Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang/AG
AGA-AGY
AGA, AGHA, [modifier]
nom donné par les Turcs au commandant d’une troupe, s’appliquait spécialement jadis au chef des janissaires.
AGADIR, [modifier]
v. et port du Maroc, sur l’Atlantique, à 244 kil. S. O. de Maroc : c’est le meilleur port de de l’empire. Cette v. appartint longtemps aux Portugais, qui l’appelaient Ste-Croix ; elle leur fut enlevée par les Maures en 1536. S’étant révoltée contre Sidi-Mahomet, elle fut prise, ruinée, et ses habitants transférés à Mogador (1713).
AGAG, [modifier]
roi des Amalécites, fut battu par Saül, qui lui 6t grâce contre l’ordre de Dieu. Samuel, après avoir reproché à Saül cette désobéissance, mit lui-même Agag à mort devant l’autel du Seigneur.
AGAMÈDE, [modifier]
architecte du temple de Delphes, frère de Trophonius. V. TROpuONius.
AGAMEMNON, [modifier]
roi d’Argos et de Mycènes, fils de Plisthène et petit-fils d’Atrée, avait épousé Clytemnestre, sœur d’Hélène. Ii fut élu généralissime des Grecs dans la guerre de Troie : ce qui le fait appeler le roi des rois. Retenu à Aulis par les vents contraires, il sacrifia sa fille Iphigénie pour obtenir des dieux un vent favorable. Ses démêlés avec Achille furent lontemps funestes à la cause des Grecs et retardèrent la prise de Trois. ; ils ne cessèrent que quand Agamemnon eut rendu au héros l’esclave Briséis, qu’il lui avait enlevée. A son retour dans Argos, il fut assassiné par Clytemnestre, qu’Egisthe avait séduite. Oreste, son fils, vengea sa mort. On place le règne d’Agamemnon de 1280 à 1270 av. J.-C. On doit à Eschyle, Nép. Lemercier et Alfieri de belles tragédies d’Agamemnon.
AGANIPPE, [modifier]
source consacrée aux Muses, coulait au pied de l’Hélicon et allait grossir le Permesse.
AGAPES [modifier]
(du grec agapê, amitié), repas que les premiers Chrétiens célébraient en commun dans l’église en mémoire du dernier festin que Jésus fit avec les apûtres, lorsqu’il institua l’Eucharistie. Ces repas furent abolis au IVe siècle, à cause des abus qui commençaient à s’y glisser.
AGAPETI (S.), [modifier]
pape de 535 à 536, alla à Constantinople pour réconcilier Théodat, roi goth, avec Justinien, et refusa d’y nommer un patriarche eutychéen. On l’honore le 20 septembre.
AGAPET II, [modifier]
pape de 946 à956, appela à Rome l’empereur Othon pour le défendre contre Bérenger II, qui voulait se faire roi d’Italie, et apaisa par sa modération les discordes de plusieurs princes.
AGAPET, [modifier]
diacre de Constantinople, adressa à Justinien, lorsqu’il monta sur le trône, un ouvrage intitulé Scheda regia, sise de officio regis, qui contenait des conseils sur les devoirs d’un prince chrétien. Cet ouvrage, imprimé en 1509 à Venise, grec-latin, in-8, a été traduit plusieurs fois, entre autres par Louis XIII dans sa jeunesse, Paris, 1612, in-8. [AGAR,] femme égyptienne, était servante de Sara, qui la donna pour femme du second ordre à Abraham. Elle devint mère d’Ismaël et s’enorgueillit : Sara, mécontente et jalouse, la chassa avec son fils. AGATHA, Agde, v. de la Gaule Narbonnaise, chez les Atacini, près de l’emb. de l’Arauris (Hérault), fut fondée par les Massiliens, qui lui donnèrent le nom grec d’Agathé Tyché, c.-à-d. bonne fortune.
AGATHARCHIDE, [modifier]
géographe de Cnide, né vers l’an 150 av J.-C., fut secrétaire et lecteur du roi AGED Ptolémée Alexandre. Il avait écrit un Périple de.la mer Rouge, des Traités de l’Asie, de l’Europe, etc. Il ne reste de lui que des fragments du Périple, recueillis par Hudson dans ses Geographi minores, et commentés par Gosselin dans ses Recherches sur la Géographie. On le croit aussi auteur d’une Histoire de Perse, dont on trouve quelques fragments dans les Excerptx historie, Francfort 1559, et dans les Fragments historiques de la collection de Didot, publiés par Miller, 1848.
AGATHE (Ste), [modifier]
vierge et martyre de Palerme, mourut des suites des tortures que lui fit souffrir Quintianus, gouverneur de Sicile, en 251. Les Siciliens l’ont en grande vénération. On l’hon. le 5 fév.
AGATHÉMÈRE, [modifier]
écrivain grec du IIIe siècle après J.-C., est auteur d’un abrégé de la Géographie de Ptolémée intitulé Hypotyposes geographicae (grec-latin, Amsterd., 1611).
AGATHIAS, [modifier]
dit le Scolastique, historien grec du vit siècle après J.-C., a écrit une Histoire du règne de Justinien (de 553 à 559) en 5 livres, qui fait suite à celle de Procope. Elle fait partie de la Collection byzantine et a été trad. en franç. par le président Cousin. Agathias composa aussi une Anthologie en 7 livres, publiée à Paris, grec-latin, 1660, in-fol., et plus. fois réimprimée. V. ANTHOLOGIE.
