Dictionnaire historique de Feller - Edition 1818 - Tome 8, SANNAZAR (Jacques)

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Dictionnaire historique de Feller 1781-1849


SANNAZAR (Jacques), Actius Sincerus Sannazarus;


poëte latin et italien, né à Naples. en 1458, tirait son origine de Saint-Nazaire, dans le territoire de Lamosso, entre le Pô et le Tésin. Les grâces de son esprit et de son caractère plurent à Frédéric, roi de Naples, qui lui donna plusieurs marques de son estime. Ce prince, désespérant de remonter sur le trône, passa en France, où Sannazar l'accompagna et demeura avec lui jusqu'à sa mort, arrivée en 1504. De retour en Italie, il partagea son temps entre la volupté et la poésie. Son caractère le portait tellement à la galanterie, que, même dans sa vieillesse, il se produisait sous les habits et avec les airs et le ton d'un jeune courtisan. Il conçut tant de chagrin de ce que Philibert de Nassau, prince d'Orange, général de l'armée de l'empereur, avait ruiné sa maison de campagne, qu’il en contracta une maladie dont il mourut en 1530, à 72 ans. Il fut

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enterré dans la chapelle d'une de ses campagnes; il avait fait placer son tombeau derrière l'autel, quoique orné des statues d'Apollon et de Minerve. Pour remédier à cette profanation, on a mis au-dessus de la statue d'Apollon le nom de David, et au-dessus de celle de Minerve, celui de Judith. On a de lui des Poésies latines et italiennes. Les latines ont été imprimées par les Aldes à Venise en 1535, in-8. On trouve dans ce recueil.: 1° trois livres d'Elégies; 2° une Lamentation sur la mort de J.-C.; 3° des Eglogues, Amsterdam, 1728, in-8 ; 4° un Poëme : De Partu Virginis, traduit par Colletet, 1634, in-12, sous ce titre : Couches sacrées de la sainte Vierge, etc. C'est sur ce dernier ouvrage qu'est fondée sa réputation d'excellent poëte latin ; mais on le blâme d'avoir profané la sainteté de son sujet, par le mélange monstrueux des extravagances du paganisme, avec les mystères augustes de notre religion. Tout y est rempli de Driades et de Néréides. Il met entre les mains de la sainte Vierge, non les Psaumes, mais les vers des Sibylles. Ce n'est pas David ni Isaïe c'est le Protée de la fable qui prédit le mystère de l'Incarnation. Le nom de JÉSUS-CHRIST ne s'y trouve pas une seule fois, et la vierge Marie y est appelée l'Espoir des Dieux. Voilà le défaut capital de ce Poëme, qui est admirable d'ailleurs par l'élégance et la pureté du style, par l'harmonie des vers, par une multitude d'images brillantes et de belles pensées : et c'est sous ces rapports, qu'il lui mérita les éloges des savans, et même des brefs honorables de la part de Léon X et de Clément VII.. Parmi ses pièces italiennes, laplus célèbre est son Arcadie, traduite eu fran-

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çais par Pecquet, 1737, in-12. Les vers et la prose de cet ouvrage charment par la délicatesse et par la naïveté des images et des expressions. Il. fut imprimé à Naples, in-4, en 1502, et réimprimé avec ses autres Poésies italiennes à Padoue en 1723, et à Naples in-4, 1720, in-12. Le Duchat dit que Sannazar était Éthiopien de naissance; mais c'est une idée romanesque, comme la plupart de celles de cet écrivain, suffisamment réfutée par la couleur de Sannazar qu'on n'a jamais dit être celle d'un nègre.

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