Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang/DA

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C Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang E
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DABO, Dagsburg, bourg du dép. de la Meurthe, sur la limite du Bas-Rhin, à 20 k. S. de Phalsbourg; 1507 hab. Patrie de Brunon, pape sous le nom de Léon JX. Aux environs, ruines d'un château détruit en 1679 par le- Français. — Dabo, fondé par Dago-berl (dont le nom a formé Dags-burg), a été ch.-l. d'un comté vassal des évêques de Strasbourg, qui passa dans la maison de Linange vers 1250,

DACES, habitants de la Dacie. V. DAME.

DACH (Simon), poète prussien, né à Memel en. 1605, mort en 1695, fut professeur de poésie à l'université de Kœnigsberg. Il a composé des Chants d'église, encore en usage dans les églises luthériennes, et des odes (la Rose, l'Aigle, le Lion, etCv), dont 1er recueil parut à Kœnigsberg en 1696. On conserve de lui à Breslau 6 volumes manuscrits d'œuvres poétiques. -->

D'ACHF, vivant compilateur. V. ACHERY.

DACHINABAUES, peuple-de"l'fnde ancienne,-habitait, sur la côte 0., le pays compris entre Bary-gaza (Cambaye) et le roy. de Pandion, c-à-d. une partie de Décan actuel. Dachinabad semble même vouloir dire villes (abad) du Décan.

DACIE, Dacia, grande région de l'empire romain, sur les rives du Danube, avait pour bornes à l'E. le Pont-Euxin, au N. E. les Alpes Bastarnicx ou monts Krapaths, au N. O. le Danasterou Dniestr, à l'O. la Theiss, et répondait à la Moldavie, à la Valachie, à la Transylvanie, et au N. E. de la Hongrie. Avant Constantin, on distinguait la Dacie en Dacie Tra-jane et Dacie Aurélienne. — La Dacié Trajane ou Dacie propre, au N. du Danube, avait pour bornes le Pont-Euxin, le Danaster, les Alpes Bastarniques et une ligne diagonale entre le Danube et la Theiss. Sa capitale était Zarmigéthuse ou Augusta Dacica. — La Dacie d'Aurélien, au S; du Danube, fut formée aux dépens de la Mésie, lorsque Auréhen abandonna la vraie Dacie. Cette nouv. prov. se trouvait entre la Mésie Supérieure à l'E., la Mésie Inférieure à l'O., et avait pour borne au S. la Macédoine; Sardique en était la capitale. — Sous Constantin on donna le nom de Dacie à l'un des deux diocèses de la préfecture d'Orient : ce diocèse comprenait l'ancienne Mésie Supérieure et la Dacie Aurélienne, plus quelques districts au S. E., et se divisait en 6 provinces, savoir : 1° Dacie Riveraine {Dacia Riparia ou Ripensis), entre les rives de la Theiss et du Danube, auj. partie de la Hongrie et le Banat; ch.-l., Ratiaria : 2° Dacie Intérieure ou Méditerranée (D. Mediterranea), ch.-l., Sardique; 3° Dacie Transal-pine(Doci'a Transalpina), où l'on arrivait en franchissant les Alpes Bastarniques : c'est auj. la Valachie, la Moldavie et la Bessarabie; 4° Mésie Supérieure (Èce-sia Superior), cii.L, Viminiacum; 5° Dardanie (Dar-dania), ch.l., Scupi; 6° Prévalitane; ch.-l., Scodra. Les DaceSj dont le nom, le même sans doute queDeutsch, indique une origine allemande, étaient farouches, braves et incivilisés ; ils ne furent soumis que par Trajan, après 10 ans de guerre. Ce prince prit Zarmigéthuse et força Décébale, roi des Daces, à se donner la mort (105 de J.-C). La Dacie était une des provinces frontières de l'empire et comme une tête de pont contre les Barbares. Trajan y établit beaucoup de colonies ; ses successeurs la négligèrent, et Aurélien l'abandonna (274). Elle tomba bientôt après sous la domination des Goths, puis sous celle des Huns, des Gépides et des Avares (553). Les traces de la domination romaine y sont encore visibles : lesValaques et les Moldaves se nomment Roumains et leur langue est en partie fille du latin.

DACIER (André), né à Castres en 1651 d'un avocat protestant, mort en 1722, étudia à Saumur sous Tanneguy-Lefebvre, et eut pour compagne de ses études la fille de ce savant; il ne tarda pas à devenir épris de son émule et l'épousa en 1683. Tous deux abjurèrent le protestantisme dans lequel ils avaient été élevés. Dacier fut mis par Montausier au nombre des savants chargés de commenter les auteurs anciens pour l'usage du Dauphin; il obtint ensuite la place de garde des livres du Cabinet du Roi, fut reçu en 1695 à l'Académie des inscriptions, et peu après à l'Académie française, dont il devint en 1733 le secrétaire perpétuel. " On a de lui Pomponius Festus et Verrius Flaccus, ad usum Delph., 1681; Horace, lat.-franç., avec remarques, 10 vol. in-12, 1681-1689; la traduction des Réflexions de Marc-Ântotrin, 1690; de la Poétique d'Aristote; d'Epictète, 1715; des Hommes illustres de Plutarque, 8 vol. in-4,1721 ; de tragédies de Sophocle, de dialogues choisis de Platon et autres ouvrages philosophiques. Ses traductions, quoique exactes, manquent d'élégance. — Sa femme, Anne Lefebvre, née à Saumur en 1654, morte en 1720, s'était déjà fait un nom quand il l'épousa (1683). Elle avait publié des éditions estimées de Cattima-j que, avec traduction latine, 1674; de Florus et d'Au-relius Victor, ad usum Delph., 1674, ainsi qu'une -excellente-iîtiéuetion d~AndSréon, 1681. Elle a depuis donné des trad. de quelques pièces de Plaute, d'Aristophane, du théâtre complet de Térence (1688) ; mais elle est surtout connue par ses trad. de VIliade (1699) et de l'Odyssée (1708). Son admiration exclusive pour Homère l'engagea dans des querelles scientifiques avec plusieurs savants qui avaient parlé irrévérencieusement de son idole, entre autres avec Lamotte et Hardouin ; elle montra peu de modération dans la dispute. Mme Dacier a en outre coopéré à plusieurs des travaux de son mari, particulièrement auPlufarque. Boileau faisait grand cas de Mme Dacier et la mettait au-dessus de son mari.

DACIER (le baron Bon Joseph), né en 1742 à Valognes, mort en 1833, se fit connaître en 1772 par une trad. d'Élien, fut reçu à l'Académie des inscriptions la même année, et en devint secrétaire perpétuel en 1782. Élu membre du corps municipal de Paris en 1790, il quitta bientôt ces fonctions pour vivre dans la retraite. Il fut nommé en 1800 conservateur des manuscrits de la Bibliothèque nationaleet entra en 1823 à l'Académie française. On a de lui, outre sa trad. d'Élien, celle de là Cyropédie, 1777, la continuation de l'Histoire de l'Académie des inscriptions, de nombreux'.Éloges d'académiciens, un Rapport sur lespro-grès des sciences historiques jusqu'en 1808, et un travail sur Froissart (publié par Buchon).

DACTYLES IDÉENS, prêtres de Cybèle, de Saturne et de Jupiter, habitaient en Crète, sur le mont Ida; on les nommait, dit-on. Dactyles, parce que leur nombre de dix était égal à celui des doigts (dactylos en grec). Ils enseignèrent aux Cretois les mystères et les premiers arts. On les confond quelquefois avec les Curetés et les Corybantes.

DADIAN, titre que prend le souverain delà Min-grélie. —-C'est aussi le nom d'une célèbre famille arménienne de Constantinople, connue dès le v s., et dont un des derniers représentants, Khadji Arakel Dad (1753-1812), s'est illustré dans l'industrie, surtout par son habileté dans la fabrication des' machines, et a mérité le surnom de Vaucanson de l'Arménie.

DADOUQUE (c-à-d. en grec porteur de flambeau). le principal ministre des mystères d'Eleusis, représentait le Soleil. Il purifiait les adeptes avant l'initiation et marchait à la tête des Lampadophores dans les courses de Cérès à la recherche de sa fille.

DAGHANA, bourg du roy. d'Oualo, sur le Sénégal, à 114 k. E. N. E. de St-Louis. est la résidence du roi de cet Etat. Établissement français. Gomme.

DAGHESTAN, prov. de la Russie d'Asie, bornée au N. par le gouvt du Caucase, à l'O. par la Géorgie et laCircassie, au S. parle Chirvan, à l'E. par la mer Caspienne: 400 kil. sur 90; 250 000 hab., Lesghis, Nogaïs, Turcomans. Vil'es princ, Derbend, Kouba, Tarkhou. Le Daghestan se divise en Daghestan septentrional, comprenant, les khanats de Tarkietd'O-temich; et Daghestan méridional, renfermant les territoires de Tabasseran et de Derbend, les khanats de Koura et de Kouba et la république dAntzoïig. Beaucoup de mont., vallées, torrents; quelques plaines le long de la mer, sans ports, sans rades. Fer, plomb, armes, feutre, tapis rayés, lainages grossiers. — Le Daghestan appartenait jadis à Ta Perse -. celle-ci l'a cédé à la Russie en 1813. Néanmoins il n'est encore soumis qu'en partie; la plupart des peuplades qui l'habitent sont indépendantes. — Le Daghestan et le Chirvan réunis portaient chez les anc. le nom d'Albanie. Ce pays était habité par les Dahse, dont on retrouve le nom dans celui de Daghestan.

DAGO, lie russe de la mer Baltique, à l'entrée S. O. du golfe de Finlande, auN. de l'Ile d'Œsel ; lOOOOh.

DAGOBERT I, fils de Clotaire II, né en 604, fut reconnu roi del'Austrasie dès 622, y joignit la Neustrie en 828, à la mort de son père, et l'Aquitaine en631, à la mort de son frère Caribert 11 soumit les Saxons, une violente insurrection, qui fut promptemejitcomprimée par les colonels St-Arnaud et Pèlissiar. .. . DAHRA, région4uiïarec,-entre4e-Tafilet,4e Sahara et la prov. de Sous. Dattes renommées.

DAILLÉ (Jean), Dallxus, ministre protestant, né en 1594 à Chatellerault, m. en 1670, fut précepteur des deux petits-rfils de Duplessis-Mornay, et fit avec eux en 1612 plusieurs voyages dans différentes parties de l'Europe. A son retour il exerça le ministère à Saumur, en 1625, puis à Charenfon. On a de lui plusieurs ouvrages de controverse hostiles à l'Eglise romaine : De l'emploi des Pères, Gen., 1632, ;mis en Iat. par Mettayer, 1656, Apologie de l'Église réformée, Charenton, 1633; De Cullibus religiosis La-tinorum, 1671; et des Sermons.

D'AILLY (Pierre). V. AILLY.

DAÏRI, souverain spirituel du Japon; il est chef de la religion de Sinto. Sa personne est sacrée; il ne meurt pas, mais de temps en temps il renouvelle son âme. Il fait sa résidence ordinaire à Méaco_ ou Miyako, dans l'île de Niphon, et son domaine s'étend sur cette ville et son territoire. Son habillement consiste dans une tunique, par-dessus laquelle il met une robe rouge couverte d'un grand voile à franges, Ce pontife est regardé comme un dieu sur laf terre, le sol étant indigne de le porter, il ne marchejamais, Les Japonais ont une si haute idée de sa saintetl que tout ce qui le touche est regardé comme sacré; l'eau qui a servi à lui laver les pieds est recueillie avec soin comme chose sainte. La famille des Daïris est impérissable; si l'un. d'eux se trouve sans successeurs, le ciellui en procure un : un enfant choisi en secret dans une des familles les plus illustres de l'empire est déposé au pied d'un arbre dans son palais. A la mort d'un Daïri on enterrait autrefois plu • sieurs esclaves avec son cadavre ; auj. on se contente d'enfermer dans son tombeau des statues d'argile.

DAKHËL, oasis d'Egypte, à l'O. de la Grande Oasis, par 25° 40' lat. N. et 26° 40' long. E., a pour ch.-l. El-Quasr. qui a 2000 hab., d'origine arabe.

DAKKA, v. de l'Inde anglaise, dans la présidence de Calcutta, sur le Vieux-Gange, à 250 kil. N. E. de Calcutta; 200000 hab. Quelques monuments; factorerie anglaise. Soieries, mousselines, bracelets de coquillages. C'était jadis la ville la plus, industrieuse de l'Inde. — Dakka a été 80 ans capit. du Bengale ; mais elle a beaucoup perdu depuis la mor/ d'Aureng-Zeyb. Elle est auj. lech'-l. du district de Dakka. — Ce district, "arrosé par le Gange et le Brahmapoutre, compte 1150 000 hab.

DAKOTAH, nouveau territoire des Etats-Unis, formé en 1860 de la moitié occid. du Minnesota, s'étend, du côté du sud, jusqu'au 40° Iat. N.; 10000 h. Il tire son nom des Dakotahs, tribu de la nation indigène des Sioux.

DAL, rivière de Suède, sort des monts Dofrines, et tombe dans le golfe de Botnie,, après un cours de 500 kil.Belle cataracte près d'Elv-Carleby.

DALAI-LAMA ou GRAND LAMA, chef de la religion bouddhiste chez les Tartares, est leur dieu, vivant. Ce dieu prétendu fait sa résidence ordinaire au couvent de Potalaprès de Lhassa, dans le Thibet, sur les frontières de la Chine. Les environs de sa résidence sont peuplés de prêtres, nommés Lamas, dont le nombre s élève a vingt mille. Le. grand Lama n'expose jamais sa divinité au grand jour; il se tient toujours renfermé dans le fond d'un, temple, entouré de ses prêtres, qui lui rendent tous les hommages dus à l'Etre suprême. Les peuples sont persuadés qu'il ne meurt point : pour entretenir cette erreur, lorsque les prêtres s'aperçoivent que sa mort n'est pas éloignée, ils cherchent un homme qui lui ressemble et le lui substituent adroitement. .-

DALAYRAC (Nie.), compositeur, né en 1753 à Muret en Languedoc, mort à Paris en 1809, était destiné au barreau, mais se sentit entraîné vers la. musique par un goût invincible. Il vint do bonne heure à Paris, s'y lia avec Grétry et Langié, tra

les Gascons et les Bretons, mais il ternit l'éclat de son règne par sa cruauté et par sa passion pour les femmes. II fonda St-Derng_en 612.i.,eii.li^entarré en 638, à l'âge de" 36 ans. D'agobert fit fleurir les arts, surtout la sculpture et l'orfèvrerie. Il eut pour ministre et pour ami S. Ëloi, qui avait d'abord été orfèvre. On l'a surnommé le Salomon franc.

DAGOBERT il, surnommé le Jeune, succéda à son père Sigebert II, roid'Austrasie, en 656; mais Gri-moald, maire du palais, lui enleva toute l'autorité, et l'exila même en Angleterre. Cependant Dagobert reparut en 674, et recouvra une partie de ses États. Il y régnait en paix lorsqu'il fut assassiné en 679 par des partisans de Grimoald.

DAGOBERT in, succéda en 711 à son père Childe-liert III, à l'âge de 12 ans, régna sous l'autorité de Pépin le Gros, maire du palais, et mourut en 715. On le compte parmi les rois fainéants.

