Discussion:Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang/transfert Wikipédia-OCR/D

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  • D, dans les abréviations, est pour Decius, Domi-nus, Deus, Divus; DR. pour Drusus; D. O. M. pour Deo optimo maxîmo (au Dieu très-bon, très-grand).

Sommaire

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  • DABO, Dagsburg, bourg du dép. de la Meurthe, sur la limite du Bas-Rhin, à 20 k. S. de Phalsbourg; 1507 hab. Patrie de Brunon, pape sous le nom de Léon JX. Aux environs, ruines d'un château détruit en 1679 par le- Français. — Dabo, fondé par Dago-berl (dont le nom a formé Dags-burg), a été ch.-l. d'un comté vassal des évêques de Strasbourg, qui passa dans la maison de Linange vers 1250,
  • DACES, habitants de la Dacie. V. DAME.
  • DACH (Simon), poète prussien, né à Memel en. 1605, mort en 1695, fut professeur de poésie à l'université de Kœnigsberg. Il a composé des Chants d'église, encore en usage dans les églises luthériennes, et des odes (la Rose, l'Aigle, le Lion, etCv), dont 1er recueil parut à Kœnigsberg en 1696. On consarv»
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de lui à Breslau 6 volumes manuscrits d'œuvres poétiques.

  • <s>D'ACHFr»/, vivant compilateur. V. ACHERY.
  • "DACHINABAUES, peuple-de"l'fnde ancienne,-habitait, sur la côte 0., le pays compris entre Bary-gaza (Cambaye) et le roy. de Pandion, c-à-d. une partie de Décan actuel. Dachinabad semble même vouloir dire villes (abad) du Décan.
  • DACIE, Dacia, grande région de l'empire romain, sur les rives du Danube, avait pour bornes à l'E. le Pont-Euxin, au N. E. les Alpes Bastarnicx ou monts Krapaths, au N. O. le Danasterou Dniestr, à l'O. la Theiss, et répondait à la Moldavie, à la Valachie, à la Transylvanie, et au N. E. de la Hongrie. Avant Constantin, on distinguait la Dacie en Dacie Tra-jane et Dacie Aurélienne. — La Dacié Trajane ou Dacie propre, au N. du Danube, avait pour bornes le Pont-Euxin, le Danaster, les Alpes Bastarniques et une ligne diagonale entre le Danube et la Theiss. Sa capitale était Zarmigéthuse ou Augusta Dacica. — La Dacie d'Aurélien, au S; du Danube, fut formée aux dépens de la Mésie, lorsque Auréhen abandonna la vraie Dacie. Cette nouv. prov. se trouvait entre la Mésie Supérieure à l'E., la Mésie Inférieure à l'O., et avait pour borne au S. la Macédoine; Sardique en était la capitale. — Sous Constantin on donna le nom de Dacie à l'un des deux diocèses de la préfecture d'Orient : ce diocèse comprenait l'ancienne Mésie Supérieure et la Dacie Aurélienne, plus quelques districts au S. E., et se divisait en 6 provinces, savoir : 1° Dacie Riveraine {Dacia Riparia ou Ripensis), entre les rives de la Theiss et du Danube, auj. partie de la Hongrie et le Banat; ch.-l., Ratiaria : 2° Dacie Intérieure ou Méditerranée (D. Mediterranea), ch.-l., Sardique; 3° Dacie Transal-pine(Doci'a Transalpina), où l'on arrivait en franchissant les Alpes Bastarniques : c'est auj. la Valachie, la Moldavie et la Bessarabie; 4° Mésie Supérieure (Èce-sia Superior), cii.L, Viminiacum; 5° Dardanie (Dar-dania), ch.l., Scupi; 6° Prévalitane; ch.-l., Scodra.
  • Les DaceSj dont le nom, le même sans doute queDeutsch, indique une origine allemande, étaient farouches, braves et incivilisés ; ils ne furent soumis que par Trajan, après 10 ans de guerre. Ce prince prit Zarmigéthuse et força Décébale, roi des Daces, à se donner la mort (105 de J.-C). La Dacie était une des provinces frontières de l'empire et comme une tête de pont contre les Barbares. Trajan y établit beaucoup de colonies ; ses successeurs la négligèrent, et Aurélien l'abandonna (274). Elle tomba bientôt après sous la domination des Goths, puis sous celle des Huns, des Gépides et des Avares (553). Les traces de la domination romaine y sont encore visibles : lesValaques et les Moldaves se nomment Roumains et leur langue est en partie fille du latin.
  • DACIER (André), né à Castres en 1651 d'un avocat protestant, mort en 1722, étudia à Saumur sous Tanneguy-Lefebvre, et eut pour compagne de ses études la fille de ce savant; il ne tarda pas à devenir épris de son émule et l'épousa en 1683. Tous deux abjurèrent le protestantisme dans lequel ils avaient été élevés. Dacier fut mis par Montausier au nombre des savants chargés de commenter les auteurs anciens pour l'usage du Dauphin; il obtint ensuite la place de garde des livres du Cabinet du Roi, fut reçu en 1695 à l'Académie des inscriptions, et peu après à l'Académie française, dont il devint en 1733 le secrétaire perpétuel. " On a de lui Pomponius Festus et Verrius Flaccus, ad usum Delph., 1681; Horace, lat.-franç., avec remarques, 10 vol. in-12, 1681-1689; la traduction des Réflexions de Marc-Ântotrin, 1690; de la Poétique d'Aristote; d'Epictète, 1715; des Hommes illustres de Plutarque, 8 vol. in-4,1721 ; de tragédies de Sophocle, de dialogues choisis de Platon et autres ouvrages philosophiques. Ses traductions, quoique exactes, manquent d'élégance. — Sa femme, Anne Lefebvre, née à Saumur en 1654, morte en 1720, s'était déjà fait un nom quand il l'épousa (1683). Elle avait publié des éditions estimées de Cattima-j que, avec traduction latine, 1674; de Florus et d'Au-relius Victor, ad usum Delph., 1674, ainsi qu'une -excellente-iîtiéuetion d~AndSréon, 1681. Elle a depuis donné des trad. de quelques pièces de Plaute, d'Aristophane, du théâtre complet de Térence (1688) ; mais elle est surtout connue par ses trad. de VIliade (1699) et de l'Odyssée (1708). Son admiration exclusive pour Homère l'engagea dans des querelles scientifiques avec plusieurs savants qui avaient parlé irrévérencieusement de son idole, entre autres avec Lamotte et Hardouin ; elle montra peu de modération dans la dispute. Mme Dacier a en outre coopéré à plusieurs des travaux de son mari, particulièrement auPlufarque. Boileau faisait grand cas de Mme Dacier et la mettait au-dessus de son mari.
  • DACIER (le baron Bon Joseph), né en 1742 à Valo-gnes, mort en 1833, se fit connaître en 1772 par une trad. d'Élien, fut reçu à l'Académie des inscriptions la même année, et en devint secrétaire perpétuel en 1782. Élu membre du corps municipal de Paris en 1790, il quitta bientôt ces fonctions pour vivre dans la retraite. Il fut nommé en 1800 conservateur des manuscrits de la Bibliothèque nationaleet entra en 1823 à l'Académie française. On a de lui, outre sa trad. d'Élien, celle de là Cyropédie, 1777, la continuation de l'Histoire de l'Académie des inscriptions, de nombreux'.Éloges d'académiciens, un Rapport sur lespro-grès des sciences historiques jusqu'en 1808, et un travail sur Froissart (publié par Buchon).
  • DACTYLES IDÉENS, prêtres de Cybèle, de Saturne et de Jupiter, habitaient en Crète, sur le mont Ida; on les nommait, dit-on. Dactyles, parce que leur nombre de dix était égal à celui des doigts (dactylos en grec). Ils enseignèrent aux Cretois les mystères et les premiers arts. On les confond quelquefois avec les Curetés et les Corybantes.
  • DADIAN, titre que prend le souverain delà Min-grélie. —-C'est aussi le nom d'une célèbre famille arménienne de Constantinople, connue dès le v* s., et dont un des derniers représentants, Khadji Arakel Dad (1753-1812), s'est illustré dans l'industrie, surtout par son habileté dans la fabrication des' machines, et a mérité le surnom de Vaucanson de l'Arménie.
  • DADOUQUE (c-à-d. en grec porteur de flambeau). le principal ministre des mystères d'Eleusis, représentait le Soleil. 11 purifiait les adeptes avant l'initiation et marchait à la tête des Lampadophores dans les courses de Cérès à la recherche de sa fille.
  • DAGHANA, bourg du roy. d'Oualo, sur le Sénégal, à 114 k. E. N. E. de St-Louis. est la résidence du roi de cet Etat. Établissement français. Gomme.
  • DAGHESTAN, prov. de la Russie d'Asie, bornée au N. par le gouvt du Caucase, à l'O. par la Géorgie et laCircassie, au S. parle Chirvan, à l'E. par la mer Caspienne: 400 kil. sur 90; 250 000 hab., Lesghis, Nogaïs, Turcomans. Vil'es princ, Derbend, Kouba, Tarkhou. Le Daghestan se divise en Daghestan septentrional, comprenant, les khanats de Tarkietd'O-temich; et Daghestan méridional, renfermant les territoires de Tabasseran et de Derbend, les khanats de Koura et de Kouba et la république dAntzoïig. Beaucoup de mont., vallées, torrents; quelques plaines le long de la mer, sans ports, sans rades. Fer, plomb, armes, feutre, tapis rayés, lainages grossiers. — Le Daghestan appartenait jadis à Ta Perse -. celle-ci l'a cédé à la Russie en 1813. Néanmoins il n'est encore soumis qu'en partie; la plupart des peuplades qui l'habitent sont indépendantes. — Le Daghestan et le Chirvan réunis portaient chez les anc. le nom d'Albanie. Ce pays était habité par les Dahse, dont on retrouve le nom dans celui de Daghestan.
  • DAGO, lie russe de la mer Baltique, à l'entrée S. O. du golfe de Finlande, auN. de l'Ile d'Œsel ; lOOOOh.
  • DAGOBERT I, fils de Clotaire II, né en 604, fut reconnu roi del'Austrasie dès 622, y joignit la Neustrie en 828, à la mort de son père, et l'Aquitaine en631, à la mort de son frère Caribert 11 soumit les Saxons,
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une violente insurrection, qui fut promptemejitcomprimée par les colonels St-Arnaud et Pèlissiar. .. .DAHRA, région4uiïarec,-entre4e-Tafilet,4e Sahara et la prov. de Sous. Dattes renommées.

  • DAILLÉ (Jean), Dallxus, ministre protestant, né en 1594 à Chatellerault, m. en 1670, fut précepteur des deux petits-rfils de Duplessis-Mornay, et fit avec eux en 1612 plusieurs voyages dans différentes parties de l'Europe. A son retour il exerça le ministère à Saumur, en 1625, puis à Charenfon. On a de lui plusieurs ouvrages de controverse hostiles à l'Eglise romaine : De l'emploi des Pères, Gen., 1632, ;mis en Iat. par Mettayer, 1656, Apologie de l'Église réformée, Charenton, 1633; De Cullibus religiosis La-tinorum, 1671; et des Sermons.
  • D'AILLY (Pierre). V. AILLY.
  • DAÏRI, souverain spirituel du Japon; il est chef de la religion de Sinto. Sa personne est sacrée; il ne meurt pas, mais de temps en temps il renouvelle son âme. Il fait sa résidence ordinaire à Méaco_ ou Miyako, dans l'île de Niphon, et son domaine s'étend sur cette ville et son territoire. Son habillement consiste dans une tunique, par-dessus laquelle il met une robe rouge couverte d'un grand voile à franges, Ce pontife est regardé comme un dieu sur laf terre, le sol étant indigne de le porter, il ne marchejamais, Les Japonais ont une si haute idée de sa saintetl que tout ce qui le touche est regardé comme sacré; l'eau qui a servi à lui laver les pieds est recueillie avec soin comme chose sainte. La famille des Daïris est impérissable; si l'un. d'eux se trouve sans successeurs, le ciellui en procure un : un enfant choisi en secret dans une des familles les plus illustres de l'empire est déposé au pied d'un arbre dans son palais. A la mort d'un Daïri on enterrait autrefois plu • sieurs esclaves avec son cadavre ; auj. on se contente d'enfermer dans son tombeau des statues d'argile.
  • DAKHËL, oasis d'Egypte, à l'O. de la Grande Oasis, par 25° 40' lat. N. et 26° 40' long. E., a pour ch.-l. El-Quasr. qui a 2000 hab., d'origine arabe.
  • DAKKA, v. de l'Inde anglaise, dans la présidence de Calcutta, sur le Vieux-Gange, à 250 kil. N. E. de Calcutta; 200000 hab. Quelques monuments; factorerie anglaise. Soieries, mousselines, bracelets de coquillages. C'était jadis la ville la plus, industrieuse de l'Inde. — Dakka a été 80 ans capit. du Bengale ; mais elle a beaucoup perdu depuis la mor/ d'Aureng-Zeyb. Elle est auj. lech'-l. du district de Dakka. — Ce district, "arrosé par le Gange et le Brahmapoutre, compte 1150 000 hab.
  • DAKOTAH, nouveau territoire des Etats-Unis, formé en 1860 de la moitié occid. du Minnesota, s'étend, du côté du sud, jusqu'au 40° Iat. N.; 10000 h. Il tire son nom des Dakotahs, tribu de la nation indigène des Sioux.
  • DAL, rivière de Suède, sort des monts Dofrines, et tombe dans le golfe de Botnie,, après un cours de 500 kil.Belle cataracte près d'Elv-Carleby.
  • DALAI-LAMA ou GRAND LAMA, chef de la religion bouddhiste chez les Tartares, est leur dieu, vivant. Ce dieu prétendu fait sa résidence ordinaire au couvent de Potalaprès de Lhassa, dans le Thibet, sur les frontières de la Chine. Les environs de sa résidence sont peuplés de prêtres, nommés Lamas, dont le nombre s élève a vingt mille. Le. grand Lama n'expose jamais sa divinité au grand jour; il se tient toujours renfermé dans le fond d'un, temple, entouré de ses prêtres, qui lui rendent tous les hommages dus à l'Etre suprême. Les peuples sont persuadés qu'il ne meurt point : pour entretenir cette erreur, lorsque les prêtres s'aperçoivent que sa mort n'est pas éloignée, ils cherchent un homme qui lui ressemble et le lui substituent adroitement. .-
  • DALAYRAC (Nie.), compositeur, né en 1753 à Muret en Languedoc, mort à Paris en 1809, était destiné au barreau, mais se sentit entraîné vers la. musique par un goût invincible. Il vint do bonne heure à Paris, s'y lia avec Grétry et Langié, tra

les Gascons et les Bretons, mais il ternit l'éclat de son règne par sa cruauté et par sa passion pour les femmes. II fonda St-Derng_en 612.i.,eii.li^entarré en 638, à l'âge de" 36 ans. D'agobert fit fleurir les arts, surtout la sculpture et l'orfèvrerie. Il eut pour ministre et pour ami S. Ëloi, qui avait d'abord été orfèvre. On l'a surnommé le Salomon franc.

