstanlirt. Les chérubins, ces —, p. lkmoink, cité par PASC. Pror. 11. Il Corps —, état surnaturel où seront les corps des bienheureux après la résurrecticm. P. plaisant. En parlant de qqn qui semble ne pas avoir de besoins corporels. C’est un corps — .

GLORIFICATION [glô-ri-fi-kà-.svon ; en vers, -s’i-on^ s.f.

[ÉTYM. Emprnnté du lat. gloriflcatio, m. s. ]\ XIV» s. Honnour ou glorificacion, ohksmk, Flli. i. 18.1 || .-XclioII de gl(jri(ier. La — des héros. La — d’un acte héroïque. La — de Dieu, de son saint nom. I || La — des élus.

GLORIFIER [glo-ri-fvé ; en rers. -(i-él r. //.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glorificare, m. s. \\ XII" s. Je deliverai tel e tu glorefieras (var. glorifieras) mel, Psaut. de Cambridge, XI.ix, 15.]

|| 1° Honorer (qqn, l’oeuvre de qqn) en lui donnant une éclatante célébrité. — les héros, les grandes actions. "Se — , se faire honneur de qqch, de qqn. Il put se — d’avoir vaincu un ennemi digne de lui, noss. llisl. univ. III, s. Se — de sa naissance. Les grands hommes dont notre siècle peut se — .

|| 2° .’<pecialt. Honorer Dieu en publiant sa grandeur. Que Dieu, que le nom de Dieu soit glorifié. Veut-il par mon trépas que je le glorifie ? rac. Eslft. n, 8. Dieu se glorifie dans ses saints. || | P. e.rt. Appeler (les élusi à partager la gloire, la béatitude céleste. Les supplices enfin les ont glorifiés, coRN.

Jmil. I. 18. Il /•* . anal. C’est mon père qui me glorifie, S.\CI, Bihle, SI Jean, vIII, .54.

GLORIOLE [glù-ryùl ; en rers, -ri-ôF s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gloriola, /> ? . s. diminutif de gloria, gloire. Il XVIII" s. Mot mis en usage par I’abbé de stpiERRE. Admis ACAD. 1798.] || Vaine gloire qu’on tire des petites choses. Citoyens... qui méprisent les distinctions de vanité ou les glorioles, .a.bbk jjE ST-PIERRE, Ann. polit. (1757,. dise, prélini. Le mot de —, si bien adapté à cette vanité puérile, ij’.\lk.mb. Floyes, Abljé de St-Pierre.

GLOSE iglôz’j ,s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glosa (mieux glossa\ grec vÀÔJîïx, m. s. proprt, « langue, idiotisme ». [Cf. glossaire, i Qqns disent glosse. || xn"^ s. Bone en est a oir la glose, evrat. Bible, dans DELB. Hec] \\  !•> Rare. Mot vieilli ou obscur accompagné d’une explication.

Les gloses d’Hippocrate (par Ërolien).

|| 2° P. ext. Explication des mots vieillis ou obscurs d’un auteur. La — d’Accurse sur les Pandectes. Lac. prov. Vieilli. La — d’Orléans plus obscure que le texte . jj Fig. Quelques récits Qu’eUe déchiffre sans —, LA F. Fah. vIII, 13. P. ext. Commentaire inaheillant. Un texte où chacun fait sa —, BOiL. Sat. lu.

|| 3° Parodie rimée oII chaque vers d’une poésie donne lieu à une stance qui en est le commentaire burlesque.

La — de Sarrazin sur le Sonnet de Job.

GLOSER [glo-zé] r. tr. et intr.

[ÉTYM. Dérivé de glose, § 154. || XII« s. LI gloserres dit, qui ce glose, EVR.vr, Rilde, dans GODEF. gloseor.]

|| 1° Vieilli. v. tr. Eclaircir par une glose. i || Fig. Critiquer. Un maigre auteur que je glose en passant, BOiL. Sat. Vt.

|| 2° v. inlr. Donner des explications sur un terme, un passjige obscur. — sur le texte de l’Écriture. ‘Fig. Faire des critiques. — sur tous tant que nous sommes, MOL. Tart. 1, 2. Une troisième troupe Trouve encore à —, LA F. Fah. III, 1. , GLOSEUR, EUSE !glo-/.eIIr, -zeuz’.v. m. et f. i [ktv.m. Dérivé de gloser, < ; 112. (Cf. glossateur.) || XII’s. v. gloser. .Admis ACAD. 1762.]

I

|| Personne qui a la manie de gloser. || GLOSSAIRE ‘glôs’-sér ; s. >n.  !

[ÉTYM. Emprunté du lat. glossarlum, ?«. s. (Cf. glose.) H XVI»^ s. Glosaire, CHOLIIIRES, dans DELB. Rec. || 16i<0. Glossaire, RICHEL.]

|| 1° Dictionnaire des mots vieillis ou obscurs qui ont besoin de glose. Le — de la moyenne et de la basse latinité. || l 2° P. ext. Nomenclature des mots qui composent une langue. Le — de la langue grecque est très riche.

  • GLOSSANTHRAX [glÔs-san-(râks’] .* . w.

[ÉTYM. Composé avec le grec vXûjti, langue, et âv9paÇ, anthrax, S 27i». ! || 1793. Glossantrax, lazARU, dans In.itr. sur les malad. des anint. domest. IV. 168. i || (.\rt vétérin.) .AfTecHon charbonneuse de la langue dans la race boviné.

GLOSSATEUR [glos’-sà-teur] s. 7n.

GLOSSE — 1174 — GLUI

[ÉTYM. Dérivé du lat. glossa, glose, § 249. [Cf. gloseur.) 1 || 1420. Glosateur du Décret, Coût. d’Anjou, dans delh. Rec] || Celui qui l’ait ou recueille des II^loses. Si vous consultez nos auteurs, Législateurs et glossateurs, moi., l’ourc. II. 11. Cette armée effroyable de glossateurs, de commentateurs, mon- TEso. Ldt. per.s. 101.

  • GLOSSE [glôs’]. v. glose.
  • GLOSSER, * GLOSSEMENT. v. glousser, gloussement.
  • GLOSSIEN, lENNE [glÔs’-syIII, -syèu’ ; en ve)^s,-si-...] et "GLOSSIQUE [glôs’-sik’j adj.

[ÉTYM. Dérivé du ‘^vec yÀwcrcra, langue, §§ 244 et 227. || 1811. Glossien, MOZiN, Dict. f’ranç.-aUinn.] || (Anat.) Relatif à la langue.

GLOSSITE || glôs’-sït’] s. /.

[ÉTYM. Dérivé du grec Y)>waaa, langue, § 282. || 1811. siozm, Dicl. franç.-allem. Admis ac.\d. 1835.] || (Médec.) Maladie indammatoire de la langue.

GLOSSOPÈTRE [glôs’-sù-pèlr’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glossopetra, m. s. composé avec le grec yAôJTca, langue, et -sTpa, pierre, § 279. Sur le genre (le mot lat. est fém.), v. § 553. || XV- s. Glosopierre, llist. sainte, dans GODEF. glosopierçe. || 155(3. Glossopetre, li. LE BL.\Nc, SuUIIUé,A-d.ns UELM. liec. Admis AC.\D. 1762.] || (llist. nat.) Dent de poisson fossile, qu’on prenait autrefois pour une langue de serpent pétriliée.

  • GLOSSOPHARYNGIEN, lENNE [glÔs’-sô-la-rin-jvin, -jyèn’ ; en vers, -ji-...] adj.

[ÉTYM. Composé avec le grec Y)kWffffa et pharyngien, § 279. Il 1747. Glosso-pharyngien, JAMES, Dict. de medec.] || (Anal.) Oui lient à la fois à la langue et au pharynx. Muscles glossopharyngiens.

  • GLOSSOTOMIE [glôs’-sù-tù-mi] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grec y^vôiffaa, langue, et xo[i.Ti, section, § 279. || 1811. mozin, Dict. franc.-nUem.] || (Médec.) Amputation de la langue ou d’une partie de cet organe.

GLOTTE [glôf] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec yAwTxa, forme attique de Y>,(ï>ffffa, langue. || 1690. furet, .\dmis acau. 1762.] || (Anat.) Fente située à la partie supérieure du larynx, qui sert à l’émission de la voix. || P. ext. — supérieure, orifice supérieur du larynx au fond de la gorge.

GLOUGLOTER [glou-glù-lé] et GLOUGLOUTER [glou-glou-té] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de glouglou, § 1.54. || 1611. Glouglouter, COTGH. I ACAD. admet glouglouter en 1798 et glougloter en 1835.1 || En parlant du dindon, faire entendre son cri.

GLOUGLOU [glou-glou] s. m.

[ÉTYM. Onomatopée, § 32. [Cf. lat. glutglut, m. s.) \\ Admis ACAD. 1694.] || lo Bruit que fait le vin quand il sort du goulot d’une bouteille. Qu’ils sont doux, Bouteille jolie, Qu’ils sont doux Vos petits glougloux ! MOL. Méd. vi. l. I, s.

|| 2° P. anal. Cri du dindon.

GLOUME. v. glume.

  • GLOUSSANT, ANTE [glou-san, -sânt’], et, î’ie////,
  • GLOSSANT, ANTE [glô-...] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de glousser, § 47. || XVI" s. Poules... gloussantes et désireuses de couver, u. desekues, v,2.] || Qui glousse. Les oiseaux nommés par Dampierre poules gloussantes, buff. Poute d’eau. Oiseaux étrang.

GLOUSSEMENT [glous’-nuin ; en vers, glou-se-...],et. vieilli, * GLOSSEMENT [glôs’-man ; en vers, glù-se-...] .S’, m.

[ÉTYM. Dérivé de glousser, § 145. || XVI<^ s. Les glocemens et appeaulxde la poulie, cotere.\u, dans gouef. CompL] || Cri de la poule.

GLOUSSER [glou-sé] et, vieilli, ‘GLOSSER [glo-sé] i !. intr.

[ÉTYM. Du lat. pop. * glociare (class. gloclre), m. s. devenu glocier, §§ 297 et 291, glocer, écrit arbitrairement glosser, glousser, §§ 347 et 348. || XIVe s. Se douce, se rapiele trèstous ces pouUonchiaus , Gilles li muisis, dans uelu. Rec] || En parlant de la poule, faire entendre son cri.

  • GLOUT, "GLOUTE [glou, glout’] S. m. et /’.

[ÉTYM. Ane. cas sujet de glouton, § 538.] || Vieilli. Glouton, gloutonne, «onnez-lui, fourrez-lui, le — demande encore, LA F. Florentin, Satire. Adjectivt. Leur gueule gloute, marot, Ps. 22.

GLOUTERON [gloût’-ron ; en vers, glou-te-...] s. m.

[ÉTYM. Altération par étymol. pop. [V. g 509) de l’anc. franc, gleteron, diminutif de gleton, plus anciennement cleton, g 105, qui est emprunté de l’anc. haut alleni. chlëtto (allem. moderne klette), m. s. §§ 6, 498 et 499. [Cf. grateron.) il XIV s. Gleteron ou gloton, dans G0DEF. gleteron. || xV^s.

Gloustron, dans Journal de botan. 1894, p. 351. Admis ACAD. 1762. || (BotaiL) Nom vulgaire de la bardane et du gaillet.

GLOUTON, ONNE [glou-ton, -ton’] .s. vi. et /’.

[ÉTYM. Du lat. glùttônem, m. s. §§ 348,366 et 291. Le nominatif glutto a donné glout. [V. ce mot.)]

|| 1° .S. m. et /’. Celui, celle qui engloutit les morceaux, qui mange avec avidité. Nous voulons, dirent-ils, étouffer le —, L.A F. Fah. IX, 19. Adjectivt. Un homme, un animal — . P. ext. Satisfaisant mes appétits gloutons, LA F. Fab. vu, 1.

|| 2° S. m. (llist. nat.) Mammifère carnassier de la famille des martes, dit aussi carcajou.

GLOUTONNEMENT [glou-tôn’-man ; en vers, -tune-...] adr.

[ÉTYM. Composé de gloutonne et ment, § 724. A remplacé il une époque récente gloutement. || xyII^ s. v. h l’article. Admis AC.\D. 1694.] || D’une manière gloutonne. Les loups mangent — ,la f. Fab. III, 9.

GLOUTONNERIE [glou-tôn’-ri ; en vers, -tô-ne-ri]et, vieilli, "GLOUTONNIE [glou-tù-ni] s. /".

[ÉTYM. Dérivé de glouton, §§ 68 et 69. || XIIe^ s. Glutunie, PU. DE TIIAUN, Coinput, 529. Ke tu te gardes bien De glotonerie, everard de kirkham, Caton, dans DELB. Rec.\ || Caractère de celui qui est glouton.

GLU [glu] s. f.

[ÉTY.NL Du lat. glûtem (accusatif de glus), m. s. §§ 402 et 291.] || Substance visqueuse qu’on extrait de la seconde écorce du houx, des baies du gui, etc. Prendre les petits oiseaux avec de la —, et, fi(j. Se laisser prendre à la — par qqn (par ses belles paroles, ses caresses, etc.). || P. anal. — marine, composition qui sert au calfatage des navires.

GLUANT, ANTE [glu-an, -ânt’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de gluer, § 47. || XIIIe s. Boe... si tenans et si gluans, brln. latin i. Trésor, p. 155.] || Visqueux et cullant comme l ;i glu. La poix est gluante. || P. ext. Avoir des mains gluantes, où il s’est attaché qqch de gluant, et, fiq. Il a les mains gluantes, il garde toujours qqch de l’argent qui lui passe par les mains.

GLUAU [glu-ù] et, vieilli, ‘GLUON [glu-on] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de glu, §§ 126 et 100. || XIV<= s. Pluseurs lieux ou l’on ne pourroit mettre gluons, Modus , f" 134, r", Blaze. I XVI« s. Faire des gluaux, r. belleau, II, 273.] || Petite branche enduite de glu qui sert à prendre les petits oiseaux. Tendre des gluaux.

  • GLUCINE [glu-sin’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du grec y>>uxûç, doux, § 245. Mot dû à VAUQUELiN [V. Annales de chimie, xXVr, 169, ann. 1798), et formé d’après la prononciation du grec plutôt que d’après l’analogie, § 496. [Cf. glycine.)] || (Chimie.) Oxyde de glncinium. ‘GLUCINIUM [glu-si-nyùm’ ; en vers, -ni-ùm’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de glucine, § 224. || Néolog.] || (Chimie.) Métal blanc, cassant, voisin du magnésium et de l’aluminium, tiré de différents silicates.

GLUCOSE [glu-kôz’] &\,,rare, GLYCOSE [gli-kôz’]^. f.

[ÉTYM. Dérivé du grec yXuxû ;, doux, § 282. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || (Chimie.) Principe sucré du raisin, de l’amidon, etc.

GLUER [glu-é] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de glu, g 154. || xu* ^ s. Ki per sa volenteit solement gluat ensi ensemble lo lum de la terre et l’esprit de vie, Serm. de St Rem. p. 63.] || Vieilli. Enduire de glu. Branches gluées. || 1 P. ext. Enduire d’une substance gluante.

  • GLUEUX, EUSE [glu-eII, -euz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de glu, § 116. || XIII« s. Boche orde et glueuse, G. de goincy, dans GODEF. glueus.] || Rare. Gluant. Adorateur sacré du parmesan —, a. barbier. || Piunto, Chiaia.

GLUI [glui] s. m.

[ÉTYM. Origine incertaine. Le mot se retrouve en provenç., et la comparaison avecle franc, indique une forme

GLUME 1175 — GNOSE

du lat. pop. telle que * glôdium, pent-rtri’* clÇ(lium, comme point de départ. || XII<= s. Li liz ne fu mie de glui Ne de paille, CHRÉTIEN DE TROYES, Charrette, 512." || Vieilli. Paille de seigle dont on se sert pour couvrir les toits, attacher la vigne, emballer le poisson, etc.

GLUME [g-lum"J et, vieilli, GLOUME [gloum’j s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glûma, m. s. \\ 1811. Glume, MoziN, Dict. franç.-allem. .\dmis acmi. 1S35.] || (Hotan.) Enveloppe florale de chacun des épillets qui forment l’épi des graminées, dite vuljjairement balle.

  • GLUMELLE [f,’lu-mèl] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glume, g 258. || Néolof/.] || (Botan.) Enveloppe florale placée sous la glume.

  • GLUMELLULE [glu-mel’-lul] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glumelle, S 240. || Néolof/.] || (Botan.) Enveloppe florale qu’on trouve quelquefois sous la glumelle.

GLUTEN [glu-tèn’l s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gluten, colle. || xyi<= s. Le quatriesme humeur de nourrissement est appelé gluten, paré, Introd. 6. Admis ACAD. 1762.] || (T. scientif.)

|| 1° Substance tenace qui colle, qui lie ensemble les parties divisées des ct)rps solides. Colles ou glutens qui réunissent par interposition les parties de toute matière, uuff. Minéraux.

|| 2° Substance azotée de la graine des céréales, partie de la farine qui reste lorsqu’on en a enlevé l’amidon. Pain de —, destiné aux malades diabétiques. — grîinulé, employé en cuisine comme les pâtes d’Italie.

GLUTINATIF, IVE [glu-ti-nà-tïr, -tïv’] adj .

[ÉTYM. Emprunté du lat. glutinativus , m. s. \\ 1549. Medlcamentz glutinatlfz, tagault, dans GODEF. Compl. Admis ACAD. 18.35.]

IJ fMédec.) Qui a la propriété d’agglutiner. [Cf. agglutinatif. i

GLUTINEUX, EUSE [glu-ti-neu, -neliz’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. glutlnosus, m. s. \\ XIIIe s. Terre... bien gliftinose, brun, latini, Trésor, dans DELB. Ri’c. \ XV» s. Substance glutineuse, Grant Herbier, dans GODEF. Compl.] || ^T. didact.) Qui est de nature visqueuse et collante.

GLYCÉRINE [gli-sé-rin’] ,«. /’.

[ÉTYM. Dérivé de yXuxcpôî, doux, § 245. || Nëolog. Admis ACAD. 1878.] || (Chimie.) Corps neutre, sirupeux, qu’on obtient par le dédoublement d’un corps gras (stéarine, oléine, etc.).

GLYCINE [gli-sin’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du grec vXux-j ;, doux, § 245. [Cf. gluclne.) || 1786. encycl. métII. Admis ACAD. 1878.] || ! (Botan.) Arbuste grimpant de la famille des Papilionacées. — de Chine. — frutescente, à fleurs en grappes.

  • GLYCOCOLLE [gli-kô-kôl] . ?. f.

[ÉTYM. (Composé avec le grec yXuxy ;, doux, et xôXXa, colle, § 279. Il Néolorj.] || (Chimie.) Substance sucrée, cristallisable, qu’on obtient en dédoublant par la saponification les acides qui entrent dans la composition de la bile, ou en traitant la gélatine par l’acide sulfurique.

  • GLYCOGÈNE [gli-kô-jèn’] adj.

[ÉTYM. Composé avec le grec yXonû ;, doux, et ycvvâv, engendrer, § 279. || Neolo ;/.] || (Physiol.) Qui produit du sucre. Matière —, principe analogue à la dextrine végétale, qui se forme dans le foie.

  • GLYCOGÉNIE [gli-kù-jé-ni] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de glycogéne, § 224. || Néolo(j.] || (Physiol.) Production de la matière glycogéne dans le foie.

  • GLYCOL [gli-kùl] s. m.

[ÉTYM. Composé avec le radical de glycérine et la finale de alcool, § 282 bis. \\ Néoloc/.] || ((;IIImie.) Liqueur à saveur sucrée, incolore, inodore, qui se comporte comme les alcools avec les acides. La série des glycols est parallèle à celle des alcools.

GLYCOSE. W glucose.

  • GLYCOSURIE [gli-kô-zu-ri] s. f.

[ÉTYM. Composé avec glycose et oCoîTv, uriner, § 279. || Néolog. ] || (Médec.) Excrétion d’urine chargée de matière sucrée.

  • GLYPHE [glif] S. 7n.

[ÉTYM. Emprunté du grec yXuçt,, ciselure , sous l’influence de triglypbe, dont il a pris le genre, quoique yXu.5t, soit du fém. § 55.3. || 1701. furet. .\dmisAC.\D. 1762 ; suppr. en 1798.] || (Archilect.) Rainure, cannelure creusée dans un ornement d’architecture.

GLYPTIQUE fglip’-tïk’] .t. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec yXyTTTixôi ;, « relatif à la gravure

  • , employ(; sul)slantivement. || 1796. Magasin encifclop.

I, 183. Admis ACAD. 1835.] || CTechnol.) Art de graver les pierres fines en creux (intailles) ou en relief (camées).

  • GNACARE [nà-kàr] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gnaccara, m. s. d’origine arabe ou persane, §.î ! 12, 22 et 24. Lo mot est fréquent en anc. franc, sous la forme nacaire. ‘ || XVII" s. v. à l’article.] || Vieilli. Cymbale. Quatre jouent de la guitare, quatre des castagnettes, quatre des gnacares, MOL. Pastorale CORN. se. 15.

  • GNAF [nàf] s. m.

[ÉTY.M. Paraît être une onomatopée imitant le bruit du chégros que tire le savetier, § 32. || Néolog.] || Pop. Savetier.

  • GNAN-GNAN [nan-nan] s. m. et f.

[ÉTYM. Onomatopée, § 32. [Cf. beaumarcII. Mar. de Fifj. I, 4.) Il Néolog.] || Pop. Personne qui geint quand il faut faire un effort. Adjec tir t. Dne femme — .

GNEISS ‘gnèys’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’allem. gneiss, in. a. § 8. ; || 1779.

Gneiss de Werner, DE Saussure, Voyage dans les Alpes,

III, 159. .\dmi3 ACAD. 1878.] || (Minéral.) Roche composée (comme le granit) de feldspath, de mica, etc., mais de nature schisteuse.

  • GNOGNOTTE [nô-nÔt’] .f. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || Néolog.] || Pop. Chose de piètre qualité. C’est de la — . ‘GNOLE [nul] et ‘GNON [non] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1701. Gniole, furet.] || Pop. Eratlure que reçoit une toupie, d’une autre toupie qui tourne. P. ext. Coup, éraflure, qui laisse une marque sur une personne ou sur une chose. (C/.torgnole.)

GNOSSE [gnom’] s. m.

[ÉTYM. Mot forgé par paracelse, et qui parait reposer sur le grec yvwjxt,, intelligence. || 1583. Les gnomes ou pygmees, vigenère, Tite-Live,i,p. 1316. .\dmis ACAD. 1762.] || (Mythol.) Petit génie présidant à la terre et à ce qu’elle contient. [Cf. sylphe, ondin, salamandre.) || Adjectivt. Citoyen du peuple —, gresset, Chartreuse.

GNOMIDE [gnè-mid’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gnome, § 235. | || 1701. furet. Admis ACAD. 1762.] || (Mythol.) Gnome femelle.

GNOMIQUE [gnù-mik’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du grec YvujIIxôî, m. s. \\ 1752. trév. .\dmis ACAD. 1762.] || (T. didact.) Qui est sous forme de sentences. Les poètes gnomiques, et. ellipt, Les gnomiques, écrivains grecs qui composèrent en vers des maximes morales.

GNOMON [gnô-mon] ,9. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gnomon, grec yviJpLuv. m. s. \\ 1547. j. MARTIN, Vitruve, dans DELB. Rec. .\dmis ACAD. 1762.] || (T. scientif.) Tige verticale dont l’ombre, se projetant sur un plan, fait connaître par sa longueur la hauteur du soleil, et indique l’heure par sa position. || i P. ext. Méridienne tracée sur le sol, sur laquelle les rayons du soleil, traversant une ouverture circulaire placée en haut d’un édilice, vont tracer l’image de l’astre.

GNOMONIQUE [gnù-mù-nîk’] adj. et .y. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gnomonicus, grec vvtoauv.xfJ ;, m. s. Il 1547. Instrumentz organiques et gnomoniques, J. MARTIN, Vitruve, dans DELB. Rec. .\dmis ACAD. 1694.]

I. .\dj. Relatif aux gnomons.

II. .* ^\ /’. .\rt de construire des gnomons.

GNOSE [gnôz’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du grec ecclés. yvûj : ;, m. s. proprt,

  • connaissance ». ! || XVII< : s. v. à l’article. .^dmisACAD. 1878.] || (Théol.) Il 1° Perfection de la science chrétienne. C’est là aussi ce qu’on appelle dans les Écritures la science du salut ; pour exprimer cette science, saint Paul se sert souvent du mot de —, uo.ss. Nouv. .Myst. m. 1. || Fig. J’étais l’unique non initié en leur — (des disciples de Fénelon), st-sim. vni, 427.

GNOSTIGISME H76 — GOBIN

|| 2° Doctrine (hérétique) suivant laquelle les êtres spirituels, sortis du sein de Dieu, doivent y rentrer.

GNOSTIGISME [gnÔs’-ti-sism’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gnostique, § 265. || Néolor/. Admis ACAD. 1878.] || (Théol.) Ensemble des doctrines de la gnose.

GNOSTIQUE [gnos’-tik’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du grec vvtoTT’.xô ;, m. s. || XVI* s. Tertulian contre les gnostiques, artII. thomas, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1798.] || ;Théol.) I ! 1° Celui qui a la perfection de la science chrétienne. Ceux que saint Paul appelle les parfaits sont les mêmes que saint Clément a appelés les gnostiques, BOSS. NoIIv. Myst. XVI, 9.

|| 2° Adepte de la gnose. ‘GNOU [ûou] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du hottentot, § 29. || XVIIIe s. v. a l’article.] || (Hist. nat.) Espèce de grande antilope d’Afrique. Un quadrupède que les Hottentots appellent —, buff. Du gnou ou niou.

GO (TOUT DE) et, vzeî/Zz, * GOB(TOUTDE) [toud’-gô ; en vers, tou-de-gôj loc. adv.

[ÉTYM. Subst. verbal du verbe gober, § 52. || XVIe s. v. à l’article.]

|| 1° Anciennt. Tout d’un trait, n l’avala tout de gob sans mâcher, Xouv. Fabr. des exceU. traits de vérité (1579), p. 142, Bibl. elzév.

|| 2° Fig. Tout droit, sans préparation, n est entré tout de go. n va coucher tout de go Au signe du Virgo, regnard et DUFRES-NY, Chinois, II, 4. ‘GOBE et, selon ACAD., GOBBE [gôb’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gober, § 52. || 1690. Gobe, furet. Admis ACAL. 1718.] || (Technol.) Bol pour engraisser la volaille. ; || Bol pour empoisonner les chiens errants, les bêtes malfaisantes.

GOBELET [gôb’-lè ; en vers, gô-be-lè] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de l’anc. franc, gobel, m. s. d’origine inconnue, § 133. Il XIIIes. fiubulet, Ms. Sl-Jean, dansLiTTRÉ.’

|| 1° Vase à boire, haut, de forme ronde, sans anse^ et ordinairement sans pied. Dn — d’argent, d’étain, de cristal. || P. anal. — émétique, gobelet métallique dans la composition duquel il entrait de l’antimoine, et où on laissait séjourner de l’eau, du vin blanc, qui y contractait une vertu émétique. — de quassia, de gaïac, etc., gobelet fait de bois de quassia, de gaïac, où on laisse séjourner de l’eau qui se charge des principes du quassia, du gaïac. || P. ext. Anciennt. Office de la maison du roi comprenant la charge du vin et du pain. Le chef du — .

|| 2° P. anal. Vase de fer-blanc en forme de gobelet dont se servent les escamoteurs pour faire leurs tours. Dn joueur de gobelets. Des tours de gobelets.

|| 3° Fig. Fleur dont la corolle est en forme de gobelet. || Disposition donnée à un arbre à fruit, taillé de manière que le haut ne soit pas plus large que le bas.

  • GOBELETERIE [gôb’-let’-ri ; en vers, gô-be-lè-te-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gobeleUer, §§ 65 et 68. || 1791. encygl. MÉTH. Verrerie.^ || Kare. Fabrication, commerce du gobeletier. -GOBELETIER, 1ERE [gob’-le-tyé , -tyer ; en vers, gô-be-...] s. m. et f.

[ÉT^-M. Dérivé de gobelet, §§ 65 et 115. Ji Néolog.]

I) Rare. Celui, celle qui fabrique, qui vend des gobelets, des verres à boire, etc. ‘GOBELIN [gôb’-lin ; en vers, gù-be-...] s. ?«.

[ÉTYM. Emprunté du bas lat. gobelinus, qui se rattache au grec xoëaÀo ;, »n. s. § s. || XVIc s. Pensant qu’il allast tirer le gobelin de sa manche, BON. des per. Xouv. 7.] || Vieilli. Sorte de lutin.

  • GOBELOTER ou, selon ACAD., GOBELOTTER [gôb’-

I6-té ; en vers, gô-be-...] v. intr.

[ÉTYM. Pour gobeleter, § 167, dérivé de gobelet, § 154. || 1680. Gobeloter, richel.] || ! Famil. Prendre souvent du vin, des liqueurs. || P. ext. Faire des parties où l’on boit, où l’on mange.

  • GOBELOTEUR, EUSE [gôb’-lo-téur, -teuz’ ;e« vers, gô-be-.. .] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gobeloter, § 512. || Néolog.] || Famil. Celui, celle qui gobelote.

GOBE-MOUCHES [gob’-mouch’ ; en vers, gô-be-...] s. ra.

[ÉTYM. Composé de gobe ; du verbe gober’i et mouche, § 209. Il 1611. Gobe-mouche, moineau de haye, COTGR. Admis ACAD. 1798.] il 1° (Hist. nat.) Passereau dentirostre qui se nourrit principalement de mouches. || P. anal. Attrape-mouche, plante.

|| 2° Fig. Celui, celle qui accepte crédulement tout ce qu’il entend raconter.

GOBER [gô-bé] v. tr.

[ÉTY.M. Dérivé du radical de gobet, § 154. || 1549. r. est.] || Manger, avaler sans prendre le temps de mâcher. — une huître. Nous en savons plus d’un (touri, dit-il en les gobant,

LA F. Fab. III, l’S. L’hirondelle gobe les mouches et les autres insectes. Il P. anal. ^Faucunn.’, — les perdrix, les faire happer par le faucon. || Fig. — l’appât, le morceau, l’hameçon, se laisser attraper. Ils goberont l’appât, vous serez leur ami, LA F. Fab. vIII, 14. Je ne suis pas homme à — le morceau, MOL. Èc. des f. II, 1. Propres à — les hameçons qu’on leur veut tendre, ID. Pourc. II, 3. Famil. — qqn, en être dupe. Se —, être dupe de soi-même. || — les mouches, accepter crédulement tout ce qu’on entend raconter. 1. ‘GOBERGE [gô-bèrj’j s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || | 1135. Pisces sicci qui vocantur gauberges, dans GODEF. gauberge.] || Dialect. Morue sèche, merluche. 2. GOBERGE [gô-bèrj’J s. f.

[ÉTYM. Semble apparenté à écopercbe et camperche [Y. ces mots s § 509. [ || 168(j. richel. .\dmis ACAD. 1762.1 || (Technol.) Ais qu’on appuie contre un meuble, un placage fraîchement collé, pour le maintenir. Ais qu’on fixe en travers d’un fond de lit. Planchette de layetier pour assembler des caisses.

GOBERGER (SE) [gô-bèr-jé] v. pron.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVI* ^ s. Sans qu’il congnust que Faifeu le gauberge, CH. DE bourdigné, Pie/Te Falfeu, p. 52, dans la c. Admis ACAD. 1718.1

|| 1° Vieilli. S’amuser de (qqn). Gobergeons-nous ensemble de ce cousin de meunier, dancocrt. Vacances, se. 1.

|| 2° Se donner ses aises.

GOBET [gô-bè] . ?. m.

[ÉTYM. Dérivé d’un radical gobb, d’origine celtique, qui se retrouve dans les dialectes actuels avec le sens de

  • bouche », §§ 3 et 133. Le sens II est un développement postérieur dû au verbe gober. || .\III« s. Tant ama bons gobez et robes, g. de coincy, dans godef.]

I. Bouchée. Nous en mangerons de bons gobets, u.\uteroche, Crispin niédecin, n, 7.

II. Il 1° Action de gober. Spécialt. Chasser au —, en faisant happer (la perdrix) par le faucon. || Fig. Prendre qqn au —, par surprise.

|| 2° Celui qui gobe. Fig. Dn bon —, homme crédule.

GOBETER [gob’-té ; en vers, gô-be-té] v. tr.

[ÉT-i-M. Dérivé de gobet, § 154. || | XIII« s. Ainz se leroit com ours beter Gobez lessast a gobeter, G. de coincy, dans GODEF. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Crépir en faisant entrer le plâtre, le mortier, dans les joints avec la main ou le plat de la truelle. ‘GOBETIS [gÔb’-ti ; im Vc7-s, gô-be-ti] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gobeter, § 82. || Seolog.] || (Technol.) Plâtre, mortier pour gobeter. || Ouvrage fait en gobetant. ‘GOBEUR, EUSE [gô-beur, -beuz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gober, § 112. || | 1554. Voicy venir le beau

Gobeur, dans DELB. Hec] || Celui, celle qui gobe qqch. Celui qui le premier a pu l’apercevoir (l’huitre ; En sera le —, LA F. Fab. ix, 9. Fig. Dn — de mouches, et. absolt, Dn —, un gobe-mouches. ‘GOBILLARD [gô-bi-yàr] a\ m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1761. f. de bondaroy, Tonnelier, p. 66.] || (Technol.) Planche préparée pour faire des douves. ‘GORILLE [gô-biy’j s. f.

[ÉTYM. Paraît composé de bille et d’un préfixe dont l’origine et le sens sont obscurs, § 196.] || Bille, boule. || i Spécialt. Bille servant aux jeux d’enfants.

GOBIN [gô-bin] s. m.

[ÉTY^M. Emprunté de l’ilal. gobbino, diminutif de gobbo,

GOBINEAU — U77 — GOGUENARD

bo.s ?u, S 12. I ! XVic-XVIIP s. Le duc de Mantoue, qu’on appeloit le gobin, parce qu’il estoit fort bossu, hhant. i\, 3(51, Lalanne.] ((Vieilli. Bossu. Maudit —, bours. Ésope à la ville, v, 2. ‘GOBINEAU [^o-bi-nô] s. m.

[ÉTiM. Orif^itie inconnue. || Np’olof).] || (TechIIol.) Haccord d’un carrelage près du mur. ‘CODAGE [f ;ù-dàj’j .y. ?«.

[ÉTYM. iJérivé de goder, § 78. || 1774. Un godage, N. des- MAREST, iV/é/n. sur les papeteries, u, lO.J || (Technol.) Action de f^oder.

  • GODAILLE [gô-dây’]. v. gogaiUe.

GODAILLER [gù-dà-yé] v. inlr.

[ÉTYM. Parait être une altération de gogaiUer, dérivé de gogaille, .« ;§ 184 et 509. L’aric. franc, dit, dans un sens analofc’ue, gogoyer ou gogayer. || 1752. thév. Admis ac.\d. 1762.) || l’op. Se livrer à la boisson.

GODAILLEUR, ‘GODAILLEUSE [gô-dâ-yeur, -veuz | ."f. m. et /’.

[ÉTYM. Dérivé de godailler, § 112. || Néolog. Admis xa^D. 1878.] || l’op. Celui, colle qui godaille.

  • GODAN ou "GODANT [gù-dan] s. wî.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVII’’-XVIII<=s. v. à l’article.]

Ij l’up. Tromperie. Donner dans le —. Cet inepte et hardi godant qu’ils avaient donné à Monseigneur, st-sim. yIII, 231.

GODELUREAU [gôd-lu-rô ; en vers, gù-de-...] s. m.

[ÉTYM. Pour goguelureau (nicot, COTGR.), dérivé de goguelu, SS 63 et 126, et confondu avec galureau, mot de lanc. franc, d’origine inconnue qui est encore employé par SOREL (Francion, p. 330 ; sous la forme galoureau, § 509. Il XVI« s. Ho ! guodelureau moine, RAB. IV, 65.] || Jeune galantin. Le temple de Dieu sert de rendez-vous aux godelureaux et aux coquettes, scaur. Rum. com. I, 9. Ce sont de beaux morveux, de beaux godelureaux, MOL. Av. n, 5.

GODENOT [gôd’-nô ; en vers, gô-de-...] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || xyII» s. v. à l’article.] || Vieilli. Figurine qu’escamotent les joueurs de gobelets.

Le Mazarln n’est qu’une manière de —, retz, Méin. IV, 320. ann. 1652. || Fiy. Vilain petit homme, n n’est vice si bas Que n’ait le —, bours. Fables d’Ésope, I, 4.

GODER [gù-déj v. intr.

[ÉTYM. Semble tiré de godron à une date récente, § 37. \\ 1771. trév. Admis acao. 1762.] || (Technol.) Faire des plis. Un vêtement qui gode.

GODET [gô-dè] ^f. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XIII<= s. Or faut mesures et hanas, Voires, godes. Choses qui faillent en mesnage.]

I. Anciennt. Petit bassin sans pied ni anse.

II. f. anal. Vase de même forme où l’on délaie les couleurs, où tombe l’huile d’un quinquet, etc. || Récipient li.xé de distance en distance à une machine à élever l’eau. Dne roue à godets. || Entonnoir par lequel le métal, pour couler une cloche, un canon, etc., tombe dans les jets. || Égoul d’un chéneau. || P. ext. Capsule du gland de chêne.

GODICHE [gô-dich’] s. vi. et /’.

[ÉTYM. Dérivé du radical de Godon, forme hypocoristique de Claude, §§ 36, S2 et 509. || 1752. trév. Admis ACAD. 1878.] || Famil. Nigaud, nigaude.

  • GODILLE igô-diy’] .y. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1792. Goudille, romme, Dict. de mar.] || (Technol.) Aviron à l’arrière d’un bateau pour manoeuvrer seul l’embarcation.

  • GODILLER [gô-di-yé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de godiUe, § 154. || 1792. Goudlller, romme, Dict. de 7nar.] || (Technol.) Manoeuvrer avec la godille.

  • GODINETTE jgo-di-nct’J ,s\ /’.

[ÉTYM. Paraît dérivé du lat. gaudere, se réjouir, §§ WX) et 133. Il XV* s. Dne godinette Qui vient rire , coyUiLLART,

II, 208.] || Vieilli. Fille d’humeur galante.

GODIVEAU [gô-di-v6] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || xyi^s. Dng boisseau de guodiveaulx, RAB. III, 18. || Sorte d’andouillette. Dne tourte de godiveaux, el,el/ipt. Un —. On — tout brûlé par dehors, boil. Sat. 3.

GODRON ‘gô-dronj s. m.

[ÉTYM. Pour goderon, d’origine inconnue. || 1467. L’un des goderons d’argent, dans l. de laborue, ÉytiaiLT, p. 332.] || TeclIIIol. ! ; l".Moulure ovale au bord de la vaisselle d’argent. li 2’’Pli rond fait aux collerettes dites fraises, aux jabots, aux manchettes, etc. || /’. anal. Guillochure qui rayonne sur le fond d’un cachet, d’un chaton de bague.

GODRONNER [gô-drô-néj v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de godron, § 154. i || 1385. Dn eaubenoistier gouderonné, dans goijef. Compl.] || (Technol.)

|| 1° Horder d’une moulure ovale ‘la vaisselle d’argent). De la belle vaisselle toute neuve, toute godronnée, sÉv. 12.32. || Fig. (Anal. ; Canal godronné, qui borde le tour du cristallin de l’oeil, entre le ccji’ps cillaire et le corps vitré. || P. anal. Tourner (la tète de l’épingle) sur le moule.

|| 2° Empeser et repasser à gros plis ronds. — une fraise (collerette). || P. anal. (Botan.) Feuille godronnée, dont le bord présente des festons séparés par des plis profonds. || P. ext. I 1. — un cachet, un chaton de bague, y faire des guillochures qui rayonnent comme les plis d’une fraise. || 2. — une vis, faire sur le lourde la tète de petites entailles pour ()u’elle oiïre plus de prise.

GOÉLAND [gô-é-lanj s. m.

[ÉTYM. Emprunté du bas breton gwélan, m. s. % 4. || iXV«- XVI’= s. Gaellans, GARCiE, Granl Routier, (•> 33. Admis ac\d. 1835 et écrit d’abord goéland.] || (Hist. nat.) Espèce de grande mouette, oiseau de mer.

GOÉLETTE [gô-é-lèf] j. /’.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1752. Goualette, trév. Admis ACAD. 1835 et écrit d’abord goélette.]

|| 1° (Marine.) Navire léger à deux mâts.

|| 2° Fig. Hirondelle de mer.

GOÉMON [gô-é-mon] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du bas breton gwémon, m. s. § 4. || .XIV’^ s. Globum herbe marine vocate goumon, dans Df c. goumon.] || Varech, plante marine. || Engrais fait de ce varech.

GOÉTIE [gô-é-si] s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. goetia, grec yoT^Tsia, sorcellerie, de YÔT.î, sorcier. || i .XVI«^ s. mayerne-tlrquet, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Antiq.) Évocation des génies malfaisants.

  • GOFFE [gôf] adj.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. goffo, m. s. § 12. || | 1573. Choses goffes et peu honnestes, larivey, Veuve , prol. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1878.] || Vieilli. Lourd, çrossier.

GOGAILLE [go-gây’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gogue, § 95. [Cf. godailler.) || 1.564. Faire gogaille et ripaille, jumus, dans godep. Compl.] || Pop. Joyeux repas. Faire — avec ses voisins, sOREL, Francion, p. 58. 1. GOGO (À) [à-gô-gô] loc. adv.

[ÉTYM. Origine inconnue. [Cf. gogue.) || XV» s. Mieux amassent a gogo Gésir sur molz coissinès, CH. d’orl. Chansons, 123.] || Famil. Tout son soûl. Laissez-moi, s’il vous plaît, m’en donner à —, th. CORN. D. César d’Avalos, I, 4. 2. ‘GOGO [gô-go] .y. m.

[ÉTYM. Se rattache peut-être à gober. (Cf. go.) || Xéolog.] || Famil. Personnage crédule et confiant à l’excès. Les gogos enrichissent les financiers peu scrupuleux.

  • GOGUE (gùg’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. (Cf gogo 1.) j] xui« s. Tout vient à gogue, Ysopel, 1, 23, Robert.] || Vieilli. Liesse.

  • GOGUELU, UE [gog’-lu ; en vers, gô-ghe-hil adj.

[ÉTYM. Dérivé de gogue, JIS * ^ et 118. [Cf. godelureau.) || XVe s. Pauvres goguelus, coquillart, I, 63. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1718.] || VirII/i. Content de lui, suffisant.

GOGUENARD, ARDE [gog’-nàr, -nàrd’ ; rn vers, gôghe-...] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gogue, § 147. || 1642. OUD.] || Qui a l’air de se moquer des gens. Dn souris —, ki ret. Rom. hourg. I, 104. D’Aubigné ne se contraignait pas de prendre un ton —, ST-SIM. I, 479. || Substantut. Un - presque sexagénaire, MOL. Èc. des7n.i,2. — dangereux, noiu Art p. 2.

GOGUENARDER ins — GONFALON [gog’-nkr-dé ; en vers, go-ghe-...] XVI’’s. Ils se gogue-

GOGUENARDER v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de goguenard, § 154. nardassent de nous, dans GODEF. CompL] || Faire le goguenard. Nous ne faisions que — pendant le voyage, hamilt. Gram. 159.

GOGUENARDERIE [gog’-nàrd’-ri ; en vers, gù-ghenàr- de-rij s. f.

[ÉTYM. Dérivé de goguenard, § &). A supplanté goguenardie, (lui se trouve au commencement du XVu« s. (V. IIIci.H. Roc.) Il XYII" s. v. à l’article. Admis ACAD. 1798.] || Action de goguenarder. Je l’enverrais promener avec ses goguenarderies, MOL. Méd. m. l. Il, 2. Le roi était fort accoutumé à lui et à ses goguenarderies, ST-i<tM. II, 424.

  • GOGUENOT [gôg’-nô ; en vers, gù-ghe-...J s. m.

[ÉTYM. Urigine inconnue. || Néolog.]

|| 1° Dialect. Pot à cidre.

|| 2° (Technol.) Cône de poterie qui soutient de distance en distance un bétonnage.

|| 3° l\ e.rt. Trivial. Latrines.

GOGUETTE [gô-ghef] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gogue, § 133. || XVe s. Nous ferons goguettes, Cent NoIIv. nouv. 93.] || Famil. Joyeuseté. Conteur de goguettes, GIIEFtARDi, Th. ital. V, ‘22. || l\ e.Tt. Être en —, ou goguettes, un peu trop gai, pour avoir bu. || Ironiqt. Chanter — ou goguettes à qqn, lui faire des reprocIIes. A sa moitié chanta —, LA F. Contex, Pâté d’anguilte.

GOINFRE [gwînfr’] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVI" s. v. à l’article.]

|| 1° Anciennt. Soldat maraudeur. Les grands seigneurs, par émulation, en faisaient plus que les pauvres goinfres, d’aub. Foeneste, IV, 4.

|| 2° Parasite. On — en atoute la gloire, boil. Foés. div. 1.

|| 3° Goulu.

GOINFRER [gwin-fré] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de goinfre, § 154. || 1642. OUD.] || Manger goulûment.

GOINFRERIE [gwin-fre-ri] .s\ f.

[ÉTYM. Dérivé de goinfre, g 69. || ] XVII<= s. v. à l’article.] || Avidité goulue. Je tâche de me ressouvenir des importantes leçons de —, maynaru, Lelt. 51, édil. 1653. L’attirail de la —, LA F. Fab. II, 20.

GOITRE [gwàtr’] s. m. (fém. au XVIIe s.).

[ÉTYM. Tiré de goitreux (F. ce mot), § 37. L’anc. franc. dit goitron au sens de « gorge », d’après le lat. pop. ‘gùttriônem. furet, enregistre encore gouetron comme synonyme de goitre ou gouetre. || 1564. j. THIERRY, Uict. franç.-lat.] || Tumeur indolente à la partie antérieure du cou. || P. anal. \ 1. Tumeur qui se forme sous la mâchoire des moutons et qqf des chiens. || 2. Expansion cutanée qui pend sous le cou de certains sauriens, de certains oiseaux (pélican).

GOITREUX, EUSE [gwâ-treli, -treuz’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. goltros, m. s. qui correspond au lat. pop. "gùtturiôsum , § 11. || 1411. Goytreux, texte du Forez dans du c. pecten.]

|| 1° Qui est de la nature du goitre. Tumeur goitreuse.

|| 2° Qui a un goitre. Un individu —, et, substantivt, Un —, une goitreuse.

GOLFE [golf] S. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. golfo, m. s. qui vient du grec xôX~o ;, § 12. (Cf. gouffre.) || XIII" s. Et siet sor un goffre de mer, villeh. 460. || 1418. Ledit guolf de Lion, caumont, Voy. à Jérus. dans DELB. Rec. \ 1606. Golfe... Aucuns escrlvent et prononcent « goulphe »,... autres « goulfre », nicot.] || Partie de mer formant un large enfoncement dans les terres. (Syn. baie.) Le — de Gascogne. || Ficj. (Anat.) — de la veine jugulaire, partie où cette veine s’élargit.

  • GOMÈNE [gô-mén’]. v. gumène.
  • GOMMAGE [gô-màj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gommer, § 78. || Néolog.] || (Technol.) Action de gommer.

GOMME [gôm’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gummis, grecxôixIII, m. s. mot d’origine égyptienne, § 26. || XIIe s. Des go’mes qui dedens alument Bone est l’olors, ben. de ste-more, Troie, 14829.]

|| 1° Substance qui découle de certains arbres et dont on se sert pour coller, apprêter, lustrer, ou que l’on emploie comme adoucissant dans des sirops, pâtes, pastilles, etc. — arabique, — du Sénégal, fournie par diverses espèces de mimosa. — adragant, fournie par plusieurs astragales. Boules, sirop de —, bonbon, sirop à base de gomme.

|| 2° —résine, substance composée de gomme et de résine (alocs, gaïac, copal, etc.), qui découle de certains arbres. —gutte, fournie par le guttier de Ceylan. — laque, fournie par des plantes légumineuses de l’Inde. || P. anal. — des funérailles, bitume de Judée, servant à embaumer les morts.

|| 3° — élastique, substance élastique, dite caoutchouc, que donne en se durcissant le suc de diverses plantes lactescentes (euphorbiacées, urticées, etc.). Spëciall. Morceau de celte substance préparé pour effacer le crayon.

GOMMER [gù-mé] v. tr.

[ÉTY^L Dérivé de gomme, § 154. || XIV" s. Com ce fust de cire gommée, Mir. de N.-D. dans DELB. Rec.]

|| 1° Enduire de gomme. Toile, papier gommé. Enveloppes gommées, dont le bord est enduit de gomme, qu’on mouille pour les fermer. || P. anal. Taffetas gommé. || 1. Taffetas enduit d’une substance qui le rend imperméable. || 2. Taffetas enduit d’une préparation, qu’on met sur les coupures.

|| 2° Délayer avec de la gomme. Des couleurs gommées. || Mêler avec de la gomme. Une tisane gommée.

GOMMEUX, EUSE [gô-meli, -meuz] adj. et s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gomme, § 116. || .XV ? s. Substance gommeuse,

Grant Herbier, dans GODEF. CompL Admis .\cad. 1718.]

I. Adj. Il 1° Qui contient de la gomme. Extrait — .

|| 2° Qui a la nature de la gomme. Substance gommeuse.

II. Néolog. S. m. .leune homme épuisé par les excès, réduit à prendre de la gomme. (Cf. Tricoche et Cacolet, comédie, 1875.) || P.ext. Jeune homme à la mode.

GOMMIER [gù-myé] ^\ m.

[ÉTYM. Dérivé de gomme, §115. || 1694. th. CORN. Admis ACAD. 1798.] || (Botan.) Arbre à gomme (acacia, mimosa, etc.).

GOMPHOSE [gon-foz’j s. /’.

[ÉTYM. Emprunté du grec Y^^JJ-’-swaiî, de yôjJL’joi ;, cheville. || XVI’’s. PARÉ, IV, 43. Admis ACAD. 1762.] || (.\nat.) Articulation oII l’os emboîté est fixe.

GOND [gon] s. ni.

[ÉTYM. Du lat. gomphum, grec y6[j.--fo^, cheville, devenu

  • gonf, gon, puis écrit arbitrairement gond, §§ 450 et 290.] || (Technol.) Fiche de fer sur laquelle s’emboîte et tourne une penlure de porte, de persienne, etc. Sceller un —. || Fig. Mettre (qqn) hors des gonds, hors de lui-même. Monsieur, hors des gonds, dit au roi..., ST-siM. III, 24.

GONDOLE [gon-dolj s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gondola, m. s. § 12. Au XIVo s. on trouve gondre (v. DELB. Rec.), forme où l’accent tonique de l’italien est respecté. || 1550. Galiotes, gondoles et frégates, RAB. Sciomachie. Admis ACAD. 1718.] || Bateau léger, long et plat, dont la proue élancée se recourbe eu dehors et dont on se sert particulièrement à Venise. Une — avec sa proue Faite en manche de violon, TH. GAUTIER, Cavn. de VejIIse. || P. anal. Vase à boire, allongé, sans pied ni anse, dont on se servait autrefois. Deux gondoles de laiton, SCarr. Virg. trav. s. || Soucoupe ovale, pour lotions aux yeux. || Rigole pavée.