DAGOBERT (le général), né en 1736 près de St-Lô, s'était déjà distingué dans la guerre de Sept ans et en Italie lorsqu'il fut nommé en 1793 général en chef de l'armée dos Pyrénées orientales. Malgré le délabrement des troupes et le mauvais état de sa santé, il défit les Espagnols à Puycerda, à Mont-Louis, à Campredon, prit Urgel, et resta maître du Val d'Aran; mais il succomba bientôt à ses fatigues et à ses blessures (avril 1794).

DAGON, divinité des Philistins, adorée à Azoth et à Gaza, était représentée sous la figure d'une espèce de triton, demi-homme, demi-poisson. On lui attribue l'invention de la charrue. C'est dans son temple que les Philistins placèrent l'arche d'alliance, enlevée aux Hébreux.

DAGOUMBA, roy. de la Guinée Supérieure, près des limites du Soudan, tributaire de l'Achanti, a pour V. princ Yahndi. Poudred'or, peaux de chèvres. DAGSBOURG. V. DABO.

DAGUERRE (L. J. MANDE), l'un des inventeurs de la photographie, né en 1788, à Cormeilles-èn-Parisis, mort en 1851, se consacra d'abord à la peinture de décors, et exécuta en ce genre des tableaux fort remarquables (notamment les décorations à'Aladin, à l'Opéra); inventa, en 1822, le Diorama, spectacle s!e jour d'un genre tout nouveau, qu'il exploita avec 51. Bouton, et reproduisit par ce procédé les plus belles vues de l'univers; se lia peu après avec Niepce, cmi depuis longtemps recherchait les moyens de reproduire les gravures par la seule action de la lumière, et s'associa à ses travaux, mais ne découvrit qu'en 1839, six ans après la mort de Niepce, le procédé aujourd'hui employé pour fixer les images sur la plaque métallique, procédé qui a reçu en son honneur le nom de Daguerréotype. Cette admirable découverte fut aussitôt livrée au public, et Daguerre reçut de l'État, outre des récompenses honorifiques, une pension de 6000 fr. Il a publié : Historique et description du daguerréotype et du diorama, 1839 ; Nouveau moyen de préparer les plaques photographiques, 1844. On monument lui a été élevé à Petit-Brie (Seine), où il est mort.

D'AGUESSEAU. V. AGOESSEAU. DAH/E, peuple d'Asie, habitait au N. de l'Hyrcanie, entre lesemb. del'Ochus et de l'Oxus, sur les bords de la mer Caspienne. Il a laissé son nom au Daghestan. DAHER, émir. V. DHAHER.

DAHOMEY, un des États de la Nigritie maritime, sur la côte des Esclaves, à l'E. du roy. de Bénin ; env. 200000 h. ; capit., Abomey. Sol sablonneux, mais fertile; forêts produisant des arbres énormes; huile de palmier. Habitants féroces, adonnés au fétichisme et sacrifiant des victimes humaines. Leur roi est gardé par une armée de femmes. Cet État, jadis puissant, a décliné dans la 2° moitié duxvm's., époque où il fut soumis par les tribus voisines. Il y a dans ce pays quelques comptoirs anglais, français et portugais.

DAHRA, contrée montagneuse' de l'Algérie (prov. J'Oran), entre la r. dr. du Chélif et la mer, peuplée de Kabyles belliqueux. Bou-Maza y excita en 1845 -->

vailla pour le théâtre, et donna, depuis 1781 jusqu'à sa mort, un grand nombre d'opéras charmants, dont les paroles étaient le plus souvent composées par Marsollierou Monvel, et qui eurent presque tous du succès. Les plus connus sont : Mina ou la Folle par amour (1786); Renaud d'Ast (1787); les Petits Savoyards (1789); Camille (1791); Ambroise (\TjZ) ; Adolphe et Clara (1799); Maison à vendre (1800); Picaros et Diego (1803); Gulistan (1805). Sa musique est gracieuse, naturelle et facile; il excellait surtout dans la romance.

DALBERG (Charles, baron de), prince primat de l'église catholique d'Allemagne, né en 1745 à Herns-heim, près de Worms, mort en 1817, sortait d'une des plus anciennes familles de l'Europe z dont les membres remplirent pendant plusieurs siècles les fonctions de trésorier du chapitre de Worms. D'abord gouverneur ? civil d'Erfurt, puis évêque de Constance, il devint en 1802 électeur de Mayence, évêque de Ratisbonne et archichancelier de l'empire. Il présida les dernières diètes de l'Allemagne, et tenta d'abord de s'opposer aux projets de Napoléon; mais, voyant que toute résistance était inutile, il se rallia à la France. Il fut nommé président de la Confédération du Rhin, grand-duc de Francfort, et désigna Eugène Beauharnais pour son successeur. Resté fidèle à Napoléon dans ses revers, il fut dépouillé par les alliés d'une partie de ses États; il ne conserva que l'évêché de Ratisbonne. Aussi bon écrivain que savant éclairé, ilalaissé plusieurs ouvrages, dont le principal, Méditation sur l'univers (ail.), a eu jusqu'à 10 éditions.—Son neveu, Emmeric, duc de Dalberg, 1773-1833, fut d'abord au service du grand-duc de Bade, puis s'attacha à Napoléon, se fit naturaliser Français et eut part au mariage de l'empereur avec Marie-Louise. A la chute de Napoléon, il fut un des membres du gouvernement provisoire en France : il accompagna Talleyrand au congrès de Vienne comme plénipotentiaire, et reçut en récompense de Louis XVIII la pairie et l'ambassade de Turin. On lui attribue une part dans l'Histoire de la Restauration de M. Capefigue.

DALÉCARLIE, en suédois Dalarne, anc prov. de Suède, bornée à l'O. et au N. par les Dofrines, à l'E. par l'Helsingie etlaGestricie, au S. parla West-manie et le Wermeland, forme auj. le gouvt de Falun. Elle doit son nom à la riv. de Dal qui l'arrose. Falun, Hedemora, en étaient les principales villes. La Dalécarlie est hérissée de montagnes couvertes de forêts de sapins et très-riches en mines. Elle a toujours servi de refuge aux mécontents: c'est là que Gustave Wasa se cacha en 1520, après son évasion des prisons de Christian II, et qu'il prépara l'affranchissement de la Suède.

DALECHAMPS(Jacq.), médecin, botaniste et philologue, né à Caen en 1513, mort à Lyon en 1586, exerça la médecine à Lyon depuis 1552. On lui doit : Historia generalis plantarum, Lyon , 1586 , trad. par J. Desmoulins, 1615, ouvrage où sont rassemblées toutes les connaissances que l'on possédait alors eu botanique, mais dont malheureusement il ne put faire par lui-même la publication, ce qui donna heu à bien des fautes; une édition d'Athénée, avec traduction latine et commentaires, 1552;PKne,_ 1587, édition estimée ; et des traductions françaises de Paul d'Ëgine, de Galien et de Ccelius Aurefianus.

D'ALEMBERT. V. ALEMBERT (D').

DALESME (André), physicien, né vers 1660, mort en 1727, fut admis en 1699 à l'Académie des sciences. On lui doit un nouveau cric, d'une grande force, et un fourneau dans lequel la fumée, ramenée dans le brasier, se convertit en flamme en se brûlant de nouveau. Il avait imaginé en même temps que New-comen une machine à vapeur.

DALGARNO (George), savant écossais, néàAber-deen, publia à Londres en 1661: Ars signorum, vulgo character universalis et lingua philosophica, ouvrage dans lequel il propose une langue universelle fondée sur une classification méthodique des idées. Déjà Wilkins, dès 1641, avait traité ce sujet.

DALIBARD (Thom. Franc.), naturaliste, fut un des premiers à introduire en France la méthode de Linné et publia en 1749, sous le titre de Florse parisiensis prodromus, une Flore où les plantes sont distribuées d'après le système de ce savant. Il fut aussi le premier à répéter les expériences de Franklin sur l'électricité atmosphérique et traduisit ses écrits.

DALIE, anc prov. de Suède, dans la Gothie occidentale, fait auj. partie des gouvts d'Elfsborg et de Gœtheborg-et-Bohus.

DALILA, femme philistine, de la vallée de Soree, fut aimée de Samson. Gagnée par l'or de ses compatriotes, elle lui coupa pendant la nuit ses cheveux, dans lesquels résidait toute sa force, et le livra ensuite pieds et poings liés à ses ennemis.

DALIN (Olaûs), écrivain suédois, né à Winsberg en 1708, mort en 1763, fut conseiller de la chancellerie, puis chancelier de la cour. Son gouvt le chargea d'écrire l'Histoire générale du royaume. Cet ouvrage, publié à Stockholm en 1747, s'étend jusqu'à la mort de Charles XI. On a encore de lui un poème : la Liberté de Suède, 1742, et un grand nombre d'É-pitresjde Satires, de Fables, de Pensées.

DALLERY (Ch.), mécanicien, né en 1754 à Amiens, mort en 1835, s'adonna d'abord à la facture de l'orgue, puis perfectionna la bijouterie, inventa en 1780 une machine à vapeur avec chaudière tubulaire, eut le premier l'idée d'appliquer l'hélice à la navigation à vapeur, prit à cet effet un brevet d'invention en 1803, et entreprit de construire un bateau sur ce principe, mais se ruina sans avoir pu achever ce bateau, et le brisa dans son désespoir.

DALMATIE. On désigne sous ce nom une prov. de l'anc empire romain et le royaume actuel de Dalmatie, qui, joint à l'Albanie, forme un des 15grands gouvernements des États autrichiens.

DALMATIE ANCIENNE, contrée de l'Europe, située entre l'Adriatique à l'O. iet les monts de la Libur-nie à l'E., faisait partie de la grande région illyrique. Ses habitants se subdivisaient en Dalmates proprement dits (à Delminium et Salone), Ardyéens ou Vardéens (vis-à-vis de l'île de Pharos), Autariateset Daorizes. Dans la distribution del'empire en diocèses, la Dalmatie devint une prov. du diocèse d'Illyrie occidentale, et fit partie de la préfecture d'Italie. Elle eut alors pour cn.-l. Salone, qui était aussi capitale de tout le diocèse d'Illyrie occidentale.

DALMATIE-ET-ALBANIE (roy. de), province littorale des Etats autrichiens, le long de l'Adriatique, bornée au N. par l'Istrie et la Croatie, à l'E. parla Bosnie, au S. par l'Albanie turque, se compose de 4 cercles : Zara, Spalatro, Raguse et Cattaro, et de plusieurs îles : Arbe, Brazza, Bua, etc.; 450 000 h., de races variées ; ch-1., Zara. La Dalmatie est traversée par les Alpes Dinariques; elle est arrosée par de petites riv. côtières, dont les principales sont: le Kerba, la Zermania, la Cetîina et la Narenta. Climat tempéré dans l'intérieur, chaud sur les côtes; sol fertile, riches carrières de marbre et d'albâtre ; mines de fer et de houille. Construction de petits bâtiments; assez de commerce. La langue usuelle est l'esclavon; dans les villes maritimes, c'est, l'italien. Histoire. La Dalmatie formait jadis un Etat puissant, composé de peuples divers qui furent successivement soumis par les Romains. Les Dalmates-Ar-dyéens étaient devenus sujets dès l'an 229 av. J.-C. Paul-Emile prit Delminium en 219; Gentius , roi de l'Illyrie, battu et pris en 168, se vit enlever les provinces dalmates qu'il possédait; Marcus Fi-gulus (156) et Nasica Corculum (154) domptèrent les Autariates et autres tribus dalmates; un Métellus soumit le reste du pays sans coup férir en 118, et prit de là le nom de Dalmaticus. L'an 9 de J.-C., la Dalmatie se révolta, mais ce soulèvement fut bientôt réprimé. Après la chute de l'empire d'Occident, I la Dalmatie fut conquise par les Hérules, puis par les Ostrogoths ; elle fut réunie à l'empire de Con-stantinople sous Justinien. Les Slaves Sorabes s'y établirent en 640. Quelque temps tributaires des Avares, ils reconnurent ensuite la suzeraineté des empereurs francs ; cependant la Dalmatie maritime (Zara, Trau, Spalatro, Raguse) fut attribuée à l'empire grec par le traité de 812. Peu à peu ces peuples se rendirent indépendants. Les Croates et les Dalmates de la côte exercèrent longtemps la piraterie. De là des guerres avec Venise qui, à la fin du Xe siècle, s'empara des villes de la Dalmatie maritime. En 1052 le Croate Crescimir Pierre les reprit et s'intitula roi de Dalmatie et de Croatie. Il eut pour successeurs Démétrius Suinimir et Etienne. Les rois de Hongrie héritèrent du dernier en 1088. Venise, qui ne gardait plus que Zara, reconquit la Dalmatie maritime après l'extinction des Arpades,en 1301 ; elle ae la perdit qu'avec son existence politique en 1797. La Dalmatie devint alors prov. de l'Autriche, par le Vraitéde Campo-Formio. En 1805, le traité de Pres-irourg la donna à Napoléon, qui en 1809 l'annexa aux provinces illyriennes. Elle redevint autrichienne en 1814. — Les doges de Venise prenaient le titre de ducs de Dalmatie. La maison des comtes de Da-shau et celle des comtes d'Andechs, son héritière, »nt également porté ce titre. Napoléon créa duc de Dalmatie le maréchal Soult.

DALRYMPLE (Alex.), géographe écossais, né à Edimbourg en 1737, mort en 1808, voyagea pour la Compagnie des Indes, visita avec soin l'archipel Oriental et en donna des cartes exactes. Ce fut d'après ses plans que le ministère anglais entreprit les voyages de découverte que Cook a exécutés. On lui doit une collection des Voyages faits dans l'Océan Pacifique, 1770, trad.par Fréville, 1774, etunAtto des côtes de Malabar, Coromandel, etc., 1806.

DALRYMPLE (John HAMILTON), baron de l'échiquier du roi en Ecosse, attaché à la cause royaliste, né vers 1726, mort en 1810, a publié des Mémoires sur la Grande-Bretagne depuis la dissolution du dernier Parlement de Charles II, 1771, trad. par l'abbé Bla-vet, 1776. Ces mémoires établissent que, sous Charles II, plusieurs membres du Parlement, entre autres Algernon Sydney, étaient soudoyés par Louis XIV.

DALRYMPLE (sir H. Whiteford), général anglais, 1750-1830, commanda en 1808 l'armée britannique en Portugal et fit signer à Junot la célèbre capitulation de Cintra, pour l'évacuation de ce pays.

DALRYMPLE, comte de Stair. V. STAIR.

DALTON (John), physicien et chimiste, né en 1766 à Englesfield (Cumberland), d'une honorable famille de quakers, mort en 1844 à Manchester, enseigna longtemps les mathématiques dans cette dernière viiie, puis s'appliqua à la physique et à la chimie. Il étudia surtout les phénomènes produits par l'action de la chaleur sur les gaz et les vapeurs, et mit en lumière la théorie atomique, qui, dès 1789, avait été entrevue par Higgins : il supposait que les corps sont composés de particules indivisibles qui s'unissent entre elles dans des proportions définies. Ses principaux ouvrages sont : Meteorological observations (1793); JVeio System of\chemical phylosnvhy (1808-1810). Dalton était membre de la Société royale de Londres et associé de l'Institut de France.