  • DAGOBERT il, surnommé le Jeune, succéda à son père Sigebert II, roid'Austrasie, en 656; mais Gri-moald, maire du palais, lui enleva toute l'autorité, et l'exila même en Angleterre. Cependant Dagobert reparut en 674, et recouvra une partie de ses États. 11 y régnait en paix lorsqu'il fut assassiné en 679 par des partisans de Grimoald.
  • DAGOBERT in, succéda en 711 à son père Childe-liert III, à l'âge de 12 ans, régna sous l'autorité de Pépin le Gros, maire du palais, et mourut en 715. On le compte parmi les rois fainéants.
  • DAGOBERT (le général), né en 1736 près de St-Lô, s'était déjà distingué dans la guerre de Sept ans et en Italie lorsqu'il fut nommé en 1793 général en chef de l'armée dos Pyrénées orientales. Malgré le délabrement des troupes et le mauvais état de sa santé, il défit les Espagnols à Puycerda, à Mont-Louis, à Campredon, prit Urgel, et resta maître du Val d'Aran; mais il succomba bientôt à ses fatigues et à ses blessures (avril 1794).
  • DAGON, divinité des Philistins, adorée à Azoth et à Gaza, était représentée sous la figure d'une espèce de triton, demi-homme, demi-poisson. On lui attribue l'invention de la charrue. C'est dans son temple que les Philistins placèrent l'arche d'alliance, enlevée aux Hébreux.
  • DAGOUMBA, roy. de la Guinée Supérieure, près des limites du Soudan, tributaire de l'Achanti, a pour V. princ Yahndi. Poudred'or, peaux de chèvres. DAGSBOURG. V. DABO.
  • DAGUERRE (L. J. MANDE), l'un des inventeurs de la photographie, né en 1788, à Cormeilles-èn-Parisis, mort en 1851, se consacra d'abord à la peinture de décors, et exécuta en ce genre des tableaux fort remarquables (notamment les décorations à'Aladin, à l'Opéra); inventa, en 1822, le Diorama, spectacle s!e jour d'un genre tout nouveau, qu'il exploita avec 51. Bouton, et reproduisit par ce procédé les plus belles vues de l'univers; se lia peu après avec Niepce, cmi depuis longtemps recherchait les moyens de reproduire les gravures par la seule action de la lumière, et s'associa à ses travaux, mais ne découvrit qu'en 1839, six ans après la mort de Niepce, le procédé aujourd'hui employé pour fixer les images sur la plaque métallique, procédé qui a reçu en son honneur le nom de Daguerréotype. Cette admirable découverte fut aussitôt livrée au public, et Daguerre reçut de l'État, outre des récompenses honorifiques, une pension de 6000 fr. Il a publié : Historique et description du daguerréotype et du diorama, 1839 ; Nouveau moyen de préparer les plaques photographiques, 1844. On monument lui a été élevé à Petit-Brie (Seine), où il est mort.
  • D'AGUESSEAU. V. AGOESSEAU. DAH/E, peuple d'Asie, habitait au N. de l'Hyrcanie, entre lesemb. del'Ochus et de l'Oxus, sur les bords de la mer Caspienne. Il a laissé son nom au Daghestan. DAHER, émir. V. DHAHER.
  • DAHOMEY, un des États de la Nigritie maritime, sur la côte des Esclaves, à l'E. du roy. de Bénin ; env. 200000 h. ; capit., Abomey. Sol sablonneux, mais fertile; forêts produisant des arbres énormes; huile de palmier. Habitants féroces, adonnés au fétichisme et sacrifiant des victimes humaines. Leur roi est gardé par une armée de femmes. Cet État, jadis puissant, a décliné dans la 2° moitié duxvm's., époque où il fut soumis par les tribus voisines. Il y a dans ce pays quelques comptoirs anglais, français et portugais.
  • DAHRA, contrée montagneuse' de l'Algérie (prov. J'Oran), entre la r. dr. du Chélif et la mer, peuplée de Kabyles belliqueux. Bou-Maza y excita en 1845
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vailla pour le théâtre, et donna, depuis 1781 jusqu'à sa mort, un grand nombre d'opéras charmants, dont les paroles étaient le plus souvent composées par Marsollierou Monvel, et qui eurent presque tous du succès. Les plus connus sont : Mina ou la Folle par amour (1786); Renaud d'Ast (1787); les Petits Savoyards (1789); Camille (1791); Ambroise (\TjZ) ; Adolphe et Clara (1799); Maison à vendre (1800); Picaros et Diego (1803); Gulistan (1805). Sa musique est gracieuse, naturelle et facile; il excellait surtout dans la romance.

  • DALBERG (Charles, baron de), prince primat de l'église catholique d'Allemagne, né en 1745 à Herns-heim, près de Worms, mort en 1817, sortait d'une des plus anciennes familles de l'Europe z dont les membres remplirent pendant plusieurs siècles les fonctions de trésorier du chapitre de Worms. D'abord gouverneur ? civil d'Erfurt, puis évêque de Constance, il devint en 1802 électeur de Mayence, évêque de Ratisbonne et archichancelier de l'empire. 11 présida les dernières diètes de l'Allemagne, et tenta d'abord de s'opposer aux projets de Napoléon; mais, voyant que toute résistance était inutile, il se rallia à la France. Il fut nommé président de la Confédération du Rhin, grand-duc de Francfort, et désigna Eugène Beauharnais pour son successeur. Resté fidèle à Napoléon dans ses revers, il fut dépouillé par les alliés d'une partie de ses États; il ne conserva que l'évêché de Ratisbonne. Aussi bon écrivain que savant éclairé, ilalaissé plusieurs ouvrages, dont le principal, Méditation sur l'univers (ail.), a eu jusqu'à 10 éditions.—Son neveu, Emmeric, duc de Dalberg, 1773-1833, fut d'abord au service du grand-duc de Bade, puis s'attacha à Napoléon, se fit naturaliser Français et eut part au mariage de l'empereur avec Marie-Louise. A la chute de Napoléon, il fut un des membres du gouvernement provisoire en France : il accompagna Talleyrand au congrès de Vienne comme plénipotentiaire, et reçut en récompense de Louis XVIII la pairie et l'ambassade de Turin. On lui attribue une part dans l'Histoire de la Restauration de M. Capefigue.
  • DALÉCARLIE, en suédois Dalarne, anc prov. de Suède, bornée à l'O. et au N. par les Dofrines, à l'E. par l'Helsingie etlaGestricie, au S. parla West-manie et le Wermeland, forme auj. le gouvt de Falun. Elle doit son nom à la riv. de Dal qui l'arrose. Falun, Hedemora, en étaient les principales villes. La Dalécarlie est hérissée de montagnes couvertes de forêts de sapins et très-riches en mines. Elle a toujours servi de refuge aux mécontents: c'est là que Gustave Wasa se cacha en 1520, après son évasion des prisons de Christian II, et qu'il prépara l'affranchissement de la Suède.
  • DALECHAMPS(Jacq.), médecin, botaniste et philologue, né à Caen en 1513, mort à Lyon en 1586, exerça la médecine à Lyon depuis 1552. On lui doit : Historia generalis plantarum, Lyon , 1586 , trad. par J. Desmoulins, 1615, ouvrage où sont rassemblées toutes les connaissances que l'on possédait alors eu botanique, mais dont malheureusement il ne put faire par lui-même la publication, ce qui donna heu à bien des fautes; une édition d'Athénée, avec traduction latine et commentaires, 1552;PKne,_ 1587, édition estimée ; et des traductions françaises de Paul d'Ëgine, de Galien et de Ccelius Aurefianus.
  • D'ALEMBERT. V. ALEMBERT (D').
  • DALESME (André), physicien, né vers 1660, mort en 1727, fut admis en 1699 à l'Académie des sciences. On lui doit un nouveau cric, d'une grande force, et un fourneau dans lequel la fumée, ramenée dans le brasier, se convertit en flamme en se brûlant de nouveau. Il avait imaginé en même temps que New-comen une machine à vapeur.
  • DALGARNO (George), savant écossais, néàAber-deen, publia à Londres en 1661: Ars signorum, vulgo character universalis et lingua philosophica, ouvrage dans lequel il propose une langue universelle fondée sur une classification méthodique des idées. Déjà Wilkins, dès 1641, avait traité ce sujet.
  • DALIBARD (Thom. Franc.), naturaliste, fut un des premiers à introduire en France la méthode de Linné et publia en 1749, sous le titre de Florse parisiensis prodromus, une Flore où les plantes sont distribuées d'après le système de ce savant. Il fut aussi le premier à répéter les expériences de Franklin sur l'électricité atmosphérique et traduisit ses écrits.
  • DALIE, anc prov. de Suède, dans la Gothie occidentale, fait auj. partie des gouvts d'Elfsborg et de Gœtheborg-et-Bohus.
  • DALILA, femme philistine, de la vallée de Soree, fut aimée de Samson. Gagnée par l'or de ses compatriotes, elle lui coupa pendant la nuit ses cheveux, dans lesquels résidait toute sa force, et le livra ensuite pieds et poings liés à ses ennemis.
  • DALIN (Olaûs), écrivain suédois, né à Winsberg en 1708, mort en 1763, fut conseiller de la chancellerie, puis chancelier de la cour. Son gouvt le chargea d'écrire l'Histoire générale du royaume. Cet ouvrage, publié à Stockholm en 1747, s'étend jusqu'à la mort de Charles XI. On a encore de lui un poème : la Liberté de Suède, 1742, et un grand nombre d'É-pitresjde Satires, de Fables, de Pensées.
  • DALLERY (Ch.), mécanicien, né en 1754 à Amiens, mort en 1835, s'adonna d'abord à la facture de l'orgue, puis perfectionna la bijouterie, inventa en 1780 une machine à vapeur avec chaudière tubulaire, eut le premier l'idée d'appliquer l'hélice à la navigation à vapeur, prit à cet effet un brevet d'invention en 1803, et entreprit de construire un bateau sur ce principe, mais se ruina sans avoir pu achever ce bateau, et le brisa dans son désespoir.
  • DALMATIE. On désigne sous ce nom une prov. de l'anc empire romain et le royaume actuel de Dalmatie, qui, joint à l'Albanie, forme un des 15grands gouvernements des États autrichiens.
  • DALMATiE ANCIENNE, contrée de l'Europe, située entre l'Adriatique à l'O. iet les monts de la Libur-nie à l'E., faisait partie de la grande région illyrique. Ses habitants se subdivisaient en Dalmates proprement dits (à Delminium et Salone), Ardyéens ou Vardéens (vis-à-vis de l'île de Pharos), Autariateset Daorizes. Dans la distribution del'empire en diocèses, la Dalmatie devint une prov. du diocèse d'Illyrie occidentale, et fit partie de la préfecture d'Italie. Elle eut alors pour cn.-l. Salone, qui était aussi capitale de tout le diocèse d'Illyrie occidentale.
  • DALMATIE-ET-ALBANIE (roy. de), province littorale des Etats autrichiens, le long de l'Adriatique, bornée au N. par l'Istrie et la Croatie, à l'E. parla Bosnie, au S. par l'Albanie turque, se compose de 4 cercles : Zara, Spalatro, Raguse et Cattaro, et de plusieurs îles : Arbe, Brazza, Bua, etc.; 450 000 h., de races variées ; ch-1., Zara. La Dalmatie est traversée par les Alpes Dinariques; elle est arrosée par de petites riv. côtières, dont les principales sont: le Kerba, la Zermania, la Cetîina et la Narenta. Climat tempéré dans l'intérieur, chaud sur les côtes; sol fertile, riches carrières de marbre et d'albâtre ; mines de fer et de houille. Construction de petits bâtiments; assez de commerce. La langue usuelle est l'esclavon; dans les villes maritimes, c'est, l'italien. Histoire. La Dalmatie formait jadis un Etat puissant, composé de peuples divers qui furent successivement soumis par les Romains. Les Dalmates-Ar-dyéens étaient devenus sujets dès l'an 229 av. J.-C. Paul-Emile prit Delminium en 219; Gentius , roi de l'Illyrie, battu et pris en 168, se vit enlever les provinces dalmates qu'il possédait; Marcus Fi-gulus (156) et Nasica Corculum (154) domptèrent les Autariates et autres tribus dalmates; un Métellus soumit le reste du pays sans coup férir en 118, et prit de là le nom de Dalmaticus. L'an 9 de J.-C., la Dalmatie se révolta, mais ce soulèvement fut bientôt réprimé. Après la chute de l'empire d'Occident, I la Dalmatie fut conquise par les Hérules, puis par

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les Ostrogoths ; elle fut réunie à l'empire de Con-stantinople sous Justinien. Les Slaves Sorabes s'y établirent en 640. Quelque temps tributaires des Avares, ils reconnurent ensuite la suzeraineté des empereurs francs ; cependant la Dalmatie maritime (Zara, Trau, Spalatro, Raguse) fut attribuée à l'empire grec par le traité de 812. Peu à peu ces peuples se rendirent indépendants. Les Croates et les Dalmates de la côte exercèrent longtemps la piraterie. De là des guerres avec Venise qui, à la fin du x* siècle, s'empara des villes de la Dalmatie maritime. En 1052 le Croate Crescimir Pierre les reprit et s'intitula roi de Dalmatie et de Croatie. Il eut pour successeurs Démétrius Suinimir et Etienne. Les rois de Hongrie héritèrent du dernier en 1088. Venise, qui ne gardait plus que Zara, reconquit la Dalmatie maritime après l'extinction des Arpades,en 1301 ; elle ae la perdit qu'avec son existence politique en 1797. La Dalmatie devint alors prov. de l'Autriche, par le Vraitéde Campo-Formio. En 1805, le traité de Pres-irourg la donna à Napoléon, qui en 1809 l'annexa aux provinces illyriennes. Elle redevint autrichienne en 1814. — Les doges de Venise prenaient le titre de ducs de Dalmatie. La maison des comtes de Da-shau et celle des comtes d'Andechs, son héritière, »nt également porté ce titre. Napoléon créa duc de Dalmatie le maréchal Soult.