GONDOLER [gon-dù-lé] i ;. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gondole, § 154. || | Néolog. Admis ACAD. 1878.] || (Technol.) Se recourber dans certaines parties. Une porte qui a gondolé.

GONDOLIER, ‘GONDOLIÈRE [gon-dô-lyé, -lyèr] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gondole, § 115. [Cf. ital. gondoliere, m. s.) || XVI» s. Gondoliers de Venise, r.^b. II, 20. Admis ACAD. 1718.] || Batelier, batelière qui conduit une gondole.

GONFALON [gon-fà-lon] et GONFANON [gon-fà-non] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. guntfano, m. s. proprt, « bannière (V. fanon) de combat », g§ 6, 498 et 499. Pour la dissimilation de gonfanon en gonfalon, v. § 361. Il XI« s. El cors li met les pans del gunfanun, Roland, 1228.]

|| 1° Bannière militaire, suspendue à une lance, à un étendard. L’oriflamme fut d’abord le gonfanon royal.

GOx\FALOMER 1179 GOHGER

|| 2° Bannière ecclésiastique sous laquelle se rangeaient les vassaux de l’Kglise.

GONFALONIER [f,’on-fà-lù-ny(‘] et GONFANONIER lgon-l’ ;i-III’)-IIv(‘-] s. m.

[ÉTYM. l)r-rivr de gonfalon, S H^- Il XI* ^s. Gefreiz d’Anjou, le rei gunfanuniers, linUuid. 1Û().1 || Celui qui p(jrte le gonfalon. || Sppcialt. \ 1. Gonfalonier de l’Église, protecteur établi par les papes dans les villes d’Italie, | 2. Gonfalonier de justice, magistrat suprême de certaines II’publiques d’Italie au moyen âge.

  • GONFLE tgônll’] s. f.

[ÉTYM. Suhst. verbal de gonfler, S 52. || 1757. f.ncyci,.] || (Teclmol.) Boursoullure dans h ; lil de métal.

GONFLEMENT [f,n)n-tle-man] .v. m.

[ÉTYM. Di’-rivé de gonfler, § 145. Ij wi» s. Gonflemens de la poitrine, nu pinkt, dans uei.iî. liée. Admis ac.\u. 1718. J || i* ;tal de ce qui est gonllé.

GONFLER [gon-(lé || v. Ir.

[ÉTVM. Emprunté de Vital, gonfiare, m. s. qui vient du lat. conflare, proprt, « souftler dans », § 12. || XVI» s. L’utérus gonfle et s’enfle, paré, XVni, 52.] || Distendre en tous sens (un corps élastique) par une pression intérieure. (St/n. enfler.) — un ballon, une vessie. Avoir le ventre gonflé. La pâte se gonfle dans la poêle. Les grains de raisin commencent à se —. ! || P. ert. Klntler. Avoir les yeux gonflés. Le vent gonfle les voiles du navire. Un torrent gonflé parla fonte des neiges, il FII/. || 1. Remplir qcin) du sentiment de son importance. C’est un homme gonflé de l’amour de soi-même, MOL. Mis. II, 4. L’autre est gonflé d’audace, CORN. Attila, IV, 3. || 2. Remplir d’un sentiment qu’on a peine à contenir. Avoir le coeur gonflé de joie, de tristesse. Afjsolt. Avoir le coeur gonflé, avoir envie de pleurer.

GONG Igông’] s. m.

[ÉTV.M. Emprunté du malais gong, m. s. § 28. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || Cymbale d’Orient, plateau de métal sonore sur lequel on frappe avec une baguette à tampon. [Syn. tam-tam.)

  • GONGYLE [gon-jil] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du grec yoi/vûXo ;, rond. || 1813. de CANDOLLE, Tkc’orie de la botan. p. 348.] || ^Botan.) Spore reproducteur des algues, lichens, etc.

  • GONICHON[gô-ni-chon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de l’anc. franc, gone, robe, § 105. || 1764. Cornet nommé gonichon, duhamel du mo.nce.’VU, Art de raff. le sucre.] || (Technol.) Cornet couvrant la tôte d’un pain de sucre. ‘GONIDIE [gô-ni-di] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du grec yôvo ;, production, semence, § 235. Il Néolog.] || (Botan.) Tissu cellulaire vert des algues, des lichens.

GONIN jgo-nin] s. m.

[ÉTYM. Nom propre d’un célèbre faiseur de tours, § .36. || XVI" s. J’ay aussi voulu adjouster a Proteus Maitre Gonin, bon. DES PER. \our. dans dei.b. lire.] || Vieilli. Maître Gonin (ACAD. écrit gonin sans majuscule), un fourbe. M"« Dubois a joué à la pauvre Durancy un tour de maître Gonin, volt. Lett. 16 déc. 1767.

GONIOMÈTRE [gô-nyô-mètr’ ; en vers, -ni-ô-...] s. m.

[ÉTYM. Composé avec le grec ytovia, angle, et airocv, mesure, §279. || 1783. Le goniomètre ou mesure-angle, romé DE l’isle, Cristallogr. p. 34, préf. .\dmis ACAD. 1835.] || (Géom.) Instrument pour mesurer les angles, specialt, les angles des cristaux.

GONIOMÉTRIE [gô-nvô-mé-tri ; envers, -m-b-...] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grec yojvîa, angle, jJLÉTpov, mesure, et le suffixe t», g 279. || Mot dû à lagny. (Y. Mém. de l’Acad. des se. ann. 1724, p. 241.) .\dmis ACAD. 1762.] || (Géom.) Science de la mesure des angles.

  • GONNE Igôn’] * . f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1645. A gonne desbondee, DAVID ferrand, MII.’ie norm. dans delu. lire.] || iMarinc, F\itaille, baril.

GONORRHÉE [gô-nôr’-ré] . ?. /".

[ÉTYM. Emprunté du lat. gonorrhoea, grec yovopfo’’a, III, s. proprt, » écoulement séminal ». || XIV« s. Gomorree (sic),n. DEG0RD0N, dansGODEF. Compl. Admis ACAD. 1762.] || (Médec.) Écoulement de la membrane génito-urinaire.

GORD [gor] .V. m.

[ÉTYM. Origine incertaine. Le bas lat. gordum, que l’on trouve dès 1111 au sens de « gord >•, n’appuie pas un rapprochement avec le lat. gurges, gouffre. || .\dmis ACAD. 1762.] || fPècbe.) Rang de perchés en angle au fond d’une rivière, fermé par un filet où le poisson vient se prendre.

GORDIEN [gôr-dyin ; en vers,-ù\-\i\\. v. noeud.

GORET ;gô-rè] .s-.Y-

[ÉTYM. D(‘‘rivé de l’anr. franc, gore, truie, mot d’origine inconnue, § 133. (C/’. cochon] \\ 1297. Gorret, dans

GODEF. Compl.]

|| 1° Petit cochon. || Fig. Famil. Enfant malpropre. il 2° P. plaisant. (Marine.) Balai plat pour nettoyer, dans un navire, les parties que l’eau a couvertes.

GORGE [gôrj’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. * gOrga, m. s. d’origine ol)scure, §§ 324 et 291 . || xti<= s. Par la gorge li ist l’aleine, Éni-as, 3654.]

I. Il 1° Partie antérieure du cou. Prendre qqn à la — (pour l’cUrangleri, et, fig. Malgré la vue de toutes nos misères qui... nous tiennent àla —, PA^c. /’en. ?. 11,4. Mettre le pied sur la — à qqn (pour qu’il ne puisse se relever ;. Présenter sa — au coup mortel, CORN. //or. IV, 2. Tenir le poignard, le pistolet sur la — à qqn, être prêt à le tuer, s’il ré-siste, et, fig. lui faire violence. Il me tient, le scélérat ! le poignard  ! sur la — ! MOL. Av. II, 1. Couper la — à qqn. Se couper la — . Famil. Se couper la — avec qqn, se battre avec lui. n faut, || si vous le trouvez bon, que nous nous coupions la — ensemble, || MOL. Mar. forcé, se. 9. Fig. Couper la — à qqn, le perdre. || n ne peut parler à M. Colbert, cela nous coupe la —, sÉv. 247. || II Spécialt. En parlant des oiseaux. La — d’un pigeon, et, p. appos. Couleur—de-plgeon, à reflets changeants. /’. ert. Nom de divers oiseaux. Grosse—, le combattant. —blanche, variété de mésange. Rouge—. (V. ce mot.] \\ Fig. La — d’une poulie, cannelure où s’enroule la corde. La — d’un éventail, partie où est un clou rivé qui en retient les brins.

La — d’un plat à barbe, écbancrure où on entre le cou pour se savonner. Spécialt. (.Architect.) Cannelure, moulure concave.

|| 2° P. ext. Seins de la femme. Avoir la — découverte. Une épigramme sur une belle —, L.\ br. Uisc. à l’Acad. préf.

II. Il 1° Gosier, intérieur delà gorge. Avoir mal à la — . Chanter à pleine —. Rire à — déployée. Chanter de la —, en étranglant le son. Avoir la — sèche, altérée. Il en a menti par la — il en a menti ouvertement . Le sot ment par sa —, ROTROU, Soeur, n, 2. || P. e-rt. Fauconn.) Ce qui entre dans la gorge de l’oiseau. Donner — chaude, donner à l’oiseau de la chair encore palpitante. Elle en fera — chaude et curée, LA F. Faf/. IV. 11. Fig. Faire — chaude de qqn, s’en donner de plaisanter à ses dépens, n trouva l’aventure si plaisante qu’il en fit une — chaude au lever du roi, stsiM. III, 49. ! || Voler sur sa —, prendre son vol immédiatement après s’être repu, et, fig. vieilli, danser en sortant de table. || Rendre —, vomir les aliments, et. fig. restituer par force ce qu’on a pris. Faire rendre — à qqn.

|| 2° Fig. Entrée plus ou moins étroite. || 1. Entrée d’un ouvrage fortifié. La — d’un bastion, d’une redoute. || 2. Entrée d’une cheminée à manteau. || 3. Passage étroit entre deux montagnes. Les gorges du Frioul. || 4. Entrée du tube d’une corolle, d’un calice de Heur. || s. Etranglement à l’orifu-e d’une fusée. || 6. — d’amaigrissement, entaille à angle aigu dans une pièce de charpente. || 7. — d’une serrure, partie du ressort à laquelle répond la barbe du pcne.

GORGE-DE -PIGEON. v. gorge.

GORGEE [gùr-jéj ,v. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gorge, S 119. ! || XII<" s. Mets ce me done bardemant De dire tôt seûremant Ma volonté et ma gorgiee, CHRÉTIEN DE TROYES, Cligès,6b6S. .-\dmis ACAD. 1718.]

|| 1° Ce qu’on peut avaler de liquide en une fois. Boire une —. Boire à petites gorgées.

|| 2° Fauconn.) Ce dont on gorge l’oiseau. Donner à l’oiseau bonne — de gibier.

  • GORGE-FOUILLÉE gôr-jc-fou-vé] s. f.

[ÉTYM. Composé de gorge et fouillée (partie, du verbe fouiUer), § 173. Souvent altéré en gorge-fouille. || 17S5. en- CYCL. MÉTH.]

I

|| (Technol.) Instrument de menuisier dont le fer est arrondi à son extrémité et qui fait à la fois l’oflice de ra- || bot rond de côté et de mouchette. i^Cf. gorget.)

I

GORGER [gùr-jé] v. tr.

I

[ÉTYM. Dérivé de gorge, § 154. || 1 XIII« s. Bien doit haïr si || gorjant gorge, G. de coincy, dans GODEF. gorgier 1.]

GORGERE — 1180 GOUDRONNERIE

|| Emplir jusqu’à la gorge (de nourriture). Si l’on se gorgeait de boire et de manger, pasc. Prov. 9. || P. ext. — une volaille (qu’on élève pour Tengraisser). || P. anal. — une fusée, remplir la cartouche jusqu’à la gorge. On terrain gorgé d’humidité. (Art vétérin.) Un cheval qui a les jambes gorgées, gonflées d’humeur. || Fifj. On pirate à nos yeux se gorge de butin, la k. Contes, F. du roi de Garbe. Prenait le bien des seigneurs et en gorgeait le fisc, montesq. Espr. des

Lois, XXXI, 1.

  • GORGÈRE [gèr-jèr] s. /.

[ÉTYM. Dérivé de gorge, § 115. || 1278. La gorgiére et le haubers, J. sarrazin, Ilam, p. 308.] || ±0 Anciennt. Collerette de femme (couvrant la gorge). || Partie de l’armure. (v. gorgerin.)

|| 2° Fig. (Marine.) Pièce de bois dite aussi coupe-gorge, qui traverse la gorge du navire sous l’éperon.

  • GORGERET [gôr-je-rè] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gorge, § 134. || 1732. trév. Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1798.] || (Chirurgie.) Instrument àgorge, à canal étroit, pour opérer qqn de la pierre (par la taille) ou d’une fistule.

GORGERETTE [gôr-je-rêf] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gorgère, §§ 65 et’133. || \\W s. Gorgeretes a bacin, dans e. boileau, Livre des mest. p. 371, Depping.] || lo Vieilli. Collerette de femme (couvrant une partie de la gorge).

|| 2° Bride qui attache un bonnet d’enfant.

GORGERIN || gùr-je-rin] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gorgère, §§ 65 et ICKj. || 1447. Un gorgerin et un hauscolz, dans GODEF. CompL]

|| 1° Anciennt. Pièce de l’armure couvrant le devant du cou.

|| 2° P. anal. Collier épais qui protège le cou d’un chien. Mouflararmé d’un —, LA F. Fab. x, 8.

|| 3° Fifi- (Architect.) Partie étroite du chapiteau dorique ou toscan au-dessus de l’astragale de la colonne.

  • GORGET [gôr-jè] . ?. m.

[ÉTYM. Dérivé de gorge, § 133. || 1757. encycl.] || (Technol.)

|| 1° Habot pour faire les moulures concaves dites gorges. || 2°^ Moulure concave plus petite que la gorge.

GORGONE [gùr-gôn’j s. /’.

[ÉTYM. Tiré du nom propre Gorgone, monstre de la mythologie grecque, § .36. || Sêoloq. Admis agau. 1878.] || (Botan.) Sorte de polypier, dont l’aspect rappelle la tête de Méduse (une des Gorgones),

GORILLE [gô-riy’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des naturalistes gorilla (sava-

GES, 1847), m. s. nom donné à cet animal parce qu’on le suppose identique aux gorillas (hommes et femmes velus) dont parle \e Périple d’Uannon. \\ Admis ACAD. 1878.] || Singe d’Afrique, voisin du chimpanzé.

GOSIER [gô-zyéj s. m.

[ÉTYM. Dérivé d’un radical gos- d’origine inconnue, § 115. (Cf. dégoiser, égosiller, elc.j || XIII<= s. L’erbiere et le josier coupez, la Chace dou cerf, mss franc. Bibl. nat. 1593, f» 167, vo.] || Partie intérieure de la gorge. il lo Prolongement du pharynx (arrière-bouche) qui communique avec l’oesophage. Un os lui demeura bien avant au —, la k. Fab. III, 9. Famil. Avoir le — sec, être altéré. Avoir le — pavé, ferré, manger, boire très chaud ou très épicé. || Fiy. Grand —, nom vulgaire du pélican.

|| 2° Prolongement du pharynx qui communique avec le larynx. Coup de —, mouvement par lequel on jette un .son d’une seule émission. || Fiçj. \ 1. Tuyau par lequel l’air passe du soufflet de l’orgue dans le porte-vent. || 2. Partie par laquelle l’air entre dans un soufflet de forge. ‘GOSILLER [gô-zi-yé] v. intr.

[ÉTY.M. Dérivé du radical de gosier [cf. égosiller), § 161. || XIn<= s. Il n’est ne pie ne calandre Qui ne seûst pas gosillier Ce qui me fet si merveillier, dans montaiglon et raynaud, Rec. de fabliaux, I, 148.]

|| 1° Anciennt. Dégoiser, vomir.

|| 2° De nos jours. (Technol.) En parlant de l’eau-devie qu’on distille, entraîner avec elle des parties de vin.

GOSSAMPIN [gô-san-pin] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gossympinus, m. s. \\ XVIe s.

Les arbres lanificques, les gossampines, kab. III, 51. Admis ACAD. 1762.] forme hypocoristique de || P. ext. Fille libertine. || (Botan.) Grand arbre exotique, espèce de fromager. ‘GOSSE [gôs’]. v. cosse, 2°, 2.

GOTHIQUE [gù-tik’] adj.

[ÉTYM. Nom propre signifiant « relatif aux Goths », § 36. Il XVI« s. Escripre gottiquement, RAB. II, 14 (1532). OEuvre gothique, noguier, Hist. totosaine (1556 , dans DELB. Hec. Admis ACAD. 1718.] || Qui appartient au moyen âge, suranné. Les âges gothiques. Fredonner ses idylles gothiques, BOiL. Art p. 2. Ces entraves gothiques, J.-J. HOLî^s. Éin. s. Une nation moins — que ne l’est encore la nôtre, marquis de Mirabeau, l’Ami des hommes, I, 17. Affichez la sagesse, on vous trouve —, ue :<- MAHis, Impertin. se. 3. || Une église bâtie à la —, fén. Diai. sur l’éloq. 2. || Spécialt. \ 1. L’écriture —, et, substantivt,

La —, à caractères de forme droite, ornés de pointes, de crochets, encore employée dans les livres allemands.

Inutile ramas de — écriture, boil. LIItr. s. Écrire en —. || 2. Architecture —, architecture ogivale qui a succédé à l’architecture dite romane. Le style —, ei,substanIIIt. Le — . 1. * GOTON [gô-ton] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1732. trév.] || (Marine.) Anneau de fer garni de dents où s’accroche la barre du gouvernail. 2. * GOTON [gù-ton] A\ /’.

[ÉTYM. Nom propre, g 36 : Marguerite, § 509.] || Fainil. Fille de campagne.

GOUACHE [gwàch’] s. /’.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. guazzo, 7«. s. proprt, k détrempe

  • , §§ 12 et 507. Il 1752. trév. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Peinture où l’on emploie des couleurs délayées avec de la gomme, et rendues pâteuses à l’aide de miel ou d’autre substance. || P. ext. Une —, tableau peint à la gouache.
  • GOUACHE, ÉE [gwà-ché] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gouache, § 118. || Xéolog.] || (Technol.) En manière de gouache. Miniature gouachée.

GOUAILLER [gwâ-yé] i’. intr.

[ÉTY-M. Origine inconnue. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || Famil. Se moquer grossièrement.

GOUAILLEUR, EUSE [gwâ-yeur, -yéuz’] a-. »n. et /’.

[ÉTYM. Dérivé de gouailler, § 112. || Néolog. .\dmis ACAD. 1878.] || Fatnil. Celui, celle qui gouaille.

  • GOUAPE [gwkp’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gouaper, § 52. || Néolog.] || Trivial. Conduite de gouapeur. || Bande de gouapeurs. ‘GOUAPER [gwà-pé] v. intr.

[ÉTYM. Terme d’argot, g 31. || Néolog.] || Mener une conduite de gouapeur.

  • GOUAPEUR, EUSE [gwà-peur, -peliz’] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gouaper, g 112. || Néolog.] || Personne sans aveu, qui vagabonde.

  • GOUDRAN [gou-dran]. v. goudron.

GOUDRON [gou-dronj s. w.

[ÉTYM. Pour goudran, goutran (peut-être sous l’influence de godron, § 509), qui se rattache, par l’intermédiaire du provenç. catran, à l’arabe gatran ou gitran, ?«. s. §§ 11 et 22.

La forme goudran est encore usitée dans les ports de mer, et RicHEL. donne coudran comme un terme des bateliers de la Seine. || 1381, Bray, gotren, suif, dans godei". CompL]

|| 1° Mélange de sève et de sucs résineux qu’on extrait des vieux bois de sapin, en les brûlant dans un fourneau. || P. ext. || 1. Cette substance mêlée de suif, d’huile, employée pour enduire la carène d’un navire, les cordages, etc. I 2. Vieilli. (T. milit.) Fascine enduite de poix noire pour mettre le feu aux ouvrages de défense. || 2o Résidu de la distillation de la houille, dit — minéral. [V. coedtar.) Des couleurs nouvelles sont tirées du — de gaz.

  • GOUDRONNAGE [gou-drô-nàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de goudronner, § 78. || Néolog.] || (Technol.) Action de goudronner.

GOUDRONNER [gou-drô-né] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de goudron, § 154. || XVI= s. Diogenes le goudronnait (son tonneau), RAB. III, proL]

|| 1° Enduire de goudron. Toile goudronnée. il 2° Mélanger de goudron. Boire de l’eau goudronnée. ‘GOUDRONNERIE [gou-drÔn’-ri ; en l’ew, -drù-ne-rij s.f.

GOUDRONNEUR - H8i

[ÉTYM. Dérivé de. goudron, S 6it. <(‘f. goudronnière.) || 167’J. || Augmenter la fabrique de la potasse, de la goudronnerie, COL- | UERT, Lelt. â Ducfie.meau, 20 dviW.] \\ || (Technol.) Art de préparer le f^oudron. jl Usine où l’on préparé le f,’mi(lroII.

  • GOXJDRONNEUR [f,’()u-(l[-ù-néur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de goudronner, § 11 :^. || wi"^ s. Guoildronneurs de navires, uaII. II, .>‘).] || (Marine.) Ouvrier qui goudronne (les planches, les cordes, les bateaux).

  • GOUDRONNIER [gou-drô-nyé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de goudron, S ll->- || ^if^olog.] || (Technol.) Celui qui prépare, qui fabrique le goudron.

  • GOUDRONNIÈRE jgou-drù-nyér] s. f.

[ÉTVM. Dérivé de goudron, § 115. [Cf. goudronnerie.) || NéoLoII.] || (Technol.) Établissement (dans les bois de .sapins) ofi l’on fabrique le goudron.

GOUET [gwèj .V. m.

[ÉTY.M. Mauvaise orthographe pour goi, du bit. pop. ‘gûbium, forme masc. correspondant à gûbia, gouge (v. gouge 1), Ssi 324, 434 et 291. || l-’i7G. Un gouy et une sarpe, dans (;oui>‘. goi. || 1704. Le gouet, arum ou pied de veau, uu- CHK.SNK, liotaII. 1,5. Admis .\c.^i). 1X35.]

|| 1° Ditilect. Serpe. i || Petit couteau à lame lixe.

|| 2° /’. anal. (IJotan.) Arum, plante herbacée dite aussi pied-de-veau.

GOUFFRE [goufr’] s. v).

[ÉTY.M. .\utre forme de golfe. (F. ce mot.) || XIIf^-xIII» s. Tout engorges, goufres parions, ue.ncl. de moiliens, Miserere, cxi.v, 3.] || Cavité béante où l’on serait englouti. (Sf/n. abîme.)

Les gouffres de la mer sont produits par le mouvement de deux ou plusieurs courants contraires, liLFF. Théorie de la terre, 15. Il Fi<f. Dans ce — infini du néant, uoss. Uournay. En quel — d’horreurs m’as-tu précipité ? coKN. Rodo ;/. v, 4. Je vais sortir d’un — où triomphent les vices, MOL. Mis. v, 4. || P. ext. On — d’argent, dissipateur elfréné. 1. GOUGE igouj’] ,v. /. [ktym. Du lat. gûbia, m. s. §§324, 434 et 291. [Cf. gouet.) Admis Ac.\u. 1762.] . - . || (Technol.) Outil de fer à lame demi-circulaire, pour évider le bois. || /’. anal. Trancliet courbe pour évider les talons des chaussures. || Ciseau de chirurgien demi-circulaire, pour enlever les exostoses. 2. ‘GOUGE [gouj’] s. f. [liTY.M. Emprunté du provenç. moderne goujo, m. s. d’origine inconnue, § 11. [Cf. goujat.) || xV s. Sur toutes gouges Elle semblera la plus franche, goquillart. Droits nouveaux. Admis acau. 1694 ; suppr. en 1740.

J || Vieilli. Trivial. Femme, lille. 1 || f. ext. Femme de mauvaise vie.

  • GOUGER[gou-jéj i’. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gouge 1, § loi. || 17(57. uuuamel du MONCKAU, Art du serrur. p. 297.] || (Technol.) Évider (du bois) avec l’outil dit gouge.

  • GOUIN, GOUINE [gwin, gwin’] .v. w. et /’.

[ÉTY.M. Semble dérivé du radical de gouge 2, § 100. || XVe s. Ne se pouvoient aider ne tourner leurs chevaulx, tellement estoient goins, uk.nk o’anjol. dans (idIIKK. goln.]

|| 1° Ihulecl. 6. ut. Mauvais garnement. || Spéciult. (Marine.) Matelot qui se conduit mal.

|| 2° S. /’. Gouine. Femme de jnauvaise vie.

GOUJAT [gou-jk] .v. m.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. mod. goujat, m. s. dérivé de goujo (v. gouge 2,, § 11. Le sens propre est ‘i garçon ». || XV"^ s. Les gougeas de l’hostel, o. DE LA MAKCIII :, Chrun. II, 5.]

|| 1° \’alet d’arnuMî. Un soldat, un —, un cuisinier, un crocheteur, se vante, fA.sc. l’ens. II, 3. Loc. pror. Mieux vaut — debout qu’empereur enterré, i.a v. Malr. tiÊpIi.

|| 2° /•’(,’/. Homme grossier, mal élevé. C’est un — . 1. GOUJON [gou-jon] .V. m.

[ÉTYM. Du lat. gobiônera, m. s. §S 348, 356, 4 ;i4 et 291.] || Petit poisson conieslible du genre cyprin, qui vit en troupes dans le tond des rivières. La tanche rebutée, il trouva du —, L.\ !. Fal). vu, i. Fiy. Avaler le —, croire une bourde. 2. GOUJON [gou-jon] .v. ni.

[ÉTYM. Déi’ivt’de gouge 1, § 1U4. || XII<^-xIII« s. Li provost clost la porte ou gogons acérés, Deslr. de Rome, 715. Admis AGAD. 1798.1

GOUPILLER || (Technol.) || i 1° Petite gouge à l’usage des sculpteurs.

|| 2° lII’oclie qui unit les deux parties d’une charnière.  ! || Pièce fie métal, de bois, qui sert à assembler. ‘GOUJONNER ‘gou-jo-né] v. tr.

[ÉTY.M. D(‘riv(‘- de goujon 2, § loi. || 1467. Que icelles trappes soient goujonnées, dans iîodef. CompL] || (Technol. I .\sseinljl(M- il l’aide de goujons. ‘GOUJURE [gou-jùr] s. /.

[ÉTYM. Dérivé de gouger, § 111. On dit aussi engoujure, § 195. Il 1694. TII. coRN.J || (Marine.) Cannelure, rainure dans une poulie, un cli()U(inet, etc.

GOULE [goul] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’arabe ghoul, qui désigne une espèce de loup-garou, § 22. || Séolof). .\dmis ACAD. 1878.^_ || /Mylhol. orientale.) Génie qui dévore les corps morts.

GOULÉE [gou-lé] .t. /.

[ÉTYM. Dérivé de gueule, .^§ 65 et 129. [Cf. gueulée.) || 1 XII’= s. Si maie golee Ne poïs tudoner au monde, chhétien de THOYES, (‘li(jrs, 5796.] || Famil. Ce qu’on avale. Ce maudit animal vient prendre sa —, LA F. Fal>. IV, 4. Loc. prov. Brebis qui bêle perd sa —, celui qui parle beaucoup à table ne mange pas.

GOULET [gou-lè] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gueule, §§ 65 et 133. || 135^. Le ruissel ou goulet qui est au bout du grand pont, OnloIIn. III, 31 1. ;

|| 1° Vieilli. Goulot d’une lioutcillc. Deux bouteilles... Qui disaient, sans — : Nous avons trop vécu, rkcj.mer, Sat. 11.

|| 2° Entrée en entonnoir. Le — d’une rade. || P. ext. — de bordigue, qui conduit le poisson dans les tours.

GOULETTE [gou-lêt’]. v. goulotte.

GOULOT [gou-lô] S. in.

[ÉTYM. Dérivé de gueule [cf. goulotte), §§ 65 et 136. || 1611. COTGK.] || Col d’une bouteille. Casser le — d’une bouteille. || P. anal. Le — d’un arrosoir, partie par laquelle on verse l’eau et à laquelle s’adapte une pomme. Arroser sur le —, en ùtant la pomme.

GOULOTTE [gou-lôf] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gueule, §§ 65 et 136. [Cf. goulot.) On dit aussi goulette,§ 133. || 1611. Goulette, COTGR. || 1694. Goulotte, TH. CORN, .\dmis acau. 1762.] || (Technol.) Rigole sur la cimaise d’une corniche, sur les dalles d’une cascade, pour l’écoulement des eaux.

GOULU, UE [gou-lu] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gueule, §§65 et 118. 1 || 1539. r. est.] || Qui mange avidement. [Syn. glout, glouton.) Être —. Un homme —, une femme goulue, et, substanlirt. On —, une goulue. Être —. Unanimaltrés —, et, .yw4s<a/i/t !’<,Le —, animal dit plus ordinairement glouton. (v. ce mot.) || P. anal . Cette amitié goulue [avide) Qui n’en veut que pour soi, MOL. Èc. des f. Il, 3. || /’. e.rt. Pois goulus, qu’on mange avec les cosses. || Fi Cavalier faisant partie d’un goum. ‘GOUPIL (gou-pij .V. m. lÉiVM. l)u lat. pop. ‘vûlpiculum (lat. class. vûlpçcula, diminutif de vûlpes, renard, §62 ;, devenu golpil, goupil, §§443, 348. 459, 2’,>0, 39(» et 291. || XI» s. Ne chevroels ne golpilz, Va’/, de Charl. à Jérus. 599.] || Vieilli. Renard.

GOUPILLE [gou-piy’] s. f. .

[ÉTYM. Origine inconnue. ! || 1502. Elle lima la goupille desdits fers, dans dei n. Rer. .Vdmis ai :aII. 1Î40. || (Technol.) Cheville qui assemble les pièces des charnières, boucles, etc. || P. ext. Clavette qui maintient une cheville.

  • GOUPILLER ;gou-pi-yé] v. tr.

GOUPILLON — 1182 — GOURXABLE

[ÉTYM. Dérivé de goupille, § 154. || 1671, le p. chérubin, Dioptr. ûcul. p. 207.] || iTechnol.’i Assembler k l’aide de goupilles.

GOUPILLON ^gou-pi-yorij s. m.

[ÉTVM. Altération par étymologie pop. (F. || 509) de guipillon, dérivé du radical guip- qui se trouve dans guipon  ; r. ce mot),§ 107. Ménage mentionne la forme guépillon, encore usitée de son temps à côté de goupillon. || t xW^ s. Le guipellon avant porta, G. de sr-PAm. St Michel, dans DELB. Rec. I XIIIe^ s. Aspergitorium : guipUlon, l’ari.^er (jlos. 149, Hofmann. || xV^ s. Et ung petit brain d’esglantier. Qui soit tout vert, pour goupillon (var. guypillon, VILLON, G ;-. Testam. 1808.] || Bâton garni de poils ou surmonté d’une boule percée de trous, pour répandre l’eau bénite. Fig. Famil. Donner du — à qqn, lui donner de l’eau bénite de cour. \\ P. anal. ‘Technol.^ Bâton garni de poils pour frotter, nettoyer, etc. — à bouteilles, à verres de lampes, etc. [Cf. guipon.)

GOURBI [gour-bi] .V. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’arabe d’Algérie gourbi, 7)i, s. § 22. il Xéûlorj. .\dmis .\caij. 1878.] || Hutte arabe (d’.\lgérie). || Réunion de huttes.

GOURD, GOURDE [gour, gourd’] adj.

[ÉTYM. Du lat. gùrdum, 7)i. s. §§ 824 et 291.] || Vieilli. Entlé. jj Fig. Qui ne peut pas se remuer, agir. (Cf. engourdir, dégourdir.) Et témoigner qu’il n’avait les bras gourds, LA F. Contes, Rémois. ‘•] P. anal. Blé —, gonflé par l’humidilé. Jl Piastre gourde. [V. piastre. ; 1. GOURDE [gourd’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. cùcùrbita, w. s. devenu ‘cogorbede, * coorbde, coorde, coourde, J§ 348,380, 439, 440, 291 et 290, courde, § 358. [Cf. courge 1.) L’altération de courde en gourde est due soit à la forme provenç. cougourdo, soit à l’influence de l’adj. gourd, § 509. || XIII’= s. Semence de citrul, de melons, de cohordes, Antidotaire, mss franc. Bibl. nal. 25327. | || Espèce de courge. Que ce gland eût été —, LA F. Fab.

IX, 4. Il P. ext. 1 1. Courge séchée et vidée pour y mettre du vin, de l’eau-de-vie, etc. \ 2. Bouteille clissée, pour le même usage. 2. ‘GOURDE [gourd’] . ?. f.

[ÉTYM. Tiré de gourd, § 38. jj XVIII« s. W à l’article.] || Vieilli. Coup qui engourdit. Je me suis donné contre la grille une IIère —, beau.march. Mar. de Fig. II, 21.

GOURDIN [gour-din] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. cordino, m. s. proprt, <i petite corde », § 12. || 1642. oun.] il 1° Anciennl. Corde servant k amener la voile d’une galère, k frapper les forçats, etc. (Cf. garcette.)

|| 2° P. e.ri. Gros bâton.

  • GOURDINER [gour-di-né] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gourdin, § 154. || 1701. furet.] || Vieilli. Frapper k coups de gourdin.

GOURE [gour] s. f.

[ÉTY.M. Subst. verbal de gourer, § 52. \\ 1752. trév. Admis ACAD. 1762.] || Vieilli. 11 1° Drogue falsifiée.

|| 2° Fig. 13uperie.

  • GOURER [gou-ré] v. tr.

[ÉTYM. Mot d’argot, § 31. || XVe-XVI’s. Gueulx gourgourans par qui gueulx sont gourez. Bail, attribuée à tûrt à villon.] || Vieilli. 11 l’J Falsifier ^des drogues . || 2’’Fig. Duper fqqn . Arlequin gouré, titre d’unepièce jouée k la foire Saint-Laurent en 1750.

GOUREUR, ‘GOUREUSE [gou-reur, -reuz’] s. ?n. et f.

[ÉTYM. Dérivé de gourer, § 112. || 1752. trév. .\dmis ACAD. 1798.] || Vieilli.

|| 1° Celui, celle qui falsifie des drogues. il 2° Fig. Celui, celle qui dupe les gens.

GOURGANDINE [gour-gan-dln’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. i || 1642. oun.l || Femme de mauvaise vie. Fig. Corsage laissant voir la chemise, k la mode vers la fin du XVu« s. En — et en petites mules, BiANCOLELLi, Défenseur du beau sexe ^1694 , III, 4.

GOURGANE [gour-gkn’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1645. Gobeux de gourgane, DAVID FERR.^Nu, Muse Horm. dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Botan.) Fruit du févier du Canada, dit fève à calé.

GOURGOURAN [gour-gou-ran] .v. m.

[ÉTYM. Origine inconnue, jj 1723. savary, Dict. du comin. Admis ACAD. 1762.] || Vif’illi. Sorte d’étoffe de soie, originaire de l’Inde.

GOURMADE i^gour-mkd"] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gourmer 2, § 120. || 1 1599. A gourmandes (corr. gourmadesi et à coups de poing, montlyard. Mythot. dans DELB. Rec] (j Coup de poing sur la figure. On se donna des gourmades dans le sanctuaire de la justice, volt. S. de L. XLV, 5.

GOURMAND, ANDE [gour-man, -mând’] adj.

[ÉTYM. Origine inconnue, jj XIV« s. Gloutons et gourmans, ORESME, Eth. III, 24.] || Qui aime les bons morceaux. On homme —, une femme gourmande, et, substantivt, Un —, une gourmande. i || Suivi d’un complément. Être — de gibier, de fruit, jj P. ext. Pois gourmands (dits aussi pois goulus, qu’on mange avec la cosse. Il Une branche gourmande, un rameau —, et, substantivt. Un — dans les arbres greffés , rameau qui pousse au-dessous de la greffe et prend de la sève sans profit.

GOURMANDER gour-man-dé] v. intr. et tr.

[ÉTY.M. Dérivé de gourmand, .i 154. || XIV’’s. Que il se gardassent de trop boire et de trop gourmander, G. de l.\ tourij^ y.Divi,Enseign. 89.]

I. Anciennt. v. intr. Agir en gourmand. Abonder en toutes délices et — à plaisir, caly. Instit. chr. 111, XII, 21. Que les animaux les plus vastes et les plus voraces qui soient au monde nous cèdent la gloire de —, malh. Ép. de Sénèq. 60.

II. v. tr.

|| 1° Consommer. I || Fig. — leur bien, rons. || ym. II, 7. — ces livres (les lire avidement). Montaigne,

I, 25. La fièvre, laquelle tient et gourmande l’homme, CH.\r- BON, Sagesse, I, 22.

|| 2° P. e.rt. Dominer. Que la chair te gouverne ; que dans les plus nobles exercices de ton âme elle vienne te — par un sentiment brutal, bùlrd. Impureté, 1. Je prétends — mes propres sentiments, MOL. Sgan. se. 18. Circé... gourmandant la nature au gré de son caprice, volt. Ep. 18. P. erl. Un cavalier qui gourmande la bouche de son cheval (la manie durement), FÉN. Lett. spirit. 193. 11 n’y a point d’homme... qui gourmande une chanterelle comme lui, hegnard. Divorce, I, 6. Un carré de mouton gourmande de persil lardé de persil qui lui donne son goût,,, MOL. B. gent. IV, 1.

|| 3° P. ext. Reprendre sévèrement. C’est Neptune en courroux qui gourmsmde les flots, boil. Art p. 3. La plume à la main, je gourmande les vices, ID. Disc, au roi.

GOURIVIANDISE gour-man-dîz’j i\ /’.

[ÉTYM. Dérivé de gourmand, § 124. || 1539. R. est.] || Caractère de celui qui est gourmand, jj Fig. Cette — desyeux (l’avarice^ n’est jamais contente, boss. Concupisc.9.

GOURME [gourm’j s. f.

[ÉTYM. Origine incertaine ; peut-être même radical que morve. [V. ce mot.) || | XIII’^ s. Gorme, gourme, dans GODEF. CompL]

|| 1° Phlegmasie de la muqueuse nasale chez les jeunes chevaux. Jeter sa — .

Ij 2° P. anal. Exanthème de la face et du cuir chevelu, dit croûtes de lait, chez les jeunes enfants. J’ai Marie qui jette sa —, sÉv. 441. n Fig. Jeter sa —, faire des folies de jeunesse.

GOURMER [gour-mé] v. tr.

[ÉTY.M..Origine inconnue. || XIVe s. Ausi bien qu’en un frain le gourme, gilles li muisis, dans DELB. Rec]

I. Brider .un cheval) en lui mettant la gourmette. Fig. Une personne gourmée, qui a des manières raides.

II. P. ext. Frapper k poing fermé isur la figure). Qu’ils s’accordent entre eux ou se gourment, qu’importe ! MOL. F. sav. II, 6.

GOURMET [gour-mè] s. m.

[ÉTYM. Pour groumet [V. §361), mot qui en anc. franc, désigne un garçon marchand de vin, et dérive du même radical que groom [ v. ce mot I, § 133. || | 1352. Mauvais grommés, Uu riche et du ladre, dans du c. gromes.i

|| 1° Dégustateur de vins. Les experts gourmets, ij Vieilli. Au fétn. Cette tavernière est bonne gourmette, furet. Dict. \\ 2° P. ext. Fin gourmand.

GOURMETTE [gour-mèf] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gourmer, § 133. L’anc. franc, dit goarmel dans le même sens. | || XVe s. Gromette, coquillart,

II, 56.] || Chaînette qui fixe le mors dans la bouche du cheval, en en réunissant les deu.x branches. Fig. Monsieur, dont la — était rompue... iqui n’était plus tenu,., ST-SIM. III, 24. ‘GOURNABLE ^gour-nabl’] s. m.

GOUSPILLER 1183 GOUTTIERE

[ÉTYM. Origine inconnue. || 16’J4. th. corn.] || (Marine.) Longue cheville de bois de chêne qui sert à fi.\er le hordage d’un navire sur la carcasse.

  • GOUSPILLER [go"us’-pi-yé]. v. houspiller.

GOUSSAUT [gou-sô] s. m.

[ÉTYM. Parait dérivé de gousse, § 1-38. La forme goussant donnée parallèlement par ACAD. n’est qu’une faute d’impression. || 1090. fltu :t.] || Cheval trapu. || P. anal. Chien, faucon lourd. || P. ext. Homme épais. Adjectut. Un petit homme —, st-si.m.

III, 377.

GOUSSE [gous’J a. f.

[icrvM. Origine inconnue. (Cf. ital. guscio, provenç. dolsa, m. s.) \\ lô^l* . Gousse de febve, R. est.)

|| 1° Enveloppe des graines des plantes légumineuses.

|| 2° P. p.rt. Fruit des léguinineuses formé de deux cosses auxquelles les graines sont atlachi-es. || P. anal. Une — d’ail, d’échalote. || Fiq. — de plomb, petite masse de plomb qui sert à fixer les lilels pour la pèche.

GOUSSET [gou-sè] .v. 7 ?i.

[ÉTYM. Semble dérivé de gousse, § 133. || 1278. Lanche roide ne mie mole Ot cascuns mise en son gouchet, J. sarrazi. N, llavi^ p. 309.]

|| 1° Ancienne. Creux de l’aisselle. Sentir le —. || P. ext. || 1. Pièce d’une chemise qui unit la manche à l’épaule. || 2. Pièce triangulaire d’une armure qui protège le dessous du bras. || 3. (Blason.) Pièce triangulaire qui se termine en pal à la pointe de l’écu. || 4. Pièce triangulaire formant console pour soutenirune tablette. || s. Petit siège qui se rabat, à la portière d’un carrosse, || 6. Boucle de fer qui garnit la barre du gouvernail.

|| 2° Anciennl. Petite bourse, attachée d’abord sous l’aisselle, et plus tard en dedans de la ceinture de la culotte. || De nos jours. Petite poche à la ceinture de la culotte, et, p. er<. poche de gilet. Un — démontre. || b"uj. Avoir le — vide, être sans argent.

GOÛT [gou] s. m.

[ÉTYM. Du lat. pop. gûstum, m. s. devenu gost, goust, §§324 et 291, goût, § 422.)  !• Il 1° Sens par lequel on perçoit les saveurs. L’organe du —. Avoir le — fin, émoussé. Dépravation du — .

|| 2° Saveur. Les moineaux ont un — exquis et délicat, l.\ F. Fa(j. XII, 2. Que vous semble, a-t-il dit, du — de cette soupe ? BOiL. Sat. 3. Une sauce de haut —, très épicée.

|| 3° Sensation agréable que produisent certaines saveurs. Prendre — à certains aliments. Mettre en —. || | Trivial. Faire passer à qqn le — du pain, lui ùter la vie. || » /•’/>/.

|| 1° Discernement des qualités et des défauts dans une oeuvre d’ai’t. Le — naturel et le — acquis, MONTKsg. (lOÙt. Il y a dans l’art un point de perfection... ; celui qui le sent et qui l’aime a le — parfait, i,.\ UR. 1. Vous avez le — bon, MOL. Préc, rid. se. 9. Le méchant — du siècle en cela me fait peur, iD. Mis. I, 2. Ellipt. Le —, le bon goût. La décadence du — .

|| P. anal. Observation des convenances. Une plaisanterie de mauvais —. Je vous trouvais de bon — d’avoir fait si peu d’attention à de si petites choses, uoss. Quiet, lelt. 510.

|| 2° Manière, style d’une oeuvre d’art. Leurs ouvrages sont faits sur le — de l’antiquité, i.a rr. 1. Un paysage dans le — de Claude Lorrain. Une pièce composée dans le — du jour.

|| 3° Préférence doimée à certaines choses, certaines personnes. Elle perdait le — des romans et des fades héros, ROSS. D. d’Url. Avoir du — pour les sciences, avoir le — de la science. Ah ! tu prends donc, pendard ! — à la bastonnade ? .MOL. Ampli. 1, 2. Je... n’ai de — qu’aux pleurs que tu me vois répandre, rac. Esth. I, 4. M’ayant mis en — des hommes et du monde, Régnier, Hat. 14. Les femmes docteurs ne sont point de mon —, MOL. F. sav. I, 3. Specialt. Inclination d’un boimIIe pour une femme, d’une femme pour un homme.

J’ai pris du — pour Arlequin, MARIV. Douhle Inconst. III, 1. l ; Absoll. 11 ne faut point disputer sur les goûts. Si Je suivais mon —, je saurais où buter, l.\ f. Fah. III, 1.

GOÛTER Igou-lé] i ;. tr. et intr.

[ÉTYM. Du lat. gùst^jre, m. s. devenu goster, gouster, §§ 348. 295 et 291, goûter, § 422.]

I. v. tr.

|| 1° Percevoir la saveur de (qqch). Avaler une chose sans la —. Spt’cialt. Percevoir la saveur, en vue d’apprécier. — une sauce (pour voir s’il y manque qqch). — un vin. || 2o Fig. Apprécier la saveur de (qqch). Loin du monde et du bruit — l’ombre et le frais, LA F. FuIj. XI, 4. Aux champs Élyséens, j’ai goûté mille charmes, ID. ihid. vIII, 14. Je goûtais en tremblant ce funeste plaisir, rac. Phèd, IV, 6. A longs traits — son amertume, cdrn. Surenn, I, 3. || P. ej t. Dieu lui fit — les opprobres de Jésus-Christ, UO.-3S. ilist. univ. il, 3. Ils tâchaient de faire — leur gouvernement aux peuples , il). ihid. III, tj. L’âne, qui goûtait fort l’autre façon d’aller, I.A F. Fah. III, 1. — les raisons de qqn. Cet acteur est goûté du public.

Les hommes ne se goûtent qu’à peine les uns les autres,

L.\. RR. 12. 11. r. intr. Il 1° — à un mets, n’en prendre qu’une petite quantité pour en sentir la saveur. Goûtez à ce plat. Prenez-en pour y —. || Ahsolt. Faire un léger rt-pas entre le déjeuner et le diner. Donner à — aux enfants. Il est l’heure de —. Suljstanliri. Le —, ce repas. Avoir une tartine pour son — .

|| 2° — d’un mets, en manger pour la première fois.

Je veux vous faire — de ma cuisine. | || Fitj. Faire pour la preIIIièi’e fois l’épreuve d’une cliose. Il n’eût pas plus tôt... goûté de cette philosophie... qu’il sentit son âme enflammée d’amour pour elle, roll. Traité des études, V, lu, 2.

GOUTTE [gout’J ,f. f.

[ÉTY.M. Du lat. gûtta, m. s. devenu gote, goûte, §§ 324, 3G6 et 291, écrit plus récemment goutte par réaction étymologique, § 502.]

I. Il 1° Petite quantité d’un liquide qui se détache sous forme de globule. Recevoir des gouttes de pluie. Suer à grosses gouttes. Verser — à —, une goutte après l’autre. Mettre dans une potion quelques gouttes de laudanum, | Sprcialt. Des gouttes d’Angleterre, et, ellipt. Des gouttes, médicament

  • liquide, excitant, qu’on emploie contre l’évanouissement. Suzanne, des gouttes à ta maîtresse, be.\u.m.\RCII. Mi^re < :oup.

IV, i^. || | P. e.II. Petite quantité d’un liquide. Boire une — d’eau, une — de vin, d’eau-de-vie, Absolt. Boire la —, prendre la —, une petit verre d’eau-de-vie ou d’une autre liqueur spiritueuse. || Mère—, le premier vin, le premier cidre qui coule de la cuve avant qu’on ait pressé. Vin de —, fait avec du raisin qu’on n’a pas pressé. || P. hyperb. Être prêt à verser son sang jusqu’à la dernière —. N’avoir plus une — de sang dans les veines, être saisi d’une horreur qui l’ait relluer le sang au coeur, j, Fumil. Avoir la — au nez, une mucosité qui s’écoule. || — militaire, reste de blennorrhagie qui se montre au méat urinaire. C’est la dernière — ^celle qui fait déborder . Ces deux personnes, ces deux choses se ressemblent comme deux gouttes d’eau, de lait, n Goutte pris comme petite quantité négligeable. C’est une — d’eau dans la mer. Ne voir, n’entendre —, ne pas voir, ne pas entendre le moins du monde. M’aurait-on encavé ? Je ne vois —, LA F. liaijùtin, III, 7. || Fi ;/. Je ne vois — en ce raisonnement, CoRN. \icoin. III, 4. Je n’entends — à ces subtilités.

|| 2° P. anal. Petite partie d’une fonte d’or, d’argent, qu’on remet à l’essayeur, pour qu’il détermine le titre. || | Ornement de forme conique qui se place dans certains plafonds. || — d’eau, variété de topaze.

II. Nom de diverses maladies jadis attribuées à l’intiltralion de gouttes d’humeuri. | 1. .Maladie qui attaque d’ordinaire les articulations, se porte de l’une sur l’autre. et quelquefois sur les viscères. || 2. —crampe, nom qu’on donne à des crampes violentes. || 3. — sciatique, la sciatique, i 4. — sereine, amaurose, paralysie du nerf optique. || s. — rose, la couperose.

GOUTTELETTE [gout-lèf ; en vers, gou-te-...] .f. f.

[ÉTY.M. Dérivé de goutte, § 134. || .\IIIe s. Trois gouteletes de miel, Unicorne, ddi\6 littré.j || Petite goutte d’un liquide.

  • GOUTTER [gou-té] v. intr.

[ÉTYM. Du lat. gutt ?ire, m. s. §§ 348, 295 et 281.] || Laisser tomber des gouttes. Les toits gouttent quand il pleut.

GOUTTEUX, EUSE [gou-téu, -teuz’j adj.

[ÉTY.M. Dérivé de goutte, § 116. || XII« s. Gutus, fevrus guarir, garn. uk PO.NT-srF.-MAX. >‘< Thomas, 5793. j

|| 1° Oui a la goutte ^maladie des arliculations . Un homme —, une femme goutteuse, et, suùstantivt, Un —, une goutteuse.

|| 2° Uelatif à la goutte maladie des articulations). Rhumatisme — .

GOUTTIÈRE [gou-tyér] .». f.

[ÉTYM. Dérivé de goutte, § 115. i || XII» s. Gutierea dejjutanz sur terre, Psaul. d’Oxford, LXXI, 6.]

GOUVERNABLE — H84 — GOYAVIER

|| 1° Bord d’un toit par lequel s’ég-oulte l’eau de pluie. || P. ext. Canal demi-cylindrique de fer-blanc, de zinc, fixé au bord du toit, pour recueillir l’eau qui s’égoutte et la conduire vers le sol. || Pièce de bois creusée d’une rainure qui règne autour des ponts d’un navire, et sert à l’écoulement des eaux. || Rainure dans la feuillure d’une pièce d’appui de croisée, pour recevoir la pluie qui s’ég- outte.

|| 2° P. anal. Sillon longitudinal d’un os destiné à loger des vaisseaux sanguins, à faciliter le glissement des tendons. || Sillon qui règne le long des bois d’un cerf, d’un chevreuil. || Rainure de certaines coquilles univalves. || Petit canal que le graveur creuse sur la planche pour y faire couler l’eau-forte. || Évidement pratiqué le long des lames dans certaines armes blanches. || 1 Partie de la tranche d’un livre opposée au dos. || Partie pourrie au milieu du bois d’un arbre.