DAMALA, v. de la Grèce moderne (Argolide), à 8 kil. O. de Poros, est l'ancienne Tréaène. Ruines.

DAMAN, v. portugaise de l'Inde, dans le Guzze-rate, avec un port sur la mer, à 130 kil. N. de Bombay ; 6000 h. Cél. temple de Parsis où l'on conserve le feu sacré depuis 1200 ans. Aux Portugais depuis 1531.

DAMANHOUR, Hermopolis l'arca, v. de la B.-Egypte, ch.-l. de prov., à 80 k. S. E. d'Alexandrie. — Vge à 7 kil. N. E. du Caire. Palais du pacha.

DAMAR, v. d'Arabie (ïémen), dans l'Eut de Sa-naa, à, HOkil. S. de Sanaa; 5000 maisons, (env. 25 000 h.) Université pour la secte des Zeïtes.

DAMAS, Damascus, YEl-Chdmdes Arabes, v. de Syrie, ch.-l, du pachalik de ce nom, sur leBarady, à 1100 kil. S. E. de Constantinople; 200000b., dont 30 000 chrétiens et 5000 juifs. Résidence du patriarche grec d'Antioche et d'un mollah de 1™ classe. Assez belle ville : vieilles murailles et tours, château fort} rues étroites et tortueuses ; beaucoup de forltaines ; maisons avec terrasses et trottoirs; 60 mosquées (on remarque la superbe mosquée dite Zikie), séraï ou palais du pacha; beaux bazars, cafés élégants et renommés. Très-grands faubourgs. Damas était jadis célèbre par ses fabriques d'armes blanches et d'acier qui ont fait donner le nom de damas aux meilleures lames, mais ses ouvriers en acier .ont été transférés par Tamerlan. en Boukharie. Elle produit encore d'admirables ouvrages en nacre, des éjoffes de soie brochées, dites damas, des étoffes de coton,, cache-mi res, perles, huile de rose et autres parfumlr. Grand commerce; grandes caravanes jjour La Mecque,pour Bagdad, etc. —Damas est une v. très-ancienne : ella est mentionnée dans la Genèse. Elle fut parfois soumise aux Juifs, et parfois elle forma un roy. indépendant. Elle appartint ensuite aux rois de Perse, à ceux de Syrie, aux Romains, aux Arabes (632). Ceux-ci en firent d'abord leur capitale, d'où les califes ommiades se nomment.aussi califes de Damas. Les Croisés l'assiégèrent inutilement en 1158. Tamerlan s'en empara en 1401, etSelim 1, sultan turc, en 1516. Les Musulmans y sont très fanatiques : ils firent un horrible massacre des Chrétiens en 1860.

DAMAS (eyalet ou pachalik de), une des 4 grandes divisions de la Syrie, entre le pachalik d'Alep et l'Arabie; 530 kil. sur 450; 1 250 000.hab. Il est séparé-de la mer par les pachaliks de Tripoli et d'Acre. Ch.-l., Damas. Il se divise en 6 livahs (Damas, Hama, Tadmour, Soliman ou "Jérusalem, Gaza, Naplouse). L'anc Palestine en faitpartie.

DAMAS (famille DEJ, anc et noble maison de France, connue dès le .xmcs., a surtout joué un rôle dans ces derniers temps. Nous citerons : Charles.de Damas, né en 1758, mort en 1829, premier gentilhomme de la chambre du roi Louis XVI, puis colonel pendant la guerre d'Amérique. Arrêté avec Louis XVI à Varennes, il fut rendu à la liberté par l'amnistie du 13 novembre 1791, émîgra en 1792, accompagna le comte d Artois dans l'expédition infructueuse de l'Ile-Dieu, rentra en France en 1814, suivit Louis XVIII à Gand, et fut à son retour nommé pair; en 1827, il fut élevé au titre de duc. — Roger, comte de Damas, son frère, né en 1765, mort en 1823. Il entra fort jeune comme officier dans le régiment du rai, passa en Russie et se distingua dans la guerre contre les Turcs (1787). Pendant la Révolution, il fut aide de camp du comte d'Artois, puis commanda la légion Mirabeau dans l'armée de Condé (1794-98). Il servit ensuite le roi de Naples contre les troupes:républi-caines, : sa retraite en Calabre fut admirée par les Français qu'il combattait. En 1814, il rentra en France avec les Bourbons, et fut nommé lieutenant général. Il fut élu député en 1815. — Fr.-Ët. de Damas, né à Paris en 1764, mort en 1828. D'abord sous-lieutenant au régiment de Royal-Auvergne, il parvint au grade de chef d'état-major de Kléber, et etle suivit euÉgypte (1799). Disgracié par Bonaparte, il quitta le service, fut compromis dans le procès de Moreau, et rendu à la liberté par l'intercession da Murât. Celui-ci, devenu grand'duc de Berg, l'employa comme secrétaire d'État et commandant militaire (1806). Il fit la campagne de Russie, se distingua au passage de la Bérézina, puis revint dans la duché de Berg, et rentra en France en-1815 avec le titre d'inspecteur général d'infanterie.

DAMASCÈNE. V. JEAN et NICOLAS.

DAMASCIUS, philosophe éclectique, né à Damas vers l'an 480 de J.C., disciple de Marinus, enseignait à Athènes lorsque Justinien fit fermer les écoles païennes (529). Il se réfugia auprès de Chosïoês, roi de Perse; ce prince obtint son retour dans sa patrie en 533. Il avait écrit ..une Histoire des principaux éclectiques, dont Photïus a conservé des fragments, --> et un traité Des Principes, dont la V' partie a été publiée par J. Kopp, Francf., 1826 (le grec seul). M. Ruelle a donné uns Étude sur Damascius, 1861.

DAMASE I (S.), pap", né en Portugal, fut élu en 366, travailla à la conservation de la discipline ecclésiastique, tint plusieurs conciles contres les Ariens, anathématisa plusieurs hérétiques ou s:hismati-ques, et mourut en 384. Il avait S. Jérôme pour secrétaire. Il a laissé quelques poésies chrétiennes et des écrits théologiq., réunis à Paris, avec sa Vie, 1672, in-8. On le fête le 11 déc.

DAMASE il, pape en 1048, était évêque de Brixen (Tyrol), et fut élevé au trône pontifical par l'emp. Henri III, sans avoir été élu. Il ne survécut que 23 jours à sa nomination.

DAMA VEND. V. D1ÎMAVEND.

DAMAZAN, ch.-l. de c (Lot-et-Gar.), à 23 k. N, de Nérac sur la r. g. de la Garonne; 955 hab.

DAMBACH, petite v. du dép. du B.-Rhin, à 8 k. N. de Schelestadt; 3000 h., en partie Juifs. Mine de fer et de manganèse.

DAMBRAY (Charles), magistrat, né à Rouen en 1760, mort en 1829, fut avocat général à la Cour des aides de Paris, et remplaça Séguier dans les mêmes fonctions au parlement (1788). Il allait entrer au ministère lorsque la Révolution éclata. Il se retira en Normandie après le retour du roi de Varennes et resta en rapport avec les Bourbons sous l'Empire. En 1814, Louis XVIII le nomma chancelier, ministre de la justice, et président delà Chambre des Pairs. Réfugié en Angleterre pendant les Cent-Jours, il reprit la présidence à son retour.

DAMER, v. du Dongola, au confluent du Nil et du Tacazzé; 500 maisons; capit. d'un État indépendant.

DAMES (paix des). V. CAMBRAY.

DAMIEN (S.) V. COSME (S.)

DAMIEN (5. Pierre), Damianus, docteur de l'Église, né à Ravenne vers 988, mort à Faenza en 1072, avait gardé les pourceaux dans sa jeunesse. Un de ses frères, archidiacre de Ravenne, se chargea de son éducation. Damien, une fois ses études faites, entra dans l'ermitage de Font-Avellana (Ombrie) ; il en fut nommé abbé en 1041. Il rendit de grands services aux papes Grégoire VI, Clément II, Léon IX, Victor II et Etienne IX : ce dernier le créa cardinal-évê-qued'Ostie. L'amour de la solitude le porta, en 1062, à renoncer à sa charge, et il rentra dans son ermitage. D'une austérité excessive, il propagea la pratique de la flagellation. Il eut à remplir plusieurs missions importantes, mais il vécut toujours, même au milieu des cours, dans une extrême pauvreté. On le fête le 23 févr. Il a laissé quelques écrits, imprimés à Paris en 1642 et 1643, in-fol. .

DAMIENS (Rob. Franc.), régicide, né en 1715, près d'Arras, frappa en 1757 le roi Louis XV d'un coup de couteau au moment où ce prince sortait du château de Versailles. Saisi aussitôt, Damiens fut condamné à mort, et écartelé sur la place de Grève à Paris. Selon quelques historiens, cet homme aurait été en proie, au moment de son action, à une espèce de délire; selon d'autres, il avait été poussé à ce crime par le mécontentement général de la nation. Damiens avait été d'abord soldat, puis domestique chez les Jésuites à Paris; il était sans emploi quand il commit son crime.

DAMIETTE, Tamiathis, v. de la B.-Egypte, sur la branche orientale du Nil, à 9 k. de lamer, à 160 k. N. E. du Caire. Env. 25 000 h., dont 4000 chrétiens. Évêché copte. — Damiette était une ville maritime importante au moyen âge : S. Louis la prit en 1249 et la rendit ensuite aux Musulmans comme partie de sa rançon. La ville fut rasée vers la fin du xm« s. ; de ses débris se forma la nouvelle Damiette, à 6k. auS. Louis IX donna aux remparts d'Aigues-Mortes la forme qu'avaient ceux delà ville égyptienne. —Le nom de Damiette a été donné à une colonie agricole formée en Algérie en 1848, à 3 kil. de Médéah.

DAMILAVILLE (Et.), né en 1719, mort en 1768 était premier commis au bureau du Vingtième. II est surtout connu comme l'ami et le correspondant de Voltaire. C'était un homme médiocre, mais il eut le mérite aux yeux des philosophes d'alors d'être un ardent ennemi de la religion. On lui a attribué le Christianisme'dévoilé, ouvrage qui fut condamné au feu par le parlement en 1770 et qui paraît être l'ouvrage de d'Holbach.

DAMIRON (Philibert), philosophe français, 1794-1862; fut élève de l'Ecole normale, discipls de M. Cousin, et membre de l'Acad. des sciences morales. On lui doit l'Hist. de la phil.en France au xixe siècle (1820) et au xvne siècle, (1860).

DAMIS. V. APOLLONIUS (de Tyane).

DAMM, v. des Etats prussiens"(Poméranie), à 7 k. S. E de Stettin ; 2500 h. Château fort. V. DAMME.

DAMM (Chr. Tobie), théologien protestant et helléniste, né à Leipsick en 1699, m. en 1778. On a de lui : Novum lexicon grxcum etymologicum et reale, Brandebourg, 1765, et Londres, 1842.

DAMMARTIN, Martini dominium, ch.-l. de c (Seine-et-Marne), à 21 kil. N. O. de Meaux, sur une éminence d'où on a une vue fort étendue ; 2000 hab. Blondes de soie noire. Marché aux grains. — Ce bourg a donné son nom aux comtes de Dammartin, qui remontent au xr3 siècle. Philippe Hurepel, fils de Philippe-Auguste, devint comte de Dammartin au commencement du xni" siècle par son mariage avec Mahaut, héritière de cette maison. En 1258, ce comté fut porté par mariage dans la maison de Trie; puis, après avoir passé dans diverses familles, échut en 1439 à Antoine de Chabannes dont la fille le porta dans la maison d'Anjou. Anne, duc de Montmorency, l'acheta en 1554. Il fut confisqué en 1632 à la mort du maréchal de Montmorency et donné par Louis XIII aux princes de Bourbon-Condé.

DAMMARTIN (Ant., comte de). V. CHABANNES.

DAMME (du hollandais dam, digue), bourg de Belgique (Flandre occid.), sur un canal de même nom, à 5 k. N. de Bruges; 900 h. Forte digue, du xin° s ècle. Place jadis forte, prise par Philippe-Auguste (1213), par Charles VI (1384), par Marlbo-rough (1706).

DAMNONII. Y. DUMNONH.

DAMOCLÈS, flatteur de Denys le Tyran, vantait souvent le bonheur de ce prince. Celui-ci, pour l'en faire juge, l'invita à un festin, et, l'ayant fait habiller et servir en prince, fit suspendre au-dessus de sa tête, pendant le repas, une épée nue, attachée au plafond par un crin de cheval.

DAMON et PYTHIAS, pythagoriciens, célèbres par leur amitié, vivaient a Syracuse, 400 ans av. J.-C, sous Denys le Jeune. Damon, condamneà mort par le tyran, obtint la permission d'aller dans sa patrie pour mettre ordre à ses affaires, et Pythias se rendit caution de son retour. A l'approche de l'heure marquée, Damon ne paraissant pas, on allait conduire Pythias au supplice; mais il revint à temps, et un combat de générosité s'éleva entre les deux amis pour savoir qui devait mourir. Denys lut si touché de ce trait de fidélité qu'il laissa vivre Damon et demanda à tous deux d'être reçu en tiers dans leur amitié.

DAMOREAU (Laure-Cinthie, dite Mme DAMOREAU- ' CINTI), cantatrice française, née Montalant (1801), m. en 1863; a laissé un souvenir durable à l'Opéra et à l'Opéra-Comique; a professé pendant 12 ans au Conservatoire, et laissé une méthode de chant.

DAMPIER (Will.), voyageur anglais, né en 1652 au comté de Somerset, fit deux voyages autour du monde (1673-1691 et 1699-1701). Il a laissé son nom à un archipel de la Papouasie (par 20° 39' lat. S. et 140° 6' long. E.). On ne sait pas la date de sa mort. Il donna en 1699, à Londres, en 3 vol. in-8, le B_e-cueildeses voyages, trad. en français, 1701 et 1732, On lui doit un traité estimé Sur'les vents, les marées et les courants.

DAMPIERRE, ch.-l. de c. (Jura), à 21 kil. N. E. de Dôle; 500 hab. Forges, hauts fourneaux.

DAMPIERRE, vge de Seine-et-Oise, à 12 k. N. E. de Rambouillet, sur l'Yvette ; 800 h. Beau château, construit par J. H. Mansart, pour le duc de Lorraine, et appartenant auj. au duc de Luynes, qui l'a magnifiquement restauré.

DAMPIERRE-SUR-SALON, ch.-l. de c (Haute-Saône), à 16k. N. E.deGray; 1400 h. Forges, pierre détaille.

DAMPIERRE (Guy de), comte de Flandre et pair de France, accompagna S. Louis en Afrique (1270). Ayant marié sa fille à Edouard d'Angleterre sans l'autorisation de Philippe le Bel, son suzerain, celui-ci lui déclara la guerre, le défit à Fumes (1297) et s'empara de ses principales places. Dampierre vint à Paris implorer la clémence du roi, mais Philippe le retint prisonnier à Compiègne où il mourut en 1305.

