Discussion:Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang/transfert Wikipédia-OCR/A
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[modifier] AI
- AI. V. AY.
- AIA SOLOUK, Éphèse, v. de la Turquie asiatique, à 118 kil. S. E. de Smyrne, importants au moyen âge, dépeuplée auj. Antiquités.
- AIAS, Aiazzo, Issus, Adjacium, Nicopolis, v. et port d'Anatolie, au coude N. E. de la Méditerranée; très-commerçante au moyen âge. V. Issus.
- AÏBAR. Y. AYBAR.
- AICHAH, 2° femme de Mahomet, et fille d'Abou-Bekr, morte à la Mecque en 677, était d'une grande beauté. Elle combattit avec violence le parti d'Ali. Les Musulmans lui donnent le titre de prophétesse.
- AIDES, couR DES AIDES. Y. ces mots au Diction¬naire universel des Sciences, des Lettres et des Arts.
- AIDIN, v. de Turquie (Anatolie), ch.-l. du livah de Guzei-Hissar, à 60 kil. S. de Smyrne. Grand commerce avec Smyrne, à laquelle l'unit un chemin de-fer; fruits secs très-estimés.
- Aigle. Cet oiseau, emblème de la force et de la majesté, a figuré de tout temps comme symbole des peuples des rois et des armées. Il se voyait sur les étendards des rois de Perse et des Ptolémées d'Égypte. Sous la république romaine (depuis Marius) et sous l'empire, l'aigle surmontait lés enseignes des lé¬gions. Charlemagne adopta le même signe, et après lui les empereurs d'Allemagne. Napoléon I le reprit en 1804; il fut rétabli sur nos drapeaux en 1852. 11 avait été aussi adopté par l'ordre teutonique et la Pologne; il figure encore, sous différentes formes, dans les armes d'Autriche, de Russie, de Prusse, de Pologne, de Sicile, d'Espagne, de Sardaigne, etc.; l'Autriche, la Russie et la Prusse portent l'aigle à deux têtes.
Il y a en Prusse deux ordres de ce nom, l'un de l'Aigle-Noir, -l'autre de l'Aigle-Rouge. Le l°°, fondé en 1701, est porté par les membres de la famille royale et les grands du royaume : on ne peut l'obte¬nir qu'après avoir été en possession du second. Celui-ci, fondé en 1705 par le prince de Bayreuth pour les sujets de son margraviat, ne devint ordre prus¬sien qu'après la cession du margraviat à la Prusse, en 1790.—L'ordre de l'Aigle-Blanc, en. Pologne, fut institué en 1705 par Auguste II. Il a été récemment réuni aux ordres impériaux de Russie.-Le Wur¬temberg possède depuis 1702 un ordre de l'Aigle-d'Or, et le duché de Modène eut, depuis 1856, un ordre de l'Aigle-d'Este AIGLE (L'), Aquila en latin moderne, jolie petite v. du dép. de l'Orne, ch.-l. de c., à 35 kil. N. E. de Mortagne; 5454 hab. Ville industrieuse, célébre par ses fabriques d'épingles et d'aiguilles.AIGNAN, ch.-l. de c. (Gers), à 36 kil. N. O. de Mirande; 657 hab. Église gothique.AIGNAN (S.). V. AGNAN.AIGNAN (Étienne),homme de lettres, né en 1773 , à Beaugency, mort en 1824, fut, sous Napoléon I, aide des cérémonies et secrétaire de l'introducteur des ambassadeurs, et fut reçu à l'Académie française en 1814. Il a traduit en vers l'Iliade, 1809, et l'Es¬sai sur la -critique de Pope; en prose, le Vicaire de 1Vakefzeld, et quelques autres romains anglais. Il a aussi composé plusieurs tragédies, mais elles ont eu peu de succès. Il fut sous la Resta natdon un des collaborateurs de la ifinerve, journal libéral.AIGNAY-LE-DUC; ch: 1. de c. (Côte-d'Or), à 40 kil. N. O. de Dijon, à-3 t kil. S. E. de Châtillon, sur une mont. au pied de laquelle coule l'Aignay; 836 hab. Quelques antiquités (médailles, tombeaux).AIGRE, ch.-l. de c. (Charente), à 23 kil. S. O de Ruffec; 1423 hab.AIGREFEUILLE, ch.-l. de c. (Charente-Inf.), à. 20 kil. N. de Rochefort; -997 hab. Station. Bonne eau-de-vie. — Ch: 1. de c. (Loire-inf.), à 20 -kil. S. E. de Nantes; 563 hab. .AIGUEBELLE, Carbonaria, Aquabella en lat. mo¬derne, bg de France (Savoie), ch.-l. de c., sur l'Arc et sur la route d'Italie par le Mont-Cenis, à 27 kil. N. O. de St-Jean-de-Maurienne; 1117 hab. Station. Cuivre et fer aux environs.—Détruite par les Burgun¬des au r s. et par les Sarrasins en 855, elle fut rebâtie par Bérold de Saxe en 998. Anc. résidence des comtes de Savoie, Charles-ltmmannel III, duc de Savoie, y fut vaincu par les Franco-Espagnols en 1142.AIGUEBELLE, bourg de la Drôme, à 8 kil. N. 0. de Grignan. Anc. abbaye, fondée par S. Bernard, occupée auj. par des Trappistes.AIGUEPERSE Agux sparsæ, ch.-1. de c. (Puy-de-Dôme), à 16 kil. N. E. de Riom; 2745 hab. Sta¬tion. Près de là. nagtfiirent-L'Hôpital et Delille.AIGUES-MORTES, Aquw m'drtuv, ch.-l. de c. (Gard) , à 31 kil. S. de -Nimes, à l'embranchement de plusieurs canaux; 3865 hab. Aux environs sont les immenses salines du-Peccais, ainsi' que des marais qui ont valu à la ville son nom et_qui y rendent l'air malsain. Aigues-Mortes était jadis sur la mer; elle en est auj. éloignée de près de 5 kil. S. Louis l'acheta en 1248, et s'y embarqua deux fois pour la croisade (1248, 1270); une statue équestre lui a été érigée dans cette ville en 1849. Une entrevue_y eut heu en 1538 entre François I et Charles-Quint.AIGUES-VIVES, village, du dép. du Gard, à 18 kil. S. O. de Nîmes; 1600 hab. Station. Eaux-de-vie.AIGUILLE (l'), mont. inaccessible du dép. de l'I-sère, à 5 kil. de Corps, s'élève à pic à une hauteur de 2000' : c'est une des 7 merveilles du DauphinéAIGUILLES, ch: 1, de c. (Hautes-Alpes), à 22 kil. S. E. de Briançon; 717 hab.AIGUILLES (cap des), le cap le plus mérid. de l'Afri¬que, à 130 kil. E. S. E. du cap de Bonne-Espérance.AIGUILLON, bourg du dép. de Lot-ett-;lronne, à 28 kil. N. O. d'Agen, au confluent d,. Lot et de la Garonne; 2313 hab.'Slation. Vins, eaux-de-vie, tabac, chanvre. Assiégé en 1346 par Jean le Bon, I bres adoptèrent la réforme. Charles d'AMI, vidame duc de Normandie (depuis roi de France); érigé en ~ d'Amiens, périt, ainsi que son fils, à la bataille de Saint-Denis, en 1567, en combattant dans les rangs des Protestants. C'est par une fiction toute poétique que Voltaire, dans un épisode de la Henriade, arme le Sls contre le père et les fait périr tous deux à la bataille d'Ivry, bataille qui ne fut livrée qu'en 1590, 23 ans après la mort de Charles d'Ailly.
AILL - 29 - AINS [manque une 1/2 colonne]
AILLY (Pierre d'), Petrus de Aliaco, célèbre doc¬teur, surnommé l'Aigle de la France et le Marteau des Hérétiques, né à Compiègne en 1350, d'une fa-mille obscure, mort en 1420, parvint par son mé¬rite à être successivement grand maltre du collége de Navarre (1384), où il forma Gerson, chancelier de l'université de Paris, aumônier et confesseur du roi Charles VI, évêque de Cambray, et enfin cardi¬nal (1411). Il se distingua au concile de Pise et à ce-lui de Constance, oit il présida la 3° session, et dé-montra la nécessité d'une réforme dans l'Église. Il fut légat du pape, d'abord en Allemagne, puis à Avignon. Il fit instituer par Benoit XIII la fête de la Trinité et établir des théologaux dans toutes les cathédrales. Dans les disputes philosophiques de son temps, il fut un des plus ardents champions du no¬minalisme.Ses traités philosophiques et théologiques ont été imprimés à Strasbourg, 1490, in-fol. Le De Anima a paru séparément à Cologne, 1505.AILSFORD(Kent), sur la Me.dway, à 40 kil. S. E. de Londres. Le saxon Hengist ybattit les Bretons en 455.AIMAR. V. AYMAR.AIME, Anima, bg de France (Savoie), cb.-T. de c., à 18 kil. N. E. de Moutiers, près de l'Isère, sur 3 torrents, est bâti à près de 760m de hauteur; 1100 hab. Antiquités.AIMÉ ou AMÉ. P. AMÉ.AIMÉ-MARTIN. V. MARTIN.AIMOIN,chroniqueur français, né à Villefranche en Périgord, vers 950, mort en 1008, entra chez les Bénédictins de Fleury-sur-Loire, et y fut disciple de l'abbé Abbon, dont il a écrit la Vie. On a aussi e lui une Histoire des Français, en 5 livres, dont les trois premiers vont jusqu'à la 16e année _du règne de Clovis II; les 2 derniers paraissent être d'un_e_ mai_n_étrangère. Cette chronique a été publiée par Nicot, par Duchesne et dom Bouquet.AIMON. V. AYMON.AIN, Danus, Idanus, petite riv. de France, a sa source dans le Jura, près de Nozeroi, passe à No¬zeroi, Pont-d'Ain, reçoit la Bienne, qui vient des environs de Saint-Claude, traverse le dép. auquel elle donne son nom, et se jette dans le Rhône, à 35 kil. au-dessus de Lyon, après un cours de 168 kil., dirigé du N. E. au S. O.AIN (dép. de l') , dép. frontière, entre les États sardes et la Suisse à l'E., les dép. du Jura au N., de Saône-et-Loire et du Rhône à l'0., de l'Isère au S.; ch. 1. Bourg. Il est formé de la Bresse, du Bugey, delaprin¬cipauté de Dombes et eu pays de Gex, a 5392 kil carrés et370 919 h. , dont une grande partie se compose de montagnards qui émigrent chaque année. Le Rhône et la Saône bornent ce dép. de 3 côtés; l'Ain le traverse. Il contient le plateau de Dombes, semé d'étangs et malsain; ogypêche beaucoup de poisson, que l'on envoie à Lyon. - Ce dép. a 5 arr. (Belley, Bourg, Gex, Nantua, Trévoux) i 35 cant., 447 comm.; il fait partie de la 8° div. miht. dépend de la cour impériale de Lyon et a un évêché à Belley.AYN, mot arabe qui signifie source, commence un grand nombre de noms géographiques: Cherchez au mot suivant ceux qui ne se trouveront pas ici.'AIN-MAHDI, v. du Sahara algérien, au S. de l'Atlas, à 270 kil. S. d'Alger et à 60 kil. O. de La¬ghouat, était le siége d'un chef arabe longtemps sin-dépendant, qui ne fut soumis qu'en 1852. Passage des caravanes qui vont dans l'intérieur de l'Afrique.AINSA , village d'Espagne (Saragosse) , sur la Cinca, à 35 kil. N. de Barbastre; 600 hab. Anc. tapit. du roy. de Ribagorce, puis résidence des rois d'Aragon.
AISS -- 30 - AIX
AINSWORTH (Robert),grammairien, né à Wood-,ale, près de Manchester, en 1660, mort en 1743, dirigea avec succès plusieurs écoles de Londres, et composa des ouvrages classiques qui eurent une grande vogue. Le plus connu est son Dictionnaire latin-anglais 1736, in-4, souvent réimprimé. Il se livra avec ardeur à l'étude des antiquités.AINTAB, Antiochia ad Taurum ou Deba. v. de la Turquie d'Asie (Marach), ch. 1. de sandja~r, à 77 kil. N. d'Alep; env. 20 000 hab. Quelques fortifica¬tions. Air sain, mais fréquents tremblements de terre. Teintureries, étoffes de coton et maroquins. Antiochia ad Taurum était la capit. d'un petit roy. établi par les Romains lors de la réduction de la Syrie en prov. romaine. Prise par Timour-Leng en 1400.AIN-TAGUIN. V. TAGUIN.AIRDRIE, v. d'Écosse (Lanark), à 18 kil. E. de Glasgow; 15160 h. Houille, fer, source minérale. Filatures de coton, forges, distilleries.AIRE, Airia Atrebatum, ch.-l. de c. (Pas-de-Ca¬lais) , à 18 kil. S. E. de St-Omer, sur la. Lys; 4864 h. Place forte de 4° classe ; église et beffroi remarquables. -Fondée en 630, par Lideric, grand forestier de Flandre; prise par les Normands (881), par le maré¬chal de La Meilleraie (1641), par les Espagnols, puis par le maréchal d'Humières (1676), et enfin cédée à la France(1713). -Cette v. dorme son nom au Canal d'Aire à La Bassde, qui a 41 kil. de long.AIRE, Atures, Viau Julii, ch.-I. de c. (Landes), à 32 kil. S. E. de St-Sever; 1960 hab. Évêché (avec Dax). Collége , station. Jadis résidence d'AIaric.AIRE, riv. de France, se jette dans l'Aisne au-des¬sous de Soissons, après avoir baigné Clermont-en-Argonne et Grand-Pré; env. 80 k. de cours.AIROLO, bourg de Suisse (Tessin), au pied du St-Gothard, près du Tessin , à 54 kil. N. O. de Bellinzone, à 1200 mètres de hauteur. Gros grenats aux environs.Victoire des Russes sur les Français, 1799.AIRVAULT, Aurea Vallis, ch.-l. de c. (Deux-Sèvres), sur le Thouet, à 23 kil. N. de Parthenay; 1735 hab. Anc. abbaye de l'ordre de St-Augustin.AISNE, Axona, riv. de France, naît dans le dép. de la Meuse, près de Beaulieu en Argonne, baigne Ste-Menehould, Vouziers, Attigny, Réthel, Château-Porcien, Neufchâtel, Vailly, Soissons; reçoitl'Aire, la Retourne, la Suippe, la Vesle, et se jette dans l'Oise à Compiègne, après un cours d'env. 250 kil.AISNE (dép. de l') , entre ceux du Nord, de la Somme, de l'Oise, de Seine-et-Marne, de la Marne, des Ar¬dennes; ch. 1. Laon. Il est formé de parties de la Picardie et de l'Ile de France. Superficie, 7285 kil. carrés; popul., 564597 hab. On rencontre des collines et des vallons au N. E. et au S.; partout ailleurs ce sont des plaines ondulées. L'Ourcq, la Somme, la Sambre, l'Escaut, ont leur source dans ce dép.; l'Oise, l'Aisne, la Marne le traversent, ainsi que les canaux de Crozat et de St-Quentin. Beaucoup de blés et de bestiaux; culture du houblon et du lin, etc.; de grands bois, entre autres la forêt de Villers - Cotterets. Commerce étendu, industrie active : fabriques de tissus en coton, de batistes, de dentelles; d'alun et de couperose ; manufactures de glaces de St-Gobain, verrerie de Folembray. - Ce dép. a 5 arr. (Château-Thierry, Laon, Saint-Quentin, Soissons, Vervins); 37 tant., et 837 comm.; il fait partie de la 2° division milit., est dans le res¬sort de la cour d'Amiens, et a un évêché à Soissons.AYSSÉ (Mlle),née en 1693 en Circassie, morte à Paris en 1733, fut achetée à l'âge de quatre ans et demi d'un marchand d'esclaves par le comte de Ferréol, ambassadeur de France à Constantinople, homme corrompu, qui l'éleva avec soin, la destinant à ses plaisirs, et qui l'amena en France. Sa position dans la société, des aventures bizarres et romanes¬ques et de vives passions qui abrégèrent sa vie, lui ont donné de la célébrité dans le dernier siècle. Les Lettres de Mlle Aissé, bien propres à faire connaître son temps, ont été publiées en 1787, 1 vol. in-18. avec des notes de Voltaire, et en 1846, in 12, par MM. Ste-Beuve et Ravenel.AIX, Aquæ Sextite, v. de France, anc. capa. de la Provence, auj. ch. 1. -d'un des arr. du dép. des Bouches-duRhône, sur la riv. d'Arc, à 29 kil. N. de Marseille, à 773 kil. S. E. de Paris (861 par chemin de fer); 27 659 hab. Archevêché, cour d'appel, acadé¬mie universitaire, facultés de .théologie, de droit et de lettres, collége, écoles d'arts et métiers;,éc. de dessin, sociétés savantes, musée de tableaux et d'antiquités, cabinet d'histoire naturelle, riche bi¬bliothèque. Belles rues, plusieurs monuments (en¬tre autres hôtel de ville, cathédrale, grenier d'abon¬dance, tour de l'Horloge) ; plusieurs promenades. Industrie assez active; grand commerce d'huile (la meilleure de France, etc.). Aux environs sont des eaux thermales, autrefois fort célèbres.-Aix fut fon¬dée auprès de ces eaux en 122 av. J.-C. par Sextius Calvinus, dont elle prit le nom. Marius y remporta en 102 av. J.-C. une grande victoire sur les: Teutons. Florissante sous l'empire, ruinée par les Arabes au temps de Charles Martel, cette ville fut restaurée par les comtes de Provence, qui en firent leur ca¬pitale. C'est là surtout que se développèrent la lan¬gue d'Oc et la littérature provençale. Une université y fut fondée en 1413, un parlement en 1501. Ville natale de Tournefort, Adanson, Vanloo, Vauvenar¬gues, Entrecasteaux, Siméon, etc.AIX, AIX-LES-BAINS, Aquæ Allobrogum, Aquæ Gra¬tian,'e, v. de France (Savoie), près du lac du Bourget, à 13 kil. N. de Chambéry,. 4253 h. Eaux thermales sulfureuses, en renom dès les temps les plus anciens. Antiquités. C'est là qu'eut lieu la cession de la Sa-voie et de la Maurienne à Bérold de Saxe, par Ro¬dolphe, roi de Bourgogne, l'an 1000. Y. SAVOIE.AIx (lle d'), dans l'Océan, à 7 kil. de l'embouchure de la Charente (Charente-Inf.), avec un village du nom d'Aix, situé au N. O. 430 hab. Place forte; phare sur la pointe méridionale. Pêcheries.AIX-D'ANGILLON (les) ch. 1. de c. (Cher), à 20 kil. N. E. de Bourges; 120t h. Antiquités, vieux château.AIX-EN-OTHE, ch.-1. de c. (Aube), à 30 kil. O. de Troyes; 1196 hab. Filature de coton, bonneterie.AIX-LA-CHAPELLE , Aachen en allemand, Aquis Granulie ou Aquæ Grani en latin, y. importante des États prussiens, dans la prov. Rhénane, ch. 1. du gouvt d'Aix-la-Chapelle, jadis v. impérialeà 503 k. N. E. de Paris par chemin de. fer, à 60 kil. S. O. de Cologne; env.-50 00(lb. Anc. évêché , cour d'appel. Hôtel de ville magnifique, cathédrale célèbre bâtie par Charlemagne, plusieurs monuments modernes; gymnase, école de métiers; belle galerie de tableaux; tombeaux de Charlemagne et de l'empereur Othon III. On y conserve les reliques de Charlemagne; dites les Grandes Reliques, qu'on ne montre au peuple que tous les sept ans. Fabriques de draps et d'étoffes lé-gères, produits chimiques, quincaillerie, aiguilles, épingles, etc. Station de chemin de fer. Auprès de la v. sont des eaux thermales sulfureuses et fer¬rugineuses fort en vogue.-Cette v. fut fondée, se¬lon la tradition, par le Romain Grenus, sous Adrien, vers 124 de J.-C., et agrandie par Charlemagne, qui, vers 773, en découvrit les eaux dans une partie de chasse et y fit construire une chapelle : d'où son nom. Cet empereur en fit sa résidence habituelle et la capit. de tout son empira; les empereurs s'y firent couronner de 813 à 1531. Elle resta v. libre et impériale jusqu'en 1792, que Dumouriez s'en em¬para; prise et reprise depuis, elle resta aux Français de 1794 à 1814 et devint sous l'Empire le ch:l.du dép. de la Roér.' En 1814, elle fut donnée à la Prusse. - Deux traités célèbres y furent signés : la paix de 1668, entre l'Espagne et Louis XIV, qui assura à la France a possession de la Flandre; la paix de 1748, qui termina la guerre de la succession d'Autri¬che : la France restituait ses conquêtes dans les Pays-Bas et la Savoie-et obtenait pour l'infant don Philippe, gendre de Louis XV, les duchés de Parme et de Plaisance. C'est aussi là qu'eut lieu en 1818 le congrès où la Ste-Alliance abrégea le temps de l'occupation de la France. Il s'y tint également plusieurs conciles - Le gouvt d'Aix-la-Chapelle a pour ch.-1. la v. de son nom et pour autres v. prin¬cipales Borcette, Stolberg, Juliers, Duren, Eupen, Montjoie, Malmédy.
AKBA - 31 - AKIIA
AIXE, ch.-1. de c. (Haute-Vienne), à 12 kil.S.O. de Limoges; 1787 hab. Ancien château fort.
[modifier] AJ
AJACCIO, eh. 4. du dép. de la Corse, sur la côte 0. , à 1140 kil. S. E. de Paris et à 260 de Toulon; 14 098 h. Évêché, résidence du général commandant le dép.; place forte; trib. de 1" inst. et de comm., collége dit Collége Fesch. Port commode, mais trop large d'en¬trée et mal abrité des vents d'ouest. Cathédrale, an¬cien couvent des Jésuites, casernes. Patrie de Napo¬léon. Commerce en vin, huile, corail. -Cette ville était jadis à 2 kil. plus au N., et se nommait Adja¬cium; elle est au lieu actuel depuis 1495. Ce n'est pas, comme on l'a cru, l'antique Urcinium.AJAN (Côte d'),Azania, contrée de l'Afrique orien¬tale, s'étend le long de la mer des Indes du fleuve Magadoxo au cap Gardafui, entre 2° et 30° de lat. N., et se prolonge indéfiniment dans les terres. Ce pays est encore fort peu connu. La côte est en général sté¬rile; on y trouve un peu de myrrhe et d'aromates. On en tire ae l'or, de l'ambre et de l'ivoire.- AJAX, fils de Télamon et roi de Salamine, était, après Achille, le plus vaillant des princes grecs. Il combattit contre Hector pendant un jour entier, sans pouvoir décider la victoire. I1 disputa à Ulysse les armes d'Achille : furieux de n'avoir pu l'empor¬ter, il tomba dans un délire violent pendant lequel il égorgea un troupeau de moutons, croyant immo¬ler les Grecs à sa vengeance. Ayant bientôt reconnu son erreur, il en fut si honteux qu'il se perça de son épée. Sa démence est le sujet d'une des plus belles tragédies de Sophocle, Ajax furieux, imitée par Poinsinet de Sivry, 1762.
- AJAX, fils d'Oïlée et roi des Locriens, est fameux par son impiété. B alla au siége de Troie avec 40 vaisseaux. Après le sac de la ville, il fit violence à Cassandre dans le temple même de Minerve. La déesse irritée fi t périr sa flotte par une tempête pendant qu'il retournait en Grèce : il échappa cependant à la mort et se sauva sur un rocher. De là, il insultait encore les dieux, quand Neptune fendit le roc et l'engloutit dans les flots.
[modifier] AK
- AK, mot tartare qui entre dans la composition de beaucoup de noms géographiques, veut dire blanc.
- AKABA (Kalaat-el), Alla ou Elath des Orientaux, c. d'Arabie (Hedjaz), au fond d'un petit golfe que la mer Rouge forme au N. E. (sinus . laniticus), dépend de l'Égypte. Petit port, rendez-vous des Mu¬sulmans de l'Afrique orientale qui entreprennent le pèlerinage de la Mecque.
- AKAKIA (Martin),
professeur de médecine à l'u¬niversité de Paris, médecin de François I, né à Chàlons, mort en 1551, a traduit Galien et a laissé quelques ouvrages de médecine. Il se nommait Sans-Malice et il changea son nom en celui d'Aka¬kia qui en est la traduction grecque. Cette famille se distingua longtemps dans la médecine et l'ensei¬gnement et donna des médecins aux rois Charles IX, Henri III, Louis XIII, etc.-Voltaire, dans un de ses pamphlets les plus comiques (Diatribe du doc¬teur Akakia), a désigné sous ce nom burlesque le président de l'Académie de Berlin, Maupertuis. - AKAROA, port de la Nouvelle-Zélande, dans l'île méridionale, par 17° 0,50' long. E., 44° lat. S., au centre de la presqu'lle de Banks. Aux Anglais.
- AKBAR (Mohammed), empereur mogol de l'Inde, né à Amerkot en 1542, descendait de Babour, issu lui-même de Tamerlan. Il monta sur le trône en 1556 , à 14 ans, réduisit les provinces de Caboul, La¬hore, Cachemire, qui s'étaient révoltées au com¬mencement de son règne et conquit une partie du Décan. Les soins de la guerre ne l'empêchèrent point de protéger les sciences et'es arts; en ou¬tre, il ordonna des recherches sur la population, sur les productions naturelles et industrielles de chaque province , établit un cadastre , un sys¬tème uniforme de poids et mesures, et fit rédiger sous ses yeux, par son grand vizir, Aboul-Fazel, un ouvrage qui renferme la description de l'Inde et l'histoire de son règne. Akbar mourut en 1605, à 63 ans; on le crut empoisonné. Son .empire était compris entre l'Indus, le mont Himalaya et le golfe de Bengale • il eut successivement pour capitale Agrah et Lahore. De l'année de son avénement date la grande ère orientale dite aussi ère d'Akbar.
- AKCHEHER, Antiochia ad Pisidiam, v. de Tur¬quie d'Asie (Caramanie), ch.-l. de sandjak, à 83 kil. S. E. d'Afioum-Kara-Bissar; jadis florissante, mais très-déchue ; env. 1500 maisons. Superbe mosquée. Fabrique de tapis. Bajazet y mourut, dit-on, après y avoir été relégué par Tamerlan.
- A-KEMPIS (Thomas) , religieux augustin, né vers 1380 au bourg de Kempen (diocèse de Cologne), d'où il tire son nom, mort en 1471, entra en 1399 au monastère du mont Sainte-Agnès, prés de Zwoll (Pays-Bas) , devint sous-prieur de son ordre et donna l'exemple de la piété. Il s'occupait surtout de l'instruc¬tion des novices, et il composa pour eux plusieurs ouvrages. On a de lui divers écrits ascétiques : Soli¬loquiumanimæ. Vallisliliorum. Gemitzis etsuspiria attenter p-cnm, etc. on lut attribue communé¬ment le célèbre traité De Imitatione Christi, que d'autres donnent à J. Gerson. A-Kempis avait un ta-lent calligraphique remarquable : on cite de sa main une Bible en 4 vol. in-fol. qui lui demanda 15 ans de travail : quelques-uns prétendent qu'il n'avait fait que transcrire le livre de l'Imitation, et qu'on a pris pour le nom de l'auteur ce qui n'était que la si¬gnature du copiste. Quoi qu'il en soit, les ouvrages au¬vrages authentiques qu'en a de lui sont fort inférieurs à l'Imitation. Ses OEuvres furent réunies pour la pre¬mière fois vers 1475 (on ne trouve pas l'Imitation dans cette première édit.), et depuis, en 1600, 1607, etc., à Anvers (avec l'Imitation). L'Imitation de J: C. a eu plus de mille éditions diverses; elle a été traduite dans toutes les langues,. notamment en français, par Marillac, Sacy, Gonneeu, Lamennais, Genoude, Darboy. P. Corneille l'a mise en vers.
- AKENSIDE (Mark),
célèbre poète anglais, né en 1721, à Newcastle, sur la Tyne, m. en 1770, était fils d'un boucher. Envoyé à l'université d'Édim¬bourg , il étudia d'abord la théologie, mais il l'abandonna bientôt pour la médecine. Il exerça suc¬cessivement à Northampton, à Hampstead et à Lon¬dres, et devint membre de la Société royale et du Collége des médecins. Tout en pratiquant son art, il cultiva la poésie avec succès. L'ouvrage qui a fait sa réputation est le poème didactique intitulé les Plaisirs de l'Imagination, écrit en vers blancs; il l'avait composé dès l'âge de 23 ans; le style en est noble, brillant, plein de finesse, mais quelque-fois obscur; l'auteur le retoucha plusieurs fois. On remarque aussi son Hymne aux Naïades. Akenside a laissé en outre quelques dissertations estimées sur la médecine. Ses oeuvres poétiques ont été réunies à Londres (1772). Les Plaisirs de l'Imagination ont été trad. en français par d'Holbach, 1759. - AKERBLAD,
archéologue suédois, fut attaché à l'ambassade suédoise à Constantinople, visita Jéru¬salem et la Troade (1792-97) , fut chargé d'affaires à Paris (1800), et se retira à Rome, où il mourut en 1819. Il s'est surtout occupé d'antiquités égyptien¬nes, et a frayé la voie à Champollion : on remarque parmi ses écrits deux lettres à M. de Sacy, Sur l'é¬criture cursive copte (1801), et Sur l'inscription de Rosette (1802). - AKHALTSIKH,
v. de Russie asiatique (Géorgie), sur un affluent du Kour, à 183 kil. N. E. d'Erzeroum est un des principaux entrepôts du commerce avec la Turquie; 2000 h. Célèbre mosquée d'Achmet. Cette ville était jadis ch.-1. d'un pachalik turc de même nom. Elle a été cédée aux Russes en 1829. - Le pachalik d'Akhaltsikh ou de Tcheldir compre¬nait une partie de l'Arménie et de la Géorgie turque. Pays montueux, salubre; habité par des races di-verses (Lazes, Kourdes, Géorgiens, Turcs). - AK-LIISSAR, c.-à-d. Château-Blanc, la Thyatira des anciens, v. de Turquie d'Asie (Anatolie), sanajak de Saroukan, à 102 kil. N. E. de Smyrne; 8000 hab. Bons vins, coton. Importante chez les anciens, mais déchue. Thyatira eut une des premières églises chrétiennes.
- AKIBA,- savant rabbin, né en Palestine, dans le i•` siècle de J: C., se jeta dans le parti de Barco¬chébas, qui avait fait révolter les Juifs contre les Romains, fut pris et écorché vif, l'an 135 de J.-C. On prétend qu'il avait alors 120 ans. On lui attri¬bue un livre sur la Création, ainsi qu'une grande partie de la Mischna, recueil de traditions antiques. On le regarde comme le père de la Cabale.
- AKKAR, Demetriaai v. de Syrie, à 32 kil. E. de Tripoli. Évêché maronite.
- AKKERMAN, en slave BIELGOROD« (ville blanche), Alba Julia, v. de Russie d'Europe (Bessarabie), ch. -1. d'un district de même nom, à 48 kil. S. 0. d'Odessa, et à 17 de la mer Noire dans une baie formée par le Dniester; 15 000 hale. Port peu pro-fond, fortifications; immenses salines; commerce. -
Il y fut signé en 1826 entre la Russie et la Turquie un traité qui confirmait la paix de Bucharest, et assurait aux Russes la navigation de la mer Noire. - AKMOUNEIN. V. ACHMOUNEIN.
- AKMYN, Chemmis ou Panopolis, v. de Haute-Egypte, sur la r. dr. du Nil, à 26 kil. N. O. de Djirdjeh. Grande manuf. de coton. Aux environs, catacombes et ruines qui couvrent un espace immense; restes d'un beau temple d'Osiris.
- AK-SERAI, Garsaura, v. de la. Turquie d'Asie (Caramanie), ch.-I. de livah, sur l'Eusdent, à 133 kil. 0. de Kaisarieh. Château fort, jardins. - Le livah est dominé au S. par les monts Foudhal Baba, et baigné par i'Eusdent. Il renferme un grand lac salé qui approasionne de sel tout le pays.
- AK-SOU, c.-ad. Eau blanche, v. principale de la petite Boukharie ar41°9'lat. N., 76° 52' long. E.; 50 000 hab. Résidence du commandant des troupes et d'un chef indigène a vassal de la Chine. Fabriques de couvertures de cuir et de vases de jaspe.
- AKTAMAR,
île et fort de la Turquie asiatique (Van), sur la côte E. du lac de Van. Près de là est un monastère bâti en 653, résidence d'un des pa¬triarches d'Arménie (le patriarcat date de 1113). - AKTIAR. V. SEBAST0P0L.
[modifier] AL
- AL, le en arabe. Pour les noms commençant ainsi qui ne seraient pas ici, V. le mot qui suit al.
[modifier] ALA
- ALABAMA,
riv. des États-Unis, sort des monts Alleghany, court du N. au S., parcourt l'État au-quel elle donne son nom, se réunit au Tombeckbee pour fermer lariv. Mobile, et se jette dans le golfe du Mexique par la baie de Mobile. ALABAMA, un des États de l'Union, ainsi nommé de la rivière qui l'arrose, entre ceux deTenesséeauN.,de Géorgie à 1' E. , de Mississipi à 1'0., et le golfe du Mexi¬que au S., a pour capitale Tuscaloosa, et pour v. prin¬cipales Mobile, Cahawba, Montgomery, St-Étienne; 980 000 hab. , dont 435 000 esclaves. Plusieurs che¬mins de fer. Le climat très-varié permet d'y cultiver à. la fois la canne à sucre et les céréales, ainsi que les au¬tres plantes de nos contrées. On y trouvait plusieurs peuplades indigènes, qui en ont été expulsées. - L'AI. a été admis en 1819 au nombre des États. C'est un de ceux qui se sont séparés de l'Union en 1861.ALABANDA,v. de Carie, au N. E. de Milet, près du Méandre. Autrefois riche et commerçante, mais dissolue. Belles ruines.ALACHEUR,Philadelphia, v. de Turquie d'Asie (Anatolie), à 124 kil. E. de Smyrne; 6000 hab. Résidence d'un évêque grec. Belle cathédrale grecque, école de
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mineurs, fondée en 1843 Industrie acfiire,: commerce de rubans. Aux env., source minérale, houille, fer; grandes usines. - Ville ancienne. Protestante au xvi° siècle; elle fut soumise par Louis XIII, qui y donna un célèbre édit de pacification en 1629; Louis XIV en fit un évêché et y bâtit un fort après ta révocation de l'édit de Nantes.
ALALCOMÈNE,bourg de Béotie, sur le lac Copaïs. On y plaçait la naissance de Minerve et on y rendait à cette déesse un culte célèbre.ALAMANNI, peuple germain. V. ALEMANNI.ALAMANNI (Luigi), célèbre poète italien, né à FIorence en 1-5, mort en 1556, fut obligé de quit-ter sa patrie pour être entré dans une conspiration contre le cardinal Jules de Médicis (depuis pape sous le nom de Clément VII), qui gouvernait alors Florence, et se retira en France auprès de François I, qui l'accueillit fort bien et le chargea même d'une mission auprès de Charles-Quint. Il a composé plu-sieurs grands poèmes : la Coltivaxione, en 6 chants, Paris, 154G, imité des Géorgiques: c'est le meilleur de ses ouvrages; Girone il Cortese (Giron le Courtois), en 24 chants, Paris, 1548; l'Avarchide ou le Siége de Bourges (Avaricum)) , en 24 chants, Florence, 1570; quelques pièces de théâtre, et un grand nombre d'épigrammes et de poésies diverses, réunies à Lyon, 1532, 2 vol. in-8.ALAMOUT, fort de Perse, entre Kazbin et Roudbar, dans une position inexpugnable, fut fondé vers 868, et devint le ch.-1. des Assassins. II fut pris et détruit par Houlagou.ÅLAND (archipel d’), dans la mer Baltique, à l'entrée du golfe de Botnie, se compose de 60 îles, et compte env. 15 000 hab. Jadis à la Suède, l’archipel appartient à la Russie depuis 1809. Il a une haute importance militaire. - L’île d’Åland proprement dite a 39 km sur 31. Elle commande l’entrée du golfe de Botnie. On y remarque un port des plus vastes et la forteresse de Bomarsund. V. ce nom.ALARCON (J. Ruiz d'), poète espagnol, né à Tlasco (Mexique), àla fin du xvi° siècle, m. en 1639, vint en Espagne vers 1622 et fut nommé en 1628 rapporteur au Conseil des Indes. On a de lui plu-sieurs comédies, entre autres la Vérité suspecte, imitée dans le Menteur de Corneille, et le Tisserand de Ségovie, mise avec succès sur notre scène par H. Lucas (1844). C'est un écrivain pur et correct, qui ne manque ni de vigueur ni d'originalité. Son Théâtre a été traduit par M. Alph. Royer, in-18, -1864.ALARCOS,lieu d'Espagnè dans la Nouv.-Castille, près de Calatrava, est célèbre par une bataille où Alphonse 1X, roi de Castille, fut défait, en 1195, par Yacoub l'Almohade, dit Al-Manzor.ALARIC I, roi des Visigoths (382-412), s'unit d'abord aux Romains pour repousser une invasion des Huns (394) unis vint, à l'instigation de Rufin, fondre sur l'em ire d'Orient après la mort de Théodose le Grand 395), dévasta les provinces situées au S. du Dan e, et menaça Constantinople. Re-poussé par Stilicon, il se jeta sur l'empire d'Occident, et se fit céder par le jeta Honorius l'Espagne avec une partie des Gaules, ce qui ne l'empêcha pas d'envahir l'Italie. Battu d'abord à Pollentia (403), il n'en pénétra pas moins jusqu'à Rome. Il assiégea trois fois cette ville (408, 409 et 410); les deux premières fois il se contenta de lever d'énormes contributions; la 3°, il prit la place d'assaut et la mit au pillage. Il se disposait à faire la conquête de la Sicile, lorsque la mort le surprit à Cosenza, en 412. Scudéri a fait un poème d'Alaric ou Borne vaincue, célèbre par son emphase.ALARIC II , roi des Visigoths d'Espagne (484-507), fils d'Euric, joignait à l'Espagne la partie de la Gaule comprise entre le Rhône et les Pyrénées, et avait Toulouse pour capitale. Clovis lui déclara la guerre, le battit à Vouillé et le tua de sa propre main (507). Alaric avait donné à ses sujets romains le code dit Code Alaric, en grande partie extrait du Code Théodosien.ALASKA, longue presqu'île de l'Amerique russe, au N. Oi du continent, et à 1000 kil. S. du détroit de Behring, se lie vers le S. aux îles Aléoutes.ALATRI, Alatrium, v. de l'État ecclésiastique, à 23 kil. N. O. de Frosinone, sur une colline; 10000 hab. Évêché. Restes de murs cyclopéens.ALATYR,riv. de Russie, sort du gouvt de Nijnei-Novgorod, et se jette après 220 kil. de cours dans la Soura, près de la v. d'Alatyr. - Cette v. ch.-I. de district, est à 180 kil. N. O. de Simbirsk, et nie guère que 4000 hab. Elle est bâtie en bois.ALAVA, provn d'Espagne, une des trois prov. basques, entre la Biscaye, la Navarre et la Vieille-Castille, compte env. 70000 hab. et a pour ch.-1. Vittoria. Longtemps indépendante, l'Alava se réunit en 1200 à la couronne de Castille, mais à la condition de conserver ses privilèges (fueros).ALAYAH, Coracesium, v., port et capit. de la Turquie d'Asie, ch.-l. de livah, au S. E. de Satalieh; env. 2000 hab. Cette v., jadis importante, et comprise dans la Cilicia Aspera, fut le dernier refuge des pirates dans leur guerre contre Pompée.
[modifier] ALB
ALBA,v. du Latium. V. ALBE-LA-LONGUE.ALBA, V. de Lusitanie. V. ELVAS.ALBA, riv. de Gaule, auj. l'AUBE. V. AUBE.ALBA, Alba Pompeia, v. des États sardes (Copi), à 40 kil. S. E. de 'Purin; 7500 hab. Evèché. - Cette v., qui appartenait à Pane.. Ligurie, fut colonisée par Pompée. Patrie de Pertnax.ALBA AUGUSTA OU ALBA HELVIORUM. V. APS.ALBA FUCENTIA, V. de l'Italie anc., chez les Marses, au pied du mont Velinus et un peu au N. du lac Fucin. Les Romains y avaient une prison d'État ou furent enfermés Persée, Syphax, etc. C'est auj. ALBA, v. du roy. de Naples (Abbruzze Ult. 2°).ALBA GRIMA, V. de la Dacie. V. BELGRADE. ALBA INGAUNORUM, V. ALBENGA. ALBA JULIA. V. AKERMAN et CARLSBOURG.ALBA DE TORMÈS, V. d'Espagne (Salamanque), à 20 kil. S. E. de Salamanque, sur le Tormès; 1550 hab. C'est là qu'était le château des ducs d'Albe. Les Français y battirent les Espagnols en 1809.
ALBACETE, v. d'Espagne, ch.-1. de la prov. du même nom, dans l'ans. roy. de Murcie, à 135 kit. N. O. de Murcie; 15 000 hab. Vin, safran, armes blanches. Victoire d'Alphonse VIII de Castille sur les Maures (1146).ALBAGLI, v. d'Arménie (Van), à 92 kil. S. E. de Van, sur un affluent du Zab. C'est là, selon les Arméniens, que S. Barthélemy souffrit le martyre.ALBAIN (mont),Albanus mons, auj. Monte-Cavo, petite mont. du Latium, à 20 kil. S. E. de Rome, a 99Om de hauteur. Albe était bâtie le long de cette montagne. Les consuls allaient chaque année y offrir un sacrifice à Jupiter Latiaris au nom_des 30 villes de la confédération latine Les généraux qui n'avaient pu obtenir le triomphe à Rome venaiec quelquefois triompher sur le mont Albain.ALBAN, ch.-l. de canton (Tarn), 12 kil. S.E. d'Alby; 468 hab. Place forte au xv° siècle. Mines de fer non exploitées. -ALBAN (S.), le plus anc. martyr de l'Angleterre, né à Verulamium. Il avait servi dans les armées de Dioclétien : ayant embrassé le Christianisme à son retour dans son pays, il fut mis à mort, en 286, ou, selon d'autres, en 303. On éleva en son honneur un monastère d'où la ville moderne de St-Alban a tiré son nom. On l'hon. le 22 juin.ALBANE (l'), François Albani, célèbre peintre italien, surnommé le Peintre des Grâces, l'Anacréon de la peinture, né à Bologne en 1578, d'un marchand de soieries mort en 1660, à 82 ans, débuta dans sa ville natale, puis alla à Rome se former à l'école de Carrache, et devint le rival du Dominiquin et du Guide. Il excellait surtout dans les peintures gracieuses, comme celles de femmes, d'anges ou d'enfants. On dit que, marié à une fort belle femme, aui lui donna douze enfants également ro�marquables par leur beauté, i: trouva dans sa propre famille ses plus beaux modèles. Son talent déclina dans la seconde moitié de sa vie, et il eut le chagrin de se voir surpasser par ses rivaux, surtout par Annibal Carrache. On lui reproche un peu de mollesse et de monotonie. Ses chefs-d'oeuvre sont les Amours de Vénus et d'Adonis, gravés par Audran; la Toilette et le triomphe de Vénus; les Quatre Éléments; Europe sur le taureau, etc. I1 a traité aussi un grand nombre de sujets de piété et a écrit sur son art.- ALBANI
illustre famille italienne, originaire de l'Albanie, d'où elle fut chassée par les Turcs vint s'établir à Bergame et à Urbin. Elle a fourni â l'É-glise un grand nombre de prélats distingués, dont le plus célèbre est Jean-Franc. Albani, devenu pape en 1700 sous le nom de Clément- XI (V ce nom). Clément XI laissa plusieurs neveux qui devinrent cardinaux et qui jouèrent un rôle assez Important: - Annibal A., né à Urbin en 1682, m. en 1751 , évêque d'Urbin;- Alexandre A., frère d'Annibal, né à Urbin en 1692, mort en 1779, connu par son goût pour les arts et par sa villa, dite villa Albani, ou il avait rassemblé des chefs-d'oeuvre de toute espèce; - Jean-Franç. A., né en 1720, mort en 1809, évêque d'Ostie : il prit parti contre les Français à leur entrée en Italie, fut en conséquence forcé de quitter Rome, et n'y rentra qu'après l'élévation de Pie VII, à laquelle il eut la plus grande part. - Joseph A. neveu de Jean-Franç., né en 1750, m. en 1834, rit partie du sacré collège depuis 1801, fut chargé d'affaires à Vienne (1796), puis secrétaire des brefs et légat du pape à Bologne (1814), 'et enfin commissaire apostolique des quatre Légations. Il eut à réprimer des troubles à Bologne : on l'accuse, à cette occasion, de quelques actes de rigueur. ALBANIE, Albania, auj. camvAN et DAGHESTAN, nom donné par les anciens à une contrée de l'Asie supérieure, entre la mer Caspienne à l'E. et l'Ibérie à F0., était bornée au S. par le fleuve Cyrus. Région montueuse et presque sauvage. Ce pays fit nominalement partie de l'empire perse, de celui des Parthes, puis du roy. d'Arménie.ALBANIE, l'ancienne Épire et partie mérid. de l'Illyrie, région de la Turquie d'Europe, bornée au N. par la Bosnie et le Montenegro à PO. par la mer Adriatique, à l'E. par la Roumélie, au S. par la Grèce, forme les pachaliks de Janina et de Scutari, a pour v. princip. Scutari, Janina, Tricala, Avlone, Ochrida, Crola, et compte env. 17 00 000 hab., la plupart Grecs ou Slaves. C'est un pays montagneux (d'où son nom, dérivé d'Alb ou Alp, montagne, en celtique). Les Albanais sont nommés par les Turcs-Ar hauts, et se donnent à eux-mêmes le nom de Skipetars (montagnards). C'est un peuple belliqueux, mais indocile. Ils forment le noyau des armées ottomanes. - L'Albanie obéit successivement aux rois d'Épire, de Macédoine, aux Romains, aux empereurs d'Orient. A partir du xi° siècle, les Normands de Naples, les Vénitiens, les Hongrois envahirent ce pays et y formèrent de petits États; les Turcs y entrèrent en 1435; ils en furent chassés par Scanderbeg en 1444 , mais ils ne tardèrent pas à s'en rendre maîtres de nouveau; toutefois, les Albanais n'ont jamais été complètement soumis. Plusieurs des eys chargés de les gouverner ont profité de leur disposition à l'indépendance pour se révolter contre la Porte : le plus célèbre est Ali, pacha de Janina.ALBANIE VÉNITIENNE,c.-à-d. possessions vénitiennes en Albanie. C'étaient vers 1448 les villes et territoires de Duras, de Scutari et d'Arta. En outre, à la mort de Scanderbeg, presque toute la principauté de Crola échut aux Vénitiens. Ils cédèrent aux Turcs Scutari et Croia en 1479, Duras en 1502; mais ils gardèrent Arta, conquirent Prevesa en 1684, et, par la paix de Passarovitz '1718), ils acquirent Vonitza et Bptrinto.Le nom d'ALBANIE a aussi été donné à toute l'Ecosse, et est resté à une prov. de ce pays. V. ALBANY.
ALBANIENNES (portes), Albanicae portae ou pylae, passage qui conduisait du Caucase dans l'Albanie. C'est auj. le défilé de Derbend.ALBANO,Albanum, v. de l'État ecclésiastique, à 22 kil. S. E. de Rome près d'un lac de même nom; 6000 hab. Évêché: Bons vins; tombeaux pré-tendus d'Ascagne, des Horaces. Cette v. s'estformée autour d'une maison de campagne du grand Pompée, dite Albanurn. L'air y est pur, ce qui y attire les habitants de Rome en été.ALBANO (lac d'),Albanus laces, petit lac situé à 20 kil. environ au S, E. de Rome, a 12 kil. de tour et 330 m. de profondeur. I1 paraît n'être qu'un cratère de volcan éteint. Sur ses bords, on remarque plusieurs monuments, le Castel Gandolfo, palais de plaisance du pape, et un magnifique canal souterrain creusé pour l'écoulement des eaux du lao. L'antique Albe-la-Longue était située sur ses bords.ALBANY,nom donné primitivement à toute l'É-cosse, puis à un duché formé dans la partie septentrionale et comprenant les districts de Bread-Albans, Athol, Glenurehy,avec partie de ceux de Perth et d'Inverness. Le 2 fils des rois d'Ecosse portait le titre de duc d'Albany. (V. ci-après l'art. historique).ALBANY, ville et port des États-Unis, dans l'État de New-York, sur la rive dr. de l'Hudson, à 230 kil. N. de New-York, donne son nom à un comté; 70000 hab. Ville bien bâtie, beaux monuments: capitole ou palais de l'État, banque, musée, hôpital, nouvelle prison, quais, théâtre, arsenal. Quelques établissements littéraires et scientifiques : société des arts, société d'agriculture Albany instrtute (école normale) fondé en 1844, observatoire. Albany est, pour le commerce, la première ville de l'État, après New-York. Les goëlettes remontent l'Hudson jusqu'à cette ville.-C'étaitd'abord =simple fort bâti par les Hollandais en 1623 il fut pris par les Anglais en 1664.ALBANY, district de la colonie anglaise du Cap, au S. E., et sur la mer, a pour v. principales Graham et Bathurst; 12 000 hab.
ALBANY (ducs d').Sous çe nom, qui était porté par le 2° fils des rois d'Ecosse, on cornait surtout Robert Stuart le Jeune, premier duc d'Albany (1402), fils de Robert II, roi d'Écosse, qui fut régent du roy. après la mort de Robert III, 1406, et mourut en 1420. Cette ligne des ducs d'Albany s'éteignit en la per-sonne de Henri Stuart m. vers 1539.-Une 2° ligne eut pour chef Alexandre Stuart duc d'Albany, 20 fils de Jacques II, roi d'Écosse. Ii fut exilé par son frère Jacques III, et mourut en France, 1485. - Jean Stuart, fils du précédent et dernier duc d'Albany, s'attacha à Louis XII, qu'il accompagna à Gênes. Rappelé en Écosse, il devint gouverneur du royaume en 1516; mais 11 le quitta pour suivre François I en Italie. Après la bataille de Peste, il revint se fixer en France, où il mourut en 1536.ALBANY (le comte d'), nom que prit le prétendant au trône d'Angleterre. V. STUART (Charles-Édouard).ALBANY (Caroline, comtesse d'),née à Mons en 1753, de la famille noble des Stolierg, épousa en 1772 le prétendant Charles-Édouard, qui avait pris le titre de comte d'Albany• mais cette union fut malheureuse et elle quitta le prince en 1780. Elle vécut depuis avec Alfieri, à qui sa beauté et son es-prit avaient inspiré la plus vive passion, et qu'elle épousa, dit-on , secrètement après la mort du comte d'Albany. Alfieri étant mort en 1803, la comtesse se retira à Florence, où elle se lia avec le peintre Fabre et où elle mourut en 1824. V. ALFIERI et FABRE (Fr.)
ALBARRACIN,v. d'Aragon (Téruel), à 28 kil. N. 0. deTéruel; 2500 hab. Ch.-l. de district, évêché. - Cette v. donne son nom à une chaîne de mont. située dans.la partie S. 0. de l'Aragon.ALBATEGNI, Albatenius astronome arabe du Lxe siècle, né à Batan en Mésopotamie, mort vers 929, fit de nombreuses observations, remarquables par leur exactitude, reconnut le déplacement de i chant aux Pyrénées. Les Espagnols y furent vaincus l'apogée du soleil, calcula les résultats de la précession des équinoxes, et fixa la durée de l'année à 365 j. 5 h. 46' 24". Il a laissé un traité de la Science des étoiles, trad. en latin à Nuremberg, 1537.
ALBE - 35 - ALBE
ALBAY,v. de l'île de Luçon, dans la partie espagnole, env. 20 000 hab. Détruite en 1814 par une éruption d'un volcan, et rebâtie peu après.ALBE, ALBE-LA-LONGUE, Alba Longa, v. fort anc. du Latium, à 20 kil. au S. E. de Rome, s'étendait du Ranc septentr. du mont Albain jusque sur la rive orient. de l'Albanus lacus. On en rapporte la fondation à Ascagne, fils d'Enée, qui y régna 8 ans (vers 1144-1136 av. J: C). On donne à ce prince 13 successeurs (V. l'Attas universel). On ajoute que la population surabondante d'Albe donna naissance à des colonies qui fondèrent plusieurs villes latines, et qu'Albe est ainsi la mère de Rome. L'an 89 de Rome (665 av. J.-C.), Albe fut prise et détruite ppar les Romains (V. TULLUS HOSTILIUS).-Le vin d'Albe était fort estimé à Rome. On recherchait aussi les pierres des environs : c'est en pierres d'Albe que sont construits les fondements du Capitole. - Pour le lac d'Albe, V. ALBANo.ALBE, v. d'Espagne. V. ALBA DE TORMES.ALBE JULIE. V. AKERMAN, CARLSBOURG et WEISSEMBOURG. - ALBE ROYALE. V. STUHLWEISSEMBOURG.ALBE (Ferd. Alvarez de TOLÈDE, duc d')2 général et homme d'État sous Charles-Quint et Philippe II, né en 1508, d'une des plus illustres familles d'Espagne. Parvenu après de longs services au commandement en chef des armées impériales, il déploya des talents supérieurs, qu'on n'avait pas soupçonnés Jlisclue-là, gagna en 1547 sur l'électeur• de Saxe la bataille de Mühlberg, et remporta plusieurs avantages en Lorraine sur les Français, et en Italie sur le pape. Il fut nommé en 1566 gouverneur ~1es Pays-Bas pour Philippe II, avec le titre de vice-roi, et investi d'un pouvoir absolu afin de réprimer les troubles qu'y avaient excités les dissensions religieuses : il établit,-à cet effet, sous le titre de Conseil des troubles, un tribunal qui déploya tant de rigueur qu'on ne l'appela que le Conseil de sang, et que tout le pays se souleva bientôt. Il rem-porta de grands avantages sur les insurgés, à la tête desquels s'était mis le prince d'Orange, mais il ne put les réduire entièrement; et, dégoûté d'une lutte perpétuelle, il finit par demander lui-même son rappel (1513). II quitta ce malheureux pays au bout de sept ans, après l'avoir hérissé de forteresses et inondé de sang, laissant la réputation d'un grand capitaine, mais d'un homme impitoyable. A son retour en Espagne, il resta pendant quelque temps en disgrâce; il fut même exilé par suite d'une intrigue de cour; mais en 1581, Phi-lippe le rappela pour le mettre à la tête d'une armée qu'il envoyait en Portugal. Leduc d'Albe réussit à soumettre le pays, chassa don Antonio, prince de Crato, qui avait été proclamé roi, et s'empara de Lisbonne; mais il y laissa commettre des cruautés qui souillèrent sa victoire. Il mourut peu après en 1582, à 74 ans. Sa vie a été publiée à Paris, 2, vol. in42, 1698. Le nom sous lequel il est connu lui vient de son château d'Alba-de-Tormès.ALBECK,village de Wurtemberg, à 10 kil. N. E. d'Ulm. Mack et 25 000 Autrichiens y furent défaits par 6000 Français en 1805.ALBEMARLE,v. de Normandie, auj. AUMALE (V. ce nom), donnait son nom à un duché. Le titre de duc d'Albemarle s'est conservé en Angleterre; mais il n'y est plus que nominal. Ce titre fut donné à Monk et à Van Keppel.ALBENGA,Alba Ingaunorum ou Albingaunum, v. des Etats sardes à 64 kiL S. 0. de Gênes, sur la Centa; 4000 hab. ~vêché.-Anc. capit. des Ingauni.ALBENS, ch-1. de c. (Savoie), arr. de Chambéry, à 30 k. N. N. É. d'Aix;1543 h. Antiquités; grains, bétail.ALBÉRËS, montagnes du Roussillon, se rattachant aux Pyrénées.Les Espagnols y furent vaincus par Dugommier les 27 et 30 avril 1794.ALBERGATI CAPACELLI (François, marquis),littérateur italien, né à Bologne vers 1740, mort en 1804, fut sénateur dans sa patrie. D'une imagination fougueuse, il se laissa entrainer aux plus blâmables excès et fit le malheur de sa famille. Passionné pour U comédie, il avait établi un théâtre dans son palais. On a de lui des Comédies, correctement écrites, et qui prouvent une grande connaissance des mœurs du temps, et des Nouvelles où l'on trouve trop de licence. La plus estimée de ses comédies est le Préjugé du faux honneur.ALBÉRIC I,gentilhomme lombard, fut fait marquis de Camerino puis duc de Spolète, par Bérenger 1, devenu roi d'Italie. Il épousa vers 906 Marosie, qui s'était emparée du château St-Ange et dominait à Rome, et devint ainsi maître d'une grande partie de l'Italie centrale. Il repoussa les Sarrasins, mais il appela les Hongrois pour le soutenir contre le pape Jean X, et fut massacré par les Romains, en 925, après la retraite des barbares.ALBÉRIC II, de Camerino, fils d'Albérie I et de Marosie, porta le titre de premier baron de Rome, fut reconnu en 932 seigneur de cette ville après en avoir chassé Hugues de Provence, roi d'Italie, 3° époux de sa mère, et y exerça pendant 23 ans un pouvoir dictatorial, avec les titres de patrice et de consul. Il était frère du pape Jean XI - Son fils Octavien Albéric lui succéda, et devint pape sous le nom de Jean XII. V. ce nom.ALBÉRIC,religieux de l'ordre ae 171teaux, qu'on croit avoir été moine de l'abbaye des Trois-Fontai-Des, vivait au xili` siècle. Il a laissé une Chronique qui: va depuis la création jusqu'en 1,141, imprimée dans les Historiens des Gaules et de la France.ALBERONI (Jules),cardinal, ministre du roi d'Espagne Philippe V, né en 1664, m. en 1752, à 88 ans, était fils d'un jardinier de Firenzuola près de Plaisance. Il dut sa fortune au duc de Vendôme, qu'il avait connu pendant les guerres d'Italie, et auquel il sut plaire par son esprit vif et enjoué. Il suivit ce seigneur en France, puis l'accompagna en Espagne, et s'y fit connaître avantageusement de Philippe V. Le duc de Parme l'ayant nommé son agent politique à Madrid, il réussit à marier Ume princesse de la la-mille du duc, Élisabeth Farnèse, au roi d'Espagne, et à faire éloigner la princesse des Ursins, qui avait été jusque-là toute puissante et à laquelle il avait lui-môme les plus grandes obligations. La jeune reine le fit nommer cardinal, grand d'Espagne, et premier ministre, 1715. Albéroni forma dés lors de vastes desseins en faveur de l'Espagne, voulut placer Philippe V sur le trône de France et mit toute l'Europe en mouvement. Mais le Juc d'Orléans, alors régent, s'étant ligué contre lui avec le roi d'Angleterre, déjoua tous ses projets, porta la guerre en Espagne, obtint plusieurs avantages sur terre et sur mer, et n'accorda la paix à Philippe V qu'à la condition qu'Albéroni serait renvoyé. Le premier ministre reçut en conséquence l'ordre de quitter l'Espagne (5 déc. 1719). Après avoir quelque temps erré de ville en ville, réduit à se cacher, il se rendit à Rome, où le pape Innocent XIII fit examiner sa conduite : il fut enfermé pour 4 ans dans un cou-vent; mais dès 1723, il fut rétabli dans tous ses droits de cardinal; il jouit môme d'une assez grande faveur à la cour de Rome jusqu'à sa mort.ALBERT, ch.-l. de tant. (Somme), à 23 kil. N. 0. de Péronne; 3433 hab. Anc. seigneurie, qui porta d'abord le nom d'Antre tV. ce mot),et dont le nom fut changé en celui d'Albert après la chute dumaréchal d'Antre et la transmission de la seigneurie à la maison d'Albert. Cette maison, issue des Alberti de Florence, s'était établie dans le Comtat Venaissin au commencement du xv° siècle. Ses principales branches sont celles des seigneurs de Luynes et de Chaulnes. V. ces noms.
ALBE - 36 -- ALBE
ALBERT (S.),évêque de Liège à la fin du mi, siècle, fut élu pour ses vertus, mais se vit persécuté par l'empereur Henri VI qui avait soutenu un autre candidat. ll se réfugia près de l'archevêque de Reims ,~t fut assassiné près de cette ville par des émissaires -le l'empereur (vers 1195). On l'lion. le 21 nov. - Religieux carme, né en 1212 à Trapani, m. en 1292, fut provincial de son ordre pour la Sicile et convertit un grand nombre de Juifs. On l'hon. le 8 août.ALBERT I, duc d'Autriche et empereur d'Allema-, gne, né en 1248, était fils de Rodolphe _de Habsbourg. Il eut pour concurrent à l'empire 'Adolphe de Nassau, qu'il vainquit et tua à la bataille dé'Gcelheim en 1298. Il eut de violents démêl6i-4verle Jupe Boniface VIII, au sujet de son électïdn'à.i'empire; mais ce pontife finit par le reconnaître: Il°sefit:dé= tester par son orgueil et sa tyranrilé;:'cefut sous-.son règne que la Suisse, opprimée par.Gebbier, sdn lieu= tenant, se rendit indépendante (p ~reis)üIl périt`éii 1308, au passage de la Reuss assassiné par des conjurés, à la tête desquels était Jean ?det,Sëùabe; son neveu, qu'il avait dépouillé de son patrimoine)
Passage mal scanné
ALBERT, dit l'Achille (pour Sa btWV6&ê)'ét 'ti 3s~ (pour sa prudence), électeur de` Bràiide%€tit dg 1471 à 1484, de la maison île' `Hchenzvllèls`1-; on7 tinuala guerre commencée par°soh'riréiléiinglcontre la Poméranie, se fit reconnaître suzerain de ce pays, et contribua beaucoup à l'aVendissement de sa maison.ALBERT, margrave de Brandebourg, puis duc de Prusse et grand maître de l'ordre Teutonique, né en 1490, m. en 1568,, renonça, en 1525; à son titre de grand maître et embr ssa ieLuthérànisme. En échange de la dignitéïrù'i ab ndoniiait: 11 mont deLyon, 1651, 21 vol. in-foi. L'Église l'honore le 15 novembre. M. Pouchet a écrit son Histoire, Paris, 1852.ALBERT, antipape. Y. PASCAL II.ALBERT (d') DE LUYNES. V.1 LUYNES.ALBERT DURER, peintre, V. DURER.ALBERT (le prince), ne en 1819, mort en 1861; était fils d'Ernest, duc de Saxe-Cobourg; reçut en Allemagne une éducation distinguée; devint en 1840 l'époux de la reine d'Angleterre Victoria, dont il eut huit enfants; fut naturalisé Anglais, puis nommé feld-maréchal et conseiller privé; se tint éloigné des affaires publiques, et se rendit populaire par son caractère aimable et élevé, et par la protection éclaire qu'il accordait aux lettres et aux beaux-arts.ALBERTI,une des plus anciennes familles de Florence, sortie comme les Médicis de la classe des négociants, disputa longtemps le pouvoir aux Médicis et aux Albizzi, et se fit remarquer par son zèle pour l'égalité républicaine. Benedetto Alberti en 1378 renversa la faction des Albizzi. Renversé à son tour (1381) par les Albizzi, il mourut en exil. Les Alberti furent rappelQs (1435) par les Médicis.ALBERTI (Léon-Baptiste), architecte de Florence, de la famille des Alberti, 1398-1484, se distingua à la fois dans la peinture, la sculpture, la littérature et les sciences. II orna de ses monuments Florence, Rome, Mantoue, Rimini, et rédigea sur l'architecture des ouvrages qui lui ont mérité le titre de Vitruve moderne. Il a composé des traités de morale, des poèmes et des fables. Son principal ouvrage, De re ædifcatoria, 1485, in-fol., a été traduit en français par Jean Martin, 1553, in-fol.ALBERTI (Léandre) ,provincial des Dominicains, ne à Bologne en 1479, mort en 1552, a laissé une histoire de son ordre, De viril illustribus ordinis Prcedicatorum, 1517; une Histoire de Bologne, en italien , et une Description de l'Italie, 1550.ALBERTI DE Vn.LANOVA (François), né à Nice en 1737, mort à Lucques en 1801, est auteur d'un Dictionnaire Italien-Français et (Français-Italien, très-estimé, dont il a donné lui-même 4 éditions; ladernière est de 1796, Marseille, 2 vol. in-4.Ilapublié en outre Dizionario universale critico enciclopedico della lingua italiana, Lucques, 1797.ALBERTINE (Ligne), branche cadette de la mai-son de Wettin, qui régne depuis trois siècles sur la Saxe, tire son nom d'Albert, 2e fils de l'électeur de Saxe Frédéric II , dont il partagea les États avec son frère aîné Ernest. V. ERNESTINE (Ligne).ALBERT-NYANZA, nom donné par Baker au lac Louta-Nzighé. V. ce nom.ALBERTVILLE, v. de France (Savoie) , eh-I. d'arr., à 60 k. E. N. E. de Chambéry; 4018 hab. Fonderie.ALBESTROFF, ch.-I. de c. (Meurthe-et-Moselle), à 36 kil. N. E. de Château-Salins; 755 bah. ALBI et ALBIGA. V. ALBY.ALBIGEOIS (1'),partie du grand gouvt de Languedoc, à l'0. rides Cévennes, entre cette chaîne, le Rouergue, le Quercy, l'Armagnac et le Haut-Languedoc. Alby en était le chef-lieu. Il forme auj. Parr. d'Alby et partie de celui de Gaillac (Tarn).ALBIGEOIS (les). On réunit sous ce nom aux xI° et XII* siècles tous les hérétiques du midi de la France, qui étaient la plupart imbus des erreurs des Manichéens; ils étaient répandus en Languedoc et en Provence, et occupaient principalement les V. d'Alby (d'où ils prirent leur nom), de Béziers, Carcassonne, Toulouse, Montauban, Avignon. Ils étaient soutenus par Raymond, comte de Toulouse, par Roger, vicomte de Béziers, ainsi que par les comtes de Foix et de Béarn. Le pape Alexandre III les excommunia au 31 concile de Latran, 1179; Innocent III prêcha contre eux une croisade, à la tête de laquelle il plaça Pierre de Castelnau, 1204, qui fut massacré en 1208, pins leslégats Milon et Arnaud Amalric, entin Simon de Montfort. Les Croisés s'emparèrent de Béziers en 1209 et y massacrèrent, dit-on, 60 000 h., n'épargnantmême pas les catholiques qui se trouvaient dans la ville ; Carcassonne ne tarda pas à tomber aussi entre leurs mains; Albi fut également prise en 1215, et, la même année, le comte de Toulouse fut dépouillé de ses États, qui furent donnés à Simon de Montfort. A la même époque Innocent III créait l'Inquisition pour extirper l'hérésie. En 1219, com menca une nouvelle croisade, qui fut commandes par Louis, fils de Philippe-Auguste (Louis VIII) : ce prince s'empara d'Avignon en 1220. La même année, fut signé à Meaux un traité qui mit fin à la guerre. Les Albigeois avaient été presque entièrement exterminés; ce qu'il en resta se confondit avec les Vau-dois. - Les Albigeois se donnaient à eux-mêmes le nom de Cathares (purs). Leur hérésie parait être originaire (le l'Orient : introduite d'abord dans les pays slaves (Hongrie et Bohême), elle pénétra vers 1030 en Lombardie; elle y fut promptement étouffée par l'archevêque de Milan, mais déjà elle avait envahi la France méridionale. Le P. Benoist de St-Dominique a donné une Histoire des Albigeois et des Vaudois, Paris, 1691. M. Schmidt a publ. en 1859 : Hist. et Doctrine de la secte des f'athares.ALBINGAUNUi1I, V. de Ligurie. V. ALBENGA.ALBINOVANUS (C. Pedo), poète latin du siècle d'Auguste, ami d'Ovide. preste de lui deux Élégies, la 11, sur la mort de Drusus, la 2e sur celle de Mécène, et quelques fragments d'un Voyage de Germanicus dans l'Océan septentrional. On les trouve dans les Poetx latini minores de Wernsdorf.ALBINTEMELIUII, v. de Ligurie, auj. VINTIMILLE.ALBINUS (Dec. Clodius Septimius),général romain sous Marc-Aurèle et Commode, commandait en Bretagne lors du meurtre de Pertinax, en 193. I1 se fit proclamer empereur en même temps que Septime-Sévère. Les deux rivaux parurent d'abord se concilier et partagèrent l'empire; mais ils se firent bientôt la guerre. Albinus, après quelques avantages, fut défait et pris auprès de Lyon, 197 : Sévère,, devant lequel il fut amené, lui fit trancher la tête,.ALBINUS,famille allemande qui a fourni plusieurs médecins distingués. Son vrai nom était Weiss, qui veut dire blanc, et qu'on latinisa par celui d'Albi-nus. Bernard Albinus, né en 1653, à Dessau, mort en 1721, enseigna la médecine avec distinction à Francfort-sur-l'Oder et à Leyde. On a de lui, entre autres mémoires, De corpuscules in sanguine contentis; De tarentulæ mira vi, etc.-Son fils, Bernard-Sigefroy Albinus, né à Francfort-sur-l'Oder en 1697, mort en 1770, étudia sous Boerhaave et Rau, enseigna pendant 50 ans à Leyde l'anatomie et la chirurgie avec le plus grand succès, fit faire de grands progrès à ces sciences et publia plusieurs traités d'anatomie, remarquables par leur exactitude : De oss ibus corporis humani, Lugduni Batav., 1726; Historia musculorum, 1734; De arteriis; De causa coloris Eihiopum., 1737.-Son frère, Christ. Bernard Albinub, 1696-1752, professa à Utrecht, et publia De anatome errores detegente in medicina, Utrecht, 1722 ; Specimen anatomicum intestinurum, etc., Lugd. Bat., 1722.ALBIOECI, peuple de la Gaule transalpine, faisait partie des Ligures et habitait les environs de Digne. Au temps de César, on les appelait Reii, et ils devaient avoir pour capitale Albiosc, lieu voisin de Riez.ALBION (du celte alb ou alp, mont.), nom indigène de la Grande-Bretagne, ou plutôt de la côte S. et S. E. de la Grande-Bretagne, s'est conservé longtemps, même après la domination romaine, et est encore d'usage en poésie.ALBION (NOUVELLE-), nom donné par Drake à le, Californie et à toute la côte N. 0. de l'Amérique septentr. ou Nouvelle-Californie, etc.Ce nom est auj. iestreint à la côte qui s'étend entre les 43 et 48° lat. ,.ALBIS, fleuve, auj. l'ELBE. V. ELBE.ALBIUS MONS, chaîne qui unissait les Alpes Ga-niques à l'Hémus • auj. monts DINARIQUES.ALBIZZI,famille puissante de Florence qui pendant les xiv^ et xv, siècles dirigea le parti. aristocratique et lutta contre celles des Médicis et des Alberti, -Pierre Albizzi, chef de cette famille, eut, la.principale part à l'administration de 13,72 à 1378, et périt victime de la faction opposée, au- moment:où il croyait star de la renverser. -Son neveüy Thomas Maso Albizzi, ramena sa famille, au; pouvoir et vengea sa mort. II gouverna aveo='gloire dé 1±382-. 1417 -Renaud Albizzi, fils de Maso;, parvenu au gouvernement en 1429, entraina Florence dans de folles entreprises et fut exilé en 1434, au rétour des Médicis. Avec lui finit l'importance de cette famille.
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ALBURNUS mons, ,}tonte di Postiglione, mont. de Lucanie, voisine de Paestum.ALBY, Albiga ch.-1. du dép. du Tarn, sur le Tarn, à 684 kil. dd Paris; 15 493 hab. Archevêché, tribunal de 1-inst., lycée, bibliothèq., musée. Promenade du Vigan'; avec une statue de Lapeyrouse. Industrie et commerce (surtout en blé et en vin). Aux environs, papeteries, laminerie, fonderie de boulets, etc.-Jadis ch. 1. des Ruteni provinciales' (dans l'Aquitaine 1De), puis du comté d'Alby et enfin de l'Albigeois. Détruite deux fois, par les Sarrasins, en 730, et lors de la croisade contre les Albigeois, en 1215. Il s'y tint en 1255 un concile pour l'entière extirpation de l'hérésie albigeoise. V. ALBIGEOIS.
[modifier] ALC
ALCAÇAR. V. ALCAZAR.ALCADE, de l'arabe al cadi, le juge, nom que portent en Eïjpague certains magistrats chargés de rendre la justice dans chaque ville, et dont les attributions tiennent à la fois de la police civile et de la police militaie. Ils portent comme marque de leurs fonctions une longue baguette blanche.ALCALA, nom d'une douzaine de villes d'Espagne, parmi lesquelles il faut remarquer :ALCALA DE HÉNARÈS, Complutum, sur le Hénarès, à 23 kil. N. E. de Madrid; 5700 hab. Patrie de Cervantès et de Solis. Université, fondée en 1498 par Ximenés, auj. supprimée; archevêché, cathédrale.ALCALA LA REAL; à 32 kil. S. 0. de Jaen; 7000 hab. Riche abbaye, fondée en 1340. Sébastiani y défit un corps de cavalerie espagnole en 1810.
ALCAMO, Y. de Sicile, à 37 kil. E. de Trapani; 16 000 hab. Aux env., ruines de Ségeste.ALCANIZ, v. d'Espagne, dans l'Aragon (Téruel), à 88 kil. S. E. de Saragosse; 5000 hab. Alun. Prise en 1809 par les Français, mais reprise bientôt après.ALCANTARA(en arabe le pont), la Norba Cæsarea ou Interamnium des anciens, Y. d'Espagne, sur la r. g. du Tage, à 80 kil. N. 0. de Cacérès; 3000 hab. Beau pont en pierres (construit sous Trajan). Laines, draps communs. -Alphonse IX roide Castille, prit cette ville sur les Maures en 1214 et en fit le ch.-I. de l'ordre d'Alcantara.ALCANTARA (ordre d'), ordre religieux et militaire institué en 1214 par Alphonse IX, roi de Castille, en mémoire de la prise d'Alcantara sur les Maures. Les membres de cet ordre sont soumis à la règle de St-Benoît, et portent une croix d'or verte fleurdelysée i avec un poirier sur leur écusson, parce que les premiers chevaliers choisis par Alphonse IX faisaient partie de l'ordre de St-Julien-du-Poirier, institué en 1176 par Fernand Gomez. La grande maîtrise de cet ordre a été réunie à la couronne en 1509, sous Ferdinand et Isabelle. Il avait pour ch.-1. Alcantara.ALCARAZ, v. d'Espagne (Manche), à 60 kil. S. 0. d'Albacète, sur le Guadalimar; 14 000 hab. Pierre I d'Aragon y battit les Maures en 1096. Alphonse VIII, de Castille, leur prit cette ville en 1213.ALCAZAR, mot arabe qui, veut dire Palais. On admire surtout les palais construits par les Maures à Ségovie, à Tolède, à Grenade et à Séville.ALCAZAR DE SAN-JUAN, v. d'Espagne, prou. de Ciudad-Real, à 70 kil. N. E. de cette v.; 6000 hab. Détruite par les Maures: acquise et relevée au xui, siècle par l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem.ALCAZAR DO SAL, Salacia, v. de Portugal (Estramadure), à 48 kil. S. E. de Sétubai; 2600 hab. Immenses salines aux env. Alphonse il, roi de Portugal, y vainquit les Maures en 1217.ALCAZAR-QUIVIR, c. -à-d. Grand-Palais, v. de l'empire de Maroc (Fez), à 25 kil E. de Larache. On y voyait un beau palais construit par Almanzor, roi de Maroc. Bataille livrée en 1578 aux Maures par le roi de Portugal Sébastien, qu~ y périt.
ALCÉE, Alcæus, père d'hmphitryon, l'époux d'Alcmène, était fils de Persée et régnait à Tirynthe Yers le xiv, siècle av. Il fut grand-père d'.Hercule, qui prit de lui le nom d'Alcide.-Fils d'Hercule. que ce héros eut en Lydie de la reine Omphale, ou selon d'autres, d'une suivante de la rein, fut la tige de la 2e race des rois de Lydie (les Héraclides), et commença à régner vers 1292 av. J.-C.ALcÉE, poète lyrique grec, né à Mitylène, dans l'île de Lesbos, florissait vers l'an 604 av. J.-C. et était contemporain de Sapho, pour laquelle il prouva, dit-on, un amour malheureux. Il se rendit redoutable par ses vers satiriques et s'attira le courroux du tyran de Mitylène, Piitacus, qui l'exila. Il se rangea dès lors parmi les ennemis de sa patrie, et s'arma contre elle; mais il abandonna lâchement ses armes dans le combat et prit la fuite; Après un long exil, pendant lequel il voyagea et visita l'Pgypte, il. fut compris dans une amnistie, et revint mourir à Mitylène. Alcée composa, outre ses invectives contre les tyrans, des hymnes des odes, des chansons, des épigrammes. Les meilleurs juges, Horace, Quintilien, font l'éloge de ses poésies, qui se distinguaient par la vigueur et l'originalité de la poésie, ainsi que par un ton vif et passionné. Il inventa le mètre qui fut appelé de son nom, vers alcaïque. Il ne nous reste de lui que quelques fragments épars dans Athénée et dans Suidas, recueillis par H. Étienne à la suite de son Pindare, et publiés à part, en 1810; à Halle, par Th. Fr. Stange, et, en 1827, à Leipsick, par A. Matthiæ. Ils ont été trad. _en fr. par Coupé, dans ses Soirées littéraires, et par Falconet, dans les Petits poëtes grecs du Panthéon littéraire.ALCESTE, fille de Pélias, et femme d'Admète, roi de Thessalie. Ce prince étant tombé malade,. Alceste consulta l'oracle, et le dieu répondit qu'il mourrait si quelqu'un ne se dévouait à la mort à sa place. Alceste se dévoua- mais Hercule, pour reconaître.l'hospitalité qu~il avait reçue d'Admète entreprit de la sauver : il descendit aux enfers, d'ou il l'arracha malgré Pluton, et la rendit à son époux. Le dévouement d'Alceste fait le sujet d'une des plus belles tragédies d'Euripide. Quinault et Lagrange-Chancel ont aussltraité ce sujet.ALCIAT (André),célèbre jurisconsulte italien, né près de Milan en 1492, mort en 1550, fut nommé professeur de droit à Avignon en 1521, et retourna après quelques années à Milan. Son talent et ses innovations l'exposèrent à la jalousie et aux persécutions des autres professeurs. Pour se soustraire à leurs attaques il se réfugia en France, où François I lui confia la chaire de Bourges; mais, sur les in-stances du duc de Milan, François Sforce, il retourna se fixer en Italie. Il y professa successivement à Pavie, à Bologne et à Ferrare. Alciat fut un des premiers jurisconsultes qui unirent l'étude de l'histoire à celle des lois, afin d'éclaircir l'une par l'autre. Ses ouvrages ont été imprimés à Lyon, 1560 5 vol. in-fol.; à Bâle, 1571, 6 vol. in-fol.; à Stralourg, 1616, 4 vol. in-fol., etc. Ils se composent principalement de traités de jurisprudence; mais on y trouve aussi des travaux de critique et de philosophie estimés, et, des ouvrages purement littéraires : on y remarque surtout ses Emblèmes, Emblematum libellas, recueil de petites pièces de vers latins sur des sujets moraux, souvent imprimé à part, et trad. en vers français par J. Lefebvre (15381arAneau (Lyon, 1549), et par Claude Mignaut (14.ALCIBIADE, célèbre général et homme d'État athénien, né l'an 450 av. J.-C., était filsde Clinias et neveu de Périclès. Il conçut de bonne heure le projet de succéder à son oncle dans le gouvernement de la république, et, pour satisfaire son ambition, entraîna ses concitoyens dans des entreprises tém& raires. Pendant la guerre du Péloponèse, il conseilla aux Athéniens de conquérir la Sicile, et fut chargée avec Niclas et Lamachus, de cette expédition qui devint si funetse à sa patrie (415). Les statues d'Hermès ayant été mutilés dans les rues d'Athènes la veille de son départ, on l'accusa de ce sacrilège; il fut condamné en son absance, ses biens furent confisués et il fut contraint de s'éloigner de sa patrie. Il se retira d'abord à Sparte, puis en Perse, auprès de Tissapherne, suscitant partout des ennemis aux Athéniens. Eappelé par eux néanmoins en 407, à la suite de quelques revers, il leur fit reprendre l'avantage, vainquit la flotte spartiate près d'Abydos et de Cyzique, et rentra triomphant; mais il encourut de nouveau la disgrâce de ses consitoyens à cause d'une défaite éprouvée près d'Ephèse par un ses lieutenants. Il se réfugia d'abord en Thrace, puis en Phrygie près du satrape Pharnanaze, mais celui-ci poussé par Lysandre, général lacédémonien, envoya contre lui des assassins qui mirent le feu à samaison et le firent périr, l'an 404 av. J.-C., Alicibiade montra alternativement toutes les vertus et tous les vices, il suivit d'abord les préceptes de Socrate, puis il se livra à tous les excès. La souplesse de son caractère ne le rendit pas moins célèbre que sa beauté et son éloquence; à Sparte, il vivait en Spartiate, en Perse, il étalait tout le luxe d'un satrape. Sa vie a été décrite par Plutarque et par Cornélius Nepos. Deux dialogues de Platon sont intitulés Alcibiade.
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ALCIDAMAS,sophiste et rhéteur grec natif d'Elée en Eolie, disciple de Gorgias, vivait vers 424 av. J.-C. Il reste de lui deux harangues:l'une d'Ulysse contre Palamède, l'autre contre les rhéteurs du temps. On les trouve des nes recueils de Reiske (t VIII p.64) et dans la Biblioth græca de Didot. L'abbée Auge en a donné une traduction franc. à la suite de celle d'Isocrate.ALCIDAMIDAS,général des Messéniens, qui, après la prise d'Ithom par les Spartiates, conduisit uen colonie à Rhegium vers 723 av. J.-C.ALICDE,nom fréquemment donné à Hercule parce qu'il était petit fils d'Alcée, roi de Tirynthe. Ce nom pourrait aussi dériver du grec alke forceALCIMEgrand prêtre des Juifs, 163 av-JC a usurpé cette dignité avec l'aide d'Antiochus Eupator, roi de Syrie, malgré l'opposition de Judas Machabée. Il attira les plus grands maux sur la Judée, et mourut d'une paralysie après 3 ans de pontificat.ALCIONOUS, roi des Phéaciens, dans l'île de Corcyre), accueillit Ulysse à son retour de Troie. Il avait pour fille la belle Nausicaa et possédait des jardins magnifiques qu'Homère a célébré dans l'Odyssée.ALCINOUS,philosophe platonicien du IIe siècle après J-C a laissé une Introduction à la doctrine de Platon, qui a été traduite en latin par Marsile Ficin à Venis, 1497, et par D. Lampin, Paris, 1567 et mise en franc. par Combes-Dounous, 1800.ALCIPHRON, écrivain frec du IIIe ou du VIe siècle après J-C, a laissé des lettres supposées de pêcheurs, de parasites, de courtisanes, etc. écrites dans un style élégant et fleuri, mais souvent déclamatoire où l'on trouve des détails curieux sur les mœurs et les usages de la Grèce. Elles ont été publiées par Berfier, grec, latin avec notes, Leips, 1709; par J.A. Wagner, Leips, 1798; par A. Meinecke et par Seiler, Leips, 1853 et trad en fr. par l'abbé Richard, 1785.ALCIRA,Sucro sous les Carthaginois, Sætabicula des Romains, Algezirah des Arabes, v. d'Espagne (Valence) à 35 kil. S.O. de Valence, dans une île du Xucar, 9000 hab. Territoire fertile, mûriers.ALCMAN, poète grec né à Sardes en Lydie, florissait vers 670 av. J.-C. et obtint le titre de citoyen de SParte. Il mourut, dit-on, de la maladie podiculaire par suite des excès auxquels il s'était abandonné. Il avait composé dans le dialecte doride six livres de chants lyriques, que les anciens admiraient et qu'Horace a quelquefois imités. Il ne nous reste qu'un petit nombre de fragments, cités par Plutarque et Athénée. Ils ont été recueills par H.Etienne, dans son Recueil des lyriques grecs, réimprimés dans les Poëtes grecs de la collection de Didot et publiés à part par Fr-Th. Welcker, Glessen, 1815. Ils ont été traduits en franc. par Coupé dans les soirées littéraies, t. VII et par Falcomet dans les Petits poëtes grecs du Panthéon littéraire, 1840.ALCMÈNE, femme d'Amphytrion, roi de Tirynthé, était fille d'Electryon, prince d'Argos, et se faisait remarque, par sa beauté. Selon la fable, Jupitre prit pour la séduire, les traits de son mari et la rendit mère d'Hercule (V. AMPHYTRION)ALCMÉON, fils du devin Amphiarus et d'Eriphyle, vengea son père, tué au siège de Thèbes en faisant périr sa propre mère qui avait été cause de cette mort (V. AMPHIARAUS). Agité par les Furies après ce meurtre, il se fit purifier par Phégée, roi d'Aracadie, dont il épousa la fille Alphésibée: mais ayant abandonné cette princesse pour Callirhoé, fille d'Acheloush, il fut tué par les frères de la première.ALCMEON tige des Alcméonides V. ce nomALCMEON,13e et dernier archonte perpétuel d'Athènes, de l'illustre famille des Alcméonides, gouvrena pendant les années 756 et755 av. J.-C. Après lui les archontes ne furent nommés que pour 10 ans.ALCMEON, philosophe pythagoricien, disciple d'Archytas, né à Crotone vers 500 av. J.-C., écrivit sur la nature de l'âme et sur la médecine. Il est le premierqui ait disséqué des animaux. On lui doit une décade pythagoricienne, elle se compose de dix attributs fondamentaux dont chacun a son contraire, comme pair et impair, fini et infini, un et multiple, bien et mal, repos et mouvement, etc.ALCMEONIDES, famille noble et puissante d'Athènes, descendait d'un Alcméon, petit-fils de Nestor, qui, chassé de Pylos avec toute sa famille par les Héraclides, lors de la conquête qu'ils firent du Péloponèse, vint se réfugier à Athènes. Les Alcméonides furent longtemps en possession des plus hautes charges, mais ils furent chassés d'Athènes après le meurtre de Cylon commis par Megacles, l'un deux (612 av. J.-C.) Ils rentrèrent bientôt et s'opposèrent d'abord à l'usurpation de Pisistrate, mais ils finirent par s'allier à lui. Clisthène, Périclès, Clinias, et Alicibiade appartenaient à cette famille.
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ALEXANDRE IV, dit Aigus, fils posthume d'Alexandre le Grand, avait pour mère Roxane, eprincesse persane. Il porta un instant le titre de roi sous la tutelle de Philippe Arrhidée : Cassandre le fit tuer en 311.ALEXANDRE v, fils de Cassandre, régna d'abord avec son frère Antipater (298-294), mals ne tarda pas d se brouiller avec lui et périt e mort violente.ALEXANDRE, tyran de Phéres en Thessalie, l'an 369 av. J.-C., fameux par ses cruautés, prit par trahison Pélopidas, général thébain, fut forcé par Épaminondas de lui rendre la libeitè, et fut battu par Pélopidas mémeà Cynocéphales, oùpériteehéros (365). Odieux à tous, il fut tué par Thébé, sa propre femme, 357 av. J.-C.ALEXANDRE BALA, Rhodien, usurpateur du trône de Syrie, se fit passer pour fils d'Antiochus-Epiphane, et réussit, avec le secours de Ptolémée-PhIlométor, roi d'Égypte, à détrôner Démétrius-Soter, l'an 149 av. J: C. Il fut peu après abandonné par ce prince qu'il avait trahi, et fut lui-même détrôné par Démétrius-Nicator, 144 ans av. J.-C.ALEXANDRE ZÉBINA fils d'un fripier d'Alexandrie, se fit passer pour le fils d'Alexandre Bala, et, soutenu par Ptolémée-Physcon, roi d'Égypte, usurpa le trône sur Démétrius-Nicator, l'an 125 av. J.-C. Quatre ans après, il fut mis à mort par Antiochus Gr us, fils de Nicator.ALEXANDRE JANNÉE, roi de Judée, succéda à son frère Aristobule, l'an 106 av. J.-C., et fit avec quelque succès la guerre aux rois de Syrie - mais il se fit détester par ses crimes, et fut chassd de son royaume. Rentré dans Jérusalem après six ans d'une guerre opiniâtre, il se vengea par les plus atroces exécutions. Il mourut l'an 19 av. J.-C. , laissant le gouvernement à sa veuve Alexandra.ALEXANDRE SÉVÉRE1 M. Aurelius Alexander Severus, empereur romain, né à Acco, en Phénicie, vers l'an 209, avait pour mère Julie Mammée, et était cousin d'Héliogabale. Il fut adopté par ce prince et fut proclamé empereur en 222 quoiqu'il eût à peine 14 ans. Il choisit pour préfet du prétoire le jurisconsulte Ulpien, réforma les abus, rétablit la discipline encouragea les lettres et se montra favorable aux CÈrétiens : dans sa tolérance universelle, il placait les images d'Abraham et de Jésus à côté de celles des dieux du paganisme. Il fit, mais sans grands résultats, une expédition contre Artaxerce, roi des Perses (232); il s'occupa ensuite de soumettre les Germains; mais ayant voulu d'abord rétablir ladiscipline, il fut assassiné par ses soldats, à l'instigation de Maximin, qui s'empara du trône, 235. Ce prince était d'une sévérité extrême : c'est de là que vient son surnomALEXANDRE, empereur d'Orient en 911, était fils de l'empereur Basile le Macédonien et frère de Léon le Philosophe, qui le précéda sur le trône. Il termina, au bout d'un an de régne, une vie qui avait été funeste à l'Etat, et dégradée par des vices honteux.ALEXANDRE i, roi d'Écosse de 1107 à 1124, fut sévère jusqu'à la cruauté, ce qui le fit surnommer le Farouche. Le nord du royaume s'étant insurgé, il vainquit les rebelles, fit périr les chefs, et régna ensuite paisiblement.ALEXANDRE II, roi d'Écosse de 1214 à 1249, fils de Guillaume le Lion, s'allia pour faire la guerre aux Anglais, avec Louis de France, qui disputait le trône à Jean-Sans-Terre, ce qui fit mettre son royaume en interdit par le pape. Mais il éppousaensuite Jeanne, fille du roi Jean et soeur du roi d'Angleterre Henri III, et la paix fut rétablie.,ALEXANDRE III, fils du précédent, roi d'Écosse de 1249 à 1286, fut placé sur le trône dés l'âge de 8 ans. Il défit les Norwégiens, qui avaient envahi ses États. Il n'en donna pas moins dans la suite sa filleen mariage au prince-Éric, depuis roi de Norwége. II périt à la chasse et fut regretté.ALEXANDRE JAGELLON, grand-duc de Lithuanie, élu roi de Pologne en 1501 mort en 1506 réunit les deux États en un seul. Indolent et faible, il abandonna l'autorité à unfavori nommé Glinski.ALEXANDRE NEWSKY (S.), grand-duc de Russie fils du grand-duc Iaroslav Il, né en 1218, fut d'abord gouverneur de Novogorod et régna ensuite avec le titre de grand duc sur Kiev et Vladimir (1252-63). Il gagna en 1240 sur les Suédois les Danois et les Chevaliers Teutoniques réunis la bataille-de laNéva (ce qui lui valut son surnom d@ Neuslty), vaingtit aussi les Tartarés, affranchit _la Moscovie du tribut que lui avaient imposé les'successeurs de Gengis-Khan et gouverna avec une sagesse qui le fit universellement regretter. La reconnaissance nationale Paplacé au rang des saints de l'Église russe.-Pierre le Grand institua sous son nom, en 1714, un ordre de chevalerie, dont l'insigne est une croix rouge émaillée, avec des aigles d'or, suspendue à- un ru-ban ponceau : au milieu de la croix est S. Alexandre à cheval, foulant aux pieds un dragon.ALEXANDRE I PAULOwITZ, empereur de Russie, fils de Paul I et petit-fils dé Catherine II, né en 1777, eut pour précepteur le.colonel Laharpe, qui l'éleva dans des idées fort libérales, et monta sur le trône en 1801, après la sanglante catastrophe qui enleva à son père le trône et la vie, catastrophe qu'il ne put empêcher. Dès les premiers jours de son règne, il rappela une foule de bannis, abolit la censure, la confiscation, la torture, et réduisit les- impôts; il s'occupa ensuite de faire fleurirleslettres etles arts, fonda plusieurs Universités, réforma le code criminel, et donna une nouvelle organisation au sénat, qu'il constitua en haute cour de justice. Il forma, en 1805, avec la Grande-Bretagne, une coalition contre la France, dans laquelle entrèrent ensuite l'Autriche, la Prusse et la Suède. Après avoir perdu les batailles d'Austerlitz (2 décembre 1805), d'Eylau (8 février 1807), et de Friedland (14 juin 1807), il se vit contraint à demander la paix, et à la suited'une entrevue célèbre avec Napoléon sur IeNiémen, il signa le traité de Tilsitt (7 juillet 1807), )par lequel il reconnaissait toutes les conquêtes del Empereur et adhérait au blocus continental. En paix avec la France Alexandre s'occupa d'étendre ses États : il enleva fa Finlande àlaSuède, 1808, et conquit plu-sieurs provinces sur la Perse et sur la Turquie, 1809, 1810. Ayant refusé de remplir certaines conditions de son traité avec la France, :qui lui semblaient trop onéreuses, il s'attira de nouveau la guerre avec Napoléon, 181. Il éprouva d'abord plusieurs revers ,lierdit les batailles de Smolensket de la Moskowa; mais bientôt; la disette de vivres et sur-tout la rigueur du climat ayant forcé les Français à opérer une retraite désastreuse, Alexandre adressa de Varsovie à tous_ les souverains de l'Europe une proclamation par laquelle il les appelait aux armes (février 1813), et forma une nouvelle coalition, dans laquelle entrèrent successivement l'Angleterre, la Suède, la Prusse et l'Autriche. Aprèsaivoir été battus à Bautzen, à Lutzen, à Wurtschen et à Dresde, les alliés gagnèrent la bataillé décisive _de Leippsick (octobre 1813), qui leur ouvrit les portes de la France; et, malgré les prodiges de valeur de Napoléon et de ses généraux, ils purent pénétrer jusqu'à. Paris. Alexandre qui jouait le principal rôle, entra dans cette capitaie avec les troupes confédérées, le 31 mars 1814 : il s'y conduisit en pacificateur plutôt qu'en conquérants replaça sur le trône la famille des Bourbons t et signa avec Louis XVIII un traité qui assurait la paix générale (30 mai), et garantis-sait à la France l'intégrité de son territoire primitif. 11 se rendit, en novembre 1814, au congrès de Vienne, et s'y fit adjuger la Pologne. A la nouvelle du retour de Napoléon en France, il reprit les armes et marcha de nouveau sur Paris, mais il ne put arriver qu'après la bataille de Waterloo, en juillet né à Candie. De pauvre mendiant il devint 1815. Moins bien disposé cette fois, il prit part aux docteur de Sorbonne, évêque de Novare mesures rigoureuses qui imposèrent à la France que de Milan, et fut élu pape au çonci d'immenses sacrifices; toutefois il s'opposa au dé- pour terminer un schisme que sa-nbmiil, :nembrement du pays et préserva plusieurs monu- que prolonger en ajoutant un.3atprét"tilla inents qu'on voulait détruire. Trots ans après, au
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ALEXANDRE d'Aphrodisie,philosophe péripatéticien, né à Aphrodisie en Carie vers la fin du iii siècle après JC, enseigna à Alexandrie vers le temps de Septime-Sévère et rétablit dans sa pureté la doctrine d'Aristote. Il a laissé sur presque toutes les parties aies écrits de ce philosophe d'excellents commentaires, dont plusieurs ont été tral eulatin et publiés à Venise, 1489, et à Munich, 1842, et dont queldttesuns sont restés manuscrits. Il a en outre écrit en son propre nom des Traités de l'âme, sur la Fatalité et sur la Liberté. Ses doctrines furent plus tard combattues par Averroës, ce qui partagea l'école en deux sectes, les Alexandristes et les Averro'istes.ALEXANDRE de Tralles,médecin grec, né à Tralles en Lydie, florissait dans le vi, siècle, sous Justinien, et recommandait la médecine expectante. Ii a laissé us excellent ouvrage qui a été traduit et imprimé sous ce titre : De arte medicalibri III, gr. et lat., ex interpret. Jo. Gruinterii Andernaci, necnon Jac. Goupgli castigationibus, Basileæ, 1566, in-8, et édité par Haller, Lausanne, 1772.ALEXANDRE de Bernay,natif de Bernay en Normandie, dit aussi Alexandre de Paris -parce qu'il vécut à Paris, florissait dans la seconde moitié du xtt° siècle. Il continua le roman d'Alexandre commencé par Lambert-li-Cors, où fut employé pour la première fois le grand vers qui fut de là nommé alexandrin (imprimé à Stuttgard, par Michelant, 1845). Alexandre a composé lui-môme quelques autres romans, restés manuscrits : Athis, Hélène, Brison.ALEXANDRE de Villedieu,Al. de villa Dei, grammairien duxut^ s., natif de Villedieuen Normandie, tint école à Pans et composa en 1209, sous le titre de Doctrinale Vuerorum, une grammaire en vers hexamètres qui fut longtemps classique. Il avait également mis en vers techniques la Sphère, l'A•rithmétique, le Calendrier et l'Écriture sainte.ALEXANDRE de Halesou Ales (ainsi appelé d'un monastère du comté de Glocester où il fut élevé), philosophe et théologien anglais, surnommé le Docteur irréfragable, étudia à Paris, entra chez les frères Mineurs en 1222 et mourut en 1245. Il enseigna avec succès la philosophie scolastique à Parts et fut un des premiers à mettre à profit les traductions d•Aristote faites par les Arabes. Il est auteur d'une Summa theologax, Nuremb., 1484, et d'un Commentaire sur les sentences de Pierre Lombard, Venise, 1475.ALEXANDRE (Noël),savant dominicain, né à Rouen en 1639, mort à Paris en 1724, était janséniste et écrivit contre la bulle Unigenitus. Son principal ouvrage est une grande Hi3toire ecclésiastique en lat., publiée d'abord à Paris en 24, vol. in-8, de 1676 à 1686, réimprimée à Venise en 1749 en 8 vol in-fol. Cette histoire fût condamnée à Rome.ALEXANDRESCHATA, Alexandrie ultima, o.&-d. l'Alexandrie la plus reculée, v. fondée par Alexandre chez les Scythes, sur l'Iaxarte, au N. E. de l'Asie connue des anciens, est attj. xuoDJEND.ALEXANDRETTE, l'Alexandria minor ou Alexandria ad Issum des anciens, l'Iskanderoun des Turcs, Y. de la Turquie d'Asie (Syrie), à 124 kil. 0. d'Alep, à laquelle elle sert de port est située à l'angle N. E. de la Méditerranée, à l'embouchure d'une petite. riv.ALEXANDRIE, Alexandria sous les Grecs, Iskanderiela chez les Arabes, v. et port d'Égypte, dans la Basse-Égypte, sur une langue de terre qui s'étend entre la Méditerranée et l'ancien lac Maréotis, à 182 kil N. 0. du Caire. Elle a 2 ports t le port vieux et le port neuf • elle communique avec le Caire par un canal qui dibouche dans la branche la plus occidentale du Nil, et depuis 1853 par un chemin de fer. La v., jadis très-peuplée ne comptait guère au commencement de ce siècle que 30006 hab.; on en porte auj. le nombreà300 000. Elle est l'entrepôt du commerce de l'Europe avec l'Égypte; toutes les puis-sauces européennes y ont des consuls. Outre une foule de restes curieux de l'antiquité, on y remarque de belles constrictions modernes : le palais-du vice-roi, la mosquée des mille colonnes les fortifications et l'arsenal de la marine. - Âlexandrie, qui sous les Pharaons n'était qu'un village nommé 1lacoudah ou. Rakôtis fut fondée en 332 av. J: C. par Alexandre le Grand, qui voulait en faire l'entrepôt du commerce entre l'Orient -et l'O.coident; elle fut la tapit. de l'Egypte sous les Ptolémées et les Romains. Elle se composait de 2 quartiers : Rakotis ou quartier du peuple, et le Bruchium ou quartier des palais. On y remarquait un- phare magnifique, placé dans une petite lle, ointe à la v. par un mâle de près de 1300m;., des palais somptueux, le temple de Sérapis, tout en marbre, une bibliothèque immense, la plus riche qu'il y eât au monde (on y comptait 700000 rouleaux ou volumes), le Musée, sorte d'académie ou les savants de toute espèce étaient entretenus `aux déppens de l'État; un vaste hippodrome, plusieurs obélisques et colonnes, parmi lesquelles la colonne de Pompée, les deux aiguilles de Cléopatre, etc. C'était la première ville du monde après Rome : on comptait au temps de sa splendeur, 900 000 hab., parmi lesquels un grand nombre de Juifs. Elle fut un des berceaux du Christianisme : elle avait un archevêque qui prenait le titre de patriarche. Plusieurs hérésies y prirent naissance, et elle devint le théâtre de querelles théologiques qui l'ensanglantèrent souvent. Les Alexandrins étaient turbulents; ils se révoltèrent plusieurs fois sous les Ptolémées et sous les Romains : César eut à y ré-primer, l'an 47 av. J.-C., une insurrection, terrible; la bibliothèque fut entièrement consumée dans cette circonstance. Alexandrie tomba, avec toute l'É-gypte, au pouvoir des Romains l'an 30 av. J.-C. Cette ville eut à subir sous les empereurs plusieurs massacres qui la dépeuplèrent peu à peu. En 611, Chosroês II, rot de Perse, s'en empara, mais son -fils la rendit aux empereurs. En 640, les Arabes con-duits par Amrou` lieutenant d'Omar, la prirent et achevèrent la destruction des monuments et de la célèbre bibliothèque. Les Turcs la prirent en 868 et 1517 et ils l'ont gardée depuis. Sous.la.domiuation des Musulmans elle n'a fait que dépérir; la décQuverte du passage aux Indes par le Cap acheva sa ruine; son enceinte a diminué graduellement avec sa population. Les Français la prirent sans peine en 1798 et la gardèrent jusqu'en 1801; les Anglais Poccupèrent de 1801 à 1803. Alexandrie s'est relevée sous Méhémet-Ali et ses successeurs.ALEXANDRIE DE LA PAILLE,v. de lItalie sept., ch: 1. de la prov. du môme nom, sur le Tanaro, à 70 kil. S.E. de Turin; 65 000 hab. Evéclié, académie belle dite des 1`mmobili. Fortifications: puissantes; cathédrale' é lises de St-Laurent et St-Alexandre; ..casernes, 1éÎtre; bibliothèque - chem. de fer pour Turin et Gênes; Fabriques de toiles draps, soieries, bougies - Cette v. fut construite à la hôte en bois et en chaume, en 1168, par la ligue lombarde pour s'opposer à Frédéric Barberousse, et reçut le nom d'Alexandrie en Phonneur du pape Alexandre III, qui régnait alors Frédéric l'appela par dérision Al. e la Paille, nom qui lui est resté. Li e fut cédée en 1707 par Joseph! à la Savoie,; elle apppartint aux Français de 1796 à 1814 et fut ch.-1. du dép. de Marengo.-La prov. dUiexandrie, entre celles de Tortona,• de Novi et d'Asti, compte 102 000 hab.On connaît beaucoup d'autres v. de.-ce nom :Chez les anciens on en comptait plus de 70, ainsi nommées en l'honneur d'Alexandre le Grand, qui les avait fondées colonisées soit agrandies; entre autres, en Arachosie, sur l'Arachote, auj. KANDAHAR -en Arie, auj. HÉRAT -en Asie-Mineure, auj. ALEXANDRETTE; -en Bactriane, sur l'Oxus, auj sALi-soRAï; -en Chaldée, auj. MEschED-ALi -en Chypre, sur la côte N.; -danes l'Inde, au-près du Paropamisus, sur le Choès : les ruines de cette ville, retrouvées en 1833 par M. Mason, portent le nom de Chehr-iounan ;et une autre au confluent de l'Indus et de l'Acesinès, auj. VEH ou MITTAN; -en Sogdiane, appelée Alexandreschata (Y. ce nom); -en Susiane, à 1 emb. du Tigre (Y.cHARAx); - en Troade, auj. ESKI-STAMBOUL.Chez les modernes, on en trouve plusieurs en Russie, où elles ont reçu ce nom en l'honneur d'Alexandre I, ainsi qu'aux États-Unis : la principale de celles-ci est un ch: 1. de comté dans l'Etat de Virginie, sur la r. dr. du Potomac, à 9 kil. au-dessous de Washington; 9000 hab. Port. Rues alignées et se coupant à angle droit; canal, chemin de fer.