  • DALRYMPLE (Alex.), géographe écossais, né à Edimbourg en 1737, mort en 1808, voyagea pour la Compagnie des Indes, visita avec soin l'archipel Oriental et en donna des cartes exactes. Ce fut d'après ses plans que le ministère anglais entreprit les voyages de découverte que Cook a exécutés. On lui doit une collection des Voyages faits dans l'Océan Pacifique, 1770, trad.par Fréville, 1774, etunAtto des côtes de Malabar, Coromandel, etc., 1806.
  • DALRYMPLE (John HAMILTON), baron de l'échiquier du roi en Ecosse, attaché à la cause royaliste, né vers 1726, mort en 1810, a publié des Mémoires sur la Grande-Bretagne depuis la dissolution du dernier Parlement de Charles II, 1771, trad. par l'abbé Bla-vet, 1776. Ces mémoires établissent que, sous Charles II, plusieurs membres du Parlement, entre autres Algernon Sydney, étaient soudoyés par Louis XIV.
  • DALRYMPLE (sir H. Whiteford), général anglais, 1750-1830, commanda en 1808 l'armée britannique en Portugal et fit signer à Junot la célèbre capitulation de Cintra, pour l'évacuation de ce pays.
  • DALRYMPLE, comte de Stair. V. STAIR.
  • DALTON (John), physicien et chimiste, né en 1766 à Englesfield (Cumberland), d'une honorable famille de quakers, mort en 1844 à Manchester, enseigna longtemps les mathématiques dans cette dernière viiie, puis s'appliqua à la physique et à la chimie. Il étudia surtout les phénomènes produits par l'action de la chaleur sur les gaz et les vapeurs, et mit en lumière la théorie atomique, qui, dès 1789, avait été entrevue par Higgins : il supposait que les corps sont composés de particules indivisibles qui s'unissent entre elles dans des proportions définies. Ses principaux ouvrages sont : Meteorological observations (1793); JVeio System of\chemical phylosnvhy (1808-1810). Dalton était membre de la Société royale de Londres et associé de l'Institut de France.

[modifier] DAM

  • DAMALA, v. de la Grèce moderne (Argolide), à 8 kil. O. de Poros, est l'ancienne Tréaène. Ruines.
  • DAMAN, v. portugaise de l'Inde, dans le Guzze-rate, avec un port sur la mer, à 130 kil. N. de Bombay ; 6000 h. Cél. temple de Parsis où l'on conserve le feu sacré depuis 1200 ans. Aux Portugais depuis 1531.
  • DAMANHOUR, Hermopolis l'arca, v. de la B.-Egypte, ch.-l. de prov., à 80 k. S. E. d'Alexandrie. — Vge à 7 kil. N. E. du Caire. Palais du pacha.
  • DAMAR, v. d'Arabie (ïémen), dans l'Eut de Sa-naa, à, HOkil. S. de Sanaa; 5000 maisons, (env. 25 000 h.) Université pour la secte des Zeïtes.
  • DAMAS, Damascus, YEl-Chdmdes Arabes, v. de Syrie, ch.-l, du pachalik de ce nom, sur leBarady, à 1100 kil. S. E. de Constantinople; 200000b., dont 30 000 chrétiens et 5000 juifs. Résidence du patriarche grec d'Antioche et d'un mollah de 1™ classe. Assez belle ville : vieilles murailles et tours, château fort} rues étroites et tortueuses ; beaucoup de forltaines ; maisons avec terrasses et trottoirs; 60 mosquées (on remarque la superbe mosquée dite Zikie), séraï ou palais du pacha; beaux bazars, cafés élégants et renommés. Très-grands faubourgs. Damas était jadis célèbre par ses fabriques d'armes blanches et d'acier qui ont fait donner le nom de damas aux meilleures lames, mais ses ouvriers en acier .ont été transférés par Tamerlan. en Boukharie. Elle produit encore d'admirables ouvrages en nacre, des éjoffes de soie brochées, dites damas, des étoffes de coton,, cache-mi res, perles, huile de rose et autres parfumlr. Grand commerce; grandes caravanes jjour La Mecque,pour Bagdad, etc. —Damas est une v. très-ancienne : ella est mentionnée dans la Genèse. Elle fut parfois soumise aux Juifs, et parfois elle forma un roy. indépendant. Elle appartint ensuite aux rois de Perse, à ceux de Syrie, aux Romains, aux Arabes (632). Ceux-ci en firent d'abord leur capitale, d'où les califes ommiades se nomment.aussi califes de Damas. Les Croisés l'assiégèrent inutilement en 1158. Tamerlan s'en empara en 1401, etSelim 1, sultan turc, en 1516. Les Musulmans y sont très fanatiques : ils firent un horrible massacre des Chrétiens en 1860.
  • DAMAS (eyalet ou pachalik de), une des 4 grandes divisions de la Syrie, entre le pachalik d'Alep et l'Arabie; 530 kil. sur 450; 1 250 000.hab. Il est séparé-de la mer par les pachaliks de Tripoli et d'Acre. Ch.-l., Damas. Il se divise en 6 livahs (Damas, Hama, Tadmour, Soliman ou "Jérusalem, Gaza, Naplouse). L'anc Palestine en faitpartie.
  • DAMAS (famille DEJ, anc et noble maison de France, connue dès le .xmcs., a surtout joué un rôle dans ces derniers temps. Nous citerons : Charles.de Damas, né en 1758, mort en 1829, premier gentilhomme de la chambre du roi Louis XVI, puis colonel pendant la guerre d'Amérique. Arrêté avec Louis XVI à Varennes, il fut rendu à la liberté par l'amnistie du 13 novembre 1791, émîgra en 1792, accompagna le comte d Artois dans l'expédition infructueuse de l'Ile-Dieu, rentra en France en 1814, suivit Louis XVIII à Gand, et fut à son retour nommé pair; en 1827, il fut élevé au titre de duc.Roger, comte de Damas, son frère, né en 1765, mort en 1823. Il entra fort jeune comme officier dans le régiment du rai, passa en Russie et se distingua dans la guerre contre les Turcs (1787). Pendant la Révolution, il fut aide de camp du comte d'Artois, puis commanda la légion Mirabeau dans l'armée de Condé (1794-98). 11 servit ensuite le roi de Naples contre les troupes:républi-caines, : sa retraite en Calabre fut admirée par les Français qu'il combattait. En 1814, il rentra en France avec les Bourbons, et fut nommé lieutenant général. Il fut élu député en 1815.Fr.-Ët. de Damas, né à Paris en 1764, mort en 1828. D'abord sous-lieutenant au régiment de Royal-Auvergne, il parvint au grade de chef d'état-major de Kléber, et etle suivit euÉgypte (1799). Disgracié par Bonaparte, il quitta le service, fut compromis dans le procès de Moreau, et rendu à la liberté par l'intercession da Murât. Celui-ci, devenu grand'duc de Berg, l'employa comme secrétaire d'État et commandant militaire (1806). Il fit la campagne de Russie, se distingua au passage de la Bérézina, puis revint dans la duché de Berg, et rentra en France en-1815 avec le titre d'inspecteur général d'infanterie.
  • DAMASCÈNE. V. JEAN et NICOLAS.
  • DAMASCIUS, philosophe éclectique, né à Damas vers l'an 480 de J.C., disciple de Marinus, enseignait à Athènes lorsque Justinien fit fermer les écoles païennes (529). Il se réfugia auprès de Chosïoês, roi de Perse; ce prince obtint son retour dans sa patrie en 533. Il avait écrit ..une Histoire des principaux éclectiques, dont Photïus a conservé des fragments,
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et un traité Des Principes, dont la V' partie a été publiée par J. Kopp, Francf., 1826 (le grec seul). M. Ruelle a donné uns Étude sur Damascius, 1861.

  • DAMASE I (S.), pap", né en Portugal, fut élu en 366, travailla à la conservation de la discipline ecclésiastique, tint plusieurs conciles contres les Ariens, anathématisa plusieurs hérétiques ou s:hismati-ques, et mourut en 384. Il avait S. Jérôme pour secrétaire. Il a laissé quelques poésies chrétiennes et des écrits théologiq., réunis à Paris, avec sa Vie, 1672, in-8. On le fête le 11 déc.
  • DAMASE il, pape en 1048, était évêque de Brixen (Tyrol), et fut élevé au trône pontifical par l'emp. Henri III, sans avoir été élu. Il ne survécut que 23 jours à sa nomination.
  • DAMA VEND. V. D1ÎMAVEND.
  • DAMAZAN, ch.-l. de c (Lot-et-Gar.), à 23 k. N, de Nérac sur la r. g. de la Garonne; 955 hab.
  • DAMBACH, petite v. du dép. du B.-Rhin, à 8 k. N. de Schelestadt; 3000 h., en partie Juifs. Mine de fer et de manganèse.
  • DAMBRAY (Charles), magistrat, né à Rouen en 1760, mort en 1829, fut avocat général à la Cour des aides de Paris, et remplaça Séguier dans les mêmes fonctions au parlement (1788). Il allait entrer au ministère lorsque la Révolution éclata. Il se retira en Normandie après le retour du roi de Varennes et resta en rapport avec les Bourbons sous l'Empire. En 1814, Louis XVIII le nomma chancelier, ministre de la justice, et président delà Chambre des Pairs. Réfugié en Angleterre pendant les Cent-Jours, il reprit la présidence à son retour.
  • DAMER, v. du Dongola, au confluent du Nil et du Tacazzé; 500 maisons; capit. d'un État indépendant.
  • DAMES (paix des). V. CAMBRAY.
  • DAMIEN (S.) V. COSME (S.)
  • DAMIEN (5. Pierre), Damianus, docteur de l'Église, né à Ravenne vers 988, mort à Faenza en 1072, avait gardé les pourceaux dans sa jeunesse. Un de ses frères, archidiacre de Ravenne, se chargea de son éducation. Damien, une fois ses études faites, entra dans l'ermitage de Font-Avellana (Ombrie) ; il en fut nommé abbé en 1041. Il rendit de grands services aux papes Grégoire VI, Clément II, Léon IX, Victor II et Etienne IX : ce dernier le créa cardinal-évê-qued'Ostie. L'amour de la solitude le porta, en 1062, à renoncer à sa charge, et il rentra dans son ermitage. D'une austérité excessive, il propagea la pratique de la flagellation. Il eut à remplir plusieurs missions importantes, mais il vécut toujours, même au milieu des cours, dans une extrême pauvreté. On le fête le 23 févr. Il a laissé quelques écrits, imprimés à Paris en 1642 et 1643, in-fol. .
  • DAMIENS (Rob. Franc.), régicide, né en 1715, près d'Arras, frappa en 1757 le roi Louis XV d'un coup de couteau au moment où ce prince sortait du château de Versailles. Saisi aussitôt, Damiens fut condamné à mort, et écartelé sur la place de Grève à Paris. Selon quelques historiens, cet homme aurait été en proie, au moment de son action, à une espèce de délire; selon d'autres, il avait été poussé à ce crime par le mécontentement général de la nation. Damiens avait été d'abord soldat, puis domestique chez les Jésuites à Paris; il était sans emploi quand il commit son crime.
  • DAMIETTE, Tamiathis, v. de la B.-Egypte, sur la branche orientale du Nil, à 9 k. de lamer, à 160 k. N. E. du Caire. Env. 25 000 h., dont 4000 chrétiens. Évêché copte. — Damiette était une ville maritime importante au moyen âge : S. Louis la prit en 1249 et la rendit ensuite aux Musulmans comme partie de sa rançon. La ville fut rasée vers la fin du xm« s. ; de ses débris se forma la nouvelle Damiette, à 6k. auS. Louis IX donna aux remparts d'Aigues-Mortes la forme qu'avaient ceux delà ville égyptienne. —Le nom de Damiette a été donné à une colonie agricole formée en Algérie en 1848, à 3 kil. de Médéah.
  • DAMILAVILLE (Et.), né en 1719, mort en 1768 était premier commis au bureau du Vingtième. II est surtout connu comme l'ami et le correspondant de Voltaire. C'était un homme médiocre, mais il eut le mérite aux yeux des philosophes d'alors d'être un ardent ennemi de la religion. On lui a attribué le Christianisme'dévoilé, ouvrage qui fut condamné au feu par le parlement en 1770 et qui paraît être l'ouvrage de d'Holbach.
  • DAMIRON (Philibert), philosophe français, 1794-1862; fut élève de l'Ecole normale, discipls de M. Cousin, et membre de l'Acad. des sciences morales. On lui doit l'Hist. de la phil.en France au xixe siècle (1820) et au xvne siècle, (1860).
  • DAMIS. V. APOLLONIUS (de Tyane).
  • DAMM, v. des Etats prussiens"(Poméranie), à 7 k. S. E de Stettin ; 2500 h. Château fort. V. DAMME.
  • DAMM (Chr. Tobie), théologien protestant et helléniste, né à Leipsick en 1699, m. en 1778. On a de lui : Novum lexicon grxcum etymologicum et reale, Brandebourg, 1765, et Londres, 1842.
  • DAMMARTIN, Martini dominium, ch.-l. de c (Seine-et-Marne), à 21 kil. N. O. de Meaux, sur une éminence d'où on a une vue fort étendue ; 2000 hab. Blondes de soie noire. Marché aux grains. — Ce bourg a donné son nom aux comtes de Dammartin, qui remontent au xr3 siècle. Philippe Hurepel, fils de Philippe-Auguste, devint comte de Dammartin au commencement du xni" siècle par son mariage avec Mahaut, héritière de cette maison. En 1258, ce comté fut porté par mariage dans la maison de Trie; puis, après avoir passé dans diverses familles, échut en 1439 à Antoine de Chabannes dont la fille le porta dans la maison d'Anjou. Anne, duc de Montmorency, l'acheta en 1554. Il fut confisqué en 1632 à la mort du maréchal de Montmorency et donné par Louis XIII aux princes de Bourbon-Condé.
  • DAMMARTIN (Ant., comte de). V. CHABANNES.
  • DAMME (du hollandais dam, digue), bourg de Belgique (Flandre occid.), sur un canal de même nom, à 5 k. N. de Bruges; 900 h. Forte digue, du xin° s ècle. Place jadis forte, prise par Philippe-Auguste (1213), par Charles VI (1384), par Marlbo-rough (1706).
  • DAMNONII. Y. DUMNONH.
  • DAMOCLÈS, flatteur de Denys le Tyran, vantait souvent le bonheur de ce prince. Celui-ci, pour l'en faire juge, l'invita à un festin, et, l'ayant fait habiller et servir en prince, fit suspendre au-dessus de sa tête, pendant le repas, une épée nue, attachée au plafond par un crin de cheval.
  • DAMON et PYTHIAS, pythagoriciens, célèbres par leur amitié, vivaient a Syracuse, 400 ans av. J.-C., sous Denys le Jeune. Damon, condamneà mort par le tyran, obtint la permission d'aller dans sa patrie pour mettre ordre à ses affaires, et Pythias se rendit caution de son retour. A l'approche de l'heure marquée, Damon ne paraissant pas, on allait conduire Pythias au supplice; mais il revint à temps, et un combat de générosité s'éleva entre les deux amis pour savoir qui devait mourir. Denys lut si touché de ce trait de fidélité qu'il laissa vivre Damon et demanda à tous deux d'être reçu en tiers dans leur amitié.
  • DAMOREAU (Laure-Cinthie, dite Mme DAMOREAU- ' CINTI), cantatrice française, née Montalant (1801), m. en 1863; a laissé un souvenir durable à l'Opéra et à l'Opéra-Comique; a professé pendant 12 ans au Conservatoire, et laissé une méthode de chant.
  • DAMPIER (Will.), voyageur anglais, né en 1652 au comté de Somerset, fit deux voyages autour du monde (1673-1691 et 1699-1701). Il a laissé son nom à un archipel de la Papouasie (par 20° 39' lat. S. et 140° 6' long. E.). On ne sait pas la date de sa mort. Il donna en 1699, à Londres, en 3 vol. in-8, le B_e-cueildeses voyages, trad. en français, 1701 et 1732, On lui doit un traité estimé Sur'les vents, les marées et les courants.
  • DAMPIERRE, ch.-l. de c. (Jura), à 21 kil. N. E. de Dôle; 500 hab. Forges, hauts fourneaux.