DAMPIERRE (Aug. PICOT, marquis de), général français, né à Paris en 1756, embrassa avec ardeur les idées nouvelles en 1789, servit en 1792 sous Ro-chambeau, puis sous Dumouriez, et se distingua par sa bravoure à Nerwinde (1793). A la défection de Dumouriez, il se prononça hautement en faveur de la République, et fut chargé du commandement en chef. Il releva le moral de l'armée, reprit l'offensive et fut tué d'un coup de canon, sous Valenciennes, en 1793. La Convention lui décerna les honneurs du Panthéon. — Un de ses descendants a été tué, pendant le siège de Paris, à Bagneux (oct. 1870).

DAMRËMONT. V. DANREMONT.

DAMVILLE, ch.-l. de c. (Eure), à 18 kil. S. O. d'Bvreux, sur l'Iton; 700 hab. Ancienne baronnie.

DAMVILUERS, ch.-l. de c (Meuse), à 22 kil. S. deMontmédy; 1000 hab. Patrie du maréchal Gérard. Ane place forte,- démantelée par Louis XIV en 1683.

DAN, 5° fils de Jacob, avait pour mère Bala, servante de Rachel. Il donna son nom à une des 12 tribus d'Israël, bornée à l'E. par les tribus de Benjamin et de Juda; au S. par celle de Juda, dont elle était séparée par le torrent de Sorek; au N., par celle d'Éphraïm; et à l'O., par la mer.

DAN ou LAÏS, v. de la tribu de Nephthali, la plus sept, du pays, était une colonie de la tribu de Dan.

DANAÈ, fille d'Acrisius, roi d'Argos, fut, selon la Fable, enfermée dans une tour d'airain par son père à qui l'oracle avait prédit qu'il serait tué par l'enfant qui naîtraitd'elle. Jupiter pénétra dans cette tour sous la forme d'une pluie d'or, et séduisit Danaé: de cette union naquit Persée. Acrisius voulut le faire périr en l'exposant aux flots ainsi que sa mère ; mais le coffre qui les contenait ayant été recueilli sur les côtes de l'île de Sériphe, ils furent sauvés tous deux. Plus tard Persée devint en effet, quoique involontairement, le meurtrier d'Acrisius. V. PERSEE.

DANAÏDES, nom de 50 sœurs, toutes filles de Da-naûs, roi d'Argos. Egyptus, roi d'Egypte, leuroncle, qui avait 60 fils, ayant voulu leur faire épouser ses fils, qui étaient leurs cousins germains, les Danaïdes se refusèrent à ce mariage, qui leur paraissait impie. Egyptus envoya ses fils à Argos à la tête d'une puissante armée, pour les y contraindre. Danaûs, trop faible pour résister, consentit au mariage, mais il convint secrètement avec les Danaïdes qu'elles massacreraient leurs maris la nuit de leurs noces. Cet horribleprojets'exécuta : la seule Hypermnestre épargna son mari, Lyncée. Pour punir ces criminelles épouses, Jupiter les précipita dans le Tartare etles condamna a y remplir éternellement un tonneau sans fond.

DANAPRIS, fleuve de Sarmatie, auj. le Dniepr.

DANASTER, fleuve de Sarmatie, auj. le Dniestr.

DANAtjS, fils de Bélus, originaire de Chemmis, régna d'abord sur la Basse-Egypte, conjointement avec son frère Egyptus; mais, ayant attente aux jours de ce prince, U fut forcé de fuir et vint à Argos (vers 1572 av. J.-C, ou un siècle plus tard selon d'autres). Là, le roi Gélanor, de la dynastie d'Ina-chus, l'accueillit avec la plus grande bienveillance ; mais Danaûs ne le récompensa qu'en usurpant sur lui le trône d'autres disent que Gélanor abdiqua en sa faveur. Quoi qu'il en soit, c'est alors qui commence à Argos la dynastie des Bélides. La Fable donne à Danaûs 50 filles (F. DANAÏDES). Il eut pour successeur Lyncée, son gendre. — Depuis le règne de Danaûs, les Argiens et par suite tous les Grecs furent désignés sous le nom àsjDanai.

DANCHET (Ant.), poète dramatique, né en 1671 à Riom, mort à Paris en 1748, fut d'abord précep teur, puis se livra au théâtre. Il donna des tragédies qui eurent peu de suceès/etdes opéras qui réussirent :1e meilleur est celui à'Hésionel 1700). Danchet fut de l'Académie française et de celle des inscriptions. Ses oeuvres, publiées en 1751 (4 vol. in-12), contiennent, outre ses pièces dramatiques, des odes, des cantates, des épltres. La versification en estfaible, mais douce et facile.

DANCOURT (Florent CARTON), auteur et acteur comique, né à Fontainebleau en 1661, d'une famille noble, mort en 1726, fut d'abord avocat; il quitta cette profession à 24 ans pour épouser la fille du comédien La Thorillière et entrer avec elle dans la troupe des comédiens du roi, se fit en même, temps auteur et donna dans l'espace de 33 ans une soixantaine de pièces. Celles qui eurent le plus de succès sont : le Notaire obligeant, le Chevalier à la'mode, les Bourgeoises à la mode, les Vendanges de Sures-nes, les Vacances, le Mari retrouvé, les Trois Cousines, le Galant Jardinier. Dancourt excelle dans la farce et le genre grotesque, mais trop souvent il brave la décence. Il réussit admirablement à mettre en scène les villageois, ce qui l'a fait surnommer le Téniers de la comédie. Ses œuvres ont été souvent réimprimées; la meilleure édition est celle de 1760, 12 vol. petitin-12. Didot adonné ses Œuvres choisies, 1818, 5 vol in-18.

DANDELOT ou D'ANDELOT (François DE COWGNY, plus connu sous le nom de), frère puîné de l'amiral Coligny, né à Chàtillon-sur-Loinç en 1521, embrassa de bonne heure la Réforme et s'en montra un des plus zélés défenseurs. Il défendit avec son frère, en 1557, la place de St-Quentin contre les Espagnols. Lorsque la guerrejâvile eut éclaté, il se distingua à Dreux en 1562 et à Jarnao en 1569. Il mourut à Saintes deux mois après ce dernier combat.

DANDJOUR, collection de livres bouddhistes, composée de 240 vol. in-4, forme, avec le Gandjour, qui en a 108, l'encyclopédie bouddhiste.

DANDOLO, famille patricienne de Venise, fort ancienne, a donna quelques doges à la république. Le plus célèbre de ces doges est Henri (Ennco) Dan-dolo, gui fut élu à cette haute dignité en 1192, à l'âge de 82 ans, et fut uû des principaux chefs de la 4' croisade. H fit prendre Zara par les Croisés pour le compte de Venise, puis il les poussa sur Constantinople. Après la prise de cette ville par les Croisés, il refusa, dit-on, la couronne qui lui était offerte; mais il se fit élire despote de la Romanie, obtint pour la république de Venise un quartier de Constantinople et les îles de l'Archipel, acheta Candie, qui était échue en partage au duc de Montferïat, et apporta à Venise une foule de chefs-d'œuvre de l'art, enlevés à l'empire grec. Il mourut un an après (1205) à Constantinople même.-En 1173, l'empereur grec Manuel lui avait fait brûler les yeux lorsqu'il était venu, au nom de la république de Venise, lui redemander des députés que ce prince retenait injustement; ce supplice affaiblit sa vue, mais ne la lui fil pas perdre tout à fait. — Jean D., élu en 1280, mort en 1289, soutint contre le patriarche d'Aquilee, au sujet des villes de Pirano et d'Isolé en Istrie, qui s'étaient données à Venise, une guerre ruineuse, ou! dura autant que son règne. — François Dandoîo, doge de 1328 à 1339, avait reçu le surnom de Chien pour s'être présenté (en 1323) au pape Clément V avec une chaîne au cou, en le suppliant de retirer une excommunication que le pontife avait lancée contre la république. Sous son règne, Venise enleva à la maison délia Scala les villes de Trévise, Ceneda --> et Conegliano'. — André D., élu en 1342 à l'âge de 36 ans, mort en 1354, soutint une guerre malheureuse contre Louis le Puissant, roi de Hongrie; mais s'illustra par son amour pour les lettres et par la protection qu'il accorda à Pétrarque. Il a écrit une Chronique de Venise, en latin (dans le T. XII de la collection de Muratori).

DANEBROG (ordre de), ordre danois, fondé en 1219 par le roi Valdemar II en mémoire d'une bataille gagnée sur les Livoniens, dans laquelle apparut un étendard miraculeux dit Danebrog, qui rallia les fuyards, fut renouvelé en 1671 par Christian V et réformé en 1808 par Frédéric VI. Il est destiné à récompenser tous les genres de services, militaires ou civils. L'insigne est une croix blanche pattée, bordée rouge et or, avec les mots Gud og Kongen (Dieu et le roi); le ruban est blanc, liseré de rouge.

DANEGELD (c-à-d. tribut danois), impôt établi en Angleterre par Ethelred II (vers 1001), pour acheter le départ des Danois dont les flottes désolaient les côtes, ou pour solder les troupes destinées à les repousser.] Maintenu longtemps après l'expulsion des Danois ,| Une disparut que sous le roi Etienne, en 1135.

DANEMARK, Dania en latin, roy. de l'Europe septent., le plus petit des trois royaumes Scandinaves (Suède, Norvège et Danemark), est Dartout baigné par la mer, excepté au Sud, où il est borné par le duché de Sleswig; il a la Baltique à l'E. et la mer du Nord à l'O. ; le détroit du Sund, le Cattégat et le Skager-Rack le séparent de la Suède et de la Norvège: 1 525 000 h.; capit., Copenhague. Villes principales : Elseneur, Aarhuus, Aslborg, etc. Il se compose : 1° de la péninsule cimbrique (Jutland) ; 2° de l'archipel danois : îles Seeland, Fionie, Laaland, Falster, Bornholm, Mœn, Œroë, Alsen, Femern, etc., auxquelles il faut joindre l'Islande et l'archipel de Féroê. Il faut ajouter à ces possessions les colonies danoises, qui consistent en établissements sur la côte du Groenland; plus les îles Ste-Croix, St-Thomas, St-Jean, aux Antilles (Tranquebar et Serampour, dans l'Inde, et les lies Nicobar, ont été vendues aux Anglais, ainsi que les établissements que les Danois possédaient sur la côte occidentale d'Afrique).

Les possessions danoises d'Europe se partagent administrativement en baillages ou cercles, comme suit : Pays. Bailliages. Copenhague, Frederiksbourg, lies Seeland et Mœn. île Bornholm. île Falster et Laaland. île Fionie. Holbek, Soroë, Prestoë, Bornholm, Mariboë, Odensée, Svendborg, Hiorring, Aalborg, Thisted, Viborg, Jutland. Randers, Aarhuus, Skanderborg, Veile, Ringkjobing, Ribe, Archipel de Féroë. île Œroë. île Alsen. île Femern. montagnes-, les cours Féroë, Œroë, Nordborg, Sonderborg, Femern,

Le Danemark a peu de d'eau qui l'arrosent sont peu importants; on y trouve beaucoup de marais, surtout dans le Jutland. Le climat est peu rigoureux, mais humide: le sol est fertile en pâturages, et nourrit de beau bétail,et de bons chevaux. L'agriculture, y est très-dévelop-pée : outre les céréales, qui sont le principal produit, on y cultive avec succès la garance, le houblon. — Les hab. sont presque tous de race Scandinave ou germanique. Le gouv., d'abord représentatif, devint absolu en 1660; c'est auj. une monarchie tempérée. Le luthéranisme est la religion dominante; les autres sont tolérées : les Juifs sont très-nombreux. L'industrie consiste surtout en toiles à voiles, draps, porcelaines, armes; on fabrique aussi en Danemark beaucoup de gants dits gants de Suède. Le commerce y est depuis longtemps florissant. L'instruction y est très répandue.

Histoire. Le Danemark était habité -au commencement de l'ère chrétienne par.les Jutes ou Goths, par les Cimbres et par les Angles. Il eut longtemps pour rois des princes goths, qui se prétendaient issus d'Odin, et qu'on nomme Skioldungiens, du nom de Skiold, qui régna le premier; ils rendaient à Odin un culte sanguinaire. Le Christianisme ne fut introduit chez eux que vers 826, par S. Anschaire. A partir du vin" siècle, les Danois s'adonnèrent à lapiralerie, ainsi que les Norvégiens, avec lesquels on les comprend souvent sous le nom deNorthmans > ou Normands (hommes du Nord), lis secoururent les Saxons contre Charlemagne, mais furent enfin obligés d'implorer la paix en 803. Leurs fréquentes in- ? cursions désolèrent l'empire carlovingien, l'Allemagne, l'Espagneetsurtout la Grande-Bretagne pendant un siècle. Deux fois ils conquirent presque toute l'Angleterre : la 1™ en 878, au temps d'Alfred, qui bientôt reprit sur eux une partiedupays; la2"en 1015, àla mort d'Edmond Côte de Fer, et sous Canut le Grand; mais leur domination en Angleterre neduraque jusqu'en 1042. La dynastie skioldungienne s'éteignit en Danemark en 1047etfut remplacée par les Esthrithi-des; sous ceux-ci, le Danemark devint un instant fiei de l'Allemagne (1153-62). Redevenu indépendant, il acquit l'île de Rûgen (1168), laSlavonie, IeMecklem-bourg actuel (1184-88), la Pomérélie (1210), que toutefois il perdit bientôt, l'Esthonie (1239) que Valdemar vendit en 1347 à l'Ordre Teutonique. Les Esthrithides s'étant éteints en 1375, la succession devint litigieuse jusqu'à ce que la tutrice du Danemark, Marguerite, fille de Valdemar IV, eût donné la couronne à Éric de Poméranie (1396). Elle l'avait déjà fait roi de Norvège en 1389; elle le fit couronner roi de Suède en 1397-, par la célèbre union do Calmar, qui fondait les trois Etats en un seul. Mais cette, union n'exista guères que nominalement : après avoir été plusieurs fois rompue de fait, notamment en 1448, elle le fut enfin pour toujours en 1523, à la suite de la révolte de Gustave Wasa contre Christian II. La Norvège resta néanmoins unie au Danemark, qui conserva de plus en Suède 5 provinces maritimes de la Gothie. En 1448, après la mort de Christophe de Bavière, Christian I, de la maison d'Oldenbourg, fut élu roi par les Danois et devint le chef de la maison qui règne encore aujourd'hui : il réunit le Holstein à ses Etats qui comprenaient l'archipel danois, le Jutland et le Sleswig (1460). Sous Christian IV, le Danemark prit une part malheureuse à la guerre de 30 ans : par les traités de Bromsœbro (1645), de Roskilde (1658) et de Copenhague (1660), il perdit ses provinces de Gothie et sa supériorité sur la Suède. En 1665, une insurrection du peuple contre les nobles donna à la royauté le pouvoir absolu : elle en usa pour le bien du pays, améliora la législation, abolit le servage et proclama l'égalité de tous devant la loi. Allié de Napoléon, le Danemark fut cruellement traité par l'Angleterre et vit bombarder Copenhague (1807) ; en 18K, il perdit la Norvège. qui fut réunie à la Suède. En 1816, la Prusse lui céda le duché de Lauenbourg. En 1831, Frédé- ? rie VI accorda à ses peuples des assemblées d'États provinciaux; en 1849 Frédéric VII leur donna une constitution parlementaire : la diète se compose de 2 assemblées, le .Folke-thing (Chambre du peuple) et Lands-thing (Chambre des grands propriétaires). — Le règlement de la future succession au trône donna lieu en 1848 à une grande agitation, le Sleswig, le Holstein et le Lauenbourg ayant tenté à cette occasion de se séparer.du Danemark, avec l'appui de la Prusse : après une guerre de! 3 ans, dans laquelle la Prusse eut le dessous, le1 traité de Londres du 8 mai 1S52 termina le différend en assurant la succession, après l'extinction de la maison d'Oldenbourg, au prince Christian de Sonderbourg-Gtucksbourg. Toutefois, à la mort de Frédéric Vil (1863), l'Allemagne réclama l'indépendance du Holstein et du Sleswig, ce qui donna lieu à une nouvelle guerre, désastreuse pour le Danemark : ie 30 octobre 1864, une paix fut signée, par laquelle le Danemark céda à l'Autriche et à la Prusse, qui s'étaient chargées de l'exécution fédérale, les duchés de Sleswig, de Holstein et de Lauenbourg.