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ALEXANDRIE (École philosophique d'). On désigne sous ce nom l'école des nouveaux Platoniciens, fondée à Alexandrie, en Égypte, à la fin du H° siècle de notre ère, par Ammomus Saccas, et dont les philosophes les plus éminents sont Plotin, Porphyre, Jamblique et Proclus (V. ces noms). Le caractère de cette école est un éclectisme danslequel dominent la philosophie platonicienne et le mysticisme. Plusieurs des philosophes que l'on nomme Alexandrins à cause de l'unité de leur doctrine ont enseigné à Rome et à Athènes, et non à Alexandrie. Cette école philosophique, qu'il ne faut pas confondre avec l'école littéraire d'Alexandrie connue sousle nom de Musée (V. ce nom), fut fermée, comme toutes les écoles païennes, en 529, par Justinien. Son histoire a été écrite par M. J. Simon et M. Vacherot.ALEXANDRINS. Y. ALEXANDRIE (École d').ALEXIS,poëte grec, natif de Thurium, oncle de Ménandre, florissait à Athènes vers 360 av. J: C. Il avait composé 245 comédies dans le genre de la comédie moyenne; il n'en reste que peu de fragments (dans les Excerpia de Grotius). On lui doit le caractère du Parasite.ALEXIS (S.), né à Rome vers l'an 350 de J: C., était, selon Métaphraste, fils d'un sénateur romain. Il quitta sa femme et sa famille le jour même de ses noces pour se vouer à la vie monastique. On le fête le 17 juillet. On prétend que son nom, qui veut dire guérisseur, vient de nombreuses guérisons dues à son intercession.-L'Église bon. le 15 janv. un autre S. Alexis, Confesseur de la foi au v, siècle, qu'on croit le même que S. Jean Chalybite.ALEXIS Ier COMNÈNE, empereur d'Orient, né à Constantinople en 1048, était fils de Jean Comnène, frère de l'empereur Isaac Comnène. Il usurpa l'empire sur Nicéphore Botoniate en 1081. Il battit les Turcs, mais fut battu par les Normands, que commandait Robert Guiscard. Lorsque les Croisés, qu'il avait appelés lui-même, traversèrent son empire, il observa mal le traité fait avec eux, et ramena ses troupes qui les avaient accompagnés pour assiéger Antioche. Cependant il racheta des mains des Musulmans les prisonniers faits sur les Croisés et reçut les Francais avec magnificence lorsqu'ils revinrent à Constantinople. 11 profita de leurs succès pour reprendre aux Turcs Nicée et toute la partie occid. de l'Asie-Mineure. Il mourut en 1118. Sa fille Anne a écrit son histoire.ALEXIS Il COMNÉNE, fils de Manuel Comnène, succéda à cet empereur à l'àge de 12 ans, en 1180, et fut mis sous la tutelle de Marie, sa mère, dont les déportements provoquèrent une révolte. Andronie Comnène, nommé régent, fit couronner le jeune prince, et se fit associer par lui, mais il ne tarda pas à le faire étrangler, 1183. Alexis avait épousé une princesse française, Agnès, fille de Louis VII.ALEXIS III, L'ANGE, frère d'Isaac l'Ange, empereur de Constantinople, se révolta contre ce prince, le détrôna en 1195, et lui fit crever les yeux. Il fut obligé de faire une paix honteuse avec les Turcs et ies Bulgares, et fut bientôt chassé lui-même du trône par Alexis le Jeune, son neveu, qui appela les Croisés à son secours. Ceux-ci s'étant emparés de Constantinople, 1203, Alexis l'Ange prit la fuite; il erra pendant plusieurs années de ville en ville,et fut enfin arrêté en Asie en 1210 par Théodore Lascaris, son propre gendre, qui l'enferma dans un monastère, où il termina ses jours.ALEXIS iv, dit le Jeune, fils d'Isaac l'Ange, fut placé sur le trône par les Croisés en 1203 (Y. l'article précédent) tira son père de la prison où l'avait jeté Alexis l'Ange, et le prit pour collègue. La nécessité de donner de grosses sommes aux Croisés, pour reconnaître leurs services, fit révolter ses peuples : Alexis IV fut, au bout de 6 mois de règne, détrôné et étranglé par Ducas Murzuphle (Alexis V).ALEXIS V, DueÀS, surnommé b7ur; uphle (sourcils épais), s'empara du trône en 1204, après en avoir précipité Alexis IV. Il ne régna que quelques mois et fut détrôné à son tour par les Croisés, auxquels il avait témérairement déclaré la guerre, et qui prirent une 2e foià Constantinople. Baudoum, comte de Flandres, qui commandait les Croisés, se fit élire à sa place, etl s'étant emparé de sa personne, le fit précipiter d une haute colonne à Constantinople, comme coupable du meurtre -de son souverain.ALEXIS MICHAELOwITZ, czar de Moscovie, succéda en 1645 à son père Michel, et fit d'utiles réformes. Son règne, assez glorieux du reste, fut troublé par des guerres intestines et étrangères. Il dompta des partis de Cosaques révoltés, battit les Polonais et fit avec eux une paix qui lui assura Smolensk, Kiev et l'Ukraine, mais fut battu parles Suédois. I1 secourut Jean Sobieski à la journée de Chockzim en 1673 et m. en 1676. Il s'était mis inutilement surfes rangs pour être élu roi de Pologne à la mort de Michel Koribut. Il est le père du célèbre Pierre I.ALEXIS PÉTROWITZ, fils du czar Pierre le Grand, né à Moscou en 1690. Son père, irrité de ce qu'il se montrait contraire à ses projets de civilisation, l'éloigna de sa cour• puis, ayant appris qu'il conspirait, il le fit condamner à mort, 1718. Alexis fut gracié, mais il mourut peu après dans sa prison; on crut qu'il avait été empoisonné : son fils régna sous le nom de Pierre II.ALEXIS (Guillaume), surnommé le Bon Moine, B& nédictin du xv, siècle, abbé de Lire près d'Evreux. On a de lui, entre autres ouvrages curieux, le Blason des fausses amours, Paris, 1493, recueil de contes en vers, dont La Fontaine faisait grand cas.-ALFARABI (IBN TARKAN, dit),philosophe arabe du x, siècle, né à Farab, v. de la Transoxiane, d'où il prit son nom, mort vers 950, avait approfondi toutes les sciences et tous les arts de son temps, et fut appelé le Second instituteur de l'intelligence. Son éloquence, ses talents dans la musique et la poésie lui concilièrent l'estime du sultan de Syrie, Seïf-ed-Daulah, qui voulut l'attacher à, sa cour; mais Alfarabi s'en excusa et partit : il fut tué par des voleurs en route. Selon une autre version, il passa la plus grande partie de sa vie à la cour de Syrie, pensionné par le prince. Alfarabi fut un des premiers à étudier, à commenter et à répandre parmi les Arabes la connaissance d'Aristote. Ses deux principaux ouvrages sont une Encyclopédie, qui0 se trouve manuscrite à l'Escurial, et un Traité de musique. On a publié à Paris, en 1638, ses Opuscula varia, dans lesquels on trouve un Traité sur les sciences et un Traité sur l'entendement où il développe la doctrine d'Aristote sur ce point. Les originaux de plusieurs de ses ouvrages sont perdus, mais il en subsiste des versions hébraïques. Il fut le maître d'Avicenne.ALFARO (Jean de),peintre espagnol, né à Cor-doue en 1640, m. à Madrid •en 1680, étudia sous Velasquez. 11 a fait des tableaux d'histoire, des portraits et de petites effigies à l'huile qui sont très-estimées : c'est lui qui exécuta l'image de Calderon de la Barca, que l'on mit sur le tombeau du poëte, à Cordoue. Le plus souvent il se bornait, par paresse, à copier des gravures.ALFERGANI (Ahmet Kotsair),astronome. arabe, natif de Ferganah dans la Sogdiane, vivait au lx* ,iècle, sous Al-,Mamoun, et m. en 830. II prit part à la révision des Tables astronomiques de Ptolémée et composa, outre une Introductionà l'astronomie, qui' a été trad. en latin par Golius, 1669, deux autres' ouvrages, sur les cadrans solaires et Pastrolabe.
ACR - 48 - ALGX
ALFIERI le comte Victor),célébre poète tragique italien né à Asti en Piémont, en 1749, d'une famille noble et ancienne. Ayant perdu son père de très-bonne heure, son éducation fut négligée, et il eut une jeunesse fort dérangée. Il passa plusieurs années à courir le monde et à chercher des aventures; mais à l'âge de 25 ans, il se fit en lui une su-bite métamorphose : le désir de plaire à, une femme aussi distinguée par son esprit que par son rang, la comtesse d Albany, épouse du dernier des Stuarts, pour laquelle il avait conçu la plus vive passion, lui inspira du goût pour les lettres et pour la poésie, qu'il avaitdédaignées jusque-là. Il s'exerrta dans la tragédie, et créa un système de composition tout nouveau pour l'Italie, substituant un dialogue serré, un stvle mâle et concis, à la manière lâche et efféminée dé ses devanciers, et retranchant impitoyablement de ses pièces les personnages inutiles d'amoureux ou de confidents. Travaillant avec une ardeur in-croyable, il composa en moins de 7 ans ,(1775-1782) quatorze tragédies, dont plusieurs sont ont des chefs d'œuvre. En môme temps il écrivait en prose des ouvrages qui devaient le placer à côté de Machiavel, un Traité de la tyrannie, et celui Yi a pour titre le Prince et les Lettres, dans lesquels il se montre ardent républicain; il composait aussi à la même éjio ue son poëmé de l'Étrurie vengée. La comtesse d Arany étant devenue veuve en 1788, il s'unit à elle par un mariage secret, puis il vint en France dans le désir d'y faire imprimer plusieurs de ses ouvrages, et môme de se fixer dans ce pays, qu'il appelait alors la patrie de la liberté; mais effrayé par les excès du 10 août 1792, il s'empressa de fuir et se retira à Florence. Le gouvernementrévolutionnairele traita en émigré et le dépouilla de la plus grande partie de sa fortune, qu'il avait placée sur les fonds francais. Toutes ces causes réunies finirent par lui inspirer, pour la France et pour la révolution une haine implacables qu'il n'a cessé depuis d'exhaler dans tous ses écrits. Dans ses dernières années, Alfieri apprit le grec, afin d'étudier dans l'original les grands tragiques qu'il avait pris pour modèles. Il traduisit et imita plusieurs des plus belles tragédies d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide. Épuisé par ses travaux, il mourut à l'âge de 54 ans, en 1803, laissant un grand nombre d'muvres posthumes, parmi lesquelles on remarqueune TraductiondeSal Juste et une Histoire de sa propre vie. Après sa mort, la comtesse d'Albany fit faire une édition complète de ses couvres : elle n'a pas moins de 35 vol.sn-4, Pise, 1805-15, dont 22 renferment les ouvrages publiés de son vivant, et 13 les couvres posthumes. Le théâtre d'Alfieri se compose des tragédies suivantes : Philippe II, Polynice., Antigone, Agamemnon, Virginie, Oreste, la Conjuration des Pari, Don Garcia, Rosemonde, Marie Stuart, Timoléon, Octavie, Mêrope, Saiil, Agis, Sophonisbe, Myrrha-, Brutus I et Brutus II. Il a été traduit par M. Petitot, 4 vol, in-8, Paris 1802 (réimp. en 1 vol. compacte, 1840). Son Traité de la tyrannie et sa Vie ont été trad. par des anonymes, le 1- en,1802, la 2° en 1809. Ses Traités de la tyrannie et du Prince, ainsi que sa Vie, sont à l'Index à Rome.Maisons-Alfort-ALFORt, hameau du dépt de la Seine, à 9 kil. S. E. de Paris et près de Charenton, sur la r. g. de la Marne. Station. Célébre école vétérinaire, fondée en 1766. Bergerie de méllnos pour le croisement des races et l'amélioration des laines.ALFRED, surnommé le Grand, 6e roi des Anglo-Saxons, né en 849, m. en 900, était le 2- fils du roi Ethelred et recut une éducation supérieure à celle rie son temps. Ii monta sur le trôné en 871, à 23 ans. Il vainquit d'abord les Danois; mais ayant ensuite été défait par eux, il fut forcé de fuir. Après s'être tenu quelque temps caché il s'intro~ duisit dans le camp des Danois, déguis~ en barde, pour les examiner à loisir et apprendre à les combattre. A la faveur des, renseignements qu'il obtint ainsi, il parvint en effet' à vaincre complètement ces redoutables ennemis, et reprit la ville de Londres qui était encore en leur pouvoir, 894. Après avoir recouvré son royaume il s'occu a de le policer, lui donna des lois, établit le jury, divisa le pays en comtés, ressuscita les arts, les sciences et les lettres, composa lui-même plusieurs ouvrages, fit fleurir le commerce et la navigation, jeta les fondements de la puissance maritime de l'Angleterre, et se montra ainsi vraiment digne du nom de grand. On a de lui, outre un Code (imprimé à Londres en 1658, in-4), des traductions de lHistoire ecclésiastique de Bède, de l'Histoire d'Orose, de la Consolation de Boèce. Ses OEuvres complètes ont été publiées à Londres en-1860.On lit dans son Testament que les Anglais doivent être aussi libres que leurs pensées. Sa vie a été écrite par Asser, son contemporain, par l'Anglais J. Giles (1848) et par l'Allemand R. Pauli (1851).
[modifier] ALG
ALGAJOLA, eh.-I. de Gant. (Corse), sur la mer, à 9 kil. de Calvi• 300 hab. Huile, granit rose.ALGARDE (Aiexandre), sculpteur et architecte, né à Bologne en 1583, mort en 1654,vécut dans une grande intimité avec l'Albane, et réussit ainsi que son ami, dans le genre gracieux. on voit de lui, à St-Pierre du Vatican, un Das-relief très-estimé, représentant S. Léon allant au-devant d'dttila. On estime beaucoup aussi son groupe de la Décollation de S. Paul, à Bologne; et ses statues de S. Philippe Néri et d'Innocent T, à Rome. .- ALGAROTTI (le comte François),
écrivain -ita-. lien, né à Venise en 1712, mort:- à' Pise_ m 17;84, cultiva avec un égal succès sles:scienceti:,etaes lets. . tres, et fut un des plüs-grands oo1maisse=l de, son' .: temps en peinture, en sculpture et en architectuee Il fut en relation avec les personnages les,plus, célèbres de son 'temps : le roi de Prusse l'attira à sa., cour, lui donna le titré de comte-et en fit son'chani bellan; l'électeur de-Saxe; rbi_de Pologne-sous.le nom d'Auguste ITI; l'accueillit avec faveur et 3e,'. nor&ma conseiller; V,oltâire le':oëlébra ei r:plusieursoccasions' !Ses'=-oeuvres se: composent deslorits sui= vants : Poésies; iVettttdnianismà°odes- dames; Écriti ,sur l'archztec`turé, `la pein;tu'reet la musique; Essaie. sur les laitgzles Écrits sur 'l'aei militaire; d'oyages en Bussid - te -CÔhgrès de Cythère; Vie 'de Pallavicint; Péuéée diverses;='-Poeszes,. ?CorrespMdance..: Billes biif-éié'rêtin5es fin' 17 vlri In 8 Venise, 179L--'1794. Lé' Newtonianisrrméndësi dames a été trad. par Duperron dë Gastéra, 1752, le Congrès dé, :1,'ythère, par Dupport-D'üfèrtre;`1749; i'.Essaz_sur Pope-la, par ChasteIlux; -1-778; l'Esai sur' la_peinturë, _par Pin-: geron>, 1769 ALGARVE ou -ALGAIIVES; Cuneus, rov. du POrtùggal,-1lâ plus.tnérrd ,==bdrnée`auS et l'O, par l'Océan Atianti4ùe, âû N -l W _Alentejo, àl'E. par l'Esppagne 'env: 370'000. han ;- çapit., Faro ; autres villes Princip. , Lagos' étTavira.-Vins, soude, kermès, citrons, orâgest`figues:, ,grenades, dattes. -Dû viri9au xni9 sièc}e eé pà'ys, •qui s'étendait alors sur les deux rivèsdelaÔuadiaüa, appartint aux'Arabes (en leur langue. le mot Gççiz'rb 'ou -Gherb, d'où vient Al Garve, veut dire couchant). Alphonse III-de Portugal le prit en 1250; et céda en 1254 au roi Alphonse X de Castille la portion- orient., -à l'B. de la Gùadiana. d'où les noms d'Algarve espagnole (depuis absorbéé dans l'Andalôusie) et d'Algarve il gaiALGAU (ALPES d'),partie de Ta chame-du Vorarlberg, entre les Alpes tyroliennes, le Lech et le lac de Constance, donne son nom au pays environnant qui jadis faisait partie de la SouaLe : Memmingen, Kempten, Kaufbeuern en étaient les villes principalestAL-GAZEL, AL-GAZALI, philosophe arabe, né vers 1058 à Thuus dans le Khorassan; mort en 1111 ou en 1127 à Bagdad, dirigea le collège de cette ville et y enseigna longtemps avec éclat, puis se retira du monde et vécut en ermite. Il avait étudié profondément les écrits d'Aristote et des philosophes arabes qui l'avaient précédé, mais c'était pour les combattre, et il s'annonça comme le Destructeur des philosophes. Le scepticisme apparent qu'il professa n'avait d'autre but que d'établir une sorte de mysticisme i et une croyance aveugle au merveilleux. Il a laissé un Traité, des principes de la religion, dont tes Orientaux font grand cas, et un Abrégé de morale; mais il est plus connu par son traité intitulé : Destruction de la hilnsophie, où il attaque surtout la doctrine de l'émanation, et qu'Averroés réfuta dans sa Destruction de la Destruction de la philosophie d'Al-Gaxel. On a publié de lui quelques opuscules sous ce titre : Algazelis philosophea et logica, Cologne, 1506, in-4. Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits en hébreu.ALGER, en arabe Al-Gé~aïr (c'est-à-dire les Iles), Tapit. de la prov. d'Alger et de toute l'Algérie, sur la Méditerranée, par 0° 44' de long. E., 36° 47' de lat. N., à 1644 kil. S. de Paris, 800 de Marseille, 750 de Toulon. Sa population, qui avant la conquête était d'env. 50000 hab., et qui s'était depuis réduite de moitié, s'élève auj. à80000 environ. Archevêché, créé en 1848, cour impériale, tribunal de 1`• instance et de commerce; académie universitaire, lycée, collége arabe-français, musée, théâtres. Alger tire son nom d'une île placée en face de la côte et jointe au continent par un môle. Elle est de forme à peu près carrée et bAtie en amphithéfltre; les rues arabes sont étroites et sales- les maisons ont de belles terrasses. Un remarque 'ancien palais du dey, un grand nombre de mosquées, dont une fut construite par les esclaves chrétiens (1790); le fort l'Empereur, la Kasbah, citadelle située à l'extrémité S. de la ville. Alger a un port artificiel, formé d'un côté par l'île jointe au continent et de l'autre par une •jetée. La v. s'est beaucoup embellie et assainie depuis qu'elle appartient aux Francais; on y a ouvert plusieurs rues et de belles places, entre autres les rues de Babazoun et Bab-el-Oued, la rue de la Marine, et la place du Gouvernement. II en part plusieurs chemins de fer. On y fabrique divers objets, tels que : armes à feu, soieries, orfèvrerie, calottes tunisiennes, cuirs, etc. -Alger paraît être situé sur l'emplacement rlel'Icosium des anciens, entre Julia C.rsarea (Cherchell) à l'O. et Rusucurium (Dellys) à l'E. Eile ne commence à figurer sous soie nom arabequ'assez tard : elle était en 935 la capit. d'une petite principauté formée parLeïri, qui avait secoué le joug des califes fatimites; depuis elle subit toutes les révolutions qui bouleversèrent cette partie de l'Afrique. Les Espagnols en furent un instant maîtres (15(0 lfJ, mais ils en furent chassésparle célèbre Barberousse. Alger n'a cessé depuis les temps les plus anciens de se livrer à la piraterie; elle était devenue le fléau de l'Europe. Plusieurs tentatives avaient été faites pour faire cesser les brigandages des Algériens ( par Charles-Quint, qui y perdit une flotte et une armée en 1541; par Louis XIV, qui bombarda la v. en 1682, 1683 et 1688; par les Anglais qui la bombardèrent en 1816), mais tous ces cbâtiments étaient restés saris résultat, lorsqu'à la suite d'une insulte faite au consul tîe France, Charles % arma contre Alger une expédition qui, commandée par le maréchal Bourmont, s'empara de la ville au commencement de juillet 1830. On trouva dans la Kasbah le trésor du dey qui montait à 47 639 010 fr. - Le dép. d'Alger entre ceux d'Oran à l'O. et de Constantine à l'E., a 113000 kil. carr. et compte env. 800 000 hab., dont le 10, se compose d'Européens. E. ALGERiE.ALGLRIE, naguère un des grands États des côtes barbaresques sous le nom de Régence d'Alger, auj. la plus importante. des colonies françaises, entre l'çtat de Tunis à PE. et le Maroc à l'O., bornée au N. par la Méditerranée et au S. par le désert de Sahara, offre une étendue d'environ 850 kil. sur les côtes(de 4° 30' long. 0. à 6° 30' long. E.), et s'avance jusqu'à 5 au 600 kil. dans l'intérieur des terres. Elle est divisée en trois grandes prov., celle d'Alger au centre, d'Oran à l'O., de Constantine à l'E., dont le territoire civil forme 3 départements, ayant à leur tête un préfet et subdivisés en s: préfect., savoir . dans le dép. d'Alger. BGdah, Médéah, Milianah; dans le dép. de Constantine, Borie, Philippeville, Guelma, Sétif; dans celui d'Oran, Mostaganem, Mascara et Tlemcen. Le reste du territoire est, dans chaque province, administré par l'autorité militaire. Le pays est peuplé de Maures, de Berbers ou Kabyles, d'Arabes, de Juifs, de Nègres et d'Européens de diverses nations; le tout peut monter à 3000000 d'hab., parmi lesquels env. 300000 Européens. Sous la domination ottomane, ce pays était régi par un dey et se divisait en 4 prov. : les prov. d'Alger et de Titterie au centre, celle de Tlemcen à l'O., de Constantine à l'E.; ces trois dernières étaient gouvernées par des beys soumis au dey; le reste se partageait entre des tribus presque indé•• pendantes. Les princip.Y., après Alger, sont Oran, Tlemcen, Bone, Constantine, Bougie, Philippeville. La température y est élevée, mais elle est rafralchie par les vents de la mer; l'hiver y est fort doux et ne se fait guère sentir que par des pluies abondantes qui durent jusqu'en avril. Le pays est sillonné par les mont. de l'Atlas qui s'élèvent en étages successifs parallèlement aux côtes. On y trouve de nombreuses vallées et plusieurs cours d'eau, dont le principal est le Chélif, dans la partie occidentale viennent ensuite le Mazafran, la Tafna, l'Aratch, l'Hamise, l'Isser, l'Oued-Kébir, la Seibouse. Le territoire est d'une fertilité extrême : c'était sous les Romains le grenier de l'Italie; mais il a été mal cultivé jusqu'à l'occupation française • il produit le blé dur, l'olivier, le chêne vert, le chêne liége, le palmier nain, et au S. de l'Atlas le dattier; on y récolte en abondance les graines oléagineuses, l'opium, la soie, la cochenille, d'excellents tabacs, de très-beaux cotons, etc. On y élève les plus belles races de chevaux et de moutons; mais les forêts renferment beaucoup d'animaux féroces, surtout des lions. On pêche le long des côtes, principalement vers l'extrémité orientale, de très-beau corail: les Français possédaient depuis 1450.des établissements sur la côte pour cette pêche (Borie, le bastion de France, la Calle, etc.). - L'Algérie est formée, à PE., de la Numidie, et à l'O., des klauritanies Césarienne et Siti/lne des anciens. Après avoir obéi longtemps à des rois indigènes (Micipsa, Jugurtha, Bocchus, Masinissa, Juba. Syphax, etc.), ce pays fut conquis par les Romains, sous lesquels il devint très-florissant, puis par les Vandales, 429, par les Grecs, 534, et enfin par les Arabes, 690. Depuis cette conquête, les Ommiades, les Abbassides, les Aglabites, lesLéirites, les Almoravides, les Almohades, les Mérinites, les chérifs de Haschem, y do-minèrent successivement. A la faveur de ces révolutions perpétuelles il s'y forma plusieurs petits États indépendants dont les principaux étaient: Alger, Tenez . Tlemcen et Constantine. Au a-vre siècle, les Espagnols en occupèrent quelques points (Oran et Bougie, en 1506, Alger. en 1509, Tlemcen en 1518); mais les deux frères Barberousse, appelés contre eux par les habitants, enlevèrent Alger à l'Esppagne en 1516, conquirent la plus grande partie du territoire qui l environne, et, pour se mieux maintenir coutre leurs ennemis, se reconnurent vassaux de la Porte (1520). Le sultan Sélim y envoya aussitôt un pacha avec un corps de janissaires; mais dans la suite les janissaires, sous le prétexte de se mettre à l'abri des vexations du pacha, obtinrent de la Porte (1600) l'autorisation de choisir dansleursein un chef chargé de défendre leurs intérêts: on le nomma dey, ce qui veut dire tuteur. L'État fut ainsi pendant quelque temps régi concurremment par un pacha et par un dey; mais ces deux chefs étaient sans cesse en que- celle, et en 1710 le dey Baba-Aly expulsa le pacha, et réunit en sa personne tous les pouvoirs. A dater de ce moment l'autorité de la Porte ne fut plus que nominale. La milice turque devint maîtresse absolue; elle fît et défit les deys selon son caprice (Ÿ. DEY). Néanmoins, ce gouvernement put long-temps braver l'Europe et inquiéter toutes les marines par ses pirateries, et il subsista jusqu'à rinvasion des Français et la prise d'Alger en 1830.' Depuis cette époques l'Algérie est sous l'autorité de la France, qui l'a fait régir d'abord par des généraux en chef (Bourmont,Clauzel, Berthezène, Savary, Vol roi, 1830-34); puis par des gouverneurs (d'Erlon, Clauzel, Damrémont, Valée, Bugeaud, Cavaignac, Changarnier, Charon, d'Hautpoul, le mar. Randon; ensuite par un ministre de I'Algérie et des colonies, le pr. Napoléon (1858), M. de Chasseloup-Laubat (I859); enfin, après 1861, par un gouv. général (le mar. Pélissier, le mar. Mac-Mahon, le gén. Chanzy). Les principaux faits accomplis depuis la prise d'Alger, sont . l'occupation de Bone, de Médéah-et &Oran (1830) d'Arzew,de Mostaganem et de Bougie (1833); a malheureuse expédition de, la Macta, compensée bientôt par la prise de Mascara et de Tlemcen (1835) ; la victoire de la Sikkah (1836) • l'imprudent traité de la Tafna, qui, pour obtenir ia paix dans l'ouest, abandonnait à l'émir ,Abd-et-Kader une grande partie de la régence (30 mai); la prise de Cons-tantine, après une première tentative inutile (13 oct. 1837); la reprise des hostilités avecAbd-el-Rader et le passage des Portes-de-Fer (1839);Pliéroique défense e Mazagran, l'occupation e Cherchell, deMédéah, de Milianah (1840); la 2° prise de Mascara (1841); la soumission de la prov. de Titterie (1842); le combat d'Ain-Taguin, où le duc d'Aumalesurprit Abd et-Kader, qui se vit réduit à chercher unrefuge dans le Ma-roc (1843); l'occupation de Tenez, Batna, Biskara, Dellvs; la guerre contre le Maroc, qui donnait appui & l'émir; le bombardement de Tanger et de Mogador; la victoire de l'Isly, remportée par le marécbal Bugeaud (1844); la réduction du Dahra et de l'Aurès, suivie d'une i'° expédition contre la grande Iïabylie (1845-46); la reddition d'Abd-el-Kader, qui est transporté en France (1847); la création de colonies agricoles et pénitentiaires, après la révolution de 1848; la prise de Zaatcha et de Narah parle colonel Canrobert (1849-50) ; l'heureuse expéditiondu général St-Arnaud contre la petite Kabylie (1851); celle du général Mac-Mahon contre la Kabylie orientale (1852) ; et celles des généraux Pélissier et Camou contre le Djurjura ; la prise de Laghouat, d'Ouargla, de Tuggurt (1853-54); enfin la réduction définitiveparle maréchal Randon des parties non encore soumises de la Grande Kabylie (1858). Depuis l'Algérie s'est cou-verte de villages et de routes; plusieurs chemins de fer y ont été exécutés. Une nouvelle insurrection, bien-tôt réprimée, y éclata en avril 1871. on a, de M. Behaghel, une Monographie de l'Algérie, in-12, 1864.ALGEZIRAS, Carteia P v. et port d'Espagne (Ca-dix), à 11 k. 0. de Gibraltar, sur le détroit; 6000 h.Enlevée aux Maures par Alphonse XI de Castille, après un siège de deux ans, où les Maures firent usage du canon, encore inconnu en Europe, 1344. L'amiral Linois y battit une division anglaise, 1-801.ALGEZIREH (c.-à-d. en arabe l'île), Mesopotamia, région de l'Asie ottomane, entre l'Euphrate et le Tigre, forme les pachaliks de Rakka, de Mossoul, de Diarbékir et de Bagdad, qui ont pour tapit. les villes de même nom. Ce pays est si beau qu'on y a placé le paradis terrestre, mais l'imperfection du gouvernement turc et les dévastations des Kourdeset autres hordes en ont fait un des plus misérables. - C'est dans cette contrée que fleurirent les deux royaumes d'Assyrie. Elle fit ensuite partie des empires d'Alexandre, des Séleucides, des Arsacides. Trajan en joignit la plus grande partie à l'empire romain, mais presque toute la contrée revint bientôt aux Parthes; les' Sassanides la gardèrent jusqu'à la conquête arabe. Les califes s'étant fixés k Bagdad, l'Algézireh fut la principale prov. de leur :empire• elle est aussi là dernière e ils aient. conservée. Elle leur fut enlevée en 1258 par lesMongols, sur qui les Ottomanslacon~ quirent auxv,siècle. Deppnis ceux-ci l'ont conservée, malgré de fréquentes. rébelÎions.ALGHERO, v. forte de la Sardaigne à 27 kil S. 0. du cap, Sassari; 8000 bah. Evêch4. Belle osthédrale, port étroit. Pêche du corail; culture de l'indigo; belles stalactites.ALGIDE;en lat:.Algidûm, auj. RoccQ, del Papa, petite chaîne de mont. du Latium, à 31 kil. S. E. de Rome, dans le pays des tiques; s'étend de Tusculum à Préneste. Anc. sanctuaire du culte de Diane.ALGONQ.UINS peuple de la famille lennape, dans l'Amérique d'uN., se trouvé dans te Michigan, le Canada et les districts des Hurons et des Mandanes. Il est souvent en guerre avec les Sioux.ALGUAZIL(de l'arabe al ghaxil, l'archer), nom que portent en Es agne des.agents de la police, qui remplissent à la fois les fonctions de nos huissiers, de nos sergents de ville, et de nos gendarmes.AL-HÂKEM 1,calife de Cordoue, 796-822, ne se signala que par sa cruauté. Il eut à combattre Louis, fils de Charlemagne, mais il neput l'expulser de la Catalogne. Il remplit de sang les villes qui tombèrent en son pouvoir,- n'épargna pas davantage- Tolède, où deux de ses oncles s'étaient révoltés, et Cor-doue, où avait-éclaté une conspiration. Il bâta sa fin par ses excès et eut, pour successeur son fils Abdérame II.AL-HAKEM II,961-976, succéda à son père Abdérame III, régna à Grenade, enlevé. Zamora au roi de Léon Sanche- le Gros, favorisa les lettres et rassembla à Cordoue une immense bibliothèque.AL-FIA%EM-BIAMSILLM, calife fatimite - d'Egypte., succéda à son père en 996, se Iivra à toutes sortes de cruautés et d'extravagances, persécuta les Juifs et les Chrétiens, fit-arracher la vigne, et périt assassiné par un jeune Musulman, en 1021. Se disait descendant d'Ali; il prit le titre de prince des croyants, de lieutenant de Dieu, ébranla l'autorité de Mahomet et eut la_ prétention de fonder une nouvelle religion : c'est Celle des Druses, que l'on retrouve encore en en Syrie eten tg te. Après son assassinat, ses partisans crurent qu il avait été enlevé au _ciel.ALHAMBRA, vaste édifice, de Grenade` servait de palais et dé, forteresse aux rois maures. d'est un des monuments les plus remarquables et les plus élégants de l'architecture mauresque. il fut construit eu xin° s. Près de l'Alhambra était le Generalife, maison de campagne. des -rois _maures. .ALHUCE14 AS, un. des présides espagnols dans le Maroc (Fez) r sur la Méditerranée, à .80 kil. S. 0. du cap desTres-Forcés, sur un îlot, estbienfortifié.
[modifier] ALI
ALI, c'est-à-dire Sublime, fils d'.Abou-Taleb et cou-sin de Mahomet, fut un des-disciples les plus zélés du prophète, et obtint la main de Fatima, sa fille chérie. Il fut un de ceux qui contribuèrent.le plus puissamment à établir l'islamisme et à étendre au loin les conquêtes des Musulmans. A la mort de Maho= met, il tenta de lui succéder, mais sans y réussir et ne fut proclamé calife qu'en l'an 656 de J: C. Il eut à combattre dés son avènement la faction de Mohaviah chef des-Ommiades, que soutenait Amrou. Pendant que las prétendants se disputaient la couronne, Ali périt, assassiné à Koufa par un fana-tique (661). Ses partisans le regardent, comme un martyr et vont en pèlerinage à son tombeau. Les descendants d'AH, lès Alides, après avoir été long-temps exclus du pouvoir, régnèrent surl'Egypte (sous le nom de Fatimites), . et sur plusieurs autres contrées. Ali était un prince doux et vertueux; il aimait et cultivait les, lettres. On a encore de lui un Recueil' de Sentences et de Poésies, dont une partie a été trad. en français par Vattier, Paris, 1660. Il se relâcha dans sa doctrine religieuse de la rigueur des premiers califes, et fut le chef d'une secte connue sous le nom de Chyites, opposée à celle des SunnitesALI-IBN-TACHFIN,prince Almoravide, 1106-1143, possédait en Afrique tout l'empire de Maroc, et en Europe presque toute la Péninsule. A la fin de son régne, sa puissance fut ébranlée parles Almohades, qui lui enlevèrent plusieurs provinces d'Afrique.ALI-MOEzziN,capitan-pacha sous Selim II , commandait la flotte des Ottomans à la bataille de Lépante, en 1571. Il y fut battu et périt dans l'action.ALI-COUMOURGI(c. -à-d. le charbonnier), favori et grand vizir d'Achmet III, commandait à la bataille de Peterwaradin où les Ottomans furent complète-ment battus, 1716, et fut blessé mortellement dans l'action. Fort hostile à Charles XII, il avait fait échouer ses projets d'alliance avec le sultan.ALI-BEY,chef des Mamelouks, né en 1728, chez les Abazes, fut d'abord esclave, s'éleva par son cou-rage, parvint en 1766 à s'emparer de tout le pouvoir en Égypte, se rendit indépendant de la Porte, fit de grandes conquêtes en Arabie et en Syrie, et conçut les plus vastes desseins pour l'agrandissement de l'Égypte; mais il périt au milieu de ses projets, assassiné par Mohammed-Bey, son fils adoptif, 1773.ALI-BEY (Badia, dit)), voyageur espagnol. V. BADIA.ALI-PACHA, pacha de Janina, né en 1741, à Tébélen en Albanie, d'une famille de ffiephtes qui depuis plusieurs générations était en possession de la ville et du territoire de Tébélen, gagna les bonnes grâces de la Porte en se chargeant lui-même de mettre à mort le pacha de Delvino, son propre beau .père, accusé de rébellion, fut en récompense nommé lieutenant du pacha de la Roumélie, puis pacha de Tri-cala, en enfin de Janina, 1788, s'empara de toute l'Albanie, puis de presque toute la Grèce. Confinant alors aux Français, par suite des conquêtes qu'ils avaient faites en illyrie au commencement de ce si_~cle, il fut d'abord leur allié; mais i1 les trahit bientôt et, s'étant fait un mérite de sa trahison auprès ïe la Porte, il fut nommé vice-roi de toute la Roumélie. Il songea alors à se rendre indépendant, étendit et affermit ses conquêtes, amassa des trésors immenses, et fit trembler la Porte. Ce n'est guère qu'en 1819 que l'on songea à mettre un terme àses projets ambitieux. Ali voulut prévenir le coup en tentant de faire assassiner dans Constantinople Pacho-Bey, son ennemi mortel, qui avait tramé sa perte; mais ayant échoué dans cet attentat, il fut condamné à mort par le sultan. Alors il appela les Grecs aux armes, leur promettant Findépendance; il fallut plusieurs années pour le réduire. Enfermé dans la forteresse de Janina, il aurait pu prolonger encore sa défense, lorsqu'il fut assassiné dans une conférence que lui avait proposée Bourschid-Pacha, qui l'assiégeait, 5 février 1822. On peut consulter sur cet homme extraordinaire la Vie d'Ali-Pacha de M. de Beau-champ, 1822, et l'Histoire de la Régénération de la Grece de Pouqueville, 1825.ALIAMET (Jacques),né en 1728 à Abbeville, mort en 1788, a perfectionné l'art de graver à la pointe sèche; on a de lui plusieurs gravures assez estimées, d'après Berghem, Wouvermans, Jos. Vernet, etc.-François-Germain, son frère, s'établit Londres, où il grava d'après le Carrache, le Guide, etc.ALIASKA(terre de). V. AMÉRIQUE RUSSE.ALIBERT (Jean-Louis), médecin, né en 1766, à Villefranche (Aveyron), mort en 1837, se plaça de bonne heure au rang des premiers médecins par ses travaux sur la matière médicale et les maladies de la peau, fut nommé médecin en chef de l'hôpital St-Louis à Paris, et reçut le titre de baron de l'empire. Après la Restauration, il fut premier médecin ordinaire du roi. Ses princip. ouvrages sont : Traité des maladies de la peau, 1810; Physiologie des passions, ouvrage plus littéraire que scientifique, 1818; Monographie des Dermatoses, 1832-1835.ALICANTE, Lucentum, v. et port d'Espagne (Valence), ch.-l. de la prov. de son nom, à 106 kil. S. 0. de Valence, sur la Méditerranée, à l'entrée de la baie d'Alicante; 23 000 hab. Rade vaste et sûref Château fort sur une mont. à plus de 325- de hauteur. Après Cadix et Barcelone, Alicante est la place la plus commerçante de l'Espagne : on en exporte les célèbres vins dn pays. Aux environs sont 2 lagunes qui fournissent beaucoup de sel.-Les Arabes s'emparèrent de cette v., en 715; Ferdinand II, roi de Castille, la reprit en 1258. Il y éclata une insurrection carliste en 1844. - La prov. d'A., formée dé la partie mérid. de l'anc. roy. de Valence et d'une portion de celui de Murcie, est baignée au S. E. par la Méditerranée; 370 000 hab.ALICATA, Phintias, v. forte de Sicile, sur la mer, à 40 kil. S. E. de Girgenti; 14 000 bah *ALICURI, Ericusa, une des îles Lipari.ALIDES,nom donné aux descendants &Ali, et plus spécialement aux Imams. V. ALI et IMAM.ALIEN-BILL, e.-à-d. loi des étrangers, nom donné en Angleterre à toute loi relative à 1a police des étrangers. La loi date de 1782. En 1793, lord Granville fit rendre une loi qui mettait les réfugiés étrangers sous la surveillance de la police et permettait au besoin de les expulser. Renouvelée en 1802, 1816 et 1818, cette loi a été rarement appliquée.ALIFE, Alli/'æ v. du royy de Naples à 20 kil. N de Capoue; 1800 hab. Évêché. Air pestilentiel, ce qui l'a presque fait déserter; l'évêque habite Piedimonte. Bâtie par les Osques; prise sur les Samnites par Fabius, puis érigée en colonie romaine.ALIGHIERI (Dante). V. DANTE.ALIGRE (Étienne d'), chancelier de France, né à Chartres en 1560, mort en 16351Son mérite lui ouvrit l'entrée du conseil d'État sous Louis XIII, ~ lui confia les sceaux en 1624 et le nomma chancelier bientôt après; mais, au bout de deux ans, Richelieu le sacrifia à Gaston, frère de Louis XIII. Exilé dans sa terre de la Rivière, en Perche, il y finit ses jours, laissant la réputation d'un des magistrats les plus intègres de son siècle. - Son fils, Étienne d'A., 1592-1677, fut successivement sous Louis XIV conseiller, intendant en Languedoc et en Normandie, ambassadeur à Venise, directeur des finances, doyen du conseil d'État garde des sceaux (1672) et chancelier (1674).-Etienne-François d'A., de la même famille, fut, sous Louis XVI, premier président du parlement de Paris, s'opposa de tout son pouvoir, en 1788, à la convocation des états généraux donna sa démission, émigra, et mourut à Brunswick en 1798, laissant des sommes immenses. Il avait été fait marqquuis. -Son fils, Étienne-Jean-François, marquis d'A., 1770-1847, était membre du conseil général de la Seine en 1814 et fut un des commissaires charges de recevoir Louis XVIII à son entrée à Paris. Nommé pair dés 1815 il refusa de prononcer aucune peine contre le marichal Ney. On lui doit l'asile d'Aligre, à Chartres, l'hôpital d'Aligre, à Bonneval (Eure-et-Loir), et l'hôpital de Bourbon-Lancy.ALINGSOES, v. de Suède, sur le lac Mjœrn, à 50 kil. S. 0. de Venersborg; 2800 hab. Patrie d'Allstrcemer, le père de l'industrie suédoise.ALIPHÈRES, Alipheræ, v. d'Arcadie, au S. 0., près de la Triphylie. Célèbre temple de Minerve.ALISE STE-REINE, Alesia, bourg de la Côte-d'Or, à 12 kil. N. E. de Semur. Ste Reine y subit, dit-on, le martyr en 251. Mines de fer, eaux minérales. Cette ville passe pour être l'Alesia prise par César; on lui a récemment contesté cette origine, mais sans motif suffisant. V. ALEsiA.ALIX DE CHAMPAGNE, reine de France, fille de Thibaut IV, dit le Grand, comte de Champagne, épousa en 1160 Louis VII, dit le Jeune, et fut mère de Philippe-Auguste. Lorsque ce prince partit pour la Terre-Sainte en 1190, il remit à sa mère les rênes du gouvernement; elle sut les manier avec sagesse et fermeté. Elle mourut en 1206.ALIX DE SAVOIE. V. ADÉLAIDE.ALJUBARROTA,bourg de Portugal (Estramadure), à 22 kil. S. 0. de Leiria. Jean I de Castille y fut battu par Jean I de Portugal, en 1385.ALKENDI Alchindius, dit le Philosophe par excellence, médecin et philosophe arabe du ire siècle- mort vers 860, vécut à la cbur d'AI-Mamoun et de Motassem. Il fut un des premiers à étudier et à com- menter Aristote mais il prétendit allier la magie àla philosophie. II traduisit en arabe une foule d'ou-orages grecs. Il écrivit en outre une Exhortation àl'étude de la philosophie; un traité de la Philosophie intérieure; des Questions logiques et métaphysiquesun traité sur la Composition des médicaments, et une Théorie des arts magiques : c'est le plus curieux de de ses ouvrages. Flugel a écrit sa Vie, Leips., 1857.ALLECTUS, aventurier breton au in° siècle, devint lieutenant de Carausius, général romain, qui avait usurpé la pourpre dans la Grande-Bretagne, tua l'usurpateur pour prendre la pourpre é son tour, 294, mais fut vaincu lui-m@me et tué 3 ans après par ; Asclépiodote, général de Constance-Chlore.ALLEGANY (monts) ou APALACHES, grande chaîne mont. de l'Amérique du N. , dans les États-Unis, s'étend parallèlement àl'Atlantique des confins del'Alabama et de la Géorgie àl'embouchure du St-Lau-rent. Elle se ramifie en-un grandhombre de chalnes parallèles, et se divise en 2 groupes : l'oriental, quicomprend les mont. Bleues, les mont. Vertes, les mont. Blanches, etl'occidental, qui porte les noms de monts de Cumberland au 3., et d'Allegany pro-prement dits au N. Le.nom d'Allegany désigne 1 aussi une riv. des États-Unis, gui sort du N. de laPensylvanie, coule au N. 0:1 puis au S. 0., et se'joint à la Monongahéla, pour former l'Ohio.ALKMAARou ALEMAER, v. forte de Hollande (Hollande sept.), ch.-l. d'arr., à 38 k. N. 0. d'Am- sterdam, sur un canal qui joint le Zuyderzée à la mer du Nord et qui y forme un port; 9000 bah. Hôtel de ville, arsenal, chantier; bibliothèque, jar- din botanique et autres établissements scientifiques. Draps, brasseries, salines} fromages estimés. Patrie de Drebbel. Brune y battit les Anglo-Russes, coin- mandés par le duc d'York, le 18 oct. 1799.ALKMAAR (H. d'),poète hollandais du xv^ siècle;fut conseiller du prince-évêque d'Utrecht (1477), puis entra au service de René, duc de Lorraine (1485).Il a mis en vers la Fable du Renard (Reineke de vossou Rainier le Renard), espèce de satire qui paraîtavoir été , après xin, siècle, par Pierre de St-Cloud, et qui eut une grande vogue. Son peéme parut à Lubeek en1498.ALLÉGEANCE (Serment d'),- serment de fidélité que les Anglais prêtent à leur souverain, diffère du serment de suprématie prêté au même souverain en tant que chef de l'Église anglicane. Ce serment futcomposée originairement en vieux français au introduit en Angleterre en 1606,_par Jacques I la conspiration des Poudres.ALLEGRAIN (Christophe-Gabriel),sculpteur, né àParis en 1710, M. en 1796, était fils d'Ét. Alleerain,paysagiste, et devint sculpteur du roi et membre de l'Académie. On admire ses statues de Vénus au bain,de Diane et de Narcisse, au musée du Louvre.ALLAIUBAD, v. de l'Inde anglaise (présidence du Bengale), ch.-l. de la province d'Allahabad, au confluent du Gange et de la Djomna, par 79° 30' long. E., 25°27' lat. N.; 20 000 hab. Les Hindous .voient dans Allahabad la reine des cités saintes et y vont en pèlerinage. A 3 kil. de la v. est une citadelle fondée par Akbar en 1583,et prise en 1765 par les Anglais. 11-s y signèrent la même année un traité , qui assurait à la compagnie des Indes la souverai- neté de tout le Bengale. Ils ont fait de cette ville la .,première place d'armes de l'Inde.-La prov. d'A., en- ,tre celles d'Aoude, d'Agrah, de Gandouana, de Ma- loua, a env. 7 000 000 d'hab. On y trouve les Célé- bres mines de diamant de Pannah. Tout l'Allahabad -est tombé au pouvoir des Anglais de 1765 à 1803.ALLÈGRE, ch.-i.-de tant. (H.-Loire), à 22 kil. N.du Puy, près d'une mont. volcanique ; 1072 hALLEGRI (Alessandro),poète burlesque du xvi° sièclené à Florence, m. en 1697Rime, a laissé piacevoli, qui sont citées comme un modèle du pur langage florentinALLEGRI (Gregorio), compositeur de musique sacrée, né à Rome'môrt en 1640, est auteur d un Hiserere qu'on ne Aantait qu'à Romele vendredi samt dans la chapelle Sixtine,,'et dont il était défendu de donner copie; la défense lut éludée parMozart, qui, après l'avoir entendu deux fois, le nota sans rien omettre.: Ge morceau se trouve dans la Collection de hfusique classique de Chorôn.ALLAINVAL (l'abbé souLAs d'),né à Chartres vers 1700, m. à l'Hôtel-Dieu de Paris en 1753, a donné différentes pièces de théâtre, dont les Princip. sont : la fausse Comtesse, l'Embarras des richesses (1726),et l'École des Bourgeois (1728), où l'on trouve du naturel et du comique. On a aussi de lui AnecdotesALLEGRI, dit le Corrège, peintre. V. cORREGE.ALLAIRE, ch.-1. de tant. (]Morbihan), à 48 kil. E. de Vannes; 228 bah. Excellentes châtaignes.ALLANCHE, ch.-L de tant. (Cantal), à 17 kil. et la Méditerranée; N. E. de ]Murat; 1085 h. Station de chemin de .fer. Vieux château. Dentelles, cuirs.ALLARD (Jean-François), générai français, né à St Tropez (Var), en 1785, mort en 1839.D'abord de 1815 à 1866 aide de camp du maréchal Brune, il alla chercher forune en Égypte après la chute de l'Empire, ~puispassa en Perse, et se fixa enfin dans le Caboul, ou il devint le général en chef et le conseiller intime de RunjetSing, roi de Lahore. Il établit une discipline sévère dans les troupes de ce prince, et l'aida à fonder empire vaste et puissant. En 1838, il visita la France mais il retournal'année suivante àLahore. Il y mourut peu après son retour.ALLATIUS (Leo),en italien Allaci, savant du Wurtemterg,né à Soin en 1586, d'une famille grecque, m. en 1669, vint de bonne heure à Rome, où il embrassa le Catholicisme enseigna dans cette ville au collège des Grecs, et devint en 1661 bibliothécaire du Vatican. Il acomposé de nombreux ouvrages de théologie etde philologie, tous pleins d'érudition.Les plus importants sont De Eccleziæ occidentalis et orientalis perpetua consensione, Col., 1648; De patria llomeri,Lugd.: 1640: Deantiquitatibus etruscis, Par., 1640. Il a édité plusieurs ouvrages grecs, en
ALLEMAGNE Germania chez les and., Deutschland en allemand,, vaste ceàtréè située au centre de l'Europe. et bornée au N. par la mer balti ue, leDanemark et lamer du Nord; à l'O. par la Hollande,-la Belgiqque, la France, et la Suisse; au S. par l'Italieà l'B. ppar la Turquie, ia Hongrieet la Pologne, comprend à-peu près tous les peuplesui parlent allemand et qui faisaient-partie du ci-devant empire germanique. Dans un sensiplus précis, le nom d'Allemagne lest app ligquué aux pays compris dans la Gônjédération germanit que, Ainsi déterminée, l'Allemagne se composait de 35 États de fort inégale grandeur, qui_comptaient - env. 44000 000 d'hab. Voici le tableau deces I tats. Autriche, Saxe-Meiningen, un Prusse,Saxe-Altenbourg,, Bavière, Saxe-Cobourg-Gotha,Saxe-Royale,Oldenbourg, - Hanovre Anhalt-Dessau-Ccethen,Anhalt-Bernbourg, - Bade,Schwartzbourg-Sonders-Hesse-Électorale,hausen,Hesse-Grand-Ducale, Sclïwartz~ .-Rudolstadt,- Holstein et Lauenbourg, Lichtenstein, Luxembourg etLimbourg, Waldeck, Brunswick;Reuss, br, aînée; Mecklembourg=Schwerin, Reuss, br. cadette, - Mecklembourg-Strelitz, Schaumbourg-Lippe,Nassau, . Lippe,- Saxe-Weimar,Hesse-Hombourg,Lubeck.Brême,Francfort,Hambourg.Du traité de Prague (aodt 1866) à la guerre de 1870-71, l'Allemagne se divise en deux parties: 1° La Conféderation du Nord, composée de 22 États (le royaume de Prusse, dont le chef est président de la Confédération; le royaume de Saxe; les grands duchés de Saxe-Weimar, de Mecklembourg-Schwerin, de Mecklembourg-Strelitz, d'Oldenbourg et de Hesse-Darmstadt pour la partie située au nord du Mein; les duchés de Brunswick, de Saxe-Meiningen, de Saxe-Altenbourg, de Saxe-Cobourg-Gotha et d'Anhalt, les principautés de Schwarzbourg-Rudolstadt, de Schwarz bourg-Sondershausen, de Lippe, de Waldeck, de Reuss, br. aînée, de Reuss, br. cadette, et de Schaumbourg-Lippe; les villes libres de Brême, de Lubeck et de Hambourg); 2° Les royaumes de Bavière et de Wurtemherg, te grand duché de Bade, le grand duché de Hesse-Darmstadt pour la partie située au sud du Mein , la principauté de Lichtenstein. En 1871 l'Empire d'Allemagne a été renouvelé, et le titre d'empereur donné au roi de Prusse.Géographie de l'Allemagne : L'Allemagne offre un grand nombre de montagnes. Les principales sont les ramifications des Alpes, connues sous les noms d'Alpes Rhétiennes et Alpes Noriques • viennent ensuite les monts Erzgebirge et Erapacks. Tout le pays se trouYe partagé en deux grandes régions naturelles : la H. et là B.-AI_ magne, la 1,1 au, S. et à l'O., , la 21 au N. et à PE. ; ces deux régions _sont séparées par les mont. de l'Erzgebirge et dui Thuringerwald. Les pprinc. cours d'eau sont le Rhin, l'Ems, le Wesèr, l'Elbe, X',O,der, ? le Danube. L'Allemagne renferme un. grand nombre de mines, où se trouvent de grandes richesses- métalliques : fer, cuivre, étain, plomb, bismuth, Cobalt, argent, mercure, etc. Le pays est fertile et 1 bien cultivé; on en tire des chevaux estimés pour leur force, surtout;dans le Mecklembourg, le Holstein, la Frise. Tous lesïienres d'industrie.et.de commerce yy sont très-fIerisssjits, principalement l'ébènsterie, l'orfévrerie, l'horlogerie, la fabrication des jouets, la librairie; dont le principal commerce se fait, à la foire de Leipsick, etc. la littérature, qui pendant long-temps n'avait été qu'imitative, a pris un grand essor au xviir• siècle : Klopstock, Lessing, Wieland,.Xôtzebue, Schlegel Schiller, Gcnthe, sont les grands écrivains dont se glorifie l'Allemagne; elle compte~égalementd'éminents philosophes,telsquè'Lè'ibnil , Kan t, Shglling; enfin, pour la pphilologie; a critique, Tés langues, lesantigriités, les Allemands sont au premierrang. Le Catholicisme, le Luthéranisme et le Calvinisme se partagent les diverses contrées de l'Allemagne. L'Autriche, le roy. de Bavière, le grand-duché de Bqde, lès principautés de Hohenzollern et de Lichtenstein ptofessentlareligion catholique (env. 22 millions); les Églises luthérienne et calviniste dominent dans le reste (env. 21 millions) ; depuis quelque temps, ées deux Églises se sont réunies sous la dénomination commune d'Église évangélique. Le nombre de ceux qui professent le Judaïsme peut s'élever à 500 OM; il faut y ajouter les hfennonités, les frères Jlorailà et plusieurs autres sectes.Histoire. Longtemps connue sous le rom dq Ger-manie, cette vas.ià contrée l'ut, après l'invasion dès Barbares, partagée entre une foule de peuples indépendants (Alemaimi, Francs, Saxons, Slaves, A,varés, etc.) , jusqu'au moment où Charlemagne les sourit,it et les incorpora à son empire. Mais après la mort du conquérant (814), tous ces éléments divers, forcé-ment réunis tendirent bientôt à se séparer, et le traité de Verdun, signé en 843 par les fils de Louis le Débonnaire, donna naissance au roy. de Germanie (qui reconnut pour roi Louis, dit le Germanique, 3° fils de Louis le Débonnaire), ainsi qu'à ceux d'Alémannie et de Bavière,qui peu après se fondirent avec le précédent sous le nom d'Allemagne. Définitive-ment séparée de la France et de l'Italie après la dé-position de Charles le Gros, en 887, l'Allemagne fut encore quelque temps gouvernée par des princes carlovingiens, Arnoul de Carinthie et Louis IV, dit l'Enfant, 887-911. Mais à l'extinction de cette fa-mille, la monarchie devint élective (V. ÉLECTEURS) La couronne fut alors conférée à Conrad 1, duc de Franconie. Henri I l'Oiseleur succéda à celui-ci en 919, et fut le chef de la maison de Saxe, qui donna cinq souverains à l'Allemagne, et renouvela presque, en la personne d'Othon le Grand, l'empire de Charlemagne, 962-973. A partir de ce règne, la couronne impériale, qui avait été alternativement portée par des rois de France, d'Allemagne et d'Italie, appartint exclusivement à l'Allemagne, qui prit dès lors le titre de Saint-Empire romain de la nation allemande. La maison de Saxe réunit à l'empire la Lotharingie, la Bohême et l'Italie. A la maison de Saxe succéda celle de Franconie, 1024-1125, qui ajouta le roy. d'Arles aux possessions de l'empire, et se signala surtout par ses démêlés avec le Saint-Siége. La maison de Souabe ou de Hohenstaufen monta ensuite sur le trône : deux souverains de cette maison, Conrad III et Frédéric Barberousse, portèrent la puissance impériale à son plus haut degré, 1138-1190; mais les successeurs de ces princes, attaqués à la fois par leurs vassaux et par les , ales, et fréquemment déposés, tombèrent dans l'al,",,iiblissement le plus honteux. Leur règne fut troublé par les guerres continuelles des Guelfes et des Gibelins. A 1a mort de Conrad IV, commence un grand inter-règne, 1254-1273, qui livra l'Allemagne à l'anarchie.. Bodolphe de Habsbourg, 1273-1291, rétablit un eu par, sa vaillance l'autorité de la couronne impériale; mais sous ses successeurs immédiats et soirs l'es princes de Bavière et de Luxembourg, on vit s'accroitre de, jour en jour le pouvoir des grands feudataires et des électeurs de l'empire. Leurs droits furent publiquement sanctionnés par la fameuse bulle d'Or'(Y BULLE), donnée par Charles IV en Ià56.'En 1438,, Albert de Habsbourg fut élu empereur et devint le 'chef de la célébre maison d'Autriche. ,charles-Quint, 4e souverain de cette maison, élu eri 1519.. releva glorieusement la puissance des empereurs ; il combattit avec succès FrançoisI, et donna pendant quelque temps la prépondérance à l'Allemagrie;'mais,il ne put étouffer la Réforme. Ferdinand I, son. frère, régna :avec sagesse, et après lui il ne surdihe aucuü Changement important en Allemagne, jusqu'auregne de' Ferdinand II, sous lequel commerr`çala,guèf• éde,lrente ans (1618-1648), qui fut terminée liarla'paix de Westphalie et qui eut pour résultat'l'aba:s'seiàieht; de l'Allemagne, la suprématie de la,Françe'etla confirmation de la religion luthérienné. Les régnes de Léopold I, de Joseph I et de Charles VI furent remplis par de longues guerres contre Louis XIV et. Louis XV. La mort de Charles VI, 1740, donna lieu àWguerre de la succession d'Autriche, qui assura la couronne à l'époux de Marie-Thérèse, fille de Chasles VI, et plaça ainsi sur le trône la maison de Lorraine dans la personne de François I. Enfin, en 1806, l'empire d'Allemagne cessa d'exister par l'abdication de l'empereur François II, qui ne conserva que sestlats héréditaires et prit le titre d'empereur d'Autriche. La, plus grande partie des petits États qui composaient auparavant l'empire d'Allemagne se réunirent alors, avec le titre de Confédération Au Rhin, sous ,le protectorat de Napoléon. C'étaient :Les royaumes de : Saxe-Weimar, Bavière, Les duchés de Wurtemberg Saxe-Gotha,Saxe, Saxe-Meiningen,Westphalie; Saxe-HildburghausenLes grands-duchés de : Saxe-Cobourg-Saalfeld,Francfort, Mecklembourg-Schwé-Bade, rin,Berg et Clèves, Mecklembourg-Strélitz;Hesse-Darmstadt,Les principautés deWurtzbourg, Nassau-Usingen,Nassau-Weilburg, Lippe-Schauenbourg, Hohenzollern - Hechin - Reuss-Ebersdorf,gen, Reuss-Greitz, Hohenzollern - Sigmarin- Reus_obenstein,gen, Reuss-Schleitz,Isenbourg-Birstein. Schwartzbourg - Rudel-Lichtenstein , stadt,La Layen, Schwartzbourg-Sonders-Anhalt-Bernbourg, hausen,Anhalt-Cmthen, Waldeck,Anhalt-Dessau Lubeck,avec le duché de yippe-Detmold, Holstein-Oldenbourg.
Les événements de 1815 modifièrent encore cet état de choses : à la Confédération du Rhin on substitua la Confédération germanique, modelée sur la première. Le protectorat en fut rendu à l'empereur d'Autriche, sans le titre d'empereur. En 1848-49, il y eut des tentatives pour constituer une Allemagne unitaire; une Assemblée nationale fut convoquée à Erfurt pour remplacer l'ancienne diète; l'ancien ordre de choses fut rétabli en 1850; mais la Prusse, victorieuse de l'Autriche (1866) et de la France (1870-71), constitua l'Allemagne actuelle.Constitution de l'empire. L'empire d'Allemagne avait été, sous les Carlovingiens, une monarchie héréditaire. Lorsque après eux le pouvoir devint électif, l'élection se fit d'abord par l'universalité des 6 nations composant le corps germanique (Francs, Souabes Bavarois, Saxons, Lotharingiens, Frisons). Plus tara elle appartint aux princes ou grands feudataires seulement (1156); ensuite elle se concentra, d'abord par un simple usage, puis par une loi formelle, la Bulle d'Or, 1356, entre les mains de sept électeurs (V. ÉLEc-TEURS et BULLE D'OR). Dans l'origine le pape sacrait et couronnait l'empereur; mais Louis de Bavière déclara en 1338, que cette cérémonie n'était point nécessaire et que l'empereur élu à la majorité des voix était empereur légitime en vertu même de cette élection. Pour assurer l'hérédité de la couronne dans leur maison, les empereurs firent couronner leurs successeurs de leur vivant; l'héritier présomptif prenait alors le titre de roi des Romains. Le premier roi des Romains fut Henri, fils de l'empereur Frédéric II, qui reçut ce titre en 1228. Le couronnement des empereurs eut presque toujours lieu à Francfort-sur-le-Mein; l'empereur élu y signait une capitulation qui fixait et limitait ses droits. Il devait convoquer les états généraux ou la diète, non seulement pour faire des lois, mais pour toutes les affaires générales de l'empire, pour déclarer la guerre ou faire la paix, pour envoyer ou recevoir des ambassadeurs; il devait même demander son consentement lorsqu'il s'agissait de la collation de bénéfices ou de fiefs importants, et spécialement pour lever des impôts. Les états se composaient :1° de membres ecclésiastiques, savoir :les princes ecclésiastiques électeurs, les archevêques et évêques, les prieurs, les abbés le grand maître de l'ordre Teutonique et celui de l'ordre de St-Jean; 2, de membres séculiers savoir : les princes électeurs séculiers, les ducs, les princes, les landgraves, les margraves, les burgraves, les comtes et les villes impériales. Les affaires se traitaient dans trois colléges : le collége des princes électeurs, celui des princes, celui des villes impériales. Chacun d'eux délibérait à part, et l'unanimité de leurs votes était nécessaire pour donner force légale à leurs décisions, qui prenaient alors le nom de recès de l'empire. - L'établissement de la Confédération du Rhin (1806) , en mettant fin à l'ancien empire, détruisit en même temps sa constitution. Chacune des principautés dont il se composait devint entièrement indépendante pour son gouvernement intérieur, et l'unité de l'Allemagne n'exista plus que dans ses rapports avec l'étranger. Le même esprit présida à la formation de la Confédération germanique (1815), dans laquelle les fonctionsdeladiéte étaientréduite: à ces trois points capitaux : I° maintien de l'indépendance des États fédéraux, ou sécurité extérieure ;2° maintien de la paix entre les États fédérauxi ou sécurité intérieure ; 31 intervention pour rétablir la tranquillité et la paix intérieure.des États fédéraux. Les affaires étaient traitées par une diète siégeant à Francfort. Les puissances qui y étaient représentées avaient un' nombre de voix proportionné à leur importance. La nouvelle organisation maintient l'autonomie des Mats sous la présidence de l'empereur d'Allemagne; la dignité impériale est héréditaire dans la Maison royale de Prusse. Un Conseil fédéral est composé des représentants des membres de l'empire; un Reichstag on parlement exerce un droit de contrôle sur l'exercice du pouvoir. impérial.
SOUVERAINS D'ALLEMAGNE.Carlovingiens.Conrad II, le Salique, emp.,1024-1039 Henri III, emp.,1039-105F Henri IV, emp.Rodolphe de RAeinfelden, anti-emp.,1056-1106 1077-108r Hermann de Luxembourg, anti-emp.,1081-108F Conrad, roi de Germanie,1087-1099 Henri V, roi de Germanie, 1099; emp.,1106-1125 Maison de Saxe.LothaireII,de Supplinbourg,roi,1125; emp.,1133-1137 Maison de Souabe ou de Hohenstaufen. Conrad III, emp ,Frédéric I, Barberousse, emp.,1138-1152 1152-1190 Henri VI, emp.,1190-1197 Philippe, emp.,1198-1208 Othon IV, de Brunswick, anti-emp.,1198-1208; emp.,1208-1218 Frédéric II, emp.Henri le Raspon, càeThuringe, anti-emp.,1218-1250 1246 Conrad IV, emp.,1250-1254 Grand interrègne.Guillaume de Hollande,1247-1256 Richard de Cornouailles,1257-1272 Alphonse de Castille 1257-1273Maison de Habsbourg ou d'Autriche. Rodolphe I, emp., _Adolphe de Nassau, emp.,1273-1291 1292-1298 Albert 1, d'Autriche, emp.,1298-1308 Maison de Luxembourg et de Bavière.Henri VII de Luxembourg, emp.,1308-1313 Louis V, de Bavière, emp.,1314-1347 Frédéric 111, le Bel, anti-emp.,1314-1330 Charles IV, de Luxembourg, emp.,1347-1378 Wenceslas de Luxembourg, emp.,1378-1400 Robert de Bavière, emp.,1400-1410 Josse de Moravie, emp.,Sigismond de Luxembourg, er ip. ,1410-1411 1411-1437 Maison d'Autriche.Albert 11, emp.,1438-1439 Frédéric .III emp.,Maximilien i, emp.,1440-1493 1493-1519 Charles V, dit Ch: Quint, emp.,1519-1556 Ferdinand I, emp.,1556-1564Charlemagne, empereur, 800-814Louis le Débonnaire emp, 814-840Lothaire I, associéàl'empire, 817; emp., 840-855Louis II, roi de Germanie, 843; emp., 855-876Charles le Chauve, emp., 876-877Carloman, roi de Bavière 876-880Louis III, le Saxon, roi de Germanie, 876-881Charles le Gros, roi d'Alémannie ou Allemagne 876 - emp, et roi de Germanie, 881-887Arnoul, bâtard de Carloman, roi d'Allemagne 887; emp., 896-899Louis IV, l'Enfant, roi d'Allemagne, 899-911Maison de Franconie.Conrad I, de Franconie, roi, 912-918Maison de Saxe.Henri I, l'Oiseleur, roi, 919-936Othon I, le Grand, roi, 936; emp., 962-973Othon II roi, 962- emp., 973-983Othon III, roi, 98à;_ emp., 996-100Henri II, le Saint, emp., 1002-1024Maison de Franconie.Maximilien II, emp., 1564-1576Rodolphe II, emp., 1576-1612Mathias, emp., 1612-1619Ferdinand II, emp., 1619-1637Ferdinand III, emp., 1637-1657Léopold I, emp., 1658-1705rosepph I, emp., 1705-1711Charles V'i, emp., 1711-1740Maison de Bavière.Charles VII, après un interrègne, emp. 1742-1745Maison d'Autriche-Lorraine.François I, époux de Marie-Thérèse, emp., 1745-1765Joseph II, emp.; 1765-1790Léopold II, emp., 1790-1792François II, emp., 1792-1806Maison de Prusse.Guillaume-Louis, après un interrègne, emp., 1871
ALLÉ - 55 - ALLO
ALLEMAGNE (mer d'). V. NORD (mer du).ALLEMOND-EN-O YSANS, bourg de France (Isère).ALLEN(W.),prêtre catholique anglais, 1532-1594. Ayant refusé de reconnaître la reine Elisabeth pour chef de 1'Eglise, il fut forcé de quitter l'Angleterre et se retira d'abord à Louvain, puis à Rome. Le pape Sixte-Quint le nomma archevêque de Malines, puis cardinal, et le chargea de reviser la trad. de la Bible, avec Bellarmin et le cardinal Colonne. Ii fut toute sa vie occupé à combattre la religion anglicane et à sus-citer des ennemis à Elisabeth : on lui attribue un traité où l'on soutient que tuer un tyran n'est pas un crime (trad. en franç., Lyon, 1658).ALLER, riv. d'Allemagne, naît à 31kil. 0.deMagdebourg, devient navigable à Celle, et s'unit au Weser au-dessous de Verden, après un cours de 220 k.ALLETZ (Pons-Augustin), avocat, compilateur laborieux, né à Montpellier en 1703, mort à Paris en 1785, a laissé, entre autres ouvrages : Dictionnaire portatif des conciles; Victoires mémorables des Français; Histoire des Papes; les Ornements de la mémoire (ouvrage longtemps classique) ; Connaissance des poëtes français; l'Esprit des Journalistes de Trévoux; l'Esprit des journalistes de Hollande; ainsi que des extraits d'auteurs latins : Selecta e Cicerone præcepta; Excerppta e Tacito; Selectæ fabulte ex libris:lletamorphos. Ovidii; Nouvelles vies des Saints; l'Esprit des femmes célèbres du siècle de Louis %IV. -Edouard Alletz, son petit-fils, né à Paris en 1798, m. en 1850, fut consul à Gênes, puis à Barcelone. Il s'est fait connaître par d'estimables écrits dans les-quels il s'efforça de faire concourir à un même but moral la philosophie et la religion : Essai sur l'homme, 1826; Esquisse de la souffrance morale, 1828; Maladies du siècle, 1835; de laDémocratie nouvelle, 1837, ouvrage couronné par l'Académie. Alletz s'est aussi exercé dans la poésii- et adonné Walpole, en 3 chants, 1825; la nouvelle Messiade, en 16 chants, 1830; mais ces deux poëmes furent peu remarqués.ALLEU, allodium (du saxon alod, c'est-à-dire sort, lot, ou d'ail, tout, et od, propriété). Ce mot désignait, dans les premiers temps du moyen àge, après l'établissement des Barbares, les terres, fruit de la conquête, que les vainqueurs s'étaient partagées par la voie du sort. Les alleux étaient libres de toute obligation ou redevance, excepté le service militaire; aussi leurs propriétaires étaient-ils appelés hommes libres, par opposition aux vassaux, possesseurs de fiefs ou de bénéfices (V. ces mots). Dés le xe siècle on ne trouve plus d'alleux, ni en France, ni en A1lemagne : d'un côté l'usurpation et de l'autre le besoin de protection avaient, de gré ou de force, transformé la plupart des alleux en fiefs et en bénéfices. -On appelait franc-alleu, une terre, une seigneurie, un héritage indépendant de tout seigneur, affranchi de tous droits ou devoirs seigneuriaux, et sujet seulement à juridiction.ALLEVARD, ch.-1. de tant. (Isère), à 35 kil. N. E. de Grenoble; 1547 hab. (parmi lesquels beaucoup de goitreux). Eaux minérales sulfureuses, cuivre, fer, plomb, houille, etc. Près de là naquit Bayard.ALLIA, petite riv. du Latium, passait à Crustumerium et se jetait dans le Tibre à 15 kil. N. E. de Rome. Les Gaulois y défirent les Romains, 390 av. J: C.ALLIANCE. Les alliances les plus célébres dans l'histoire sont connues sous le nom de Triple-Alliance, Quadruple-Alliance, Sainte-Alliance.TRIPLE-ALLIANCE, nom donné spécialement : 1° à l'alliance formée en 1668 pour la défense des Pays-Bas contre Louis XIV, entre la Grande-Bretagne, les États-Généraux de Hollande et la Suède ; -2° à la grande alliance du Nord, entre Frédéric IV de Danemark, Pierre le Grand de Russie, Auguste II de Pologne, contre le roi de Suède Charles XII; alliance signée à Copenhague en 1697, rompue par les victoires de Charles XII sur le Danemark, 1700, et sur la Pologne, 1706; mais renouvelée en 1709, après la défaite du roi de Suède à Pultawa; - 3° à l'alliance signée à la Haye en 1717, entre les États-Généraux, Georges 1, roi d'Angleterre, et le régent Phi-lippe d'Orléans, contrè les projets ambitieux du ministre d'Espagne Albéroni, qui voulait revenir sur les traités d'Utrecht, de Bade et de Rastadt et rendre à l'Espagne la totalité de ses anciennes possessions.QUADRUPLE-ALLIANCE,traité Signé àL ondres en 1718 entre l'Angleterre, la France, la Hollande et l'empire pour le maintien des traités d'Utrecht et de Bade et la pacification de l'Italie. Par ce traité, l'empereur consentit à reconnaître le roi d'Espagne, àcondition qu'on lui remettrait la Sicile, et que la Sardaigne se-rait donnée au duc de Savoie. On y convint aussi d'assurer à don Carlos la succession des duchés de Parme et de Plaisance et du grand-duché de Toscane. - On connaît encore sous ce nom l'alliance offensive et dé-, fensive formée en 1834 entre l'Angleterre, la France, la Belgique et l'Espagne, dans.le but d'assurer Pin-dépendance de la Belgique et de maintenir les droits de la reine Isabelle au trône d'Espagne.SAINTE-ALLIANCE, alliance formée entre la Russie, l'Autriche et la Prusse, signée à Paris le 26 septembre 1815, après la 2e abdication de Napoléon, avait pour but de maintenir le pouvoir des souverains et le respect de la religion. Elle tire son nom soit de ce dernier but, soit des sentiments de piété dont étaient animés les princes qui la contractèrent, surtout l'empereur Alexandre.Dans l'histoire de la Religion, on appelle Ancienne-Alliance celle que Dieu contracta avec Abraham et ses descendants, et Nouvelle-Alliance celle que D: eu a contractée, par la médiation de Jésus-Christ, avec l'Église ou assemblée des Chrétiens.
ALLIER, Elaver, riv. de France prend sa source dans les Cévennes, à Chabalier (Loâre), passe à Langogne, Langeau, Brioude, Issoire, Vichy, Moulins; reçoit la Sioule l'Alagnon et le Lachau, et tombe, après un cours de 360 kil., dans la Loire, par la rive gauche, au Bec-d'Allier, à 5 kil. 0. de Nevers. Elle donne son nom à un département.ALLIER (dép. de l'), entre ceux de la Creuse, du Cher, de la Nièvre, de Saône-et-Loire, de la Loire, du Puy-de-Dôme, formé à peu près de l'ancien Bourbonnais; eh.-l. Moulins; 356432 hab. Beaucoup de riv. et de sources, dont quelques-unes minérales et thermales (Vichy, Néris, Bourbon-l'Archambault); Montagnes et forêts au N., à l'E. et au S.; étangs au S. et au centre. Vins, grains, fourrages. Houille, fer, granit, marbre. Usines à fer, verreries à bouteille, faïenceries, coutellerie, bonneterie, etc. - Le dép. renferme 4 arrond. (Moulins, Montlucon Gannat, La Palisse), 16 tant. et 322 comm. If appartient à la 19, division militaire, dépend de la cour impériale de Riom, et a un évêché à Moulins.ALLIES (les).0n désignait spécialement sous ce nom les princes confédérés (Russes, Autrichiens; Prussiens, Anglais etc.) qui pénétrèrent en France em 1814 et 1815 et replacèrent les Bourbons sur le trône.ALLOA, v. d'Ecosse (Clackmannan), à 9 kil. E. de Stirling, à l'embouchure du Forth; 6000 hab. Port paImible. Bière renommée; riches mines de houille; fonderies et manufactures. Château du Yin° siècle.ALLOBROGES, peuple de la Gaule Transalpine, habitait au temps de Césardans la Province romaine, entre le Rhône et l'Isère, ayant les Segalauni et les Vocontii au S., les Alpes grecques et les Alpes Cottiennes à l'E., les Ambarri au N., les Segusiavi et tes Vellavi à l'O. Ce territoire, qui fut ensuite la nrov. Yiennaise, correspondait d'abord aux diocèses ;le Vienne et de Grenoble (moins les districts de Die, rte Valence et le val d'Oysan), puis au diocèse de Genève, augmenté des districts de Châtillon, de Michaille et de Belley, et comprenait, en outre, la plus grande partie de la Savoie. Villes princip.: Cularo (Grenoble), Vienna (Vienne), Geleva (Genève).-Les Allobroges furent soumis par les Romains de 125 à 121 av. J.-C. Ecrasés de dettes publiques ils députèrent à Rome en 63 av. J.-C. pour demander un allégement; leurs députés t'ournirent à Cicéron le moyen (le prouver le complot de Catilina. Vers l'an 360 de .i.-C., le pays qu'habitaient les Allobroges reçut le uom de Sopaudia (Savoie). En 1792, lorsque l'armée française eut conquis la Savoie, les Savoisiens reprirent le nom d'Allobroges, et leur pays, réuni à la France, forma les départements du Mont-Blanc et (lu Léman. Le contingent fourni à la France par les Savoisiens prit le nom de Légion des Allobroges.ALLORI (Alexandre), dit le Bronzino, peintre florentin, 1535-1607, eut pour maîtres son oncle Angelo Allori, connu le premier sous le surnom de Bronzino, puis Michel-Ange. On estime de lui un Sacrifice d'Abraham, qui se trouve dans le musée de Florence, et la Femme adultère, dans l'église du St-Esprit de la même ville. II avait étudié l'anatomie : aussi se distingua-t-il par la fidélité du dessin, plus que par la couleur.-Christophe Allori, son fils , surnommé aussi Bronzino, 1577-1621, le surpassa, surtout comme coloriste. On admire ses tableaux de Judith, de S. Julien et de S. Francois.ALLOS, ch.-1. de tant. (Basses-Alpes), sur le Ver-don, à 17 kil. S. de Barcelonnette; 450 hab. Lac abondant en truites renommées.ALLSTAEDT, Y. du grand-duché de Saxe-Weimar, à 45 kil. N. de Weimar; 2000 hab. Othon II y tint une diète en 974.ALLUTIUS,prince des Celtibériens, était d'abord attaché au parti des Carthaginois; mais touché de la générosité de Scipion, qui lui rendit sans rançon une jeune captive d'une rare beauté à laquelle il était fiancé, il prit le parti des Romains (211 av. J. C.) ainsi que les peuples qui dépendaient de lui.ALITA,petite rive de Crimée, coule de 1T;. à l'0. et se jette dans la mer Noire entre Eupatoria et Sébastopol. L'armée angIo-française commandée par le maréchal St-Arnaud et lord Ragian, franchit cette rive le 20 sept. 1854, et y battit l'armée russe, commandée par le prince Mentschikoff.
[modifier] ALM
ALMA, Calamita, vgede Crimée, surla riv. d'Alma, qui en tire son nom, à 45 kil. S. 0. de Simféropol. Comptoir génois du xui, au xv^ siècle. Leprince Napoléon s'empara de ce vge le 20 septembre 1854.ALMADA, Alsena, v. de Portugal (Estramadure), vis-à-vis de Lisbonne, sur la r. g. du Tage; 5000 h. 'four St-Sébastien, qui défend l'entrée du Tage.ALMA-DAGII, Amanus mors, chaîne qui se dé-tache du Taurus, sépare le pachalik d'Alep de ceux d'Itchil et de Marach (la Syrie de la Cilicie), et ne laisse que2 passages étroits, l'un versa Euphrate (portes Amaniques), l'autre vers la mer (portes Syriennes).ALMADEN, c'est-à-dire la mine, Sisapo, vi e d'Espagne (Manche) prov. et à 80 kil. S. 0. de Ciudad-Réal; 18000 h. Riches mines de mercure, exploitées parl'Etat, et connues dés le temps des Romains.ALMAGESTE, c'est-à-dire la grande (composition). Y. PTOLEMEE (Claude).ALMAGRO, v. d'Espagne, ch.-1. d'arr., à 17 kil. E. S. E. de Ciudad-Réal; 15 800 hab. Manufacture de blondes; foire aux mulets. Patrie d'Almagro.ALMAGRO (Diégo d'), l'un des conquérants de l'Amérique, né vers 1463 dans la v. d'Almagro, dont il prit le nom, était un enfant trouvé. Il alla cher-cher fortune dans le Nouveau-Monde et seconda puissamment Pizarre dans la conquête du Pérou (1520) : on l'accuse du meurtre de l'inca Atahualpa. Ilpénétra le premier dans le Chili, et fut nommé par Charles-Quint gouverneur de de pays, quoiqu'ilnel'eût point encore conquis (1534) La discorde s étant mise entre Pizarre et Almagro; ils en'vinrent aux mains sous les murs de Cuzco. Almagro fut vaincu et condamné : ciné dans sa 38o. t un homme brave mais (15 Son C'fils,étainommé aussi Diégô d'Almagro, fut proclamé _par ses partisans gouv. du Chili, et vengea sa mort parle meurtre-de Pizarre (1541); mais, ayant été défait par Vaca de Castro, il fut mis à mort au même lieu que son père.ALMAGUF.R, v. de l'Équateur, à 60 kil. de Popayan, à 2450 '" au-dessus de la mer. Mines d'or.AL-MAHDI. V. MAHDI et VOIIAMMED-AL-MAHDI.ALMARDYA ou nFRicAII, v. et port de la Régence de Tunis, à 125 k. S S. E. de Tunis, futi, fondée sur les ruines d'Aphrodisium en 915 par Obéid-Allah-el-Mahdy, et fut la tapit. des premiers Fatimites. Prise en 1550 par Charles-Quint.AL-MAMOUN (Aboul-Abbas-Abdallah), r calife abbasside, fils d'Haroun-al-Raschid, succéda, en 813, à son frère Amyn sur le trône de Bagdad. Formé par le sage Giafar-ben-Yahia il s'illustra par sa clémence et son goût pour les lettres et les sciences. établit des académies, fit traduire en arabe un grand nombre d'ouvrages grecs, fit reviser les Tables de Ptolémée et mesurer de nouveau l'obliquité de l'écliptique. Heureux à la guerre, il défit plusieurs fois les Grecs et leur enleva une grande partie de l'lle de Candie. II mourut ep 833.ALMANZA,v. d'Espagne, prou. et à 93 kil. au N. de Murcie; 5000 bah. Berwick y remporta en 1707 sur les troupes de I'archiduc Charles une grande victoire, qui rendit le trône à Philippe V,AL-MANZOR,en arabe Al-Mansour,,c'est-à-dire l'invincible. Ce nom a été porté par plusieurs personnages musulmans dont les plus célèbres 'sont :ABOU-GIAFAR-ABDALLAH-AL-MANSOUR, 21 calife abbasside. Il succéda à son frère Aboul-Abbas en 754, se défit de son oncle Abdallah qui lui disputait le trône, et du général Abou-Moslem gui lui faisait ombrage, entreprit plusieurs expéditions contre les Grecs, eut à se défendre contre la faction des Ommiades et contre celle des Alides, fonda Bagdad (762), qui devint le siège de l'empire musulman, fit quelques conquêtes au N. de la Perse et dans l'Asie-Mineure; mais perdit lEspagne, qui fut enlevée pour jamais aux Abbassides par les Ommiades. Il persécuta les Chrétiens de Syrie et de Mésopotamie, Ii mourut près de la Mecque en 775. Il est le premier calife qui ait protégé les sciences et les lettres; i1 prépara ainsi les règnes glorieux d'Haroun-al-Raschid et d'Al-Mamoun.MOHAMMED-AL-MANSOUR, un des plus fameux capitaines des Maures établis en Espagne, né près d'Algésiras en Andalousie en 93.9 parvint par son cou-rage aux premiers grades de l'armée, fut pendant 21 ans, 976-997, le premier ministre d'Heschamil, calife de Cordoue, gouverna avec autant de fermeté que de sagesse, et porta la terreur des armes musulmanes dans les parties de l'Espagne occupées par des princes chrétiens: il prit et rasa Léon, occupa Barcelone, chassa les Chrétiens du Portugal, pénétra en Galice, et emporta St-Jacques de Compostelle; mais il fut vaincu à.Calatanazor par les forces réunies des rois de Navarre et de Léon et du comte de Castille, 997. Dans sa douleur, il se laissa, dit-on, mourir de faim; à Médina-Céli.YACOUB-AL-MODJAHED-AL-MANSOUR, de _la dynastie des Almohades, régna sur l'Afrique septentrionale et l'Espagne mahométane de 1184 à 1199, repoussa les Almo:arides, etso rendit redoutable aux princes chrétiens d'Espagne : il remporta en 1195, sur le roi de Castille Alphonse IX, à Alarcos, une victoire dans laquelle périrent plus de 30 000 Chrétiens.
ALM0 - 57 - ALMA
ALMAZAN, v. d'Espagne à 27 kil. S. 0. de Soria, sur le Duero; 2000 hab. Pont magnifique. Traité de paix entre Pierre IV, roi d'Aragon, et Henri de Transtamare, roi de Castille, 1375.ALMÉES, c'est-à-dire savantes, femmes indiennes qui font profession d'improviser des vers, de chan-ter et de danser dans les fêtes, en s'accompagnant de la flil te, des castagnettes ou des cymbales. Elles sont choisies parmi les filles les plus belles, et reçoivent une éducation soignée. Elles sont souvent appelées chez les grands pour égayer les festins.ALMEIDA,v. de Portugal (Beïra), à 15 kil. S. E. de Pinhel, près du Coa; 6000 hab. Place forte, prise par les Espagnols, 1762; par les Français, 1810. Source sulfureuse aux environs.ALMEIDA (don François d'), amiral portugais, fut nommé en 1505 vice-roi des Indes orientales par le roi Emmanuel, fit de grandes conquêtes et battit près de Diu la flotte de Kansou, soudan d'É-gypte, qui voulait disputer aux Portugais le commerce de l'Inde (1508). Malgré ses services, il fut rappelé et remplacé par Albuquerque, avec lequel il eut de vifs démêlés. Il périt en revenant en Europe, dans un combat contre les Cafres du Cap, avec les-quels ses gens s'étaient pris de querelle (1510).-Son fils, don Laurent d'Almeida, eut une grande part à ses succès; il reconnut et soumit les îles Mal-dives et Ceylan. Il périt en 1509, peu avant son père, dans un combat naval contre les Égyptiens, après avoir fait des prodiges de valeur.ALMELOVEEN (Théod.Janssen Van),savant hollandais, né en 1657 prés d'Utrecht, mort en 1712, professa successivement l'histoire, le grec et la médecine à Hardewick. Il a donné des éditions estimées d'Hipppocrate, de Celse, d'Apicius (Cceliùs) de Strabon, de Juvénal, des Fastes consulaires, à Quintilien, de Rutilius, une Vie des Étienne, et plusieurs autres ouvrages remplis d'érudition, entre autres Inventa nova antiqua, Amstel., 1684.ALMENARA,bourg d'Espagne, en Catalogne, à 14 kil. N. 0. de Lérida, où les troupes de Philippe V furent vaincues par l'archiduc Charles en 1710.ALMERIA, Portus magnus ou Murgis, v. et port d'Espagne (Grenade), ch.-I. de prov., à 100 kil. S. E. de Grenade et à 380 de Madrid, sur la Méditerranée, au fond d'une vaste baie; 19 000 hab. Bon port, château fort. Evéché. Soude, salpêtre, plomb, sparterie. -Capit. d'un petit roy. maure formé après la chute du califat de Cordoue (ml siècle), elle fut enlevée aux Almoravides par les Almohades en 1137 et reprise sur les Maures par les Chrétiens dès 1143.-A1-meria adonné son nom à une prou. formée de la partie orientale du roy. de Grenade, qui compte 240 000 hab.ALMOGAVARES, nom donné en Espagne pendant le moyen âge à une miiice d'aventuriers ou de =t qui vivaient de la guerre contre les Maures,res du pays. Ils avaient pour armes une longue lance et une épée : avec la lance, ils attendaient le choc de la cavalerie arabe et abattaient les chevaux; avec l'épée, ils tuaient le cavalier.ALMOGAVER, poète espagnol. Y. sOSCAN.ALMOHADES, c'est-à-dire en arabe unitaires, secte et d nastie de princes maures, ainsi appelés' parce quiils prétendaient être les seuls qui reconnussent l'unité de Dieu. Ils régnèrent sur l'Afrique occidentale et l'Espagne aux xn, et xut, siècles. lls eurent pour chef Abou-Abdallah-Mohammed-al-Mahdi, qui en 1120 souleva les Kabyles contre les Almoravides, et s'empara d'Aghmat , leur capitale (à 50 kil. S. E. de Maroc). Abd-el-Moumen, disciple et successeur de Mohammed, enleva aux Almoravides les roy. de Fez, de Maroc, toute la régence d'Alger et les côtes méridionales de l'Espagne(1130-I163). Sous ses successeurs Yousouf etYacoub (1163-1194), le pouvoir des Almoravides fut entiérement détruit en Afrique et en Espagne. La puissance des Almohades ne tarda point non plus à s'affaiblir. Ils furent chassés de l'Espagne parles ictoires de Ferdinand III et d'Alphonse X (1228-1269); en Afrique, les tribus des Hafsytes, des Zéïrites, et des Mérinites leur enlevèrent la plus grande partie de leur territoire; enfin en 1270 tout l'empire des Almohades devint la proie des Mérinites. Les Almohades avaient régné 150 ans (1120-1270) et avaient eu 14 rois.ALMON (Jean),libraire et écrivain politique anglais du parti whig, né en 1738 à Liverpool, mort en 1805, publia quelques pamphlets qui le rendirent populaire : Examen du règne de Georges II; Examen de l'Administration de Pitt; un Journal du Parle-ment; Anecdotes des hommes célèbres de son siècle; Sur les jurés et les libelles; fonda le Parliamentary Register, et donna une édit. complète des Lettres de Junius, pour laquelle il fut emprisonné; on lui attribue avec quelque vraisemblance ce célébre ouvrage. Il fut lié avec J. Wilkes et publia ses écrits.ALMONACID,bourg d'Espagne, à 15 kil. S. E. de Tolède. Sébastiani y défi tles Espagnols le 11 aoùt 1809.[[Almondbury|ALMONDRURY],v. d'Angleterre (York) , à 6k. S. E. de Huddersfield; 5 800 h. Anc. résidence de rois saxons.ALMORAVIDES, des mots arabes al morabeth (et par corruption marabout), quiveulentdirereligieux, ermite; nom donné à une tribu de l'Atlas originaire de l'Yémen, qui vers 1050, sous la conduite d'un certain Abdallah-ben-Yasym, soumit les roy, de Fez et de Maroc et établit à Aghmat le siège de son empire. Yousef-ben-Tachfyn, 2* successeur d'Ahdallah, poursuivit ses conquêtes- appelé en Es-pagne par les Arabes, il s'empara rie la partie méridionale de la Péninsule (1086-1108), et prit le nom d'Emir-al-Hoslémyn, chef des fidèles, auquel il ajouta celui de Ndsser-et-Dyn, défenseur de la foi. L'empire des Almoravides fut renversé par les Almohades qui les chassèrent d'abord d'Aghmat et de Ma-roc (1120-29), puis de l'Espagne, 1147-70). Ils se réfugièrent dans file de Majorque, où les accueillit le prince musulman qui régnait à Cordoue. On attribue aux Almoravides l'origine de la monnaie espagnole appelée de leur nom maravédi.ALNETENSIS TRACTUS, en Gaule, auj. l'Aunis.ALNETUM, nom latin d'Aulnay (Calvados), et de Lannoy (Nord).ALNEY,île d'Angleterre, dans la Saverne, à l'0. de Glocester. Edmond-Côte-de-Fer et Canut lI s'y bat-tirent en duel pour le trône d'Angleterre en 1015.
[modifier] ALO
ALOÉUS,géant fabuleux, fils de Titan et de la Terre. Sa femme Ipbimédie eut de Neptune Otus et Éphialte, qu'on appelait les Aloïdes, parce qu'Aloéns les éleva comme ses fils; ils périrent dans la guerre des géants contre les dieux.ALOISIA StGÆA. V. SIGEn.ALOMPRA,Birman, ,n,6 dans le roy. d'Ava, d'une famille obscure, mais doué d'un esprit pénétrant et audacieux, affranchit son pays du' oug des Péguans, traita avec les Anglais, dont ii obtint des secours, remporta une victoire décisive en 1755, se fit pro-clamer roi et devint le fondateur d'une dynastie nouvelle qui règne encore. Il fit de vastes conquêtes et bâtit la ville de Rangoun.ALOST, Aalst en flamand, v. de Belgique (Flandre orientale), sur la Dendre, à 25 kil. S. E. de Gand et 26 de Bruxelles • 15 000 bah. Petit port place forte. Hôtel de ville, collége, église remarquabie.Imprimeries sur toile et coton, etc. Grand commerce de houblon, huile de colza. - Anc. ch.-1. de la Flandre autrichienne. Prise par Turenne en 1667, elle nous fut enlevée après la bataille de Ramillies (1706).
[modifier] ALP
ALP-ARSLAN (c'est-à-dire le brave lion), sultan de la dynastie des Turcs Seldjoucides, succéda en 1064 à son oncle Togroul-beg, régna sur toute la Perse, conquit l'Arménie et la Géorgie, battit et fit prisonnier, en Arménie, l'empereur g•recRoma' n Diogêne qui tentait de s'opposeràsesprogrès (1071), sou-mit le Kharizm et passa l'Oxus à la tête de 200 000 combattants • mais il périt peu après, assassiné par le gouverneur d'une forteresse qu'il venait de prendre d'assaut, 1072. Il est le premier de sa race qui ait embrassé l'Islamisme. Il eut pour successeur son fils Malek-chah , qui étendit encore ses conquêtes. - Un autre Alp-Arslan fut sultan d'Alep de 1114 à 1115.-ALP-TEKIN. V. TEKIN.ALPES (du celtique Alp, montagne), grand système de mont. de l'Europe, situé entre la France, l'Italie et l'Allemagne, prend successivement les noms suivants : 1° Al es Maritimes, qui s'étendent du S. au N., depuis les côtes du golfe de Gênes jusqu'au Mont-Viso; l° Alpes Cottiennes, depuis le Mont-Viso jusqu'au Mont-Cenis; 31Alpesgrecques, depuis le Mont-Cenis jusqu'au Mont-Blanc et au col du Bonhomme (elles renferment le Petit St-Bernard) • 4° Alpes Pennines, qui vont de l'O. à FE. depuis le cU du Bonhomme jus-qu'au Mont-Rosa (c'est là que se trouve le Grand St-Bernard) ; 5° Alpes Lépontiennes ou Helvétiques, entre les monts Rosa et Bernardin (là se trouve le St-Gothard) ; 6° Alpes Rhétiques, du Mont-Bernardin au Drey-Herren-Spitz; 71 Alpes Noriques, qui traversent le Saltzbourg la Styrie la Haute et Basse-Autriche. A droite et à gauche de cette ligne principale s'étendent plusieurs chaînes secondaires, dont les plus importantes sont : I° les Alpes Ber-noises, qui se détachent du St-Gothard et forment, avec le Jorat, une longue arête, séparant les affluents de l'Aar de ceux du Rhône; 21 les Alpes du Vorarlberg, qui ont leur nœud aux env. du Monte dell' Oro et qui isolent les affluents du Rhin de ceux du Danube (on les nomme souvent Alpes de Souabe); 3° les Alpes Carniques, qui se détachent au S. du Drey-Herren-Spitz, séparant les bassins de l'Adige et de la Drave; 4° les Alpes Juliennes, qui se lient aux Alpes Carniques et forment une vallée dans laquelle coule la Save; 5° les Alpes Dinariqques, qui unissent les Alpes proprement dites avec Balkan; 6° FA-pennin, qui se détache des Alpes Maritimes et sépare en deux la presqu'île italique. Les plus hauts sommetsdes Alpes se trouvent dans les Alpes Pennines. ce sont le Mont-Blanc, 48101; le Mont-Rosa, 4636; le Mont-Cervin, 4500; le Mont-Combin, 4308; le Mont-Géant' 4210. Viennent ensuite : le Mont-Olan, 4200; le Mont-Pelvoux de Valouise, 4093; le Mont-Iseran, 4053; l'Orteler Spitz 3908; le Gross Glockner, 3890; le Grand St-Bernard, 3470; le St-Gothard 3300; le Mont-Cenis, 3493; le Mont-Viso, 3840. Ces hauteurs, qui dépassent toutes celles de l'Europe, restent encore loin de celles de l'Asie et de l'Amérique (V. iii-MALAYA, ANnes). Les Alpes sont couvertes de neiges éternelles; elles offrent d'immenses glaciers, stirtout en Suisse et sur la lisière N. de PItalie : la fameuse hier de glace est au pied du Mont-Blanc. Un grand nombre de fleuves et de riv. descendent des flancs des Alpes; les princip. sont: le Rhin, le Rhône, le Pô, l'Adige, le Danube. Les Alpes forment comme un mur infranchissable; on y rencontre très-peu de passages : les passes les plus célèbres sont celles du Mont-Genèvre, entre la France et le Piémont; des Échelles entre la France et la Savoie; du Mont-Ceais et du Petit St-Bernard, entre la Savoie et le Piémont; du St-Gothard, entre la Suisse et l'Italie; du Seemmering, entre l'Autriche et la Styrie. Annibal en 217 av. J.-C., et Bonaparte, en 1800, ont franchi ses Alpes avec de grandes armées; ce qui était génévalement regardé comme impossible. Napoléon I y fit ouvrir les magnifiques routes du Simplon (180I-6') et du Mont-Cenis (1805). Plus récemment, l'archiduc Régnier y ajouta la route par le Splugel (1820). Aujourd'hui, on les traverse en chemin de fer.Les anciens donnaient aux différentes parties de l'immense chaîne des Alpes les noms de: Alpes Maritimx, depuis le Ligusticus sinus jusqu'au Mous Vesnlus (Viso) et aux sources du Padus (Pô);-Alpes Cottianx, depuis le Vesulusmonsjuseà iiAlpisCottia (Mont-Cenis) :elles reçurent ce nom sous Auguste, en souvenir de la route que le roi Cgttius avait ouverte aux Romains dans la vallée de Suse; on les nommait auparavant Alpes Jûlix,- Alpes Graix, appelées aussi Cremonis juga (Mont-Craimon, au ù E. e la vallée de la Thnille), depuis le Mont-Cenis jus-qu'aux sources de la Duria major (Doire) ; - Alpes Penninx, depuis la Duria jusqu'au Mons-Adulas (St-Gothard) : elles étaient ainsi "nommées d'untmot du pays qui signifiait haute montagne; on y distinguait e Penninus-Lions (Grand St-Bernard); -Alpes Helveticx ou Lepontix, au midi de la Suisse; - Alpes Rheticx ou Tridentanx, qui traversaient les deux Rhéties, - et enfin Alpes Carnicx ou Noricx, qui séparaient le Noricum du pays des Carni.
- ALPES GRECQUES,
Alpes Craix, une des 17 prou. de la Gaule au iv, siècle, entre les prov. nommées Alpes hfaritimx, Viennenszs, Maxima Sequanorum et l'Italie, avait pour tapit. Civ. Helvetiorum ou Aventicum (Avenches), et pour v. principales Darantasia ou Civitas Centronum (Moustiers en Tarentaise Octodurus on Civitas Vallensium (Martinach). à territoire représente à peu près le bassin du Haut-Rhône jusqu'au lac Léman, la vallée de Suse, le Briançonnais et le valde Prégalas. ALPES MARITIMES, Alpes garxtimx, une des 17 prov. de la Gaule au iv° siècle, au S. des Alpes Graix, entre le Ligusticus sinus, l'Italie et la Narbonensis 20, avait pour tapit. Civitas_ Hbrodunensium (Embrun), Elle répond à parties du Dauphiné et de laProvence.ALPES-MARITIMES (dép. des), entre ceux des B.-Alpes et du Var à l'O., le Piémont au N., la prov. de Gênes à FE. et la Méditerranée au S.;.194 578 h. - eh -1., Nice. Formé du comté de Nice et de partie de fané. dép. du Vâr. II a, 3 arr. (Nice, Grasse, Puget-Théniers), dépend de la cour imp. d'Aix et a un évêché à Nice. - Ce dép., qui avait déjà existé sous le i°, empire, est revenu à la France en 1860.ALPES (dép. des BAssEs-), dép. frontière, entre ceux desH.-Alpes, du Var, de Vaucluse et les États sardes; ch.-I. Digne. Il est formé d'une partie de fane. Provence. Surface, 7450 kïl.carrés; popul., 1116 368 hab. Mont., mines : fer mèlé(ï'or, argent, plomb, houille, jayet, albâtre, ardoise, marbres. Oranges, châteignes, truffes, plantes aromatiques; vers à soie; délicieuses prairies naturelles. Industrie presqque nulle.-Ce dép. a 5 arr. (Digne; Castellane, Barcelonette, Forcalquier, Sisteron), 30 tant. et 257 communes. Il fait partie de la 9° div. milit. ef dépend de la cour impér. d'Aix. Il a un évêché à Digne.[[Hautes-Alpes|ALPES (dép. des HAUTES )], dépp, frontière, entre ceux des B.-Alpes, de l'Isère, de la Drôme et les États sardes; ch. i. Gap. Il est formé d'une partie du Haut-Dauphiné. Surface, 5453 kil. carrés; popùl., 125 100 h. Mont. très hautes: dans quelques vallées, la neige séjourne 7 mois; vastes forêts, remplies de bêtes fauves; riches pâturages. Marbres, albâtre, porphyre, syénite, etc. Céréales, châtaignes, vin, chanvre, etc. Mulets, belles bêtes à laine. Commerce peu actif, grains, fruits, gros draps, craie, mine de plomb noir, térébenthine, albâtre, etc.-Ce dép. a 3 arr. (Gap, Embrun; Briançon), 24 tant. et 189 communes. Il fait partie de la 8° div. milit. et dépend de la cour impériale de Grenoble. Il a un évêché à Gap.ALPES SCANDINAVES. Y. DOFRINES.ALPHEE, riv. de l'ancienne Élide, prenait sa source en Arcadie, aux env. de Mégalopolis, passait prés d'Hérée, arrosait la plaine d'Olympie et de Pise, et tombait dans la mer Ionienne. On croyait que ce fleuve, qui disparaît plusieurs fois,sous terre, allait s'unir aux eauxdel'Aréthuse, fontaine de Syracuse en Sicile.-Selon laFable, Alphée étaitunjeunechasseur épris de la nymphe Aréthuse. Celle-ci s'étant métamorphosée en fontaine pour échapper à, ses pour-suites, il fut lui-même changé en fleuve afin de pou-voir unir ses eaux aux siennes.ALPHEE (S.),lecteur et exorciste dans l'église de Césarée en Palestine; subit le martyre dans la première année de la persécution de Dioclétien. On l'honore le 18 novembre.ALPHONSE, nom de princes de divers pays.1. Rois des Asturies, de Léon et de Castille.ALPHONSE I, le Catholique, né en 693, devint roi des Asturies en 739, deux ans après la mort de Pélage, dont il avait épousé la fille, et succéda à Fa-villa. II vainquit en plusieurs occasions les Maures et leur enleva plus de 30 villes. Ilmourut en 757.ALPHONSE u, le Chaste, roi des Asturies en 783, fut renversé la même année par un compétiteur et ne remonta sur le trône qu'en 791. Il remporta plusieurs victoires sur les Musulmans, établit sa cour à Oviédo, s'empara de Lisbonne, et mourut en 842. Dès 835, il avait abdiqué en faveur de Ramire, fils ainé de Bermude.ALPHONSE III, le Grand, roi des Asturies, succéda à Ordogno, son père, en 866, remporta un grand nombre de victoires sur les Maures, ajouta à ses États le roy de Léon et quelques autres provinces, et eut à combattre plusieurs révoltes. Vaincu par son propre fils Garcie, il se vit obligé d'abdiquer en favela de ce prince= en 910. Il mourut deux ans après. C'est sous lui que fut consacrée la célèbre église de St-Jacques de Compostelle. On lui attribue une Chronique des rois d'Espagne, depuis Wamba jusqu'à Ordogno.ALPHONSE IV, le Moine, roi de Léon et des Asturies, petit-fils du précédent, ne régna que trois ans (924-927), et se vit forcé d'abdiquer en faveur de son frère Ramire, qui, après l'avoir privé de la vue, le renferma dans un monastère prés de Léon, où il mourut en 933.ALPHONSE v,roi de Léon et de Castille (999-1027), profita des dissensions qui régnaient parmi les Maures pour les attaquer. Mais il fut tué au siège de Viseu, en 1027, d'une flèche tirée des remparts.ALPHONSE vI, roi de Galice, de Léon et de Cas-tille (1065-1109), filsde Ferdinand 1. Celui-ci ayant, à sa mort, partagé ses États entre ses trois fils, Alphonse eut en partage le royaume de Léon. Il en fut dépouillé en 1068 par son frère Sanche, roi de Cas-tille; mais, à,la mort de celui-ci, qui périt assassiné en 1072, il rentra dans ses Etats, et fut même proclamé roi de Castille, après avoir juré qu'il était innocent de ce meurtre. Il remporta de grands avantages sur les Maures d'Espagne, et leur prit Tolède, dont il fit sa capitale (1085); mais. s'étant ensuite allié avec eux contre les Almoravides, il s'attira de grands malheurs, perdit la bataille de Zélaka (1086), ppuis celle d'Uclès (1108), où périt son fils unique, le jeune Sanche, et mourut peu après de chagrin. C'est sous son règne que vécurent le Cid et Henri de Bourgogne, à qui il donna le Portugal. Sa fille Ur-raque lui succéda.ALPIiONSE vii devint roi de Castille par son mariage avec Urraque (1109). Il régnait déjà en Ara-gon sous le titre d'Alphonse I. P. ci-après ALPHONSE i, roi d'Aragon.ALPHONSE VIII, roi de Castille, de Léon et de Ga-lice (1126-1157), était fils d'Urraque et de Raymond de Bourgogne. Il partagea quelque temps la couronne avec sa mère. Lorsqu'il régna seul, il répara les maux qu'avait causés la mauvaise administration d'Urraque, Il reprit sur le roi d'Aragon, Alphonse I, son beau-père, plusieurs places dont ce prince s'était emparé, vainquit les Maures, leur enleva Calatrava et Almeria, et prit le titre fastueux d'empereur des Espagnes. Son dernier exploit fut une victoire rem-portée à Jaén, en 1157, sur les Maures venus d'Afrique. Ce prince avait marié sa fille Constance au roi de France Louis VII.ALPHONSE Ix, le Noble, roi de Castille de 1158 à 1214, n'avait que trois ans àla mort de son père Sanche III, fils d'Alphonse VIII. Sa minorité fut troublée par la rivalité des deux maisons de Castro et de Lara, qui se disputèrent la régence; mais il reconquit, à sa majorité, tout ce que ses voisins avaient usurpépendant ces troubles, et ajouta même à ses Rtats les prou. d'Alava, de Biscaye et Guipuzcoa. Défait par les Maures en 1195, près d'Alarces, il remporta sur eux, avec le concours des rois de Navarre et d'Ara-gon, la célèbre bataille de las Navas de Tolosa, dans la Sierra-Morena, en 1212. - Un autre Alphonse IX, cousin du précédent, fut roi de Léon seulement, de 1187 à 1230, et se signala aussi contre les Maures.ALPHONSE x, l'Astronome et le Sage (c'est-à-dire savant), roi de Léon et de Castille, succéda à Ferdinand III, son père, en 1252. Cinq ans après, une faction de princes allemands l'appela à l'empire et l'opposa à Rodolphe de Habsbourg. Tandis qu'il disputait la couronne impériale, les Maures envahissaient ses Etats, et son fils don Sanche se révoltait contre lui et le renversait du trône (1282). Après avoir appelé les Maures d'Afrique à son secours, Alphonse fit de vains efforts pour reprendre son sceptre, et mourut de chagrin à Séville, en 1284. C'était le prince le plus instruit de son siècle J mais il ne connut pas l'art de régner. Il introduisit en Europe les sciences des Arabes, relava l'université de Salamanque, donna à ses sujets le recueil de lois connu sous le nom de las siete (7) Partidas (1260), et fit dresser des tables astronomiques appelées de son nom Alphonsines. Ce prince disait, assure-t-on, que, si Dieu l'avait appelé à son conseil au moment de la création, le monde eût été bien mieux or-donné : il ne voulait sans doute par là que critiquer les systèmes d'astronomie adoptés de son temps. On a de lui des poésies, et on lui attribue une Chronique d'Espagne (publiée par Ocampo, Zamora, 1542).ALPHONSE XI, le Vengeur, fils de Ferdinand IV, roi de Léon et de Castille, succéda à son père en 1312. Ligué avec le roi de Portugal Alphonse IV, il défit les Maures en 1340, à la célèbre bataille de Tarifa, en Andalousie. Il mourut de la peste, en 1350 au siège de Gibraltar, ville qui lui avait été enlevée par les Maures en 1333.
II. Rois d'Aragon.|ALPHONSE I, le Batailleur, roi d'Aragon et de Navarre (1104-1134), épousa Urraque, fille et héritière d'Alphonse VI, roi de Castille, voulut, à la mort de ce prince (1109), joindre la Castille à ses Etats, et fut même reconnu roi de ce pays par un parti puissant au détriment d'Urraque qu'il avait épousée; mais cette princesse s'y opposa, le força, après sept ans de combats, à renoncer à ses prétentions, et divorça. Alphonse fit la guerre aux Maures d'Espagne et d'Afrique, remporta plusieurs victoires signalées, et s'empara, en 1118, de Saragosse, où il établit sa résidence. Mais il fut vaincu devant Fraga en Catalogne, et mourut du chagrin que lui causa cette défaite, en 1134. Il avait assisté à 29 batailles. Ce prince est connu en Castille sous le nom d'Alphonse VII.ALPHONSE II, roi d'Aragon (1162-1196), porta la guerre en France, eut de longs démêlés avec les comtes de Toulouse, et réunit à ses Rtats le Rous-sillon, le Béarn et la Provence, qui lui étaient échus par héritage. Ce pprince cultiva les lettres ou ce qu'on appelait alors la gaie science; on le compte parmi les troubadours.ALPHONSE III, roi d'Aragon (1285-1291), fils alné de Pierre II, eut à combattre une ligue formée par les rois de France, de Naples et de Castille, et fut contraint de signer un traité désavantageux. En 1288, il enleva Minorque aux Musulmans. Son règne est remarquable par les barrières que les Aragonais élevèrent, en 1287, contre les empiétements du pouvoir royal.ALPHONSE IVroi d'Aragon (1327-1336), surnommé le Débonnaire ~ cause de sa faiblesse, vit son propre fils, Pierre IV, se révolter contre lui. Néanmoins, il enleva aux Génois la Sardaigne, que le pape lui avait adjugée.ALPHONSE V, le Magnanime, roi d'Aragon et de Sicile, succéda en 1416 à son père, Ferdinand le Juste. Déjà roi de la Sicile, que son père lui avait transmise,il fut en outre désigné parJeanneIl, reinede Naples,pour son héritier; mais, forcéde faire laconqu tede cet héritage, il se trouva par là engagé dans desguerres perpétuelles. Après avoirplusieurs fois perdu et repris Naples, il réussit à s'y établir, et y tint unecour brillante jusqu'à sa mort, arrivée en 1458.Doué de toutes les qualités qui constituent un grand roi, Alphonse fit la guerre sans cruauté, aima les let-tres, et accueillit dans ses États les savants bannis de Constantinople. On lui reproche cependant d'avoir aimé le plaisir avec excès
III. Rois de Naples.ALPHONSE I, roi de Naples, roi d'Aragon. le même qu'Alph. V;Y. l'article précédent.ALPHONSE IIroi de Naples, fils de Ferdinand I, et petit-fils d'Ai honse V, monta sur le trône en 1494;mais, cette même année, le roi de France CharlesVIII,apppelé par le voeu de la plupart des Napolitains, en-iahit le royaume de Naples.Alphonse, abandonné de Doria (1584), ses alliés, et mal secondé par ses sujets, dont il s'é-tait aliéné le coeur par ses vices, abdiqua la cou-ronne en faveur de son fils Ferdinand II, quitta Na- ples avant les Français, et se retira en Sicile, où il mourut ta même année.