GOUVERNABLE [gou-vèr-nàbl’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gouverner, § 93. || Néolog. Admis ACAD. 1878.1 || Oui peut être gouverné.

GOUVERNAIL [gou-vèr-nay’] s. m.

[ÉTYM. Du lat. gûbernaculum, >h. s. §§ 348, 4.34, 390 et 290.]

|| 1° Pièce mobile placée à l’arrière d’un bateau, d’un navire, dont on se sert pour le diriger au moyen d’une ])arre ou timon. || Fig. N’a-t-il pas tenu le — (de l’État) d’une main et la boussole de l’autre ? voit. Lett. 74.

|| 2° 1’. anal. Queue d’un moulin à vent qui fait tourner les ailes dans la direction du vent. || Fil de fer qu’on rend mobile pour régler la longueur de la partie libre de la languette des tuyaux d’anche, afin de les accorder. || Dans un paquet de barres de fer à forger, celle du milieu, qui dépasse les autres.

GOUVERNANCE [gou-vèr-nâns’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gouverner, § 146. || XIV<‘s. Chi doivent amoureus prendre leur gouvernanche, Baudouin de Sebourc,

IX, s. Admis ACAD. 1762.] || Anciennt. Gouvernement. Tribunal présidé par un gouverneur. Spécialt. La — de Douai, de Lille. A Douai, le roi entendit le matin trois harangues, de l’université, de la — et de la ville, pellisson, Letl. histor. 17 mai 1670. ‘GOUVERNANT, GOUVERNANTE [ gou-vèr-nan , -nânt’] adj . et s. m. et /’.

[ÉTYM. Adj. et subst. particip. de gouverner, § 47. || XV» s. v. à l’article.]

I. Adj. [rare). Qui gouverne. Vous êtes reprenante, gouvernante,

LA K. Daphné, II, s. Subslantict. Les gouvernants et les gouvernés.

II. >S. m. et f. Il 1° Vieilli. Celui, celle (jui a le gouvernemeut d’une ville, d’un pays. Le duc de Sombreset, — pour le roi d’Angleterre, BEfiRY, Chron. arm. 1449. Plusieurs princesses d’Autriche ont été gouvernantes des Pays-Bas. || P. ext. Madame la gouvernante, la femme d’un gouverneur.

|| 2° .S’. /’. Celle à qui est confiée l’éducation d’un enfant. Donner une gouvernante à ses enfants. La gouvernante des enfants de France.

GOUVERNE [gou-vèrn’] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gouverner, § 52. || 1323. A le gouveirne et a le dispensation doudit hospital, dans GODEF. governe. Admis agau. 1835.]

|| 1° Action de diriger (une embarcation). Aviron de —, placé àrarrière,pourlafaire tourner adroite ou à gauche.

|| 2° Action de se diriger de telle ou telle manière. Je vous dis cela, pour votre — .

GOUVERNEMENT [gou-vèr-ne-man] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gouverner, § 145. || XIIe s. Sa sapience apparoit el governement des choses ke creeies estaient, Serm. de St Bern. p. 58.]

I. Action de gouverner une embarcation. Le succès d’un voyage dépend... du bon — d’un pilote, flret. Dict.

II. Action de gouverner, de diriger la conduite des choses, des personnes.

|| 1° Le — d’une maison, d’un ménage. Je vous constitue, pendant le soupe, au — des bouteilles, mul. yiv. III, 1. Le — des âmes. QueUe idée aurions-nous de la Providence dans le — de l’univers ? maSS. Jugcm. unir. 1.

|| 2° Action de gouverner (un pays), d’en avoir la direction politique. Le — des États. Une diligente attention aux moindres besoins de la république est une partie essentielle au bon —, la br. 10. L’injustice de son —, vf.rtot, Révol. rom. s. Le — est un ouvrage de raison et d’intelligence, Boss. Polit. I, 1. || Spécialt. Direction politique et militaire d’une province, d’une ville, exercée au nom du souverain. On lui donna le — de la Bourgogne. P. ext. \ 1. La province, la ville ainsi dirigée. Il est allé s’établir dans son —. Les douze grands gouvernements de la France (avant la Révolution). || 2. Résidence du gouverneur. || P. ext. Ceux qui ont la direction politique de l’État. One proclamation du —. Cette mesure a été prise par le — de la république.

|| 3° P. ext. Forme politique suivant laquelle un État est dirigé. Il y a trois espèces de — : le républicain, le monarchique et le despotique, montesq. Espr. des lois, II, 1.

  • GOUVERNEMENTAL, ALE [gou-vèr- ne-man-tàl] adj.

[ÉTYM. Dériv(* de gouvernement, § 238. || Neolof/.] || Relatif au gouvernement. La science gouvernementale.

GOUVERNER [gou-vèr-né] v. tr.

[ÉTYM. Du lat. gùbernare, m. s. §§348, 4.34, 295 et 291.]

I. Diriger à l’aide du gouvernail (une embarcation). On ne choisit pas pour — un vaisseau celui des passagers qui est de meilleure maison, pasc. Pens. v, 10. || Ahsolt. — à la roue, en faisant mouvoir la barre par une roue. — dans une direction. — à la lame, fuir vent arrière pour éviter la lame. || P. ext. — sur son ancre, être poussé dans tel ou tel sens, par le vent, par le courant, étant au mouillage. || Dn bâtiment qui gouverne bien, qui obéit bien au gouvernail. || P. anal. La manière dont Itobad gouvernait son cheval, volt. Zadig, 19. || Fig. 11 sait — sa barque, dIIIger ses affaires. || Poét, Il semblait à son gré — le tonnerre, rac. Esth. ni, 9.

II. P. ext. Diriger la conduite des choses, des personnes.

|| 1° Une personne qui ne sait pas — sa maison, son ménage. Savoir — ses passions. Il faut apprendre à se —, à se maîtriser. || Spécialt. Être chargé de — un enfant, de diriger son éducation. P. anal. Sa mère, qui le gouvernait, bo.s.<. || ist. unie, i. In. Prétendrais-tu nous — encor. Ne sachant pas te conduire toi-même ? LA F. Fab. vi, 6. n y a autant de paresse que de faiblesse à se laisser —, la br. 4. Ces femmes de bien qui se gouvernent mal, coRN. Ment, I, 1. Dis-moi comme en ce lieu l’on gouverne les dames ? CORN. Ment, I, 1. || Absult. Être niaitre de la direction. C’est elle (sa femme) qui gouverne, MOL. F. sav. I, 3. || P. anal. (Gramm.) Imposer tel cas, tel mode à un mot. Une préposition qui gouverne le génitif.

|| 2° Diriger les affaires de l’état. Je gouverne l’empire où je fus acheté, rac. Esth. II, 1. Rome depuis deux ans par ses soins gouvernée, id. Brit. I, 1. || Absult. Le lion, pour bien —, Voulant apprendre la morale, LA F. Fab. XI, s. L’art de — .

Le roi règne et ne gouverne pas, laisse gouverner les ministres, seuls respon^ibk’s.

GOUVERNEUR [gou-vèr-néur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gouverner, § 112. (Cf. lat. gubernator, m. s.) || xu’^ s. E s’um done a s’espuse malveis governeûr,

GARN. DE PONT-STE-MAX. St Tliomas, 4744.]

|| 1° Celui qui est chargé de la direction politique et militaire d’une province. [Cf. gouvernant.) Le roi le nomma — du Languedoc. Maxime, je vous fais — de Sicile, coRN. Cinna, II, 1. || P. anal. Celui qui est chargé de la direction du commandement, dans une ville, un château. Le — de Paris. || P. anal. Celui qui est chargé de la direction de certaines grandes administrations financières.

Le — de la Banque de France, du Crédit foncier. || 2o Celui qui est chargé de la direction morale d’un jeune homme. Il (le roi) vous fait — du prince de Castille, CORN. Cid, I, 3. Le — des pages.

|| 3° P. aîuil. (Technol.) Ouvrier chargé de faire pourrir, de couper, démettre dans les piles les chiffons destinés k faire la pâte pour la fabrication du papier. || Fig. Nom donné à un petit poisson qui passe pour servir de conducteur à la baleine.

GOYAVE [gù-yav’] s. vu .

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. d’Amérique goyaba, qui est le péruvien gayaba, m. s. §§ 13 et 30. || 1654. L’arbre qui porte les gouyaves, le p. dutertre, Hist. gén. des islcs St- Ckristopke, p. 254. Admis ACAD. 1835.] || (Botan.) Fruit du goyavier, en forme de poire, à chair sucrée et parfumée.

GOYAVIER [gù-yk-vyé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de goyave, § 115. || 1658. rochefort, iUsC. nat. des Antilles, p. 48. Admis ACAD. 1762.]

GRABAT — ni

|| (Bolan.) Grand arbre exotique, dit poirier des Indes, formant un genre de la famille tles Myrtacécs.

GRABAT [KrII-bà] .v. m.

[ÉTV.M. Emprunté du l ;it. grabatus, grec xpiêaTo ;, ? ?i. s. AuXIe^s. on emploie le mot sous la forme lat.Soztondegret me faiun grabatum, SI Alexis, 218. || XVI" s. En son petit grabat, PAHII, XVIu, 2(S.] ||

Lit misérable. Coucher sur un —. || P.e.rt. Lit de malIIde. Saigner, droguer, mettre sur le — toute ma maison, DKAUMAKGII. H. (If SéV. Ill, T).

GRABATAIRE [grà-bù-lèr] adj.

[ÉTYM. Dérivé ! de grabat, ij 2’kS. Le lat. grabatarius signifie

  • fabricant de grabats ».j || 1732. tkév. Admis acau. 1762.] || Qui garde le lit. Dne mère infirme et —, petit di ; ha- CHAUMONT, Mnm. secr. XXXV, 75. Sufjslaîitivt. Un, une — . ‘GRABEAU [grk-bo] s. m. [ktvm. Subst. verbal de grabeler, §§ 52 et 65. || liGO.

L’office de grabel de foyres... en la ville de Lion, dans Ijelu. liée]  !• Ancicnnt. Action de grabeler. F/V/. Remettons à votre retour le — et belutement de ces matières, u.\b. III, 16. || » 1’. cjI. Spccialt. Creclmol.) Fragment qui reste d’une drogue, d’une substance médicinale passée au crible.

Les grabeaux ne peuvent toujours être utilisés.

  • GRABELER [grab’-lé ; rn vers, grà-be-lé] r. tr.

[ÉTYM. Pour garbeler, § 361, emprunté tle l’ilal. garbellare, m. s. qui se rattache à l’arabe gharbal, crible, i^j ; 12 et 22. || XVIe s. v. à l’article.] || Vieilli. Passer au crible. Fig. La Court n’a encores bien grabelé toutes les pièces, rau. I, 20.

GRABUGE [grà-bIIj’j .s’, m.

[ÉTVM. l^our garbuge (encore dans OUD.), § 361, emprunté de l’ital. garbuglio, m. s. §§ 12 et 507. On trou\(‘ aussi au XVI" s. garbouil et grabouil. || XVI« s. Garbuges, quereles et noises, cnoLIIIKK.s, Après-disnées, p. 74.] || Famil. Dispute. Tout ce petit — Entre vous excité va finir en deux mots, rkgnauu, Méneckmes, i\, S). D’où vient tout ce — ? i.A CHAUSSÉE, Éc. des)uères, II, 2. Il y a du — dans le ménage.

GRÂCE igras’] .>r. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratia, m. s. \\ XII" s. granz grâces l’a receù, Eneas, 785.]

I.

|| 1° Agrément qui réside dans une personne. Je ne trouve qu’en vous je ne sais quelle — Qui me charme toujours et jamais ne me lasse, r.-\.g. Exlh. u, 7. La — plus belle encor que la beauté, L.\ K. Adonis. Son coeur est épris des grâces d’Henriette, MOi.. F. sur. II, 3. Elle est d’une taille parfaite et d’une très bonne — à tout ce qu’elle fait, ;^kv. 549. Ellipl. Elle a — à tout cela, et ses manières sont engageantes, mol.

H. lient, III, y. Fig. Avoir mauvaise — à faire qqch, être mal venu à le faire. Vous avez mauvaise — à vous plaindre. || /’. exl. Faire qqch de bonne, de mauvaise —, d’un air qui marque la bonne ou la mauvaise volonté, n a voulu faire les choses de bonne —, MOL. Mar. forcé, se. 10.

|| 2° Agrément répandu dans les choses. Tout reçoit dans ses mains une nouvelle —, uoil. Artp.’i. Vos moindres discours ont dis grâces secrètes, rac. Eslh. III, 4. U (son babil) avait une telle — sur elle... i.a i\ l’si/chr. Cette peinture, cette musique a delà —. Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ? l.\ k. Faù. vIII, 4. Quela plaisanterie est de mauvaise — ! mou. Mis. I, 1. || Fig. Jeu des grâces, où un petit cercle est lancé et reçu avec deux baguettes. || Bonnes grâces, demi-rideaux formant draperie. || Votre

Grâce, titre donné en Angleterre à un duc. || 3o(Mythol.) Les Grâces, les trois déesses (.\glaé, Thalie, Euphrosine) qui personnidaient le don de plaire. Fig. Ce jeune prince, que les Grâces semblaient avoir elles-mêmes formé de leurs mains, no.ss. .Mdrie-Tlirrèse. Il n’a pas sacrifié aux Grâces, il n’a pas le don de plaire.

II.

|| 1° Disposition II être agréable. Je puis croire... que je suis en sa —, MOL. Dép. atn. I, 3. Être en — auprès de qqn. Il est rentré en — auprès du roi. Remettez le fils en — avec le père, MOL. Tari, IV, 1. || P. e.rt. En parlant li’une chosi’. Vous voilà donc en — avec l’argent comptant, REGNARD, Joiu’ur, III. 6. || Être dans les bonnes grâces de qqn. Gagner les bonnes grâces du victorieux, c<,>HN. l’omp. exam. || Specialt. Gagner, obtenir les bonnes grâces d’une femme, ses faveurs. || 1’. ext. Chose ([u’on accorde à (jqn pour lui être agréable sans qu’elle lui soit due. Demander, DICT. FRA.NÇ. io - GRAGIEUSER recevoir une —. Si je puis lui obtenir une — de Votre Majesté, MOL. Tort, ‘.i" placel. Demander qqch comme une —. Je vous le demande en —. Je demande la mort pour — ou pour supplice, coR.N. Ilor. IV, 7. C’est une — qu’on vous fait. De — , achevez, CORN. Cid, l,5. || 1’. exl. La Fortune pour lors distribuait ses grâces, L.\ F. Fah. vu, 1 :^. La — inespérée d’un beau jour d’hiver, noss. Marie-T/o’rcxe. || P./igpcrô. Formule de politesse. C’est trop de — que vous me faites, MOL. Pourc. I, 3.

|| 2° Sprciall. Secours surnaturel ([ue Dieu accorde à l’homme jjour l’aider à faire son salut. L’opération de la — se reconnaît dans ses fruits, boss. A. de Gonz. Sa — (de Dieu) Ne descend pas toujours avec même efficace, coRN. Pobj. I, 1. La — suffisante, donnée à tout homme, mais qui n’est eflicaceque s’il y ci)rresp(ni(l. — prévenante, qui invite rhomme au bien. — justifiante, sanctifiante, qui rend eflicace pour le salut ce que nous j)ouvons faire di’bien. Être en état de —, avoir la grâce de Dieu. Par la — de Dieu, formule que les souverains ajoutent à leur titre. || Vieilli. Dieu —, par la grâce de Dieu. [Cf. Dieu merci.) Ils sont, Dieu —, Madame, en parfaite santé, MOL. Escarb. se. 6. | || An de — , compté à partir de l’ère chrétienne. P. plaisant. En l’an de — 1880. || — d’état, appropriée par Dieu pour chacun à sa situation spéciale. P. hyperô. Famil. Résignation à une situation mauvaise. Bien qu’aveugle, il a conservé sa gaieté ; c’est une — d’état.

III. Itemise d’une peine accordée bénévolement. Demander, obtenir la — de qqn. Le souverain a le droit de —. J’ai eu ma — de cette affaire, MOL. D. Juan, I, 2. Lettres de — , par lesquelles le souverain accorde sa grâce à un condamné. Recours en —, recours au droit de grâce du souverain. Faire —, et, vieilli. Donner — à qqn. Fig. Que je me fasse un peu — sur votre arrêt (ijue je me condamne moins sévèrement), MOL. .W(.v. I, 1. Trouver — devant qqnundulgencC ;. Seigneur, si j’ai trouvé — devant vos yeux, rac. Estk.

II, 7. P. anal. Coup de —, par lequel on achevait un blessé, un supplicié, pour ne pas le faire souffrirplus longtemps, et, fig. C’est le coup de —, celui qui achève de perdre qqn. || Délai de —, jours de —, délai de dix jours accordé, pour payer, à celui qui avait souscrit une lettre de change. || 1 Faire — (remisej de qqch. Il ne m’a pas fait — d’un centime. Faites-moi — de vos observations, c’est assez d’observations. Faites-nous — du reste, et, ellipl, — ! en voilà assez.

IV. Action de reconnaître un bienfait reçu. Je vous rends —, ou grâces. Je rends grâces aux dieux de n’être pas Romain, CORN. Uur. u, 3. Action de grâces, acte par lequel on rend grâces. L’armée commença l’action de grâces, uoss. Coudé. Il P. anal. Rendre — à qqch, lui attribuer un résultat favorable. Rendez — au seul noeud qui retient ma colère, rac.

Iph. IV, 6. Spéciall. Les grâces, prière catholique après le repas, pour rendre grâces à Dieu d’avoir donné le pain quotidien. Dire les grâces. Loc. prov. Famil. Dire les grâces avant le bénédicité, a\oir une femme pour maitres.-e avant de l’épouser. Il f ;//ip<. — à^grâce soit rendue à . — à Dieu. — au Ciel. Grâces au Ciel, mes mains ne sont point criminelles, RAC. Phùd. 1, 3. — à vous, j’ai réussi. || /’. anal. — à une chose, à la faveur de cette chose. — aux préventions de son esprit jaloux, rac. Brit. v, 1.

GRACIABLE Lgrâ-syàbl’ ; en vers, -si-abl’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gracier, § 93. Se trouve en anc. franc, au sens de « qui rend grâces, reconnaissant >». [V. go- DEF.) Il (.\u sens actuel.) 1690. furet.] || Qu’on peut pardonner. Dans les cas les plus graciables, MONTESO- Espr. des lois, vi, 13.

GRACIER [grk-syé ; en vers, grà-si-éj v. tr.

[ÉTY.M. Dérivé de grâce, § 2ùù. Fréquent au moyen âge au sens de « rendre grâces, remercier ». || (.\u sens actuel.) 1336. Avons gracié et remis des maintenant pour lors la dite amande, dans du c. gratificare 2.] || Exempter ^qqn) de la peine à laquelle il a été condamné. U a été gracié par le roi.

GRACIEUSEMENT [grà-syéuz’-m an ; c/j vers, -si-eIIze-... || adv.

[ÉTYM. Composé de gracieuse et ment, § 724. || 130"-. Briefment et gracieusement, Lell. de Ph. le Bel, dans DELU. Rec.] || D’une manière gracieuse.

GRACIEUSER [grà-svéu-zé ; en vers, -si-eû-... || v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gracieux, § 154. || Signalé en 1692 comme étant du bel usage par cailubres, Mots à la

  • iw/f ; admis ACAD. dès 1694.J 75

GRACIEUSETE 1186 GRAIN

|| Vieilli. Traiter gracieusement. J’eus le malheur de la — sans réflexion, MARIV. Spectateur franc, p. 3. || P. ext. Féliciter. Après l’en avoir gracieuse , la garde-chambonas,

Lett. 15 mars 17IJ6, dans Annales du Midi, 1894, p. 442.

GRACIEUSETÉ [grà-svéuz’-té ; en vers, -si-cu-ze-ié] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gracieux, S 122. || XV<= s. Se vous m’avez donné aucune courtoisie ou gracieuseté, Cent Xouv. nouv. 18.] || .\cle par lequel on traite gracieusement cpin. Faire à qqn des gracieusetés.

GRACIEUX, EUSE [grà-syeII, -syeuz’ ; envers, -si-...] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratiosus, m. s. \\ XII" s. D’aveir riches et gracios, ben. de ste-more, Troie, 5132.]

|| 1° Qui a de la grâce (agrément). Une personne gracieuse. Dn — sourire. Une composition dans le genre —, et, suhstantivl, Le —, le genre gracieux.

|| 2° Qui témoigne de la grâce (disposition à ôtre agréable) à qqn. L’accueil — qu’il recevait de vous, CORN. Ilor. I, 3.

|| 3° Qui fait une grâce à qqn (lui accorde une chose qui ne lui est pas due). La plupart des peuples du Nord disent  : notre — souverain ; apparemment qu’ils entendent bienfaisant, VOLT. Dict. philos, gracieux. Accorder qqch à titre —, bénévolement. Juridiction gracieuse (administrative ou ecclésiastique), qui décide oi’licieusement d’une afTaire.

GRACILITÉ [grà-si-li-té] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gracilitas, m. s.

I || 1528. La gracilité qui est en lui (l’orge), desdier, Honn. Volupté, dans GODEf. Admis ACAD. 1762.] || Caractère de ce qui est grêle. La — des membres. || Fig. La — de la voix.

GRADATION [grà-dà-syon ; en vers, -si-on] s. f.

[ÉTïM. Emprunté du lat. gradatio, 7». s. || 1520. L’en doibt user de répétition et de gradation, j. F.\BïII, Rhetor. dansDELB. Rec.] || l’rogrès vers un terme dont on se rapproche en passant par tous les intermédiaires. Une — croissante , décroissante.

La — des couleurs, des sons. La — des idées.

GRADE [gràd’] . ?. 7n.

[ÉTYM. Emprunté dulat. gradus, m. 5.(6’/’. degré. ; || 1611. COTGR.]

I. Il 1° Vieilli. Degré de dignité, n est mille douceurs dans un — si haut (le trône), CORN. Oth. III, s.

|| 2° Degré de commandement dans l’armée. Le — de sergent. Les grades supérieurs.

|| 3° Degré de mérite littéraire, scientifique, etc., constaté par un diplôme conféré après examen. Il a pris tous ses grades (de bachelier, de licencié et de docteur).

II. (Syst. métrique.) Division centésimale substituée au degré dans la division de la circonierence.

GRADÉ [grà-dé] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grade, § 118. [Cf. graduer.) || 1811. moziN, Dict. franç.-allem. Admis ACAD. 1835.] || Qui a un grade (inférieur) dans l’armée. Un militaire non —, un simple soldat. Substantivt. Un — .

  • GRADILLE [grà-diy’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du radical de gradine, § 95. i || Néolog.] || (Technol.) Sorte de sculpture en forme de dentelle.

GRADIN [grà-din] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gradino, m. s. diminutif de grado, degré, § 12. || 1680. richel.] || Degré d’un support en étages. Les gradins d’un amphlttoéâtre. || (Minéral.) Exploitation par gradins droits ou renversés, où l’on taille le minerai en dessus ou en dessous d’escalier.

  • GRADINE [grà-din’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gradina, m. s. dérivé de grado, degré, § 12. || 1690. furet.] || (Technol.) Ciseau dentelé pour sculpter sur le marbre les stries qui imitent la barbe, les cheveux, etc.

GRADUATION [grà-duà-svon ; en vers, -du-à-si-on] s.f.

[ÉTYM. Dérivé de graduer, § 249. || xtv" s. Le livre de graduacion. Des passions , mss franc. Bibl. nal. 1288, f» 140, v». Admis ACAD. 1718.]

I. (T. scientif.) Détermination d’une série de degrés, de divisions égales, sur une longueur. || Échelle graduée.

II. (Technol.) Action exercée par degrés. Spécialt. Bâtiments de —, oij l’on concentre l’eau de mer pour obtenir le sel marin.

GRADUEL, ELLE [grà-duèl ; en vers, -du-èl] adj. et s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. scolastique gradualis, ?n. s. dérivé de gradus, degré, §§ 217 et 238. Comme terme de liturgie, graduel a remplacé l’anc. franc, grael, doublet de formation pop. || XI\" s. Psalmes graduales, pu. de maiziÈRES, dans godee. Compl.]

|| 1° Relatif aux degrés (du temple). Spécialt. Psaumes graduels des Hébreux, chantés sur les degrés du temple. || 1 Fig. Qui a lieu par degrés. Augmentation graduelle.

|| 2° P. ext. S. m. (Liturgie cathol.) Portion de l’office entre l’épitre et la prose, avant l’Évangile, qu’on disait autrefois sur les degrés du jubé ou de l’ambon. || P. exf.

Livre contenant ce qui se chante au lutrin pendant la messe.

GRADUELLEMENT [grà-duel-man ; en vers, -du-èle-...] adv.

[ÉTYM. Compose de graduelle et ment, § 724. || XIV« s.

Graduelment, j. golein, dans GODEF. Compl. Admis .\cad. 1835.] || Firj. D’une manière graduelle.

GRADUER [grà-dué ; en vers, -du-é] v. fr.

[ÉTYM. Emprunté du lat. scolast. graduare, m. s. § 117. (Cf. gradé.) || 1404. S’ilz n’estoient graduez en science, Nie. DE B.\YE, Journal, dans DELB. Rec]

I. [T. scientif.) Marquer d’une série de degrés. — un thermomètre. Une règle graduée, un cercle gradué.

II. Fi,’/. Soumettre à une gradation. — les difficultés, les exercices. Cours de thèmes gradués. — l’emploi d’un remède. Chambre graduée [V. graduation , dans les salines.

I

III. Élever à un grade universitaire. Gradué en théologie. || Substantivt. Un gradué, celui qui a pris ses grades. | GRAFFITE [grà-flt’J s. m.

[ÉTY.M. Emprunté de l’ital. graffito, m. s. dérivé degraf- || fio, poinçon, g 12. (Cf. graphite et sgraffite.) || Néolog. Ad- || mis .ACAD. 1878.]

I

|| (Archéol.) Ce qu’on trouve écrit, dessiné, sur les murs des édifices des villes antiques. Les graffites de Pompéï. || "GRAILLE [grây’J s. /’.

I

[ÉTYM. Du lat. grgicula, fém. de graculus, geai ou chou-  ; cas, devenu "gracia, graille, §§ 290, 390 et 291. (Cf. grole.)]

I

|| Dialect. Corneille. i GRAILLEMENT [grây’-man ; envers, grâ-ye-...] s. m.

I

[ÉTYM. Dérivé de grailler, § 145. || J 1701. furet. Admis ‘AC.\D. 1798.] || Son de voix rauque.

GRAILLER [grd-vé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de graille, § 154. (Cf. ital. gracchiare, >/i. .V. de gracchia, corneille.) || XV« s. Grailler a la manière de corneille, Gloss. lat.-franç. dans du c. creticare 2. || 1606.

Grïdller, c’est corner cas et enroué, nicot.] || Faire entendre un son rauque. Spécialt. (Vénerie.) Sonner sur la trompe le rappel des chiens.

1. GRAILLON [grâ-yon] s. m.

[ÉTY.M. Origine incertaine ; qqns le dérivent de graille, anc. forme de grille, qui signifie « gril » en vieux français, § 104. La date récente de graillon, qui n’est même pas dans COTGR., rend peu vraisemblable cette étymologie. || 1642. ouD.]

|| 1° Odeur de graisse brûlée. Sentir le —. || Fig. Pop. Marie Graillon, —, femme malpropre , tachée de graisse.

|| 2° P. ext. Rognure de viande. || Restes d’un repas. Une tétine de vache et dix livres de pain, sans parler des graillons,

LES. Guzm. d’Alfar. I, 3. || Rognure de marbre. 2.

  • GRAILLON [grâ-yon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grailler, g 104. || Néolog.] || Mucosité expulsée avec un raclement guttural. 1. "GRAILLONNER [grâ-yù-néj v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de graillon 1, § 154. || Néolog.] || Prendre en cuisant une odeur de graillon. 2. "GRAILLONNER [grd-yô-né] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de graillon 2, § 154. || Néolog.] || Expulser des mucosités avec un raclement guttural, 1. GRAIN [grin] s. m.

[ÉTYM. Du lat. granum, m. s. §§ 299 et 291. (Cf graine.)]

I. Il 1° Chacun des fruits contenus dans l’épi des céréales. Un — de blé, de riz, de maïs. Le moindre — de mil Serait bien mieux mon affaire, l.\ f. Fab. I, 20. || Le commerce des grains. Poulets de —, nourris de grain dans la bassecour, non engraissés dans une épinette. | || Fig. Vieilli.

GRAIN 118 : Dans le —, dans l’abondance. Étant là, je n’étais dans le — , RKGMER, Sut. 10. Il Sprcialt. Ce fruit devenu semence. Arrachez brin à brin Ce qu’a produit ce maudit —, i_\ K. Fab. 1,8.

|| 2° P. cri. Fruit ou semence grenue de certaines plantes. Des grains de raisin, de groseille. ‘[ P. anal. Petit —, les fruits de l’urung-e tombés avant leur maturité. — de Zelim, poivre long de l’Inde. — de mûre, clavaire ponctuée, champignon. || Fir/. — d’avoine, — d’orge, nom donné à diverses coquilles. Toile — d’orge, à semis de points ressemblant à des grains d’orge. || Speciall. — d’orge, | 1. Petit furoncle, dit aussi orgelet, qui vient à la paupière. || 2. Petit morceau de bois taillé en prisme qu’on enfonce dans une fenle que présente une pièce de bois. Assemblage à grains d’orge, | 3. Outil de menuisier, de tourneur, de serrurier, qui sert à évider, à percer.

II. P. anal. [\ 1° Morceau grenu d’une substance quelconque. || Cromwell allait ravager toute la chrétienté... sans un — de sable (calcul) qui se mit dans son uretère, p.\<c. Pens. III, 7. Un — de tabac. Dn — de poivre, de sel. Fif/. Je n’ai pas trouvé le moindre — de sel dans tout cela ^le moindre esprit^, MOI.. Cril. de l’Éc. des /. se. 3. jj — de verroterie, d’ambre, verroterie, .ambre taillé en forme de perle. On collier de grains d’ambre. Les grains d’un chapelet. Loc. fainil. Vieilli. Catholique à gros grains, peu scrupuleux (qui sur le chapelet passe les dizaines, les petits grains). || [ Grains de vie, grains de santé, etc., pilules de forme globuleuse, | (Technol.) Cube de cuivre ou d’acier qui sert de pivot à un tourillon.

|| 2° Aspérité grenue d’une surface. Grains de petite vérole, traces des pustules. Un — de beauté, petite saillie, et, p. ext. petite tache sur la peau qui donne quelquefois du piquant à la physionomie. i ||

Grains de lèpre, aspérités à la gorge des pourceaux ladres. || Absoll. Le — d’une pierre, d’un métal, d’une peau, d’un tissu, caractère grenu de la surface.

Le — de l’ardoise, de l’acier. Peau en — du Leveint (sorte de chagrin). One étoffe de soie gros —. || SpéciaU. Effet du croisement des tailles de la gravure.

III. FIIj.

|| 1° Très petite quantité de qqch. Ai-je un — de ce métal qui procure toutes choses ? la br. 12. Elle a un — de coquetterie. Quelque petit — de folie mêlé à leur science, MOL. .Méd. 7H. l. I, 4. || Vieilli. Employé pour renforcer la négation (comme goutte, etc.). Ce cierge ne savait — de philosophie, L.\ F. Fab. ix, 12.

Ij 2° Petit poids, soixante-douzième partie du gros. || Fig. Nous ne nous prisons pas... D’un — moins que les éléphants,

LA K. Fab. vui, 15. Cela ne pèse pas un — (n’a pas d’importance), sÉv. 589. n ne pèse pas un —, il se sent léger.

2. GRAIN [grin] s. m.

[ÉTYM. Origine incertaine ; qqns considèrent ce mot comme étant simplement un sens figuré de grain 1. || XVI^ s. Le pilot prevoiant un tyrannicque grain, hau. IV, 17.] || (Marine. ; — de vent, —, bourrasque soudaine avec pluie, grêle. Pare au —, veille au — ! commandement nautique lorsqu’on est menacé d’un grain. || Fiy. Veiller au —, se précautionner contre ce qu’on craint. ‘GRAINAGE ^grè-nàj’], ‘GRAIN ATT .T.E i^grè-nàv’], etc. v. greuage, grenaille, etc.

GRAINE lK’’"^* "‘] ^- f-

[ÉTYM. Uu lat. pop. grana, pluriel du neutre granum, grain, deveim fém. sing. g§ 299, 291 et 54G.]

|| 1° Partie du fruit de la plante qui sert à la reproduire. Une plante venue de —. Semer de la — de réséda, de melon, de salade. SpéciaU. — de perroquet, semence du carthame tinctorial. — de canard, semence du millet et de l’alpiste. — joyeuse, semence du fenugrec. — perlée, semence du grémil des champs. Une plante qui monte en —, qu’on laisse grandir jusqu’à ce qu’elle porte sa graine. Fiy. Une fille montée en —, arrivée à maturité sans se marier. Une fille qui... commençait à monter en —, ST-sim. il, 91. — d’épinard, torsade imitant la graine d’épinard. Épaulettes à — d’épinard, qui marquent un grade supérieur dans l’armée. Une mauvaise —, enfant qui ne promet rien de bon. || P. anal. — de vers à soie, oeufs qui servent à les reproduire.

|| 2° Cette partie du fruit considérée comme servant de nourriture. Donner de la — aux oiseaux. FIIj. C’est de la — de niais, c’est bon pour des niais.

  • GRAINER [grè-né]. v. grener.

GRAMINEES

GRAINETERIE, GRAINETIER. VV. grèneterie, grénatier. ‘GRAINETTE [grè-nêt’]. v. grenette. 1. GRAINIER, ÎÈRE [grè-nvé, -nvCr] s. m. et f.

[ÉTY.M. Dérivé de graine, §§ 65 et 115. (Cf. grènetier 2.) || 1680. Grainier, grenier, richel. Admis ACAD. 1798.] || (Technol., Celui, celle qui vend des graines à semer. 2. * GRAINIER grè-nvé] s. ?«. [kty.m. Dérivé de graine, §§ 65 et 115. ] || 1789. excycl. MÉTH.] || (Botan.) Collection de graines classées méthodiquement. ‘GRAINOIR ^grè-nwàr]. v. grenoir.

GRAISSAGE [grè-sàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de graisser, § 78. || XVI* s. On bon graissage,

J. LE CLERQ, dans gouef. Compl. Admis ACAD. 1798.] || (Technol.) ! || 1° Action de graisser. Le — des roues.

|| 2° Action de tourner en graisse. Le — du sucre, du vin.

GRAISSE [grés’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. ‘crassia, m. s. (dérivé de crassns, gras, § 68), devenu craisse, graisse, §§ 356 et 291. || XII’s. Par lur craisse (var. greisse ; enclostrent, Psaut. de Cambridge, XVI, 10.]

|| 1° Substance onctueuse, répandue dans le tissu cellulaire du corps de l’homme et des animaux. || SpéciaU. Celte substance devenue abondante. Prendre de la —. Être noyé dans la —, envahi par la graisse. Monseigneur, tout noyé qu’il fût dans la — et dans l’apathie..., ST-SLM. Il, 392. /••. plaisant. La — ne l’étouffé pas, il, elle est très maigre. || Vivre de sa —, de sa propre substance (en parlant des animaux engourdis pendant l’hiver. || 2’^ Celte substance enlevée du corps des animaux, et employée en cuisine, en industrie, etc. De la — de porc. v. saindoux. De la — d’oie. Se s»rvir de — fondue pour la friture. Étoiles de —, points graisseux, dits aussi yeux, à la surface du bouillon. One tache de —. Q y a de la — i^des taches de graisse) sur son habit.

|| 3° P. anal. \ 1. (T. biblique.) La — de la terre, les biens qu’elle produit. || 2. La — du vin, altération qui le rend huileux. ; 3. — de bitume, le bitume purifié.

GRAISSER ;grè-sé] v. tr. et intr.

[ÉTYM. Dérivé de graisse, § 154. || 1539. R. est.]

I. v. tr.

|| 1° Oindre de graisse. — un essieu. — les chaussures, pour qu’elles soient souples. || Fig. — ses bottes, se préparer à partir. — la patte à qqn, lui mettre de l’argent dans la main pour le corrompre. Ne vous laissez pas — la patte, au moins, MOL. Êc. des ?«. III, 4. — le marteau, gagner le portier avec de l’argent. On n’entrait point chez nous sans — le marteau, R.\C. Plaid, I, 1.

|| 2° Tacher de graisse. — ses vêtements.

II. v. intr. Tourner en graisse, devenir huileux. Du vin qui graisse.

  • GRAISSET j^grè-sè] s. m.

[ÉTY.M. Origine inconnue. || XVI« s. Gresset, uons. I, 358, Blanchemain.] || Rainette commune, dite grenouille d’arbre. ‘GRAISSEUR [grè-seur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de graisser, § 112. y XVIe s. Gresseur de bottes, RAB. 11, 30.] || (Technol.) Celui qui graisse. SpéciaU. Ouvrier qui graisse les essieux, les organes des machines. || Adjectivt. Palier —, qui graisse automatiquement l’arbre qu’il supporte.

GRAISSEUX, EUSE [grè-seli, -seIIz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de graisse, § 116. || XV !» s. Substances graisseuses, l. joubert, dans oodef. Compl.]

|| 1° Qui est de la nature de la graisse. Tissu — .

|| 2° Taché de graisse. Dn vêtement — . ‘GRAISSIN [grè-sIIIj s.)n.

[ÉTYM. Dérivé de graisse. S 96. || 1611. COTGR.] || (Pèche.) Écume visqueuse sur la surface de l’eau, à l’endroit ofi les poissons fraient.

GRAMEN [gr ;i-mèn’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gramen, m. S. \\ XIV« s. Geste herbe est en latin appeUee gramen, j. corbichon, Propr. des choses, dans uklb. Hcc. Admis ac.\u. 1762.] || (T. scienlil’.i Herbe à gazon.

GRAMINÉES ^grà-mi-né] .* . /. pl.

[ÉTYM. i :nII)runlé du lat. gramineus. de gramen. || ItSi. TRÉV. Admis ACAU. 1762.

J

GRAMMAIRE 1188 — GRAxNDESSE

|| (Botan.) Famille de plantes monocotylédones ayant pour tige un chaume creux coupé de noeuds, à fleurs en épi.

GRAMMAIRE Jgràm’-mèr ; vieilli, gran-mèr] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. grammatica, grec Ypa !J.u.a- :’.XT,. m. s. de Ypiaaa, lettre, devenu "gramadie, "gramalye, * gramarye, gramaire, §§ 389,405 et 358. écrit avec deux m par réaction étymologique. § 502. (Cf. grimoire.) jj XIIe s. Philippe de Taun En francise raisun Ad estrait Bestiaire, Dn livre, de gramaire, PH. de thaun, Best, début. j

|| 1° Science des règles du langage. La —, du verbe et du nominatif... Nous enseigne les lois, MOL. F. sav. II, 6. — de la langue française, et, ellipt , — française. — générale, science des règles communes à toutes les langues. — particulière, science des règles propres à chaque langue. — comparée, science qui étudie les rapports et les difTérences des différentes langues comparées entre elles. — historique, qui étudie l’histoire de la formation des règles. jl 2° Livre où ces règles sont exposées. Une — latine, française. || P. anal. Livre où sont exposées les règles d’un art, d’une science. La — du dessin.

GRAMMAIRIEN, ‘GRAMMAIRIENNE [grâm’-mèryin, -ryèn’ ; en vers, -ri-...j s. m. et /.

[ÉTYM. Dérivé de grammaire, § 2kl. || XIIIe s. Bons livres anciens Les meillors aus grammairiens, H. d’andeli, Bat. de^ set arts, 95.] || Celui, celle qui s’occupe de grammaire.

GRAMMATICAL, ALE [gram’-mà-ti-kàr adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. grammaticalis, ?n.s. jj 1536. Questions grammaticalles, G. chresti.\N, Philalethes, (° 25, vo."

|| 1° Relatif à la grammaire. Specialt. Analyse grammaticale, analyse des parties du discours.

|| 2° Conforme à la grammaire. Ce tour n’est pas — .

GRAMMATICALEMENT [gràm’-mà-ti-kàl-mau ; en vei’S, -kà-le-...] adv.

[ÉTYM. Composé de grammaticale et ment, § 724. ]\ 1529. On ne paurloit ne escripvoit encores régulièrement ne grammaticalement,

G. TORY, dans DELB. liec.\ || D’une manière grammaticale.

GRAMMATISTE [gràm’-mà-tist’j s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. grammatista, grec vpaaaaT :- ffTT, ;, 7n. s. || 1575. Ce grammatiste Denys, d’espence, Deux notables Traictez, f» 46, r». Admis ACAD. 1798.]

|| 1° (.^.ntiq. grecque.) Celui qui enseignait à lire et à écrire. jl 2° P. ext. Grammairien à idées étroites.

  • GRAMMATITE [gràm’-mà-ttt’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du grec yoiaaa, a-ro ;, lettre, confondu avec Ypaaa-f,, ligne, à cause d’une ligne transversale que présente la cassure des prismes de cette pierre, §282. 11 1801. HAUY, Traita de minéral, III, 227.] || (Minéral.) Amphibole dépourvue de fer et d’alumine.

GRAMME [gràm’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gramma, grec Ypâ(jL[j.a, « lettre

  • , et « poids d’un scrupule ». || 1790. encycl. méth. Antiq. Admis ACAD. 1798, suppl.]

|| 1° (.\ntiq.) Vingt-quatrième partie de l’once.

|| 2° Unité de poids du système métrique, poids d’un centimètre cube d’eau distillée, au maximum de densité.

GRAND, ANDE [gran, grand’ ; le d final se lie avec la valeur de /] adj.

[ÉTYM. Du lat. grandem, m. s. devenu grant, §§ 291 et 412, écrit plus récemment grand par réaction étymologique, § 5iJ2. .\ l’origine, grand est des deux genres, comme le lat. grandem ; la forme grande, formée par analogie, apparaît dès le XIe s. [Roland, 302) et a supplanté la forme traditionnelle , maintenue seulement dans certaines expressions (^ grand faim, grand peine, grand peur, grand merci, grand chose, etc.j et dans quelques mots composés (grand-bande, grand-mère, etc.). ACAD., suivant un fâcheux usage, écrit grand’chose, grand’mère, etc.]

I. ] || 1° Qui passe les dimensions ordinaires (particulièrement en hauteur ou en longueur). Un homme —. Dessiner un personnage plus — que nature. De grandes mains, de grands pieds , de grsmds yeux. Loc. prov. Avoir les yeux plus grands que le ventre, convoiter plus qu’on ne peut manger, boire, etc. Loc. adv. En —, en grande dimension. Reproduire en — une miniature. Un — arbre. Un — fleuve. On — salon. Une grande ville. || P. anal. Qui a atteint toute sa dimension. Petit poisson deviendra —-, l.a f. Fa/j. v, 3. Une grande fille, un — garçon. Les grandes personnes. Famil. Dans un lycée, dans une pension. Les grands, les écoliers les plus âgés. || P. ext. Les grandes eaux, la crue d’un fleuve. P. anal. Les grandes eaux de Versailles, tous les jets d’eau et les cascades qu’on fait jouer à la fois. La fenêtre est grande ouverte. Une grande heure. Deux grandes lieues. Marcher à grandes journées, n fait — jour. Aller au — air. Subslanlivt. Le — de l’eau, le plus haut point où monte la marée.

|| 2° Qui passe la mesure ordinaire en quantité, en qualité. Dn — nombre. Une grande fortune. Un — âge. De grands obstacles. Loc. prov. Petite pluie abat — vent, il faut souvent peu de chose pour calmer une grande effervescence. Aux grands maux les grands remèdes. Frapper à grands coups. Faire un — effort. Un — bruit. Un — silence. De grands talents. De grandes et de terribles leçons, BoSS. R. d’Angl. Substantivt. Aller du petit au —, commencer par de petites choses pour arriver à de plus grandes. Loc. adv. En —, dans de grandes proportions. On veut que l’univers ne soit en — que ce qu’une montre est en petit, fùnten. Plur. des inondes, 1’’’= soir. Faire les choses en —, travailler en — . Specialt. (Marine.) Gouverner en —, mettre le cap en plein dans une direction. || P. anal. Un — savant, un — artiste. Un — fou. Une grande coquette. Specialt. (Théâtre.) Jouer les grandes coquettes, les rôles de jeune femme coquette.

II. || l’J Qui passe le niveau ordinaire, quant au rang, à la condition. Un — personnage. Une grande dame. Dn — seigneur. Pour grands que soient les rois. Us sont ce que nous sommes, coRN. Cid, I, 3. Le — monde, la haute société. || Terme honorifique. Le Grand Seigneur, le Grand Turc. Le

Grand Mogol. Le —duc, la grande-duchesse de Russie. P. anal. Dn —duché. — juge, — chsimbeUan, — chancelier. Le — maître de l’université. Le — prêtre de Jupiter. — officier de la Légion d’honneur. Le — veneur. Le — écuyer, et, ellipt, M. le Grand. || Suhslantirt. Personnage élevé en dignité. Ce seraient paroles exquises Si c’était un — qui parlât, MuL. Ainph. II, 1. De tout temps Les petits ont pâti des sottises des grands, ID. ibid. II, 4. Specialt. Un — d’Espagne, seigneur qui a le droit de rester couvert devant le roi. || Vieilli. Loc. adv. A la grande, à la manière des grands. On ne peut voyager... ni plus agréablement ni plus à la grande, SÉv. 1172.

|| 2° Qui passe le niveau ordinaire quant aux mérites, aux qualités de l’esprit ou du coeur. Dieu seul est —, mas.s.

Louis le Grand. — Dieu ! Un — roi. Grande reine, est-ce ici votre place ? Rac. Ath. II, s. Un — capitaine, un — écrivain, un — peintre. Un — homme, ij Avec un nom propre. Le — Condé. Le — Corneille. Alexandre le Grand. Louis le Grand (Louis XIV). Saint Grégoire le Grand, jj Specialt. Qui a de l’élévation morale. Les grandes âmes. Attale a le coeur — , CORN, \icom. II, 3. De gremds sentiments. || | Subslanlivt. Le —, ce qui est élevé. La fausse gloire ne le tentait pas ; tout tendait au vrai et au —, BOsS. Conde. ‘GRANDAT gran-dà] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grand, § 254. || i 1690. furet. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1718.] || Vieilli. Dignité de grand d’Espagne. (Sjjn. grandesse.)

  • GRAND-BANDE gran-bând’]. v. bande 2.

GRAND-CHAMBRE [gran-chânbr’]. v. chambre.

GRAND-CROIX [gran-krwà]. 1°. croix.

GRAND-DUC gran-dùk’], GRAND-DUCAL [grao-dukàl_,

GRANDE-DUCHESSE [grand -du-chés’ ; en vers, gran-de-... . v. duc, ducal, duchesse.

GRAND-DUCHÉ [gran-du-ché]. v. grand.

GRANDELET, ETTE [grand’-lè, -lèt’ ; en vers, grande-, .. adj. [ktym. Dérivé de grand, § 134. jj XIV« s. Si le brochet... est plus grandelet, Menagier, II, 174.] || Qui commence à devenir grand. On devient grandelette,

LA F. Contes, Coupe enchantée.

GRANDEMENT [grand’-man ;< ? ? ! îe ?’s, gran-de-...] orfr.

[ÉTYM. Composé de grande et ment, § 724. A remplacé l’anc. forme grantment, gramment. || | XIIo s. Puis ne demoura pas granment Qu’il tint concile, beneeit. Ducs de Xorin. 7US8. I XIV* ^ s. Bien loin et grandement arrière, ORESme, Éth. dans littré.]

|| .\u delà de la mesure ordinaire, n s’est — trompé. Faire les choses —, au delà de l’exigé. Avoir — de quoi vivre, plus qu’il ne faut. Il est — temps.

GRANDESSE [gran-dés’] . ?. /".

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. grandeza, ?n. s. § 13. A

GRANDEUR — 1189 — GRAPHITE

remplacé grandat. L’anc. franc, a aussigrandesse, au sens de « grandeur >-, dérivé de grand, § 124. || 1694. th. CORN. grandat. Admis ACAD. 1694.] || Dignité de grand d’Espagne. La — qui lui est échue, ST-SIM. III, 100.

GRANDEUR [gran-deur] s. f.

[ÉTiM. Dérivé de grand, § 110. || XIIc s. Ta poesté et ta grandurs, henkeit. Ducs de \orni. II, 216").] || Garaclère de ce qui est grand. La — de Goliath. La — d’un animal. Globes de feu d’une — inexprimable, la br. 16. Tel astre , qui ne nous paxEIIt qu’un point dans le ciel, surpasse sans proportion toute la — de la terre, uoss. Conn. de Dieu, III, 13. Il (Astron.j Étoiles de première, de troisième —, ainsi dites proportionnellement à leur éclat. Se placer au-dessus des nues et des étoiles de la première —, bouku. Ambition, 1. || P. eut. Dimension dans tel ou tel sens. Deux vases de la même —. Spécialt. Hauteur, stature. Deux tours de même —. l’ifj. Regeirder qqn du haut de sa —, avec dédain. || Absolt. (Sh\.\.\\im .) Quantité continue susceptible d’accroissement ou de décroissement. Euclide définit ainsi les grandeurs homogènes, pasc. Espr. r/com. 1. || La — de sa fortune. La — du péché, de l’offense. || J’entends chanter de Dieu les grandeurs infinies, R.\c. Atli. II, 7. On ne partage point la — souvercdne, ID. Tfiéô. I, s. Ni l’or ni la — ne nous rendent heureux, LA F. l’hil. et Baucis. Cette — périt, j’en veux une immortelle, corn, l’obj. IV, 3. \\ Considérations sur les causes de la — des Romains, montesq. Rom. titre. Nul n’éleva si haut la — ottomsme, rag. Ucij. II, 1. || — et sublimité de génie, uo^s. L’onde. La — de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable , p.\sc. Pens. I, 3. La — des idées. S’ils (mes vers) osent quelquefois prendre un air de grandeur, LA F. Fab. vIII, 4. || Spécialt. Elévation morale. — d’âme. || Spécialt. Titre honorifique. Proposez cet hymen vous-même à Sa Grandeur, CORN. Sicom. II, 4. Titre donné auxé\èques depuis le XVIIe siècle. Votre Grandeur.

GRAND-GARDE [gran-gàrd’]. v. garde.

GRANDIOSE [gran-dyôz’ ; e7i vers, -di-ôz’] adj.

[ÉTï.M. Emprunté de l’ital. grandioso, ?«. s. || 1798. en- CYCL. MÉTII. Beaux-Arts. Admis ACAD. 1835.] || Qui a un caractère de grandeur imposant. Une oeu- Tre — .