Rois de Danemark depuis le 5 siècle. Skioldungiens.

Harald Blaatand, 930 Suénon et Harald VIII, 980 Canut 11, le Grand, 1014 Canut III (Hardeknut), 1036 Magnus de Norvège, 1041 Esthrithides.

Suénon II, 1047 Harald IX, 1076 Canut IV, le Saint, 1080 Qlof Hunger, 1086 Eric III, 1095 Nicolas, 1103 Eric IV, 1134 Éric V, 1137 Suénon III et Canut) V, 1147 Valdemar I, 1157 Canut VI, 1182 Valdemar II, 1202-1241 (avec Valdemar III, 1219 Eric VI, le Saint, -1231)


1241 Abel, 1250 Christophe I, 1252 Éric VII Glipping 1259 Eric VIII Menvend, 1286 Christophe II, 1320 Valdemar IV, 1340 Se diverses familles.

Olof n, 1376 Marguerite, 1387 Eric IX, de Poméranie, 1396 Christophe III, Bavarois, 1440 Maison d'Oldenbourg

Christian I, 1448 Jean, 1481 Christian II, 1513 Frédéric I, 1523 Christian III, 1534 Frédéric II, 1559 Christian IV, 1588 Frédéric III, 1648 Christian V, 1070 Frédéric IV, 1699 Christian VI, 1730 Frédéric V, 1746 Christian VII, 1766 Frédéric VI, 1808 Christian VIII, 1839 Frédéric VII, 1848 Maison de Sonderbowg-Gluchsbourg. Christian IX, 1863

DANÈS (P.), Danesius, né à Paris en 1497, mort en 1577, étudia lesjangues anciennes sous Lascaris et Budé, fut le premier nommé professeur de grec au Collège royal (1530), e.t forma des élèves distingués, entre autres Amyof et Daurat. François I l'envoya au concile de Trente; Henri II le nomma précepteur de son fils François II, et le fit évêcrae de Lavaur. On a de lui des éditions de Justin, Florus, Sextus liufus, 1519; de Pline, 1532, sous le pseudonyme de Bellocirius; des Éloges et Opuscules, publ. par un de ses descendants, Paris, 1731, in-4«

DANET (l'abbé P.), philologue, né à Paris vers 1640, mort en 1709, était curé de Ste-Croix à Paris. Il est l'auteur de Dictionnaires français-latin (1685) et latin-franç. (1691), composés pour l'usage duDau-phin, et qui eurent longtemps cours dans les écoles. On lui doit aussi une édition de Phèdre, adwum Delphini, 1675; des Racines latines, 1677; unDîctiors-naire d'antiquités grecques et romaines (lat.), 1698.

DANGÉ, ch.l. de c. (Vienne), à 14 kil. N. de Cha-tellerault, sur la r. g. de la Vienne; 900 h. Station.

DANGEAU, vge du dép. d'Eure-et-Loir, sur l'O-zanne, à 10 kiL N. de Châteaudun; 1370 h.patrie et domaine de la famille Dangeau.

DANGEAU (Phil. CE couRciLLON, marquis de), né en 1638, mort en 1720, était né Calviniste, mais s'était converti de bonne heure. Il jouit auprès de Louis XIV d'une grande faveur, qu'il dut primitivement à son habileté au jeu de cartes ; fut nommé en 1665 colonel du .régiment du roi, accompagna Louis XIV dansJoutes ses campagnes comme aide de camp, devintgquverneur de la Touraine et remplit plusieurs missions diplomatiques. Il avait une grande réputation d'esprit et d'instruction, et quoiqu'il n'eût rien écrit, il fut reçu à l'Académie française (1668) et à celle dés sciences (1704). Dangeau protégeait les gens de lettres; il fut lié avec BoUeau qui lui dédia sa Satire sur la noblesse. Il a laissé en manuscrit un Journal de la cour de Louis XVF(1681-1715) : cet ouvrage, fort volumineux, n'était connu que par des extraits qu'avaient publiés Voltaire (177.0), Mme de Genlis (1817), Lemontey (1818); il en a été donné une édition complète en 1854-60, 19 vol. in-8.

DANGEAU (Louis DE COURCILLON DE), abbé, frère du préc, né en 1643. mort enl723, fut lecteur du roi, entra en 1682 à l'Académie, s'y distingua par ses travaux sur la grammaire et s'efforça de réformer l'orthographe. On a de lut des Lettres sur les voyelles, sur les consonnes i sur l'_orlhographe, etc., réunies sous le titre d.'Essais de grammaire, 1711 et 1849, et un Précis du Blason, 1705. Comme son frère, il était né protestant et s'était converti.

DANGEREUX (archipel). V. MAUVAISE (MER).

DANGEV1LLE (Marie Anne BOTOT, dite Mile), célèbre actrice, née en 1714, morte en 1796, jouait avec un talent admirable les rôles les plus variés, mais excella surtout dans les soubrettes. Elle quitta la scène en 1763 et se relira à Vaugirard, où sa maison devint le rendez-vous de plusieurs des pûëtes de l'époque, Dorât, Lemierre, Ste-Foix, etc.

DANICAN. T. PHILIDOR.

DANIEL, l'un des quatre grands prophètes, de la race royale de David, fut dans son enfance emmené captif à Babylone après la prise de Jérusalem (606 avant J.-C.) et fut élevé k la cour de Nabuchodono-sor; il obtint un grand crédit auprès de ce prince en lui expliquant ses songes et fut établi par lui chef des mages et intendant de son palais. II découvrit l'innocence de Susanne, expliqua à Balthasar le.s mots mystérieux tracés sur les murs de la salle du festin, et sortit sain et sauf de la fossé aux lions où il avait été jeté pour avoir refusé d'adorer la statue du roi. Ses prophéties forment 14 chapitres ; elles annoncent la venue du Messie après 70 semaines d'années, et les révolutions des 4 grands empires. On ne connaît pas l'époque de sa mort : quelques-uns la plaçant en 536. Du reste, on croit qu'il a existé deux Haniel^-

DANIEL (S.), né à. Marathe près de Samosate, en bientôt le ministère de la justice pour siéger comme député à la Convention., où l'avaient appelé les électeurs de Paris. Rival de Robespierre, il exerça dans l'assemblée un ascendant qui fut très-grand d'abord, mais, s'étant momentanément retiré dans son pays pour y prendre du repos, il trouva à son retour sa popularité abaissée. Danton avait fait répandre le sang par système et non par cruauté : aussitôt qu'il pensa que la terreur n'était plus nécessaire, il conseilla la modération; mais ses sentiments modérés le perdirent : arrêté par l'ordre de Robespierre, il fut condamné sans pouvoir achever sa défense ; il monta avec courage sur l'échafaud le 5 avril 1794. Danton n'était pas inaccessible aux bons sentiments : plusieurs fois les malheureux, et ses rivaux même, lorsqu'ils s'adressèrent à l'homme privé, trouvèrent en mi un protecteur : il sauva Barnave, A. Duport, Barthélémy, etc. M. Alex, de St-Albin a laisse une Vie de Danton, restée manuscrite.

DANTZICK, Danzig en allemand, GedanumetDan-tiscwm en lat. moderne, v. et port des Ëtats prussiens (Prusse), ch.-l. de la régence de Dantzick, sur la r. g. de la Vistule, près de son emb., à 380 k. N. E. de Berlin; 66 000 nab. Tribunaux, consulats. Fortifications importantes. Belle situation, beaux édifices, établissements scientifiques nombreux, Institut royal de navigation, observatoire, etc. Ville industrielle et commerçante, passementerie d'or et d'argent, maroquins; raffinerie de sucre, bière, eau-de-vie de Dantzick, etc. Chemins de fer pour Berlin et Kœnigs-berg. Patrie de Fahrenheit, de Hevel, etc. — Dantzick flonssait dès l'an 997, et était la capitale de la Po-mérélie. En 1295 elle passa avec cette prov. sous la domination polonaise; mais en 1308 Vladislas IV céda le tout à l'Ordre Teutonique. Les Chevaliers l'agrandirent en 1311, et la fortifièrent en 1314. En 1454, elle fut reconquise par les Polonais; ayant refusé en 1575 de reconnaître Etienne Bathori, elle eut à soutenir la guerre contre ce monarque, qui s'en empara en 1577. Stanislas s'y réfugia en 1734 et y soutint un siège. La Prusse se la fit céder en 1793. En 1807, le maréchal Lefebvre s'empara de cette place et reçut en récompense le titre de duc de Dantzick. Par la paix de Tilsitt, conclue la même année, Dantzick fut déclarée ville libre, sous la protection de la Prusse et de la Saxe, mais conserva garnison française. Les alliés la reprirent en 1813 après un long siège soutenu par Rapp; elle fut rendue à la Prusse. — Dantzick était entrée dès 1310 dans la Hanse et elle en avait été une des principales villes; lors de la dissolution de la ligue, elle resta unie aux trois villes de Lubeck, Hambourg et Brème (jusqu'à ces derniers temps on a nommé ces quatre cités les villes ansêatiques).— La régence de D., entre celles de Marienwerder, de Kœnigsberg, de Poméranie et la Baltique, compte 380 000 hab.

DANUBE, Donau en allemand, Danuoius ou Ister en latin; grand fleuve de l'Europe, naît dans le grand-duché de Bade, à Donaueschingen,par6°10'long.E., 47° 58' lat. N., traverse le Wurtemberg, la Bavière, l'Autriche, la Hongrie, sépare la Hongrie de la Servie, puislaValachie, la Moldavie et la Bessarabie de la Bulgarie, et tombe dans la mer Noire par plusieurs embouchures, dont les principales sont celles de Ki-lia, de Sulinaet&e St-George;cours, 2790 kil. Les principaux lieux qu'il arrose sont Sigmaringen, Ulm, Ratisbonne, Passau, Lintz, Vienne, Presbourg, Gran, PesthetBude, Petervaradin, Belgrade, Sé-mendrie, "Widdin, Nicopoli, Silistrie, Brahilov, Ga-latz, Ismaïl. Ses principaux affluents sont : 1° à droite, l'Hler, le Lech, l'Inn, la Traun, l'Ens, la Trasen, la Leitha, le Raab, la Drave avec la Mur, la Save, la Morava, l'Isker; 2° à gauche, la Brenz, la Wemitz, l'Altmûhl, la Nab, la Regen, l'Ilz, la March ou Morava (différente de celle qui aboutit à la r. dr.), le Gran la Theiss, l'Aluta, l'Ardjich, le Sé-reth et le Pruth. Ce fleuve forma longtemps la limite de l'empire romain (sauf pendant le temps qui vit la Dacie Trajane unie à l'empire). Le Danube est très-rapide (7 kil. par heure). Sur ses bords, depuis la Hongrie, s'étendent de vastes marais ; il a peu de ponts, et la navigation y est difficile. Elle est en outre entravée par les obstacles de toute nature qu'apportent les gouvernements des pays que traverse le fleuve. Cependant le traité conclu en 1856, après la guerre d'Orient, a déclaré libre la navigation du Danube.

DANUBE (cercle du), un des quatre cercles du "Wurtemberg, au S. de celui de l'Iaxt et au N. du lac de Constance; 400..000 h.; ch.-l., Ulm.— Cercle du BAS-D., cercle de Bavière, limitrophe de l'Autriche à l'E. et au S., de la Bohême au N. et N. E. ; 335 200 h. ; ch.-l., Passau. —Cercle du IUUT-D. , cercle de la Bavière, bordé à l'O. par le Wurtemberg; au S. O. parle Tyroletlelac de Constance; 510 000 h.; ch.-l., Augsbourg.

DANUBE (cercles EN BEC et AU DELA DU), deux des quatre grandes divisions de la Hongrie. Les mots au delà et en deçà supposent ici que le point de vue est pris de la partie orientale de la Hongrie. Le cercle au delà du Danube, le plus voisin de l'Autriche, ail comitats (Wieseîburg, Œdenburg, Eisenburg, Raab, Komorn, Szalad, Szumegh, Veszprim, Stubl-weissenbourg, Baranya, Tolna), et env. 2 000 000 d'h. Le cercle en deçà du Danube a 13 comitats (Presbourg, Neutra, Trencsin, Thurotz, Arva, Lipto, Sohl, Bars, Hont, Neograd, Gran, Pesth, Bacs) et 2 610000 jmb.r-Depuis 1849, ces divisions ont été abandonnêeijJÉl HONGRIE.

DANUS, IDXSOS, fleuve de Gaule, auj. l'Ain.

DANVILLE, géographe. T. ANVILLE (D!).

DAOUALAGHLRI, montagne d'Asie, sur les limites du Népaul, par 29° 4' lat. N. et 79° 31' long, E., est un des plus hauts sommets de l'Himalaya ;iï a 8600" ou même selon quelques-uns 9556™ d'élévation.

DAOULAS, ch.-l. de c (Finistère), sur l'Océan, à 31 kil. E. de Brest; 580 hab..

DAOULETABAD, v. del'Indoustan, dans le Dek-kan, à 13 kil. N. O. d'Aurengabad, faisait partie de l'Aurengabad et a été, sous les Mongols, la capitale d'une principauté puissante. Citadelle.

DAOURIE, vaste région de l'Asie centrale, vers le N. E., entre le Saghalien et le lac Baïkal. Elle est très-haute, très-froide; les monts qui la couvrent font partie du Grand-Altaï; elles renferment des mines d'argent, de plomb, de cuivre et de ter. La plupart des habitants sont de race tongouse.. Cette contrée est partagée entre la Russie et la Chine : la partie russe a pour capitale Nertchinsk et est comprise dans le gouvernement d'Irkourtsk; la p'artie chinoise est enclavée dans la Mantchourie.

DAPHNÊ, fille du fleuve Ladon ou dujPénée, fut aimée d'Apollon pendant son exil sur la terre. Ce dieu, poursuivant la nymphe, l'atteignit sur les bords du Pénée. Daphné implora le secours de son père, qui, pour la sauver, la métamorphosa en laurier (en grec daphni). Apollon, désolé, voulut que le laurier lui fût consacré.

DAPHNÉ, vge délicieux, sur l'Oronte, au S. O. d'Antioche, dont il formait comme la faubourg. Les riches y avaient des maisons de campagne. On y célébrait tous les ans, dans un bois de lauriers qui était voisin, les fêtes d'Apollon Daphnéen.