PortugalALPHONSE .iv, le. Brave, roi de fils de Dénis, petit-fils du précédent. soi gendre AI honse XI, roi dé-Castille,et:ne se réconciila.aveç lui que pour ma> tre les Maures d'Afrique. Il eut-une grande part à la défaite qu'ils subirent à Tarifafren 1340 .Alphonse Elle avait, par ses révoltes, abrégé la vie dü,rpi Denisson père;; enfin il fit le malheur de Sop ûls dqn Pédre, en mettant à mort la célèbre Inès:de,Castro que-ce -, épousée en secret : il fut ainsi la fois eh fils ingrat, frère injuste et père cruel.ALPHONSE v, l'Africain, roi de. 1438 à .1481; monta sur le trône à l'âge de 6 ans. Parvenu;à sa majorité, il tua dans une rencontre don Pèdre., son oncle et son tuteur. Ii porta la guerre en Afrique et enleva aux Maures Arsille et Tanger (1471). Il eut de grands démêlés avec Ferdinand et Isabelle de Cas-tille. Ce fut sous son règne que les Portugais décou- vrirent la côte de Guinée et y firent leurs premiers établissements. Il mourut de la peste.ALPHONSE vi, fils et successeur de Jean 1V, de la maison de Bragance, monta sur le trône en 1656, à 13 ans, sous la tutelle de sa mère. Ses dé-
ALPHONSE D'ESTE. Y. ESTE.ALPHONSE (S.). Y. ILDEPIIONSE et LIGnoRI.ALPHONSINES (tables),tables astronomiques composées par ordre d'Alphonse X, roi de Castille, furent rédigées par de savants astronomes chrétiens, juifs et arabes, qu'il avait réunis à Tolède, et furentcorrigées par le roi lui-même, Elles parurent en1252, et furent imprimées à Venise en 1483.
ALPIN (Prosper) médecin et botaniste, né en1553, à Marostica, dans l'État de Venise, mort en1617, était fils d'un médecin. Passionné pour la bctanique, il passa plusieurs années en Égypte, oit il recueillit une foule, d'observations précieuses; à son retour, il fut nominé médecin de la flotte d'André puis professeur de botanique à l'Uni- versité de Padoue, et mourut dans cette ville. On a de lui plusieurs traités estimés : sur les Plantes et l'Histoire naturehe,de l'Égypte, surlesPlantes exo tiques, sur la Xddeçine mcilii digue (il professait la doctrine de. Thémison), é( sûr_ les Pronostics (DeALSTEN, lie de Norwége, sur la côte civil Norland,on yremarque une montagne à sept sommets, haute d'environ 1330 °', et dite le. Sept-Sœurs.ALSTROEMF.R (Jonas), industriel suédois, né en 1685 à Alingsoës, mort en 1761, créa en Suède des filatures de laine et plusieurs autres fabriques, étendit au loin le commerce de sa patrie et mérita d'être anobli par le roi Frédéric-Adolphe. 11 laissa quatre fils qui suivirent ses traces.
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[modifier] ALT
ALT, c'est-à-dire, en allemand, vieux. Pour les mots composés commençant par ALT qui ne se trouveraient pas ici, cherchez le mot qui suit.ALT, rivrère.Y. ALUTA.ALTA, petite riv. de Russie (Poltava), se jette dans la Roubèje à Péreiaslav après un cours de 60 kil. C'est sur ses bords qu'laroslàv remporta en 1019, sur son frère Sviatopolk, la victoire qui lui assura le trône de Russie.ALTAI, grande chaine de montagnes de l'Asie centrale. sépare la Sibérie de la Kalmoukie, et forme l'extrémité septentrionale du grand plateau central de l'Asie. On la divise en Petit Altaï, entre les sources de l'Irtych, de l'Obi et de Plénisséï, par 43-50° lat. N. et 80-90° long. E., et Grand Altaï, au S. du Petit Altai et au N. de la Mongolie, par 45' lat. N. Ce sont des massifs arides dont les principaux sommets ont de 3000, à 40001. - Le mot altài veut dire d'or: effectivement, les monts Altaï possèdent des mines de ce métal, dont quelques-unes sont exploitées depuis 1747.ALTAMURA , v. du royaum0d'Italie erre de Bari), à 19 kil. N. 0. de Matera; 16000 ab. Magnifique cathédrale. Ancienne université, fondée par Charles de Bourbon. La cille fut bâtie par l'empereur Frédéric II, sur le, ruines de l'ans. Lupatia.ALTAN-NOR, c.-à-d. lac salin, grand lac de la Russie asiatique (Kalmoukie), à 222 kil. S. de Saratov. On y exploite le sel.ALTA VILLA, c.-à-d. Hauteville, bourg du roy. d'I-alie (Pté citérieure) , à 12 kil. de Salerne; 3 100 hab. Bâti par les Normands, détruit par l'empereur Frédéric 11 à la suite d'une révolte.ALTDORF, c.-à-d. vieux village, v. de Bavière (Rezat), à 18 kil. S. E. de Nuremberg; 2700 hab. - Elle dépendit successivement de la ville de Nuremberg, puis des comtes palatins jusqu'en 1504, de la maison de Brandebourg jusqu'en 1815, et fut à cette époque cédée à la Bavière. Elle est célèbre par son Université, fondée en 1575, transférée en 1809 à Erlangen. -Ville de Suisse. Y. ALTORF.ALTENA, v. des Etats prussiens (Westphalie), sur la Leine, à 28 kil. S. 0. d'Arensberg; 4500 hab. Forges, manufactures de fil de fer, etc.ALTENBOURG,capit. du duché de Saxe-Altenbourg, à 60 kil. N. E. d'Iéna, à 120 k. E. de Gotha, compte environ 16 000 hab. Gymnase, bibliothèque, palais du duc. Jadis ville libre, puis aux margraves de Misnie (1308), et enfin aux ducs de Saxe-Gotha.- Le duché est situé entre la Prusse, le roy. de Saxe, le grand-duché de Weimar et lés principautés de Reuss, Schwartzbourg et Cobourg; 131000 hab. Depuis l'extinction de la branche de Saxe-Gotha (1825) à la-quelle ce domaine appartenait, avec titre de principauté, il forme un des l;tats de la Confédération germanique avec titre de duché. Danube, v. de l'archiduché d'Autriche, sur le Danube, à quelques kil. à PE. de Vienne et prés d'Haimbourg. Quelques-uns croient que c'est le Carnunium des anciens.ALTENDORF, bourg de la Bavière, sur la Regnitz, à 15 kil. S. E. de Bamberg. Kléber y battit les Autrichiens le 9 aoùt 1796.ALTENGAAAD, bourg de Norwége, à l'embouchure de l'Alten, par 69° 45' lat. N.; 2000 hab. C'est le point le plus septentrional qui soit cultivé.ALTENKIRCHEN,bourg de fa Prusse rhénane, à 33 kil. N. de Coblentz. Plusieurs combats y furent livrés entre les Autrichiens et les Francais pendant les guerres de la Révolution, entre autres celui où fut tué le général,Marceau (19 sept. 1796).ALTENSTEIN,château du duché de Saxe-Meiningen, à 30 kil. N. de Meiningen. S. Boniface yprêcha le Christianisme vers 716. C'est là que Luther fut pris pour être conduit à Wartbourg.ALTERSWEILEN, village de Suisse (Thurgovie), à 7 kil. S. 0. de Constance; 2000 hab. Les Suisses y battirent l'empereur Maximilien I en 1499.ALTHEE, fille de Thestius, femme d'Œnée, roi de Calydon, et mère de Méléagre,jeta aufeu dans un accès de colère, un tison auquel était attachée la vie de Méléagre, et devint ainsi la cause de la mort de son fils. Elle en conçut bientôt tant de chagrin qu'elle se donna la mort. V. MÉLÉAGRE.ALTHEN (Jean),Persan, né vers 1710, mort eu 1774, était fils d'un gouverneur de province. Sa fa-mille ayant été proscrite par l'empereur Thamasp Koulikan, il fut vendu comme esclave. Il réussit à s'évader, se réfugia en France et introduisit dans le comtat Venaissin la culture de la garance qui a enrichi ce pays, ainsi que des perfectionnements dans la fabrication de la soie (1756-1763); toutefois, l'utilité de son importation ne fut pas appréciée de son vivant et il mourut dans la misère ainsi que sa fille. Avignon lui a érigé une statue en 1846.ALTKIRCH, v. d'Alsace-Lorraine (chef-lien de canton du département du Haut-Rhin avant 1871), sur l'Ill, à 50 kilomètres S. de Colmar et à 16 de Mulhouse; 3027 hab. Tribunal, collége.-Altkirch, l'ondée au xii° siècle, dépendait des comtes de Ferrette.ALTMUHL,riv. de Bavière, nait pres de Windelsbach, court à PE. et grossit le Danube non loin de Ratisbonne. Depuis peu d'années, un canal l'unit à la Rednitz, affluent du Rhin, et forme ainsi une communication entre le Ahin et le Danube : projeté par Charlemagne, ce canal n'a pu être exécuté que-de nos jours.ALTONA v. et port du Holstein, sur la r. dr. de l'Elbe, à 4 kil. N. 0. de Hambourg, avec laquelle elle communique par une chaussée; environ 65 000 h. Btablissements littéraires, gymnase académique, fondé par Christian VI (1739); école de commerce; amphithéâtre d'anatomie; bibliothèque; hôtel des monnaies. Construction de vaisseaux marchands. Grand mouvement industriel et commercial. Un chemin de fer unit depuis 1843 Altona à Kiel, Rendsbourg et Gluckstadt. Cette ville fut incendiée, en 1313, par les Suédois.ALTORF, v. de Suisse, ch.-l. du canton d'Uri, près de la Reuss, à 31 kil. S. E. de Lucerne, au pied d'un mont escarpé; 2200 hab. Entrepôt des marchandises qui vont en Italie par le St-Gothard. Altorf est connu depuis 744. Cette ville passe pour être le berceau de la liberté suisse; elle est remplie des souvenirs de Guillaume Tell.ALTRANSTADT,village de la Saxe prussienne, près de Lutzen, à 15 kil. E. de Mersebourg, célèbre par la paix signée le 24 sept. 1706 entre Charles XII, roi de Suède, et Auguste II, roi de Pologne, qui se vit contraint de renoncer àla couronne.ALTSTIETTEN,petite v. de Suisse (St-Gall), à 15 kil. S. E. de St-Gall; 6000 hab. Sources sulfureuses.-Cette ville fut ruinée par le siège qu'elle eut à soutenir contre les Autrichiens en 1419.ALUTA ou ALT, riv. de Transylvanie, sort des monts Nagy-Hagyrnas, court au S., puis au N. 0., traverse la Valachie ettombe dans le Danube à Nikopoli, après un cours de 400 kil.
[modifier] ALV
ALVARADO (Pierre d'), un des plus braves lieutenants de Cortez, l'accompagna dans la conquête du Mexique, en 1518, fit des prodiges de valeur, et de-vint gouverneur de la province de Guatimala. Il périt en 1541, tué par les indiens, après plusieurs expéditions aventureuses.ALVARADO (Alph. d'),accompagna Pizarre dans la conquête du Pérou, devint capitaine général de cette province, prit parti pour Pizarre contre Almagro et poursuivit les meurtriers de son général. Il mourut en 1553, du chagrin d'avoir été battu par des rebelles contre lesquels il était envoyé.ALVAREZ (Franç.),aumônier d'Emmanuel, roi de Portugal, devint secrétaire de l'ambassade que ce prince envoya en 1515 à David, roi d'Éthiopie, et publia à son retour une relation de son voyage sous le titre de Vraie information des États du prince Jean, Lisbonne, 1540, in-fol.,, traduite en français en 1558 : c'est le premier ouvrage qui ait donné des détails exacts sur cette contrée.ALVAREZ On ALVARO DE LUNA. Y. LUNA.ALVIANO (Barthélemi),général vénitien, né en 1455, s'est distingué à la fois dans les armes, la littérature et ia poésie. Il obtint plusieurs avantages sur les troues impériales, enleva à Maximilien en 1507 Goritz Trleste, Fiume, mais fut battu et pris par Louis II à Agnadel, 1509. Entré depuis au service de 1a France, il commanda un corps d'auxiliaires vénitiens à Marignan et contribua au gain de la bataille qu'y remporta François I (1515). Il mourut peu de jours après. Alviano avait fondé une académie à Pordenone.ALVINCZY (Joseph, baron d'), feld maréchal autrichien, né en 1726 au château d'Alvinez en Transylvanie, mort en 1810, s'était fait connattre par plusieurs victoires contre les Bavarois, les Turcs et les Flamands, lorsqu'il fut chargé en 1796de rem-placer enItalie le général Beaulieu, battu par Bonaparte. Après avoir obtenu quelques avantages partielsil perdit les batailles décisives d'Arcole et de R1VI et fut rappelé comme incapable (1797).- ALRINGER (J. B. de),
poète allemand, né à Vienne en 1755, mort en 1797, est surtout connu par deux poèmes chevaleresques, imités de Wieland, qui,eurent un grand succès, Doolin de Mayence, en 10 chants (17$7), et Bliombéris, en 12 chants (1791). Il a fait aussi plusieurs traductions, entre autres celle du Numa de Florian, et a coopéré à divers journaux littéraires. On a publié ses OEuvres à Vienne, 10 vol. 1810. ALY. V. ALi.ALYATTE I,roi de Lydie, fils d'Ardysus1 de la race des Héraclides, régna de 761 à 747 av. J.-C. - ALII, roide Lydie, de la race des Mermnades, succéda à Sadyatte, et régna de 610 à 569 av. J.-C. Il était sur le point de livrer bataille à Cyaxare lorswWune éclipse de soleil, prédite par Thalès de Mi-let, ëffraya les deux armées et les détermina à faire la paix. On n'est pas d'accord sur l'époque de cette éclipse, que les uns placent en 601, les autres en 597 et même en 585. Alyatte fut père de Crésus.ALZON eh.-1. de tant. (Gard), à 13 kil. S. 0. du Vigan; 5013. hab. Bestiaux, châtaignes,ALZONNE, ch.-1. de tant. (Aude), à 15kil. N. 0. de Carcassonne, près du canal du Mrdi; 1307 hab. Station. Draps fins, bonnets tunisiens, etc.
[modifier] AM
[modifier] AMA
AMABLE (S.), curé de Riom et patron de cette ville, mort vers 446, est fêté le il juin.AMADIAH v. forte de la Turquie asiatique (Kourdistan), ch.-l, de sandjak, à 100 kil. N. 0. de Mossoul, sur une haute montagne; 4000 hab. Anc. capit. d'une principauté de même nom, possédée par un prince kourde, descendant d'Abbas (premier Abbasside). On voit aux environs le tombeau de Mohammed-Bekir, où se font des pèlerinages.AMADIS DE GAULE, dit le Chevalier du Lion, le Beau Brun, le Beau ténébreux, héros de chevalerie, était fils de Périon, roi fabuleux de France. Amadis joue en Espagne un rôle analogue à celui du roi Arthur en Angleterre et de Charlemagne en France. Les aventures de ce prince n'ont rien d'historique ; on ne sait même précisément à quelle époque les rapporter. Le roman d'Amadis fut composé vers le xiv siècle par divers auteurs (V. Vasco LovEIRA) ;il est en prose et comprend 24 livres, dont les 13 premiers en espagnol et les autres en français. Les 4 premiers traitent seuls de Amadis de Gaule; les suivants racontent les exploits de sonfils t'torisando etdeplusieurs autres Amadis,Amadis de Grèce, Amadis de l'Étoile, Amadis de Trébizonde,etc. ,tous issus du premier.Les 4 premiers livres du ro-man &Amadis sont regardés commeun chef-d'œuvre par Cervantès; ils ont été publiés à Séville en 1496, trad. en français par Nie. d'Herberay, Paris, 1500, et par Tressan, 1779; et mis en vers par Creuzé de Lesser en 1813. On doit à M. Baret de savantes recherches sur PAmadis de Gaule, Paris, 1853.- AMADUZZI (J. C.),
Amadutius, savant abbé romain, né vers 1740 mort en 1792, était inspecteur de l'imprimerie de la Propagande à Rome. On a de lui : Leges novellm quinque anecdote; imperatorum Theodosii'unioris et Vaientiniani III, Rome, 1767; Anecdota ~itteraria ex manuscr' tis codicibus eruta, 1773 ; Alphabetum Birmanorum seu regni Avensis; Alphabetum brammhanicum; Alphabetut veterum Etruscorum, etc., 1773; Theophrasti Erésii characterum capita duo hactenus anecdota, 1786. - AMAGETOBRIA OU MAGETOBRIA,
v. de Gaule, chez les Sequani, célèbre par la victoire d'Arioviste sur les Éduens. 63 ans av. J.-C., paraît être Moigtebroye ou Amage à 10 kilom. E. N. E. de Luxeuil. - AMALARIC,
roi des Vistigoths en Espagne (511-531), fils d'Alaric II, fut d'abord placé sous la tutelle de son aïeul Théodoric, roi des Ostrogoths, qui régnait sur l'Italie et qui lui conserva la Septimanie. Il s'efforça d'établir l'Arianisme dans ses États, maltraita son épouse Clotilde, fille de Clovis, parce qu'elle voulait rester catholique, s'attira ainsi la guerre avec Childebert, frère de Clotilde, et fut poignardé par ses propres sujets pendant cette guerre. - AMALASONTE,
c'est-à-dire la Vierge des Amales, fille de Théodoric le Grand; roi des Ostrogoths, épousa Euthérie qui devait succéder à Théodoric. Ce prince mourut bientôt laissant un fils `Atalaric, que Théodoric fit son héritier. Amalasonte gouverna pendant la minorité d'Athalarie (526), mais ce jeune prince étant mort en 534, elle partagea Pautorité avec Théodat, qui l'année suivante la fit étrangler : c'est pour venger ce crime que Bélisaire vint en Itatalie. Amalasonte voulait civiliser son peuple; elle avait pris pour ministre le savant Cassiodore. - AMALÉCITES,
peuplade arabe, habitait au S. de la Judée, entre l'ldumée, l'Égypte et le désert de Sinaï. Ils descendaient d'Ésaii; par Amalec son petit-fils, et furent toujours acharnés contre les Israélites, qui à leur tour les regardaient comme une race maudite. Dieu ordonna à Sacil de les exterminer. Ce roi leur déclara la guerré et les défit; mais, contre la défense de Dieu, il pardonna à Agag, leur roi. Cette désobéissance lui fit perdre sa couronne, qui fut transportée à David. - AMALES, c'est-à-dire Célestes, race de héros célèbre parmi les Goths, régnait sur les Ostrogoths aux ve et vi• siècles. C'est à'cette race qu'appartenaient Théodoric le Grand, Amalasonte et Amalaric.
- AMALFI; gel a, Y. du roy. de Naples (Pté Citér.) 1 à 13kil. 0. S. O: et Salerne, sur la mer tyrrhénienne; 3500 h. Archevêché. Port, ville industrieuse : fabriques de papier, de macaroni, etc. Amalfi s'érigea en république en 839, resta dans cet état jus4u'à,,l'invasien normande, 1038, et conserva depuis des priviléges et une grande puissance maritime. "Les Pisans la saccagèrent en 1135; ils y trouvèrent un manuscrit des Pandeétes devenu célèbre et qui-donna une nouvelle impulsion à l'étude du droit romain. Le code maritime d'Amalfi (Table Amalfitaine) fut adopté au moyen âge par un grand nombre de nations maritimes : il a été publié à Naples en 1844, Flavio Gigja et Masaniello étaient d'Amalfi. Un hôpital que fondèrent à Jérusalem des Amalfitains fut l'origine des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem.
- AMALRIC (Arnaud), abbé de Cîteaux, fut un de ceux qui furent choisis en 1204 par Innocent III pour prêcher une croisade contre les Albigeois. Il réussit à rassembler 200 000 Croisés sous les ordres de Simon de Montfort, et fut l'âme de cette expédition, dont le succès fut acheté par les plus sanglants sacrifices. Ilmit en interdit les États de Raymond VI,
- comte de Toulouse, et eut la part la plus déplorable au sac de la malheureuse ville de Béziers (1209); Iu, notent III se vit obligé de blâmer ses excès. Toutefois il rentra en grâce peu après et fut même nommé archevéque de Narbonne en 1212. Quelques années plus tard, il alla en Espagne faire la guerre aux Maures, et à son retour il rédigea une relation de cette expédition. Il mourut en 1225.
- AMALTHÉE, fille de Mélissus, roi de Crète, nourrit Jupiter avec du lait de chèvre, ce qui fit dire que ce dieu avait été nourri par une chèvre. Une des cornes de cette chèvre fut placée dans le ciel, sous le nom de Corne d'abondance.
- AMALTHÉE,
sibylle de Cumes. Y. smrLLE. - AMALTHÉE (les),
nom d'une famille du Frioul qui, dans les xve et xvie siècles, a fourni aux sciences et aux lettres plusieurs hommes distingués, entre autres trois frères, Jérôme, Corneille et Jean-Baptiste, qui tous trois cultivèrent avec succès la poésie latine. Le plus connu, Jérôme Amalthée, né en 1506, mort en 1574, professa la philosophie et la médecine à Padoue. Leurs poésies ont été publiées sous ce titre : Amaltheorum fratrum carmina, Venetiæ, 1627. Elles se trouvent aussi dans les Deliciæ poetarum latinorum italorum. - AMAN, Amalécite, ministre et favori du roi de Perse Assuérus pendant la captivité de Babylone. Irrité contre les Juifs, parce que Mardochée, l'un d'eux, refusait de se prosterner devant lui, il résolut de les faire périr tous et en fit donner l'ordre par le roi. Esther, Juive d'origine et nièce de Mardochée, apaisa la colère d'Assuérus dont elle était devenue l'épouse,, fit révoquer cet ordre sanguinaire et condamner Aman au gibet. On place cet événement sous Artaxerce Longuemain vers 462 av. J.-C.
- AMANAREA, v. et petit État â'Afrique (Guinée), sur la Côte d'Or, est tributaire de l'Achanti. Or, ivoire, poivre, huile de palmier; bois de construction. Station anglaise, fort Apollonia.
- AMANCE, ch.-1. de c. (Haute-Saône), à ,24 kil. N. 0. de Vesoul, sur une mont. au pied de laquelle coule la Superbe; 926 hab.. - C'est aussi le nom d'un bourg de l'anc. Lorraine (Meurthe), à 20 kil. N. E. de Nancy, sur une haute montagne. C'était jadis une des résidences des ducs de Lorraine.
- AMANCEY, ch.-1. de c. (Doubs), à 30 kil. S. E. de Besançon ; 716 hab.
- AMAND (S.),
Amandus, évêque de Bordeaux, sa patrie, fut sacré en 403. II était vénéré comme l'un des plus saints prélats de son temps. On le fête le 18 juin.-Évêque de Maestricht, né en 589, près de Nantes, sacré en 627, mort en 679, à 90 ans,fut l'apôtre du Brabant. Il encourut la disgrâce de Dagobert pour avoir blâmé sa conduite irrégulière. Il fonda entre autres monastères, celui d'Elnon, où il,finit ses jours et qui a pris de lui le nom de St-Amand (Y. ce nom). Il eut pour disciple S. Hubert. On l'honore le 6 février. - AMANTEA, Amentia, v, et port du roy. d'Italie (Calabre citér.), à 25 kil. S. 0. de Cosenza, sur la mer; 2700 hab.
Place forte, prise par les Français en 1806, après un siège opiniâtre. AMANUS MoNs,chaîne de l'Asie-Mineure qui reliait le Taurus au Liban; est auj. Alma-Dagh.AMAR, l'un des conventionnels les plus sanguinaires, né vers 1750, mort en 1816, était d'abord avocat à Grenoble. Membre du Comité de salut public, il fit assaut de cruauté avec Robespierre, accusa et fit mettre à mort un grand nombre des membres les plus distingués de la Convention. Il parvint ce-pendant à sauver sa vie au 10 thermidor. Il vécut depuis dans la retraite.- AMAR DURIVIER (J. Aug.), littérateur, né à Paris en 1765, mort en 1837, professa les belles-lettres dans plusieurs colléges, notamment au lycée Napoléon, et fut nommé en 1803 conservateur de la bibliothèque hlazarine. On a de lui un Cours complet de rhétorique, 1804-1811; une édit. de la Bibliotheca rhetorum du P. Lejay, 1809; une traduction des chefs-d'œuvre de Goldoni; plusieurs recueils faits pour les classes : Narrationes poeticæ latinm, Conciones poeticæ græcæ, etc., et une jolie collection in-32 des auteurs classiques latins.
- AMARAPOURA,
c'est-à-dire Pille des Immortels, v. de l'empire Birman, sur la r. g. de l'Iraouaddy, à 25 kil. N. E. d'Ava. Remparts, vaste citadelle. Ville sainte, temple remarquable par une statue colossale et par une série de 260 inscriptions anciennes et modernes. Bâtie en 1783, Amarapoura fut tapit. jusqu'en 1824. Un incendie en brilla 20 000 mai-sons en 1810 (toutes les maisons sont en bois). Cette ville comptait 175 000 hab. en 1800; elle n'en a plus guère que 30 000. - AMASEA ou AMAsrA, auj. Amasieh, v. du Pont, au confluent de l'Iris et du Scylax, au S. d'Amisus. Patrie de Mithridate et de Strabon. Titre d'évêché in partibus. Y. AMASIEH.
- AMASENUS, Amaseno, petite riv. du Latium, prenait sa source près de Préneste, passait à Privernum, se joignait à l'Ufens et se perdait avec lui dans les Marais Pontins.
- AMASIAS,
8° roi de Juda de 839 à 810 av. J.-C., ou, selon l'Art de vérifier les Dates de 831 à 803, était fils de Joas. Il remporta sur les Iduméens une grande victoire; mais, n'étant pas resté fidèle au culte du vrai Dieu, il fut battu et fait prisonnier par le roi d'Israél, et ne recouvra sa liberté qu'en livrant les trésors du temple, qui furent emportés à Samarie., II périt assassiné par ses sujets. - AMASIEH,, Amasea, v. de la.Turquie d'Asie (Si-' was), ch.-l. du district qui porte son nom, à 130 kil.é au S. de Samsoun, au pied des monts Djanik, 'surl'Ié. kil-Irmak (jadis l'Iris), par 40°50' lat. N., 3314' long. E.; env. 40 000 hab. Résidence d'un métropolitain grec et d'un archevêque arménien. Très-belle 'miJs= quée, dite de Bajazet, avec un collége dit Coll. céleste; bâti par ce prince; restes d'une, citadelle, d'un beau temple, etc. ; nombreuses antiquités à peine èxplorées. Aux env. sont des cavernes taillées dans la roc et qui furent probablement les sépultures des rois de Pont. Vins exquis; soies superbes. Les femmes d'Amasieh sont renommées pour leur beauté.
- AMASIS, roi d'Égypte de 570 à 526 av. J.-C., n'était d'abord qu'un simple soldat; il s'éleva au, poste de premier ministre d'Apriès et devint bientôt assez puissant pour détrôner son mattre. Il fit oublier son usurpation et la bassesse de sa naissance par sajustice et ses talents : il enleva Chypre aux Phéniciens, ouvrit aux Grecs les ports de l'Égypte et fit fleurir le commerce. Il se soumit à Cyrus.; mais,' 'ayant' refusé de payer le tribut à Cambyse, son fils, il fut attaqué et battu par ce prince; toutefois, il mourut avant la conquête de son royaume.
- AMASIUS, fleuve de Germanie, auj. l'Ems.
- AMASRA Amastris v. de la Turquie asiatique, en Anatolie, à 270 kà. E. N. E. de Constantinople, sur la côte de la mer Noire; environ 2500 hab. Port prespe ensablé. L'anc. Amastris, d'abord Sésame, était en Paphlagonie. Embellie par Amastris, nièce de Darius et femme de Denys, tyran d'Héraclée (Pont), elle prit le nom de cette princesse. Au moyen âge, elle appartint successivement à l'empire grec, à Théodore de Lascaris (1210), et aux Génois. Mahomet II la prit en 1459.
- AMATE, femme du roi Latinus, avait fiancé sa fille Lavinie à Turnus avant l'arrivée des Troyens. Elle s'opposa de tout son pouvoir à son mariage avec Énée. Elle se pendit de.désespoir quand sa fille eut épousé le prince troyen.
- AMATHA, v. de Syrie, sur l'Oronte auj. Hama.
- AMATHONTE
Amathus, v. de l'île de Cypre, sur la côte S.; très-célèbre par le culte qu'on y rendait à Vénus. Elle avait été bâtie par les Phéniciens. On en voit les ruines près de Limisso. - AMATI, famille de luthiers de Crémone, s'est rendue célèbre aux xvie et xvne siècles par les perfectionnements qu'elle apporta dans la fabrication ! des instruments à cordes. On remarque surtout les trots frères Nicolas, Antoine et André; le premier fut maître de Stradivarius.
- AMAURY I, roi de Jérusalem de 1162 à 1173, succéda à son frère Baudouin III. II Eompit de la manière la plus injuste une trêve qu'il avait conclue avec le calife d'Égypte et porta la uerre dans ses États; mais, après avoir obtenu que, ques succès, il fut battu par Nour-Eddin et par Saladin, et fut forcé de se retirer honteusement. Il avait inutilement sollicité les secours de la Chrétienté.
- AMAURY II, da la maison de Lusignan, roi de Chypre dès 1194, devint en 1197 roi de Jérusalem par son mariage avec isabelle, veuve du roi Henri; mais il ne fut roi de Jérusalem que de nom ; et quoiqu'il eût appelé les Croisés à son secours, il ne put pénétrer dans ses États. Il mourut en 1205 à Ptolémaïs.
- AMAURY DE CHARTRES
philosophe et théologien du x!i° siècle, né près de Chartres, mort en 1209, professa une sorte de panthéisme mystique qu'il avait posé dans les écrits de Jean Scot, et qui le fit con-damner en 1204 par le pape Innocent 111. Il eut un grand nombre de disciples, parmi lesquels on remarque David de Dinant. - AMAURY, archevêque de Narbonne. V. AMALRIC.
- AMAXICHI, Y. et port des tles Ioniennes, ch.-l. de Ptle Ste-Maure, sur une baie; 6000 h. Évêché grec.
- AMAZONES peuplade fabuleuse de femmes guerrières. Elles hatitaient les rives du Thermodon dans le Pont, et avaient pour capit. Thémiscyre; elles étendirent, disait-on, leurs conquêtes jusqu'aux frontières de l'Assyrie et du Tanaïs, et bâtirent Éphèse, Smyrne, Magnésie. Bellérophon, Hercule, Thésée, firent des expéditions contre elles. Elles eurentpiusieprs reines célèbres : Antiope, qui attaqua Thésée; Penthésilée, qui secourut les Troyens et fut tuée par Achille; Thalestris, qui visita Alexandre. On aprétendu qu'elles se perpétuaient par un commerce passager avec les habitants des pays voisins, et qquu 'elles exposaient leurs enfants mâles. Elles se brtillaient, dit-on, la mamelles droite pour tirer de l'arc avec plus de facilité. - Outre les Amazones d'Asie, les anciens parlent aussi d'Amazones d'Afrique, qui au-raient subjugué les Maures, les Numides, lesEthiopiens, auraient pénétré en Asie jusqu'au Taurus, et auraient été, détruites par Hercule, en même Lemps que les Gorgones, leurs rivales- Nagel (Stuttgardt, 1838), Uckert (Leipsick, 1847), etBergmann (Colmar, 1853), ont publié de savantes recherches sur les Amazones. Il a existé en Bohême au viii, siècle de notre ère de véritables Amazones qui avaient à leur tête Libussa et Vfasta; pendant plusieurs années elles réppndirent la terreur sur les terres du roi Przémis• l qui eut grand'peine à les exterminer. Y. vLASTA.
- AMAZONES (fleuve des), ou MARAGNON fleuve de l'Amérique méridionale, le plus grand du monde avec le Nil et le Mississipi, sort du lac Lauricocha dans les Andes, sous le nom de Tdguragua, vers 111 lat. S., 73, long. 0., monte au N. Jusque vers 5° lat., puis court à I'P. de 81, à 53, de long. 0., traverse la Colombie, sépare la Guyane portugaise du Brésil, reçoit un grand nombre d'affluents et finit par se jeter dans l'Océan Atlantique sous l'équatRUr, après un cours de 5000 kil„ env. Ce fleuve a de 3 à 5 kil. de large dans sa partie supérieure, s'a-grandit progressivement, et a 288 kil. à son embouchure. La marée y remonte jusqu'à 600 kil. dans les terres et forme près de son embouchure une barre immense connue sous le nom imitatif de prororoca. Arrivé à l'Océan, il en refoule les eaux et coule encore 135 kif. sans mélange dans la mer. L'Amazone commu~.q ie avec l'Orénoque par un canal naturel. Ses affluents les plus remarquables sont à droite, l'Ucayale (à tort donné pour bras principal), le Cassiquiare, le Javari, Plurna, le Pu-rus, le Madeira qui a plus de 2000 kil. de cours,le Topayos; leJingu; à gauche le Pinchès, le Napô, le I?utu-Mayo, l'Yupura, le Negro (qui le, fait communiquer avec'l'Orénoque). Poissons nombreux et variés, caïmans de 7, mètres et plus, jaguars et serpents sur les bords. --Vincent Putzon découvrit ce lleuve en 1500; Franc. Orellana le descendit en-1539 et eut à combattre sur ses bords des femgçs armées,, ce qui fit donner au Êeuve le nom de Ëiêc ve ,des Amaxonps. Le nom de Varagnon est indiggne, mais: seulement pour la partie supérieure dutleuée. Les Portugais le nomment 1üo: dos S.olimoen~tans -sots, cours moyen, depuis son entrée, dans,,- Btéstl_ jusqu'à son confluentavec la Negro.
- AMBACIA, v. de Gaule, est au}:.4mbofse.
- AMBARRI, peuplé: dé la GaÎde (Lygpiz aise Il*),, habitait sur les rives die la Saône,,,dans sa partie iiiférieure. Leur territoire répon_jà la Bresse et au Beaujolais;, leur, nom së rëtro.uva dans Amb•érie=,,
- Al4113, iRVALIE9.'V:ARtvgi.gs {Frères) ..
- AMBAZAC, cti.1, de c.; ((Haute~Viepne , à•22 lial. N. E. de Limoges; 2.79. hah. Châsse de Ltienno,
- AMBERG, v. forte de ,-Bavière (fl Palatinat)-, sur la Vils, à' 64' kil. N. Ô., de ltatisbènne';10 000 h. Château royal, ars'&àl', hdtel,dd_e ville, église deSt= . Martin, etc. Fabrique d'armes„ draps, faïence, etc. Aux env., l'archiduc, Charles. repoussa Jourdan, qui battit en retraite, 21, août 17$61.
- AMBERIEU, ah. 1. de c. (Aue) saur isAlbârine, à 35 kil. N. 0. de,Belléy; 886 bah
- AMBERT, ch:-1 'arr..(Puy de-DBme , Sur la Dore, à 85 kil. S. !~.;ee Çylermgnt; 3394 ab. CQ1 lége. Papier à impression, Èxce$ents fromages. Ancienne-capitale du Lii,radai's. t
- AMBAREZ,,vgë du dëp de;laC~iroudë, p s d(t con fluent de la Dosc)ogrle et dé.)a ~`aronne, 22.,,ki4,Ï, de Bordeaux - On,np me,(eç,rl=Ambez adieu oi; se trouve le ponjlûenï es dde O'euves ee ;
- AMBIANII, pëupie de Gaule Lyonnaise°), voisin des, N9nes, e d ,t ta va act le e dé Lq;n balte, qui rappele son z-ot d)répond ,a la partie occidenta)eg TaPidpr~}ie;;.-leur ch.-1. porta d a. die le nom de cçgnâro~ra:a à p tir de 382,-11.N t appelé: ~lmbt4nzb est auj. Amiens.
- AMBIGAT, -roi ffl Gtiile- en~appâ vgrs-5$7 av. J.-C. ses neyégg Beliq èse ,g '$igovése ç rclier aq nouvelles h4bîtâtions e Pl, Nlaiete de9zénonais,,, vint, s',étaïahr en 1ta e;.le, 2,& passa: en ber~~rr~iiagie.
- AMBIORIX roi des Eburons (pays,~,e,Leiége), lors de l invasion da'.la G' ule:parle,e~Qmamà,.batt>t plu-sieurs des l.entenan1 de .Césr., mais fut,`lui=mémé défait par cë géhéral dans 'un- combat 6-A il perdit 60000 h. (57 av.J;-0C.)-• à la suite de cett_ ata_ Ille, il s'enfonça dans les Ardennes et disparut
- AMBIZef,
général arabe, gouverna l'Espagne pour le calife Yézid depuis 721, soumit tout le eys occupé par les Visigoths dans le N. de la Péninsïë, pénétra même en France et s'avança jusqu'à Autun, mais se vit bientôt forcé de reculer jusqu'à l'Aude, fut battu et tué en 725 par Eudes, duc d'Aquitaine: - AMBLETEUSE, Y. et port' du Pas-de-Calais, à 8 kif. N. de Boulogne, sur la Manche, près de Peniboschure de la Sèlaque; 900 bah. Le port, jadis excellent, est auj, ensablé. C'est là que débarqua Jacques 11, chassé d'Angleterre; 1688. "
- AMBOINE., une des Moluques, au S. 0, de Céram, par 3, 47' lat. S. et 125° 33 long. E., a 71 kil. de long sur 22 de large., et est coupée par une baie en deux presqu'îles.Env.60000hab., dont 10000Chiétiens; Amboine. Climat très-chaud, mais sain. Moussons en sens inverse de celles-des iles de la Sonde • pluies énormes lors de la mousson du sud. Sol fertile : girofliers, sagou, superbes ananas Amboine est le centre de la culture du giroflier la récolte moyenne est de 150 kilog. de clous de girofle. -Cette île fut découverte en 1515 par les Portugais qui ne l'occupèrent qu'en 1564; les Hollandais s'en emparèrent en 1605; les Anglais la leur enlevèrent en 1796; mais en 1814 elle fut rendue aux Hollandais qui la possèdent encore. - Le groupe dit d'Amboine se compose de 11 îles, dont les principales sont : Amboine, Céram, Bourou, Goram; la 1- seule est soumise entièrement aux Hollandais. - La Y. d'AMBOINE, ch.-l. de file de ce nom et de toutes les possessions hollandaises dans les Moluques, située au fond d'une baie, compte environ 10 000 hab. Quelques beaux édifices : bazars, marchés, campong chinois, hôtel de ville. Elle est défendue par le fort Vitoria.
ANBR - 65 - AÏNIE1
- AMBOISE, Ambacia, ch.-1. de Gant. (Indre-et-Loire), sur la r. g. de la Loire, à 20 kil. E. de Tours; 4263 hab. Ville étroite et tortueuse. Aciers cémentés, limes, râpes; draps, tapis. Ancien château fort, avec de très-larges remparts : on monte en carrosse jusque sur sa terrasse; ce château sert auj. de prison d'État Abd-et-Kader y fut enfermé de 1348 à 1852.
Patrie du poète latin Commire ; Charles VIII y naquit et y mourut. Il fut rendu à Amboise plu-sieurs édits célèbres, entre autres celui de 1563, qui accordait aux Calvinistes la liberté de conscience: AMBOISE (Conjuration d'), formée en 1560 par Jes Huguenots contre François II, Catherine de-Médicis et les Guise, avait pour but de-soustraire le jeune roi à l'influence dwla maison de, Lorrâind.`Lë'chéf ostensible des conjurés était Georgés Barré de La Renaudie; mais W véritable chef était le prince dé, Condé. Elle fut découverte parla trahison_d'Ayenetef, avocat de Paris àii'mom'ent "oü 'ies'bônjurês `Jar= chaient sur AmU%; où sé trouvait là côut. Surpris à l'improviste, La'Renaudie fut tué; .-sgn.càdavrefat pendu sur le pontl'LJn 'grandnôinbre de con,ig à, parmi lesquels se,`tfouàait le `Comte de`_'Cas(el44âu; subirent le même sort. Le prince de Condé; gardé à vue, n'échappa au supplice qu'affirmant par sér ment qu'il était étr`anger'à cette conspiration:AMBOISE (Georges.d');dit le Cardinal d'Ambdeé, ministre de Louis-XII , né_ eà 1460, au chàteàd ~dé •:haumont, prés d'Amboise, d'Une famille anc„ ingrt en 1510, fut dès 1) e dé"14 ans faitéwi3cr,ie debb((oiltauban, et devint} n des aumôniers de LouisL' Il s'attacha à la fortibe du duc d'Orléans (roi depuis sous le nom de Louis XII), et fut fait par le,eteit de ce prince ardliévéque -de Narbonne, puis de Rouen, et lieutenâfrt générai"_de la ËO'rmandie sous Charles VIII. Lorsgné Louis XII monta sur le trône (1498), il le choisit pour- son premier ministre. Georges d'Amboisé'remplit avec le plus 'granà`succés ces hautes et difficiles fonctions; et les conserva jusqu'à sa mort. Dés le début de son administration il se concilia l'amour du peuple en supprimant la taxe extraordinaire;'qu'oh avait coutume de lever à l'avénement du ro; il n'augmenta jamais, les àmppts, malgré les guerres désastreuses qui remplfrent e' rézne de Louis`%iI. Il fit des règlements utiles, abrégea la durée des procès et chercha à mettre un terme à la corruption des juges, qui vendaient la justice au plus offrant. AIexandre VI le créa cardinal et le nomma' son légat en France. George d'Amboise aspira 'b se faire nommer pape, mais sans pouvoir y réussir. - Aimery &AMBOISE, son frère aîné, devint grand maître de l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem` en 1503, et remporta en 1510 une victoire navale sur le soudan d'Bgypte près de Monténégro.- AMBOISE (François d'),
né à Paris en 1550, mort à Rennes en 1620, fut d'abord professeur au collège de Navarre, puis maître des requêtes et conseiller d'État. II a donné la plaisante comédie intitulée les Yéapolitaines, en vers, et quelques autres pièces de poésie On lui doit une édition des OEuvres d'Abétard,1616, in-4,. - AMBRACIE, auj. Arta, Y. d'Épire, sur la côte septentrionale d'un petit golfe auquel elle donne son nom (auj. golfe de l'Arta), était une colonie de Corinthe. Elle fut agrandie par Auguste, après la bataille d'Actium; mais la fondation de Nicopolis la fit déserter. Elle fait auj. partie du roy. de Grèce et est le cli.-1. d'une éparchie de l'Acarnanie.
- AMBRIÈRES, ch. 1. de Gant. (Mayenne), à 12 k. N. de Mayenne; 1348 hab. Jadis v. forte.
- AMBRIZ, r.iv. du Congo, naît au N. E. de Pamba, coule 400 kil. àl'O., et se jette dans l'Atlantique, où elleforme le port d'Ambriz, occupé par les Portugais.
- AMBROISE (S.), Ambrosius, un des Pères de l'É-glise latine, né vers l'an 340, était fils du préfet des Gaules. Il gouvernait lui-même la Ligurie quand le peuple de Milan, charmé de ses vertus, l'élut évêque d'une voix unanime, quoiqu'il ne fût encore que catéchumène. Il fut en quelques jours ordonné prêtre et sacré évêque (374). Ii signala son épiscopat par un zèle ferme et soutenu, fit condamner les Ariens au concile d'Aquilée, et refusa l'entrée de l'église à l'empereur Théodose jusqu'à ce qu'il eût fait pénitence du massacre de Thessalonique (Y. THEonOsE?, Il mourut en 397. On l'honore le 7 "décglnTü.' n, laissé plusieurs ouvrages; parmi le9giie1.sI0~digue ses traités. des Devoirs dei ;trës •gffiïloi.la~-ganité, 'et sa Lettré à'paléi~tinzen ont're }zflmggliq,sar,:ll avait our pparaïént dû ?alai àe Zurffh., ete un dernes de Zurich, Cimbres étaux T vers 105 av. et Céppionmais l bataille d; Aqux E fondée à milan an ç5mmenoéme~it dik jrlli~sié,iile parle cardinal Frédécie3Orromég, et ainsi~iolpmée; , en l'honneur de S.- Ainbroise,,_pat>oil de N tan
- AMBROSIUS AURELIANUS.L$ i" géJiéeal .brétonz~ issu;;; d'Une famille -romaîÉé ;délivra `en 4572 ses comp& triotes de la tyrannie Je ~ortiàéîn"étales" Salons, et fut élu souverain dë toptë l'Angleteire.11-éut,à"-soutenir plusieurs pëfré~ contréldës Sa-ions,-çpm " mandés par Hengist, et resta damqquéur. OIJ erot û qu'il fut tué en 508, dans une betaillé qù'il'IlîWif,â,3 Cerdic, autre chef saxon. C'est sous Ambrosïûs,que se serait formé le fameux Arthur.`
- AMI (S.), évêque de Sion en Valais vsrs-669, .cotir.„ en 690, fut injustement persécuté par Thierrys £I'I.:._ On l'honore le 13 septembre, ainsi qu'un autre Âm_ é ou Amat, abbé de Remiremont, mort en 627.
- AMÉ OU AMÉDÉE, nom de plusieurs princes de-la maison de Savoie. Y. SAVOIE.
- AMEILHON (Hubert-Pascal),
membre de l'Académie des inscriptions, né à Paris en 1730, mort en 1811, fut administrateur de la bibliothèque de la Ville de Paris, puis de celle de l'Arsenal. Il donna en 1766 une Histoire dia commerce des Égyptiens sous a. 5 raina et; tion de in-foi: Ef1691: les Ptolémées, qui fut couronnée par l'Académie et le fit recevoir dans cette compagnie. il continua l'Histoire du Bas-Empire de Lebeau : ce travail, commencé en 1757, ne fut fini qu'en 1811. On lui doit aussi ,ui grand nombre de recherches intéressantes sur l'histoire et l'archéologie, insérées dans les Néinoires de l'Académie, entre autres une Ana-lyse de l'Inscription de Rosette, Dresde, 1804. Chargé gendant la Révolution de la garde de plusieurs grands é ôts littéraires, il s'efforça d'en prévenir la dilapidation; il sauva aussi plusieur$dbibliothèques.- AMEL1A, Ameria, ville du royaume d'Italie, à 31 kil. S. 0. de Spolète; 5200 hab. Évéché érigé en 344. On y récolte le meilleur raisin d'Italie.
- AMÉLIE, duchesse de Saxe-Weimar. V. wemar.
- AMÉLIE, reine de Prusse. V. Louise-AMÉLiE.
- AMÉLIE-LES-BAINS. V. BAiNS (Pyrénées-Orient.).
- AMELIUS,
philosophe néo-platonicien, né en Toscane, devint eu 246 disciple de Plotin, qu'il ne quitta pas pendant 2ti ans. Il alla dans la suite s'établir à Apamée, en Syrie. Il avait composé plusieurs écrits qui ne nous sont pas parvenus. - AMBLOT DE LA iioussAYE (Nie.),
né à Orléans en 1634, mort à Paris en 1706, fut nommé en 1669 secrétaire d'ambassade à Venise. II a traduit l'Histoire de Venise de Velserus; le Prince de Machiavel; l'Histoire du concile de Trente, de Sarpi, et les Annales de Tacite. Il a en outre composé une Histoire de Guillaume de Nassau, publiée longtemps après sa mort (1754), et a laissé des Mémoires hietoriques (La Haye, 1722), piquants, mais peu exacts. - AMÉNOPEM, nom de plusieurs Pharaons de la 18, dynastie, qui régnaient à Thèbes. On en connaît surtout 2, sur lesquels s'accordent Manéthon et les monuments récemment explorés. Aménophis I, chef de la 18' dynastie (1822 av. J.-C.), fils de Thoutmosis qui avait secoué le joug des Hyksos : il compléta l'expulsion des Barbares.-Aménophis 111, 1692-1661, le Memnon des Grecs : il étendit au loin son empire, et éleva de magnifiques monuments (dont on voit les restes à Louqsor), entre autres la fameuse statue qui, frappée par les rayons de l'aurore, rendait, dit-on, un son harmonieux. - On donne aussi le nom d'Aménophis au père de Sésostris, à :lfenephtah.
- AMERBACH (Jean)
imprimeur du xv' siècle, mort à Bâle en 1515, donna en 1506 une édit. des OEuvres de S. Augustin pour laquelle il employa un caractère qui porte encore auj. le nom de St-Augustin. - AMERBACH (Vitue),
professeur de philosophie à Ingolstadt, né ep 1487, mort en 1557, a traduit en latin les Discours d'Isocrate et de Démosthène et le traité de S. Chrysostome sur la Providence, et a laissé des commentaires sur Cicéron et sur Ovide. - AMERIA Y. d'Ombrie, patrie de Sextus Roscius, pour qui plaida Cicéron. est auj. Amélia.
- AMERIG VESPUCS, Amerigo Vespucci, navigateur florentin, né en 1436 environ, comme Christophe Colomb, fut envoyé en 1490 en Espagne pour y faire le commerce, et fut pendant piusieurs années chargé d'approvisionner Ies vaisseaux destinés aux expéditions de découvertes. Témoin des succès de Colomb, il brûla de partager sa gloire. Ha-bile pilote et savant cosmographe, il s'embarqua en 1497 ou plus probablement en 1499, sur un des vais-seaux d'une petite flotte esppagnole commandée par un des anciens compagnons de Colomb, Alonzo d'Ojéda; il eut une grande part au succès de cette expédition, dans laquelle furent explorées les côtes sept. de l'Amérique du Sud. Il se mit ensuite au service du Portugal, et, dans un voyage qu'il fit par les ordres du roi Emmanuel en 1501, il parcourut toutes les côtes du Brésil, qu'Alvarez Cabral venait de découvrir. Rappelé en Espagne après la mort de Colomb, il fit de non-ii- voyages de découvertes (1507), et mourut en 1512, à Séville, ou, selon une version moins probable, quoique plus répandue, dans file de Terceire, en 1516. Il avait rédi8é en italien un journal de ses premiers voyages, qui fut publié à Vicence, en 1507et traduit eh français en 1516, puis en latin, en 1532 cette relation lui dglnïia dans toute l'Europe une.si grande célébrité que son nom resta attaché au nouveau continent: On a' aussi de lui des Lettres, qui ont été rassemblées et publiées avec sa Vie parTabbé Bandini, Florence, 1745: Le P. Canovai a publié en 1817, à Florence, ses voyages et ses lettres, avec un Éloge, couronné par l'Aca émie de Florence. Améric Vespuce a disputé à Colomb l'honneur d'avoir découvert le continent; selon ses mémoires, il aurait fait son 11, voyage en 1497, avant celui dans lequel Colomb découvrit la Terre-Ferme, et qui eut lieu en 1498; selon les' historiens espagnols, il ne fit ce voyage qu'en 1499, et il n'en fit jamais d'autre. Quoi qu'il en soit, se~m érite ne peut être que bien secondaire. Le vicomtê' le Santarem a publié en 1842 des Re-cherches historiques sur la découverte du Nouveau-Monde, et notamment sur les prétendues découvertes d'Americ Vespuce, où il démontre la fraude.
- AMÊRIQUE une des 5 parties du monde,la plus grande après l'Asie, et souvent nommée Nouveau Monde, à cause de, sa récente découverte, a pour bornes à l'E. PAtlantique, rà 110. la mer Pacifique au N. POcéan Glacial arctique, et s'étend de 36 à 170°. pour la longitude, de 82° N. à 541° S. pour la latitude. On ignore sa forme et ses vraies limites au N.; au S. elle se termine en pointe. On la divise en 2 grandes régions : 1, l'Amérique septentrionale (qui a 6700 kil, de long sur 52,10 de large); 21 l'Amérique méridionale (5200 sur 4000). Elles sont jointes Dar l'isthme de Panama. On leur donne env. 60 millions .d'hab. L'Amérique , septentrionale se divisé en 5 parties Amérique. anglaise, Amérique danoise, États-Unis, Mexique, Guatemala; il faut y joindre les Antilles, o$ se trouvent un État indépendant (Haïti), et des possessions françaises, anglaises, danoises, espagnoles, hollandaises. Les principaux États de l'Amérique méridionale sont au nombre de 12 : Équateur, Vénézuela, Nouvelle-Grenade, Guyane, partagée en possessions anglaises, françaises et hollandaises , Pérou, Bolivie (haut Pérou), Chili, Rio-de-la-Plata, Paraguay, Uruguay, Brésil , Patagonie. - Les principales mers qui la baignent, après les 3 grands Océans Atlantique, Pacifique et Glacial arctique, sont : P dans l'Océan Atlantique, les mers ou golfes d'Hudson et de Baffin; le golfe du Mexique, la merdes Antilles; 21 dans l'Océan Pacifique, lamer Vermeille ou golfe de Californie, et la merde Behring - commune à l'Amérique et à l'Asie; 30 dans l'Océan Glacial arc-tique, les golfes de- Mackensie, de &itzebue, de Georges IV, à peine- connus. On doit encore citer les golfes St-Laurent,. Campêche, Honduras, Darien, Maracaibo, Paria Panama; les baies Repulse, de James, . Fundy, Delaware, Chesapeak, l'entrée de Cook. Parmi les détroits on remarque ceux de Lancaster-et-Barrow.; de la Furie et de Pllécla, de Da-vis, de Dease ;et Simpson, du Dauphin, du Prince-de, Galles, de Banks, dé Behring; ceux de Bahama, de la Floride, dePYucatân;.de Magellan, de Lemaire; parmi les caps, les caps Farewell, San-Roque, Froward, qui sont dansl'Océanktlantique;Pilar,BI, Qo Corrientes, du Prince-dé-Galles, dans l'Océan I?uifique; des Glaces, Barrow, Bathurst, dans l'Océan Glacial arc-tique; enfin le cap Horn,, à la pointe S. de la Terre de Feu. L'Amérique, qui forme elle-même 2 grandes presqu'îles, offre 9 péninsules.secondaires : Melville, Labrador, Nouvelle-Écosse Floride Yucatan, Californie, des Tchougatches d'Alaska, des Tchouktchis. On y compte une foule d'îles : Terre-Neuve ou St-Laurent les Antilles_ (divisées en Grandes et Petites Antiiles),Iesîles Lucayes ou Bahama, les Malouines, les îles Madre-de:Dios, Chiloé, Gallapagos, de Quadra-et-Vancouver, les Aktitiennes, les Terres arc-tiques orientales et danoises, comme Plslande, le Groenland, la terre de Jean-de-Mayen; lés Terres arctiques occidentales ou anglaises, où se trouve l'archipel de Baffin-Parry; les archipels de Magellan et de Sandwich, la Géorgie australe, les Orcades australes, le Shetland austral. L'Amérique du N. contient un grand nombre de lacs, dont quelques-uns ressemblent à des mers : les lacs Supérieur, Michigan; Huron, St-Clair, Érié, Ontario, Ouinnipeg, de 1 Esclave. On cite en outre dans le Guatimala, le lac de Nicaragua; dansl'Am4rique du S., ceux de Maracaibo et de Titicaca. Les principaux fleuves sont : le St-Laurent, le Mississipi, le Mis-souri, le Rio del Norte, le Magdalena, l'Orénoque, l'Amazone, l'Uruguay, le San-Fancisco, le Rio de la Plata, qui tous se jettent dans l'Océan Atlantique; le Colombia et le Colorado, tributaires de l'Océan Pacifique; le Mackensie, que reçoit l'Océan Glacial arctique. Plusieurs chaînes de mont. traversent PA-mérique du N. au S.; ce sont : 1° dans l'Amérique septentrionale, à, l'O., les mont. Rocheuses, qui commencent versle détroit de Behring et s'étendent jusqu'à l'isthme de Panama, en prenant successivement les noms de Sierra Verde, Sierra de los Mimbres, Sierra de la Madre, etc.; à PE., les Alleganys, qui traversent les États-Unis du N. E. au S. 0.; 2° dans l'Amérique méridionale, les Andes ou Cordillères, qui s'étendent sans interruption sur toute la cote baignée par l'Océan Pacifique, depuis l'isthme de Panama jusqu'au cap Froward; et les mont. du Brésil, dont les principales chaînes sont parallèles à la cote orientale. Les volcans abondent en Amérique, surtout dans le Guatimala et dans les Andes. Le climat est fort varié : très-froid au N. et sur les hauts plateaux, brûlant aux Antilles et sur les côtes du Mexique et du Brésil • cependant on trouve des neiges éternelles sur les hautes mont. si-tuées sous l'équateur môme. De vastes savanes, d'immenses pampas occupent une grande partie du territoire; des forêts énormes y entretiennent la fraicheur. L'air est malsain en quelques endroits et cause des maladies endémiques; la fièvre jaune est fréquente dans certains ports. L'or, l'argent existent en très-grande quantité dans le continent, surtout au Pérou, au Mexique et en Californie; on y trouve aussi l'étain, le mercure, le plomb, le cuivre, le fer, ainsi que des diamants et des pierres précieuses, surtout au Brésil, au Chili et au Pérou. Le sol est presque partout d'une admirable fertilité et offre d'immenses forêts vierges; les principales plantes indigènes sent le cactus, le nopal à cochenille, le papayer, le campêche, l'acajou, le quinquina, le caoutchouc, le tabac, le maïs, le topinambour et la pomme de terre • l'agave, le cacaoyer, la vanille, Pipécacuanha, la saisepareille , le manioc. L'on y a importé l'ananas, le bananier, la canne à sucre, le caféier, etc., et toutes les plantes utiles d'Europe, d'Asie et d'Afrique. Quelques animaux sont particuliers au Nouveau-Continent : le bison, le jaguar et le couguar le lama et la vigogne, la sarigue, le tapir, le condor, le serpent à sonnettes, le caïman, le gymnote. Les indigènes, dont le nombre diminue de jour en jour, paraissent appartenir tous à la même race : ils ont pour la plupart la peau couleur de cuivre et sont à peu près sans barbe; ils sont divisés en peuplades nombreuses, nommées Esquimaux, Iroquois, Algonquins, Hurons, Tchérokis, Chactas Criks et Natchez, Osages, Sioux, Aztèques, Carafes, Araucans, Guaranis, Péruviens, Puelches, Patagons, etc. La plupart de ces peuplades sont restées indépendantes et quelques tribus se font encore redouter; d'autres (comme les Aztèques, les Péruviens, les Caraïbes) ont à peu près disparu. En général, ce qui reste des indigènes repousse la civilisation ; cependant, plusieurs des peuples antérieurs à la découverte de l'Amérique, notamment les Mexicains et les Péruviens, avaient des connaissances en astronomie, des lois, une espèce d'écriture, une architecture remarquable. Christophe Colomb fit le premier connaltre à l'Europe l'existence de ce vaste continent. En 1492, il aborda aux îles Lucayes, et en 1498 il découvrit la Terre-Ferme. Cependant la gloire d'attacher son ne ni à l'Amérique fut réservée à Améric Vespuce, qLi eut tout au plus le mérite d'explorer , en 1499 , la côte N. E. de l'Amérique du S. et qui publia une relation de son voyage. Il est auj. constant que les pirates scandinaves visitaient déjà le Groënland au vie siècle, et qu ils y ont laissé des colonies. Au X. siècle deux Islandais, Bioern Hersuefson et Leif Erikson, abordèrent dit-on, dans la contrée connue depuis sous le nom de Nouvelle-Écosse et Nouvelle-Angleterre, et reconnurent les caps Cod et Ste-Marthe. Quoi qu'il en soit, ce ne fut qu'au xve s. que ces vastes contrées furent réellement connues del'Europe. Les plus célèbres explorateurs de l'Amérique après Colomb furent Fernand Cortez; Pizarre, Almagro, Pincon, Cabral, Magellan, etc. Dès la fin du xvie siècle, ils avaient déjà reconnu et conquis presque toutes les côtes des deux continents : en 1500, la Guyane et le Brésil; en 1512, la Floride; en 1519, le Mexique; en 1520, la Patagonie; en 1526, le Pérou, etc. Au xvu* siècle, les Protestants anglais, persécutés par les Stuarts, vinrent s'établir dans l'Amérique du N., et y fondèrent des colonies qui, affranchies en 1783, prirent le nom d'États-Unis. On sait quels immenses développements a pris cette confédération; on sait aussi dans quelle anarchie sont tombés la plupart des États qui étaient autrefois sous la domination espagnole.-La partie septentrionale de l'Amérique est encore mal connue. Lewis et Clarke, Freeman, Pike, de 1797 à 1809, traversèrent les premiers les immenses déserts qui s'étendent au N. 0. des États-Unis ; de 1817 à 1830, Franklin et Parry ont beaucoup avancé la reconnaissance de la région arctique qui termine l'Amérique au N. Enfin le passage dit du Nord-Ouest, entre l'Atlantique et l'Océan Pacifique, dont la recherche avait coûté la vie au capitaine Franklin, a été trouvé en 1851 parle capitaine Mac-Lure.
- AMÉRIQUE ANGLAISE. Elle comprend : 1° la Nouvelle-Bretagne; 2^ les Terres arctiques anglâises; 31 les Antilles anglaises; 4° la Guyane anglaise; 51 l'archipel de Magellan. L'Angleterre possédait jadis les-13 rovinces primitives des États-Unis (V. ce nom). Elle les perdit de 1773 à 1783.
- AMÉRIQUE DANOISE. Elle se compose 1° des Terres arctiques danoises, Islande, Jean-de-Mayen, établissement du Groënland; 2° des Antilles danoises Ste-Croix, St-Jean et St-Thomas.
- AMÉRIQUE ESPAGNOLE. Elle ne consiste plus auj. que dans la possession de Cuba et de Porto-Rico. Jadis le Mexique, la Floride, le Guatimala, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Chili, le Paraguay, l'Uruguay, le Buénos-Ayres appartenaient aux Espagnols. Ces États ont été tous perdus de 1808 à 1825.
- AMÉRIQUE FRANÇAISE. Elle comprend : 1° la Guyane française; 21 les Antilles françaises, savoir :la Guadeloupe, la Martinique le groupe des Saintes, Marie-Galande, la Désirade, Petite-Terre, St-Martin et le groupe de St-Pierre et Miquelon. Jadis la France possédait la Louisiane, le Canada, Terre-Neuve et une partie de St-Domingue. Elle perdit le Canada et Terre-Neuve de 1760 à 1763, la Louisiane par vente aux États-Unis en 1803, et sa part de St-Domingue dans la Révolution.
- AMÉRIQUE HOLLANDAISE. Elle consiste : I° dans la Guyane hollandaise; 2° dans plusieurs îles divisées en groupe de Curaçao et groupe de St-Eustache.
- AMÉRIQUE RUSSE (ancienne), vendue aux États-Unis en 1867, s'appelle aujourd'hui Terre d'Aliaska et occupe toute la partie N. 0. du continent : pays des Esquimaux, Kitègnes, Tchouktchis, Konaigues, Kénaïzes, Tchougatches, Ougatachmiouts, Koluches, et les archipels des Aléoutes, des Koluçhes; Sitka, le groupe de Tchalkha, de Kodiak.
- AMÉRIQUE SUÉDOISE : l'île de St-Barthélemy.
- AMERKOTE, v. forte de l'Hindoustan, dans le Sindhy, à 120 kil. E. d'Hayderabad, par 25° 20' lat. N., 67° 29' long. E. Patrie d'Akbar.
- AMERSFOORT, v. de Hollande (Utrecht), cn... d'arr., sur l'Eem, à 20 kil. N. E. d'Utrecht; 9000 bah. Grand commerce de transit. Patrie de Barneveldt.
- AMFREVILLE-LA-CAMPAGNE eh.-1. de o. (Eure), à 20 kil. 0. de Louviers; 516 hà. CéréaleS.-AMFREVILLE-SOUS-LES-MONTS, petite comm. du même dép., dans le tant. de Fleury-sur-Andelle, près de la côte des Deux-Amants; 415 bah.
- AMHARA, partie de l'Abyssine située vers les sources du fleuve Bleu , à l'O. du Tacazzé, a pour capit.. Gondar. On y parle une langue particulière connue sous le nom d'amhara.
- AMHERST (JEFFERV, lord), général anglais, d'une ancienne famille, né à gent en 1727, mort en 1798, fut gouverneur de la Virginie, puis commanda en chef les forces anglaises en Amérique, et se rendit maître de tout le Canada. Il fut en récompense créé chevalier du Bain et baron d'Amherst, et enfin élevé en 1791 à la dignité de feld-maréchal.-Son neveu, W. Pitt, comte d'Amherst, 1773-1857, fut chargé en 1816 d'une mission en Chine, mais ne put obtenir audience de l'empereur, parce qu'il ne voulut pas se soumettre à des conditions humiliantes. Il fut nommé en 1823 gouverneur général des Indes orientales, et fit la première expédition contrel'empire d'Annam.
- AMHERST-TOWN, v. de l'Inde anglaise transgangétique, sur le golfe de Martaban, près de l'embouchure du Salouen. Bâtie en 1826 par les Anglais, elle compte déjà 20 000 hab.
[modifier] AMI
- AMIDA, v. de Mésoppotamie, et auj. Diarbek.
- AMIÉNOIS,
partie de la Haute-Picardie qui occupe auj. le milieu du dép. de la Somme, formait sous les Carlovingiens un comté qui contenait Amiens, Conti, Poix, Doulens, Picquigny, Rubempré. Les comtes d'Amiens furent vassaux de l'évêque jus-qu'en 1185; Philippe-Auguste unit alors le comté à la couronne; Charles VII le céda par traité à Phi-lippe le Bon duc de Bourgogne, 1435; la mort de Charles le Téméraire le rendit à Louis XI, 1477, et il lui fut assuré par le traité d'Arras, 1482. - AMIENS, Samarobriva, puis Ambiani, ch.-1. du dép. de la Somme, jadis tapit. de la Picardie, sur la Somme, à 128 kil. N. de Paris (131 par Beauvais; 14"ï par le chemin de fer); 58 780 hab. Évêché, suffragant de Reims; -cour d'appel et tribunaux; lycée, académie, musée de peinture, jardin botanique, bibliothèque. Magnifique cathédrale, construite au xIIi° siècle ; citadelle en ruines. Belle promenade de la Hotoie. Nombreuses manufactures: tissus de toutes espèces, filatures, huiles de graines, tanneries, brasseries; grand commerce. Patrie de Pierre-l'Ermite, Rohault, dom Bouquet, Voiture, Ducange, Gresset, Wailly, Gribeauval, Delambre. - Résidence de Clodion, qui x mourut en 448; ravagée par les Normands au Ix• siècle. Amiens fut au moyen âge la tapit. d'un comté particulier (Y. AMIÉNOIS). Cette ville entra dans la Ligue dès 1588, et ne se sou-mit qu'en 1592. Prise par les Espagnols en 1597, elle fut reprise la même année par Henri IV. Il y fut signé te 27 mais 1802 un célébre traité de paix entre la France, l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande : la France gardait ses conquêtes, sauf Rome, Naples et Ille d'Elbe• l'Angleterre restituait ses conquêtes coloniales, à l'exception de Ceylan et de la Trinité; Malte était rendue aux chevaliers de Malte; l'Espagne et la Hollande recouvraient leurs colonies.
- AMILCAR, nom commun à plusieurs généraux carthaginois qui se distinguèrent dans les guerres puniques. Le plus célébre est Amilcar Barca, qui fut père du grand Annibal, et qui joua un grand rôle dans la première guerre punique ; il désola pendant cinq ans la Sicile, que les Romains disputaient à Carthage; mais enfin il fut vaincu par le consul Lutatius, près des îles Égades, dans un combat naval qui mit fin à cette guerre (242). De retour dans sa patrie, il étouffa la révolte des mercenaires qui avaient pris plusieurs villes et assiégé Carthage. Il passaensuite en Espagne, subjugua les peuples les plus belliqueux de cette contrée, et y bâtit, dit-on, une ville qu'il appela, d'après le nom de sa famille, Barcino (Barcelone). Comme il se disposait à porter la guerre en Italie, il fut tué dans une bataille par les Vettones, l'an 228 av. J: C. Ce général avait fait jurer à son fils Annibal, dès l'âge de 9 ans, une haine implacable aux Romains.
- AMIOT (le P.),
jésuite, missionnaire en Chine, né à Toulon en 1718, arriva à Macao en 1750, et alla l'année suivante à Pékin, où il resta jusqu'à sa mort, en 1794. Il était très-versé dans les langues chinoise et tatare, dans les mathématiques, l'histoire et les arts de la Chine. Nous avons de lui : Eloge de la tille de bfoukden, trad. du chinois, 1770; Art militaire des Chinois, 1772; plusieurs ouvrages sur la Typographie et la Musique des Chinois; Vie de Confucius ((formant le tome XII des Mémoires sur les Chinois Dictionnaire tatar-mandchou et français, 1789; Grammaire de la langue tatare-mantchoue, etc. -Célébre traducteur. V. nntvoT. - AMIRAL, de l'arabe emir al bahr, commandant de la mer, est le nom que porte le commandant d'une flotte ou d'une escadre. Il a sous ses ordres un vice-amiral qui commande l'avant-garde, et un contre-amiral qui commande l'arrière-garde. Y. pour plus de détails notre Dictionnaire des Sciences.
- AMIRANTE,
Almirante, titre d'un - grand officier d'Espagne équivalant à celui de grand amiral. 71 y eut d'abord' deux amirautes, celui de Castille et celui de Séville, auj. il n'y en a plus qu'un. Ce titre se donnait ordinairement à l'infant d'Espagne. - AMIRANTES (les), groupe de 12 petites îles dans la mer des Indes, situé par 51° 21'-52° 50' long. E.; 6*-6° 13'.lat. S. Il fait partie des Seychelles et appartient aux Anglais.
- AMIRAUTÉ. On nommait ainsi en France et on nomme encore ainsi en Angleterre l'Administration spéciale de la marine, ayant juridiction sur toutes les personnes attachées au service de la mer.
- AMIRAUTÉ (Ile de l'), grande il'e de l'Amérique du N., sur la côte 0., entre le continent et l'archipel du Roi-Georges, par 137° 10'-137° 48-long. 0., 571 2'-581 24' lat. N.. Elle a 320 kil. de touret appartient aux Anglais. Découverte par Vancouver en 1794.
- AMIRAUTÉ (îles de l'), groupe d'îles de la Polynésie, au N. de laNouveUe-Bretagne, par 144° 30' long. E., 2° 12' lat. S., se éômpose de 25 ou 30 lies, la plu-part désertes. Habitants noirs, presque nus, assez adroits navigateurs,-Décoûvertes parles Hollandais en 1616; visitées par Carteret en 1767; par Morello, 1781; par d'Entrecasteaux, 1793. La plus grande, dite île de la Grande Amirauté, a 100 kil. de long.
- AMIS (île des), dans l'Océanie. Y. TONGA.
- AMIS (Société des). Y. QUAKERS.
- AMISIA, v. de Germanie, est ati ..Emden.
- AMISIIJS, riv. de Germanie, auj. l'Ems.
- AMISUS,
Samsoun, v. du roy. de Pont, sur un golfe du Pont-Euxin, à l'O., fut fortifiée et agrandie par Mithridate. Lneullus s'en empara en 71 av. J.-C. - AMITERNUM, auj. San-Vittorino, v. de l'Italie anc. au N. N. E. de Rome, dans le pays, des Sabins, au pied de l'Apennin. Patrie de Salluste.
- AMMAN, Rabbath-Ammon dans la Bible, Philadelphia chez les Grecs, v. de Turquie d'Asie (Damas), à 90 kil. N. E. de Jérusalem, jadis capit. des Ammonites. Prise par David en 1035 av. J: C.; c'est là qu'Urie fut tué. Ptolémée-Philadelphe l'embellit et lui donna son nom. Belles ruines.
- AMMAN (J. Conrad )
P, médecin, né d Schaffhouseq en 1669, mort vers 1730, exerça la médecine à Amsterdam, s'occupa avec succès de l'éducation des sourds-muets, et. publia Surdus loquens, Amst., 1692, De Loquela;1700 (trad. en français en 1779). - AMMIEN-MARCELLIN, historien latin, né à Antioche vers 320, mort en 390 à Rome, fit longtemps la guerre en Germanie et dans les Gaules, et accompagna l'empereur Julien dans son expédition en Perse. Il quitta ensuite le métier des armes, vint s'établir a Rome, et y composa, sous le titre de Rerum gestarum libri xxxi, une Histoire qui va depuis Nerva jusqu'à Valens, 96-378. Les 13 premiers livres sont perdus, mais il reste les plus importants, ceux où l'auteur parle de son temps (352-378). Le style de cette histoire se ressent de la barbarie de l'époque ; mais l'ouvrage jouit d'une grande autorité, parce que l'auteur rapporte. surtout dans ses derniers livres, ce qu'il avait vu lui-même. Il parle avec une telle modération du Christianisme et du Paganisme que l'on ne peut deviner par ses écrits quelle religion il professait. Ammien avait aussi publié en grec un ouvrage sur les historiens et les orateurs de la Grèce ; il n'en reste qu'un fragment, découvert au xv° siècle par le Pogge. L'ouvrage d'Ammien-Marcellin fut imprimé pour la première fois à Rome en 1474, par A. Sabinus. On estime l'édition Variorum, avec notes de Wagner, Lei s., 1808, 3 vol. in-8. Il a été trad. en français par de Moulines, Berlin, 1775, par Savalette Paris, 1848, et se trouve dans la collection Panckouke et dans celle de M. Nisard (où il a été traduit par M. Fleutelot).
- AMMIRATO (Scipion), historien italien, né en 1531 à Lecce, dans le roy. de Naples, mort à Florence en 1601. Après avoir quelque temps mené une vie fort aventureuse, il s'attacha au grand-duc Côme I, qui le chargea d'écrire l'histoire de Florence. Afin qu'il ne fût distrait par aucun soin, le cardinal Ferdinand de Médicis le logea dans son palais et le pourvut d'un bon canonicat. Son Histoire de Florence, en 35 livres, va jusqu'en 1574 ; elle fut publiée en deux parties, Florence, 1600 et 1641, in-fol. Cet auteur laissa quelques autres écrits qui furent publiés après sa mort par son neveu, Bianchi Ammirato, connu sous le nom d'Ammirato le Jeune.
- AMMON, c'est-à-dire Soleil, en phénicien, dieu adoré chez les peuples de la Libye, surtout dans la grande oasis qui prit depuis le nom d'Oasis de Jupiter-Ammon (auj. de Syouah), où il avait un temple dont les oracles étaient célébres. On le représentait avec des cornes de bélier. Alexandre visita son temple et se fit proclamer par l'oracle fils de Jupiter-Ammon. P. syouAH. - V. de Syrie. V. AMMAN.
- AMMONITES,
peuple infidèle, issu d'Ammon, fils de Loth, habitait à l'E, de la demi-tribu orient. de Manassé, et avait pour tapit. Rabbath-Ammon. Ils furent presque toujours en guerre avec les Israélites. Jephté, Saül et David les battirent à plusieurs reprises; enfin Joab les extermina. - AMMONIUS sAccAs, philosophe d'Alexandrie, du iii° siècle après J.-C., mort vers 241. Quoiqu'il fût né dans la pauvreté et qu'il eût été d'abord forcé de faire le métier de portefaix pour vivre (d'où le nom de Sac,-cas ou Saccophore), il se livra avec ardeur à l'étude de la philosophie; il chercha à concilier les doctrines de Platon et d'Aristote, en y mêlant les doctrines orientales, et fut. ainsi le fondateur de l'éclectisme néoplatonicien. Il n'a laissé aucun écrit, mais il eut pour disciple Loiïgin, Origène et Plotin. Ce dernier a en partie reproduit sa doctrine. Il paraît qu'Ammonius, après s'être fait chrétien, retourna au paganisme. On a de 14r. Dehaut : Vie et doctrine d'Amen. Saccas, Bruxelles, 1836.
- AMMONIUS, fils d'Hermias,
philosophe éclectique, disciple de Proclus, vécut vers le milieu du v° siècle, et laissa des commentaires estimés sur les livres de l'Interprétation d'Aristote (Venise, 1503, 1546), et sur le traité Des cinq universaux de Porphyre (Venise, 1500 et 1546), ainsi qu'un livre De Fato, publié avec plusieurs autres traités sur le même sujet par J. C. Orelli, Zurich, 1824. On a aussi sous le nom d'Ammonius une Vie d'Aristote. - AMMONIUs,
grammairien grec qu'on place au iv° siècle de J.-C., est auteur d'un traité des Synonymes grecs, publié par Walkenaer, à Leyde, 1739, et trad. en français par A. Dillon, 1824 et 1847. C'était unprêtre paien d'Égypte, qui, après la destruction des temples, se réfugia 3 Constantinople, en 389. AMNON, fils alné de David, conçut un amour incestueux pour sa soeur Thamar et itii fit violence. Absalon le tua pour venger cet affront (1026).AMOL, v. de Perse (Mazanderan), à 40 kil. 0. de Balfrouch, sur l'Herrouz; 35 000 hab. Restes d'un palais de Schah-Abbas; 3 tours consacrées au culte du feu par les Guèbres. - Ville du Khoraçan, sur la rive g. du Djihoun, à 110 kil. S. 0. de Bokhara. Peuplée et commerçante. Prise par.Tamerlan en 1392.AMON,roi de Juda (640-639), fils de Manassé, imita les impiétés de son père, et fut assassiné par ses propres serviteurs, à l'âge de 24 ans.- AMONTONS (Guillaume), physicien, né à Paris en 1663, mort en 1705. Étant devenu sourd dans sa jeunesse, il chercha une consolation dans l'étude et s'appliqua avec succès aux mathématiques , à la physique et à la mécanique. Il publia en 1695 des Expériences sur une nouvelle clepsydre, sur les baromètres, les thermomètres et les hygromètres, perfectionna ces divers instruments , construisit un thermomètre à air, eut l'idée des machines à vapeur et imagina le télégraphe aérien, invention qui ne fut utilisée que beaucoup plus tard (V. cHAPPE). II fut reçu en 1699 à l'Académie des sciences.
- AMORBACH, v. de Bavière, à 34 kil. S. d'Aschaffenbour 3500 hab. Grande abbaye de Bénédictins, auj. résilience du prince de Leiningen.
- AMORETTI (l'abbé), savant génois, 1741-1816, professa d'abord le droit canonique à Parme, mais quitta bientôt cet enseignement pour les sciences naturelles et s'appliqua surtout à la minéralogie. On a de lui des Recherches sur la tourbe, le lignite et le charbon fossile, un Voyage aux trois lacs (lac Majeur, de Lugano, de Côme), et une Histoire de Léonard de Vinci, 1794.
- AMOROO, Amorgos, ile de I'Archipel, une des Cyclades mérid., entre Naxie et Stam alie, avec une v. du même nom; 2600 hab. Patrie Z Simonide.
- AMORIUM, v. de Galatie, chez les Tolistoboii, à l'O. du Sangarius. On fait nattre Ésope.
- AMOROS (don Franc.),
colonel espagnol, né en 1770 à Valence, mort en 1848 avait servi honorablement dans les armées espagnoles. il fut chargé en 1807 de l'éducation de l'infant don François de Paule, se déci-ara en 1808 pour le roi Joseph, qui le fit intendant général de la police, puis ministre de l'intérieur, vint se fixer en France au retour de Ferdinand VII, et introduisit dans notre armée et dans nos écoles les exercices gymnastiques, dont il avait déjà fait d'heureux essais en Espagne. On a de lui un bon Manuel de Gymnastique, 1836. AMORRHÉENS,peuple de Palestine, descendant d'Amor, fils de Chanaan, habitaient au S. E. du pays de Chanaan. Ils furent soumis par Moïse.- AMOS, le 3" des 12 petits prophètes, était un pasteur de Thécué, prés de Jérusalem. Il prophétisa sous le régne il Osias, roi de Juda, et fut mis à mort par un prêtre de Béthel, vers 785 av. J: C.
- AMOU, ch. 1. de cart. (Landes), à 23 kil. S. 0 de St-Sever, sur le Luy. ; 1036 hab. Vin,estimé.
- AMOU-DAMA Ou DJIHOUN,Oxus. V. DJIHOUN.
- AMOUN, dieu égyptien, le même qu'Ammon. AMOUR, divinité Daienne. V. CUPIDON.
- AMOUR (SaghalieÙ en mandchou, Helong-Kiang en chinois, Argoun en russe), grand fleuve d'Asie, dans la Mongolie et la Russie d'Asie, prend sa source aux monts Kinhan, par 40° 30' lat. N.; court au S. E., puis au N., taraverse le lac Koulon, arrose la Mantchourie, reçoit le Gan, la Chilka, le Songari, et, après 4000 Lom, de cours, tombe dans la mer d'Okhotsk., vis-à-vis de l'île de Tchoka. En 1854, les Russes se sont fait céder par les Chinois toute la rive septentr. de l'Amour et ont fortifié l'embouchure du fleuve. On a de M. de Sabir, Le fleuve Amour, in-41, 1861.
- AMOUREUX (Guerre des),
guerre religieuse qui eut lieu en France dans le courant de 1580. Les Protestants, ayant à leur tête Henri de Navarre, y obtinrent quelques succès, qui furent compensés par des revers ; elle fut terminée par le traité de Fleix. (26 novembre). Elle tire son nom des intrigues de galanterie qui y donnèrent lieu.
[manques]
[modifier] AMP
AMPHICTŸON, un des fils de Deucalion et de Pyrrha, partagea avec ileilen, son frère, les États de Deucalion, obtint l'orient, et régna aux Thermopyles vers Ié xv? siècle av. e. C. On le regarde comme le fondateur de l'amphictyonie des Thermopyles. On a cru que c'était le même que l'Amphictyon, gendre de Cranaüs, qui régnia sur 1°Attique; après ce prince; cependant' on place le règne de celui-ci un peu plus tôt; de 1585 à 1573 av. J.-C.AMOÎ, v. et port de Chine. Y. 8esoul.AMPAZA, État portugais du Zanguebar, entre l'équateur et Mélinde, a pour capit. une v. de même nom.AMPELIUS (Lucius), écrivain latin du v siècle,! auteur du Liber Hemorialis, qui contient des notions abrégées sur le monde, les éléments et l'histoire, et qui a été publié par Saumaise, Leyde, 1638, par Wolfin , Leips.,1854; aété traduit par Verger, 1843.AMPHICTYONIE, nom donné à plusieurs associations politiques et religieuses qui, dans l'origine, étaient établies auprès des temples de la Grèce fréquentés par plusieurs peuplades, afin de veiller à la célébration des fêtes et d empêcher toute hostilité. Chacun des États voisins du temple y envoyait ses députés. Les amphictyonies les plus célèbres étaient celles d'Argos, prés du temple de Junon; des Thermopyles, prés du temple de Cérès, et de Delphes, près du célèbre oracle d'Apollon. Dans la suite, ces deux dernières se confondirent et formèrent le Conseil des Amphictyons. V. l'article suivant.AMPHICTYONS (Conseil des);assemblée générale de la Grèce propre, composée de députés représentant les peuples confédérés de cette contrée. Les peuples gd part originairement étaient : les Thessaliens, les Perrhèbes, les Magnètes, .les Achéens dela Phthiotide, les Dolopes, les Maliens, les > niaises du mont (Eta, lés tocriens; les Phocidiens, lés Béotiens, les Doriens et les Ioniens. Les Amphictyons se réunissaient deux fois par an : au printemps à Delphes; én automne au bourg d'Anthëla pr?s des Thermopyylès (d'ôù le nom rie P jlagoi es, qu'on leur donne quelquefois). On fait remonter la fondation de ce conseil à Amphictyon, qu1 régnait: aux Thermopyles vers le xvir" - siècle. Le but- de cetté réunion était dexaminer les affaires de la Grèce; de prèvenir les guerres, de juger toutes sortes de causes, principalement les attentats contre le droit des gens et la sSinteté du templede Delphes, Si les nations condamnées par un arrêt des Amphictyons n'obéissaiént pas, l'assemblée était en droit d'àrmer odtitié lë peuple rebelle toute la confédération et dè l'exclure dè la Ligue amphictyonique. Le Conseil des Amphictyons fit entreprendre plusieurs gueirés sacrées (l~ ce mot}.l'ùne d'elles fournit à Philippe l'occasion d entrer dans le Conseil et d'intervenir dans les affaires de la Grèce.- AMPÈRE (André-Marie), savant, né en 1775, à Polémieux, près de Lyon, mort en 1836, était fils d'un honorable négociant, qui fut exécuté en 1793 comme aristocrate. Il montra un goùt précoce pour les sciences, enseigna d'abord les mathématiques et la physique à Bourg et à Lyon, devint en 1805 répétiteur d'analyse à l'Ecole polytechnique, fut admis à l'Institut en 1814, fut nommé vers 1820 professeur de physique au collège de France, et enfin inspecteur général de l'Université. Il avait commencé â se faire connaître dés 1802 par des Considérations,sur la théorie mathématique du jeu, avait publié en 1816 un excellent Essai sur la classification des corps simples, et avait présenté à l'Institut de beaux travaux d'analyse ; mais il se rendit surtout célèbre par les développements qu'il donna à la découverte d'Œrsted sur l'électro-magnétisme : généralisant aussitôt cette découverte, il reconnut dès 1820 que, sans aucune intervention de l'aimant, deux fils parcourus par l'électricité agissent l'un sur l'autre, et il indiqua en 1822 l'emploi de la pile pour la transmission des dépêches, découvrant ainsi le principe de la télégraphie électrique. Il publia en 1826 la théorie des phénomènes électro-dynamiques déduite de l'expérience. Ampère embrassait dans ses études toutes les branches de la science, aussi bien les sciences psychologiques et morales que les sciences mathématiques et naturelles : il essaya d'en présenter la classification, et publia un Essai sur la philosophie des sciences, 1834, dont une 2° partie a été publiée après sa mort par son fils. Ce savant se faisait remarquer par une certaine bizarrerie et par des distractions singulières. Arago adonné son Éloge (1839).
[manques]
- AMPÈRE (Jean-Jacques),
littérateur, fils du précèdent, né à Lyon en 1800, mort. en 1864; 'fut professeur au Collège de France, membre de l'Acad. des inscriptions et belles-lettres et de l'Acadr française. On a de lui des Poésies, des récits de Voyages, et des ouvrages estimés de critique littéraire et d'histoire (Hist. littér. de la France avant le xu siècle, 1839, 3 vol. in-81; Hist: de la format. de la langue r.,1841, i 8°; la ûrèce, Rome et Dante, 1848, in 18; Pff' stoire romaine d Rome, 4 vol. 8°, 1858 et suiv) - AMPFING,
vge de Bavière, à 8 kil. 0. de Muhldorf. Louis V de Bavière y battit 'Frédéric d'Autriche (1322). Le général Moreau'y eut en'1800 un engagement avec les Autrichiens.
[scan défectueux]
- AMPHiPOLIS, Iambôli, v. `de la macédoine sept. prés de l'embouchure du Strymon, qui l'entourait presque entièrement, était -an dos boulevards de Elle avait appartenu aux Athémêlée. mens depuis Cimon; Philippe la leur enleva en 358 Patrie de Zoïle et de Pamphyle.
- AMPHISSA,
Salona, capit. des Locriens Ozoles, au N. 0. de Delphes. Les Amphissiens ayant violé le territoire du temple de Delphes, les Amphictyons leur déclarèrent la guerre : Philippe, qui s'était, fait décerner le commandement, prit et rasa leur ville, 339. Auguste la releva. C'est auj. une v. du roy. de Grèce (Phocide), avec évêché; 8000 hab. - AMPHITRITE, déesse de la mer, fille de Nérée ou de l'Océan et de Doris, était l'épouse de Neptune. On la dépeint se promenant sur les eaux, dans un char en forme de coquille traîné par des dauphins; elle est accompagnée par fes Tritons et les Néréides.
- AMPHITRYON roi de Tirynthe, en Argolide, était fils d'Alcée et petit-fils de Persée. II obtint d Electryon, roi de Mycènes, la main de sa fille Alcmène, après l'avoir méritée en combattant les Téléboens qui avaient massacré les fils du roi. Ayant tué involontairement son beau-père dans une querelle, il se retira à Thèbes. Il.commanda les Thébains dans plusieurs expéditions. Pendant une de ses absences, Jupiter trompa Alcmène, sa femme, en prenant la figure du mari; peu après, la princesse mit au monde deux jumeaux, Hercule, fils de Jupiter, etIphiclès, fils d'Ain pphitryon. L'aventure d'Amphitryon a été mise sur la scène par Plaute et par Molière.
- AMPHRYSUS, petite riv. de Thessalie, en magnésie, se jetait dans le golfe Pagasétique. C'est sur ses bords qu'Apollon fit paître les troupeaux d'Admète, d'où lui vient le surnom d'Amphrysius.
- AMPLEPUIS, petite v. de France (Rhône), à 11 kil. N. 0. de Tarare; 2126 hab. Toiles.
- AMPOULE (SAINTE),
d'ampla olla, grand vase; ou plutôt de l'ancien mot saxon ampel, coupe, fiole contenant une huile sacrée que l'on conservait dans la cathédrale de Reims et qui servit au sacre de nos rois jusqu'à la Révolution. Au rapport d'Hincmar, qui vivait trois siècles après Clovis, un ange, sous la forme d'une colombe, aurait a porté cette fiole à S. Remy pour oindre le front de Clovis lors de son sacre. Ni les contemporains, ni Grégoire de Tours, ne parlent de ce miracle.En 1793 le. représentant Ruhl s'empara de la sainte Ampoule et la brisa. - AMPSAGAS. auj.Oued-et-Kébir et Oued-Rummel, riv. de la Numidie, passait à Cirta (Constantine) et se jetait dans la Méditerranée, au S. 0. du promontorium Tretum (cap Bugaroni).
- AMPSAIYCTI VALLIS, vallée du Samnium, chez les Hirpini avait un lac d'où s'échappaient des exhalaisons méphitiques; on regardait ce lac comme un des soupiraux des Enfers -c'est auj.le Lago d'Ansante.
- AMPURIAS,
Emporiæ, c.-à-d. entrepôt bourg de Catalogne, sur le Llobregat, à 40 kit. N.E. ~e Girone; 2000 hab. Place très-commerçante sous les Romains. - AMRETSIR, jadis Trhak, puis RTmdaspour, ancienne çapit. des Seikhs, à 70 kil. E. de Lahore, sur la route du Caboul au Delhi, a 13 k. de tour et env. 124 000 hab. Grand entrepôt du commerce des châles de cachemire; safran, sel gemme et autres den-rées de l'Hindoustan. Amretsir_ est le principal siège de la religion de Nânek et la ville sainte des. Seikhs ; Gourou-Govind y a un temple célébre, où l'on con-serve le livre des lois de Nânek.
- Amri,
roi d'Israël, était d'abord général du roi Va. Ayant appris, pendant le siège de Gebbéthon, que Zamri venait d'assassiner ce prince et de s'emparer du roy. d'Israël, il se fit proclamer roi lui-même marcha contre l'usurpateur et l'obligea de se brûler dans son palais. Il eut encore un autre compétiteur, Thebui, qui lui disputa quatre ans la couronne- mais, celui-ci ayant aussi été tué, Amri resta seui possesseur de la souveraineté. Il régna 12 ans, depuis 930 jusqu'à 918 av. J.-C. (ou, selon l'Art de vérifier les Dates, de 918 à 907). Il résida 6 ans à Thirsa, puis il bâtit Samarie et y transporta le siège de son. empire. Amri fut père d'Achab. - AMROU, un des plus grands généraux des ppremiers temps de l'Islamisme avait d'abord été l'ennemi acharné de Mahomet. II conquit l'Êgypte, la Nubie, et une partie de la Libye (636-40)1 et fut nommé gouverneur de 1-li'gppppte-par Mohavia,. quit avait placé sur le trône des ca1ifés: II fonda le Vieux-Caire et fit exécuter un canal qui réunissait la mer Rouge à la Méditerranée, canal que les Turcs ont laissé détruire. C'est lui qui, sur l'ordre d'Oman, brilla, dit-on, la bibliothèque d'Alexandrie. Il mou-rut en 663.
- AMSCHA SPANDA,
bons génies de, la religion. de Zoroastre, ministres d'Ormuzd, étaient opposés, aux Darvands ou Deys. On en comptait sept. - AMSTEL, petite riv. de Hollande, formée du Drecht et du Mydrecht, baigne Amsterdam, qui lut doit. son nom, et se jette dans le golfe de l'Y.
- AMSTELODAMUM, nom latinisé d'AMSTERDAM. AMSTERDAM, Amstelodamum en latin moderne, la v. la plus importante de la Hollande, eh.-l. de la prov. de Hollande septentr., sur l'Amstel qui lui donne son nom, et sur le golfe de l'Y; environ 280 000 hab. La ville est tout entière bâtie sur pi-lotis ; elle est sillonnée par un grand nombre de canaux qui la partagent en 90 îles qu'unissent 280 ponts; elle a un vaste port, Pun des plus sûrs de l'Europe, et de grands chantiers de construction. On y admire un grand nombre de monuments (la Vieille église, l'église Neuve, l'église de l'Ouest, Pancienne Maison de Ville, la bourse, l'arsenal, le Lombard, etc.; le Heeren-Gracht, le Keisers-Gracht, le galverstraat, le Nievedek, la, porte d'Harlem les quais le long de l'Y). On y trouve beaucoup d;établissements scientifiques, littéraires, philanthropiques : l'instruction primaire surtout y est très-fiiorissante. Son commerce est très-vaste, quoigue ayant perdu de son étendue. Son industrie consiste surtout en fabriques de cordages, savons, bijouterie, taille de pierres précieuses ; fonderies de fer, brasseries raffineries de sucre, manufactures de-tabac. Chemin de fer pour Harlem,, Leyde, La Haye:, Utrecht, Arnheim, etc. Patrie de Spinosa- - Amsterdam n'était encore au xii, siècle qu'un, village de pécheurs; elle ne fut entourée da murs qu'en 1482. Soumise à l'ES agne jusqu'en. 1578, elle entra alors dans le parti dés indépendants; à partir de cette époque, elle s'éleva à la lus haute prospérité. Elle fonda en 1609 une célébre banque, ainsi que les fameuses compagnies des Indes occident: et orientales. Prise par les Prussiens en 1787, par les Français en 1795, elle devint en 1808 la tapit. du nouveau roy. de Hollande. Elle fut sousl'empire français le eh.-1. du dép. du Zuyderzée, et fut proclamée officiellement 3, ville de l'Empire (1810-1814). Elle fut en 1814 rendue au roi des Pays-Bays. Quoiqu'elle soit toujoursla ville principale delaHollande, le gouvernement réside à La Haye.
- AMSTERDAM (Nouvelle), v. forte et port de la Guyane anglaise, ch. 1. de gouvt, à l'embouchure du fleuve Berbice; environ 3000 hab. Fondée par les Hollandais, elle est aux Anglais depuis. 1814.
- AMULIUS, fils de Procas, roi d'Albe, frère puîné de Numitor, détrôna son frère- (vers 796 av. J.-C.-), et força Rhéa Sylvia, sa nièce, à se faire vestale. Celle=ci cependant eut commerce avec le dieu Mars, et en eut deux fils, Romulus et Rémus, qui, devenus rands, mirent à mort Amulius, et rétablirent Numrtor sur le trône, 754 av. J.-C.
- AMURAT 1 ou MouRAD, l'un des plus grands princes des Ottomans, né en 1319, succéda à son père Grkhan en 1360, enleva aux Grecs toute la Thrace, s'empara d'Andrinople, où il établit le siégé de; son empire en 1362 battit en plusieurs rencontres les Serviens, les Bulgares et les•Hongrois, et remporta sur ces peuples confédérés une grande victoiraXCas sovie, 1389; mais il fut tué après le combat par un soldat serbe. 11 avait gagné 37 batailles. On lui attribue la création du corps des janissaires et. de la charge de grand vizir.
- AMURAT II, dit le Juste, fils et successeur de Mahomet I, monta sur le trône en 1421, battit et mit à mort Mustapha, imposteur qui se disait fils de Bajazet et qui lui disputait la couronne; assiégea Constantinople, mais sans succès; s'empara de Smyrne, ravagea la Morée, prit d'assaut Thessalonique en 1429, rendit tributaires les princes de Bosnie et d'Albanie, et battit en 1444, à Varna Ladislas, roi de Hongrie, et, en 1448, Jean HunyaÏe, dans les plaines de Cassovie; mais il se vit-arrêté dans le cours de ses succès par Scanderbeg prince d'Épire. Il mourut à Andrinople en 1451. U avait plusieurs fois abdiqué l'empire, mais chaque fois les revers qu'éprouvaient les ottomans en son absence le forcèrent à se remettre à la tête des affaires.
- AMURAT III, succéda à son père Sélim 11, et régna de 1574 à 1595. Son premier acte fut de faire étrangler ses cinq frères, tous en bas âge. Il fit avec succès la guerre aux Persans, et leur enleva Tauris et trois provinces. Son grand vizir, Sinan-Pachas s'empara, en Hongrie, de la lace importante de Raab, après avoir battu l'archiduc Mathias (1594).
- AMURAT IV, succéda à Mustapha,sononcle, en 1623 et porta au plus haut point la puissance ottomane. Il réduisit les Druzes, fit la guerre aux Polonais, puis aux Persans, et enleva Bagdad à ces derniers, en 1638. Il permit ouvertement l'usage du vin, et en fit lui-même abus. Ses débauches avancèrent le terme de ses jours : il mourut en 1640, à 31 ans.
- AMYCLEE, Sclavo Chori, v. de Laconie à 4 kil. S. E. de Sparte, était célébre par le culte d;Apollon, qui recut de là le surnom d'Amyclæus. Elle avait été la résidence de Tyndare.
- AMYCLÆ, Sperlonga, v.d'Italie, entre Caiéte et Ter-racine,
était une colonie de 1 Amyclæ de Laconie.-Imbue des doctrines pythagoriciennes, qui prescrivaient le silence, elle mérita d'être appelée la muette (tacites regnavit Amyclis), Virgile, Énéide, X, v. 564). AMYN, 64 calife abbasside, fils d'Haroim-al-Raschid, succéda à ce prince en 809, mais ne se fit remarquer que par ses excès et son incapacité, et l'ut détr8né par son frère Al-Mamoun en 813.- AMYNTAS, nom de 8 rois de Macédoine, dont le us connu est Amyntas III, père du grand Philippe. Ce prince régna 26 ans (396-370 av. J.-C.), et commença la puissance des Macédoniens.
- AMYOT (Jacques), célébre écrivain du xvi* siècle), né à Melun d'une famille pauvre, en 1513, mort en 1593, à 80 ans. Il étudia à Paris au collége de Navarre, où il était réduit à servir les étudiants riches. Il-_reçut les ordres, devint professeur de grec à l'Université de Bourges et y -enseiggna pendant 10 ans. Il commença à se faire bonnaftre.ppar une traduction des Amours de Théagène et -Chariclée d'Héliodore (1546) qu'il dédia à François I "et quit lui valut l'abbaye de Bellozanne; il- publi"a=gùelqués années après les Amours de Daphnis etaChlod, 'mëis, son titre principal est la traduction de Plutarque;, à laquelle il travailla toute sa vie.' Le: cardinal de-i Tournon, résident de France à Rome, qui avait pu apprécier Amyot dans un voyage qque ce savant avait fait en Italie pour collationner des inâiliYSOrits'âé Plutarque, le fit nommer précepteur des enfants du roi Henri II (1554). Lorsque Charles M etliënr Tifdi 2 ai "avaient été ses élèves, furent nibntés su'i le'tPGneF s le comblèrent de faveurs : -il fut nommé'grand~aumOnier du roi, puis évêque d'Auxerre (1579); ét Pd ppourvu de riches bénéfices. On doit à Ampôiliie tri ` duction complète des.Œuvres .de-Puur¢rqque°;~ïalpa}+ tee que l'on estime le plus dans ce vasté travâil;~sbîil les Vies des grands hommes; on en admire 1ë1Myw simple et naïf; c'est le plus intéressant mgfiniiteiitd'e' la langue française au xvi• siècle: Les. Vies :pariiréiftt en 1559, 2 vol, in-fol., et les OEuvres,morateel eif' 1572, 6 vol. in-8. On a depuis réuni ,et ~ éi)ueiiai? ment réimprimé ces deux ouvrages. Onewechemh~ les éditions de Vascosan(1567-75), .13,voltz.tn-8j,dtr Brottier et Vauvilliers, 1787, 22 vol. irr-81 deClavieril 1801-1806 , 25 vol. in-8. Amyot avait aussi traduit quelques livres de Diodore de Sicile, 1554. On doit à. M. A. de Bligniéres un excellent .Essai sur Amyot, 1851. Melun lui a élevé une statue, 1860.
[modifier] ANA
- ANABAPTISTES, c.-à-d. rebaptisants, hérétiques qui improitvent le baptême donné aux enfants, ne confèrent ce sacrement qu'à ceux qui sont parvenus à l'âge de raison, ou rebaptisent ceux qui ont été baptisés trop jeunes. Leur chef est Nie. Storck, qui, de disciple de Luther, devint son adversaire, et attira à son opinion Carlostad, Munzer et une foule d'autres. Les Anabaptistes ne commencèrent à se,faire remarquer que vers 1523. A cette époque Münzer se mit à leur tête, -en Franconie, et livra des batailles sanglantes. Ils devinrent assez puissants pour s'emparer de plusieurs villes, notamment de Munster; mais ils furent combattus à outrance et presque -entièrement exterminés vers 1535 (V. JEAN DE LEYDE). Néanmoins, cette secte conserva encore quelques parti-sans en Hollande, où ils sont connus sous le nom de Mennonites, et dans la Grande-Bretagne, où ils se sont confondus avec les Presbytériens,
- ANABARA, riv. de la Russie d'Asie, naît vers 68, lat. N., coule au N:, sépare les gouvts de Tomsk et d'Irkoutsk, et se jette dans l'Océan Glacial par 105° long. E., après un cours de 600 kil.
- ANABASE, c.-à-d. expédition dans l'intérieur des terres. On connaît sous ce nom l'expédition du jeune Cyrus contre son frère Artaierce (401), à laquelle Xénophon prit part, et dont il a laissé le récit, en y joignant l'histoire de la Retraite des Dix mille.
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ANGE - 74 - ANCE
- ANAXILAS I,
roi de Rhégium, était originaire de Messénie. Il attira dans ses États, vers 625 av. J.-C. y les Messéniens pi n'avaient pas voulu se soumettre aux Lacédémoniens.- II, roi de Rhégium vers 494 av. J.-C., chassa de Zancle les Samiens qui s'en étaient emparés, y conduisit une colonie, et donna à cette ville le nom de Messine, en mémoire de ses ancêtres, qui étaient Messéniens. Il mourut vers 476, ANAXIMANDRE, philosophe ionien,, né à Milet vers 610 av. J.-C. mort vers 547. Il établit pour premier principe àe tout l'infini . une substance universellement répandue), enseigna que la Iune recoit sa lumière du soleil et. que la terre est ronde; il construisit une sphère et inventa les cartes géographiques. On lui attribue aussi le cadran solaire..ANAXIME, de Milet, philosopphe ionien, disciple et successeur d'Anaximandre, florissait vers l'an 550 av. J.-C. et mourut vers 500. Il regardait l'air comme le principe de toutes choses, principe divin, éternel infini, toujours en mouvement. Selon lui, le soleil est un disque plat, la terre aussi est plate et soutenue par l'air; c'est de ce dernier élément que sont nés tous les corps.ANAXIMÈNE, de Lampsaque, fut l'un des précepteurs d'Alexandre, et suivit ce prince dans ses conquêtes. Il empêcha, par un trait ingénieux, la destruction de sa patrie : Alexandre, irrité contre Lampsaque qui avait pris parti pour Darius, voulait ruiner cette ville; voyant Anaximène qui venait lui demander la grâce de sa patrie, il jura de ne pas lui accorder ce qu'il allait lui demander; alors le philosophe le pria de détruire Lampsaque : désarmé par cette ruse, Alexandre pardonna. Anaximène avait écrit une Histoire d'Alexandre, dont il reste des fragments (à la suite de PArrien de la collect. Didot).ANAZARBE,auj. Anzarba, v. de l'anc. Cilicie, sur le fleuve Pyrame. Auguste lui donna le nom de Clesarea, l'an 19 av. J.-C. Florissante sous les emppereurs, elle devint au v° siècle tapit. de la Cilicie 29. Elle fut, au xii° siècle, la tapit. d'un- roy. chrétien d'Arménie (1095-1182). Elle souffrit beaucoup de plusieurs tremblements de terre. On en voit les ruines à 50 kil. N. E. d'Adam. Patrie de Dioseoride.ANBAR, Perisaboras, puis Perisabour, Y. de la Turquie d'Asie (Bagdad), à 65 Idl. 0. de Bagdad, sur' l'Euphrate, fut enlevée aux Perses par Khaled, 632. Rebâtie par Aboul-Abbas-Saffah, elle fut quelque temps la résidence des califes.