GRANDIR [gran-dîr] i". intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de grand, § 154. || XIIIe s. Adès aloit en grandissant, ade.net, Clcomadès, 17918.]

I. r. intr. Devenir plus grand. Cet enfant a grandi. Les blés grauidissent. || Fif/. — en sagesse. Son mérite a grandi.

II. v. tr. Rendre plus grand. Se hausser pour se —. L’imagination grandit les choses. || Fig. Rendre plus élevé (moralement).

Les épreuves l’ont grandi.

  • GRANDIROSTRES [gran-di-rôstr’] s. m. pl.

[ÉTY.M. Composé avec le lat. grandis, grand, et rostrum, bec, §271. Il Néolofj.] || (Hist. nat.) Famille d’oiseaux grimpeurs, à long bec.

GRANDISSIME [gran-dis’-sim’i adj.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. grandissime, superlatif de grande, grand, § 12. L’anc. franc, emploie qqf grandisme et même grandissime au même sens, d’après le lat. grandissimus. \\ 1530. daigue, l’ropr. des tortues, Au lecteur. Admis ACAD. 1762.] || Très grand. En — doute, poussin, Lett. janv. 1638. ‘GRAND-MAMAN [gran-mà-man]. v. maman.

GRAND-MÈRE [gran-mérj. v. mère.

GRAND-MESSE [gran-mès’]. v. messe.

GRAND-ONCLE [gran-tônkl’l. ]’. oncle.

GRAND-PÈRE [gran-pèr]. v. père.

GRAND-RUE [gian-ru]. v. rue.

GRAND-TANTE [gran-tânt’]. v. tante.

GRANGE ;grânj’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. gr^a, m. s. dérivé- de granum, grain, S§ 67, 356 et 291. On trouve concurremment en anc. franc, granche et grange, ce qui semble indiquer Texistence en lat. pop. de * granlca [V. § 77) à cùté de ‘grgnia. || XII" s. Bore ne vile, maison ne grange, ueneeit, Ducs de Norm. dans dei.b. Bec]  ! || Lieu où on serre les gerbes, où on bat le blé. Battre en — .

GRANIT [grà-nïf ; selon qqns, grà-ni] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. granito, m. s. proprt, « à grains ». § 12. [j i6’.H). furet. Admis ACAD. 1762.] || (Géologie.) Roche ignée, de feldspath, de mica, de quartz, réunis en masse compacte. (Cf. gneiss.) I || P. appos. Fifj. Papier de tenture —, à grains imitant le granit.

GRANITET.I .F. [grà-ni-tèl] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. granitello, m. s. diminutif de granito, granit, § 12. || 1732. tkév. Admis ACAD. 1762 et considéré à tort comme adj.] || (Technol.) Variété de granit à petit grain.

  • GRANITER [grà-ni-té) ; v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de granit, g 154. || Néolog.] || (Technol.) Moucheter de manière à imiter le granit ‘GRANITIER [grà-ni-tyé] s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de granit, § 115. || Néolog.] || (Technol.) Ouvrier qui travaille le granit.

GRANITIQUE [grk-ni-tîk’j adj.

[ÉTY.M. Dérivé de granit, g 229. || XVIIIe s. buff. Aimant. Admis ACAD. 18.35.] || (Géologie.) Qui est de la nature du granit. Terrain — .

GRANIVORE [grà-ni-vor] adj.

[ÉTYM. Composé avec le lat. granum, grain, et vorare. dévorer, g 273. || | xyIII* s. buff. Sat. des oiseaux. Admis .\CAD. 1878.] || (T. didact.) Qui se nourrit de grains. Les oiseaux granivores, et, suhstantivt, Les granivores.

GRANULAIRE [grà-nu-lér] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. granulum, petit grain, § 248. || Néolog. Admis ACAD. 1878.] || (T. didact.) Qui est en petits grains. (Cf. granuleux.)

GRANULATION [grà-nu-là-syon ; eji vers,-sï-on]s. f.

[ÉTYM. Dérivé de granuler, § 247. || 1690. furet, .\dmis ACAD. 1762.] || (T. didact.)

|| 1° Agglomération en petits grains.

|| 2° P. anal. \ 1. Saillies des follicules hypertrophiés du pharynx et du larynx. — de la gorge. || 2. Petites tumeurs à la surface des membranes séreuses irritées.

GRANULE [grà-nul] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. granulum, m. s. \\ Néolog. Admis ACAD. 1878.] || (T. didact.) Petit grain. Spécialt. || 1. (Botan.) Corps reproducteur (chez les cryptogames). || 2. (Pharm.) Pilule extrêmement petite. Granules homéopathiques.

GRANULER [grà-nu-lé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé du lat. granulum, petit grain, §266. t || 1611. coTGR. Admis ACAD. 1762.]  !] Technol.’Réduire en granules. || 1. En divisant. — du plomb. I 2. Eu agglomérant. — la poudre de guerre.

GRANULEUX, EUSE [grà-nu-leII, -\em ] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. granulum, petit grain, g 251. || XVIe s. Tubercules granuleux, paré, XXII, 10. Admis ACAD. 1835.]

|| 1° (T. didact.) Qui présente de petits grains. (Cf. granulaire.)

|| 2° (Médec.) Qui produit des granulations. ‘GRAPELLE. v. grappelle.

  • GRAPHIE [grà-fi] s. f.

[ÉTYM. Dérivé du grec ypiïJiv, écrire, décrire, § 282. || Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1835.] || (T. didact.) Description, représentation graphique.

GRAPHIQUE [grà-fîk’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du grec Ypa : ; ;xô ;, de voi^eiv, dessiner, écrire. || Admis ACAD. 1762.] || (T. didact.) l] 1° Qui trace au moyen du dessin. Représentation — d’un plan. L’art —, et, suhstantivt. \ 1. Le —, l’art du dessin anpliqué aux sciences. || 2. La —, le dessin. || /* . e.rt. Procédés graphiques, système de tracés pour représenter des plans, des coupes de machines, etc. Dn dessin —, e\,substantivt,\in^ —, tracé d’une coupe, d’un plan , etc. Spécialt. Tracé décrit par un appareil enregistreur.

|| 2° Néolog. Qui arapportà la représentation des sons par l’écriture. Signes, caractères graphiques.

GRAPHIQUEMENT [grà-fik’-man ; en vers, -fi-ke-...]

[ÉTYM. Composé de graphique et ment, § 724. || Admis .\cad. 1762.] || (T. didact.) Par procédés graphiques.

GRAPHITE [grà-nt] s. m.

[ÉTYM. Dérivé du grec ypâvS’.v, dessiner, écrire. §282. (Cf. graUite.) || 1801. hauy. Traité de minéral, IV, 98. Admis ACAD. 1878.] || (Minéral.) Substance, dite aussi mine de plomb, plombagine, dont on fait des crayons.

GRAPHOLOGIE 1190 GRAS-DOUBLE

  • GRAPHOLOGIE [grà-fô-lù-gi] s. f. ^ ^

[ÉTYM. Composé avec le grec ypi-^ei^, écrire, et Xôvo ;, discours. § 275. || Mot dû à l’abbé michon (1868).] (I (T. didact.) Élude du caractère des gens d’après leur écriture.

GRAPHOBIÈTRE [grà-fo-mètr’] s. ni.

[ÉTYM. Composé avec le grec ypauT,, ligne, et [xÉTpov, mesure, § 279. || 1597. Déclaration de l’usage du graphometre, PH. DANFRiE, tllrc. Admis ACAD. 1762. J || (Technol.) Demi-cercle à pinnules et alidade, pour mesurer les angles dans l’arpentage, le lever des plans.

  • GRAPIGNAN [grà-pi-nan] s. m.

[ÉTY.M. Nom propre (tiré plaisamment du radical de grappin, grappiller) d’un procureur mis à la scène dans

La Matrone d’Éphèse (1682), comédie du répertoire des

Italiens, § 36. || 1683. Les procureurs ne passent aujourd’hui que pour des Grapignans, Arlequin Prothée.] || P. plaisant. Vieilli. Procureur. Insigne — ou fripon, c’est tout un, PU. POISSON, Proc. arb. se. 1.

GRAPIN. v. grappin.

1. GRAPPE [grâp’j s. f.

[ÉTYM. Paraît d’origine germatn. §§ 6, 498 et 499. Cf. l’allem. moderne krapf, anc. haut allem. chrapfo, crochet.

Le mot a été emprunté avant le changement de pp en pf dans les langues germaniques. Le picard et le champenois ont conservé la gutturale forte et disent crappe. || XIIe s. La u la grape vait, pu. de thaun, Best. p. 105.] 1. (Technol.) Crochet, crampon. || Specialt. Crampon soudé aux fers d’un cheval pour l’empêcher de glisser.

II. P. anal. \\ 1° Assemblage de fleurs, de fruits étages sur un pédoncule commun. Grappes de glycine, de raisin. || Vin de —, qui sort de la grappe non foulée. Mordre à la —, à même, sans détacher les grains, et, fig. accepter en bloc tout ce qu’on propose.

|| 2° Ce qui est en forme de grappe. — marine, variété d’algue. Glandes en —. (Art vélérin.j Grappes, excroissances autour du paturon chez le cheval, le mulet. (Cf. râpes.) ||

Grappes d’oeufs (d’oiseau, de seiche, etc.). || Sachet de balles, pour tirer à mitraille. 2. "GRAPPE [gràp’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du holland. krap, garance, § 10. || , 1784. ENCYCL. MÉTH. Arts et manuf.] || (Technol.) Racine de garance réduite en poudre, dite — de Hollande, et, p. appos. Garance — .

  • GRAPPELLE [grà-pèl] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de grappe, crampon, § 126. || w\<^ s. Petite bardane ougrappelle, uu pl.net, Dioscoride, dans uelu. liée] || Dialect. Nom vulgaire du graleron, de lalampourde, etc., plantes qui s’accrochent.

GRAPPILLAGE [grà-pi-yàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grappiUer, § 78. || 1537. De ceste vendange prens ce grappillage, UE la grise, Lett. de Marc-Aurèle, dans DELB. liée. Admis ACAD. 1878.] || Action de grappiller. P. anal. ^Technol.) Exploitation d’une mine (de plomb) en recueillant seulement le minerai qui vient à la surface.

GRAPPILLER [grà-pi-yé] v. intr. et tv.

[ÉTYM. Dérivé de grappe, § 161. || 1564. J. Thierry, Dict. franç.-lat.] || l" v. intr. Cueillir les grappillons laissés par les vendangeurs. || Firj. Faire de petits profils sur ce dont on a la gestion. L’aînée se mêlait tant qu’elle pouvait de la dépense, grappillait dessus, èT-Sl.M. II, 293. || 2o v. tr. Prendre en grappillant. L’argent qu’U a grappillé. Fig. GrappiUant les endroits plaisants, sÉv. 1245.

GRAPPILLEUR, EUSE [grà-pi-yeur, -yeIIz’]^. m. et/’.

[ÉTYM. Dérivé de grappiUer, g 112. || 1611. COTGR.] . Il Celui, celle qui grappille.

GRAPPILLON [grà-pi-yon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grappé, § 207. || 1611. COTGR.] || Partie de grappe ou petite grappe. Un — de raisin.

GRAPPIN ou GRAPIN [grk-pin] i". vi.

[ÉTY.M. Parait emprunté du provenç. moderne grapin ou grapU, m. s. dont le radical est le même que celui de grappe, § 12. COTGR. donne concurremment grappU et grappin. || 1382. Grappins a quatre amares, dans DELB. liée.]

|| 1° (Marine.) Crochet d’abordage. Jeter, mettre le — sur un bâtiment. || Fig. Mettre le — sur qqn, l’accaparer. || 2o (Marine.) Ancre de chaloupe à plusieurs pointes recourbées. Noeud de —. Mouiller le — .

|| 3° (Technol.) Instrument pour séparer, dans le pressoir, le grain de raisin de la rafle. || Instrument pour enlever les impuretés du verre en fusion. || Fer recourbé du ramoneur pour racler la suie. || Crochet qu’on fixe aux pieds pour monter sur les arbres.

  • GRAPPINER [grà-pi-né] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grappin, § 154. L’anc. franc., a grapiner (tiré directement de grappe) au sens de grappUler. || 1722. de bacqueyille de la potherie, Hist. de l’Amérique sept. I, 70.]

|| 1° (Marine.) Saisir (un vaisseau) avec le grappin. || 1<^ (Technol.) Oter les bavures du verre en fusion.

  • GRAPPINEUR [grà-pi-neur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grappiner, § 112. || 1765. encycl. verrerie.] || (Technol.) Ouvrier qui grappine le verre en fusion.

  • GRAPPU, UE [grk-pu] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grappe, § 118. || XVI« s. Grappu comme un raisin, du pinet, Dioscoride, I, 108, édit. 16(J5.] || (.\gricult.) Chargé de grappes. Vigne grappue.

GRAS, ASSE [grd, gras’] adj.

[ÉTYM. Du lat. crassum, ;«. s. devenu cras, § 291, puis gras, sous l’influence de gros, § 509. Beaucoup de patois conservent la forme cras, quoique le lat. pop. ait de bonne heure dit grassum pour crassum.]

I. Il 1° Qui renferme de la graisse. Les parties grasses du corps de l’homme, des animaux. Les corps —. || Spécialt. Aliments —, la viande et ce qui est accommodé avec du jus de viande ou de la graisse. Choux —, accommodés à la graisse. Fig. Famil. Faire ses choux — de qqch, s’en accommoder volontiers. Régime — , composé d’aliments gras. Soupe grasse, bouillon —, fait avec de la viande. L’usage des aliments — est interdit par l’Église à certains jours. Eaux grasses, eaux de vaisselle qui contiennent des restes de graisse, de jus. || Substantiel. Le —. || 1. La partie grasse de la viande. Le — et le maigre de la viande. || 2. Les aliments gras. Préférer le — au maigre. Adverbl. Manger —. Fîdre —. || 3. Manière d’accommoder les aliments avec du jus de viande, de la graisse. Du riz au —. || P. ext. Jours —, où il est permis de faire gras. Spécialt. Les jours —, qui précèdent immédiatement le carême. Samedi, dimanche, lundi, mardi —. Une cause grasse (dite autrefois cause de carêmeprenant), réservée pour les jours gras, et, p. ed-t. cause graveleuse.

|| 2° P. ext. Qui a de la graisse en abondance. Un homme —, une femme grasse. Être — à lard. P. plaisant. — comme un moine, comme un chanoine. Il devint gros et —, L.\ F. Fab. VII, 3. Un chapon —. Un boeuf —. Spécialt. Le boeuf —, boeuf engraissé qui figurait dans le cortège du carnaval. || Fig. Tuer le veau — (par allusion à la parabole de l’Enfant prodigue), servir ce qu’on a de meilleur pour fêter le retour de qqn. || Substa ?itII-t. Tourner au —, commencer à prendre de la graisse. || — de cadavre, corps gras qui se forme par la décomposition des substances animales.

|| 3° Oint de graisse. Avoir les cheveux —. Frotter avec un linge —. || Taché de graisse. Le col de son habit est — .

II. P. anal. \\ 1° Qui a une consistance onctueuse. Fromage —, fait avec le lait non écrémé. Terre grasse, terre forte, tenace. Une boue grasse. P. ext. Le pavé est —, couvert d’une boue grasse. Famil. Il fait — à marcher. Vin — , devenu huileux. || Substantivt. Le —. || 1. Etat d’altération du vin. Ce vin tourne au —. || 2. Maladie des vers à soie, qui rend la chenille onctueuse et l’empêche de filer. || P. ext. Avoir la poitrine grasse, expectorer beaucoup de mucosités. Toux grasse, oII l’on expectore beaucoup de mucosités. Avoir la langue grasse, le parler —, et, adverbl, Parler —, parler d’une manière pâteuse. Spécialt. Grasseyer. (V. ce mot.)

|| 2° P. ext. Épais. Plantes grasses, à feuilles charnues. Pièce de bois grasse, épaisse. yCf. amaigrir, démaigrir, délarder, i Bois —, dont le tissu est mou. Peinture, couleur grasse, en couches épaisses. || Substantivt. Le — de la jambe, la partie charnue, le mollet. || Fig. || 1. Abondant. Lessive grasse, où il y a beaucoup d’alcali. Chaux grasse, qui foisonne. De grasses moissons, de — pâturages. Dormir la grasse matinée, fort avant dans la matinée. Trivial. Adverbt. Il y aura —, il y aura large prolil. || 2. Libre, grossier. Avoir le parler —, grasseyer. Adverbt. Pai-ler —, dire des mots trop libres. Des contes — .

GRAS-DOUBLE [grâ-doubl’J s. m.

GRAS-FONDU 1191 GRATTELLE

[ÉTYM. Composé de gras et double, § 173. || 1611. c.otgr. Admis ac.»lD. 1762.] || (Boucherie.) Membrane de l’estomac du boeuf. Dn plat de — .

GRAS-FONDU [grd-fon-du] adj. et s. m.

[ÉTYM. Composé de gras et fondu, § 195. (Cf. l’anc. verbe se graisse-fondre, COTGR.) || 1()(34. Chevaux gras-fondus, SOLLKYSKi-, Parf. Mareschal, p. IV.U. Admis acau. 1798.] || Adj. (Art vétériri.) .\lteitit de f^^ras-fuIIdure. || Ahusivt. S. m. Gras-fondure. C’était un homme. . qui... précisément, comme un cheval, mourut de —, st-sim. vi, 165.

GRAS-FONDURE [gni-foII-dur] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gras-fondu, § 111. || 1664. solleysel, Parf. Marc.< !chal, p. 390. Admis ACAD. 1762.] || (Art vétérin.) Entérite du cheval qui produit l’amaigrissemont. || /* . e.rt. Embonpoint maladif.

GRASSEIVIENT [(,’râs’-man ; en vei\t, grâ-se-...] adv.

[ÉTYM. Composé de grasse et ment, § 724. || XIV« s. Ils deussent avoir en plus grassement, beksuire, fo 22, dans

LITTRl^ ;. || || || Famil. D’une manière grasse, large. Vivre, payer — .

GRASSET, ETTE [grà-sè, -set’] adj. et s. m. et /’.

[ÉTY.M.’Dérivé de gras, § 133. || XII<= s. Tant l’a trové plain et craset, Partenopeus, I, p. 44, Crapelet.]

I. Adj. Famil. Un peu gras.

II.

|| 1° .S. m. (Art vétérin.) Chez le cheval, le boeuf, partie molle qui entoure la rotule. || (Boucherie.) Chez le boeuf, maniement graisseux (dit aussi hampe) entre le bas du ventre et l’extrémité antérieure de la cuisse.

|| 2° s. f. Grassette. Plante herbacée qui croît dans les terrains marécageux et qui contient un pi’incipe purgatif.

GRASSEYEMENT [grà-sèy’-man] s. 7n.

[ÉTY.M. Dérivé de grasseyer, g 145. || 1701. kcret. Admis ACAD. 171.S.] || Manière de prononcer de celui qui grasseyé.

GRASSEYER [grà-sè-yé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gras, § 163. || 1530. Il grassie un petit, PALSGR. p. 612. Admis ACAD. 1718.] || Prononcer de la gorge la lettre r.

  • GRASSEYEUR, EUSE [grà-sè-ycur, -yeliz’] .s\ m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de grasseyer, § 112. || 1752. tuÉv.J || Celui, celle qui grasseyé.

GRASSOUILLET, ETTE [grà-sou-yè, -yet’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gras, § 134. || 1680. richel.J || Famil. Qui a un léger embonpoint.

  • GRAT [grà] s. m.

[ÉTYM. Subst. verbal de gratter, § 52. || xV s. Au grat, la terre est dégelée, Dial. de Baillevent et Slalepaie.] || .Anciennt. Endroit où les poules grattent et picorent. || Fig. Vieilli. Envoyer qqn au —, reconduire.

GRATERON [grat’-ron ; en vers, grà-te-... ! s. m.

[ÉTYM. Altération, par étymologie pop. (1’. § 509\ de gleteron. (v. ce mot et cf. glouteron.) || XV«s. Spargula, c’est une herbe commune que l’on appelle ruelle en aucuns païs, en autres grateron, tirant Herbier, 452.] || Nom vulgaire de plusieurs plantes accrochantes.

  • GRATICULE [grà-ti-kul] s. f.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. graticola, m. s. qui est le lat. craticula, « petit gril », § 12. On dit aussi craticule, sous l’in-

Jluence du lat. || 1701. furet, graticuler.] || (Technol.) Châssis préparé pour réduire un tableau.

GRATICULER [grà-ti-ku-lé] v. tv.

[ÉTYM. Emprunté de l’ilal. graticolare, /«. s. § 12. On dit aussi craticuler. || 1671. Craticuler, le i>. chérubin, Dioptr. ocul. p. 2.38. Admis ACAD. 1798.] || (Technol.) Diviser (une peinture, un dessin) en carrés, et former un même nombre de carrés sur une toile, pour y reproduire l’original.

GRATIFICATION [grà-ti-fi-kà-svon ; en vers, -si-on] X f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratiflcatio, m. s. || 1362. Gratification a des compagnons qui l’aidèrent, dans dei.u. Rec.’ || .\rgent donné à qqn, comme témoignage de salisfaction, en dehors de ce qui lui est dû pour son travail.

GRATIFIER [grà-ti-fyé ; en vers, -ti-é] v. tr.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratificare, vi. s. \\ XVI« s. Pour gratifier a sa tendre espousee, ho.n. des I’i :r. Shuv. 12.3.] || Em-ichir d’une libéralité. FIIj. Des titres d’honneur dont il vient de — quelques grands, i.a hr. Disc, à l’Acad. || --16- .solt. Gens que le Ciel chérit et gratifie, LA F. FaO. IV, 5.

GRATIN [grà-tin] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 96. H 1606. NicoT. Admis ACAD. 1718.]

|| 1° Partie de certains mets qui s’attache et rissole sur les parois du vase en cuisant. Le — de la bouillie.

|| 2° P. anal. Cuisson de certains mets recouverts de chapelure, qu’on fait rissoler. Sole i* i —. \\ P. ext. Mets ainsi préparé. Un — de pommes de terre.

  • gratiner [grà-ti-néj v. intr.

[ÉTYM. Dérivé récent de gratin, §§ 64 et 154. || Nt<olog.^

|| 1° Rissoler et s’attacher en cuisant sur les parois du vase. La bouillie a gratiné.

|| 2° Faire rissoler. Une sole gratinée.

GRATIOLE [grà-syùl ; en vers, -si-ol] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratiola, diminutif de gratia, grâce ; la gratiole est appelée au moyen âge gratia Dei, grace-Dieu (Grant Herbier, 220^. || XVIe s. La gracioUe, cl. DARiOT, dans DELB. Rec. .Admis ACAD. 1762.] || (Botan.) Plante de marais de la famille des Scrofulariées, légèrement purgative, dite herbe à pauvre homme.

GRATIS [grà-tis’] adv.

[ÉTYM. Emprunté du lai. gratis, m. s. || XV<= s. La court... en auroit son gratis pour clore ses yeux, chaSTELl. Chron. III, 95, Buchon.] || Sans avoir rien à payer. \Syn. gratuitement.) La justice, dit-on, devait se rendre —, vim.t. Lelt. à Richel. 25 janv. 1775. Il Ellipt. Un spectacle —, où l’on entre sans payer. || P. plaisant. Fi ;/. — est mort, plus d’amour sans payer,

LA F. Contes, A femme avare. \\ Vieilli. Substantivt. \ 1. Collation gratuite d’un bénéfice par le saint-siège. || 2. Enseignement gratuit dans les anciennes universités.

GRATITUDE [grà-ti-tud’] .• ;. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratitudo, m. s. || 1445. Pour recongnoissance et gratitude d’un si haut bien, dans GODEF. Compl.^ || yentiment all’eclucux pour celui dont on est l’ubligé. (Syn. reconnaissance.) Ce n’était, après tout, que bonne intention, —, uk F. Contes, F. du roi de Garàe. ‘GRATTAGE [grà-tàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 78. || 1788. Pratique générale du grattage, salmon. Art du potier d’élain, p. 140.] || Action de gratter. Le — de la façade d’une maison. ‘GRATTE [grât’J * -. / :

[ÉTYM. Subst. verbal de gratter, § 52. [ || 1786. encycl. MÉTH.]

|| 1° (Marine.) Plaque de fer triangulaire adaptée à un manche pour gratter (le pont d’un navire, la carène).

|| 2° Fifj. Famil. Ce que recueillent des ouvriers, des domestiques, en grappillant, en faisant de petits prolits.

  • GRATTEAU [grà-tô] S.)n.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 126. || 1752. trév.] || (Technol.) Instrument d’acier du doreur, du fourbisseur, pour gratter les pièces avant de les dorer.

  • GRATTE-BOESSE [grât’-bwes’ ; en vers, grà-te-...] s.f.

[ÉTYM. Compose de gratte (du verbe gratter et boesse, forme dialectale de brosse, § 209. || XVI’^-XVIIe s. Gratte-bosse pour gratte-boisser l’ouvrage, e. ulnet, Merv. de la nat. p. 115.] || ^Technol.) Espèce de pinceau fait avec des fils de laiton déliés, dont se sertie doreur, pour étendre l’amalgame d’or et de mercure, pour nettoyer une pièce, etc. ‘GRATTE-BOESSER ^gràt’-bwè-sé ; en terj,grk-te-...] v. tr.

[ÉTY.M. Dérivé de gratte-boesse, § 154. || v. gratte-boesse.] || (Technol.) Frotter avec la gratle-boesse.

GRATTE-CUL [grat’-ku ; en vers, grà-te-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de gratte (du verbe gratter) et cul, § 209. || XVI"‘s. La rose à la parfin devient un gratecu, rû.ns. I, 191, Blanchemain.]

I. Nom vulgaire du fruit de l’églantier (rosier sauvage, garni d’une bourre piquante. Fiy. Ses beautés s’étaient tournées en —, ST-.siM. m. 346.

II. Vieilli. Nom vulgaire du muscle qui fait mouvoir le bras de haut en bas.

GRATTELEUX, EUSE [grâl’-leu, -leuz’ ; en l’C’vs gràte-...] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gratteUe, §,« 65 et ilO. [j XIII’^ s. Rongneux et grateleux, J. de mklm ;, Trst. 181.] || Fa/nil. Qui a la gratlelle.

GRATTELLE [grà-tèlj s. f.

GRATTEMENT — 1192 GRAVELURE

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 126. || 1545. Rougnes blanches et autres gratelles, G. GUÉROULT, dans DELB. Rec] || Famïi. Gale lég-cre.^ ‘GRATTEMENT [grat’-man ; en verft, grà-te-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 145. jj XVI’= s. Gratement d’oreilles, N. DU FAiL, dans GODEF. CompL] ||

Hare. Action de gratter.

GRATTE-PAPIER [grat’-pà-pvé ; en vers, grà-te-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de gratte (du verbe gratter) et papier, § i ;09. || 1622. Une infinité de gratte-papiers, SOREL, Frajicion, p. 171. Admis ACAD. 1835.] || Fumil. Expéditionnaire, copiste. [Cf. fesse-cahier.)

GRATTER [grà-té] v. tr.

[ÉTYM. Mot d’origine germanique, §§ 6, 498 et 499 ; cf. l’allem. moderne kratzen, m. s. qui remonte à une forme antérieure * kratton. (Cf égratigner.) || XII<= s. S’i grate tant qu’il s’i anserre, CHRÉTIEN detroyes, Cheval, au lion, ^Çi\.2.] || Frotter en raclant la superficie. — la façade d’une maison (pour la nettoyer). — le métal, le décaper. — ce qui est écrit, l’effacer. (Agricult.) — la terre, labourer superliciellement. /’. hyperb. Fig. J’aimerais mieux — la terre avec mes ongles, faire le travail le plus pénible. || — un endroit qui démange (avec ses ongles). Se — l’oreille, la tête (pour se donner une contenance). Je lui disais donc, en me grattant la tête. Que je voulais dormir, rag. Plaid, I, 2. Fig. Famil. Il le gratte par où il se démange (il caresse ses faiblesses), MOL. B. genf. III, 4. — l’épaule à qqn, — qqn, le tlalter. Ses contrôles perpétuels... ne sont rien que pour vous — et vous faire sa cour, MOL. .1/’. III, 1. || Loc. prov. Un âne gratte l’autre , deux ignorants se tlattent l’un l’autre. Ces ânes, non contents de s’être ainsi grattés, LA F. Fah. XI, s. Un cheval qui gratte la terre du pied (par impatience), et, absolt, fig . M. de Grignan... commence à — du pied (à montrer de l’ardeur), sÉv. 235. || Une poule qui gratte dans le fumier. || Famil. — de la guitare, pincer les cordes. || — à la porte, pour faire entendre qu’on désire entrer. Grattez du peigne à la porte De la chambre du roi, MOL. Remevc. au roi. || Famil. Il trouve à — surtout, à grappiller. (Cf. gratte.)

  • GRATTEUR, EUSE [grII-teur, -teùz’] s. m. et/’.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 112. || XIII» s. Ne trovission un grateor, mOiNt.\iglon et ray.n.\ud, Rec. de fabliaux, in, 375, var.] || Celui, celle qui gratte. Le — répondit, st-sim. II,264. Des gratteurs de papier, a. barbier, dans Rev. des Deux Mondes, mai 1865, p. 499.

GRATTOIR [grà-twàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 113. (Cf. gratteau.) || 1611. coTGR. Admis ac.\d. 1762. J || Instrument qui sert à gratter. Specialt. \ 1. Canif à lame arrondie qui sert à gratter l’écriture. || 2. Grille pour gratter les chaussures au seuil d’une maison. ‘GRATTOIRE [grà-twar] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 113. || XVI« s. DU pinet, Dioscoride, dans godef.] || (Technol.) Outil de serrurier pour dresser, pour arrondir les anneaux des clefs et autres pièces de relief.

  • GRATTURE [grà-tùr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gratter, § 111. || xm" s. Leletre estgratee etrescrite el lieu que le grature fu, beauman. XXXV, 9.] || (Technol.) Ce qui tombe d’une surface qu’on gratte.

GRATUIT, UITE [grà-tui, -tuit’ ; beaucoup prononcent -tuït’au masc. comme au l’ém.] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratuitus, m. s. || XVI’= s. Libéralité gratuite, amyot, OEuvr. »ior. Mauv. honte, 9.] || Dont on jouit sans payer. École gratuite. L’enseignement — et obligatoire. Consultations gratuites. || P. e.rt. Donné bénévolement. Accorder des dons gratuits au roi pour les besoins de l’État, volt. .S. de L. XIV, 25. Loc. adv. A titre —, sans avoir rien à payer. || Fig. Non inoli\é. Supposition, méchanceté gratuite.

GRATUITÉ [grà-tui-té] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gratuitas, m. s. || XIV» s. Chil ont gratuités et de debtes s’aquitent, Gilles li muisis, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || Caractère de ce qui est gratuit. — de l’enseignement.

GRATUITEMENT [grà-tuit’-man ; en vers, -tui-te-...] adv.

[ÉTYM. Composé de gratuite et ment, § 724. || 1400. Servir gratuitement, dans DELB. Rec] || D’une manière gratuite. Il a été élevé —. Un malade soigné —. || Fig. Sans motif. Supposer — le mal.

GRAVATIÉr [grà-và-tyé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gravats, § 115. || Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Charretier qui enlève les gravats.

GRAVATIF, IVE [grà-và-tïf’,-tiv’] adJ.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gravare, peser, § 257. || XIV= s. Se la douleur est gravative, Trad. de B. de Gordon, dans

GODEF. Admis ACAD. 1835.] || (Médec.) Qui produit un sentiment de pesanteur.

GRAVATS [grà-va] etGRA’VOIS [grà-vw<â] s. m. pl.

[ÉTYM. Dérivé de grève, §§ 65, 121 et 131. [Cf. gravelle, gravier.) || XII* ^ s. Fors issirent sor le gravoi, Melion, 447, dans Zeitschr. filr roman. Philol. 1882, p. 100. ACAD. admet gravois en 1694, gravas en 1718 et gravats en 1798.] || (Technol.)

|| 1° Partie du plâtre qui reste quand on l’a tamisé. Battre les —, pour les écraser, et, fig. manger les restes.

|| 2° P. anal. Plâtras, pierres provenant de démolitions..

GRA’VE [gràv’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gravis, m. s. [Cf. le doublet grief, de formation pop.) || XV* s. De acu en grave. Fauconnerie d’Albert le Grand, dans DELB. Rec]

I. Vieilli. Qui tend vers le centre de la terre, en vertu de la pesanteur. [Syn. pesant.) Les corps graves, et, ellipt,

Les graves. Les lois de la chute des graves.

II. Fig. Il 1° Qui a de l’importance. Un auteur —. Pour me servir des paroles fortes du plus — des historiens, Boss. D. d’Orl. Une — autorité. Parmi plusieurs graves avertissements, BOSS. Justice, 2. Le cas est —. Une faute —. Une blessure — .

|| 2° Qui donne de l’importance aux choses. [Syn. sérieux.) Toujours — dans les affaires, Boss. Le Tellier. Un — magistrat, p.\sc. Pens. III, 11. Parler d’un ton —. Garde-toi de rire en ce — sujet, boil. Lutr. 1. Subslantivt. Le —, le genre grave. Passer du — au doux, du plaisant au sévère, BOIL. Art p. 1.

III. P. anal. \\ 1° (Musique.) Qui appartient aux degrés inférieurs de l’échelle musicale (^par opposition à aigu). Un son —. Subslantivt. Aller du — à l’aigu.

|| 2° (^Gramm.) Accent — (tourné de gauche à droite), qui donne à la voyelle e un son ouvert (grève), ou sert à distinguer certains mots homonymes (la article et làadv.).

  • GRAVELAGE [gràv’-làj’ ; en vers, grà-ve-...]s. în.

[ÉTYM. Dérivé de graveler, § 78. || Néolog.] || (Technol.) Action de graveler.

GRAVELÉE [gràv’-lé ; en vers, grà-ve-lé] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gravelle, §§ 65 et 118. On trouve anciennement clavelée, altération inexpliquée. || XIII" s. Cendre clavelée, E. boileau, Livre desmest. II, I, 21. || 1585. Cendres gravelees, Ordonn. dans littré.] || (Technol.) Cendre —, et, substantivt, —, cendre provenant de la lie de vin brûlée, carbonate brut de potasse. ‘GRAVELER [gràv’-lé ; en vers, grà-ve-lé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gravelle, g§ 65 el 154. || Néolog.] || (Technol.) Sabler. — une allée.

GRAVELEUX, EUSE [gràv’-leII, -leuz’ ; en vers, grave-...] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gravelle, §§ 65 et 116. || XIV"^ s. Noire pierre graveleuse, JEU. UE le mote. Regret Guillaume, 1448.]

|| 1° Qui contient du gravier. Les (terres) argileuses et les graveleuses, fén. Exist. de Dieu, I, 2. || P. anIIl. Urine graveleuse, chargée de concrétions, et, p. ext. substantivt, Un —, une graveleuse, celui, celle dont l’urine est graveleuse. (v. gravelle.) il 2° Fig. Qui contient des choses licencieuses. Dn conte — .

GRAVELLE [grà-vèl] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grève, §§ 65 et 126. || XIIe s. Gravele de mer, Psaut. d’Orf. lxXVII, 28.]

|| 1° Anciennt. Gravier.

|| 2° P. ext. Concrétion qui se forme dans les reins. || P. ext. Maladie où ces concrétions chargent l’urine.

|| 3° P. anal. Tartre, lie de vin desséchée, dite en certaines provinces vimpierre. (Cf. gravelée.)

GRAVELURE [gràv’-lùr ; en vers, grà-ve-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de graveleux, § 111. || XVIIe-XVIIIc s. v. à l’article. Admis ACAD. 1718.] || Propos graveleux. Comédies pleines de gravelures et de gros sel, LES. Diable boit. 13.

GRAVEMENT 1193 — GREBE

GRAVEMENT [grIIv’-man ; en vers, prà-ve-...] adv.

[ÉTYM. Compose de grave et ment, § 724. ! || 1039. r. est.] (I D’une manière giave. (Sjjn. sérieusement.) Cydias... débite — ses pensées quintessenciées, la ur. s. || Il est — compromis, lia été — blessé.

GRAVER [f,n-à-vé] v. tr.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. graban, allem. moderne graben, m. s. gS ; 6, 418 et 499. Signifie spe-cialenienten anc. fi’anç. <(tracer une raie dans les cheveux ». \\ XII" s. Au mireour s’est gravée et pignie, Bovon de Ilanslone, dans gouef.]  !• Tracer sur une matière dure, au moyen d’un l)u-  :-in, d’un ciseau (une fi),nire, une inscription, etc.). II grava sur leur marbre Ce que je viens de raconter, i.a k. Fa/j. XI, 8. i Spcciall. Tracer sur une planclie de métal ou de I)ois une copie d’un tableau ou d’un dessin, de la musique, etc., pour la reproduire à un certain noml)re d’exemplaires. On portrait gravé au burin, à l’eau-forte. || Ahsolt. — en creux, en relief. — sur bois, sur cuivre. Dne pierre gravée, l’ifj- Avoir la figure gravée (luar(iuée) de petite vérole. [ || /’. anal.

Les fibres du cerveau sur lesquelles ces images doivent être gravées, malebr. Hech. de la rérilé, II, I, 1.

II. Firj.

|| 1° Rendre manifeste dans qqch l’idée d’une personne, d’une chose. La nature ayant gravé son image et celle de son auteur dans toutes choses, PA^G. Pens. I, 1. Ses rides sur son front ont gravé ses exploits, CORN. Cid, I, 1.

|| 2° Rendre qqch (hirable dans l’esprit, dans le coeur.

Les traits dont l’amour l’a gravé dans votre âme, rag. Iph.

H, s. Ces paroles se gravaient dans son coeur, fén. Tri. ‘22. Elles portent toutes dans leur coeur un certain caractère de vertu qui y est gravé, muntesq. Lett. pei’s. 26.

GRAVEUR ‘g-rà-véur] .y. tn.

[ÉTYM. Dérivé de graver, § 112. || XIV<^ s. Contrefaicteresse De faux signetz et graveresse, G. DE digui.levII.ij :, l’rli’rina(je, dans GODEF. graveresse. Geuffroy,... graveur de seaulx, dans DELB. Hec] || Celui dont la profession est de graver. — sur métaux, sur bois.

GRAVIER [g-rà-vyé] s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de grève, §§ 65 et 115. (Cf. gravats.) || XII" s.

Les feus alument el gravier, Encas, 289. ] || Sable à gros grains qui provient de la désagrégation des roches pierreuses. Spécial l. Gros sable que l’on étale dans les allées d’un jardin. Les graviers en marchant me restaient au talon, musset. Dupont et Durand. \\ P. anal. Concrétion qui se forme dans les reins. Ce petit — s’étant mis là, il est mort, pasg. Pens. III, 7.

  • GRAVIÈRE [grà-vyér] s. f.

[ÉTYM. Déi’ivé de gravier, § 115. i || Néolog.] || (Technol.) Lieu d’où l’on extrait le gravier. ‘GRAVIMÈTRE [grk-vi-mètr’] . ?. m.

[ÉTYM. Composé avec le lat. gravis, lourd, et le grec uÉTpov, mesure, § 28-4. || Mot dû à g. de morveau : Je propose donc de lui donner le nom de gravimètre. Annales de chimie (1797), XXI, 7.] || (Physique.) Aréomètre dont on modilie le poids à volonté en y ajoutant un lest dit plongeur.

GRAVIR [grà-vïr] 7’. inlr. et Ir.

[ÉTYM. Origine inconnue : le rapprochement avec le radical lat. grad qui se ti-ouve dans grade, degré, etc. et dans l’ilal. gradire n’est pas satisfaisant. | || xnr’s. Escoirious Qui par ces arbres gravissoient, G. de i.ohius. Rose, l.’JS’i. ; || S’élever avec eiïort surune pente escarpée. || 1. VII-illi. v. inlr. — jusqu’au sommet du rocher. On gravit sur les monts, l’.ORN. Imit. 111, 3. || 2. v. Ir. — une montagne. Fi ;/. — rapidement les grades inférieurs.

  • GRAVITANT, ANTE [grà-vi-tan, -tant’] adj.

[ÉTYM. Adj. parlicip. de graviter, § 47. || .wiu" s. v. à l’article.] || (T. didact.) Qui gravite. Il n’y a dans toutes les planètes aucune partie moins gravitante qu’une autre, Yoi.T. Philos, de \eirton, III, 7.

GRAVITATION [grà-vi-là-syon ; e« ro-s, -si-on]s. /".

[ÉTYM. Emprunté du lat. scientif. gravitatio (n’ewton), jn. s. dérivé du lat. gravitas, gravité. || 1 1722. Journal des sav. p. 465. Admis ACAD. 1762.1 || (T. didact.) Force par laquelle les molécules s’attirent en raison de leur masse. [Syn. attraction.) Les lois de la — .

GRAVITÉ [grà-vi-té] ,v. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gravitas, wj. s. Le sens I, qui est le sens propre, a été repris du lat. classique à une époque relativement récente. || XIIc-xIIIc s. Nos savons de quelle veriteit et de queile graviteit il est, Dial. Grcf/oire, p. 269.]

I. Tendance des corps vers le centre de la terre. Centre de —, point par lequel passe la résultante des poids des molécules qui composent un corps, quelle que soit sa position. Avoir, du point fixe, écarté Ce que nous appelons centre de — ? MOL. F. sav. III, 2.

II. Fil/.

|| 1° Caractère de ce qui a de l’importance. La — des circonstances. Sa maladie a de la — .

|| 2° Manière d’être de celui qui attache aux choses de l’importance. Je parie la perte de la — de notre sénateur, pasg. Pens. III, 3. \\ P. e.rt. Maintien sérieux. Des familles où, de père en fils, personne n’a ri : cette — des Asiatiques..., monte.sq. Lelt. prrs. 34. Garder, perdre sa —. La — est un mystère du corps, i.a rochef. 257. || P. ej :l. La — du mainlien, du langage, du style.

GRAVITER [grk-vi-té] v. inlr.

[ÉTYM. remprunté du lat. scientif. gravitare (newton^ m. s. dérivé du lat. gravitas, gravité. || XVme s. v. à l’article. Admis AGAD. 1762.] || (T. didact.) Obéir à la gravitation. Celui qui fait — des corps innombrables les uns vers les autres, voi/r. Oreilles, 4. || P. ejt. La terre gravite autour du soleil. i || Firj. Le monarque est le centre autour duquel gravitent tous les courtisans. ‘GRAVOIR ^grji-vwarj s. m.

[ÉTYM. Dérivé de graver, § 113. Le fém. gravoire est plus fréquent en anc. franc, que le masc. || XVe s. Deus gravoirs d’ivoire, dans GODEF. Compl.] || (Technol. | Instrument à graver. || Spéciall. \ 1. Instrument avec lequel le lunetier trace la rainure de la châsse des lunettes.) 2. Instrument avec lequel le cirier trace les filets des cierges. || 3. Instrument avec lequel le charron fend les cercles de fer. || 4. Marteau avec lequel le maréchal ferrant marque difîérentes pièces.

GRAVOIS. v. gravats.

GRAVURE [grII-vùrj s. f.

[ÉTYM. Dérivé de graver, S 111. || XII» s. Sor la graveure ai un quarrel assis, Girhert de Metz, 542, Stengel.]

|| 1° Sillon fait en gravant. || Specialt. \ 1. (.\rchitect.) Sculpture peu profonde, | 2. (Technol.) Raie pratiquée autour de la semelle d’un soulier pour y cacher le point. P. anal. Écusson d’une vache. (V. écusson.)  ! || 2° Action de graver. Soigner la — d’une planche. La — d’une inscription. || Absolt. .\rt de graver. La — sur bois, sur acier, au burin, en taille-douce. L’invention de la —, qui a rendu les cartes géographiques si communes, montesq. Hom. 21. Il P. est. Estampe tirée sur une planche gravée. One collection de gravures. Dne — avant la lettre.

GRÉ [gré] ,y. m.

[ÉTYM. Du lat. gratum, proprt, « chose agréable », devenu gret, S§ 295 et 291. gré, § 402. || XI" s. On fU lor donet, si l’en sourent bon gret, ^l Alexis, 28.]

|| 1° Satisfaction qu’on trouve dans qqn ou qqch. Prendre, avoir qqch en —. Trouver une personne à son —. On lion... Rencontra bergère à son —, LA F. Fab. IV, 1. Se marier contre le — de ses parents. Le sang, à votre —, coule trop lentement. RAG. Alh. II. s. || P. ext. Trouver une femme au — de mon désir, MOL. Ec. des m. u, 7. Au — de mon amour, rac. Iph. III, 3. Fig. Ses crins flottaient au — du vent, fen. Tel. 17. Au — de la fortune, et de l’onde, et du vent, gorn. Pomp. il, 2.

|| 2° Satisfaction avec laquelle qqn se porte à faire qqch. Faire qqch de plein —. Faire qqch de — ou de force. Bon — mal —, de bon ou de mauvais vouloir. [Cf. malgré. ; Bon — mal —, il faut fermer l’oeil, BOSS. Conn. de Dieu, V, 3. De — à —, par un arrangement qui satisfait les deux parties. || S^» Vieilli. Satisfaction que qqn témoigne à celui qui a fait qqch pour lui. Cette suite de travaux Pour récompense avait... Force coups, peu de —, l.v f. Fah. x, 1. Le — des soins qu’ils se rendaient, lU. Phil. et Daucis. Savoir — à qqn de qqch. Le — que lui sut le prince d’avoir été si soigneux, uoss. Conde. La belle se sut — de tous ces sentiments, LA F. Fab. vu, s. Savoir bon, mauvais — à qqn, reconnaître qu’on lui doit il’èlre, de ne pas être satisfait. Je ne vous sais pas mauvais — de m’avoir abusée, MOL. Frinc. d’El. v, 2.

  • GRÉAGE [gré-àj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gréer, § 78. || Néoloff.] || (Marine.) .\clion de gréer (un navire). (Cf grément.)

GRÈBE [grèb’j s. m.

[ÉTYM. Emprunté du patois savoyard grèbe ou griaibe, m.

GREC — 1194

f. d’origine inconnue, § 11. L’allemand grèbe parait venir du français. Le vrai genre est le féminin (j.-j. rouss.) ; mais l’usage actuel est pour le masc. § 553. || XVI’= s. En Savoye elle est nommée grèbe ou griaibe , p. belon, Portr. d’oyseaux, î° 35, r", édit. 1557. Admis ACAD. 1762.] || (Hist. nat.) Oiseau aquatique à plumage blanc argenté. Un manchon de plumes de —, et, ellipt, Un manchon de — .

GREC, GRECQUE [grèk’] adj. et s. m. et f.

[ÉTVM. Nom propre de peuple, emprunté dulat. Graecus, m. s. [Cf. grégeois, grègue, grièche, grive. :]

|| 1° Adj. Relatif à la Grèce, aux Grecs. Calotte grecque. (F. calotte.) Calendes grecques. (F. calendes.) Y —. (F. Yl.) ProfU —, où le front et le nez sont en ligne droite. _

|| 2° S. m. La langue grecque. F’uj. C’est du —, je n’y entends rien. || P. ext. Vieilli. Celui qui sait le grec, et, ^ j). ext. qui est très savant en qqch. Adjectivt. L’amour,... j’y suis —, TH. CORN. Ain. à la mode, IV. 1. Une femme un peu grecque doit verser des larmes sans s’attendrir, muncbesnay, Phénix, II, 1. || De nos jours. Celui qui IricIIe au jeu. ^

|| 3° S. /’. Grecque. || 1. Ornement formé de lignes brisées à angle droit symétriquement entrelacées. || 2. Suite d’encoches au dos’d’un livre, pour loger les ficelles ou nerfs. (Cf. grecquer.) P. ext. Scie pour faire ces encoches.

  • GRECQUER [grè-ké] v. tr.

[ÉTVM. Dérivé de grecque, § 154. || 1701. furet.] || ^Technol.) Entailler (le dos d’un livre] d’une suite d’encoches où on loge les ficelles ou nerfs. 1. GREDIN, INE [gre-din, -din’] s. m. et f.

[ÉTYM. Origine inconnue ; peut-être emprunté del’angl. greedy, affamé ^d’où le dérivé greediness, avidité), § 8. || 1642. UUD.] || lo Vieilli. Mendiant, mendiante. 1 || Fig. Auteur famélique, n semble à trois gredins, dans leur petit cerveau, Que, pour être imprimés et reliés en veau, Les voilà dans l’Etat d’importantes personnes, MOL. F. -^av. IV, o. || 2’’Mauvais g ;irnement. Un —, une gredine. 2. GREDIN, ‘GREDINE [gre-din, -din’] s. m. et f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || Admis Aa\D. 1762.] || Petit épagneul à longs poils.

GREDINERIE ^gre-din’-ri ; en vers, -di-ne-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gredin, § 69. || î 1690. furet.] || Action de gredin, de mauvais garnement.

GRÉEBIEN’f. F. grément.

GRÉER [gré-é] v. tr.

[ÉTYM. Parait emprunté de l’anc. hoUand. gereiden, préparer, dont le radical (reid) se retrouve dans arroi, corroi, etc., § 10. L’existence du composé agréer (F. agréer 2i dès le xn= s. parle en faveur de l’antiquité de gréer ; mais ce mot ne s’est introduit dans l’usage général qu’au XVIII<= s. || 1716. Nous gréâmes aussitost un petit hunier, frézier, Relat. du vûy. de la mer du Sud, p. 259. .\dmis ACAD. 1798. ; || Garnir (un navire) de mâts, vergues, cordages, etc. (Syn. agréer.) || P. ext. Garnir (un mât, une vergue) de cacatois, de bonnettes.

GRÉEUR [gré-eur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gréer, § 112. || Admis ac.kd. 1835.] || (Marine.) Ouvrier employé au grément d’un navire. ‘GREFFAGE [grè-fàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grefter, § 78. j] Xéolog.] || Action de greffer. 1. GREFFE [grèf] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. graphium, grec yça-f lov, poinçon à écrire, stylet, devenu "grafye, graife, grefe, greffe, § 356. Il XII« s. Un grafe a trait de son grafier, Floire et Blanchefl.

I, 787. || XIu’= s. Bon greile quant de bon cep crest, Vie d’Edouard le Conf. 97.] 1. Anciennt. Stylet.

II. P. anal. Pousse d’arbre. || Spécialt. Pousse d’une plante qu’on insère sur une autre pour que celle-ci porte la fleur, le fruit de la première. [Syn. ente, scion.) 2. GREFFE [grèf] .y. ?«.

[ÉTYM. Tiré du radical de greffier, § 37. || XIV«-XVe s. Le graife criminel, NIC. DE baye, dans GODEF. Co>npl.] \\ lo Lieu où l’on dépose les minutes des actes de procédure d’une justice de paix, d’un tribunal, d’une cour d’appel, où l’on délivre les expéditions certifiées des jugements et arrêts, où l’on acquitte les droits de justice et les amendes. Mettre un arrêt au —. Produire au — .

|| 2° Charge de celui qui est préposé au greffe.