DAPHNIS, berger de Sicile, célébré par Virgile et Ovide, était fils de Mercure et d'une nymphe. Il ' apprit du dieu Pan à chanter et à jouer de la flûte, et fut protégé des Muses, qui lui inspirèrent l'amour de la poésie et lui en accordèrent le don. H est le premier, dit-on, qui ait excellé dans la pastorale.

DAQUIN, organiste. T. AQUIK (D').

DARAB GHERD, V. de Perse (Fars), à 176kil. S. E. de Chiraz; de 15 à 20 000 hab. Tabac, pétrole liquide. Ville grande, mais à peu près en ruines. Elle fut, dit-on, fondée par Darius (Darab) Nothus.

DARADUS, fleuve d'Afrique, se jetait, suivant Ptolémée, dans l'Océan Atlantique, au N. du cap Aiscnarium (Cap Vert). On pense que c'est la rivière de Sous, ou même le Sénégal.

DARAH. V. DAHRA.

DARALKHIER. V. ADJMTR.

DARANTASIE, Darantasia, v. de Gaule, ch.-l. des Centrones, estauj. Moustier-en-Tarantaise.

DARCET (Jean), chimiste, né en 1725 à Douazit (Landes), mort en 1801 à Paris, fut d'abord précep-. leur des fils de Montesquieu et jouit de l'amitié de ce grand homme jusrru'à sa mort; il se fit recevoir médecin en 1762, e ,' s'étant lié avec Rouelle, se livra spécialement à l'étude de la chimie. Il fut nommé en 1774 professeur au Collège de France, puis directeur delà manufacture de Sèvres, inspecteur des monnaies, membre de l'Académie des sciences où il remplaça Maequer, et enfin sénateur. On lui doit l'art de fabriquer la porcelaine, que jusque-là on tirait de l'étranger, l'extraction de la gélatine des os, l'extraction de la soude du sel marin, l'invention de l'alliage fusible qui porte son nom, et une foui e d'analyses chimiques. On-a'de lui un grand nombre de mémoires dans divers recueils ; on a publié à part ses Mémoires sur l'action d'un feu égal sur un grand nombre de terres, 1766.

DARCET (J. Pierre Joseph), fils dupréc, né en 1777, mort en 1844, continua les travaux de son père, et fut nommé commissaire général des monnaies et membre de l'Institut. Il créa lespremières fabriques de soude et de potasse artificielles ainsi que d'alun, perfectionna la savonnerie, le clichage, fit de nombreuses recherches sur les alliages, l'affinage des métaux, la fabrication et l'essayage des monnaies, et réussit à diminuer, au moyen des ventilateurs, les dangers d'un grand nombre d'industries (dorure, soufroirs, vidanges, etc.) -, il est surtout connu par ses expériences sur la gélatine, substance dont il paraît s'être exagéré les vertus alimentaires. Il a laissé une foule de savants Mémoires, qui ont été réunis par Th. Grou-velle, son neveif (1843 et ann. suiv.).

DARDANELLES, nom qu'ont d'abord porté en commun les deux villes de Bovalli-Kalessie et Naga-ra-Bouroun (jadis Sestos et Abydos), situées sur les deux bords du détroit qui sépare l'Europe de l'Asie, et dont une seule (la 2«) est dans l'anc Dardanie (d'où son nom). Ces deux villes se nomment auj. Ane.-Dardanelles. On appelle Nouv.-Dardanelles deux autres villes situées sur le même détroit: Xilidh-Bahr et Sultanié-Kalessi, dites aussi Château d'Europe et Château d'Asie. Ces quatre villes sont très-fortifiées et rendent presque impossible le passage des Dardanelles. Néanmoins les Anglais, conduits par l'amiral Duckworth, le forcèrent en 1807.

DARDANELLES (canal ou détroit des), VBellespont des anciens, détroit qui sépare l'Europe de l'Asie et lie l'Archipel à la mer de Marmara. Sa largeur varie de 2 à 9 kil.; en quelques endroits on peut le traverser à la nage. La côte occident, est européenne; la côte orient, est asiatique (c'est l'anc. Dardanie, en My-sie). Sur ses bords sont les villes des Dardanelles et plusieurs forts (V. l'art, précéd.); à l'extrémité N. O. se trouve Gallipoli, ce qui le fait aussi appeler Détroit de Gallipoli. Par une clause secrète du traité d'Unkiar-Skélessy, la Russie avait fait fermer le détroit à tous les bâtiments de guerre étrangers autres que les bâtiments russes (1833). Cette clause a été annulée par le traité des Détroits (1841).

DARDANELLES (PETITES-). V. Golfe de Levante.

DARDANIE, Dardania, nom donné très-anciennement k-la Troade, où régna Dardanws, et spécialement à la partie N. de cette contrée. Il s'y trouvait une v. de Dardanie, près d'Abydos, dont le nom se retrouve encore dans les Dardanelles, et oùSylla dicta la paix à Mithridate (85 av. J.-C).

DARDANIE, région de l'Europe anc, au S. de la Mésie centrale, et sur le revers septent. des monts Scordus et Orbelus. Ch.-l., Scupi. La Dardanie fut soumise par Philippe et par Alexandre, mais ne fit que nominalement partie de leur empire. Les Romains ne l'assujettirent qu'au i,r siècle. Au temps de Constantin la Dardanie devint une prov. du diocèse de Dacie.

DARDANUS, un des plus anciens rois de Troie, né à Corythe {Cortone) en Ëtrurie, était, selon la Fable, fils de Jupiter. Ayant tué son frère Jasion, il fut forcé de s'expatrier, passa dans l'Asie Mineure, où il épousa la fille de Teucer, roi de Teucrie, lui succéda et régna de 1568 à 1537 av. J.-C. On le regarde comme le fondateur de Troie; on lui attribue le Palladium. C'est de lui que les Troyens sont appelés par les poètes Dardanides, et la Troade Dardanie.

DARES le Phrygien, Troyen, grand prêtre de Vul-cain, vivait au temps de la guerre de Troie. Il écrivit, au rapport d'Ëlien, unebistoire de cette guerre; mais il est fort probable que l'ouvrage qu'on avait sous le nom de Darès, et qu'on appelait Petite Iliade, était l'œuvre d'un sophiste moderne. Quoi qu'il en soit, nous n'avons plus cet ouvrage en grec, _il n'en existe qu'une trad. latine sous ce titre : De Ë'xcidio Trojœ, faussement attribuée à Cornélius Népos. Darès est le plus souvent imprimé avec Dictys de Crète ; les meilleures éditions sont celles de Mme Dacier, Paris, 1680, de Périzonius, Amsterdam, 1702, et de Dederich, Bonn, 1835. Il a été plusieurs fois traduit : la trad. la plus récente est d'A. Caillot, 1813. DARES, athlète troyen dont il est parlé au V livre de Venéide, osa défier Entelle, qui le terrassa.

DARFOUR, c-à-d. roy. de Four, Etat de l'Afrique centrale, sur les confins de la Nigritie et de la contrée du Bahr-el-Abiad, àl'E. du Dar-Koulîa et du Baghermé, au S. O. de la Nubie, à l'O. du Kordo-fan. Population, 250 000 h. Ch.-l., Kobbé. Climat chaud, mais sain; grands déserts semés d'oasis. Le commerce s'y fait par caravanes et seulement au moyen d'échanges. Les habitants sont noirs, mais diffèrent des nègres de la Guinée; ils professent l'Islamisme. Ils obéissent à un roi absolu.—Le Dar-Four était jadis maître du Kordofan,du Bégo, du Dar-Runga, etc. : il est auj. réduit à ses propres forces. II a été visité en 1793 par W. G. Browne,- en 1853 par M. d'Escayrac, et en 1858 par M. Cuny.

DARIEL, fort russe en Circassie, à la limite de l'Europe et de l'Asie, sur la r. dr. du Térek, entre Mosdok et Tiflis, donne son nom au défilé appelé chez les anciens Portes Caucasiennes (Caucasie pylse), défilé qui n'a pas moins de 100 k. de longueur.

DARIEN, riv. de N,-Grenade, confondue à tort avec l'Atrato, se jette dans l'Océan pacifique au golfe S.-Miguel.

DARIEN (golfe de), golfe formé par la mer des Antilles, sur la côte N. de la Nouvelle-Grenade, entre 7" 50' et 10» 12' lat. N., et entre 77°55' et 79° long. O. Il reçoit le Darien et l'Atrato.

DARIEN (isthme de), le même que l'isthme de Panama, est ainsi nommé du golfe de Darien. V. PANAMA. DARIORIGUM, v. de Gaule, auj. Vannes. DARIQUE, monnaie d'or et d'argent dés Perses, ainsi nommée de Darius J, qui la, fit frapper. Le da-rique d'or est évalué à 25 fr. '

DARIUS I, roi de Perse, fils d'Hystaspe, de la race des Achéménides, monta sur le trône l'an 521 av. J.-C.", après l'interrègne qui suivit la mort de Cambyse et de l'usurpateur Smerdis le mage. On dit qu'à la mort de ce dernier les principaux seigneurs, ne"pouvant s'accorder entre eux, convinrent de reconnaître pour roi celui dont le cheval hennirait le premier au lever de l'aurore, et que Darius obtint la couronne par l'artifice de son éouyer qui mena d'avance une cavale au lieu du rendez-vous. Darius réprima la révolte de la Babylonie, et s'empara de Bahylone après un long siège par le dévouement de Zopyre (7. ce nom). Il marcha ensuite contre les Scythes, mais il perdit presque toute son armée (513). Quelques années après, il envahit la Thrace et la soumit (506). H pénétra jusqu'aux Indes et ea conquit une partie. Il résolut ensuite de faire la guerre aux Grecs, qui avaient secovrales Ioniens révoltés contre lui (501), et envoya dans leur pays une armée considérable, sous les ordres de ses meilleurs généraux; mais la Hotte de Mardonius échoua au mont Athos; Datis et Artapherne, qui avaient pénétré en Grèce, furent vaincus à Marathon par Mil-tiade, et perdirent plus de 200 000 hommes. l'an 490 av. J.-C. Darius préparait une nouvelle expédition contre la Grèce, et s'efforçait en même temps de soumettre l'Egypte révoltée, quand il mourut, l'an 485. Usserius voit en ce prince l'Assuérus de l'Écriture : Vasthi serait alors Atossa, fille de Cyrus.

darius u, Ochus ou Nolhus, c-à-d. bâtard, fils naturel d'Artaxerce Longuemain, monta sur le trône après avoir fait périr Sogdien, assassin de Xerxès II (423 av. J.C.). L'Egypte, la Médie, la Lydie, se soulevèrent sous son règne; mais il réussit à les réduire à l'aide de ses généraux, et laissa le sceptre à son fils Artaxerce Mnémon, l'an 404 av. J.-C.

darius m, codoman, dernier roi de Perse (336-330), descendait de Darius Nothus. L'eunuque Ba-goas, après avoir empoisonné plusieurs princes, allait faire subir le même sort à Darius, quand celui-ci, instruit de ses desseins, l'obligea à boire lui-même le poison qu'il avait préparé. Deux ans après, Alexandre envahit les États de Darius, défit ses généraux auprès du Granique (334), le battit lui-même à la bat. d'Issus, où il fit prisonniers sa-mère, sa femme et ses enfants (333),. lui enleva Gaza, Tyr, toute l'Asie-Mineure, la Syrie, l'Egypte, et, sans s'arrêter à ses propositions de paix, vint lui présenter de nouveau la hataiUe auprès d'Arbèles : Darius fut encore vaincu et s'enfuit dans la Médie; mais Bessus, satrape de la Bactriane, l'assassina dans la route (330). Alexandre pleura Darius et lui fit faire des obsèques magnifiques. darius le mède, prince mentionné dans la Bible par Daniel, est le même, selon les uns, que Cyaxare II, et, selon d'autres, que Darius I, fils d'Hystaspe.

DARLINGTON, v. d'Angleterre (Durham), à 28 k. S. de Durham; 12000 hab. Industrieuse et très-commerçante. Moulin pour tailler et pùlir les verres d'optique. Source minérale.

DARMSTADT, capitale du grand-duché de Hesse-Dannstadt, sur le Darm, à 877 kil. E. de Paris (par le chemin de fer de Bruxelles), à 23 k. S. de Franc-fort-sur-le-Mein; 32 000 hab. Darmstadt est divisée en Ville Yieille ou Ville neuve. Quelques édifices remarquables : château ducal, muséum, etc. Collège, bibliothèque, école dite Realschule, école militaire, sociétés savantes, etc. Draps, toiles, tanneries, etc. — Jusqu'au siV siècle, Darmstadt n'était qu'un vge, qui appartenait aux comtes de Katzenellenbogen : érigée en ville en 1330, elle passa par mariage en 1479 dans la maison de Hesse, et devint en 1567 la résidence de George, fondateur de la ligne de Hesse-Darmstadt. — Pour le duché, V. hesse.

DARNÉTAL, ch.-l. de c. (Seine-Infér.), sur l'Au-bette, à3 k. E. de Rouen; 5979 h. Draps, indiennes, teintureries, tonderies de draps.

DARNEY, ch.-l.de c (Vosges), à 25 k. S. de Mi-recourt; 1400 hab. Jadis place forte. Fer êtamé.

DARNLEY (H. stuart, lord), seigneur écossais, fils du comte de Lennox et de Marguerite Douglas, nièce de Henri VIII, roi d'Angleterre, épousa en 1565, à l'âge de 20 ans, Marie Stuart, reine d'Ecosse, sa cousine, qui avait conçu pour lui une vive passion. Il se livra bientôt à un grossier libertinage, persécuta tous ceux qu'il croyait les favoris de la reine, et fit mettre à mort, dans l'appartement même de Marie Stuart, Rizzio, secrétaire de la reine (1566), qu'il soupçonnait. Il périt lui-même dans la nuit du 9 février 1567, la maison où il se trouvait ayant sauté en l'air. ' Marie Stuart et Bothwell furent accusés de ce meurtre,

DAROCA, v. d'Espagne (Calatayud), dans la prov. d'Aragon, sur la Xiloca, à 33 kil. de Calatayud; 3000 hab. Enlevée aux Maures en 1123.

DAROUAR ou nassirabad, v. forte de l'Inde anglaise (Bombay), ch.-l. de district, à 160 k. S. O. de Bedjapour. En 1784 Tippou-Saîb la prit aux Mahrattes, mais il la reperdit en 1791. Cédée aux Anglais en 1825. — Le district a env. 900 000 hab.

DARSZALEH, contrée intérieure de l'Afrique, dite aussi Bergou. V. .bergou.

DARTFORD, v. d'Angleterre (Kent), à 22 k. S. E. de Londres, sur le Darent; 6000 hab. Poudrerie, papeterie. Mausolée de I. Spilman-, qui introduisit en Angleterre en 1588 las manufactures de papier.

DARTMOUTH, v. d'Angleterre (Devon), â44k. S. d'Exeter, sur le Dart,j>rès de son emb. ; 4500 hab. Les Français s'en sont emparés sous Richard I et sous Henri IV (d'Angleterre).