[modifier] ANC
ANCELOT (J. Arséne François), littérateur, ne au Havre en 1794, mort en 1854, était fils d'un greffier et occupa d'abord un modeste emploi dans la marine. D fit représenter en 1819 la tragédie de Louis IX, qui obtint un brillant succès et lui valut une pension de Louis XVIII, avec le titre de bibliothécaire à Meudon. Moins heureux dans une 2e tra-E*.édie, le Maire du palais (1823) i il prit sa revanche dans Fiesque, où il imitait Schiller avec bonheur (1824).Vers la même éoque, il publiait Marie de Brabant (1825), poëme ,île drame se mêle au récit, et des romans, dont le meilleur est l'Homme du monde (1827). Privé de sa place et de sa pension parla révolution de Juillet, et découragé par la chute d'une nouvelle tragédie, le Roi fainéant (1830), Ancelot consacra son talent à des compositions d'un genre moins élevé, mais plus lucratives. De 1830 à 1840, il donna, soit seul, soit avec divers collaborateurs, un grand nombre de vaudevilles et de comédies historiques, dont plusieurs obtinrent la vogue : le Régent, la Jeunesse de Richelieu, Mme Du Châtelet, Mme Du Barri, etc.; il acquit ainsi une assez belle fortune. Il n'avait pas néanmoins renoncé entièrement à la tragédie, et il fit jouer en 1838 Maria Padilla, dont l'intérêt, est faible, mais dont les beaux vers rappel-lent l'auteur de Louis IX. ll fut admis à l'Académie française en 1841. Outre les ouvrages déjà cités, on a d'Ancelot des épitres,familières, des poésies morales et de piquantes satires. Dés 1837, ses Œuvres avaient été rassemblées, avec une notice par X. B. Saintine- Dans , a tragédie, Ancelot resta fidèle aux traditions_ classiques; ses pièces sont; écrites d'un style élégant, harmonieux, et menées avec art, mais elles manquent parfois de mouvement. - Mme Ancelot (née, Marguerite Chardon), femme d'un esprit remarquable, cultive aussi les lettres avec succès. On lui attribua quelque part dans plusieurs- ouvrages de son mari.ANCENIS, ch: l:. d'arr. (Loire-Inf.) sur la Loire, 38 kil. N. E. de Nantes; 3344 hab. Collège- Houille, forges, vins. Onyvoit, une célébre pierre druidique, dite la Souvretière. Un, traité y fut signé en 1468 entre le roi de France et le duc de Bretagne.ANCERviLLE, ch: 1. de tant. (Meuse) à 5 kil. de St-Dizier; 2006 bah. Vins rouges; kireliwasser. Patrie d'Em. Debraux, chansonnier populaire.ANCHISE, prince troyen, fils de Capys et arrière-petit-fils de Tros, fut aimé de Vénus et en eut Énée, Anchise échappa au sac de Troie par là piété d'Énée qui l'emporta sur ses épaules : il accompagna son fils dans l'exil, mourut près de trépane en Sicile et fut enseveli sur le mont Éryx.ANCIENS (les); nom donné par les Hébreux aux chefs des tribus d'Isra81, qui avaient, une espèce d'autorité sur les familles et le peuple. Après la mort de Josué (1580 av. J: C.), les Anciens formèrent un conseil qui gouverna pendant 18 ans. -ANCIENS (CONSEIL=DES),en France. V. CONSEIL.ANCLE, bouclier 'sacré qu'on disait tombé du ciel et auquel les oracles avaient attaché les destinées de Rome. Dans- la crainte._ qu'il ne fût enlevé, Numa fit faire 11 boucliers sein blablesi, et institua, pour les garder, 12 prêtres giton appelait Saliens.ANCILLON (Charles),historien né _ à Metz en 1659, mort à Berlin en 1715, était Ails d?un ministre protestant. Obligé de quitter la Françe avec son père lors de la révocation de l'édit de Nantes, il fut accueilli à Berlin -.ily devint surintendant du collége français, historiographe et conseiller du roi, et Juge supérieur des tribunaux de réfugiés. On a de lui une Histoire de l'établissement des Français rdfugie's dans le Brandebourg, Berlin, 1690; des X6-anges de littérature, 1698; une Vie de Soliman, 1706.ANCILLON (Frédéric),écrivain et homme d'État, petit-fils. du précédent, né à Berlin en 1766 mort en 1837, avait pour père un ministre de i'égliso française réformée de Berlin et fut lui-mime destiné à l'Église Ayant attiré par un de ses sermons Pat: tention du prince Henri de Prusse, il fut nommé, par la protection de ce prince, professeur d'histoire à l'Académie militaire de Berlin (1791) - il devint peu après pasteur de l'église française. 1 publia eu 1803 un Tableau des révolutions di système politique de l'Europe, quilui fit prendre rang parmi les meilleurs. historiens de l'époque, et le fit entrer à l'Académie de Berlin..I1 fut en 1806 chargé pax Frédéric -Guillaume III de l'éducation du prince royal; vint à Paris en 1814, avec son élève; Sut nommé à son retour conseiller de l'instruction publique, devint en. 1831 ministre des affaires étrane gères, et ne tarda pas,à exercer une grande in-fluente, dont il ne se servit que pour assurer la paix et faire régner la modération, Non moins profond en philosophie ga'en histoire et en politique, Ancillon a écrit plusieurs morceaux excellents dans lesquels il 'uge lés écoles philosophiques de l'Allemagne, sachant également se garantir de la prévention et de Penthousiasme, et pratiquant partout un éclectisme éclairé. Ses Mélanges de littérature et de philosophie, publiés à différentes époques, ont été réunis sous le titre d'Essais de philosophie, de politique, et de littérature, en 4 vol, in-8, Paris, 1832. Ancillon était associé de l'Académie des sciences morales: en 1847 M. Mignety a prononcé son Éloge.ANCLAM, v- et port de Prusse ch:-1. de cercle, en Poméranie, sur la Peene, à 8 kil. 0. du Frische-Haff; 9000 hab. Drap, toiles, savon.ANC©NE, Ancona , ville du royaume d'Italie.*ch: 1. de province , sur la mer Adriatique, à 200 kil. N. E. de Rome; 45 000 hab. Évêché. Bon port, niais qui ne peut recevoir de grands vaisseaux; môle, citadelle, belle cathédrale gothique; 2 ares de triomplie, l'un en l'honneur de Trajan, et l'autre de Benoît XIV. Port franc, grand commerce. - Ancône est une colonie de Syracuse; elle fut prise par les Romains en 268 av. J: C. Trajan fit construire son niôle. République libre au moyen âge, elle se mit en 1532 sous la protection du pape. Prise par les Français en 1797, par les Russes en 1799, elle fut restituée au pape en 1814. Elle a été occupée par les Francais de 1832 à 1838. -La province d'Ancône "épond à l'anc. Marche d'Ancône et compte 165 000 liae Elle a formé sous Napoléon I les dépts du Tronto, du Musone, et une partie de celui du Metauro.
ANDA - 75 ANDE
ANCÔNE (Marche d'),anc, prou. de l'État ece..ésiastique, le long de l'Adriatique, au S.'de la légation d'Urbin, a pour places princ.: Ancône, Lorette, Camerino; Fermo, Macerata, Osimo, San-Severino, Tolentino.-C'était jadis le Picenum. Les Goths puis les Lombards s'en emparèrent, et ceux-ci en firent une Marche. Pendant les guerres du sacerdoce et de l'Empire, les marquis d'Ancône jouirent de l'indépendance; mais la Marche changea souvent de maître jusqu'à ce que Louis de Gonzague l'annexât à l'État romain (1532).ANCRE, 1- nom du bourg et de la seigneurie d'Albert (V. ce nom). C'est de ce lieu que Concini prit le titre de maréchal d'Antre. V. coNCiNi.ANCUS nMARTIUS, 4e roi de Rome (639-614 av. J: C.), petit-fils de Numa, monta sur le trône après Tullus Hostilius. Belliqueux et conquérant, il fit la guerre avec succès aux Latins, aux Véiens, aux Fidénates, aux Volsques et aux Sabins, et recula jusqu'à la mer les bornes de ses États. Il agrandit Rome en enfermant dans ses murs l'Aventin et le Janicule, fit construire le pont Sublicius et le grand aqueduc appelé de lui Aqua Martia et creusa le port d'Ostie.ANCY-LE-FRANC, ch. 1. de tant. (Yonne), surl'Armançon, à18kil.S.E.deTonnerre; 1508hab.Forges. Beau château des ducs de Clermont-Tonnerre, élevé sur les dessins du Primatice.ANCYRE, aug. Angora ou Angourieh, v. del'Asie-Mineure, dans la Galatie, sur le Sangarius, fut d'a-bord la tapit. des Tectosages, et devint, sous Néron, tapit. de toute la Galatie. Il s'y tint en 315 un concile appelé le Saint-Synode. Prés de cette ville, Bajazet fut vaincu et pris, en 1402, ppar Tamerlan, qui l'enferma, dit-on, dans une cage de fer, et le traîna ainsi à sa suite. On voit encore à Ancyre les ruines d'un temple d'Auguste, où se lit le testament de ce prince : cette inscription, gravée sur 6 colonnes et connue sous le nom de Monument d'Ancyre, a été plusieurs fois publiée, et en dernier lieu par M. G. Perrot, 1863,et M..Th. Mommsen, 1865.
[modifier] AND
ANDALOUSIE, partie de la Bétique et de la Lusitanie des anciens-, anc. division de l'Espagne, dont elle occupe toute la région méridionale, entre le Portugal , l'Estïamadure , les provinces de la Manche, de Murcie et la Méditerranée : 440 kil, sur 260; 3 000 000 hab.; tapit., Séville. La Guadiana la limite à l'O. • là Guadalquivir (ancien Bœtis) la traverse. L'Andalousie forme auj. 2 capitaineries générales, celles dé Séville et de Grenade, et 8 in-tendances civiles . Séville, Huelva, Cadix, Cordoue, Jaén, Grenade, Malaga et Almeria. Climat très-chaud, fertilité extr@me : orangers, ppalmiers, cannes à sucre, etc. ; trè's-belles races de chevaux et de moutons. On y trouve le caméléon. - Ce pays fut la première possession des Carthaginois en Espagne : ils s'y établirent au IV, s. av. J.-C.; les Romains la con-quirent en 205 av. J: C.; elle leur fut enlevée au v° siècle de notre ère par les Vandales, qui y séjournèrent avant de passer en Afrique; le pays prit d'eux le nom de Vandalitia, d'où par corruption celui d'Andalousie. Les Arabes commencèrent par cette province la conquête de la Péninsule et y fixèrent lefoyer de leur domination (califat de Cordoue); les Maures ensuite la possédèrent jusqu'à ce que Ferdinand III de Castille leur enleva au xiri^ siècle le roy. de Séville; toutefois ce ne fut que 200 ans plus tard qu'ils en furent entièrement chassés.ANDALOUSIE (NOUVELLE-). Y. CUMANA.ANDAMAN (îles), dans le golfe de Bengale, par 90-92° long. E. et 10° 30'lat. N., se.composent de 6 îles, dont Andaman est la plus grande.Explorées en 1607 par Peyraud, voyageur français. Elles appartiennent aux Anglais depuis 1791.ANDANIE,v. de Messénie, prés de Messène, fut la résidence des rois Lélèges de Messénie. On y célébra pendant un temps les mystères des grandes déesses (Cérès et Proserpine). Ruines prés de Philia.ANDAYE, vge des B.-Pyrénées, â 10 kit. 0. de St-Jean-de-Luz; 500 hab. Eau-de-vie renommée.ANDECAVI, peuple de la Gaule, dans la Lyonnaise 3°, à PE. des Namnetes et à l'0. des Turones. Leur pays a formé depuis l'Anjou. - On donne aussi ce nom à la capitale de ce peuple, nommée d'abord Juliomagus, auj. Angers.ANDELLE, petite riv. de France (Seine-Infér.), naît à Sergueux, prés de Forges, arrose Fleury-sur-Andelle, passe prés de la côte des Deux-Amants, et se perd dans la Seine, à Pitres, à4 kil. E. de Pontde-l'Arche, après un cours de 60 kil.ANDELOT, ch -1. de tant. (H.-Marne), sur le Ro-gnon, à 19 kil. N. E. de Chaumont; 969 hab. Ancien palais où fut signé en 587 un célèbre traité entre les rois Francs Gontran, Childebert II et leurs leudes : les deux rois se partagèrentla suc-cession de Caribert et garantirent aux leudes la possession viagère de leurs fiefs.-Y. DANDELOT.ANDELYS (les), Andeliacum, ch.-l. d'arr. (Eure), à 44 kil. S. de Rouen, est coupé parla route en deux villes, le Grand Andely, sur le Gambon, et le Petit Andely, sur la Seine; 3528 bah. Patrie de Turnébe et du Poussin, qui y a une statue (1851). Près de là étaient le célèbre Château-Gaillard et un couvent fondé par Ste Clotilde, qui attirait les pèlerins.-Appartenant jadis aux archevôqques de Rouen, cette v. fut cédée en 1197 au duc de Normandie, à qui Philippe-Auguste l'enleva en 1204. Henri. IV la reprit aux Ligueurs en 1591.ANDENNE, bourg de Belgique, sur la r. dr. de la Meuse, à 14 kil. de Namur; 2600 hab. Couvent de Béguines. Fabriques de pipes et fa7ences. - Brûlé en 1467 lors de la révolte des Liégeois contre Char-les le Téméraire.ANDERITUM, Y. des Arverni, ch.-1. des Gabali, est auj., selon M. Walckenaér, Antérieux prés de. Chaudes-Aigues, dans le diocèse de St-Flour.ANDERLECHT, bourg de Belgique, contigu à, Bruxelles, dont on le regarde comme un faubourgDumouriez y battit les Autrichiens, le 13 nov. 1791.ANDERMATT, vge de Suisse (Uri), à 6 kil. N. du, St-Gothard. Prés de là est le Trou-d'Uri, ainsi que le pont du Diable, jeté sur un précipice effrayant, au fond duquel coule la Reuss.ANDERNACH, Anticnnacum, Y. de Prusse (Province Rhénane), à 13 kil. N. 0. de Coblentz, sur la r. g. du Rhin • 4400 hab.Charles le Chauve y fut dé-fait par les fils de Louis« le Germanique (876). Patrie du médecin Gonthier d'Andernach. Volcans éteints.ANDERSON (Laurent),magistrat suédois, né en 1480, avait d'abord été prêtre. Il devint chancelier de Gustave-blasa, usa de son influence pour introduire la Réforme en Suède et fitdéclarer le roi chef' de l'Eglise,.à la diète de Westeras, 1527; néanmoins, ayant négligé de révéler une conspiration. dont il était instruit, il fut condamné à mort. Il. échappa au supplice en payant une forte somme et. mourut dans la retraite, en-1552. On a de lui une trad. suédoise du Nouveau Testament.ANDERSON,agronome anglais, membre de la Société royale, né en 1739, mort en 1808, appliqua-avec succès la chimie à l'agriculture. On lui doit entre autres ouvrages utiles, un Essai sur les plantations, 1171; des Essais sur l'agriculture, 1777, des Recherches sur les troupeaux, etc. Il a coopéré à l'Encyclopédie britannique et à plusieurs recueils.ANDES (les) eu CORDILLÈRES, Cordillera de los Andes des Espagnols, immense chaîne de mont, de l'Amérique mérid., s'étend dans toute la longueur de ce continent du S. au N., en longeant la côte occid. On y distingue 4 parties : Andes patagoniques (de 54° à 44° lat. S.) ; Andes du Chili et du Potose (de 44° à 20°); Andes du Pérou (de 20° à 1°50'); Andes de la Nouvelle-Grenade. au N. des précédentes. C'est dans la portion péruvienne qu'elles atteignent la plus forte élévation. De la .haine principale sortent plusieurs ramifications importantes, parmi les-quelles il faut nommer la Cordillère orientale, qui se détache de la chaîne du Pérou, court à PE. et au S. E. (c'est dans celle-ci que se trouvent le pic Se-rata et le pic Illimani les cimes les plus élevées de toute l'Amérique) • la Cordillère centrale ou de Quindi, et la Cordillère occidentale ou de Choco, qui partent des Andes de la Nouv.-Grenade. Une foule de cimes dans les Andes s'élèvent à 4000- et davantage; .quelques-unes dépassent 6000 (Chimboraço, 6530; Illimani, 7450; Sorata, 7696). Des neiges éternelles couronnent ces mont. énormes, celles mêmes.lui sont sous l'équateur. De là, une variété admirable d aspects et de cultures : au sommet la roche nue, les glaçons, pas,, même un, lichen; à mesure qu'on s'abaisse, on rencontre des végétations de tous les climats, et au pied du mont la canne à sucre, l'ananas, les magnoliers et les cactus. Les Andes renferment beau-coup de volcans (le Pichincha, le Cotopaxi, l'Antisana,l'Arequipa)„et des mines de métaux précieux.ANDES,. auj. Pietola, petit vge à 3 kil. S. E. de Mantoue,,, sur le Mincius,fut la patrie de Virgile.ANDES; peupla de Gaule, le même que les ANDEcnvi.ANDa7.LY, Joli vge du dép. de Seine-et-Oise, à 4, kil. N 0: de Montmorency. Vue magnifique sur la, vallée Patrie de Robert Arnauld dit d'Andilly.ANDLAU,bourg dé France (Bas-Rhin), sur l'Anlau,,affluent de l'Ill, à 15 kl. N. 0 de Schelestadt, à Peptrée d'une igAë, vallée, 147à, anc. château fort; anc. abbayes fondée par Ricarde, femme de Chàar,ea 1@i Ç*roa• .ANDOCIDE.,eénéral ët orateur t;reo. né à AtbènésANDRADA (Ant.),jésuite portugais, né vers 1580, mort en 1634 parcourut l'Asie, et pénétra un des premiers dans )'e Thibet (1624). Son Voyage au Thibet parut à Lisbonne en 16261 et fut trad. en français dés 1628.--Hyacinthe Freire d'Andrada,né à Béja en 1597, mort :en 1657, abbé de Ste-Marie-des-Champs. il est auteur d'une Vie de don Juan de Castro, vice-roi des Indes, l'un des livres les mieux écrits en portugais, et de quelques poésies élégantes.ANDRADA E SYLVA (José. de), naturaliste brésilien, 1765-1838, vint de bonne heure en Portugal, occupa une chaire de métallurgie à Lisbonne, puis diripea comme inspecteur général des mines la canalisation du Mondego, et fut élu en 1812 secrétaire de l'Académie de Lisbonne. Ïl retourna en 1819. au Brésil, " se joignit à ceux qui proclamèrent l'indépendance de ce pays, et fut en 1829 chargé de l'éducation du fils de don Pédro, depuis empereur.ANDRAGATHIUS, général de Gratien, trahit cet empereur pour l'usurpateur Maxime, et l'assassina dans sa fuite, en 383. Après la défaite de Maxime par Théodose, il se donna la mort, 388.ANDRÉ (S.), l'un dés 12 apôtres, de Bets. ïde en Galilée, était frère de S. Pierre et pêcheur_commelui. Il se trouva aux noces de Cana et fut témoin du premier miracle de J: C. Du reste on ne sait rien de positif sur cet apôtre. On croit qu'il souffrit le martyre à Patras. On le fête le 30 nov. Il est le ppatron de l'Écosse. - On a donné le nom- de Croix de St-André à unie croix en forme d'X, parce que, selon une tradition, S. André fut crucifié sur une croix de cette forme.ANDRÉ I, roi de Hongrie, 1046-1061, disputa la couronne à Pierre-l'Allemand, et monta sur le trône lorsque ce prince fut renversé, Bien qu'élevé dans la religion païenne, il embrassa le Christianisme. Ayant voulu exclure du trône son frère Béla, qui dgvait lui succéder, i1 fut battu et détrôné par ce prince, 1061, et mourut peu de temps après.ANDRÉ II, 1205-1235, partit pour la Terre-Sainte en 1217, et s'y distingua ppar sa valeur, ce qui le fit surnom-mer, le Riérosolymitain. A son retour dans ses États (1~»), il trôuva tout en confusion, mais,il sut bien-t14 rétablir l'ordre par de sages règlements. C'est à Iui que la noblesse hongroise doit la charte de ses pï•ivi, éges .ANDRÉ III petit-fils du prée.; 1290-1301,
ANDRE de Hongrie, roi de Naples fils du. roi de ~obprtl épgüsa yen, 1343 JeanneI, reine eusiné è-kie princesse fé fit assassiaprë's âr £quis de'ràenté, son amant. }fnrig 1P. scin frère. ventres sa mort.
[passage corrompu]
ANDORRE,petit État sur les :confins,, l'1 spâgne et de-.ia France., n'est qu'une "_vallée Sitûée sur le versant=méridional"dei Pvïk-èes entre Fois et Ureet IL a. env: 900. Igl. ,car., et 1& .0,00 hab. ; le ch. 1, est Andorre,rote sur l'Embalire. C'est ,une petite république sous la ction -de 1a France et c(e 1'6véque d'Ur-' geh T.'Andorrë°Gt jadis partie-de la; vicômté deCasteibon, il app-rgu- eps_utte.par indivis aux Comtes de,'Foix et auarévéqües d'Ur$el Henri ly; comme comte de_ Foin, réunit à, la kirà4ce ppart de soi veraineté sür l'Andorre. Reconnue indépendante en 1790, larépublique d'Andorre se rem d'elle-même sous %, protection de la France. Ellë ést gouvernée par 24 consuls et un syndic général: élu à vie. La richesse des haËitantg consiste dans leurs troupeaux.ANDOVER, v, d'Angleterre (Southampton), au N. 0. de Winchester; 5000 hab. Canal se rendant à la mer.-Plusieurs v. des États-Unis portent ce nom : la principale est dans le Massachussetsn à 37 kir. N. de Boston. Séminaire théologique, Phillips Academy.
Andrea del Sarto-, Florence en 1,478,-entra ensuite chez pie, mais bonsculpteur l'and orüements, qui éxécuta sous là direction de Raphaél tous les ouvrages de menuiserie du Vatican, et se forma présque seül en étudiant les oénvres de ses devanciers. Sa_réputaiion s'étant répandue à l'étranger, il fut appelé en France, en 1517, par François I, qui le chargea de plusieurs ouvrages importants mais ayant, dissipé une somme Considérable qui lui avait été confiée pour faire l'acquisition de statués antiques et de tableaux des meilleurs maitres, il encourut lé juste ressentiment de François 1. Il fit d'inutiles efforts. pour rentrer en grâce. Apprès avoir traîné une pénible existence, il mourut de la peste à Florence en 1530. Ce peintre avait une nature segnsible et affectueuse qui se reflète-dans l'ex-pression douce et modeste de ses figures. Sa manière est gracieuse son coloris frais et harmonieux. On remergue sa delle Charité, au musée du Louvre; ses peintures à fresque du clottre della Nunziata, à Rome; César recevant les tributs des provinces romaines, fresque qui se voit dans la grande salle.de Poggio à Caïano ; la Cène de Jésus-Christ, autre fresque dans le monastère de San-Salvi, près Florence; le Sacrifice d'Abraham; un Christ mort, etc. Il forma d'habiles élèves, Fr. Salvicu' , G. 7i=- , etc.ANDRÉ DEL CASTAGNO, peintre. Y. CASTAGNO.ANDRÉ (Yves-Marie),dit le Père André, écrivain estimé, né en 1675 à Châteaulin en Basse-Bretagne, mort en 1754, entra chez les Jésuites en 1693, et enseigna d'abord la philosophie; mais, ayant manifesté trop d'attachement aux doctrines de Descartes et de Malebranche, il fut retiré de cet enseignement et chargé d'une chaire de mathématiques à Caen. Il est surtout connu par un Essai sur le Beau, qui parut en 1741, in-12, et qui a été depuis souvent réimprimé. On lui doit aussi un Traiié sur l'homme, où il cherche à expliquer l'action de l'âme sur le corps. Ses rouvres ont été rassemblées par l'abbé Guyot, Paris, 1766, 5 vol. in-12. Le P. Andréa laissé de précieux manuscrits conservés à la bibliothèque de Caen. M. Cousin a donné ses OEuvres philosophiques, 1843, in-12. MM. Charma et Mancel ont publié 2 vol. de Documents inédits sur le P. André, Caen, 1843 et 1957.-I1 ne faut pas le confondre avec le Petit P André, prédicateur du xvn° siècle, dont le vrai nom est Boullanger.ANDRÉ (ordre de St-),ordre russe fondé en 1698 par Pierre le Grand, n'est accordé qu'au plus haut mérite et aux actions les plus éclatantes. L'insigne est une croix émaillée en bleu, surmontée d'une couronne impériale; elle porte sur la face l'image du martyre de S. André et sur le revers un aigle aux ailes 6ployées, avec cette devise : Pour la foi et la fidélité. Le cordon est bleu.ANDREIE (J. Valentin), théologien protestant et mystique célèbre, né à Herrenberg (Wurtemberg) en 1586, mort en 1654, fut chapelain d'Éberhard III, duc de Wurtemberg, et abbé d'Adelberg. Il a publié un très-grand nombre d'ouvrages, et a été soupçonné d'être le vrai fondateur des Rose-Croix, dont il se donnait seulement pour le restaurateur. On distingue parmi ses écrits : Menippus seu Dialogorum satiricorum centuria,1617; Civis christianus,1619; Nythologiu chris'tiana, 1619; De Fraternitate Rosaceæ Crucis, 1619. Il cultiva aussi la poésie avec succès et fit un heureux emploi du dialecte de la Souabe.ANDRE,E OU ANDERSON (Laurent). Y. ANDERSON.ANDRÉASBERG, c.-à-d. montagne St-André, v. du Hanovre, à25kil. S. 0. d'Elbingerode; 4500 h. Fer, cobalt, argent, cuivre; dentelles.ANDREEVA, Y. de Russie (Caucase), à 58 kil. S. 0. de Kizliar, sur l'Aktach; 3000 maisons. Asile de tous les malfaiteurs du Caucase : il s'y fait un grand trafic d'esclaves et d'objets volés.ANDRELINI (Publio Fausto),poète latin moderne, né à Forli vers 1450, mort en 1518, obtint dès l'âge de 22 ans la couronne poétique à Rome, vint à Paris en 1488, avec le cardinal de Gonzague, et y enseigna les belles-lettres jusqu'à sa mort. Il jouissait de la protection de Charles VIII, de Louis XII et de Francois I, et célébra ces princes dans un grand nombre de poésies. On a de lui des Élégies, Paris, 1492 ; des Poésies érotiques, Venise, 1501 ; des Distiques moraux, Paris 1519ANDREOSSI(Franç.), habile ingénieur, né en 1633 à Paris, mais d'origine italienne, mort en 1688, partage avec Riquet l'honneur d'avoir conçu , ou tout au moins exécuté, le canal de Langedoc. On lui doit une Carte du canal, 1669, 3 feuilles in-f. - Son arrière-petit-fils , Ant. Fr. Andréossi (1761-1828), l'un des meilleurs généraux d'artillerie de l'Empire et habile diplomate, a publié l'Histoire du canal du Midi, 1800 et 1805. Il y met en lumière les titres de son aieul, trop longtemps méconnus. Membre de l'Institut d'Égypte dès sa fondation, il fut admis en 1826 à l'Académie des sciences.ANDRÈS (Jean),savant jésuite espagnol, né en 1740 à Planès (Valence), mort à Rome en 1817. Ex-pulsé d'Espagne avec son ordre en 1766, il alla se taxer en Italie, devint conservateur et bibliothécaireà Naples, et y publia, en italien, un grand ouvrage, Dell' origine, progresse, e stato attuale d'ogni litteratura, écrit dàns un style élégant et pur, et qui nécessita d'immenses recherches.ANDRÉZIEUX bourg du dép. de la Loire, sur la Loire, entre Montbrison au N. 0. et St-Étienne au S.; 673 h. Chemin de fer de 68 k. conduisant à Roanne.ANDRIA, ville du roy. d'Italie (Terre de Bari), à 12 kil. S. de Barletta; 15 000 hab. Eveché suffrag. de Trani. Fondée en 1046 par les comtes de Trani.ANDRIEUX, homme de lettres, né à Strasbourg en 1759, mort à Paris en 1833, fut d'abord destiné à la profession d'avocat. Détourné de cette carrière par les événements de la Révolution, il entra dans les affaires et devint successivement chef du bureau de la liquidation, juge au tribunal de cassation (1796), membre au Conseil des Cinq-Cents (1798), puis du Tribunat (1800) ; il porta dans tontes ces fonctions une indépendance qui ne se démentit jamais ; aussi fut-il éliminé du tribunat par le premier consul (1802). Il fut nommé en 1804 professeur de grammaire et de belles-lettres à l'École polytechnique, et en 1814 professeur de littérature au collége de France. Il exerça ces dernières fonctions jusqu'à la fin de sa vie avec autant de succès que de zèle ; malgré la faiblesse de sa voix, il se faisait entendre, a-t-on dit ingénieusement, à force de se faire écouter. Admis à l'Institut lors de la création de ce corps (1797), comme membre de la classe de littérature, il devint en 1829 secrétaire perpétuel de l'Académie française. Andrieux s'était fait connaître dès 23 ans par la jolie comédie d'Anaximandre (1782) ; il donna depuis les Étourdis (1788), Helvétius (1802) , la Suite du Menteur (1803), le Trésor (1803), la Soirée d'Auteuil (1804), le Vieux Fat (1810), la Comédienne (1816), le Manteau (1826), et une tragédie, Junius Brutus (1828). Il a aussi composé de charmants contes en vers dont il parut un premier recueil en 1800, in-8, des contes en prose et des fables. On a rassemblé ses oeuvres en 4 vol. in-8 et 6 V. in-18, 1817-23. Andrieux fut uni d'une étroite amitié avec Collin-d'Harleville et Picard, ses rivaux en talent.ANDRINOPLE, Orestias puis Adrianopolis chez les anciens, Ederneh chez fies Turcs, Y. de Turquie d'Europe (Roumélie), au confluent de la Maritza, de la Tondja et de l'Arde, à 230 kil. N. 0. de Constantinople, est comme la 2e tapit. de tout l'empire; 100 000 hab. Résidence d'un archevêque grec et d'un grand mollah turc. Plusieurs beaux monuments : mosquées de Sélim II, de Bajazet Il, de Mourad II ; superbe bazar d'Ali-Pacha; Eski-Sérac ou vieux palais; bel aqueduc, pont sur la Tondja, etc.; antiquités nombreuses. Industrie assez active (étoffes de soie, laine, coton ; tapis, tanneries, maroquins; distilleries d'eaux odoriférantes). - Cette ville, qui appartenait originairement à la Thrace, fut embellie par Adrien, dont elle prit le nom, et devint la métropole de la prov. d Hæmi Mons sous l'Empire. Il se livra aux environs 2 batailles décisives : dans l'une Constantin défit Licinius, en 323; dans l'autre, l'es Goths vainquirent Valens, en 378. Prise par Amurat 1 en 1360, elle fut la résidence des Sul-tans ottomans de 1362 à 1453. Elle fut occupée temporairement par les Russes en 1829.Les Russes et les Turcs y signèrent en 1829 un traité par lequel les Turcs cédaient à la Russie les bouches du Danube, lui accordaient la libre navigation dans la mer Noire, reconnaissaient l'indépendance des Grecs, et fixaient le sort de la Valachie, de la Moldavie et de la Servie.ANDRISCUS,aventurier, natif d'Adramytte, se fit passer four Philippe, fils de Persée, dernier roi de Macédoine, 152 ans av. J.-C. Ayant, à la faveurde cette imposture, rassemblé une armée, il disputa quelque temps la Macédoine aux Romains, mais il fut battu à Pydna par Caecilius Metellus, 148, puis fut livré au vainqueur et emmené en triomphe à Rome.ANDROCLÈS,esclave. On raconte qu'ayant été livré aux bêtes dans le cirque de P.bme pour s'être enfui de chez sonmaitre,proconsuld'Afrique, il fut reconnu et épargné par un lion dont il avait guéri une blessure dans les déserts de PAfrique. Cet événement est placé vers le i°r siècle av. J.-C. Il n'a d'autre garant que le récit d'Aulu-Gelle (V, ch, xiv).ANDROGEE,Androgeus, fils de Minos, roi, de Crète, et de Pasiphaé, fut tué par des jeunes gens C Athènes et de Mégare, jaloux de ce qu'il leur avait enlevé tous les prix aux Panathénées. Minos, pour venger ce meurtre, s'empara de ces deux villes, et obligea les habitants à lui envoyer tous les ans sept jeunes garçons et sept jeunes filles qui étaient livrés au Minotaure. Thésée délivra ses compatriotes de cet odieux tribut.ANDROMAQUE, Andromnche, princesse troyenne, femme d'Hector, et fille d'E`étion, roi de Cilicie, est célèbre par son amour conjugal : elle fit à son époux es plus tendres adieux au moment où il allait combattre Achille, et resta inconsolable de samort. Après ia prise de Troie, elle se vit arracher Astyanax son fils unique que les Grecs précipitèrent du haut d'une tour. Elle devint elle-même l'esclave de Pyrrhus, qui l'emmena en Épire où il l'épousa. L'ayant ensuite répudiée ce prince la donna pour épouse à Hélé-nus, un ces fils de Priam, et leur laissa son royaume. Homère, dans l'Iliade chant VI), Virgile, dans l'É-ndide (eh. III), ont célébré les vertus et les malheurs d'Andromaque. Elle est l'héroïne de deux belles tragédies, l'une d'Euripide et l'autre de Racine.ANDROMAQUE,Andromachus médecin.crétois, vint exercer son art à Rome sous le règne -de Néron, y obtint un grand succès et devint le médecin de l'empereur. Il inventa la Thériaque qui porte son nom (P. TxéRiAQoE au Dict. univ. des Sciences); let fit sur ce médicament un petit.poéme~ qui a été conservé (on le trouve dans les Fragments des~poétes grecs de la collection Didot).ANDROMEDÈ, fille de. Céphéer ro.f d'Bthiopie, et do Cassiopée. Sa mère ayant eu l'imprudence de dis-Mputer le prix de la> beauté à Junon. et aux Néréides, filles de Neptuney .ce.dieu,suscita pour.. les venger un monstre marin quI ravagea.. l'Étlïiopie. Il fallut, pour délivrer la contrée de ce fléau, -qui Andromède fût expposée d la fureur du.monstre. Elle allait ôtre dévorée; lorsque Persée la délivra. té>héros obtint sa main en récompense; il en eut plusieurs' enfants, entre autres Sthélénus et Electryon. Andromède fut, après sa mort x` placée au nombre-des.-`astres.ANDRONIC I Commène, empereur grec, petit-fils d'Alexis, né en 1110, se fit, à la, mort=de Manuel Comnène , nommer tuteur du' fils -de, ce prince, Alexis II (1180) et partagea quelque temps la couronne avec lui; niais bientôt, voulant iègner,seul, il fit étrangler son pupille et, s'empara dû trône, en 1.183: Après un règne souillé par des cruautés inouïes, Isaac l'Angé le détrôna; le peuple le pendit, en 1185. Andronic est le dernier des Comnène qui ait régné à. Constantinople.ANDRONIC II, PALÉOLOGUE, l'Ancien,. ne en 1258, monta sur le trôné en 1282. Son règne n'est remarquable que par les invasions des Turcs et autres barbares. 1I chargea le peuple d'impôts pour acheter la paix, altéra les monnaies, laissalangguirlecommerceet a marine, et s'opposa constamment à l'union des églises grecque et latine. Détrôné par son petit-fils, Andronic III, en 1328, il finit ses jours.dans un monastère, en 1332.ANDRONIC III PALÉOLOGUE, le Jeune, né l'an 1295, était petit-fils du précéd. et fils du prince Michel Paléologue (qui mourut jeune). il régna d'abord conjointement avec son grand-père (1325); mais, à par-tir de 1328, il relégua le vieil empereur dans son palais et gouverna seul. Il réunit à ses de acs le despotat e lais 1336, et fit des efforts tour refosuer lesTures, mais sans y réussir. Il diminua les impôts, et mou-rut en 1341, adoré de ses sujets.ANDRONIC IV, PALÉOLOGUE, filsainé de l'emp. Jean V, fut associé au trône vers 1355, mais ayant voulu détroner son père, il fut conaamne à perdre la vue et forcé de céder ses droits à son frère Manuel 11373); néanmoins, il put un instant ressaisir le pouvoir avec le secours des Génois et se fit proclamer empereur en 1377, mais renversé presque aussitôt, u alla finir ses jours L) slÉexil.ANDRONICUS (Livius), poète comique latin qui florissait vers 220 av. J.-C., était un grec de Ta-rente et avait été. amené à Rome comme esclave par Livius Salinator, qui l'affranchit. -Il composa les yremièxes pièces régulières qu'aient -,eues les Ro-mains; il jouait lui=mémé dans ses pièces, Il avait aussi composé urne traduction de l'Odyssée. Il ne reste de lui que quelques l'ers que l'on trouve dans le Cor-pus poetarum et dans les Poetæ scenict de Bothe.ANDRÔNICUS de Rhodes, philosophe péripatéticien du i- siècle av. J.-C. . natif de Rhodes, revit et publia, par ordre de Syila, les ouvrages d'Aristote et de Théophraste, dont les originaux venaient.d'étre retrouvés par Apellicon. On lui a longtemps attribué une Paraphrase del Éthique d Niçomaque. (publiée en 3607 à Leyde par Daniel Heinsius), qui parait être d'un certain Héliodore. da Prusé.-Y. ANDRONIC.ANDROS, Andro, lle de l'Archipel, au S."E. de l'Eubée (Nègrepont); 150 kil. de tour; 1~ 000 hab.; tapit., Andros, port situé sur la côte.S. 0. Commerce de soie, huile, vin,, oranges, etc.-Colonisée par les Ioniens, elle se.soumit à Xercès, fut, après les guerres médiques, prise parles Athéniens puis obéit aux Macédoniens et aux Romains, qui L cédèrent aux rois de Pergame, mais qui la reprirent après l'extinction de cette.dynastie, Enlevée à l'empirgg grec par les Turcs, elle a été de nos jours reprise aux Turcs paries Grecs;. et elle fait auj. partie du roy.•de Grèce.ANDROUET, du cerceau (Jacques), architecte, né à Orl6ans.vérs.1534, M. à Turin vers 1600, enrichit Pans d'un~",grand nombres de beaux édifices (hôtels de Sully, de gayenne- des Fermes, de Carnavalet, dé Biétonvilliers; etc.j; fut chargé par Henri III de construire le Pont Neuf (1578), et par Henri IV de continuer le Louvrë (1596) ; mais il ne put achever ces travaûx, âÿant quitté la France à cause de son attachement aü calvinisme: On a de`lui : Livre d'architecturé; 155$, ét 15,61, in-fol., et Leeons de perspective, 1576, in-fol.ANDRUSSOVO,bourg de Russie. (Smolensk), à 32 k. S. E. de Krasnde. Il y fut signé en 1667 un traité par lequel la Pologne` cédait à la Russie Smolensk, et ia Sévérie, avec111kraine occidentale, et s'unissait à -elle contre les Turcs.,ANDUJAR,Y. d'Espagne; sur le Guadalquivir, dans la pprov. et à 35 kil. N. 0. de Jaén.; 9000 hab. On y fabrique des-alcarazas. A 4 kil• d'Andujar, on voit les ruines de l'anc..Illiturgis.-Le duc d'Angoulême, commandant l'armée française envoyée en Espagne pour délivrer Ferdinand VII, y rendit, le 8 août 1823, une célèbre ordonnance-dans le but de concilier les partis, mais elle resta sans effet par l'opposition de la régence de Madrid,ANDUZE, Andusia, ch: 1. de tant. (Gard), à 11 k. S. 0. d'Alais, sur le Gardon d'Anduze, au ied des Cévennes; 4491 hab. Soie, bonneterie. Église calviniste. Aux environs, curieuses stalactites.ANEAU ou ANNEAU (Barthélemi),Annulus, poète, né à Bourges, fut pprofesseur de rhétorique, puis principal au collége de la Trinité, à Lyon (1542). Il cultivait également la poésie latine et la poésiefrançaise. On a de lui une trad. en vers français des Emblèmes d'Alciat, Lyon, 1549; un poëmo latin, Picta poesis, 1552, in-8, qu'il traduisit lui-même en vers français, sous le titre d'Imagination poétique;,Alector ou le Coq, histoire fabuleuse (en prose française), prétendue traduite du grec, Lyon, 1560. Il fut massacré par le peuple dans son collége en 1565, le .)jour de la Fête-Dieu, Parce qu'on le soupçonnait d'étre protestant et qu on l'accusait d'avoir jeté une pierre sur- le prêtre qui portait le Saint-Sacrement à la procession.ANEDA, nom d'ÉDIMBOURG en latin.ANET, ch.-I. de c. (Eure-et-Loir), à 16 kil. N. E. de Dreux; 1324 hab. C'est là qu'était le charmant château construit en 1548 par Henri H pour Diane de Poitiers. Ce château, chef-d'œuvre de Philippe Delorme et Jean Goujon, a été détruit en 1792. Cependant l'ancien portail a été conservé et transporté à Pa-ris : on le voit dans la cour de l'Ecole des beaux-arts.ANFOSSI (Pascal), compositeur napolitain, 1736-97, élève de Piccini composa un grand nombre d'opéras qui eurent Îa vogue : la Clémence de Titus, Cléopatre, Armide, etc., fut appelé en France, en Angleterre et en Allemagne, finit par se fixer à Rome, abandonna le théâtre pour la musique religieuse et devint maltre de chapelle de St-Jean-de-Latran.
[modifier] ANG
ANGAD,désert d'Afrique situé au S. 0. de l'Algérie (prov. d'Oran), sépare cet État de l'empire du Maroc. On l'appelle aussi Désert des Chotts à cause des nombreux lacs salon (chotts) qu'il renferme.ANGARA,nom de 2 riv. de a Russie d'Asie : la Haute-Angara qui naît dans les monts de Nertchinsk, se perd dans le lac Baïkal après un cours d'env. 500 k.; la Basse-Angara qui vient du S., traverse le lac Baïkal, entoure Iriourtsk, et va grossir l'Iénisséi, après un cours d'environ 1500 kil.ANGE, famille qui a fourni plusieurs empereurs à Constantinople. V. IsAAC et ALExis.ANGE DE SAINTE-ROSALIE (Franc. BAFFARD, dit le P.) ,savant généalogiste, né ~ Blois en 1655 , mort à Paris en 1726, était de l'ordre des Augustins déchaussés. Il a rédigé l'État de la France, 5 vol. in-12, réimprimé dt augmenté en 1749, 6 vol, in-12 : c'est un exposé de tous les offices ecclésiastiques, civils et militaires, avec leurs prérogatives et leur origine. Il revit et augmenta considérablement l'Histoire généalogique de la maison de France du P. Anselme, ouvrage précieux où tous nos historiens ont puisé; il allait publier son travail lorsqu'il mourut subitement. Le P. Simplicien, qu'il s'était associé Dour la rédaction, le publia en 1726, 9 vol. in-fol.ANGELI (Pietro degli),P. Angelus Bargæus, poète latin moderne, né en 1517, à Barga, en Toscane, mort en 1596, devint, après plusieurs aventures, professeur à Reggio en 1546, et trois ans après professeur à l'Université de Pise. II défendit vaillamment cette ville avec ses écoliers contre Pierre Strozzi qui l'assiégeait, en 1554. Ii est auteur d'un poème de la Chaase (Cynægeticon), en 6 livres, fort estimé, et de la Syriade, poème en 12 livres, où il traite le même sujet que le Tasse dans sa Jérusalem délivrée. Il a publié le recueil de ses poésies, à Rome, 1585.ANGELICO (Fra), peintre. V. GiovANNi.ANGÉLIQUE (la Mère). V. ARNAULD.ANGÉLIQUES (les), religieuses. V. BARNABITES.ANGÉLY (l'),fou de Louis XIII, était d'abord valet d'écurie du prince de Condé; il se fit remarquer du prince par ses saillies, et le roi désira l'a-voir à son service. Il n'épargnait personne dans ses bouffonneries; la crainte que ses railleries inspiraient aux courtisans était telle qu'ils achetaient son silence : il amassa ainsi des sommes considérables. Boileau le nomme dans ses satires I et VIII.ANGENNES,noble maison de France, ainsi nommée de la terre d'Angennes en Thimerais (Perche), est connue depuis le xiv, siècle. Les membres de cette famille ont porté le titre de seigneurs, puis de marquis de Rambouillet, de marquis de Maintenon, etc. V. RAMBOUILLET.ANGENNES (Julie d'). V. MONTAUSIER.ANGFEMANIE Angermaniand, suc. prou. - de Suède, entre ceÉes de Laponie, Botnie, Iamtie, Medelpad, forme auj. avec cette dernière le dép. du Wester-Nordland; ch. 1. Hernœsand. Elle tire son nom de la riv. d'Angermann, affluent du golfe de Bothnie, qui la traverse.ANGERS,Juliomagi. s,puisAndesouAndecavi,chA. du dép. de Maine-et-Loire, sur la Nlaine, à 323 kil. S. 0. de Paris, 339 par le chemin de fer; 51791 hab. Evêché, cour d'appel; lycée; école secondaire de méd.; cours de sciences appliquées, école d'arts et métiers. Belle cathédrale, 3 ponts, vieux château, commencé sous Philippe-Auguste, hôtel de ville, musée, jardin botanique , bibliothèque, etc. Industrie active, toiles et tissus detout genre, filatures. Commerce en vins, dits d'Anjou, grains, bestiaux, et surtout en ardoises : l'abondance de ce dernier produit est telle, que presque toutes les maisons sont couvertes en ardoises; ce qui a fait nommer Angers la Ville Noire; toutefois ce nom ne convient plus auj. qu'à l'anc. ville, sur la r. g. de la Maine.-Angers futimportante dès le temps des Romains; elle possédait alors un amphithéâtre, dont on voyait encore les ruinestout récemment. Elle fut plusieurs fois assiégée : par Childéric (464), par les Normands (vers 873), parles Bretons, les Anglais les Français, à diverses époques; elle fut vainement attaquée en 1793 parles Vendéens, qui éprouvèrent sous ses murs une grande défaite. Il s'y tint plusieurs conciles provinciaux et des Conférences mémorables (1713-1714). Patrie de Ménage, Bodin, Bernier, du statuaire David, dit David d'Angers, etc.ANGHIARI, bourg de Toscane, à 23 kil. N. E. d'Arezzo; 1600 hab. Il s'y livra deux batailles:l'une en 1425 (les Florentins y furent défaits par les Milanais~,l'autre en 1440 (Jean,Paul Orsini, général des F orentins yy vainquit le général milanais Piccinino).-Bourg de Vénétie sur l'Adige, r. dr., à 5 k. N. 0. de Legnano; 1800 hab. Les Français y battirent les Autrichiens en 1797.- ANGHIERA,
v. de Lombardie, à 50 k. N. 0. de Milan, sur le bord S. E. du lac Majeur. Comté fort ancien, renouvelé en 1397 par l'emp. Vencéslas en faveur de Jean Galéas Visconti, le, duc de Milan, qui en investit son fils aîné. ANGILBERT (S.),disciple d'Alcuin et membre de l'école du Palais , d'une famille noble de la Neustrie, obtint la faveur de Charlemagne qui lui fit épouser secrètement sa fille Berthe et le prit pour secrétaire. Il embrassa ensuite la vie monastique, poura;ccomplirun voeu qu'il avait fait dans une grande maladie, et devint abbé de Centule eu Ponthieu. Il accompagna Charlemagne à Rome,_ devint ministre de Pepin, roi d'Italie, et mourut en 814. Il cultivait la poésie avec succès : Charlemagne, l'appeiait son Ho-mère. Ii reste de lui quelques courts écrits, recueil-lis par Duchesne; on a mis sous son nom' ime'Histoire des premières expéditions de Charlemagne qui n'est qu'un roman de Dufresne de Francheville. On l'honore comme saint le i8,;février.ANGIVILLER (Cl. LA BILLARDERIE, comte d'), directeur général des bâtiments et jardins du ici sous Louis XVI, protégea les artistes, les savants et les gens de lettres, continua les embellissements commencés par Buffon au Jardin des plantes, et réunit au Louvre les collections de peinture et de sculpture. Il émigra en 1791 et mourut. à Altona en 1810. II était membre de l'Académie des sciences et de PA-cad. de peinture et de sculpture.ANGLES; Angli, peuple de la Germanie, au N. de l'Elbe-Inférieur, habitait la partie orient. du Holstein actuel, et peut-être aussi le Sleswig. Ils passèrent au vi° siècle dans la Bretagne, où ils établirent trois royaumes : Bernicie et Deirie ou Northumberland (540-547); Estanglie (571); Mercie ou Westanglie(584).Tout le pays prit d'euxles noms d'England ou Angleterre, terre des Angles. V. HEPTARCHIE.ANGLES, ch.-1. de c. (Tarn), â,32 kil. S. E. de Castres; 526 hab. Draperies, cotonnades.ANGLESEY, Anglesea, en anglais, Mona chez les anciens, île d'Angleterre, près de l'angle N. 0. du pays de Galles, dont elle forme un des 12 comtés : 45 kil. sur 25; 50 000 hab.; ch.-1., Beaumaris. Elle est jointe depuis peu par un pont tubulaire à l'île de Menay. Sol fertile, mines de cuivre, plomb, houille; marbres. Plusieurs ports. - Les Druides avaient à Mona une école célèbre. Les Anglais s'emparèrent de cette fie sous Édouard I, et lui donnèrent leur-nom-
ANGL - 80 - ANGL
ANGLET, bourg des Basses-Pyrénées, arr., et à l 4 kit. de Bayonne, au bord de l'Océan; 3079 h. Petit port de pécheurs; bons vins blancs.ANGLETERRE, Britannia chez les Romains, En-gland en anglais, l'un des 3 roy. unis qui forment l'Empire britannique, est bornée au N. par l'Ecosse, au S. par la Manche à l'O. par la mer d'Irlande, à l'E, parlamer duNorâ; elle a 570kil. duN. au S., env. 420 de l'E. à l'O.; sa population est de 20 000000 h.; tapit., Londres. On étend souvent, mais impropre-ment, le nom d'Angleterre à toute la Grande-Bretagne. L'Angleterre proprement dite est divisée en 52 comtés ou sbires. Ce sontComtés.Capitales.
Au N.
Northumberland Newcastle.Cumberland Carlisle.Durham Durham.Westmoreland Appleby.York, York.Lancaster, Lancaster,A l'E. Lincoln, Lincoln.Norfolk, Norwick.Suffolk, Ipswich.Huntingdon, Huntingdon.Cambridge, Cambridge.Hertford, Hertford.Essex, Chelmsford.Middlesex, Londres.Au S. Kent, Canterbury.Sussex, Chichester.Surrey, Guilford.Berks, Reading.Hampshire, Winchester.Wilts, Salisbury.Dorset, Dorchester.Somerset Bath et Wells.Devon, Exeter.Cornwall, Laanceston.A l'O. Glocester Glocester.Monmouth Monmouth.Hereford, Hereford.Worcester, Worcester.Shrop ou Salop, Shrewsbury.°- Chester, Chester.Anglesey, Beaumaris.Flint Flint.a Denbigh , Denbigh.° Caernarvon, Caernarvon.Merioneth, Bala et Dolgelly.c Montgomery, Montgomery.â Cardigan, Cardigan. C3 Radnor, Radnor.Brecknok, Brecknok.p+ Pembroke, Pembroke.i Caermarthen, Caermarthen.Au centre. Glamorgan, Cardiff.Derby, Derby.Nottingham, Nottingham.Stafford, Stafford.Leicester, Leicester.Rutland, Oakham.Warwick, Warwick.Northampton, Northampton.Bedford, Bedford.Oxford, Oxford.Buckingham, Buckingham.Après Londres, les villes les plus importantes sont : Douvres, Norwich, Hull, Newcastle, Liverpool, Bristol, Falmouth, Plymouth, Portsmouth, Oxford, Birmingham, Manchester, Sheffield, Nottingham, Cambridge,York, Southampton, etc.-Les mont. sont peu nombreuses en Angleterre, sauf dans la principauté de Galles et dans le nord; elles sont peu hautes : la cime la plus élevée, le Snowdon, n'atteint pas 120011. Le centre offre de vastes prairies. Les riv. sont en grand,nombre, mais presque toutes petites, formant de larges estuaires à leur embouchure; les principales sont : la Tamise, la Saverne, l'Humber,la Medway, la Mersey, les deux Avon, la Dee, la Tees, la Tyne, la Derwent. Il y a peu de lacs et seulement au N. Les communications sont facilitées par une foule de canaux qui forment Ies 4 grands systèmes hydrauliques de Liverpool, de Manchester, de Londres et de Birmingham, par de belles routes et par un grand nombre de chemins de fer, dont les principaux partent de Londres. Le climat est hu made, froid, brumeux; la végétation analogue à celle de la Normandie et de la Flandre. Ce pays four-nit en abondance des grains, des fruits, dés légumes, du houblon, des plantes farineuses et oléagineuses, mais pas de vin. Les pâturages sont magnifiques; le bétail, les chevaux excellents; le gibier abonde sur beaucoup de points; les loups ont disparu depuis 9 siècles. Il-y a encore de vastes forêts dans l 'O. Généralement,la culture est bien entendue. Les mines de houille et de fer sont très-riches; ensuite viennent l'étain, le plomb, le cuivre. L'industrie est très-développée, surtout pour la fabrication des_ draps, lai-nages, étoffes, pour les tissus de soie de lin, de chanvre, et plus encore de coton; pour les filatures, l'impression sur coton, la métallurgie en tout genre, l'armurerie,la coutellerie, la quincaillerie, l'orfévrerie,l'horlo&erie-pour les tanneries,lesblanchisseries, les brasseries. Lie commerce, très-actif à l'intérieur, embrasse au dehors toutes les parties du monde. Le gouvernement est constitutionnel (un roi et deux chambres); les femmes peuvent régner. La religion dominante est la religion anglicane; toute£uis, il existe un grand nombre (le sectes dissidentes. Le Catholicisme longtemps.pèrsécuté, a repris ses'droits et a auj. plusieurs évêchés; l'évêque de Westminster est métropolitain. En littérature, les Anglais citent avec orgueil Shakespeare. Milton, Dryden, Pope, Addison, Byron, W. Scott, Robertson, Hume, Lingard; dans les sciences et la philosophie, Bacon, Locke, New-ton, H. Davy, Priestley, Dalton, etc.Histoire. On ne sait rien d'authentique sur l'histoire de l'Angleterre avant César. Ce conquérant fit deux descentes dans file, alors nommée Bretagne (55 et 54 av. Claude reprit ses projets de con-quête l'an 43 de J: C.; ses successeurs les continuèrent, et de 78 à 85.1es armées romaines, commandées par Agricola, pénétrèrent jusqu'aux monts Grampians ; mais jamais l'île ne fut entièrement sou-mise. En 411 Honorius abandonna la Bretagne; mais incapables de se défendre contre les Pictes, les Bretons appelèrent à leur secours les Saxons (448); ceux-ci accoururent (449), et fondèrent. Ies 4 roy. d'Essex, de Sussex, de Wessex et de Kent (455-527). Les Angles, qui les suivirent (540-584), en élevèrent 3 autres : Estanglie, Mercie, et Deirie avec Bernicle (540-584). Tous ces roy. finirent par se réduire à un seul, sous le Saxon Egbert, roi de Wessex (827). Dès 835, les Danois désolèrent l Angleterre ; Alfred le Grand (871-900) les força pour quelque temps à la paix. De retour en 981, les Danois mirent leur roi Suénon sur le trône d'Angleterre (1013) : la dynastie saxonne ne put y remonter qu'en 1041. En 1066, Guillaume I, duc de Normandie, conquit le roy. et fonda une nouvelle race, qui en 1154 fut 'remplacée parles Plantagenets, comtes d'Anjou, issus de la race Normande par les femmes et dont Henri Il fut la tige en Angleterre. Ceux-ci régnèrent jusqu'en 1485. Les plus grands événements pendant cet espace de temps furent l'union de 5 grandes prov. francaises à l'Angleterre, par l'avénement de Henri II • la lutte de ce prince contre Thomas Becket (1162-1170j; la conquête fie l'Irlande (1171); les guerres de Richard _Ceeur de Lion contre la France (1194-1199); la perte de la Normandie par Jean sans Terre (1204); l'institution de la Grande Charte, base de la. constitution anglaise (1215); l'insurrection de Simon de Monfort, comte de Leicester, contielïenri III (pndant la n'archie decepais(028613 4;lag guerre de 100 ans contre la France(1337-1453); enfin la guerre civile entre les maisons d'York et de Lancastre, dite guerre des Deux-Roses, qui finit par la chute de la maison royale (1450-1485). Alors, monta sur le trône la dynastie des Tudor, issue d'une branche collatérale et sous laquellele pouvoir royal fut à son apogée. Elle substitua la reiigion protestante au Catholicisme : Henri VIII, Edouard VI, Élisabeth contribuèrent à accomplir cette révolution (1533-1603). A Élisabeth succéda Jacques I (VI en Écosse), qui commença en Angleterre la dynastie des Stuarts et qui le premier réunit sous un seulisceptre l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande, sous le nom de Grande-Bretagne. Charles I, son fils, trop favorable auCatholicisme et au pouvoir absolu, périt sur' 1-échafaud en 1649; la république fut alors proclamée, et Cromwell resta maître de l'Etat jusqu'à sa mort (1658). Les Stuarts furent rétablis en 1660; mais les fautes dé Jacques -II amenèrent la révolution de 1688, qui renversa cette dynastie et donna pour souverain aux Anglais Guillaume III, prince d'Orange, qui avait épousé Marie, fille de Jacques II. La reine Anne, qui lui succéda, con-somma l'union de l'Angleterre et de l'Écosse; son régne fut illustré :par les victoires de Marlborough. Après la mort de -la reine Anne, 1714 la maison de Hanovre fut appelée au trône comme la plus proche héritière de la maison royale; c'est elle qui règne encore aujourd'hui. Sous cette dernière dynastie eurent lieu la guerre de Sept ans (1756-63), la conquête du Canada (1763), 1a perte des colonies anglo-américaines (1774-1783); la soumission dé l'Inde(1757-1816), la lutte contre la' -Révolution française et contre l'Empire (1793-1815); la réunion 'définitive de lIrlande (1800), le rappel des lois contreles`Non-conformistes et même contre les Catholiques 1(182M9), aréforme électorale (1832); l'abolition. des-lois sur les céréales et la proclamation dela liberté coinmer= ciale (1846); les guerres contre les.,Afghansÿcontre le Pendjab (1846);1 la guerre de Crimée, faite ,contre la Russie deconcert. avec la_France .(l854-55);-Vinsurrection et la prompte répression de lande (1857-58) et diverses expéditions. cpntre..la Chine- l8*" 1860). -Les histoires d'Angle;erre.les plus estimées, sont celles de Hume., de Lingard et de, Macaulay.ROIS n'ANGLETERRE
1° Race saxonne. Henri I,.BeaucIerc; 11,00Egbert, „827 Étienne de Blois; .•aI135Ethelwolf, 836 4'liaison •d'Anjnu,(P_lan-Ethelbald, 858 tagenets)Ethelbert - 860 Henri II, . 1154Ethelred I, ! 866 Richard Cœur deAlfred le Grand, 871 Lion, . _;1189Edouard I, l'Ancien, 900 Jean sans Terre, 1199Athelstan, 925 Henri III. 1216Edmond 1, 941 Edouard I. 1272Edred, 946 Edouard II. 1307Edwy, 955 Edouard I11, 1327.Edgard le Pacifique, 957 Richard Il, 1377Saint Edouard le Henri IV, 1399Martyr, 975 Henri V, 1413Ethelred II, 978 Henri VI, 142221 Saxons et Danois. Édouard IV, 1461Suénon, Danois, 1013 Edouard V, 1483Ethelred, rétabli, 1014 Richard III, 1483Edmond II, Saxon, 1016 5° Maison de Tudor.Canut ou Knut leGrand, Danois, 1017 Henri VII, 1485Henri VIII 1509Harold 1, Danois, 1036 Edouard Vlr, 1547Hardi-Canut ou Har- Jeanne Grey, 1553deknut, Danois, 1039 Marie, 1553Edouard le Conf., Elisabeth, 1558Saxon. 1041 61 Maison des Stuarts.Harold II, Saxon, 1066 Jacques 1, 160331 Race normande. Charles I, 1625Guillaume le Con- Interrègne (1649-1652).quérant, 1066 O. Cromwell, prot., 1652Guillaume II, leRoux, 1087 R. Cromwell, prot., 1658Restaurat. des Stuarts.Charles II, 1660 81Maison de Hanovre.Jacques 11, 1685 Georges 1, 171471 Maisons d'Orange et Georges II, 1727Stuarts. Georges III, 1760Guillaume III (d'0- .Georges IV, 1820range) et Marie, 1689 Guillaume IV, 1830Anne, - 1702 Victoria. 1837Pour l'ensemble des possessions de l'Angleterre, Y. BRETAGNE (Grande).-Pour la géographie ancienne de l'Angleterre, Y. BRETAGNE ANCIENNE.
ANGLETERRE (NOUVELLE-). On désignait autrefois sous ce nom six États anglais formant la partie N. E. des États-Unis actuels : ce sont les États de Maine, New-Hampshire, Massachussets, Vermont, Rhode-Island et Connecticut.ANGLICANE (Église), nom que porte l'Église dominante d'Angleterre. L'Église anglicane adopte presque tous les dogmes de Calvin, mais elle conserve l'épiscopat et une certaine hiérarchie. Le roi est le chef de l'Église; il institue les évêques et veille avec leur concours sur le maintien du dogme et sur l'observation de la discipline. Quoique la Réforme ait été introduite en Angleterre par Henri VIII, l'Église anglicane, qui s'appelle aussi Église épiscopale, ne date que de l'acte d'uniformité, rendu en 1562, sous le régne d'Élisabeth.ANGLO-AMÉRICAINS. On nommait ainsi les ha-,bitants des États-Unis et des colonies formées dans l'Amérique septentrionale par les Anglais.ANGLO-SAXONS. On nomme ainsi 'les peuples germaniques qui envahirent la Grande-Bretagne vers 449, savoir-:jlês Jutes, les Ang12s et les Saxons. Ils fondèrent l'Heptarchie, et,'-iilêIés:faüx Danois, restèrent maîtres çdu pays jusqu'àrfa) conquête de Guillaume '-I 1066:'-ANGLURE,=ch:1. de tant. (Marne); ur l'Aube, à 60 kil. S. 0.Vernay; 856 hab:'-Xhe baronnie.ANGO,..cétébre armateur de Dieppe à la fin du xv° siècle, acquit ume immense'lért?13të ,'~t put ridà'- liser avec lès'-rois. "Des Portugâi§iQf~d$ ! enlevé un de ses vaissealtg énpleine paix (1 30 ; îI ~xma contre ,eux pour son propre compte, bld ~' afg port de Lisbonne, alla attaquër les Portuguais jug Ù` -dans les indes, et ne cessa sès ligstilités que Io' ~s'eûrent'enVoyé un ambâssadeur en France vpü aptl F a )paix. Il éprouva a la fin de sa vie des pertes consiidérables et finit ?argue ruiné; il,e~ 4U,fdjb~a-:grin, en 1551: Fr-pncois I, sO1sole"§'éyûe' dpgiïelT`il vjivait+ êt qti îr• aàà;~i reçu spI îI(f1n'êt~~t dans son hôtel, 1aàaYti nohifné gouvernèuicâiΧYeet CANGOLA, État'de l'Afrique ocdicl~, 'eùïr le Gofigo au N. et le Bêngü' au S., s'étendië iî?pe lat. S. et dë 11Q TB° long. E.;ên~vo7iÔ .00t) ab. 'd; ont 12 000 blànii .-I. Loanca~ olljfi'ïartj'ent aux Portugaiss déppfs 1485, et forme'raVëcitlTë-~ enguela eï quelques forts•dti Congo une capffi#ifi~i'rd générale. On y faisait jadis uï%grand commgrcé`d=esclaves. On en exportè,encoré dé l'or, de.lil=oire)td'epla gomme, des drogues médicinales, du fer, <dtl~tt Vivre, de la cire, du miel, du piment, de l'huilë'dë;ipalmier, etc.ANGORA, I'arie. An-rra, Inkhirèchéz les Turcs, v. de la Turquie,'d'Asie (Anatolie);-ch.=l.'de district, près de la Tabana, à 330 kit. -SPÏ1 de, Constantinople ; 40 000 h. Siège d'un métro ppolitain grec. On y trouve des espèces particulières de chèvres, de chats et de lapins à poils longs et soyênx;connues sous le nom d'Angoras. Y. ANCYRE. '.r-,.ANGOSTURA, v. du Vénézuela, ch: 1. de'prov., sur l'Orénoque, à 250 k.0. de Viej a-Guyana; 8000 h.Évèché. Magnifique palais du côngrès.dl se tint dans cette ville, en 1819, sous la présidence de Bolivar, uncongrès qui réunit la Nouv: Grenadèet le Vénézuéla en un seul Etat sous le nom de Colombie : ce qui valut à la ville le nom de Ciudad-Bolivar.ANGOULÊME, Inculisma, ch.-1. du dép. de la Charente, sur une colline au pied de laquelle coule la Charente, à 443 k. S. 0. de Paris, à 445 k. par chemin de fer; 24 961 bah. Évêché, trio. del-inst., lycée impérial. cabinet de physique et de chimie, bibliothèque. On y avait établi sous la Restauration une école royale de marine qui a été transportée depuis 1827 à Brest. fort sur la Charente (au faubourg de l'Houmeau). En-ceinte murée, ancien château des ducs; belle cathédrale; nouveau quartier très-beau. Papeteries renommées, poudrerie, fonderie de canons. Commerce actif; entrepôt du commerce de Bordeaux et des dép. du Sud. -V. très-ancienne, célébrée par Ausone dès le iv siècle ; ruinée par les Normands au ix* siècle. Calvin y porta la Réforme en 1527 ; par suite, la ville eut beaucoup à souffrir dans les guerres de religion. Patrie de St-Gelais, Balzac, Poltrot, Ravaillac, du physicien Coulomb, du généralMontalembert,etc.ANGOULeSME (comté, puis duché d'),k peu près équivalant à l'Angoumois. Il fut joint, lors de l'origine du système féodal, au comté de Périgord. Le premier comte de Périgord et d'Angoulême est Vulgrin I (866); le plus illustre est Guillaume-Taillefer, sous q i u e comté devint arrière-fief de,la couronne et fief du duché d'Aquitaine; le dernier est Vulgrin III, mort en 1181, dont la fille Mathilde porta le comté à Hugues IX, sire de Lusignan et comte de la Marche. Le comté d'Angoulême fut réuni à la couronne en 1308, donné à Philippe d'Évreux en 1328, confisqué sur Charles le Mauvais en 1351, et donné en même temps au connétable Charles d'Espagne; puis cédé aux Anglais en souveraineté en 1360, mais repris en partie en 1372 et années suivantes. Il devint ensuite l'apanage de Louis, duc d'Orléans, fils de Charles V et frère de Charles VI, et passa au fils puîné de ce prince, qui fut la tige des ValoWAngoul@me. Franpois I, issu de cette branche, porta d'abord le titre de comte d'Angoulème ; devenu roi, il fit de ce comté un duché qu'il donna à sa mère, à la mort de Iaquelle il le réunit à la couronne. Ce duché fut encore un apanage de 1574 à 1650, en faveur de Diane et de Charles de Valois, enfants naturels, l'une de Henri II, l'autre de Charles IX. Après eux, le titre de duc d'Angoulême n'a plus été que nominal.ANGOULÊME (Charles de vALois, duc d'),fils na i turel de Charles IX et de Marie Touchet., né en 157 3, mort en 1650, porta d'abord le titre de comte d'Auvergne, qu'il échangea en 1619 contre celui sous lequel il est connu. Il fut un des premiers à reconnaître Henri IV et combattit vaillamment dans les rangs de son armée; mais ensuite il entra dans nne conspiration contre ce prince et fut condamné à une détention perpétuelle (1606). Ayant obtenu de Louis XIII sa liberté, il servit l'Ftat avec dévoue-ment et se distingua dans les guerres de Languedoc, d'Allemagne et de Flandre. On a de lui, entre autres écrits, d'intéressants Mémoires sur les règnes de Henri III et Henri IV, Paris, 1662.ANGOULEME (L. Ant. DE BOURBON, duc d'), fils aîné du comte d'Artois (Charles X), né à Versailles en 1775, mort à Goritz en 1844, fut emmené par son père en émigration; épousa en 1799, à Mittau, la fille de Louis XVI, Marie-Thérèse, sa cousine, accompagna Louis XVIII à Varsovie et à Hartwell, rentra en France en 1814, fut accueilli avec enthousiasme à Bordeaux, tenta vainement de s'opposer à la marche de Napoléon en 1815, se vit abandonné de ses troupes, fut pris par le général Grouchy, détenu quelques jours au Pont-St-Esprit, et ne dut la liberté qu'à la générosité de l'Empereur. En 1823, il conuisit une armée au secours de Ferdinand VII, roi d'Espagne, dont le trône était menacé, délivra le roi, poursuivit les insurgés jusqu'à l'extrémité de la Péninsule, couronna l'expédition par la prise du Trocadéro, réussit, presque sans effusion de sang, à rétablir l'autorité royale, et signa l'ordonnance conciliatrice d'Andujar, mais il eut le regret d'en voir neutraliser l'effet par le mauvais vouloir de la cour de Madrid. Après les événements de 1830, il céda ses droits au duc de Bordeauâ, son neveu, et vécut en simple particulier sous le nom de comte de Marnes (terre voisine de Ville-d'Avray). Sans être doué3e facultés éminentes, ce prince était un homme sage. animé d'intentions concrhantes. -Marie Thérèse Charlotte, duchesse D'ANGOUI;ÉMÉ, fille delouis XVI:et de Marie-Antoinette, née à Versailles en 1778, morte en 1851, avait à peine 14, ans quand elle fut emprisonnée au Temple avec sa famille. Elle eut à subir les plus indignes traitements et à pleurer euebessivemeut la mort tragique de son père, de sa mère, de sa tante Élisabeth, et ne recouvra la liberté, qu'en 1795 : elle fut alors' échangée contre les commissaires de la Convention livréspar Dumouriez aux Autrichiens. Elle rejoignit dans d'exil son oncle, Louis XVIII, épousa en 1799, à Mittau, de duc d'Angoulême, son cousin, _rentra en France avec lui en 1814, proclamant partout union et oub- déploya à Bordeaux, en 1815, pour la défense de la cause royale, une énergie qui fit dire à l'Empereur qu'elle était le seul homme de la famille; accompagna sa famille dans un nouvel exil en 1830, et se fixa à Frohsdorf, en Styrie, oit elle se livra tout entière 3 L'éducation de son neveu, le duc de Bordeaux, et à la pratique des bonnes oeuvres. Son attachement à Louis XVIII, dont elle fut la compagne fidèle, l'a fait surnommer l'Antigone moderne. Soutenue dans ses malheurs par une piété vive, cette princesse fut un modèle de résignation. Elle a laissé des Némoires.- ANGOULEVENT (Nie. JOUBERT, sieur d'),
fou célébre sous le règne d'Henri IV. On lui donnait le nom de Prince des sots ou de la sottise. Il eut un procès curieux avec les comédiens de l'hôtel de Bourgogne, en 1604, au sujet des droits attachés à sa principauté. En 1615, on publia sous son nom un recueil intitulé les Satires bastardes et autres œuvres folastres du cadet Angoulevent,dont le véritable auteur est inconnu. ANGOUMOIS, A,gesinates, anc. prou. de France, partie du grand gouvernement de Saintonge et Angoumois, était située entre le Poitoir au N. et le Périgord au S., et avait pour capit. Ang,'oul@me.:Elle forme au j. le dép. de la Charente, moins quelques gant. de 'arr. de Barbezieux, et partie du dép. de la Dordogne. Y. COMTÉ D'ANGOULÈME.ANGRA, ch.-1. de l'île Terceire et de toutes les Acores, sur la côte S.; 12 000 hab. Évêché, port, fortifications. Miel, vins, lin, froment.ANGRAN D'ALLERAY (Denis-François),lieutenant civil au Châtelet de Paris, né en 1715, remplit ses fonctions avec autant de lumières que de désintéressement, mais n'en fut pas moins condamné, en 1794, à périr sur l'échafaud révolutionnaire : son crime était d'avoir envoyé de l'argent à ses enfants émigrés. Un de ses juges lui ayant demandé s'il ignorait la loi qui le défendait : a Non, répondit-il, mais j'en connais une plus sacrée : c'est celle qui ordonne -aux pères de nourrir leurs enfants. b+ANGRIE, contrée de la Germanie. Y.. Part suivant.ANGRIVARII,peuple de la Germanie, habitait sur le Weser, au N. des Chérusques, dans le pays qui fut nommé depuis An rie et qui contenait les pays de Brème, Verden, Oldenbourg, Ostfrise, Grœmngue, Osnabrück, Hoya, Calenberg, Lippe, Munster, Minden, Pyyrrmont, Corvey, Paderborn, Waldeck. L'Angrie était le domaine de Witikind.ANGUIER (Franc.),sculpteur, né à Eu en 1604, mort en 1699, a fait les mausolées du cardinal de Bérulle, de J. de Thou, celui de Henri, duc de Montmorency, à Moulins, et un crucifix en marbre pour le maître autel de la Sorbonne. Il travaillait un peu lourdement.-Michel, son frère, 1612-1686, lui est supérieur : il a sculpté une Amphitrite pour Ver-sailles, les bas-reliefs de la porte St-Denis, à Paris, ceux du portail du Val-de-Grâce, ainsi que la Nativité qui décore le maître autel de çe monument. Une salle du musée porte le nom des frères Anguier.ANGUiLLARA, bourg del'État ecclésiastique, dans la comarque et _à 30 kil. N._ 0. de Rome,érigé en duché par Benoît XIV en 1758; 3000 hab.ANGUILLARA (Andrea dell'),poète italien, né en 1517 à Sutri (Toscane),mort vers 1570, était correcteur d'imprimerie. On a de lui une traduct. estimée des Métamorphoses d'Ovide, en octaves (Paris, 1554, et Venise, 1584), et diverses autres poésies.-Louis d'Anguillara,botaniste du xvie siècle, m. vers 1570, a laissé un ouvr. estimé sur les Simples Venise, 1561.ANGUILLE (île de l'), une des Antilles anglaises, ainsi nommée à cause de sa forme tortueuse, est la plus septentrionale des îles du Vent; 40 kil. sur 12; 5 000 hab. Port fort commode.ANGUS Ou FORFP_R, comté d'ECOSSe Y. FORFAR.
[modifier] ANH
ANHALT,un des États du nord de l'Empire allemand, doit son nom au vieux château d'Anhalt, situé dans la forêt de Harzgerode et dont il ne reste que des ruines. Il est enclavé dans la Prusseet borné au N. par le Brandedourg, à l'O. ppar la Saxe prussienne et le Brunswick, au S. par le royaume de Saxe, et forme aujourdhui 2 duchés : le Anhalt-Dessau, qui a la suprématie : il renferme 15 bail-liages, compte 52 947 hab. et a pour ch.-l. Dessau; -2e Anhalt Bernbourg, coupé en plusieurs portions par le territoire prussien, et partagé en haute etbasse principauté : il renferme 9 bailliages et 37 050 h.; ch.-l. Bernbourg. - Un 3e duché, Anhalt-Cœthen, si-tué à l'E. du duché de Dessau, qui renfermait 7 bail-liages, avec 32 475 h., et avait pour ch.-1. Coëthen, a été réuni en 1847 à celui d'Anhalt-Dessau faute d'héritier. - Un 4e duché, celui d'Anhalt-Zerbst, qui était situé au N. de celui de Dessau avait déjà cessé d'exister en 1793, par l'extinction de la branche régnante : son territoire fut alors partagé entre les trois autres branches.ANHALT (Maison d'),une des plus anciennes fa-milles princières de l'Allemagne, est une branche de la célèbre maison d'Ascanie (Y. ce nom). Les princes d'Anhalt, d'abord comtes, puis ducs au xilie siècle, et enfin princes immédiats de l'Empire, relevaient primitivement du duché de Saxe. Leur principauté, qui en 1211 se trouvait tout entière entre les mains de Henri, petit-fils d'Albert l'Ours, électeur de Brandebourg, se démembra après Joachim 11 (1536-86), et forma les 4 duchés de Bernbourg, de Coëthen, de Zerbst et de Dessau (Y. l'art. précéd.). Cette maison, à laquelle appartient l'impératrice Catherine II, a donné naissance à un grand nombre de guerriers et de personnages distingués.Anhalt-Bernbourg (Christian, prince d')1568-1630, amena en 1591 au secours d'Henri IV une armée considérable, battit en 1619 les comtes de Dampierre et de Bucquoi, mais fut défait lui-même à la bataille de Prague, en 1620, et fut mis au ban de l'empire par Ferdinand II, avec lequel il ne tarda cependant pas à se ré-concilier. - La branche de Bernbourg a eu pour dernier représentant Alexandre-Charles, mort sans héritier en 1863, et a été *étinie à celle d'Anhalt-Dessau.ANIIALT-DESSAQ (Léopold, prince d'),feld-maréchal au service de la Prusse, né en 1676, mort en 1747, fit la guerre de Succession, prit une part glorieuse à la victoire d'Hochstedt, combattit vaillamment à Turin, et accompagna le roi de Prusse, Guillaume I, en Poméranie contre Charles XII. Sous Frédéric II, il remporta en 1745 la victoire de Kesseldorf sur les Saxons et les Autrichiens. Il fut le créateur de cette infanterie prussienne, si célèbrt au $vicie siècle, et la conduisit 40 ans.ANaALT-DESSAU (Léopold-Fréd., prince d'),petit-fils du préc., né à Dessau en 1740, mort en 1817, fut forcé par l'état de sa santé à renoncer à la carrière des armes et s'appliqua tout entier à l'administration de son duché. Il formaà Dessau plusieurs établissements utiles, entre autres le collége appelé Philanthropinum, fit un grand nombre de routes, un Pont sur l'Elbe, des palais magnifiques, etc. Plein d'estime pour ce prince, Napoléon respecta toujours son indépendance. Le duc d'Anhalt fit partie de la Confédération du Rhin et fournit de nombreux contingents à l'empereur; mais en 1813 il se rattacha à la Confédération germanique.ANIIALT-DESSAU (la princesse d'),nièce du roi de Prusse, Frédéric II, femme d'un esprit cultivé, reçut d'Euler, dans les années 1760-62, des leçons de pliysique et de philosophie qui ont été publiées sous le titre de Lettres d une princesse d'Allemagne.ANHOLT, petite v. des États Prussiens (Westphalie), à 29 kil. 0. de Borken, sur le Vieil-Yssel. Résidence du prince de Salm-Salm.
[modifier] ANI
ANI ou ANisi, Abnicum, v. de la Turquie d'Asie (Erzeroum), à 24 kil. de Kars. Anc. tapit. de l'Arménie. Elle fut prise par les Grecs en 1045, par Alp-Arslan en 1064, puis appartint aux princes de Géorgie, de Perse, d'Arménie, et aux Mongols, et fut à peu près ruinée par un tremblement de terre en 1319.ANIAN (Détroit d'),nom donné par quelques géographes et navigateurs des xvie et xviie siècles à un détroit qui devait faire communiquer l'Atlantique et le Pacifique par le Nord. Ce détroit, qu'il ne faut pas confondre avec celui que l'on a si longtemps cherché au N. 0. de l'Europe, était entre l'Asie et l'Amerique et paraît n'être autre chose que ie détroit de Behring. Y. ce mot et Maldonado.ANIANE OU SAINT-BENOIT-D ANIANE, cil.-I. ae c. (Hérault), à 26 kil. N. 0. de Montpellier; 2385 hab. Anc. couvent bàti sous Charlemagne par S. Benoît d'Aniane; c'est auj. une maison de détention.ANIANUS,référendaire ou chancelier du roi visigoth Alaric, était chargé de certifier en y appposant sa signature les exemplaires du recueil de lois publié par ce prince en 506, à Aire en Gascogne : ce qui a fait supposer à tort qu'il en était l'auteur.ANIANUS,astronome et poète du xve siècle, a fait un poème latin en vers hexamètres léonins, intitulé : Computus manualis magistri Aniani, Strasb., 148& Il est l'auteur de ce distique sur le zodiaque Sunt Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libraque, Scorpius, Aroitenens, Caper, Amphore, Pisces.ANICET, affranchi, dirigea d'abord l'éducation de Néron, et devint dans la suite l'instrument de ses crimes. C'est lui qui inventa le vaisseau qui devait submerger Agrippine, et qui conduisit les soldats chargés de donner la mort à cette princesse. Il aida ensuite Néron à faire condamner Octavie comme adultère, en se déclarant complice du prétendu crime de la princesse. Il fut plus tard exilé en Sardaigne, où il mourut.ANICET (S.), pape de 157 à 168, était Syrien. Il souffiit le martyre sous Marc-Aurèle. On le fête le 17 avril.ANICHE, vge du dép. du Nord, à 13 kil. S. E. de Douai, près d'Anzin, 3392 h. Exploitation de houille.ANICIUM OU PODIUM, auj. le Puy-en- Velay.ANIAN. Y. ANIANUS.ANIO ou ANiENus,auJ. le Teverone, pet. riv. du Latium, se jette dans le Tibre, à 6 kil, env. au.N. E. de Rome. Camille battit les Gaulois sur ses bords, 367.ANISSON(Laurent), imprimeur à Lyon en 1670, publia d'importantes collections, entre autres : Bibliotheca Patrum, 27 vol. in-f., 1677, etc.-Jean, son fils, fut aussi imprimeur à Lyon et publia le Glossaire grec de Ducange, 1688. Il fut appelé en 1691 à la direction de l'Imprimerie royale à Paris, et porta au plus haut point la prospérité de cet établissement qui est resté longtemps dans sa famille. Il mourut en 1721. - Et. -Alex. -Jacques, petit-fils du préc., connu sous le nom d'Anisson-Duperron, devint directeur de l'Imprimerie royale en 1783; il fut privé de cet emploi à la Révolution, et guillotiné en 1794.- Son fils, Alex.-Jacq.-Laurent, 1776-1852, préfet sous PEmpire, fut remis en 1814 à la tête de l'Imprimerie royale, et sauva les beaux types orientaux que l'ennemi voulait enlever à cet établissement. Les priviléges concédés à son imprimerie ayant provoqué de vives réclamations, il donna sa démission en 11827. Il fut depuis élu député et élevé à la pairie en 1844.ANISUS, nom de l'Ers en latin moderne.ANIZY-LE-CHATEAII, ch.-1. de tant. (Aisne j, à 15 kil. S. 0. de Laon, sur la Lette; 937 hab.ANJOU, Andecavii anc. prov. de France, entre la Normandie, le Poitou, le Maine, la Bretagne et la Touraine, avait pour capitale Angers, et pour villes principales Château-Gontier Baugé, Brissac, Craon= Chodet, Beaupréau. Elle izorme aul. le dép. de Maine-et-Loire, et une portion des dép. de la Mayenne, de la Sarthe et d'Indre-et Loire. Climat doux, très-favorable aux fleurs et aux arbres fruitiers. -Habité d'abord par les Andecavi, peuple celtique, ce pays fit partie, sous les Romains, de la 3' Lyonnaise. Après la chute de l'empire romain, l'Anjou entra dans la confédération armoricaine. Conquis par le roi franc Childéric, il passa ensuite sous diverses dominations féodales. Il fut érigé en comté par Charles le Chauve en 864 pour Robert le Fort; puis donné, après la mort de Robert, à un gentilhomme breton nommé Tertule, qui avait rendu de grands services à ce prince. Louis le Bègue confirma dans cette possession le fils de Tertule, Ingelger, eu augmentant ses domaines. C'est de cette maison que sont issus les Plantagenets qui régnèrent sur l'Angleterre de 1154 à 1485 : Geoffroy dr dit Plantagenet, comte d'Anjou, ayant épousé la reine Mathilde (1127), donna naissance à Henri, qui régna sous le nom de Henri II. Les rois d'Angleterre possédèrent jusqu'en 1203 le comté d'Anjou, qui n'en continuait pas moins de relever de la couronne de France. A cette époque, l'Anjou fut confisqué sur Jean sans Terre qui avait fait périr son neveu Arthur, dernier héritier du comté (Y. ARTIIUR et JEAN), et Philippe-Auguste le réunit à la couronne. En 1226, Louis VIII laissa par testamentl'Anjou ainsi que le Maine à Charles, son plus jeune fils, qui devint par là chef d'une nouvelle maison d'Anjou, et qui régna, ainsi que sa postérité sur Naples et la Sicile. En 1290, une petite-fille d'e ce prince, Marguerite, apporta l'Anjou et le Maine en dot à Charles de France, comte de Valois, dont le fils, devenu roi de France sous le nom de Phi-lippe VI, réunit ces deux provinces à la couronne. En 1360, le roi Jean II érigea l'Anjou en duché, et le donna pour apanage à son 28 fils? Louis, qui de-vint le chef d'une -_ branche de rois de Naples de la maison d'Anjou : c'est à cette branche qu'appartient le bon roi René. Le dernier rejeton de cette la Charles IV, institua Louis XI son héritier, et l'Anjou fut irrévocablement réuni à la couronne en 1482. Le titre de duc d'Anjou fut encore porté depuis par plusieurs princes du sang, par François, 4° fils de Henri II, par Henri III, avant qu'il fût, roi; par deux fils de Louis XIV, qui moururent jeunes; par un des petits-fils de ce prince, qui devint plus tard roi d'Espagne sous le nom de Philippe V.ANJou (François, duc d'), 41 fils de Henri II et de Catherine de Médicis, et frère de Henri III, né en 1554 et mort en 1584, porta d'abord le titre de duc d'Alençon. Il se montra favorable aux Protestants et fut compromis dans une conspiration qui conta la vie à son favori La Mole (1574). II se mit à la tête des Flamands révoltés contre Phili ppe II, fut un instant reconnu souverain des Pays-Bas, etreçut le titre de duc de Brabant (1582; mais ayant voulu violer les libertés du peuple qui l'avait élu, il fut chassé.Il avait été sur le point d'éppouser 131isabeth, reine d'Angleterre; au moment de se conclure, ce mariage échoua par le refus de la reine.- ANJOUAN une des îles Comores, entre la côte orient. de l'Ahique et Madagascar, a 49 kil. sur 33; env. 20 000 hab. (mahométans); ch.-1. Makhadou. Jadis florissante, aul. très-pauvre, et dépeuplée par les invasions des pirates madécasses.
- ANKARSTROEM (J.),
gentilhomme suédois, né en 1761, avait été enseigne dans les gardes du corps et était retiré du service depuis quelques an-nées lorsqu'il entra, avec Îusieurs nobles mécontents, dans une conspiration formée contre Gustave I1I : il se chargea de porter le coup mortel, et, s'étant introduit dans un bal masqué auquel assistait le roi,il tira sur lui un coup de pistolet au moment où le comte de Horn, son complice, lui désignait la victime, en lui adressant ces mots : «Bonsoir, beau masque. w Cet attentat eut lieu le 15 mars 1792. Arrêté et mis en JJugement, Ankarstrœm fut décapité après avoir eu le poing coupé. ANSOBER, État abyssinien, au S., entre 9° et 11°lat. N., se compose des 2prov. de Choa et d'Efat, et a pour tapit. Ankober, à 450 kil. S. & de Gondar. C'est PEtat le plus civilisé de PAbyssinie.
[modifier] ANN
ANNA. Y. ANNE.ANNABERG, v. du roy. de Saxe, à 37 kil. S. 0. de Freyberg, tire son nom d'une anc. église de Ste-Anne; 5500 h. Mines d'étain, fer, argent, cobalt.ANNAM ou viETNAM, dit aussi EMPinE ANNAMiTIQUE, grand Etat de l'Inde transgangétique, baigné à l'B. et au S. par la mer, a pour bornes au N. la Chine? à l'O. l'Inde anglaise, l'Empire birman, l'Empire siamois, et se divise en 6 régions : Tonquin ou Drang-Ngai, Cochinchine ou Drana Trong, Tsiampa, Cambodje annamite, Laos annamite, royaume deBao; 1450 kil. sur 600; tapit. Hué; env. 23 000 000 d'habitants. Une chaîne de mont. partage l'empire en 2 moitiés longitudinales; 2autres chaînes leséparent, l'une de l'empire siamois, l'autre de la Chine. Quelques bons ports. Grande fertilité, sauf vers les mont. et au S.: végétation des tropiques, riz, sucre ananas thé, poivre, bétel, cocotiers, etc. Bancs à; corail énormes; beaucoup de fer; sel, marbre, albâtre; un peu d'or dans les rivières. Les Annamites sont en général semblables aux Chinois, mais plus robustes : leur langue leur écriture, sont dérivés du chinois; la plupart des institutions sont celles de la Chine : on y trouve des classes de lettrés et de mandarins. Leur gouvt est despotique; leur armée est d'environ 150 000 hommes, lis ont de l'artillerie sur le modèle des Euro éens.-Ce pays, civilisé par les Chinois au III° siècle av. J: C:, fut tantôt soumis â la Chine, tantôt indépendant. Lé-Loa assura sa liberté en;1363; à cette époque commence la dynastie des Lé, qui règne aussi sur la Cochinchine. En 1774 eut lieu dans le Tonquin la révolte des 3 frères Ta%tsoung, qui furent pendant 20 ans maîtres de tout l'empire. Ils furent expulsés en 1795 par Gia-Long, prince issu de la dynastie cochinchinoise; un Français, Pigneau, évêque d'Adran, concourut puissamment à cette révolution : il obtint en conséquence toute la confiance du roi et put répandre le Christianisme dans ses Mats. Les successeurs de ce prince se montrèrent au contraire fort hostiles aux missionnaires, et lés persécutions qu'ils exercaient nécessitèrent en 1858 une expédition hispano-française, à la suite de laquelle le roi régnant se vit obligé de signer en 1860 un trgité désavantageux et de céder à la France la Basse-Cochinchine.ANNAPOLIS v. des États-Unis, ch.,:I. du Mary land, sur la baie de Chesapeak, à 60 kil. N. E. de Washington; 4000 hab. Théâtre et banque- hôtel du gouvt:-V. de la Nouv: ecosse, par 67,42` lat. N., sur une riv. de même nom, a son emb. dans la baie deFundy; 120.Ohab.Portmagnifique.Fondéepardes Francais en 1604, elle se nommait jadis Port-Royal.ANNAT (Fr.), Jésuite, né à Rhodez en 1607 mort à Paris en 1670, devint provincial de son ordre•et confesseur de Louis XIV (1654-1670).Adversaire ardent des Jansénistes, il fit condamner par la Sorlionne plusieurs deleurs propositions et écrivit coutre eux, entre autres ouvrages, le Rabat-joie des Jansénistes (1666). Son nom serait ignoré si Pascal ne lui eût adressé ses deux dernières Provinciales.ANNATES, redevance que payaient à la chambre apostolique, en recevant leur bulle, ceux qui étaient pourvus dun bénéfice, consistait dans le revenu d'une année.Ce droit, longtemps perçu parles papes dans toute la chrétienté, et introduit en France en 1320, fut la source de querelles sans cesse renaissantes entre la cour de Rome et la plupart des souverains de PEurope. Henri VIII supprima les annates en Angleterre; en France, elles furent tantôt sus-pendues, tantôt réduites; enfin elles ont été définitivement supprimées en 1789.ANNE , Anna (c.-à-d. gracieuse , en hébreu et en phénicien), sœur de Pygmalion, roi de Tyr,abandonna sa patrie en même temps que Didon, sa sœur, et vint avec elle fonder Carthage. Après la mort de Didon, elle se retira en Italie pour se sous-traire auxpoursuites d'Iarbas, roi gétule et y reçut l'hospitalité d'Énée;mais ayant excité la jalousie de Lavinie,elle se noya de d'ésespordans le Numicus.- ANNE (Ste), femme de S. Joachim, et mère de la Ste Vierge. On la fête le 28 juillet.
- ANNE COMNÈNE, fille de l'empereur Alexis Comnène, née en 1083, morte en 1148,
conspira, après la mort de son père, pour détrôner Jean Comnène, son frère, et mettre en sa place son époux Nicéphore Br}renne. Ayant échoué parla faiblesse de Nicéphore, elle alla vivre dans laretraite et se consacra aux lettres.Elle composa la Vie d'Alexis, son père. Cet ouvrage se trouve dans la Byzantine et a été trad. par le président Cousin, Paris, 1651, in-fol. - ANNE de France, connue sous le nom de Dame de Beaujeu, fille de Louis XI, roi de France, et sœur aînée de Charles VIII, née en 1462, morte en 1522, fut mariée à Pierre II, sire de Beaujeu, duc de Bourbon. Pendant la minorité de Charles VIII, elle gouverna l'État avec autant de prudence que de fermeté. Elle assembla les États généraux en ,1484, et eut à combattre les prétentions des grands, qui se révoltèrent ayant à leur tête le duc d'Orléans (roi depuis sous le nom de Louis XII); mais elle livra bataille à ce prince, le fit prisonnier à St-Aubin-du-Cormier, 1488, et le garda2 ans prisonnier àBourges.
- ANNE de Bretagne, fille et héritière du duc de Bretagne François II, née en 1476, morte en 1514, fut d'abord mariée par procuration à Maximilien d'Autriche; mais cette union ne s'étant pas effectuée, elle épousa Charles VIII, roi de France (1491), et assura ainsi à la France la possession de la Bretagne. Cette princesse, qui joignait les qualités de l'esprit à la beauté, gouverna le royaume pendant l'expédition de Charles VIII en Italie. Après la mort de ce prince, elle épousa Louis XII (1499).
- ANNE de Hongrie,
fille de Ladislas VI, porta la couronne de Hongrie et de Bohême à son époux, Ferdinand d'Autriche, en 1527. Zapolski, voivode de Transylvanie, étant venu assiéger Vienne, Anne, qui s'y trouvait enfermée, montra beaucoup de cou-rage et de fermeté. Elle mourut à Prague en 1547. ANNE d'Autriche, reine de France, fille aînée de Philippe III, roi d'Espagne, naquit en 1602, épousa Louis XIII en 1615, et devint mère de Louis XIV en 1638, après 23 ans de mariage. Du vivant de son époux, cette princesse n'eut aucun crédit et fut entièrement sacrifiée à l'ambition jalouse de Riche-lieu, qui l'impliqua même dans une conspiration et la fit reléguer comme prisonnière au Val-de-Grâce. Devenue régente à la mort de Louis XIII (1643elle donna toute sa confiance à un étranger, au cardinal Mazarin, et excita par là des mécontentements qui donnèrent naissance aux troubles de la Fronde (1648-53); néanmoins, elle résista et maintint le pouvoir intact. Elle mourut en 1666.ANNE, reine d'Angleterre, fille de Jacques II et d'Anne Hyde, sa première femme, née en 1664, morte en 1714, fut élevée dans la religion anglicane, et mariée au prince Georges, frère du roi de Danemark. Après la mort de Guillaume III, époux de Marie, sa sœur aînée, les Anglais l'appelèrent au trône en 1702. Les victoires de Marlborough, son général et son favori, firent rejaillir sur son règne une gloire immortelle; néanmoins, elle n'hésita pas à sacrifier ce général au désir de la paix. Elle eut une grande part au traité d'Utrecht (1713), et y fut l'arbitre de l'Europe. Elle essaya en vain d'ouvrir à son frère, Jacques III, le chemin du trône. L'un de ses actes les plus mémorables, c'est d'avoir consommé définitivement l'union de l'Écosse et de l'Angleterre en formant un seul parlement (1707). Sous son règne, la littérature anglaise brilla du plus vif éclat.
-5 - AN-NI
ANNE IVANOVNA, impératrice de Russie, fille d'I-van, frère de Pierre I, rée en 1693, morte en 1740, épousa le duc de Courlande, et futproclaméeimpératrice en 1730 à la mort de Pierre II, à l'exclusion d'Anna Petrovna, fille aînée de Pierre le Grand. Cette princessefutsubjuguée par Jean deBiren, son favori, et quoiqu'elle fût naturellement humaine, elle laissa commettre par ce ministre de grandes cruautés.ANNE (Ordre de Ste-)ordre russe, institué d'abord dans le Holstein dès 1735, par le duc Frédéric, en l'honneur de sa femme Anne, fille de Pierre le Grand, ne fut régulièrement établi en Russie qu'à l'avénement de Paul I en 1756. La croix a 4 bran= ches, est rouge, émaillée, et porte au centre l'image de Ste Anne; le ruban est rouge liseré de Jaune.ANNEBAUT (Claude d'), baron de Retz, d'une ancienne famille de Normandie, qui tirait son nom du du château d'Annebaut (Eure), fut fait prisonnier avec Francois I, en 1525, à la bataille de Pavie, reçut le bâton de maréchal en 1538, fut nommé amiral en 1543, puis chargé de l'administration des finances avec le cardinal de Tournon; il mourut en 1552.-Son fils unique, Jacques d'Annebaut, fut tué à la bataille de Dreux, en 1562.ANNECY, v. de France, ch.-l. du dép. de Hte-Savoie, à 646 k. S. E. de Paris et à 35 k. N. de Chambéry, sur le lac d'Annecy (16 kil. sur 4); 10 500 h. Évêché depuis 1535 (transféré de Genève), réuni à celui de Chambéry en 1801, puis rétabli (1823). cellége dit Chappuisien. Anc. résidence des comtes de Genevois. S. François de Sales fut évêque d'Annecy, et ses reliques sont conservées dans la cathédrale. Berthollet, né pprès delà, yaune statue.-Cette ville, qui suivit le sortdela Savoie, apppartint jusqu'en 1860 aux États sardes; elle était le ch-1. d'une prou. qui comptait 270500 h. Cédée à la France avec le reste de la Savoie.[[Gennaro Annese[ANNESE (Gennaro),]]ancien fourbisseur à Naples, remplaça Masaniello dans le commandement des Napolitains révoltés (1647). Trahissant la confiance de ses compatriotes, il traita avec don Juan d'Autriche, et lui remit les clefs de la ville (1648) i1 n'en fut pas moins une des premières victimes de ia réaction.ANNIBAL, général carthaginois, fils d'Amilcar, né l'an 247 av. J: C. Son père lui avait fait jurer dès son enfance une haine implacable aux Romains. II servit 3 ans en Espagne sous les ordres de son beau-frère Asdrubal, et à la mort dé ce général il fut unanimement proclamé général en chefparl'armée carthaginoise, quoiqu'il eût à peine 25 ans. Il rallumala guerre avec les Romains en prenant et saccageant, au milieu de la paix et contre la foi des trai• tés, la-ville de Sagonte, alliée de Rome (219 av. J.-C.) Pensant qu'on ne pouvait vaincre les Romains que dans Rome, il quitta l'Espagne à la tête de 100 000 soldats, traversa les Gaules, franchit le Rhône et les Alpes (218), et envahit l'Italie : il marcha d'abord de succès en succès, et remporta sur 3 consuls les 3 grandes victoires du Tésin, de la Tr6bie (218), du Trasimène (217). Retardé quelque temps par la sage temporisation de Fabius, il n'en pénétra pas moins jusqu'au fond de la Péninsule, et battit compléteme*,r les Romains à la bat. de Cannes (216 ), oü il let:, tua près de 50000 h. S'il avait marché droit à Rom& après cette victoire, peut-être, a-t-on dit, s'en fût ii rendu maître; mais ses délais laissèrent aux Ro-mains le temps de reprendre courage, et ses troupes cantonnées en Campanie s'amollirent dans les délices de Capoue. Marcellus le vainquit deux fois devant Nole. Asdrubal, son frère, qui lui amenait d'Espagne des troupes fraîches, fut battu et tué près du Métaure avant d'avoir effectué sa jonction (207). D'ail-leurs, Annibal n'obtenait de Carthage qu'avec peine, et en petite quantité, l'argent et les renforts dont il avait besoin. Cependant il se maintint encore plusieurs nni:D_es par ses propres forces en Italie, et ne quitta cette contrée que lorsque Scipion eut transporte la guerre en Afrique- il se vit alors forcé de repasser la mer pour aller défendre sa patrie. A peine arrivé, il livra bataille aux Romains dans la plaine de 'Lama (202) : mais il fut vaincu et forcé de s'exiler. Il se réfugia chez Antiochus, roi de Syrie, à qui il persuada de déclarer la guerre aux Bomains, et enfin chez Prusias, roi de Bithynie. Celui-ci ayant promis de le livrer à ses ennemis, Annibal s'empoisonna pour ne pas tomber vivant entre leurs mains (183). Il avait alors 64 ans. Sa Vie a été' écrite par Cornélius Népos et par Plutarque.
AN'QU - 86 - ANSE
ANNIBALIEN (Flavius Claudius),neveu de Constantin le Grand, qui le fit roi de Pont, de Cappadoce et d'Arménie, et lui donna sa fille en mariage. A la mort de Constantin, ses soldats, excités par l'empereur Constance son cousin, le massacrèrent (338).ANNICÉRIS,philosophe de l'école cyrénaique, disciple d'Aristippe, florissait dans Alexandrie au ive siècle av. J: C. Il plaçait le souverain bien dans le plaisir, mais en recommandant la recherche des jouissances intellectuelles et morales. -Un autre Annicéris, ami de Platon, racheta ce philosophe vendu comme esclave par Denys le tyran.ANNIUS de Viterbe,dont le vrai nom est Jean Nanni, dominicain et maître du sacré-palais, né en 1432, mort en 1532, publia à Rome, en 1498, un recueil. intitulé : Antiquitatum variarum volumina %VII, dans lequel se trouvent des écrits attribués à des auteurs de la plus haute antiquité, tels que Bérose, Manéthon, Mégasthène, Archiloque, Myrsile, Fabius Pictor, Sempronius, Caton, etc. On a beaucoup disputé sur l'authenticité de ces écrits; on convient auj. qu'ils sont fabriqués, mais il paraît qu'Annius en les publiant était de bonne foi, et il fut le premier dupe d'un faussaire.ANNO-BON, île du golfe de Guinée, a env. 30 kil. de tour et renferme une petite ville de même nom sur la côte E.; 1000 hab., nègres.Découverte en 1471 par les Portugais, le jour de tan, d'où son nom; cédée en 1778 à l'Espagne.ANNONAY, ch.-l. de c. (Ardèche), entre la Diaune et la Cance, à 28 k. N. 0. de Tournon ;16 271 h. Papeteries et mégisseries renommées. Patrie de Montgolfier.ANNONCIADE,nom donné à plusieurs ordres religieux et militaires institués en l'honneur de l'Annonciation. Tels sont : le l'ordre de l'Annonciade de Sa-voie, ordre honorifique, créé en 1362 par kmédéeVI, comte de Savoie, sous le nom d'Ordre duCoJier, renouvelé en 1518 parle duc Charles III,.. sous le nom de PAnnonciade et consacré à la SteVierge;-2e lesAnaonciades, instituées à Bourges(1500)en l'honneur des dix vertus de la Vierge, par Jeanne de Valois, fille de LouisXl; 3elesAnnonciadescélestesouFillesBleues, instituées en1604 à Gênes, par Marie-victoire Fornaro; elles portaient un manteau bleu : d'ou Leur surnom.ANNONCIATION. On appelle ainsi le le message que remplit l'ange Gabriel près de la Vierge pour annoncer qu'elle enfanterait un fils; 2e la fête instituée en mémoire de ce message. Cette fête remonte aux premiers siècles- on la célèbre le 25 mars.ANNOT, ch. l. de cant. ffi.-Alpes), à 34 kii. N. E. de Castellane; 905 hab. Curieuse grotte aux environs.ANNULUS, poète latin moderne. V. ANEAU.ANONYME (l') de Ravenne. V. RA`VENNE.ANQUETIL (L.Pierre),historien, néàParis en 1723, mort en 1808; entra de bonne heure chez les Génovéfains, devint directeur du séminaire de Reims, du cellége de Senlis, et enfin curé de la Villette prés de Paris. Emprisonné pendant la Terreur, il recouvra bientôt la liberté. Il fut nommé membre de l'Institut dès la fondation et attaché au ministère des affaires extérieures. Ses principaux ouvrages sont: 9istoire de Reims, 1756; Esprit de la-Ligue, 1767 ; Précis de l'histoire universelle (abrégé de l'Histoire universelle des Anglais), 1797 et 1807; Motifs des guerres et des traités de paix sous Louis 81V, XVet %V1,1798; Histoire de France 1805, t vol. in-12, ouvrage écrit avec clarté) mais froid et ennuyeux et qui se ressent de la vieillesse de l'auteur;. c'est cependantcelui de ses oufragèsgniest le plusrépandu.ANQUETIL-DUPERRON (Abraham-Hyacinthe), savant orientaliste, frère de l'historien, né à Paris en 1731, mort en 1805, étudia de bonne heure l'hébreu, Parabe et le persan. Voulant perfectionner ses connaissances sur les lieux mêmes, il s'engagea comme soldat dans un régiment qui partait pour l'Inde (1754). II ne tarda_~as à se faire libérer; mais il resta en Asie, et parvint, en courant les plus grands dangers, à apprendre plusieurs idiomes de cette contrée. De retour en Franço en 1762, il consacra le reste de sa vie à la publication des pré-cieux matériaux qu'il avait amassés. Il fut nommé en 1763 interprète pour les langues orientales et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, mais il donna bientôt sa démission, pour s'affranchir de toute obligation. Anquetil vivait très-retiré et de la manière la plus sobre; c'était en outre un homme d'un caractère ferme et indépendant . quoique réduit à la pauvreté, il refusa toute pension. Ses principaux ouvrages sont une Traduction du Zend-Avesta (livre sacré des Parsis), précédée d'un Voyage aux Grandes Indes, Paris, 1771; Législation orientale 1778; Recherches historiques et géographiques sur l'Inde, 1786; l'Inde en rapport avec l'Europe, 1798. Ou nek'kat, id est, secretum tegendum, traduction lat. d'une version persane abrégée des Védas _avec des notes et explications, 1804. Anquetil l'historien â rédigé une Notice sur sa Vie.