DANA — 494 — DAM)

  • DAMPIERRE, vge de Seine-et-Oise, à 12 k. N. E. de Rambouillet, sur l'Yvette ; 800 h. Beau château, construit par J. H. Mansart, pour le duc de Lorraine, et appartenant auj. au duc de Luynes, qui l'a magnifiquement restauré.
  • DAMPIERRE-SUR-SALON, ch.-l. de c (Haute-Saône), à 16k. N. E.deGray; 1400 h. Forges, pierre détaille.
  • DAMPIERRE (Guy de), comte de Flandre et pair de France, accompagna S. Louis en Afrique (1270). Ayant marié sa fille à Edouard d'Angleterre sans l'autorisation de Philippe le Bel, son suzerain, celui-ci lui déclara la guerre, le défit à Fumes (1297) et s'empara de ses principales places. Dampierre vint à Paris implorer la clémence du roi, mais Philippe le retint prisonnier à Compiègne où il mourut en 1305.
  • DAMPIERRE (Aug. PICOT, marquis de), général français, né à Paris en 1756, embrassa avec ardeur les idées nouvelles en 1789, servit en 1792 sous Ro-chambeau, puis sous Dumouriez, et se distingua par sa bravoure à Nerwinde (1793). A la défection de Dumouriez, il se prononça hautement en faveur de la République, et fut chargé du commandement en chef. Il releva le moral de l'armée, reprit l'offensive et fut tué d'un coup de canon, sous Valenciennes, en 1793. La Convention lui décerna les honneurs du Panthéon. — On de ses descendants a été tué, pen dant le siège de Paris, à Bagneux (oct. 1870).

DAMRËMONT. V. DANREMONT.

  • DAMVILLE, ch.-l. de c. (Eure), à 18 kil. S. O. d'Bvreux, sur l'Iton; 700 hab. Ancienne baronnie.
  • DAMVILUERS, ch.-l. de c (Meuse), à 22 kil. S. deMontmédy; 1000 hab. Patrie du maréchal Gérard. Ane place forte,- démantelée par Louis XIV en 1683.

[modifier] DAN

  • DAN, 5° fils de Jacob, avait pour mère Bala, servante de Rachel. Il donna son nom à une des 12 tribus d'Israël, bornée à l'E. par les tribus de Benjamin et de Juda; au S. par celle de Juda, dont elle était séparée par le torrent de Sorek; au N., par celle d'Éphraïm; et à l'O., par la mer.
  • DAN ou LAÏS, v. de la tribu de Nephthali, la plus sept, du pays, était une colonie de la tribu de Dan.
  • DANAÈ, fille d'Acrisius, roi d'Argos, fut, selon la Fable, enfermée dans une tour d'airain par son père à qui l'oracle avait prédit qu'il serait tué par l'enfant qui naîtraitd'elle. Jupiter pénétra dans cette tour sous la forme d'une pluie d'or, et séduisit Danaé: de cette union naquit Persée. Acrisius voulut le faire périr en l'exposant aux flots ainsi que sa mère ; mais le coffre qui les contenait ayant été recueilli sur les côtes de l'île de Sériphe, ils furent sauvés tous deux. Plus tard Persée devint en effet, quoique involontairement, le meurtrier d'Acrisius. V. PERSEE.
  • DANAÏDES, nom de 50 sœurs, toutes filles de Da-naûs, roi d'Argos. Egyptus, roi d'Egypte, leuroncle, qui avait 60 fils, ayant voulu leur faire épouser ses fils, qui étaient leurs cousins germains, les Danaïdes se refusèrent à ce mariage, qui leur paraissait impie. Egyptus envoya ses fils à Argos à la tête d'une puissante armée, pour les y contraindre. Danaûs, trop faible pour résister, consentit au mariage, mais il convint secrètement avec les Danaïdes qu'elles massacreraient leurs maris la lr* nuit de leurs noces. Cet horribleprojets'exécuta : la seule Hypermnestre épargna son mari, Lyncée. Pour punir ces criminelles épouses, Jupiter les précipita dans le Tartare etles condamna a y remplir éternellement un tonneau sans fond.
  • DANAPRIS, fleuve de Sarmatie, auj. le Dniepr.
  • DANASTER, fleuve de Sarmatie, auj. le Dniestr.
  • DANAtjS, fils de Bélus, originaire de Chemmis, régna d'abord sur la Basse-Egypte, conjointement avec son frère Egyptus; mais, ayant attente aux jours de ce prince, U fut forcé de fuir et vint à Argos (vers 1572 av. J.-C., ou un siècle plus tard selon d'autres). Là, le roi Gélanor, de la dynastie d'Ina-chus, l'accueillit avec la plus grande bienveillance ; mais Danaûs ne le récompensa qu'en usurpant sur lui le trône d'autres disent que Gélanor abdiqua en sa faveur. Quoi qu'il en soit, c'est alors qui commence à Argos la dynastie des Bélides. La Fable donne à Danaûs 50 filles (F. DANAÏDES). Il eut pour successeur Lyncée, son gendre. — Depuis le règne de Danaûs, les Argiens et par suite tous les Grecs furent désignés sous le nom àsjDanai.
  • DANCHET (Ant.), poète dramatique, né en 1671 à Riom, mort à Paris en 1748, fut d'abord précep teur, puis se livra au théâtre. Il donna des tragédies qui eurent peu de suceès/etdes opéras qui réussirent :1e meilleur est celui à'Hésionel 1700). Danchet fut de l'Académie française et de celle des inscriptions. Ses oeuvres, publiées en 1751 (4 vol. in-12), contiennent, outre ses pièces dramatiques, des odes, des cantates, des épltres. La versification en estfaible, mais douce et facile.
  • DANCOURT (Florent CARTON), auteur et acteur comique, né à Fontainebleau en 1661, d'une famille noble, mort en 1726, fut d'abord avocat; il quitta cette profession à 24 ans pour épouser la fille du comédien La Thorillière et entrer avec elle dans la troupe des comédiens du roi, se fit en même, temps auteur et donna dans l'espace de 33 ans une soixantaine de pièces. Celles qui eurent le plus de succès sont : le Notaire obligeant, le Chevalier à la'mode, les Bourgeoises à la mode, les Vendanges de Sures-nes, les Vacances, le Mari retrouvé, les Trois Cousines, le Galant Jardinier. Dancourt excelle dans la farce et le genre grotesque, mais trop souvent il brave la décence. Il réussit admirablement à mettre en scène les villageois, ce qui l'a fait surnommer le Téniers de la comédie. Ses œuvres ont été souvent réimprimées; la meilleure édition est celle de 1760, 12 vol. petitin-12. Didot adonné ses Œuvres choisies, 1818, 5 vol in-18.
  • DANDELOT ou D'ANDELOT (François DE COWGNY, plus connu sous le nom de), frère puîné de l'amiral Coligny, né à Chàtillon-sur-Loinç en 1521, embrassa de bonne heure la Réforme et s'en montra un des plus zélés défenseurs. Il défendit avec son frère, en 1557, la place de St-Quentin contre les Espagnols. Lorsque la guerrejâvile eut éclaté, il se distingua à Dreux en 1562 et à Jarnao en 1569. Il mourut à Saintes deux mois après ce dernier combat.
  • DANDJOUR, collection de livres bouddhistes, composée de 240 vol. in-4, forme, avec le Gandjour, qui en a 108, l'encyclopédie bouddhiste.
  • DANDOLO, famille patricienne de Venise, fort ancienne, a donna quelques doges à la république. Le plus célèbre de ces doges est Henri (Ennco) Dan-dolo, gui fut élu à cette haute dignité en 1192, à l'âge de 82 ans, et fut uû des principaux chefs de la 4' croisade. H fit prendre Zara par les Croisés pour le compte de Venise, puis il les poussa sur Constantinople. Après la prise de cette ville par les Croisés, il refusa, dit-on, la couronne qui lui était offerte; mais il se fit élire despote de la Romanie, obtint pour la république de Venise un quartier de Constantinople et les îles de l'Archipel, acheta Candie, qui était échue en partage au duc de Montferïat, et apporta à Venise une foule de chefs-d'œuvre de l'art, enlevés à l'empire grec. Il mourut un an après (1205) à Constantinople même.-En 1173, l'empereur grec Manuel lui avait fait brûler les yeux lorsqu'il était venu, au nom de la république de Venise, lui redemander des députés que ce prince retenait injustement; ce supplice affaiblit sa vue, mais ne la lui fil pas perdre tout à fait.Jean D., élu en 1280, mort en 1289, soutint contre le patriarche d'Aquilee, au sujet des villes de Pirano et d'Isolé en Istrie, qui s'étaient données à Venise, une guerre ruineuse, ou! dura autant que son règne.François Dandoîo, doge de 1328 à 1339, avait reçu le surnom de Chien pour s'être présenté (en 1323) au pape Clément V avec une chaîne au cou, en le suppliant de retirer une excommunication que le pontife avait lancée contre la république. Sous son règne, Venise enleva à la maison délia Scala les villes de Trévise, Ceneda
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et Conegliano'.André D., élu en 1342 à l'âge de 36 ans, mort en 1354, soutint une guerre malheureuse contre Louis le Puissant, roi de Hongrie; mais s'illustra par son amour pour les lettres et par la protection qu'il accorda à Pétrarque. Il a écrit une Chronique de Venise, en latin (dans le T. XII de la collection de Muratori).

  • DANEBROG (ordre de), ordre danois, fondé en 1219 par le roi Valdemar II en mémoire d'une bataille gagnée sur les Livoniens, dans laquelle apparut un étendard miraculeux dit Danebrog, qui rallia les fuyards, fut renouvelé en 1671 par Christian V et réformé en 1808 par Frédéric VI. Il est destiné à récompenser tous les genres de services, militaires ou civils. L'insigne est une croix blanche pattée, bordée rouge et or, avec les mots Gud og Kongen (Dieu et le roi); le ruban est blanc, liseré de rouge.
  • DANEGELD (c-à-d. tribut danois), impôt établi en Angleterre par Ethelred II (vers 1001), pour acheter le départ des Danois dont les flottes désolaient les côtes, ou pour solder les troupes destinées à les repousser.] Maintenu longtemps après l'expulsion des Danois ,| Une disparut que sous le roi Etienne, en 1135.
  • DANEMARK, Dania en latin, roy. de l'Europe septent., le plus petit des trois royaumes Scandinaves (Suède, Norvège et Danemark), est Dartout baigné par la mer, excepté au Sud, où il est borné par le duché de Sleswig; il a la Baltique à l'E. et la mer du Nord à l'O. ; le détroit du Sund, le Cattégat et le Skager-Rack le séparent de la Suède et de la Norvège: 1 525 000 h.; capit., Copenhague. Villes principales : Elseneur, Aarhuus, Aslborg, etc. Il se compose : 1° de la péninsule cimbrique (Jutland) ; 2° de l'archipel danois : îles Seeland, Fionie, Laaland, Falster, Bornholm, Mœn, Œroë, Alsen, Femern, etc., auxquelles il faut joindre l'Islande et l'archipel de Féroê. Il faut ajouter à ces possessions les colonies danoises, qui consistent en établissements sur la côte du Groenland; plus les îles Ste-Croix, St-Thomas, St-Jean, aux Antilles (Tranquebar et Serampour, dans l'Inde, et les lies Nicobar, ont été vendues aux Anglais, ainsi que les établissements que les Danois possédaient sur la côte occidentale d'Afrique).
  • Les possessions danoises d'Europe se partagent ad-ministrativement en bailliages ou cercles, comme suit :

Pays. Bailliages. Copenhague, Frederiksbourg, lies Seeland et Mœn. île Bornholm. île Falster et Laaland. île Fionie. Holbek, Soroë, Prestoë, Bornholm, Mariboë, Odensée, Svendborg, Hiorring, Aalborg, Thisted, Viborg, Jutland. Randers, Aarhuus, Skanderborg, Veile, Ringkjobing, Ribe, ' Archipel de Féroë. île Œroë. île Alsen. île Femern. montagnes-, les cours Féroë, Œroë, Nordborg, I Sonderborg, j Femern,