DARU (Pierre Ant. Noël Bruno, comte), homme d'État et littérateur, lié à Montpellier en 1767, mort en 1829, fut commissaire des guerres de 17^3 a 1789. Partisan modéré de lajRévolutioti, il fut emprisonné sous la Terreur, et n'obtint sa liberté qu'au 9 thermidor. En 1801, il en|ra au tribunat; en: 1806, il fut nommé plénipotertûaire à Berlin. Minisîre secrétaire d'État en 1811, il s'opposa dans les conseils de l'empereur à la guerre de Russie. Après la Restauration, il fut nommé pair, et défendit avec constance la cause des libertés publiques. Ses ouvrages principaux sont : une Traduction en vers des OEuvrcs d'Horace, 1804, une des meilleures que nous possédions; l'Histoire de la république de Venise, 1819 et 1822, ouvrage devenu classique ; VSlisl. des ducs de Bretagne, 1826, et l'Astronomie, poëme en 6 chants, publié après sa mort, 1830. Il avait été admis en 1811 à l'Académie française.—Son fils, M. Napoléon Daru (1802-1873), a été pair de.France en 1832, membre de l'Assemblée nationale en 1848 et 1849," et membre libre de l'Académie des sciences morales.

DARVANDS OU DEVS. V, DEYS et AMSCHASPANDS.

DARWIN (Érasme), poète anglais, né en 1731 à Elston (Nottingham),~mort en 1802, était médecin et exerça son art avec un grand succès à Lichfield. On a de lui un poème célèbre, le Jardin botanique, 1781, divisé en 2 parties, intitulées : l'Économie de la végétation et les Amours des plantes (la 2° partie a été trad. par Deleuze, 1799), et un ouvrage fort original, la Zoonomù ou Lois de la-vie organique, 1801 :il y classe les maladies de l'homme d^près une méthode analogue à celle adoptée par Linné pour les plantes, et les explique toutes par Vexcitabilité, comme Brown. Ce dernier ouvrage a été trad. en franc, par Kluyskens, 1813.

DASSÀRÉTIE, région de la Macédoine, entre les monts Bermii et Candavii, au N. de l'Orestide et à l'O. de la Lyncestide, avait pour v. principale Lych-nidus. Elle répond au sandjakat d'Ochrida.

D'ASSAS, D'ASSOUCY. V. assas, assouct.

DASYPODIUS (P.),nom gréciséde Rauchfuss (pied velu), maître d'école à Frauenfeld, puis "professeur de grec à Strasbourg, mort en 1559, a publié le plus ancien Diclionn. grec-lalin-allemand, Strasbourg, 1534, in-8.—Son fils, w:Conrad Dasypodius, 1532T-1600, professeur de mathématiques à Strasbourg, a tracé le plan de la fameuse horloge de la .cathédrale de cette ville et en a rédigée la description dans son Héron malliematicus, 1580.

DATAME,généraldes Persessous ArtaxèrceOchus, remporta des victoires signalées sur les enifemis de ce prince. Disgracié par le roi, auprès duquel des envieux l'avaient desservi, il fit révolter la Cappadoce, défit le satrape Artabaze, envoyé contre lui, et resta quelques années indépendant; mais il ftit tué par trahison, 361 av. J.-C.Cornélius Néposaécrit sa Vie.

DATUAN. V. coré et abiron.

DATIS, général de Darius I, commandait, avec Ampherne, l'armée des Perses qui fut battue par Miitiade à Marathon, 490 av. J.-C.

DATTES (Pays des). V. bilédulgérid.

D'AUBE (Fr. aiCHER), jurisconsulte (1686-1752), était parent de Fontenelle et s'était acquis une cei-taine célébrité par son ardeur pour la discussion. Rulhière l'a mis en scène dans son poëme sur les Disputes. On a de lui un Essai sur les principes du droit et de la morale, 1743, ouvrage médiocre.

DAUBENTON (L. J. Marie), naturaliste, né à Mont-bard en 1716, mort à Paris en 1800, exerça d'abord la médecine, puis s'adjoignit à Buffon pour la rédaction de l'Histoire naturelle des animaux, et fournit aux 15 premiers volumes des articles de description anatomique, qui sont des chefs-d'œuvre d'exactitude et qui forment encore auj. une des bases de l'anatomie comparée. Buffon le rit nommer en 1745 garde et démonstrateur du Cabinet d'histoire naturelle: il devint en 1778 professeur d'hist. naturelle au Collège de France, en 1783 prof, d'économie rurale à l'école d'Alfort, et fit en 1795 quelques leçons aux écoles normales. II fut reçu de bonne heure â l'Académie des sciences et fournit à cette société un grand nombre de mémoires. Il a eh outre donné des articles à l'Encyclopédie et à plusieurs recueils savants. On lui doit la naturalisation des moutons •espagnols en France; il a publié plusieurs ouvrages sur la manière d'élever ces animaux. Comme médecin, il recommanda les pastilles d'ipécacuanha, qu'on appelait pastilles de Daubenton. — Mme Daubenton est l'auteur du roman intitulé : Zélie dans le désert.

daubenton (le P.), jésuite, né en 1648 à Auxerre, mort en 1723 à Madrid, accompagna Philippe V en Espagne comme son confesseur, fut éloigné en 1670 par l'influence de la princesse des Ursins, revint a Madrid en 1716, après la disgrâce de la favorite, et reprit sa position de confesseur du roi. Il seconda les projets d'Alberoni. On a de lui des Oraisons funèbres et une Vie de S. François-Régis, 1716.

D'AUBIGNAC. D'AUBIGNE. V. aubignac (d'), etc.

DAUDIN (Fr. Marie), naturaliste, né vers 1770, mort en 1804, a composé un traite d'Ornithologie (1800), ouvrage peu exact et qui est resté incomplet, et une Histoire naturelle des reptiles (1802-3, 8 vol. in-8), qui fait suite au Buffon de Sonnini, et qui est plus estimée que son Ornithologie.

DAULIS, d'abord Ânacris, auj. Davlia, v. de Pho-cide, au pied du Parnasse, à Ï'E. de Delphes.

DAUMESNIL (Pierre), général, surnommé la Jambe de bois, né à Périgueux en 1777, mort en 1832, servit d'abord comme simple soldat dans les guerres d'Italie et d'Egypte, fut nommé major de la garde en 1809 à la suite d'une foule d'actions d'éclat, et eut une jambe emportée par un boulet de canon à Wagram. En 1812, il fut élevé au grade de général de brigade, et reçut de l'Empereur pour retraite le gouvernement du'château deVincennes. Il défendit ce poste avec le plus grand courage en 1814 contre les troupes alliées; aux sommations qui lui furent faites, il répondit plaisamment : Je vous rendrai la place lorsque vous m'aurez rendu ma jambe. Il refusa un million qu'on lui offrit pour se rendre.. Il n'en fut pas moins mis à la retraite par Louis XVIII. On s'empressa en 1830 de le rétablir dans son gouvernement. A cette époque, il s'opposa avec énergie aux exigences du peuple de Paris, qui s'était porté en foule à Vincennes et qui demandait à grands cris la tête des ministres de Charles X. Une statue lui a été élevée à Périgueux. — Sa veuve a été nommée par Napoléon III'surintendante de la maison impériale de St-Denis..

DAUN (Léopold Marie, comte de), feld-maréchal d'Autriche, né à Vienne en 1705, mort en 1766. Généralissime des troupes impériales pendant la guerre de Sept ans, il gagna en 1757 sur Frédéric II à Kol-lin une victoire complète et fut proclamé le sauveur de la patrie ; mais la même année il fut défait à Leu-then. Il reprit ses avantages l'année suivante en battant Frédéric à Hochkirch. En 1759, il prit Dresde; mais il se laissa battre en 1760 à Torgau, malgré ia supériorité du nombre et les avantages de la position. On lui reprochait ses temporisations.

DAUNIE, Daunia, à peu près la Capitanate, région de l'Apulie, dont elle formait la partie septent. Villes principales : Arpi ou Argyrippa, Cannes, célèbre par la défaite des Romains; Yenusia, patrie d'Horace. La Daunie doit son nom à Daunus, son 1°' roi, qui était beau-père: de. Diomède.

DAUNOU (P. Claude François), secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, né en 1761 à Boulogne-sur-Mer, mort en 1840. il entra d'abord chez les Oratoriens et enseigna les belles-lettres, la philosophie et la théologie dans lusieurs de leurs collèges. A là^Révolution, il em-rassa les idées nouvelles, fut nommé député à la Convention, où il se distingua par sa modération et s'occupa surtout de l'instruction publique; puis au Conseil des Cinq-Cents, dont il fut le premier président et un des membres les plus actifs; fit un instant partie du Tribunat, d'où son indépendance le fit exclure; devint en 1801 garde de la bibliothèque du Panthéon, et en 1804 archiviste de l'Empire , charge qu'il perdit sous la Restauration , mais qui lui fut rendue en 1830. Il fut nommé en 1819 professeur d'histoire au Collège de France, et fut élu la même année membre de la Chambre des Députés, où il siégea parmi les-défenseurs des libertés nationales. Il venait d'être élevé à la pairie lorsqu'il mourut. Parmi ses nombreuses et utiles publications, nous citerons :: De l'influence de Boi-leau sur la littérature française, 1787; Étendue et limites de la puissance paternelle, 1788-, la continuation de Y Histoire de Pologne de Rulhière, 1807 ; un Essai historique sur la puissance temporelle des papes, 1810; la continuation de la collection des Historiens de France et de l'Histoire littéraire de . la France, ouvrages commencés par lqs Bénédictins; le Discours sur l'état des lettres au xm° siècle; l'Essai sur les garanties individuelles, 1819; enfin de nombreuses éditions, avec notices, de divers auteurs, tels que Boileau, 1809; Chënier, 1811; La Harpe, 1826. II a laissé un Cours d'études historiques, publié après sa mort par MM. Taillandier et Gorré, ; 20 v. in-8, 1842-49 : cet ouvrage, fruit des leçons qu'il faisait au Collège de France, traite de la "manière d'écrire l'histoire, des ressources de la critique historique. Ce savant laborieux et modeste fut également remarquable par ses vertus .privées et pudiques. M. Mignet a lu en 1843 son Éloge à l'Académie des sciences morales, dont il était membre depuis la fondation. M. V. Le Clerc et M. B. Guérard lui ont aussi consacré des Notices étendues.

DAUPHIN, nom que portaient d'abordlesseigneurs du Dauphiné de Vienne(par allusion au dauphin qui ornait leur casque), fut ensuite donné à l'héritier présomptif du trône de France,'lorsque le Dauphiné eut été cédé à la couronne (F. dauphiné)..Ce titre n'impliquait point d'ailleurs, chez le .prince héréditaire de France, la souveraineté réelle du Dauphiné. On connaît sous le nom spécial de Grand Dauphin le fils aîné de Louis XW, Louis de France, né en 1661, m. avant son père en 1711 ; et sous celui de Second Dauphin, Louis, fils du Grand Dauphin, né en 1682 et mort en 1712, aussi avant Louis XIV (V. louis). C'est pour le premier que fut faite la collection des classiques latins dite ad usum Delphini.—Le titre de Dauphin fut pareillement porté par les seigneurs delà branche aînée de la maison d'Auvergne, du xn' au xv s. — On appelait Dauphiné l'épouse du Dauphin.

DAUPHIN (fort-), établissement français sur la côte S. E. de l'île de Madagascar, au N. E. du cap Ste-Marie. Longtemps délaissé, repris en 1827.

DAUPHINÉ, Delphinatus en latin moderne, anc. gouvt de la France, avait pour bornes au N. la Bresse et le Bugey, à l'E. la Savoie et le Piémont, au S.la Provence, à l'O. le Lyonnais, le Forez, le Vivarais, au S. O. le comtat Venaissin. On le divisait en Haut-Dauphiné et Bas-Dauphiné. Dans le premier, on distinguait le Grésivaudan, le Royanez, Champsaur, le Brianconnais, l'Embrunais, leGapençais, lesBaron-nies; dans le 2°, le Viennais, leValentinois,le Diois, le Tricastinois, la pté d'Orange. Grenoble était le ch.-l. de toute la prov. Ce pays forme auj. les dép. de l'Isère, des H.-Àlpes, et une petite partie de celui de la Drôme. Il est très-accidenté, très-pittoresque, et offre de nombreuses curiosités naturelles, qu'on a nommées les merveilles du Vauphiné.—Le Dauphiné, occupé jadis par les Allobroges, les Segalauni, les Voconliï et les Tricastini, fit partie d'abord de la ViennaiseHt delà Narbonnaise 2°, puis du roy. des Burgundas,de la Bourgogne Cisjurane, du roy. d'Arles. Lorsque sje dernier roy. se divisa en fiefs nombreux, le Dauphiné se forma de la réunion de plusieurs de ces fiefs au comté de Vienne ou d'Albon, comté dont les titulaires se qualifiaient Dauphins. Il y a eu 3 maisons de Dauphins de Vienne : la 1", la maison des comtes d'Albon, issue de Guiguos I (1063-1212) ; la 2°, dite dynastie de Bourgogne, commençant à Guigues VI, et finissant en 1281; la 3", dite maison de La Tour-du-Pin (1281-1349). Par un traité signé en 1343 et confirmé en 1349, Humbert II, héritier de cette maison, assura le Dauphiné à Philippe de Valois, à condition que toujours le fils aîné du roi de France prendrait le nom de Dauphin. Le Dauphiné accueillit au xiv" s. les doctrines des Vau-dois et au xvi" s. celles de Calvin, ce qui attira sur ce pays les plus cruelles persécutions. En 1690, le duc île Savoie et le prince Eugène envahirent le Dauphiné et le mirent à feu et à sang. Ce pays fut un des plus empressés à se prononcer en faveur de la Révolution et à accueillir l'Empereur à son retour de l'île d'Elbe.

  • dauphiné d'auvergne, nom donné du xii" au xv° s. aune seigneurie appartenant à la branche aînée des comtes d'Auvergne, et qui se composait d'une partie de la Limagne et de la moitié de la v. dé Clermont.

DACRAT. Y. DORAT.

DAUSQUE (Claude), commentateur, né à St-Omer en 1566, m. en 1644, jésuite et chanoine de Tournai, a donné une édition estimée de Silius Italiens, avec notes, 1615; une trad. latine des Homélies de S. Basile, Paris, 1622; des notes sur Quintus Calaber, Colu-Ihus. etc.; Anliquinovique Latii orthographia, 1632.

DÂUVERGNE (Ant.) compositeur, né en 1713 à Clermont, m. en 1797, était fils d'un maître de violon. Il donna en 1753, avec Vadé, les Troqueurs, un des premiers opéras-comiques réguliers, devint maître de la musique du roi (Louis XVI) et composa des ballets et de la musique d'église.

DAVE, Daims, personn. de lacom. lat., est, comme nos Frontins, le type de l'esclave rusé et pervers. (Voir, dansTérence, iMndriejme,le P/iormïo», etc.).