AGATHOCLE, [modifier]
tyran de Sicile, né vers 361 av. J.-C. à Thermes, près d’Himére était fils d’un potier. Il s’éleva du rang de simple soldat à celui de général, se rendit maître de Syracuse par l’intrigue et la violence (317), y abolit les dettes et partagea les terres. Il fit avec succès la guerre aux Carthaginois, les expulsa de la Sicile, qu’il rangea tout entière sous son pouvoir, alla les attaquer jusqu’en Afrique (310), et brûla ses vaisseaux en débarquant, pour mettre ses soldats dans la nécessité de vaincre. Peu d’années après, il rappela lui-même les Carthaginois en Sicile pour l’aider à triompher d’une insurrection redoutable, et leur rendit la plupart de leurs anciennes possessions. Il venait de conquérir le Brutium, lorsqu’il périt, empoisonné par son petit-fils Archagathe, à 72 ans, 289 av. J.-C. Voltaire a fait une tragédie d’Agathocle : c’est sa dernière.
AGATHON, poëte dramatique d’Athènes, [modifier]
contemporain et rival d’Euripide, remporta le prix en 416 av. J.-C. et mourut vers 400, dans la force de l’âge. Il composa des tragédies d’Ærope, de Thyeste, de Télèphe, etc., qui ne nous sont pas parvenues : il y donnait l’exemple de prendre ses sujets en dehors des traditions mythologiques ou historiques, et de mettre sur la scène des personnages allégoriques. Il composa aussi des comédies, entre autres la Fleur, citée par Aristote. On reprochait à. ce poète l’abus de l’antithèse. Agathon est un des principaux interlocuteurs du Banquet de Platon. Il ne reste de lui que quelques vers, recueillis par Grotius et par Ritschl, Leips., 1828.
AGATHON (S.), pape, [modifier]
natif de Palerme, élu en 678, mort en 682, condamna les Monothélites dans un concile et cessa le premier d’acquitter le tribut que chaque pape payait aux empereurs au moment de son élection. L’Église latine le fête le 10 janvier.
AGATHYRSES, [modifier]
anc. peuple sarmate, placé par Hérodote dans les monts Rarpathes, par Pline dans la Scythie d’Europe, existait encore du temps d’Ammien, qui le place près du Volga. Attila les soumit et leur donna un de ses fils pour roi.
AGAUNUM, [modifier]
v. des Nantuat es (St-Maurice en V amis).
AGAVÉ, [modifier]
fille de Cadmus et mère de Penthée. V. PENTHÉE.
AGDE, [modifier]
Agatha, ch.-l. de tant. (Hérault), sur l’Hérault, à 51 kil. S. O. de Montpellier, à 21 k. E. de Béziers ; 9147 hab. Tribunal, collège, port marchand, école de navigation, cabotage très-actif, station. Il s’y tint un concile en 506. V. AGATHA.
AGE D’OR, D’ARGENT, etc. [modifier]
V. ÂGES.
AGEDINCUM, [modifier]
v. de Gaule, est auj. SENS, ou, selon quelques-uns, mais moins probabl., PROVINS. AGES - 24
AGEN, [modifier]
Aginnum, ch.-1. du dép. du Lot-et-Garonne, sur la r. dr. de la Garonne, à 610 kil. S. O. de Paris, à 714 kil. par chemin de fer ; 17 263 h. E‘véché, cour d’appel, lycée. Belle cathédrale, beau pont-canal, promenade du Gravier. Grand commerce, serges renommées, teintureries pour ecanate ; excellentes prunes.-Ancienne capitale des Nitiobriges ; ville prétorienne sous l’empire ; prise et reprise par les Goths, les Huns, les Alains, les Burgundes, les Sarrasins ; appartint successivement aux rois de France, aux ducs d’Aquitaine, aux rois d’Angleterre, auxcomtesde Toulouse ; fut la capit. De l’Agénois et souffrit beaucoup au XVIe siècle pendant les guerres de religion. Patrie de B. Palissy, J. J. Scaliger, de Lacépède et du ponte contemporain Jasmin.
AGENDICUM, [modifier]
la même v. qu’Agedincum.
AGENOIS, [modifier]
atm prov. de Guyenne, entre le Périgord, le Quercy, le Condomois, la Lomagne et le Bazadais ; 80 kil. de long sur 40 de large. Pâturages, grains, beaucoup de vin. On y trouvait, outre Agen, qui en était le ch.-I., Villeneuve-d’Agen, Marmande, Aiguillon, Tonneins, Clérac, Duras, Lauzun.-Comté dès le IXe siècle, l’Agénois fut donné en apanage par Charles IX à sa sœur Marguerite et réuni à la couronne en 1592. Il fait auj. partie du dép. de Lot-et-Garonne. AGÉNOR, roi de Phénicie vers 1560 av. J.-C., fut père de Cadmus et d’Europe.
AGES. [modifier]
Les poètes de l’antiquité distinguaient 4 âges, dans lesquels les hommes allèrent sans cesse en empirant : 1° l’Age d’or, qui s’écoula immédiatement après la création de l’homme et lorsque Saturne régnait dans le ciel : c’est un temps d’innocence, de justice, d’abondance et de bonheur ; la terre jouissait d’un printemps perpétuel, et les champs produisaient sans culture ; 2e l’Age d’argent qui commença lorsque Saturne, chassé du ciel, vint chercher un refuge sur la terre, et que Jupiter lui eut succédé : on éprouva les premières vicissitudes des saisons ; il devint nécessaire de cultiver la terre et de pratiquer les arts pour satisfaire aux besoins naissants ; les hommes commencèrent à déchoir de leur première innocence et à perdre une partie de leur bonheur ; 3e l’Age d’airain, qui commença lorsque Saturne eut quitté la terre : cet âge est encore un mélange de bien et de mal, mais le mal commence à dominer, la propriété s’établit et avec elle naissent la rapine et la guerre 4e l’Age de fer, signalé par le débordement de tous les excès et de tous les crimes : la terre ferme son sein ; la déesse de la justice, Astrée, fuit épouvantée et retourne dans les cieux. On connaît les belles descriptions qu’Hésiode et Ovide ont données des quatre âges. Les historiens divisent l’histoire en 3 grands âges : les Temps anciens, jusqu’à la chute de l’empire d’Occident, en 476 ; le Moyen âge, de 476 à la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453, et les Temps modernes, depuis 1453 jusqu’à nos jours.