  • Le Danemark a peu de d'eau qui l'arrosent sont peu importants; on y trouve beaucoup de marais, surtout dans le Jutland. Le climat est peu rigoureux, mais humide: le sol est fertile en pâturages, et nourrit de beau bétail,et de bons chevaux. L'agriculture, y est très-dévelop-pée : outre les céréales, qui sont le principal produit, oh y cultive avec succès la garance, le houblon. — Les hab. sont presque tous de race Scandinave ou germanique. Le gouv., d'abord représentatif, devint absolu en 1660; c'est auj. une monarchie tempérée. Le luthéranisme est la religion dominante; les autres sont tolérées : les Juifs sont très-nombreux. L'industrie consiste surtout en toiles à voiles, draps, porcelaines, armes; on fabrique aussi en Danemark beaucoup de gants dits gants de Suède. Le commerce y est depuis longtemps florissant. L'instruction y est très-répandue.
  • Histoire. Le Danemark était habité -au commencement de l'ère chrétienne par.les Jutes ou Goths, par les Cimbres et par les Angles. Il eut longtemps pour rois des princes goths, qui se prétendaient issus d'Odin, et qu'on nomme Skioldungiens, du nom de Skiold, qui régna le premier; ils rendaient à Odin un culte sanguinaire. Le Christianisme ne fut introduit chez eux que vers 826, par S. Anschaire. A partir du vin" siècle, les Danois s'adonnèrent à lapiralerie, ainsi que les Norvégiens, avec lesquels on les comprend souvent sous le nom deNorthmans > ou Normands (hommes du Nord), lis secoururent les Saxons contre Charlemagne, mais furent enfin obligés d'implorer la paix en 803. Leurs fréquentes in- ? cursions désolèrent l'empire carlovingien, l'Allemagne, l'Espagneetsurtout la Grande-Bretagne pendant un siècle. Deux fois ils conquirent presque toute l'Angleterre : la 1™ en 878, au temps d'Alfred, qui bientôt reprit sur eux une partiedupays; la2"en 1015, àla mort d'Edmond Côte de Fer, et sous Canut le Grand; mais leur domination en Angleterre neduraque jusqu'en 1042. La dynastie skioldungienne s'éteignit en Danemark en 1047etfut remplacée par les Esthrithi-des; sous ceux-ci, le Danemark devint un instant fiei de l'Allemagne (1153-62). Redevenu indépendant, il acquit l'île de Rûgen (1168), laSlavonie, IeMecklem-bourg actuel (1184-88), la Pomérélie (1210), que toutefois il perdit bientôt, l'Esthonie (1239) que Valdemar vendit en 1347 à l'Ordre Teutonique. Les Esthrithides s'étant éteints en 1375, la succession devint litigieuse jusqu'à ce que la tutrice du Danemark, Marguerite, fille de Valdemar IV, eût donné la couronne à Éric de Poméranie (1396). Elle l'avait déjà fait roi de Norvège en 1389; elle le fit couronner roi de Suède en 1397-, par la célèbre union do Calmar, qui fondait les trois Etats en un seul. Mais cette, union n'exista guères que nominalement : après avoir été plusieurs fois rompue de fait, notamment en 1448, elle le fut enfin pour toujours en 1523, à la suite de la révolte de Gustave Wasa contre Christian II. La Norvège resta néanmoins unie au Danemark, qui conserva de plus en Suède 5 provinces maritimes de la Gothie. En 1448, après la mort de Christophe de Bavière, Christian I, de la maison d'Oldenbourg, fut élu roi par les Danois et devint le chef de la maison qui règne encore aujourd'hui : il réunit le Holstein à ses Etats qui comprenaient l'archipel danois, le Jutland et le Sleswig (1460). Sous Christian IV, le Danemark prit une part malheureuse à la guerre de 30 ans : par les traités de Bromsœbro (1645), de Roskilde (1658) et de Copenhague (1660), il perdit ses provinces de Gothie et sa supériorité sur la Suède. En 1665, une insurrection du peuple contre les nobles donna à la royauté le pouvoir absolu : elle en usa pour le bien du pays, améliora la législation, abolit le servage et proclama l'égalité de tous devant la loi. Allié de Napoléon, le Danemark fut cruellement traité par l'Angleterre et vit bombarder Copenhague (1807) ; en 18K, il perdit la Norvège. qui fut réunie à la Suède. En 1816, la Prusse lui céda le duché de Lauenbourg. En 1831, Frédé- ? rie VI accorda à ses peuples des assemblées d'États provinciaux; en 1849 Frédéric VII leur donna une constitution parlementaire : la diète se compose
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de 2 assemblées, le .Folke-thing (Chambre du peuple) et Lands-thing (Chambre des grands propriétaires). — Le règlement de la future succession au trône donna lieu en 1848 à une grande agitation, le Sleswig, le Holstein et le Lauenbourg ayant tenté à cette occasion de se séparer.du Danemark, avec l'appui de la Prusse : après une guerre de! 3 ans, dans laquelle la Prusse eut le dessous, le1 traité de Londres du 8 mai 1S52 termina le différend en assurant la succession, après l'extinction de la maison d'Oldenbourg, au prince Christian de Sonderbourg-Gtucksbourg. Toutefois, à la mort de Frédéric Vil (1863), l'Allemagne réclama l'indépendance du Holstein et du Sleswig, ce qui donna lieu à une nouvelle guerre, désastreuse pour le Danemark : ie 30 octobre 1864, une paix fut signée, par laquelle le Danemark céda à l'Autriche et à la Prusse, qui s'étaient chargées de l'exécution fédérale, les duchés de Sleswig, de Holstein et de Lauenbourg.

Rois de Danemark depuis le 5 siècle. Skioldungiens.

Harald Blaatand, 930 Suénon et Harald VIII, 980 Canut 11, le Grand, 1014 Canut III (Hardeknut), 1036 Magnus de Norvège, 1041 Esthrithides.

Suénon II, 1047 Harald IX, 1076 Canut IV, le Saint, 1080 Qlof Hunger, 1086 Eric III, 1095 Nicolas, 1103 Eric IV, 1134 Éric V, 1137 Suénon III et Canut) V, 1147 Valdemar I, 1157 Canut VI, 1182 Valdemar II, 1202-1241 (avec Valdemar III, 1219 Eric VI, le Saint, -1231)


1241 Abel, 1250 Christophe I, 1252 Éric VII Glipping 1259 Eric VIII Menvend, 1286 Christophe II, 1320 Valdemar IV, 1340 Se diverses familles.

Olof n, 1376 Marguerite, 1387 Eric IX, de Poméranie, 1396 Christophe III, Bavarois, 1440 Maison d'Oldenbourg

Christian I, 1448 Jean, 1481 Christian II, 1513 Frédéric I, 1523 Christian III, 1534 Frédéric II, 1559 Christian IV, 1588 Frédéric III, 1648 Christian V, 1070 Frédéric IV, 1699 Christian VI, 1730 Frédéric V, 1746 Christian VII, 1766 Frédéric VI, 1808 Christian VIII, 1839 Frédéric VII, 1848 Maison de Sonderbowg-Gluchsbourg. Christian IX, 1863

  • DANÈS (P.), Danesius, né à Paris en 1497, mort en 1577, étudia lesjangues anciennes sous Lascaris et Budé, fut le premier nommé professeur de grec au Collège royal (1530), e.t forma des élèves distingués, entre autres Amyof et Daurat. François I l'envoya au concile de Trente; Henri II le nomma précepteur de son fils François II, et le fit évêcrae de Lavaur. On a de lui des éditions de Justin, Florus, Sextus liufus, 1519; de Pline, 1532, sous le pseudonyme de Bellocirius; des Éloges et Opuscules, publ. par un de ses descendants, Paris, 1731, in-4«
  • DANET (l'abbé P.), philologue, né à Paris vers 1640, mort en 1709, était curé de Ste-Croix à Paris. Il est l'auteur de Dictionnaires français-latin (1685) et latin-franç. (1691), composés pour l'usage duDau-phin, et qui eurent longtemps cours dans les écoles. On lui doit aussi une édition de Phèdre, adwum Delphini, 1675; des Racines latines, 1677; unDîctiors-naire d'antiquités grecques et romaines (lat.), 1698.
  • DANGÉ, ch.l. de c. (Vienne), à 14 kil. N. de Cha-tellerault, sur la r. g. de la Vienne; 900 h. Station.
  • DANGEAU, vge du dép. d'Eure-et-Loir, sur l'O-zanne, à 10 kiL N. de Châteaudun; 1370 h.patrie et domaine de la famille Dangeau.
  • DANGEAU (Phil. CE couRciLLON, marquis de), né en 1638, mort en 1720, était né Calviniste, mais s'était converti de bonne heure. Il jouit auprès de Louis XIV d'une grande faveur, qu'il dut primitivement à son habileté au jeu de cartes ; fut nommé en 1665 colonel du .régiment du roi, accompagna Louis XIV dansJoutes ses campagnes comme aide de camp, devintgquverneur de la Touraine et remplit plusieurs missions diplomatiques. Il avait une grande réputation d'esprit et d'instruction, et quoiqu'il n'eût rien écrit, il fut reçu à l'Académie française (1668) et à celle dés sciences (1704). Dangeau protégeait les gens de lettres; il fut lié avec BoUeau qui lui dédia sa Satire sur la noblesse. Il a laissé en manuscrit un Journal de la cour de Louis XVF(1681-1715) : cet ouvrage, fort volumineux, n'était connu que par des extraits qu'avaient publiés Voltaire (177.0), Mme de Genlis (1817), Lemontey (1818); il en a été donné une édition complète en 1854-60, 19 vol. in-8.
  • DANGEAU (Louis DE COURCILLON DE), abbé, frère du préc, né en 1643. mort enl723, fut lecteur du roi, entra en 1682 à l'Académie, s'y distingua par ses travaux sur la grammaire et s'efforça de réformer l'orthographe. On a de lut des Lettres sur les voyelles, sur les consonnes i sur l'_orlhographe, etc., réunies sous le titre d.'Essais de grammaire, 1711 et 1849, et un Précis du Blason, 1705. Comme son frère, il était né protestant et s'était converti.
  • DANGEREUX (archipel). V. MAUVAISE (MER).
  • DANGEV1LLE (Marie Anne BOTOT, dite Mile), célèbre actrice, née en 1714, morte en 1796, jouait avec un talent admirable les rôles les plus variés, mais excella surtout dans les soubrettes. Elle quitta la scène en 1763 et se relira à Vaugirard, où sa maison devint le rendez-vous de plusieurs des pûëtes de l'époque, Dorât, Lemierre, Ste-Foix, etc.
  • DAN1CAN. T. PHILIDOR.
  • DANIEL, l'un des quatre grands prophètes, de la race royale de David, fut dans son enfance emmené captif à Babylone après la prise de Jérusalem (606 avant J.-C.) et fut élevé k la cour de Nabuchodono-sor; il obtint un grand crédit auprès de ce prince en lui expliquant ses songes et fut établi par lui chef des mages et intendant de son palais. II découvrit l'innocence de Susanne, expliqua à Balthasar le.s mots mystérieux tracés sur les murs de la salle du festin, et sortit sain et sauf de la fossé aux lions où il avait été jeté pour avoir refusé d'adorer la statue du roi. Ses prophéties forment 14 chapitres ; elles annoncent la venue du Messie après 70 semaines d'années, et les révolutions des 4 grands empires. On ne connaît pas l'époque de sa mort : quelques-uns la plaçant en 536. Du reste, on croit qu'il a existé deux Haniel^-
  • DANIEL (S.), né à. Marathe près de Samosate, eu
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410, mort en 490, vécut plusieurs années sur une colonne, dans la méditation et la prière. Fête, 10 déc

  • DANIEL (Gabriel, dit le Père), historiographe, né à Rouen en 1649, mort en 1728, entra dans l'ordre des Jésuites, écrivit des ouvrages d'histoire, de philosophie et de religion. Le plus connu est son Histoire de France, qui parut en 1713, 3 vol. in-fol. (réimprimée avec de grandes améliorations par le P. Grif-ïet, 1755-60,17 vol. in-4) : cette histoireaété vivement critiquée; elle n'est guère en effet qu'un long et ennuyeux récit de sièges et de combats ; cependant elle ne manque ni d'exactitude ni de clarté. L'auteur en donna un Abrégé en 1724, 9 vol. in-12. On a aussi du P. Daniel une Hist. de la Milice française, 1721, et quelques écrits polémiques : Voyage du monde de Descartes, 1690, où il combat le système des tourbillons ; Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe sur les Lettres provinciales, 1694, où il défend les Jésuites.
  • DANNECKER (J. H.), sculpteur, né à Stuttgard en 1759, mort en 1841, reçut les leçons de Pajou et de Canova, devint professeur des arts plastiques à l'Académie de Stuttgard et composa un grand nombre de morceaux qui se distinguent par une composition simple, par le naturel, la vérité et le sentiment, notamment le Monument de Schiller, celui du comte de Zeppelin (à Louisbourg), Sapho, Ariane, l'Amour, Psyché, etlesbustes duroi de Wurtemberg Frédéric, de l'archiduc Charles, de Gluck, Lavater, etc.
  • DANNEMARIE, ville d'Alsace-Lorraine, à 22 kil. E. de Belfort : 450 hab. Station du chemin de fer.
  • DANRÉMONT (Denis, comte de), général français, né en 1783 à Chaumont, fit ses 1"» armes sous l'Empire, dans la grande armée. Promu en 1821 au grade de maréchal de camp, il reçut en 1823 un commandement en Espagne, remplit'ensuite diverses fonctions administratives ou diplomatiques, commanda en 1830 une brigade dans l'expédition d'Alger, fut nommé en 1837 gouverneur de l'Algérie et dirigea en cette qualité la 2e expédition de Constantine : la place fut prise d'assaut, mais Danrémont fut emporté par un boulet de canon en allant reconnaître une batterie. Il avait été nommé en 1835 pair de France.
  • DANTE ALIGH1ERI, célèbre poète italien, né à Florence en 1265, eut pour maître Brunetto La<tini, et cultiva toutes les sciences connues de son temps. Dès sa première enfance il ressentit la passion de l'amour et fut épris de la jeune Béatrix, qu'il perdit à la fleur de l'âge et dont il immortalisa la mémoire dans ses poèmes. Dans les troubles qui agitaient alors l'Italie, Dante fut guelfe ardent : il se signala dans plusieurs expéditions contre les Gibelins d'Arezzo, de Bologne et de Pise, et contribua beaucoup par sa valeur à la victoire de Campaldino (1289), remportée sur ceux d'Arezzo, ainsi qu'à la prise de Caprona, enlevée aux Pisans (1290). Il remplit avec succès un grand nombre de missions politiques, et fut nommé en 1300 un des prieurs ou magistrats suprêmes de Florence. Mais la division s'étant mise entre les Guelfes, qui dominaient à Florence, et la ville s'étant partagée entre deux nouvelles factions, les Noirs, qui voulaient ouvrir leurs portes à Charles de Valois, et les Blancs, qui le repoussaient, Dante, qui avait pris parti pour les Blancs, et s'était avec eux rapproché des Gibelins, fut exilé de sa patrie, 1302. Il erra depuis de ville en ville, luttant contre la misère; séjourna à'Sienne, à Vérone; vint passer quelque temps à Paris où il fréquenta l'université, et se fixa enfin à Ravenne, où il mourût en 1321, après avoir fait de vains efforts pour rentrer dans sa patrie. Il s'était marié après la mort de Béatrix;'il laissa plusieurs enfants. Dante s'est immortalisé par la composition du célèbre pcême connu sous le titre de la Divine Comédie : cette oeuvre comprend trois poèmes ou parties distinctes, l'Enfer, le Purgatoire, le Paradis; le poète, racontant le sort des âmes après la vie terrestre, place dans i'enfer et le purgatoire tous ceux qui ne se sont signalés que par leurs crimes ou leurs vices, ceux surtout qui ont été les auteurs de ses maux, et dans le paradis ceux qui ont fait le bien. Il feint que Virgile, son poète favori; l'accompagne dans l'enfer et le purgatoire, pour lui nommer les réprouvés et lui décrire leurs supplices, et que Béatrix est son guide dans le paradis. C'est une des productions les plus sublimes qu'ait enfantées le génie de l'homme, mais c'est aussi un des ouvrages les plus bizarres et les plus obscurs : les allusions dont il est rempli sont la principale cause de cette obscurité. La Divine Comédie est le premier poème qui ait été écrit en* langue italienne; jusque-là, on n'écrivait qu'en latin. Il est divisé en tercets ou rimes triplées. Ce poème excita une admiration universelle. Dans plusieurs vihes on créa des chaires où il devait être expliqué; Boccace fut le premier qui remplit la chaire créée dans ce but à Florence. Outre la Divine Comédie, le Dante a aussi composé des Poésies lyriques qui ne sont pas indignes de lui ; la Vita nuova, qui renferme des détails sur ses premières années; des traités De vulgari Eloquentia, De Monarchia unhersu,li (ouvrage où il se montre favorable à l'empereur et qui fut condamné à Rome). Ses œuvres, souvent imprimées, ont été réunies par Zapata de Cisneros, chez Zatta, Venise, 1758, 5 vol.- in-4. La Divine Comédie a eu une foule d'éditeurs et de commentateurs : la 1" édition est de 1472; l'une des plus estimées est l'édition publiée à Rome par le P. Lombardi, 1791, et réimprimée en 1815 avec desnotes. Parmi les trad., on estime celles de Rivarol (1783), d'Artaud (1811 et 1828, 9 vol. in-12, avec texte), de Fiorentino, 1841, de Brizeux, 1843, de Delécluze,. 1854, de St-Mauris, 1853, de La Mennais, 1855, de Mesnard, 1857, en prose. Grangier (1596), Terrasson (1817), Antony Dexhamps (1830), Gourbillon (1831), C. Calemard deLafayette (1835), Aroux (1842), Mon-gis (1846), Ratisbonne (1852-57), l'ont mise en vers. S. Rhéal a trad. le De Monarchia, 1855. La Vie du Dante a été écrite par Boccace, Villani. Léonard Arétin, et par Artaud de Montor. V. Fauriel, Dante et les origines de la littérature italienne, 1854; Aroux, Dante hérétique, révolutionnaire et socialiste (185-); Clef de la Comédie anticatholique de Dante (1856) ; Delécluze, D. et la poésie amoureuse, 1854.
  • DANTINE (oom Maur François), bénédictin de St-Maur, né à Gonrieux, près de Liège, en 1688, mort à Paris en 1746, travailla à la Collection des Décrétules, à une nouv. édit. du Glossaire de Du-cange (il en publia les 5 premiers volumes, 1734-35), et à l'Art de vérifier les dates.
  • DANTISCUM, nom latin de DANTZICK.
  • DANTON (Georges Jacques), célèbre démagogue, né à Arcis-sur-Aube en 1759, exerçait les fonctions d'avocat aux conseils du roi lorsqu'éolata la Révolution. Il en adopta les principes avec enthousiasme, et ne tarda pas à rompre avec la cour. Comme Mirabeau, il avait reçu de la nature toutes les qualités d'un tribun : énergie prodigieuse, intelligence vaste et féconde, imagination ardente, stature athlétique, visage d'une expression terrible, voix tonnante; aussi obtint-il bientôt un grand ascendant sur le peuple. Il fonda le club des Cordeliers, et y professa les doctrines les plus révolutionnaires. En 1791 il futnommé membre de l'administration départementale de la Seine, en 1792 substitut du procureur de la Commune de Paris. Cette même année, il fut un de ceux qui dirigèrent leplusactivementlajournéedulOaoût, et qui contribuèrent le plus à faire prononcer la déchéance du roi. Après cet événement, l'Assemblée législative lui confia le portefeuille du ministère de la justice. Au 2 septembre, lorsque l'entrée des Prussiens en Champagne avait répandu la consternation dans Paris, Danton déploya le caractère le plus énergique et montra une confiance qui releva tous les courages ; mais il se déshonora en autorisant; dans les horribles journées de septembre, le massacre des prisonniers, en organisant la Terreur, et en faisant promener la guillotine par toute la France. Il quitta