GRÉGUER 3. GREFFE [grefj s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de greffer, § 52. || XVII« s. v. a. l’article, .\dmis ac.\d. 1835.]

|| 1° .\ction de greffer. La — est le triomphe de l’art sur la nature, liger, Nouv. Mais. rust. dans DELB. Rec. — par approche, où l’on ne détache la partie greffée que quand la soudure est efTecluée. — par scions, où l’on implante le rameau de manière que son liber soit en contact avec le liber de l’arbre où il est greffé, sur une grande étendue. — en couronne, en fente, en écusson, en flûte, etc. [V . ces mots.)

|| 2° P. anal. — animale, autoplaslie. (F. ce mot.)

GREFFER [grè-fé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de greffe 1, § 154. On trouve grafier au XVc-XVI* ’s. (F. GODEF. grafier 2.) || 1538. Deux pommiers graffez, dans GODEF. Coinpl.] || Soumettre à l’opération de la greffe. — un sauvageon. Des églantiers greffés. P. ext. Insérer (un rameau, un bourgeon) sur une autre tige. || Fig. Un procès se greffe sur un autre.

GREFFEUR [grè-feur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de greffer, §112. j] XVc-XVIe s. Le bongreffeur et bening plantateur, dans GODEF. Admis ACAD. 1835.] || Celui qui greffe.

GREFFIER [grè-fvé] s. VI.

[ÉTYM. Emprunté du lat. du moyen âge graphiarius, 7n. s. dérivé de graphium, greffe (stylet). § 115. On trouve greffier dès le XIIIc s. au sens de « fabricant de greffes ». (F. DELB. Rec. et GODEF. greffier l.) || (Au sens actuel.) 1395.

Graffier du parlement, dans GODEF. Compl.] || Officier public préposé au greffe. Cette émancipation s’opérera par la seule déclaration du père ou de la mère, reçue par le juge de paix assisté de son —, Code cicil. art. 477. Le — d’une justice de paix, d’un tribunal, d’une cour. — en chef. Acheter une charge de —. Fandl. Au fém. La greffière, femme du greflier. Je vous trouve admirable. Madame la greffière, DANCOLRT. Bourçjeoises de rjualitr, i. 3. || i Vieilli. — à la peau, qui écrivait sur parchemin. Veuve d’un — à la peau, DANCOURT, Fête de village, I, 3. — de l’écritoire, qui expédiait les rapports des experts.

GREFFOIR [grè-fwàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de greffer, § 113. !’17CK). Greffoirs ou entoirs, liger, Nouv. Mais. rust. dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Couteau à greffer. ‘GREFFON [grè-fon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de greffe, § 104. \] Xéolog.] || .Technol.) Petite branche coupée pour être greffée.

GRÈGE [grèj’] adj.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. greggia, m. s. d’origine incertaine, § 12. Il 1690. FURET. Admis ACAD. 1762.] || Soie —, telle qu’elle sort du cocon dévidé, ayant encore sa gomme. Suhstantivt. Des grèges de Syrie.

GRÉGEOIS [gré-jwd] adj.

[ÉTYM. Altération de grézois ()’. § 509), emprunté du provenç. grezesc, m. s. § 11. Le mot provenç. représente le lat. barbare ‘graeclscum, formé par l’addition du suffixe isk(F. § I49j au radical lat. grsecum, grec. if/’, grègue, grièche, grive.) || XII« s. Trestot destruirent li Grezeis, Knéas, 1174. Le feu grezoIs lors fet leans jolir, Loherains, dans du C. ignis.] || Anciennt. Grec. Spécialt. Feu —. (F. feu 1, 1,3°.)

GRÉGORIEN. lENNE [gré-gô-ryin, -ryèn’ ; en vers, -ri-...]. F. calendrier et chant 1.

GRÈGUE [grèg’l ^. f.

[ÉTYM. .\utre forme de grecque. (Cf. grégeois, grièche, grive.) Il est difficile de considérer grègue comme une abréviation de greguesque ou garguesque ital. grechesca), qui s’est dit au XVI’= s. La forme indique un emprunt au provenç. gregaouà l’espagn. griega, §11 et 13. (Cf. COTGR., qui définit gregues par « grand haut-de-chausses gascon ou espagnol », et le mot angl. actuel galligaskins, m. s. dans COTGK. gallogascoines.) || XVo s. Parmi leurs cuisses et parmi leur gregues, Trahis.de France, dans GODEF. Compl.] || Anciennt. Culotte sans braguette. (S’emploie surtout au pluriel.) Loc. prov. Tirer ses gregues, se retirer. Le galant aussitôt Tire ses gregues, l.\ f. Fab. il, 15. ‘GRÉGUER [gré-ghé] v. tr. \

[ÉTYM. Dérivé de grègue, §154. || Admis ACAD. 1694 ;

J suppr. en 1718.]

GRELE 1190 — GRENADIERE

|| Vieilli. Trivial. Einpocher. Il a gregué cent pistoles. 1. GRÊLE [f,’n’’ll adj.

[ÉTVM. JJu lat. gracilem, m. s. devenu graisle, gresle, §§382, 291 et 290, grêle, § 422.1 || Trop mince. (Syn. fluet.) Un corps —. Immobile sur son pied —, L’ibis..., th. g.\ltikr, Obc’li.sqnc. \\ (Anat.) L’intestin — (par oppo-sition au gros intestin). Une voix —. || Adverht. Sonner —, et, sulj.ttcmtivt. Sonner le —, sonner de la trompette dans le ton le plus aigu. 2. GRÊLE [grél] s. f.

[ÉTYM. Pour gresle. S 422, d’ori ;,’ine inconnue. (Cf. grésil.) || XII<= s. Pesle mesie Con feit la pluie avuec la gresle, CHRÉTIEN DE TROYES, CIIf)f’S, 1527.)

|| 1° Pluie congelée qui tombe en grains, particulièrement en temps d’orage. La — a ravagé les champs. Dru comme —. Méchante comme la —, GHÉH.\RDI, Th. ilal. I, 301. Fi(j. Une — de coups, une — de pierres.

|| 2° P. anal, ladite tumeur II la paupière analogue à un grain de grêle. || Houille en fragments menus. 3. ‘GRÊLE [grèl) s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de grêler 2, § 52. || 1T57. encycl.] || (Tecllnol.) Instrument pour amincir. || Spécial t. \ 1.

Lame d’acierpourgrèlerles dents d’un peigne. || 2. Sorte d’écoine, dite aussi grêlette, à l’usage du lourneur. 1. ‘GRÊLER [grè-lé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grêle 1, § 154. || 1757. encycl.] || (Technol.) Rendre grôle, amincir. || Spécialt. Il 1° Diminuer sur le bord (les dents d’un peigne) à l’aide de l’instrument dit grêle.

|| 2° Faire passer (la cire) à travers le grêloir pour la mettre en lanières. (Syn. rubanner.) 2. GRÊLER [grè-lé] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de grêle 2, g 154. || XII« s. La tormante Qui pluet et nege et gresle et vante, CHRÉTIEN detroyes, Chevalier an lion, 775.]

I. v. intr. Faire de la grêle, n a beaucoup grêlé ce matin. Fig. — sur le persil, perdre sesefTorts sur une chose sans importance.

II. v. tr. Frapper de la grêle. Ce canton a été grêlé. || /’. anal. Être grêlé, couvert de marques de petite vérole. || (Blason.) Couronne grêlée, chargée d’un rang de perles rondes. Fig. Être grêlé, maltraité par la fortune. Sa médisante humeur... Avait de ce galant souvent grêlé l’espoir, i_\ v. Contes, F. du roi de Garhe. 1. ‘GRELET [gre-lè]. v. grelot et grUlon. 2. ‘GRELET [gre-lè] et ‘GURLET [gur-lè] .f. m.

[ÉTY.M. Origine inconnue. || 1732. trév.] || (Technol.) Marteau de maçon, dit têtu à limousin, pointu par un bout et dont la tête a deux faces aiguës.

  • GRÊLETTE [grè-lêf] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grêler 2, § 133. || 1792. salivet, Man. du tourneur, II, 324.] || (Technol.) Écoine à l’usage du tourneur. (v. grêle 3.) ‘GRÊLIER [grè-lyé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grêle 2, § 115. Se trouve comme adjectif en anc. franc. || 1752. trév.] || Anciennt. Pièce d’artillerie qu’on charge à mitraille.

GRELIN [gre-lin] et ‘GUERLIN [ghèr-lin] .ç. m.

[ÉTYM. Origine incertaine ; l’allein. greling, m. s. parait emprunté du franc. || 1634. Guerlin ou chableau. Termes de marine, dans lielu. Rec. .\dmis AC.\n. 1762.] || (Marine.) Cordage plus petit que le câble. ‘GRÊLOIR [grè-lwàr] s. m. et ‘GRÊLOIRE [grè-hvàr’ .ç. f.

[ÉTYM. Dérivé de grêler 2, § 113. Qqns écrivent grêloué, d’après la prononciation du patois. || 17tH). Le greloué, une espèce de vaisseau de fer-blanc, i.iuer, .Vowi’. Mais. rust. dans UEi.u. Rec] || (Technol.) Vase à grêler la cire.

GRÊLON [grè-lon] .v. m.

[ÉTYM. Dérivé de grêle, § 104. || XVI"‘s. De gros greslons, texte dans gouee. Compl. Admis ACAD. 1740.] || Grain de grêle.

GRELOT [gre-16] s. »j.

[ÉTYM. t)rigino incertaine, mei.in de st-cei.ais dit trembler le grelet au sens de trembler le grelot, ce qui peut faire consitlérer grelot comme une variante dialectale de grelet, grillon, § 136. [Cf. grUlet 1, dont le sens parait confirmer ce rapprochement.) || 1392. Griloz d’estain, dans codée. Compl.] il Petite boule de métal creuse, renfermant un battant mobile qui la fait résonner au moindre mouvement. Les grelots d’une mule, d’un cheval. || ] Leur doyen des rats)... Opina qu’il fallait... Attacher un — au cou de Rodilard, i..\ F. Falj. II, 2. La difficulté fut d’attacher le —, ID. iljid. P. allusion à cette fable. Fifj. Attacher le —, se charger d’une tentative périlleuse. Quand ce fut à attacher le —, Richelieu) avec toute sa puissance et son crédit, demeura court, ST-.siM. II, 239. On représentait le dieu de la folie avec des grelots. || Fig. Famil. Vieilli. Trembler le —, grelotter. || P. anal. Vertèbres caudales du serpent à sonnettes, qui font du bruit lorsqu’il s’agite. || Fleurs en —, qui ont la forme d’un grelot.

GRELOTTANT, ANTE [gre-lô-tan. -tânt’j adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de grelotter, § 47. || Néolog. Admis ACAD. 1S78.] || Qui grelotte.

GRELOTTER [gre-lô-té] >•. intr.

[ÉTYM. Dérivé de grelot, d’après l’expression trembler le grelot, § 154. || XVI’’s. Ouir grillotter les perles a leurs oreilles, DU pinet, dans godke. Compl.\ || Trembler de froid. Ce pauvre diable Qui rôde en grelottant sous un mince habit noir, musset, Dupont et Durand. || Transitivt. — la fièvre, avoir le frisson de la fièvre. ‘GRELUCHON [gre-lu-chon] s. vi.

[ÉTYM. Origine inconnue ; ne paraît pas antérieur au XVIII« s. || Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1878.] || Vieilli, .ornant de coeur d’une femme entretenue. On pourrait bien à l’aventure Choisir un autre —, VOLT. Ép. 26.

  • GRELUCHONNE ,gre-lu-chùn’] s. f.

[ÉTYM. Parait tiré plaisamment de greluchon, peut-être sous l’influence de grelet 2, § 37. || Néolog.] || iTechnol.j Petite truelle de maçon, à bout arrondi.

GRÉMENT et GRÉEMENT igré-man] s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de gréer, g 145. [Cf. gréage.) || 1752. trév. Admis ACAD. 1798.J || (Marine.) .\ction de gréer. || Ensemble des agrès.

GRÉMIAL [gré-myàl ; en vers, -mi-àl] . ?. »».

[ÉTYM. Emprunté du lat. ecclés. gremiale, J)i. s. de gremium, giron, § 216. || 1542. Dng gremyal bleu et rouge, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Liturgie.) Morceau d’étoffe qu’on met sur les genoux d’un prélat officiant, lorsqu’il s’assied, pour préserver la chasuble.

GRÉMIL [gré-miy’] s. m.

[ÉTYM. Paraît composé de mil (millet) et d’un premier élément de sens incertain. || XIa» s. Decocciun de gromil, Antidotaire, mss franc. Bibl. nat. 25327. .\dmis acau. 1762.] || (Botan.) Plante à graines lisses et dures, de la famille des Borraginées. — officinal. — tinctorial.

GRENADE igre-nàd’] . ?. /’.

[ÉTYM. Emprunté du lat. granatum, m. s. dérivé de granum, grain. || xu^ s. S’est de jus de pume grenate, chrétie.n, Roi Guillaume, 355. || 1532. Grenades de feu d’artifice, dans

GAY’, Gloss. archéoL]

|| 1° Fruit du grenadier, sphéroldal, contenant des graines rouges renfermées dans de petites cellules. || 2* P. anal. Projectile en forme de grenade, boule de fer remplie d’étoupe et de poudre, dont on allumait la mèche pour la lancer avec la main. Fig. Ornement de costume militaire figurant une grenade enflammée.

|| 3° Vieilli. Etoffe à mouchetures en forme de graines. || Soie torse, grenue, pour franges, dentelle. (C. grenadine,

II, 1°.) 1. GRENADIER [gre-nà-dvé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grenade, § 115. || 1425. Pommes d’aigres grenadiers, o. de l.\ haye, dans delu. Rec] || .\rbuste de la famille des Myrtacées, qui produit la grenade. 2. GRENADIER [gre-nà-dvé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grenade, § 115. || 1680. richel.] || Soldat qui lançait à la main des grenades (projectiles). || P. e.rt. Soldat d’élite, de taille élevée, qui formait la première compagnie du bataillon d’infanterie. Les grenadiers de la garde. Jurer comme un —. Fig. Famil. l-emme de haute taille et de manières viriles. Luc. adv. A la grenadière, à la façon des grenadiers.

GRENADIERE [gre-nà-dycr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grenadier 2, § 37. || 1680. RICHEL. Admis ACAD. 1762.]

GRENADILLE 1196 GRENOUILLERE

|| lo Gibecière où les grenadiers portaient les grenades.

Ij 2° Seconde capucine d’un fusil de munition, à laquelle s’attache la bretelle. || P. ext. Mettre le fusil à la —, lâcher la bretelle pour le porter suspendu à l’épaule.

GRENADILLE [gre-nà-dîv’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. granadilla, 7«. s. § 13. Le mot se trouve dans COTGR. aux sens de » fleur du grenadier, petite grenade ». || 1694. th. CORN. Admis .\cad. 1762.] || (Botan.) Plante d’.\mérique, dite fleur de la Passion, dont les graines ont le goût de celles de la grenade.

GRENADIN [gre-nà-din] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grenade, § 100. || XVnie buff. Grenadin. Admis ACAD. 1798 au sens S».]

|| 1° (Ornithol.) Variété de fringille d’Afrique.

|| 2° (Botan.) Variété d’oeillet.

|| 3° (Cuisine.) Sorte de fricandeau.

GRENADINE [gre-nà-din’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grenade, § 100. || Néolog. Admis ACAD. 1835 au sens II, 1°.]

I.

|| 1° Principe cristallisable extrait de l’écorce et de la racine du grenadier.

|| 2° Jus de grenade. Sirop de — .

II. Il 1° Soie torse, grenue. (F. grenade.)

|| 2° Barège, étoffe faite de cette soie.

  • GRENAGE [gre-nàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grener, § 78. L’anc. franc, grenageest un mot différent, qui dérive de grain. || 1752. trév.] || (Technol.) Action de grener. Le — de la poudre de guerre, du sel, du tabac à priser. || P. ext. Le — du sucre.

GRENAILLE [gre-này’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grain, graine, § 95. || 1354. Quantité de ruaux et grenailles (var. greignailles), dans du c. ruere.]

|| 1° Graine de rebut qui sert à nourrir les volailles. Pour la vente en détail des graines, grenailles, farines, etc., Décret sur les poids et mesures, 2S mars 1812. il 2° P. anal. Plomb réduit en grains fins. Charger un fusil avec de la —. || Charbon de bois en menus morceaux. || Cire réduite en grains pour la blanchir. [Cf. grêler.)

GRENAILLER [gre-nk-yéj r. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grenaille, § 154. || 1757. encycl. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Réduire (le plomb) en grenaille.

GRENAT [gre-nà] s. m.

[ÉTYM. Môme mot que grenade (fruit), par comparaison de la couleur du grenat avec celle des grains de la grenade. || XII’’s. Un jagonce grenat, Ênéas, 7682.]

|| 1° Pierre fine, d’un rouge vineux, qui raie le quartz. Une p£U-ure de grenats.

|| 2° Couleur de cette pierre. Ellipt. Une robe de soie —, Substantivt. Le — lui sied bien.

GRENELER [grên’-lé ; en vers, grè-ne-lé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de graine, §§ 65 et 162. (Cf. grener, greneter.) || 1611. Encens plus grenelé... que celuy d’Arabie, .\r- Tus THOMAS, daus DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || Rendre grenu. — la peau de chagrin.

GRENER [gre-né] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de grain, graine, §§ 65 et 154. I || XIIc-xIII» s. Et li rosier en mai florist et graine, le chat, de COUCY, p. 55, Michel.]

|| 1° v. intr. Produire de la graine. Une plante qui grène tard. || P. anal. Faire — le ver à soie, laisser la chrysalide devenir papillon et produire ses oeufs.

|| 2° T’. tr. Réduire en grains. — la poudre (de guerre), le tabac à priser. || P. anal. Rendre grenu. — une peau.

  • GRENETER [gren’-té] i’. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grain, §§65 et 167. || 1380. Hanap greneté, dans laborde. Émaux, p. 335.] t ; (Technol.) Rendre grenu à la surface. — le cuir avec un fer chaud. || Une vignette grenetée. 1. "GRÈNETERIE [gren’-tri o« grè-net’-ri ; en vers, grè-né-te-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grènetier 1, §§ 65 et 68. || 1344. La greneterie de Agurande, dans GODEF. chape.] || Anciennt. Office de juge au grenier à sel. 2. GRÈNETERIE [gren’-trl ou grè-net’-ri ; en vers, grè-nè-te-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grènetier 2, §§ 65 et 68. I || 1680. richel. Admis ACAD. 1740.] || Commerce de grains, fourrages, etc. 1. GRÈNETIER [gren’-tyé ; en vers, grè-ne-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grenier, §§ 63, 65 et 115. || XIn<= s. Voz provosts et vos gerneters. Traité d’écon. rurale, 17, Lacour.] || Anciennt. Officier, juge au grenier à sel. 2. GRÈNETIER, 1ÈRE [gren’-tyé, -tyêr ; en vers, grè-ne-...] . ?. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de grain, sous l’infinence du mot précédent, §§ 63 et 115. ACAD. écrit aussi grainetier. || (Au sens actuel.) 1680. richel.] || Celui, celle qui vend des grains, fourrages, etc.

GRÈNETIS [gren’-ti ; en vers, grè-ne-ti] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grain, §§ 63, 65 et 82. On trouve dans le même sens greneïs au moyen âge, grenatier (sic ; corr. grenatis ?), dans COTGR. || 1690. furet.] || (Technol.) Bordure de grains qui entoure la légende d’une monnaie, d’une médaille. || P. ext. Poinçon qui sert à faire le grènetis.

GRENETTE [gre-nef] .t. f.

[ÉTYM. D(‘‘rivé de graine, à l’imitation du provenç. moderne graneto, m. S. §§ 11, 65 et 133. || 1752. trév. Admis .\CAD. 1762.] || Proprt. Petite graine. Spéeialt. (Technol.) Baie du nerprun des teinturiers, dite aussi graine ou — d’Avignon. || P. ext. Argile colorée en jaune avec des baies de nerprun.

GRENIER [gre-nyé] s. ?».

[ÉTYM. Du lai. granarium, m. s. dérivé de granum, grain, §§ 346, 298 et 291. (Cf. grainier.)]

III" Partie d’un bâtiment destinée à conserver les grains, les gerbes, le foin, la paille, etc. Dn — à blé, à foin. — d’abondance, grenier public où l’on mettait en réserve le superflu des années d’abondance. || P. anal. — à sel, lieu où l’on débitait le sel de la gabelle. || P. ext. Juridiction des affaires relatives à la gabelle. [Cf. grènetier 1.) || P. anal. Charger en — (un bateau), y mettre à même le blé, le sel, le charbon qu’il doit transporter. Sardines salées en —. || Dn cheval qui fait —, qui conserve des aliments mâchés entre les joues et les arcades dentaires. || La Sicile était le — de Rome, fournissait Rome de blé.

|| 2° Partie la plus haute d’une maison, destinée à servir de débarras. Oter, pour faire bien, du — de céans Cette longue lunette à faire peur aux gens, MOL. F. sav. II, 7. Chercher de la cave au —, depuis le bas de la maison jusqu’au haut. Il Fig. Le vaisseau, malgré le nautonier. Va tantôt à la cave et tantôt au —, MOL. Dép. am. IV, 2. Aller de la cave au —. || 1. Ne pas écrire droit. || 2. Parler d’une manière incohérente. || Pop. — à puces, chien, chat malpropre. Va-t’en, — à puces ! Souffrirez-vous, Messieurs, qu’une femme devienne un — à coups de poing ? regn.\RD, Divorce, se. dernière.

  • GRENOIR [gre-nwàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grener, g 113. || 1697. de st-remy, Mé)n. d’artill. u. 110.] || (Technol.) Crible pour grener la poudre, la pâte. || .\telier où l’on fait cette opération.

GRENOUILLE [gre-nouy’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. "ranûcvda (class.ranunculus, §88 ;c/’. renoncule), diminutif de rana, m. s. [V. rainette , devenu régulièrement renouille, §§ 346,324, 291,390 et 290, puis altéré en grenouille, §§ 360 et 509. || xu" s. Reinoille, marie DE FRANCE, Foô. 26. || 1532. Grenoille, RAB. I, 2.]

|| 1° Batracien anoure qui recherche le voisinage des eaux, les lieux humides. Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes, hx F. Fab. n, 14. || i Faire des expériences de vivisection sur des grenouilles. Ayant ouvert une autre —, nous ne remarquâmes pas non plus de mouvement péristaltique, mon- TESQ. Observ. sur l’histoire naturelle. l^ P. plaisant. Fig. Faire sauter, manger la —, voler la caisse d’une association, spéeialt, l’argent de l’ordinaire d’un régiment.

|| 2° (Technol.) Pièce d’une machine sur laquelle frotte le pivot. [Cf. crapaudine.) ‘GRENOUILLER ^gre-nou-yé] v. IIItr.

[ÉTYM. Dérivé de grenouille, § 154. || XVI" s. Dn bruit grenouillant, PARÉ, Introd. 6. Admis .ACAD. 1694 ; suppr. en 1878.]  ! ! Pop. Barboter dans l’eau. ] || P. ext. Aimer à boire. Nous voit-on comme eux — dans les cabarets (1693), d. de monchesnay, Souhaits, se. contre les hommes.

GRENOUILLÈRE [gre-nou-yèr] s. f.

GRENOUILLET 1197 — GRIBOUILLAGE

[ÉTYM. Dérivé de grenouille, § 115. || (XVI« s. Mon ames’enfuyra en quelque grenoillere, kau. I, 5.] || Lieu marécageux que fréquentent les grenouilles. || Fif/. I 1. Terrain humide. || 2. l’. plaisant. Pelit bain d’eau courante où barbotent ceux qui ne savent pas nager.

GRENOUILLET || gre-nuu-yù] s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de grenouille, § 133. || 1732. trév. Admis ACAD. 17(32.] || (Botan.) Renoncule aquatique à fleurs blanches dite aussi grenouiUette. I || Muguet sauvage, dit sceau de Sctlomon.

GRENOUIT.T.F.TTE [gre-nou-yel’l s. / :

[ÉTY.M. Dérivé de grenouille, S 133. || lôS’J. Grenoillete,

J. MKIG.NAN, dans DELB. Ri’C. .\(lnIIs ACAD. ITÙiJ.]

I. Petite grenouille. || tipcciult. llainette verte.

II. Tumeur sous la langue.

III. Renoncule aquatique, dite grenouillet, bassinet.

GRENU, UE [gre-nu] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grain, . ! ;. !5 65 et 118. || XIIl<= s. Que cil blé sont creû en haut Et espié ettuit grenu, L(enart,\\n, i’Z’Z.] ij 1° Riche en grains. Épis grenus. il 2° Parsemé de petits grains. One peau grenue. Un marbre —, et, substuntivt, Le — du marbre, de la pierre. || Racine grenue, formée de petits tubercules.

  • GRENURE [gre-nùrj s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grenu, § 111. || Néolog.] || État de ce qui est grenu. || Sprcialt. Croisement des tailles du graveur qui a l’apparence de petits grains.

GRÈS [grèj s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. hautallem. grioz, allem. moderne gries, m. s. §§ 6, 498 et 499. || xu« s. Ne se muevent Nient plus que feïssent dui grès, chrétien de TROYEs, Cheval, au lion, 836. i

|| 1° Roche composée de grains de sable quartzeux.

Le — houiller. Le — rouge. Le — vosgien. — molaire, qui sert à fabriquer des meules à aiguiser. Famil. \Technol.) — paf, propre au pavage ; — pif, trop dur pour cet usage ; — pouf, trop mou. Il Loc. famil. Vieilli. Casser du — à qqn, l’envoyer promener.

|| 2° Pavé fait avec cette roche. Lui jetant, s’il heurte, un — par la fenêtre, MOL. Éc. des f. II, s. n Fi(]. (Vénerie.)

Grosse dent qui se trouve près des défenses du sanglier.

|| 3° Sable à récurer fait de celte pierre pulvérisée. il 4» Terre sablonneuse dont on t’ait de la poterie. On pot de —. P. ext. Poterie faite avec cette terre. [Cf. gresserie.)

  • GRÉSER gré-zé] v. tr.

[ÉTYM. Autre forme de gruger. (v. ce mot.) On dit aussi groiser, griser et grésiller, n 16 ?6. Groizer les pointes de verre, A. KÉi.IIIiEN, Frinc. de l’avchitecl. p. :^63.j || (,Technol.) Rogner avec le grésuir. ‘GRÉSIER [gré-zyé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grès, § 115. \\Nêolog.\ || ^Technol.j Ouvrier qui tire le grès de la carrière. ‘GRÊSIÈRE [gré-zyèr] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grès, § 115. || 1801. [encycl. méth. Architect.] || (Technol.) Carrière de grès. [Cf. gresserie.)

GRÉSIL [gré-ziy’] .v. m.

[ÉTYM. Dérivé de grès, proprt, menu fragment, § 88. || | XIe s. Pluie et gresilz, Roland, 1425.] || 1’^ brouillard, pluie fine qui se congèle. (Syn. givre.) || 2’^ /’. anal. \’orre pilé, dit aussi groisil.

GRÉSILLEMENT [gré-ziy’-man ; en iwv», -zi-ye-..." s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grésiller, § 145. || 1732. tkév. Admis ACAU. 1762.] || Crépilation de ce qui est saisi par un feu vif. 1. GRÉSILLER [gré-zi-vé] v. impers.

[ÉTYM. Dérivé de grésil, § 154. || xu« s. Pluet, grésille, Tristan, dans uelb. Rec] || Faire du grésil. Il grésille. 2. GRÉSILLER [gré-zi-yé] r. tr.

[ÉTYM. .VUéralion ^par confusion avec grésiller 1, § 509) de l’anc. franr. grediller, m. s. d’origine incertaine. || XIVe s. Tant quelle devient gredelie et recroquillee , Ménagier, u, 206.] || Faire crépiler et racornir sous l’action d’un feu vif qui saisit. Parchemin, fer grésillé. 3. ‘GRÉSILLER ^^gré-zi-yé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gréser, § 161. || 1752. tuév.] || (Technol.) Gréser le verre.

  • GRÉSILLIN [gré-si-yin] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grésil, g 96. || A’éohg.]

|| Gouttes de pluie gelées en tombant. 1. ‘GRÉSELLON gré-zi-yon^ s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grésUlerl, g 104. ji XIIes.Etdes oisiaux oist les sons Et haut et bas les grésillons. Flaire et lilanchefl.

I, 1775.] || Vieilli et dialect. Grillon, insecte. 2. ‘GRÉSILLON [gré-si-yon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grésU, § 104. || 1811. mozin, Dict. franc. -allem.] || (Technol.) "Verre cassé, pilé. || Charbon en menus morceaux. || Farine grossière.

  • GRÉSOIR [gré-zwàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gréser, § 113. || 1676. Hn grezoir pour groizer les pointes du verre, a. fÉlibie.n, Princip. de l’architect. p. 26 :3.] || (‘fechnol.)

|| 1° Outil avec lequel les vitriers rognent le verre après l’avoir rayé avec le diamant.

|| 2° Égrisoir. [V. ce mot.)

GRESSERIE [grès’-ri ; en vers, grè-se-ri] s. f.

[ÉTYM. Pour grèserie, dérivé de grès, § 69. ^C/". grésière.) || 1690. FURET.]

|| 1° Carrière de grès. || P. ext. Travail fait en pierres de grès.

|| 2° Poterie de grès.

  • GRESSET. v. graisset.

GRÈVE [grev’] .s. f.

[ÉTY.M. Du lat. pop. ‘grava, m. s. d’origine celtique, §§ 3,295 et 291. [Cf. gravier, etc.) || XIIe s. n ourent un vaslet en la grève trové, g.\rn. de pont-ste-max. St Thomas, 2041.]

|| 1° Terrain uni, sablonneux, au bord de la mer ou d’un fleuve. La — de Quiberon. ! || P. ext. \ 1. Banc de sable mobile. Les grèves de la Loire. || 2 Gros sable pour mortier.

|| 2° Spécialt. La Grève, place sur le bord de la Seine, à Paris, où se faisaient autrefois les exécutions, et où certains ouvriers sans travail se réunissaient en attendant l’ouvrage. Décapité en place de Grève. Ces jeux que l’athéisme élève Conduisent tristement le plaisant à la Grève, bùil. Art p. 2. P. plaisant. Anges de Grève, portefaix. Embaucher un maçon à la Grève. || | P. ext. Neoloy. Être en —, sans travail. Se mettre en —, faire —, cesser le travail en vue d’obtenir des patrons quelque avantage.

GREVER Lgre-vé] v. tr.

[ÉTY’.M. Du lat. pop. ‘grevare (class. gravare ; v. grief ,  ?rt. s. §^ 295 et 290. n xu« s. Molt se pena de lui grever, Énéas, 184.]

|| 1° Vieilli. Oppresser par qqch de pénible. D’un fardeau si pesant ayant l’àme grevée, kégmek, Sat. 8. Impersonnt. || lui grève fort d’être contradnt à payer, trév.

|| 2° Charger de qqch d’onéreux. Le peuple était grevé d’impôts. (Droit.) Personne grevée de substitution, héritière ou légataire à titre de substitution. One propriété grevée d’hypothèques. Gens grevés par ses arrêts, l.\ f. FaO. x, 9. ‘GRÉVISTE)gré-vist’^ s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grève, § 265. || Néolog.] || Ouvrier qui s’est mis en grève.

GRIANNEAU [gri-yà-nô] s. tn.

[ÉT\.M. Diminutif de grian, § 126, mot du patois de la Suisse française, emprunté de l’allem. dialectal grigelhahn, m. s. de grigeln, crier, et bahn, coq (cf. hanneton , ^ 17. || 1757. v. à l’article. Admis ACAD. 1798.] Dialect. Petit coq de bruyère. Des gelinottes et des grianneaux que vous ne connaissez guère, volt. Lett. 6 mars 1757. ‘GRIBANE [gri-bàn’] s. f

[ÉTYM. Origine inconnue. || .\v° s. Deux batiaulx nommés gabannes (corr. gribannesj, .monstrelet, Chron. II. p. 21X3.] || Dialect. (Nordj. Kmbarcation à voiles d’une cinquantaine de tonneaux. Sitôt que j’aurai lié Ma — au plus prochain havre, chapelle, Lett. à M’"‘de Valentinc, p. 165, Bibl. elzév.

GRIBLETTE [gri-blét’j .s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1611. COTGR.] || (Cuisine.) Petit morceau de viande, de volaille, qu’on fait griller après l’avoir bardé de lard.

GRIBOUILLAGE [gri-bou-yàj’j et ‘GRIBOUILLIS [gri-bou-yij s. m.

GRIBOUILLE 1198 — GRIFFONNEUR

[ÉTYivr. Dérivé de gribouiller, g§ 78 et 82. || 1611. Gribouillis, COTGR. I 1752. GribouUlage, TRÉv. Admis ACAD. 17’J8.] il Famil. Ce qui est t’cril, dessiné, peint confusément.

GRIBOUILLE [gri-bouy’] s. m.

[ÉTYM. Nom propre qui paraît tiré plaisamment de gribouiller, §§ 37 et 52. || 1548. Toute femme IIlant quenouille Est plus sotte que n’est Gribouille, Sermon des fouU. Admis ACAD. 1878.] || Famil. Type de naïveté. Fin comme Gribouille qui se jette à l’eau crainte de pluie, court au mal qu’il veut fuir.

GRIBOUILLER [gri-bou-yé] v. tr.

[ÉTYM. Origine inconnue, COTGR. ne donne gribouiller qu’au sens de « gargouiller ». || xyII» s. Filez-vouz, cousezvouz, gribouillez-vous ? guérardi, Th. ital. v, 377. Admis ACAD. 1835.] | || Famil. Écrire, dessiner, peindre (qqch) d’une manière confuse. Ahsolt. H ne lait que — .

GRIBOUILLETTE [gri-buu-yêt’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gribouiller, § 133. || 1690. furet. Admis ACAD. 1762.] || Famil. Jeu d’enfants ofi l’on jette qqch au milieu des joueurs, qui se poussent et se disputent à qui l’aura. || Fiçi. Fajnil. Jeter son coeur à la —, à l’aventure.

  • GRIBOUILLEUR, EUSE [gri-bou-yeur, -yeuz’] s. m. et /".

[ÉTYM. Dérivé de gribouiller, § 112. || Néolog.] || Famil. Celui, celle qui gribouille. ‘GRIBOUILLIS. v. gribouillage. ‘GRIBOURI [gri-bou-ri] .s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVI’’s. Gribouri d’allégresse, Ane. Th. franc, ix, 501.] || ±° Anciennt. Lutin. il 2° (Agricull.) Nom vulgaire de l’insecte dit coupebourgeon, bêche-lisette, etc. ‘GRIDELIN, INE [grid’-lin, -Un’ ; en vers, gri-de-...] adj.

[ÉTYM. Pour gris de lin, § 179. [Cf. l’angl. gridelin, 7n. s. qui est emprunté du français.) || XVIIo s. v. à l’article.] || Vieilli. De la couleur grise du lin. Mores rouges, noirs, bleus..., gridelins, ghérarui, l’h. ilal. I, 364. Fleurs blanches ou gridelines, lemery, dans trév.

GRIÈCHE [gri-èch’] adj. fém.

[ÉTYM. Fém. de l’anc. franc, griois, dérivé de grlu, grec (lat. graecum), par l’addition du suffixe -isk, § 149. [Cf. grégeois, grègue, grive.) || XII<= s. Chevalerie De la grezesche (var. griesche) compagnie, Énéas, 2686.] || Anciennt. Crecque. || De nos jours. Usité seulement dans ortie-griéche et pie-grièche. [V. ces viots.) 1. GRIEF, lÈVE [gri-yef, -yév’] adj.

[ÉTYM. Du lat. pop. * gr$vem (altération du lat. class. gravem, due à l’influence de levem, léger, et de brevem, bref, § 509j, m. s. §§ 305, 446 et 291. || XIe s. Li quinz après lur est pesanz e griefs, Roland, 1687.] || Vieilli. Grave. Les péchés les plus monstrueux ne lui paraîtront plus si griefs, BOURD. Impureté, 1. Sous des peines très grièves, volt. Ch. XII, 3. 2. GRIEF [gri-yêr] s. ? ? !. [éty.m. Subst. verbal de grever, §§ 52 et 65. || XIW s. || estoit ses hom... et ne lui faisoit on nul grief. Récits d’un ménestrel de Reims, 275, var.]

|| 1° Vieilli. Dommage qui grève. Redresser les griefs. v. ext. (Droit.) Mémoire exposant le préjudice causé par un jugement dont on faisait appel. Griefs d’appel.

|| 2° P. ext. Grave sujet de plainte. Avoir des griefs contre qqn.

GRIÈVEMENT [gri-yèv’-man ; en vers, -yè-ve-...] adv.

[ÉTYM. Composé de griève et ment, § 724. A remplacé l’anc. franc, griefment, §584. || 1539. r. est.] || Vieilli. D’une manière griève. Une personne — blessée.

GRIÈVETÉ [gri-yèv’-té ; en vers, -yè-ve-té] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grief 1, § 122. A remplacé l’anc. franc, yiefté, qui vient du lat. pop. * grevitatem. || XV" s. De quelconque griefveté que je soie grevé, Intern. consol. II, 29.] || Vieilli. Gravilé. La — de la faute, de l’offense. Les fautes étaient punies moins sur leur — que sur leurs conséquences, DucLos, L. XI, I, 424.

GRIFFADE [gri-fàd’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de griffe, § 120. || 1564. J. TmERRY, Dict. franç.-lat. Admis ACAD. 1762.) || Coup de griffe.

GRIFFE [grïf] s. f.

[ÉTYM. Tiré du radical de l’anc. haut allem. grifan, allem. moderne greifen, saisir, §§ 6, 52, 498 et 499. L’anc. franc, emploie plutôt la forme masc. grif [Renarl, XV, 452). Il .XV’^-XVI’’s. Lyon rampant jetant ses griffes fieres, j. MAROT, V, 107, édit. 1731.]

|| 1° Ongle aigu et recourbé de certains carnassiers chat, tigre, etc.), de certains oiseaux de proie. [Syn. ongle.) Carreaux rayés par la — Des chauves-souris, th. g.\utier,

Inès. Donner un coup de — à qqn. Jouer des griffes. || Fig. Montrer les griffes et les dents, menacer. Il n’y avait que lui qui eût des griffes assez aiguës pour monter sur la croupe du Parnasse, sorel, Francion, 231. Loc. prov. On connaît le diable à ses griffes. || P. ext. La —, les griffes de qqn, sa méchanceté, sa rapacité. Tomber sous la — de qqn. On voit la —, on aperçoit en lui qqch de menaçant. Si j’avais le malheur de tomber dans les griffes de la justice, les. Diable boit. 7.

|| 2° Appendice au moyen duquel s’accrochent certaines plantes grimpantes. || Racines tubéreuses divisées en forme de doigts. Les griffes de la renoncule, de l’asperge.

|| 3° Instrument en forme de griffe d’animal. || 1. Outil dont le doreur se sert pour tenir un petit objet à brunir. ‘2. Outil de tapissier pour saisir un grand tapis. || 3. Morceau de bois à crochets pour maintenir l’outil du tourneur. || i Instrument à cinq pointes pour marquer la place des portées musicales. || Outil de serrurier pour iracer les pannetons des clefs. || Instrument avec lequel le forestier marque les baliveaux dans une coupe de bois. || 40 Empreinte qui reproduit la signature d’une personne. Exemplaires revêtus de la — de l’éditeur (pour éviter la contrefaçon). || P. ext. Instrument qui sert à faire cette empreinte. || P. anal. — d’oblitération, instrument dont se sert l’administration pour oblitérer les timbres mobiles.

GRIFFER [gri-fé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de griffe, § 154. || 1386. Lequel bailli fu grifez au visage, dans du c. griffare.]

|| 1° Frapper de la grilfe. Le chat l’a griffé. || P. anal. En parlant de l’homme. Frapper de l’ongle. Vous m’avez griffé.

|| 2° (Technol.) Marquer de l’empreinte d’une griffe. 1. GRIFFON [gri-fon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gryphus, grec Ypû’ || ’, 7)i. s. § 104. || XII’^ s. Li rois a dous gripons ki ont de force tant Li menres porteroit dous homes un arpant, dans p. meyer, Alexandre le Grand, I, p. 130.] 1.

|| 1° Nom donné à divers grands oiseaux de proie. || P. ext. Nom vulgaire du martinet noir.

|| 2° Animal fabuleux, moitié aigle et moitié lion. H P. ext. Papier marqué de cette figure. ! || Ancien canon ornéde la figure d’un griffon.

II. Petit chien barbet, à longs poils hérissés sur la tète et le devant du corps. 2. "GRIFFON [gri-fon] s. » !.

[ÉTYM. Dérivé de griffe, § 104. || 1690. î’uret.] || (Technol.) Hameçon double pour pêcher le brochet,

Jl Lime à bord dentelé dont se servent les tireurs d’or. 3. "GRIFFON [gri-fon] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. moderne grifoun, dérivé de grifo ou grifoul, source jaillissante, d’origine incertaine, § 11. || Néolog.] || (Technol.) Endroit où jaillit une source minérale,. Température de l’eau prise au — .

GRIFFONNAGE [gri-fô-nàj’] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de griffonner, § 78. || XVu« s. Dn griffonnage ridicule, gombaud, Êpigr. n, 75.] || Écriture dont les lettres sont mal formées, peu lisibles. || Fig. Écrit composé à la hâte. A l’approche Du — affreux qu’il a toujours en poche, piron, Métrom. 1, 3.

GRIFFONNER [gri-fù-né] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de griffer, § 168. || 1611. COTGR.] || Écrire en formant mal les lettres. || P. ext. Écrire avec précipitation. Je t’ai vu là griffonnant sur ton genou, 13EAUMARCH. R. de Sév. I, 2. Il Fig. Composer à la hâte.

Je me sais bon gré d’avoir griffonné dans ma vie tant de prose et tant de vers, volt. Lett. en vers et en prose, 41.

GRIFFONNEUR, "GRIFFONNEUSE [gri-fô-neur, . -neuz’J et, vieilli, "GRIFFONNIER, 1ÈRE [gri-fo-nyé, -nyér] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de griffonner, §§ 112 et 115. || XVIe s. Griffonneurs qui brouillassent beaucoup de papier, thevet, llom- /)ies illustres, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1835.]

GRIFFONNIS Ji09 GRILLET

I] Colui, celle qui griffonne. Sire, répondit le griffonnier, VOLT. LclL. à d’Ar(/eid. 8 mars 17G3.

  • GRIFFONNIS [gri-fù-ni] . ?. yn.

[ÉTYM. Dérivé de griffonner, § 82. || 16-42. OUD.] (((Technol.) Esquisse à la plume. ‘GRIFFU, UE [gri-fu] adj. [ktv.m. Dérivé de griffe, § 118. || XVIc s. Dn soing griffu, UONS. I, 438, Bibl. elzév.] || Armé de griffes. Le vautour, l’aigle, tous les brigands griffus, michelet, Oiseau, p. 11 :3.

  • GRIFFURE [gri-fur] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de griffer, § 111. || Néolog.] || Farnil. Égratignure.

  • GRIGNARD [gri-nàr] s. yn.

[ÉrvM. Semble dérivé de grigner, § 147. Se trouve en anc. franc, au sens de « rechigné ». || (Au sens actuel.) 1821. Uict. des sciences nat.] || (Technol.),Gypse cristallisé qu’on rencontre dans la pierre à plâtre. || Pierre de construction de qualité inférieure.

  • GRIGNE [grIIT] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de grigner, § 52. || 1718. On dit a Paris lagrigne de pain, i.ekoux, Dict. com. grignon.] || (Technol.) Plissement. || Spcciall. \ 1. Crispation du feutre. || 2. Fente dans la croûte du pain bien cuit. || 3.

Inégalité qu’offre une terre forte, argileuse, que ne divise pas bien le soc de la charrue. || P. ext. Couleur dorée du pain bien cuit. Cette couleur dorée et appétissante connue sous le nom de —, encycl. méth. Boulanger -,1782). ‘GRIGNER [gri-né] i’. intr.

[ÉTYM. Mot d’origine germanique, §§ 6, 49S et 499 : anc. haut allem. grinan, allem. mod. greinen, m. s. \\ XIIe s. || gringne les grenons, Fierabras, 2629.]

|| 1° Anciennt. Plisser les lèvres en montrant les dents.

|| 2° (Technol.) Goder. Cette étoffe grigne.

GRIGNON [gri-non] s. vi.

[ÉTYM. Semble dérivé de grigner, § 104. || XVIc-.wIIe s. On grignon, un fromage, d’aub. Foeneste, III, 3.] || Morceau croquant, pris sur le côté le plus cuit du pain. Il P. anal. Morceau de biscuit qu’on distribue en ration aux matelots.

GRIGNOTER [gri-ûô-té] l’. tr.

[ÉTY.M. Semble dérivé de grigner, § 167. || XVIe s. Grignoter, gringnoter, h.\b. dans uelu. Rec] || Ronger par petites parcelles, du bout des dents. — un morceau de pain. || Absoll. Il ne mange pas, il grignote.

GRIGNOTIS [gri-ùo-ti] * -. m.

[ÉTY.M. Dérivé de grignoter, § 82. || 1788. encycl. méth. Beaux-arts. Admis ac.\u. 1835.] || (Technol.) Tailles courtes que fait le graveur pour rendre les objets rugueux, troncs d’arbres, rochers, etc.

GRIGOU [gri-gou] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVII® s. v. a. l’article.] || Pop. Ladre, avare sordide. Maudite soit l’heure que vous avez choisi ce —, MOL. Jal. du Uarh. se. s. Petit vilain — raccourci, regnard. Coquette, III, 6.

GRIL [gri] s. m.

[ÉTYM. Pour greil, grail, § 358, du lat. pop. * grat)culum (class. craticulumj, m. s. S§ 377, 346. 402, 390, 290 et 291. A souvent le sens de grille en anc. franc. || xn« s. Auquanz en vit arz et bruïz Qui sur graïl erent rostis, marie de frange, Purçj. de St Patrice, 1095.]

|| 1° Ustensile de cuisine formé de petites tiges de fer parallèles, sur lesquelles on place de la viande, du poisson, pour les faire saisir par un feu vif. Une côtelette sur le —. || Le — de saint Laurent, instrument de supplice du martyr saint Laurent, condamné à mourir sur des charbons ardents. || Fig. Famil. Être sur le —, anxieux.

|| 2° (Technol.) Treillis de fer sur lequel les doreurs exposent les pièces au feu. || Machine sur laquelle l’imprimeur en taille-douce fait chauffer la planche avant d’y mettre l’encre. || Chantier à claire-voie destiné à supporter les navires dans les bassins de radoub. || Clairevoie en amont d’une vanne d’écluse, pour arrêter les bois, les immondices. || Cintre à claire-voie du plafond de la scène pour le passage de certains décors.

GRILLADE [gri-yad’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de griller, § 120. || 1680. richel.]

|| 1° Cuisson sur le gril. De la viande en — .

|| 2° Aliment cuit sur le gril. Spéciall. Viande grillée. Une — de porc. 1. GRILLAGE [gri-vàj’] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de grUle, § 78. || 17.39. Escluses, pilotis, grillages, dans uelu. liée, .\dmis acau. 1798.] || ! Ouvrage en forme de grille légère.

|| 1° Garniture de fil de fer à mailles plus ou moins serrées, qu’on met devant une fenêtre, une cheminée, etc.

|| 2° Barreaux pour retenir le poisson d’un étang. || 30 Charpente à claire-voie pour soutenir des fondations dans l’eau ou dans la glaise. 2. GRILLAGE [gri-yàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de griUer, § 78. || 1753. Ifist. de l’Acad. des se. p. 201. Admis ACAD. 1762.] || (Technol. ; Action de griller. Spécialt. Le — du minerai. ‘GRILLAGER [gri-yà-jé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grillage 1, § 154. || Xéolog.] || (Technol.) Garnir d’un grillage.

  • GRILLAGEUR [gri-yà-jeur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grillager, § 112. || Néolog.] || Ouvrier qui fabrique des grillages.

GRILLE [griy’] s. /’.

[ÉTYM. Pour greille, graille, § 358, du lat. pop. ‘gratîcula (class. craticula), m.- s. §§ 377, 346, 402, 39u, ZW et 291. A souvent le sens de gril en anc. franc. || XIII» s. Ou sur charbons ou sur greilles, J. ue meung, Bose, 19477.]

|| 1° Assemblage à claire-voie de barreaux de fer ou de bois, servant de clôture. La — d’un parc. Forcer la — d’un château, les grilles d’une prison, aux portes, aux fenêtres. Être sous les grilles, retenu prisonnier. Les verrous et les grilles Ne font pas la vertu des femmes ni des fiUes, MOL. Fc. des ni. I, 2. La — d’un couvent, clôture de la partie réservée aux religieux et aux religieuses. || P. anal. Barreaux de la visière d’un heaume, pour garantir les yeux. || /••. ext. (T. de jeu de paume.) Fenêtre carrée placée sous le bout du toit hors du service. Dn coup de — vaut quinze.

|| 2° Support formé de barres de fer sur lequel on place le bois, le charbon, au-dessus du cendrier, dans un fourneau, dans un poêle. || Corheille formée de barres de fer, oti l’on brûle de la houille, du coke dans une cheminée. || P. ext. Châssis de fer qui supporte le massif où est établi le moule pour la fonte d’une cloche, d’un canon, etc. || Treillis sur lequel le doreur expose les ouvrages au feu. || Ouvrage de cliarpente à claire-voie pour soutenir des fondations dans l’eau ou dans la glaise. || Plaque de fer trouée sur une râpe, pour réduire le tabac en poudre. || 3’^ P. anal. \ 1. Parafe en forme de barreaux croisés que les secrétaires du roi mettaient au-devant de leur signature officielle. || 2. Carton présentant des jours dans lesquels on écrit les mots d’un message secret, remplissant ensuite les intervalles par des mots insignifiants, et dont celui qui reçoit le message a un double pour distinguer les mots significatifs. (v. châssis.) || 3. Entrecroisement des ficelles en tête des hautes lices du métier à rubans, pour faciliter le passage des rames. 1. GRILLER [gri-yé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gril, § 154. || XII° s. Les nonnains fist ardoir et graaillier, Raoul de Cambrai, 1542.] || Saisir par un feu vif un aliment (viande, poisson, pain) mis sur le gril. De la viande grillée. Une tranche de pain grillé. || P. anal. Saisir Ijrusquement par le feu. Se — les cheveux. || Spécialt. || 1. Faire passer le minerai au feu pour le rendre plus friable. || 2. Faire passer les toiles de coton à la flamme, après le tissage, pour enlever le duvet. Ij P. ext. Des plantes grillées par le soleil, et, p. anal. La gelée a gTÛ\éles]euaespo\xsses. Au participe passé prissubstantivt.

Le grillé, altération de la vigne causée par l’excès de la chaleur. || P. hgperb. Être grUlé du soleU, éprouver une chaleur excessive. || Fig. Famil. — d’impatience, se consumer d’impatience. Dans le même sens. — dans sa peau, et, absoll, —. L’autre grille déjà de conter la nouvelle, LA F. Fab. vwi, 6. 2.

GRILLER [gri-yé] v. tr.