[modifier] ANS
ANSARIENS, peuple de Syrie, habite dans l'Anti-Liban, entre-AntaItieh et Nahr-el-Bebir, et paye tribut au pacha de Tripoli. Ils professent un Islamisme mêlé aux anciennes croyances de la Perse et de l'Assyrie.ANSCHAIRE (S.), l'Apôtre du Nord, né en Picardie en 811 mort à Brême en 864, quitta en 826 l'abbaye de Corbie pour aller précher la foi dans le Slesvig, la Suède, le Danemark, le Holstein, et fut nommé évêque de Brême puis archevêque de Hambourg. On l'honore le 3 février.ANSE, ch. -L de c. (Rhône), à 6 k. S. de Ville-franche, sur l'Azergue, prés de la Saône ; 1427 h, Site délicieux. Anc. résidence royale.ANSE (la GRANDE-),. bourg de la Martinique, sur la côte N. de l'île ; 4000 h. Sucreries importantes.ANSÉATIQUES (Villes). Y. HANSE, HANSÉATIQUES.ANSEAUME, auteur comique, né vers 1720, mort en 1784, d'abord souffleur, puis directeur de l'Opéra-Comique donna, de 1753 à 1772 au théâtre de la Foire, à l'Opéra-Comique et à la Comédie-Italienne un assez grand nombre de pièces qui eurent du succès, et dont quelques-unes se jouent encore :les Deux chasseurs et la Laitière, 1763 musique de Duni ; le Tableau parlant, 1769, musique de Grétry ; la Clochette, le Peintre amoureux de son modèle, etc.ANSÉGISE fils de S. Arnoul ; et gendre de Pepin de Landen, fut père de Pepin d'Héristal et jouit d'une grande autorité au vir siècle, sous Sigebert et Childéric II. On lui donné quelquefois le titre de duc d'Austrasie. -:Abbé de Fontenelle ou St-Vandrille, intendant des bâtiments sous Charlemagne et Louis le Débonnaire, mort en 834, a recueilli en 4 livres les Capitulaires de ces deux princes (sou-vent imprimés, notamment en 1780, par Chiniac).-Archevéque de Sens en 871, mort en 883, fut chargé par Charles le Chauve de diverses missions auprès du pape, devint primat des Gaules et de la Germanie et sacra rois de France Louis III et Carloman.ANSELME(S.),célèbre théologien et philosophe du xie siècle, né en 1033 à Aoste, mort en 1109, fut d'abord abbé du Bec en Normandie, puis archevêque de Cantorbéry en Angleterre. Austère dans ses mœurs, il fit observer rigoureusement le célibat ecclésiastique en Angleterre. Zélé défenseur des prérogatives du clergé et du pape, il lutta constamment contre Guillaume le Roux qui voulait les restreindre. Ce prince il se retira en Angleterre, lorsqu'il eut vendu son margraviat au roi de Prusse Frédéric-Guillaume le fit sortir d'Angleterre; mais Henri I, son successeur, l'y rappela.- S. Anselme joue un rôle important dans la théologie aussi bien que dans la politique de son temps on l'a considéré comme un second S. Augustin. Il essaya d'appuyer la religion sur la philosophie, et donna même de nouvelles démonstratlons de l'existence de Dieu, qu'il prouvait, comme le fit plus tard-Descartes, par l'idée -de l'êtreparfait. Ses oeuvres ont été publiées par dom Gerberon, Paris, 1675, 1721; Venise, 1744, 2 vol. in-fol. On y remarque surtout le Monologium, site Exemplum meditandi de ratione fidei., et le Proslogiumseu Fides que-rens intellectum, dont M. H. Bouchitté a donné une exposition dans le livre intitulé : Ratio-nalisme chrétien, Paris, 1842, in-8. M. G. Seigneur a traduit ses Prières (1860). On honore ce saint le 21 avril. Sa Vie, écrite par Eadmer, son secrétaire, se trouve dans l'éd. de Gerberon; elle a été écrite de nos jours par Mœlher et par M. Ch. de Rémusat (1852).ANSELMEdit l'Écolâtre, mort en 1117, fut disciple du préc., tint à Laon une école célébre et compta parmi ses auditeurs Guillaume de Cham-peaux et Abélard.ANSPRAND, roi des Lombards en 712, était Ba-varois. Après trois mois de régne il fut vaincu par le duc de Turin, Ragimbert, et obligé de fuir en Ba-vière; mais il remonta bientôt sur son trône. Il eut pour successeur Luitprand, son fils.ANSELME (Pierre de GuiBOURS, dit le P.),Augustin Déchaussé, né à Paris en 1625, mort en 1694, est connu par une Histoire généalogique de la maison de France et des grands officiers de la couronne, 1674, 2vol. in-foL; ouvrage continué par du Fourni et le P. Ange de Ste-Rosalie, qui en donnèrent de 1726 à 1739 l'édition la (9 vol. in-fol.) plus estimée. On lui doit encore la Science héraldique, 1674, et le Palais de l'honneur, contenant la généalogie des maisons de France, de Lorraine et de Savoie.ANspAcH (Élisabeth CRAVEN, margravine d'),née à Spring-Garden en 1750, morte en 1828, était fille du comte de Berkeley.Elle épousa d'abord lord Craven dont elle eut sept enfapts. Abandonnée par son époux, elle sollicita le divorce, et quitta l'Angleterre pour voyager. Accueillie avec distinction danstoutes les cours de l'Europe, elle finit par se fixer auprès du margrave d'Anspach, à qui elle avait inspiré la plus vive passion, et qui l'épousa dès qu'elle fut devenue veuve (1790). Elle se retira alors avec son époux en Angleterre dans la terre de Brandebourg-House. Après la mort de ce prince (1806) elle recommença ses voyages : elle mourut à Naples à l'âge de 78 ans. Lady Craven avait fait un poëme dés l'âge de 17 ans; plus tard, elle composa quelques pièces de thâtre (recueillies par Asimond1789, 2 vol. in-8). On a encore d'elle un Voyage a Constantinople en passant par la Crimée, Londres,1789, traduit trois fois en français; et des Mémoires fort curieux, qui parurent à Londres en 1825, et furent trad. par J. 1'. Parisot, 1826, 2 vol. in-8.ANSELME (Ant.),prédicateur, né en 1652 à l'Ile-Jourdain, mort en 1737, prêcha de bonne heure avec tant de succès dans le Languedoc qu'on l'y surnomma le petit prophète, vint à Paris, où il ne réussit pas moins en prêchant devant la cour, et fut admis en 1710 à l'Académie des inscriptions. Ses Sermons, publiés en 1721, forment 4 vol. in-8.ANSES-D'ARLET (les), bourg de la Martinique (Antilles), à 15 kit. S. de Fort-Royal; 1600 h. On y récolte le meilleur café de l'ile.ANSON (George),amiral anglais, né en 1697, mort en 1762. Chargé d'une expédition contre les établissements espagnols dans l'Amérique méridionale (1740-1745), il réussit complètement, et fut comblé à son retour des faveurs de Georges II. Une victoire qu'il remporta en 1747 sur le chef d'escadre français La Jonquière lui valut la pairie et le grade de contre-amiral; enfin, il fut nommé amiral en 1711. La relation de son Voyage autour du monde dans les années 1740-1745 a été publiée à Londres en 1748, et trad. en français dès 1749.ANSPACH, Onoldinum, v. de Bavière, ch.-I. de la Franconie centr., sur la Rezat, à 40 k. S. 0. de Nuremberg; 18000 h. Joli château,ane.résid.des margraves; gymnase, galerie de tableaux. Fabriques de draps, de cartes, de faience, etc. Patrie de Stahl et d'Uz.- Elle était autrefois le ch.-1. du margraviat d'Anspack-Bayreuth, principauté qui comptait 300 000 h., et qui avait d'abord appartenu aux bourgeois de Nuremberg.Le dernier margrave, Charles-Frédéric, vendit son État à la Prusse 1791; Napoléon s'en empara et le donna à la Bavière en 1806.ANSPACH-BAYREUTH (Charles-Frédéric-Alex., margrave d')),né en 1736, mort en 1806, était neveu du grand Frédéric, ayant pour mère Wilhelmine, duchesse de Bayreuth, soeur de ce prince. Marié malgré lui à une princesse de Saxe-Cobourg, il quitta bientôt son épouse et voyagea en Italie en France et en Hollande; de retour à Anspach, il y vécut avec la célèbre comédienne Clairon, qui passa 17 années à sa cour. Il la remplaça dans la suite par lady Craven (V. l'article suivant), qu'il épousa après la mort de sa femme (1790), et avec laquelle
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ANTAEOPOLIS,auj. Kau-il-Kubara, v. de la H.-Égypte, sur le Nil, r. dr., ainsi nommée en mémoire de la victoire qu'Hercule y remporta sur Antée.ANTAKIEH, nom d'Antioche chez les Turcs.ANTALCIDAS,général spartiate, conclut avecArtaxerce-Mnémon, roi de Perse, l'an 387 av. J: C.,une paix ignominieuse : par ce traité, Sparte, dans le but d'asservir la Grèce, achetait l'appui du grandroi en lui soumettant toutes les villes grecques de l'Asie-Mineure. Poursuivi par le mépris général, An-talcidas se réfugia en Perse. Chassé par ArtaxercG lui-même, il revint en Grèce et s'y laissa, dit-on,mourir de faim.ANTANDROS,v. de Mysie, au pied de l'Ida et aufond du golfe d'Adramytte. C'est prés de là, dit-on, que Pâris prononça son jugement entre les trois déesses. C'est, selon Virgile, du port d'Antandros que partit triée après le sac de Troie (Én., III, 6).ANTAR,poëte et guerrier arabe du vi° siècle, filsd'un chef de tribu et d'une esclave abyssinienne, eut à exécuter les entreprises les plus périlleuses pour obtenir la main de sa cousine Abla, y réussit par son courage, mais périt en 615, assassiné par un ennemi. es aventures font le sujet du Roman d'Antar, es-pète d'Iliade arabe, dont l'auteur, Aboul-Moyed-Ibn-Essaigh, vivait au xi* siècle, et dont plusieursorceaux ont été trad. par MM. Perceval, Cardonne,Dugat et Lamartine.ANTARADUSY. de Phénicie, en face Aradus, àqui elle servait deport, est auj. Tortose.ANTARCTIQUE (Océan). V. GLACIALE (Mer). -ANTÉCHRIST, c.-à-d. ennemi du Christ,person-nage mystérieux que l'Ancien et le Nouveau Testa-ment annoncent comme devant s'opposer au Messie et comme devant couvrir la terre de crimes et d'impiétés. Son apparition sur la terre doit précéder en avènement du Christ (Daniel, eh. vil et suiv.;-l'Antechrist dans les chefs des principales hérésies. S. Jean, Apocalypse, chap. xiu et xiv). On a cru voirANTÉE, Antœus, géant, fils de Ne tune, et de la Terre, habitait Irisa, dans les sables de la Libye; il arrêtait et massacrait tous les passants, parce qu'il-avait fait voeu d'élever un temple à Neptune avec des crânes humains. Hercule le terrassa trois fois, mais en vain:car la Terre, sa mère, ranimait ses forces chaque fois qu'il la touchait.Hercule s'en aperçut, le souleva en l'air, et l'étouffa dans ses bras.- ANTEMNAE, petite v. du Latium, à 4 k. N. E. deRome, au confluent de l'Anio et du Tibre. Vaincus dans la guerre qu'ils firent à Romulus, les Antemnates furent transférés à Rome (748 av. J.-C.)
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- ANTÉNOR prince troyen, parent de Priam, fut accusé de trahir sa patrie, parce qu'ayant reconnu dans Troie Ulysse déguisé, il ne le dénonça pas, et parce qu'il conseilla d'introduire le cheval de bois. Après la prise de la ville, il s'embarqua avec les siens, vint aborder en Italie sur le§ côtes des Vénètes, et fonda une ville qui porta d'abord son nom, et qui depuis fut appelée Patavium (Padoue).
- ANTEQUERA, Anticaria, Y. d'Espagne, à 28 kil. N. 0. de Malaga; 20 000 h. Vieux château moresque. Étoffes de soie, tapis, maroquins. Prise sur les Maures en 1410, par Ferdinand, roi de Castille.
- ANTÉROS (
du grec anti, en retour et éros, amour), dieu de l'amour réciproque, était frère de Cupidon. - ANTES,
peuple slave qui, selon Jornandès, habitait, au vi" siècle, le pays compris entre le Dniester et le Dniéper jusqu'à la mer Noire. Leur nom paraît être synonyme de Wendes ou Vénédes. Soumis tour à tour aux Goths et aux Huns, ils prirent souvent, après Justinien, du service dans les troupes byzantines. Exterminés par les Avares, les Bulgares et les Hongrois, ils disparaissent au x° siècle. ANTHEDON, pet. v. de Béotie avec import sur l'Euripe, était habitée par des pêcheurs : la Fable y place Glaucus qui fut transformé en dieu marin.ANTHELA, bourg de Thessalie, près du golfe Maliaque et des Thermopyles, est célèbre par un temple de Cérès et par l'assemblée des Amphictyons, qui s'y tenait tous les ans.ANTHEMIUS (Procopius), empereur d'Occident, de 467 à 472 petit-fils d'un Anthémius, qui avait été ministre d'Arcadius, s'était lui-même distingué, avant de régner, par ses victoires sur les Huns et les Goths. Il fut détrôné par Ricimer, son gendre, et eut pour successeur Olybrius.ANTHÉMIUS, architecte, sculpteur et mathématicien, de Tralles vivait sous Justinien. Il traça le plan de Ste-Sop~iie à Constantinople, mais mourut dès 534, avant d'avoir achevé l'édifice. On croit qu'il connut l'usage de la poudre et la force de la vapeur. Il reste de lui quelques fragments.ANTHESTÉRIES (du grec anthos, fleur), fêtes célébrées à Athènes en l'honneur de Bacchus, avaient lieu dans le mois d'Anthestérion mois qui correspondait dans l'origine aux mois de mars et d'avril, saison des premières fleurs. Elles duraient trois jours- on y vidait les coupes à l'envi; les maîtres y servaient leurs esclaves.ANTHOLOGIE, c.-à-d. choix de fleurs, nom donné à divers recueils de poésies détachées, et spécialement à un recueil d'épigrammes grecques qui a subi diverses transformations (Y. AGATHIAS, CONSTANTINCÉPHALAS, et PLANUDE). Il en a été donné des éditions par J. Lascaris (Florence, 1494, in-4), par Brunck (Strasbourg, 1772-76 3 vol. in-8), par Jacobs (Leipsick, 1813-17, 3 voÎ. in-8) et par Dübner, dans la collection grecque-latine de Didot 1865). Hugo Grotius l'a traduite en vers latins Utrecht, 1795-1822, 5 vol. in-4, avec le texte grec édité par Jér. de Bosch); M. Debéque l'a traduite ,3n français (2 vol. in-12, 1863), et M. Chopin en a anis en vers un Choix (1856). - Il existe aussi une Anthologie latine, recueillie par J. Scaliger et publiée par P. Burmann jeune, 1759-73, 2 vol. in-4.ANTHONY'S NosE,c.-à-d. nez d'Antoine, cap des États-Unis, 18 kil. N. de New-York, sur la r. g. de l'Hudson. Une chaîne en fer était tendue de ce cap au fort de Montgomery sur l'autre rive; elle fut rompue par le général anglais Clinton, 1777.ANTIBES, Antipolis, ch: 1. de o. (Alpes-Marit.), à 23 k. E. S. E. de Grasse; 6829 h. Port sur la Méditerranée, place de guerre, phare du 1 °' ordre. Fruits exquis : oranges, citrons, olives; très-boiine huile.-Colonie marseillaise, fondée vers 340 av. J.-C. en face (anti-) de Nice: d'où son nom. Place d'armes romaine aorès la prise de Marseille par César. Ruinée par les Arabes. Fortifiée par Francois I et Henri IV. Assiégée en vain par les Impériaux en 1746. Anc. évêché, réuni (1250) à celui de Grasse-Cell. communal.ANTICOSTI (Île) OU DE L'ASSOMPTION, île de l'océan Atlantique, à l'emb, du St-Laurent; 180 k. sur 60. On y fait la pêche de la morue. Elle est entièrement stérile : on n'y trouve que deux établissements pour le secours des naufragés. Découverte par Cartier en 1534; auj. aux Anglais.ANTICYRA,primitivement Cyparisse, auj. Aspra-Spitia, v. de Phocide, sur le golfe de Crissa, fameuse par l'ellébore qu'on recueillait aux environs, et auquel on attribuait-la vertu de guérir la folie. Détruite par Philippe dans la guerre sacrée. - Une v. de Thessalie, rès'de l'emb. du Sperchius, et une île de la mer figée portaient le même nom d'Anticyre et produisaient aussi de l'ellébore.ANTIFER (cap), Ou CAP DE CAUX, cap de France, surlaManche, à 15 k. 0. S. 0. de Fécamp (Seine-In£).ANTIGUA, une dés Antilles anglaisesz, à 64 kil. N. de la Guadeloupe; 80 kil. de tour; 40 000 hab. (dont 34 000 nègres); ch. 1., St-Jean. On y trouve peu d'eau; cependant une portion est très-fertile. Découverte par Christophe Colomb en 1493, colonisée par les Anglais en 1632.ANTIGONE, Antigona, fille d'Œdipe et de Jocaste célèbre par sa piété filiale, servit de guide à son père aveugil et banni, et l'accompagna dans son exil. Après la mort d'Étéocle et de Polynice; frères de cette princesse Créon défendit expressément d'enterrer le corps de Polynice; malgré cette défense, Antigone revint à Thèbes pour lui rendre les derniers devoirs. Créon la condamna à être enterrée vive, mais elle prévint le supplice en s'étranglant. Sa mort est le sujet de l'Antigone de Sophocle.ANTIGONE, Antigonus, surnommé le Cyclope, un des capitaines d'Alexandre qui se partagèrent l'empire de ce conquérant après sa mort. Il obtintla Pamphylie, la Lycie et la Haute-Phrygie; mais peu satisfait de ce lot, il entra, avec son fils Démétrius Poliorcète, dans la coalition contre Perdiccas,attaqua et fit périr Eumène, à qui étaient-échues la Paphlagonie et la Cappadoce, s'empara de toute l'Asie-Mineure et de la Syrie battit Ptolémée, Séleucus, Lysimaque et Cassandre qui voulaient s'opposer à son ambition, et prit le titre de roi d'Asie (307 av. J.-C.). Il triompha plusieurs fois des ligues formées contre lui et se préparait à envahir l'É-gypte quand il fut vaincu et tué à la bataille d'Ipsus, que lui livrèrent Cassandre Séleucus, Ptolémée et Lysimaque, l'an 301.Il avait alors 84 ans.ANTIGONE-GONATAS, fils de Démétrius Poliorcète, et petit-fils du prée., natif de Gonni en Thessalie, s'empara de la Macédoine en 278 av. J.-C., et s'en fit proclamer roi. La même année, il défit, dans une bataille sanglante, les Gaulois qui étaient venus faire une irruption en Macédoine. Ayant refusé à Pyrrhus, roi d'Ép, des secours contre les .Carthaginois, il fut attaqué et chassé de ses États par ce prince, 274, et n'y rentra qu'après la mort du con-quérant, 272. Il s empara d'Athènes, mais il laissa à cette ville son gouvernement. Il mourut en 242, après un règne de 36 ansANTIGONE DOSON, roi de Macédoine, petit-fils de Démétrius Poliorcète, usurpa le trône en 232 sur Philippe, son neveu,_ dont il était le tuteur. Il fit la guerre à Cléomène, roi de Sparte, le battit à Seliasie 222, le força à fuir en Égypte, prit Sparte et y abolit les lois de Lycurgue. Il mourut en 221.ANTIGONE, roi des Juifs, fils d'Aristobule II, fut pris et emmené à Rome lors de la prise dé Jérusalem par Pompée. N'ayant pu obtenir des Romains la couronne de son père, il se fit placer sur' le trône par Pacorus, roi des Parthes, l'an 40 av.-'J.-C. Il en fut chassé trois ans après par Hérode,:que sou-tenait Marc-Antoine. Ëtant tombé entre les mains de son_ ennemi, il fut battu de verges et mis à mort
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ANTIGONE DE CARYSTE,naturaliste et polygraphe grec du III° siècle av. J.-C., avait écrit des Vies d'écrivains célèbres et une Histoire des animaux, qui sont perdues; il reste de lui un Recueil d'histoires merveilleuses, que Beckmann a publié à Leipsick, 1791, in-4.ANTIGONIA. Plusieurs v. anciennes ont porté ce nom :la plus célèbre était en Syrie sur l'Oronte. Antigone I la fonda; Séleucus la détruisit et en transporta les habitants à Séleucie.ANTILIBAN (c.-à-d. vis-à-vis du Liban), chaîne orientale du Liban, entre les pachaliks d'Acre et de Damas. La vallée qui la sépare du Liban, longue d'env. 160 k., s'appelait autrefois Calé-S rie, c. -à-d. Syrie creuse; elle est auj. habitée par les Druses.ANTILLES, archipel de l'Amérique, entre 61130' et 87, 20' de long. 0., s'étend en ligne courbe entre les deux Amériques, de l'entrée du golfe du Mexique au golfe de Maracaïbo, et se divise en Grandes An-tilles et Petites Antilles; celles-ci se subdivisent à leur tour en Antilles du Vent (Insula: ad ventum, c.-à-d. exposées à l'action directe des vents alisés), et Antilles sous le Vent (Insulæ infra ventum, qui ne reçoivent le vent qu'après les premières) ; on y joint quelquefois les Lucayes. Les Grandes Antilles sont Cuba, Haïti, la Jamaïque et Porto-Rico. Les Petites Antilles du Vent sont St-Thomas St-Jean, les Vierges, Ste-Croix, St-Martin, l'Anguille, St-Barthélemy, St-Eustache, St-Christophe, Nevis, la Barnoude, Antigoa, Monserrat, la Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante, la Désirade, la Dominique, la Marti-nique, Ste-Lucie, St-Vincent, la Barbade, Grenade et les Grenadilles. Les Petites Antilles sous le Vent sont Tabago, la Trinité, Blanquille,.Ste-Marguerite, la Tortue, les Rocs, Bonair, Curaçao Aruba. Climat brillant et d'une fertilité extrême; Deux saisons, la sèche et la pluvieuse (celle-ci dure trois mois); ouragans épouvantables, fièvre jaune. Les habitants sont des Européens et des créoles, des nègres (esclaves ou libres), des métis ou gens de couleur (mulâtres, quarterons. etc.); c'est aux Antilles que la distinction des classes d'après la peau est dans toute sa force.-Ces îles furent vues immédiatement après les Lucayes par Christophe Colomb en 1492. Le nom qui leur fut donné vient d'une île imaginaire d'Antilia que l'on disait exister à PO. des Açores : on crut que c'était cette île que Colomb avait retrouvée.ANTILLES ANGLAISES : la Jamaïque, Antigoa, St-Christophe, Monserrat, Nevis, la Barboude, PAnguille, la Dominique, Ste-Lucie, St-Vincent, Grenade et les Grenadilles, la Barbade, Tabago, la Trinité.ANT. DANOISES : Ste-Croix, St-Thomas, St-Jean.ANTILLES ESPAGNOLES : Cuba, Porto-Rico, Pinos; et jadis la partie E, de Haïti (environ les deux tiers).ANTILLES FRANÇAISES : la Guadeloupe, la Martinique, Marie-Galante, la Désirade, la Petite-Terre, les Saintes, partie de St-Martin (et jadis la partie 0. de Haiti).ANTILLES HOLLANDAISES : Curaçao, St-Eustache et partie de St-Martin.ANTILLES SUEDOISES : une seule, St-Barthélemy.
ANTILLES (mer des) ou MER DES CARAÏBES, partie de l'Océan Atlantique comprise entre les Antilles et le continent américain, s'étend du canal de Cordova (entre le Honduras et la pointe 0. de Cuba) jusqu'au golfe de Paria, et baigne au N. et à PE. les Antilles, au S. le Vénézuela et le Caracas.ANTIMAQUE,poète épique grec du temps des guerres médiques, naquit à Claros et séjourna à Colophon. Ses oeuvres, qui eurent beaucoup de réputation, et parmi lesquelles on remarquait un poème de la Thébaïde, sont auj. perdues. On en possède seulement quelques fragments, publiés dans la collection Didot, àla fin d'Hésiode, et séparément par' Scbellenberg, Hall, 1786, et Stoll, Dillenbourg, 1845.ANTIN,seigneurie du Bigorre (H.-Pyrénées), appartenant à la famille de Gondrin, fut érigée en marquisat en 1612, puis en duché, 1711.ANTIN (L. DE PARDAILLAN DE GONDRIN, duc d'), seul fils de M. et Mme de Montespan, né à Paris en 1665, mort en 1736, fut d'abord menin de monseigneur et devint lieutenant général et gouverneur de l'Alsace. Il se fit remarquer à la cour de Louis XIV par son adresse à flatter et à prévenir tous ses désirs. Le roi, qu'il recevait à Petit-Bourg, ayant critiqué une allée d'arbres qui masquait la vue de la rivière, le duc la fit abattre en une nuit. Un massif du bois de Fontainebleau ayant déplu à Louis XIV, il en fit scier tous les arbres pendant la nuit, et le lendemain, à un signal donné, tous les pieds d'arbres tombèrent comme par enchantement sous les yeux du roi. Il a laissé des Mémoires, encore inédits.ANTINOÉ OU ANTINOOPOLIS, primitivement Besa, auj. Enseneh, v. d'Egygte, entre PHeptanomide et la Thébaïde, sur le Nil, vis-à-vis d'Hermopolis-la-Grande, fut ainsi nommée en mémoire d'Antinoûs qui y périt, et auquel Adrien y fit élever un temple.ANTINOMIENS, sectaires. Y. AGRICOLA (Jean).ANTINOÜS,habitant d'Ithaque, un des amants de Pénélope, excita ses compagnons à se défaire dé Télémaque, et maltraita Ulysse quand ce prince se présenta, sous l'habit d'un mendiant, à la porte de son palais. Celui-ci le tua à coups de flèches.ANTINOOS, jeune Bithynien d'une grande beauté, fut l'esclave et le favori de l'empereur Adrien, qu'il accompagna dans ses voyages. Étant en Égypte avec ce prince, il se noya dans, le Nil (132 de J: C.); son maître, inconsolable de cette perte, fit élever un temple en son honneur, donna son nom à plusieurs villes, et multiplia son image par des statues et des médailles, dont quelques-unes subsistent encore.ANTIOCHE, Antiochia ad Daphnen, PAntakieh des Turcs, v. de la Turquie d'Asie (Syrie), sur PO-ronte, à 100 kil. 0. d'Alep, à 30 kil. de la Méditerranée; 10 000 hab., dont 3000 Chrétiens. Elle occupe à peine la 6e partie de Panc. enceinte et offre de nombreuses ruines. Antioche comprenait l'antique villagge de. Daphné, ainsi nommé par les Grecs à cause de ses bosquets de lauriers (daphné en grec), et possédait un temple célèbre d'Apollon.- Fondée en 300 av. J.-C. par Antiochus, achevée par Séleucus, qui l'appela Antioche en l'honneur de son père Antiochos, elle fut longtemps la capitale des Séleucides, et devint la 3e v. de l'empire romain; elle compta jusqu'à 700000 h. On la surnommait la Reine de l'Orient. Cénquise par les Romains en 64 av. J.-C., elle tomba successivement au pouvoir des Perses, qui pourtant la rendirent à l'empire byzantin; des Arabes, après la victoire d'Antioche remportée par Omar (638); des Croisés, qui l'érigèrent en principauté au xi, siècle ; des Mamelouks au =1, et fut prise par les Turcs, en 1516. Sa ruine fut hâtée par des tremblements de terre dont le plus terrible eut lieu en 526. Antioche est une des premières villes où ait été prêché le Christianisme : il y fut porté par les ApÔtres mêmes. Elle avait un patriarchat, dont l'autorité s'étendait sur toute la Syrie et la Mésopotamie. Il s'y tint plusieurs conciles. Patrie d'Archias, S. Luc, S. Jean Chrysost8me.ANTIOCHE (Principauté d'), un des quatre États chrétiens fondés pendant la l'" croisade (1098), eut pour 1- souverain Boèmond de Tarente (1098-1108), puis fut réunie 8 ansauroy. de,lérusalem par Baudouin II, qui la remit en 1126 à Boémond II; après la mort de celui-ci, en 1131, elle passa par les femmes dans diverses maisons. Bibars, soudan d'Égypte s'en empara en 1269, Kélaoun en 1288. Les Turcs Îa prirent en 1516 et ils la possèdent encore aujourd'hui.ANTIOCHIA,nom commun à plusieurs v. anciennes, dont les plus célèbres sont : P PAntioche ou Antakieh actuelle; 2° Antiochia ad Cragum, auj. Antiochette, à 140 k. S. de Konieh; 3° Antiochia ad Taurum, auj.Ain-Tab; 4° Antiochia ad Pisidiam, dite aussi Cxsarea, auj. Ak Cheher, sur la frontière de la Pisidie et de la Phrygie; 5° Antiochia Mygdoniæ ou Nisibis, en Mésopotamie, auJJ. Nisibin; 6° A. Margiana, tapit. de la Margiane, sur le Margus.
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ANTI0CHUS I, surnommé Soter, c.-à-d. Sauveur, roi de Syrie, fils de Séleucus Nicanor, succéda à ce prince 279 ans av. J: C., et n'eut pas honte de s'allier avec Ptolémée Céraunus, l'assassin de son père. il gagna plusieurs batailles sur les Bithyniens, les Macédoniens et les Galates, mais attaqua sans succès Ptolémée Philadelphe, roi d'Égypte, et Philétère, roi de Pergame, et fut vaincu prés de Sardes par Eu-mène, successeur de ce dernier prince. Il fut peu après tué dans un combat livré près d' Éphèse, 260 av J: C. 0'n le nomma Sauveur parce qu'il avait sauvé ses États d'une irruption des Gaulois.ANTiochus II, surnommé Théos, c.-à-d. Dieu, fils, du prée., lui succéda en 260 av. Les Milésiens lui donnèrent le surnom de Dieu parce qu'il les avait délivrés de la tyrannie. Il renouvela la guerre que son père avait faite avec peu de succès contre Ptolémée Philadelphe, roi d'Égypte; mais il fut forcé de demander la paix et consenti à répudier sa femme, Laodice, pour épouser Bérénice, fille du roi d'Égypte. Laodice en conçut un tel ressentiment qu'elle l'empoisonna, 247 av. J.-C.ANTIOChus III, dit le Grand, succéda à- son frère Séleucus Céraunus, l'an 222 av. J: C. Il s'occupa d'a-bord de faire rentrer dans le devoir plusieurs de ses généraux qui s'étaient déclarés indépendants; Buis il ne songea qu'à reconquérir la partie de la Syrie qui avait été enlevée à Séleucus Callinieus parle roi d'É-gypte; mais il fut battu par Ptolémée Philopator, près de Raphia (217 av. J.-C.), et obligé de rendre ses con-quêtes. Ayant bientôt réparé ses pertes, il recommença la guerre, reprit les provinces de Syrie que conservait le roi dÉgypte, soumit l'Asie-Mineure et la Hte-Asie, et s'avança jusque dans l'Inde. Maître de l'Asie, il passa en Grèce, sous le prétexte de se-courir les Étoliens contre Ies Romains•; mais ceux-ci le battirent aux Thermopyles (191), puis à Magnésie (190). Il n'obtint la paix qu'aux conditions les plus onéreuses. Ilfut tuépeu après dansl'Élymaide, où il était allé pour piller un temple de Bélus, afin de s'acquitter enves les Romains (I86): Il avait reçu à sa cour Annibal, qui contribua de tout son pouvoir à l'armer contre Rome.ANTIOChus Iv, surnommé Épiphane ou l'Illustre, et par imÉe É iManf fu l'Fnifar(, Vil% d'Antiochus, le Grand, succéda, en 174, à son frère Séleucus IV, s'empara de la Basse-Égypte, et retint prisonnier Ptolémée Épiphane, roi de çe pays; mais les Ro-mains le forcèrent de renoncer à sa conquête. Les Juifs s'étant révoltés contre lui, parce qu'il voulait les forcer de sacrifier aux idoles, il les traita avec la plus excessive sévérité : il en fit mourir un nombre prodigieux, et entre autres les sept frères Machabées, ainsi que le sage vieillard Éléazar. Matathias et Judas Machabée, s'étant mis à la tête de leurs compatriotes, battirent ses troupes en plusieurs rencontres. Antiochus irrité était en route pour aller les combattre en personne, lorsqu'il mourut en Perse, d'une chute de cheval, 164 av. J.-C.ANTIOCHUS v, Eupator, fils du préc., lui succéda en 164, à peine âgé de 9 ans. Démétrius Soter, son cousin germain, s'empara de ses États et le mourir après 18 mois d'un règne purement nominal.ANTIOCHUS vI, Dionysius ou Bacchus; fils de l'usurpateur Alexandre Bala, se disait issu d'Antiochus Théos. Il fut placé sur le trône par Tryphon, qui, opposa à Démétrius Nicator (143), pour régner à sa place, et le fit mourir un an après.ANtiochus VII, surnommé Sidetès, c.-à-d. Chasseur, ils de Démétrius Soter, monta sur le trône l'an 139 v. J.-C., chassa l'usurpateur Tryphon, réduisit les 'vifs et battit les Parthes• mais fut battu lui-même )ar Démétrius Nicator, qui s'empara de ses Etats,130.ANTIOChos VIII, dit Grypus, c.-à-d:. nex aquilin, ils de Démétrius Nicator et de Cléopâtre, monta sur le trône l'an 123 av. J: C., après, avoir chassé l'usurpateur Zébina; il s'allia avec le roi d'Égypte en épousant sa fille, eut à soutenir une guerre contre son frère Antiochus de Cyzique, fut forcé de lui céder une partie de ses États, en 114, et mourut en 97 av. J.-C.ANTIOCaus M surnommé Philopator, c.-à-d. qui aime son père, ât, aussi de Cyzique, parce qu'il avait été élevé à Cyzique, frère utérin d'Antiochus Grypus, était fils d'Antiochus Sidétès et de Cléopâtre. IL contraignit son frère à lui céder la Ccelésyrie, 114. A la mort de celui-ci, 97, il régna sur toute la Syrie; mais, 3 ans après, un fils d'Antiochus Grypus, Séleueus VI, lui livra bataille et le réduisit à se tuer.ANTioeaus x, dit Eusèbe, c. -à-d. Pieux fils d'Antiochus de Cyzique l reprit, Pan 94 av. J.-à., le trône sur Séleucus, fils d Antioehus Grypus, qui avait dé-trôné son père; mais deux ans après il fut lui-môme détrôné par deux autres fils de Grypus. On croit qu'il mourut chez les Parthes, vers l'an 76 av. J.-C.ANTIOCnuS XI, dit Philadelphe, c.-à-d. ami de son frère, fils d'Antiochus Grypus, prit le titre de roi, ainsi que son frère Philippe, après la monde Séleueus Vï, leur aîné (93); ils vengèrent la mort de .ce prince en passant au fil de l'épée les habitants de la, ville de.Mopsueste, on il avait été brQié vif, Ils furent peu après vaincus et détrônés par Antiochus X. Antin. chus Philadelphe se noya dans sa fuite, 90 av. J: C.ANTiocaus mI surnommé Dionysius ou Bacchus, cinquième fils &Antiochus Grypus, prit la couronne lorsqu'il sut que Démétrius Ili, son frère, était prisonnier des Parthes., 83, et périt la même année dans une expédition contre les Arabes.Antiochos XIIIANTIOCIIUS - xiii, l'asiattique, fils d'Antiochus X. avait été élevé au fond de l'Asie,, d'où lui vient son surnom, et avait longtemps vécu en simple particulier. Il fut, en 69 av. J.-C., rétabli par Lucullus sur le trône d'où son fière avait été renversé par Tigrane. Pompée le dépouilla de ses États et réduisit la Syrie en province romaine (64).ANTIOCHUS Ascalon, philosophe académicien, disciple de Philon, eut pour auditeurs et pour amis Cicéron, Lucullus., Brutus. Il_ chercha à; concilier les doctrines des Académiciens, des Péripatéticiens et des Stoïciens, n'admettant entre eux de dissidence que dans les mots, et fut considéré comme le cher d'une nouvelle: Académie, Il mourut en 69 av. J; C.ANTIOPE, fille de Nyctée, roi de Thèbes, se laissa séduire par Jupiter métamorphosé, en satyre, et en eut deux fils, Zéthus et Amphion. Pour la punir de sa faute, Lycus, frère de Nyctée, la livra à sa femme Dircé qui l'enferma dans une étroite prison, et lui fit souffrir de cruels tourments ; mais elle parvint à s'échapper et se réfugia auprès de ses fils, qui la vengèrent par la mort de Lycus et Dircé.ANTIOPE,reine des Amazones, fut vaincue par Hercule, épousa Thésée et donna le jour à Hippolyte.- ANTIOQUIA, prov. de la Nouv.-Grenade; entre celles de Carthagène et de Popayan, a pour ch.-1. Santa-Fé d'Antioquia, à 400 kil. N. 0. de Bogota.
- ANTIPAPES, personnages qui disputèrent le saint-siège à des papes élus canoniquement. V. les noms de chacun d'eux et la liste des papes.
- ANTIPAROS ou or,IARos, îlot de PArchipel, vis-à-vis de Paros; 26 kiL de tour. Vin, coton. Célèbre grotte à stalactites.
- ANTIPATER général macédonien, avait été premier ministre âe Philippe et fut chargé par Alexandre du gouvernement de la Macédoine et de la Grèce pendant que ce prince faisait ses, conquêtes en Asie. Quoiqu'il se fiât acquitté de ses fonctions avec le plus grand succès, Olympias, mère d'Alexandre., le fit par ses intrigues dépouiller de son gouverne-ment ; mais il en reprit possession à la mort du, conquérant. Il, eut à soutenir une guerre fort vive contre les Grecs qui, à l'instigation de Déiliosthène, réclamaient la libberté ; vaincu d'abord et assiégé dans Lamia (323), il vainquit les Athéniens, à Cranon (322). Il venait d'être char~é de la régence pendant la minorité des enfants dAlexandre, lors-qu'il mourut (320). On l'a accusé, mais sans fondement, d'avoir fait empoisonner Alexandre pour se venger de ce qu'il'l'avait révoqué tre ses fonctions. Il était père de Cassandre, qui gouverna la Macédoine après lui.-
- Un autre Antipater, fils de Cassandre, et gendre de Lysimaque, régna sur la Macédoine de 298 à 295, conjointement avec son frère Alexandre, et eut de continuels démêlés avec lui.
ANTO - 91 - ANTO
- ANTIPATER OU ANTIPAS,
Iduméen de nation, fut le principal ministre d'Hyrcan II, exerça sous ce prince toute l'autorité et prépara l'élévation de son fils Hérode. Il fournit à César des secours dans sa guerre contre Alexandrie et reçut en récompense le titre, de procurateur de la Judée. Il mourut empoisonné en 43 av. J. -C. Fils d'Hérode. Y. HÉRODE ANTIPAS.-ANTIPATRIS,primitivement Caphar Seba, v. de Palestine, au N. 0. de Samarie, sur la route de Jérusalem à Césarée, fut ainsi nommée par Hérode en l'honneur d'Antipater, son père.ANTiPHANE,nom de 4 poètes comiques grecs dont le plus célèbre écrivait à Athènes vers le commencement du iv- siècle av. J.-C. Il avait composé 250 comédies : il n'en reste que peu de fragments.ANTIPHON, sophiste, né en 479 av. J.-C. à Rhamnonte en Attique, s'établit à Athènes vers 430, et fut le maître de ThucyVide, qui. le mentionne avec honneur (VIII, 68). Il contribua à l'établisse-ment des Quatre-cents; et fut condamné à mort après la chute de ce gouvernement, 411. Il reste de lui 15 discours (on les trouve dans les collections de Reiske, de Bekker et de Didot) ; quelques-uns ont été trad. par l'abbé Auger, à la suite d'IsocrateANTIPOLIS, auj. Antibes, v. de Gaule, ch.-1. des Deciates, faisait partie de la Province Romaine.ANTISANA, montagne et volcan des Andes péruviennes, dans la république de l'Equateur, au S. E. de Quito, a 5833m de hauteur.ANTISTHENE, philosophe grec, fondateur de l'école des Cyniques, né à Athènes vers l'an 424 av. J.-C., mort à 72 ans, avait d'abord étudié sous le sophiste Gorgias, et avait enseigné la rhétorique avec succès; mals ayant un jour entendu Socrate, il ferma son école et se livra tout entier à l'étude de la philosophie. Antisthène professait la morale la plus austère; il pensait qu'il n'Iy a de beau que la vertu, de laid que le vice et s élevait au-dessus des bien-séances sociales, qu'il regardait comme de vains pré-jugés. On l'a accusé d'être vertueux avec ostentation : Socrate disait de lui qu'on voyait son orgueil percer à travers les trous de son manteau. Il composa plu-sieurs traités de philosophie, mais il ne reste de lui que des fragments et quelques lettres, peut-être apocryphes, publiés par Winckelmann, Zurich, 1841. Richter a composé une dissertation De vita, moribus ac placitis Antisthenis, Iéna, 1724; M. Chappuis a écrit en 1854 une thèse sur ce philosophe.ANTI-TAURUS,c.-à-d. en face du Taurus, chaîne demont.de l'Asie-Mineure qui joint le Taurus au Caucase, court au N., puis à PE. en traversant les eyalets de Sivas et de Trébizonde, et porte les noms d'Eutch-gapolou, Tchicheghi-dagh, Aghi-dagh.ANTIUM, auj. Anzio, v. et port du Latium, capitale des Volsques; sur la mer Tyrrhénienne, à 40 kil. S. 0, de Rome. Elle fut l'asile de Coriolan exilé. Antium fut prise en 467 av. J.-C. par Quintius Capitolinus : les proues (rostra) de ses navires furent enlevées et portées à Rome pour orner la tribune aux harangues.On voyait à Antium deux temples célébres, l'un d'Esculape, l'autre de la Fortune; un peu à l'E. était un temple de Neptune (auj. Nettuno).Caligula et Néron étaient nés à Antium. C'est dans les ruines de cette ville qu'on a trouvé en 1503 l'Apollon du Belvédère.- ANTIVARI, Bar en turc, v. de Turquie (Albanie), à 37 kil. 0. de Scutari, avec un port sur PA-driatique. Chàteau sur un roc très-escarpé. Archevêché grec. Entrepôt de la vallée du Drin.
- ANTOINE (Marc-), M. Antonius orateur romain, grand-père du triumvir, fut consul i'an 99 av. J.-C. et, se distingua dans la guerre contre les alliés. S'étant, pendant la guerre civile, déclaré pour Sylla contre Marius, celui-ci donna ordre de le tuer, et fit exposer sa tête sur la tribune aux harangues (87). D'après Cicéron, c'était un des plus grands orateurs de son temps : son éloquence était surtout remarquable parla soudaineté, la souplesse, la verve, l'action; Jamais il n'écrivit ses discours. Il est, avec Crassus, le principal personnage du dialogue De Oratore.
- ANTOINE (Marc-), triumvir, petit-fils du précédent, né l'an 86 av. J.-C.,
se distingua dès sa jeunesse dans les guerres contre les Juifs et fut nommé tribun du peuple en 50. Il se lia d'abord avec les tribuns Curion et Clodius, puis s'attacha à César, et lui donna le conseil de marcher droit à Rome après le passage du Rubicon. Il commanda l'aile droite de l'armée à Pharsale. César, devenu dictateur (47), le choisit pour maître de la cavalerie. Antoine osa un jour de fête présenter un diadème à César, mais il ne fit, par cette démarche imprudente, que hâter la mort du dictateur. Après le meurtre de César (44), il prononça son oraison funèbre, ameuta le peuple contre ses assassins, les poursuivit vigoureusement, et alla assiéger Décimus Brutus dans Mutina (Modène), l'an 43 av. J.-C. Mais le sénat l'ayant déclaré ennemi de l'Etat, les consuls Hirtius et Pansa marchèrent contre lui et le défirent. Trop faible pour résister seul, Antoine s'unit avec Lépide et le jeune Octave. Cette association, nommée 21 triumvirat, débuta par d'horribles proscriptions, et remplit l'Italie d'exécutions sanglantes : Antoine exigea la mort de Cicéron, qui l'avait violemment attaqué dans ses Philippiques. L'année suivante, 42, Antoine, suivi d'Octave, défit Brutus et Cassius dans les plaines de Philippes, et anéantit ainsi le parti républicain. Les triumvirs se partagèrent ensuite l'empire romain : dans ce, partage Antoine obtint la Grèce et l'Asie. Pour cimenter son union avec Octave, il épousa la sœur de ce= lui-ci, Octavie, aussitôt après la mort de sa première femme, la célèbre Fulvie (V. ce nom); mais bientôt, épris des charmes de Cléopâtre, reine d'Éagypte, il délaissa Octavie pour elle et livra même à la princesse égyptienne une partie des conquêtes romaines (Phénicie, Célësyrie, Judée, Chypre). Octave saisit cette occasion pour rompre avec Antoine; les deux rivaux se livrèrent prés d'Actium une bataille navale qui décoda du sort du monde (31). Antoine fut vaincu et forcé de fuir avec Cléopâtre. Ii se réfugia à Alexandrie; mais, se voyant près da tomber entre les mains du vainqueur,il se donna la mort (30). Cet homme célèbre possédait les qualités d'un grand guerrier, mais il se livra à tous les excès de l'intempérance et de 1a débauche. Plutarque a écrit la Pie d'Antoine. - ANTOINE (Lucius),
frère du triumvir, s'unit à Fulvie pour attaquer Octave, sans l'aveu de son frère, fut assiégé dans Pérouse, mais fut obligé de se rendre après un long siége,et n'obtint son par-don (41-40 av. J: C.) qu'en abandonnant les habitants de Pérouse à la vengeance du vainqueur. ANTOINE (S.), instituteur de la vie monastique,né en 251, dans un village de la Hàute-Égypte nommé Coma, d'une famille riche, vendit ses biens, se retira à 20 ans dans la solitude et s'y livra à la vie la plus austère et aux plus dures mortifications. Il s'était d'abord fixé au lieu appelé auj. Fayoum (entre Memphis et Arsinoé); il se transporta plus tard dans un endroit plus désert encore, au mont Calzin (près de l'air. Heroopolis). Une foule de disciples vint se ranger sous sa discipline, et il fonda plusieurs monastères pour les réunir. Deux fois il sortit de sa retraite pour aller à Alexandrie : la 1 en 311, pour soutenir les Chrétiens persécutés par Maximin, et la 2°, en 355, pour défendre la foi contre les Ariens. Respecté des Paiens mêmes honoré des empereurs, il mourut en 356, à l'âge ide 105 ans- On rapporte que danssa solitude ilfut pendantvingtanspoursuivi par le démon, qui chercha par tous les moyens à le séduire; mais il résista à toutes les tentations. La légende, en ne sait pour quel motif, lui donne un porc pour compagnon dans sa solitude. Il reste de lui sept Lettres, une Règle et des Sermons, qu'on trouve dans la Bibliothèque des Pères. S. Athanase a écrit sa Vie (trad. en français par l'abbé Maunoury, 1858). On le fête le 17 janvier.
ANTO - 92 - ANTO
ANTOINE (S.), dit de Padoue, né à Lisbonne en 1195, mort à Padoue en 1231, se fit religieux de St-François et s'embarqua pour aller en Afrique convertir les infidèles : un coup de vent l'ayant jeté en Italie, il s'y livra à la prédication et à Penseignement de la théologie. Il brilla surtout paria sainteté de sa vie et fit des miracles. Il a laissé des Sermons et la Concorde morale de la Bible, publiés à Venise 1575, in-fol. On l'honore le 13 ,juin. L'abbé Guyarâ a écrit son Histoire, Montauban, 1860.ANTOINE de Lebrixa, Antonius Nebrissensis, littérateur espagnol, né en 1444 à Lebrixa, mort en 1522, obtint des succès brillants dansPenseignement aux universités de Salamanque et d'Al", et fut un des plus utiles collaborateurs de la Bible polyglotte entreprise sous les auspices du cardinal Ximénès. Il a composé un grand nombre d'ouvrages, tous fort rares, dont les principaux sont:Institutio grammaticœ latins; (Salamanque, 1481, réimpr. à Paris, 1859), où il développe des vues nouvelles sur Penseignement de la langue latine; Grammatica sobre la lengua castellana, 1492, la première grammaire qui ait paru en espagnol; Lexicon latino-hispanicum et hispanico-latinum, 1492;Juris civilis Lexicon,1506, ouvrage qui restaura l'étude du droit en Espagne. On a aussi de lui Rerum in Ilispania gestarum de-cades (Grenade, 1545) : ce c'est que la traduction d'une vieille chronique espagnole.ANTOINE DE BounBON, roi de Navarre, fils de Char-les de Bourbon, duc de Vendôme, né en 1518, de-vint en 1548 roi de Navarre par son mariage avec Jeanne d'Albret, héritière de Navarre, et donna le jour à Henri IV. A la mort du roi François II, il fut nommé lieutenant général du royaume. A la tête de l'armée catholique, il eut à combattre sonpropre frère, Condé, qui était à la tête des Protestants, soumit Blois, Tours et Rouen, mais fut blessé à mort au siége de cette ville, en 1562. Ce prince avait du cou-rage dans le coeur, mais de la faiblesse dans le caractère : né au sein de la Réforme, il s'attira la haine des Protestants en abandonnant leur culte; il fut peu regretté des Catholiques eux-mêmes.ANTOINE (prieur de Crato)(ordre de Malte), était fils naturel de l'infant de Portugal don Louis, duc de Béja, et d'Yolande de Gomez. Fait prisonnier par les Maures à la bataille d'Aicaçar-Quivir, en 1578, il trouva le moyen de s'échapper, revint à Lisbonne, se donna pour le légitime héritier du trône portugais, prétendant Yolande a mère, et se fit avait roclamers roi secrètement 1580, en même temps que le roi d'Espagne Philippe II envoyait une armée pour soumettre le pays. Il fut complétement battu à Alcantara par le duc d'Albe, général de Philippe II, et se vit forcé de quitter le Portugal. I1 erra dans les pays étrangers, faisant de vains efforts pour relever son parti et finit ses jours à Paris en 1595, à 64 ans.ANTOINE (Clément-Théodore), roi de Saxe, né en 1755, mort en 1836 ; monta sur le trône en 1827, à la mort de son frère Frédéric-Auguste. Son régne, peu fertile en événements politiques, a été consacré tout entier à l'amélioration de l'administration intérieure et au bonheur des Saxons.ANTOINE (Jacques-Denis), architecte, né à Paris en 1733, mort en 1801. On lui doit ; entre autres monuments, l'Hôtel des Monnaies de Paris. Il termina le Palais de Justice, commencé par Desmaisons, en fit l'escalier et la Salle des Pas-Perdus. Il fut admis à l'Institut deux ans seulement avant sa mort.ANTOINE (Marc-),graveur. V. RAIMONDI.ANTOINE (Religieux de St-). En 1070,Gaston, gentilhomme dauphinois, ayant fait un pèlerinage à St -Didier, près de la Tour-du--Pin (Isère), où l'on conservait des reliques de.S. Antoine,y institua, sous le nom de de saint, un ordre de religieux pour soigner les malheureux atteints de la maladie appelée alors feu sacré ou feu de S. Antoine. Cet ordre prit un accroissement assez considérable. Incorporé en 1777 dans l'ordre de Malte, il fut aboli en France, ainsi que tous les autres, en 1790.- ANTOMMARCHI médecin, né en Corse, en 1780, mort en 1838, professa l'anatomie à Florence, fut attaché en 1820 au service de Napoléon, prisonnier à Ste-Hélène, l'assista dans ses derniers moments, refusa de signer le procès-verbal d'autopsie dressé par les chirurgiens anglais, et publia après son retour en Europe Les derniers moments de Napoléon, Paris, 1825.
- ANTON-GIL, baie de Madagascar, sur la côte E. Climat malsain. Les Français y ont eu un établissement.
- ANTONELLI (P., marquis d'), démagogue, né à Arles en 1747, mort en 1817, adopta avec ardeur les principes de la Révolution, fut chargé de préparer la réunion du Comtat à la France, et provoqua en 1794, comme chef du jury révolutionnaire, la condamnation de Marie-Antoinette et des Girondins. I1 fut impliqué dans le procès de Babeuf, mais se fit absoudre. Exilé à l'occasion de l'attentat du 3 nivôse (machine infernale), il alla voyager en Italie.
- ANTONIN LE PIEUX, Tlt. Aurel. rulvitis Antoninus Pius, un des meilleurs empereurs romains, né à Lanuvium l'an 86 de J.-C., fut adopté par Adrien et lui succéda l'an 138. Monté sur le trône, il ne s'occupa que du bien de ses sujets : il rebâtit les villes détruites pendant les dernières guerres, mit un frein à la rapacité des gouverneurs des pro-vines, et fit cesser les persécutions contre les Chrétiens. Quoiqu'il n'aimât pas laguerre, il combattit avec succès les Maures, les Daces et les Germains (140); en Bretagne, il fit éleverunmur nouveau au N. de ce-lui d'Adrien. II mourut, universellement regretté, en 161, après avoir nommé Marc-Aurèle pour son successeur : le sénat fit ériger en son honneur à Rome une colonne qui existe encore (colonne Antonine). Il avait pour femme Faustine, qui le déshonora. On a sous le nom &Antonin un Ilinerarium provinciarum (publ. par G. Torin, chez H. £tienne,_ 1512; par Wesseling, Amst., 1735; par Parthey, Berl., 1848), précieux pour la géographie ancienne; il est probable que cet ouvrage fut seulement rédigé par les ordres de l'empereur.
- ANTONIN (Marc-Aurèle-). V. AURÈLE (MARC-).
- ANTONIN (S.), archevêque de Florence, né à Florence en 1389, mort en 1459,
était dominicain. Il signala son épiscopat par sa charité, et créa la confrérie de St-Martin, destinée à soulager les pauvres honteux. On Phonore le 10 mal. ANTONINE, femme de Bélisaire, n'est fameuse que par ses débordements. V. BÈLISAIRE.ANTONINUS LIBERALIS, écrivain grec, que l'on dit avoir vécu vers l'an 150 de J: C., sous les Antonins, est auteur d'un recueil de métamorphoses. (Transformationum congeries), publié, avec une trad. latine de Xylander, par Th. Muncker; Amsterdam, 1674, par Verheyk, Leyde, 1774, et par G. A. Koch, Leips., 1832.ANTONIO (Nicolas),bibliographe espagnol, né à Séville en 1617, mort à Madrid en 1684, était chanoine à Séville, et fut envoyé à Rome comme agent de Philippe IV. On a de lai : Bibliothecà hispana vetos, Rome, 1696, 2 vol. in-fol., réimprimée à Madrid en 1788, 2 vol. in fol., et Bibliothéca hispana nova, Rome, 1692, 2 vol. in-f.; Madrid, 1788, 2 vol. in-f. Ces deux ouvrages sont estimés et rares.ANTONIVS (Marcus et Lucius). V. ANTOINE.ANTONIUS MUSA,médecin d'Auguste, Grec de nation, avait d'abord été affranchi. Ayant guéri Pempereur d'une maladie dangereuse, il fut comblé d'honneurs. Il reste de lui : De Herba botanica, De tuenda valetudine, Venise, 1547.
AINVI 93 - ADUD
ANTONIUS PRIMUS,général romain, natif de Toulouse, était lieutenant de Vespasien. Il assura l'empire à ce prince par son activité, et remporta sur les partisans de Vitellius la victoire de Bédriac 69. Au génie d'un grand général il joignait les talents de l'orateur et du poète. Supplanté par Mucien dans la faveur de Vespasien, il se retira dans sa ville natale et y mourut en 99, à 75 ans, loin des affaires et cultivant les lettres.ANTONNE, bourg de la Dordogne, à 13 kil. E. de Périgueux; 470 bah. Patrie de Lagrange-Chancel.ANTONY, bourg du dép. de la Seine, à 11 kil. S. de Paris, sur la Bièvre et près de Sceaux; 1200 hab. Plâtre.ANTRAIGUES, ch. 1. de tant. (Ardèche), à 26 kil.0. de Privas, sur un massif de lave; 551 hab.ANTRAIN, ch.-1. de Gant. (Ille-et-Vilaine), sur le -ouesnon, à 26 kil. N. 0. de Fougères; 1179 hab.ANTREMONT. V. ENTREMONT.ANTRIM, comté de l'Irlande (Ulster), sur la côte orient., entre ceux de Down et de Londonderry, compte 315 000 hab., et a pour villes principales Antrim (2665 hab.), sur le lac Neagh Belfast, Lisburn, Garrick-fergus, Ballymoney. Sur la côte N., on ad-mire une série de colonnes basaltiques gigantesques, connue sous le nom de Chaussée des Géants.ANTRUSTIONS (de trust, confiance), nom donné particulièrement à ceux des leudes qui vivaient dans l'intimité du roi. Y. LEUDES.ANTUERPIA, nom latinisé d'ANVERS.ANUBIS OU ANÉBO, dieu égyptien, était représenté avec le corps d'un homme et la tête d'un chien. Les uns le font frère, les autres fils d'Osiris, et lui donnent Nefté pour mère. Anubis était un dieu des enfers; il présidait au crépuscule, au passage du jour à la nuit, ainsi qu'au moment qui sépare la vie de la mort. Comme l'Hermès des Grecs, il conduisait les âmes jusqu'à la porte des Enfers.
[modifier] ANV
ANVERS, Antwerpen en flamand, Antuerpia en lat. moderne, Y. et port de Belgique, ch: 1. de la prov. d'Anvers, sur la r. dr. de l'Escaut, à 44 kil. de Bruxelles; 96 000 hab. Place forte, vaste port,' bel arsenal, magnifires chantiers de construction. On y remarque l'église Notre-Dame, dont la tour est le plus haut édifice de Belgique, et où se trouve la Descente de croix de Rubens, la bourse, l'hôtel de ville. Athénée académie de peinture, académie des sciences; écoles de navigation, de chirurgie, etc. Fabriques de draps, chapeaux, étoffes de soie, de coton; futaines, siamoises, tapis, ouvrages d'or et d'argent; savonneries, raffineries, etc. Très-grand commerce (d'entrepôt, de commission); armements. Chemins de fer conduisant à Bruxelles et à Gand. Anvers a été le siége principal de l'école flamande de peinture; patrie des peintres Van-Dyck, Jordaens, Téniers, du graveur Edelinck, du géographe Ortelius et du philologue Gruter; séjour de Rubens. -Saccagée par les Normands, 836, puis désolée pâr les pestes, les incendies, les orages, cette v. n'en, devint pas moins aux xir, xiii, et xiv' siècles une des princippales places marchandes du globe. Elle fit partie de la Hanse, et eut jusqu'à 200000 hab. La prospérité croissante d'Amsterdam la fit déchoir• le traité de Westphalie la ruina en fermant les bouches de l'Escaut, 1648. Elle fut assiégée par le duc de' Parme en 1576 et en 1584, prise par les Français en 1746, 1792, 1794; défendue contre les alliés par' Carnot, 181i; prise par les Français pour les Belges en 1832, après un long siège. Il y fut signé en 1609 un traité entre l'Espagne et les Provinces-Unies. Elle' fut, sous l'Empire, le ch.-1, du dép. desDeux-Nèthes. Napoléon voulait en faire la rivale de Londres. - La prov. d'Anvers, bornée au N. par le Brabant sept., au S. par le Brabant mérid., compte 296 000 hab. ot forme 3 arrond : Anvers, Malines et Turnbout.ANVILLE (J.-B. BOURGUIGNON d'), célèbre géo-,grapne, né a Paris en 1697, mort en 1782, conçut de bonne heure un goût très-vif pour les recherches géographiques, obtint avant l'âge de 22 ans le brevet de premier géographe du roi, entra de bonne heure à l'Académie des inscriptions, et fut nommé adjoint géographe de l'Académie des sciences. Il a fait faire à la géographie de grands pas, par le soin avec le-quel il a déterminé la véritable étendue des mesures de longueur dans les différents pays, et par l'exactitude de ses cartes : il vit plus d'une fois confirmer par des observations directes les conjectures qu'il avait faites, principalement sur la géographie de la Grèce, de l'Italie et de 1'Egypte. Il a dressé un très-grand nombre de cartes nouvel-les, en les accompagnant de mémoires justificatifs. On estime surtout sa Géographie ancienne abrégée, 3 vol, in-12, 1768; ses cartes pour l'Histoire ancienne et l'Histoire romaine de Rollin ; son Traité des mesures anciennes et modernes; son Traité des états formés en Europe après la chute de l'empire d'Occident, 1771; son Atlas de la Chine, de la Tartarie et du Thibet, 1737; ses Mémoires sur l'Égypte ancienne et moderne, 1766. M. Demanne se proposait de donner ses OEuvres complètes en 6 vol. in-4; deux seulement ont paru chez Levrault, 1820.ANWEILER, v. de Bavière (Palatinat), sur la Queich, à 10 kil. 0. de Landau; 2600 hab. On voit aux env. les ruines du château de Triefels, où, dit-on, fut enfermé Richard Cœur de Lion (1192).ANXUR, nom primitif de TERRACINE.ANYSIS, roi d'Égypte, régnait vers le commencement du vm" siècle avant J.-C. Quoiqu'il fût aveugle, les prêtres égyptiens l'avaient élevé sur le trône; il en fut chassé par Sabacus, roi d'Éthiopie.ANYTUS, rhéteur d'Athènes, ennemi de Socrate, s'unit à Thrasybule pour renverser les Trente tyrans et se joignit à Mélitus )cour accuser le philosophe, qu'il fit condamner à boire la ciguè, 400 ans av. J.-C. L'innocence de Socrate ayant été reconnue, Anytus fut forcé de fuir d'Athènes et se retira à Héraclée dans le Pont, où il fut, dit-on, lapidé.ANZIN, bourg du dép. du Nord, à 2 k. de Valenciennes• 4884 hab. Mines de houille, connues dès le xi, sicle, et qui sont les plus riches de la France.ANZIO OU ANZO, Antium, v. ét port de l'État ecclésiastique, à 30 k. S. de Velletri, près du cap Anzio, devant lequel les Vénitiens battirent la flotte génoise en 378. Belles ruines. Y. ANTIUM.
[modifier] AO
AOD OU AHOD, juge d'Israél de 1385 à 1305 av. J.-C., ou, selon l'Art de vérifier les Dates, de 1496 à 1416, délivra les Hébreux de la servitude des Moabites et tua Églon, leur roi.AONES, anciens habitants de la Béotie, furent dépossédés par les Phéniciens de Cadrons. De leur nom vient le nom d'Aonie donné anciennement à la Béotie, et celui d'Aonides, donné aux Muses; qui étaient adorées sur les monts Aoniens.AORNE, c.-à-d. sans oiseaux, marais infect &P, pire (Thesprotie), près des monts Cérauniens : on présume que c'est de ce nom que les Latins on fait Averne. - Fort d'Asie, sur un roc escarpé, situé au S. de la Bactriane et sur les bords de l'Indus, pas-sait pour inexpugnable, et cependant fut pris par Alexandre.AOSTE, Augusta prætoria ou Augusta Salassio, rum, v. du roy. d'Italie (Piémont), ch.-i. de la prov du môme nom, dans le val d'Aoste, sur la Doire, rive. gauche, ail pied des Alpes (600°' au-dessus du ni veau de la mer), à 79 kil. N. 0. de Turin et à Pentrée des deux vallées du Grand et du Petit Saint-Bernard : 7000 h., la plupart goitreux. Évêché. Pat. de S. Anselme. Cette ville fut fondée sous Auguste, par une colonie de Prétoriens. Restes d'amphi-théâtres, arc de triomphe, etc. - La pprov. d'Aoste, qui a titre de duché, compte 70,000 hAOUDE, l'Oude des Anglais, v. de l'Inde, dans le roy. d'Aoude, sur la Gograh, par 26, 48' lat. N. et 79, 44' long E., est célèbre dans les vieilles annales et la mythologie des Hindous, sous le nom d'Ayodhyia, comme capitale de Rama.
APPL - 94 - APRT
Aoude, royaumede l'Inde septentrionale, entre le Népal; le Bahar,l'Allahabad, l'Agrah, le Delhi; 3 700,000 h.; capit., Luknow ou Lacknau. Climat: chaud; mais tempéré par les vents; sol fertile en beaucoup d'endroits., mais mal cultivé. Forêts pleines de tigres, d'éléphants et derhinocéros.On y trouve le lapis-lazuh.-L'Aoude fut longtempps l'État indigène le plus riche et le plus puissant de l'Inde. Il devint une des provinces de l'empire Mogel. D'abord vassal des Anglais, ila été annexé à Ieur empire en 1856. Cette annexion a été l'occasion de l'insurrection redoutable qu'ils eurent à réprimer en 1857 et 1858.AOÜS, auj. Voioussa, riv. d'Epire, coule du S. au N., et tombe dans YAdriatique, au S. d'Apollonie. Phi-lippe V, roi de Macédoine, fut défait, par les Romains sur les bords de l'Aoi7s, 214 et 198 av. J.-C.AOUST-EN-DIOIS, Augusta Tricastinorum, bourg du dép." de la Drôme à 28 kil. E. S. E. de Die et près de Crest; 1100 hab. Papeterie, etc. Source minérale. Colonisé par Auguste.AOUT (DIX) 1792, journée funeste, dans laquelle le peuple de Paris s'empara des Tuileries et massa cra les Suisses, qui en défendaient l'entrée. Louis XVI fut obligé de chercher un asile auprès de l'Assemblée législative, qui le suspendit de ses fonctions et convoqua une Convention nationale.
[modifier] AP
APACHES , nation indigène du Mexique, habite entre 30° et 34, lat. N. , depuis le Rio Colorado de la Californie jusqu'au Rio Colorado du Texas. Elle est sans cesse en guerre avec les Espagnols.APALACHES (robots). P. ALLEGANY.APAMËE,Apamea, nom donné à beaucoup de v. anc. en l'honneur de princesses du nom d'Apamé. On remarque entre autres : 1, une Y. d'Assyrie, nommée primitivement Digba, auj. Corna, au con-fluent du Tigre et de l'Euphrate;- .%*une v. ,de Mésopotamie, sur la r. g. de l'Euphrate, vis-à-vis de Zeugma, dont Rom-Sala occupe la place;-3° une autre v. de Mésopotamie, dans l'île de Mésène (ale du Tigre);-4° une v. de Syrie, sur l'Oronte, au S. d'Antioche, bâtie par Séleucus Nicator, et nommée auj. Famieh; - 51 Apamea Cibotos, v. de Phrygie, auj. Afeoum Karahissar, au confluent du Marsyas et du Méandre : peuplée aux dépens de Célènes par Antiochus Soter, qui lui donna le nom d'Apamé, sa mère, elle devint une des villes les plus commerçantes de l'Asie-Mineure; - 6° une v. de Bithynie, auj. kfoudania, non loin de Pruse, prise et colonisée par les Romains en 75 av. J.-C.[[Apanage|APANAGE], d'un mot de la basse latinité, apanare, donner le pain. Dans l'origine, on désignait sous ce nom les possessions territoriales que les hauts seigneurs donnaient à leurs puinés pour les dédommager de ce que leurs aînés seuls devaient succéder au fief principal. Plus tard, ce mot a spécialement désigné les fiefs affectés aux princes du sang, Les apanages royaux ne datent que de la 3° race. Sous les deux' ,premières, les fils du roi mort partageaient entre eux l'héritage de leur père par portions égales. Les apanages étaient presque toujours concédés d charge de retour à la couronne d défaut d'hoirs (héritiers). Jusqu'à Philippe-Auguste, les filles de France reçurent des apanages; depuis ce règne, elles ne reçurent plus que des dots en argent. En 1790, l'Assemblée constituante abolit les apanages réels et les remplaça par des rentes apanagères. Un sénatus-consulte de 1810 les rétablit, mais ils ne représentèrent plus qu'un revenu assis sur des propriétés territoriales.APCHÉRON, presqu'île de la Géorgie russe, s'avance dans la mer Caspienne : Bakou. Sol imprégné de gaz sulfureux et inflammable.APELLE, peintre célèbre de Cos, d'Éphèse ou de Colophon, disciple de Pamphile, florissait vers 332 av. J.-C. Il vécut à la cour d'Alexandre, puis à celle de Ptolémée. Il ne passait pas un seul jour sans travailler : d'où l'adage nulla dies sine linea. Il exposaitses ouvrages en publié, etsecueillait, caché derrière un rideau, les jugements des curieux. On :connaît le trait de ce savetier qui, après avoir critiqué une sandale, voulut juger du reste dn tableau; Apelle l'arrêta en lui disant :mea Que le savetier ne s'élève pas au-dessus de la chaussure, ne sutor ultra ciepidam, n Alexandre, admirateur des talents d'Apelle ne permit de faire, son portrait qu'à ce peintre sàuj, et il eut pour lui une telle amitié qu'il lui céda Cam alpe, une de ses maltresses, dont le peintre était devenu éperdument amoureux en faisant son portrait. Les meilleurs tableaux d'Apelle étaient Alexandre tonnant, Vénus endormie et Vénus Anadyomène, oeuvre qu'il laissa inachevée, et qu'aucun artiste n'osa terminer. On croit que l'oeuvre connue sous le nom de la Noce aldobrandine, dont une copie est au Louvre, a été faite d'après un de ses tableaux.APELLICON,de Téos, péripatéticien, mort vers 85 av. J. C., retrouva et restaura les ouvrages d'Aristote et de Théophraste, qui étaient restés longtemps enfouis et oubliés. Ii forma à Athènes une riche bibliothèque, que Sylla fit transporter à Rome.APENNINS (monts), Aenninus (du celtique ppen, sommet), longue chaîne le mont. qui traverse l'Italie dans toute sa longueur, se détache des Alpes à Cassino, au N. de Gênes, trace un demi-cercle autour du golfe de Gènes, court à l'E. jusqu'à la Bocchetta, puis se dirige vers le S. E. et va se terminer en Sicile, formant ainsi trois régions principales : P l'Apennin septentrional, dans les États sardes, qui finit à la Bocchetta et au mont Cornaro; 2 l'Apennin central, qui va jusqu'au mont Velino et duquel partent le Sub-Apennin romain et le Sub-Apennin toscan; 3° l'Apennin méridional, qui se bifurque près d'Acerenza, pour courir d'une part dans les terres de Bari et d'Otrante et finir vers le ,cap Santa-Maria di Leuca, de l'autre dans les Calabres, jusqu'au détroit de Messine.. Le Vésuve et tout le terrain volcanique environnant font partie de la région méridionale. Lés principaux sommets sont le Monte Cavallo ou Monte Corno, entre les deux Abruzzes ultérieures 2960-; le Monte Amaro, dans l'Apennin méridional, 2840; le MonteVittore,dans le territ.romain, 2480. L'Apennin a longtemps servi de refuge aux vaincus, aux bannis, aux brigands : ceux-ci y.ont encore leur repaire.APENRADE, v. dü Slesvig, à 32 k. N.. de Flensborg; 4000 h. Port peu profond et rade peu silre.APER (M.),orateur latin du ile siècle, Gaulois de naissance, mort vers l'an 85 de J.-C., se La à Rome, y fit admirer son éloquence et devint successivement questeur, tribun préteur et sénateur. Il est un des principaux intelcuteurs du Dialogue des orateurs, attribué à Quintilien ou à Tacite. Quelques savants croient qu'il en est lui-même l'auteur.APER (Arrius),préfet du prétoire sous l'empereur Carus, fit périr ce prince ainsi que Numérien, son successeur, et chercha à se faire proclamer empereur; mais il fut Mis à mort par Dioclétien, en 284.APHRODISIA,kpimoDISIAs ou APHRODisIDM, nom de plusieurs Y. anciennes consacrées à Vénus (Aphrodite)._ Les principales étaient: l°en Carie, au N. E., prés des frontières de la Lydie, patrie du commentateur Alexandre, dit d'Apphrodisie;-21 dans la Cilicie Trachéotide, en face Chypre;-31 en Phrygie, non loin d'Apamea Cibotos.APHRODITE, nom grec de vénus.APHRODITOPOLIS,c: à d. ville de Vénus, nom commun à trois villes d'Egypte : 1° dans l'Heptanomide, sur -la r. dr. du Nil, au S. de Memphis : c'est auj. At fleh:; - 2° dans la Thébaïde; sur le Nil, prés de Latopolis au N. 0. de cette ville : c'est auj. Itfou- --3° d'ans la Thébaïde, à quelques kil. au S..0, c1 Antœopolis, sur un canal latéral au Nil.APHMONIÜS,rhéteur grec du Iii° siècle après J: C., natif d'Antioche, est auteur d'une rhétorique intitulée Progyninàsmata, composée d'après Hermogène, et qui a été longtemps en usage dans lés écoles (publiée avec trad. 'latine, Amst., 1665, in-12}. On a aussi d'Aphmonius des Fables,, publiées avec celles d'Ésope et d'Abstemius, Francfort, 1610, in-8.
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APIA TELLUS, c.-à-d. terre d'Apis, nom du Péloponèse, dérivé d'Apis, un de ses plus anciens rois.APICIUS (M. Gabius), gourmand et gastronome célèbre, vivait à Rome du temps d'Auguste et de Tibère. On dit qu'après avoir dépensé plus de 100 millions de sesterces (env. 20 millions de francs) pour satisfaire sa passion gloutonne, il se donna la mort parce qu'il ne lui restait plus que 10 millions de sesterces (env. 2 millions), somme qui ne lui suffisait plus pour vivre. -On a sous le nom d'un certain Coelius Apicius un traité De re culinaria ou De obsoniis, Londres, 1705, et Anspach, 1800, ouvrage fort ancien, mais qui n'est pas du célèbre Apicius.APION,grammairien d'Alexandrie, né en Égypte, fut député par les Alexandrins à Caligula pour se plaindre des Juifs. Apion avait composé une Histoire d'Égypte et un livre Sur les Juifs, satire violente que Josèphe a réfutée; il n'en reste que peu de fragments (dans le.; i7~-agm. de la collect. Didot).APIS, divinité que les Égyptiens adoraient sous la forme d'un boeuf. On reconnaissait le bœuf Apis à divers signes particuliers : il devait être noir par tout le corps et avoir sur le côté droit une marque blanche semblable au croissant de la lune. La durée de son existence était limitée à 25 ans. Au bout de ce temps, les prêtres le noyaient solennellement dans le Nil, puis ils l'embaumaient, lui faisaient des funérailles magnifiques et l'enterraient dans le Serapeum. Ils le pleuraient ensuite, et en cherchaient un autre pour le remplacer. Lorsqu'ils avaient trouvé le nouveau dieu, ils se livraient à la joie et lui rendaient leurs hommages. On pense que c'est Osiris, dieu de l'agriculture, que l'on adorait sous cet emblème : les Égyypptiens croyaient qu'Osiris avait pris la forme d'un beauf et avait traîné la charrue lorsque les dieux, battus par Jupiter, se réfugièrent en Egypte, où ils se cachèrent sous diverses formes.APOCALYPSE, c. -à-d. révélation, du mot grec apokaluptô, découvrir, livre du Nouveau Testament, écrit par S. Jean l'évangéliste vers l'an 95, contient les révélations que Dieu lui fit pendant son exil à Patmos. Cet ouvrage mystérieux, dont l'obscurité est devenue proverbiale, a donné lieu à une foule de commentaires, dont quelques-uns extravagants : on y a vu soit la description des persécutions que l'Église devait souffrir de la part des Juifs et des Gentils; soit l'annonce de la destruction de Rome (dé-signée sous le nom de Babylone), et le triomphe de l'Eglise, régnant sur le monde entier, etc.APOCRISIAIRE, dignitaire du Bas-Empire. Y. ce mot au Dict. des Sciences, des Lettres et des Arts.APOLLINAIRE,l'Ancien et le Jeune, père et fils, grammairiens et rhéteurs grecs du ive siècle après J.-C., enseignèrent à Béryte et à Laodicée, et embrassèrent le Christianisme. Quand la lecture des livres païens eut été interdite aux Chrétiens par l'empereur Julien (362), ils composèrent pour les remplacer divers livres élémentaires, en prose et en vers; il ne nous reste de ces ouvrages que l'Interprétation des Psaumes, en vers grecs, et une -tragédie, le Christ souffrant, attribuée à tort à S. Grégoire de Nazianze, Paris, 1552 et 1580, avec trad. latine. Apollinaire le Jeune fut évêque de Laodicée, mais il tomba dans l'hérésie , et fut le chef d'une secte qui soutenait que J.-C., en se faisant homme. n'avait pris que lame sensitive de l'homme (psyché) et non l'âme intellectuelle (noi2s); il fut con-damné par les conciles d'Alexandrie, 362, et de Constantinople, 381. Il mourut cette dernière année.APOLLINE (Ste),vierge et martyre, vivait à Alexandrie et y fut arrêtée en 248, sous le régne de Philippe-l'Arabe, dans une sédition excitée contre les Chrétiens. Elle se jeta d'elle-môme dans le bûcher préparé pour son supplice. On la fête le 9 février.APOLLINOPOLIS MAGNA, auj. Edfou, Y. de l'Égypte anc. (Thébaïde), sur le Nil, r. g., à 110 kil.au N. de Syène, Plusieurs beaux temples, -dont mn surtouts que l'on voit encore presque en entier, le disputait aux plus grands de l'Égypte, mais dont les bas-reliefs, exécutés du temps des Ptolémées, sont de mauvais style.APOLLINOPOLIS PARvA,auj. Kous ou Sytfah, v.-d'É-gypte (Thébaïde), prés du Nil, au N. de la précédente et à quelques k. au S. 0. de Coptos.APOLLO, Juif originaire d'Alexandrie, embrassa le Christianisme vers l'an 54, prêcha à Éphèse et à Corinthe, et s'acquit une telle réputation qu'on opposait son autorité à celle de S. Paul et de S. Pierre.APOLLODORE, grammairien d'Athènes, qui vivait 150 ans av. J: C., s'acquit une grande renommée pour l'explication des poètes. De ses nombreux ouvrages il ne reste que sa Bibliothèque mythologique, en 3 livres, contenant l'Histoire des dieux et des héros jusqu'au retour des Héraclides dans le Péloponèse, publiée par Eginus Spoletinus, grec-latin, Rome, 1550, par E. Bekker, Leips., 1854, et réimpr., avec trad. lat., daùs la collection Didot (Hist. græc. fragm.); elle a été trad. en français par M. Clavier, Paris, 1805. On croit que cette histoire, qui n'est qu'un abrégé fort sec, n'est pas Pouvrage même d'Apollodore, et qu'elle n'est que l'extrait d'un traité plus considérahle composé par ce savant.APOLLODORE, architecte de Damas, né vers l'an 61 de J.-C. florissait sous Trajan. Il construisit,.par les ordres de ce prince, un pont colossal sur le Danube, et éleva à Rome la colonne Trajane, la basilique Ulpia, ainsi nommée d'un des noms de l'empereur, et plusieurs autres monuments regardés comme des chefs-d'œuvre. Après la mort de Trajan Adrien, qù'il avait offensé par des paroles imprudentes, l'exila, puis le fit mettre à mort, 130, et détruisit plusieurs de ses ouvrages.APOLLON ou PhéBus, dieu du soleil et de la lumière, des arts, des lettres et de la médecine, était fils de Jupiter et de Latone, et frère jumeau de Diane ou la Lune. Il naquit dans l'île de Délos (Y. LATONE). A peine sorti du berceau, il tua de ses flèches le serpent Python, qui, à l'instigation de Junon, avait persécuté sa mère. Dans la suite, irrité de la mort de son fils Esculape; que Jupiter avait foudroyé, il tua les Cyclopes qui forgeaient la foudre. Lemaitre des dieux, pour le punir, l'exila de la terre. Il y garda quelque temps les troupeaux d'Admète, roi de Phères en Thessalie• puis se mit au service de Laomédon pour lequel il bâtit, avec Neptune, exilé comme lm, les murs de Troie. Après avoir encore quelque temps erré sur la terre, où Marsyas et Midas (Y. ce nom) éprouvèrent les effets de sa colère, il fut rappelé au ciel, et chargé par Jupiter de conduire le char du soleil. Apollon fut épris d'un grand nombre de nymphes et de mortelles. Les plus connues sont Daphné, qui fut insensible à ses veaux et qu'il transforma en laurier; Cassandre à laquelle il donna le don de prophétie; Coronis, vont il eut Esculape; Clymène, qu'il rendit mère du téméraire Phaéthon. On le représentait sous les traits d'un beau jeune homme, tenant à la main tantôt un arc, tantôt une lyre, la tête ornée d'une chevelu;e longue et flottante, et ceinte d'une auréole lumineuse. Il dirigeait le chœur des Muses et habitait avec elles sur le sommet du Parnasse, du Pinde ou de l'Hélicon. On en fait aussi un dieu vengeur : ses traits inévitables répandent la peste et la mort; allusion aux terribles effets produits par l'excessive ardeur du soleil. Apollon avait un grand nombre de temples et d'oracles, dont le plus célèbre est celui de Delphes. On célébrait en son honneur les jeux Pythiques.APOLLONIE,Apollonia, nom de phtsieurs villes grecques où se trouvaient des temples et des oracles d'Apollon. Les principales sont : P en Illyrie, près de l'embouch. de l'Aoüs (Philippe V y fut battu par le préteur Lævinus 214 av. J: C.) : c'est auj. Pollini; - 2° en Macédoine, au S. 0. de Thessalonique : c'est auj. Paléo-Chori;-3° en Thrace à l'entrée du golfe formé ppar le Pont-Euxin; on la nomma plus tard Soxopolis, d'où son nom moderne de Sixéboli; -4° dans la Cyrénaïque, auj. Marxa-Souza, sur la mer, à quelques kil, au N. de Cyrène, à laquelle elle servait de port;-5, dans l'île de Crète, nommée aussi Eleuthera, patrie du philosophe Diogène d'Apollonie; - 61 en Bithynie, auj. Aboulioun, à PO., sur le lac Apolloniates; - 7° en Palestine, près de Césarée, sur la mer; on croit que c'est auj. Arxouf;-8° en Pfsidie, à PO. d'Antioche de Pisidie. J. Arundel y trouva en 1833 une trad. grecque du Testament d'Auguste.APOLLONIE (Ste). V. APOLLINE (Ste).
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APOLLONIUS de Perge, géomètre grec, né vers 244 av. J.-C., à Perge en Pamphyplie, florissait à Alexandrie sous Ptolémée Philopatbr, 205, et fut, avec Euclide, Archimède et Diophante, un des créateurs des sciences mathématiques. On a de lui un traité en 8 livres des Sections coniques, dont la meilleure édition est celle de Halley, Oxford, 1710. Apollonius fut commenté chez les anciens par Papppus.APOLLONIUS de Rhodes, poète grec, né à Àlexandrie ou à Naucratis, vers 276, mort vers 186. Élève de Callimaque, il ne tarda pas à devenir le rival de son maître. Forcé de s'éloigner par la jalousie de Callimaque, il alla se fixer à Rhodes (d'où son surnom), enseigna dans cette ville avec distinction la rhétorife, fut rappelé dans Alexandrie après la mort de Callimaque et fut chargé de la direction de la fameuse bibliothèque. Il avait composé de nombreux ouvrages; il ne nous en reste qu'un poéme sur l'Expédition des Argonautes, en 4 chants, ouvrage qui offre d'assez grandes beautés pour que Virgile n'ait pas dédaigné e lui faire quelques emprunts. Valérius Flacons en afaitune imitation suivie. Les Argonautiques ont été publiés par H. Etienne, Genève, 1574• Shaw, Oxford, 1777; Brunck, Strasbourg,1780; beck, Leips., 1797,avectrad.latine; parA. Wellauer,Leips., 1828, en grec seulement; et par Merkel, Leips., 1854. Ce poéme a été trad. en français par Caussin de Perceval, 1797, in-8. - On connaît aussi sous le nom d'Apollonius de Rhodes un artiste grec, vivant 200 ans av. J: C., à qui l'on doit le beau groupe connu sous le nom de Taureau Farnèse, représentant Am hion et Zéthus qui attachent Dircé aux cornes d'un taureau sauvage : ce groupe est au musée de Naples.APOLLONIUS de Tyane, philosophe et thaumaturge, né à Tyane en Cappadoce ppeu d années après J: C., embrassa de bonne heure la doctrine de Pythagore, se soumit à toutes les austérités de cette secte, voyagea beaucoup, visita la Cilicie, la Pamphylie, Antioche, Éphèse,Babylone; pénétra' usquedansPInde, accompagné de Damis, son disciplie, puis se rendit à travers la Grèce en Italie, excitant partout l'admiration sur son passage et faisant des guérisons merveilleuses. Chassé de Rome par Néron, il se lia en Orient avec Vespasien, dont il favorisa Pavénement, puis il établit à Éphèse une école pythagoricienne qui attira de nombreux disciples. On croit qu'il mourut dans cette ville, vers l'an 97, dans un âge très-avancé. Ses contemporains le regardaient comme un homme extraordinaire et lui accordaient le don de prédire l'avenir et de faire des miracles. Quelques.païens ne craignirent même pas de le mettre en parallèle avec le Christ. On raconte qu'au moment ou Domitien périt à Rome, Apollonius, qui était alors à Éphèse ou il faisait une leçon publique, s'arrêta tout à coup, et que, s'adressant au meurtrier, il s'écria : a Courage, Stéphanus, tue le tyran. Damis avait écrit sur son maître des mémoires qui furent remis longtemps après à Philostrate : celui-ci a rédigé, d'après ces matériaux, une Fie d'Apollonius, remplie de fables incroyables. Cette Fie a été trad. en français par Castillon, Berlin, 1174, avec une préface de Frédéric II, et par M. Chassang, 1862. Ch. Blount en a donné une trad. angl. avec notes anti chrétiennes. Legrand d'Aussy a publié une biogr, cri-tique d'Apollonius, 1808. Apollonius avait composé plusieurs écrits : il ne reste de lui qu'une Apologie de Domitien, conservée par Philostrate, et 84 Lettres, publiées par Commelin, 1601.APOLLONIUS DYSCOLEc.-à-d.- Chagrin, grammairien d'Alexandrie, ainsi surnommé à cause de son humeur morose, florissait sous Adrien et Antonin, et fut père du grammairien Hérodien. Il est, dit-on, le 1- qui ait réduit la grammaire en système. Il nous reste de lui 4 livres Dé syntaxi seu construction e, publiés avec la trad. latine d',Emilius Portus ar F. Syfburge, Francfort, 1590, et parBekker, Lei~rs., 1817; c'est un des meilleurs ouvrages de ce genre que les anciens nous aient transmis. On lui attribue aussi un recueil dIlistoriæcommentitiœ,Leyde, 1620; Leips., 1792. M. Egger a publié ce qui reste de lui, avec un Essai sur les théories grammaticales dans l'anti-quité, Paris, 1854. - Un autre grammairien du nom 'Apollonius, natif aussi d'Alexandrie, rédiggea au i•' siècle un Lexicon homericum, publ. par. Vil oison, 1773; et par Bekker, Berlin, 1833.APOLOGISTES, écrivains chrétiens des premiers siècles qui présentèrent aux païens des Apologies de la religion. E. APOLOGÉTIQUE au Dict. dés Sciences.APONUS, AQU~E APONI, v. d'Italie, est auj. Abano.APÔTRES, Apostoli c.-à-d. envoyés, premiers disciples de Jésus, furent chargés de répandre la religion nouvelle sur toute la terre. Ils étaient au nombre de 12, savoir : Pierre, André, frère de Pierre, Jeanl'évangéliste, Philippe; Jacques le Majeur, Barthélemy, Thomas, Mathieu, Simon, Thadée ou Jude, Jacques le Mineur, Judas l'Iscariote, qui, après sa trahison, fut remplacé par Mathias. On compte également S. Paul parmi les apôtres : c'est l'apôtre des Gentils. On y joint quelquefois Barnabé.APPELANTS.On nomme ainsi ceux qui, mécontents de la condamnation prononcée contre un livre du janséniste Quesnel par la bulle Unigenitus (1713), en appelèrent au futur concile.APPENRODE, vge du Hanovre, à 4 kii. 0. d'llefeld. Fameuse grotte, dite Ifelle (la Cave).APPENZELL, cant. suisse, inclus dans celui de St-Gall, a 45 k. sur 26 et compte 55 000 h., dont env. 40 000 Réformés. Il est divisé en deux parties indépendantes l'une de l'autre, les Rhodes intérieures, qui ont pour ch.-1. Appenzel, Abbatis cella, 2500h.; et les Rhodes extérieures, qui ont alternativement pour ch: 1. Trogen etHérisau. Pays fort montagneux : les cimes principales sont le Sentis, le Geyrenspitz le Kamor. - Ce canton ne fut admis dans la Confédération suisse qu'en 1513. Il dépendait précédemment de l'abbé de St-Gall.APPERT (Ch,-Nicolas), inventeur d'un procédé pour la conservation des substances alimentaires, mort en 1840, à Massy (Seine-et-Oise), avait été long-temps confiseur et distillateur à Paris. II commença ses recherches dès 171J6, en fit constater le résultat en 1804 par l'administration de la marine à Brest, et fonda la même année un établissementd conserves qui fut bientôt connu dans le monde entier, et oit il une rapide fortune. Son procédé, au moyen duquel on réussit à conserver pendant plusieurs années les substances alimentaires, consiste à faire bouillir ces substances au point juste de leur cuisson puis à les caser bien privées d'air dans un vaisseau L fer-blanc qu'on scelle hermétiquement. On a d'Appert L'Art de conserver les substances animales et végétales, 1810. APPIEN, Appianus, historien grec, né à Alexandrie au commencement du u° s. de J.-C., vint de bonne heure à Rome, vécut sous Trajan, Adrien, Antonin, exerça avec distinction la profession d'avocat, fut surintendant des affaires domestiques des empereurs et peut-être gouverneur de l'Égypte. Il avait composé, sous le titré d'Histoire romaine, un grand ouvrage en 34 livres, qui s'étendait depuis la ruine de Troie jusqu'au règne de Trajan; il y racontait séparément l'histoire- de chacun des peuples qui ont été en relation avec Rome. Il ne nous en reste qu'un petit nombre de livres entiers (savoir : 3 livres sur les guerres d'Espagne, d'Annibal et de Carthage; un sur celle de Mithridate, un sur celle d'Illyrie, 5 livres sur les guerres civiles de Rome), et des extraits de la plupart des autres. I.e tout a été publié par Schweighæuser, Leipsick, 1185, 3 vol. in-8, gr.-lat., et par Dübner, Didot, 1840, gr. in-8; et trad. en fr. par Seyssel, Lyon, 1544, par Odet-Desmares, Paris, 1659. Les cinq livres des guerres ci-viles (livres XIII-XVII ) ont été trad. à part par Combes-Dounous, Paris, 1808, 3 vol. in-8. L'histoire d'Appien jouit d'une grande autorité; elle contient d'ailleurs sur plusieurs époques de l'histoire romaine les seuls renseignements que nous possédions. On peut consulter sur cet auteur les Exercitationes in Appianihistorias deSchweighaeuser, Strasb., 1781.
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APPIENNE (Voie), Via Appua, Via censorina, une des plus belles routes romaines, partait de Rome, passait par Capoue et se terminait à Brindes. Commencée par le censeur Appius Claudius Cæcus vers 311 av. J.-C., continuée par César, elle fut terminée par Auguste. On la surnommait Regina viarum.APPII FORUM, Borgo-Longo ou San-Donato, v. des Volsques, à 55 k. S. de Rome, sur la voie Appienne.APPLEBY, bourg d'Angleterre, tapit. du Westmoreland, sur l'Eden, à 370 k. N. N. 0. de Londres• 1000 h. Anc. château des comtes de Thanet. Grand' marché aux grains. École fondée par Élisabeth.APPROUAGE,rivière de la Guyane française', se jette dans l'Atlantique pprés d'un bourg de même nom, situé à 75 k: S. E. de Cayenne. Cette rivière roule des paillettes d'or.APRAXINE (Foeder-Matveïévitch),amiral russe, né en iG71, mort en 1728, fut un des créateurs de la marine russe. Il remporta plusieurs victoires sur les Suédois en Ingrie et en Esthonie, s'empara des îles d'Aland et fut un des principaux instruments de la gloire de Pierre le Grand; un instant disgracié poùr déprédations, il rentra bientôt en grâce, et fut élevé aux dignités de sénateur, d'amiral général de Russie et de conseiller privé.APRAxINE (Étienne-Feedorovitch, comte),feld-maréchal, petit-fils du préc., combattit d'abord contre les Turcs sous les ordres du maréchal Munich, aida le vice-chancelier Bestouchef à supplanter le comte l'Estocq, favori de l'impératrice Élisabeth, et engagea cette princesse dans la guerre de Sept ans. Nommé commandant en chef, il s'empara de Memel et battit les Prussiens à Gross- Jaegerndorf (1757), mais il ne sut point mettre à profit sa victoire. Accusé de trahison pour ce fait, il fut rappelé et mourut pendant qu'on lui faisait son procès, 1760.APRÈS DE MANNEVILLETTE (J. B.),hydrographe, né au Havre en 1707, mort en 1780, devint capitaine de vaisseau, explora les côtes de l'Inde et de la Chine, et publia, sous le titre de Neptune oriental (1745-1775), d'excellentes cartes de ces parages.APRIÈS, roi d'Égypte, 595-570 av. J.-C., prit Si-don et Chypre. Après un règne de 26 ans, il fut dé-trôné et mis à mort par Amasis, un de ses sujets. On le nomme aussi Éphrée ou Hopphra.APS, Alba Helviorum, puis Alba Augusta, vge de l'Ardèche, dans l'anc. Vivarais, à I1 k. N. 0. de Viviers; 1438 h. Jadis tapit. des Helviens, et siége d'un évêché, transporté à Viviers en 411.APT, Apta Julia, ch.-l. d'arr. (Vaucluse), sur le Calavon, à 55 k. E. d'Avignon; 4314 hab. Trib. de 1Il inst., collége. Faïences, bougies, truffes, confitures. Jadis tapit. des Vulgientes.APULÉE, Lucius Aputeius, écrivain latin et philosophe platonicien, né à Madaure vers 114 de J.-C., mort en 190, étudia la philosophie à Athènes, puis vint à Rome, où il exerça avec succès la profession d'avo-. cat. De retour dans sa patrie, il rétablit sa fortune, fort réduite par de fréquents voyages, en épousant une riche veuve. Accusé par les parents de cette femme d'avoir employé la magie pour s'en faire ai-mer, il se justifia en prononçant une éloquente apologie, qui nous a été conservée. On a d'Apulée : la Métamorphose, vulgairement appelée l'une d'or, en11 livres, roman ingénieux, dans lequel se trouve le fameux épisode de Psyché, mis en vers par La Fontaine; son Apologie; les Florides, fragments de ses discours; 3 livres Sur la doctrine et la vie de Platon, un livre Sur le Dieu de Socrate, un Sur le monde; on lui attribue en outre un grand nombre d'autres ouvrages. Possédant également le grec et le latin, il avait traduit plusieurs écrits des philosophes grecs. Son style, souvent enflé, se ressent du pays où il écrivait : il est plein de mots barbares. Ses œuvres ont été publiées ad usuin Delphini; Pa-ris 1688' les éditions les plus estimées sont celles d'Oudendorp, Ruhnken et Bosscha, 3 vol. in-4, Leyde, 1786-1823, et de Hildebrand, Leips.,1842, 2 v. in-8. On a donné un grard nombre d'éditions et de traductions spéciales de l'une d'or; les traductions françaises les plus récentes sont celles de Bastien, Pa-ris, 1787, et de hiaury, 1812. M. Bétolaud a donné une trad. complète d'Apulée, dans la collect. Panckoucke, 1835-38. Il a aussi été trad. dans la coll. Nisard.APULEIUS SATURNINUS (L.). Y. SATURNINUS.APULIE, vulgairement la Pouille, région de l'Italie, au S. E., le long de l'Adriatique, s'étend au S. et à PE. du fleuve Frento et au N. du Bradanus, et se divise en 2 parties : l'une italique, au N., comprenant l'Apulie propre, la Daunie, la péninsule du mont Gargane; l'autre grecque, dite aussi Iapygie, au S., et comprenantle pays des Salentins, la Messapie avec les Calabres et la Peucétie. Villes princip.: Apulum-Asculum, Arpi, Herdonea, Salapia.Venusia,Aquilonia, Canusium.-Les Apuliens étaient de race osque. Leur pays fut colonisé par les Arcadiens tEnotruS et Peucétius, puis par Diomède. Il forme auj.la Capitanate et partie des Terres de Bari, d'Otrante et de la Basilicate.APULUM ASCULUM. Y. ASCULUM.APURE, riv. de Colombie, naît à 80 k. N. 0. de Varinas, reçoit le Canaguan, le Sto-Domingo , le Manporro, et se j ette dans l'Orénoque. Elle donne son nom à une province de la république de Vénézuela, qui a pour eh.-1. Achagua. les disparus de l'Histoire. SOS: Un marseillais detiendrait en son pouvoir le livre qui pourait les aider a retrouver leur memoire Historique.pour toute information contact: [1]APURIMAC, riv. du Pérou, prend sa source dans les Andes du Pérou, près d'Arequipa, court au N. E., reçoit le Pachachaca, le Pampas, le Mantaro, le Vilcomayo, le Paucar-Tambo, puis s'unit au Beni avec lequel il forme l'Ucayal, et se joint enfin au Tunguragua pour former l'Amazone • env. 900 k. de cours.
[modifier] AQ
AQUAE,c.-à-d. Eaux, nom donné par les Latins à un grand nombre de villes où se trouvaient des sources d'eaux minérales. Les principales sont :AQuE, auj. Acqs ou Ax (Ariége).A. ALLOBROGUM, auj. Aix-les-Bains (Savoie).A. AUGUSTE OU TARBELLICÆ, auj. Dax (Landes).A. AURELIÆ, auj; Baden-Baden.A. BORBONL£, auj. Bourbon-l'Archambault.A. BORVONIS, auj. Bourbonne-les-Bains.A. CALENTES, auj. Chaudes-Aigues.A. CALIDE, auj. Vichy, et Bath en Angleterre.A. CONVENARUM, auj. Bagnères de Bigorre.A. FLAVIÆ, auj. Chaves (Galice).A. HELVETICE OU VERBIGENÆ, auj. Bade (Suisse)A. MORTUE, auj. Aigues-Mortes.A. NERF, auj. Néris.A. NISINEII, auj. Bourbon-Lancy.A. PAN.IoNicE, auj. Bade (Autriche).A. SExTIE, auj. Aix (Bouches-du-Rhône).A. siccE, auj. Sèches (près de Toulouse).A. SOLIS, auj. Bath.A. SPARSE, auj. Aigueperse.A. STATIELLE, auj. ACqui.A. TACAPINE, auj. El-Hamma de Cabès (Tunis).A. TARBELLICÆ, la même que AQUE AUGUSTE.- Pour les noms qui ne se trouvent pas ici, Y. le nom qui suit le mot Aquæ.
AQUAPENDENTE, AQUAVIVA, etc. V. ACQAQUENSIS VICUS, AQUÆ CONVENARUM, V. d'Aquitaine, auj. Bagnères de Bigorre.AQUILA. v. du roy. d'Italie, ch.-l. de l'Abruzze ultér. 2e, à 170 k. N. N. 0. de Naples, sur PAterno;H. 710600 h. Évêché. Place forte. Commerce de safran. - Fondée par l'empereur Frédéric II;endommagée par les tremblements de terre de 1703 et 1706; prise par les Français en 1798 et par les Autrichiens en 1815.
AQLI - 98 - ARAB
AQUILA,natif de Sinope dans le Pont, était architecte et fut chargé par Adrien de rebâtir Jérusalem. Ayant ainsi eu occasion de connaître la religion des Juifs, il l'approfondit sous la direction du rabbin Akiba et ne tarda pas à l'embrasser. Il se fit ensuite chrétien, mais il revint définitivement à la religion juive. Il donna, vers 138, une version grecque de la Bible, qui eut longtemps une grande autorité et qu'on préférait même à celle des Septante. On en trouve des fragments dans les Hexaplés d'Origêne. - Un autre Aquila Juif grec de Corinthe, fut converti par S. Paul, qu'il accompagna à Éphèse. Les Grecs l'honorent comme saint le 8 juillet.AQUILÉE, Àquileia, v. des États autrichiens (roy. d'Illyrie), à 25 k. S. 0. de Goritz, à 6 k. S. 0. des lagunes de Marano, au fond de l'Adriatique. Petit port. - C'était primitivement la capit. des Carni, peuple de Vénétie. Elle reçut une colonie romaine l'an 180 av. J.-C. et prit son nom d'un vol d'aigle de bon augure. Grande et forte sous l'empire romain, elle compta jusqu'à 130 000 h. et devint la capitale de la Vénétie ; c'était la clef de l'Italie au nord. Maximin fut tué par les siens pendant qu'il assiégeait cette place. Théodose y battit en 388 l'usurpateur Maxime. Attila la détruisit en 452. Elle ne s'est pas relevée depuis et n'a guère auj. que 1600 h. Elle était jadis le siège d'un patriarcat, qui en 1751 a été divisé en 2 archevêchés : Udine et Goritz.AQUILIUS (Manius),consul en 129 av. J.-C., fut chargé, après la mort de Perpennai d'achever la guerre contre Aristonic, qui prétendait au trône de Pergame, et amena à Rome ce prince prisonnier.AQUILIUS NEPOS( Manius),général romain, consul avec Marius, l'an 101 av. J.-C., étouffa la révolte des esclaves en Sicile. Dans la suite, il fut envoyé en Asie pour rétablir les rois de Bithynie et de Çappadoce, que Mithridate avait détrônés. Mais, après quelques succès, il fut pris par ce prince qui le fit promener sur un âne, puis le fit mourir en lui versant dans la bouche de l'or fondu. Aquilins avait été accusé de concussion; il fut défendu par Antoine l'orateur, qui le sauva en découvrant au milieu de sa plaidoirie les cicatrices des blessures que son client avait reçues au service de la patrie.AQUILONIA, auj. la Cedogna ou Carbonara v. d'Apulie, au S. E. de Lucérie. Papirius Cursor y battit les Samnites, 293 av. J: C.AQUIN, Aquinum en latin, Aquino en italien, vge du roy. de Naples (Terre de Labour), à 4 kil. N. E. de Ponte-Corvo; 800 h. Évêché.-Jadis ville des Herniques; détruite par les Lombards au vi, siècle. Patrie do Juvénal; S. Thomas d'Aquin naquit auprès.AQUIN (île d'), prés d'Haiti (Antilles), par 751 4' long. 0., et 18° 14' lat. N. - Dans Haïti, vis-à-vis de l'île, est un bourg d'Aquin, à 115 k. 0. des Cayes.AQUIN (Louis-Claude d'),célèbre organiste, né à Paris en 1698, mort en 1772, eut un talent tellement précoce que, dès l'âge de 6 ans, Louis XIV voulut le faire jouer devant lui, et qu'à 8 ans il composait d'excellents morceaux. On venait tout exprès des pays étrangers pour l'entendre.AQUINCUM, v. de Dacie, auj. Bude.AQUIS GRANM nom latin d'AIX-LA-CHAPELLE.AQUITAINE, Aquitania, c.-à-d. pays des eaux, une des quatre grandes régions de la Gaule, comprenait avant César tout le pays situé entre les Pyrénées au S. le golfe de Gascogne à l'0., la Garonne au N. et à 1;E. Peuples princi aux : TarbeIli (Béarn), Ausci (Armagnac), Areerni Auvergne), Bituriges Vivisci (Bordelais), Piciones(Poitou), Lemovices (Limousin), Cadurci (Quercy), Convenæ et Bigerrones (Comminges et Bigorre). Villes : Burdigala, Bordeaux, Aquæ Tarbellicæ (Dax), Cadurci (Cahors), Tolosa (Toulouse), Gergobia, détruite par César. - Crassus, lieutenantde César, soumit la plus grande partie de l'Aquitaine en 57 av. J.-C. César s'en rendit tout à fait maître par la prise de Gergovie (52) et, dans le partage qu'il fit de la Gaule, i2 étendit les bornes de cette province jusqu'à la Loire au N. et à PE. Auguste yajouta le territoire des Bituriges Cubi (Berry et Bourbon-nais). Enfin vers 369 ou 381, l'Aquitaine fut partagée en 3 prov.: Aquitaine 1'1, ch.-1. Avaricum (Bourges); Aq. 2°, ch.-1. Bûrdigala; Aq. 3" ou Novempopulanie, eh.-1. Lugdunum Convenarum (St-Bertrand= de-Comminges), ppuis Ausci (Auch). Les Visigoths devinrent maîtres de l'Aquitaine en 419, sous le règne de Wallia, et firent de Tolosa. la capit. de leur empire. En 507, Clovis, vainqueur à Vouillé, enleva l'Aquitaine à Alaric II, roi des Visigoths, et la réunit au roy. des Francs. Dagobert l'en démembra en 628 et l'érigea en royaume en faveur de son frère Caribert. Après la mort de Hildéric, fils de Caribert (631), le roy. d'Aquitaine fut changé en duché et donné par Dagobert à Boggis, 2° fils de Caribert. Eudes, Hunald et Waifre possédèrent successivement l'Aquitaine à titre de ducs jusqu'en 768, époque où Charlemagne s'empara de cette province. Il en fit un roy. dépendant de la couronne, et le donna en 781 à Louis le Débonnaire, son fils. Celui-ci la céda en 814 à son fils Pepin, qui mourut en 838. Papin II fut proclamé roi àprés lui, mais Charles le Chauve lui enleva ses États et se fit couronner roi d'Aquitaine en 848. En 855, il en investit son fils Charles, qui mourut en 867, et fut remplacé par Louis le Bègue. Lorsque celui-ci monta sur le trône de France ( 877 ), l'Aquitaine fut de nouveau érigée en duché héréditaire en faveur de Ranulfe I, fils de Bernard, comte de Poitiers ; elle perdit bientôt après son nom d'Aquitaine pour prendre celui de Gûyenne,qui paraît n'en être qu'une corruption. Elle se composait alors des fiefs de Gasco§ne, d'Armagnac) de Fezensac, du Périgord, du Poitou, du comté dAngoulême et de la Marche. En 1137, le mariage d'Éléonore, fille de Guillaume, A, dernier duc de Guyenne et comte de Poitiers, avec Louis VII réunit pour un instant cette prov. à la couronne de France. Mais après le divorce im olitiqquue de ce prince (1152), Éléonore épousa Henri Plantagenet, depuis roi d'Angleterre,_ et par là la Guyenne passa entre les mains des rois d'Angleterre. Philippe-Auguste la reprit en partie en 1204, par confiscation, sur Jean sans Terre; mais S. Louis crut devoir la restituer aux Anglais (1259). Confisquée sur Édouard III par arrêt du parlement en 1370, elle fut définitivement réunie à la France sous Charles VII, en 1453. V. GUYENNE.
[modifier] AR
[modifier] ARA
ARA BACCHI, autel de Bacchus, nom latin moderne de BACHABACH.ARA URIORUM, auj. Gottsberg, v. de la 2° Germanie, où les Ubiens élevèrent un autel à Auguste, était au N. de la v. actuelle de Bonn. D'autres disent que c'est Bonn elle-même.ARABAT,fort situé sur la côte N. E. de la Crimée, donne son nom à la Flèche d'Arabat, presqu'île longue et étroite qui se relie à la Crimée, en séparant la mer Putride de la mer d'Azov.