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bientôt le ministère de la justice pour siéger comme député à la Convention., où l'avaient appelé les électeurs de Paris. Rival de Robespierre, il exerça dans l'assemblée un ascendant qui fut très-grand d'abord, mais, s'étant momentanément retiré dans son pays pour y prendre du repos, il trouva à son retour sa popularité abaissée. Danton avait fait répandre le sang par système et non par cruauté : aussitôt qu'il pensa que la terreur n'était plus nécessaire, il conseilla la modération; mais ses sentiments modérés le perdirent : arrêté par l'ordre de Robespierre, il fut condamné sans pouvoir achever sa défense ; il monta avec courage sur l'échafaud le 5 avril 1794. Danton n'était pas inaccessible aux bons sentiments : plusieurs fois les malheureux, et ses rivaux même, lorsqu'ils s'adressèrent à l'homme privé, trouvèrent en mi un protecteur : il sauva Barnave, A. Duport, Barthélémy, etc. M. Alex, de St-Albin a laisse une Vie de Danton, restée manuscrite.

  • DANTZICK, Danzig en allemand, GedanumetDan-tiscwm en lat. moderne, v. et port des Ëtats prussiens (Prusse), ch.-l. de la régence de Dantzick, sur la r. g. de la Vistule, près de son emb., à 380 k. N. E. de Berlin; 66 000 nab. Tribunaux, consulats. Fortifications importantes. Belle situation, beaux édifices, établissements scientifiques nombreux, Institut royal de navigation, observatoire, etc. Ville industrielle et commerçante, passementerie d'or et d'argent, maroquins; raffinerie de sucre, bière, eau-de-vie de Dantzick, etc. Chemins de fer pour Berlin et Kœnigs-berg. Patrie de Fahrenheit, de Hevel, etc.Dantzick flonssait dès l'an 997, et était la capitale de la Po-mérélie. En 1295 elle passa avec cette prov. sous la domination polonaise; mais en 1308 Vladislas IV céda le tout à l'Ordre Teutonique. Les Chevaliers l'agrandirent en 1311, et la fortifièrent en 1314. En 1454, elle fut reconquise par les Polonais; ayant refusé en 1575 de reconnaître Etienne Bathori, elle eut à soutenir la guerre contre ce monarque, qui s'en empara en 1577. Stanislas s'y réfugia en 1734 et y soutint un siège. La Prusse se la fit céder en 1793. En 1807, le maréchal Lefebvre s'empara de cette place et reçut en récompense le titre de duc de Dantzick. Par la paix de Tilsitt, conclue la même année, Dantzick fut déclarée ville libre, sous la protection de la Prusse et de la Saxe, mais conserva garnison française. Les alliés la reprirent en 1813 après un long siège soutenu par Rapp; elle fut rendue à la Prusse. — Dantzick était entrée dès 1310 dans la Hanse et elle en avait été une des principales villes; lors de la dissolution de la ligue, elle resta unie aux trois villes de Lubeck, Hambourg et Brème (jusqu'à ces derniers temps on a nommé ces quatre cités les villes ansêatiques).— La régence de D., entre celles de Marienwerder, de Kœnigsberg, de Poméranie et la Baltique, compte 380 000 hab.
  • DANUBE, Donau en allemand, Danuoius ou Ister en latin; grand fleuve de l'Europe, naît dans le grand-duché de Bade, à Donaueschingen,par6°10'long.E., 47° 58' lat. N., traverse le Wurtemberg, la Bavière, l'Autriche, la Hongrie, sépare la Hongrie de la Servie, puislaValachie, la Moldavie et la Bessarabie de la Bulgarie, et tombe dans la mer Noire par plusieurs embouchures, dont les principales sont celles de Ki-lia, de Sulinaet&e St-George;cours, 2790 kil. Les principaux lieux qu'il arrose sont Sigmaringen, Ulm, Ratisbonne, Passau, Lintz, Vienne, Presbourg, Gran, PesthetBude, Petervaradin, Belgrade, Sé-mendrie, "Widdin, Nicopoli, Silistrie, Brahilov, Ga-latz, Ismaïl. Ses principaux affluents sont : 1° à droite, l'Hler, le Lech, l'Inn, la Traun, l'Ens, la Trasen, la Leitha, le Raab, la Drave avec la Mur, la Save, la Morava, l'Isker; 2° à gauche, la Brenz, la Wemitz, l'Altmûhl, la Nab, la Regen, l'Ilz, la March ou Morava (différente de celle qui aboutit à la r. dr.), le Gran la Theiss, l'Aluta, l'Ardjich, le Sé-reth et le Pruth. Ce fleuve forma longtemps la limite de l'empire romain (sauf pendant le temps qui vit la Dacie Trajane unie à l'empire). Le Danube est très-rapide (7 kil. par heure). Sur ses bords, depuis la Hongrie, s'étendent de vastes marais ; il a peu de ponts, et la navigation y est difficile. Elle est en outre entravée par les obstacles de toute nature qu'apportent les gouvernements des pays que traverse le fleuve. Cependant le traité conclu en 1856, après la guerre d'Orient, a déclaré libre la navigation du Danube.
  • DANUBE (cercle du), un des quatre cercles du "Wurtemberg, au S. de celui de l'Iaxt et au N. du lac de Constance; 400..000 h.; ch.-l., Ulm.— Cercle du BAS-D., cercle de Bavière, limitrophe de l'Autriche à l'E. et au S., de la Bohême au N. et N. E. ; 335 200 h. ; ch.-l., Passau. —Cercle du IUUT-D. , cercle de la Bavière, bordé à l'O. par le Wurtemberg; au S. O. parle Tyroletlelac de Constance; 510 000 h.; ch.-l., Augsbourg.
  • DANUBE (cercles EN BEÇ! et AU DELA DU), deux des quatre grandes divisions de la Hongrie. Les mots au delà et en deçà supposent ici que le point de vue est pris de la partie orientale de la Hongrie. Le cercle au delà du Danube, le plus voisin de l'Autriche, ail comitats (Wieseîburg, Œdenburg, Eisenburg, Raab, Komorn, Szalad, Szumegh, Veszprim, Stubl-weissenbourg, Baranya, Tolna), et env. 2 000 000 d'h. Le cercle en deçà du Danube a 13 comitats (Presbourg, Neutra, Trencsin, Thurotz, Arva, Lipto, Sohl, Bars, Hont, Neograd, Gran, Pesth, Bacs) et 2 610000 jmb.r-Depuis 1849, ces divisions ont été abandonnêeijJÉl HONGRIE.
  • DANUS, IDXSOS, fleuve de Gaule, auj. l'Ain.
  • DANVILLE, géographe. T. ANVILLE (D!).
  • DAOUALAGHLRI, montagned'Asie, sur les limites du Népaul, par 29° 4' lat. N. et 79° 31' long, E., est un des plus hauts sommets de l'Himalaya ;iï a 8600" ou même selon quelques-uns 9556™ d'élévation.
  • DAOULAS, ch.-l. de c (Finistère), sur l'Océan, à 31 kil. E. de Brest; 580 hab..
  • DAOULETABAD, v. del'Indoustan, dans le Dek-kan, à 13 kil. N. O. d'Aurengabad, faisait partie de l'Aurengabad et a été, sous les Mongols, la capitale d'une principauté puissante. Citadelle.
  • DAOURIE, vaste région de l'Asie centrale, vers le N. E., entre le Saghalien et le lac Baïkal. Elle est très-haute, très-froide; les monts qui la couvrent font partie du Grand-Altaï; elles renferment des mines d'argent, de plomb, de cuivre et de ter. La plupart des habitants sont de race tongouse.. Cette contrée est partagée entre la Russie et la Chine : la partie russe a pour capitale Nertchinsk et est comprise dans le gouvernement d'Irkourtsk; la p'artie chinoise est enclavée dans la Mantchourie.
  • DAPHNÊ, fille du fleuve Ladon ou dujPénée, fut aimée d'Apollon pendant son exil sur la terre. Ce dieu, poursuivant la nymphe, l'atteignit sur les bords du Pénée. Daphné implora le secours de son père, qui, pour la sauver, la métamorphosa en laurier (en grec daphni). Apollon, désolé, voulut que le laurier lui fût consacré.
  • DAPHNÉ, vge délicieux, sur l'Oronte, au S. O. d'Antioche, dont il formait comme la faubourg. Les riches y avaient des maisons de campagne. On y célébrait tous les ans, dans un bois de lauriers qui était voisin, les fêtes d'Apollon Daphnéen.
  • DAPHNIS, berger de Sicile, célébré par Virgile et Ovide, était fils de Mercure et d'une nymphe. Il ' apprit du dieu Pan à chanter et à jouer de la flûte, et fut protégé des Muses, qui lui inspirèrent l'amour de la poésie et lui en accordèrent le don. H est le premier, dit-on, qui ait excellé dans la pastorale.
  • DAQUIN, organiste. T. AQUIK (D').

[modifier] DAR

  • DARAB GHERD, V. de Perse (Fars), à 176kil. S. E. de Chiraz; de 15 à 20 000 hab. Tabac, pétrole liquide. Ville grande, mais à peu près en ruines. Elle fut, dit-on, fondée par Darius (Darab) Nothus.
  • DARADUS, fleuve d'Afrique, se jetait, suivant Ptolémée, dans l'Océan Atlantique, au N. du cap Ai<-
DARD	— 499 —	MR1

scnarium (Cap Vert). On pense que c'est la rivière de Sous, ou même le Sénégal.