AGÉSANDRE, [modifier]
habile sculpteur de Rhodes, auteur du beau groupe de Laocoon qui fut retrouvé sous Jules II, et que l’on admire, comme un des chefs-d’œuvre de la statuaire antique. On n’est pas d’accord sur le temps où vécut cet artiste : les uns le rapportent à l’époque la plus brillante de la Gréce (IVe siècle av. J.-C.) ; les autres le placent sous les premiers empereurs romains. Pline 1’Ancien cite et décrit le Laocoon (Hist. naturelle, liv. XXXVI, ch. VI.)
AGÉSILAS, roi de Sparte, [modifier]
de la race des Proclides, fils d’Archidamus, monta sur le trône l’an 400 av. J.-C., à l’exclusion de son neveu Léotychide, qu’il fit déclarer bâtard. Il vainquit successivement les Perses, qu’il alla attaquer en Asie (395) et sur lesquels il conquit une partie de l’Asie-Mineure, les Béotiens, les Argiens et les Athéniens, ligués contre lui, à Coronée (394), où il fut blessé. Il défendit la Laconie contre Épaminondas (369), mais fut battu par ce général à Mantinée (363). A l’âge de 80 ans, il alla au secours de Tachos, roi d’Égypte, qui était en - AGIN guerre contre Artaxerce : il mourut en revenant de cette expédition, l’an 361. Agésilas était petit, boiteux et laid ; mais son courage et sa grandeur d’âme effaçaient ses imperfections physiques. Cornélius Nepos et Plutarque ont écrit sa Vie ; Xénophon a composé son Éloge.
AGÉSIPOLIS. [modifier]
Sparte eut 3 rois de ce nom, de la race des Agides. Le 1er, fils de Pausanias, lui succéda l’an 397 av. J.-C. Il remporta une grande victoire sur les Mantinéens, et mourut l’an 380. - Le 2e, fils de Cléombrote, ne régna qu’un an, 371. - Le 3e, étant encore très-jeune au moment de son avènement, l’an 219, fut mis sous la tutelle de Cléomène et de Lycurgue ; ce dernier lui ravit la couronne.
AGGÉE, [modifier]
un des 12 petits prophètes, revint de Babylone avec Zorobabel et prophétisa à Jérusalem vers 530 av. J.-C. Il encouragea les Juifs à rebâtir le temple, en prédisant que le second serait plus illustre que le premier.
AGGERSHUUS, [modifier]
grand gouvt de la Norwége, le plus étendu de tous, a pour bornes la Suède, le Drontheim et le Cattegat ; il est arrosé par la Drammen, et compte environ 500 000 hab. ; ch.-l. Christiania, capit. de toute la Norwége. Il tire son nom d’un château-fort, dit Aggershuus situé au fond de la baie de Christiania, à 20 kil. N. de cette v., et qui a longtemps été le ch.-1. de la prov. Ce gouvt renferme de riches mines d’argent, de cuivre et de fer.
AGHABLY, [modifier]
v. du Sahara, capit. de l’oasis de Touat, par 27° 40’ lat. N. et 1° 30’ long. O., sur la route de Tripoli à Tombouctou.
AGHADÈS [modifier]
v. du Sahara, par 18° 40’ lat. N. et 11° 2’ long. E, capit. d’une oasis du même nom et de tout le roy. D’Asben, au S. de l’État de Tripoli, est plus grande que Tripoli même Ell[e s]ert d’entrepôt pour le commerce de la partie orient. du désert. Elle compta, jadis jusqu’à 50 000 hab. ; elle n’en a plus guère que 8000. Elle appartient aux Touariks.
AGHMAT, [modifier]
v. du Maroc, à 50 kil. S. E. de Maroc, était la capit. des Almoravides, et fut prise en 1128 par les Almohades. Auj, fort déchue.
AGHRIM, [modifier]
vge d’Irlande (Connaught) à 40 kil. E. de Galway. Les troupes de Jacques II y furent battues le 22 juillet 1691 par celles de Guillaume III. On nomme aussi cette bataille bataille de Kilkonnel, du nom d’un village voisin.
AGIDES ou EURYSTHÉNIDES, [modifier]
une des deux branches royales qui règnaient conjointement à Sparte, tire son nom d’Agis, roi en 1060 av. J.-C. Elle était opposée à celle des Proclides ou Eurypontides. V. SPARTE.
AGILA, [modifier]
roi des Visigoths d’Espagne, 540-554, fut, après 5 ans de règne, massacré par ses sujets qu’il avait révoltés par sa tyrannie. V. ATHANAGILDE.
AGILOLFINGES, [modifier]
1re dynastie des ducs de Bavière, ainsi nommée d’un guerrier bavarois nommé Agilolf ou Agilulphe, qui secoua vers 530 le joug des Ostrogoths, et rendit la Bavière indépendante. Tassillon III fut le dernier des successeurs d’Agilolf. Charlemagne l’enferma dans un couvent et réunit la Bavière à son empire, 788.
AGILULPHE, [modifier]
duc de Turin, devint roi de Lombardie en 591, par son mariage avec Théodelinde, veuve du dernier roi, Autharis. Il fit la guerre avec succès contre plusieurs princes révoltés, contre le pape et l’emp. D’Orient Phocas, et prit Crémone, Mantoue et Padoue. Il m. en 615, après s’être fait catholique. – Héros bavarois. V. AGILOLFINGES.