[ÉTYM. Dthivé de grille, § 154. y 1572. Dne chambre grillée, YVER, Print. i’’j.]

|| 1° Garnir d’une grille (une ouverture). On a fait — les fenêtres. Loge grillée, qu’on peut fermer du côté de la salle par une grille. Dentelle grillée, et, substantivt. Un grillé, dentelle dont les fils, peu serrés, se croisent en diagonale. || 2o Vieilli. Enfermer dans un lieu garni d’une grille. 1. GRILLET jgri-yè] s. 7«. et GRILLETTE [gri-yèf]* ./".

GRILLET 1200 — GRIMPEUR

[ÉTYM. Paraît être le même mot que l’anc. franc, grillet, grillon. (Cf. grelot.) || 1600. Sonnetes et grillets, a. colin,

Hist. des drogues, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (Fauconn.) Sonnette qu’on attache aux jambes des oiseaux de proie dressés pour la chasse, au cou d’un chien. 2. "GRUiLET [gri-yè] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de griller, § 133. || I Neolog.] || FcuIIIl. Ampoule causée par une légère brûlure.

GRILLETÉ, ÉE [griy’-té ; en vers, gri-ye-té] adj.

[ÉTYM. Dérivé de griUet 1, § 118. || 1611. COTGR. Admis ACAD. 1762.] || Vieilli. Muni d’un grillet, d’une grillette. Spécialt. (Blason.) Faucon d’argent perché et — de même.

  • GRILLOIR [gri-ywàr] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de griUer 1, § 113. || Neolog.] || (Technol.) Fourneau pour griller les toiles. 1. GRILLON [gri-yon] s. m.

[ÉTYM. Du lat. pop. ‘grïllionem (lat. class. grillus, § 106), 7n. s. devenu greillon, grillon, ^g 342, 463 et 290. L’anc. franc, dit plus souvent grillet, grelet ou grésillon. || XIV" s.

La grille et le grillon, j. CORUIGUON, Fî’opr. des choses, dans DELU. Rec.] ||

Insecte de l’ordre des Orthoptères dit vulgairement Cri-cri, à cause, du bruit que produit (chez le mâle) le frottement des élytres, et qui recherche le soleil, les endroits chauds. Le — des champs. Le — du foyer. Adieu, voisin | —, LA F. Fab. V, 4. || F. ext. —taupe, la courtilière.

2. "GRILLON [gri-yon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grUle, g 104. || 1355. Greillon (d’un étang), dans du c. grata.] || (Technol.) Pile carrée qui sert à étayer les bûches empilées en travers.

GRIMAÇANT, ANTE [gri-mà-san, -sânt’] adj.

[ÉTYM. Adj.particip.de grimacer, §47. || xYIII^s. F. à l’article. Admis ACAD. 1835.] || Qui grimace. One figure grimaçante. || Fig. Qui fait des plis irréguliers. Ses souliers grimaçants, boil. Sut. 10.

GRIMACE [gri-mas’] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé d’un radical grim, d’origine incertaine, § 81. || XIVe s. Grimache, jeu. de.s pheis, Geste de Liège, II, 1643. 1 XVes. Jehan leur fist une grimace, guill. de st-andré,

Livre du bon Jehan, 2217.] || Contorsion de la figure. Son visage faisait des grimaces hideuses, fén. Tél. 8. Faire la — en signe de mécontentement, et, fig. être mécontent. Je fis une — intérieure, sÉv. 1240. Faire la — à qqn (pour le narguer). Vous n’avez que faire de hocher la tète et de me faire la —, MOL. G. Dand. II, 2. Fig. Faire la — à qqn, lui faire mauvais visage. || Fig. Mine par laquelle on singe des sentiments qu’on n’éprouve pas. Avec des doigts levés en l’air et des grimaces II prétendait guérir malades et blessés, v. uugo, l’arulcs d’un conservateur. Les grimaces ne sont point nécessaires, MOL. Mal. ini. II, 6. L’honnêteté d’une femme n’est pas dans les grimaces , iD. Crit. de l’Éc. des f. se. 3. Tout le secret ne gît qu’en un peu de — , CORN. Ment, I, 6.

GRIMACER [gri-mà-sé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de grimace, § 154. || 1611. COTGR.] || (T. de peint., de sculpt.) Faire des grimaces. Une tête qui grimace. || Fig. Il (Molière) n’eût point fait souvent — ses figures, boil. Art p. 3. || P. ext. Fig. Un vêtement qui grimace, qui fait des plis irréguliers.

  • GRIMACERIE [gri-màs’-ri ; en vers, -mà-se-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grimacer, § 69. || XVII« s. v. à l’article.] || Rare. Action de grimacer. Il fit autour force grimaceries,

LA F. Fab. vi, 6.

GRIMACIER, 1ÈRE [gri-mà-syé, -syér] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grimace, § 115. || 1611. COTGR.] || Qui fait habituellement des grimaces. Les enfants sont grimaciers. Substantiel. Un —, une grimacière. || | Fig. Qui singe un senVimenL SubstaIItir t. Ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers et appuient aveuglément les singes de leurs actions, MOL. D. Juan, y, 2.

GRIMAUD [gri-mô] s. m.

[ÉTYM. Origine incertaine. Peut-être dérivé du radical de grimoire, § 138. || XVI® s. La première classe des petits grimaulx, RAB. il, 8.] || Écolier qui en est aux éléments. || P. ext. Pédant de collège. (Vers) des moindres grimauds chez Ménage siffles, boil. Sat. 4. Allez, petit —, barbouilleur de papier, MOL. F. sav. III, 3. Il sait le grec, c’est un —, la br. 12.

  • GRIMAUDAGE [gri-mô-dàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grimaud, g 78. IlXVIIos. F. à l’article.] || Vieilli. Verbiage. Otez-vous donc de l’esprit tout ce — , SÉV. 951.

  • GRIMAUDERIE [gri-môd’-ri ; en vers, -mô-de-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grimaud, § 69. || XVt« s. Pour avoir étudié en grimaulderie, BON. DES per. dans GODEF. Conipl.] || Vieilli. Action de dire du verbiage. Grimauderies pédantesques, sorel, Francion, p. 168. 1. GRIME [grim’] s. m.

[ÉTYM. Tiré de grimaud, §36. || 1680. ricIIel. Admis acau. 1718.] || Vieilli. Méchant écolier. 2. GRIME [grim’] s. 7h.

[ÉTYM. Emprunté de l’ilal. grimo, ni. s. proprt, « ridé », § 12. Il Neolog. Admis ACAD. 1835.] || (Théâtre.) Personnage de vieillard ridicule. Jouer les grimes.

GRIMELIN [grim’-lin ; eîi vers, gri-me-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé du radical de grimaud, §§ 62 et 100. || XV !"^ s. Petits grimelins, tabourot, Bigarr. préf.J || Vieilli. Petit écolier. || P. anal. Celui qui joue petit jeu. Il P. plaisant. Adjectivt. Mesquin. Votre sublime dos près de son dos voûté N’a qu’une bosse grimeline, gIIeh.\rdi, Th. ital. III, 301.

  • GRIMELINAGE [grïm’-li-nâj" ; en vers, gri-me-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grimeliner, § 78. || Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1878.] || Vieilli. Action de grimeliner.

  • GRIMELINER [grim’-li-né ; en !’e ?’.y^g’ri-me-...] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de grimelin, § 154. || 1651. loret, Muse histor. 24 sept. Admis ACAD. 1(594 ; suppr. en 1878.] || Vieilli. Jouer petit jeu. Je ne puis pas — davantage, DUFRESNY, Néglig. u, 1. || P. anal. Faire de petits profits.

GRIMER [gri-mé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grime 2, § 154. || Veoioçf. Admis ACAD. 1835.] || (Théâtre.) Marquer (qqn) de rides, pour lui donner l’air vieux. Un acteur bien grimé. Il se grime bien.

GRIMOIRE [gri-mwàr] s. m.

[ÉTYM. Pour gramoire,§ 509, variante dialectale de grammaire, qui, au moyen âge, désigne spécialement la grammaire latine, inintelligible pour le vulgaire. Le changement de genre est dû à une ellipse : un gramoire, pour un livre de grimoire, § 554. || XII^ s. Par artimaire Et par la force de gramaire, Thèbes, app. II, 9323. || XIIIe s. Et font parroistre par lur grymoire Voir comme mençonge, muNTai-

GLON et RAYNAUD, Rcc. de fabliaux, II, 242.] ||

Livre en caractères mystérieux dont se servaient les sorciers. On appelait ces livres grimoires en France, et ailleurs l’alphabet du diable, volt. Dict. philos, bouc. || Fig. Ce qui est indéchiffrable. C’est, mon ami, un — et des mots Dont tous les courtisans endorment les plus sots, Régnier, Sat. 4. Sans tant... de fatras et de grimoires, LA F. Fab. I, 21.

GRIMPANT, ANTE [grin-pan, -pânt’] adj.

[ÉTYM. Adj.particip, de grimper, § 47. || XYII" s. F. à l’article. Admis ACAD. 1835.] || Qui aime à grimper. Rien nepeut arrêter cet animal — ,

LA F. Fab. XII, 4. Il P. anal. Plante grimpante, qui monte en s’accrochant aux corps voisins.

GRIMPER [grin-pé] v. intr.

[ÉTYM. Forme nasalisée de gripper, s’accrocher (en montant), § 361. || XVe s. Encontre remper ou gripper, Gloss. franç.-lat. mss lat. Bibl. nat. 7684, [° 50. || i’i.i2. Grimper dessus les murailles, p. desrey, Mer des cron. dans DELB. Rec] || S’élever en s’accrochant à ce qui peut aider. Voyez — sur ces roches Ces athlètes belliqueux, boil. Od. 1. Sentier solitaire et rude oùil grimpe plutôt qu’il ne marche, B0S.S. R. d’Angl. \\ P. ext. Monter péniblement. Nous grimpons à son cinquième étage, montesq. Lett. pers. 15. On enfant grimpé sur une chaise. || En parlant d’une plante, monter en s’accrochant aux corps voisins.

GRIMPEREAU [grinp’-rô ; eII vers, grin-pe-...] , ?. m.

[ÉTYM. Dérivé de grimper, § 126. || 1555. Le torchepot, aussi nommé grimpereau, P. SELON, Nature des oiseaux, p. 304. Admis ACAD. 1835.] || Passereau té nuiroslre qui grimpe le long des arbres.

GRIMPEUR [grin-péur] s. m.

GRINCEMENT — 1201 GRIS

[ÉTYM. Dérivé de grimper, § 112. | || 1611. COTGR. Admis ACAD. 1835.] || Qui a rIIabitude de çrIImper. Les animaux grimpeurs, el, substantivt. Les grimpeurs, nom d’un ordre d’oiseau.\, d’une fIImillede rougeurs, el d’un genre de reptiles.

GRINCEMENT [grins’-man ; en vers, grin-se-...].î. w.

[Éïv.M. Dérivé de grincer, § 154. || XVe s. Gemissemens et gricemens, dans GODEF. Coinpl.] || Action de grincer. Le — de la scie, de la lime. Le — d’un essieu. S/jccial/. — de dents, action de frotter les dents d’en bas contre celles d’en liaut, de manière à produire un bruit aigre.

GRINCER [grin-sé] v. intr.

[ÉTYM. Origine incertaine ; le mot parait trop récent pour pouvoir se rattacher k l’anc. haut allem. gremizzon, m. s. [Cf. crisser et l’anc. tranç. croissir, qui ont un sens analogue.) || XVe-XVI’s. Crisser les dens. Roman des deux amans, dans GODEF. Compl. \ Ib^i’J. Grincer, it. est.] || Frotter de manière à produire un son aigre. (Cf. crisser.) One porte qui grince. La clef grince dans la serrure. Quand sur toi leur scie a grincé, musSET, Trois marches. — des dents, el, vieilli, Iransilivl, — les dents, en frottant les dents den-has contre celles d’en haut.

GRINCHEUX, EUSE [grin-chéu, -cheuz’J adj.

[ÉTY.M. Parait être une forme dialectale pour grinceur (COTGR.), celui qui grince facilement des dents, g^ 16 el

  • 391. Il .Wéoloff. Admis agad. Ib78.] || Famil. <jui est d’humeur désagréable. SuLstantivt. On —, une grincheuse.

GRINGALET [grin-gà-lè] s. m.

[ÉTVM. Mol d’origine inconnue qui apparaît en français dès le XII« s. et désigne une sorte de cheval. | || (Au sens actuel.) 1611. COTGR.] || Famil. Homme de corps grêle, chétif. ‘GRINGOLE [grin-gôlj s. f.

[ÉTï.M. Semble une autre forme de gargouille ; dans ce cas, le verbe dégringoler, anciennement gringoler, signifierait

  • tomber de la gargouille », en parlant de l’eau.] || (Blason.) Tète de serpent qui termine certaines croix.

GRINGOLE, ËE [grin-gù-lé] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gringole, g 118. || 1644. Croix gringollee d’or, vulson de ia. colùmbière, Science héroïque, p. 138. Admis acau. 1762.J || Blason. ; Terminé en gringole. Croix gringolée d’or.

GRINGOTTER [grin-gô-lé] v. intr.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XV« s. Gringotez et croquez vos notes, greuan, Passion, 3845.]

|| 1° Gazouiller. il 2° Fredonner. Transit IVt. Vous ordonnez que je gringotte Quelques vers sur la ravigotte, le p. Uucerce.\u, Poés. div.

GRINGUENAUDE ^gring’-nôd’ ; en vers, grin-ghe-...J s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || XVIes. V . à l’article.]

|| 1° Ordures qui restent autour du fondement. Dn monceau De gringuenaudes de pourceau Grosses comme grosses fumées, u’.MJII. Prinlemhs, ‘JU.

|| 2° Parcelle d’aliments qui remonte dans le nez. ‘GRIOT igri-yo]. v. gruau.

GRIOTTE ,gri-yot’] s. f.

[ÉTY.M. Pour agriote, § 360, dérivé de aigre, §§ 65 et 136. || XVI° s. Griotes, r. est. (1539). Les agriotes ou cerizes aigres, O. DE SERRES, VIII, 2.]

|| 1° Cerise aigre, à courte queue. il 2° /’. eut. Marbre d’un rouge cerise tacheté de brun.

GRIOTTIER [gri-yo-lyé] .v. m.

[ÉTV.M. Dérivé de griotte, § 115. || XVI« s. Gruotiers, bigarreaux, merisiers, cl. gaucuet, f/aijjr des champs, dans DELB. Hec.\ || Cerisier qui produit la griotte. ‘GRIP [grip] j>-. VI.

[ÉTY.M. bubst. verbal de gripper, § 527. [Cf. grippe.) || i 1611. COTGR.] || ^Fauconnerie.) Rapine. Oiseau de —, oiseau de proie.

  • GRIPPAGE [gri-pàj’] * . m.

[ÉTY.M. Dérivé de gripper, § 78. || Néolog.] || (Technol. ; Frottement des pièces d’une machine qui, au lieu de glisser, s’accrochent et s’arrêteat.

GRIPPE [grip’i s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de gripper, § 52. [Cf. grip.) || XIIIfXIV’^ s. El tens duquel je vous parole. Que RichcU°d commença ces DICT. KHANÇ. grippes, G. guiart, Boy. Ugn. 786, Buchon. .\dmis ACAD. 174(.i.)

|| 1° Vieilli. Fantaisie soudaine. C’est un homme de —, de fantaisie, d’impétuosités successives, st-SIM. ix, 15<J. Voilà la — des femmes d’aujourd’hui, regxard, Mezzetin aux enfers, se. i. \\ Spéciall. De nos Jours. Prévention soudaine. Prendre qqn en — . i ! 2° Fif/. Sorte de catarrhe épidémique. Avoir la — .

GRIPPÉ, ÉE [gri-pé] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grippe, § 118. || Séolofj. Admis acau. 1878.) || AU»_’IIIl de la grippe (catarrhe épidémique).

  • GRIPPE-CHAIR [grip’-chèr ; en vers, gri-pe-...^ s. m.

[ÉTY.M. Composé de grippe (du verbe gripperi et chair, § 209. Il XVIIe s. v. à l’article.] || P. plaisant. Vieilli. Agent de police, archer. (Cf. grippe-coquin.) Vous et vos grippe-chcIIrs [sic], vous pouvez disparaître, bours. Mots à la mode, se. 15. ‘GRIPPE-COQUIN [grip’-ko-kin ; en vers, gri-pe-...] s. m.

[ÉTYM. Composé de grippe (du verbe gripper et coquin, § 2C»9. Il XVI1I« s. LE PIIRE DUCHESNE, Lett. 43.] || Vieilli. Piège pour saisir la main du voleur dans les poches. Il P. plaisant. Gendarme, agent de police. (Cf. grippe-chair, | ‘GRIPPE-FROMAGE [grip’-frô-muj’ ; en vers, gri-pe-...] adj. lÉtym. Composé de grippe (du verbe gripper) et fromage, §209. Il XVII«s. r. à l’article.] || Famil. Qui grippe le fromage. Le chat —, LA F. Fah. XIu, 22.

  • GRIPPELER ‘^grîp’-lé ; en vers, gri-pe-lé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gripper, § 162. | || 1752. trev.) || (Teclinul. I Froncer. Les étoffes se grippellent.

  • GRIPPEMENT grip’-nian ; en vers, gri-pe-...) s. m.

[ÉTY.M. Dérivé de gripper, g 145. || 1611. cûtgr.] || Famil. Froncement. Specialt. (Médec.) — de la lace.

GRIPPER Lori-péj v. tr.

[ÉTYM. Emprunté du bas allem. gripan, m. s. forme qui correspond au haut allem. grifan ^d’où griffe, griffer , §§ 10, 498 et 499. || 1454. Texte dans DELB. Rec]

I. Il 1° Saisir avec les griffes. || P. anal. Saisir violemment. (Syn. agripper.) La béte fut grippée, ia. f. Fab. v, 6. Quand au collet on lest venu —, th. CORN. Galant dou- (jlé, IV, 8.

|| 2° P. anal. Froncer. Cette étoffe se grippe. Spéciall. (Médec.) Face grippée (dans certaines douleurs aiguës i.

II. Anciennt. .\ccrocher. Se — à qqch. Commencèrent à eux — aux cordes (d’une galère) et monter à l’abordage, J. d’.vuthon, Annales de Louis XII, f» 27, dans la c. (Cf. grimper.) || De nos Jours. Absolt. (Technol.) S’accrocher, en parlant des pièces d’une machine. (Cf. grippage.)

GRIPPE-SOU ^grip’-sou ; en vers, gri-pe-... ; * .)n.

[ÉTY.M. Composé de grippe (du verbe gripper) el sou, § 2U9. Il 168U. RicIIEL. Admis Aa\D. 1718.

J

|| 1° Anciennt. Celui qui se chargeait de toucher les rentes des particuliers, moyennant un sou par livre.

|| 2° Famil. Celui qui l’ait misérablement de petits prolils.

GRIS, ISE [gri, griz’] adj.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. gris, allem. moderne greis, m. s. §§ 6, 498 et 499. | || XIIe s. La vendeit on le vair, le gris, Encas, 450.] || Qui est d’une couleur intermédiaire entre le bhuuet le noir. Cheveux —, qui commencent à blanchir. Avoir la tête grise, être —, avoir les cheveu.^ qui commenceni à blanchir. Porter tête grise, MOL. Et. il, 4. La substance grise de l’encéphale. Une robe grise, un manteau —. Soeurs grises, soeurs de charité qui portent un costume gris. Loc. prou. La nuit tous les chats sont — i paraissent gris), la luIIl le beau ne se dislingue pus du laid. Bois —, ayant encore son écorce grise. Papier —. Papier — pour filtrer, papier gris non collé. Lettres grises, lellres gravée ? conicnant des parties vides qui les font paraître grises. Dn temps —, couvert, sombre. Faire grise mine à qqn, lui faire médiocre accueil. || Fiç/.tlre—, k demi IVre. || Suàslantivt. La couleur grise. Le — est une couleur solide. P. appos. Dne robe —brun. Des chevaux —pommelé. Dn habit —de-souris. Dne étoffe —de-lin. Xf- gridelin.j Des gants —de-perle, ou — perle. Renard —de-fer, etc. ji Ellipt. Être vêtu de —, porter 76

GRIS — 1202 GRIVIERE

du —, un habillement gris. || Petit—, variété d’écureuil qui a le dessus du corps gris et le ventre blanc. P. ext.

La fourrure de cet animal. Spécialt. La fourrure du dos. Ventre de —, la fourrure du ventre, qui est plus blanche. On manteau doublé de petit—, de ventre de — .

GRIS (VERT-DE-) v. vert-de-gris.

GRISAILLE [gri-zày’] .-f. f.

[Éïv.M. Dérivé de gris, §95. Il 1676. a. félibien, Princip. de l’aj’chIIect. p. 247.]

|| 1° Peinture grise, où l’on n’emploie d’autre couleur que le blanc et le noir, et qui imite le bas-relief. li 2’^ Mélange de cheveux blancs et de cheveux bruns pour perruques. || ÊtotTe mélangée de noir et de blanc, ou a petits carreaux noirs et blancs.

Ij 3° Dialect. Peuplier blanc.

GRISAILLER [gri-zà-vé] v. tr. et inir.

[ÉTYM. Dérivé de grisaiUe, § 154. || 1690. furet.] || (Technol.) || i 1° v. tr. Peindre en gris. Spécialt. Peindre en grisaille.

|| 2° v. intr. Prendre une teinte grise.

  • GRISARD, ARDE [gri-zàr, -zàrd’] adj. et s. ?«.

[ÉTYM. Dérivé de gris, § 147. || 1351. Palefroy grisart, dans GODEF. grisart.

J

|| 1° Vieilli. Adj. Qui est d’un gris foncé. La palombe grisarde, DU bartas, Semaine, 15. jj 2’S. m. Nom vulgaire donné au goéland, au blaireau, au peuplier blanc, à un grès très dur. [Cf. grison.)

GRISÂTRE Lgri-zâtr’j adj.

[ÉTYM. Dérivé de gris, § 151. J ! XV’^-XVIc s. Grisâtre basenné,

J. le maire, dans DELB. Rec] || (Jui tire sur le gris. Une teinte — .

1. GRISER [gri-zé]. v. gréser. 2. GRISER [gri-zé] v. intr. et tr.

[ÉTVM. Dérivé de gris, g 154. || 1539. R. est. Admis ACAD. 1762 au sens II, 2°.]

I. Vieilli. v. intr. Devenir de couleur grise. [Cf. grisonner.) Spécialt. ‘^Technol.) Les bleus célestes... ne feront que _ et perdre l’éclat du bleu, Jnstr. pour les teintures de laine ^1671j, art. 13.

II. v. tr.

|| 1° ;Technol.) Faire devenir de couleur grise. L’addition du noir grise ou rabat la couleur, chevreul, dans Compte rendu de l’Acad. des se. l, ^64. ^ 2’Fig. Rendre gris, à demi IVre. On l’a grisé. Il s’est grisé à souper. || P. anal. Famil. Étourdir en excitant.

Grisé par l’odeur de la poudre. || Fig. Le succès l’a grisé. Il se grise de ses propres paroles.

  • GRISERIE ^griz’-ri ; en vers, gri-ze-rij i\ f.

[ÉTY.M. Dérivé de griser, § 69. || Néoloy.] || Légère IVresse.

GRISET, ETTE [gri-zè, -zèt’] adj. et s. yn. et f.

[ÉTY.M. Dérivé de gris, g 133. || XIIé-xui* ^ s. Cape grisete, Percerai, 40062.]

I. Anciennt. Adj. Qui tire sur le gris. (v. grisâtre.)

II. Il 1° i’. m. Nom donné au jeune chardonneret (dont les plumes sont encore grises), à l’hirondelle de mer, à l’argousier, etc. _

|| 2° :5. /’. 1 1. Étoffe grise commune. Dn haut-de-chausses de grisette, scarr. Virg. trav. 6. || P. ext. Fille de petite condition, velue de cette étotFe. Spécialt. Jeune ouvrière de moeurs faciles. || 2. Nom donné à des variétés de fauvettes, de macreuses, de râles, de papillons de nuit, d’agarics, etc. ‘GRISOIR [gri-zwâr]. v. grésoir.

GRISOLER [gri-zù-lé] v. intr.

[ÉTYM. Onomatopée, §32. Il 1718. Texte dans trév. Admis Aa\D. 1798 et écrit arbitrairement avec deux 1.] || En parlant de l’alouette, faire entendre son cri.

GRISOLLER. v. grisoler.

GRISON, ONNE [gri-zon, -zùn’j adj. et s m.

[ÉTY.M. Dérivé de gris, § 104. li 1493. Pierre de grison, dans DELB. Rec]

I. Adj. Qui est un peu gris. (Ne se dit guère que de la barbe, des cheveux.) Folâtre à la tête grisonne, Régnier, Sut. 8. || Substantiel. \ 1. Un —, homme qui grisonne. || 2. Le —, la teinte grisonne. Dn homme de moyen âge, Et tirant sur le —, LA F. Fah. I, 17.

II. S. m. Il 1° Domestique sans livrée, habillé de gris, pour commissions secrètes. Son — va venir pour prendre la réponse, b.\ron, Homme à bonnes fort, I, 6. Bientôt grisons furent eu campagne, eamilt. Gram. 112. Je t’ai vu autrefois  ; le plus adroit — qu’il y eût en France, regnard, Sérén. || se. 10. ‘I P. plaisant. Moine vêtu de gris. Suivaient de loin || deux grisons bien dispos, piron, Moine bridé. || l || 2’Famil. Ane. Et le — se rue Au travers de l’herbe menue,

L.\ F. Fab. VI, 8. Il (Zoologie.) Petit mammifère de ‘l’Amérique du Sud, carnassier, et voisin du glouton.

I

|| 3° (Technol.i Grès pour auges, etc. (Cf. grisard.) ‘GRISONNANT, ANTE ;gri-zô-nan, -nânt’] adj. 1

[ÉTYM. Adj. particip. de grisonner, § 47. || XVIIe s. Poil grisonnant, RAB. m. 2S. .\dmis ACAD. 1878.] || Qui grisonne. Cheveux noirs grisonnants, j.-j. rouss.

GRISONNER [gri-zô-né] v. intr. et //•.

I

[ÉTYM. Dérivé de grison, § 154. Il XVI<= s. Je vois ton poU  ! grisonner en teste, RAB. III, 2S.]  ! Il 1° v. intr. Commencer II devenir gris len parlant des ‘cheveux, de la barbe). Une personne dont les cheveux gri- || sonnent, et, jj. ext. Dne personne qui grisonne. Rufin commence [ à —, L.\ BR. 11. ‘ f 2° v. tr. (Technol.) Teindre en gris. (Cf. griser.)

GRISOU [gri-zou] s. m. ‘.

[ÉTY’.M. Emprunté du patois wallon brisou ou grisou, m. ‘s. d’origine incertaine, § 16. || 1769. Feu brisou, morand,  ! Art d’expl. les 7nines, p. 87. || 1796. Veines de houille dites à ‘grisou, Journal des mines, an lY, n° 18, p. 1. .\dmis ACAD. 1835.]  ! Il (Technol.) Hydrogène protocarboné, gaz inflamma-

I

Lie qui se dégage dans les mines, surtout dans les houil- 1ères. et devient explosible quand il est mêlé avec l’air. Un coup de —. Le feu — .

  • GRISOUTEtrx, EUSE [gri-zou-teII, -teuz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grisou, §§ 63 et 116. || Néolog.] || (Technol.) Qui contient du grisou.

GRIVE [grï’v’] J. f.

[ÉTY.M. Paraît être l’anc. adj. grive, fém. de griu, grec, § 38. (v. grièche.) || \iv<^ s. Mangez la grive au disner, Gaut. DE BIBLESWORTH, daUS PALSGR. p. 28.

J || Oiseau de l’ordre des Passereaux dentirostres, formant une espèce du genre merle, à plumage mêlé de blanc et de brun. Les grives se gorgent de raisin. Loc.prov. Être soûl comme une — (gorgée de raisin). Faute de grives, on prend, on mange des merles, faute de mieux on prend ce qu"on trouve.

GRIVELÉ, ÉE [griv’-lé ; en vers, gri-ve-Ié) adj.

[ÉTYM. Dérivé de grive, §§ 62 et 118. || xui<= s. Palefroi griolé, beau.maN. Jehan et Rlonde, 3133.] i ; Mêlé de blanc et de brun. Plumage — .

GRIVELÉE [griv’-lé ; en vers, gri-ve-lé] s. f.

[ÉTYM. Subst. particip. de griveler, § 45. || xyi^-xyII^ s. Vous et moy couperons bras et jambes à Madame Grivelee, riULLY, UEcon. roy. ann. 1596.] || Vieilli. Profil illicite.

GRIVELER [griv’-lé ; en vers, gri-ve-lé] v. intr.

[ÉTYM. Semble dérivé de grive, § 162, proprt, « vivre comme la grive ». || 1620. Griveler sur les pauvres, Chron. bordel, dans DELB. Rec] \\ Vieilli. Faire des profils illicites. Monsieur, le roi entend que vous vous absteniez de... et en disant cela il faisait avec la main la patte de chapon rôti, lui voulant dire qu’il ne fallait pas —, T. des ré.\ux, llistor. I, 219.

GRIVÈLERIE ^grl-vèl-ri ; en vers, -vè-le-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de griveler, § 69. || XVI’s. Ennemy de toutes les grivèleries, Mem. sur Duguesclin, 16. Admis ACAD. 1762.] || Vieilli. Action de griveler, de faire des profils illicites.

GRIVELEUR, ‘GRIVELEUSE [griv’-leur, -letiz’ ; en vers, gri-ve-...] s. m. et /’.

[ÉTYM. Dérivé de griveler, § 112. || I 1642. OUD.] || ; Vieilli. Celui, celle qui l’ail des profits illicites. || ‘GRIVELURE [griv’-lùr ; en rew, gri-ve-...] s. f. ‘[ÉTY.M. Dérivé de grivelé, § lU. || ] 1545. Grivolures rouges entremeslees, G. GUÉR.ÛULT, dans DELB. Rec] | il Nuance mi-partiebrune et grise.

  • GRTVETTE [gri-vèf] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grive, § 133. || 1611. COTGR.] || Petite grive. || Espèce de merle. ‘GRIVIERE [gri-vyèr) s. /’.

[ÉTY.M. Dérivé de grive, § 115. || XVni« s. buff. Grive.\ || II Rare. Volière où on élève des grives.

GRIVOIS — 1203 — GROS

GRIVOIS, OISE ‘^g^ri-vwâ.-vwdz’] s. m. et f. et adj

[ÉTYM. Tin’tic grivoise (V. ce mot), §37. || 1G9(J. Vive la pipe, c’est le salut du grivois, Dominique, Fille sav. se. de renrôlement. .\dmis agau. 1718.]

I. S. m. et f. I 1. S. 7)1. Soldat allemand au .service de la France, et,/), ext. soldat. Son adversaire choisit pour le sien un — de ses amis, les. Estev. Gonzalez, 46. || 2. .S. f. Grivoise, femme qui va avec les soldais. || 3. P. anal. Homme, (euime d’humeur hardie.

II. Adj. Qui est d’une gaieté immodeste. Une personne grivoise. Des propos —. One chanson grivoise.

  • GRIVOISE Lgri-vwaz] s. f.

[ÉTYM. Pour rivoise, § 300, altération de l’allem. reibeisén, fer à râper, S 7. Le mot est venu en français par Strasbourg, après la prise de cette ville (1681). ||) 1701. FURET.] || Anciennt. Tabatière munie d’une râpe à tabac, portée surtout par les soldats.

GROG [grog’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’angl. grog, m. s. sobriquet de l’amiral Vernun. qui obligea les marins anglais à mettre de l’eau dans leur rhum, § 8. || Nëoloy. Admis ACAD. 1835.] || Boisson.d’eau froide ou chaude, où l’on met du sucre, de l’eau-de-vie ou un autre spiritueux et du citron. ‘GROGNANT, ANTE [grô-nan, -fiant’] adj.

[ÉTYM. Adj. particip. de grogner, § 47. || Xéolog.] || Qui grogne. Specialt. Vache grognante, nom vulgaire d’une espèce de bison.

GROGNARD, ARCE [grô-nàr, -ùàrd’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grogner, § 147. || .Mil^ s. Vilein jelos groinart, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1798.] || Qui a la manie de grogner. Substantivt. Un —, une grognarde. Specialt. Nom donné, sous Napoléon I<^’’. aux soldats de la vieille garde. Trois fantômes de vieux grognards En uniforme de l’ex-garde, tu. Gautier, Vieux de la vieille.

  • GROGNE [groiT ; s. /’.

[ÉTYM. Subst. verbal de grogner, § 52. || XIV« s. Si qu’il ne feront jamais grongne, guill. de m.acuault, dans GODEF. groingne.] \\Famil. Mécontentement qu’on témoigne en grognant.

GROGNEMENT ‘^groù’-man ; en vers,gTà-ne-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grogner, § 145. || XVe s. Les grognemens des porcs, dans GODEF. Compl. Admis ac.\d. 1762.] || Action de grogner. Le — d’un pourceau. || Fig. Murmure par lequel qqn exprime son mécontentement.

GROGNER [grù-ùéj v. inlr.

[ÉTYM. .A.nc. franc, gronir, qui vient régulièrement du lai. grùnnire, m. s. §§ 348, 366 et 291. La substitution de grogner k gronir parait due à l’inlluence de grigner, qui a un sens voisin, § 509. || XIIe s. N’aveit breit ne gruni ne crié ne huchié, garn. de pont-ste-m.\x. ^’i Thontas, 5523. | XV* s. Fortune tousjours me groingne, en. d’orl. 137.]

|| 1° En parlant de certains animaux, pousser un petit cri sourd. Le cochon grogne.

|| 2° P. anal. En parlant des personnes, murmurer en signe de mécontentement. Famil. T)-ansilivl. — qqn, lui exprimer son mécontentement. (Cf. gronder.)

GROGNEUR, EUSE [grù-neur, -neuz’J adj.

[ÉTY.M. Dérivé de grogner, § 112. || 168U. richel.] || Qui a l’habitude de grogner. SuôslantIIl. Un —, une grogneuse.

GROGNON [grô-ûon] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de grogner, § 104. || J XVIII" s. v. à l’article. .\dmis ACAD. 1835.] || Celui, celle qui est toujours disposé à grogner. Les petites pensionnaires appellent entre elles la mère — celle qui est chargée du soin de leur éducation, trév. ^1752,. dn, une —. /’. appas. Un homme, une femme — .

  • GROGNONNER [grô-ùù-né] v. inlr.

[ÉTYM. Dérivé de grognon, § 154. || xyIIc-xyIII^ s. v. à l’article.]

|| 1° En parlant de certains animaux, pousser habituellement de petits cris sourds. J’aime mieux —, fén. Dial. des morts, Ane. 6.

|| 2° P. anal. En parlant des personnes, grogner habituellement.

GROIN [grou-in ; anciennt, grwin] s. tn.

[ÉTYM. Du lat. pop. ‘grùnnium [lire de grùnnire, grogner, § 71), §§ 324, 329, 483 et 291. || XIIc s. Gruing de porc, g.\rn. DE pont-ste-max. 6t Thomus, p. 71, Bekker.J || Museau du cochon, du sanglier.

  • GROISER grwâ-zé]. v. gréser.
  • GROISIL grwà-ziy’l et GROISIIXON ^grwà-zi-yon]. y. grésil, grésillon.
  • GROLE ;grol ; s. f.

[ÉTYM. Du lat. gracula, m. s. devenu ‘gragula, ‘graula, §§ 290 et 381, d’où grole, §§ .333 et 291. [Cf. le doublet graille.) .\dmis ac.\d. 1762 et écrit arbitrairement avec deux 1.] || Diali’ct. Corbeau, freux, choucas.

GROLLE. v. grole.

GROMMELER [grSm’-lé ; en vers, grô-me-lé] v. intr.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. allem. grummeln, m. s. §§6, 498 et 499. || XIu^s. Se déduit de gromellement, dans Ysopet,

I, 62, Robert.] || Murmurer entre ses dents. I || Transit. Grommelant entre mes dents ces tristes paroles, volt. Homme aux quarante écus.

  • GRONDANT, ANTE [gron-dan, -dânl’] adj.

[ÉTYM. .\dj. particip. de gronder, § 47. || XVIc s. Les vens grondans, bir.\gue, dans GODEF. Compl.] || Qui gronde. || Fifj. Des flots grondants les montagnes liquides, CORN. Pops. 81.

GRONDEMENT [grond’-man ; en vers, gron-de-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gronder fane, franc, grondir), § 145. || | XIII* s. Grondement que 11 uns hom fait, Serm. de Maurice de Sully, dans GODEF. Compl.] || Son menaçant sourd et prolongé que font entendre certains animaux irrités. || Fig. Le — de la foudre.

GRONDER [gron-dé] v. intr.

[ÉTYM. Ane. franc, grondir, du lat. grûndire, variante de grûnmre, grogner, §g 34S et 291. Pour le changement de déclinaison, v. §627.j || xui« s. Boche... Contre qui la mer gronde et tance, J. de meung. Rose, 5946.]

|| 1° En parlant de certains animaux irrités, faire entendre un son menaçant, sourd et prolongé. || Fiçf. Le tonnerre gronde. La mer grondadt sourdement, fén. Tél. 6.

|| 2° P. anal. En parlant de l’homme. || 1. Se plaindre entre ses dents. Dans un coin, en grondant, je m’essuie, boil. Sat. 6. Il Vieilli. Transit. Murmurer entre ses dents (qqch). Grondant quelques paroles, Régnier, Sat. 10. Grondant une petite chanson entre vos dents, MOL. Impr. se. 3. i 2. Se plaindre avec humeur. — pour un potage mal assaisonné, FÉN. Êduc. des filles, 11. Laisse ici — quelques censeurs, boil. Êp. 7. Il Transit. Réprimander avec humeur. — un enfant.

GRONDERIE [grond’-ri ; en vers, gron-de-rij s. f.

[ÉTY’M. Dérivé de gronder, § 69. [j XVI« s. A cause de sa gronderie ^du porc), G. bouchet, Serées, III, 101.]

|| 1° Vieilli. Action de gronder [au propre).

|| 2° Famil. Plainte, réprimande faite avec humeur.

GRONDEUR, EUSE ^gron-deur, -deuz’J adj.

[ÉTYM. Dérivé de gronder, § 112. \\ 1611. COTGR.] || Qui a l’habitude de gronder. Les gens grondeurs, et. substantivt, Dn — , une grondeuse. L’on n’a vu jamais un amour si —, MOL. Mis. II, 1. 1 || Fig. (rare). Le ciel brillait d’éclairs, la mer était grondeuse, l.\ f. Parodie de Clèopdlre, dans Ragotin, IV, 2.

GRONDIN [gron-din] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de gronder, § 100 : le rouget gronde quand il est pris. Grondin s’est dit, en argot, du cochon. (v. G. BOUCHET, Serées, m , 129.) || 1777. duh.\mel du monceau. Pêches, 111, v. 106. Admis ACAD. 1835.] || Dialect. Rouget commun, poisson.

GROOM Lgroum’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’angl. groom, m. s. § 8. (Cf. gourmet.) || Xéolog. .•X.dmis ACAD. 1878.] || Jeune laquais dont on se fait suivre, à cheval, à qui l’on donne les rênes quand on descend d’une voilure que l’on conduit, etc.

GROS, OSSE [grô, -gros’] adj. et s. m. et f.

[ÉTYM. Du lat. gr<Jssum, m. s. § 291. (Cf. grosse.)]

I. Adj.\\ 1’^ Qui dépasse le volume ordinaire. Dn — homme, une grosse femme. Te voilà grand et — comme père et mère, MOL. Scap. I, 2. Chat bien fourré, — et gras, l.\ k. /• aO. vu, 16. Faire le — dos (en parlant d’un chat), relever son dos en bosse. Fig. Sentier de vanité. Loc. prov. n a coûté plus qu’il n’est —. Dn — arbre, une grosse souche. Les — murs dun bâtiment, ceux qui forment l’enceinte, portent

GROS les combles, les voûtes. Écrire en — caractères, et, elUpt, Écrire —. Laisse de la marge, écris —, ri :gnard, Filles errantes,

III, s. — canon, caractère d’imprimerie en usa^^e dans les affiches. Un — livre. Une grosse corde. Verser de grosses larmes. De la grosse toile. || Fig. Du — vin, du — miel. 1 Le — bon sens. Des principes si —, p.\sc. Pens. vu, 1. Une grosse gaieté. Un — rire. En venir aux — mots, aux paroles violentes. Aux grosses paroles On en vient sur un rien plus des trois quarts du temps, LA F. Fab. XII, 8. || P. anal. Qui dépasse la mesure ordinaire, en quantité, en intensité, etc. One grosse escorte. De — bataillons. Un — escadron des Parthes, cORN. Rodog. I, 4. || ] Une grosse somme d’argent, de — capitaux. Payer une grosse amende. Faire de — bénéfices.

Jouer — jeu. P. e.rt. Un — joueur, qui joue gros jeu. 1 Faire la grosse voix, parler fort pour intimider. La grosse chaleur, celle du milieu du jour. Avoir un — rhume, une grosse fièvre. Avoir une grosse querelle avec qqn. Une grosse affaire. Specialt. Prêt, contrat à la grosse aventure, et, ellipt, à la grosse, prêt à gros intérêt à un armateur, sous condition que la somme sera perdue si le navire vient à périr. De grosses difficultés. Un — péché.

|| 2° Qui dépasse le volume d’une autre chose. Les grosses dents, les molaires (par opposition aux incisives, aux caninesj. Des — pois. Le — bout d’un oeuf (par opposition à celui qui est plus. menu). Le — bagage, le plus volumineux.

La grosse artillerie. La grosse cavalerie, pesamment armée. Loc. prov. Les — poissons mangent les petits, les faibles sont à la merci des puissants. Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf, LA F. Fab. I, 3. Le gland, qui n’est pas — comme mon petit doigt, id. ihul. ix, 4. Fig. Famil. — comme le bras, largement. « Monsieur de Petit Jean, » ah ! — comme le bras ! rac. Plaid. i,l. || P. anal. En parlant des personnes, considérable. Elle prenait le train de devenir bientôt une grosse fermière, j.-J. Rouss. Confess. 6. Quelque — partisan m’achètera bien cher, L.\ F. Fab. v, 3. — messieurs, lu. ibid. XII, 17. Vous vous ferez séparer et vous vivrez après cela en grosse madame, (IIIlr.audi, Th. ital. I, 144. Un — négociant, LES. Diable boit. 12. Les — bonnets de l’endroit. Vlinlli. On — général. Un — major. Ore grosse bête. Un — lourdaud. || 3^ Qui dépasse son volume habituel. L’eau grosse et rapide, CORN. Cinna, IV, 1. Une grosse mer, soulevée eu grosses vagues par le vent. P. anal. Un — temps, oII le vent est fort et soulève de grosses vagues. || Avoir le coeur — (gontlé) de soupirs, et, ahsolt, k\oir\e coeur —. Le coeur — de soupirs, CORN. Cinna. IV, 1. || Specialt. One femme grosse, enceinte. EUe est grosse de cinq mois (depuis cinq moisj. Elle était grosse de son premier enfant elle le portait alors dans son sein). L’homme de qui une femme est grosse (du fait duquel elle est grosse). || Fig. Cette nuée grosse de foudre et d’éclairs, voit. Lett. 74. Le présent, né du passé, est — de l’avenir. La princesse d’Orléans et moi étions comme on dit, — (désireux ; de nous voir, st-.sim. vIII, 240.

II. S. m. Il 1° La partie la plus grosse d’une chose. Le — de l’arbre, le tronc. Fig. Se tenir au — de l’arbre, s’attacher à ce qui est le plus sûr. Couper au —, élaguerjusqu’à la grosse branche. || Poutre de dix centimètres de —, dont chaque face a cette dimension. || Le —, écriture en grosses lettres. Écrire en —. || Le — de l’eau, la pleine mer au temps des fortes marées. || (Boucherie.) — de langue, maniement impair du boeuf dans la région inférieure de l’arrière-bouche. || (Reliure.) Cahier de seize pages dans la feuille in-12. || Du — de Naples, de Tours, étoffe de soie à gros grain.

|| 2° La plus grande quantité d’une chose. Le — du peuple, BOSS. Hist. univ. II, s. Dans le — de son peuple, CORN. Nicom. Il, 1. Les bagages suivaient le — de l’armée. Absolt. Donax, prends ce bélier et marche avec le —, l.\f. Eunuque, V, s. Le — de la nation, volt. Lett. à M""^ du Deff. 5 déc. l’TTO. || Grande quantité. On — de courtisans en foule l’accompagne, CORN. Poly. I, 4. On — de mutinés, ID. Hér. I, 2. Fig. Un — d’amertume, CORN. Imit. II, 8. || Adverbt. Gagner —, faire un gros bénéfice. Coucher —, mettre un gros enjeu, risquer beaucoup, n y a — à parier que, il est très probable que. Il Specialt. (Commerce.) Le — (par opposition au détailj, marchandises vendues, achetées par grande quantité. Le commerce de —. Vendre, acheter en —. P. plaisant.

Les hommes fripons en détail sont en — de très honnêtes gens, montesq. Espr. des lois, xXV, 2. || Fig. La partie la plus considérable d’une chose. Le — de l’histoire, la br. - 1204 - GROSSIER s. ||

Loc. adv. En —, en prenant le principal sans s’attacher au détail. Voilà l’histoire en —, MOL. Et. IV, 1. Les autres péchés dont on s’accuse en —, pasc. Prov. 10. || Tout en —, tout réuni. Il a dépensé vingt sous tout en — .

|| 3° Dans les anciennes mesures de poids, la huitième partie de l’once. || Ancienne monnaie de valeur variable. — royal, en or. — tournois, en argent. m. s. f. Grosse.

|| 1° Écriture en gros caractères. Specialt. — de fonte, gros caractère d’imprimerie pour affiches. || P. ext. Expédition d’un acte, d’un jugement. La — d’un contrat.

|| 2° Quantité de certaines marchandises livrées par douze douzaines. One — de boutons. || P. ext. L’ensemble d’une chose. Moudre en —, en mettant le grain en farine par une seule mouture à l’aide de meules serrées.

GROS-BEC [grô-bèk’] s. m.

[ÉTYM. Composé de gros et bec, § 173. || 1555. p. belon,

Hist. de la nat. des ois. p. 373.] || (Hist. nat.) Oiseau formant un genre de l’ordre des Passereaux conirostres, à bec court, gros et dur.

GROSEILLE [grô-zèv’] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de l’allem. kraus, frisé, §§ 6, 498, 499 et 88. La groseille à maquereau se dit en allem. krausbeere, proprt, u baie frisée ». || XIIe s. L’effort le roi ne prise une grozelle, Loheralns, dans GODEF. CompL.]

Ij Fruit du groseillier. Des groseilles blanches, rouges. Une grappe de groseilles. Confiture, gelée de groseilles. Du sirop de —, et, ellipt. De la —. Un ruban de couleur — , et, ellipt, Un ruban —. || — à maquereau, fruit plus gros que la groseille ordinaire, ainsi dit parce qu’on l’emploie, quand il est encore vert et acide, dans une sauce pour le maquereau.

GROSEILLIER [grô-zè-vé] S. m.

[ÉTY.M. Dérivé de groseille, § 115. || XII’’s. Devant ceo que creisent vos espines en groselUer, Psaut. de Cambridge,

LVII, 9.] || .\rbu3le formant un genre de la famille des Grossulariées. — ordinaire, à fruits rouges et blancs. — à maquereau, à fruit rougeàtre ou vert. ‘GROS-GUILLAUME [grô-ghi-yom’] s. m.

[ÉTY.M. Nom propre, composé de gros et Guillaume, §§ 39 et 173. Il 1642. OUD.] || P. plaisant. Vieilli. Pain grossier pour la nourriture des valets de ferme.

GROSSE [gros’] s. f. v. gros. ‘GROSSEMENT [grôs’-man ; en vers, grô-se-...] ade.

[ÉTY.M. Composé de grosse et ment, § 724. || 1315. Grossement deceux et laidement, dans godef.] || En gros, sans s’attacher au détail. [Syn. grosso-modo.)

GROSSERIE [grôs’-ri ; en vers, grô-se-rij s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gros, § 69. Souvent synonyme de

  • grossièreté » au XVI<= s. || (Au sens actuel.) 1611. COTGR. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° (Technol.) Grasses pièces que fabriquent les taillandiers.

|| 2° Rare. Commerce en gros.

GROSSESSE [grô-sês’] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gros, g 124. Employé en anc. franc, au sens général de « grosseur ». || xa* ^ s. La groixece des racines, Serm. de St Bern. p. 149. || XIIIe s. Quant la grossesse (d’une femme grosse) apert a lui, be.aum.an. vu, 12. J || Etat d’une femme qui est grosse (enceinte). Une — avancée, qui approche du terme. Simuler une — .

  • GROSSET, ETTE [grô-sè, -set’J adj .

[ÉTY.M. Dérivé de gros, § 133. || XIIo s. Bouche petite, auques grossete, Partenopeus, dans godef.] || Fainil. Un peu gros. La VriUière était un homme dont la taille différait peu d’un nain, —, monté sur de hauts talons, ST-SI.M. XI, 290.

GROSSEUR [grô-seur] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gros, § 110. || XIIo s. La groissur dimi unce avra, Lapid. de Marbode, 869. Deux arbres Qui cent pies ont de haut et de grossor sont per, Alexandre, p. 351, Michelant.] [j lo Volume qui passe la mesure ordinaire. Son corps, ramassé dans sa courte —, boil. Lutr. 1. || P. ext. Enflure. || a une — à l’aine. || 2°^ Volume considéré par comparaison. Pour égaler l’animal en —, LA F. Fab. I, 3. Fruit en —, qui a atteint toute sa dimension. La — apparente du soleil, de la lune.

GROSSIER, 1ÈRE [grù-syé, -syér] adj.

GROSSIEREMENT — 1205 GROUPE

[ÉTYM. D(Tiv(‘(le gros, S H-^- !l XIII<= ?. Nus ne puet estre... hiaamiers, veilliers, grossiers, que il n’achate le mestier, k.

HOILEAU, Livre des mest. I, XV, 1. Une serajamès se grossier non, Arlur. dans GODEF. CompL]

I. Fait d’une matière commune ou façonné imparfaitement. On ne parle pas ici de ces pau’tlesles plus grossières de l’air, MAi.EHH. lirch. (In la rrri/r. II, n, : : ;. Aliments, vêtements grossiers. Des meubles d’un travail —. ! || Fif/. Grossière ébauclie. Osez-vous recourir à ces ruses grossières ? moi,. Mis.

IV, ^i. L’artifice est —, K.^c. l’Iièd. IV, 2. Ces grossières amorces, CORN. Cinna, v, 3.

II. Dont la rude.sse n’a pas été adoucie par la culture.

La religion des peuples grossiers, montesq. E.fpr. des lois, XV, 2. Ame basse et grossière, CORN. Rodog. ti, 2. Dans ces siècles grossiers. Bon.. Art p. 1.

J

I^. anal. Les appétits grossiers. || /’. exl. Dn homme —, qui parle ou af^it comme s’il était sans culture. C’est un — personnage. Fa)nil. Il est — comme du pain d’orge. Être — dans ses propos, dans son langage.  !i 1’. ext. Manières, paroles grossières. Que ce discours — terriblement assomme ! MOL. F. sav. Il, 7. | || P. anal. Ignorance grossière, erreur grossière. llli Vieilli. Qui vend en gros. Marchand — .