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ARABIE, Arabia, contrée de l'Asie occid., bornée au N. par la Spprie et PAlgezireh, à l'E. par le golfe Persique, au S. par la mer d'Oman, à l'0. par la mer Rouge. Son étendue est de 2500 k. environ du N. au S. sur 2000 de l'0. à PE. On la divise vulgairement en trois parties : A. Pétrée, au N. 0., A. Déserte, au centre et à l'E., A. Heureuse, au S. 0.; mais la division réelle, la seule qui soit connue des indigènes, est celle qui partage l'Arabie en 5 régions, savoir : l'Hedjax, le long de la côte N. _0., qui renferme le grand chérifat de la Mecque-, 1' Yémen, au S. 0., dont les principaux États sont, en allant de l'0. à l'E., l'imamat de Sana, le pays d'Aden, l'Hadramaut et le désert du Marah; l'Oman, au S. E., qui renferme l'imamat de Maskate; le.Lahsa (Bahrain ou Hadjar), à PE.; et le Barria ou Bahr-Abwt, qui comprend le Nedjed, et se compose des vastes déserts situés au centre de l'Arabie. Villes principales : la Mecque, ville sainte, qui est comme la métropole de l'islamisme, Médine, Sana, Djeddah, Aden, Moka, Maskate. On estime la population de toute la péninsule à 12 millions d'individus. L'Arabie n'a que très-peu de mont., excepté au N. 0., où l'on trouve le mont Sinaï et le mont Horeb, et au S. 0., dans l'Yémen. Dans cette dernière région, coulent le Meïdam et le Chabb, les seuls fleuves de l'Arabie qui aient un cours permanent. Le reste de cette contrée n'offre que d'immenses plaines sablonneuses et désertes, où règne continuellement le souffle ardent du simoun ou vent du désert. Sur les côtes la fertilité est très-grande : on y cultive beaucoup de plantes aromatiques et d'épices, le café Moka, l'aloès, le baume, le coton, le cocotier, le grenadier, le maïs, etc. On trouve en Arabie la plus belle race de chevaux gui existe, des chameaux, des buffles, des moutons a grosse queue, etc.; mais les déserts sont infectés par des animaux féroces et des insectes mal-faisants. Les Arabes appartiennent à la famille sémitique; ils sont petits, maigres, basanés. Leur fanatisme a rendu inabordable ,jusqu'à ces derniers temps l'intérieur de l'Arabie, exploré enfin par M. Palgrave en 1862. Ils sont presque tous nomades, surtout les Bédouins, et sont réunis en tribus qui obéissent à des cheiks ou vieillards. Les anciens Arabes ont cultivé avec te plus grand succès la poésie, la philosophie et les sciences mathématiques et naturelles. Leurs savants les plus célèbres sont Al-Kendi, Al-Farabi, Avicenne. Averroës, algazel. On leur attribue l'invention des chiffres et de l'Algèbre; ils cultivèrent l'alchimie. Presque seuls au moyen âge ils avaient conservé les connaissances de l'antiquité, et c'est en grande partie par eux qu'elles ont été transmises à l'Occident; mais ils ne tardèrent pas à retomber dans leur ignorance première. Dans ce siècle, Méhémet-Ali, en Égypte, et les Français, en Algérie, se sont efforcés d'en tirer les Arabes soumis àleur domination.-Les Arabes, l'un des plus anciens peuples du monde, sont issus d'Abraham, par son fils Ismaéi; ils ont presque toujours été indépendants. Sous Trajan, les Romains conquirent une très-faible partie de l'Arabie, celle qui fut depuis appelée Arabie-Pétrée, du nom de Petra, son ch.-1. Au vue siècle, Mahomet, fondateur de l'Islamisme, créa l'empire arabe (622), qui grandit rapidement et s'accrut en suivant les progrès de la religion musulmane. Cet empire embrassa successivement l'Arabie entière (624-632), la Syrie (632-638),l'Égypte (638-640), la Perse (636-652), l'Afrique septentrionale (692-708), l'Espagne (710-714). La France même fut un instant menacée par l'invasion arabe (721-739). Mais dès 750 ce vaste empire perdit son unité. Bagdad vit s'élever sur les ruines du califat des Ommiades celui des Abbassides. Peu après, les Aglabites, à Kairwan (800), les Thouloumdes (883), puis les Fatimites en Égypte (909), se rendirent indépendants, tandis que les califes de Cordoue, derniers restes des Ommiades, se séparaient entièrement des califes d'Orient. Ce morcellement continua jusqu'au xiie siècle environ. A cette époque, les maures en Espagne et en Afrique, les Turcs et les Mongols en Orient, avaient enlevé aux Arabes toutes leurs conquêtes. L'Arabie elle-même avait déjà cessé depuis longtemps d'appartenir aux califes; elle redevint alors indépendante. Les Arabes, par la nature de leur vie nomade, résistèrent aux invasions mongoles et tartares, et aux attaques des Turcomans. Au xviie et au xvuie siècle une grande partie de l'Arabie fut soumise à la domination des Wahabites, tribu arabe, qui avait son berceau dans le Ned'ed; mais ce nouvel empire eut peu de durée: il fut Nétruit, au commencement de ce siècle, par Méhémet-Ali et son fils Ibrahim (1818), et les Wahabites furent refoulés dans leurs premières limites. Auj. l'Hedjaz et la Mecque reconnaissent l'autorité du sultan. Quant au reste de l'Arabie, il est tout à fait indépendant. Quoique la domination des Arabes ait depuis longtemps cessé, leur langue se parle encore dans une grande partie de l'Asie et de l'Afrique, et ils forment dans ces pays une portion notable de la population.ARABIQUE (golfe). V. ROUGE (mer).ARACAN, v. de l'Inde transgangétique, jadis capit. du roy. d'Aracan, auj. ch.-l. de la prov. anglaise de ce nom, par 90, 45' long. E., 20° 40' lat. N.; env. 20 000 hab. Grande et jadis fort peuplée, mais réduite à l'état le plus triste pendant la domination birmane (1783). Nombreuses pagodes : c'est dans Aracan que fut prise la fameuse statue colossale de Goutama.ARACAN, contrée de l'Inde transgangétique, au N. 0. de cette presqu'île et de l'empire Birman, s'étend le long de la côte E. du golfe de Bengale, des bords du Nauf jusqu'au cap Negrais, et a pour ch.-1. Aracan. - Jadis royaume indépendant, souvent ravagé parles Mongols et les Pégouans; il fut conquis par les Birmans en 1783, et par les Anglais en 1824. La popul. s'élevait dans le dernier siècle à près de 2 000 000 hab. Mais la guerre contre les Birmans et les émigrations ont réduit ce chiffre à 500 000 env. Une longue chaîne de mont. sépare l'Aracan de l'empire Birman; le pays est arrosé par le fleuve Aracan, qui se j ette dans le golfe de Bengale, au S. de la ville de même nom. Climat brùlant, insalubre. Riz, bois de construction. On y rencontre de l'or et de l'argent.ARACAN (archipel d'), dans le golfe de Bengale, à l'E., sur les côtes de la prou. d'Aracan. Ses 2 îles les plus remarquables sont Ramri et Tchedoba; on y trouve des volcans qui vomissent de la vase.ARACATI,v. et port du Brésil (prou. de Céara), à l'emb. du Jaguaribe; 9000 h. C'est la ville la plus commerçante de la province. Fondée en 1723.ARACHNÉ (c.-à-d. Araignée), jeune femme de Colophon, qui, selon la Fable, travaillait avec tant de perfection à la broderie qu'elle ne craignit point de proposer un défi à Minerve : elle l'emporta; mais la déesse, irritée de cette défaite, frappa de sa navette Arachné à la tête; celle-ci se pendit de désespoir, et fut changée en araignée.ARACHOSIE, prov. de l'empire perse, au N. E. de la Gédrosie et à l'O. de l'Inde, était arrosée par l'Arachotus, et avait pour ch.-l. Arachosia, appelée primitivement Cophe, dont on attribuait la fondation à Sémiramis. Cette prov. fait auj. partie du roy. de Caboul sous le nom de Seistan.ARAD, nom commun à 2 villes de Hongrie qu'on distingue en Vieil-Arad et Nouv. Arad, et qui donnent leur nom à un comitat situé à l'O. de la Transylvanie; elles sont sur le Maros, presque en face l'une de l'autre, la 1 `e sur la r, dr., la 2e sur la r, g., à 40 kil. N. de Temeswar. Le comitat compte 230 000 h.ARADUS, Arek, île de la côte de Phénicie, à 150 k. N. N. E. de Sidon, était jointe au continent par un pont et avait une ville de même nom (auj. Ruad). - Vis-à-vis de l'île d'Aradus était la ville d'Antaradus, bâtie sur le continent.ARAFAT, mont, d'Arabie, à 24 k. S. E. de la Mecque. But de pèlerinage chez les Mahométans.
ARAG - 100 - ARAM
ARAGO (François), illustre savant français, né en 1786 à Estagel (Pyrénées-Or.), mort à Paris en 1853, était fils d'un employé de la Monnaie de Perpignan, originaire d'Espagne. II entra dès l'âge de 17 ans à l'École polytechnique, devint, en sortant, secrétaire du Bureau des Longitudes, fut adjoint à M. Biot pour vérifier la mesure du lobe (1806), se vit, pendant qu'il exécutait ce travail, arrêté comme espion par les Espagnols, et ne put rentrer en France qu'a-près avoir couru de grands dangers; fut, à son retour, admis à l'Académie des sciences et nommé professeur à l'École polytechnique, quoiqu'il n'eùt encore que 23 ans (1809) ; devint successivement directeur de l'Observatoire et du Bureau des Longitudes, membre du conseil supérieur de PEcole polytechnique, enfin- secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences (1830). Élu en 1831 député des Pyrénées-Orientales, il se signala par une opposition aussi vive que constante, attaquant surtout le système des études classiques, le régime électoral, et demandant instamment la réforme; il acquit ainsi une telle popularité qu'en 1848 il fut porté par ac¬clamation au gouvernement provisoire. Il s'honora en luttant contre la faction qui voulait arborer le drapeau rouge, en se prononçant contre les prédi¬cations subversives des utopistes, et se mit, pendant les funestes journées de juin, à la tête des troupes pour marcher contre les barricades; mais il ne tarda pas à se retirer avec découragement de la scène po¬litique. Arago a rendu de grands services à la science, surtout à la physique et à l'astronomie. Il adopta et fit triompher la théorie de l'ondulation de la lumière , en détruisant par des faits celle de l'émission; découvrit la polarisation colorée, inventa un ingénieux polariscope et divers instru¬ments qui donnèrent plus de précision aux obser¬vations astronomiques; compléta les travaux d'Œr¬sted et d'Ampère sur les rapports du magnétisme et de l'électricité, et découvrit, en 1824, le magné¬tisme par rotation, découverte pour laquelle la So¬ciété royale de Londres lui décerna la médaille de Copley. Arago possédait à un rare degré le talent d'exposer la science avec clarté et de la mettre à la portée du plus grand nombre; la foule se pressait pour l'écouter à l'Observatoire où il faisait un cours populaire d'astronomie. Ce savant n'a point laissé de grand monument; mais on lui doit une foule d'é¬crits précieux, disséminés pour la plupart dans les Mémoires de l'Institut, dans l'Annuaire du Bureau des Longitudes, qu'il enrichit d'excellentes notices, ou dans les Annales de physique et de chimie, qu'il avait fondées avec Gay-Lussac. M. J. A. Barrai a réuni ses Œuvres complètes en 17 vol. in-8 (1856-60) : elles se composent d'un traité d'Astronomie po¬pulaire, de Notices et Mémoires scientifiques, de Notices biographiques, de Rapports et de Mélanges. M. Ch. Combes a prononcé son Éloge à l'Institut en 1854. M. Audiganne a publié : Fr. Arago, son génie et ses influences, 1857.Deux frères de Fr. Arago, Jacques Arago (né en 1790, mort en 1855) et Étienne Arago (né en 1803), se sont fait connaître comme écrivains. Le premier a publié, quoique devenu aveugle, des récits de voya¬ges, des nouvelles, des romans, pleins d'intérêt; le deuxième a donné de spirituels vaudevilles.ARAGON, grande prov. d'Espagne, une des 12 capi¬taineries générales du roy., est située entre celles de Vieille-Castille et de Navarre à l'O., de Catalogne à l'E., de Nouvelle-Castille au S., et touche à la France par sa frontière sept.; Saragosse en est la capitale. On la divise en 3 prov. : celles de Saragosse, de Huesca et de Téruel. Étendue, 320 k. sur 200; 850 000 h. On y trouve des mont. au N. et à l'E. , des plaines sablonneuses et arides au centre, et de nombreuses rivières : l'Bbre, le Gallego, le Xalon, le Guadalaviar et l'Aragon, qui donne son nom au pays. -L'Aragon n'est qu'une partie de la Tarraconaise des Romains, et répond en partie à la Celtibérie des anciens. Il passa en 470 de la domination des Ro-mains sous celle des Goths, fut conquis par les Maures en 714, leur fut repris par les rois de Navarre, et forma un comté qui resta sous leur dépendance jus-qu'en 1035. A cette époque, la mort du roi de Navarre Sanche III occasionna un partage entre ses 4 fils : le comté d'Aragon échut à Ramire, l'un d'eux, et fut érigé en royaume. Le roy. d'Aragon était alors fort resserré; il s'agrandit par des conquêtes suc¬cessives de 1096 à 1137, s'augmenta du comté de Barcelone par l'avénement de la dynastie barce¬lonaise, 1137, acquit Montpellier, 1804, les îles Ba¬léares, 1229-1233, les trois quarts du roy. de Va¬lence, 1238, fit en 1282 l'acquisition de la Sicile, qu'il perdit en 1294; acquit la Sardaigne en 1326, mais céda Montpellier à la France, 1349; réunit définitivement la Sicile, 1409; y joignit la couronne de Naples, 1435, et finit par s'unir à la Castille pourformer la monarchie d'Espagne. Cette union, préparée par le mariagé de Ferdinand héritier d'Aragon, avec Isabelle, héritière de Castille, 1469, avancée par l'avénement de Ferdinand au trône d'Aragon, 1479, remise en question par la mort d'Isabelle, 1504, fut consommée par l'avénement de Charles-Quint, 1516, petit-fils et héritier de Ferdinand et d'Isabelle. Depuis ce temps, les couronnes d'Aragon et de Castille sont restées unies. En 1516, la couronne d'Aragon comprenait : 1° en Espagne et en France, l'Aragon, la Catalogne, la Haute-Navarre, le Roussillon, la roy. de Valence, celui de Murcie; 2° hors de la Péninsule, les Baléares, la Sardaigne et les Deux-Siciles,, L'Aragon, célèbre par son esprit d'indépendance, çonserva, sous les diverses domi¬nations, ses priviléges ou fueros. Le pays se gouvernait lui-même par ses cortés.Les rois d'Aragon se sont succédé comme suit : 1° Dynastie de Navarre. Alphonse III, 1285Ramire I, 1035 Jayme II, 1291Sanche-Ramire I, 1063 Alphonse IV, 1327Pèdre I, 1094 Pèdre IV, 1336Alphonse I, 1104 Juan I, 1387Ramire II, 1134 Martin, 13952° Dynastie de Darce- 8° Dynastia de Castille.lone. Ferdinand I, 1412Raymond, 1137 Alphonse V, 1416Alphonse II, 1162 Juan II, 145gPèdre II, 1196 Ferdinand II, 1479Jayme I, 1213 Charles-Quint, roi dePèdre III, 1276 toute l'Espagne, 1516
ARAGON, riv. d'Espagne , naît sur le versant S. des Pyrénées, coule à l'O., puis au S., arrose Jaca, San¬guesa, et tombe dans 1 Bbre en face d'Alfaro, après avoir traversé l'Aragon, auquel elle donne son nom, et une partie de la Navarre. Cours, 150 kil.ARAGUAY, riv. du Brésil, sort de la Serra Sei ada, reçoit par la droite le Claro Diamantino, le Vermeiho de Goyaz, le Crixas; par la gauche, le Rio das Mortes, le Farte, l'Aquiqui, et se jette dans le Tocantins, vers le milieu du cours de ce fleuve, après avoir formé la grande île Ste-Anne. Cours total, 1500 kil.ARAL (mer d'),.grand lac de l'Asie centrale, dans le Turkestan, entre 54°-59° long. E., 42°-46° lat. N., a 450 kil. de long, 240 de large, et reçoit le Syr-Da¬ria (Iaxarte), l'Oudjani et l'Amou-Daria (Oxus). Ses bords méridionaux sont habités par les Arales. Eau peu salée; côtes basses. - Les anciens ignoraient probablement l'existence de la mer d'Aral, et comme ils faisaient de l'Amou-Daria un tributaire de la mer Caspienne, on a prétendu que de leur temps les deux mers n'en faisaient qu'une. Suivant plusieurs mo¬dernes, la mer d'Aral serait ce que les anc. nom¬maient le lac Chorasmias (lac de Khovaresm).ARAM,nom donné dans la Genèse à la Syrie, s'étendait aussi à_la Mésopotamie, à la Chaldée, à l'Assyrie et à l'Elam; il dérivait d'Aram cinquième fils de Sem, dont les descendants peuplèrent la Sy¬rie et la Mésopotamie. On appelait Araméens les ha¬bitants de ce pays. On homme encore auj. langues araméennes le syriaque et le chaldéen, langues par¬lées dans l'ancien pays d'Aram.ARAM (Eugène), savant anglais, né à Ramsgill, au comté d'York, était fils d'un jardinier et' vint s'é¬tablir à Londres en 1734, Il travaillait à la composi¬tion d'un dictionnaire comparé des langues celtique, anglaise, latine, grecque et hébraïque, et jouissait de l'estime générale, lorsqu'il fut arrêté en 1758, et convaincu d'avoir, quatorze ans auparavant, assas¬siné Daniel Clark, cordonnier : il lut condamné et exécuté à York en 1759. La jalousie 14ui avait fait commettre ce crime. E. Avant est le sujet et le titre d'un des romans de Bulwer.ARAMÉENS. V. Aram.ARAMITZ, ch: 1. de canton (B.-Pyrénées), à 15 k. S. O. d'Oloron• 516 h. Froment, maïs. ARAMON, ch: 1. de canton (Gard), sur le Rhône, 1 27 kil. N. E. de Nîmes; 2393 hab. Oliviers.
ABAT - 101 - ARBR
ARAN (Val d'), une des plus hautes vallées d'Espagne, dans les Pyrénées, versant N., sur la frontière des dép. de la Garonne et de l'Ariége, forme un district de la prov. de Lérida, qui a pour ch: 1. Viella. La Noguera et la Garonne y prennent naissance à 50 pas l'une de l'autre. Les habitants sont presque tous pâtres, bûcherons ou contrebandiers.-Le val d'Aran appartenait jadis aux Conuen eou Garumni, peuple de la Gaule. Il fit ensuite partie du comté de Commin¬ges, et passa à l'Espagne en 1192.ARANDA (don ABARCA DE BOLEA, comte d'),homme d'État espagnol, né en 1719, mort en 1798, fut am¬bassadeur de Charles III près d'Auguste III, roi de Pologne, devint en 1766 président du conseil de Cas-tille, puis ambassadeur en France, et fut nommé en 1792 premier ministre, mais il fut bientôt remplacé par Godoï. Ministre libéral, il avait fait bannir les Jésuites (1767) et limité le pouvoir de l'inquisition.ARANJUEZ, v. d'Espagne (Tolède) sur le Tage, r. g., à 44 kil. S. de Madrid; 9000 hiab. Superbe maison rolale, séjour de la cour depuis Pâques jus-qu'à la fin de juin; beaux palais des Infants et de Médina-Céli. Chemin de fer conduisant à Madrid.-Un traité d'alliance y fut conclu en 1772 entre la France et l'Espagne contre l'Angleterre. Il y éclata en 1808 une insurrection contre le prince de la Paix, Manuel Godoï, par suite de laquelle Charles IV se vit forcé d'abdiquer en faveur de son fils Ferdinand.ARANYOS,riv. de Transylvanie, sort du mont Kalymiasza, passe à Thorda, Aranyos-Cyères, et se jette à St-Marton dans le Mares; cours 140 ltil. Elle roule des paillettes d'or (arany en hongrois).ARAPILES, bourg et mont. d'Espagne près de Salamanque, a donné son nom à une bataille plus con-nue sous le nom de bataille de Salamanque.ARAR, ARARIS, riv. de Gaule, est auj. la Saône.ARARAT, auj. Macis ou Agri Dagh, célèbre mont. d'Arménie, à 65 kil. S. O. d'Erivan, par 42° 15' long. E., 39° 30' lat. N., est la plus haute mont. de cette contrée; on lui donne 5248-; son sommet est couvert de neiges éternelles. C'est sur cette mont., selon la Genèse (ch. vni, v. 4), que s'arrêta l'arche de Noé.ARAS, Araxes, riv. d'Asie, sort du mont Teckdagh, en Arménie, à 35 kil. S. E. d'Erzeroum, court au N. E., fertilise l'Erivan et le Chirvan, et tombe dans le Kour, r. dr.. près de Djabat, après un cours de 680 kil.L'Aras était surtout remarquable par son impétuosité, ce qui a fait dire à Virgile : Pontem indi¬gnatusAraxes (Én., VIII, 728).Néanmoins, on le tra¬verse aujourd'hui sur trois ponts de pierre.- ARATOR, poète latin chrétien, né en Ligurie vers l'an 490, mort en 556, était sous-diacre à Rome, et devint secrétaire et intendant des finances d'Athala¬rie, roi des Goths. Il a mis les Actes des Apôtres en vers. Ses poésies se trouvent dans la Biblioth. des Pères, Paris, 1575; elles ont été publiées à part par Arntzénius, Zutphen, 1769, et Hubner, Leips., 1850.
- ARATUS,
général de la ligue Achéenne, né à Si¬cyone vers l'an 272 av. J.-C., fut élevé à Argos, ren¬tra dans sa patrie en chassant le tyran Nicoclès, fit entrer Sicyone dans la Ligue Achéenne et en fut nommé chef, quoique fort jeune encore. Il rendit l'indépendance à Corinthe (243), en chassa Antigone, roi de Macédoine, fit entrer dans la Ligue presque toute la Grèce centrale, mais ne put surmonter l'op-position des Etoliens et des Lacédémoniens, et fut même battu par Cléomène, roi de Sparte. Il fit alors une alliance imprudente avec Antigone, puis avec le successeur de ce prince, Philippe V : ce dernier, après s'être servi de lui pour écraser les Étoliens, le fit empoisonner (213). Aratus avait composé une His¬toire de la Ligue Achéenne qui ne nous est pas par-venue. Plutarque a écrit sa Vie. ARATUS,poète et astronome grec, né à Soles en Cilicie, vers 270 av. J.-C., contemporain de Théocrite, vécut à la cour d'Antigone Gonatas, roi de Macédoine. II a composé sur l'astronomie un poème intitulé les Phénomènes et les Pronostics, que Cicéron, Germanicus et Avienus ont traduit en vers latins, et qui a été commenté par Hipparque, Eratosthène et Théon. Les meilleures éditions de ce poème sont celles de Th. Buhle, Leipsick, 1793-1801 , et d'A. Keeclily, dans les Bucolici didactici de la collect. Didot, 1846 Hugo Grotius a réuni, sous le titre de Syntagma Arta teorum (Leyde, 1600), les traductions latines d'Aratus faites par les anciens. Pingré a donné une trad. française de ce poète à la suite des Astronomiques de Manilius, 1786, 2 vol. in-8.ARAUCANIE, contrée de l'Amérique méridionale, entre les Andes et l'Océan , au S. du Chili , s'étend de 36° 44' à 39° 50' lat. S. Les Araucans, la principale nation indigène de la famille chilienne, se distinguent par leur civilisation assez avancée et leur haine implacable pour les Espagnols. De 1555 à 1773, ils ont fait à plusieurs reprises une rude guerre à ce peuple, et souvent ils ont été les agresseurs. Les Jésuites avaient tenté leur conversion, mais en 1720 une révolte générale mit ces tentatives à néant. 'Par un traité avec l'Espagne en 1773, ils obtinrent d'avoir un résident à Santiago. Les Araucans forment encore auj. une confédération composée de quatre États, qui ont des chefs héréditaires : ils ont une constitution analogue au gouvernement féodal. Ils élèvent des troupeaux de boeufs et de vigognes. La guerre des Espagnols contre les Araucans, au xvi° siècle, est le sujet du poème épique de l'Araucana, d'Alonzo de Ercilla.ARAURIS, riv. de Gaule, est auj. l'Hérault.ARAUSIO, ville de Gaule, est auj. Orange.ARAXE, nom anc. de deux riv., dont l'une dans l'Arménie, est auj. Aras (V. ce nom);et dont l'autre est dans la Perse : celle-ci passait à Persépolis et se jetait dans le Médus, affluent du golfe Persique.ARBACE,gouverneur des Mèdes sous Sardanapale, roi d'Assyrie, conspira contre ce prince efféminé avec le Chaldéen Bélésis, gouverneur de Babylone, partagea ses États avec les principaux conjurés, et obtint le roy. des Mèdes, vers l'an 759 av. J.-C. Il établit sa résidence à Ecbatane et régna 28 ans.
[modifier] ARB
ARBE, Arba, île des États autrichiens, sur la côte de Dalmatie, par 12° 31' long. E., 44° 47' lat. N. (80 kil. carr.); env. 5000 h.; ch.-I. Arise. Evêché.ARBÈLES, Arbela, auj. Erbil, v. d'Assyrie, à l'E. de Ninive, près du Lycus, a donné son nom à la vic¬toire qu'Alexandre remporta aux environs sur Darius, dans la plaine de Gaugamèle (331 av. J.-C.) : Daritis, obligé de fuir, fut bientôt tué par Bessus.ARBOGASTE, comte gaulois, général des armées de Valentinien II, défit et tua Victor, fils de l'usurpateur Maxime (388). Nommé préfet du prétoire, il voulut exercer seul toute l'autorité, mais alors Valentinien le dépouilla de ses charges. Il se vengea en faisant périr ce prince , proclama empereur un certain Eugène et chercha à mettre les Païens dans son parti, en relevant les autels des faux dieux; mais il fut poursuivi par Théodose, vaincu près d'Aquilée, et réduit à se donner la mort (394). M. Viennet en a fait le héros de sa tragédie d'Arbogaste, 1841.ARBOIS, ch.-1. de tant. (Jura), sur la Cuisante, arr. et à 10 k. de Poligny, à 40 k. N. E. de Lons-le-Saulnier; 5541 h. Tribunal, collége. Vins estimés, notamment le vin dit de gelée. Patrie de Pichegru.ARBORÉE, anc. prov. de Sardaigne, la même que celle qu'on nomme auj. Oristano.ARBRESLE (1') ch: 1. de canton (Rhône), au confl. de la Brevanne et de la Tardine, à 17 kil. N. O. de Lyon; 2221 hab. Anc. château.ARBRISSEL, plus exactement ALBRESEC, village de l'anc. Bretagne, près de Rennes,célèbre par la nais¬sance de Robert d'Arbrissel, fondateur de Fontevrault.ARBROATH,jadis ABERBROTHWICK, ville d'Ecosse (Forfar), à 84 k. N. N. E. d'Edimbourg, près de l'emb. du Brothwick; 12 000 h. Port petit, mais bon; magni¬fique phare de Bell-Rock, sur un rocher au milieu de la mer. Ruines d'une abbaye fondée en 1170 et où se tint le parlement de 1320, célèbre par les remontrances qu'adressèrent les barons d'Ecosse au pape.
MICA. - 102 -- ARCIT
ARBUTHNOT (Jean), savant médecin et homme de lettres,né en 1670 à Arbuthnot, près de Montrose en Écosse, mort en 1735, vint de bonne heure 'à Londres, fut nommé médecin de la reine Anne, se lia avec les beaux-esprits de son temps, particulièrement avec Swift et Pope, et brilla parmi eux aui premier rang. Il a laissé beaucoup d'ouvrages, soit scientifiques, soit d'agrément, qui lui ont fait une grande réputation. On distingue, parmi les premiers, son Essai sur l'utilité des mathématiques, 1700; ses Tables des monnaies, poids et mesures des anciens, 1705 et 1727 (trad. en latin par Koenig, Utrecht, 1756), et son Essai sur les aliments, 1732 (traduit en français, 1841) parmi les seconds, les Mémoires de Martinus Scrib'lerus, espèce de satire faite en com¬mun avec Pope contre le mauvais goût de l'époque; le Procès sans fin, ou Histoire de John Bull (c.-à-d. du peuple anglais), plaisante satire qui parut sous le nom de Swift et qui fut traduite en français par l'abbé Velly, 1753; l'Art de mentir en politique, etc. On a publié à Glascow, en 1751, ses Miscellaneous works.
[modifier] ARC
ARC, nom commun à deux petites rivières de France: l'une prend sa source en Savoie et se jette dans l'Isère à 8 kil. N. O. d'Aiguebelle, après un cours de 115 k.; l'autre naît aux environs de Trets (B.-du-Rhône) , passe à un kil. d'Aix et se jette dans l'étang de Serre, après un cours de 50 kil.ARC-EN-BARROIS, ch.-1. de tant. (IL-Marne), sur PAujon, à 20 kil. S. O. de Chaumont; 1101 hab.ARCACHON, vge du dép. de la Gironde, sur le bord S. du bassin qui prend son nom, à 56 k. O. S. O. de Bordeaux et à 4 k. N. de la Teste. Chemin de fer; bains de mer; villas d'hiver recommandées aux poitrines faibles à cause de la douceur du climat et des exhalaisons résineuses que répandent les forêts de pins. -Lebassin d'A., formé par le golfe de Gascogne, a env. 70 k. de tour. Séparé de la mer par une seule passe fort étroite, il offre un bon port de refuge. Pêche, parcs d'huîtres.ARCADES cad. des. V. ACADÉMIE et cBESCIMBENI.ARCADIA, Cyparissa , petit port de Morée, à 70 k. S. O. de Tripolitza, sur un golfe de même nom: env. 4000 h. Siége d'un évêque métropolitain.ARCADIE, Arcadia, une des anc. divisions du Péloponèse, au centre de la presqu'île. Elle comprenait une quinzaine de petites communes ou républiques Phénée, Cynèthe, Psophis, Telphusse , Hérée, Ali¬phères, Phigalie, Orchomène, Mantinée, Tégée, Cliter, Caphyes.Pendant longtemps l'Arcadie n'eut pas de gouvernement central; plus tard, on comprit l'utilité d'un centre, et c'est alors que fut bâtie Mégalopolis, capit. de toute l'Arcadie (370 av. J.-C.).On trouve en Arcadie beaucoup de montagnes notamment le Lycée et MénaIe; c'est là qu'est la source de presque tous les cours d'eau du Péloponèse. Climat froid, gras pâturages; moeurs antiques et simples; race pélasgique, presque sans mélange de Doriens. L'Arcadie est célèbre dans les temps mythologiques par ses traditions sur Arcas et Lycaon, par le culte de Pan et de Mercure, et par la vie pastorale, elle n'est pas moins renommée par la bravoure et les dispositions musicales de ses habitants. -Ce pays fut d'abord gouverné par des rois : l'un d'eux, Aristocrate II, ayant trahi les Messéniens, dont il était l'allié, la royauté fut abolie, 671 av. J.-C. L'Arcadie entra dans la Ligue Achéenne, à laquelle elle donna l'un de ses plus grands généraux, Philo-émeu; elle suivit, après la prise de Corinthe (146), le sort du reste de la Grèce, et, lors de la division de l'empiree romain, fit partie de l'empire d'Orient. Elle fut detachée de l'empire grec, avec la Morée, par les Vénitiens en 1204,.et fut conquise en 1470 par les Turcs, qui l'ont conservée jusqu'à l'insurrec¬tion de 18.22.Elle est aujourd'hui une des nomarchies du nouvel État de Grèce, et a pour chef-lieu Tripolitza; env. 130 000 h.Le nom d'Arcadie fut donné sous les derniers empereurs à l'Heptanomide , en l'honneur d'Arcadius, alors régnant. V. ÉGYPTE.- ARCADIUS, le 1er empereur d'Orient, fils aîné de Théodose la Grand, lui succéda en Orient en 395, à peine âgé de 18 ans, tandis que son frère Hono¬rius montait surie trône d'Occident. Prince faible, il se laissa gouverner par Rufin, préfet du prétoire, par Eutrope, son grand chambellan, et par Eudoxie, son épouse. Il ne put arrêter les progrès des Barbares, protégea les Ariens, persécuta et fit exiler S. Jean-Chrysostôme, et mourut détesté, en 408, à 31 ans.
- ARCAS
, fils de Jupiter et de Callisto, régna sur la Pélasgie, qui prit de lui le nom d'Arcadie. Selon la Fable. étant à la chasse, il rencontra sa mère qui avait été changée en ourse; il allait la percer de ses traits lorsque Jupiter, pour éviter ce parricide, le changea lui même en ours, et, les transporta tous deux dans le ciel, où ils forment les constellations de la Grande et de la Petite Ourse. ARCATE,l'Arcot des Anglais v. de l'Inde anglaise (Madras), ch: 1. d'un district la 110 kil. S. O. de Ma¬dras, sur le Salar; 40 000 habi.,presque tous Musulmans. Ville grande et belle; anc. citadelle, auj. démolie. - Fondée par Aureng-Zeyb, cette ville fut d'abord le ch. l. du Karnatic. Prise par les Français en 1750; par les Anglais en 1760; Haïder-Ali la leur enleva en 1780; elle est depuis 1801 retombée entre les mains des Anglais.ARCÉSILAS Arcesilaus, philosophe grec, né à Pitane en Éolie, vers 316 av. J: C., mort en 241, fut disciple de Polémon. Après de longs voyages en Grèce et en Perse; il vint se fixer à Athènes et y fonda la 2° Académie, école qui combattait les Stoïciens, et dont le dogme distinctif est l'acatalepsie, espèce de scepticisme qui consiste à nier que l'on puisse rien percevoir de certain par les sens.ARCHANGEL. V. ARKHANGEL.ARCHE D'ALLIANCE, coffre qui renfermait les tables de la loi que Dieu donna à Moïse; on le gardait précieusement dans le temple de Jérusalem.ARCHE DE NOÉ. V. NOÉ.ARCRELAIS, Ereleli, v. de Cappadoce, près de l'Halys, au S. O. de Tyane. Macrin y fut tué en 218 par ordre, d'Héliogabale.ARCHELAUS,philosophe grec, natif de Milet, disciple d'Anaxagore et l'un des maîtres de Socrate, florissait vers 460 av. J.-C. Il vint se fixgr à Athènes et y enseigne.la, philosophie des Ioniens : on le sur-nomma le Physicien, parce qu'il s'occupait surtout de la nature (physis). En physique, il soupçonna la rondeur de la terre; en morale, il niait la différence" essentielle du bien et du mal, et disait que rien n'est juste ou injuste que par l'effet de la coutume.ARCHÉLAUS, roi de Macédoine, usurpa le trône vers 429 av. J.-C., après avoir fait périr les enfants, légitimes de Perdiccas, son prédécesseur, dont il n'était que le fils naturel. Malgré ces crimes, Arché¬laits fut un grand roi. Il fit fleurir son royaume, protégea les lettres et les arts, et appela les savants à'sa cour encore sauvage et barbare : Euripide y passa une partie de sa vie. Ce prince fut assassiné à la chasse, 405 av. J.-C.ARCHÉLAUS,général de Mithridate, disputa la Grèce aux Romains, et fut battu à Chéronée et à Orchomène par Sylla, 87 ans av. J: C. Devenu suspect à Mithridate après ces défaites, il se retira à Rome, où il mourut.-Son fils servit dans les trou¬pes romaines et reçut de Pompée la souveraineté de Comane dans le Pont. Ayant ensuite obtenu la main de Bérénice, fille de Ptolémée-Auléte et reine d'Égypte, il se fit, à la faveur de cette alliance, reconnaître roi d'Égypte, et se révolta, contre les Romains, 57 ans av.-J: C.; mais 6 mois-après il fut tué dans un combat contre Gabinius. -1'léanmoins, son fils, nommé aussi Archélaûs, fut fait roi de Cap¬padoce par Antoine et se fit maintenir gr Auguste; mais ayant déplu à Tibère, il fut jeté dans les prisons de Rome où il mourut l'an 17 de J: C.
ARCH - 103 - ARCII
ARCHÉLAIIS,roi de Judée, fils d'Hérode le Grand, lui succéda dans une partie de ses États, l'an. 3 d J.-C. Ayant, à son avénement au trône, fait périr 3000 de ses sujets, Auguste irrité le relégua à Vienne en Gaule, où il mourut l'an 6 de J: C.ARCHÉMORE,fils de Lycurgue, roi de Némée, et d'Eurydice, était à la mamelle lorsque les princes de l'armée d'Adraste, qui traversaient la forêt de Némée, prièrent sa nourrice Hypsipyle de leur indiquer une source. Celle-ci déposa l'enfant sur une touffe d'ache, et les conduisit à une fontaine voisine; mais, en son absence, un serpent piqua l'enfant, qui mourut aussitôt. En mémoire de cet accident, on institua les jeux Néméens, qui se célébraient tous les trois ans. Les vainqueurs prenaient le deuil, et se couronnaient d'ache.ARCHENHOLZ (J. Guill. d'),capitaine prussien et historien estimé, né à Dantzick en 1742, mort en 1812., servit sous Frédéric II pendant la guerre de Sept ans, rentra dans la vie privée après la paix de Hubertsbourg, et publia successivement : l'Angle-terre et l'Italie, Leipsick, 1787, trad. dans presque toutes les langues; les Annales de l'Angleterre depuis 1788, en 20 vol., qui parurent de 1789 à 1798; l'His¬toire de la guerre de Sept ans, 1793; l'Histoire de la reine Élisabeth, 1798, celle de Gustave Wasa, 1801; la Minerve, journal politique, 1792-1812; cette feuille a servi de modèle à la Minerve française.ARCHIAC, ch.-1. de cant. (Charente-Infér.), à 14 kil. N. E. de Jonzac; 1673 hab. Eaux-de-vie. *ARCHIAS,commandant de Thèbes pour les Spartiates. Ayant reçu au milieu d'un festin une lettre qui l'instruisait du complot de Pélopidas, il en différa la lecture, en disant : e A demain les affaires sérieuses. » Mais il fut égorgé la nuit même par les conjurés, 278 av. J.-C.ARCHIAS,ponte grec, né vers 120 av. J.-C. à An¬tioche, se lia en Asie avec Lucullus qui lui fit con¬férer le titre de citoyen romain, et vint se fixer à Rome. Son titre de citoyen lui ayant été contesté, Cicéron plaida pour lui et obtint gain de cause : c'est à cette occasion que fut prononcé le beau dis-cours Pro Archia. Ce poète avait chanté la Guerre des Cimbres et le Consulat de Cicéron. Il ne reste sous son nom que quelques épigrammes (dans les Analecta de Brunck).ARCHIDAMUS I,roi de Sparte, 469-427 av. J.-C., de la famille des Proclides, soumit les Ilotes qui s'étaient révoltés; ravagea l'Attique, pendant la guerre du Péloponèse, assiégea Athènes et s'empara de Platée.-ARcniDAMus II, roi de Sparte, 361-338 av. J.-C., fils d'Agésilas, soutint les Phocidiens contre les Thébains dans la Guerre sacrée, passa en Italie pour secourir les Tarentins contre leurs voi¬sins, et y périt en combattant.ARCHIDAMUS III,roi de Sparte, 296-261, fut défait en vue de Sparte par Démétrius, fils d'Antigone, l'an 293 av. J.-C.ARCHIDUC, titre particulier à la maison d'Au¬triche, et qui auj: est porté par tous les princes et princesses qui lui appartiennent.Anciennement il n'était porté que par le chef de cette maison, qui ne possédait point encore les couronnes royales de Hongrie et de Bohême et la couronne impériale d'Al¬lemagne. Ce titre date de 1156, mais ne fut hérédi¬taire qu'après la promulgation de la bulle d'Or (1336) il ne fut reconnu par les électeurs qu'en 1453. Ii y eut aussi des archiducs en Austrasie (sous Dago¬bert), en Lorraine et dans le Brabant.ARCHILOQUE, Archilochus, poète ionien, né à, Paros vers l'an 700 av. J.-C., mort vers 635, suivit d'abord la carrière des armes, mais la quitta après avoir fui dans un combat. Il composa des satires, des odes, des épigrammes, des élégies, des fables, perfectionna le vers ïambique et inventa le mètre qui fut appelé de lui Archilochien (V. le Diction¬naire des Sciences, des Lettres et des Arts). Il fit l'u¬sage le plus terrible de son talent satirique : Lycambe (père deNéobulé), qui lui avait promis sa fille en ma¬riage, ayant retiré sa promesse, il déchira tellement le père et la fille dans ses satires, que tous deux sependirent de désespoir. Archiloque périt assassiné par ses ennemis, ou, selon une autre version, dans un combat contre les Naxiens. Aussi licencieux dans ses poésies que méchant, il fut banni de plusieurs villes de la Grèce; à Sparte on défendit de lire ses écrits. Cependant il était tellement estimé pour son talent poétique qu'on le regardait presque comme l'égal d'Homère. Il obtint le prix aux jeux Olympi¬ques pour son Hymne à Hercule. Il ne reste de lui que quelques fragments, qui se trouvent dans les Analecta de Brunck, et qui ont été publiés à part par M. Huschke, Altenbourg, 1803, et par 3. G. Liebel, Vienne, 1812.Archimandrite,du grec arché chef, et man¬dra,cloftre.C'est chez les Grecs le supérieur d'un mo¬nastère de premier ordre; il remplit les fonctions de nos abbés. Ce nom a été aussi donné dans l'Eglise latine au supérieur de plusieurs couvents : on dit encore auj. l'archimandrite de Messine.ARCHIMÈDE, célèbre géomètre grec, né à Syracuse vers 287 av. J.-C., mort en 212, sortait d'une famille alliée à celle du roi Hiéron. Jeune encore, il se rendit à Alexandrie pour y entendre Euclide, et commença dès lors à se signaler par ses décou¬vertes. Il trouva le moyen de dessécher les marais de 1'Egypte et raffermit les terres voisines du Nil par des digues inébranlables. De retour à Syracuse, il consacra ses talents à la défense de sa patrie, as-siégée par Marcellus, et prolongea trois ans sa ré¬sistance (215-212) : tantôt il élevait les vaisseaux ennemis dans les airs à l'aide de ses constructions mécaniques, et les laissait ensuite retomber sur les rochers ou ils se brisaient; tantôt il les incen¬diait, dit-on, avec des miroirs ardents. Enfin pour-tant, les Romains pénétrèrent par surprise dans la ville. Archimède, ;tout occupé de la solution d'un problème, tarda trop à suivre un soldat qui venait pour le prendre; celui-ci, sans vouloir attendre, le tua aussitôt (212. Marcellus, qui aurait voulu l'é¬pargner, lui éleva un tombeau. Archimède a fait avancer également la partie spéculative et la partie pratique de la science. Dans la théorie, on lui doit d'excellents traités : De la sphère et du cylindre, Des sphéroïdes et des conoïdes, De la mesure du cercls. Des spirales, Sur les centres de gravité des lignes et des plans, Sur l'équilibre des corps plongés dans un fluide (hydrostatique); dans la pratique, on lvi attribue l'invention des moufles et de la poulie mo¬bile, de la vis sans fin et de la vis creuse qui porte encore le nom de vis d'Archimède, et qu'il employa à dessécher les marais du Nil; il avait aussi fabri¬qué une sphère qui représentait les mouvements célestes. Archimède avait une telle foi dans la puis¬sance du levier qu'il disait : « Donnez-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde.» Il était enthou¬siaste de la science : on raconte qu'ayant trouvé, pen¬dant qu'il était au bain, la solution d'un problème d'aréométrie, il sortit du bain tout nu et courut par la ville en criant : « Je l'ai trouvé I e L'édition la plus complète des OEuvres d'Archimède est celle que J.To¬relli a donnée à Oxford, 1793, in-fol., avec les com¬mentaires d'Eutocius, et une trad. latine. Elles ont été trad. en français par Peyrard, 1807, in-4,, et 1808, 2 vol. in-8, revues par Delambre.ARCHINTO (le comte Charles),seigneur mila¬nais, 1669-1732, fonda en 1702 à Milan une acadé¬mie qui embrassait dans ses travaux les sciences et les beaux-arts, et forma quelques années après la Société palatine, association de riches seigneurs amis des lettres, qui se réunissaient dans son pa¬lais et qui firent imprimer à leurs frais plusieurs ouvrages importants (V. ARGELLATI).Il fut fait grand d'Espagne et chevalier de la Toison d'Or.
Ag() 104 - ARDE
ARCHIPEL (du grec archipelagos, mer princi¬pale) mare rEgeum des anciens, partie orientale de la Méditerranée, , entre la Grèce à l'O. et l'Anatolie à l'E., communique avec la mer de Marmara par le dé¬troit des Dardanelles : l'île de Candie forme comme sa limite au S.Cette mer est remarquable par le grand nombre d'îles et de presqu'îles qui la remplis-sent. Parmi les îles il faut distinguer : 1° deux grands groupes, les Cyclades à l'0. et les Sporades à l'E; 2° les îles isolées, qui sont, les unes européennes : Salamine, Eubée (Nègrepont), Samothrace (Semendraki); les autres asiatiques : Lemnos (Stalimène), Samos, Lesbos?(Mételin), Chies (Scie), Rhodes, etc. La plupart des îles de l'Archipel furent enlevées à l'empire grec au commencement du xiil° siècle par Marc Sanudo, gé¬néral vénitien, qui fut fait duc de l'Archipel (V. sA¬NUDO);puis elles passèrent sous la domination otto¬mane. Les Cyclades, les Sporades et les îles isolées situées sur les côtes de la Grèce, sont actuellement à l'État de la Grèce.-Par analogie, on a donné le nom d'archipel à toute mer parsemée d'îles et même à tout ensemble d'îles groupées ensemble.- ARCHIPEL DANGEREUX. V. MER MAUVAISE.
- ARCHONTES (du grec arlehôn, qui commande), premiers magistrats de la république d'Athènes, étaient au nombre de 9. Le 1°*, nommé archonte épo¬nyme, parce qu'il donnait son nom à l'année, était surtout chargé de l'administration civile. Le 2°, l'ar¬chonte-roi, présidait aux affaires de la religion. Le 3°, le polémarque, commandait les armées. Les 6 autres, appelés thesmothètes ou législateurs, étaient chargés de la promulgation et de l'exécution des lois. Les archontes étaient nommés par l'assemblée du peuple et entraient dans l'Aréopage à l'expiration de leur charge. - L'archontat fut institué vers l'an 1132 av. J.-C., après la mort de Codrus, dernier roi d'Athènes. II n'y eut d'abord qu'un seul archonte; il était perpétuel et tiré de la famille de Codrus. L'an 754 av. J.-C., on borna la durée de ces fonctions à 10 ans; l'an 684, l'archontat devint annuel et le nombre des archontes fut porté à neuf. Cette di¬gnité fut abolie en 308 av. J.-C., lorsque Athènes tomba au pouvoir de Démétrius Poliorcète, ou du moins elle ne se conserva plus que de nom.
- ARCHYTAS, philosophe pythagoricien, né à Tarente vers l'an 440 av. J.-C., mort vers 360, fut à la fois mathématicien, astronome, homme d'État, général; il fut élu six fois chef de la république par les Tarentins, et battit en plusieurs rencontres les ennemis de sa patrie. Platon le connut pendant son voyage en Italie et entretint un commerce de lettres avec lui. Il mourut dans un naufrage sur les côtes de l'Apulie : Horace rappelle cette mort dans une de ses Odes (I, 28). Archytas avait écrit sur les mathématiques, la musique, l'astronomie, la cosmogonie, la morale la politique; il ne reste de ses ouvrages que de très-courts fragments (recueillis par Meiners, Histoire des sciences chez les Grecs, III, ch. v; par Orelli, dans les Opusc. Gra corutn, et publ. séparé-ment par Hartenstein, Leips. 1833). On a sous son nom un traité de la Nature des universaux, publié par J. Camerarius, Leips., 1564, et dont l'authenticité est fort douteuse. On lui attribue plusieurs inventions, entre autres celles de la vis de la poulie; il avait, dit-on, construit une colombe volante. On doit à M. Egger une savante thèse latine : De Ar¬chyta, Paris, 1833.
- ARCIS-SUR-AUBE, ch.-1. d'arr. du dép. de l'Aube, sur la r. g. de l'Aube, à 28 k. N. de Troyes; 2719 h. Vieux château. Bonneterie, filature de coton, etc. Pa-trie de Danton.
Arcis a été le théâtre d'un sanglant combat livré par Napoléon le 1°° mars 1814 aux Austro-Russes: une partie de la ville fut brûlée. ARCOLE, v. de Vénétie, sur l'Alpone, affluent de l'Adige, à 28 kil. S. E. de Vérone. Les 15 et 17 nov. 1796, Bonaparte et Augereau, après avoir traversé le pont d'Arcole à travers la mitraille, y battirent les Autrichiens.-Le nom d'Arcole a aussi été donné à un village d'Algérie (Oran), sur la route d'Oran à Mostaganem.ARÇON (LEMICHAUD d'),ingénieur, né en 1'133 à Pontarlier, mort en 1800, perfectionna les méthodes de levé, fut attaché à l'armée du maréchal de Broghe, 1780, et chercha les moyens d'enlever Gibraltar aux Anglais. Il inventa à cet effet des batteries flottantes, insubmersibles et incombustibles, dont ogg fit l'essai en 1782 ; mais n'ayant pas été bien secondé, il n'obtint pas le succès espéré. On a de lui plusieurs ouvrages fort estimés sur l'art militaire : Réflexions d'un ingénieur, 1773; Conseil de guerre privé sur l'événement de Gibraltar en 1782, 1785; Considérations sur les fortifications, 179.5.ARCONVILLE (Mme TRIE= d'). V. rsIROUx.ARCOS,Arcobriga, nom commun à plusieurs villes de Portugal et d'Espagne. La seule importante est Arcos de la Frontera, à 59 k. S. de Séville, sur le Guadalète : 12000 h. Anc. duché.ARCOS (R. Ponce de LÉON, duc d'),vice-roi de Naples pour l'Espagne, provoqua, en 1647, par ses exactions et son insolence, l'insurrection de Masanielle. Il réussit à la réprimer, mais il n'en tomba pas moins en disgrâce et fut remplacé.ARCOT, v. de l'Inde. V. ARCATE.ARCTIQUE (Océan). V. GLACIALE (mer).ARCUEIL, bourg du dép. de la Seine, canton de Villejuif , près de la Bièvre, à 6 k. S. de Paris; 2122 h. Bel aqueduc construit de 1613 à 1624 sous Marie de Médicis, pour amener à Paris les eaux de Rungis; restes d'un aqueduc romain, qui remonte à Julien. Station de chemin de fer. Carrières de plâ¬tre et de moellons. Au commencement de ce siècle, Berthollet réunissait à Arcueil une société de savants qui publièrent les Mémoires de la Société d'Arcueil.ARCY-SUR-CURE, vge du dép. de l'Yonne, à 6 k. de Vermanton, sur la Cure; 1500 h. Belles grottes à stalactites et à stalagmites.
[modifier] ARD
ARDACHÈS ou ARTAXERCE, roi de Perse, le der-nier des Arsacides. Y. ARSACIDES.- Ce nom a aussi été porté par plusieurs rois d'Arménie.ARDAGII, v. d'Irlande (Leinster), à Il k. S. E. de Longford, ch.-l. de baronnie, eut un évêché jus-qu'en 1741. S. Patrick y avait fondé une abbaye.ARDEBIL, v. de' Perse (Aderbaïdjan), sur le Balouc-Tchaï, à 164 k. E. de Tauris; 3500 h. Cita-delle construite par des officiers français. Mausolée du cheik Séfy, tige des Sofis de Perse. Prise en 1827 par les Turcs.ARDECH, v: d'Arménie, est l'anc. Artaxate.ARDECHE. riv. de France, naît dans les Cé¬vennes, .à 15 k. de Langogne, traverse le dép. qui porte son nom, et tombe dans le Rhône par la r. dr., à 2 k. au N. du Pont-St-Esprit; cours, 110 k.ARDÈCHE (dép. de l'), situé' le long du. Rhône, qui le limite à l'E., entre ceux de la Loire au N. et du Gard au S.; 5500 k, carr.; 388 529 h.; ch: 1. Privas. Il est formé du Vivarais et d'une partie du Bas-Languedoc. Ce dép. contient d'assez hautes mont. (Mézenc, Gerbier de Joncs, etc,), plusieurs volcans éteints, des rivières affluents du Rhône, entre autres l'Ardèche, qui lui donne son nom. Houille, marbre, grès, etc.; olives, figues, truffes, bons vins, vers à soie, bestiaux; papeteries renommées, chamoiseries, bougies, soie, etc.-Ce dép. a 3 arr. (L'Argentière, Privas, Tournon), 31 cant. et 339 comm.; il fait partie de la 8° division militaire, dépend du diocèse de Viviers et de la cour impér. de Nîmes.ARDECHYR-BABEGAN, roi de Perse, fondateur de la dynastie des Sassanides. est plus connu sous le nom d'Artaxerce. Y. ARTAXERCE.ARDÉE, Ardea, v. du Latium,capit. des Rutules, à 8 k. de la mer, et.à 30 k. S. E. de Rome. Rési¬dence de Turnus. C'est pendant le siége d'Ardée pa. Tarquin le Superbe qu'arriva l'aventure de Lucrèce Cette ville reçut une colonie romaine l'an442 av. J: C.ARDENNES (c. -à-d. forêt en celtique, Arduenna sylva, vaste forêt qui couvre en partie le Hainaut, le Luxembourg, le grand-duché du Bas-Rhin et le N. de la Champagne, et qui se lie au S. avec l'Argonne. La Semoy, la Lesse, l'Ourthe et la Sure y ont leur source. - Beaucoup plus vaste sous Ies Romains, elle couvrait une partie de la 2° Germanie, limitant le territoire des Condrusi. Auj. elle n'occupe plus en France qu'env. 156000 hectares. On y trouve des tourbières et de riches ardoisières.
AREM - 105 - AREQ
ARDENNES (dép. des), dép.-frontière, situé au N. E. entre ceux de l'Aisne, de la Marne, de la Meuse et la Belgique; 5069 k. carr. ; 329 111 h. ; ch.-l. Mézières. Il est formé du nord de la Champagne et tkes principautés de Sedan, Carignan et Monzon. La partie sept. est couverte par la forêt des Arden¬nes, qui lui donne son nom. Fer, marbre, ardoises, terre à four, argile blanche, sable pour verre blanc. Moutons vantés pour la laine et la chair, chèvres cachemires, bons chevaux, gibier abondant; usines pour fer, qufrîcaillerie, clouterie; draps châles, lai-nages divers; verreries, faïenceries, marbreries, tan¬neries, etc.-Ce dép. a 5 arrond. (Mézières, Réthel, Rocroy, Sedan, Vouziers), 31 tant., 478 comm.; il dé-pend de la 4e div. militaire, du diocèse de Reims et de la cour imp. de Metz.ARDES, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), sur la Couze, à 20 k. S. O. d'Issoire; 1266 h. Laves et ba¬salte. Moutons, laine.ARDJICH, Ardiscus, riv. de Valachie, sort du mont Vistaman, coule du N. O. au S. E,, arrose la ville d'Ardjich, et se jette dans le Danube après un cours de 270 k. - La v. d'Arcjich, à 133 k. N. 0. de Bucharest, sur l'Ardjich, était autrefois la rési¬dence des princes valaques.ARDJICH, Arsissa, v. de Turquie d'Asie, pachalik du Van, sur le bord sept. du lac Van, dit aussi lac d'Ardjich, et au pied de l'Ararat.ARDJICH-DAGH, Argceus mons, mont. de la Turquie d'Asie, dans la Caramanie, à 12 k. S. de Kaisarieh, est une portion de l'Anti-Taurus; environ 4000 m.ARDOIN,marquis d'Yvrée, fut élu en 1002 roi d'I-talie, après la mort d'Othon III; mais il fut vaincu et dépouillé de ses États par Henri II, roi de Ger-manie, qui se fit couronner à Pavie en 1004. II es¬saya de remonter sur son trône après le départ des Allemands; mais Henri ayant fait une seconde in¬vasion, il déposa la couronne, et se fit religieux dans une abbaye du Piémont, où il mourut en 1015.ARDRES, ch.-1. de cant. (Pas-de-Calais), à 16 k. S. E. de Calais, à l'extrémité du canal c'Ardres; 2000 h. Place de guerre, démantelée en 1850. Ca¬nal de 5 k. de long qui communique avec celui de St-Omer. Il y fut signé en 1546 un traité entre Charles-Quint et Henri VIII. Ardres fut prise par les Espagnols en 1596, et rendue en 1598, à la paix de Vervins. C'est entre Ardres et Guines que se tint en 1520 le Camp du Drap d'Or. V. ce mot.ARDUENNA SYLVA, auj. les Ardennes.ARDWICK, faubourg de Manchester.ARDYES, peuple de la Gaule, dans les Alpes Pen¬nine, habitait vers les sources du Rhône. Son nom se retrouve dans Arden, village du Valais, à 10 k. de Martinach.ARDYS ou ARDYSUS, roi de Lydie. V. LYDIE.
[modifier] ARE
AREBO ou ARBON, v. de la Nigritie maritime (Be¬nin), sur le Rio-Formoso, à 50 k. de son emb. Jadis centre d'un grand commerce d'esclaves.ARECOMIQUES (Volces), Volcæ Arecomici, peuple de la Gaule (Narbonnaise lie), entre les Tectosages au S. O. et les Helvii au N., occupait les dép. du Gard, de l'Hérault et de l'Aude; ch.-I., Nemausus (auj. Nîmes).AREGENUS, nom primitif de Baiocasses. C'est auj. Bayeux, ou plutôt, selon Walckenaer, Argentan.AREGISE 1, fondateur du duché de Bénévent, 591-641, reçut l'investiture d'Agilulphe, roi des Lombards et conquit Crotone sur les Grecs en 596.ARÉGISE II,duc de Bénévent de 758 à 787, refusa de se soumettre à Charlemagne, et prit le titre de prince indépendant; après 13 ans de lutte, il fut obligé de se reconnaître feudataire du roi d'Italie.ARELATE, ARELAS, noms latins d'ARLES.AREMBERG,bourg et château des États prussiens, dans la prov. du Bas-Rhin, sur l'Ahr, à 50 k. N. O. de Coblentz, entre Cologne et Juliers, était jadis la résidence des comtes et ducs d'Aremberg; il n'y a guère auj. que 300 h. - La terre d'Arem¬berg était d'abord un comté ou burgraviat. Elle passa en 1298 dans la maison des comtes de La Mark. En 1547, ce comté échut par mariage à Jean de Bar¬bançon, de la maison de Ligne; élevé au rang de principauté en 1576, il prit place parmi les États germaniques. En 1644, il fut érigé en duché, en fa¬veur d'Albert, prince de Ligne et duc d'Aerschoot, et continua jusqu'en 1801 à être fief immédiat de l'Empire : à cette époque, il fut médiatisé. En 1815, la plus grande partie du duché passa sous la souve¬raineté du roi de Hanovre, et le reste fut, avec le bourg d'Aremberg, donné à la Prùsse. Le duché d'A-remberg compte env. 90000 h.ARENBERG (Léopold-Phil. DE LIGNE, duc d'),général au service de l'Autriche, né à Mons en 1690, mort en 1754, obtint fort jeune le gouvernement du Hainaut, fit les campagnes de Hongrie sous le prince Eugène, et combattit à Belgrade en 1717. Nommé feld-maréchal en 1737, il fit la guerre en Flandre et se trouva en 1743 à Dettingen, où il fut blessé. Protecteur éclairé des sciences et des lettres, il ac¬cueillit J. B. Rousseau pendant son exil, et entretint une correspondance avec Voltaire.AREMBERG (Aug.-Marie-Raymond, prince d'),connu sous le nom de comte de La Marck, né à Bruxelles en 1753, mort en 1833, prit du &service en France et fit, en qualité de colonel, la campagne d'Amérique (1780-82). Député par la Flandre française en 1789 aux États généraux, il se lia étroitement avec Mira-beau et se montra favorable aux idées nouvelles; puis il se réconcilia avec la cour et servit d'inter¬médiaire pour attirer le grand orateur dans le parti de la reine. Mirabeau le fit son exécuteur testamen¬taire et mourut entre ses bras. En 1793, il se retira en Autriche, et y devint général. II a laissé d'inté¬ressants Mémoires sur Mirabeau (publiés en1854).ARENA (Joseph),né en Corse, vers 1770, d'une famille ennemie de celle des Bonaparte, avait servi avec distinction dans la gendarmerie, lorsqu'il fut élu en 1797 député de la Corse au Corps légis¬latif. Après le 18 brumaire il entra dans une con¬spiration contre le premier consul Bonaparte. Arrêté. à l'Opéra au moment où le complot allait être exé¬cuté, il fut mis à mort le 31 janvier 1801.- Son frère, Barthélemy Aréna, député de la Corse à l'Assemblée législative, puis au conseil des Cinq-Cents, tenta, dit-on, de poignarder Bonaparte au 18 brumaire, au moment où ce général chassait les représentants de la salle des séances. Compris sur une liste de dé-portés, il échappa par la fuite et m. à Livourne en 1829. Il a constamment nié le fait qu'on lui impute.ARENSBERG, v. des États prussiens (Westpha¬lie), à 68 k. S. E. de Munster; 4000 h. Ch.-l. d'un gouvt de même nom. -Ce gouvt se compose du duché de Westphalie, du comté de la Marck avec Dortmund, de la ville de Lippstadt, de la princi¬pauté de Siegen et des baronnies de Wittgenstein et Hohenlimbourg. Popul., 400000 h.ARENSBOURG, ch.-l. de file d'Uisel (Livonie), sur la côte S.; 1600 hab. Port peu profond.ARÉOPAGE, tribunal d'Athènes, chargé du jugement des affaires criminelles, et ainsi nommé parce que, primitivement, il tenait ses séances dans un lieu appelé colline de Mars (en grec Areos pagos). Il fut institué, disait-on, pour vider le différend entre Minerve et Neptune ou pour juger Oreste, meurtrier de sa mère. Il fut reconstitué en 594 av. J.-C. par Solon. Les archontes sortant de charge en faisaient partie.L'Aréopage siégeait la nuit : on n'y permettait aucun artifice oratoire pour émouvoir ou attendrir les juges. Aussi l'Aréopage jouit-il longtemps d'une grande réputation d'impartialité; mais il la perditau temps de Périclès, époque de la corrup¬tion générale d'Athènes.- AREQUIPA, v. du Pérou, ch.-1. de dép., à 310 k.S. 0. de Cuzco et à 2500 m au-dessus de la mer; 35000 h. Évêché, séminaire, collège. Ville grande et belle, commerçante, industrieuse. Fondée par Pizarro en 1536. Mane d'étoffes de laine et de co¬ton, de tissus d'or et d'argent; taille de pierres pré¬cieuses. Aux environs, se trouvent le Guagua Putina et i'Uvinas, volcans qui font partie de la chaîne des Andes, et dont les éruptions au xvi' siècle ont pres¬que enseveli Arequipa. Riches mines d'argent. - Le dép. d'A., dans la partie O. du Pérou, est baigné à 1'0. par le Grand Océan, et a pour villes principa¬les, outre Arequipa, Chuquibamba, Camana, Tacna Moquehua, Arica.
ARET -- 106 - ARGE
- ARÊS, nom grec du dieu MARs.
- ARÉTÉE,
célèbre médecin grec, né à Cappadoce, v vait, selon les uns, du temps de Néron, ou un peu plus tard, selon d'autres. On a de lui un ouvrage en 8 livres, intitulé : De morborum diuturnorum et ecu_ torum causis, signis et curatione, dans lequel on trouve un talent d'observation digne d'Hippocrate. Ce médecin est le premier qui ait fait usage des can¬tharides comme vésicants. Les meilleures éditions d'Arétée sont celles de Vigan, Oxford, 1723; de Boêr¬haave, Leyde, 1731, de Ktûhn, Leips., 1828; d'Er¬merins, gr.-lat., Utrecht, 1847; et de Daremberg, avec trad. franç., Par., 1851. ARÉTHUSE, nymphe d'Élide, se baignant un jour dans l'Aiphée, inspira de l'amour au dieu de ce fleuve. Pour échapper à sa poursuite, elle implora le se-cours de Diane, qui la changea en fontaine.L'Al¬phée mêla aussitôt ses eaux à celles d'Aréthuse, qui disparurent et vinrent jaillir à Ortygie, île voisine de Syracuse, où elles formèrent une fontaine d'eau douce, bien qu'entourée des eaux salées de la mer.ARÉTIN (Pierre l'), fameux par ses poésies mordantes et licencieuses, né en 1492, à Arezzo, était fils naturel d'un gentilhomme de cette ville. Chassé de son pays pour un sonnet contre les indulgences. il se réfugia à Pérouse, où il exerça le métier de relieur, puis il vint à Rome, où il fut employé par les papes Léon X et Clément VII; mais il se fit en¬core chasser de cette ville pour des sonnets obscènes; il trouva un asile à Milan auprès de Jean de Médi¬cis. A la mort de ce seigneur (1537) il alla se fixer à Venise, où il vécut du produit de sa plume. Il n'épargnait point dans ses écrits satiriques les-princes et les grands, ce qui le fit surnommer le Fléau des Princes; la plupart, pour éviter les traits de sa sa-tire, lui faisaient des présents considérables; quel¬ques-uns, cependant, ne le payèrent qu'avec le bâ¬ton. Impudent et vénal, il se mettait aux gages du plus offrant : c'est ainsi qu'après avoir chanté Fran¬çois I, il négligea ce prince pour Charles-Quint qui. le paya plus largement. Indifférent sur les moyens de s'enrichir, il écrivait à la fois des livres obscènes et des ouvrages de piété. On dit que, trompé par sa feinte dévotion, Jules III fut sur le point de le faire cardinal. Plein de vanité, il s'appelait lui-même le divin Arétin. Il mourut à Venise, d'un fou rire, en 1557. Il avait été lié avec les hommes les plus dis¬tingués de son siècle, avec Michel-Ange, le Titien, et Jules Romain, qui fit des figures pour quelques-unes de ses poésies. Il a laissé un grand nombre d'écrits en vers et en prose, les uns badins, les autres sérieux; ils consistent dans des Dialogues, des Son-nets, des Stances, des Copitoli, des Comédies, et dans des ouvrages de piété; parmi ces derniers, on remarque sa Paraphrase des sept psaumes de la Pé¬nitence (Venise, 1534), et le traité de l'Humanité du Fils de Dieu (Venise, 1535) : ces deux ouvrages ont été traduits en français par Jean de Vauzelles.Le nom d'Arétin a été porté en Italie par plu-sieurs autres personnages célèbres, également natifs d'Arezzo, **Guy, inventeur de la gamme;Bernard Ac¬colti, poète célèbre;François Accolti , jurisconsulte;Léonard Bruni, historien (V. ces noms); et,en Allemagne, par une famille noble d'Ingolstadt en Ba¬vière, dont deux membres surtout sont connus : Jo-seph, baron d'Arétin, 1769-1822,diplomate et ama¬teur éclairé des arts, qui forma un des plus riches ca¬binetsd'estampes et rédigea un Magasin des arts du dessin, Munich, 1791; et son frère, le baron Gré¬goire d'A., 1773-1824, historien et publiciste, auteur d'une Mnémonique, qu'il publia en 1810.
AREVALO (Sanctus d')évêque d'Oviédo,né en 1404 près de Ségovie, mort à Rome en 1470, gouverneur du château St-Ange, remplit diverses missions sous Jean Il, roi de Castille. Il est moins connu par son His¬toria hispanica que par son Spteulum vit.e humanu, Rome, 1468, traduit en franç. par Forget, 1482.AREZZO, Arretium, v. de Toscane, ài 80 k. S. E. de Florence, dans la riche plaine ale la Chiana; 10000 h. Évêché. Citadelle. Collége Leopoldo, fondé en 1820. Magnifique portique sur la place du Marché. Cathédrale gothique. Ruines d'un amphithéâtre. Patrie de Mécène, Pétrarque, Vasari, Guy d'Arezzo, Pierre lArétin, Léonard Bruni, des Accolti, etc.; Michel-Ange naquit dans le voisinage.
[modifier] ARG
ARGAND (Aimé),physicien et chimiste, né à Genève en 1755, mort en 1803, inventa en 1782 les lampes à double courant d'air, auxquelles Quinquet, pharmacien de Paris, a laissé son nom. C'est lui qui substitua aux mèches pleines, qui donnaient beaucoup de fumée et peu de lumière, des mèches en forme de cylindre creux : Quinquet eut seulement l'idée de les entourer de cheminées en verre.- ARGÉE (MoNT),
Arg,vus mons, auj .l'Ardjich-Dagh, un des points culminants de l'Asie-Mineure, à 13 k. S. de Césarée de Cappadoce; env. 4000 ARGELÈS, ch.-1. d'arr. (H.-Pyrénées), sur le Gave d'Azun à 2 kil. de sa jonction avec le Gave de Lourdes, et à 33 k. S. 0. de Tarbes, dans un vallon qui porte aussi le nom d'Argelès; 1664 h.ARGELÈS-SUR-MER, ch.-1. de C. (Pyr.-Or.) , à 19 k. S. E. de Perpignan; 1924 h. Corderies, liége.ARGELLATI (Philippe),savant italien, né à Bologne en 1685, mort en 1755, travailla_ avec Muratori à la publication des Scipions rerum italicarum, qu'il fit imprimer, ainsi que plusieurs autres grands ouvrages, à Milan, aux frais de la Société Palatine (V. ARCanvTO). On lui doit encore Bibliotheca scriptorum mediolanensium, Milan, 1745; Biblioteca dei Vol garieeatori italiani, ouvrage pos¬thume, Milan, 1767, etc.-Son fils, François A., a publié des traités de philosophie, de jurisprudence, d'histoire, et un Décaméron, Bologne, 1751, imité de Boccace, mais d'un genre plus sérieux.ARGENS (l'), Argenteus petite riv. de France (Var), prend sa source au pied de la mont. de Seillon, à 6 kil. de St-Maximin, arrose Vidauban, le Muy, Roquebrune, et tombe dans le golfe de Fréjus après un cours de 100 kil.-Domaine voisin de Castellane (B: Alpes), érigé en marquisat en 1722 pour le père u célèbre écrivain de ce nom.
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ARGENS (J. B. BOYER, marquis d'),né en 1704 à Aix en Provence, fils d'un procureur général, suivit la carrière des amies et eut une jeunesse fort licen¬cieuse, ce qui le fit déshériter par son père. Blessé devant Philipsbourg (1734), il quitta le service et se retira en Hollande, où il vécut du produit de sa plume. Il attira l'attention du roi de Prusse par ses attaques contre la religion révélée : ce prince l'ap¬pela à sa cour, en fit son chambellan avec 6000 fr. de traitement, et le nomma directeur général de l'Académie. Après avoir vécu 25 ans dans l'intimité de Frédéric II, d'Argens vint passer ses dernières an-nées dans sa famille, à Aix, et y mourut en 1771. Il avait une instruction vaste et variée, mais il fut un des ennemis les plus acharnés du Christianisme. Ses principaux écrits sont : Mémoires secrets de la République des Lettres, Berlin, 1744 et 1765; Lettres Juives, La Haye, 1754; Lettres Chinoises,1755; Lettres cabalistiques, 1769; Philosophie du bon sens, 1768; des traductions d'Qeellus Lucanus, du rimée, et du Discours de Julien contre les Chrétiens. Il a donné aussi des romans et laissé des Memoires, pubs. en 1807 avec une Notice, 1 vol. in-8. Sa Correspon¬dance avec Frédéric Il a paru en 1799.ARGENSOLA,nom de deux frères qui se sont distingués en Espagne dans les lettres. Leonardo, né en 1565, à Barbastro (Aragon), mort en 1613, venait d'être nommé historiographe d'Aragon, lors-qu'il fut emmené à Naples par le comte de Lemos, vice-roi, avec le titre de secrétaire d'État. Il n'en trouva pas moins le loisir de composer des poésies lyriques et des tragédies dont Cervantes faisait grand cas. -Son frère Barthélemy,1566-1631, lui succéda dans le titre d'historiographe, continua les Annales d'Aragon de G. Zurita, et publia lui-même en 1609 une Histoire de la conquête des Moluques. Il cultiva aussi la poésie avec succès.ARGENSON (VOYER d'). Cette famille qui a produit plusieurs hommes d'État,tire son nom d'une terre voisine de Chinon en Touraine. Elle possédait plus anciennement encore la seigneurie de Paulmy (arr. de Loches), dont les aînés prenaient le nom.ARGENSON (René VOYER, seigneur d'), 1596;1651, d'abord conseiller au parlement de Paris, ensuite intendant d'armée pendant le siège de La Rochelle, Intendant de justice à l'armée du Dauphiné, surin-tendant du Poitou, ambassadeur, etc., fut chargé par Richelieu et Mazarin de diverses missions di¬lomatiques, notamment de la réunion de la Cata¬rogne (1641). Il avait reçu la prêtrise peu de jours avant sa mort. Il mourut à Venise, où il dirigeait son fils aîné, ambassadeur près de cette république.ARGENSON (René, comte d'), fils du préc., 1624-1700, seconda son père dans tous ses travaux; fut ambassadeur à Venise de 1651 à 1656, remplit avec succès diverses autres missions, mais déplut au roi par la sévérité de ses principes, et se retira dès 1670.ARGENSON (Marc-René d'), fils du préc., 1652-1721, né à Venise et filleul de la République , fut nommé en 1697 lieutenant général de police, en 1715 pré¬sident du conseil de l'intérieur, en 1718 garde des sceaux et président du conseil des finances. Il s'op¬posa fortement au système de Law, prévoyant les désastres qu'il devait amener; mais ayant reconnu l'inutilité de ses efforts, il donna sa démission, 1720. Ce ministre créa lapolice politique, comme La Reynie avait créé la police civile : c'est lui qui introduisit l'usage des lettres de cachet. Marc-René d'Argenson était membre titulaire de l'Académie française et membre honoraire de l'Académie des sciences.ARGENSON (Réné Louis, marquis d'), fils aîné du précéd., 1694-1757, fut conseiller d'État, 1720, in-tendant du Hainaut et du Cambrésis, puis ministre des affaires étrangères, 1744-1747. C'est le dernier ministre qui ait persévéré dans le système anti-au¬trichien. Il avait beaucoup de savoir, de noblesse d'âme, de fermeté et de philanthropie. On l'accusait d'être trop favorable aux philosophes : il avait été élevé au collége Louis-le-Grand avec Voltaire, dont il resta l'ami.-On a de lui des Considérations sur le gouvernement de la France, 1764 et 1784, et des Essais, dans le goût de Montaigne, Amsterdam, 1785, réimprimés sous le titre de Loisirs d'un mi¬nistre d'État, Liège, 1787, 2 vol. in-8. I1 a laissé des Mémoires qui n'ont été publiés qu'en 1825, et de nouveau, d'après les manuscrits autographes, en 1857-1863, avec son Journal inédit, par le mar¬quis Ch.d'Argenson, un de ses descendants, 5 vol. in-16. Il eut pour fils le marquis de Paulmy, ambassadeur. V. ci-après, ANT.-RENÉ D'ARGENSON.ARGENSON (Marc-Pierre, comte d'), 1696-1764, frère du préc., remplaça, en 1720, comme lieutenant général de police; Marc-Réné d'Argenson, son père; mais il perdit bientôt cette place à cause de son opposition au système de Law. Cependant le Régent lui donna un poste élevé dans sa maison privée. Il fut le collaborateur du chancelier d'Aguesseau pour ses célèbres ordonnances. Ii rentra aux affaires en 1737 comme directeur de la librairie, et reçut en 1743 le portefeuille de la guerre, pendant que sonfrère tenait celui des affaires étrangères : Ies succès de 1744 et 1745 furent regardés comme étant en partie son ouvrage; c'est lui qui fit créer l'École militaire (1751). En 1757, Mme de Pompadour réus¬sit à le faire disgracier; il se retira dans sa. terre des Ormes. Il était membre de l'Académie française et de celle des inscriptions. Il s'était toujours montré favorable aux gens de lettres et même aux philoso¬phes. Les premiers volumes de l'Encyclopédie lui furent dédiés, 1751.-Son fils Marc-René, marquis d'Argenson,1722-82, lieutenant général, comman¬dant en Saintonge, assainit les marais de Rochefort. II avait épousé une fille du maréchal de Mailly.ARGENSON (Antoine-René d'), dit le marquis de Paulmy, fils de René-Louis, ministre des affaires étrangères, né en 1722, mort en 1787, tut conseiller au parlement dès l'âge de 20 ans , puis commissaire général des guerres; jouit d'une grande influence pendant le ministère de son oncle et de son père (Y. René-Louis et Marc-Pierre d'ARGENSON); fut am¬bassadeur en Suisse, puis secrétaire général au dé¬partement de la guerre, et obtint ce dernier porte-feuille en 1757; il le perdit au bout d'un an, mais remplit encore deux ambassades, l'une en Pologne (1762), l'autre à Venise (1766-70). Il était de l'Aca¬démie française, et membre honoraire de celles des sciences et des inscriptions. C'est lui qui donna le plan de la Bibliothèque universelle des romans, 40 vol., 1775-78; il publia lui-même les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, 65 vol. in-8. Sa superbe bibliothèque, achetée en 1781 par le comte d'Artois, forme aux. la Bibliothèque de l'Arsenal.ARGENSON (Marc-René-Marie d'), petit-fils du comte Marc-Pierre, 1771-1842, avait été dans sa jeunesse aide de camp de La Fayette, et fut toute sa vie son ami politique. Préfet des Deux-Nèthes sous l'Empire, il donna sa démission en 1813 pour ne pas s'associer à des actes arbitraires. Député sous la Restauration, il combattit la réaction royaliste, et dénonça le massacre des Protestants dans le Midi. Administra¬teur, manufacturier, orateur, il se fit partout re¬marquer par ses sentiments philanthropiques et par ses maximes populaires; il réclama constamment les mesures les plus favorables aux classes pauvres. et laborieuses. Retiré, à la fin de sa vie, dans sa terre des Ormes, près de Tours, il s'y occupa surtout d'a¬griculture. Le recueil de ses Discours a paru en 1846, 2 vol. in-8, avec une Notice sur sa vie.ARGENT, ch.-l. de cant. (Cher), sur la Sauldre, à 40 kil. N. O. de Sancerre; 765 hab.ARGENTAL (Ch. Augustin FERRIOL, comte d'),conseiller au parlement de Paris, né en 1700, mort en 1788, fut l'un des plus fervents admirateurs de Voltaire, et entretint avec lui une correspondance suivie. Il était neveu de Mme de Tencin, et est, selon quelques-uns, le véritable auteur du Comte de Comminges, qui parut sous le nom de cette dame.ARGENTAN, ch.-1. d'arr. (Orne), sur l'Orne, à 44 kil. N. O. d'Alençon; 5006 hab. Fabrique de den-telles dites point d'Argentan et point d'Alençon. Trib., collége. Mézeray naquit près d'Argentan (à Ry). - Aux environs est le haras du Pin.ARGENTARO (mont), Orbe lus, haute mont. qui fait partie du Balkan, entre la Servie et l'anc. Ma¬cédoine, tire son nom du talc transparent dont elle est composée et qui a l'apparence de l'argent.ARGENTAT, ch.-1. de cant. (Corrèze), à 28 kil. S. E. de Tulle, sur la Dordogne; 2220 hab. Pont suspendu. Vins liquoreux.ARGENTEUIL, ch. 1. de cant. (Seine-et-Oise), sur la r. dr. de la Seine, à 20 kil. N. E. de Versailles et à 12 kil. N. de Paris; 5465 hab. Beau pont. Sta¬tion de chemin de fer. Petit vin, figues.-C'est au prieuré d'Argenteuil qu'avait été élevée Héloïse; c'est là qu'elle se retira en 1120, avant d'aller au Paraclet; on voit encore des ruines de ce couvent.ARGENTIÈRE (l'), ch.-l. d'arr. (Ardèche), à 33 k S. O. de Privas; 2755 hab. Plomb argentifère
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ARGENTIÈRE (l'), jadis Urgon, ch.-l. de c. (H: Alpes), dans une vallée des Alpes, à 15 kil. S. O. de Brian¬çon; 1268 hab. Plomb argentifère.ARGENTIÈRE (col de P), passage des Alpes mari¬times, aux confins du dép. des H.-Alpes, et sur la route de Mont-Dauphin et de Barcelonette à Coni, a 2031' de hauteur.ARGENTIÈRE (île de 1') ou RIMOLO, Cimolos, 11e de l'Archipel, près de Milo. Jadis volcanique; stérile, presque inhabitée (200 familles); eaux thermales anc. mines d'argent non exploitées, et terre dite es¬molée, célèbre chez les anc. pour blanchir le linge.ARGENTINE (République). V. PLATA (RIO DE LA-).ARGENTOMAGUS, v. de Gaule (Aquitaine 1'°), chez les Bituriges Cubi, auj. Argenton-sur-Creuse.ARGENTON, Argentomagus, ch.-1. de cant. (In¬dre), sur la Creuse, à 29 kil. S. O. de Châteauroux; 4672 hab. Antiquités, restes d'un château fort, ois mourut Commines. Terre à poterie fine.ARGENTON, ch: 1. de cant. (Deux-Sèvres), à 18 kil. N. E. de Bressuire, près de la Bressuire; 909 hab. Presque détruit pendant les guerres de la Vendée.ARGENTORATUM,v. de Gaule, capit. desTribocci, auj. Strasbourg. Julien y battit les Germains en 357.ARGENTRE, ch. 1. de cant. (Mayenne), à 10 kil. E. de Laval; 651 hab.-Ch.-l. de c. (I11e-et-Vilaine), à 8 kil. S. E. de Vitré; 450 hab. Marbre noir.ARGENTRÉ (Bertrand d') historien, né à Vitré eu 1519, mort en 1590, fut sénéchal de Rennes et cultiva la jurisprudence et l'histoire. On a de lui des Commentaires sur la coutume de Bretagne, écrits en latin et fort estimés, et une Histoire de Bretagne, qui fait autorité.ARGENTUARIA, v. de Gaule, chez les Rauraci, est auj. Colmar ou selon d'autres Artzheim ou Hor¬bourg sur l'Ill, près de Colmar. Gratien y battit les Germains en 378.ARGIIOUN, un des noms du fleuve AssouR.ARGHOUN, fils d'Houlagou, fut proclamé empe¬reur par les Mongols à la mort d'Ahmed, en 1281, et résida à Tauris. Il se laissa toujours gouverner par ses favoris, surtout par Bouça et par Saad-ed-Daulah, médecin juif; celui-ci ayant été assassiné par les grands, Arghoun en mourut de douleur (1290).ARGIE,fille d'Adraste et femme de Polynice, est célèbre par la tendresse qu'elle portait à son époux. Après la défaite des Sept chefs qui périrent devant Thèbes, elle alla avec Antigone, sa belle-soeur, rendre à Polynice les derniers devoirs, et fut, comme elle, mise à mort par ordre de Créon.ARGINUSES,îles de la mer Egée, entre Lesbos et la côte de l'Asie-Mineure, près d'Ephèse. Les Athé¬niens, commandés par Conon, y défirent la flotte des Spartiates en 406 av. J.-C.ARGOLIDE, Argolis, région du Péloponèse, au S. de la Corinthie et de la Sicyonie, à l'E. de l'Arcadie, au N. de la Laconie, s'étendait le long de la mer Égée, et comprenait, outre l'Etat d'Argos, la Trézé¬nie, l'Epidaurie, l'Hermionie. Ville princip. : Argos, Mycènes, Tirynthe, Nauplie, Trézène, Hermione, Épidaure.-Peuplée par les Pélasges, l'Argolide ap¬partint dès le r' siècle av. J: C. aux Inachides (1986-1572). Danaos fils de Bélus, Égyptien, les en chassa et leur substitua la dynastie des Bélides. Après la mort d'Abas (1498), l'Argolide fut partagée entre ses fils : Acrisius, l'un d'eux, régna à Argos; il eut pour successeurs Persée, Sthénélus et Eurys¬thée, l'oncle d'Hercule. Les Pélopides y régnèrent ensuite au détriment d'Hercule et de ses descen¬dants; Agamemnon, petit-fils de Pélops et fils d'A-trée, possédait Argos au temps de la guerre de Troie (1280). Quand les Héraclides furent rentrés dans le Péloponèse (1190), Argos échut à Téménus. En 820, après la mort d'Eratus, la royauté fut abolie et rem-placée par l'oligarchie. Depuis le vit siècle av. J: C., cette contrée fut longtemps soumise aux Spartiates. L'an 233 av. J.-C., l'Argolide se réunit à la Ligue Achéenne; elle succomba avec elle en 146 av. J.-C. Elle a depuis obéi successivement aux Romains, aux empereurs grecs, aux princes croisés, aux Vénitiens, aux Turcs, et n'a recouvré son indépendance qu'en 1825. Elle forme auj., avec la Corinthie, une prov. du roy. de Grèce, qui compte 110 000 hab. et a pour capit. Nauplie et pour villes principales, Argos, Co¬rinthe, Castri, Pores.ARGONAUTES, héros grecs qui, sous la conduite de Jason, allèrent en Colchide conquérir la Toison d'or. Ils étaient montés sur le navire Argo, ainsi appelé parce qu'il fut construit à Argos ou par Ar-gus, prince atgien. On n'est pas d'accord sur leur nombre; l'opinion la plus commune le porte à cin¬quante. Les plus célèbres après Jason furent Her¬cule, qui se sépara de ses compagnons en route, Or¬phée, Tiphys, pilote du vaisseau, Esculape, Lyncée. Castor et Pollux, Calais et Zéthès, Tydée, Nestor. Par¬tisd'Iolcos en Thessalie, ils arrivèrent à travers mille dangers et après mille retards en Colchide, s'emparè¬rent de la toison avec fesecours de Médée, fille du roi de ce pays, et revinrent en Grèce, selon les uns, par le Da¬nube et la Méditerranée, ou, selon d'autres, après avoir navigué sur le Volga, la mer Baltique, l'Océan, le détroit de Gadès et la Méditerranée. On a sur cette expédition deux poèmes célèbres, l'un d'Apollonius de Rhodes, en grec, l'autre de Valérius Placcus en latin. Plusieurs mythologues n'ont voulu voir dans le voyage des Argonautes qu'une pure fiction ou bien un emblème de la marche des corps célestes; cependant il est à présumer que ce voyage a eu réel¬lement lieu, et qu'il avait pour but l'exploitation des mines d'or que renferme le Caucase, ou la colonisa¬tion des riches contrées situées au N. E. de l'Asie-Mineure. On place l'expédition au xxv° siècle av. J.-C., vers 1330.ARGONNE, partie de la Champagne et de la Lor¬raine, occupait 75 k. de long, depuis Sedan (Ar¬dennes) jusqu'à Ste-Menehould (Marne), sur les deux rives de l'Aisne. On, y trouve beaucoup de forêts et des montagnes qui offrent plusieurs passages fort dif¬ficiles; ce qui a. fait surnommer l'Argonne les Ther¬mopyles de la France. On a donné le nom de campa¬gne de 1'Argonne à celle de 1792: elle fut signalée par la victoire de Valmy, que remporta Dumouriez et qui sauva la France de l'invasion étrangère.ARGONNE (dom Bonaventure d'),né à Paris en 1634, fut d'abord avocat, puis se fit Chartreux à Gaillon, et mourut en 1704. On a de lui plusieurs ouvrages estimés : De la lecture des PP. de l'Église; Éducation, maximes et réflexions de Moncade, et de curieux Mélanges d'histoire et de littérature, publ. par Vigneul de Marville, avec un Discours sur le sel dans les ouvrages d'esprit.ARGOS, Argos et Argi chez les anciens v. de, Pane. Grèce et du roy. actuel de Grèce, capa. de l'Ar¬golide, surl'Inachus (Planitza), à 9 k. N. 0, sle Nauplie, était célèbre autrefois par ses chevaux et par un beau temple de Junon. C'est auj. une ville de 6000 âmes. Ruines nombreuses; citadelle dont les 'assises sont de construction cyclopéenne, amphithéâtre, long passage souterrain taillé é dans le roc et communi¬quant avec la citadelle, vestiges de temple, etc.-Ar¬gos, la plus anc. ville de la Grèce avec Sicyone, eut pour fondateur Inachus; elle fut la capit. du roy. d'Argos de 1986 à 820 av. J.-C., et ensuite d'une ré-publique qui ne joue qu'un rôle secondaire dans l'histoire (V. ARGOLIDa). Les Romains s'en emparè¬rent l'an 146 av. J.-C. Lors, du partage de l'empire grec par les Latins au xni° siècle, Argos reconnut pour maître Geoffroy IIde Villehardoin,quila donna en fief au duc d'Athènes, vers 1230. Elle fut prise d'assaut en 1397, par Bajazet, qui réduisit en escla¬vage 30000 de ses habitants, et les remplaça par des Tartares. Reprise par les Vénitiens en 1686, elle leur fut enlevée en 1715 par les Turcs, et resta au pouvoir de ces derniers jusqu'en 1825, époque où la Grèce recouvra son indépendance.
ARGY - 109 - ARIB
ARGOS AMPHILOCHIUM, Filoki, v. de l'Acarnanni sept., sur le golfe d'Ambracie, fut fondée par Amphiloque, fils d'Amphiaraüs.ARGOS HIPPIUM, V. d'Apulie. V. ARPI.ARGOSTOLI, ch.-l. de l'île Céphalonie, avec un port; 5000 h. Évêché. Bon vin muscat.ARGOVIE, Aargau, un des cantons de la Suisse, en¬tre ceux de Zurich, Zug, Lucerne, Soleure, Berne et Bâle; 53 k. sur 35; 199 850 h., tous Allemands, dont 107 000 Protestants et 1600 Juifs; ch.-l. Aarau. Des chaînons du Jura en occupent la partie N. O. II est arrosé par l'Aar, la Reuss, la Limmat. Vins, céréales; soieries et étoffes de coton.-L'Argovie n'ale titre de canton que depuis 1798 : jusque-là, ce pays était en partie sujet de Berne, en partie des 8 atm. cantons. La Basse-Argovie, avec le comté de Baden, le Keller¬ampt et le Frickthal, a formé le canton actuel. La constitution qui le régit date de 1831.ARGUEIL, ch.-1. de tant. (Seine-Inf.), à 25 kil. S. de Neuchatel, près de la r. g. de l'Andelle • 408 h. -ARGUELLES (Augustin),orateur espagnol, né en 1776 à Ribadesella (Asturies), d'une famille noble, mais pauvre, mort en 1844, avait rempli avec suc¬cès diverses missions en Portugal et en Angleterre lorsque commençale soulèvement de l'Espagne contre les Français. Réfugié à Cadix avec les autorités su¬périeures, il contribua à y organiser une représen¬tation nationale, fut élu député des Asturies et membre du comité chargé de rédiger une constitu¬tion, fit, à ce sujet, en 1810, le rapport d'où sortit la célèbre constitution de 1812; fut proscrit comme libéral en 1814 et condamné par le roi Ferdinand à 10 ans de galères au préside de Ceuta; ne recouvra la liberté qu'à la révolution de 1820, et fut alors nommé ministre de l'intérieur, puis président des Cortès. Il déploya au pouvoir autant de modération que de désintéressement, mais n'en fut pas moins forcé de s'exiler lors de la réaction de 1823, et ne put revoir sa patrie qu'en 1834. Nommé en 1840 tuteur de la reine, il conserva ces hautes fonctions jusqu'à la majorité de la princesse : il se montra constam¬ment l'adversaire de la reine mère Christine. Tout le monde rendait hommage à sa probité et à sa ca¬pacité. Son éloquence l'avait fait surnommer, avec quelque exagération, le divin.ARGUIN (île d'), dans l'Océan Atlantique, par 18° 67' long. 0., 20° 37' lat. N., au S. E. du cap Blanc; 6 k. de tour. Abord dangereux : récifs sur lesquels périt la Méduse en 1816. L'île est habitée par des Musulmans. - On y a placé liane. Cerné. Elle fut dé-couverte par les Portugais en 1452.ARGUS, descendant d'Inachus et 4° roi d'Argos, 1866-1846 av. J: G., succéda au roi Apis,massacré par les Telchines de Sicyone, et vengea sa mort. Il eut pour femme Évadné, et fut père de Criasus et de Phorbas qui régnèrent après lui.ARGUS, surnommé Panoptès (c.-à-d. qui voit tout), prince argien, petit-fils du préc., avait, suivant la Fable, cent yeux, dont cinquante étaient ouverts, pendant que le sommeil fermait les cinquante autres. Junon lui confia la garde d'Io, qu'elle venait de changer en vache; mais Mercure endormit le gardien au son de sa flûte, et lui coupa la tête. Junon transporta les yeux d'Argus sur la queue du paon, ou le métamorphosa en cet oiseau. La fable d'Argus peut être un symbole de la vigilance.ARGYLE, comté d'Écosse, entre ceux d'Inverness, Perth, Dumbarton, la baie de la Clyde, lamer d'Irlande et l'Atlantique; 101 400 h.; ch.-I. lnverary. Ce comté est en grande partie composé d'îles (Islay, Alull, Coll, Jura, Colonsay, Icolmkill, etc.) Plomb, cuivre, fer, beau marbre, houille, ardoises.ARGYLE (Archibald, comte d'),seigneur écossais de la famille des Campbell, était ami de Cromwell et, comme lui, de la secte des Indépendants. Il prit part à la condamnation de Charles 1, et fut décapité après la Restauration, en 1661.- Son fils, Archibald II, conspira, avec les Covenantaires, contre Jacques II, dans la 1r° année de son règne, se réfugia dans la Frise, d'où il tenta sans succès une invasion en Écosse, fut pris à Dumbarton et exécuté en 1685. - Le fils de celui-ci fut fait duc après la révolution de 1688, combattit les Jacobites, se distingua en Flandre sous Marlborough, et fut gouverneur de Minorque et de Gibraltar.ARGYRASPIDES,c.-à-d. boucliers d'argent, corps de fantassins d'élite, chargés de la garde d'Alexandre le Grand. Après la mort du conquérant, il s'attachèrent à sa famille et à Eumène qui la défendait; cependant ils abandonnèrent ce général en 315 av. J: C. et le livrèrent à Antigone. Celui-ci les dispersa dans la Haute-Asie.ARGYRIPPE, v. d'Apulie. V. ARPI.ARGYROPULO (Jean), savant grec,né à Constantinople, vint dès 1434 à Padoue, et y professa la philosophie, fut appelé en 1456 à Florence par Corne de Médicis, enseigna le grec au fils et au neveu de ce seigneur, ainsi qu'au célèbre Politien, se rendit à Rome en 1480, et y professa la philosophie d'Aristote. Il a laissé des traductions latines de la Physique, de la Morale et de plusieurs autres ouvrages de ce philosophe., publ. à Rome, 1652, in-fol.
[modifier] ARI
ARIANE, Ariadne, fille de Minos et de Pasiphaé, conçut de l'amour pour Thésée qui était venu en Crète pour combattre le Minotaure, et le tira du labyrinthe, en lui donnant un peloton de fil qui lut permit de retrouver son chemin. Thésée, en sortant de Crète, l'emmena avec lui; mais il l'abandonna bientôt dans l'île de Naxos. Bacchus eut pitié d'elle, l'épousa, et lui fit don d'une couronne de diamants qui, à sa dort, fut changée en constellation. L'a-venture d'Ariane a été chantée par Ovide et par Catulle (Noces de Thétis et Pélée) et mise sur la scène par Th. Corneille.ARIANE, princesse grecque, fille de LéonI, épousa Zénon, qui monta sur le trône en 474. Dégoûtée des excès et des cruautés de son époux, elle le fit, dit-on, enterrer pendant qu'il était ivre, et épousa Anastase qu'elle plaça sur le trône. Elle mourut en 515.ARIANE, contrée de l'Asie. V. ARIE.ARIANISME, hérésie d'Arius. V. ARius. <.ARIANO, Equotuticus? v. du roy. de Naples (Prin¬cipauté ultérieure), ch.-1. de district, à 32 k. N. E. d'Avellino; 12000 h. Évêché.ARIARATHE. Ce nom fut porté par 10 princes qui régnèrent en Cappadoce de l'an 370 à l'an 92 av. J.-C., et dont les règnes n'offrent guère qu'une suite de crimes et d'assassinats. Les derniers s'alliè¬rent avec les Romains, qui finirent par réduire leurs États en province romaine. V. CAPPADOCE.ARIAS (le P.),écrivain ascétique, né à Séville en 1533, mort en 1605, enseigna la théologie, puis se consacra au service des prisonniers. On a de lui des OEuvres spirituelles, estimées de S. François de Sales et trad. par le P. Belon, Lyon, 1740.ARIAS MONTANUS,né en 1527 près de Séville, mort en 1598, possédait les langues grecque, latine et orientales. Il parut avec distinction au concile de Trente , puis alla s'enfermer dans le cloître d'Aracena en Andalousie. Philippe II l'en tira, et le chargea d'une édition de la Bible polyglotte, qui fut im¬primée à Anvers, 1569-72, 8 vol. in-fol., augmen¬tée de Paraphrases chaldaiques, et de 9 livres d'An¬tiquités juives. Il refusa un évêché, et se contenta du titre de chapelain du roi.ARIBERT ou CARIBERT II, fils de Clotaire II, e.t frère de Dagobert I, eut le roy. d'Aquitaine, et se fit couronner à Toulouse en 628, mais mourut en 630, ne laissant qu'un fils, qui le suivit bientôtARIBERT 1, roi des Lombards, succéda en 653 à Rodoald, abolit l'Arianisme, 660, et mourut en 661, après avoir partagé son roy. entre ses deux fils Per¬tharite et Gondebert. -ARIBERT II, roi des Lombards en 701, était fils de Ragimbert, duc de Turin, qui avait usurpé la couronne. Il mit à mort Luitpert, que son père avait dépouillé, et Rotharis, son allié, et fut détrôné par Ansprand en 712.
AlIN - 110 - ARIU
ARICA, v. et port du Pérou (Arequipa), ch.-l. Lons-le-Saulnier; 1029 h. Bâti sur les ruines d'un d'une prov. de même nom, à 280 k. S. S. E. d'Arequipa; 30000 h. Port très-commerçant.-La prov. est entre l'Océan et la Bolivie. Territoire fertile.ARICH (EL),Rhinocolura des anciens, fort de la B. Égypte, à 260 k. N. E. du Caire. Pris par les Français en 1799; en 1800 ils y signèrent la capitulation par laquelle l'Égypte dut être évacuée.ARICIE,princesse athénienne, de la famille des Pallantides, qui avaient été détrônés par Thésée, était aimée d'Hippolyte , qui l'épousa lorsque Escu¬lape l'eut ressuscité. Elle laissa son nom, selon la Fable, à une petite ville et à une forêt du Latium où elle s'était cachée avec Hippolyte. V. l'art. suiv.ARICIE,Aricia, auj. la Riccia, v. du Latium, à 15 k. au S. de Rome, la 1" qu'on trouvait sur la voie Appienne. Aux environs étaient un bois célèbre et un temple de Diane Aricine; le prêtre de ce tem¬ple, dit roi d'Aricie, était toujours un esclave fugi¬tif; tout esclave fugitif qui le tuait le remplaçait jusqu'à ce qu'il subît à son tour le même sort. La tradition donnait Hippolyte comme fondateur du temple et du culte d'Aricie. C'est dans la forêt d'A-ricie qu'Égérie apparaissait à Numa.ARIE, Aria, prov. de l'ancien empire perse, bor¬née au N. par la Bactriane, au S. par la Drangiane, à l'E. par la Paropamisie, à l'O. par la Parthie. Ch.-1. Aria, auj. Hérat. Elle correspond au Séistan ac¬tuel et à la partie orientale du Khoraçan.-On étend quelquefois le nom d'Arie ou d'Ariane à toute la con¬trée comprise entre la Perse et l'Inde, et alors elle com¬prend, outre l'Arie propre, les 2 Carmanies, la Gédro¬sie, l'Arachosie, la Drangiane, la Paropamisie, etc. Les Ariens ou Aryas, un des peuples les plus an¬ciens de l'Asie, paraissent être la souche des habi¬tants actuels de l'Inde et de la Perse : de leur idiome sont sorties les langues indo-européennes.ARIÉGE (l'), Aurigera, riin de France, prend sa source au pic de Framiquet dans les Pyrénées, coule du S. au N., traverse le dép. de son nom, arrose Ax, Foix, Pamiers, Cintegabelle, où elle devient navi¬gable, et tombe dans la Garonne, r. dr., à Pinsaguel, à 8 k. S. de Toulouse, après un cours de 140 k. Elle roule un peu d'or, d'où son .nom d'Aurigera, et par corruption celui d'Ariége.ARIèGE (dép. de 1'), sur la frontière d'Espagne, entre la lite-Garonne à l'O., les Pyrénées-Orient. à l'E. et les Pyrénées au S.; 5690 k. carr.; 251850 h.; ch.-l. Foix. Il est formé du comté de Foix, du Cou¬serans, d'un fragment du Languedoc. Montagnes sté¬riles et grandes forêts au S.; lacs poissonneux; unueu d'or dans l'Ariége et le Salat. Fer, marbres, ar¬oises, albâtre, plâtre, grès à paver, etc. Forges à la catalane, martinets; gros draps, bonneterie, étoffes de coton, de laine; tanneries, faïenceries, verreries; liége, résine, jayet ouvré, ouvrages de corne, de buis, vins communs. - Ce dép. forme 3 arr. (Foix, Pa¬miers, St-Girons) ; 20 cant. et 336 comm. Il appartient à la 11° division militaire , est dans le diocèse de Pamiers et dans le ressort de la cour imp. de Toulouse.ARIEL, idole des Moabites, tire son nom de la y. d'Ar, capit. des Moabites, la même que Rabbath-Moab. On en a fait le nom d'un mauvais ange.ARIENS, hérétiques. V. ARIUs.ARIENS, habitants de l'Arie. V. sam.ARIGISE, duc de Bénévent. V. AneorsE.ARIMANE, Ahriman , principe du mal chez les an¬ciens Perses, était opposé à Oromaze (Ormuzd), prin¬cipe du bien, et était représenté par les ténèbres.ARIMASPES, peuple Imaginaire de l'Asie, qu'on place sur les côtes S. E. de Ela mer Caspienne. Les Grecs en faisaient des Cyclopes disputant aux grif¬fons l'or du fleuve Arimaspius.ARIMATHIE, auj. Rama, v. de Palestine (Dan), à 40 k. O. N. 0 de Jérusalem. Patrie du disciple Jo¬seph, qui ensevelit le corps de J.-C.ARIMINUM, v. d'Italie (Ombrie); auj. Rimini.ARINTHOD, ch.-l. de cant. (Jura), à 33 k. S. de
[temple gaulois dédié à Mars (Arès). Mulets.]
ARIOBARZANE, rois de Cappadoce. V. ce mot:ARION,poète et musicien grec, né à Méthymne, dans l'île de Lesbos, florissait vers l'an 620 av. J.-C. Il vécut longtemps à la cour de Périandre, tyran de Corinthe, et fit avec ce prince un voyage en Italie, où il amassa de grandes richesses. A. son retour, ses compagnons de voyage résolurent de le tuer, afin de se partager ses dépouilles; mais Arion, connais¬sant leurs desseins, leur demanda la permission do toucher une dernière fois de la lyre, puis il s'élança dans les flots : un dauphin, que sa mélodie avait at¬tiré près du vaisseau, le reçut aussitôt et le porta au cap Ténare en Laconie. Le dauphin qui avait sauvé le poète fut rangé parmi les constellations. On regarde Arion comme l'inventeur du dithyrambe. On a sous son nom un Hymne d Neptune, conservé par Élien (il se trouve dans les Analecta de Brunck).ARIOSTE (Ludovico ARIOSTO, dit l'), célèbre poète italien, né en 1474, à Reggio (Modène),était fils de Nicole Arioste, gouverneur de Reggio. II annonça dès sa première enfance des talents poétiques, et fut de bonne heure apprécié par les ducs de Fer-rare, qui le fixèrent à leur cour et l'admirent dans leur intimité; il passa sa vie auprès d'eux, parta¬geant son temps entre la poésie et les affaires. En 1512, il fut député par le duc Alphonse auprès du pape Jules II; en 1521, il fut chargé d'étouffer des troubles gui s'étaient élevés dans uneprovinceinfes¬tée de brigands. On raconte qu'il tomba entre leurs mains, mais qu'en apprenant le nom du poète, ces bri¬gands le laissèrent partir en le comblant de marques d'honneur. Arioste employa dix années à composer l'ouvrage qui l'a immortalisé, le Roland furieux (Or¬lando furioso), poème qui forme le pendant du Ro-land amoureux de Boiardo. Il y raconte les exploits des paladins, la folie de Roland pendant la guerre de Charlemagne contre les Sarrasins, les amours et le mariage de Roger et Bradamante ; mêlant avec un art inimitable le plaisant et le sérieux, le gracieux et le terrible, et faisant marcher de front une foule d'actions diverses auxquelles il sait également inté¬resser. Sa versification est riche, harmonieuse, élé< gante et cependant pleine d'abandon. Ses compati triotes, dans leur admiration, l'ont surnommé le divin. Il publia son poème pour la l" fois en 1516, en 40 chants; il ne cessa depuis de le retoucher, et il en donna en 1532 une édition fort perfectionnée et augmentée de six chants, ce qui en fit comme un nouvel ouvrage. Il mourut peu après, en 1533, d'une maladie de vessie. Ce poète joignait aux talents de l'esprit les avantagea de la figure et de la taille, un caractère doux et affectueux; il eut toujours pour sa mère le plus tendre attachement. L 'Arioste a laissé, outre son grand poème, des satires, des rimes ou poésies diverses, quelques comédies et «les vers la-tins.Ses OEuvres complètes ont été publiées à Ve¬nise, 1766, par J. A. Barotti, en 6 vol. in-12. On a retrouvé depuis et publié à Florence, en 1846, un poème inédit de l'Arioste, intitulé : Rinaldo ardito. Il a été fait un grand nombre d'éditions du Ro-land furieux; les plus estimées, après les éditions données par l'auteur même à Ferrare en 1516 et 1532, sont celles de Franceschi, Venise, 1584 et 1603, accompagnée d'arguments et de notes; de Basker¬ville, Birmingham, 1772; de Molini, Paris, 1788; de Bodoni à Parme et de Mussi à Milan, 1$12. Le Ro-land aététraduiten français par J. B. Mirabaud, 1741 ; d'Ussieux, 1775; Tressan, 1780; Panckoucke et Fra¬mery, 1787, avec le texte en regard (traduction fi¬dèle, mais servile), et plus récemment par A. Mazuy, avec une Vie del'Arioste et des éclaircissements, 1839 ; ar A. Delatour, 1842; par V. Philipon de la Made¬leine, 1844; Creuzé de Lasser, Duvau de Chavagne et Desserteaux l'ont mis en vers. La Vie de l'Ariostea été écrite par J. B. Pigna et par Garofalo.
ARTS - 111 - APIS
- ARIOVISTE, roi des Suèves, appelé en Gaule par les Séquanes contre les Éduens, battit ceux-ci à Amagetobria, 63 ans av. J.-C., mais bientôt il opprima ses propres alliés. Il voulut s'opposer aux conquêtes de César, mais il fut complétement défait par ce général près de Vesontio, en 58 av. J.-C. Selon une tradition, il se retira sur le mont Taunus.
- ARIPERT, roi des Lombards. Y. ARLBERT.
- ARISTAGORAS, un des auteurs du soulèvement de l'Ionie contre les Perses, était, en 504 av. J.-C., gouverneur de Milet en l'absence d'Histiée, son pa¬rent. Il se révolta contre Darius, alla chercher des secours en Grèce et fut accueilli à Athènes, mais il succomba en Ionie devant des forces supérieures, et s'enfuit vers la Thrace, où il fut tué, en 498.
- ARISTARQUE, astronome et mathématicien grec , natif de Samos, était disciple du péripatéticien Stra¬ton et florissait vers 280 av. J.-C. Il est un des premiers qui ait soupçonné que la terre tourne sur son axe et autour du soleil; il fut accusé, pour cette opi¬nion, de troubler le repos des dieux. On a de lui un Traité de la grandeur et de l'éloignement du soleil et de la lune, publié par Wallis, Oxford, 1688, grec-latin, et par Fortia d'Urban, Paris, 1810, puis tra¬duit en français par le même, 1823.
- ARISTARQUE, critique et grammairien célèbre, né dans la Samothrace, vers 180 av. J.-C., disciple d'A-ristophane de Byzance, vint de bonne heure à Ale¬xandrie, fut chargé de l'éducation des fils de Ptolé¬mée Philométor, et mourut dans l'île de Chypre à 72 ans. Aristarque s'est rendu célèbre par ses tra¬vaux sur Homère : il soumit l'Iliade et l'Odyssée à. la critique la plus rigoureuse, et en donna une édi¬tion nouvelle qui jouit d'un grand crédit chez les anciens; cependant on l'accuse d'avoir arbitraire-ment changé ou rejeté un bon nombre de vers. Il avait également travaillé sur Archiloque, Pindare, Aratus et plusieurs autres poëtes. Aristarque était un censeur sévère, mais d'un goût sûr : son nom est resté comme le type du critique. Villoison a donné dans son édition de l'Iliade ce qui nous reste des corrections d'Aristarque sur Homère.
- ARISTÉE, Aristceus, berger célèbre, fils d'Apol¬lon et de la nymphe Cyrène, fille du fleuve Pénée, apprit aux hommes l'art de soigner les troupeaux, de faire cailler le lait et d'élever les abeilles. Il épousa Autonoé, princesse de Thèbes, de laquelle il eut Actéon. Désespéré de la mort de son fils, qui périt à la chasse, déchiré par ses chiens, il quitta la Grèce, passa à Cos, de là en Sardaigne, puis en Thrace, où Bacchus l'initia aux mystères des orgies, et fixa enfin son séjour sur le mont Hémus; mais il en fut enlevé et disparut tout à coup. Virgile fait de lui, dans ses Géorgiques (IV° livre), l'amant d'Eurydice, dont il causa involontairement la mort en la poursui¬vant, et il le montre faisant sortir des flancs d'un tau¬reau immolé d'innombrables essaims d'abeilles. On l'honorait comme un dieu, surtout en Sicile.
- ARISTÉE, Aristeas, officier de Ptolémée Philadel¬phe. Selon une tradition douteuse, il fut chargé d'aller en Judée pour y chercher les livres saints, ramena avec lui 70 savants pour les traduire, et fit faire à son retour la version dite des Septante. On a sous le nom d'Aristée une Histoire de la traduc¬tion des Septante, qui paraît apocryphe, mais qui n'en est pas moins fort ancienne. Elle a été impri¬mée à Bâle, 1561, et à. Oxford, 1692, grec-latin.