AGINCOURT (SEROUX d’), [modifier]
antiquaire, archéologue et numismate, né en 1730, à Beauvais, mort en 1814, à Rome, fut fermier général sous Louis XV, et amassa une brillante fortune qu’il consacra toute entière à l’étude et à la culture des beaux-arts. Après avoir visité l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne, l’Italie, il se fixa à Rome en 1779, et s’y lia avec le cardinal Bernis et le chevalier [d’] Azara. Il y rédigea l’Histoire de l’Art par les monuments depuis le IVe siècle jusqu’au XVIe (Paris, 6 vol, in-fol., avec AGNE -25- 325 planches, 1809-1823) : c’est le plus riche répertoire que l’on ait en ce genre.
AGINNUM, [modifier]
auj. Agen, v. tapit. des Nitiobi figes, peuple de l’Aquitaine, au S. des Petrocorii.
AGIS, [modifier]
nom de 4 rois de Sparte, dont un seul de la race des Agides, et 3 de celle des Proclides : AGIS, fils d’Eurysthènes, succéda à son père vers l’an 1060 av. J.-C. On ne sait rien de son règne. C’est de lui que vient le nom d’Agides, donné à l’une des deux races qui régnaient conjointement à Sparte. AGIS I, de la race des Proclides, fils d’Archidamus, régna de 427 à 400 av. J.-C., battit les Argiens à Mantinée, et obtint plusieurs avantages sur les Athéniens pendant la guerre du Péloponèse. AGIS II, fils d’Archidamas II, roi de 338 à 330 av. J.-C., tenta de délivrer la Grèce du joug des Macédoniens, et périt dans une bataille contre Antipater, lieutenant d’Alexandre, après avoir fait des prodiges de valeur. AGIS III, le plus célèbre des rois qui ont porté ce nom, monta sur le trône l’an 244 av. J.-C. Il tenta de remettre en vigueur les lois de Lycurgue, pro-posa d’abolir les dettes et de faire un nouveau partage des terres ; mais il échoua dans ses desseins par l’opposition de son collègue, le roi Léonidas, et par la perfidie de ceux mêmes à qui il avait donné sa confiance. Arraché d’un temple où il s’était réfugié, il fut étranglé dans sa prison par l’ordre des éphores, l’an 239 av. J.-C. Plutarque a écrit sa Vie.
AGLABITES, [modifier]
dynastie musulmane, qui s’éleva sur les ruines des califes de Bagdad et régna environ 109 ans sur le pays qui s’étend de l’Égypte jus-qu’à Tunis, eut pour chef Ibrahim-Ben-Aglab, qui fut nommé, vers l’an 800 de J.-C., gouverneur de l’Afrique par Haroun-al-Raschid. Ils siégaient à Kairouan, près de l’unis. Ils envahirent la Sicile dès 827, et prirent successivement Agrigente, Palerme, Syracuse (878), qu’ils détruisirent. Leur dernier chef, Ziadat-Allah, fut dépouillé de ses Etats en 909 par les califes fatimites, qui gouvernaient l’É-gypte. M. Noël Desvergers a écrit l’Histoire des Aglabites, Paris 1843.
AGLAÉ, [modifier]
l’une des trois Grâces. V. Gsanes.
AGLIÉ, [modifier]
v. du Piémont (Ivrée), à 15 kil. S. O. d’Ivrée ; 3300 h. Château royal, musée d’antiquités.
AGNADEL, [modifier]
bourg de Lombardie (Lodi), à 15 kil. N. E. de Lodi, est célèbre par les victoires qu’y rem-portèrent Louis XII sur les Vénitiens (1509), et le duc de Vendôme sur ; le prince Eugène (1705).
AGNAN ou AIGNAN (S.), [modifier]
Anianus, évèque. d’Orléans de 391 à 453, sauva la v. d’Orléans assiégée par Attila, 450. On attribue à ses .prières ln secours inespéré que la ville reçut d’Aétius et des Visigoths. L’Église l’honore le 17 novembre. ,
AGNANO (lac d’), [modifier]
Anianus lacus, &._7 ki1., O.S.O. de Naples, occupe’’e bassin d’un, ancien Cratère ; ses eaux sont sans cesse en ébullition. Près de là se trouve’la fameuse »grotte du Chien. V. ce’nom.
AGNÈS (Ste), [modifier]
jeune vierge de Palerme, subit le martyre à Rome, en 304, à 13 ans ; lors de la persécution de Dioclétien. Prudence a chanté son martyre ; le Tintoret et le Dominiquin l’ont représenté sur toile. On la fête le 21 janvier.
AGNÈS D’AQUITAINE, [modifier]
fille de Guillaume Y, duc, d’A-quitaine, épousa _én 1043 Henrï, ill, empereurd’AI-lemagne, et fut mère de l’emp. Henri IV. A la mort de son mari, elle gouverna au nom de son fils, âgé de 6 ans ; dépouillée-4 pouvoir en 1062, elle se retira à Home, ou elle mourut en 1077.
AGNÈS DE FRANCE, [modifier]
fille du roi de France Louis le Jeune, fut mariée en 1180, dès l’âge de 9 ans, à Alexis Comnène le Jeune, empereur de Constanti-Iiople, deux ans après, elle se vit forcée d’accepter la main d’Andronic Comnène, qui avait fait mourir Alexis et avait usurpé le trône.
AGNÈS DE MÉRANIE, [modifier]
reine de France, fille deBerihold, due de Mérànie, fut épousée en 1196 par Philippe-Auguste qui venait de répudier ingelburge ; AGUN mais les censures de l’église obligèrent ce prince à l’éloigner pour reprendre sa première femme. Agnès, retirée à Poissy, y mourut de douleur en 1201. Elle avait eu du roi un fils, Philippe Hurepel. M. Ponsard a fait une tragédie d’Agnès deMéranie.