  • DARAH. V. DAHRA.
  • DARALKHIER. V. ADJMTR.
  • DARANTASIE, Darantasia, v. de Gaule, ch.-l. des Centrones, estauj. Moustier-en-Tarantaise.
  • DARCET (Jean), chimiste, né en 1725 à Douazit (Landes), mort en 1801 à Paris, fut d'abord précep-. leur des fils de Montesquieu et jouit de l'amitié de ce grand homme jusrru'à sa mort; il se fit recevoir médecin en 1762, e ,' s'étant lié avec Rouelle, se livra spécialement à l'étude de la chimie. Il fut nommé en 1774 professeur au Collège de France, puis directeur delà manufacture de Sèvres, inspecteur des monnaies, membre de l'Académie des sciences où il remplaça Maequer, et enfin sénateur. On lui doit l'art de fabriquer la porcelaine, que jusque-là on tirait de l'étranger, l'extraction de la gélatine des os, l'extraction de la soude du sel marin, l'invention de l'alliage fusible qui porte son nom, et une foui e d'analyses chimiques. On-a'de lui un grand nombre de mémoires dans divers recueils ; on a publié à part ses Mémoires sur l'action d'un feu égal sur un grand nombre de terres, 1766.
  • DARCET (J. Pierre Joseph), fils dupréc, né en 1777, mort en 1844, continua les travaux de son père, et fut nommé commissaire général des monnaies et membre de l'Institut. Il créa lespremières fabriques de soude et de potasse artificielles ainsi que d'alun, perfectionna la savonnerie, le clichage, fit de nombreuses recherches sur les alliages, l'affinage des métaux, la fabrication et l'essayage des monnaies, et réussit à diminuer, au moyen des ventilateurs, les dangers d'un grand nombre d'industries (dorure, soufroirs, vidanges, etc.) -, il est surtout connu par ses expériences sur la gélatine, substance dont il paraît s'être exagéré les vertus alimentaires. Il a laissé une foule de savants Mémoires, qui ont été réunis par Th. Grou-velle, son neveif (1843 et ann. suiv.).
  • DARDANELLES, nom qu'ont d'abord porté en commun les deux villes de Bovalli-Kalessie et Naga-ra-Bouroun (jadis Sestos et Abydos), situées sur les deux bords du détroit qui sépare l'Europe de l'Asie, et dont une seule (la 2«) est dans l'anc Dardanie (d'où son nom). Ces deux villes se nomment auj. Ane.-Dardanelles. On appelle Nouv.-Dardanelles deux autres villes situées sur le même détroit: Xilidh-Bahr et Sultanié-Kalessi, dites aussi Château d'Europe et Château d'Asie. Ces quatre villes sont très-fortifiées et rendent presque impossible le passage des Dardanelles. Néanmoins les Anglais, conduits par l'amiral Duckworth, le forcèrent en 1807.
  • DARDANELLES (canal ou détroit des), VBellespont des anciens, détroit qui sépare l'Europe de l'Asie et lie l'Archipel à la mer de Marmara. Sa largeur varie de 2 à 9 kil.; en quelques endroits on peut le traverser à la nage. La côte occident, est européenne; la côte orient, est asiatique (c'est l'anc. Dardanie, en My-sie). Sur ses bords sont les villes des Dardanelles et plusieurs forts (V. l'art, précéd.); à l'extrémité N. O. se trouve Gallipoli, ce qui le fait aussi appeler Détroit de Gallipoli. Par une clause secrète du traité d'Unkiar-Skélessy, la Russie avait fait fermer le détroit à tous les bâtiments de guerre étrangers autres que les bâtiments russes (1833). Cette clause a été annulée par le traité des Détroits (1841).
  • DARDANELLES (PETITES-). V. Golfe de Levante.
  • DARDANIE, Dardania, nom donné très-anciennement k-la Troade, où régna Dardanws, et spécialement à la partie N. de cette contrée. Il s'y trouvait une v. de Dardanie, près d'Abydos, dont le nom se retrouve encore dans les Dardanelles, et oùSylla dicta la paix à Mithridate (85 av. J.-C.).
  • DARDANIE, région de l'Europe anc, au S. de la Mésie centrale, et sur le revers septent. des monts Scordus et Orbelus. Ch.-l., Scupi. La Dardanie fut soumise par Philippe et par Alexandre, mais ne fit que nominalement partie de leur empire. Les Romains ne l'assujettirent qu'au i,r siècle. Au temps de Constantin la Dardanie devint une prov. du diocèse de Dacie.
  • DARDANUS, un des plus anciens rois de Troie, né à Corythe {Cortone) en Ëtrurie, était, selon la Fable, fils de Jupiter. Ayant tué son frère Jasion, il fut forcé de s'expatrier, passa dans l'Asie Mineure, où il épousa la fille de Teucer, roi de Teucrie, lui succéda et régna de 1568 à 1537 av. J.-C. On le regarde comme le fondateur de Troie; on lui attribue le Palladium. C'est de lui que les Troyens sont appelés par les poètes Dardanides, et la Troade Dardanie.
  • DARES le Phrygien, Troyen, grand prêtre de Vul-cain, vivait au temps de la guerre de Troie. Il écrivit, au rapport d'Ëlien, unebistoire de cette guerre; mais il est fort probable que l'ouvrage qu'on avait sous le nom de Darès, et qu'on appelait Petite Iliade, était l'œuvre d'un sophiste moderne. Quoi qu'il en soit, nous n'avons plus cet ouvrage en grec, _il n'en existe qu'une trad. latine sous ce titre : De Ë'xcidio Trojœ, faussement attribuée à Cornélius Népos. Darès est le plus souvent imprimé avec Dictys de Crète ; les meilleures éditions sont celles de Mme Dacier, Paris, 1680, de Périzonius, Amsterdam, 1702, et de Dederich, Bonn, 1835. Il a été plusieurs fois traduit : la trad. la plus récente est d'A. Caillot, 1813. DARES, athlète troyen dont il est parlé au v* livre de VEnéide, osa défier Entelle, qui le terrassa.
  • DAR-FOUR, c-à-d. roy. de Four, Etat de l'Afrique centrale, sur les confins de la Nigritie et de la contrée du Bahr-el-Abiad, àl'E. du Dar-Koulîa et du Baghermé, au S. O. de la Nubie, à l'O. du Kordo-fan. Population, 250 000 h. Ch.-l., Kobbé. Climat chaud, mais sain; grands déserts semés d'oasis. Le commerce s'y fait par caravanes et seulement au moyen d'échanges. Les habitants sont noirs, mais diffèrent des nègres de la Guinée; ils professent l'Islamisme. Ils obéissent à un roi absolu.—Le Dar-Four était jadis maître du Kordofan,du Bégo, du Dar-Runga, etc. : il est auj. réduit à ses propres forces. II a été visité en 1793 par W. G. Browne,- en 1853 par M. d'Escayrac, et en 1858 par M. Cuny.
  • DARIEL, fort russe en Circassie, à la limite de l'Europe et de l'Asie, sur la r. dr. du Térek, entre Mosdok et Tiflis, donne son nom au défilé appelé chez les anciens Portes Caucasiennes (Caucasie pylse), défilé qui n'a pas moins de 100 k. de longueur.
  • DARIEN, riv. de N,-Grenade, confondue à tort avec l'Atrato, se jette dans l'Océan pacifique au golfe S.-Miguel.
  • DARIEN (golfe de), golfe formé par la mer des Antilles, sur la côte N. de la Nouvelle-Grenade, entre 7" 50' et 10» 12' lat. N., et entre 77°55' et 79° long. O. Il reçoit le Darien et l'Atrato.
  • DARIEN (isthme de), le même que l'isthme de Panama, est ainsi nommé du golfe de Darien. V. PANAMA. DARIORIGUM, v. de Gaule, auj. Vannes. DARIQUE, monnaie d'or et d'argent dés Perses, ainsi nommée de Darius J, qui la, fit frapper. Le da-rique d'or est évalué à 25 fr. '
  • DARIUS I, roi de Perse, fils d'Hystaspe, de la race des Achéménides, monta sur le trône l'an 521 av. J.-C.", après l'interrègne qui suivit la mort de Cambyse et de l'usurpateur Smerdis le mage. On dit qu'à la mort de ce dernier les principaux seigneurs, ne"pouvant s'accorder entre eux, convinrent de reconnaître pour roi celui dont le cheval hennirait le premier au lever de l'aurore, et que Darius obtint la couronne par l'artifice de son éouyer qui mena d'avance une cavale au lieu du rendez-vous. Darius réprima la révolte de la Babylonie, et s'empara de Bahylone après un long siège par le dévouement de Zopyre (7. ce nom). Il marcha ensuite contre les Scythes, mais il perdit presque toute son armée (513). Quelques années après, il envahit la Thrace et la soumit (506). H pénétra jusqu'aux Indes et ea conquit une partie. Il résolut ensuite de faire la guerre aux Grecs, qui avaient secovrales Ioniens révoltés
DAIIO - 500 — DAUB
  • contre lui (501), et envoya dans leur pays une armée considérable, sous les ordres de ses meilleurs généraux; mais la Hotte de Mardonius échoua au mont Athos; Datis et Artapherne, qui avaient pénétré en Grèce, furent vaincus à Marathon par Mil-tiade, et perdirent plus de 200 000 hommes. l'an 490 av. J.-C. Darius préparait une nouvelle expédition contre la Grèce, et s'efforçait en même temps de soumettre l'Egypte révoltée, quand il mourut, l'an 485. Usserius voit en ce prince l'Assuérus de l'Écriture : Vasthi serait alors Atossa, fille de Cyrus.
  • darius u, Ochus ou Nolhus, c-à-d. bâtard, fils naturel d'Artaxerce Longuemain, monta sur le trône après avoir fait périr Sogdien, assassin de Xerxès II (423 av. J.-C.). L'Egypte, la Médie, la Lydie, se soulevèrent sous son règne; mais il réussit à les réduire à l'aide de ses généraux, et laissa le sceptre à son fils Artaxerce Mnémon, l'an 404 av. J.-C.
  • darius m, codoman, dernier roi de Perse (336-330), descendait de Darius Nothus. L'eunuque Ba-goas, après avoir empoisonné plusieurs princes, allait faire subir le même sort à Darius, quand celui-ci, instruit de ses desseins, l'obligea à boire lui-même le poison qu'il avait préparé. Deux ans après, Alexandre envahit les États de Darius, défit ses généraux auprès du Granique (334), le battit lui-même à la bat. d'Issus, où il fit prisonniers sa-mère, sa femme et ses enfants (333),. lui enleva Gaza, Tyr, toute l'Asie-Mineure, la Syrie, l'Egypte, et, sans s'arrêter à ses propositions de paix, vint lui présenter de nouveau la hataiUe auprès d'Arbèles : Darius fut encore vaincu et s'enfuit dans la Médie; mais Bessus, satrape de la Bactriane, l'assassina dans la route (330). Alexandre pleura Darius et lui fit faire des obsèques magnifiques. darius le mède, prince mentionné dans la Bible par Daniel, est le même, selon les uns, que Cyaxare II, et, selon d'autres, que Darius I, fils d'Hystaspe.
  • DARLINGTON, v. d'Angleterre (Durham), à 28 k. S. de Durham; 12000 hab. Industrieuse et très-commerçante. Moulin pour tailler et pùlir les verres d'optique. Source minérale.
  • DARMSTADT, capitale du grand-duché de Hesse-Dannstadt, sur le Darm, à 877 kil. E. de Paris (par le chemin de fer de Bruxelles), à 23 k. S. de Franc-fort-sur-le-Mein; 32 000 hab. Darmstadt est divisée en Ville Yieille ou Ville neuve. Quelques édifices remarquables : château ducal, muséum, etc. Collège, bibliothèque, école dite Realschule, école militaire, sociétés savantes, etc. Draps, toiles, tanneries, etc. — Jusqu'au siV siècle, Darmstadt n'était qu'un vge, qui appartenait aux comtes de Katzenellenbogen : érigée en ville en 1330, elle passa par mariage en 1479 dans la maison de Hesse, et devint en 1567 la résidence de George, fondateur de la ligne de Hesse-Darmstadt. — Pour le duché, V. hesse.
  • DARNÉTAL, ch.-l. de c. (Seine-Infér.), sur l'Au-bette, à3 k. E. de Rouen; 5979 h. Draps, indiennes, teintureries, tonderies de draps.
  • DARNEY, ch.-l.de c (Vosges), à 25 k. S. de Mi-recourt; 1400 hab. Jadis place forte. Fer êtamé.
  • DARNLEY (H. stuart, lord), seigneur écossais, fils du comte de Lennox et de Marguerite Douglas, nièce de Henri VIII, roi d'Angleterre, épousa en 1565, à l'âge de 20 ans, Marie Stuart, reine d'Ecosse, sa cousine, qui avait conçu pour lui une vive passion. Il se livra bientôt à un grossier libertinage, persécuta tous ceux qu'il croyait les favoris de la reine, et fit mettre à mort, dans l'appartement même de Marie Stuart, Rizzio, secrétaire de la reine (1566), qu'il soupçonnait. Il périt lui-même dans la nuit du 9 février 1567, la maison où il se trouvait ayant sauté en l'air. ' Marie Stuart et Bothwell furent accusés de ce meurtre,
  • DAROCA, v. d'Espagne (Calatayud), dans la prov. d'Aragon, sur la Xiloca, à 33 kil. de Calatayud; 3000 hab. Enlevée aux Maures en 1123.
  • DAROUAR ou nassirabad, v. forte de l'Inde anglaise (Bombay), ch.-l. de district, à 160 k. S. O. de Bedjapour. En 1784 Tippou-Saîb la prit aux Mahrattes, mais il la reperdit en 1791. Cédée aux Anglais en 1825. — Le district a env. 900 000 hab.
  • DARSZALEH, contrée intérieure de l'Afrique, dite aussi Bergou. V. .bergou.
  • DARTFORD, v. d'Angleterre (Kent), à 22 k. S. E. de Londres, sur le Darent; 6000 hab. Poudrerie, papeterie. Mausolée de I. Spilman-, qui introduisit en Angleterre en 1588 las manufactures de papier.
  • DARTMOUTH.v. d'Angleterre (Devon), â44k. S. d'Exeter, sur le Dart,j>rès de son emb. ; 4500 hab. Les Français s'en soïJC emparés sous Richard I et sous Henri IV (d'Angleterre).
  • DARU (Pierre Ant. Noël Bruno, comte), homme d'État et littérateur, lié à Montpellier en 1767, mort en 1829, fut commissaire des guerres de 17^3 a 1789. Partisan modéré de lajRévolutioti, il fut emprisonné sous la Terreur, et n'obtint sa liberté qu'au 9 thermidor. En 1801, il en|ra au tribunat; en: 1806, il fut nommé plénipotertûaire à Berlin. Minisîre secrétaire d'État en 1811, il s'opposa dans les conseils de l'empereur à la guerre de Russie. Après la Restauration, il fut nommé pair, et défendit avec constance la cause des libertés publiques. Ses ouvrages principaux sont : une Traduction en vers des OEuvrcs d'Horace, 1804, une des meilleures que nous possédions; l'Histoire de la république de Venise, 1819 et 1822, ouvrage devenu classique ; VSlisl. des ducs de Bretagne, 1826, et l'Astronomie, poëme en 6 chants, publié après sa mort, 1830. Il avait été admis en 1811 à l'Académie française.—Son fils, M. Napoléon Daru (1802-1873), a été pair de.France en 1832, membre de l'Assemblée nationale en 1848 et 1849," et membre libre de l'Académie des sciences morales.
  • DARVANDS OU DEVS. V, DEYS et AMSCHASPANDS.
  • DARWIN (Érasme), poète anglais, né en 1731 à Elston (Nottingham),~mort en 1802, était médecin et exerça son art avec un grand succès à Lichfield. On a de lui un poème célèbre, le Jardin botanique, 1781, divisé en 2 parties, intitulées : l'Économie de la végétation et les Amours des plantes (la 2° partie a été trad. par Deleuze, 1799), et un ouvrage fort original, la Zoonomù ou Lois de la-vie organique, 1801 :il y classe les maladies de l'homme d^près une méthode analogue à celle adoptée par Linné pour les plantes, et les explique toutes par Vexcitabilité, comme Brown. Ce dernier ouvrage a été trad. en franc, par Kluyskens, 1813.
  • DASSÀRÉTIE, région de la Macédoine, entre les monts Bermii et Candavii, au N. de l'Orestide et à l'O. de la Lyncestide, avait pour v. principale Lych-nidus. Elle répond au sandjakat d'Ochrida.
  • D'ASSAS, D'ASSOUCY. V. assas, assouct.
  • DASYPODIUS (P.),nom gréciséde Rauchfuss (pied velu), maître d'école à Frauenfeld, puis "professeur de grec à Strasbourg, mort en 1559, a publié le plus ancien Diclionn. grec-lalin-allemand, Strasbourg, 1534, in-8.—Son fils, Conrad Dasypodius, 1532T-1600, professeur de mathématiques à Strasbourg, a tracé le plan de la fameuse horloge de la .cathédrale de cette ville et en a rédigée la description dans son Héron malliematicus, 1580.