- ARISTÉNÈTE,
écrivain grec, né à Nicée vers l'an 300 après J.-C., est auteur d'un roman en forme de lettres, dans lequel on trouve des détails curieux sur les moeurs de son temps. Il périt, dit-on, dans le tremblement de terre qui renversa Nicomédie en 358. Il était contemporain et ami de Libanius. Les Lettres d'Aristénète ont été publiées à Anvers, 1566, par Sam¬bucus; à Utrecht, grec-latin, avec notes de Pauw, 1737; et à Paris, 1823, par M. Boissonade, édit. pré¬férable à toutes les autres. Elles ont été traduites ou imitées en français, par Cyre-Foucault, 1597; Le-sage, 1695; Moreau, 1752; F. Nogaret, 1797. ARISTIDE, Aristides, Athénien célèbre par ses vertus civiles et militaires eut une grande part à l'administration de la république, et reçut du peuple le surnom de Juste. Il est un de ceux qui comman¬daient à la bataille de Marathon, 490 av. J.-C. Thé¬mistocle, son rival, jaloux de son crédit, le fit ban¬nir par l'ostracisme, 483 : ses légers concitoyens étaient las de l'entendre nommer le juste. Rappelé lors de l'invasion de Xerxès, il seconda généreuse-ment Thémistocle et contribua aux succès de Sala-mine et de Platée. Estimé de tous pour sa douceur, sa modération et son désintéressement, il réussit à, faire déférer aux Athéniens la suprématie, et fut chargé d'administrer le trésor commun de toute la Grèce. Il mourut dans un âge avancé (469), et si pauvre que l'État fut obligé de pourvoir à. ses funé¬railles et de doter ses filles. Plutarque et Cornélius ont écrit sa Yie.ARISTIDE (S.), philosophe athénien, se convertit au Christianisme, et présenta à Adrien, l'an 125, une Apologie pour les Chrétiens, que nous n'avons plus. On le fête le 31 août.ARISTIDE (Alias),orateur grec, né à Bithynie vers l'an 129 de J.-C., reçut à Athènes les leçons d'Hé¬rode Atticus, et alla se fixer à Smyrne où il ensei¬gna la rhétorique avec un grand éclat. Smyrne ayant été renversée par un tremblement de terre l'an 178, il détermina par son éloquence l'empereur Marc-Au¬rèle à la rebâtir. Il reste de lui 54 Discours et quel¬ques autres écrits, qui font bien connaître l'état mo¬ral de la société au temps des Antonins. Samuel Jebb en a donné une édit. gr.-lat., Oxford, 1722, 2 vol. in-4, avec notes; G. Dindorff en a publié en 1829. à Leipsick, une nouv. édition qui renferme quelques morceaux récemment découverts. On le trouve aussi dans la Collection Didot.ARISTIDE (Quintilien),auteur grec qui paraît avoir vécu au lit siècle de J.-C., a laissé un traité sur Za Musique, inséré par Meibomius dans sa collection des Auctores septem antiquæ music, Amst., 1652, in-4.ARISTION,sophiste d'Athènes, fit déclarer cette ville en faveur de Mithridate contre les Romains, et y exerça un instant le souverain pouvoir. Sylla, s'étant rendu maître d'Athènes, le mit à mort, 87 av. J.-C.ARISTIPPE, philosophe grec de la secte cyrénaï¬que, né à. Cyrène vers 435 av. J.-C., d'une fa-mille riche, vint à Athènes étudier sous Socrate, et fonda lui-même une école dans laquelle il dénatura la morale de son maître. Il proposait pour but unique de la vie la recherche du plaisir, ri8ovn, d'où le nom d'hédonisme donné à son système; toutefois il pro¬scrivait les excès et voulait que l'homme possédât la volupté sans se laisser posséder par elle. Il mit cette doctrine en pratique, et passa ses plus belles années à la cour de Denys le Tyran dans la mollesse et les délices. Aristippe avait la repartie fine et l'esprit brillant; l'on cite de lui beaucoup d'heureuses saillies. On lui reprochait un jour de s'être jeté aux pieds de Denys pour obtenir une faveur : a Est-ce ma faute, répondit-il, s'il a les oreilles aux pieds? » Il eut une fille nommée Arété, et un petit-fils nommé aussi Aristippe, qui enseignèrent sa philosophie. On a sous son nom 4 Lettres (dans les Epistolu Socraticorum d'Allatius), qui sont apocryphes. Wieland a mis ce philosophe en scène dans un roman historique inti¬tulé : Aristippe et ses contemporains.
ARIS - 112 - ARIs
ARISTOBULE I, surnommé Philhellène , c.-à-d, Ami des Grecs, prince juif, succéda à son père Jean Hyrcan comme grand prêtre l'an 107 av. J.-C., prit le titre de roi, soumit une partie de l'Iturée, et mit à mort sur de faux soupçons son frère Antigone, à qui il devait cette conquête. Son règne ne dura qu'un an.ARISTOBULE II,fils d'Alexandre Jannée, détrôna son frère Hyrcan II, et devint roi de Judée l'an 70 av. J.-C. Assiégé par Arétas, prince arabe, il fut délivré par les Romains qu'il avait appelés à son se-cours, mais il ne tarda pas à. se brouiller avec eux. Assiégé dans Jérusalem par Pompée, il fut pris après une longue résistance "(63), et envoyé captif à Rome. Il parvint à s'enfuir en 57, essaya de soulever de nouveau la Judée, mais fut vaincu, pris une seconde fois et mourut en prison (45).ARISTOBULE,Juif grec, qui vivait à Alexandrie sous Ptolémée Philométor (vers 150 av. J.-C.), composa une Exégèse des livres de Moïse, ois il soutenait que les philosophes grecs avaient connu ces livres et y avaient souvent puisé.ARISTOCLES,péripatéticien du n° siècle de J.-C., né à Messine, fut le précepteur de Septime-Sévère et forma Alexandre d'Aphrodisie. Il composa une Histoire des philosophes et de leurs opinions, dans laquelle il combattait le scepticisme d'A;nésidème. Eusèbe en a conservé quelques fragments dans sa Préparation évangélique.ARISTOCRATE,nom de deux rois d'Arcadie : le 1' régna l'an 720 av. J: C.; le 2° vers 680. Celui-ci trahit les Messéniens, ses alliés, dans une guerre contre les Lacédémoniens : le peuple indigné le lapida et abolit la royauté, vers 671 av. J: C.ARISTOCRATES (du mot grec aristocrateia gou¬vernement des meilleurs ou des plus puissants). Par cette dénomination, qui au propre ne veut dire que partisan d'un gouvernement aristocratique, on dé-signa dans la Révolution française, non-seulement les anciens nobles investis de priviléges exorbitants, mais tous ceux qui se montraient opposés aux doctrines révolutionnaires. Ce seul nom était un titre de proscription : un décret du 27 mars 1793 mettait les Aristocrates hors la loi.ARISTOCRATIE, forme particulière de gouvernement. F. ce mot au Dictionnaire des Sciences.ARISTODÈME, un des Héraclides qui, à la tête des Doriens, vinrent conquérir le Péloponèse, régna à Sparte de 1190 à 1186, et fut père de deux jumeaux, Proclès et Eurysthène, chefs de deux branches qui après lui régnèrent conjointement à Sparte.ARISTONÈME,roi de Messénie, soutint de 744 à 724 la guerre la plus opiniâtre contre les Spartiates, les battit à Ithome (724) et prit leur roi Théopompe. On raconte que,' sur la foi d'un oracle, il sacrifia sa propre fille pour obtenir des dieux le succès de la guerre, et qu'ensuite, pour obéir à un nouvel oracle ou cédant à son désespoir, il se perça de son épée.ARISTOGITON, Athénien qui, avec son ami Har¬modius, projeta de délivrer Athènes de la tyrannie d'Hippias et d 'Hipparque. Harmodius fut tué après s'être défait d'Hipparque. On se saisit d'Aristogiton, et on le mit à la question pour lui faire déclarer ses complices : il nomma tous les amis du tyran, qui furent aussitôt mis à mort. Interrogé s'il n'en restait pas d'autres, il répondit à Hippias : « Il n'y a plus que toi qui mérites la mort. » Le tyran le fit aussitôt conduire au supplice. Après l'expulsion d'Hippias (509), une statue et des fûtes publiques consacrèrent la mémoire de ces deux citoyens.ARISTOMÊNE,roi et général des Messéniens vers 684 av. J.-C., souleva ses compatriotes contre les Lacédémoniens, et excita la 2° guerre de Mes¬sénie. Deux fois il fut fait prisonnier, et chaque fois il s'échappa de la manière la plus merveilleuse. Il remporta de grands avantages et- soutint dans Ira un siège de 11 ans (682-671 av. J: C.), mais ne put empêcher l'asservissement de sa patrie. Vaincu, il se retira en Arcadie avec une partie des Messé¬niens, tandis que les autres allaient en Sicile.ARISTONIC, fils naturel d'Eumène II, roi de Pergame, voulut enlever aux Romains le roy. de Pergame qu'Attale III leur avait légué, 132 av. J.-C. Accueilli avec transport par la nation, il remporta d'abord d'assez grands avantages; mais enfin il fut vaincu par Perpenna et amené à Rome par le con¬sul Aquilins; on le fit étrangler en prison (129).ARISTOPHANE, célèbre poète comique, né vers l'an 450 av. J: C., à Athènes, selon les uns, dans Pile de Rhodes ou d'Égine, selon d'autres, mort vers 380, commença à se faire connaître l'an 427,et fit représenter sur le théâtre d'Athènes un grand nombre de comédies dans - lesquelles il attaquait sans ménagement les hommes d'État, les philoso¬phes, lès poètes, le peuple d'Athènes et les dieux eux-mêmes. I1 porta si loin la licence que l'on fut obligé, vers l'an 388, de rendre une loi qui défen¬dait de représenter et de nommer sur la scène au¬cun personnage vivant; ce qui mit fin à l'ancienne comédie. Ceux qu'Aristophane poursuivit avec le plus de violence furent Socrate, contre lequel il fit la comédie des Nuées (vers l'an 424); Cléon, qu'il at¬taqua dans les Chevaliers; Euripide, qu'il fit figurer dans les Acliarniens, les Femmes à la fête de Cérès et les Grenouilles. De 54 pièces qu'avait composées, Aristophane, il n'en reste que 11 : ce sont, dans l'ordre de leur date : les Ach'arniens, les Chevaliers, les Nuées, les Guêpes (imitées par Racine dans les Plaideurs), la Paix, les Oiseaux, les Femmes à la fête de Cérès, Lysistrate, les Grenouilles, les Ha¬rangueuses, Plutus. Les allusions, les personnalités, les jeux de mots dont elles sont remplies, les rendent fort difficiles à entendre en outre, on est souvent choqué de la grossièreté des plaisanteries et de la bi¬zarrerie des idées; mais on ne trouve nulle part plus de sel et de causticité; le style en est d'ailleurs d'une élégance toute attique.Les meilleures éditions d'Aristophane sont celles de Kuster, grec-latin, Amst., 1710, in-fol.; de Brunck, Strasbourg, 1.781, 3 vol¬in-8 ; d'Invernitz, avec commentaires de Beck, Leips., 1794-1826 13 vol.; de G. Dindor£, avec les Scholies, dans la coflect. Didot, Paris, 1839 et 184Q, Les comé¬dies d'Aristophane ont été trad. en français, dans le Théâtre des Grecs, par Brottier (vol. X à XIII), et sépa¬rément par Poinsinet de Sivry, 1784, par M.. Artaud, 1830, et par M. Poyard, 1860. M. Fallexet M. Bernot ont mis en vers le Plutus et quelques morceaux des autres pièces. M. Arnould a donné une savante thèse Sur la Comédie d'Aristophane, Paris, 1842.Aristophane de Byzance, grammairien grec, vint à Alexandrie vers 198 av. J.-C., et y fut nommé chef de la grande bibliothèque. Il eut pour disciple le cé¬lèbre critique Aristarque. On lui attribue l invention des accents, la ponctuation et le Canon (catalogue raisonné) des Auteurs classiques grecs. Ce qui reste de lui a été publié par Nanek, Halle, 1848, in-8.
ARTS -- 113 - ARIU
ARISTOTE, Aristoteles, surnommé le Prince des philosophes, fondateur de la secte des. Péripatéti¬ciens, né à Stagyre en Macédoine, l'an 384 av. J.-C.1 eut pour père Nicomaque, médecin distingué, ami d'Amyntas III, roi de Macédoine. Il vint vers l'an 368 à Athènes, y suivit pendant 20 ans les leçons de Platon, et commença dès lors à se faire connaî¬tre par ses écrits. Après la mort de son maître (348), il quitta Athènes, blessé, dit-on, de n'avoir pas été désigné pour lui succéder , - et se retira' d'abord en Mysie, auprès d'Hermias, souverain d'Atarné, dont il épousa la sœur Pythias, puis à Mitylène dans l'île de Lesbos. Là, il reçut de Philippe (343) une lettre par laquelle ce prince le priait de se char¬ger de l'éducation de son fils Alexandre, lui disant qu'il se félicitait moins da ce qu'il lui était né un fils que de ce que ce fils était né du temps d'Aris¬tote. Après avoir passé plusieurs années à la cour de Macédoine, il suivit, à ce que l'on croit, son élève dans ses premières expéditions en Asie, met-tant à profit, pour les progrès de l'histoire natu¬relle, les trésors et les conquêtes du roi; puis il vint se fixer à Athènes 'vers l'an 331, et y fonda, dans une promenade voisine de la ville et nommée Lycée, une école nouvelle, qui prit le nom de Lycée; on la nomme- aussi école péripatdtIcienne (du mot grec péripatos, promenade). A la mort d'A-lexandre (323), Aristote, resté en butte à la calomnie de ses envieux et aux attaques des ennemis du roi de Macédoine, se vit accusé d'impiété l il sortit d'Athènes sans attendre le jugement, voulant, disait-il, épargner un nouveau crime aux Athéniens, déjà coupables de la condamnation de_Socrate. Il alla s'établir à Chalcis en Eubée, où il mourut peu après, en 322, âgé de 62 ans. - Aristote est le gé¬nie le plus vaste (de l'antiquité; il a embrassé tou¬tes les sciences connues de son temps et en a même créé plusieurs. Ses écrits, qui forment une sorte d'encyclopédie, posèrent pendant un grand nombre de siècles la borne du savoir humain, et jouirent d'une autorité absolue. La plupart nous sont arrivés, mais quelques-uns mutilés ou altérés. Les principaux sont : l'Organon, composé de dif¬férents traités de logique, et ainsi nommé parce que la logique est l'organe ou instrument de toute science; la Rhétorique, la Poétique, deux traités d'Éthique ou de Morale, la Politique, l'Économique, l'Histoire des Animaux, les Parties des Animaux, la Physique, les traités du Ciel, de la Génération et de la Corruption, des Météores, du Monde (regardé comme apocryphe), les Problèmes, le traité de l'âme, la Métaphysique ou Philosophie première, en 12 li¬vres. Il a aussi Iaissé quelques poésies. Le mérite d'Aristote en philosophie fut de donner à la science une base plus solide que n'avaient fait ses prédé¬cesseurs, et d'accorder davantage à l'expérience, mais sans méconnaître le rôle de la raison. Il re¬jeta la doctrine de l'idéal, qu'avait professée Platon, et concentra toute réalité dans les objets individuels, La philosophie est pour lui la science des choses par leurs causes. Selon lui, les points de vue sous lesquels les objets doivent être envisagés, quand on veut les connaître et les expliquer, se réduisent aux suivants : ce dont une chose est composée, sa nature intime ou son essence, sa cause, et le but ou la fin vers laquelle elle tend; d'où la distinction de quatre principes, la matière, la forme, la cause efficiente et la cause finale. En Psychologie, il es¬saye de classer les facultés de l'âme, et considère l'âme elle-même comme la puissance cachée qui donne la vie et produit l'organisation (il la nomme entéléchie). En Logique, il passe en revue les différentes formes du raisonnement déductif ou syllogisme et en donne un code complet. En Théodicée, il fonde la démonstration de l'existence divine sur la continuité du mouvement, et présente Dieu comme la fin ou Io but du monde, comme le centre vers lequel tout tend, auquel tout aspire. Dans l'Art, il ramène le beau à l'imitation de la nature; en Morale, la vertu à l'équilibre entre les passions et au milieu entre les excès; en politique, il assigne pour fin à la société l'utilité. Ses.travaux sur l'His¬toire naturelle et ses recherches sur l'anatomie com¬parée sont remarquables par l'exactitude des faits et la a profondeur des vues : de l'aveu de Cuvier, ils n'ont pas été surpassés. Les autres parties de sa doctrine sont loin d'être à l'abri de la critique : souvent il eut la prétention mal fondée de tout déduire par le raisonnement d'un petit nombre de principes ha¬sardés et négligea ou méconnut la véritable induc¬tion; une partie de sa Logique et de sa Métaphysique roule sur de vaines subtilités; dans sa Théodicée, il ne laisse pas de place à la Providence; dans sa Psychologie, il n'attribue l'immortalité qu'à l'intel¬lect, faculté supérieure et propre à l'homme; dans sa Politique , il approuve l'esclavage; dans sa Physique, où il ramène tout à quatre qualités primordiales, le sec et l'humide, le chaud et le froid, il se borne trop souvent à des explications purement verbales, et par là il a longtemps nui aux progrès de la science.-Les oeuvres d'Aristote ne furent rassem¬blées et publiées dans l'antiquité même que fort tard. Enfouies, dit-on, ou cachées pendant près de deux siècles (Y. NÉLÉE DE ScEpsts), ce n'est que vers le temps de Sylla qu'elles furent réunies par Apel¬licou de Téos et revisées par Andronicus de Rho¬des. Dans les temps modernes, on ne connut pendant longtemps en Occident que 1'Organon; c'est aux Ara¬bes et aux Grecs émigrés de Constantinople qu'on dut la connaissance et la propagation en Europe de ses autres ouvrages. La l' édition complète des écritsd'Aristote fut publiée àVenise par A1de Manuce (1495-98, in-fol.); parmi les éditions postérieures, les plus estimées sont celles : de Sylburge, Franc-fort, 1585-86, toute grecque; de Guillaume Duval, Paris, 1619 et 1654, in-fol., grec-latin; de Bekkeret Brandis, grec-latin, avec un choix de commentaires, publiée au nom de l'Académie de Berlin, Berlin, 1830-1836, 4 vol. in-4, et celle de la Collection Di-dot, 1848-60.On a en outre donné une foule d'é¬ditions spéciales des ouvrages détachés. La plupart ont été traduits en francais• les principales de ces traductions sont : celle ide la Morale et de la Politique, par Thurot, Paris, 1823, 2 vol. in-8; de la Rhétorique, par Cassandre, Paris, 1675, par Ch. E. Gros, 1822, et par Bonafous, 1856; de la Poétique, par Dacier, Paris, 1692, par Le Batteur (dans les Quatre Poétiques), 1771, et par M. Egger, 1849; de l'Histoire des animaux, par Camus, 1783; du Traité du monde, par Le Batteur (dans son Traite des causes premières) • de la Logique. var Ph. Canaye, sieur de Fresnes, 1589, in-fol.; de la Metaphyetgtie, par MM. Pierron et Zévort, 1841, 2 vol. in-8. M. Barth. St-Hilaire a entrepris une trad. complète d'Aris¬tote, dont une grande partie a déjà paru (Politique, 1837 et 1848; Logique, 1839-44; Traité de lame, 1846; Opuscules, 1847; Morale, 1856; Poétique, 1858; Physique et Météorologie, 1863; Traité de la production et de la destruction, 1866, etc.). Parmi les commentateurs d'Ar., nous nommerons, chez les anciens, Ammonius, Alexandre d'Aphrodisie, The¬misthius, Simplicius, Olympiodore, Jean Philopon, Boëce; au moyen âge, Alkendi, Averroës, Avi¬cenne, Avenpace, Albert le Grand, S. Thomas. La vie d'Aristote a été écrite chez les anciens par Dio¬gène de Laërte et par Ammonius. On a publié sur, pour et contre sa doctrine une foule d'écrits: Lau¬noy a donné un essai De varia Aristotelis fortune, 1672, M. A. Jourdain de savantes Recherches sur les trad. latines d'Aristote, 1819, et M. Ravaisson un Essai sur sa Métaphysique , 1837-46, M. Wad¬dington Kastus De la Psychologie d'Aristote, 1848.- ARISTOXÉNE, philosophe et musicien grec, né à Tarente vers 350 av. J: C., était disciple d'Aris¬tote. Il avait, selon Suidas, composé 453 ouvrages. Il ne reste de lui que des Eléments harmoniques, en 3 livres, publiés par Meibomius, Amst., 1652. et un Fragment sur le Rhythm, trouvé et publié à Venise par Morelli, 1785. Aristoxène n'admettait pour juge en musique que l'oreille et rejetait les calculs mathématiques des Pythagoriciens. G. L. Mahne a écrit : De Aristoxeno, Amst., 1793, et M. Ch. Ruelle : Étude sur Aristoxène, 1857.
ARK\V - 114 - - ARLI
- ARIUS,
fameux hérésiarque, né vers l'an 270 dans la Cyrénaïque, ou, selon d'autres, à Alexandrie, fut ordonné prêtre dans un âge avancé, s'éta¬blit à Alexandrie et commença en 312 à y enseigner une doctrine nouvelle, qui se répandit rapidement: il combattait la Trinité, niait la consubstantialité du Verbe avec le Père et par suite sa divinité même, et soutenait que J: C. est une simple créature tirée du néant, très-inférieure au Père. Il fut successive-ment combattu par S. Alexandre et par S. Athanase, évêques d'Alexandrie, condamné par plusieurs conci¬les, notamment par le concile de Nicée en 325, anathématisé et exilé pendant plusieurs années. Mais soutenu par Eusèbe, évêque de Nicomédie, homme de son parti, il se fit absoudre par quelques concilia¬bules et parvint même à égarer Constantin qui le rappela d'exil. Son retour à Alexandrie ayant excité des troubles, il se retira à Constantinople; il allait, malgré l'opposition de S. Alexandre, devenu pa¬triarche de cette ville, entrer en triomphe dans l'é¬glise, lorsqu'il mourut subitement d'une violente co¬lique, l'an 336. Ses partisans prétendirent qu'il avait été empoisonné; ses adversaires virent dans cette mort extraordinaire une punition de Dieu.-Après la mort d'Arius, son hérésie fit de grands progrès : elle fut ouvertement protégée par l'empereur Constance et par plusieurs de ses successeurs; elle fut même approuvée par plusieurs conciliabules, et pen¬dant longtemps elle compta de très-nombreux par¬tisans. L'empereur Théodose parvint à 1'étouffer presque entièrement dans ses États, mais elle fut em¬brassée par la plupart des peuples barbares qui avaient envahi Pempire romain, à l'exception des Francs et elle subsista pendant plusieurs siècles chez les Goths, tes Vandales, les Bourguignons et les Lombards. Elle s'éteignit vers l'an 660, par l'abjuration d'Aribert I, dernier roi arien des Lombards cependant on en retrouve des traces chez les Vaudois et les Albigeois. Depuis la Réformation, l'Arianisme s'est reproduit, mais sous de nouvelles formes, principalement sous •elle du Socinianisme , et a eu pour principaux dé¬fenseurs Servet, Socin, Capiton, Cellarlus, etc. L'Hist. de l'Arianisme a été écrite par le P. Maimbourg. - ARIZONA, district des États-Unis, cédé en 1853 par le Mexique et réuni au territoire du Nouv: Nouv.-Mexiq borné à l'O. par le Colorado, qui le sépare de la Californie, au S. par les États mexicains, à l'E. parle Texas.
[modifier] ARJ
- ARJUZANX, ch. 1. de c. (Landes), à 35 k. N. O. de Mont-de-Marsan; 758 h. Vins estimés. Station.
[modifier] ARK
- ARKANSAS, fleuve des États-Unis, sort des monts Racheux, coule au S. O., arrose l'État d'Arkansas, sépare les États-Unis du Mexique, et tombe dans le Mississipi, après un cours de 3500 kil. environ. Il a pour affluents le Canadien à droite, le Vert-de-Gris, le Neocho, le Petit Illinois à gauche.
- ARKANSAS, un des États-Unis de l'Amérique du Nord, borné au N. parl'Etat de Missouri, à l'E. par le Missis¬sipi, au S. par la Louisiane et le Texas, àl'O. parle Mexi¬q ue• 940 k. sur 390 ; 435 450 h., dont 111 000 esclaves; ch.-1. Little-Rock. Plusieurs riv.: Mississipi, Arkansas, Riv. Rouge, Riv. Blanche, St-François ; plusieurs che¬mins de fer. Tabac, coton, mais, riz, vin.-
L'Arkansas, primitivement habité par une peuplade indigène de ce nom, forma un territoire dès 1819, mais ne devint État qu'en 1836. Il se sépara de l'Union en 1861. ARKHANGEL, tr de Russie, en. -L du gouvt de même nom, sur la mer Blanche, près de l'emb. de la Dwina, et à 800 k. N. E. de St-Pétersbourg, 20 000 hab. Elle doit son nom à S. Michel l'archange, son patron. Beau port, mais qui n'est libre de glaces que quatre mois de l'année. Bâtie en bois, sauf quelques monuments. Archevêché russe, séminaire• chantiers :le marine; école de navigation; pêche de la baleine• commerce considérable.Fondée en 1582, Arkhangei é lait la seule place maritime commerçante de la Rus-se avant la fondation de St-Pétersbourg.-Le gouvt d'Arkhangel est situé entre la mer Glaciale et lamer Blanche au N., le gouvt de Tobolsk. à l'E. , ceux de Vologda et d'Olonetz au S., et la Laponie à l'O.; 1 550 k. sur 780. Pop. 270000 hab., Russes, Semons des et Lapons. Il est en partie situé sous le cercle polaire et comprend la Nouvelle-Zemble et plusieurs autres îles de la mer Glaciale. L'été y est court et pluvieux. Pelleteries.- ARKHANGEL (NOUVEL-), fort établi par les Russes sur la côte N. 0. de l'Amérique sept., dans l'île et sur le détroit de Sitka, par 137° 36' long. O., 57° 3' lat. N., est le ch.-i. de leurs possessions et leur prin¬cipal comptoir dans ces parages.
- ARKONA, extrémité N. E. de l'île de Rugen; pays célèbre par le culte du di'eu Svantovit. Phare.
- ARKOPOLIS , ch: 1. de l'Arkansas. Y. LITTLE ROCK.
- ARKWRIGHT (Richard),
mécanicien anglais, né en 1732 à Preston (Lancaster), d'une famille pauvre, mort en 1792, fut jusqu'à l'âge de 36 ans simple bar¬bier. Doué d'un génie naturel pour la mécanique, il réussit, après des difficultés sans nombre, à exécuter une machine à filer le coton d'une perfection admi¬rable, prit en 1771 un brevet d'invention, établit une fabrique à Cromfort (Derby) et fit bientôt une immense fortune. Honoré de tous, il devint en 1786 grand shé¬rif du comté de Derby et fut fait chevalier. L'inven¬tion d'Arkwright a opéré une révolution dans la fa¬bricationducoton; en réduisantpresqu'h rien lamain- - d'oeuvre, elle apermis àl'Angleterre de baisser prodi gieusement le prix de ses marchandises.
[modifier] ARL
ARLANC, ch: 1. de cant. (Puy-de-Dôme) , à 17 k. S. d'Ambert; 2077 h. Eau ferrugineuse froide.ARLBERG, chaîne secondaire des Alpes, part dut Monte d'Oro, séparé les bassins du Rhin et du Danube et traverse le Tyrol.ARLEQUIN, personnage comique de la comédie, italienne, dont on croit retrouver le type dans les Atellanes. Ce nom fut d'abord donné à un comédien (italien du temps de Henri III, qui était l'un des familiers de la maison du Harlay, ce qui le fit surnommer Arlequin. On conpait spécialement sous le nom d'Arlequin gdelques acteurs qui excellaient dans ce rôle, entre autres Dominique et Carlin.ARLES, Arelas et Arelate,.appelée par les Massitiens Theline, v. de France (Bouches-du-Rhône), ch. 1. d'arr., sur le Rhône, à 691 k. de Paris ; 25 543 hab. Petit port, pont de bateaux, canal; beaucoup de monuments antiques (théâtre, amphithéâtre, obélisque, aqueduc, temples, arc de triomphe); c'est dans cette ville que fut trouvée, en 1651, la Vénus d'Arles, auj. au Louvre. Collége ,bibliothèque ; école de navi . :tnc. archevêché, auj. réuni à celui d'Aix. Chapellerie, filature de soie, huiles, saucissons renommés; entrepôt de sel. Les Arlésiennes sont célèbres pour leur beauté et la richesse de leur costume.-Arles fut fondée au moins 2000 ans avant notre ère; son nom, ' en langue celtique, Arlait, veut dire prés des eaura. Colonisée au temps de Marius, Arles rivalisa bientôt avec Marseille : on la surnommait la Rame gauloise. Elle servit pendant un temps de résidence à Constantin et prit de là le nom de Constantina. En 412, après la prise de Trêves par les Francs, Arles devint la mé¬tropole de toutes les Gaules. Sous les Mérovingiens elle était capitale du comté de Provence ou comté d'Arles. En 879, elle devint sous Boson était. du roy. de Bourgogne cisjurane; en 933, Rodolphe Weil; déjà roi de la Bourgogne transjurane, ayant réuni les deux Bourgognes, fit d'Arles la capitale de ses États, qui prirent alors le nom de Royaume d'Arles. Ce roy., qui dura peu, fut légué en 1032 par Rodolphe III, à l'empereur Conrad II. Érigée. en républi¬que au xu° siècle, Arles se soumit en 1251 à Charles d'Anjou, comte de Provence; elle a suivi depuis les destinées de la Provence. Plusieurs conciles ont été tenus à Arles; le 1°r et le plus célèbre, convoqué en 314 par Constantin, condamna les Donatistes.ARLES-SUR-TECH, Aruly, eh: 1. de cant. (Pyr.-Orientales), au pied du Canigou et à 1Q' kil. S. O. de Ceret; 1734 hab. Plomb, eaux minérales.ARLEUX, ch.-1, de cent. (Nord), à 10 kil. S. de Douay; 1490 h.Château fort, pris par les Français en 1645. Patrie de Merlin (dit de Douay).
ARMA - 115 - ARMA
ARLINCOURT (Victor, vicomte d'),romancier, né en 1789, au château de Mérantris, près de Versailles mort en 1856, était fils d'un fermier général qui fui une des victimes de la Révolution. Auditeur au Conseil d'État sous l'Empire; il se rallia en 1814 aux Bourbons) et fut nommé aussitôt par Louis XVIII maître des requêtes. Jouissant d'une belle fortune, il quitta les affaires après les Cent-Jours pour se livrer aux lettres. Il publia en 1818 un poème épique,. Charlemagne ou la Caroldide, où l'on blâma un plan étrange et une versification bizarre; ce poême ayant eu peu de succès, il se réduisit au roman. Il donna en 1821 le Solitaire, dont le sujet était emprunté au moyen âge et qui ,, malgré l'exagération du sentiment, malgré un style ampoulé et des inver¬sions forcées, eut une vogue prodigieuse parce qu'on y trouvait de l'imagination et de l'intérêt. Cette oeuvre fut suivie de quelques autres romans où l'on rencontre les mêmes qualités et les mêmes défauts : l'Étrangère, le Renégat, Tpsiboé. Après 1830, le vicomte d'Arlineourt attaqua le nouveau gouvernement dans des romans allégoriques qui furent peu lus. Cet écrivain, qui avait joui dune si grande vogue, eut la douleur de se voir, avant de mourir, presque entierement oublié.ARLINGTON (Henri BENNET, comte d'),ministre d'État et pair d'Angleterre, né en 1618, mort en 1685, se distingua d'abord par son dévouement à la cause de Charles I, combattit dans l'armée royale et émigra sous le Protectorat. Rentré en Angleterre avec Charles II, il fit en 1670 partie du ministère célèbre connu sous le nom de Cabal (V. ce mot). Il fut ensuite élevé à la dignité de lord chambellan.ARLON, Orolaunum, ch. 1. du Luxembourg belge, à 20 k. O. de Luxembourg; 5600 h. Aux env., forêts; forges; grand commerce de fer. On y a souvent trouvé des médailles, des statues, etc. - Érigé en marquisat en 1103, et réuni au comté de Luxembourg en 1214; possédé par la France de 1684 à 1697. Victoires des Français sur les Impériaux en 1793 et 1794.[par le duc de Bourgogne, 1407, il se mit à la tête des partisans de la victime, combattit la faction de Bourgogne, finit, après des succès divers, par entrer dans Paris à la tête d'une adnée, 1413, se fit nom-mer par la reine Isabeau connétable, puis premier ministre, et s'empara de toute l'autorité, 1415. Mais il ne tarda pas à se rendre odieux par ses exactions ]
[modifier] ARM
ARMADA. Ce nom, qui veut dite en espagnol flotte de vaisseaux de guerre, a été spécialement appliqué à la flotte redoutable que Philippe II équipa en 1588 contre Élisabeth, reine d'Angleterre, et qu'il nomma orgueilleusement l'invincible armada. Cette flotte, composée de 135 vaisseaux, fut détruite en peu de jours : d'abord dispersée par la tempête, elle fut ensuite battue par la flotte anglaise, que cormmandait l'amiral Drake.ARMAGH, Regia, v. d'Irlande (Ulster), ch.-l. du comté d'Armagh, à 110 k. N. 0. de Dublin; 13 000 hab. Archevêché qui a la primatie de toute l'Irlande ; riche bibliothèque, observatoire. -Armagh fondée, dit-on, par S. Patrick en 450, a été tapit. de l'Irlande au moyen âge; elle avait alors une université très fréquentée. Souvent pillée dans les guerres avec les Danois et les Anglais, elle fut incendiée par sir Phelim O'Neil en 1642. Sa décadence date de la Réforme. - Le comté, situé entre ceux de Tyrone, Monaghan Louth, Down, a 53 kil. sur 31 et. 250 000 hab. Sol fertile.ARMAGNAC, anc. pays de France, compris dans la prov. de Gascogne, était borné au N. par le Con- domois, l'Agénois, le Quercy; au S. par le Bigorre, le Comminges, le Conserans; à l'E. par le Langue- doc, à l'O. par le Béarn, le Marsan, le Gabaret, et avait pour v. princip. Lectoure, Nogaro et Auch. La Save, la Gimone, le Gers, la Baïze arrosent ce pays. Il forme auj. le dép. du Gers et une partie da ceux Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, H.-Garonne. -Compris jadis dans l'Aquitaine, puis dans le duché de Gascogne qui appartenait à une maison mérovin- gienne issue de Caribert , enfin , dans le comté de Fezensac , l'Armagnac devint un comté particulier , en 960 et eut pour premiers comtes Bernard le Louche , Géraud Trancaléon , Bernard II. Ce dernier posséda un instant tout le duché de Gascogne (1040- 1052). Géraud III, son petit-fils, réunit à l'Armagnac le comté de Fezensac (vers 1140). En 1163 on dé- tacha pour un cadet un apanage dit comté de Fe- zensaguet. La branche aînée s'étant éteinte dans les mâles (1245), Géraud V, fils du premier comte de Fezansaguet, devint comte d'Armagnac ;1256); mais à sa mort (1285), les deux comtés furent a nouveau séparés. Jean I (1319-1373) et ses successeurs joigni¬rent à l'Armagnac les comtés de Rhodez et de Carlat, les vicomtés de Lomagne et d'Auvillars , le Com¬minges , le Charolais ( qu'aliéna Jean III en 1390 ). Jean III eut pour successeur son frère Bernard VII, chef de la faction des Armagnacs (V. ci-après). En 1473 périt le célèbre Jean V, adversaire acharné de Louis XI. Ce prince déclara, en 1481, l'Armagnac réuni à la couronne. Cependant le roi Charles VIII le rendit à Charles I frère de Jean V. A ce Charles I succédèrent le duc Charles d'Alençon, puis Henri d'Albret (tous deux époux de Marguerite, soeur de Fran¬çois I), ensuite Jeanne d'Albret, et enfin Henri IV, qui réunit définitivement ce comté à la couronne de France par son avènement (1589). En 1645, Louis XIV donna le titre de comte d'Armagnac à H. de Lorraine, comte d'Harcourt, dont la postérité le porta jusqu'à la Révolution.ARMAGNAC (Bernard VII, comte d'), chef de la faction dite des Armagnacs, fut mis en possession de son comté en 1391 par la mort de son frère jean III ( V. ci-dessus). Dans les querelles des maisons de Bourgogne et d'Orléans , qui désolèrent la France pendant la démence de Charles VI , il embrassa le parti du duc d'Orléans, dont le fils , Charles d'Or¬léans, était son gendre, et devint bientôt l'âme de cette faction. Après l'assassinat du duc d'Orléans [...] et sa tyrannie, et rompit avec la reine, qui alla chercher un asile à la cour de Bourgogne, 1418. Les mécontents ayant réussi à introduire les Bourguignons dans Paris, toute la ville se souleva contre le comte d'A. et il se vit contraint de se cacher; mais il fut découvert dans sa retraite, et massacré avec un grand nombre des siens par la populace furieuse.ARMAGNAC (Jean V, comte d'), petit-fils du préc.,fut accusé sous Charles VII d'avoir entretenu des intelligences avec les Anglais, et condamné par le parlement au bannissement et à la perte de ses biens, 1460. Louis XI, à son avénement, le rappela et lui rendit sesbiens, 1461; mais il ne paya ce prince que d'ingratitude : il entra dans la Ligue du Bien public,embrassa le parti du duc de Guyenne, frère du roi et son ennemi acharné, et livra les côtes de France aux Anglais et aux Aragonais. Condamné de nouveau, il résista les armes à la main et s'enferma dans Lectoure , où il soutint un long siège contre le cardinal Joffrédy. Celui-ci lui proposa de traiter; mais pendant qu'on négociait, les troupes royales entrèrent dans la place par trahison, et le comte d'Armagnac fut assassiné, 1473. Ce seigneur avait conçu un amour incestueux pour sa soeur Isabelle : il l'épousa publi¬quement malgré les foudres du Vatican, et en eut plusieurs enfants. -Son frère, Charles d'Armagnac, condamné avec lui, resta 14 ans à la Bastille et n'en sortit que sous Charles VIII, qui lui rendit l'Armagnac.ARMAGNAC (Jacques d') duc de Nemours, petit-fils de du connétable Bernard d'Armagnac mais issu d'un fils cadet,fut dans sa jeunesse comblé de bienfaits par Louis XI, qui lui fit épouser une de ses cousines, l'investit du duché de Nemours et lui confia des com-mandements importants. Loin de se montrer recon¬naissant, Jacques d'Armagnac se rangea parmi les ennemis du roi, et accéda à la Ligue du Bien public. Il obtint deux fois son pardon; mais ayant pris part à de nouvelles intrigues, il fut assiégé et pris dans Carlat, et amené à la Bastille, où le roi irrité le fit enfermer dans une cage de fer. Condamné par le parlement, il fut mis à mort en 1477, à peine âgé de 40 ans.Ses fils, encore en bas âge, furent, dit-on, forcés d'assister à son supplice, et placés sous l'é¬chafaud pour recevoir sur leur tête le sang de leur père; mais cet acte odieux est fortement contesté.- ARMAGNAC (Louis d') , duc de Nemours, troisième fils du précédent, n'avait que 5 ans lors du supplice de son père. Il fut détenu à la Bastille jusqu'à la mort de Louis XI. Charles VIII le mit en liberté et lui ren¬dit une partie de ses biens; il accompagna ce prince dans son expédition en Italie et s'y distingua. Louis XII le nomma vice-roi de Naples : mais il éprouva plusieurs échecs, et périt à Cérignole en combattant les Espagnols, 1503. Avec lui s'éteignit cette branche de la maison d'Armagnac.
ARMÉ - 116 AIIIYI
- ARMAGNACS (faction des), opposée à celle des Bourguignons. V. ARMAGNAC (Bernard VII, comte d').
- ARMANÇON, riv. de France, mit au S. de Pouilly (Côte-d'Or), baigne Semur, Nuyts, Ancy-le-Franc, Tonnerre, St-Florentin, Brinon-l'Archevêque, et se perd dans l'Yonne, à La Roche, à 18 k. N. d'Auxerre, après un cours de 200 kil., dont 120 flottables.
- ARMAND. Les poétes du xvn° siècle désignent souvent par ce prénom le cardinal de Richelieu.
- ARMATOLES,
milice grecque de la Thessalie, in¬stituée au commencement du xvi° siècle par Sélim I, dans le but de s'opposer aux incursions des montagnards connus sous le nom de Rlephtes (brigands). Lors de l'insurrection grecque, en 1821, Ies Arma¬toles s'unirent aux Klephtes contre les Turcs, et servirent puissamment la cause de l'indépendance : Botzaris est un de leurs chefs les plus illustres. ARMÉNIE, Armenia, contrée de l'Asie occident., située entre l'Iméréthie et la Géorgie an N., le Kurdis¬tan etl'Aderbidjan à l'E., l'Algézireh au S., l'Anatolie à l'O. Ses limites ont du reste très-souvent changé. - Elle peut se partager en Arménie turque et en Arménie russe : la comprend les pachaliks d'Er¬zeroum, de Kars et de Van, à l'O. et au S.; la 2° se compose de l'Érivan à l'E., qui formait autrefois l'Arménie persane, et du pachalik d'Akhaltsiké au N., qui naguère était aux Turcs. V. princ.: Erzeroum, Kars, Van, Ani, Erivan, Nakhchivan, etc. L'Arménie est traversée par des chaînes de montagnes qui unis-sent le Caucase et le Taurus ; la plus connue est le mont Ararat. L'Euphrate, le Tigre, l'Aras (Araxe) et le Four (Cyrus) prennent leur source dans cette contrée; on y trouve un grand lac, le lac de Van. Le climat de l'Arménie est très-varié; les montagnes sont couvertes de neiges éternelles, mais les vallées sont de la plus grande fertilité (on a même voulu y placer le paradis terrestre). Les montagnes renfer¬ment de riches mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer et de plomb; des carrières de marbre et de jaspe. Les Arméniens sont d'un caractère souple, poli, in¬sinuant, mais peu sûr; ils sont très-adonnés au com¬merce. On les trouve répandus dans toute l'Asie, surtout dans l'Arabie et la Turquie; et en Europe, dans la Grèce et à Venise. Ils ont une langue à part, l'une des plus anciennes du monde, qui appartient à la famille des langues ariennes. Ils possèdent une littérature assez riche, dont Moise de Khoréne est la principale gloire. Les Arméniens sont Chrétiens depuis le ive siècle : ils furent convertis par S. Gré¬goire l'llluminateur, évêque de Césarée. Le plus grand nombre forme une église particulière, l'église arménienne, qui, suivant l'hérésie d'Eutychès, n'ad¬met en J.-C. qu'une seule nature, et qui ne recon¬naît point la suprématie du pape; ils ont un patriar¬che qui réside à Etchmiazme, près, du mont Ararat.Arménie ancienne. Elle se divisait en Grande Ar¬ménie (Armenia Major), et Petite Arménie (Arme-nia Miner). La Grande Arménie était située entre l'Euphrate à. l'O., le Tigre au S., l'Assyrie et l'Afro-patène à l'E., et l'Ibérie au N. Elle comprenait un grand nombre de provinces, dont les principales sont nommées : 1° Acilisène, Sacasène, Basilisène, Catarzène, Phasiane, Colthéne (entre l'Euphrate et l'Aras); 2° Sophène, Arzanène, Chorzène, Bagray¬danène, Cordyène, Cotée, Moxoène, Caranitide (en¬tre l'Euphrate et le Tigre); 3° Orbalisène, Otène, et .1e pays des Obareni, Taochi, Scythini, Sanni ( entre P .Arase et l'Ibérie). Artaxata,, auj, Ardech, était la tapit. de tout le pays. - La Petite Arménie était située à1'0. du Haut-Euphrate, entre la Colchide, la Cappadoce et la Comagéne. Lorsqu'elle eut été réduite en province romaine, elle fut divisée en 5 préfectures : Mélitène, Cataonie, Mutisme, Laviane et Rhavène. Plus tard on la partagea en Arménie 1"°, ch. I. Satata et Arménie 2° , ch.-l. Simbra. Le nom de Petite Arménie fut aussi donné au roy. d'Ar¬ménie fondé par les Grecs en 179.Histoire. L'histoire de l'Arménie remonte jusqu'à Noé. Ce fut d'abord un État indépendant, gou¬verné par des rois, dont le 1`" fut Haig, issu de Noé, qui régnait vers 2107 av. J: C. Aram, un des successeurs d'Haïg, s'illustra par ses conquêtes : c'est de lui que les Arméniens tirent leur nom. Soumispar Sémiramis, les rois d'Arménie reconnurent la suprématie de l'Assyrie, puis celle de la Perse. En 328 av. J.-C., sous le règne de Vahé, le dernier des Haiganiens, l'Arménie fut conquise par les Ma¬cédoniens; elle passa depuis sons la domination des Séleucides. Elle secoua le joug l'an 189 .av. J: C., et forma dès [ors deux royaumes distincts : la Grande et la Petite Arménie. Cette dernière, après avoir eu longtemps des rois particuliers, fut réduite en pro¬vince romaine vers l'an 75 de Quant à la Grande Arménie, elle jouit de quelque éclat sous les règnes d'Artaxias, fondateur d'Artaxate (189-159) , et de Ti¬grane, l'allié de Mithridate (95): qui résista énergi¬quement aux Romains, mais qui fut forcé en 64 av. J: C. de reconnaître leur autorité. Pendant les deux premiers siècles de l'empire romain, l'Arménie fut régie par une branche de la dynastie des Arsacides, qui régnaient déjà sur les Parthes, et fut un éter¬nel sujet de guerres entre les Parthes et les Romains. De 232 à 386 après J.-C., les Sassanides, rois perses, régnèrent sur l'Arménie privée de ses sois. En 387, Théodose le Grand la partagea avec les Perses; mais Bahram III, roi sassanide, réunit toute l'Armnie à son empire (398). Néanmoins la dynastie des Arsa¬cides subsistait encore; elle ne s'éteignit qu'en 428, en la personne d'Ardachès, qui fut déposé. L'Armé-nie retomba alors entièrement sous le joug des Per-ses. Après la chute des Sassanides (652), l'Arménie fut longtemps en proie à d'horribles convulsions; elle retrouva un peu de repos sous la dynastie de Pagrâtides (855-1079 ). Les Grecs s'emparèrent en 1079 de la Petite Arménie; puis, y ajoutant la Ci¬licie, ils _en firent un roy. dont Anazarbe fut la ca¬pitale. Ils en furent expulsés en 1182 par Rupen, prince de la famille des Pagratides. Ce prince fit, ainsi que ses successeurs, de nombreuses alliances avec les Croisés établis en Syrie. En 1320, la dynastie des Rupéniens fut remplacée par des princes issus de Lusignan, roi de Chypre. Cette dernière dynastie fut renversée en 1373 par les, Mongols, et dès lors l'Ar¬ménie cessa d'avoir une existence indépendante. Elle passa successivement sous le joug des Turcs seldjou¬cides et sous celui des Turcs ottomans. Lets~RPersans enlevèrent ensuite aux Turcs une partie de leurs conquêtes et furent eux-mêmes dans ces derniers temps remplacés par les Russes, qui partagent auj. avec la Turquie la possession de l'Arménie.
ARMENTIERES, ch.-l. de tant. (Nord), sur la Lys, à 18 kil. N. 0. de Lille, sur la frontière ; 8795 hab. Fortifications détruites. Collége, hospice d'aliénés, haras. Genièvre, linge de table; construc¬tion de bateaux, etc. Commerce de grains, vin, eau-de-vie, tabac, fer, etc.ARMIDE, personnage tout imaginaire de la Jérusalem délivrée du Tasse. C'était une enchanteresse, type de la beauté jointe à la séduction. Longtemps elle retint dans ses jardins enchantés Renaud, le plus brave des Croisés; elle se livra au plus violent désespoir quand, pour obéir à la voix de l'honneur, le héros s'arracha de ses bras. Gluck et Rossini ont traité ce sujet dans deux opéras célèbres.ARMINIENS ou REMONTRANTS, secte de la religion réformée. V. arminius (Jacques).ARMINIUS ou nERMANrr, fameux général des Ché¬rusques tailla en pièces les légions de Varus dans les défilés d'e Teutbourg (Teutoburgiensis saltus) , l'an 9 de J: C., se soutint longtemps avec avantage contre les forces romaines, commandées par Germanicus, et les contraignit enfin à abandonner la Germanie. Dans la suite, ayant aspiré au titre de roi, il fut empoi¬sonné par un de ses comtiatriotes (19). IT n'avait que 37 ans. Arminius avait été élevé à Rome et avait longtemps joui de la confiance d'Auguste et de Va-rus lui-même. Après sa mort, les Germains en firent, dit-on, un dieu sous le nom d'Irminsul.
A11NA -- 117 - AlitiA
ARMINIUS (Jacques)ou HARMENSEN , théologien protestant, né à Oude-Water en 1560, mort en 1600, fut ministre à Amsterdam (1588), et professa la théologie à Leyde (1603). Il combattit la doctrine des Supralapsaires, nia la prédestination, enseignée par Calvin, admit la doctrine du pardon pour tous les a repentants, et s'efforça de réunir toutes les commu¬nions chrétiennes. Ses sectateurs, qui sont encore très-nombreux en Hollande, sont nommés Armi¬niens; on les appelle aussi Remontrants, parce qu'ils exposèrent leur doctrine dans un mémoire intitulé Remontrances, qu'ils adressèrent en 1610 aux États de Hollande. Arminius eut à soutenir à Leyde des contestations fort vives, surtout avec Gomarus, zélé Calviniste, dont les partisans sont appelés Gomaristes. - Exclus en 1618 par le synode de Dordrecht de la communauté synodale, les Arminiens jouissent de-puis 1630 d'une complète tolérance. Les écrits d'Armi¬nius ont été publiés à Francfort, 1631, in-4. Ses Spis¬tolœ ont paru en 1684, Amst., in-4. G. Brandt a donné sa Vie, Leyde, 1724.ARMORIQUE, Armorica (des mots celtiques ar mer, la mer) , nom donné aux côtes de la Gaule le long de la Manche et de l'Océan, de l'embouchure de la Seine à celle de la Loire, comprenant toute la Bretagne actuelle. Le nom d'Armorique paraît même avoir été quelquefois étendu à toute la partie occidentale des côtes de la Gaule, le long de l'Océan Atlantique. -Les cités armoricaines se soulevèrent contre les Romains en 408 et formèrent dès lors une puissante confédération.ARMSTRONG (Jean),médecin et poête écossais, né en 1709 à Castleton, près d'Édimbourg, mort en 1779, fut nommé en 1746 médecin de l'hôpital militaire de Buckingham, et en 1760 médecin de l'ar¬mée d'Allemagne. 11 a laissé quelques écrits surlamé¬decine, mais il est surtout connu comme littérateur. On lui doit un Essai pour abréger l'étude de la Médecine (1735), satire ingénieuse dirigée contre les empiri¬ques; l'Économie de l'amour (1737), poème auquel on reproche quelques peintures licencieuses; l'Art de conserver la santé (1744), poème didactique estimé, trad. en 1817 par M. Monne; le Jour (1760), poétise descriptif, et des Essais divers, publiés sous le nom de Lancelot Temple.
[modifier] ARN
ARNAC-POMPADOUR, vge du dép. de la Cor¬rèze, à 30 kil. N. O. de Brives; 1386 hab. Haras.Ancien marquisat. Aux env.. ancien château bâti en 1026; donné par Louis XV à Mme d'Etioles, qui prit de là le nom de marquise de Pompadour.ARNAUD, nom de plusieurs troubadours des x11• et xi° s. Le plus connu estDaniel Arnaud de Riberac, dit le Ménestrel, mort vers 1189, loué par Dante et Pétrarque comme grand maître d'amour et comme le premier poète de la langue romane. Il a laissé des poèmes érotiques (manuscrits à la Bibliothèque impériale); il créa la sestine, strophe de 6 vers.ARNAUD de Brescia, célèbre hérétique du xi?• s., né en 1100, vint jeune en France où il suivit les le¬çons d'Abélard, puis retourna en Italie et prit l'ha¬bit monastique. Il prétendit réformer le clergé et faire revivre la primitive église; il soutenait que les ecclé¬siastiques ne peuvent posséder de biens temporels sans être damnés. Il se 'fit un grand nombre de par¬tisans et excita des troubles dans plusieurs villes, où le peuple, à son instigation, prit les armes contre les ecclésiastiques. Condamné par le pape Innocent II et par le concile de Latran en 1139, il se retira quel-que temps en Suisse; mais en 1144, voyant croître son parti, il vint à Rome, d'où il chassa successi¬vement les papes Lucius II et Eugène III. Alliant la réforme politique à la réforme religieuse, il ré¬tablit la république et forma un sénat. Il resta maître de Rotne pendant 10 ans; mais au bout de ce temps le pape Adrien IV réussit à y rentrer. Arnaud se réfugia en Toscane; mais ayant été pris par l'em¬pereur Frédéric Barberousse qu'Adrien avait appelé à son secours, il fut livré au préfet de Rome qui le fit décapiter ou selon d'autres brûler vif au châ¬teau St-Ange, 1155.ARNAUD de Villeneuve,savant du xtu° siècle, néen 1238 à Villeneuve en Languedoc ou en Catalogne, se distingua à la fois par ses profondes connaissances en médecine, en chimie, en astrologie et en théo¬logie. Il voyagea en France, en Italie et en Espagne pour s'instruire, et séjourna longtemps à Paris et à Montpellier, exerçant la médecine. Se piquant aussi d'être théologien, il se fit condamner par l'Université de Paris pour avoir soutenu plusieurs propositions hérétiques. Il se réfugia en Sicile au-près de Frédéric d'Aragon. Le pape Clément V, étant tombé malade, l'appela auprès de lui pour le soigner; mais il périt dans la traversée de Naples à Avignon, en 1314. Arnaud de Villeneuve a surtout fait avancer la chimie: il découvrit les acides nommés depuis sulfurique, muriatique et nitrique, et sut, dit-on, le premier extraire l'alcool et l'essence de téré¬benthine. Malgré ses lumières, il s'adonna à l'astro¬logie et voulut prédire la fin du monde. Ses oeuvres ont été publiées à Lyon, en 1504 et en 1520, avec une Vie de l'auteur.ARNAUD AMALRIC, inquisiteur. V. ARNAUD.ARNAUD-BACULARD (Fr. Thomas-Marie DE BACULARD,connu sous le nom d'),littérateur médiocre, né à Paris en 1718, d'une famille noble du comtat Ve¬naissin, mort en 1805, fit des vers dès l'âge de 9 ans : il avait déjà composé trois tragédies à 17 ans. Vol-taire remarqua ses essais, le soutint de ses conseils et même de sa bourse; le roi de Prusse Frédéric le choisit pour son correspondant, puis l'appela à Berlin , mais Arnaud n'y resta qu'un an. Il fut nommé vers 1751 conseiller de la légation française à Dresde, puis il revint se fixer à Paris où il se livra tout entier à la composition de ses écrits. Il adopta un genre lugubre et sombre qui eut faveur pendant quelque temps. Malgré le succès de ses oeuvres, il ne s'enrichit pas et finit même dans sa vieillesse par tomber dans une profonde misère. Ses principales productions sont : les Épreuves du sentiment, 1772-81; les Délassements de l'homme sensible, 1783-93; les Loisirs utiles, 1793; l'Histoire de M. et Mme Labédoyère. Parmi ses pièces de théà¬tre, la plus connue est le comte de Comminges, drame fort noir, représenté en 1790. II a aussi com¬posé des poésies, oubliées aujourd'hui. Presque tous ses écrits sont d'une prolixité fatigante.ARNAULD (Antoine),avocat du xvi° siècle, issu d'une noble et ancienne famille d'Auvergne, né à Paris en 1560, mort en 1619, se fit recevoir avocat au parlement de Paris, et honora sa profession par son éloquence et sa probité. Henri IV voulut l'enten¬dre, et le nomma avocat général et conseiller d'Etat. Il prononça en 1594 un plaidoyer, devenu fa¬meux,en faveur de l'Université contre les Jésuites (imprimé à Paris et à Lyon, 1594-95), et rédigea, en 1602, un Mémoire au roi pour empêcher le rap¬pel de cette compagnie (imprimé en 1602 et 1610, in-8). Il a composé aussi un assez grand nombre de pamphlets politiques. Ant. Arnauld eut 22 enfants, dont plusieurs se sont illustrés. Il restaura le mo¬nastère de Port-Royal-des-Champs, dont sa fille, la mère Angélique, fut supérieure.ARNAULD d'Andilly (Robert), fils aîné du précé¬dent, né à Paris en 1589, mort en 1674, parut de bonne heure à la cour et n'y fit usage de son cré¬dit que pour rendre service. A l'âge de 55 ans, il quitta le monde pour se retirer à Port-Royal, où il se livra aux lettres et au jardinage. Il a composé un grand nombre d'ouvrages de piété et a donné des traductions estimées des Confessions de S. Augustin, 1649; des Vies des PP. du désert, I653; de l'His¬toire des Juifs de Josèphe, 1667-68; des OEuvres de Ste Thérèse, 1670. Il a laissé des Mémoires sur sa vie, publiés en 1734 (et dans la collection de Mé¬moires de Petitot,1824), ainsi qu'un Journal, qui n'a paru qu'en 1857. Il fut père de Simon Arnauld,mar¬quis de Pomponne, ministre sous Louis XIV.
ARNA - 118 - ARNH.
ARNAULD (Antoine), célèbre théologien, frère du précéd. et le 20° des enfants d'Ant. Arnauld, né à Paris en 1612, se fit recevoir docteur en théologie en 1641, et fut attiré au Jansénisme par St-Cyran. Il commença à se faire connaître par le traité De la fréquente communion, 1643, ouvrage dicté sans doute par une piété ardente, mais rempli d'exagé¬ration; il s'engagea bientôt dans les querelles sur la grâce, prit parti pour Jansénius, publia deux Apologies de cet évêque, 1644 et 1645, et écrivit à ce sujet plusieurs pamphlets qui le firent censurer ar la Sorbonne et exclure de la faculté de théolo¬fogie, 1656. Alors il alla s'enfermer à Port-Royal : il y resta douze ans; c'est dans cette retraite qu'il composa, soit seul, soit avec Nicole, Lancelot, Pas-cal, ses amis, ces ouvrages de théologie, de logi¬que, de métaphysique, de grammaire, de géométrie, firent la réputation de la société dont il était 1 âme. De retour à Paris en 1668, lors de la paix de Clément IX, il résolut, afin d'éviter de nouvelles disgraces, de tourner ses armes contre les Calvinis¬tes, et publia avec Nicole, le célèbre traité de la Perpétuité de la foi; mais l'attachement qu'il gardait au Jansénisme le rendant suspect, Louis XIV donna l'ordre de l'arrêter. II fut quelque temps obligé de se cacher à Paris; puis il se réfugia à Bruxelles, où il continua à combattre les Protestants, et où il eut de vifs démêlés avec le ministre Jurieu. En 1683, il s'engagea dans une nouvelle lutte, et attaqua la doctrine du P. Malebranche sur la grâce et sur la vision en Dieu. Il mourut en 1694, dans les bras du P. Quesnel. Les Jansénistes, dont il était le plus ferme appui, l'ont surnommé le grand Arnauld. Il est à regretter qu'une ardeur trop vive pour la dis-pute ait consumé les efforts d'un homme qui aurait ppu si bien servir la religion et la science. A la fin de sa vie et pendant son exil, Nicole lui exprimait le désir de se reposer de leurs luttes perpétuelles : : Vous reposert lui dit-il, eh! n'avez-vous pas pour vous reposer l'éternité entière?» Arnauld a prodigit:u¬sement écrit; les divers ouvrages qu'il a publiés ne forment pas moins de 135 vol. On les a réunis en 48 tomes in-8, Lausanne, 1775-83, avec une Vie de l'auteur. Les principaux de ses ouvrages, outre ceux que nous avons déjà cités, sont : la Grammaire géné¬rale et raisonnée, faite avec Lancelot, 1660; l'Art de penser, fait avec Nicole, 1662, ouvrages destinés aux écoles de Port-Royal; plusieurs volumes de la Morale pratique des Jésuites, 1669-1694, 8 vol. in 12; Ré-flexions sur l'éloquence des prédicateurs, 1695; Ob¬jections sur lee Méditations de Descartes; Des vraies et des fausses Le (contre le système de Malebranche), 1683. On a aussi de lui une Instruction sur la Grdce, ouvrage posthume (1700), qui fut mis à l'Index.ARNAULD (Angélique), dite la Mère Angélique le Ste-Madeleine, fille de l'avocat et soeur du théo¬gien, 1591-1661, fut abbesse de Port-Royal à 14 ans, se fit de bonne heure remarquer par la force de son caractère, rétablit l'esprit sévère de l'institut de S. Bernard, et dirigea à la fois le monastère des Champs et celui de Paris. Elle laissa une grande réputation de savoir et de piété; mais, dirigée par St-Cyran, elle épousa avec chaleur la cause du Jan¬sénisme. Ses Lettres ont été publiées à Utrecht, 1712. - Elle eut pour coadjutrice la Mère Agnès, sa soeur, 1593-1671, qui eut à subir de dures, persécu¬tions pour son attachement au Jansénisme, et à qui l'on doit : l'Image de la religieuse parfaite, 1665, et les Constitutions de Port-Royal. M. P. Faugère a publié un recueil fort intéressant de ses Lettres, 1858. - Leur nièce, la Mère Angélique de St-Jean (1624-1684), a laissé quelques écrits, publiés par D. Clémencet en 1760, et a eu part à la rédaction du Nécrologe de Port-Royal.ARNAULD DE POMPONNE. V. POMPONNE.ARNAULT (Ant. Vincent), né à Paris en 1766, mort en 1834, se fit connaître au commencement de la Révolution par des tragédies républicaines, Marius à Minturnes, 1791, Lucrèce, 1792, qui eu¬rent un grand succès, mais il n'en fut pas moins forcé d'émigrer pendant la Terreur. Il s'attacha de bonne heure à Bonaparte, l'apçompagna en Égypte, fut chargé par lui du gouvernement des îles Ioniennes, puis devint conseiller de l'Université.Elu pendant les Cent-Jours membre de la chambre des repré¬sentants, il fut exilé par les Bourbons (1816), et ne put rentrer en France qu'en 1819. Admis à l'Institut dès 1799, il en fut exclu à la Restauration à cause de son attachement. à l'Empereur, y rentra en 1829 à la faveur d'une nouvelle élection, et devint, en 1833 , secrétaire perpétuel de l'Académie fran¬çaise, Ses (attires ont été publiés en_8 vol. in-8, Paris, 1824-1827. Outre Marius et Lucrèce, on y remarque Cincinnatus, 1795; les Vénitiens, 1799; le Roi et le laboureur, 1802; enfin, Germanicus, tragédie jouée en1817 pendant son exil et qui donna lieu à quelques troubles; des poésies diverses, et des fables fort estimées. On a encore de lui une Vie de Napoléon, 1822, et les Souvenirs d'un sexa¬génaire, 1833. - Son fils -(Lucien );mile), 1787-1863, est auteur de plusieurs tragédies : Pertinax, Régulus, Pierre de Portugal, Le dernier jour de Tibère. etc.ARNAUTES, d'un mot qui signifie vaillant dans la langue du pays, peuple belliqueux qui habite dans les montagnes de I !Albanie et dans la partie de l'Illyrie située au S. de Drino et de Scutari. Ils se donnent à eux-mêmes le nom de Skypétars. Ils ser¬vent à recruter la milice des Turcs. -ARNAY-LE-DUC ch.-l. de cant. (Côte-d'Or) sur l'Arroux, à 33 N. O. de Beaune; 2274 h. Collée. Coligny y battit en 1570 les Catholiques commandés par le maréchal de Cossé.ARND (J.),théologien, né à Ballenstadt (Anhalt) en 1555, mort en 1621, ministre de la religion réfor¬méeà Quedlinbourg, à Brunswick, à Celie,a composé des écrits pleins d'une piété douce et mystique, qui lui ont valu le surnom dé Fénelon de la Réforme. Le plus célébre est le Vrai Christianisme (en allemand), 1609, trad. en franç. par Beauval.ARNDT (Ern. Maurice), poëte allemand, né en 1769 à Schoritz (île de Rugen), mort en 1860, fut professeur d'histoire à l'Université de Greifswald (1806), puis à celle de Bonn (1818), et composa plu-sieurs ouvrages d'histoire estimés; mais il s'est sur-tout fait connaître par des poésies nationales qui contribuèrent en 1812 à soulever l'Allemagne contre l'influence française et qui furent accueillies avec enthousiasme. Ces poésies, parmi lesquelles on re¬marque le Chant funèbre de Seckendoles Chants guerriers de Blucher, la Patrie de l'Allemand, ~ont été rassemblés, de 1813 à 1815, sons le titre de Chants de guerre. Persécuté après 1814 comme li¬béral, il fut destitué et exilé. En 1848' il fut élu dé¬puté des prov. rhénanes à l'Assemblée nationale de Francfort, mais il y joua un rôle peu important. Il fit paraître en 1855 àBerlin un dernier recueil sous le titre de Poésies spiritualistes.ARNE (Thomas-Aug.), compositeur anglais, né à Londres en 1708, mort en 1778, fit, pour le théâtre de Drury-Lane, la musique de plusieurs opéras cé¬lèbres t la Rosamonde d'Addison, l'Alfred de Thoinp¬son et Mallet etc. Il est l'auteur de plusieurs ora¬torios et du fameux chant national Rule, Britannia (Règne, Angleterre). Son genre est un mélange des styles anglais, écossais et italien.ARNE MAGieusssn,savant islandais, 1663-1730, de-vint, après avoir fait de nombreux voyages, profes¬seur et bibliothécaire de l'Université de Copenhague. Il a laissé une Chronique des Danois, Leips., 1696. Il avait amassé d'immenses matériaun, pour l'histoire de l'Islande, lorsqu'ils furent détruits_ par un incen¬die (1728). Il légua 1800 mss. à l'Université de Co¬penhague.
ARNU - 119 - ARPH.
ARNHEIM, Arnoldi villa, v. des Pays-Bas, capa. de la Gueldre, sur le Rhin, r. dr., à 75 k. S. E. d'Amsterdam; 10000 hab. Place forte, dont les fortifications sont dues à Cohorn; pont de bateaux, belle cathédrale, ancien palais des ducs de Gueldre. Fabriques de papier; commerce de transit entre l'Allemagne et la Hollande. Ville autrefois anséatique; prise par Louis XIV en 1672.ARNHEIM (Terre d'). V. AUSTRALIE.ARNHEIM ou ARNIM,famille allemande, originaire de Hollande, remonte en Allemagne au x° siècle. Elle a fourni plusieurs hommes remarquables, entre autres le général J. G. d'Arnheim, né en 1581 dans l'Uckermarck (Brandebourg), mort en 1641. Il joua un rôle équivoque dans la guerre de Trente ans : il servit d'abord la Suède, puis la Pologne, passa en 1626 sous les ordres de Wallenstein, puis, en 1631, prit le commandement des troupes de l'électeur de Saxe et battit les Impériaux en plusieurs rencontres. Il s'était retiré dans ses terres après la paix de Pra¬gue, lorsque les Suédois l'enlevèrent en 1637, et le conduisirent à Stockholm comme coupable de trahi-son envers Gustave-Adolphe; mais il réussit à s'é¬vader. Il venait de reprendre un commandement dans les troupes impériales lorsqu'il mourut. Quoi-que protestant zélé en apparence, Arnheim passa toujours pour un jésuite déguisé. Les Catholiques l'avaient surnommé, à cause de sa tempérance, le Capucin luthérien.ARNIM (L. ACHIM d'), romancier de Berlin, 1781-1831, s'exerça comme Hoffmann dans le genre fantastique et se plut dans les peintures sombres et effrayantes. On a de lui le Cor merveilleux (Heidelb., 1806), recueil de chants populaires, le Jardin d'hi¬ver, 1819, recueil de nouvelles, la Comtesse Dole-rés, 1800, Isabelle d'Égypte, 1811, tableau de la vie des Bohémiens, et quelques drames. Ses OEuvres, publiées à Berlin de 1839 à 1844, forment 12 vol.ARNO, Arnus, riv. de Toscane, sort du mont Fal¬terona, passe à Florence et à Pise, reçoit l'Elsa, et se jette dans la Méditerranée après un cours de 250 k. Cette riv., faible en été, devient en hiver un torrent dont les débordements font souvent de grands ravages. Navigation difficile vers l'embouchure. - Sous l'Empire, l'Arno donna son nom à un dép. qui avait pour ch. 1. Florence.ARNOBE, Arnobius, apologiste latin de la reli¬gion chrétienne, né vers le milieu du In° siècle, à Sicca en Numidie, enseignait d'abord les lettres et la philosophie païenne. Il se convertit vers l'an 300, et écrivit comme gage de sa nouvelle foi un Traité contre ses Gentils (Disputationum adverses gentes libri V11), publié à Rome, 1542, à Leyde, 1651, avec un comment. de Saumaise, et à Leipsick avec notes, par J. C. Orellius, 1816-1817, 2 vol. in-8. Il eut pour disciple Lattante. - Un autre Arnobe, qui vi¬vait au v° siècle, à Marseille ou au monastère de Lérins, a laissé un Commentaire sur les Psaumes.ARNOLD (Ben.), général américain, né vers 1745, dans le Connecticut, mort en 1801, servi t d'abord avec distinction la cause de l'indépendance, et fut nommé commandant de Philadelphie en 1778, puis chargé de la défense de West-Point, poste important, près de New-York. Humilié d'une condamnation qu'il avait cependant méritée, il trahit son parti, et tenta de li¬vrer la place au général anglais Clinton (1780); mais il fut découvert à temps. Il se sauva auprès des Anglais, et porta les armes contre sa patrie.ARNOLD Melchthal, W inkelrield. V. MELCHTHAL, etc.ARNOLFO DI LAPO, nom de deux architectes ita¬liens du mn' siècle, père et fils, dont les ouvrages marquent le passage du style gothique au retour vers le goût de l'antique. Le fils, àla fois architecte et sculpteur, 1232-1300, est bien supérieur au père. C'est lui qui fit construire la cathédrale de Flo¬rence (Sta-Maria-del-Fiore), qui fut achevée par Brunelleschi.ARNON, torrent de Palestine, sort des monts Ga¬laad et se perd dans la mer Morte; 80 k. de course.ARNON,riv. de France, prend sa source dans le dép. de la Creuse, arrose ceux de l'Allier et du Cher, passe à Cullan, Lignières, Charost et tombe dans le Cher, au-dessous de Vierzon, après un cours d'env. 130 k.ARNOUL (S.), père d'Anségise et aïeul de Pépin d'Héristal, né vers 580, mort en 640, occupa plusieurs emplois à la cour de Théodebert II, roi d'Austrasie, embrassa l'état ecclésiastique après la mort de sa femme, fut élevé à l'évêché de Metz en 614, et se retira au monastère de St-Mort dans les Vosges. On le fête le 16 août.ARNOUL de Carinthie,empereur d'Allemagne, de la race de Charlemagne, était fils naturel de Carlo¬man, roi de Bavière, et petit-fils de Louis le Ger-manique, et fut d'abord duc de Carinthie. Après la déposition de Charles le Gros, il fut élu roi de Ger-manie à la diète de Tribur (888) ; il se fit ensuite reconnaître à Pavie comme roi d'Italie, puis se ren¬dit à Rome, où le pape Formose le couronna empe¬reur ( 896 ). Il combattit les Normands et les Moraves et mourut en 899; on le crut empoisonné. Il eut pour successeur son fils Louis IV, dit l'En¬fant, le dernier des Carlovingiens en Germanie.ARNOUL, le Mauvais,fils de Luitpold, fut élu. duc de Bavière à la mort de l'emp. Louis IV, et régna en Bavière de 912 à 937. A la mort de Louis l'En¬fant, il disputa, mais sans succès, à Conrad le trône de Germanie. Son fils aîné ne put conserver son hé¬ritage.- Son 2° fils, nommé aussi Arnoul, fut comte palatin du Rhin, et devint la tige de la maison de Wittelsbach, qui rentra en possession du duché de Bavière en 1180.ARNOULD (Sophie), actrice de l'Opéra, née à Pa-ris vers 1740, morte en 1803,débuta en 1757, et se retira en 1778. Elle se distinguait par une expres¬sion vraie et une voix touchante. Elle acquit une grande célébrité par ses bons mots, dont A. Deville a fait un recueil Intitulé Arnoldiana, 1813.ARNTZENIUS (Jean),né à Wesel en 1702, mort en 1759, fut professeur d'histoire et d'éloquence à l'athénée de Nimègue (1728), et occupa en 1742 la chaire de Burmann à Franeker. On a de lui des éditions d'Aurelius Victor (Amsterdam, 1733), du Panégyrique de Trajan, par Pline (1738), de celu. de Pacatus (1753), et quelques ouvrages originaux, entre autres un curieux traité De Lutta habitabili, 1726.-Son frère Othon A., professeur debelles-lettres à Utrecht, à Gouda, à Amsterdam, a publié les Dis-tiques de Caton (1735 et 1754), et de savantes disser¬tations De Miltiario aureo, De Mercurio, etc. - J. Henri A., fils du l Jean, a donné Sedulius, 1761; Arator,1769, et les Panegyrici veteres, Utrecht, 1790. 4'ARNULF ou ARNULPHE. V. ARNOUL.ARNUS, riv. d'Italie, est auj. l'Arno.
[modifier] ARO
AROLSEN,v. de la Principauté de Waldeck, sur l'Aar, à 17 k. N. de Waldeck.; 2400 h. Résidence du prince. Musée riche en médailles et manuscritsARONA, ville et port des Etats sardes, sur le lac Majeur, à 18 k. S. de Palanza; 4000 h. Chantier de construction. Patrie de S. Charles Borromée : on voit, sur une éminence auprès de la ville, la statue colossale du saint, en bronze, érigée en 1697.AROUDJ, dit Barberousse. Y. BARBEROUSSE. AROUN-AL-RASCHID. V. HAROUN.
[modifier] ARP
ARPAD, khan ou chef des Hongrois à la fin du ix° siècle vint avec sa nation, chassée des bords du Volga, s'établir sur les bords de la Theiss, et com¬battit les Moraves comme allié de l'empereur Arnoul (vers 895). Sous le faible fils de ce prince, Louis l'Enfant, il s'empara, en 911, de la Pannonie, que les Hongrois ont depuis gardée. - Arpad a donné son nom à la dynastie des Arpades, qui conserva le trône de FTongrie jusqu'à la mort d'André III (1301).ARPAJON, nommé jadis Châtres, ch.-l. de cent. (Seine-et-Oise), à 24 k. O. de Corbeil, et 32 k. S de Paris; 1829 h. Cette v. est située dans une belle vallée, au confluent de l'Orge et de la Remarde.
ARRA - 120 - ARRt
ARPHAXAD, fils de Sem, vint au monde della ans après le déluge et fut père de Salé, qui lui-même fut père d'Héber. - Roi de Médie cité dans le livre de Judith. On le croit le même que Phraorte, fils et successeur de Déjocés.ARPI, en grec Argos Hippium ou Argyrappe, v. d'Apulie, près de la Daunie, avait été bâtie, dit-on, par Daunus ou par Diomède. Elle était près de la v. actuelle de Foggia.ARPINO, Arpinum, v. du roy. d'Italie (Terre de Labour), à 13 k. S. de Sera; 10800 h. Arpinum appartint aux Volsques, puis aux Samnites, enfin aux Romains (302 av. J.-C.). Patrie de Marius, de Cicéron,et du peintre Joseppin.
[modifier] ARQ
ARQUES, Archiæ, bourg de France (Seine-Inf.), au contl. de l'Arques et de la Béthune à 6 k. S. E. de Dieppe; 950 h. Jadis fortifié. Célèbre par la victoire qu'Henri IV y remporta sur le duc de Mayenne le 13 septembre 1589. - La riv. d'Arques coule du S. au N. O., arrose Grand-Torcy, Arques, et se jette dans la mer à Dieppe; cours : 50 k.
[modifier] ARR
ARRABO, riv. de Pannonie, est auj. le Raab.ARRAN, Jlrandinos, île d'Écosse, à l'embouch. de la Clyde,forme avec l'île de Bute le comté deBute, qui compte à peine 7000 h., et a pour ch: 1. Brodick. Jaspe, agates , cristal de roch econnu sous le nom de dia¬mant d'Arian. Ossian passa, dit-on, dans ce lieu les dernières années de sa vie. - On trouve sur les côtes occid. de l'Irlande deux groupes d'îles nom¬mées, aussi Arran, l'un au N., en face du comté de Donegal, l'autre au S., vis-à-vis de Galway.ARRAN (J. HAMILTON, comte d'),régent d'Écosse, était en 1543, à la mort du roi Jacques V, le plus proche héritier de la couronne après Marie Stuart encore mineure, et reçut la régence du royaume. I! refusa de livrer la jeune reine aux Anglais; du reste, il administra avec faiblesse et pusillanimité, se laissa dominer par tous les partis, favorisant chacun d'eux tour à tour : il abjura la Réforme, fit une guerre im¬politique à l'Angleterre, et commit plusieurs fautes qui le forcèrent à se démettre en 1551. Il céda le pouvoir à la reine douairière, Marie de Lorraine, soeur des Guise; ceux-ci, en récompense, lui firent conférer par le roi de France le titre de duc de Châtellerault, avec une pension de 12000 livres. Il mourut en France, en 1576. Ce prince est l'aïeul ma¬ternel du spirituel Hamilton.ARRAN (Jacques STUART, comte d')capitaine des gardes et favori de Jacques VI, fut chargé de la tu-telle du jeune Hamilton comte d'Arran (fils du précédent), dont il reçut les titres dans la suite. Il se fit l'instrument du comte de Lennox, favori du `roi, accusa le comte de Morton, ci-devant régent d'Écosse, de complicité dans le meurtre de H. Darn¬ley, et le fit livrer au bourreau (1581), devint lieu-tenant du royaume, et jouit quelque temps d'un pouvoir sans bornes; mais il se rendit tellement odieux que les nobles s'armèrent pour forcer le roi à l'écarter (1585). Il alla vivre dans la retraite, et fut tué peu après par un parent de Morton.ARRAS Atrebates, Nemetacum et Nemetocenna, ch: 1. du dép. du Pas-de-Calais, sur la Scarpe; capit. de l'ans. Artois, à 174 k. N. de Paris (191 k. par la route d'Amiens); 25905 hab. Évêché (dont S. Waast fut le 1•' titulaire) place forte. Trib. de l'" inst. et de commerce, collége. Cathédrale grande-hardie; bel hôtel de ville, place magnifique; citadelle con¬struite par Vauban en 1670 ; biblioth. de 34000volum-Industrie dentelles, bonneterie; construction de machines; sucre de betterave ; distilleries; grand commerce de graines grasses et d'huiles de colza. Patrie de Lécluse, de Damiens, des deux frères Ro¬bespierre, de Joseph Lebon. - Cette v. était la ca¬pitale des Àtrebates. Elle fut ruinée par les Van¬dales, 407; par les Normands, 880; assiégée en 141 a par Carles VI et occupée par Louis XI en 1477 ; elle retourna volontairement à la domination de Maximilien d'Autriche en 1492. Prise de nouveau par h'. français en 1640, elle fut définitivement cédée à la France en 1659. P. ARTOIS et l'art. suivant.Atui s (traité d'), conclu le 21 sept. 1435, entreCharles VII et Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur. Il mit fin à la guerre des Armagnacs et des Bourguignons, et les réunit contre les Anglais : le roi cédait au duc de Bourgogne les comtésd'Auxerre et de Mâcon, ainsi que les villes de lâ. Somme. -Deux traités moins connus furent aussi signés à Arras, l'un en 1414, sous Charles VI, pour réconci¬lier les Armagnacs et les Bourguignons; l'autre en 1482, entre Louis XI_et Maximilien : l'archiduc de¬vait donner sa fille au Dauphin.ARREAU, ch.-i. de cant. (H. Pyrénées), au con-fluent de la Neste et du Lourons à 32 k. S. E. de Bagnères;1230 h.ARRÉE (monts), petite chaîne de montagnes de la Bretagne (Finistère), se dirige de l'E. à 1'0., par¬tageant le dép. en 2 parties, et se termine près de Brest. Ces monts n'ont guère plus de 340 m de haut.ARRETI17Ai, v. d'Étrurie, auj. Areexo.ARRHIDÉE (Philippe), fils naturel de Philippe, et frère d'Alexandre, était dans un état d'imbécil¬lité causé, dit-on, par un poison que Iui aurait donné la reine Olympias, dans la crainte qu'il ne fût préféré à son fils Alexandre. Il fut néanmoins proclamé roi de Macédoine à la mort du conquérant, conjointement avec un fils de ce prince, l'an 323 av. J: C.; mais il n'eut que l'ombre de la royauté : Perdiccas avait seul la puissance. 11 fut mis à mort par Olympias au bout de 7 ans. Ce prince avait épousé Eurydice.ARRIE,dame romaine célèbre par son courage. Son mari, Coecina Poetus, ayant conspiré contre l'empereur Claude, fut condamné à la peine capi¬tale. Arrie, pour le décider à se donner la mort, s'enfonça un poignard dans le sein; puis elle-le lui présenta en lui disant : cc Tiens, cela ne fait point de mal. » Poetus l'imita aussitôt. - Sa fille, nom¬mée aussi Arrie, ne voulant point survivre à Thra¬séas Foetus, son mari, condamné à mort par Néron, se fit ouvrir les veines; mais Thraséas la pria ins¬tamment de lui survivre pour ses enfants.ARRIEN, Flavius Arrianus historien grec, né vers l'an 105 de J: C., à Nicomédie en Bithynie, fut, comme Xénophon qu'il avait pris pour modèle, phi¬losophe, homme d'État et guerrier. Il étudia la phi¬losophie sous Épictète, puis porta les armes avec distinction sous Adrien, qui lui donna le titre de ci¬toyen romainet lui confia le gouvernement de la Cappadoce, 134. Il repoussa les Alains, et fut, en récompense de ses services, nommé consul. Nous avons de lui l'Expédition d'Alexandre, ouvrage re¬marquable par l'impartialité, l'exactitude et le dis¬cernement de l'auteur; les Indiques, un Périple du Pont-Euxin, une Instruction sur l'ordre de bataille contre les Alains, un Traité de tactique, un Traité de chasse; le Manuel d'Épictète, avec des Disserta¬tions, où il reproduit fidèlement les doctrines de son maitre. Il avait composé plusieurs autres écrits, non moins précieux, qui sont perdus. Ses OEuvres ont été réunies par Borheck, Lemgow, 1792-1811,3 vol. in-8. L'Expédition d'Alexandre a été publiée à part par Bonav. Vulcanius, Paris, 1575; par Schmieder, Leipsick, 1798, par Ellendt, Koenigsb., 1832, et re¬produite dans la collection Didot, 1846; elle a été trad. en francais par Perrot-d'Ablancourt, 1646, et par Chaussard, 1802, 3 vol. in-8, avec commentaire et cartes. (Pour le Manuel, Ÿ. ÉPICTÊTE.)
ARS' -121.- ARTA
ARRIGHI DE CASANOVA (Jean-Toussaint), duc de Padoue, né en Corse en 1778, mort en 1853, d'une famille alliée à celle des Bonaparte, s'engagea fort jeune, fut nommé capitaine à 20 ans sur le champ de bataille de Salahieh en Égypte (1798), et chef d'es¬cadron à 22 ans, après la bataille de Marengo, se dis¬tingua également aux batailles d'Austerlitz, de Fried¬land; fut fait colonel à 24 ans, général de, brigade à 29, général de division à 31, après la bataille d'Essling (1809) et fut en même temps créé duc de Padoue. Chargé, en 1812, de la défense des côtes depuis l'Elbe jusqu'à la Somme, il organisa 67 cohortes de garde nationale, avec lesquelles il repoussa les attaques des Anglais. II joua un rôle important à la bataille de Leipsick (1813), défendit pied à pied, pendant la campagne de France, le sol de la patrie, ?lepuis entons jusqu'à Paris; fut proscrit en 1815, ne put rentrer en France qu'en 1820, et fut depuis laissé en disponibilité. Élu en 1849 représentant de la Corse à l'Assemblée nationale, il fut nommé en 1852 sénateur et gouverneur des Invalides.ARROUX, riv. de France, naît dans la Côte-d'Or, à 6 kil. N. E. d'Arnay-le-Duc, arrose Gueugon, Autun, etc., et se perd dans la Loire à Digoin, après un cours de 100 kil.ARROWSMITH (Aaron),géographe, né à Londres en 1750, mort en 1823, se fit un nom par son habileté à dresser les cartes et fut nommé hydrographe du roi. On estime surtout le Nouvel Atlas général qu'il publia en 1817, et ses Mappemondes d'après la projection de Mercator.
[modifier] ARS
ARS-EN-RÉ, ch.-1. de c. (Charente-Inf.), dans l'île de Ré, à 33 kil. N. O. de La Rochelle; 2348 h. Salines, Petit port, cabotage.ARS-SUR-MOSELLE, bourg du dép. de la Moselle, à 9 kil. S. O. de Metz. 5862 h. Station, vins estimés, hauts fourneaux, fers, cartons.ARSACE, fondateur de l'empire des Parthes, et chef des Arsacides,était d'abord simple soldat dans l'armée d'Antiochus II, roi de Syrie. Il profita de l'affaiblissement de ce prince pour affranchir sa pa¬trie, 255 av. J.-C., s'empara de la Parthie et de l'Hyrcanie, prit le titre de roi, et fit d'Hécatom¬pyles sa capitale.Il périt en 254.- Son frère, Ar¬sace II (254-216) continua ses conquêtes, battit et prit Séleucus Callinicus. -Arsace VI conquit une partie de la Bactriane, fit la guerre à Démétrius Nicator, le prit en 138 av. J.-C., mais le traita généreusement et lui donna même la main de sa fille. Il mourut en 135.- ARSACE, frère d'Artaban IV roi des Parthes, régna en Arménie à partir de l'an 218 de J.-C., et lut la tige des Arsacides d'Arménie. V. ci-après.
- ARSACIDES,
dynastie des rois Parthes, fondée en 255 av. J.-C. par Arsace I, conserva le trône jusqu'à l'an 226 de notre ère, et fut remplacée par celle des Sassanides. Le dernier Arsacide qui ait régné sur les Parthes est Artaban IV, qui fut vaincu par Artaxerce, fils de Sassan. Cette dynastie se conserva longtemps encore sur le trône d'Arménie, où elle était montée en 218; Ardachès, dernier Arsacide d'Arménie, fut déposé en 428 par les Sassanides. St-Martin a laissé une Histoire des Arsacides. ARSAMOSATE, auj. Sirmat, v. forte de l'ans. Arménie, ch.-1. de la Sophène sur l'Arsanias, près de son embouchure dans l'Eup'hrate.ARSENARIA, v. de Mauritanie, est auj. Arzew.ARSENARIUM PROMONTORIUM, auj. le cap Vert.ARSENE (S.), diacre de l'Église romaine, fut choisi par Théodose pour être précepteur de son fils Arcadius. Ne pouvant vaincre le caractère opiniâtre de son élève, et dégoûté de la cour, il se retira dans le désert de Scété, en Égypte : il y donna l'exem¬p! e des vertus monastiques. Il mourut en 445 , à 95 ans. On le fête le 19 juillet.ARSÈS, le plus jeune des fils d'Artaxerce Ochus, roi de Perse, fut, après la mort de ce prince (338 av. J: C.), placé :air le trône par les intrigues de l'eunuque Bagoas, qui espérait régner en son nom. Bagoas, frustré dans son espoir, le fit périr, et mit sur le trône Darius (336).ARSILLE, Julia Zilis, v. et port du Maroc, sur l'Atlantique, à 44 kil. S. O. de Tanger; 1000 h. Châ¬teau fort. Ville importante sous les Romains. Prise en 1471 par Alphonse V; bombardée en 1860 par les Espagnols.ARSINOÉ, princesse égyptienne, fille de Ptolémée I, épousa vers l'an 300 av. J.-C. Lysimaque, roi de Thrace, fut, après la mort de ce prince, assiégée dans Cassandria par Ptolémée Céraunus, qui la contraignit à l'épouser, mais qui bientôt égorgea les enfants qu'elle avait eus de son premier mari et la relégua en Samothrace (290). Ptolémée Philadel¬phe, son frère, qui l'aimait, la recueillit et l'épousa. -ARSINOÉ, fille de Ptolémée Évergète et soeur de Ptolémée Philopator, épousa ce prince, l'accompa¬gna à la bataille de Raphia (217 av. J: C.), et contri¬bua même à la victoire; mais elle n'en fut pas moins misé à mort par ce roi cruel, en 207. -ARsINoé:, fille de Ptolémée Aulète et soeur de la célèbre Cléopâtre. César, nommé tuteur des enfants de Ptolé¬mée, donna l'Égypte à Cléopâtre et l'île de Chypre à Arsinoé; mais celle-ci ayant essayé de ravir le trône à sa soeur, les Romains prirent la défense de Cléo¬pâtre, et Arsinoé, faite prisonnière, orna à Rome le triomphe de César. Plus tard Antoine la fit mou¬rir pour complaire à Cléopâtre.ARSINOÉ,nom commun à plusieurs v. anciennes, ainsi appelées en l'honneur de quelqu'une des princes-ses d'Égypte de ce nom. Les plus importantes sont : 1°Arsinoé ou Cleopatris, auj. Suez, sur l'isthme de ce nom, près de la mer Rouge; 2° Arsinoé ou Crocodi¬lopolis,v. de l'Heptanomide, près du lac Moeris; 3°Ar¬sinoé ou Teuchira, dans la Cyrénaïque, au N. O., sur la côte; 4° une v. de Cilicie, auj. Softa-Kalessi, entre Anemurium et Celenderis.-Trois v. de l'île de Chypre, dont une est à 30 kil. N. de Paphos, ont aussi porté ce nom.ARSISSA PALUS, auj. lac de Van, lac d'Arménie, avec une ville de même nom, auj. Ardjich, sur la rive N. du lac.ARSLAN. Ce mot, qui signifie lion, a été porté par plusieurs princes turcs, dont le plus célèbre est le sultan de Perse Alp-Arslan. V. ce nom.
[modifier] ART
ART, bourg de Suisse (Schwitz), entre le Righi et le Rossberg, sur le lac de Zug, à 13 kil. S. dé Zug, 2000 hab. (Catholiques). Vallée pittoresque. Bas-sin immense creusé dans un bloc de granit.ARTA, Ambracia,v. de Turquie d'Europe (Albanie), à 55 kil. S. de Janina, sur une riv. du même nom (l'ancien Aréthon) qui se jette dans le golfe de l'Arta (golfe d'Ambracie); 8000 h. Évêché grec; consulat français. - Le golfe d'A. sépare la Turquie de la Grèce.ARTABAN,fils d'Hystaspe et frère de Darius I, s'opposa, mais inutilement, à l'expédition de ce prince contre les Scythes, et à celle de Xerxès contre la Grèce. Après la mort de Darius, les deux fils du roi, Xerxès et Artabazane, s'en remirent à lui pour savoir qui des deux occuperait le trône : il décida en faveur du premier.ARTABAN,Hyrcanren, capitaine des gardes de Xerxès, assassina ce prince, et imputa ce crime au fils aîné du roi, qu'il fit condamner comme meur¬trier. Artaxerce, frère de ce dernier, allait aussi devenir sa victime; mais ayant découvert le piége il tua lui-même Artaban. Ce scélérat avait occupé le trône quelques mois (472 av. J: C.).ARTABAN I, roi des Parthes de 216 à 196 av. J.-C., repoussa Antiochus III, le força à faire alliance avec lui, et l'aida dans une expédition contre la Bactriane.-ARTABAN II, roi de 127 à 124, périt dans une bataille contre les ScytheS.-ARTABAN III, monta sur le trône vers l'an 18 de J.-C., en détrônant Vo-nones avec l'appui de Germanicus, mais indisposa les Romains et fut remplacé par Tiridate (36), qu'il sut bientôt renverser du trône. Il mourut l'an 44. -ARTABAN IV ,monta sur le trône l'an 216 de J.-C. , soutint la guerre contre Caracalla et Macrin, et força ce dernier à acheter la paix. Il fut lui-même battu et détrôné par Artaxerce, l'an 226 de J.-C. Avec lui finit l'empire des Parthes. -Quant àl'Arta¬ban qui a donné lieu au dicton : fier comme Arta-ban, c'est un héros purement imaginaire du roman de Cléopâtre de La Calprenède.
ARTA - 122 - ARTE
ARTABAZE,général perse, satrape d'Ionie, se révolta contre Artaxerce Ochus, 356 av. J: C., puis rentra en grâce, et fut un des principaux généraux de Darius Codoman. Il resta fidèle à ce malheureux prince jusqu'à la mort : Alexandre le nomma sa¬trape de la Bactriane. Ce seigneur maria ses trois filles à trois généraux d'Alexandre.ARTABAZE,roi d'Arménie, fils et successeur de Tigrane le Grand, causa par ses perfides conseils le désastre de Crassus à Carrhes (53 av. J.-C.); trahit également Antoine, mais fut fait prisonnier et mis à mort, 30 av. J.-C.ARTABRUM PROMONTOIUUM, auj. cap Finistère, cap situé au N. O. de l'Hispanie, chez les Cullaîci.ARTAGNAN,seigneurie du Bigorre (H: Pyrénées), à 4 kil. N. de Tarbes, était possédée par la maison de Montesquiou et donnait son nom à une branche de cette maison, V. MONTESQUIOU et MONTLUC.ARTAPHERNE, frère de Darius I, était gouver¬neur de Sardes en 506 av. J: C. et dénonça la con¬spiration d'Histiée de Milet. - Son fils, du même nom, dirigea avec Datte le Mède la 2e expédition contre les Grecs, et fut battu à Marathon, 490.ARTAUD (Antoine),archéologue, 1767-1838, au¬teur d'une Notice des antiquités et des tableaux du musée de Lyon, et de recherches sur les Mosaiques.ARTAUD DE MONTOR (le chevalier),érudit français, né à Paris en 1712, mort en 1849, émigra et com¬battit dans l'armée de Condé, rentra en 1798, suivit la carrière diplomatique et fut longtemps chargé d'affaires à Rome et à Florence. On lui doit plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire , l'art et la littérature en Italie : Considérations sur la peinture en Italie avant Raphaël, 1808; Voyage dans les catacombes de Home, 1810; Machiavel, son génie et ses erreurs, 1833; l'Italie, 1834 (dans l'Uni ers de F. Didot); Histoire du pape Pie VII, 1836; - de Léon III, - de Pie VIII, une Histoire des souverains pontifes romains (8 vol. in-8, 1848-49), une trad. de Dante, 1811 et 1828, et une Histoire de ce poëte, 1841.ARTAUD (Nic.-L.-Marie) ,membre de 1 Université, né à Paris en 1794, m. en 1861 ;élève de l'École nor¬male, professeur dans divers colléges royaux; fut suspendu en 1824 pour avoir écrit dans des journaux d'opposition; devint en 1830 inspecteur d'Acad., puis inspect. génral, et mourut vice-recteur de l'Acad. de Paris. On lui doit des traductions estimées de So¬phocle, d'Euripide, d'Aristophane et des Fragments pour servird l'hist. de la com. ant. (posth. 1863, in-8).ARTAXATE, Artaxata, auj. Ardech, anc. tapit. de l'Arménie, dans l'Otène, sur l'Araxe,fut bâtie par le roi d'Arménie Artaxias, d'après le conseil d'Annibal, l'an 187 av. J.-C., ce qui lui a fait donner le surnom de Carthage d'Arménie. Détruite par Cor¬bulon elle fut rebâtie par Tiridate qui lui donna le nom de Neronia en l'honneur de Neron; abandon-née [au xu siècle, relevée à diverses reprises, elle n'est, depuis 798, qu'un bourg peu considérable.ARTAXERCE I, dit Longue-Main, roi de Perse, 471- 424 avant J.-C., était fils de Xerxès, et commença son règne par l'exécution d'Artaban, l'assassin de ce prince. Il fit la guerre aux Bactriens, gouverna avec justice et modération, accueillit Thémistocle exilé, et reconquit l'Égypte que les Athéniens avaient excitée à la révolte. On le surnomma Longue-Main parce qu'il avait une main plus longue que l'autre. On croit qu'il est l'Assuérus de la Bible.ARTAXERCE II, dit Mnémon, à cause de sa mémoire extraordinaire, fils de Darius II, et petit-fils du précé¬dent, régna de 404 à 362 av. J.-C. Son règne est cé¬lèbre par la révolte du jeune Cyrus, son frère, qu'il battit dans les plaines de Cunaxa (401), par la re¬traite des 10 000 Grecs qui suivaient Cyrus et que ramena Xénophon, et par le traité qu' il imposa aux Spartiates en 387 et qui est connu sous le nom de Traité d'Antalcidas. Plutarque a écrit sa Vie.ARTAXERCE III, Surnommé Ochus, c. -à-d. bdtard, fils du préc., se fraya le chemin du trône en faisant assassiner ses frères aînés (362 ans av. J.-C.), et signala son règne par la mort de 80 de ses proches. Il réprima la révolte d'Artabaze (356), soumit l'É-gypte qui s'était déclarée indépendante (349), dé¬truisit Sidon et ravagea la Syrie. Détesté pour sa cruauté, il fut empoisonné par l'eunuque Bagoas, 338.ARTAXERCE On ARDÉCHYR-BABEGAN, fils de Sassan, fut le fondateur du 2• empire des Perses et de la dynastie des Sassanides. Il avait d'abord servi comme simple soldat dans les troupes d'Artaban IV; dernier roi des Parthes. A la tête de quelques hommes dé-terminés, il souleva la Perside, marcha contre Ar¬taban, mit son armée en déroute, et le tua lui-même, 226 après J.-C. Il éleva, sur les débris de l'empire des Parthes, ce 2• empire perse qui fut si fatal aux Romains. Maître de la Médie, de la Perse et de la Parthiène, il envahit l'empire; mais il fut battu par Alexandre-Sévère ; il allait recommencer la guerre quand il mourut, l'an 238.ARTAXIAS,général d'Antiochus le Grand, se rendit maître de l'Arménie , dont il était gouverneur , et en forma un État indépendant, 189 av. J.-C. Il donna asile à Annibal,, et bâtit par ses conseils Ar¬taxate, dont il fit sa capitale. Il régna jusqu'en 159.ARTÉDI (Pierre) médecin et naturaliste suédois, ami de Linné, né en 1705, a laissé une Ichthyologie estimée, imprimée en latin à Leyde, 1738, par les soins de Linné, et à Greiswalde, 1788-1792. Il mou-rut à 30 ans, en se novant dans un des canaux d'Amsterdam.ARTIEMIDORE,géographe grec, auteur d'un Péri¬ple estimé des anciens, mais dont il ne reste que des fragments (dans les, -Geographi d'Hudson, Oxford, 1698), vivait 100 av. J: C.-ARTÉMInoRE, natif d'Ji¬phèse et contemporain d'Antonin, est auteur d'un Traité des Songes (Oneirocriticon), publié avec trad. latine, Paris, 1603, et Leipsick, 1805, et trad. en français par A. Dumoulin, Rouen, 1664, sous le titre de Jugements astronomiques des Songes.ARTEMIS, nom grec de Diane.ARTÉIMMISE I, reine d'Halicarnasse, accompagna Xerxès dans son expédition contre les Grecs, 480 av. J: C., et se signala à Salamine par sa valeur; ce qui fit dire que dans cette affaire lés hommes s'étalent conduits comme des femmes et les femmes comme des hommes. On raconte que par suite d'un amour méprisé elle fit le saut de Leucade.-ARTéMISE II, reine d'Halicarnasse, épousa Mausole, son frère, et se rendit célèbre par son amour pour ce prince : l'ayant perdu de bonne heure, elle lui fit élever, l'an 355 av. J.-C., un magnifique tombeau; d'où cette espèce de monument a pris -le nom de mausolée. V. MAUSOLE.ARTEMISIUM PROMONTORIUM, cap de l'île d'Eubée, vers le N. était consacré à Diane. La flotte de Xerxès y fut en partie détruite l'an 480 av. J.-C. par la tempête et par les coups des Grecs. -ARTENAY, ch.-L de cent. (Loiret), à 20 kil. N. d'Orléans ' 870 hab. Station. Coutellerie..ARTÉNICE.V. MONTAUSIER (Mme de).ARTEPHIUS,philosophe hermétique vivait vers 1130, et prétendait avoir vécu_plus de 1000 ans. 11 est auteur de plusieurs ouvrages sur l'alchimie, en¬tre autres, d'un Traité sur la pierre philosophale, trad. en français par P. Arnauld, et imprimé avec ceux de Synésius et de Flamel, 1612. On y trouve des contes absurdes.ARTEVELD (Jacques), capitaine de la corporation des brasseurs de Gand, né de famille noble. Il fit révolter ses concitoyens centre le comte de Flandre, Louis de Nevers (1336), força ce seigneur à quitter ses Etats, fut pendant quelque temps maître absolu en Flandre, et s'unit à l'Angleterre Contre la France, qui soutenait le comte. Se voyant près d'être ré-duit, il voulut donner la souveraineté- de -la Flandre au prince de Galles, fils d'Édouard III, au préju¬dice du comte de Fandre; mais il échoua dans ce projet et fut massacré à Gand par le peuple même, en 13 45.-Philippe Arteveld, son fils choisi pour chef par les Gantois révoltés en 1382, chassa de Bruges Louis de Mâle, comte de Flandre, et vengea la mort de son père. Mais le comte appela les Français à son secours, et Philippe fut taillé en pièces avec les siens par Charles VI, à Rosebecque (1382).
AUTO - 123 - ARVE
ARTHEZ, ch.-l. de cant. (B: Pyrénées), à 11 kil. E. d'Orthez; 530 hab. Forges.ARTHUR ou ARTUS, roi de la Grande-Bretagne au vI• siècle, fameux dans les romans de la Table-Ronde. La vie de ce personnage est tellement mêlée de fables que son existence même est problématique. Selon les traditions, il était fils naturel d'Uther, pendragon ou chef des Bretons; il réussit avec l'aide de l'enchanteur Merlin, qui lui donna une épée magique, à se faire reconnaltre pour chef vers 516, vainquit les Anglo-Saxons, les Pictes les Écossais, soumit l'Irlande, se signala par mille exploits sur le continent même, épousa la belle Ginevra ou Geneviève sa parente; rétablit le Christianisme; institua l'ordre si célèbre des Chevaliers de la Table-Ronde ,où brillaient Perceval, Lancelot, Gauriel, Tristan, ses compagnons d'armes, et périt sur un champ de bataille vers 542, après un règne glorieux. L'histoire d'Arthur est racontée dans le romande Brut, de R. Wace, ouvrage imprimé dès 1485, réimprimé à Londres en 1858, par Wright, 3 v. in-8. Ce roi a en outre fourni le sujet de plusieurs romans fort anciens, dont les principaux sont : Les vertueux faits et gestes de plusieurs nobles et vaillants chevaliers qui furent au temps du roi Artus, Rouen, 1488; Le petit Artus ou le preux et vaillant chevalier Artus de Bretagne , Paris, 1493. Voy. sur ce personnage l'Hist. des Anglo-Saxons de Turner et l'Hist. des Fictions de Dunlop.ARTHUR, duc de Bretagne, fils posthume de Geof¬froy, 3° fils du roi d'Angleterre Henri II, et de Constance, héritière de Bretagne, naquit en 1187, et fut reconnu en naissant duc de Bretagne. Il de¬vait monter sur le trône d'Angleterre à la mort de Richard I. son oncle (1199) ; mais Jean sans Terre, (Père de Richard, le dépouilla de ses États, l'enferma dans une tour à Rouen et l'y fit tuer ou noyer, ou même, selon quelques-uns, le tua de sa propre main, en 1203. V. JEAN SANS TERRE.ARTIBONITE, riv. d'Haïti, sort du mont Cibao, passe à Banica, Mirebalais, et tombe ,dans la mer par la côte O. Elle donne son nom à un dép. qui a pour ch: 1. les Gonaives.ARTILLERIE (grand maître de 1'). V. ce mot au Dictionnaire des Sciences, des Lettres et des Arts.ARTOIS, à peu près le pays des Atrebates, anc. prov. et grand gouvt de France, borné au N. par la Flandre Française, à l'E. par le Hainaut et le Cambrésis, à l'O. par le Boulonnais, au S. par la Picardie, avait pour tapit. Arras, et pour v. princ. Bapaume, Avesnes, Hesdin, St-Pol, Aubigny, Lens, Béthune, Lilliers, Aire, St-Orner. L'Artois forme auj. la plus grande partie du dép. du Pas-de-Calais. -Compris par les Romains dans la 2° Belgique, ce pays fut conquis au v° siècle par les Francs et donné' en 863 par Charles le Chauve à Judith, sa fille, qui épousa Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre. Après avoir été longtemps possédé par les comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, il fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180, et donné en 1237, avec titre de comté, par S. Louis à Robert, sonfrère puîné. A Robert I, succéda Ro¬bert II (1250-1302), après lequel trois femmes, Ma¬haud, Jeanne Iet Jeanne II, portèrent le comté dans trois maisons différentes, dont la dernière était celle des ducs Capétiens de Bourgogne. A l'extinction de ceux-ci, Margiuerite I, soeur de Jeanne II et fille de Jeanne I, le transmit à Louis de Mâle (1382), et la fille de Louis de Mâle le fit entrer, en même temps que les comtés de Flandre et de Nevers, dans la mai-son des ducs Capétiens-Valois de Bourgogne (1384); enfin, après la mort de Charles le Téméraire (1477), Marie de Bourgogne le fit passer à la maison d'Au¬triche par son mariage avec Maximilien. Conquis par la France dès 1640, il lui fut assuré par les traités des Pyrénées (1659) et de Nimègue (1678). Le titre :s comte d'Artois fut donné par Louis XV à un deses petits-fils, Charles-Philippe, depuis roi sous le nom de Charles X.ARTUS, ARTTUR. V. ARTHUR.
[modifier] ARU
ARUDY, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), à18k. S.E. d'Oloron, près du gave d'Ossau; 1605 h. Marbre. *ARULA, riv. d'Helvétie, auj. l'Aar.ARUNDEL Aruntina, v. d'Angleterre (Sussex), à 13 kil. E. die Chichester, sur l'Alun; 2600 hab. Beau château, appartenant auj. aux ducs de Norfolk. Commerce de bois et de tan. Ville jadis forte; prise par le roi Henri I sur Montgomery, comte d'A-rundel.ARUNDEL (Th. HOWARD, comte d»,maréchal d'Angleterre sous Jacques I et Charles I, né vers 1580, fut forcé par la guerre civile de s'exiler en 1642, et alla se fixer à Padoue, où il mourut en 1646. Ami zélé et éclairé des beaux-arts, il dirigea, avec Inigo Jones, les embellissements de Westminster, et s'ap¬pliqua un des premiers à former des collections de monuments antiques : il envoya à cet effet dans le Le¬vant Guillaume Petty, qui découvritdansl'llede Paros les célèbres marbres connus sous le nom de Chronique de Paros ou Marbres d'Arundel, et les apporta en Angleterre en 1627. Ces monuments précieux ren¬fermaient Ies principaux événements de l'histoire de la Grèce depuis 1582 (fondation d'Athènes) jusqu'en 264 av. J.-C.; malheureusement la fin y manque, de-puis l'année 364. Jean Selden les a publiés en 1629, in-4, avec trad. latine et commentaire; Prideaux en-1676, in-fol.; Maittaire, en 1732, in-fol.; Chandler, en 1763, in-fol.; et Ch. Muller, en 1841, dans les Fragm. hist. de la collection Didot. On appelle en¬core ces précieux débris Marbres d'Oxford, parce que le petit-fils du comte d'Arundel en fit don à l'Université d'Oxford. La Chronique de Paros a été trad. en français par Lenglet-Dufresnoy dans ses Tablettes chronologiques.ARUNSfrère de Tarquin le Superbe, épousa Tullie, fille du roi Servius Tullius. Sa femme, im¬patiente de régner, le fit mourir (536 av. J: C.), parce qu'il ne voulait pas s'associer à ses coupables projets, et épousa Tarquin. V. TARQUIN LE SUPERBE.ARUNS,fils de Tarquin le Superbe, fut chassé de Rome avec toute sa famille. S'étant rencontré dans un combat avec Brutus, ils se précipitèrent l'un sur l'autre avec tant de fureur qu'ils se tuèrent mutuellement (509 av. J: C.).ARUSPICES (de ara, autel, et inspicio, j'examine). C'étaient, chez les Romains, des ministres de la re¬ligion chargés de chercher des présages dans les mouvements de la victime avant le sacrifice, et dans l'inspection de ses entrailles après qu'elle avait été immolée. Ce genre de divination avait été enseigné aux Romains par les Étrusques. Les aruspices for¬maient un collège qui avait été institué par Romu¬lus. Dès le temps de Cicéron, la science des Arus¬pices était tombée dans le plus grand discrédit, ainsi que celle des augures.