AGNÈS D’AUTRICHE, [modifier]
fille de l’empereur Albert I, née en 1280, vengea la mort de son père qui avait été assassiné (1308), en immolant près de 1000 victimes. Elle avait épousé en 1296, André III, roi de Hongrie ; mais elle devint veuve après un an de mariage. En 1310, elle fonda en Suisse un monastère où elle s’enferma ; elle y mourut en 1364.
AGNÈS SOREL OU SURELLE, [modifier]
dame célèbre par sa beauté et les qualités de son esprit, fille de Sorel de St-Gérard, gentilhomme attaché à la maison du comte de Clermont, naquit vers 1410 au village de Fromenteau en Touraine. Elle était fille d’honneur d’Isabeau de Lorraine, duchesse d’Anjou, lorsque cette dame eut occasion de venir à la cour de Charles VII pour solliciter une grâce (1431). Charles devint bientôt éperdument amoureux d’Agnès la fixa à sa cour en la nommant dame d’honneur de la reine, et en fit bientôt sa maltresse. Agnès n’usa, dit-on, de l’ascendant qu’elle avait sur le roi que pour le déterminer à sortir du honteux repos dans lequel il languissait pendant que les Anglais s’emparaient de ses États (V. CHARLES VII), et elle contribua ainsi puissamment au salut de la France. Le roi la combla de faveurs et lui donna entre autres présents le château de Beauté, sur les bords de la Marne (près de St-Maur), d’où elle prit le nom de dame de Beauté. La reine elle-même lui montra toujours un sincère attachement. En 1445, Agnès, insultée par le dauphin (depuis Louis XI), quitta la cour et alla vivre à Loches, où Charles VII lui avait fait bâtir un château. Elle mourut en 1450, à Jumiéges, où elle était venue trouver le roi ; on la crut empoisonnée par le dauphin. Par allusion à son nom, elle portait dans ses armes un sureau d’or.
AGNÈS (la Mère). [modifier]
V. ARNAULD (AGNÈS).
AGNESI (Maria-Gaetana), [modifier]
née à Milan en 1718, morte en 1799, était fille d’un professeur de mathématiques à Bologne, qui l’initia de bonne heure àl’étude des hautes sciences. Elle y réussit si bien qu’en 1750 le pape Bepolti1XlV l’autorisa à remplacer son père dans, son, cours public. Elle a publié en latin des Institutions analytiques, qui ont été trad. par d’Anthelmy, avec notes de Bossut, sous ce titre - Traitsis élémentaires du calcul différentiel et du calcul intégral, Paris, 1775, in-8.
AGNOLO (BACCIO d’), [modifier]
sculpteur et architecte florentin, né en 1460, mort en 1543, fut le contemporain et l’ami des Raphael et des Michel-Ange. Il commença par sculpter et ciseler en bois, et s’adonna ensuite à l’architecture. Florence, lui doit le palais Bartolini et quelques autres édifices remarquables par leur élégance et leur solidité. Plusieurs sont ornés de ses sculptures en bois. Il laissa trois fils, auxquels il transmit une partie de ses talents.
AGNONE, [modifier]
v. du roy. d Italie (Molise), à 27 kil. d’Isernia ; 8‘000 hab. Elle a 7 églises et 5 monts de piété. Fabriques d’articles en cuivre.
AGOBARD, [modifier]
archevêque de Lyon en 813, mort en 840, prit part à la révolte de Lothaire contre Louis le Débonnaire, et fut en conséquence déposé par le concile de Thionville, en 835 ; mais, ayant reconnu ses torts, il fut rétabli peu après. C’était un homme éclairé pour ces temps : il fit abroger la loi Gombette, qui autorisait les duels juridiques ; il écrivit contre les épreuves de l’eau et du feu et contre la croyance aux sorciers. Il a laissé plusieurs écrits qui ont été publiés par Baluze, 1666, 2 vol. in-8.
AGOGNA, [modifier]
riv. des États sardes, se jette dans le Pô entre la Sesia et le Terdoppio, après avoir baigné Borgomanero, Novare, Mortara. Sous Napoléon Pt, l’Agogna donna son nom à un dép. du roy. d’Italie, qui avait pour ch.-1. Novare.
AGON, [modifier]
petit port de France (Manche), à 10 kil. AGHA -26- AGRI S. O. de Coutances ; 1500 hab. Armements pour la pêche de Terre-Neuve. Foire jadis importante.
AGOSTA, Megara hyblea ? [modifier]
v. de Sicile, sur la côte E., à 15 kil. N. de Syracuse, a été séparée du continent par un tremblement de terre et y a été rejointe par des ponts-levis ; 10 000 hab. Place forte de 2e classe ; port très -sOr, situation délicieuse. Aux environs, vallée remarquable par ses grottes. - Fondée au mue siècle par l’empereur Frédéric 1I ; prise par les Francais en 1675 ; bouleversée en 1693 et 1848 par un tremblement de terré.
AGOSTINI (Nicolo degli), [modifier]
poète vénitien du XVIe siècle, continua le Roland amoureux que Boiardo avait laissé inachevé ; mais les trois livres par lui ajoutés à ce poème sont loin d’égaler l’original. Il a aussi composé quelques poésies oubliées aujourd’hui.
AGOSTINI (Leonardo), [modifier]
antiquaire du XVIIe siècle, né à Sienne, inspecteur des monuments antiques sous Alexandre VII, a donné une édition de la Sicile de Philippe Paruta, Rome, 1649, et un recueil estimé : Gemme antiche figurate, Rome, 1636-57.