GROSSIEREMENT [grô-svcr-man ; en vers, -syè-re-...’ adv.

[ÉTYM. Composé de grossière et ment, § 724. || XIV« s. Parler figuralment et grossièrement, oresme, Eth. dans

LITTRÉ.] || D’une manière grossière.

|| 1° En parlant de ce qui est fait d’une matière commune ou façonné imparfaitement. Un homme — vêtu. Un meuble — fabriqué. Fig. Content d’avoir — esquissé mon plan, j.-j. Rouss. Confess. 9.

|| 2° En parlant de celui qui parle, agit comme s’il était sans culture. Il s’est conduit —. Répondre — à qqn. || Se tromper — .

GROSSIÈRETÉ [grô-syèr-té ; en vers, -syè-re-té] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de grossier, § 122. || 1642. OUD.] || Caractère de ce qui est grossier, de celui qui est grossier.

La — d’une étoffe. La — du travail. La — des peuples sauvages. 1’. anal . La — des moeurs. L’amitié peut subsister entre gens de différent sexe, exempte même de — (de pensées cIIarnelle ? ;, l.\ br. 3. Se conduire, parler avec —. || Famil. Faire, dire une —, un acte grossier, une parole grossière.

GROSSIR [grô-sîr] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de gros, § 154. || XIIe s. E grossir et enfler, Fierabras, dans GODEF. CompL]

I. v. intr. Devenir gros. Ses bras ont grossi. L’épi commence à —. Spécialt. Les rivières grossissent à la fonte des neiges. La mer grossit. || P. anal. Devenir plus considérable.

Leur nombre grossit. Nous verrons notre camp — à chaque pas, R.\c. Milhr. III, 1.

II. v. tr. Rendre gros. L’âge grossit les traits. P. anal. — sa voix, lui donner plus de volume, parler plus fort. Speciatt. Les pluies ont grossi le fleuve. Des travaux Qui des torrents grossis arrêtent le ravage, ij^ F. Falj. ix, ‘,’0, Disc, à M’"<^ de la Sablière. \\ P. anal. Faire paraître gros. Les verres, selon qu’Us sont colorés ou taillés, en changent les couleurs (de l’objet], les grandeurs et les figures : l’objet ou se grossit ou s’apetisse, Boss. Conn. de Dieu, III, 4. Notre imagination nous grossit si fort le temps présent, pasc. Pens. in, 0. Que vous prenez de peine à — vos ennuis, CORN. IllIIs. com. IV, 2. il /’. anal. Rendre plus considérable. De leur dépouille enfin grossissez vos trésors, R.\c. Esth. II, 1. Ses troupes, medgré lui, grossirent votre armée, CORN. Sertor. II, 2. || Fig. Cela ne fait que — les difficultés. /’. ext. Exagérer. On a grossi la chose.

GROSSISSANT, ANTE [gro-si-san, -sânt’] adj.

[ÉTYM. .\(lj. particip. de grossir, § 47. [ || XVIII"= s. T’. à l’article, .\dmis agau. 1878.] || lo Qui devient gros. Les vagues grossissantes. One dette toujours grossissante, targe, Ilist. d’Anglct. (17(53), XVI. 404.

|| 2° Qui fait paraître gros. Dn verre — .

GROSSISSEMENT [grô-sis’-man ; en vers, -si-se-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grossir, § 154. || XVI» s. Grossissement de nerfs, Aleclor (lôtiO), dans GODEF. Compl.]

H Accroissement de volume. Spécialt. .\ccroissement appareni de volume. Le — des objets vus au microscope.

GROSSO-MODO [grôs’-sù-mù-doj toc. adv.

[ÉTYM. Emprunté du lat. scolast. grosso modo, d’une manière grosse, § 217. j] XVIe s. Le vulgaire de Paris dit aussi grosso modo, dans GODEF. Compl. Admis acau. 1878. || Famil. En gros. iSgn. grossement.)

GROSSOYER [grô-swà-yéj v. tr.

[ÉTY.M. Dérivé de gros, § Iti-’j. fj 1335. Grossoieret doubler un compte, dans GODEF. Compl.) || Expédier fun acte), en faire la grosse. ‘GROSSULARIÉES [gros’-su-là-ryé ; en vers, -ri-é] ^. f. pl.

[ÉTYM. Dérivé du latin des botanistes grossularia, groseillier, § 248. Il Xéolog.]

|| (Botan.) Plante à fruits globuleux, formant une famille dont le groseillier est le type.

GROTESQUE [grô-tèsk’], et, vieilli, ‘GROTESQUE ^krù-tésk’] s. f. et adj.

[ÉTYM. Emprunté de l’ilal. grottesca, m. s. de grotta, grotte, § 12. Il 1532. Ces gentilles crotesques nouvellement inventées, dans gay, Gloss. arch. buffet. i. Vieilli. s. f. Ornement capricieux, imitation de ceux qui ont été trouvés dans certains édifices anciens mis à découvert par des fouilles.

II. Fig. Adj. Risible par son apparence bizarre. Imaginations aussi grotesques que les vôtres, PASC. Prov. 11. Un accoutrement —. Un homme —, et. stibstantivt, Un — . C’est un poète, et le — du genre humain, montesq. Lett. pers. 48. Des figures qui font de cet homme un —, LA BR. 12.

GROTESQUEMENT [grù-tés’-ke-man] adv.

[ÉTYM. Composé de grotesque et ment, § 724. || 1652. || s sont faits crotesquement, berthod, dans DELB. Rec.] || D’une manière grotesque.

I

GROTTE [grôf] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. grotta, m. s. qui est le lat. crypta, crypte, § 12. A fini par remplacer l’anc. franc, crote, croûte, qui représente régulièrement le lat. crypta, ‘et qui, s’étant maintenu jusqu’à la fin du XVI" s., a agi sur ‘l’adj. grotesque, presque toujours écrit crotesque avant la fin du XVII* s. || XVIe s. Au coin De quelque grotte sauvage, RONs. Odes, V, 16.] || Excavation pittoresque, naturelle ou de main d’homme. Cette — était taillée dans le roc en voûtes pleines de rocaiUes et de coquilles, fén. Tél. 1. || — préhistorique, || habitatiun des premiers hommes.  ; GROUILLANT, ANTE [grou-yan, -yânt’] adj. j

[ÉT-i-M. Adj. particip. de grouiller, § 47. || XVIc-XVIIe s. \ Areines bouillantes De jambes et de bras et de testes grouillantes, d’aub. dans DELB. Rec]

I

|| Qui grouille.

GROUlLLEDffENT [grouy’-man ; en vers, grou-ye-...] i\ ni.

[ÉTYM. Dérivé de grouiller, § 145. || 1793. encycl. méth.] Médecine. Admis ACAD. 1798.]  ! || 1° Mouvement de ce qui grouille. jj 2° Bruit de ce qui grouille. Le — des intestins.

GROUILLER [grou-yé] v. intr.

[ÉTYM. Mot tout à fait distinct de crouler, se rattachant peut-être au même radical que le provenç. moderne groua, qui signifie à la fois « grouiller » et ‘< couver, frayer, engendrer

  • , § 161. Il 1480. Ung monstre pullulant et grouillant de serpens, Baratre infernal, dans DELB. Rec] || i." Présenter une agitation confuse. Un fromage qui grouiUe de vers. Est-ce que madame Jourdain est décrépite, et la tête lui grouille -t-elle déjà ? mul. R. gcttt. m. s. ,, P. ext. Remuer. Elle grouille aussi peu qu’une pièce de bois, MOL. Mis. n, s.

|| 2° Produire un bruit confus. Ses boyaux grouillent.

GROUP [grdup] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gruppo, m. s. variante de groppo, groupe, § 12. || 1723. savary, Dicl. du comjn. .\dmis Aa\D. 1835.] || (commerce.) Sac d’argent expédié d’une ville à une autre. ‘GROUPADE [grou-pàd’]. v. croupade. ‘GROUPAGE :grou-paj’] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de grouper, § 78. || Séolog.] || Technol.) Action de grouper. Le — des colis.

GROUPE I grdup’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ilal. groppo, m. s. § 12. [Cf. croupe.) 1676. A. FÉLiBiEN. Princ. de iarckitect. 614.]

|| 1° (T. d’art.) Ensemble de personnages. Le — de Lao

GROUPEMENT 120G — GUANO

coon. P. anal. Un — d’animaux. || P. crt. Un — de colonnes, réunion de colonnes accouplées. Toute classification se compose de groupes plus ou moins étendus. || (Musique.) || 1. — de notes, notes réunies par leur queue au moyen d’une ou plusieurs barres. || 2. Ornement composé de trois ou quatre petites notes qui amènent une note de plus longue durée. Il (Gramm.) Réunion de lettres qui se présente fréquemment. Les groupes br, cr, eau, etc.

|| 2° Un certain nombre de personnes, de choses que qqch de commun rapproche, n se forme des groupes dans la rue. Des groupes d’enfants qui jouent. || Fig. Réunion de persoimages ayant des vues communes ou un intérêt commun. Les groupes politiques de la chambre des députés. ‘GROUPEMENT [grdup’-man ; en vers, grou-pe-...] , ?. m.

[ÉTYM. Dérivé de grouper, § 145. || Xéolog.] || Action de grouper.

GROUPER [grou-pé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de groupe, § 15-5, (Cf. agrouper.) || 1694. TH. CORN. Admis ACAD. 1718.1 || Rapprocher en vertu de qqch de commun et mettre à part des autres (un certain nombre de personnes, de choses). — des colis à destination de Calais. Les membres de l’assemblée sont groupés suivant leurs opinions. Ses partisEins se groupent autour de lui. || 1 — les personnages d’un tableau, d’un bas-relief. Des colonnes groupées, accouplées. — des lettres, des notes de musique.

  • GRU LfeTu] s. m.

[ÉTYM. Mot d’origine german. §§ 6, 498 et 499 : allem. grûtze, angl. groats, m. s. moyen haut allem. gruz, grain de de blé, etc. [Cf. gruger.) || i XIII’" s. Avoclebran, avoclegruis,

G. DE coiNGY, dans GODEF. gruis.] || Vieilli et dialecl. Gruau, bouillie de gruau. La Fanchon me servit des grus, j.-j. rouss. Nouv. HéL vi, 10. 1. GRUAU [gru-ô] s. m.

[ÉTYM. Pour grueau, gruel, dérivé de gru, § 126. ] || XII’= S. Orge piled pur faire gruel, Rois, II, 17.]

|| 1° Partie du froment la plus riche en gluten, qui enveloppe le germe du grain et, plus dure que le reste, est broyée imparfaitement sous la meule. Farine de — , gruau converti en farine sous l’action de meules de plus en plus rapprochées. Pain de —, fait de farine de gruau.

|| 2° Avoine, orge séchée au four, dépouillée de son enveloppe et grossièrement moulue. De la bouillie de —. De la tisane de —, et, ellipt, Du —, boisson rafraîchissante faite avec une décoction de gruau. 2. * GRUAU [gru-ô] s. m.

[ÉTY.M. Pour grueau, gruel, dérivé de grue, § 126. || 1547.

Gruyau, g. haudent, Fables, dans DELB. Rec.\

|| 1° Petit de la grue, oiseau.

|| 2° Fig. (Technol.) Petite grue pour soulever des fardeaux.

GRUE [gru] * . /".

[ÉTYM. t)u lat. pop. * grûa (class. grùem), yn. s. §§ 328 et 291. Il \i’s. Et ont grues et gantes et poons empevrez, Voy. de Charl. à Jérus. 411.]

|| 1° Grand oiseau voyageur, de l’ordre des Êchassiers. Se tenir sur un pied comme une —. P. anal. Fig . Faire le pied de —, attendre longtemps sur ses jambes. Avoir un cou de —, avoir le cou long. || Fig. Fartai. Dne —, personne sotte. Me prends-tu pour une — ? brueys, Important, 1,6.

|| 2° P. assimilation de formes. Fig. [Cf. crône 2.) Appareil pour soulever des fardeaux. Une — à vapeur. Une — flottante, montée sur un ponton. || .\ncienne machine de guerre dite aussi corbeau. || Sorte de carcan, instrument de punition pour les soldats.

  • GRUER [gru-é] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de gru, § 154. || 1274. Sont tonus de morre et gruer, dansGODEF. gruer 1.] || (Technol.) Réduire en gruau.

GRUERIE [gru-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gruyer 2, §§ 65 et 68. || 1486. nz ont plusieurs usaiges et bois de gruierie de la conté d’Aucerre, dans

GODEF. gruierie.] || Anciennt. || l» Juridiction relative aux bois du domaine. || Office de gruyer.

|| 2° Droit de justice que le roi avait dans les bois d’un particulier. ‘GRUGEOIR [gru-jwàrj. v. grésoir.

GRUGER [gru-jé] v. tr.

[ÉTYM. Paraît être pour ‘gruiser (cf. gréser, égriser), emprunté du holland. gruizen, écraser, dont le radical est gruis, grain, § 10. [Cf. gru.) || 1482. Toutes les graines desdits lins et chanvres je les doys grugier a mes despens, dans

GODEF. grugier.]

|| 1° Anciemit. Égruger. — du seL il 2° Spécialt. Rriser avec les dents. || P. anal. Croquer. — du sucre. Il lui reste encore de quoi —, Comédie des souffleurs, dans leroux, Dict. co)IIIq. Perrin, fort gravement, ouvre l’huître et la gruge, LA F. Fab. ix, 9. || Fig. — qqn, dévorer ce qu’il possède. On nous mange, on nous — ,

L.\ F. Fab. I, 21. Spécialt. Vieilli. — une maison (de chanoine), la vendre et en partager le prix après la mort du possesseur.

|| 3° P. anal. (Technol.) Diminuer en enlevant des éclats. — le verre. — une pierre de taille.

  • GRUGERIE [grûj’-ri ; eII vers, gru-je-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gruger, § 69. || 1752. trév.] || Vieilli. Action de gruger. Spécialt. Fig. Vente et partage du prix d’une maison de chanoine après sa mort.

GRUME [grum’] s. f.

[ÉTYM. Peut-être pour glume, § 361, du lat. gluma, peau, pellicule. (Cf. le diminutif grumula, au lieu de glumula, employé par st ambroise.) || Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Écorce restée sur le bois coupé, débité, mais non encore équarri. Du bois en —

GRUMEAU [gru-mô] s. m.

[ÉTYM. Du lat. pop. "grûmellum, diminutif de grûmum, m. s. § 126, devenu grumel, grumeau, §§ 456 et 291. \\ XIII’^ s. Faites cuire a manière de grumiel, alebr.ant de sienne, dans

LITTRÉ.] || Petite masse de substance pulvérulente agglomérée, ou de substance liquide coagulée. Des grumeaux de sel. Le lait caillé forme des grumeaux.

GRUMELER [grûm’-lé ; en vers, gru-me-lé] r. tr.

[ÉTYM. Dérivé de grumeau, §§65 et 154. (Cf. engrumeler.) || XIII<= s. Del vent et de la pluie ont la char grumelee, Conq. de

Jérus. 1782, Ilippeau. Admis \c\ï). 1740.] || Mettre en grumeaux. Lait grumelé.

GRUMELEUX, EUSE [grûm’-leil, -leuz’ ; en vers, grume-...] adj.

[ÉTYM. Dérivé de grumeau, §§ 65 et 116. || 1549. r. est.] || Qui a des grumeaux. || P. ext. Fruit —, qui contient des parties pierreuses. ‘GRUMELURE [grûm’-lùr ; en vers, gru-me-...] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de grumeau, g§ 65 et 111. || 1788. salmon. Art du potier d’étain, p. 33.]

|| 1° (Vénerie.) Petite fiente qui, mêlée aux autres fu ; mées, annonce la présence d’un vieil animal.

|| 2° (Technol.) Soufflure dans une pièce de métal fondu. ‘GRUMILLON [gru-mî-yon] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de grumeau, § 107. || 1545. Gmmillons de sangcaiUé, G. GUÈV.OVLT, Hist. des plantes, dans DELB. /(ec] || (Technol.) Parcelle qui se détache du fer qu’on forge. 1. GRUYER, ÈRE [gru-yé, -yér] adJ.

[ÉTYM. Dérivé de grue, § 115. || .xiu’= s. Cel bon cheval et cel ostor gruier, Gagdon, 3872.] || (Fauconn.) Qui vole la grue. Faucon —. || P. ext. Qui tient de la grue. Faisan — . 2. GRUYER [gru-yé] s. m.

[ÉTYM. Semble dérivé du radical german. qui se trouve dans l’allem. grùn, vert, le holland. groeien, croître, etc., §§ 6, 115, 498 et 499. (Cf. verdier.) || xui<= s. Tousdis n’est mie gruiers maire, baude f.^stoul, Congés. 480, Méon.] || Anciennt. \\ 1° Officier connaissant des affaires relatives aux forêts du domaine.

|| 2° Seigneur ayant un droit d’usage dans les bois d’un vassal.

GRUYÈRE [gru-yèr ; pop. gru-èr] .y. m.

[ÉTYM. Nom propre, § 36 : Gruyère, ville de Suisse, renommée par la fabrication de ce fromage. || Admis ACAD. 1762.] || Fromage sec préparé par cuisson. Râper du — pour préparer le maCcU :oni.

GUANO [gwà-nô] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. guano, m. s. mot d’origine péruvienne, §§ 13 et 30. .\u xyIII* ^ s. frézier emploie guana comme subst. fém. || 1805. encycl. méth. Chimie. Admis ACAD. 1878.]

GUE — 1207 — GUERIDON

|| Engrais puissant produit par des amas de fiente d’oiseaux de mer sur les côtes. On sac de — .

GUÉ fghéj .9. m.

[ÉTYM. Du lat. vadum, m. s. §§ 443, 295, 412 et 291. Le changement de v en gu paraît ilù à l’influence d’un radical german. wad, de même sens. || XI* -’s. Il ne vienent a eve n’en partissent li guet, Voy. de Charl. à Jerus. 256.] || Endroit d’un cours d’eau où l’eau est assez basse pour qu’on puisse le traversera pied. Passera —. || Fiçi. Sonder le —, bien examiner une alTaire avant de s’y engager.

GUÉABLE [ghé-àbl’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de guéer, § 93. || XII« s. Ne cele eve n’est pas gaable, bknekit, Uucs de Norm. 19308.] || Qu’on peut passer à gué. La rivière n’est pas — .

GUÈBRE [ghebr’] ,9. m.

[ÉTY.M. Emprunté du persan ghebr, ? ?i. ,f. § 24. || .Vdmis ACAD. 1762.] || Nom donné à ceux qui suivent la religion de Zoroastre.

Les persécutions laites aux guèbres, MO.ntesq. Lctl. pei’S. 86.

GUÈDE [ghcd’] ,s-. f.

[ÉTY.M. Emprunté du german. * waida (allem. moderne waid), m. s. §§ 6, 498 et 499. || xnio s. Waide, dans mon- TAiGLON et HAYNAUD, Ilec. de fabUaux, II, 126. || Gaide, E. BoiLEAU, Livre des mest. I, I, 19.] || (Botan.) Plante tinctoriale, dite aussi pastel. || P. ext. (Technol.) Couleur bleue extraite de la guède.

  • GUÉDER [ghé-dé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de guède, S 154. || 1546. Vostre ventre estoit plein et guédé, dans montaiglon, Ane. l’oés. franc. .M, 70. Admis ACAD. 1694 ; suppr. en 1878.] || (Technol.) Saturer (une étofîe) avec la guède. || Fig. Saturer, rassasier. Si je n’étais pas guédé de vers, volt.

Lett. à Chauvelin, oct. 1761.

GUÉER [ghé-é] v. tr.

[ÉTYM. Du lat. vadare, passer à gué, devenu guaer, gaer, §§ 443, 411, 295 et 291, puis gueer, guéer, sous l’intluence de gué, § 65. || XI’= s. La gent le rei Hugon et moillier et guaer, Voy. de Charl. à .lérus. 559.]

|| 1° Passer à gué. — une rivière.

|| 2° P. ext. Baigner (un cheval) dans un gué, là oII il a pied. || P. anal. — du linge, le rincer à la rivière.

  • GUELTE [ghèlf] .V. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’allem. geld, argent, §7. || Xéoloff.] || (Commerce.) Part proportionnelle sur le produit des ventes accordée, en sus de leurs appointements, aux commis de certains magasins.

GUENILLE [ghe-nïy’] .v. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1611. COTGR.] || Vêlement en lambeaux. Il me tarde déjà que je n’aie des habits raisonnables pour quitter vite ces guenilles, MOL. Mar. forcé, se. 2. Être en —. || Troussez vos guenilles (pour aller plus vite), allez-vous-en. || P. plaisant. Fig. Le corps, cette — (cette partie vile et périssable), MOL. F. sav. II, 7.

GUENILLON [ghc-ni-yon] s. ?«.

[ÉTYM. Dérivé de guenUle, §104. || XVII’^s. v. à l’article. Admis ACAU. 1694.] || Petite guenille. Il n’est guenille et guenillons Que de rue en rue il n’amasse, fr. colletet, dans uelu. licc. De sales guenillons Dont la femme aux bons jours composait sa parure, BOiL. Sat. 10.

GUENIPE [ghe-nlp’] s. f.

[ÉTYM. Origine incertaine ; le rapport de ce mol avec le holland. knip, mauvais lieu, est douteux. || XV«-XVI<‘s. On se dissipe Apres telle guenippe, J. mauot, p. 200, Couslelier.] || Fainil. Fenune de mauvaise vie. Taisez-vous, — ! n. POISSON, Zig-zay, se. 4.

GUENON [gh’e-non] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1505. Guenons et perroquets,

GONNEYII.LE. dans Jri«a/e^f/e6’Voyages, 1869,juill.. p. 53. | || l» Femelle du singe. Vous ai-je demandé des nouvelles de votre — ? u. de monches.nay. Le grand Sop/ty, se. du substitut. Fig. Famil. Femme laide. U a épousé une — .

|| 2° Genre de singes à longue queue.

GUENUCHE [ghe-nûch’] .v. f

[ÉTYM. Dérivé du radical de guenon, § 84. On trouve gueniche, guenichon au XVIés. || i XVI’-’-XVu" s. Guenuches, élélans,

KÉG.NUIII, ^al. U.] || Petite guenon. Plus laide qu’une —, fén. Fab. 1. || Fig. Famil. Petite femme laide.

  • guépard [gbé-pàr] s. m.

[ÉTYM. Paraît une altération de l’angl. léopard (prononcé lé-pard), léopard, § 8. || xyiu« s. uukk. (iuépard.] li \llisl. nat.) Animal carnassier des Indes, du genre chat, à crinière et à ongles non rétractiles.

GUÊPE [ghèp’] . ?. f

[ÉTYM. Du lat. vçspa, m. s. devenu guespe, §§443et29i, guêpe, § 422. Le changement de v en gu paraît dû à l’inlluence de l’allem. wespe, anc. haut allem. wafsa, ?«. s.] || Insecte formant un genre de la tribu des Hyménoptères, dont la femelle, armée d’un aiguillon, comme l’abeille, construit comme elle des alvéoles. (Cf. frelon.) — maçonne ou souterraine, qui construit son nid dans la terre. Fi ;/. L’armée aurait beaucoup souffert de ces cruelles guêpes (les miquelets espagnols), st-sim. IV, 437. Une taiUe de — (chez une femme), ronde et fine. 1. "GUÊPIER [ghè-pyé] s. m.

[ÉTY.M. Dérivé deguêpe, §115. Il XIVc s. Le héron, la poche, le guespier, Modus, mss franc. ISibl. nat. 1297, f" 48, r».] || (Ilist. nat.) Oiseau analogue au marlin-pêcheur, qui se nourrit surtout de guêpes. 2. GUÊPIER [ghè-pyé] s. m. et, vieilli, ‘GUÊPIÈRE [-pyérj .y. f.

[ÉTYM. Dérivé de guêpe, § 115. ACAD. donne d’abord guespière, puis le remplace par guêpier en 1762. (Cf. fourmilière.) || 1611. Guespière, cotgk.] || Nid de guêpes, formé d’alvéoles en étages. || Fig. Tomber, donner dans un —, au milieu de personnes ou de choses menaçantes. Ils étaient tous contre moi ; je me suis fourré la tête dans un —, UE.\UM.\KGa. li. de Sév. IV, 8.

GUERDON [ghèr-don] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté de l’anc. haut allem. widarlon, altéré de bonne heure en widardon, soit par assimilation, soit sous l’inlluence du lat. donum, don, et devenu guedredon, gueredon, guerdon, §§ 6, 498 et 499. || 1 XI» s. Bien le conois que gueredun vus dei, Roland, 3409.] || Vieilli. Récompense. Aucun labeur n’y manque de —,

LA F. Songe de \’aux.

GUERDONNER [ghèr-dô-né] v. tr.

[ÉTYM. Déri\é de guerdon, g 154. || XIe s.Deus son service li volt gueredoner, St Alexis, 277.] || Vieilli. Récompenser.

GUÈRE et GUÈRES [gher] adv.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. weigaro, m. s. devenu guaire, guère, et, avec l’s adverbiale, guaires, guères, §§ 6, 498 et 499. La forme guères s’emploie surtout en poésie. || XIe s. Li quenz Rollanz ne li est guaires loign, Roland, 1897.] || Beaucoup. Je ne crois pas que Rodogune en demande — davantage (de temps), CORN. 3’^ Disc. Trag. \\ S’emploie surtout, avec la négation ne, au sens de pas beaucoup. Quiconque ne voit — N’a — à dire aussi, l^v f. Fab. ix, 2. On ne trouve — d’ingrats tant qu’on est en état de faire du bien, la rocukf. Max. 313. L’émulation et la jalousie ne se rencontrent — qu’entre personnes du même art, ne se rencontrent pas beaucoup, si ce n’est dans les personnes, etc. || n’est — plus riche que vous. Le pauvre Segrais ne tient à —, SÉV. 147. L’un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guères, MOL. Ec. des f. I, 1. Il ne s’en faut de —, il ne s’en est — fallu. U ne servira plus à — de gens, p.\sc. Prov. 4.

GUÉRET [ghé-rè] .v. nt.

[ÉTYM. Du lat. piqD. ‘varactum (class. verv9Ctum,§360),7>i. s. devenu guarait, guaret, guéret, §§443, 346,386,357 et 291. || XII-’s. Mort le tresturnent tresen mi un guaret, Ituland, 1385.] || Terre labourée non ensemencée. Nos brillants guérets et nos sombres forêts, l.\ f. ]’ers pour des beryers. Plus d’un — s’engraissa Du sang de plus d’une bande, ID. Fab. \\, 6. || P. anal. Terre laissée en jachère. Lever, relever les guérets, labourer une terre qu’on a laissée reposer. Ce lieu saint (Porl-Royal) réduit en —, st-sim. XII, 143. || P. ext. Poet. Champ cultivé. La fourmi tous les ans, traversant les guérets, Grossit ses magasins des trésors de Gérés, boiL. Sat. 8.

GUÉRIDON [ghé-ri-don] s. m.

[ÉTYM. Nom propre d’un personnage de farce donné arbitrairement à un meuble d’introduction récente, § 36. || 1626. Vers pour les guéridons et les chansons nouvelles, SONNET DE COURVAL, daUS DELU. RcC.]

|| 1° Table ronde à un seul pied, servant de support à un flambeau, un vase, etc.

|| 2° (Marine.) Ecope pour épuiser l’eau, mouiller les voiles, etc.

GUÉRILLA — 1208 — GUET

GUÉRILLA [ghé-ri-yà] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’espagn. guerrilla, wi.s. proprt, petite g-uerre, § 13. || Néolof/. Admis ACAD. 1878.] || (T. milit.) Bande de partisans.

GUÉRIR [ghé-rïr] v. tr. et intr.

[ÉTYM. Pour garir (forme qui lutte encore avec guérir pendant la plus grande partie duXVIIe s.), § 346, plusanciennement guarir, emprunté du german. warjan (allem. nipd. wehren), m. s. §§ 6, 498 et 499. [Cf. garer.) || XIes. Tant en retient dont son cors puet guarir, St AU’.ns, 99.]

I. T’. tr.

|| 1° Délivrer d’une maladie. Je ne vois rien de plus ridicule qu’un homme qui se veut mêler d’en — un autre, MOL. Mal. im. III, 3. — qqn d’une pleurésie. Ce remède l’a guéri. Il s’est guéri. Loc. prov. Fig. Médecin, guéris-toi toimême, profite d’abord des avis que tu donnes aux autres. || l> gxt. — une maladie. Le sulfate de quinine guérit la fièvre. || Absolt. L’art de —. Poét. Tu frappes et guéris, kac. Ath.

III, 7.

|| 2° Fig. Délivrer d’un mal. Une larme à regret épandue M’aurait déjà guéri de vous avoir perdue, CORN. Poly. II, 2. Vous — D’une erreur dangereuse, ID. Nicom. IV, s. || P. gxt. — un mal, le faire cesser. Le trépas vient tout —, la F. Fah. I, 16. N’ayant pu — la mort,’la misère, l’ignorance, PASC. Pens. IV, 2.

II. Y. intr. \\ 1° Être délivré d’une maladie. Je ne sais s’il guérira de cette blessure. Absolt. Il m’ordonne des remèdes, je ne les fais pas et je guéris, MOL. Tart. 3* ^ placet, note, jj Cette blessure guérira.

|| 2° Fig. Être délivré d’un mal. Je veux — des miens (de mes maux) ; ils souilleraient ma gloire, coun. Polij. n, 2. Ses erreurs lui parurent si douces qu’elle ne voulut pas en —, MONTESQ. Rom. 8. || Absolt. Mon espérance est morte, et mon esprit guéri, CORN. Cid, I, 2.

GUÉRISON [ghé-ri-zon] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de guérir, § 106. || XI’= s. Ki par noz Deus voelt aveir guarisun, Roland, 3271.] || Action de guérir. La — d’un malade. Il n’y eut qu’un miracle qui pût opérer la —, mass. Tirdeur, 2. || Fig. Action de délivrer d’un mal. Dieu lui inspire (au pécheur) le désir de sa —, PASC. Pvor. 4. Dans son mal Rome est trop obstinée ; Son peuple, qui s’y plaît, en fuit la —, CORN. Cinna,

II, 1.

GUÉRISSABLE [ghé-ri-sàbl’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de guérir, § 93. || XIV^ s. Non guérissable ou incurable, oresme, Étfi. vu, 13.] || Qui peut être guéri.

GUÉRISSEUR, * GUÉRISSEUSE [ghé-ri-seur, -seuz’] s. m. et /’.

[ÉTYM. Dérivé de guérir, § 112. || XV’’s. Gariseorsaterme, Coût. d’Anjou, dans GODEF. gariseor. Admis ag.ad. 1878.] || Celui, celle qui guérit.

GUÉRITE [ghé-rïl’] s. f.

[ÉTYM. Pour garite, guarite, qui paraît se rattacher à guarir (guérir), protéger, bien que le suffixe de dérivation soit obscur. Au commencement du XIII» s. guill. le BRETON emploie déjà le lai. garita dans le même sens. || XIII’’s. A la garite, G. DE coincy, dans GODEF. Compl.]

|| 1° Logette de bois ou de pierre où une sentinelle se met à couvert. || Fig. Vieilli. Refuge. Enfiler la — (se mettre en lieu de sûreté), Régnier, Sut. 10.

|| 2° P. ext. (Marine.) Rebord de la hune d’unnavire. || Entourage du fanal de la soute aux poudres. || Bouche d’une manche à vent pour ventiler un navire.

  • GUERLANDE [ghèr-lând’]. v. guirlande.
  • GUERLIN. v. grelin.

GUERRE [ghér] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. vrerra, querelle, déjà latinisé en guerra par un scoliaste de Lucain, g§ 6, 498 et 499. || yn’^ s. Geste grant guerre ne deit monter a plus, Roland, 242.] ||

Lutte à main armée entre deux peuples. Ces deux peuples étaient en — pour des terres que chacun d’eux prétendait, BOSS. Uist. univ. III, 6. Pyrrhus vint faire la — aux Romains, MONTESQ. Rom. 4. Cela donne aux Romains la pensée de porter la — en Afrique, id. ibid. s. Le roi déclare la —, fait les traités de paix. Charte de IS30, art. 13. Une — déclarée, une — ouverte, faite franchement. Entreprendre une — .

Les guerres puniques. La — de Cent ans. Trente ans. — sainte, oII l’on appelle les peuples à la défense de leur religion. || Une — à mort, à outrance, une — d’extermination, où l’on ne fait aucun quartier. Une — de partisans, d’escarmouche. (Cf. guérilla.) Les fléaux de la —. Loc. prov. La — nourrit la —, une armée vit aux dépens du pays ennemi. A la — comme à la —, en se contentant de ce qu’on trouve. || Faire la — avec qqn, sous qqn, sous son commandement. Un soldat qui a fait les guerres de l’Empire. Aller, partir en —. Une ruse de —. Fig. Un tour de vieille —, qui est depuis longtemps pratiqué. C’est tour de vieille —, LA F. Fah. III, 18. C’est de bonne —, c’est un moyen auquel on a le droit de recourir. De — lasse (étant las de la guerre), à bout de résistance. Scipion et César, les deux premiers hommes de — et les plus vaillants qui aient été parmi les Romains, BOSS. || ist. univ. III, 6. Port. Un foudre de —, guerrier redoutable.

Je suis donc un foudre de — ! LA F. Fab. II, 14. Obtenir les honneurs de la —, pouvoir garder ses armes, ses drapeaux, en rendant une place, et, fig. sortir honorablement d’une affaire scabreuse. L’art de la —. Le ministère delà —. Conseil de —. || 1. Réunion des officiers généraux d’une armée pour discuter les opérations militaires. 1 2. Tribunal composé d’officiers, et chargé d’exercer la justice militaire. Exercice de —, petite —, simulacre de combat pour exercer les troupes ; au XVIIe s. course de maraudeurs. Un oison qui avait la mine d’avoir été pris à la petite —, SCARR. Rom. com. I, 1. 1 || Ud nom de —.surnom que prenaient des soldats en s’enrùlant, qu’on donnait à ceux qui s’étaient distingués à la guerre. Fig. Prendre un nom de —, un nom de fantaisie. Cette actrice a pris un nom de —. || P. e.rt. — civile, intestine, entre citoyens d’un même État. — de religion, née de querelles religieuses. || Hobbes demande pourquoi, si les hommes ne sont pas naturellement en état de —, ils vont toujours armés, montesq. Espr. des lois, I, 2. || P. anal. Je veds faire la — aux habitants de l’air, BOiL. Ep. 6. Deux coqs vivaient en paix : une poule survient. Et voilà la — allumée, LA F. Fab. vu, 13. || Fig. État de lutte. Être en — avec ses voisins. Loc. prov. Qui terre a, — a, une propriété est une source de débats, de procès. Une — de plume, débat au moyen d’écrits. Faire la — à une personne, à une chose, être en lutte avec elle. Il faut faire aux méchants — continuelle, LA F. Fab. III, 13. Cette Église, à laquelle il avait fait une si longue et si cruelle —, BOSS. Uist. univ. III, 1. Elle ne cessait de lui faire la — sur sa méchante humeur, hamilt. Grain. 4. La peste... Faisait aux animaux la —, LA F. Fab. vu, 1. Plaisirs, qui me livrez la —, CORN. Poly. IV, 2. Faire la — aux vices, pasg. Prov. 10.

GUERRIER, 1ÈRE [ghè-ryé, -ryér] adj. et s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de guerre, § 115. || XI« s. Li quens Rollanz fut noble (corr. nobilies) guerriers, Roland, 2066.]

I. Adj. Relatif à la guerre. Blanchi dans les travaux guerriers, corn, Cid, I, 4. Qu’à l’instant la trompette guerrière Dans le camp ennemi jette un subit effroi, rac. Ath. Y, 3. || Porté à la guerre. Je ne veux pas dire pourtant que l’Egypte ait été guerrière, BOSS. Uist. unir, III, 3. Une âme guerrière est maltresse du corps qu’elle anime, ID. Condé. Une ardeur guerrière. Une mine guerrière.

II. î’. m. et /’. Celui, celle qui fait la guerre. Un — fameux.

La guerrière Bradamante. Spécial t. La caste des guerriers (dans l’Inde), la caste de ceux qui portent les armes.

GUERROYANT, ANTE [ghè-rwà-yan, -yânf] adj.

[ÉTYM. Adj. parlicip. de guerroyer, § 47. || 1539. u. est. Admis ACAD. 1878.] || Qui guerroie. Humeurguerroyante.Lafureur guerroyante. MIRABEAU, Lett. à Sophie, 20.

GUERROYER [ghè-rwà-yé] v. tr. et intr.

[ÉTYM. Dérivé de guerre, g 163. || XI" s. En France irai pur Carie guerreier, Roland, 2681.] || ±0 v. tr. Faire une guerre de partisan à (qqn). Je veux — le roi mon Seigneur, volt. Moeurs, 50.

|| 2° v. intr. Faire la guerre. On a guerroyé trois mois.

GUERROYEUR[ghè-rwà-yeur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guerroyer, § 112. || XIII’’s. Li Turc sont sage et bon guerrieur, liécits d’un ménestrel de Reims, 379. J || Celui qui aime à guerroyer.

GUET [ghè] s. m.

[ÉTY.M. Subst. verbal de guetter, § 52. || XIII" s. Quar li siens guez valoit un mur, ruteb. p. 92, Kressner.] || Action de guetter. Faire le —. Être au —. Avoir l’oeil, l’oreille au —. Tout le jour il avait l’oeil au —, L.\ F. Fab. vIII, 2. || Spécialt. Surveillance de nuit dans une ville, dans une place de guerre. Milice chargée de faire le —. | || Vieilli. — de mer, surveillance des côtes. || P. ext. Le — ,

GUET-APENS — 1209 GUEUSARD

ceux qui font le ffuet. Rosserie —.Polichinelle rosse encore le — sur les théâtres de marionnettes. Les archers du —. Chevalier du —, clief (les archers du guet. Mot du —, mol de passe donné h ceux qui étaient du guet. Pour enseigne et mot du —, I A F. Faô. IV, 15.

GXJET-APENS [ghè-tà-pan] .t. m.

[ÉTYM. Tiré de l’anc. franc, guet-apensé, plus ? souvent aguet-apensé, .Ç 37 : proprt, « aguet pré-mc-dité ». Apensé est le part, de l’anc. verbe apenser. ‘C/". mcot : Guet appensé, ou à pensé, qu’on dit guet appens ou à pens par apocope.) || (XVI"= s. En trahison, de guet à pens, tuarent Abecé, IIah. III, 4i.] [ || Embûche dressée pour tuer, \nier, par surprise. Tomber dans un —. Le — consiste à attendre, dans un ou divers lieux, un individu, soit pour lui donner la mort, soit pour exercer sur lui des actes de violences, Codf ; priHit, art. 298.

GUÊTRE [ghètf] , ?. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. [Cf. guette 2.) || XVe s. Guietres en leurs jambes, Journ. d’un bourg, de Paris, p. 2S2, Tuetey.] || ?2nveloppe de drap, de cuir, bouclée, boutonnée sur le dessus du soulier et le bas delà jambe. || Loc. famil. Tirer ses guêtres, s’en aller. (Cf. grégue.) Fie/. Vieilli, n est venu en guêtres à Paris [\9. guêtre étant, surtout autrefois, une chaussure de paysan), il n’avait rien en commençant. [Cf. sabot.)

GUÊTRER [ghè-tré] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de guêtre, § 154. || 1549. Guestré, R. est.] || Munir de guêtres.

  • GUÊTRIER ighc-tri-yé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guêtre, § 115. || 1597. Guestrier, dans

LITTRÉ.] || Celui qui fabrique, qui vend des guêtres. 1. ‘GUETTE, et mieux * GUÈTE [ghèf] s. f.

[ÉTYM. Subst. verbal de guetter, ! ; 52. Cf. guet.) || XIIe s. As herberges s’en retorna Et ses guaites apareilla, Énras, 5587.] y Vieilli et dialcct. .\clion de guetter. On chien de bonne —. || 1’. ext. Personne qui faille guet. Cette ville n’avait pour habitant que la — du clocher. [Cf. échauguette.) 2. ‘GUETTE, et mieux ‘GUÈTE [ghèl’J .s\ f

[ÉTYM. Parait être une prononciation pop. de guêtre, à en juger par le dérivé guettron. || 1690. furi^t.] || (Technol.) Pièce en contre-IIche dans une charpente.

GUETTER [ghè-léj v. tr.

[ÉTYM. Du bas lat. wactare (dérivé de wacta, qui est l’anc. haut allem. wahte, substantif tiré de wahhen, allem. moderne wachen, veiller), devenu guaitier, guetter, gueter, écrit arbitrairement avec deux t, g§ G, 498 et 499. || XI’’s,

La noit la guaitent entresqu’a l’ajurnee, Roland, 3731.] Surveiller patiemment pour surprendre (qqn, qqch). — des maraudeurs. Certes, je t’y guettais, MOL. Tari, II, 2. || Un animal guettant sa proie. Une souris craignait un chat Qui dès longtemps la guettait au passage, L.\ F. Fah. xu, 25. — l’occasion, le moment favorable. Le voleur tourne tant qu’il entre au lieu guetté, L.\ F. Fah. XI, 3. — le passage, l’arrivée de qqn. || ^Vénerie.) — le relevé, le moment où la bête sort de son abri pour aller chercher sa nourriture.

GUETTEUR [ghè-téurj i\ m.

[ÉTYM. Dérivé de guetter, § 112. || XIII» s. Larrons et guelteors de voies, Introd. d’ustron. dans GODEF. gaiteor. Admis ACAD. 1835.] || Celui qui guette. Spccialt. \ 1. Celui qui se tient dans le beffroi pour sonner l’alarme en cas d’incendie, d’attaque, etc. || 2. Celui qui, dans un sémaphore, surveille ce qui passe en mer.

  • GUETTRON, et mieux * GUÈTRON [ghè-tron] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guette 2, g 104. || lo90. furet.] || fFeclinoLy Petite guette de charpenterie.

GUEULARD, ARDE ighéu-làr,-làrd’] adj. els. m. et f

[ÉTYM. Dérivé de gueule, ^g (34, 05 et 147. ! || 1395. Deus gheulars de laiton, dans GODEF. Compl. .\dmis .\cau. \,au sens 11) 1798.J 1. Adj.Qm lient labouche ouverte. Spéciall. (Manège.) aieval —, qui tient la bouche ouverte pour se soustraire i l’action du mors. /’. anal. Pistolet —, et, substantiel, — , pistolet à gueule évasée. || Subslantivt. frechuol.i Le — l’un haut fourneau, l’ouverture supérieure, par laquelle on le charge. U. Fi ;/. Trivial. $. m. et f. Celui, celle qui aime à mander beaucoup. || Celui, celle qui a l’habitude de parler tort, de gueuler.

GUEULE [ghéul]j. f [ktym. Du lat. gûla, m. s. devenu gole, goule, gueule, S§ 325 et 291.]

I. La bouche de certains animaux. La — du lion. Fig. Venir se mettre dans la — du lion, se mettre impru demment au milieu du danger. || Trivial. p ;in parlant d’une personne, grande bouche. 11 a la — fendue jusqu’aux oreilles. P.eTt.ha. face. Donner à qqn sur la —,1e frapper à la figure. || va se faire casser la —. || Venir la — enfarinée de visage C(3uvert de farine, comme les anciens faiseurs de parade), et, fif). montrer une conliance téméraire. || 6pêcialt. Il 1° La bouche de ces animaux, considérée comme servant à crier. Dn chien qui chasse de —, en aboyant, l’oét. Il entend de loin, d’une — infernale, La Chicane en fureur mugir dans la grand salle. Bon.. Sat. X. Dn coup de — sonore. . Trivial. En parlant d’une personne. Garder toujours un homme et l’entendre crier ? Quelle — ! rac. Plaid.

I, 2. II n’a que de la —, il ne sait que crier. 0ne fille suivante Un peu trop forte en —, MOL. Tart. I, 1. — ferrée, personne qui parle grossièrement. Vieilli. Des mots de —, paroles grossières. (Cf. gueulée.) || 2’^ La bouche de ces animaux, considérée comme servant à dévorer. Un lion affamé, la — béante. Les chiens du lieu n’ayant en tête Qu’un intérêt de —, i..\ f. Fab. x, 14. || Trivial. En parlant d’une personne. Certain hâbleur, à la — affamée, boil. Sat. 3. Fig. De Mesmes avait tourné vers cette première charge de la robe une — béante, st-si.m. x, 203. C’est une fine —, une personne qui apprécie les bons morceaux. Une personne qui a la — pavée, qui mange très chaud ou très épicé. I.oc. prov. La — (gloutonnerie) tue plus de gens que le glaive. || Firj. — noire, fruit qui noircit la bouche, baie de l’airelle.

II. P. anal. ‘\ l» Ouverture par laquelle entre ou sort qqch. La — d’un four. La — d’une cruche. La — d’un canon. Futaille à — bée, défoncée par un bout. — bée, vaime d’un bassin ouverte.

|| 2° Moulure à double courbure (doucine, cimaise, talon). il 3° Ce qui rappelle le museau d’un animal. — de loup. ] 1. Mutlier des jardins, plante. || 2. Tuyau coudé qui surmonte une cheminée et tourne sur un pivot, de sorte que la fumée soit dans la direction du vent.

GtJEULÉE ^ghéu-lé] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gueule, gg 64, 65 et 119. [Cf. goulée.) jî XIIc s. Cescune fait tel brait et jeté tel geulee Que oir le puet on d’une grant liuee, Alexandre, f" 45, V, .Miclielant.] ji Trivial. \ 1. Grosse bouchée. ;.Sy7i. goulée.) || 2. Gros mots, paroles grossières. Dire des gueulées. Exciter leurs gueulées et leurs impiétés, st-sim. XVI, 280.

GUEULER ^gheu-léj r. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de gueule, §5 64, 65 et 154. || (.\dmis ACAD. 1694.] || ±0 Trivial. v. intr. Crier fort.

|| 2° v. tr. (Chasse.) Saisir avec la gueule. Chien qui gueule le lièvre.

GUEULES [ghéul] s. m. pl.

[ÉTY.M. Emprunté du persan ghui, rose. § 24. || xui» s. A cinq labiaus de gueules l’ainsnés fils le porta, adenet, Berte, 3222. J || (Blason.) Une des six couleurs de l’écu, la rouge, figurée, à défaut de couleur, par des hachures verticales.

GUEULETON ^glièul-ton ; en re ?\ç, ghéu-le-...] .’f. m.

[ÉTY.M. Dérivé de gueule, §g 63, 64, 65 et 104. | || Aeo^oy.^ || Trivial. Partie de table.

  • GUEULETTE [ghéu-lèf] s. f.

[ÉTY.M. Dérivé de gueule, §§ 64, 65 et ISÎ. [Cf. goulette. > || 1784. ENCYCL. METH. Gldcevie.] || (Technol.) Petite gueule. Spéciall. Ouverture des l’ours à recuire le verre, pour manoeuvrer les outils.

GUEUSAILLE [gheli-zày’] s. /’.

[ÉTYM. Dérivé de gueux, § 95. || 1642. OUD.] || Trivial. Métier de gueux.

GUEUSAILLER [glieil-zà-yé] v. intr.

[ÉTYM. Dérivé de gueusaille, § 154. || 1642. OUD.] || Trivial. Faire le nu’tier de gueux.

GUEUSANT, ANTE ,gheII-zan, -zânt* ] adj.

[ÉTYM. .\(ij. parlicip. de gueuser, § 47. jj 1611. COTGR.] || Oui gueII>e. Frères gueusants, i.i ;s. Guzin. d’Alfar. n,3.

GUEUSARD , * GUEUSARDE ;^gheu-zàr, -zàrd’J .-r. m. et /. [éty-m. Dérivé de gueux, § 147. || .Vdmis .\a\D. 1335.]

GUEUSE — 1210 — GUIDE

|| Celui, celle qui vit de gueuserie.

GUEUSE [gheIIz’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’allem. guss, fonte, de giessen, couler, § 7. Il 1564. Gueuse est une grande, grosse et lourde masse de fer fondu, J. Thierry, Vict. franç.-lat.] || (Technol.) Masse de fer fondu, telle qu’on la coule dans le sable au sortir du four de fusion. || Spécialt. Masse de fonte destinée à servir de lest dans un navire. || P. ext. Moule fait dans le sable pour recevoir le métal en fusion.

GUEUSER [gheII-zé] v. intr. et tr.

[ÉTYM. Dérivé de gueux, § 154. || 1606. Gueuser ou gueuer, NICOT.] || l" v. intr. Faire le gueux. Moi qui l’ai reçu gueusant et n’ayant rien, MOL. Tart. v, 1. (Cf. gueusailler.)

|| 2° v. tr. Mendier (qqch). || Fig. Dn auteur qui partout va — des encens, MOL. F. sav. III, 3. Faquins sans courage Gueusant quelques bouts de galons, A. BARBIER, ïambes, Curée.

GUEUSERIE [gheuz’-ri ; en vers, gheu-ze-ri] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de gueux, § 69. || 1606. nicot.] || Métier de gueux. Pays où la —, la mendicité, est une profession, volt. Dict. phIIos. gueux. La — en ce pays-là est d’une grande ressource, les. Guz777. d’.itfar. III, 2. || Fi(j .

La fête de Pan... Auprès de ce spectacle est une — (un pauvre spectacle), MOL. Mélic. I, 3.

  • GUEUSETTE [gheli-zet’] , ?. f.

[ÉTYM. Semble dérivé de gueux, § 133. || 1680. richel. - || (Technol.) Petit godet où le cordonnier met son noir.

GUEUX, EUSE [gheli, gheuz’] . ?. m. et f.

[ÉTYM. Mot d’argot, § 31. || XV" s. Les plus rouges gueux Y sont surprins, Chansons du quinz. s. p. li !’.>, G. Paris.]

I. Il 1° Vil mendiant. Un — qui, quand il vint, n’avait pas de souliers, MOL. Tart. I, 1. Si le maître veut que vous contrefassiez le —, PASG. Entret. avec Saci. L’avare... comme lui vit en —, LA F. Fa/j. IV, 20. Voilà un plaisant — pour une fille comme Angélique, les. Crisp. riv. se. 2. P. plaisant. Un — fieffé, mendiant attitré à une place. Un — revêtu, qui est enrichi. Fig. En parlant d’un écrivain. Un — revêtu des dépouilles d’Horace, boil. Sat. 9. || Adjectivt. Choisir un gendre — ? MOL. ‘l’art, w, 2. Loc.prov. — comme un rat d’église. MontchevreuU étsIIt sans esprit aucun et — comme un rat d’église, ST-SIM. I, 34. La plupart sont — comme des rats, MOL. Av. III, 4. || Fig. Mesquin. Non de ces — d’avis, MOL. Fâch. III, 3.

|| 2° P. ext. (Technol.) Pot de terre percé de trous où l’on met des charbons allumés.

II. P. ext.W\ personnage. Le —, dès ce soir, quittera ma maison, DESTOUCHES, Glor. III, 8. Une fille coureuse, De qui le noble emploi n’est qu’un métier de gueuse, MOL. Et. IV, 3. La querelle était venue pour du cabaret et des gueuses, ST-SiM.