DAVENANT (sir Will.), poste anglais, né à Oxford en 1605, mort en 1668, fut nommé en 1637 poète lauréat. Il s'attacha dans les guerres civiles à Charles I, combattit vaillamment et fut fait chevalier en 1643. Quelque temps avant la mort de ce prince, il passa en France et se fit catholique. Il revint en Angleterre lorsque Charles II monta sur le trône. Ses ouvrages ont été publiés à Londres en 1673, in-fol. On y trouve des Tragédies, des Tragi-Comédies, des Mascarades, des Comédies et des poésies diverses, entre autres le poëme de Gundibert, qui eut un grand succès. —Son fils Charles D. (1656-1714), s'est fait un nom par plusieurs ouvrages de politique, de poésie et d'économie, imprimés en 1771, 5 vol. in-8.

DAVID, roi-prophète, fils d'Isaï ou Jessé, né à Bethléem vers 1086 ou 1071 av. J.-C, conduisait les troupeaux de son père, lorsqu'il fut désigné par Samuel, à l'âge de I5ans, pour succéder àSaùl,et reçut l'onction royale. Il tua le géant philistin Goliath, qui avait défié les Juifs, etse couvrit de gloire en plusieurs' autres occasions; mais Saul, jaloux de ses succès, voulut le falre périr, ce qui le força à se cacher pendant plusieurs années, et même à chercher un refuge chez l'étranger. Après la mort de Saul, qui périt à Gelboé,ilsefitreconnaîtreroiàHébron(1056oul040). Le trône lui fut d'abord disputé par un fils de Saul, Isboseth; mais ce prince ayant été assassiné, David régna seul au bout de 7 ans. Il fit de grandes conquêtes, enleva aux Jébuséens Jérusalem, dont il fit sa capitale, vainquit les rois de Syrie et de Mésopotamie ; mais il ternit la gloire de son règne en cédant. à des passions coupables : on lui reproche surtout la mort d'Urie, dont il se défit pour épouser sa femme Bethsabée; cependant, ayant fait pénitence, il obtint de Dieu son pardon. David eut de grands chagrins domestiques : il vit un de ses fils, Amnon; tué par son frère Absalon, et eut à réprimer la révolte et à déplorer la mort de ce. dernier. Il mourut en 1016 ou 1001, laissant le trône à. Salomon, le plus jeune de ses fils. On a sous le nom de David 150 psaumes qui sont régardés commeje chef-d'œuvre de la poésie lyrique. Outre qu'ils se trouventtrad. en prose dans toutes les versions de la Bible, ils ont été pour la plupart imités en vers français; les trad. les plus estimées sont celles de MarotJ de Malherbe, de Ra-can et de J. B. Rousseau.

david de Nerken, philosophe arménien des V et VIe siècles, était cousin germain et disciple de Moïse de Khoren. Il étudia la philosophie à Athènes sous Sy-rianus, et fut condisciple de Proelus. Il fut chargé par le patriarche Isaac I'de visiter Ëdesse, Alexandrie, Athènes, Constanjinople, pour s'y instruire et recueillir des manuscrits. Il a trad. en arménien les ouvrages d'Aristotesurla Logique, et a laissé des commentaires importants sur Aristote, Porphyre, etc., les uns en grec, les autres en arménien. Ils sont restés manuscrits pour la plupart; on en trouve des fragments dans l'Aristote de l'Académie de Berlin.

david (S.), patron du pays de Galles, né vers 480, mort en 544, était fils d'un prince du Cardigan. Il prêcha le Christianisme dans la partie mérid. de la Grande-Bretagne, fonda 12 monastères, et fut évêque de Menevia, ville qui prit depuis le nom deSt-David. On l'honore le 1" mars.

david comnène, dernier empereur de Trébizonde, avait usurpé le trône après la mort de son frère. Il consentit à livrer ses Etats à Mahomet II, en 1458, à condition que ce sultan épouserait sa fille Anne, et que lui-même aurait la vie sauve. Le sultan observa la première condition; mais il fit tuer David avec sept de ses fils, en 1462.

David I et II, rois d'Ecosse. V. ëcosse et bruce.

david (J. L.), célèbre peintre français, né à Paris en 1748, était parent du peintre Boucher. lleutVien pour maître, remporta le grand prix en 1775 et fut admis à l'Académie de peinture en 1783. Il s'attacha à restaurer l'art en France, enfaisantrevivre le goût des beautés antiques. Il prit aussi une grande part aux événements de la Révolution. Passionné pour les républiques de la Grèce et de Rome, il espérait eïl transplanter chez nous les institutions. En 1791, il offrit à l'Assemblée constituante l'esquisse du tableau du Serment du jeu de paume; il exécuta deux ails après la Mort de Michel ùpelletier. Nommé membre de la Convention en 1792, il s'y fit remarquer par son ardeur républicaine, vota la mort de Louis XVI, siégea avec les Montagnards, et fut un moment président de l'assemblée. La.Jfoft de Marat lui fournit le sujet d'un tableau célèbre (1793). A partir de l'année 1796, il ne s'occupa plus de politique et s'adonna tout entier aux arts. De son atelier sont sortis, entre autres chefs-d'œuvre, Bélisaire, Brutus, les Boraces, la Mort de Socrate, VEnlèvement des Sabines, Bonaparte au mont Str-Bernard,.\& Couronnement de l'Empereur, la Distribution des aigles, léonidas aux Thermopyles, etc. À la Restauration, David fut exilé. Il mourut en 1825 à Bruxelles. Le gouvt d'alors ne permit pas qu'on rapportât ses restes en France; les Belges lui érigèrent un momiment. On compte parmi ses élèves Gérard, Girodet. Gros, Ingres, Léopold Robert. M. Delécluze a publié L. David et son temps, 1854, in-12.

david (Ëmerio), savant, né à Aix en 1755, mort en 1839. D'abord avocat, puis maire d'Aix, en 1791, il fut appelé au Corps législatif en 1809 et nommé député en 1814. Quittant le barreau et la politique pour les lettres, il composa une Histoire de la peinture au moyen âge, 1842, une Histoire de lascuïp~ titre française (posthume, 1853), l'Éloge de P. Pujet et celui du Poussin, une Introduction à l'étude de la Mythologie. On a aussi de lui de savantes recherches sur Jupiter, 1833, Vulcain, 1837, Neptune, 1839. II avait été admis en 1816 à l'Acad. des inscriptions.

DAVID (Pierre Jean), dit D. d'Angers, né en 1792, à Angers, mort en 1856, vint jeune à Paris, étudia sous Roland, remporta le grand prix et fut envoyé a Rome; exécuta, peu après son retour, la statue du Grand Condé, qui figure dans la cour d'honneur de Versailles; fut élu en 1826 membre de l'Institut, et nommé, la même année, professeur à l'Ecole de Peinture et de Sculpture. Il a produit une foule d'ouvrages de genres divers, monuments, tombeaux, statues, bustes, médaillons, bas-reliefs, qui tous sont empreints d'un talent vrai et énergique. Préférant le réel à l'idéal, il s'attacha surtout à la fidèle représentation des personnages illustres. On lui doit : le nouveau Fronton du Panthéon; les Tombeaux des généraux Foy et Gobert, au Père-Lachaise ; le Monument de Fénelon, à Cambray; le Mausolée de Marco Botzaris, à Missolonghi; Philopémen blessé, aux Tuileries; les statues de Corneille, à Rouen, de Racine, àla Ferté-Milon, à'Ambroise Paré, à Laval, de Larrey, au Val-de-Grâce, de Bichat, à l'École de Médecine, de Bernardin de St-Pierre et Delavigne, au Havre, de Cuvier, au Jardin des Plantes, de Talma, au Théâtre-Français; les bustes de La Fayette et Washington, dans la salle du congrès des États-Unis; de Gœthe, à Dresde, de Visconti, à l'Institut; de Grégoire, Sieyès, Barrère, Lamennais, etc. Ardent démocrate, il fut élu en 1848 représentant du peuple par le département de Maine-et-Loire. Il quitta la France en 1852, et se dirigea vers la Grèce; mais sentant ses forces décliner, il rentra dans sa patrie, où il ne tarda pas à succomber. M. Halévy a lu à l'Institut en 1857 une Notice sur sa vie et ses ouvrages.

DAVIES (John), critique anglais, né à Londres en 1679, mort en 1732, fut ministre à Fen-Ditton près de Cambridge, puis chanoine d'Ely, et devint en 1717 chef du Collège de la Reine à Cambridge. On a de lui des éditions estimées de César et de Maxime de Tyr, 1706; mais il est surtout connu par ses travaux sur les ouvrages philosophiques de Cicéron : on lui doit les Tuseulanes, Cambridge, 1709; De Finibus, 1715; De natura Deorum, 1718; les Académiques, 1725 ; De Legibus, 1727, avec d'excell. commentaires. On lui reproche d'être trop hardi dans ses corrections.

DAVILA (Henri Catherin), historien, né en 1576 près de Padoue, d'une famille originaire d'Avila en Espagne, et qui avait fourni plusieurs connétables au royaume de Chypre, fut amené de bonne heure en France, où son père jouissait de la faveur de Henri III et de Catherine de Médicis (en souvenir de quoi il reçut les noms de Henri et Catherin) ; fut d'abord page, puis prit du service sous Henri IV pendant la guerre civile , et se distingua à Honneur et devant Amiens (1597). Ala paix, il retourna à Padoue, qu'il fut obligé de quitter en 1606 à la suite d'un duel, et alla se fixer a Venise, où il reprit les armes et rendit de grands services à la république. Il périt assassiné près de Vérone en 1631. Depuis son retour de France, Davila n'avait cessé de travailler à une Histoire des guerres civiles de France depuis la mort de Henri 11 (1559) jusqu'à la paixde Ferrois(1598); il lapubliaen 1630à Venise^ en italien (il en a paru des éditions bien préférables," à Paris, 1644, et à Venise, 1733). Cet ouvrage est universellement estimé pour l'exactitude des faits et pour le mérite du style. On reproche cependant à l'auteur quelque partialité pour Catherine de Médicis. L'Histoire de Davila a été trad. par J. Baudouin, 1642, et par l'abbé Mallet, 1757.

DAVIS (John), navigateur anglais, fit, en 1585 et années suivantes, plusieurs voyages dans le but de chercher un passage aux Indes orientales par le N. O. de l'Europe ; visita les côtes du Groenland, découvrit le détroit qui porte son nom et l'île de Cum-

berland, mais ne put trouver le passage cherché. Il fit ensuite plusieurs voyages pour la Compagnie des Indes orientales, et fut tué, en 1605, près de Pa-tani, sur la Côte de Malacca, par des pirates japonais. La relation de ses voyages, écrite par lui-même, se trouve dans le t. III du recueil d'Hackluyt, celle de ses voyages aux Indes, dans les tomes I et III de Purchas et .dans Harris.

DAVIS (détroit, ou mieux canal de), bras de mer de l'Amérique du N., par lequel la'mer de Baffln est unie à l'Océan Atlantique, est situé entre le Groenland au N. E. et la terre de Cumberland au S. O., par 52°-68° 20' long. O., 63°-67° lat.N.

DAVOS, bourg de Suisse (Grisons), à 20 kil. S. E. de Coire; 1500 hab. Ch.-l. de la haute juridiction de Davos dans la Ligue des Dix Droitures.

DAVOUT (L. Nie), prince d'Eckmûhl, maréchal de France, né en 1770 à Annoux (Yonne), fut élève à l'école de Brienne en même temps que Napoléon, servit comme chef de bataillon sous Dumouriez à l'armée du Nord, fit, en qualité de général de brigade, les campagnes de 1793, 94 et 95 aux armées de la Moselle et du Rhin, où il se signala par sa bravoure et son audace ; fit ensuite partie de l'expédition d'Egypte et contribua puissamment à la victoire d'Aboukir; fut nommé général de division à son retour en France, et en 1804 maréchal de l'Empire; prit la part la plus glorieuse aux victoires d'Ulm, d'Austerlitz (1805), gagna lui-même celle d'Auer-stœdt (1806), contribua puissamment à celle d'Eck-mûlh (1809) et reçut en récompense les titres de duc d'Auerstsedt, de princed'Eckmûlh; futpeu aprèsnom-mé gouv. de la Pologne; montra un grand dévouement dans la campagne de Russie et battit Bagration à Mohilev (1812); défendit Hambourg en 1813 avec un talent, un courage et une persévérance qui mirent le comble à sa gloire. Il se retira dans ses terres au retour des Bourbons ; accepta de Napoléon pendant les Cent-Jours le portefeuille de la guerre, et reçut le commandement général de l'armée sous les murs de Paris après la bataille de Waterloo ; mais il se vit bientôt forcé de signer une capitulation (3 juillet 1815). Il ne parut à la cour de Louis XVIII qu'en 1818, fut nommé pair de France en 1819, et mourut en 1823.

DAVY (sir Humphry), chimiste anglais, né en 1778 à Penzance, dans le Co'rnouailles, mort à Genève en 1829. D'abord placé chez un pharmacien, il fit de bonne heure quelques découvertes, fut appelé à Londres où il fit avec succès des leçons de chimie à l'institution royale créée par Rumford, et fut ensuite chargé d'enseigner l'application de la chimie à l'agriculture. Il devint en 1803 membre de la Société royale, et en 1820 président de cette société. On lui doit plusieurs découvertes importantes, entre autres celles du protoxyde d'azote ou gaz hilarant, de la vraie nature du chlore, qu'on regardait à tort comme un composé, de la formation des acides sans oxygène. enfin celle de la décomposition des terres par la pile galvanique : c'est à l'aide de ce nouveau et si puissant moyen d'analyse qu'il put isoler le potassium, le sodium, le calcium, le magnésium. On lui doit aussi des recherches sur l'emploi comme force mécanique des gaz amenés à l'état liquide, sur le doublage des vaisseaux, et enfin l'invention d'une lampe de sûreté pour les mineurs qui porte sonnom(1817). On a de lui des. mémoires sur des sujets scientifiques, des Éléments de philosophie chimique, 1812 (trad. par Van Mans, 1813); des Éléments de chimie agricole, 1813 (trad. par Bulos, 1819), et un traité de la pêche à la ligne, intitulé Salmonia. Son frère, J. Davy, a publié en 1858 à Londres ses Opuscules. L'Institut de France lui décerna un grand prix eu 1807, au fort de la guerre, et le nomma en 1817 associé étranger. Cuvier prononça son Éloge à l'Institut.

DAWALAGHIRI. V. DAOUALAGHnu.

DAXouacqs, AquxTarbellicx, ch.-l.d'arr. (Landes), sur l'Adour. à 55 k. S. O. de Mont-de-Marsan : 9856 hab. Trib. de lre inst., collège. Murs flanqués de tours, château fort, pont hardi, belle cathédrale, i Sources thermales (dont une a 70° centigr.). Cabinet de minéralogie et de fossiles. Vins, grains, jambons dits de liayonne. Patrie de Borda. S. Vincent de Paul naquit à Pouy, lieu voisin.—Jadis ch.-l. des Tarbelli en Novempopuianie, Dax appartint ensuite aux différents maîtres de l'Aquitaine. Après l'expulsion des Anglais au xv° s., elle revint à la France. Dax avait jadis un évêché (auj. réuni à celui d'Aire), et était le ch.-l. d'une des 4 vicomtes des Landes en Gascogne.

DA YAKS, peuple de l'île de Bornéo, se trouve répandu dans toute l'étendue de cette île, spécialement au S. On suppose que ce peuple, assez industrieux et fort supérieur aux Malais, est la souche des hab. des îles de la Polynésie. Il a une langue à part.

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