AGRAH, [modifier]
v. de l’indoustan, ch.-1. du district et du gouvt du même nom, à 1520 kil. N. O. de Calcutta, par 75e 33’long. E. 27e 11’lat. N. ; 100000 hab. C’était autrefois une des plus belles et des plus riches villes de l’univers ; ce n’est plus maintenant qu’un amas de ruines ; cependant le fort d’Agrah ou Akbar-Abad et le Tadje, magnifique monument de marbre blanc érigé par Géangir en l’honneur de la belle Nour-Djihan, existent encore. A 8 kil. au N. est le mausolée d’Akbar. Patrie d’Aboul-Fazl 1°’ministre d’Akbar.-Agrah fut la capit. de l’empire mogol de 1504 à 1647. Prise par les Mahrattes en 1784, elle leur fut enlevée par les Anglais en 1803. Elle est depuis 1833 le ch.-l. d’un gouvt détaché de la présidence de Bengale ; elle commence à refleurir depuis qu’elle appartient aux Anglais. AGRAH, anc. prov. de l’Hindoustan, entre celles de Delhi, d’Aoude, d’Allah-Abad, de Malwah, d’Adjmir, s’étend de 73e 24’ à 77e 40’ de long. E., et de 25e 35’ à 28° 18’ lat. N. ; de 5 à 6 millions d’h. ; les Brahmanes y sont en grand nombre. Contrée plate, inondée au temps des pluies, très-productive : sucre, indigo, coton, céréales, dont on fait deux récoltes par an.-L’Agrah a presque toujours suivi le sort du Delhi depuis l’invasion musulmane, et a été sous Akbar la 2e vice-royauté de l’empire. En proie, après la mort d’Aureng-Zeyb (1707), aux Djats, aux Mahrattes, etc., elle fut depuis 1777 régie souverainement par Nedjed-Khan ; enun elle a été démembrée : le roy de Sindhia en posséda une partie, capit. Gouâlior ; 4 autres parties, [... X…, Bhertpour, Dolpour, Matcherri ou Mewat…, Alvar.....]), formèrent des principautés vassales de la Compagnie anglaise des Indes ; une 6e devint la propriété des Anglais et fut englobée dans la présidence de Calcutta. AGRAIRES (lois), lois romaines proposées à diverses époques, et qui toutes avalent pour objet un partage de terres entre les citoyens pauvres. 1l s’agissait, non comme on l’a cru quelquefois, et comme l’ont voulu les niveleurs modernes de diviser également entre les citoyens le territoire entier, mais de distribuer les terres conquises, qui faisaient partie du domaine public, ou de reprendre ces terres à ceux qui les avaient usurpées ou accaparées, pour en faire une distribution plus équitable. Néanmoins, ces lois, proposées le plus souvent par des ambitieux qui captaient la faveur du peuple, excitèrent les plus grands troubles, et elles furent presque toutes repoussées. Il y eut 7 lois agraires proposées : on les nomme du nom de leurs auteurs : Cassis, 485 ans av. J.-C. ; Licinia, 374, Flaminia, 232 ; Sempronia, 133 (c’est celle de Tib. Sempronius Gracchus) ; Servilia, 63 (proposée par Servihus Rullus et combattue par Cicéron) ; Flavia, 60 ; Julia, 59 (proposée par J. César). Tib Gracchus (133 av. J.-C.) et J. César (59) sont les seuls qui aient réussi à faire adopter des lois agraires. V. CASSIUS, GRACCHUS, RULLUS, etc. 26 AGRI
AGRAM, [modifier]
v. forte de Hongrie, ch.-l. du comitat d’Agram et de toute la Croatie autrichienne, près de’la Save, à280 kil. S. O. de Bude, à 240 S. de vienne ; 20 000 hab. (avec _sa banlieue). On y distingue deux parties la v : -royale et libre, la v. épiscopale ou Bischofstesdt. Résidence du ban de Croatie ; archevêché ; petite université’hauttribunal pour la Croatie et la Slavonie. Entrepôt des sels, vins et tabacs de Hongrie ; commerce avec Fiume et la Dalmatie.-Le comrtat, un des trois comitats de la Croatie, est si-tué entre ceux de Warasdin au Ni et de Kreutz à FE. et est traversé par la Save ; 340000 hab
AGRAPHA, [modifier]
nom d’une mont. de Grèce, qui fait partie de l’anc. Pinde (Y. ce nom), et d’un district de Thessalie, qui forme un évêché grec.
AGREDA, [modifier]
Ilurci, puis Gracchuris, v. d’Espagne (Soria), à 42 kil. N. E. de Soria, au pied du mont Cayo ; 4000 h. Patrie de Marie d’Agreda, Antiquités.
AGRI, [modifier]
nom moderne de l’Aciris. Y. Aciris.
AGRIA, [modifier]
nom latin de la v. d’Eger on Erlau.
AGRIANES, [modifier]
auj. l’ERGÈNE, un des affluents de l’Hèbre (Maritsa), se jette dans ce fleuve à Didymotiches, après avoir reçu le Contadesdus,
AGRICOLA (Cn. Jul.), [modifier]
général romain, beau-père de l’historien Tacite, né à Fréjus vers l’an 40 de J.-C., fut envoyé par Vespasien dans la Grande-Bretagne pour achever de la soumettre (77), pénétra en Calédonie et réduisit tout le pays, malgré l’énergique opposition des habitants, de Galgacus surtout. Il reconnut le premier que la Grande-Bretagne était une ile. Chargé de gouverner les peuples qu’il avait conquis, il tenta de les civiliser et s’en fit chérir par sa douceur et sa justice. A la mort de Titus, le nouvel empereur, Domitien, jaloux de ses succès, le rappela de son gouvernement (85) ; Agricola passa le reste de ses jours dans la retraite et l’obscurité. Il mourut à 56 ans ; on crut qu’il avait été empoisonné par Domitien. Tacite a écrit sa Vie.