[modifier] ARV
ARVA,comitat de Hongrie, entre ceux de Lip¬tau, de Thurocz et de Trentsin, a 50 kil. sur 44, et env. 100 000 hab. Il tire son nom du bourg et de la riv. d'Arva, qui l'arrose, et a pour ch. I. Also-Kubin.ARVALES (FRÈRES), collége de Flamines de Cérès, institué par Romulus pour offrir des sacrifices en faveur des biens de la terre, se composait de 12 mem¬bres, dont les premiers furent les fils d'Acca Laurentia, nourrice de Romulus : d'où leur nom de Frères.Ils célébraient la fête de Cérès tous les ans, à la pleine lune de mai, en faisant le tour des champs, arva, d'où le nom d'Ambarvalies donné à la fête. Ils avaient rang de pontifes majeurs, revêtaient la toge prétexte, et portaient sur la tête une couronne d'épis nouée de bandelettes blanches. On a trouvé à Rome en 1778, dans une fouille, des tables de marbre sur lesquelles était gravé un chant que l'on attribue aux Frères arvales. On en peut lire le texte dans•les Reliquie vet. Latini sersnonisd'E ger.
ASCA - 124 - ASCL
ARVE, riv. de Savoie, naît au col de Balme, traverse le val de Chamouni et tombe dans le Rhône près de Genève, après un cours très-rapide de 100 kil.ARVERNI, un des peuples les plus puissants de la Gaule, occupait à peu près l'Auvergne moderne. Ils faisaient partie de l'Aquitaine et eurent pour capit. d'abord uergovie, qui fut détruite par César, puis Nemosus (Clermont-Ferrand). Ils étaient gouvernés par des rois, parmi lesquels on commit Bituit, qui secourut les Allobroges contre les Romains, et Vercingétorix, le dernier défenseur de l'indépendance gauloise.ARVIEUX (Laurent, chevalier d'),né à Marseille en 1635, mort en 1702, voyagea en Syrie, en Palestine, en Arabie, étudia les langues et l'histoire des peuples du Levant, fut nommé envoyé extraordinaire à Constantinople, puis à Tunis, où il délivra 380 esclaves français, fut consul à Alger, à Alep, fit partout respecter la France et s'efforça de propager la religion catholique. Le P. Labat a publié en 1735 ses Mémoires, 6vol. in-12. Laroque a donné la Relation d'un voyage (fait par d'Arvieux) vers le grand émyr, chef des Arabes du désert, avec son Traité des moeurs et coutumes des Arabes, 1717, in-12.ARVII,peuple de la Gaule (Lyonnaise 3°), voisin des Aulerci, occupait la partie E. du Maine (dép. de la Sarthe), et avait pour ch.-1. Vagoritum (Argentan).
[modifier] ARY
ARYAS, ou ARIENS. V. ASIE.
[modifier] ARZ
ARZAC, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), à 28 kil. N. E. d'Orthez; 738 hab. Bétail.ARZANO, ch. 1. de cant. (Finistère), à 4 kil. N. E. de Quimperlé; 185 hab.ARZEWArsenaria ou plutôt Pontus Jragnus, v. et port d'Algérie, à 37 kil. N. E. d'Oran; env. 1000 h. Grand commerce de grains; salines. Ruines de monuments anciens.- ARZOUF,
jadis Aser, puis Apollonia. I. Asoa.
[modifier] AS
ASA,roi de Juda de 944 à 904 av. J: C., fils et successeurd'Abiam, proscrivit le culte des idoles, re¬poussa les Madianites et les Éthiopiens qui avaient envahi la Judée, et battit Baasa, roi d'Israël, avec le secours de Ben-Adab, roi de Syrie.ASAN,Bulgare, se mit, avec son frère Pierre à la tête de ses compatriotes et secoua le joug des empereurs grecs, vers 1186; il régna conjointement avec Pierre, et s'établit à Widdin. Il périt assassiné vers 1195.-Son fils, Jean Asan, régna de 1215 à 1242.-Un autre Asan, son arrière-petit-fils, fit avec succès la guerre à Baudoin II, empereur latin de Constantinople; mais, dégoûté du trône il abdi¬qua et se retira, vers 1280, à Constantinople, où il vécut en simple particulier. Cette famille est connue dans l'histoire sous le nom de dynastie des Asanides.- ASAPH,
Lévite et chantre Inspiré, du temps de David, est regardé comme l'auteur de plusieurs des psaumes communément attribués au saint roi (50, 73-83), mais plusieurs critiques pensent qu'il ne fit que les mettre en musique. On attribue aussi ces psaumes à quelqu'un de ses descendants, parce qu'ils mentionnent des faits postérieurs à David. ASAPH (S.),moine breton, vivait vers l'an 500, dans le pays de Galles. Il fut abbé du couvent de Llan-Elvy, qui prit de lui le nom de St-Asaph (V. SAINT-ASAPH). On l'honore le 1°° mai.ASBEN, région du Sahara, entre le royaume de Fezzan et celui de Cachena, est habitée par des Touariks et a pour ch.-l. Aghadès. Pays peu connu.ASBERG, bourg de Wurtemberg (Neckar), près de Ludwigsburg, dominé par une montagne où s'é¬lève la forteresse d'Hohen-Asberg, prison d'État.ASCAGNE , Aseanius, nommé aussi rulus, fils d'Énée et de Créuse, fut emmené par son père en Italie, et lui succéda sur le trône de Lavinium. Il régna 38 ans. V. ALBE.ASCALON, auj. Askoulan, v. de Syrie (Damas), à 60 k. S O. de Jaffa.C'était une colonie de Tyr et une des princip. v. des Philistins; elle appartint en-suite aux Juifs. Embellie par Hérode, elle devint la 2• ville du pays pour la grandeur; on y remarquaitle temple de Dercéto.,Les Croisés battirent les Mu¬sulmans sous ses murs en 1099 et en 1176. Saladin la reprit en 1187 et la rasa. C'est d'Ascâlon que vient le nom de l'échalotte (cape ascalonicum).- ASCANIA,
petite contrée de la Bithynie, versl'O., près de la pointe du Cianus sinus (golfe de Moli¬dania), contient l'Aseanius lacus, voisin de Nicée. ASCANIENNE (maison),une des plus anc. familles allemandes, souche de la famille d'Anhalt, tire son nom du château d'Ascanie, dans le comté d'Aschers¬leben. Elle régna dans la principauté d'Anhalt au xi° siècle, et donna ensuite des souverains au Bran¬debourg (1143-1320) et à la Saxe. Les ducs asca¬niens de Saxe formèrent deux branches, celle de Saxe-Wittemberg qui s'éteignit en 1422, et celle de Saxe-Lauenbourg qui finit en 1689.ASCENSION (l'), féte mobile, instituée en mé¬moire du jour où J.-C. s'éleva au ciel en présence de ses disciples, sur le mont des Oliviers, près de Béthanie. On la célèbre le jeudi; 40 jours après Pâ¬ques et 10 jours avant la Pentecôte.ASCENSION (île de l'), petite Ilè de l'Océan Atlan-tique, à 1550 kil. S. 0. du cap des Palmes enA.frique, et à 1200 kil. N. 0. de Ste-Hélène, par 16° 19' long. O. 7° 57'lat.S.: elle a 8 kil. sur 13. Aspect affreux, soi stérile et volcanique. Elle est inhabitée; néanmoins les Anglais y ont un poste. Découverte par l'Espa¬gnol Jean de Nova en 1501, puis vue en 1508 par Tristan d'Acunha, le jour de l'Ascension.ASCHAFFENBOURG,v. de Bavière (B: Franconie), sur la r. dr. du Mein,à 20 k. N. O. de Wurtzbourg; 7500 hab. Château royal, gymnase, école forestière.ASCHAM (Roger),savant anglais, né en 1515, dans le Yorkshire , mort en 1568, d'abord élève puis professeur de grec à l'Université de Cambridge, fut instituteur d'Élisabeth, fille de Henri VIII, et secrétaire latin d'Édouard, de la reine Marie et d'E-lisabetb. Il était renommé pour l'élégance de son style latin. On a de lui des Épîtres et des Poésies latines remarquables. Son principal ouvrage est le Maître d'école (the Schoolmaster). Ses oeuvres ont été recueillies en 1769, in-4, avec des notes de J. Ben-net et une Vie de l'Auteur par Johnson; ses écrits anglais ont été réimprimés à Londres en 1815.ASCHEBSLEBEN, v. murée des États prussiens (Saxe), à 22 kil. S. E. de Quedlinbourg; 8850 hab. Jadis ch: 1. de comté. V. ASCANIENNE (famille) et BALLENSTADT.ASCIBURGIUS mons, mont de Germanie, répond à ce qu'on nomme auj. Riesengebirge.ASCLÉPIADE , poète lyrique grec fort ancien, que l'on croit contemporain d'Atcée et de Sapho (vie siècle av. J.-C.) , est l'inventeur d'un vers qui porte encore son nom, et qui se compose d'un spon¬dée, de deux choriambes et d'un ïambe. Ex. : Crescentem sequitur cura pecuniam.ASCLÉPIADE ,médecin grec, natif de Pruse en Bithynie, s'établit à Rome au n° siècle avant notre ère, y obtint de très-grands succès, et y mourut vers 90 ans av. J.-C. Il simplifia la médecine, re¬commanda l'eau fraîche et la diète et se proposa de guérir sûrement, promptement et agréablement. Il eut pour disciple Thémison, chef des Méthodistes. II reste de lui quelques fragments cités dans Aé¬tius; ils ont été publiés à part à Weimar, 1798, par Grumpert, et à Leipsick, par Weltz, 1841.ASCLÉPIADES,nom donné en Grèce à diverses fa-milles vouées à l'exercice de la médecine et qui pré-tendaient descendre du dieu Esculape (Asclepius), par son fils Podalire. Il y avait des Asclépiades à Épidaure, à Rhodes, à Cnide, à Cos. Hippocrate ap¬partenait à une de ces familles. Le médecin de Pruse connu sous le nom d! Asclépiade n'avait sans doute pris ce nom qu'en souvenir de cette famille.ASCLEPIUS, ASCLEPIOS, nom grec d'ESCULAPE.ASCLEPIUS de Tralles,philosophe éclectique du vie siècle après J.-C., disciple d'Ammonius, fils d'Hermias, chercha à concilier la doctrine de Platon avec celle d'Aristote. Il a composé des Com¬mentaires sur la Métaphysique d'Aristote qui sont restés longtemps manuscrits, mais dont Brandis a publié une partie dans ses Scolies d'Aristote.
ASPE - 125 - ASIE
ASCOLI PICENO, Asculum Picenum, v. forte du roy. d'Italie, ch.-l. de province, a, 135 kil. N. E. de Rome, sur le Trente, avec un petit port; 12500 h. Évêché. - La prov., située entre celles de Came¬rino, de Fermo et l'Adriatique, a 196 000 hab.SCOLI DI SATRIANO, Asculum Apulum, v. du roy. d'Italie (Capitanate), au centre de la prov.; 5300 h. Renversée par un tremblement de terre en 1400.ASCONIUS PEDIANUS (Q.), grammairien latin, né à Padoue, vivait dans le 1" siècle.Il enseigna l'éloquence à Rome, fut ami de Virgile et maître de Tite-Live et de Quintilien, et mourut sous Néron, à 85 ans. Il reste de lui des commentaires sur les Verrines et sur quelques autres discours de Cicéron, dont le manuscrit fut découvert en 1416 à St-Gall; ils se trouvent dans les princip. éd. de Cicéron, et ont été imprimés à part, Venise, 1477 ; Leyde, 1644.ASCRA,vge de la Béotie, au S., au pied de l'Hé¬licon et près de Thespies. Patrie d'Hésiode.ASCULUM, v. du Picenum. V. ASCOLI.ASCULUM APULUM,auj. Ascoli di Satriano, v. d'Apulie, où les Romains livrèrent à Pyrrhus une ba¬taille indécise, l'an 279 av. J.-C.
[modifier] ASD
ASDRUBAL,général carthaginois, gendre d'Amilcar, commanda en Espagne après la mort de ce général, 228 av. J: C., étendit ses conquêtes jusqu'à l'Ebre et bâtit Carthage nova (Carthagène). Il fut tué par un esclave gaulois dont il avait fait mourir le mettre (220).ASDRUBAL,dit Barca, fils d'Amilcar et frère d'An¬nibal, commanda en Espagne (218), y éprouva d'a-bord des revers, puis, aidé par Massinissa, roi des Numides, vainquit les deux Scipions (212), et vint rejoindre son frère en Italie avec de puissants ren¬forts; mais il fut arrêté dans sa marche, battu et tué près du Métaure par les consuls Claudius Nero et Li¬vius Salinator (207). Les vainqueurs coupèrent sa tète et la jetèrent dans le camp d'Annibal.ASDRUBAL,fils de Giscon, remplaça Asdrubal Barca en Espagne, puis se retira en Afrique, où il s'allia avec Syphax, roi de Numidie, en lui faisant épou¬ser sa fille, Sophonisbe. Il fut battu par Scipion en 203, ainsi que son allié.ASDRUBAL,soutint un long siège dans Carthage contre Scipion Émilien : s'étant retranché dans un temple d'Esculape, il s'y défendit longtemps; mais quand il se vit sans espoir, il s'évada et alla se ren¬dre à Scipion. Sa femme, indignée de sa trahison, égorgea ses enfants à ses yeux, puis se précipita dans les flammes (146 av. J: C.).ASELLI (Gaspard),anatomiste, né à Crémone vers 1580, fut professeur d'anatomie à l'Université de' Pavie, et mourut en 1626. On lui doit l'importante découverte des vaisseaux lactés et chylifères : il la fit en 1622, en disséquant un chien pendant le tra¬vail de la digestion; les vaisseaux lactés, remplis de chyle en ce moment, appelèrent son attention par leur blancheur. On a imprimé après sa mort : Dis¬sertatio de yens lacteis, Milan, 1627, in-4.ASER, l'un des 12 fils de Jacob, donna son nom à une tribu dont le territoire était borné à l'0. par la Méditerranée, au N. par la Phénicie , à I'E. par la tribu de Nephtali, et au S. par celle de Zabulon.ABER, v. de Palestine, entre Scythopolis et Sichem, était située non dans la tribu d'Aser, mais dans celle de Manassé.ASES, race divine dans la mythologie scandinave, formait la cour d'Odin et habitait Asgard, v. bâtie au centre du monde. Les plus connus des Ases sont : Thor, Balder, Freir, Braga, Heimdall, Loke, et les déesses Frigga, Géfion, Freia. Les Ases paraissent n'être qu'une nation conquérante qui, sortie d'Asie, se serait répandue dans le N. de l'Europe.ASFELD,ch. de cent. (Ardennes), sur l'Aisne, à20 kil. S. O. de Réthel; 1150 hab. On l'appelait ja¬dis Ecry. Les Normands y furent battus en 883.ASFELD (Franç., baron d'),général suédois au service de France, né en 1667,.mort en 1743, était fils d'un ambassadeur de Suède. Il contribua à la vict. d'Almanza, à la prise de Tortose et d'Alicante, soumit Majorque à Philippe V, 1715, 'remplaça en Allemagne Berwick, emporté par un boulet devant Philipsbourg. Maréchal de France en 1734, il futl'é¬mule et le successeur de Vauban : il excellait dans l'attaque et la défense des places.ASIIANTEES. V. ACHANTIS.ASHAVERUS. V. JUIF-ERRANT.ASHBURTON, v. d'Angleterre (Devon), à 32 kil. S. O. d'Exeter; 4500 hab. Étain, cuivre, ardoises.ASHBY-DE-LA-ZOUCH, v. d'Angleterre (Leices¬ter), à21 k. N. O. de Leicester; 4000 h. Elle est tra¬versée par un canal qui unit les canaux de Coventry et de Leicester. Château où fut enfermée Marie-Stuart.ASHLEY COOPER. Y. SHAFTESBURY.ASHMOLE (Elie), antiquaire anglais, né à Lichfield en 1617, m. en 1692, servit quelque temps dans l'ar¬mée deCharlesI, quittale service pour se livrer à l'é¬tude, s'occupa d'abord d'alchimie, et publia en 1650 et 1652 quelques traités sur cette science chiméri¬que, puis se livra à des recherches historiques, .et publia en 1672 les Institutions, lois et cérémonies de l'ordre de la Jarretière, ouvrage estimé, qui lui fit donner par Charles II la place de héraut d 'aimes à Windsor. Il avait réuni un grand nombre de cu¬riosités et d'antiquités qu'il légua à l'Université d'Oxford; on les déposa dans le cabinet qui prit de lui le nom de Muséum Ashmoléen.ASHTON-UNDER-LYNE, v. d'Angleterre (Lancas¬tre), à 10 kil. E. de Manchester, sur un canal qui conduit à cette v.; env. 50000 hab. Houille, gran¬des manufactures de coton.
[modifier] ASI
ASIAGO, ville de Vénétie (Vicence), à 28 kil. N. de Vicence, sur une mont.; 12 750 hab. Chapeaux de paille d'Italie. Jadis ch: 1. de la république des Sept-Communes, d'origine teutonique.ASIE, Asia, la plus grande des cinq parties du monde, à l'E. de l'Europe, s'étend de 5° à 75° lat. N., et de 25° long. E. à 175° long. 0. Elle a env. 9700 kil. du N. au S., 12800 de l'E. à l'O., et compte plus de 600 000 000 d'hab. On la divise en neuf ré¬gions naturelles : au N., Russie d'Asie ou Sibérie; à l'0., Turquie d'Asie, Arabie; au S., région persi¬que (Perse, Caboul, Hérat, Beloutchistan); Inde en deçà et au delà du Gange; à l'E., Empire chinois, empire birman, royaumes de Siam et d'Annam, Japon; au centre, Turkestan et Tartarie. Mers prin¬cipales : au N., l'Océan Glacial arctique;- à l'E., l'Océan Pacifique; au S., la mer des Indes; à l'O.. la mer Rouge, la Méditerranée, la mer Noire. On y trouve aussi deux mers intérieures, les mers Cas-, pienne et d'Aral, et plusieurs grands lacs, le Baï¬kal, le Palkati, le Dzaïsang, etc. Les principaux dé¬troits sont, du N. E. au S. O., ceux de Behring, de Corée, de Malacca, d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Caps : ceux de Sévérovostochnoï, le plus au N.; de Tamdjong-Bourou, à la pointe sud de la presqu'île de Malacca; de Comorin, au S. de l'Inde; de Rasal¬gate, au S. E. de l'Arabie, etc. Iles prine.: la Nouv: Zemble au N.; les Aleutiennes au N. E., les Kouriles, i les îles du Japon, Formose, Hainan à l'E.; îles de la Sonde, Philippines; Nicobar, Ceylan, les Maldives et les Laquedives, au S., Chypre, Rhodes, Samos, Chio, Mételin, dans la Méditerranée, etc. Presqu'îles : Asie-Mineure ou Anatolie, à l'O.; Arabie, Inde àl'O. du Gange et Inde à l'E. du Gange, et Malacca, au S. i Kamtchatka et Corée, à l'E. On distingue en Asie neuf grandes chaînes de mont. : les Altai, le Kouen-Lun, le Thian-Chan , les mont. du Japon, l'Himalaya, les Ghattes, le Taurus, les monts d'Ar¬ménie, le Caucase, l'Oural. C'est dans l'Himalaya que sont les plus hautes cimes connues (près de 9000m). L'Asie est arrosée par un grand nombre de grands fleuves dont quelques-uns ont jusqu'à 3500 kil. de cours; lesprincip. sont : au S. O. , l'Euphrate, le Tigre, qui se jettent dans le golfe persique; au S., le Sindh ou Indus, le Gange, le Brahmapoutret l'Iraouaddy, qui se jettent dans la mer des Indes ; à l'E., le Kiang, l'Hoang-ho, l'Amour, dans le Grand Océan; au N., la Léna, le Iénissei,l'Obi, dans la mer Glaciale; au centre, l'Oural, le Kour, dansla mer Caspienne; le Sir-Daria, dans la mer d'Aral. L'Asie centrale renferme beaucoup de steppes et de déserts : tels sont les steppes des Kirghiz, d'Ichim, de Barabra, le désert de Kobi, le désert central, ceux de Xharism, de Mékran, d'Adjmir et d'Arabie. Le climat et le sol varient comme les latitudes et les hauteurs. La partie méridionale est d'une richesse extraordinaire. L'Asie fournit les plus beaux diamants connus, des pierres précieuses, de l'or et de l'argent; les autres métaux s'y trouvent également en abondance. Les plantes indigènes les plus remarquables sont : l'arbre à thé, le cotonnier, le caféier, l'indigotier, le manguier, le camphrier, le cannellier, le mûrier, le poivrier, le muscadier, le giroflier, le sandal, la canne à su¬cre, le cerisier, originaire du Pont, le pêcher et l'oranger qui nous viennent l'un de la Perse, l'au¬tre de l'Inde ou de la Chine. Presque toutes les plan-tes aromatiques et les épices sont asiatiques. C'est aussi à l'Asie (à l'Arabie) , que semblent avoir appar¬tenu primitivement le cheval, le chameau, le dro¬madaire ; on y trouve le chevreuil à musc, la chèvre du Thibet; l'hermine, le rhinocéros unicorne , le tigre, etc. On compte en Asie trois races humai¬nes princip. : la caucasienne, la mongole et la ma¬laise, auxquelles il faut joindre la sibérique. On y parle une infinité de langues : l'arabe moderne, le turc, l'hindoustan, le chinois, le mandchou, le japo¬nais etc.; on y cultive aussi plusieurs langues mor¬tes,'le zend, le sanscrit et l'arabe ancien. Six reli¬gions différentes y dominent : le Christianisme, le Mahômétisme, le Sabéisme, le Chamanisme, leBrah¬misme et le Bouddhisme.-On reconnaît l'Asie pour le berceau du genre humain : la Chine, l'Inde, la Chaldée, se disputent l'honneur d'avoir été la pre¬mière contrée civilisée. On trouve en effet la plupart des arts en Asie de temps immémorial : l'acier, la pourpre, la porcelaine, l'art de faire des tapis, l'impri¬merie, la boussole, y sont connus depuis des siècles; mais ces arts y sont restés stationnaires. C'est là aussi que se sont formés les plus grands empires con-nus, ceux d'Assyrie, de Babylone, de Perse, l'em¬pire d'Alexandre, ceux des Arabes, des Tartares Mongols; mais la plupart de ces puissances colos¬sales se sont écroulées aussi vite qu'elles s'étaient élevées.-Longtemps les Grecs ne connurent de cette grande contrée que l'Asie-Mineure la Colchide, la Syrie; les relations des Grecs avec les Perses et les conquétes d'Alexandre étendirent ces connaissances. Au ix• siècle se multiplièrent les pèlerinages au tom-beau du Christ; à la fin du xi° commencèrent les croisades; aux xnt• et xiv' siècles eurent lieu les voyages de Marco Paolo, Rubruquis, Duplan de Carpin, etc. Au xv° siècle, Vasco de Gama arriva dans l'Inde en doublant le cap de Bonne-Espérance (1497), et bientôt après on connut la Chine, le Japon, ainsi que les lies qui les avoisinent. Mais ce n'est que dans ces derniers temps que toutes ces contrées, surtout l'Asie centrale ont été vraiment explorées.
ASIE -- 126 - ASIE
ASIE ANCIENNE. Les bornes de l'Asie connue des anciens étaient à l'O. le Tanazs (Don), le Palus Mceotis (mer d'Azof), le Pont-Euxin (mer Noire), la mer Égée (Archipel); au S. le golfe Arabique et la mer Érythrée (mer d'Oman). Ils connaissaient la mer Caspienne et le lac Chorasmias (mer d'Aral); à l'IF,. et au N., ils n'avaient guère pénétré plus loin que l'Inde et la Scythie (Tartarie). Le pays des Sères ou Situa (Chine) n'était connu que de nom. Les princip. montagnes connues étaient le Caucase, le T aurus, les chaînes du Liban, L'Ararat, le Paropa¬misus, le Zagros et l'imams; les principaux fleuves :l'Euphrate, le Tigre, le Jourdain, l'Hydaspe, l'In-dus, le Gange, ,'Oxus et ,'Araxe. On distinguait géné¬ralement dans l'Asie 12 grandes régions : l'Asie-Mi¬neure, l'Arménie, la Parthie, la Mésopotamie la Ba¬bylonie ou Chaldée, l'Assyrie, la Syrie, la Colchide, l'Arabie, la Perse, l'Inde, la Scythie ou Sarmatie. -L'Asie romaine ne s'étendait guère au delà de l'Asie-Mineure; elle forma d'abord 11 prov. et porta le nom d'Asie proconsulaire. Plus tard elle s'accrut de la Syrie et de quelques portions de l'Arménie et de l'Arabie;sous Constantin et ses successeurs, elle forma trois diocèses : diocèse d'Asie, subdivisé en Hellespont (Mysie), Lydie, Carie, 2 Phrygies, Lacaonie, Pisidie, Pamphylie; diocèse de Pont, s divisé en Bithynie, Honorie, Paphlagonie, 2 Ponts, 2 Cappadoces, 2 Arménïes 2 Galaties; et diocèse d'Orient, subdivisé en 2 Cil'icies, Osroène, 3 Syries, 2 Phénicies, 3 Palestines, 2 Arabies.ASIE-MINEURE, Asia Miner, auj. Anatolie, nom donné par les Romains à la presqu'île la plus occi¬dentale de l'Asie, pour la distinguer du continent, qui s'appelait Asie-Majeure, Asia Major. Elle était bornée à l'E. par l'Arménie et la Syrie; au N. par la mer Noire; à l'O. par la mer Egée, et au S. par la Méditerranée. L'Asie-Mineure est traversée par plusieurs chaînes de mont. détachées du Taurus et du Caucase; elle est arrosée par le Méandre., l'Her¬mus, le Sangarius, l'Halys, et l'Iris. On y distin¬guait I l contrées princip. : à l'O., la Mysie, la Lydie, la Carie, la Lycie; au N., la Bithynie, la Paphlago¬nie, le Pont; au S., la Pamphylie, la Pisidie et la Cilicie; au centre, la Phrygie et la Cappadoce.Tout le rivage occidental était occupé par les colonies grecques : les Eoliens au N., les Ioniens au centre, en Lydie, les Doriens au S., y avaient fondé des villes qui le disputaient, pour la richesse, la civili¬sation et la puissance, à celles de la Grèce : telles étaient Éphèse, Phocée Milet, Smyrne, Halicar¬nasse, Lampsaque et Cnide. Les autres v. Importantes étaient : dans la Mysie et la Bithynie , Troie, Pergame, Pruse Cyzique, Amasie, Sinope Nicée, Nicomédie, Chalcédome; dans la Phrygie, .incyre Apamée et Laodicée; dans la Cappadoce, Césarée, Sébaste; dans les prov. du S., Stratonice, Telmesse, Tarse et Séleucie. Les îles principales qui en dépendaient sont celles de Lesbos, Chies, Cos, Samos, Rhodes, sur la côte occidentale, Cypre au S.; toutes ces îles fu¬rent occupées et colonisées par les Grecs.-L'Asie-Mineure a été connue de toute antiquité. Elle a vu fleurir les empires de Troie (du xv° au ne siècle av. J: C.) et de Lydie (du x• au vi°), les colonies grecques d'Ionie, d'Éolie et de Doride, puis les roy. de Bithynie, de Paphlagonie, de Pont et de Cappa¬doce, qui, après avoir été longtemps indépendants, furent tous réunis à l'empire du roi de Perse (548 av. J: C.). Sous la domination persane, l'Asie-Mi¬neure forma quelquefois une seule satrapie et comme une espèce d'apanage, notamment sous Artaxerce-Mnémon (404-401), qui la donna à son frère Cyrus le Jeune. Conquise par Alexandre, elle échut après sa mort à Antigone; et après la mort de ce dernier, elle passa sous le joug des Séleucides; néanmoins, il s'y forma bientôt plusieurs roy. indépendants : Pont, Cappadoce, Bithynie, Pergame, Galatie, Pa¬phlagonie, etc. Ces roy. subsistèrent jusqu'à la con-quête de l'Asie-Mineure par les Romains, qui y pé¬nétrèrent pour la première fois l'an i89 av. J.-C., et ne la soumirent tout entière qu'au i°' siècle de notre ère. Au iv° siècle, lors du partage de l'empire, l'Asie-Mineure, comprise dans l'empire d'Orient, forma le diocèse d'Asie et la plus grande partie des diocèses de Pont et d'Orient (V. ASIE ANCIENNE). Les califes en conquirent tine partie au vue siècle; les Turcs Seldjoucides s'y établirent au xi° et y fondè¬rent l'empire de Roum ou d'Iconium (Komeh), ne laissant aux empereurs grecs qu'un tiers du pays. Après 1204, l'Asie grecque forma les deux empires de Nicée et de Trébizonde. A la chute des Serijoucides, 10 petites principautés s'établirent sur leurs débris. Enfin de 1381 à 1387,AmuratI, fils d'Othman, soumit toute l'Asie-Mineure, qui depuis ce temps ap¬partient aux Turcs.-M. de Tchihatcheff a donné une Descript. phys. de l'Asie mineure, 4 vol. in-8, 1866.
ASPA -- 127 - ASSA
ASILE, SALLES D'ASILE. V. le Dict. des Sciences.ASINARA, Herculis insula, petite île près de la côte N. O. de la Sardaigne, a 28 kil. de long sur 8 de large. Déserte auj., mais peuplée au temps des Romains et jusqu'aux guerres de Pise et de Gênes.ASINARUS,auj. le Noto, petite riv. de Sicile, au S. E., tombait dans la mer Ionienne près d'Hélore. Les Athéniens y perdirent, l'an 413 av. J: C., une bataille qui fit échouer leur expédition de Sicile : Nicias, leur général, y fut pris par Gylippe, géné¬ral des Syracusains.ASINIUS POLLIO (C.). V. Poulo.ASIONGABER, Bérénice, anc. v. d'Arabie (Hedjaz), dans l'ldumée, sur le golfe d'Ælana. C'est un des points d'où partaient les flottes de Salomon qui se rendaient à Ophir.ASMOBEE,nom donné par les rabbins au dé-mon dont parle l'Écriture dans l'histoire de Tobie (ch. vi), démon qui obsédait Sara, fille de Raguel, et fit périr ses sept premiers maris. Les rabbins le nomment le prince des démons et en racontent des choses merveilleuses. Ils le regardent comme le feu de l'amour impur.ASMONÉENS, nom donné à la famille dès Machabées, à cause du bourg d'Asmon (tribu de Si¬méon), d'où l'on suppose qu'ils étaient originaires.ASNIÈRES, joli vge du dép. de la Seine, arr. de St-Denis, à 6 kil. N. O. de Paris, sur la r. g, de la Seine; 3213 h. II est traversé par le chemin de fer de Paris à St-Germain. On y élevait jadis des ânes, d'où son nom. Les rois de France y eurent au xui° siècle une résidence. Auj., rendez-vous de plaisir.ASOPUS,Asopo, riv. de Béotie sortait du Cithéron, traversait le territoire de Platée, et tombait dans la mer d'Eubée vis-à-vis d'Érétrie.ASOR, nom de plusieurs lieux de Panic. Pales¬tine, dont le plus connu est un bourg voisin de Da-mas, nommé auj. Arxouf, sur la Méditerranée, à 13 kil. N. de Jaffa. Pris par Baudouin I en 1105, et par les Turcs en 1265. Richard y battit Saladin en 1191.
[modifier] ASP
ASPA ou ASPADANA, auj. Ispahan, v. de Perse, (Parétacène), était fort petite au temps d'Alexandre.ASPAR, général et patrice de l'empire d'Orient, Alain ou Goth de naissance, fut envoyé en Italie par Valentinien contre le rebelle Jean, qu'il rédui¬sit (435). Six ans après il fut battu par Genséric, roi des Vandales. Après la mort de l'empereur Marcien (457) , Aspar mit la couronne sur la tête de Léon le Thrace, et obligea ce prince à donner le titre de césar à son fils Ardaburius; n'étant pas encore satisfait il con¬spira contre la vie de l'empereur; mais celui-ci en fut instruit, et le fit mettre à mort avec son fils (471).ASPASIE, femme célèbre par sa beauté et son esprit, naquit à Milet et vint se fixer à Athènes où elle enseigna l'éloquence. Sa maison fut bientôt le rendez-vous des hommes les plus distingués de la Grèce : il s'y tenait des conférences où se traitaient les plus hautes questions de philosophie, de politique et de littérature. Socrate, Périclès, Alcibiade, y étaient des plus assidus. Périclès conçut pour elle une si vive passion qu'il répudia sa femme pour l'épouser. Aspasie prit sur cet homme d'État la plus grande influence, et eut ainsi beaucoup de part aux affaires de la Grèce : on prétend que c'est elle qui suscita les guerres de Samos de Mégare et du Pélo¬ponèse. Les ennemis de Périclès accusèrent Aspasie d'impiété; son époux la défendit avec chaleur devant l'Aréopage, et fut réduit pour la sauver à répandre des larmes devant ses juges. Après la mort de Péri¬clès, elle s'attacha à un jeune homme inconnu, Ly¬siclès, et eut encore assez de crédit pour le faire élever aux premières dignités. Amie de tout ce qui était noble et beau, Aspasie contribua de tout son pouvoir à inspirer aux Athéniens le goût des arts; on lui attribue en grande partie l'éloquence de Périclès. C'est à tort qu'on a quelquefois rangé au nombre des courtisanes cette femme vraiment supérieure. - Cyrus le Jeune donna le nom d'Aspasie à sa maîtresse Myrte, femme d'une grande beauté, qui, après Cyrus, fut encore aimée d'Artaxerce.ASPE, vallée de France, dép. des B: Pyrénées, s'étend du mont Aspe, sur la frontière d'Espagne, jusque près d'Oloron, dans une longueur de 40 kil. du S. au N. Elle est traversée par le Gave d'Aspe.ASPENDUS v. de Carie, près de l'Eurymédon, à quelques kil. de la mer. C'est auj. Hinougat.ASPERN, bourg d'Autriche. V. GROSS-ASPERN.ASPET, ch: 1. de cant. (H: Garonne), à 15 kil. S. E. de St-Gaudens; 715 hab. Fabriques de clous, de peignes en buis. Émigration annuelle de chau¬dronniers et rémouleurs pour l'Espagne.ASPHALTITE (lac). V. MORTE (mer).ASPINWALL, v. et port de l'Amérique centrale (Nouv.-Grenade), au fond du golfe de Mexique, à 60 kil. à l'E. de Panama, avec laquelle elle commu¬nique depuis 1855 par un chemin de fer qui tra¬verse l'isthme ; env. 5000 hab. Fondée en 1850 par un négociant américain qui lui donna son nom.'ASPIS ou cLYPEA, auj. Aklib, v. de l'Afrique anc.(Byzacène), au S. E. de Carthage, sur une colline, avait été fondée par Agathocle et était ainsi nommée des mots aspis et clypeus, l'un grec, l'autre latin, qui signifient tous deux bouclier, parce que la colline sur laquelle elle était située avait la forme d'un bouclier.ASPRES-LES-VEYNES, ch. 1. de cant. (H: Alpes), à 30 kil. S. O. de Gap; 710 hab.ASPRIERES, ch. 1. de cant. (Aveyron), à 26 kil. N. E. de Villefranche; 852 hab. Zinc sulfuré.ASPROPOTAMOS, Acheloüs, riv. de la Turquie d'Europe et de la Grèce, sort du mont Kodjaka, à l'E. de Janina, coule au S., et tombe dans la mer Ionienne au-dessous de Trigartlon • cours, 220 kil.
[modifier] ASS
ASSAM, Asang.e, contrée de 1; Inde transgangé¬tique, dans l'intérieur des terres, entre le Boutait au N., le Bengale à l'O., l'empire Birman au S. et la Chine à l'E. s'étend de 88° 20' à 93° 27' long. E., et de 27° à 29° lat. N.; elle a 750 kil. sur 160, et env. 1 000 000 d'hab. Capit., Djorhàt. Autres v. im¬portantes : Rangpour, la plus peuplée du roy.; Ghergong anc. tapit., auj. en ruines. L'Assam est une granite vallée entourée de hautes mont. boisées, et traversée de l'E. à l'O. par le Brahmapoutra. Climat peu salubre, grandes pluies, inondations. Sol fertile, poivre, gingembre, riz, noix d'arec. Soie, coton musc, argent, cuivre, plomb, or en paillettes dans les riv.; éléphants. Les habitants, d'origine hindoue, professent le Brahmisme.-Longtemps in-dépendant, ce pays fut envahi, mais sans résultat, par Aureng-Zeb; plus tard il devint tributaire des Birmans, qui en 1826 le cédèrent aux Anglais.ASSARACUS,2° fils de Tros, roi de Troie, fut aïeul d'Anchise, père d'Enée.ASSAR-HADDON, roi de Ninive (707-667 av. J.-C.), succéda à son père Sennachérib. Il s'empara de Ba¬bylone, où il établit le siége de son empire, en 680, puis envahit la Syrie , fit prisonnier, en 673, Manas¬sès, roi de Juda, et envoya une colome assyrienne à Samarie : c'est là l'origine des Samaritains.ASSAS (Nicolas, chevalier d'),capitaine au régiment d'Auvergne, né au Vigan, périt victime d'un dévouement sublime, dans la nuit du 15 octobre 1760, à Klostercamp, en Westphalie. En faisant une re¬connaissance, il rencontra une colonne ennemie qui s'avançait en silence pour surprendre les Fran¬cais. On le menace de l'égorger s'il dit un mot d'Assas n'hésite pas, il s'écrie : • A moi, Auvergne ce sont les ennemis; et il meurt percé de coups Une statue lui a été érigée au Vigan en 1830.ASSASSINS, sectaires ismaéliens, fameux au temps des croisades, s'établirent en 1090, soies la conduite d'Haçan-ben-Sabath-Homaïri, dans les tirant de la Perse septentr., où ils formèrent une espèce d'ordre religieux et militaire.' Leur nom, dont la forme véritable est Haschischins, vient de haschich, nom arabe d'une boisson enivrante, à l'aide de laquelle leur chef, qu'on appelait le 'Pieux de la Montagne ( V. HAçAN), les jetait dans un délire, pendant le-quel ils s'imaginaient trouver un avant-goût des féli¬cités éternelles. Ce chef élevait des jeunes gens dans un dévouement si absolu à ses volontés, qu'ils al-laient sans crainte exécuter ses arrêts de mort contre les rois et les princes ses ennemis.. Les Assassins prirent un accroissement rapide; ils s'emparèrent d'un grand nombre de forteresses et formèrent plu-sieurs établissements, dont deux principaux : l'un au N. de la Perse, où leur ch. 1. était la forteresse d'Alamout; l'autre en Syrie, dans les mont. de l'Anti-Liban, où ils possédaient la forteresse de Masyat, entre Antioche et Damas. Les meurtres que commi¬rent ces fanatiques rendirent quelque temps redou¬table la puissance de leur chef; mais en 1256, la grande invasion mongole, conduite par Houlagou, mit fin à leur existence en Perse. Ceux de Syrie fu¬rent exterminés quelques années après, par Bibars, soudan d'Égypte. La puissance des Assassins avait duré env. 180 ans. Leurs chefs lesplus célèbres, après Haçansont Kia-Buzurgomid, Ala-Eddyn ou Aladin, et Rockneddin. C'est d'eux qu'est venu le nom d'as¬sassin donné depuis à de lâches meurtriers. Parmi leurs victimes les plus remarquables on cite un ca¬life de Bagdad, un calife du Caire, et Conrad, mar¬quis de Montferrat. M. J. de Hammer a donné l'His¬toire des Assassins, 1818 (trad. en franç. en 1833).
ASSE - 128 - ASSE
ASSELYN (J.), peintre flamand, né,à Anvers en 1610, mort en 1660, vint se fixer. à Amsterdam après avoir visité Rome , et peignit des batailles, des marines et des paysages, prenant Claude Lorrain pour modèle dans le paysage, et imitant le Bam¬boche dans les batailles ou les morceaux d'histoire. Sa couleur est claire et transparente, sa touche li¬bre et ferme, sa lumière chaude. Le musée duLou¬vre possède quatre de ses meilleures toiles.ASSEMANI (Joseph-Simon), savant orientaliste, né en 1687, mort en 1768, était un Syrien maro¬nite. 11 tut préfet de la bibliothèque du Vatican, et publia entre, autres ouvrages précieux: Bibliotheca orientalis Clementino-Vaticana, Rome, 1719-1728, 4 vol. in-fol., et les OEuvres de S. Éphrem, grec, syriaque et latin, R. 6 v. in-fol. , 1732-46.- Son ne¬veu et successeur à la bibi. du Vatican, Évode Assemani, a donné le Catalogue des manuscrits orientaux de la Bibliothèque 9fédicéo-Laurentine, Florence, 1742, 2 vol. in-fol.-Simon Assemani, de la même famille, né en Syrie en 1752, mort à Padoue en 1821, a donné un Catalogue des manuscrits orientaux de la bibliothèque du comte de Nani, Padoue, 1787-92, et un Essai sur les Arabes avant Mahomet, 1787.ASSEMBLÉE DES NOTABLES, nom jadis donné en France à des réunions que les rois' convoquaient dans des circonstances difficiles et où figuraient, avec les princes du sang, les principaux de la no-blesse, de la magistrature et du clergé. Les mem¬bres en étaient nommés par le roi lui-même. Elles n'étaient que consultatives et donnaient moins d'ombrage à la royauté que les États généraux. Les notables furent assemblés pour la première fois par Charles V en 1369. Ils furent depuis convoqués à Tours en 1470, à Cognac en 1526, à Fontainebleau en 1560, à St-Germain en 1561, à Moulins en 1566, à Rouen en 1596, à Paris en 1626, à Versailles en 1787 et 1788.Ces deux dernières assemblées sont les plus connues; elles eurent lieu, la l'• du 22 fé¬vrier 1787 au 25 mai de la même année; l'autre, du 6 novembre 1788 au 12 décembre suivant. Louis XVI convoqua la 1'° pour combler le déficit en obtenant des subsides de la partie de la nation qui avait été !asque-là exempte de tout impôt : les notables con-sentirent l'impôt territorial, l'impôt du timbre et ia suppression des corvées; mais le parlement refusad'enregistrer ces mesures, prétextant qu aux Etats généraux seuls appartenait le droit de les établir. La cour, après avoir tenté quelques actes de vio¬lence contre le parlement, et en avoir reconnu l'inefficacité, se résolut à convoquer des États géné¬raux. - Ce fut pour traiter quelques questions pré-liminaires sur l'organisation de ces États que le roi convoqua la 2° Assemblée des notables. Il s'agissait de savoir quel y serait le rôle du tiers état, s'il obtiendrait une représentation égale en nombre à celle des deux premiers ordres, la noblesse et le clergé; si on délibé¬rerait par tête ou par ordre, et si le tiers état n'au¬rait qu'une seule voix contre les-deux voix de la noblesse et du clergé. L'Assemblée des notables se déclara contre le doublement du tiers ; mais la cour; cédant à l'opinion publique, décida le contraire.ASSEMBLÉE NATIONALE OU CONSTITUANTE ,assemblée célèbre, ouverte à Versailles le 5 mai 1789, sous le nom d'États généraux, devait se composer de 291 députés du clergé, 270 de la noblesse et 584 du tiers état. La noblesse et le clergé ayant refusé de siéger avec le tiers état, les députés de cet ordre se constituèrentd'eux-mêmes en assemblée délibérante, et prirent le nom d'Assemblée nationale (17 juin). Louis XVI tenta d'abord de la dissoudre et fit fermer la salle où elle se réunissait à Versailles; mais les députés, s'étant rendus -le 2a juin au Jeu de paume (7. ce mot), jurèrent de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution à la France d'où le nom d'Assemblée constituante; et le roi, désespérant de vaincre leur résistance, invita les deux autres ordres à se joindre à eux (27 juin). Voici les principaux actes de cette célèbre assemblée : 4 août 1789, abo¬lition de tous les priviléges féodaux; 23 et 24, décret proclamant la liberté des opinions religieuses et la liberté de la presse; 12 octobre, translation de l'As-semblée nationale à Paris; 2 novembre, déclaration que les biens du clergé sont mis à la disposition de l'État comme biens nationaux; 17 décembre, créa¬tion d'un papier-monnaie sous le nom d'assignats; 15 janvier 1790, division du royaume en 83 départe¬ments; 17 mars, décret pour la vente des biens na¬tionaux jusqu'à concurrence de 400 millions; 19 juin, suppression de tous les titres de noblesse; 27 no¬vembre, décret relatif à la prestation de serment de tout ecclésiastique fonctionnaire public; 5 juin 1791, décret qui ôteau roi le droit de faire grâce; 15 juil¬let, déclaration que le roi, qui avait tenté de fuir, sera suspendu de ses fonctions jusqu'à ce qu'on lui ait présenté l'acte constitutionnel; 30 juillet, abolition des ordres de chevalerie. Le 3 septembre 1791, la con¬stitution est terminée-, et, le 13, le roi l'accepte. Cette constitution, élaborée et discutée pendant les années 1789, 1790 et 1791,-déterminait le pouvoir du roi et le pouvoir de la nation. Elle créait une assemblée législative, qui seule faisait les lois, et elle accordait seulement au roi, sous le nom de veto, le droit d'en suspendre temporairement l'exécution. L'Assemblée constituante se sépara le 30 septembre 1791, et fut im¬médiatement remplacée par l'Assemblée législative. Les personnages qui eurent le plus d'influence dans cette assemblée sont Mirabeau, Barnave, Cazalès, Maury Duport, Lafayette, les Lameth, etc.- On a aussi donné le nom d '.Assemblée constituante à l'As-semblée de 1848 : ouverte le 4 mai, elle termina ses travaux le 4 novembre, et proclama le 12 du même mois la nouvelle constitution; elle établissait une république démocratique, avec un président élu pour 4 ans, et une assemblée unique de 750 membres, élus, ainsi qua le président, par le suffrage universel.- ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE. D'après la constitution donnée par l'Assemblée nationale, le pouvoir légis¬latif était délégué à une assemblée élue par le peuple, composée de 745 membres; aucun des membres de la précédente législature ne pouvait en faire par¬tie. Cette assemblée prit le nom d'Assemblée législa¬tive. Elle se réunit le 1°° octobre 1791, lendemain du jour où se sépara l'Assemblée nationale, et siégea jusqu'au 21 septembre 1792.
Cette assemblée décida, entre autres mesures : 8 novembre 1791, que les émigrés seraient déclarés coupables de conspiration, poursuivis comme tels, et punis de mort s'ils ne ren¬traient avant le 1" janvier 1792; 20 avril 1792, que la guerre était déclarée à l'empereur François 1I; 26 mai, que les ecclésiastiques qui refuseraient de se soumettre à la constitution civile du clergé se-raient déportés; 11 juillet, que la patrie était en danger, et que dès lors les séances seraient perma¬nentes, que toutes les municipalités et tous les con¬seils de district et de département siégeraient sans interruption, que toutes les gardes nationales seraient mises en mouvement; 10 août, que le roi était sus-pendu de ses fonctions, et qu'une nouvelle assemblée serait convoquée, sous le nom de Convention natio¬nale. Les partis de la ivIontagne et de la Gironde (V. ces mots) se formèrent dans l'Assemblée législative
ASSI - 29 - ASS
ASSEN, v. du roy. de Hollande, ch.-1 de la prou. de Drenthe, sur le Horn-Diep, qu'un canal met eh communication avec le Zuyderzée, à 120 kil. 1!'. E. d'Amsterdam; 3000 hab.ASSENS, v. et port du Danemark, dans l'Ile de Fionie, à 33 kil. S. O. d'Odensée, sur le Belt; 2000 h.Christian III y battit ses sujets insurgés, 1535.ASSER,célèbre rabbin, né à Babylone l'an 353 de J: C., mort en 427, fut dès l'âge de 14 ans prési¬dent de l'Académie de Sora sur l'Euphrate et compta un grand nombre de disciples. Il est l'auteur du Tal¬mud de Babylone, qu'on doit distinguer du Talmud de Jérusalem. C'est une compilation qui contient, avec l'histoire, les traditions sur la loi et la religion juive. Le Talmud d'Asser a été imprimé à Amster¬dam en 1744, avec commentaires, en 12 vol. in-fol.ASSER,moine de St-David (Pté de Galles) né vers 850, mort en 910, devint évêque de St-David, fut invité par Alfred le Grand à se rendre à sa cour, et vécut dans l'intimité de ce prince; qui le combla de présents. Il a laissé d'intéressants mémoires, pu-,liés en 1574 par Parker sous le titre de Vie d'Al¬fred, à la suite de l'histoire de Walsingham, et à part en 1722 par F. Wise. On lui attribue les An¬nales britannicœ, publiées par le docteur Gale.ASSIDIENS, secte juive. V. CHASIDIM.ASSIENTE, ASSIGNATS. Y. ces mots dans notre Dictionnaire universel des Sciences.ASSINIIBOINE, riv. de l'Amérique du N. (Nouv.-Bretagne), a sa source par 105° long. 0., 52° 15'lat. N.; court au S. E., reçoit le Calling, le Meuse, la Rivière-Rouge, et tombe dans le lac Ouinipeg, après un cours très-sinueux de 700 kil.-Ses bords sont habités par les Assiniboins, peuplade guerrière de la famille des Sioux-Osages, ennemis acharnés des Dakotas. Ils font le commerce de fourrures.ASSINIE, riv. et contrée de Guinée, entre la côte d'Or et la côte des Dents, au S. O. des Achantis et à l'E. du cap des Trois-Pointes. Comptoir français.ASSISE, Assisi en italien, Asisium chez les La-tins, v. du territoire romain, à 19 kil. S. E. de Pérouse, sur une mont.; 5000 hab. Évêché. Patrie de S. François d'Assise, dont on conserve le corps; dans la cathédrale, et du poête Métastase.
Longuemain, ou, selon d'autres, Darius I.
ASSUR, 2° fils de Sem, contemporain de Nemrod. Chassé par celui-ci des plaines de Sep,naar, il s'éta-blit à l'E. du Tigre, y fonda le roy. d'Assyrie, et bâtit Ninive. On place son règne vers 2640 av. J.-C.ASSISES (d'assidere, s'asseoir). On appelait ainsi au moyen âge des assemblées périodiques de justice ainsi que les ordonnances faites dans ces assem¬blées (V. notre Dictionnaire unie. des Sciences). On connait sous le nom d'Assises de Jérusalem un recueil de règlements généraux rédigés en 1099 par Godefroi de Bouillon, roi de Jérusalem, de concert avec les principaux seigneurs croisés, réunis en assi¬ses. Ces ordonnances, destinées à régir l'État chrétien de Palestine, furent anéanties en même temps que ia domination des Croisés. Cependant, plusieurs de leurs dispositions fuient introduites dans le roy. de Chypre par Guy de Lusignan (1192) , puis dans ferapire latin de Constantinople (1204), et dans plusieurs autres parties de la Grèce. La bibliothèque de Venise en possède un exemplaire manuscrit. M. Beugnot a publié de 1841 à 1844 (dans le recueil des Historiens des Croisades) ce qui nous reste de ces Assises.ASSOMPTION (fête de 1'), fête instituée en l'hon¬neur de l'élévation de la Ste Vierge au ciel. On la célèbre le 15 août. Cette fête était établis dès le v° siècle; mais le voeu de Louis XIiI ajouta beaucoup en France à sa solennité.ASSOMPTION, capit. du Paraguay, sur la r. g. du Paraguay, par 25° 17' lat. S., et 60° long. O., à 1000 kil. N. E. de Buénos-Ayres; env. 15 000 hab. Résidence du dictateur; évêché. Peaux, tabac, maté. Fondée en 1535.ASSOMPTION (île de 1') ,une des îles Mariannes, par 143° 34' long. E., 19° 45' lat. N.; a 17 kil. de tour. Volcan au centre. Arbres à pain, cocotiers, etc. - Ile de l'Océan Atlantique. V. ANTICOSTI.ASSOMPTION (Notre-Dame de l'). V. CÉARA.ASSOS, v. d'Éolie, dans l'anc. Mysie, sur le golfe d'Adramyttium, près du vge actuel de Beiram-Ka¬lessi. Colonie grecque, patrie de Cléanthe le stoïcien. Ruines très-remarquables : restes de temples; théâ¬tre conservé presque entier.ASSOUAN, Syène, île etv. de la IL-Égypte, sur la r. dr. du Nil, à 97 kil. S. d'Edfou, par 30° 35' long. E., 24° 5' lat. N. Elle est très-voisine du tropique : aussi, le jour du solstice, l'ombre y est-elle presque nulle; autrefois même, l'image du soleil s'y peignait tout entière au fond d'un puits. C'est là que se trouve la 1" cataracte du Nil. Belles ruines.-Les Français y défirent les Mamelouks le 1G mai 1799.ASSOUCY (Ch. COYPEAU d'), poète burlesque, surnommé le Singe de Scarron, né à Paris en 1604, mort en 1679, mena une vie désordonnée, s'échappa dès son enfance de la maison paternelle, se fit empirique, puis joueur de luth, fut, en cette qualité, attaché quelque temps à la cour de Savoie et à celle de Louis XIII, et amusa par ses facéties l'enfance de Louis XIV; puis se remit à voyager et se fit jeter, en Italie, dans les cachots de l'inquisition, pour une satire contre un prélat romain. De retour en France, il fut encore mis en prison, pour mauvaises moeurs. D'Assoucy a traduit en vers burlesques les Métamorphoses d'Ovide, sous le titre d'Ovide en belle humeur, ainsi que le Ravissement de Proserpine de Claudien, et a composé un grand nombre d'autres poésies, entre autres le récit de ses propres Aventures (réimprimé en 1858, à Paris, par C.Donibey). Ce poète, eut quelque vogue en son temps, comme le prouve ce vers de Boileau : Et, jusqu'à d'Assoucy, tout trouva des lecteurs.ASSOUR. V. ACHOUR.ASSUAY, dép. de la rép. de l'Équateur, au S. E. de l'État, et à l'E. des Andes, se div. en 3 prov.: Cuença, Loja, Jaen, et a pour ch.-l. Cuença. Arbre à quinqui¬na. Magnifiques ruines de constructions péruviennes.ASSUÉRUS, roi de Perse, qui, selon la Bible, épousa la Juive Esther et rendit, à sa prière, un édit favorable aux Juifs. On croit que c'est Artaxerce.ASSYE, ou ASSAYE, vge de l'lndoustan (Bérar), à 40 kil. N. de Djalnah. Arthur Wellesley (depuis lord Wellington) y battit, en 1803, avec 8000 hom¬mes, 60000 Mahrattes. .ASSYRIE, Assyria, le Kourdistan actuel, vaste contrée de l'Asie anc., à l'E. du Tigre, bornée au N. par l'Arménie, à l'O. par la Mésopotamie, à l'E. par la Médie, au S. par la Babylonie, était arrosée par le tigre, l'Arbis, le Gorgus et le Zabus, et avait pour capit. Ninive, et pour villes principales Gan-- gamèle, Arbèles, Artémite. On étend quelquefois le nom d'Assyrie à la réunion de l'Assyrie proprement dite, de la Babylonie et de la Mésopotamie. -Assur, fils de Sem, fonda Ninive vers 2640 av. J: C., dans le même temps que Nemrod jetait les fondements de Babylone, et donna son nom à l'Assyrie. On ne sait rien de certain sur l'histoire de cette contrée jusqu'à Bélus, qui, en 1993 av. J: C., chassa les Arabes, alors maîtres du pays, et créa le 1er empire d'Assyrie, en réunissant le roy. de Babylone à celui de Ninive. Ninus, fils de Bélus (1968-1916), vainqueur de l'Arménie et de la Médie, soumit tous les peuples de l'Asie septentr. jusqu'à la Bactriane et au pays des Saces. Sémiramis, sa veuve, étendit l'empire des Assyriens jusqu'à l'Indus, et remplit Babylone des monuments les plus magnifiques (1916-1874). Elle eut pour fils et pour successeur Ninyas, après lequel on ne trouve sur l'histoire d'Assyrie que des traditions incertaines, d'immenses lacunes et de longues séries de rois inconnus. Le dernier, Sardanapale, n'est fameux que par sa mollesse : il fut détrôné par ses sujets en 759 av. J.-C.-Des débris du premier empire d'Assyrie se formèrent les royaumes particuliers de Médie, de Babylone et de Ninive. Ce dernier, fondé par Phul, appelé aussi Sardanapale Il, est connu sous le nom de 2e empire d'Assyrie. Téglath-Phalasar, fils de Phul (742) et Salmanasar (724) soumirent les rois de Juda et d'Israël; Sennachérib (712) ravagea l'Égypte, assiégea Jérusalem et triompha des Babyloniens, mais il mourut assassiné (707). Assarhaddon, fils de Sennachérib, s'empara de Babylone (680); mais sous ses successeurs Saosduchéus (Nabuchodonosor) et Chinaladan (Sarac), l'empire d'Assyrie s'affaiblit considérablement. Enfn, en 625, Nabopolassar, roi de Babylone, renversa Sarac et détruisit le 2e empire d'Assyrie, en le réunissant à celui de Babylone. Depuis lors, l'Assyrie passa, avec la Babylonie, sous la domination de Cyrus (538) ; devenue dès lors province de la Perse, elle subit toutes les vicissitudes de cet empire.-Les principales divinités des Assyriens, qui ne sont guère connues que de nom, étaient Adramélech Anamélech, Dagon, Dercéto. Les arts, surtout l'architecture et la sculpture, avaient atteint chez eux un haut degré de perfection, comme le prouvent les découvertes récentes faites par MM. Botta, Layard et Place à Khorsabad et autres lieux. Ces découvertes, jointes à la lecture et à l'interprétation des inscriptions en caractères cunéiformes, ont aussi jeté un nouveau jour sur l'histoire de l'Assyrie (V. l'hist. des Assyriens d'après les monuments, de G. Kruger, Leips., 1855, et les Écritures cunéiformes, de J. Ménant, 1864).
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ASSYZ - RAS, pointe de terre qui de la côte de Nubie s'avance dans la mer Rouge, par 36° long. E. , 18.24' lat. N. On croit que c'est là qu'était la Ptolémais Thérôn de Ptolémée.
[modifier] AST
AST (G. Ant. Fréd.),érudit, né en 1778 à Gotha, mort en 1841, professa la littérature classique à Munich. Élève de Schelling, il publia quelques écrits estimés sur l'esthétique, la philosophie et l'histoire de la philosophie. On lui doit une édition de Platon, avec trad. latine et commentaire, 11 vol. in-8, 1819-32, et un Lexicon platonicum, 1834-39, en allemand, la Vie et les écrits de Platon (1816). Ast est souvent téméraire dans sa critique : il rejette, comme apo¬cryphes, le 1" Alcibiade, le Iliénon et les Lois.ASTA ou ASTA POMI'Ent, v. de la Gaule Cisalpine (Ligurie), est auj. Asti.ASTA REGIA, Xerès de la Frontera? v. d'Hispanie, dans l'île Tartesse, sur un bras (auj. desséché) du Bcetit, était une colonie romaine.ASTABLNE, portion de l'empire perse (Hyrca¬nie), au S. E. de la mer Caspienne, correspond à peu près au Daghestan, et avait pour habitants les Daha?.ASTABORAS, fleuve d'Éthiopie, affluent du Nil. est auj. l'Atbarah ou Tacazzé. V. ATBARAH.ASTACUS, auj. ILorfa, v. de Bithynie, sur la Propontide (mer de Marmara), près et à l'0. de Nicomédie, donnait son nom à l'Astacenus sinus (golfe d'lsnikmid). Détruite par Lysimaque.AST , ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), sur la r. dr. au Gers, à 20 kil. S. d'Agen' 1312 h.ASTAPA , Estepa la Vie a, v. de la Bétique , sur les confins des Bastuli Pceni.Ses habitants, assiégés par les Romains dans la 2° guerre punique, se brûlèrent eux-mêmes plutôt que de se rendre.ASTAPIJS, fleuve d'Éthiopie, auj. le Bahr-el-A,srek, bras oriental du Nil.ASTARAC (comté d'), partie de l'anc. Armagnac, auj. dans le dép. du Gers, comprenait Mirande, Roquelaure et Pavie.ASTAROTII.Oh connaît sous ce nom deux v. de Palestine, toutes deux dans la demi- tribu de Ma¬nassé à l'E. du Jourdain : l'une était la capit. d'Og, roi de Basan, et l'autre la patrie de Job.ASTAROTH, divinité phénicienne. V. AsTARTé.ASTARTÉ, divinité des Phéniciens et des Syriens, parait être la personnification du ciel, et de l'armée des étoiles. Les Grecs l'ont identifiée avec leur Vénus céleste ou Uranie. Elle est nommée dans la Bible Astaroth.ASTER,habile archet d'Amphipolis. Pour se venger de Philippe, roi de Macédoines qui avait refusé ses services, il lui perça l'oeil droit, au siége de Méthone, avec une flèche sur laquelle étaient, dit-on, des mots : s A l'oeil droit de }?hilippe. » En réponse, le roi fit jeter dans la place une flèche avec ces mots : Si la ville est prise, Aster sera pendu. n Et il le fut en effet.ASTERABAD (c.-à-d. ville de l'Étoile), v. de Perse (Mazanderan), sur le Gourgan, près de son embouchure dans la mer Caspienne; 12 000 hab. On croit que c'est l'anc. Tambrax ou Thambraces, capit. de l'Hyrcanie. Ravagée par Tamerlan elle n'est plus qu'un grand village, qui-sert de résidence au khan des Kadjars. Garance excellente, qui donne aux étoffes de Perse leur belle couleur rouge. Manu-factures de soie` et de coton.ASTERE (S.),Asterius, évêque métropolitain d'Amasie , dans le Pont, fut élevé à ce siége à la fin du iv° siècle. Il se montra fort zélé pour la pureté de la foi et fut vénéré dans tout l'Orient. On a de lui des germons, publiés par Combefls, grec-latin, 1648, et trad. en français par Bellegarde, 1691.-Evêque de Pétra en 360, est honoré le 10 juinASTI, Astis Colonia et Asta Pompeia, v. forte du Piémont, chef-lieu d'une prov. de même nom, au confluent du Tanaro et du Belbo, à. 40 kil. S. E. de Turin,. 21000 hab. Évêché. Vins muscats renom¬més, étoffes de soie. Patrie d'Alfieri.-Ville très-forte sous les Romaine :4 république au moyen âge , elle tomba au pouvoir des ducs de Milan, et forma un duché qui fut donné en dot à Valentine Visconti quand elle épousa le duc d'Orléans, frère de Char-les VI; ce duché resta entre les mains de princes français jusqu'en 1529, et fut alors cédé à Charles-Quint, qui le donna à la Savoie.ASTIGIS, v. de Bétique, auj'. Ecija. V. ce nom.ASTOLPHE roi des Lombards (749-756),conquit en 752 l'exarchat,de Ravenne; il ellsit s'emparer des terres de 'l'Église, lorsque le pape Étienne II implora le secours de Pepin, roi de France, qui passa en Italie, défit Astolphe, reprit Ravenne et en fit don au pape. I1 eut -pour successeur Didier.ASTOR (J. J.),négociant américain- Allemand de naissance, né en 1753, mort en 1848, était sans fortune lorsqu'il se rendit aux États-Unis en 1784, s'enrichit promptement par le trafic dés fourrures, forma en 1809 la Compagnie américaine des pelle¬teries, et établit en 1811, sur la r. g. de la Colombia, le comptoir d'Astoria. Il fonda par testament la bi¬bliothèque publique de New-York (Aster library).ASTORGA, Asterrica Augusta , v. d'Espagne (Léon), à 40 kil.`S. O. de Léon; 4000Jiab. Évêché, Près de là est le lac de San.abria, au milieu duquel s'élève le vieux château des comtes de Benavente.Prise par les Français en 1810; reprise en 1812.ASTORIA, v. et post de l'Orégon, sur la riv. de Columbia, près de son embouchure eut pour ori-gille le comptoir fondé par Aster. V. ce nom.;
ASTU - 131 - ATAR
ASTRAKHAN, v. et port de la Russie d'Europe, ch.-1. du gouvt d'Astrak iaei, dans une ile du Volga, à 50 kil. de l'embouchure de ce fleuve dans la mer Caspienne, et à 1880 kil. S. E. de Pétersbourg ;5 50 000 hab. Archevêché grec et arménien; nom-breuses églises. C'est le port le plus fréquenté de la mer Caspienne; il sert d'entrepôt au commerce de la Russie avec la Boukharie, la Perse et l'Inde : il a 3 bazars, destinés à 3 classes de marchands, les Rus-ses, les Hindous, les Asiatiques non Hindous; mais la v. est irrégulière et mal bâtie. - Jadis capit. du khanat d'Astrakhan, elle fut prise par les Russes en 1554; elle fut en vain assiégée par les Turcs en 1569.,- Le gouvt est situé entre ceux de Saratov, d'Oren-bourg, du Caucase, la mer Caspienne et le steppe des Kirghiz ;313 000 hab., en grande partie nomades.Plusieurs grandes riv. (Volga, Oural, Gachoumi, les deux Ouzens). Tabac, maïs, riz, vin, cuirs, fourrures fines dites Astrakhan. On yélève beaucoup de bétail.ASTYAGE, dernier roi des Mèdes, fils de Cyaxare, régna de 595 à 560 av. J.-C., eut pour fille Mandane qui épousa Cambyse, roi des Perses, et fut, selon Hérodote, détrôné par Cyrus , son petit-fils. Selon Xénophon , ce n'est qu'après la mort de Cyaxare II, fils et successeur d'Astyage, que Cyrus monta sur le trône de Médie.ASTYANAX, fils d'Hector et d'Andromaque, fut. après la prise de Troie, précipité par Ulysse du haut des murs de la ville, parce que Calchas avait prédit aux Grecs qu'il leur serait plus funeste que son père. - Selon une autre tradition, il fut sauvé et suivit sa mère en Épire.ASTYDAMIE,épouse d'Acaste, roi d'lolcos, con-' tut un amour coupable pour Pélée; dédaignée par lui, elle l'accusa d'avoir voulu lui faire violence, afin de le faire périr. Mais Pélée échappa à la mort, et se vengea par le supplice d'Acaste et d'Astydamie.ASTYPALI1E auj. Stampalia, île de l'Archipel,des Cyclades, au S. E. du groupe.ASTRÉE, Astrxa, déesse de la justice, habitait une - la terre dans l'âge d'or; mais les crimes des hommes dans les âges d'airain et de fer la forcèrent à fuir et elle remonta au ciel, où elle forme le signe de la Vierge. Quelques mythologues lui donnent pour mère Thémis, avec laquelle d'autres la confondent.ATABALIBA Ou ATAHUALPA, dernier roi du Pérou , de la famille des Incas, régnait à Quito et venait d'enlever à son frère Huascar le roy. de Cuzco, quand arrivèrent les Espagnols. Attiré à une conférencepa r Pizarre, il fut chargé de chaines par ce généra;contre la foi du serment, puis étranglé par ses ordres, l'an 1533.ASTRONOME (L'),nom sous lequel on désigne un écrivain inconnu, du Ix° siècle, auteur d'une Vie de Louis le Débonnaire, en latin, qui jouit d'une grande autorité et qui a été trad. par le président Cousin (Histoire del empire d'Occident). Son nom lui vient des con naissances qu'il possédait en astronomie.ATABEK,c. -à-d. père du prince, nom què prirent chez les Turcs, dans les xi° et xn° siècles, plusieurs émirs qui, chargés du gouvt des prov. de l'Iran par les sultans seldjoucides, avaient usurpé le pouvoir suprême, mais n'osaient prendre le titre de suitan. Ils formèrent 4 dynasties princip.: 1° les atabeks de l'Irak, qui eurent pour fondateur Omad'Eddin¬Zenghi, que les Croisés appelaient Sanguin; ses suc¬cesseurs régnèrent de 1127 à 1218; 2° les atabeks du Farsistan, qui possédèrent la Perse de 1148 à 126-et furent chassés par Houlagou; 3° les atabeks de l'aderbaïdjan, de 1169 à 1225; 4° les atabeks du Laris¬tan, dont le dernier, Rokneddin, mourut en 1339.ASTRUC (J.),médecin français, né en 1684 à -Sauves, près d'Alais, mort à. Paris en 1766, étudia à Montpellier, et devint successivement professeur de médecine à Toulouse (1710), à Montpellier, au collége de France, et à la faculté de Paris. Le roi de Pologne l'attira près de lui en le nommant son premier médecin (1729) ; mais il ne resta qu'un an ]-à cette cour, et revint dès 1730 à Paris, où Louis XV le choisit pour médecin consultant. Astruc avait adopté le système mécanique de Boerhaave. Ses princip. oeuvres sont : Mémoires sur la peste de Provence, 1722-25 ; De morbis renereis, 1736 et 1740; Traité des Tumeurs, 1759; des Maladies des femmes, 1761- 1765. Il s'occupait aussi avec goût de métaphysique :il a publié en ce genre des dissertations De Sousa-tione, 1720; De Imaginatione, 1723; Sur l'immor- talité, l'immatérialité et la liberté de l'dme, 1755.On a aussi de lui des Conjectures sur la Genèse.ATACINI,peuple de la Gaule (Narbonnaise 1'°), , entre les Sardanes et les Volces Arecornici, ainsi nommés de l'Atax (Aude), qui baignait leur pays, oc-cupaient une portion du dép. de l'Aude, aux env. d'Aleth, et avaient pour capit. Atacinus vécus (Aus¬ siére), vge situé près du ruisseau d'Ausson, à 12 kil. de Narbonne. Patrie d'un des Varrons.ATAHUALPA, le dernier Inca. V. ATABALIBA.ASTURA, Astura, v. du territoire romain, à 60 kil. S. de Rome, à. l'embouchure de l'Astura. Cicéron y avait une villa : c'est près de là qu'il fut tué. Le jeune Conradin, battu à Tagliacozzo, fut pris à Astura (1268).ASTURES,peuple de l'Hispanie, entre tes Cal-laid et les Cantabri) habitait les Asturies et la par¬tie N. du roy. de Léon et avait pour ch.-l. Asturica Augusta. 11 fut soumis le dernier par les Romains.ASTURICA AUGUSTA, v. d'Hispanie, auj.Astorga.ASTURIES, contrée d'Espagne, dont on a formé l'intendance d'Oviédo, avait pour bornes au N. la mer, au S. le roy. de Léon, à l'E. la Vieille-Castille, à 1'0. la Galice; 500000 hab. Ch.-1. Oviédo. Beau-coup de mont. et de vallées; climat frais et sain. Céréales, maïs, grande quantité de cidre; fer, cuivre, houille etc.; sur les côtes, ambre et corail. On y élève beaucoup de mulets. On distinguait jadis i'Asturie d'Oviédo et l'Asturie de Santillana, ainsi nommées de leurs chefs-lieux.-Les Asturies sont le berceau de la monarchie espagnole : c'est dans les mont. des Asturies que se réfugièrent les Goths en 712 et 713, et que Pélagie, -iroelamé roi à Cavadonga (718), remporta la victoire ce la Déca en719. Froila, 3° successeur de Pélage, fonda en 761 Oviédo, où fut établi dès lors le siége de la monarchie des Astu¬ries, connue depuis sous le nom de roy. d'Oviédo. Y. ce nom.-Le fils aîné des rois d'Espagne porte depuis 1388 le titre de prince des Asturies.
[modifier] AT
ATAÏDE (don Louis d'), vice-roi des Indes pour le Portugal de 1568 à 1612, est le dernier héros portugais en Asie. Attaqué de toutes parts par les rois indiens confédérés, et assiégé dans Goa même, il repoussa toutes les attaques et remporta sur des armées formidables plusieurs victoires signalées. Non moins habile administrateur, il rétablit l'ordre partout. Il n'en fut pas moins disgracié; mais tout déclina aussitôt. Sébastien fut obligé de recourir à lui de nouveau; mais il mourut à Goa, peu après son retour, en 1580.ATALANTE, fille de Schoenée, roi de Scyros, est célèbre dans la Fable par son agilité. Pour éluder les instances des princes qui demandaient sa main, elle leur promit d'épouser celui qui la vaincrait à la course, mais à condition que ceux qu'elle dépasserait recevraient la mort. Plusieurs avaient déjà péri lorsqu'Hippoméne entra dans la lice, et obtint par la ruserie prix proposé, en jetant devant Atalante des pommes d'or qu'elle ramassa dans sa course, ce qui la retarda. — Une autre Atalante, célèbre chasseresse, prit part à la chasse du sanglier Calydon, porta le premier coup au terrible animal, et reçut la hure du sanglier des mains de Méléagre, son amant.ATALANTI , ville de Grèce. V. TALANT'.ATARBICHIS ou APHROLITOPOLIS, v. de Basse Egypte, à 9 kil. S. de Byblos, sur un bras du Nil qui tombait dans le lacus Buticus, et qui recevait le nom de branche Atarbéchigue.
ATIIA - 132 - ATIIE à repasser à l'OCR
ATKE - 133 - ATH R
[ATHENES] .../... pu compter jusqu'à 80000 hab. Elle avait 3 ports : de Mithridate, elle fut assiégée, prise et ruinée par Phalère, Munychie, le Pirée, dit depuis Porto-Leone, 13 portes, 7 quartiers principaux : l'Acropole ou quar¬tier de la citadelle, l'Aréopage l'Académie, le Géra-'--mique, le Prytanée, le Lycée, le Théâtre. On y ad-mirait une foule de monuments, parmi lesquels il i faut remarquer l'Aréopage, le Prytanée, l'Odéon, le ; Pécile, l'Académie, le Lycée, tous détruits, et le Par¬thénon, la tour octogone ou temple des Vents, le !temple de Jupiter Olympien, le temple de Thésée, le temple de la Victoire, la porte d'Adrien, le théâtre de Bacchus, celui d'Hérode Atticus, l'Erechtheum, dont les ruines sont encore debout. Des fouilles ré-tentes ont fait découvrir le Pnyx, ou place des assem¬blées populaires. Tous ces monuments étaient ornés, les uns des chefs-d'oeuvre de la sculpture et de la pein¬s ture, les autres d'inscriptions; aussi les ruines dont 1le sol est couvert ont-elles fourni une riche mine d'antiquités. Dans l'enceinte de l'Acropole était la fon¬taine de Pan, récemment retrouvée. Deux longs murs - joignaient le Pirée à la ville. L'amour des Athé-= niens pour les beaux-arts et la littérature est assez connu : il suffi t de rappeler les noms de Platon, Phi¬dias, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Thu¬cydide, Xénophon, Démosthène, Eschine.-Athènes fut fondée, dit-on, vers 1643 av. J.-C. par une colonie égyptienne que conduisait Cécrops; elle devint bien-tôt le centre de l'Attique, qui jusque-là était divisée en bourgades indépendantes : son nom vint de celui d'Athènê, Minerve, à laquelle elle était consacrée. On lui donne pour rois., après Cécrops I, Cranaüs, Amphictyon, Erichthonius, Pandion I, Erechthée, Cécrops I1, Pandion ll, Egée,Thésée , Ménesthée, Dé¬mophoon, Oxynthès, Aphidas, Thymète, Mélanthe, Codrus, qui se dévoua l'an 1132 av. J.-C. A cette pé¬riode monarchique succède la période aristocratique qui se subdivise en 3 époques : 1° les archontes perpé¬tuels, de 1132 à 754. 2° les archontes décennaux, jus-qu'en 684; 3° enfin les archontes annuels et le gouvt tyrannique ou des Pisistratides (560-510). Après la chute d'Hippias et avec les lois de Clisthène commence la période de la démocratie pure, qui va jusqu'à la réduction de la Grèce en prov. romaine, 146 av. J.-C. La puissance exécutive était partagée entre les 9 ar¬chontes : la nomination de ces magistrats et de tous les fonctionnaires importants, le droit de paix et de guerre, le pouvoir de faire les lois, appartenaient aux assemblées populaires; le droit de suffrage était universel; tout citoyen pouvait siéger à son tour comme juge. Les habitants étaient divisés en trois classes : citoyens, habitants non citoyens, mais li¬bres; esclaves. - Les faits principaux de l'histoire d'Athènes et de l'Attique, après la fondation de la ville, l'abolition de la royauté et l'établissement de l'archontat en 1132, sont : la législation de Dracon, 624; celle de Solon, 594; la tyrannie de Pisistrate, 560; l'expulsion d'Hippias, 510; les trois guerres mé¬diques, 492-449, à la suite desquelles Athènes devient la première puissance de la Grèce; l'administration de Périclès, 461-429; la guerre du Péloponèse, 431-404. A la fin de cette guerre, Athènes est prise par les La¬cédémoniens et la suprématie passe à Sparte. Le re¬tour triomphal de Thrasybule,403, fait cesser la domi¬nation lacédémonienne et Athènes se relève pendant la lutte de Sparte avec Thèbes (378-362). Néanmoins, elle fait de vains efforts pour reconquérir le premier rang; après avoir résisté quelque temps à Philippe, elle finit par succomber et être assujettie à la Macé¬doine malgré l'éloquence de Démosthène, 338. Son histoire offre encore quelques alternatives d'indépen¬dance et d'asservissement pendant le partage de l'em¬pire d'Alexandre et sous les rois de Macédoine, 323-168 : un moment libre à la mort d'Alexandre, elle tombe en 296 sous le joug de Démétrius Poliorcète et est prise en 287 par Antigone Gonatas; délivrée par Aratus (229), elle est assiégée en200 par Philippe III, puis se soumet aux Romains, avec le reste de la Grèce, en 146. Ayant voulu secouer le joug lors de la guerre ... Sylla, 87 avant J.-C. Anéantie dès lors comme puis¬sance, Athènes demeura longtemps encore l'asile des sciences et des lettres. La philosophie et l'éloquence surtout y eurent de dignes représentants et de célèbres écoles : Alexandrie seule lui disputa cette gloire. L'histoire d'Athènes disparaît dans celle des empire: romain et grec jusqu'en 1205. A cette époque, pai suite de la conquête de Constantinople par les Latins, elle forma avec Thèbes, une seigneurie, puis un du¬ché vassal de la principauté d'Achaïe qui appartin successivement aux seigneurs de La Roche et aux Brienne. En 1312, peu après le meurtre de Roger de Flor, leur chef, les Catalans l'enlevèrent à Gautier de Brienne; en 1326, ils se soumirent au roi de Sicile, Frédéric II. Vers 1370, Renier Acciaiuoli, de Florence, conquit ce duché à l'aide des Vénitiens et d'Amurat I, mais en 1456 Mahomet II le dépouilla de ses posses¬sions. Depuis ce temps Athènes resta aux Turcs jus-qu'à l'insurrection de 1821. Horriblement dévastée pendant la guerre de l'indépendance (1821-27), elle s'est peu à peu relevée de ses ruines. Elle est depuis 1834 la capitale du royaume. Une université y a été créée en 1837, et un musée d'antiquités en 1860. La France y entretient une école destinée à former de jeunes érudits. - Martin Leake (Londres, 1841), Forchbammer (Riel, 1841) et Phocion Roque (1869) ont donné la Topographie d'Athènes.Plusieurs villes et plusieurs comtés des États-Unis, dans les États de Géorgie, Ohio, Alabama, New-York, Maine, Pensylvanie, ont reçu le nom d'Athè¬nes. Lav. la plus importante de ce nom est celle de Géorgie, à 135 k. N. O. d'Augusta; env. 3000 h. Chemin de fer. Collége Franklin, fondé en 1784 c'est l'université de la Géorgie. — Édimbourg et Weimar, villes éminemment littéraires, ont été surnommées l'une l'Athènes du Nord, l'autre l'Athènes de l'Allemagne.ATHÉNION, esclave de Cilicie, se mit à la tête des esclaves révoltés en Sicile, l'an 105 av. J.-C., soutint 4 ans la guerre contre les Romains, et fut battu et tué par le consul Aquilins, 101 av. J.ATHENODON, stoïcien, né près de Tarse, fut le précepteur d'Octave, resta près de lui comme son conseiller et son ami, et se retira après sa mort dans sa ville natale, où il mourut à 82 ans. Il avait composé de nombreux écrits sur la philosophie et l'histoire : il rien reste que quelques fragments (dans le t. III des Historicorum græc. Fragmenta de Didot)ATHÉSIS, fleuve de Gaule Cisalpine, auj. l'Adige. ATHIS, ch.-l. de cant. (Orne) à 29 k. N. de Domfront; 776 hab. Fabriques de draps.ATHIS MONS, joli vge du dép. de Seine-et-Oise, à 14 k. N. O. de Corbeil; station du chemin d'Orléans. ATHLÈTES. V. ce mot au Dict. unie. des Sciences. ATIILONE, v. et port d'Irlande (comté de West¬meath) , à 40 k. S. O. de Mullingar; 15000 h. Eaiix minérales. - Prise par les Orangistes en 1691.ATHOR, déesse égyptienne, femme ou soeur de Fta (dieu du feu et de la lumière), fait partie de la trinité de l'Égypte et préside à la mer. - On la confond quelquefois avec la Vénus des Grecs.ATHOS, auj. Ha pion ores (montagne sainte), mont. de la Roumélie, à l'extrémité S. E. de la presqu'île de Salonique, entre les golfes de Contessa et de Monte-Santo; elle a 115 k. de circonférence à la base; 2060 m d'élévation. On y trouve de nombreux cou-vents (dits laures) qui possèdent des bibliothèques riches en mafiuscrits. Les anciens croyaient l'Athos une des montagnes les plus élevées de la terre. Xerxès y fit percer un canal. L'architecte Dinocrate proposa, par flatterie, de tailler cette montagne de manière à lui donner la figure d'Alexandre.ATHRIBIS, auj. Atrib, v. d'Égypte, dans le petit Delta, sur la r. dr. du bras du Nil nommé Athri¬bitique. Ce bras séparait le grand Delta d'avec le petit, et tombait dans la Méditerranée sous Tamia¬this par la bouche Phatmétique.
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ATINA, v. du roy. de Naples (Terre de Labour), à 17 k. S. E. de Sera; 6200 h. Autrefois siége d'un évêché, supprimé par Eugène III. Cette ville est très-ancienne; elle appartenait aux Volsques.ATLANTES,peuple que les anciens plaçaient dans la partie sept. de l'Afrique, dans les mont. de l'Atlas, s'étendait indéfiniment vers le S. et l'O. Selon Diodore, ils étaient arrivés à un assez haut degré de puissance et de civilisation mais ils furent vaincus et exterminés par les Troglodytes.ATLANTIDE, île ou vaste continent qui, selon des traditions antiques conservées par Platon (dans le Timde et le Critias), était situé dans l'Océan At¬lantique, en face des Colonnes-d'Hercule. Ses ha¬bitants avaient conquis une grande partie de l'A-frique et de l'Europe occid., lorsque leur pays fut anéanti par des tremblements de terre suivis d'un déluge. On a cru voir dans les îles Canaries les dé-bris de l'Atlantide. Quelques-uns ont voulu la re¬trouver dans le continent américain (V. BAILLY, Let¬tres sur l'Atlantide, 1779). Au reste l'Atlantide n'est très-probablement qu'une île imaginaire.ATLANTIDES, filles d'Atlas. V. ATLAS.ATLANTIQUE (Océan), portion de l'Océan qui s'étend entre l'Europe et l'Afrique à l'E., l'Amé¬rique à l'0. Ce nom ne fut d'abord donné par les anciens qu'à la partie de l'Océan qui baigne l'extrémité occidentale des monts Atlas. Dans sa longueur, cette mer va d'un pôle à l'autre; sa lar¬geur varie de 3500 à 6700 k. On peut la diviser en 3 régions : 1° Océan Atlantique boréal, 2° Océan Atlantique austral, 3° Océan Atlantique équinoxial (ce dernier entre les tropiques). On y distingue deux grands courants : le courant équinoxial, qui se dirige de l'E. à l'O., depuis le Sénégal jusqu'à l'Yucatan; et le Gulf-Stream, qui se dirige vers le N. O. (V. GULF-STREAM). Elle forme à l'E. les golfes de Guinée, de Gascogne, la Manche, la mer du Nord, la mer d'Irlande; à l'0., la mer du Mexique, la mer des Antilles et la mer d'Hudson.ATLAS,roi de Mauritanie, fils de Japet et de Clymène, fut, selon la Fable, tranformé en mon¬tagne pour avoir pris parti pour les Titans contre Jupiter, ou pour avoir refusé l'hospitalité à Per¬sée, et fut obligé de porter le ciel sur ses épaules. Cette fable vient, selon les uns, de ce que le roi Atlas était savant en astronomie; selon d'autres, de ce que les anciens regardaient le mont Atlas, situé dans les États de ce prince, comme la plus haute montagne du globe, et croyaient qu'il touchait au ciel. On lui donne pour filles les Hespérides, les Hya¬des, les Pléiades, dites toutes Atlantides.ATLAS, célèbre chaîne de montagnes d'Afrique, au N. O., comprend toutes les hauteurs des États barbaresques. La ligne principale court du cap Noun, sur l'Atlantique, jusqu'à la grande Syrte dans la Méditerranée, traversant ainsi le Maroc, l'Algérie, les États de Tunis et de Tripoli. On divise l'Atlas en deux grandes branches : le grand Atlas, le plus mé¬ridional et le plus voisin du désert (il s'étend du cap Noun à la grande Syrie); le petit Atlas, plus au N. et plus rapproché de la Méditerranée. Ces deux chaî¬nes sont presque parallèles, et sont unies entre elles par plusieurs chaînons transversaux, dont les plus connus sont le Jurjura à l'E. d'Alger, et les monts Errifs entre Fez et Maroc. L'Atlas offre plusieurs pas-sages ou porte° dont les plus célèbres sont, à l'O. le Bebaouan qui conduit à Tarodant dans l'Etat de Ma-roc; à l'E. le Biban ou Porte. de-Fer, défilé étroit et dangereux, qui conduit d'Alger à Constantine à tra¬vers le Jurjura. Les sommetsles plus élevés de l'Atlas se trouvent dans l'empire de Maroc; ils ne dépas¬sent pas 4000 Viennent ensuite les montagnes de l'Algérie, savoir : l'Ouaranseris, 2800' ; le Jurjura et le Felizia, env. 2400. - L'Atlas était fort connu des anciens; ils le regardaient comme la montagne ha plus élevée de la terre, ce qui leur fit imagi¬ner qu'Atlas portait le ciel sur ses épaules. C'estsous Vespasien seulement que les Romains franchi¬rent l'Atlas.ATLAS MAJOR, nom latin du cap ilojador.ATLAS MINOR, nômâannC. du cap Cantin.ATOMISTES. V.. LEUCiPPE, DÉMOCRITE, ÉPICURE,ATOSSA,fille de Cyrus, épousa successivement son frère Cambyse, le mage Smerdis, :et enfin Da¬rius, fils d'Hystaspe, dont elle eut Xerxès et Arta¬bazane, et qu'elle excita à envahir la Grèce. On la croit la même que la Wasthi de la Bible.ATRATO,riv. dë Nouv.-Grenade, sort des mont. de Choco, coule au N. et tombe dans la mer des Antilles, au golfe de Darien, après un cours de 360 k• - Elle roule un sable aurifère. On a proposé d'éta¬blir au moyen de ce fleuve une communication entre l'Atlantique et l'Océan Pacifique:en l'unissant par un canal au Rio-San-Juan, affluent du Pacifique.ATREBATES, peuple de la Belgique 2', entre 1es bfcriai~ los Nerval, les .Ambiani, les Veromandui, occupait une'partie du dép. actuel du Pas-de-Calais, - et avait poux ch: I. Nemetacum, auj. Arras.ATRÉE, fils de Pélops et aïeul d' Agamemnon et de Ménélas, régira sur Argos et Mycènes (de 1307 à 1280 av. J: C.). Thyeste son frère _ayant séduit Érope, son épouse, Atrée le chassa de sa cour, et pour se venger de Iui, il tua Ies deux enfants qui étaient nés de ce commerce criminel= et les lui fit servir dans un festin. Dans la suite, Atrée succomba lui-même sous lescoups d'Égisthe, fils de Thyeste. Ces événements tragiques mit été plusieurs fois mis sur la scène, notamment par Sophocle (dont la tra¬gédie est perdue), par Sénèque et Crébillon.ATRI, Adria, v. du territ. napolitain (Abruzze ultér.), à 28 k. S. E. de Téramo, ur un mont escarpé; 5500.h. Évêché, duché.-Fondée ou agran¬die au 1.t° siècle par Adrien, qu'on y fait naître; pos¬sédée successivement par les Goths, les Normands et les rois de Naples.ATRIDES, nom, donné aux descendants d'Atrée, spécialement à ses deux petits-fils, Agamemnon et Ménélas.ATROPATÉNE,auj. l'Aderbaîdjan, prov. de l'an¬cien empire perse, dans la Médie sept., reçut son nom. d'Atropatus, lieutenant d'Alexandre le Grand, qui s'y rendit indépendant• ville princip., Gaxeca (Taures).ATROPOS, une..des Parques. V. PARQUES.ATTALE I, roi de Pergame, 241-198 av. J.-C.,, succéda à Eumène et agrandit son royaume aux dé¬ppens des rois de Syrie. Lors de la guerre de Phi-lippe III, roide Macédoine,: contre les Romains, il embrassa le parti de ceux ci, et resta toujours leur fidèle allié. Attale aimait les lettres : il fonda la cé¬lèbre bibliothèque de Pergame. -Attale II Philadelphe, fils du prés., monta sur le trône après.Dumène son frère aine, régna de 157 à 131 av. 3.-G., repoussa Prusias, qui menaçait ses États, rétablit Ariarathe sur le trône de Cappadoce, :et bâtit &ttalie, Phila¬delphie, et quelques autres villes. Dans:sa vieillesse, il se livra entièrement aux plaisirs de la table , et abandonna les affaires à Philopoemen, un de ses fa¬voris. Il mourut à 82 ans, empoisonné par Attale Philométor, son neveu-Attale III, Philométor, monta sur le trône par uii` crime, '137 av. J.-C., et se souilla de meurtres et de cruautés. Il eut cependant des suc¬cès, et repoussa Nicomède, roi de Bithynie. Mais il renonça bientôt aux affaires pour se livrer à. son goût pour l'agriculture et le jardinage. Poursuivi au milieu de ses Occupations frivoles par le remords de ses crimes, ii perdit la ;raison, s'enferma dans son palais , ne revêtant plus que des habits de deuil, et mourut misérablement après cinq ans de règne. N'ayant pas d'enfants, il léguaSon royaume au peuple romain. -Les richesses attaliques étaient devenues proverbiales.ATTALE (FLAVIUS), sénateur romain, préfet de Rome sous Honorius. Alaric, maître de Rome, le fit élire empereur pour l'opposer à Honorius , 409; mais le roi barbare ne tarda pas à le. dépouiller de la pourpre. Attale tomba en 414 entre les mains d'Honorius, qui lui fit couper les doigts et l'envoya mourir à Lipari.
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ATTALIE,auj. Satalieh;`, v. d'Asie-Mineure, bâ¬tie par Attale II, sur la côte de Pamphylie.ATTANCOURT, vge de France (H.-Marne), sur la Blaise, à 4 k. de Vassy; 400 h. Eaux ferrugineuses. Usines importantes. .ATTAR, poète persan. V. FGRYD.ATTERBOM (Daniel),littérateur suédois, né en 1790 à Asko (Gothie orientale), mort en 1855 à Stockholm, fonda en 1807 la Société de l'Aurore, qui se proposait d'affranchir la littérature suédoise de l'influence française; publia dans ce but de 1810 à 1813 une revue littéraire, le Phosporos, et devint le chef d'une école qu'on appela de là l'école phosporite. Professeur à l'Université d'Upsal, il y en¬seigna successivement l'histoire, la philosophie l'esthétique. Il est surtout connu par un recueil de romances, les Fleurs, et par ses poêmes de l'Tle du bonheur, des Bardes et Scaldes suédois : ce dernier est son chef-d'oeuvre.ATTERBCRY (Francis)évêque de Rochester, né à Middleton en 1662. En 1687, il écrivit une violente Apologie pour Martin Luther, contre les Catholiques romains. I1 fut chapelain du roi Guil¬laume, puis de la reine Anne, et devint évêque de Rochester en 1713; mais, s'étant déclaré pour le prétendant, il fut enfermé dans lâ tour de Londres en 1722, et condamné par la cour des pairs à l'exil. Il se retira en France, et mourut à Paris en 1732. Il a laissé des Sermons et d'autres ouvrages estimés. Il était lié avec les hommes les plus distingués de l'Angleterre, particulièrement avec Pope.ATTICHY, ch.-1. de cant. (Oise), à 20 kil. N. E. de Compiègne; 700 hab. Sources minérales.ATTICUS (T. PonspcNics), chevalier romain, cé¬lèbre par sa liaison avec Cicéron, né en 110, mort 33 av. J.-C., fut élevé avec Cicéron et resta son ami pendant toute sa vie.Témoin, dès sa jeunesse, des guerres civiles de Marius et de Sylla, il s'éloigna de Rome afin de ne prendre aucune part aux trou¬bles publics, et alla se fixer à Athènes, où il se livra tout entier à l'étude. Il parvint à parler si pure-ment le grec qu'il mérita le surnom d'Atticus, sous lequel il est principalement connu. Il ne revint à Rome que quand le calme y fut rétabli. Il refusa toujours les emplois publics et resta constamment lié avec les hommes les plus éminents, quoiqu'ils fussent divisés entre eux, tels que Sylla et Cinna, Pompée et César, Antoine et Cicéron, Brutus et Octave. Il eut pour gendre Agrippa, et donna sa soeur à Quintus, frère de Cicéron. Il jouissait d'une grande fortune et d'un grand crédit, et il n'en usa que pour faire réparer les injustices et pour secou¬rir les victimes des guerres civiles. Il se laissa mou¬rir de faim pour se soustraire aux douleurs d'une maladie aiguê. Atticus avait composé des Annales qui ne nous sont pas parvenues; on trouve dans la correspondance de Cicéron de nombreuses lettres qui lui sont adressées, mais aucune de lui. Corné-lins Népos a écrit sa Vie.ATTICUS (HÉRODE),célèbre rhéteur grec, né à Ma¬rathon vers l'an 104 de J.-C., mort en 180, était fils de Jules Atticus, Athénien qui s'était enrichi tout d'un coup par la découverte d'un immense tré¬sor. Il enseigna avec éclat dans Athènes, et obtint une telle réputation qu'Antonin le choisit pour être précepteur de Marc-Aurèle et de L. Vérus, ses deux fils adoptifs. II fut fait consul l'an 143, et chargé du gouvernement d'une partie de l'Asie et de la Grèce. Il embellit Athènes de monuments magni¬fiques, notamment d'un Odéon, dont il reste de belles ruines, adossées à l'Acropole. Hérode Atti¬cus excellait surtout dans l'improvisation. Il avait composé un grand nombre de discours, qui ne nous dont pas parvenus; on trouve une déclamation sous son nom dans les recueils d'Orateurs grecs. Fierillo a donné: H.Atticiquæsupersunt,Leips.,1801; Vidal Lablaehe • Vie d'Hérode Atticus, 1872.ATTIGNY , Attiniacum , ch.-1. de cant. (Ardennes), à 19 k. N. O. de Vouziers, sur la r. g. de l'Aisne; 1440 h. Fabrique de biscuits dits de Reims. Une des résidences des Mérovingiens de Neustrie. Witikind y reçut le baptême en 786. Il s'y tint plusieurs conciles, entre autres celui dans lequel Louis le Débonnaire fit pénitence publique (822).ATTILA, chef ou roi des Huns, surnommé le Fléau de Dieu, commença à régner en 432, conjointement avec son frère Bléda, dont il se défit au bout de dix ans; se mit en 441 à la tète des Huns qui étaient venus s'établir dans la Pannonie, com¬mença par ravager l'empire d'Orient, rendit Théodose le Jeune tributaire, puis traversa la Germanie, entra dans les Gaules en 451, à la tête d'une armée de 500000 hommes, pénétra jusqu'à Orléans et jusqu'à Paris, que sauva sainte Geneviève, mais fut repoussé par les troupes réunies d'Aé¬tius, général romain, de Mérovée, roi des Francs, et de Théodoric, roi des Goths; peu de temps après, ces mêmes chefs lui livrèrent, dans les champs catalauniens (à 16 k. N. E. de Châlons en Champa¬gne), une bataille sanglante, où il perdit plus du quart de son armée. Il passa avec le reste en Italie, 452, ruina Aquilée et plusieurs villes, et mar¬cha sur Rome. Niais le pape saint Léon, étant allé au-devant de lui, l'arrêta tout à coup par son éloquence et sa majesté. Après avoir exigé un tribut de l'empereur Valentinien III, Attila consentit à ne pas pousser plus loin ses conquêtes, et retourna en Pannonie. Il méditait de nouvelles conquêtes lorsqu'il mourut en 453, à la suite d'une orgie. Ce barbare se complaisait dans la destruction et di-sait que l'herbe ne pouvait croître où son cheval avait passé. Sa Vie a été écrite par Olaüs, archevê¬que d'Upsal, et par Am. Thierry, 1855. Sous le nom d'Etsel, il est le héros de Niebelungen. Corneille a fait'une tragédie d'Attila, peu digne de lui.ATTIQUE, Attica (du grec acte, rivage), contrée orientale de la Grèce, entre la mer Egée, la Mégaride et la Béotie, est terminée au S. E. par une pointe qu'on nomme cap Sunium. Athènes en était la capitale. L'Attique avait beaucoup de montagnes : l'Hymette, renommé pour son miel, le Pen¬télique, pour ses marbres; on y trouvait des mi¬nes d'or (au mont Laurium). La côte S. O. offrait de beaux ports ( V. ATHÈNES). Climat chaud, sec; peu de grains, mais beaucoup d'oliviers; figues excellentes. - L'Attique, ainsi nommée d'Actê, rivage, fut d'abord peuplée de Pélasges; elle prit le nom d'Ionie quand les Ioniens s'y furent établis. Avant Cécrops, on ne la distinguait guère de la Béotie, et ces deux pays ensemble constituaient l'Ogygie. Auj. elle forme avec la Béotie une nomarchie ou province du roy. de Grèce et a, comme dans l'antiquité, Athènes pour capitale; on y compte environ 100 000 h.ATTIUS, poète dramatique. V. Accrus.ATTOK, Taxila, v. de la confédération des Sikhs (Afghanistan), sur le Sindh, qui a dans cet endroit 260 m de large, à 310 k. E. de Kaboul. Château fort bâti par Akbar, 1581. C'est sur ce point qu'Alexandre, Timour et Nadir passèrent l'Indus.ATTUARII. V. CHASSUARII.ATURES, v. d'Aquitaine, auj. Aire. .ATURUS, riv. de Gaule auj. l'Adour.ATWOOD (Georges), physicien anglais, né vers 1745, mort en 1807, professa la physique à l'Université de Cambridge. Il a laissé un Traité sur le mouvement rectiligne et la rotation des corps, 1784, un Cours sur les principes de la physique, 1784, et des Recherches sur la théorie du mouvement des balanciers des horloges, etc., dans les Transactions philosophiques. Il est l'auteur de l'ingénieuse machine qui porte son nom et dont on se sert pour rendre sensibles aux yeux les lois de la chute des corps.ATYADES, rois de Lydie. V. ATYS
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ATYS, jeune et beau Phrygien, fut aimé de Cybèle, qui lui confia le soin de son culte, mais en lui faisant jurer de garder la chasteté. Atys ayant violé son voeu, la déesse, pour le punir, lui inspira une telle fureur qu'il se mutila lui-même. Il en mourut, mais Cybèle, affligée de sa perte, lui rendit la vie. Quinault a composé un opéra d'Atys.ATYS, roi de Lydie, au xvi° siècle av. J.-C., fut le chef de la dynastie des Atyades, qui régna de 1579 à 1292, et fut remplacée par celle des Héraclides.ATYS, fils de Crésus roi de Lydie, était muet, mais recouvra la parole par un suprême effort en voyant, dans une bataille, un soldat prêt à percer son père, et s'écria : "a Soldat, ne frappe point Crésus" ce qui sauva le roi.
[modifier] AU
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AUBAGNE, Albania, ch.-l. de cant. (Bouches-du-Rhône), à 35 k. E. de Marseille; 4008 h. Excellents vins de liqueur. L'abbé Barthélemy naquit près de là.AUBAINE (droit d'),droit en vertu duquel le sou¬verain recueillait la succession de tout étranger (au-bain, alibi natus) qui venait à mourir dans ses États sans avoir été naturalisé. Ce droit barbare, qui a r¬gné sur presque toute l'Europe, a été aboli en France en 1790 par l'Assemblée nationale.- AUBE, Alba, riv. de France, naît près de Praslay (H.-Marne), arrose Auberive, La Ferté-sur-Aube , Clairvaux, Bar-sur-Aube, Brienne, Lesmont, Arcis, et grossit la Seine à Conflans-sur-Aube, après un cours de 200 k.
- Petite riv. du dép. des Ardennes, s'unit au Ton à Aubenton et tombe avec lui dans l'Oise.
- AUBE (dép. de 1'), entre ceux de la Marne au N., de la Côte-d'Or et de l'Yonne au S., de Seine-et-Marne à l'0., de la Haute-Marne àl'E.: 6050 k. car-rés; 262 785 h. ; ch.-l. Troyes. Il est formé de la Champagne propre et d'une petite partie de la Bour¬gogne. Sol plat, sauf au N. et à l'0.; presque stérile dans la partie N., qui ne se compose guère que de 'raie et qui forme ce qu'on appelait vulgairement la Champagne Pouilleuse; très-fertile au S. Forêts as¬sez vastes. Vins ordinaires et vins de Champagne, chanvre, navette. Bétail, moutons, volailles. Pierres de taille, grès à paver marbre lumachelle, etc. In¬dustrie : bonneterie, tricots, draps communs, cor-des de boyau, papeteries, chamoiseries. Commerce en vins, bois de chauffage.- Ce dép. a 5 arr. (Ar¬cis-sur-Aube, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine, Nogent-sur-Seine, Troyes), 26 cantons et 446 comm.; il appartient à la I division militaire, dépend de la cour impér. de Paris et a un évêché à Troyes.
- AUBENAS, Albinatium, ch.-l. decant. (Ardèche), sur l'Ardèche, à 31 k. S. O. de Privas; 4921 h. Col¬lége. Vers à soie, truffes, marrons et vins.
- AUBENTON. ci.-1. de c. (Aisne), à 25 kil. E. de Ver-vins, près du confluent de l'Aube et du Ton; 1200 h
- AUBERIVE, ch.-l. decant. (H.-Marne), sur l'Aube, près de sa source, à 30 kil. S. 0. de Langres; 323 b. Forges. Anc. abbaye.
- AUBERT (l'abbé),
fabuliste et critique, né à Pa-ris en 1731, mort en 1814, se fit connaître dès 1756 par un recueil de fables qui eut un grand succès. Voltaire disait des Fables intitulées, le Merle, le Pa¬triarche et les Fourmis : e C'est du sublime écrit avec naïveté. Il rédigea, depuis 1752 jusqu'en 1772, la partie critique et littéraire des Petites-Affiches, et fit longtemps la fortune de ce journal; il travailla en-suite au Journal des Beaux-Arts et dirigea depuis 1774 la Canette de France. En 1773, on créa pour lui, au collége de France, une chaire de littérature française, qu'il occupa jusqu'en 1784. L'abbé Aubert publia en 1774, en 2 vol. in-8, une édition de ses Fa¬bles, fort augmentée, et accompagnée d'OEuvres di-verses; on y remarque des Contes moraux en vers.*AUBERVILLIERS, vge du dép de la Seine à 7 kil. N. de Paris; 8096 hab. On voyait dans l'église une image de la Vierge à laquelle on attribuait la vertu (le faire des miracles, ce qui lui valut le nom de No¬tre-Dame des Vertus. Fort, construit en 1842 - AUBERY (Antoine),
écrivain savant et laborieux, né en 1616 à Paris, mort en 1695, a composé : His¬toire des Cardinaux; 1642; histoire de richelieu, 1660, qu'il fit suivre de Mémoires sur le cardinal; Histoire de Mazarin; 1695. Il avait publié en 1667 un traité Des justes prétentions du roi -de France sur l'Empire, qui excita des réclamations de la part des princes d'Allemagne; pour les apaiser, on mit un instant l'auteur à la Bastille.*AUBERY DE MAURIER (Benjamin),ambassadeur de France en Hollande, puis en Angleterre sous Élisa¬beth, mort en 1626, a laissé une Instruction sur l'art de négocier.-Son fils, Louis A..mort en 1687, l'accompagna dans les ambassades et fut en faveur près d'Anne d'Autriche. On a de lui: Relation de l'exécution de Cabrières, Paris, 1645, et des Mémoi¬res sur l'histoire de Hollande, 1680, et sur Hambourg, le Holstein, la Suède la Pologne, 1748 (posthumes).- AIIBESPINE (Claucdede L'),
baron de Châteauneuf, d'une famille noble de Bourgogne, habile diplomate, fut chargé de plusieurs négociations sous Henri II et ses successeurs, fut un des plénipo tentiaires de France au traité de Cateau-Çembrésis, et attacha..son nom à l'assemblée de Fontainebleau où fut rendu un édit de tolérance pour lès Réformés (1560), ainsi qu'à la reddition de Bourges (1562). Il mourut en 1567.-Charles de u'AUnESsIme,marquis de Châteauneuf, remplit diverses ambassades, fut fait garde des sceaux par Richelieu en 1630, et servit la vengeance du cardinal en votant la mort des maréchaux de Ma¬rillac et de Montmorency. Néanmoins, Richelieu°lui ôta les sceaux en 1633, et le fit jeter dans une prison où il resta jusqu'à la mort de Louis XIII. Anne d'Au¬triche lui rendit les sceaux; mais deux ans après elle l'exila, ce qui le fit entrer dans le parti de la Fronde. Il se réconcilia ensuite avec la cour. Il mourut en 1653.*AUBETERRE, ch: 1, de cant. (Charente), non loin de la Dronne, à 52 kil. S.' E. de Barbezieux; 634 h. AUBETTE, petite riv. du dép. de la Seine-1nf., se jette dans la Seine à Rouen, après un cours de 13 kil. Ses eaux sont excellentes pour la teinture. - AUBIGNAC ( François minELiN, abbé d' ),
né à Paris en 1604, mort à Nemours en 1672 fut choisi par le cardinal de Richelieu pour être précepteur du duc de Fronsac, son neveu, et fut peu après pourvu de l'abbaye d'Aubignac, dont il conservai e nom. Il se livra à la littérature, et fut en relation avec les plus beaux esprits de son temps. On a de lui la Pra¬tique du Thédtre, 1657, souvent réimprimée, sorte de commentaire de la Poétique d'Aristote où il main-tient les trois'unités; des romans et quelques pièces de théâtre, entre autres une tragédie enprose , Zé¬nobie, qui fut représentée sans succès. Il est surtout connu par ses querelles avec Corneille, dont il atta¬qua les tragédies, et avec Ménage, contçe lequel il publia Térence justifié. I1 soutint un des premiers qu'Homère est un personnage chimérique, et que les poèmes qu'on lui attribue ne sont qu'un recueil de morceaux détachés. Ses Conjectures académiques sur l'Iliade n'ont paru qu'en 1715.