I, 396. 1. GUI[ghi] s. m.

[ÉTYM. Du lat. vïscum, m. s. devenu * wlscum sous l’influence de l’anc. haut allem. wiz (allem. moderne weiss). blanc, d’où guis, §§ 443, 308, 419 et 291, écrit par erreur gui. (C/i guimauve.) Il XIV<^ s. Vist de pommier, Mo(/î«, fo lXXI.] || Plante ligneuse qui vit en parasite sur certains arbres.

Le — du chêne, du pommier, du frêne, etc. 2. * GUI [ghi] .f. ?n.

[ÉTYM. Emprunté du provenç. gui, ?)i. S. proprt, « guide», § 11. Il 1694. TH. CORN.] || (Marine.) Vergue apiquée sur laquelle se développe la ralingue du bas de la brigantine, et dont un bout est fixé au mât d’artimon et l’autre saillant hors du navire. (Sy7i. bôme.) ‘GUIBELET [ghïb’-lè ; en vers, ghi-be-lè]. v. gibelet.

  • GUIBOLE [ghi-bôl] s. f.

[ÉTYM. Terme d’argot qui paraît être pour guibone, la forme guibon se trouvant fréquemment au XVIII’’s. dans le même sens, § 31. jj Néoiog.] || Pop. Jambe.

  • GUICHE [ghïch’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. "vitica, tiré de vîtis, vigne (F. § 77), proprt, « chose qui s’enroule comme les vrilles de la vigne », devenu guiche, guige, guinche (formes usitées concurremment en anc. franc.), §§ 443, 29U, 389 et 291. Le changement de v en g et la forme guinche paraissent dus à l’influence de l’allem. winden, s’enrouler. || XIIc s. La guige (var. guice) fu tote orfreis, Thcùes, 6584.]

|| 1° Anciennt. Courroie du bouclier, du cor, etc. [Cf. enguicbé.)

|| 2° P. ext. Bande d’étoffe attachée à chaque côté de la rol)e des chartreux pour en joindre les deux parties.

GUICHET [ghi-chè] s. m.

[ÉTYM. Paraît être d’origine Scandinave, § 9, dérivé du radical qui se trouve dans l’island. vikja, suédois vicka, mouvoir, tourner, § 133. || XII’^ s. Ne passereit pas al guichet, Énras, 8575.]

|| 1° Petite porte pratiquée dans une grande. — d’une prison. Les guichets du Louvre.

|| 2° Petite ouverture pratiquée dans une porte à hauteur d’appui, et par laquelle on peut parler, faire passeï’ qqch sans ouvrir la porte. || P. anal. \ 1. Ouverture grillée du confessionnal par laquelle le prêtre écoute le pénitent et lui parle. || 2. Petite ouverture par laquelle on communique avec les employés dans les bureaux de postes, avec les caissiers des maisons de banque ou de commerce.

Les affranchissements se font au — n" 3. Les guichets ferment à 8 heures. Rembourser à — ouvert. P. ext. Caisse (avec ou sans guichet). Les guichets du Trésor. La banque ouvre ses guichets à cette émission.

GUICHETIER [gbïch’-tyé ; en vers, ghi-che-...] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guichet, §§ 65 et 115. || 1611. COTGR.] || Celui qui garde le guichet d’une prison. Voilà mes guichetiers en défaut, RAC. Plaid, I, 3. ‘GUIDAGE [ghi-dàj’J s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guider, §78. A remplacé l’anc. franc, guiage. || 1611. COTGR.] || (Technol.) Action de guider, ce qui sert à guider. Spécialt. Dans certains puits de mine, appareil consistant en poutres, tiges perpendiculaires, etc., pour guider dans la descente et l’ascension les cages, bennes, etc.

GUIDE [ghid’] s. m. et f.

[ÉTYM. Subst. verbal de guider, § 52. L’anc. franc, dit gui, cas régime guion. (Cf. gui 2 et guidon.) Sur la présence du d dans la forme actuelle, v. guider. || 1370. Pour pluseurs guides prinses entre Bourdeaux et Pampelune, dans delu. Rec.’\

I. ^’. m. (et, vieilli, f.). Personne qui accompagne qqn pour lui montrer le chemin. Un — fidèle, sûr. Les voyageurs sans — assez souvent s’égarent, boil. Sat. 4. La — nouvelle, Qui ne voyait, au grand jour. Pas plus clair que dans un four,

LA F. Falj. VII, 17. || Spécialt. (T. milit.) || l. Celui qui accompagne une troupe, un détachement en marche, pour lui montrer le chemin. || 2. Soldat, sous-oflicicr sur lequel les autres doivent régler leurs mouvements. Le — d’un peloton. — à droite ! à gauche ! commandement militaire de suivre le guide du côté droit ou du côté gauche. P. ext. Les guides, corps de cavaliers organisés pour servir d’escorte. Le régiment des guides. || Fig. Celui qui met (qqn) dans une certaine direction intellectuelle, morale, etc. Pour me faire chrétien, sers-moi de — à l’être. || P. anal. En parlant d’une chose. L’étoile qui servit de — aux rois mages. Dans ces parages le navire n’a pas d’autre — que la boussole. || Fém. [rare). Toujours le médecin s’attache au battement : C’est sa —, L.\ F. Quinquina, 1. 1 Fig. Consulte ta raison, prends sa clarté pour ;—, MOL. D. Garcie, il, 4. Prenant toutes deux leur passion pour —, CORN. Cinna, v, 2. || Spécialt. Titre donné à certains manuels. La Guide des pécheurs est encore un bon livre, MOL. Sgan. se. 1. P. plaisant. Fig. — des pécheurs, tlacre k volets servant à des promenades galantes. || Le Guide du voyageur en Suisse.

II. P. ext. Objet servant à diriger un mouvement.

|| 1° S. ?«. Balise établie sur une rivière, dans un passage difficile, pour indiquer le véritable cours de l’eau. || Cordage qui haie un palan. || Perche qui tient le fdet d’un oiseleur. || Morceau de bois saillant qu’on fixe contre un outil à fût pour en assurer la marche dans une direction donnée. || Outil d’horloger qui conduit le foret pour percer droit dans une platine. || Armature qui lient le coulisseau du piston d’une cuvette de garde-robe. || Organe qui dirige dans sa marche une pièce d’une machine, la tige du piston d’une machine à vapeur, le châssis d’une scie, etc.

|| 2° s. f. Lanière de cuir ou cordelette qui sert à diriger des chevaux attelés. Grandes guides, qui servent à conduire les chevaux placés en tète, dans un attelage à quatre chevaux. Conduire à grandes guides, et, fig. Mener la vie à grandes guides, mener la vie grand train. || P. ext. Payer les guides à un postillon, le droit fixé pour chaque poste. Payer doubles guides, le double de ce droit, pour que le postillon aille plus vite.

GUIDE-ANE — 1211 — GUILLAUME

GUIDE-ANE [ghi-dân’] s. m.

[ÉTVM. Composé de guide (du verbe guider) et âne, § 209. || 1732. Guid’asne, trév. Admis ACAD. ITUcS.] || Famil. Ce qui sert à diriger dans un travail, dételle façon que le plus ignorant ou le plus maladroit puisse s’en acquitter. || 1. Petit livre contenant l’ordre tles oflices pour chaque fête. || 2. Transparent réglé dont on se sert pour écrire droit. || 3. Sorte de couteau à deux lames dont l’une trace et l’autre découpe les dents du peigne.

  • GUIDEAU [ghi-d(j] s. m.

[ETYM. iSeinble dérivé de guider, § 126. Souvent altéré en digueau , diguiau, dideau, etc. g 360. || 1322. On essuy a guldeaus pour la pescherie sur l’arche, dans godi :k. guidel. 1

|| 1° (Technol.) Plaie-forme en planches qu’on écIIoue à l’entrée d’un port, en la tenant inclinée à l’aide de chevalets pour diriger un courant de chasse.

|| 2° Filet en forme de sac placé au sommet de l’angle que forment en amont deux rangées de perches garnies de claies. (v. gord.)

  • GUIDE-MA1N [ghid’-min ; en vers, ghi-de-...] . ?. w.

[ÉTYM. Composé de guide (du verbe guider) et main, § 209. Il l’^èoloII.] || (Technol.) Barre fixée en avant du clavier d’un piano pour aider les commençants à tenir les mains bien placées.

GUIDER [gbi-dé] v. tr.

[ÉTYM. .\nc. franc, guier, emprunté du gothique vitan, proprt, « remarquer», §^^6, 498 et 499. Guider s’est substitué à guier sous l’intluence du provenç. guidar et de l’ital. guidare, //(. . ?. §§ 11 et 12. || XI« s. Tant com 11 jorz 11 duret, l’at conduit et gulet, Voy. de Charl. à Jérus. 245. || 1367. Jehan Le Sec qui guida et mena Estiennot, dans DELB. Rec]

|| 1° Accompagner (qqn) pour lui montrer le chemin. — un voyageur, un étranger. On le guida à travers le bois. || P. anal. Que, pour comble de gloire,... Un seigneur... Par la bride guidât son superbe coursier, r.kc. Esth. n,5. || P. e.rt. — les pas, la marche de qqn. Aveugle guidé par un caniche.

Gusman ne connaît plus d’obstacle. C’est un dieu qui guide ses pas, Honiauce de Gusman. \\ Fig. Mettre (qqn) dans une certaine direction intellectuelle, morale, etc. Mon esprit timide Dans sa course élevée a besoin qu’on le guide, boil. Lutr. 6.

|| 2° .\ider (qqn) à reconnaître le chemin. A peine un faible jour vous éclaire et me guide, rag. Iph. I, 1. Se — à l’aide d’un bâton. | || FII/. .\ider (qqn) à choisir une direction. Dieu, dont l’intérêt me guide, kag. Ath. IV, 3. Ces truffes que je portais les guidaient merveilleusement, bahûx, Coquette,

IV, 11. Les marins se guident sur l’étoile polaire.

GUIDON [ghi-donj s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. guldone, m. s. qui correspond à l’anc. franc, guion (F. guide), § 12. || XVIe s. Estendars et guydons, marot, Élég. 1.]

|| 1° AIIcicnnt. Étendard d’une compagnie de grosse cavalerie. || Cornette de la cavalerie légère. || De nosJours. Petit drapeau carré dont la hampe entre dans le canon d’un fusil, et qui sert à l’alignement. (V. fanion.) P. ext.

Le porteur de ce drapeau. || P. anal. \ 1. Banderole plus courte que la llamme, qui sert aux signaux sur un navire. || 2. Bannière des anciens corps de métier, des confréries, etc. || Fig. Titre donné à certains manuels. Prends, au lieu de Platon, le Guidon des finances, boil. Sat. 8.

|| 2° Point de mire. || 1. Bouton de métal qui est au bout du canon de l’arme à feu et sert à viser. || 2. Collier de bois qui entourait le collet d’une pièce de canon et metfait la ligne de mire de niveau avec la ligne de tir. (Cf. fronteau.)

|| 3° Marque indicative. || 1. (Plain-chant.) Signe placé au bout d’une portée pour indiquer qu’il faut chercher sur la portée correspondante la note qui commence la ligne suivante. || 2. Signe de renvoi, dans un écrit ou un imprimé. || 3. .Marque faite à une carte pour tricher.

  • GUIGE [ghij’]. v. guiche.

GUIGNARD [ghi-ùàr] . ?. m.

[ÉTYM. Mot du patois de Chartres, où ces oiseaux sont abondants, § 16. Peut-être dérivé de guigner, au sens dialectal de « remuer », g 147 : cf. le nom de guigne-queue donné par COTGR. à une variété de branlequeue, et guignette 1. || 1690. Guignar, fup.kt.] || (Ilisl. nat.) Le petit pluvier, oiseau de passage.

1. GUIGNE [ghiù’] 4’. f.

[ÉTYM. Paraît être pour ‘guisle, .§ 5<‘J9, emprunté de l’anc. hautallem. wihsila, allem. mod. weichsel, m. s. §§ 6. 4"JS et 499. il ,XIV« s. Cerises, merises, guines, Menagier, dans littré.] || Cerise de la forme du bigarreau, d’un rouge foncé. 2. ‘GUIGNE [ghîù’J s. f.

[ÉTYM. Tiré de guignon, § .37. || Nifolog.] || Pop. Mauvais sort qui poursuit qqn. (Sgn. guignon. Avoir la —. Spéciall. Être poursuivi au jeu par la — .

  • GUIGNEAU [ghi-nô] s. m.

[ÉTYM. Paraît dérivé de guigner, l’ouverture laissée par les guigneaux étant comparée à un oeil qui guigne, § 126. || 1690. Guignaux, furet.] || (Technol.) Pièce de bois qui, dans une toiture, soutient les chevrons entre lesquels passe un tuyau de cheminée.

GUIGNER [ghi-né] v. tr.

[ÉTYM. Origine inconnue. Plusieurs patois donnent à ce mot le sens de « remuer ». (Cf. guignard, guignette 1.) || XII" s. Que s’il me guigne sol de l’ueil, Partenopeus, dans la c] || Famil. Regarder à la dérobée (une chose que l’on convoite). (Syn. lorgner.) J’ai guigné ceci tout le jour, MOL. Av. IV, 6. n guigne cet héritage.

  • GUIGNES [ghIIT] s. f pl.

[ÉTYM. Peut-être altération de l’angl. gill, m. s. § S. || Néolog.] || (Pêche.) Ouïes ou branchies des poissons. 1.

  • GUIGNETTE [ghi-ùèf] s. f.

[ÉTY.M. Parait dérivé de guigner, au sens dialectal de

  • remuer », § 133. [Cf. guignard.) || i .XVIIIe s. buff. Guignette.] || Oiseau de passage du genre vanneau, dit alouette de mer. 2.
  • GUIGNETTE [ghi-ùêf] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. [Cf. guigne, traduit par depilatorium dans un anc, glossaire.) || 1796. encycl. méth. Agricult.] || (Technol.) || 1. Dialecl. (Ouest). Petit sarcloir. || 2. (Marine.) Outil de calfat pour ouvrir les joints.

GUIGNIER [ghi-nyé] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guigne, § 115. || 1549. Guisnler, r. est.] || Variété de cerisier qui produit la guigne.

  • GUIGNOLE [ghi-nùlj s. f.

[ÉTYM. Semble dérivé de guigner au sens dialectal de * remuer », §86. || 1690. furet.J || (Technol.) Bâtonnet auquel on suspend les trébuchets.

GUIGNOLET [ghi-ùû-lè] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de guigne, §^ 63, 86 et 133. || Xéolog.] || Liqueur faite avec des guignes.

GUIGNON [ghi-fion] s. w.

[ÉTYM. Dérivé de guigner, § 104. (Cf. guigne 2 et oeil. || XVI’ ;-.\vu« s. v. à l’article.] || Famil. Mauvaise chance qui poursuit qqn. Avoir du — au jeu. Porter — à qqn. Toi qui me portes —, régmek, Sat. 11.

  • GUIGNONNANT, ANTE [ghi-ùô-nan, -nânl’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de guignon, g 146. || Néolog.]

I) Famil. Qui porte guignon, mauvaise chance. Guignon —, mauvaise chance persistante.

  • GUILANDINE [ghi-lan-din’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des botanistes guilandina, m. s. nom donné à celte plante en l’honneur de Guilandino, botaniste italien du XVI" s. §§ 36 et 245. || .\eolog.i || (,Botan.) Plante de la famille des Légumineuses, dite aussi bonduc.

GUILDIVE [ghil-div’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1722. Guildine, le p. u\bat, Voy. aux iles de l’.imer. I, 404. Guildive, iD. iàid. III, 410. .\dmis acku. 1762.] || (Technol.) Eau-de-vie qu’on tire des sirops de sucre aux colonies, sorte de latia.

  • GUILÉE [gui-lé] i-. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1539. R. est.] || bialect. Giboulée.

GUILLAGE [ghi-yàj’] .s. m.

[ÉTYM. iJérivé de guiUer 2, § 78. || 1757. encyci.. .\dmII ACAD. 1762.] || ^Tecllnol.) Fermentation de la bière qui guille.

GUILLAUME [ghi-yum’] s. >n.

GUILLEDIN — 1212 — GUIMPERIE

[f.tym. Nom propre d’homme, d’origine germanique (Wilhelm\ § 36. [Cf. gros-guillaume, guillemet, guillemet, guillot.) || 1690. FURET. Admis agad. 1762.]  !î (Technol.) || l" Rabot à fer étroit, échancré, pour faire les rainures, pousser les moulures, etc. || P. anal. Outil de maçon pour ébarber, planchette armée d’un fer qui enlève ce qui n’est pas à l’alignement dans un enduit.  :[ 2° Tamis à gros trous où l’on fait passer la poudre encore humide pour commencer à la grener.

  • GUILLEDIN [ghiy’-din ; en vers, ghi-ye-...] s. m.

[ÉTYM. Emprunté de l’angl. gelding, proprt, « cheval liongre », § 8. || XVI" s. Guildin, rah. I, 12.] i ViciHi. Cheval qui va l’amble, d’allure rapide. Les courses pour des prix se font sur des guilledins, fl’RET. Dict.

GUILLEDOU [ghiy’-dou ; en vers, ghi-ye-...] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue. || wII^-xyII" s. Courir le guUdrou, d’.\ub. lïist. univ. dans littré.] || Mot qui ne s’emploie que dans la locution Courir le —, aller en quête d’aventures galantes. Je ne veux pas qu’une fille coure le —, regnard, Filles errantes, I, 1.

GUILLEMET [ghiy’-mè ; en vers, ghi-ye-...] s. vi.

[ÉTYM. Nom propre, diminutif de Guillaume, §§ 36, 65 et 133. || 1690. furet. Admis ACAD. 1718.] || (Technol.) Petit crochet double qu’on met au commencement d’une citation dans ce sens («), et à la fin dans le sens opposé (»), pour la distinguer du texte ordinaire. 0ne citation entre guillemets.

GUILLEMETER [ghiy’-me-té ; en vers, ghi-ye-...] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de guillemet, g 154. || Néolog. Admis .\CAD. 1835.] || (Technol.) Marquer de guillemets. On guillemette le commencement et la fin d’une citation.

  • GUILLEMOT [ghiy’-mû ; en vers, ghi-ye-...] s. m.

[ÉTYM. Nom propre, diminutif de Guillaume, §§ 36, 65 et 136. || 1555. p. belon, Uist. de la nat. des ois. p. 260.] || (Hist. nat.) Oiseau palmipède plongeur à démarche lente. 1. * GUILLER [ghi-yé] v. tr.

[ÉTYM. Altération de l’anc. franc, guiler, § 509, dérivé du subst. guile, emprunté de l’anglo-saxon vile, angl. moderne wile, m. s. § 8. || XIIIe s. Li deable qui tôt guile, G. DE cuiNCY, dans GODEF. guiler.] || Anciennt. Tromper. Loc. prov. Tel croit — Guillot que

Guillot guiUe. 2. "GUILLER [ghi-yé] v. intr.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. holland. ghilen, m. s. § 10. || XV* s. Le brasseur dont les retraits ne sont pas suffisamment ghillés, dans GODEF. guUer.]  ; || (Technol.) En parlant de la bière, jeter sa levure.

GUILLERET,ETTE[ghiy’-rè, -rêt’ ;e ?j veis, ghi-ye-...]

G,’/ ;.

[ÉTYM. Semble dérivé de guiUer 1, § 134. jj XX" s. Gente, guillerette, attinctee, Monologue de l’amoureux, dans RoIIIunia, 1887, p. 481. Admis ACAD. 1762.] Qui est en gaieté. Adieu ; tenez-vous —, MOL. BoutsrIInés.

GUILLERI [ghiy’-ri ; en vers, ghi-ye-ri] s. in.  ;

[ÉTYM. Parait être une onomatopée, g 32. || 1771. Guill3iy, ïrév. Admis ACAD. 1798.] [I Le chant du moineau. ‘GUILLOCHAGE [ghi-yô-chàj’] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guiUocher, g 78. || 1792. salivet, Man. du tourneur, II, 372.] || (Technol.) Action de guillocher. (Cf. guiUoche.)

  • GUILLOCHE [ghi-yÔ ch’] s. f.

[ÉTY.M. bubst. verbal de guillocher, § 52. || Néolog.] || (Technol.) Outil qui sert à guillocher.

  • GUILLOCHE [ghi-yô-ché] s. m.

[ÉTYM. Subst. particip. de guUlocher, § 45. || Néolog.] || (Technol.) Action de guillocher. (Cf. guillochage.) || Ouvrage de guillochis. (Cf. guillochure.)

GUILLOCHER [ghi-yo-ché] i’. //•.

[ÉTY.M. Origine inconnue. Peut-être dérivé du nom propre Guilloche, qui est attesté dès la fin du w" s. § 154. || 1757. E.NCYCL. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Orner d’un entrecroisement de traits gravés en creux. Une boîte de montre guillochée. || P. anal. ^Marine.) Poulie guillochée, dont le milieu a une plaque de cuivre percée d’un trou circulaire, pour recevoir l’axe.

  • GUILLOCHEUR ^ghi-yù-cheur] s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guillocher, § 112. || 1792. Les guillocheurs en or, s.\livet, Man. du tourneur, II, 380.] || (Technol.) Ouvrier qui guilloche.

GUILLOCHIS [ghi-yô-chi] . ?. » ?.

[ÉTYM. Dérivé du radical de guillocher, § 82. || XVIo s. Festons, gillochis et ovalles, RONS. Églog. 3. Admis ACAD. 1762.] || (Technol.) Ornement formé d’un entrecroisement de traits gravés en creux. (Cf. guilloche, guillochure.) ‘GUILLOCHURE [ghi-yô-chùr] s. /’.

[ÉTYM. Di’rivé de guillocher, § 111. || Néolog.] || (Technol.) Entrecroisement de traits gravés en creux. [Cf. guiUoché, guillochis.)

  • GUILLOIRE Ighi-ywar] adj. fém.

[ÉTYM. Dérivé de guiller 2, § 113. || 1700. Cuve appelée guilloire, liger, Nouv. Mais. rust. dans delu. Rec.] || (Technol.) Où s’opère le guillage. Cuve — .

  • GUILLOT [ghi-yô] s. m.

[ÉTY.M. Nom propre, forme hvpocoristique de Guillaume, §§ 36 et 509. || 1680. richel.] || Vieilli. Ver de fromage.

GUILLOTINE [ghi-vù-Un’] s. f.

[ÉTYM. Tiré de Guillotin, médecin qui préconisa dès 1789 l’usage d’un instrument de supplice analogue, §§ .36 et 37. Il 1790. La machine Qui simplement nous tuera Et que l’on nommera Guillotine, peltier, Actes des Apôtres, t. l^r, p. 16. Admis ACAD. 1798, suppL] || Instrument pour trancher la tête des condamnés à mort, lourde lame qui, glissant entre deux poteaux, tombe de tout son poids sur le cou du patient. || P. arial. Fenêtre à —, à châssis qui glisse dans des rainures.

GUILLOTINER [glII-yù-ti-né] v. tr.

[ÉTY.M. Dérivé de guillotine, § 154. || 1790. Être guillotiné, PELTIER, Actes des Apôtres, t. III, p. 14. Admis ac.\d. 1798, suppL] || Décapiter au moyen de la guillotine.

GUIMAUVE [ghi-mov’] s. f.

[ÉTYM. Du lat. pop. "viscomalva (corruption par étymologie pop. de "hibiscomalva, mot liybride compose avec le grec iêîffxo ; et le lat. malva, mauve, § 509), devenu guismauve, guimauve. (Cf. gui 1 et mauve.) || | XIIe s. Widmalve,

Gloss. dans GODEF. CompL] || (Bolan.) Plante mucilagineuse de la famille des Malvacées.

Infusion de fleurs de —. Décoction de racine de — . Pâte, sirop de —, fait avec cette racine mondée.

GUIMBARDE [glIIn-bkrd’] s. f.

[ÉTYM. Origine inconnue. || 1625. v. à l’article. AdmisACAD. 1798.J

|| 1° Danse en usage au wW^ s. Qui dansent la — au soa des charlatans, Muse normande (1625j, dans DELB. Rec.

|| 2° Instrument de musique, demi-cercle d’acier ou de laiton terminé par deux branches parallèles entre lesquelles est une languette d’acier qu’on agite avec le doigt landis qu’on tient l’instrument entre les dents. || P. ext. .Mauvaise guitare.

|| 3° Outil de menuisier, de sculpteur, pour unir le fond des creux.

|| 4° Long chariot dont l’avant et l’arrière sont garnisde prolongements inclinés pour le transport des gerbes, des bottes de paille, de foin. || P. ext. Mauvaise voiture. || 5"^ Fig. Vieilli. Nom injurieux donné à une femme. Taisez-vous, —, BOURS. Mots à la mode, se. 12. || /’. plai~ sant. Nom donné (au jeu de la mariée) à la dame de coeur. Il /’. ext. Nom donné à ce jeu. Jouer à la — .

GUIMPE [ghinp’] s. f.

[ÉTYM. Ane. franc, guimple, emprunté de l’anc. haut allem. wimpal, allem. moderne wimpel, ?«. s. §§ 6, 498 et 499. Il xW s. se li eIIsse enveié Ma guimple, Ènéas, 9334.]

|| 1° Pièce de toile qui, dans le costume des religieuses, couvre le sein, le cou, et encadre le visage.

|| 2° Chemisette sans manches (de tulle, de dentelle, etc. ;, que portent les dames avec une robe décolletée.

  • GUIMPER [ghin-pé] v. tr.

[ÉTYM. Dérivé de guimpe, g 154. (Cf. aguimpé.) || XII" ! s. Bel se guimplad, Rois, IV, 9.]

|| 1° Vieilli. Vêtir de la guimpe (des religieuses). || P, ext. FamU. Mettre au couvent.

|| 2° Fig. (Technol.) Doucine guimpée, dont la baguette est plus haute que le bas du talon.

  • GUIMPERIE [ghinp’-ri ; en vers, ghin-pe-ri] ^. /.

[ÉTYM. Dérivé de guimpe, g 69-. || | Ncolog.]

GUINCIIE — 121

faire des , || (Technol.) Fabrique de guimpes, jj Fil galons, des épauleltes. [Cf. guipure. j

  • GUINCHE [ghinch’] s. f.

[ÉTY.M. Origine inconnue. (Cf. guinche, qui paraît signifier

  • tasseau » dans un texte de 1463 cité par GODEF. guinche 1.) || 1790. encycl. métII. Munuf rt mis, Cord.] || (Technol.) Outil de Lois qui sert à polir le talon des chaussures.

GUINDAGE [ghin-daj’]5. m.

[ÉTYM. l)(‘‘riv(‘‘(le guinder, ?• 7S. ‘‘1517. Si le tonneau se perdoit par defaulte de guindage ou de cordaige, dans DELB. liée, .\dmis ac^vd. 1762.] (I (Technol.)

|| 1° Action de guinder. Le — d’un mât de hune. Il Apparaux (cordages, clc.) qui servent à guinder.

|| 2° /’. fj l. Élévation nécessaire pour enlever le fardeau k la hauteur voulue. II n’y a pas assez de — .

|| 3° Longueur duIIUL’e au tour d’un éclu’veau de soie.

Le — de ces écheveaux est de I mètre. (\ . guindre.)

  • GUINDAL [ghin-dàl]. V. guindas.

GUINDANT [ghin-dan] s. m.

[ÉTYM. yubst. particip. de guinder, § 47. || 1690. furet. Admis .\c.\L). 1762.] || (Marine.) Hauteur à laquelle s’élève un mât de hune guindé sur’un bas mât, un mât de perroquet guindé sur un mât de hune, etc. || P. anal. \ 1. La plus grande hauteur d’une voile hissée à la tète d’un mât ou sur un étal, une traille. || 2. La hauteur d’un pavillon du côté fixé à la lianIIH’.

  • GUINDAS [ghin-dâ]5. m.

[ÉTYM. Mot d’origine Scandinave, § 9 : island. vindass, anc. angl. windas (aujourd’hui, par corruption, windias.. m. s. proprt, « barre ^ass/ qui tourne (wind ; ». Souvent altéré par étymologie pop. en guindal, guindeau, §509. || XII" s. Li un s’esforcent £d vindas, nvace, lirul, 11490.]

|| 1° (Marine.) Cabestan horizontal, plus petit que le virevau, dont on se sert surtout pour lever l’ancre.

|| 2° Petite presse à moulinet pour catir à froid les étoffes de laine. (F. guindé.)

  • GUINDE [ghînd’] .v. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’allem. winde, m. s. §§ 6, 498 et 499. (Cy. guindre.)] || (Technol.) Petite presse à moulinet, dite aussi guindas, pour catir à froid les étoffes de laine. ‘GUINDEAU [ghin-dô]. v. guindas.

GUINDER [ghin-dé] v. tr.

[ÉTYM. Tiré du radical de guindas, v ;§ 37 et 154. || XIIP s. Celés qui puent guinder a lor mast un tonel de vin, dans godef.] y 1° Klever avec effort ^un fardeau ; au moyen d’une machine. [Syn. hisser.) — un mât de hune sur un bas mât. — un cEinon sur le pont. Guindé la hart au col ^au gibet), la F. Fab. VI, 19. || P. anal. Nous nous guindons à un sixième, MO.NTEsy. Lett. pers. 45. || Fif/. Les machines qui l’avaient guindé si haut pîur l’applaudissement et les éloges, la ur. 8. || 2’^ Fif/. Hausser artiticiellement ^qqu ; à un niveau intellectuel, moral, qui le dépasse. Se — sur de grands sentiments, MOL. Cril. de l’Fc. des f. se. 6. II est guindé et outré en tout, KÉ.N. Dial. Anc. 24. Dn style guindé.

  • GUINDERESSE [ghind’-res’ ; en rers, ghin-de-...] s. f.

[ÉTYM. Dérivé de guinder, § 62. \\ 1606. mcot.] || (Marine.) Gros cordage qui sert à guinder un mât de hune, de perroquet, et aussi k l’amener le long du mât.

  • GUINDRE [ghîndr’] s. f

[ÉTY.M. Emprunté du provenç. mod. guindre, ilal. guindolo, m. s. dont le radical est le même que celui de guindas, § 11. Il XVI<> s. Roues ou tours nommés à Paris desvidoirs et à Tours guindres, o. OE seures, dans gouef. CompL] || ^Technol.) Petit métier pour doubler les soies filées.

GUINÉE [ghi-né] s. f.

[ÉTYM. Nom propre de pays, §36 : le sens lest emprunté de l’angl. guinea, monnaie frappée par la compagnie de

Guinée, § S ; le sens 11 vient de ce que la toile dite guinée servait au tralic avec les nègres de Guinée. || i xyh"-"- XVuic s. v. k l’article. Admis acau. 1740.]

I. Ancienne monnaie d’or anglaise, valant environ 26 fr. 50. Sept à huit mille guinées du plus bel or du monde,

HAMILT. Grani. p. 154. Jouer une pièce pour attraper mille guinées ! montes^. Mules sur l’Antjlelerre.

II. Toile bleue de colon.

GUINGAN [ghin-gan] s. m.

[ÉTYM. Origine inconnue ; l’élofTe dite guinguan n’a rien 3 - GUISE k voir avec la ville de Guingamp, en Bretagne. || 1723. s.\- VARY. Dict. du comm. Admis ACAD. 1835. | || (Technol.^ Étoffe de coton fine, percale lustrée pour robes, cravates, etc., tirée primitivement du Bengale.

GUINGOIS ghin-gwâ] .y. m.

[ÉTY.M. Origine inconnue, ji XV" s. Ung riz gecta tout de gingois. Chanson, dans lelu. Rec.] || i Famil. Position de travers. Son bonnet est de — .

GUINGUETTE ighin-ghêt’j s. f.

[ÉTY.M. Origine inconnue ; parait être une sorte de nom propre ayant désigné d’abord un quartier de Paris, § 36. Il 1697. Le bord de l’eau, les Guinguettes, les Tuilleries, le Jardin du Palais-Royal, etc., (jonf/um ou illoimni’prodifjieujr, ui, 2. Admis acau. 1718.] || Famil. (Cabaret de barrière où l’on va manger, danser. Aller à la —. Nous faisons cinq noces à la fois : voUà comment on achalandé les guinguettes, d.\ncolrt. Intpr. de Suresnes. se. 19. I || P. e.rt. Pied-k-terre k la campagne.

  • GUIORANT, ANTE[ghi-yô-ran, -rânt’] adj.

[ÉTYM. Ailj. particip. de guiorer, § 47. || XVu’^ s. v. k l’article.] || Qui guiore. Les rats qui craignent leur patte, D’une guiorante voix, A regret quittent les noix, anonyme, dans ki- CUEL. (1680’.

  • GUIORER [ghi-yù-ré] v. intr.

[ÉTYM. Parait être une onomatopée (cf. guilleri\ §32. || F. guiorant.j || En parlant de la souris, faire entendre son cri.

  • GUIPER [ghi-pé] v. tr.

[ÉTYM. Mot d’origine germanique : goth. weipan, allem. moderne weifen, tourner, §§ 6, 498 et 499. Le radical parait être le même que celui qui se trouve dans guipon, goupillon. (F. ces mots.) || 1350. La tige estoit guipée d’or de Chypre, dans godek. guipé.] || i (Technol., Dans la passementerie, recouvrir de soie, de laine, etc. Frange guipée. ‘GUIPOIR [ghi-pwar" s. m.

[ÉTYM. Dérivé de guiper, § 113. || 1723. savary. Dicl. du comm.] || (Technol.) Outil de passementier pour faire des franges torses. ‘GUIPON [ghi-pon] s. m.

[ÉTYM. Déri\ é d’un radical bas allemand et Scandinave wipp-, qui signifie « mouvoir », §§ 9, 10, 104, 498 et 499 : proprt, ce qu’on agile (pour asperger, frotter, etc. . Parfois altéré en gipon. (Cf. goupillon.) || 1342. Quatre guippons a yaue benoite, dans GODEF. guippon.]

|| 1° Anciennt. Goupillon.

|| 2° P. anal. (Technol.) Pinceau formé d’un tampon de laine dont le calfat se sert pour étendre le brai. || Sorte de houppe de laine, de linge, etc., avec laquelle le corroyeur donne le suif aux peaux tannées.

GUIPURE [gui-purl s. f.

[ÉTYM. Dérivé de guiper, § 111. || 1393. One diasprure de ghippure d’ctrgent, dans DELB. Rec] || (Technol.) Dentelle en fil fort et tors dont les dessins enlacés forment le tissu, sans réseau distinct des ornements.

GUIRLANDE [ghir-lând’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ilal. ghirlanda, m. s. § 12. A remplacé lanc. forme garlande, gallande, qui s’est maintenue dans quelques mots techniques. (F. galandage et garlandage.)

L’origine de l’ilal. ghirlanda et de lanc. franc, garlande est incertaine, h xyi^ s. Roses et liz et guirlandes, RoNS. Amours, I, 113.] || ±0 Chaîne de fieurs, de feuillages tressés, que l’on suspend comme ornement. (S>/n. feston.) || f’i’y. La Guirlande de Julie, recueil de maIIrigaux composés pour M"* ^ de Uanibouillet, dont chacun avait le nom d’une Heur pour titre.

|| 2° P. e.rl. Des guirlandes de gaz (de becs de gaz .

|| 3° P. anal. Bande de métal qui entoure le bord du pavillon d’une trompette, d’un cor. || 4" (Marine.) Ensemble de pièces de bois qui lient horizontalement les membrures de l’avant d’un navire, en dedans de la contre-élrave.

GUISE [ghiz’] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’anc. haut allem. wisa, allem. moderne weise, m. s. §§ 6. 498 et 499. || XI« s. Des or vivrai en guise de tortrele, ^7 Alexis, 149.]

GUITARE — 1214 GYMNOSOPHISTE

|| Manière d’être, d’agir, propre à une personne, à une cIIose. Chacun selon sa —, LA F. Fab. v, 19. Les poètes font à leur —, MUL. Amph. prol. || Loc. adv. En — de, et, rieilli, A — de, en manière de. Brandissant un bâton en — de lance. A — d’un poignard, CORN. dit. argum. Vieilli.

Loc. conj. De — que, de manière que. De — Qu’on le pourra,

LA F. Fah. X, 15.

GUITARE [glII-tàr] s. /.

[ÉTVM. Emprunté de l’espagn. guitarra, m. s. qui est le lat. cithara, m. s. § 13. (Cf. cithare, cistre et guiterne.) || XVI"^ s. La vieille guiterre, qu’on souloit nommer guiterne, N. DU FAiL, dans GODEF. Covipl. \ 1642. Guitarre, guiterne, guiterre, OUD.] || lo Instrument analogue au violon, à six cordes, qu’on joue en les pinçant de la main droite, et k manche divisé en demi-tons par de petites touches marquant l’endroit où doivent se poser les doigts de la main gauche. Jouer, pincer de la —. L’art de faire jurer une discordante —, mon- TKSQ. Lett. pcrs. 78. || Fig. Redite monotone. C’est toujours la même — .

|| 2° P. anal. (Technol.) Charpente courbe destinée à soutenir les toits des lucarnes. [Cf. guiterne.)

GUITARISTE [ghi-tà-risf] s. m. et f.

[ÉTYM. Dérivé de guitare, d’après le lat. citharista, joueur de cithare, §265. || Néolog. Admis ACAD. 1835.] || Celui, celle qui joue de la guitare. La petite —, Maigre sous son mince tartan, TH. Gautier, Carn. de Venise.

  • GUITERNE [ghi-tèrn’] s. f.

[ÉTY^L Altération inexpliquée du lat. cithara, m.s.% 509. || XIIIe s. Guiternes et leûs, J. de meung, Rose, 21287.]

|| 1° Anciennt. Guitare. Manche de luth, corps de —, Régnier, Odes, 2.

|| 2° F. anal. (Marine.) Arc-boutant qui soutient en arrière une machine à mater.

GUIT-GUIT [ghi-ghi] s. m.

[ÉTYM. Onomatopée, § 32. || 1760. brisson, Ornithol. III, 628. Admis ACAD. 1878.] || (Hist. nat.) Passereau ténuirostre de l’Amérique du Sud. Les guits-guits ont un riche plumage, ACAD.

GUIVRE [ghîvr’j s. f.

[ÉTYM. Du lat. vîpera, vipère, §§ 443, 290, 426 et 291.

Le changement du v en gu paraît dû à l’influence de l’anc. haut allem. wipera, 7n. s. On trouve aussi vivre. La forme givre est une erreur des dictionnaires pour guivre. || XI<= s. Serpenz e guivres, Roland, 2543.] || (Blason.) Serpent. La — des Visconti.

  • GUIVRÊ, ÉE [ghi-vré] adj.

[ÉTYM. Dérivé de guivre, § 118. On trouve aussi vivre et givré. [Cf. guivre.) || 1611. Vivre, cofoR. Admis ACAD. 1762 ; suppr. en 1798.] || (Blason.) Orné de guivres.

  • GULPE [gulp’] s. m.

[ÉTYM. Parait emprunté de l’allem. kolbe ou kolben, dont le sens primitif, apparenté au lat. globus, globe, est

  • masse ronde », §§7, 498 et 499. || 1611. COTGR.] || (Blason.) Tourteau ou besant de couleur pourpre.

GUMÈNE [gu-mén’j s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’ital. gumena, qui vient de l’arabe gommai, m. s. g§ 12 et 22. Ane. franc, gume (V. DELB. Rec.), d’après le provenç. guma, § 11. || XVI"= s. Nos gumenes sont presque tous roupts, RAB. IV, 18. Admis ACAD. 1762. | || (Marine.) Vieilli. Câble d’une ancre. Spécialt. (Blason.) D’azur à l’ancre d’or, la — de gueules.

  • GURLET [gur-lè]. v. grelet.

GUSTATIF, IVE [gùs’-tà-tïf, -tïv’] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. gustare, goûter, g 257. || XVIe s. Faculté gustative, paré, I, 1. Admis ACAD. 1798.] || (T. didact.) Relatif au sens du goût. Les gustatifs.

GUSTATION [gûs’-tà-syon ; en vers, -si-on] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gustatio, m. s. \\ 1530. Gustations concupiscibles, lef. d’étaples, Bible, dans DELB. Rec] || (T. didact.) Perception des saveurs par le goût.

GUTTA-PERCHA [gût’-tà-pèr-kà] s. f.

[ÉTYM. Emprunté de l’angl. gutta percha, ?«. s. transcription du malais gatah Pertcha, proprt, « gomme (gatah) de Pertcha (Sumatra) », §§ 8 et 28. [Cf. gomme-gutte.) || Xeolog. Admis ACAD. 1878.] || Matière gommeuse flexible, plastique, employée comme substance imperméable. :-

GUTTE[gCit’]. F. gomme-gutte.

GUTTIER [gu-tyé] S. m.

[ÉTYM. Dérivé de gutte, § 115. || 1811. engycl. méth. Botan. suppl. Admis ACAD. 1878.] || (Botan.) Arbre de l’Inde qui produit une gomme-résine analogue à la gomme-gutte.

GUTTIFÈRE [gût’-ti-fer] adj.

[ÉTYM. Composé avec gutte et le lat. fero.je porte, §273. || 1811. ENCYCL. MÉTH. BoUiH. suppl. Admis ACAD. 1878." || Qui produit de la gomme-gutte. Les plantes guttifères, et, substantivl. Les guttifères.

GUTTURAL, ALE [gût’-tu-ràl] adj.

[ÉTYM. Dérivé du lat. guttur, gosier, § 238. || 1578. Lettres qu’ils nomment gutturales, J. DE léhy, Voy. au Brésil. dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1718.] || (T. didact.) Qui appartient au gosier. Fosse gutturale, enfoncement situé entre le trou occipital et les fosses nasales. Conduit — du tympan, la trompe d’Eustache, qui fait communiquer la cavité du tympan avec le gosier. || [ Spécialt. Dont le son semble partir du gosier. Toux gutturale.

Les consonnes gutturales, et, substantivl, Les gutturales, consonnes produites par le contact de la langue contre le palais, telles que le k, le c et le g durs.

  • GUZLA [guz’-là, et mieux, gouz’-là] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du croate guzla, 7n. s. § 20. || 1791. ENCYCL. MÉTH. Musiq.] || (Musique.) Instrument à archet des Slaves méridionaux, sorte de violon à une seule corde de crins tressés.

GYMNASE [jim’-nâz’] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. gymnasium, grec y’javijiov, m. s. de yu^-voî, nu. || XIV^ s. Es gynaises les mectoient, i.

LE fèvre. Vieille, dans DELB. Rec] || l" (Antiq.) Endroit public où les anciens se livraient à des exercices, à des luttes destinées à assouplir ou à fortifier le corps. [Syn. palestre.) || F. anal. Chez les modernes, lieu où l’on fait des exercices propres à assouplir et à fortifier le corps et où sont établis des appareils pour ces exercices.

|| 2° F. anal. Lieu d’exercice intellectuel. Spécialt. Nom donné en Allemagne aux collèges où l’on reçoit l’éducation classique.

GYMNASIARQUE [jïm’-nà-zyàrk’] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gymnasiarcha, grec yjavasIIp- /T, ;, m. s. || 1530. A maistre Estienne Proust, gymnasiarque du Grand-Precigny, j. serre, Venue de la reine, préf. Admis ACAD. 1762.] || (Antiq.) Celui quia la direction et la surveillance des gymnases publics.

GYMNASTE [jîm’-nasf] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du grec yoiXVaïtT, ;, m. s. || XVI’= s.

L’escuyer Gymnaste, lequel montraIIt l’art de chevalerie, rab.

I, 23. Admis ACAD. 1762.]

|| 1° (Antiq.) Celui qui dirige les exercices de ceux qui fréquentent le gymnase.

|| 2° De nos jours. || 1. Professeur de gymnastique.  ! 2. Celui qui fait en public des tours de force et d’agilité.

GYMNASTIQUE [jïm’-nâs’-tik’] adj. et s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gymnasticus, grec YU[ivaTT :x6ç, m. s. || XIV* s. Travaillemens gymnastiques, oresme, dans MEUNIER, Essai sur Oresme. .\dmis ACAD. 174Û.]

I. Adj. Qui sert à assouplir et à fortifier le corps. Exercices gymnastiques. || F. ext. Pas —, pas de course cadencé, qui fait partie des exercices gymnastiques. AUer au pas — .

II. s. f. Il 1° Ensemble des exercices propres à assouplir et à fortifier le corps. Les exercices de la —, chez les

Grecs, ne dépendirent pas moins de la bonté du principe du gouvernement, montesq. Rom. vIII, 11. || Fig. Ensemble des exercices propres à fortifier et à assouplir les facultés intellectuelles. La — de Fesprit.

|| 2° F. ext. Lieu où l’on fait des exercices propres à assouplir et à fortifier le corps, et où sont établis des appareils pour ces exercices. Aller à la — .

GYMNIQUE [jim’-nik’] adj.

[ÉTY’M. Emprunté du lat. gymnicus, grec yjp-viîcôî, m. s. || 1542. Jeux gymniques, E. dolet, dans DELB. Rec. Admis ACAD. 1762.] || (.\ntiq.) Qui se rapporte aux travaux, aux luttes des athlètes. Exercices gymniques. Jeux gymniques. Substantivl, au fém. La —, l’athlétique.

GYMNOSOPHISTE [jîm’-nô-sô-fisf] .<r. m.

[ÉTY>L Emprunté du lat. gymnosophista, grec yujXVoffoGYMx\ OSPERME - 12 çiffTT, ;, tn. s. II XV<‘-XVIc s. Gymnosophistes estoient philoso- ‘ phes indois, fossetier, dans GuuEf. Compl. Admis ACAD. 1762.1 | || (Antiq.) Philosophe d’une ancienne secte indienne ; qui ne portait pas de vêlements, s’ahstenait de viande, || et menait une vie contemplative.

GYMNOSPERME [jim’-nôs’-pèrm’] adj.

[ÉTYM. Tiré de gymnospermie, § 279. || Néolog. Admis ACAD. 1835.] || (lîotaII.^ Dont les graines semblent être à nu.

GYMNOSPERMIE [jïm’-nos’-pèr-mi] s. f.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des botanistes gymnospermia, (UNNÉ), 7n.5. composéaveclegrec YU !i.vô ;,nu, et zr.iyxT., graine, § 279. || 1798. l.-c.-m. iuciuhd, Dicl. de botan. de || BuLliard. Admis ACAD. 1835.1 || || (Botan.) Dans la classification de Linné, ordre com- || prenant le genre gymnosperme. !

  • GYMNOTE [jim’-nôf] s. m. I

[ÉTYM. Emprunté du lat. des naturalistes gymnotus, m. ‘ s. (artedi), pourgymnonotus, composé avec le grec yjiJ.vô ;, nu, et voJxoî, dos, à cause de l’absence de nageoire dor- ‘ sale. Il 1787. encycl. méth.] ‘ || (Hist. nat.) Poisson des régions tropicales delWmé- ; rique, nommé vulgairement anguille électrique, sans nageoire dorsale, et qui a de chaque côté de la queue des ‘ lames membraneuses qui déchargent de l’électricité. i

  • GYNANDRE ji-nândr"] adj.

[ÉTYM. Tiré de gynandrie, § 279. || Néolog.] || (Botan.) Qui a les étamines insérées sur le pistil ou l’ovaire.

GYNANDRIE [ji-nan-dri^ s. /.

[ÉTYM. Emprunté du lat. des naturalistes gjmandria (linné], m. s. composé avec le grec y^vr,. femme, et àvT,p, homme, §279. || 1798. l.-c.-m. richard, Dict. de botan. de Bulliard. .Admis ACAD. 1835.] || (Botan.) Dans la classification de Linné, classe de végétaux à étamines insérées sur le pistil ou l’ovaire.

GYNÉCÉE iji-né-sé] s. m.

[ÉTYM. Emprunté du lat. gynaeceum, grec vOvotr/îIov, m. s. de yjvT,, femme. || 170i. furet, .\dmis ACAD. 1762.] || (Antiq.) Partie de la maison réservée aux femmes. Ij Fig. De nos jours. Lieu où travaillent, où se tiennent habituellement qqs femmes.

GYNÉCOCRATIE [ji-né-ko-krà-si] s. f.

[ÉTYM. Einpi’unlé du grec yjva’.xoy.paTia, m. s. ]’XVI= s. Si la royne demeure sans mari, qui est le cas de la vraye gynecocratie,

J. budin, Republ. vi, s. .Admis ACAD. 1762. J lo - HABILE || État gouverné par des femmes.

GYNÉCOCRATIQUE [ji-né-kù-krà-tik’] adj.

[ÉTYM. Dérive- di ; gynécocratie, § 229. || i XVI«-XVIIe s. Gouvernemens gynecocratiques, k.vvyn, dans GODEF. Compl. Admis ACAD. 1762.] || (T. didact.) Relatif à la gynécocratie.

GYPAÈTE [ji-pà-èt’l s. 7n.

[ÊTYM. Emprunté du grec vu-raisTOî, m. s. composé de yû’^/, yu-ô ;. vautour, et àsTÔ ;, aigle. || 1800. Gypaète, daudin. Ornith. II. 23. Admis ACAD. 1878.] || (Hist. nat.) Le plus grand des oiseaux de proie de l’ancien continent, dit vulgairement vautour des agneaux.

GYPSE [jips’] s. m.

[ÉTY.M. Emprunté du lat. gypsum, grec YJ-i/o ;. plâtre.

Le lat. pop. parait avoir dit ‘gîpum, d’où l’anc. franc, gif, encore dans OUD. sous la forme gy. I’1464. Gips, Catholicon, dans GODEF. gip. Admis ACAD. 1762.1 || (Minéral.) Pierre à plâtre, sulfate de chaux le plus souvent hydraté.

GYPSEUX, EUSE [jîp’-seII. -seIIz’] adj.

[ÉTYM. Dérivé de gypse, § 251. || xyi^ s. Eaux gypseuses, PARÉ, XXV, 41. Admis ACAD. 1762.] || (Minéral. Qui est de la nature du gypse. Rocher — .

GYRATOIRE. v. giratoire.

GYROMANCIE ji-rù-man-si] s. f.

[ÉTYM. Composé avec le grecY’jpo ;, cercle, etiXX/TEÎa, divination, § 279. || .\vi= s. Gyromantie, RAB. III, 25. .Admis ACAD. 1762.] || (T. didact.) Divination consistant à tourner autour d’un cercle, jusqu’à ce qu’on tombe étourdi sur des lettres semées au hasard, dont on fait des mots pris commue présages. ‘GYROSCOPE [ji-rôs’-kop’l. ?. m.

[ÉTYM. Composé avec le grec yjpo ;, cercle, et îtxotî’v, examiner, § 279. || Mot créé en 1852 par Léon foucallt (1819-1868).] || (Physique.) .Appareil pour démontrer la rotation diurne de la terre autour de son axe au moyen de la déviation, par rapport à des points fixes pris sur le globe, d’un corps librement suspendu par son centre de gravité et tournant autour d’un axe.

GYROVAGUE fji-rù-vàg’] adj.

[ÉTYM. Emprunté du lat. ecclés. gyrovagus, m. s. [Cf. girouette.) || 1732. trév. Admis ACAD. 1762. || Rare. Vagabond. Spécialt. Les moines gyrovagues, et, substantivt, Les gyrovagues, moines errant de province en province et vivant d’aumônes.

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