AGRICOLA (Rodolphe), [modifier]
professeur de philosophie à Heidelberg, né près de Groningue, en 1443, mort en 1485, fut un des restaurateurs des sciences et des lettres en. Europe, et combattit la scolastique. il s’était formé en France et en Italie. Parmi ses écrits, qui ont été réunis sous le titre Lucubrationes, Cologne, 1539, les plus importants sont le discours In lauriers philosophire et le traité De invention dialectica, Cologne, 1527, où il a le premier exprimé la possibilité d’instruire les sourds-muets.
AGRICOLA (George LANDMANN, dit), [modifier]
le plus ancien minéralogiste, né vers 1494, à Glaucha, en Missile, mort en 1555, exerce d’abord la médecine, mais abandonna cette profession et vint se fixer à Chemnitz pour s’y livrer tout entier à l’étude des minéraux. Il étudia surtout les mines d’argent de la Mis-nie. On a de luiDes-emetallica, Bâle, 1546, in-fol. ; De mensuris et ponderibus itomanorum et Grecorum, Bile, 1550, in-fol. Quoique fort savant ; il n’était pas exempt des préjugés du temps : it croyait aux esprits et à la pierre philosophale ; on a de lui un traité De lapide philosophies), Cologne, 1531.
AGRICOLA (Jean), [modifier]
surnommé Magister Islebius, parce qu’il était d’Eisleben en Saxe, né en 1492. mort en 1566, fut un des principaux coopérateurs de Luther. Il soutenait que la foi évangélique est inutile pour être sauvé, et par là il donna naissance à la secte des Antinomiens (c’est-à-dire adversaires de la loi). A la suite de démêlés qu’il eut avec Melanchthon au sujet de cette doctrine, il se retira à Berlin où il devint prédicateur de la cour. Il prit part à l’Intérim d’Augsbourg, au colloque de Leipsick (1519), et signa les articles de Smalkalde (1537). Il a laissé, outre des ouvrages de controverse, un Recueil de proverbes allemands, accompagné d’un Commentaire estimé, Haguenau, 1529i
AGRIGENTE, [modifier]
Acragas en grec, Agrigentum en latin, auj. exaoxutI vacceno, grande et riche ville de la Sicile ancienne, sur la cote méridionale, prés de la riv. d’Acragas (fume di Girgenti), était une AGRI 27 colonie de Géla et fut fondée vers 582 av. J.-C. On y élevait des chevaux qui disputaient les prix aux jeux olympiques. Ses ruines attestent encore sa grandeur et sa magnificence : on y voit des temples de la Con-corde, de Castor et Pollux, d’Hercule, d’Apollon, de Diane, de Junon, de Cérès, de Proserpine et de Jupiter Olympien : ce dernier est le plus grand temple connu. Patrie d’Empédocle. - Longtemps libre, Agrigente eut ensuite des tyrans (Phalaris, 566, Thérosi, 488) puis elle tomba au pouvoir des Syracusains. Elle fut prise et détruite en 406 par les Carthaginois, se releva bientôt, subit en 210 la domination romaine et passa depuis, comme la Sicile, aux Romains, aux Arabes, aux Normands, aux Français, aux Aragonais, et enfin aux rois de Naples.
AGRIPPA (M. Vipsanius), [modifier]
général romain, favori d’Auguste, né l’an 64 av. J.-C., était d’une origine peu relevée, et parvint par son seul mérite aux plus hautes dignités. C’est à lui qu’Octave dutle succès des batailles de Nauloque et d’Actium. Consulté par Auguste, il lui conseillad’addiquer et de rétablir la ré-publique ; mais son avis ne fut pas suivi. Il épousa Julie, fille d’Auguste, et fut désigné pour succéder à l’empire ; mais il mourut avant l’empereur, l’an 12 av. J.-C., en revenant d’une expédition contre les Pannoniens. C’est Agrippa qui fit construire à Rome le célèbre Panthéon, auj. Notre-Dame de la Rotonde ; Rome lui doit aussi plusieurs aqueducs. Il laissa trois fils qui furent adoptés par Auguste ; mais tous périrent de mort tragique. Il eut pour fille Agrippine, qui épousa Germanicus.
AGRIPPA DE NETTESHEIM (Henri-Corneille), [modifier]
philosophe et médecin, né à Cologne en 1486, cultiva avec succès toutes les sciences connues de son temps. Il mena une vie fort agitée, et fut sans cesse, à cause de sa présomption et de son caractère difficile, forcé de changer de résidence. Après avoir enseigné à Dole, à Londres, à Cologne, à Paris, à Turin, à Metz, à Fribourg, il vint, en 1524, se fixer à Lyon pour y exercer la médecine, et fut nommé peu après médecin de Louise de Savoie, mère de François I. Chassé de France par cette princesse qu’il avait insultée, il fut accueilli par Marguerite, gouvernante desPays-Bas. Étant ensuite rentré en France il fut mis en prison, et mourut, peu de temps après avoir recouvré sa liberté, dans un hôpital de Grenoble, en 1535. Agrippa combattit la philosophie de son temps, mais ce fut pour y substituer des erreurs plus dangereuses : il donna dans le septicisme, puis dans le mysticisme, l’alchimie et la magie, et s’attacha surtout aux doctrines de Reuchlin et de Raymond Lulle. Ses principaux écrits sont : De incertitudine et vanitatescientiarum, Anvers, 1530, in-4, trad. par L. Turquet, 1682, et par Gueudeville, 1726 ; De occultaphilosohia, 1531, trad. par A. Levasseur, 1727 (cet ouvrage Fe fit accuser de magie et lui valut un long emprisonnement à Bruxelles) ; De nobilitate et prmcellentia feminei sexes, 1529, ouvrage écrit pour flatter Marguerite, traduit aussi par Gueudeville. Ses œuvres complètes ont été réunies à Leyde, 1560 et 1600.
AGRIPPINE, [modifier]
fille de Vipsanius Agrippa et de Julie, la fille d’Auguste, était célèbre par sa beauté et ses vertus. Elle épousa Germanicus, qu’elle accompagna en Syrie. Après la mort prématurée de son époux, elle rapporta ses cendres en Italie et demanda justice à l’empereur, accusant de sa mort Pison, qui se vit forcé de se tuer pour prévenir sa vengeance. Tibère, jaloux de sa popularité, l’exila dans l’île de Pandatarie, où, dit-on, il la laissa mourir de faim, l’an 33 de J.-C. Elle avait donné le jour à Caligula et à l’autre Agrippine, la mère de Néron.
AGRIPPINE, [modifier]
fille de Germanicus et de la précédente, épousa Domitius Ahenobarbus, dont elle eut Néron. Devenue veuve, elle épousa l’empereur Claude, son oncle, s’empara du pouvoir sous ce faible prince, maria son fils à Octavie, fille de l’empereur, fit écarter du trône le fils de Claude, Britannicus, pour y appeler son propre fils Néron, et avança par le poi-son la mort de son époux, afin de prévenir un changement de résolution. Peu d’années après, Néron, parvenu à l’empire, voulut se défaire de sa mère, qui l’importunait de ses reproches’: il la fit, à cet effet, monter sur un vaisseau que l’on devait submerger en pleine mer : elle échappa à ce danger ; mais ce ne fut que pour être aussitôt assassinée par un centurion, l’an 59 de J.-C. Cette princesse joignait à une grande beauté l’esprit le plus artificieux, les mœurs les plus dissolues et une froide cruauté.
AGUADO (Alex.), [modifier]
riche banquier espagnol, 1784-1842, de famille israélite, prit parti pour les Français et fut aide de camp du maréchal Soult, quitta en 1815 le service pour la banque, négocia avec succès pour l’Espagne plusieurs emprunts à l’étranger, et reçut en récompense de Ferdinand VII le marquisat de Las Marismas, avec des concessions de mines, qui lui procurèrent une immense fortune. Naturalisé Français, il se fixa à Paris et y forma une magnifique galerie de tableaux (gravée par Gavard). On lui doit le beau pont de Ris, qu’il fit construire près de sa propriété de Petit-Bourg.
AGUAQUENTE (eau chaude), [modifier]
v. du Brésil (Goya.z), à 280 kil. N. E. de Goyaz. Fondée en 1732. Mines d’or : on y trouva un morceau de 22 kilog. d’or na-tif, longtemps conservé au musée de Lisbonne. AGUARICO ou DUO DEL ORO, riv. de Équateur, tributaire du Napo, où elle se perd après un cours-d’environ 500 kil. Elle charrie beaucoup d’or.
AGUAS CALIENTES, [modifier]
v. du Mexique (Zacatecas), à 227 kil. N. E. de Guadalaxara, tire son nom de deux sources d’eaux thermales ; environ 40000 hab. Climat délicieux.
AGUESSEAU (Henri-François d’), [modifier]
célèbre magistrat et orateur, fils de Henri d’Aguesseau, intendant du Limousin, né en 1668, mort en 1751. Il fut nommé avocat général au parlement de Paris dès l’âge de 22 ans, devint six ans après procureur général, et s’acquit dans ces fonctions une grande réputation, tant par les sages réformes qu’il fit adopter que par les plaidoyers et les discours éloquents qu’il prononça. Toutefois, il encourut un moment la dis-grâce de Louis %IV pour s’être opposé à la bulle Unigenitus. En 1717, il fut nommé chancelier par le Régent ; mais, l’année suivante, il fut destitué et exilé de Paris pour avoir combattu le système de Law. Il se retira dans sa terre de Fresnes, qui de-vint célèbre par son séjour. On le rappela en 1720, quand on eut reconnu tout ce qu’avait de désastreux le système qu’il avait combattu. En 1722, le cardinal Dubois le fit exiler de nouveau et les sceaux ne lui furent rendus qu’en 1737, sous le ministère du cardinal Fleury. Il les conserva jusqu’en 1750 et les résigna de lui-même à l’age de 82 ans. Magistrat intègre, orateur éloquent, d’Aguesseau n’était pas moins remarquable par ses qualités sociales, par sa piété et son immense instruction. Il s’était beaucoup occupé de philosophie : il a laissé des Méditations métaphysiques, ou il suit les pas de Descartes. Ses œuvres ont été imprimées en 13 vol in-4 1759-1789, et en 16 vol. in-8, 1819. M. Rives a publié en 1824 ses Lettres inéd., 1 vol. in-4 et 2 in-8. Thomas a écrit son Éloge. M. Boullée, en 1835, et M. F. Mon-nier, en 1859, ont donné l’Histoire de la vie et des ouvrages de d’Aguesseau.
AGUILAR DE LA FRONTERA, [modifier]
v. d’Espagne (Cordoue), ch.-l. de district, à 50 kil. S. E. de Cordoue ; 12 000 h. ; était jadis sûr la frontière des États maures.
AGYLÉE (Henri), [modifier]
jurisconsulte, né à Bois-le-Duc, en 1533, mort en 1595, a publié, entre autres ouvrages, Justiniani edicta, Justin, Tiberii, Leonis Phitosophi constitutiones, Paris, 1560, in-8, et une trad. latine du Nomocamon de Photius, 1561, in-f.
AGYLLA, [modifier]
v. de l’Etrurie ancienne. Y. CAERE.