[modifier] DAT

  • DATAME,généraldes Persessous ArtaxèrceOchus, remporta des victoires signalées sur les enifemis de ce prince. Disgracié par le roi, auprès duquel des envieux l'avaient desservi, il fit révolter la Cappadoce, défit le satrape Artabaze, envoyé contre lui, et resta quelques années indépendant; mais il ftit tué par trahison, 361 av. J.-C.Cornélius Néposaécrit sa Vie.
  • DATUAN. V. coré et abiron.
  • DATIS, général de Darius I, commandait, avec Ampherne, l'armée des Perses qui fut battue par Miitiade à Marathon, 490 av. J.-C.
  • DATTES (Pays des). V. bilédulgérid.
  • D'AUBE (Fr. aiCHER), jurisconsulte (1686-1752), était parent de Fontenelle et s'était acquis une cei-taine célébrité par son ardeur pour la discussion. Rulhière l'a mis en scène dans son poëme sur lés
DÀUN — 501 — DÀUP
  • Disputes. On a de lui un Essai sur les principes du droit et de la morale, 1743, ouvrage médiocre.
  • DAUBENTON (L. J. Marie), naturaliste, né à Mont-bard en 1716, mort à Paris en 1800, exerça d'abord la médecine, puis s'adjoignit à Buffon pour la rédaction de l'Histoire naturelle des animaux, et fournit aux 15 premiers volumes des articles de description anatomique, qui sont des chefs-d'œuvre d'exactitude et qui forment encore auj. une des bases de l'anatomie comparée. Buffon le rit nommer en 1745 garde et démonstrateur du Cabinet d'histoire naturelle: il devint en 1778 professeur d'hist. naturelle au Collège de France, en 1783 prof, d'économie rurale à l'école d'Alfort, et fit en 1795 quelques leçons aux écoles normales. II fut reçu de bonne heure â l'Académie des sciences et fournit à cette société un grand nombre de mémoires. Il a eh outre donné des articles à l'Encyclopédie et à plusieurs recueils savants. On lui doit la naturalisation des moutons •espagnols en France; il a publié plusieurs ouvrages sur la manière d'élever ces animaux. Comme médecin, il recommanda les pastilles d'ipécacuanha, qu'on appelait pastilles de Daubenton. — Mme Daubenton est l'auteur du roman intitulé : Zélie dans le désert.
  • daubenton (le P.), jésuite, né en 1648 à Auxerre, mort en 1723 à Madrid, accompagna Philippe V en Espagne comme son confesseur, fut éloigné en 1670 par l'influence de la princesse des Ursins, revint a Madrid en 1716, après la disgrâce de la favorite, et reprit sa position de confesseur du roi. Il seconda les projets d'Alberoni. On a de lui des Oraisons funèbres et une Vie de S. François-Régis, 1716.
  • D'AUBIGNAC. D'AUBIGNE. V. aubignac (d'), etc.
  • DAUDIN (Fr. Marie), naturaliste, né vers 1770, mort en 1804, a composé un traite d'Ornithologie (1800), ouvrage peu exact et qui est resté incomplet, et une Histoire naturelle des reptiles (1802-3, 8 vol. in-8), qui fait suite au Buffon de Sonnini, et qui est plus estimée que son Ornithologie.
  • DAULIS, d'abord Ânacris, auj. Davlia, v. de Pho-cide, au pied du Parnasse, à Ï'E. de Delphes.
  • DAUMESNIL (Pierre), général, surnommé la Jambe de bois, né à Périgueux en 1777, mort en 1832, servit d'abord comme simple soldat dans les guerres d'Italie et d'Egypte, fut nommé major de la garde en 1809 à la suite d'une foule d'actions d'éclat, et eut une jambe emportée par un boulet de canon à Wagram. En 1812, il fut élevé au grade de général de brigade, et reçut de l'Empereur pour retraite le gouvernement du'château deVincennes. Il défendit ce poste avec le plus grand courage en 1814 contre les troupes alliées; aux sommations qui lui furent faites, il répondit plaisamment : Je vous rendrai la place lorsque vous m'aurez rendu ma jambe. Il refusa un million qu'on lui offrit pour se rendre.. Il n'en fut pas moins mis à la retraite par Louis XVIII. On s'empressa en 1830 de le rétablir dans son gouvernement. A cette époque, il s'opposa avec énergie aux exigences du peuple de Paris, qui s'était porté en foule à Vincennes et qui demandait à grands cris la tête des ministres de Charles X. Une statue lui a été élevée à Périgueux. — Sa veuve a été nommée par Napoléon III'surintendante de la maison impériale de St-Denis..
  • DAUN (Léopold Marie, comte de), feld-maréchal d'Autriche, né à Vienne en 1705, mort en 1766. Généralissime des troupes impériales pendant la guerre de Sept ans, il gagna en 1757 sur Frédéric II à Kol-lin une victoire complète et fut proclamé le sauveur de la patrie ; mais la même année il fut défait à Leu-then. Il reprit ses avantages l'année suivante en battant Frédéric à Hochkirch. En 1759, il prit Dresde; mais il se laissa battre en 1760 à Torgau, malgré ia supériorité du nombre et les avantages de la position. On lui reprochait ses temporisations.
  • RAUNIE, Daunia, à peu près la Capitanate, région de l'Apulie, dont elle formait la partie septent. Villes principales : Arpi ou Argyrippa, Cannes, célèbre par la défaite des Romains; Yenusia, patrie d'Horace. La Daunie doit son nom à Daunus, son 1°' roi, qui était beau-père: de. Diomède.
  • DAUNOU (P. Claude François), secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, né en 1761 à Boulogne-sur-Mer, mort en 1840. il entra d'abord chez les Oratoriens et enseigna les belles-lettres, la philosophie et la théologie dans lusieurs de leurs collèges. A là^Révolution, il em-rassa les idées nouvelles, fut nommé député à la Convention, où il se distingua par sa modération et s'occupa surtout de l'instruction publique; puis au Conseil des Cinq-Cents, dont il fut le premier président et un des membres les plus actifs; fit un instant partie du Tribunat, d'où son indépendance le fit exclure; devint en 1801 garde de la bibliothèque du Panthéon, et en 1804 archiviste de l'Empire , charge qu'il perdit sous la Restauration , mais qui lui fut rendue en 1830. Il fut nommé en 1819 professeur d'histoire au Collège de France, et fut élu la même année membre de la Chambre des Députés, où il siégea parmi les-défenseurs des libertés nationales. Il venait d'être élevé à la pairie lorsqu'il mourut. Parmi ses nombreuses et utiles publications, nous citerons :: De l'influence de Boi-leau sur la littérature française, 1787; Étendue et limites de la puissance paternelle, 1788-, la continuation de Y Histoire de Pologne de Rulhière, 1807 ; un Essai historique sur la puissance temporelle des papes, 1810; la continuation de la collection des Historiens de France et de l'Histoire littéraire de . la France, ouvrages commencés par lqs Bénédictins; le Discours sur l'état des lettres au xm° siècle; l'Essai sur les garanties individuelles, 1819; enfin de nombreuses éditions, avec notices, de divers auteurs, tels que Boileau, 1809; Chënier, 1811; La Harpe, 1826. II a laissé un Cours d'études historiques, publié après sa mort par MM. Taillandier et Gorré, ; 20 v. in-8, 1842-49 : cet ouvrage, fruit des leçons qu'il faisait au Collège de France, traite de la "manière d'écrire l'histoire, des ressources de la critique historique. Ce savant laborieux et modeste fut également remarquable par ses vertus .privées et pudiques. M. Mignet a lu en 1843 son Éloge à l'Académie des sciences morales, dont il était membre depuis la fondation. M. V. Le Clerc et M. B. Guérard lui ont aussi consacré des Notices étendues.
  • DAUPHIN, nom que portaient d'abordlesseigneurs du Dauphiné de Vienne(par allusion au dauphin qui ornait leur casque), fut ensuite donné à l'héritier présomptif du trône de France,'lorsque le Dauphiné eut été cédé à la couronne (F. dauphiné)..Ce titre n'impliquait point d'ailleurs, chez le .prince héréditaire de France, la souveraineté réelle du Dauphiné. On connaît sous le nom spécial de Grand Dauphin le fils aîné de Louis XW, Louis de France, né en 1661, m. avant son père en 1711 ; et sous celui de Second Dauphin, Louis, fils du Grand Dauphin, né en 1682 et mort en 1712, aussi avant Louis XIV (V. louis). C'est pour le premier que fut faite la collection des classiques latins dite ad usum Delphini.—Le titre de Dauphin fut pareillement porté par les seigneurs delà branche aînée de la maison d'Auvergne, du xn' au xv s. — On appelait Dauphiné l'épouse du Dauphin.
  • DAUPHIN (fort-), établissement français sur la côte S. E. de l'île de Madagascar, au N. E. du cap Ste-Marie. Longtemps délaissé, repris en 1827.
  • DAUPHINÉ, Delphinatus en latin moderne, anc. gouvt de la France, avait pour bornes au N. la Bresse et le Bugey, à l'E. la Savoie et le Piémont, au S.la Provence, à l'O. le Lyonnais, le Forez, le Vivarais, au S. O. le comtat Venaissin. On le divisait en Haut-Dauphiné et Bas-Dauphiné. Dans le premier, on distinguait le Grésivaudan, le Royanez, Champsaur, le Brianconnais, l'Embrunais, leGapençais, lesBaron-nies; dans le 2°, le Viennais, leValentinois,le Diois, le Tricastinois, la pté d'Orange. Grenoble était le ch.-l. de toute la prov. Ce pays forme auj. les dép.
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  • de l'Isère, des H.-Àlpes, et une petite partie de celui de la Drôme. Il est très-accidenté, très-pittoresque, et offre de nombreuses curiosités naturelles, qu'on a nommées les merveilles du Vauphiné.—Le Dauphiné, occupé jadis par les Allobroges, les Segalauni, les Voconliï et les Tricastini, fit partie d'abord de la ViennaiseHt delà Narbonnaise 2°, puis du roy. des Burgundas,de la Bourgogne Cisjurane, du roy. d'Arles. Lorsque sje dernier roy. se divisa en fiefs nombreux, le Dauphiné se forma de la réunion de plusieurs de ces fiefs au comté de Vienne ou d'Albon, comté dont les titulaires se qualifiaient Dauphins. Il y a eu 3 maisons de Dauphins de Vienne : la 1", la maison des comtes d'Albon, issue de Guiguos I (1063-1212) ; la 2°, dite dynastie de Bourgogne, commençant à Guigues VI, et finissant en 1281; la 3", dite maison de La Tour-du-Pin (1281-1349). Par un traité signé en 1343 et confirmé en 1349, Humbert II, héritier de cette maison, assura le Dauphiné à Philippe de Valois, à condition que toujours le fils aîné du roi de France prendrait le nom de Dauphin. Le Dauphiné accueillit au xiv" s. les doctrines des Vau-dois et au xvi" s. celles de Calvin, ce qui attira sur ce pays les plus cruelles persécutions. En 1690, le duc île Savoie et le prince Eugène envahirent le Dauphiné et le mirent à feu et à sang. Ce pays fut un des plus empressés à se prononcer en faveur de la Révolution et à accueillir l'Empereur à son retour de l'île d'Elbe.
  • dauphiné d'auvergne, nom donné du xii" au xv° s. aune seigneurie appartenant à la branche aînée des comtes d'Auvergne, et qui se composait d'une partie de la Limagne et de la moitié de la v. dé Clermont.
  • DACRAT. Y. DORAT.
  • DAUSQUE (Claude), commentateur, né à St-Omer en 1566, m. en 1644, jésuite et chanoine de Tournai, a donné une édition estimée de Silius Italiens, avec notes, 1615; une trad. latine des Homélies de S. Basile, Paris, 1622; des notes sur Quintus Calaber, Colu-Ihus. etc.; Anliquinovique Latii orthographia, 1632.
  • DÂUVERGNE (Ant.) compositeur, né en 1713 à Clermont, m. en 1797, était fils d'un maître de violon. 11 donna en 1753, avec Vadé, les Troqueurs, un des premiers opéras-comiques réguliers, devint maître de la musique du roi (Louis XVI) et composa des ballets et de la musique d'église.
  • DAVE, Daims, personn. de lacom. lat., est, comme nos Frontins, le type de l'esclave rusé et pervers. (Voir, dansTérence, iMndriejme,le P/iormïo», etc.).
  • DAVENANT (sir Will.), poste anglais, né à Oxford en 1605, mort en 1668, fut nommé en 1637 poète lauréat. Il s'attacha dans les guerres civiles à Charles I, combattit vaillamment et fut fait chevalier en 1643. Quelque temps avant la mort de ce prince, il passa en France et se fit catholique. Il revint en Angleterre lorsque Charles II monta sur le trône. Ses ouvrages ont été publiés à Londres en 1673, in-fol. On y trouve des Tragédies, des Tragi-Comédies, des Mascarades, des Comédies et des poésies diverses, entre autres le poëme de Gundibert, qui eut un grand succès. —Son fils Charles D. (1656-1714), s'est fait un nom par plusieurs ouvrages de politique, de poésie et d'économie, imprimés en 1771, 5 vol. in-8.
  • DAVID, roi-prophète, fils d'Isaï ou Jessé, né à Bethléem vers 1086 ou 1071 av. J.-C., conduisait les troupeaux de son père, lorsqu'il fut désigné par Samuel, à l'âge de I5ans, pour succéder àSaùl,et reçut l'onction royale. Il tua le géant philistin Goliath, qui avait défié les Juifs, etse couvrit de gloire en plusieurs' autres occasions; mais Saul, jaloux de ses succès, voulut le falre périr, ce qui le força à se cacher pendant plusieurs années, et même à chercher un refuge chez l'étranger. Après la mort de Saul, qui périt à Gelboé,ilsefitreconnaîtreroiàHébron(1056oul040). Le trône lui fut d'abord disputé par un fils de Saul, Isboseth; mais ce prince ayant été assassiné, David régna seul au bout de 7 ans. Il fit de grandes conquêtes, enleva aux Jébuséens Jérusalem, dont il fit sa capitale, vainquit les rois de Syrie et de Mésopotamie ; mais il ternit la gloire de son règne en cédant. à des passions coupables : on lui reproche surtout la mort d'Urie, dont il se défit pour épouser sa femme Bethsabée; cependant, ayant fait pénitence, il obtint de Dieu son pardon. David eut de grands chagrins domestiques : il vit un de ses fils, Amnon; tué par son frère Absalon, et eut à réprimer la révolte et à déplorer la mort de ce. dernier. Il mourut en 1016 ou 1001, laissant le trône à. Salomon, le plus jeune de ses fils. On a sous le nom de David 150 psaumes qui sont régardés commeje chef-d'œuvre de la poésie lyrique. Outre qu'ils se trouventtrad. en prose dans toutes les versions de la Bible, ils ont été pour la plupart imités en vers français; les trad. les plus estimées sont celles de MarotJ de Malherbe, de Ra-can et de J. B. Rousseau.
  • david de Nerken, philosophe arménien des v* et vi* siècles, était cousin germain et disciple de Moïse de Khoren. Il étudia la philosophie à Athènes sous Sy-rianus, et fut condisciple de Proelus. Il fut chargé par le patriarche Isaac I'de visiter Ëdesse, Alexandrie, Athènes, Constanjinople, pour s'y instruire et recueillir des manuscrits. Il a trad. en arménien les ouvrages d'Aristotesurla Logique, et a laissé des commentaires importants sur Aristote, Porphyre, etc., les uns en grec, les autres en arménien. Ils sont restés manuscrits pour la plupart; on en trouve des fragments dans l'Aristote de l'Académie de Berlin.
  • david (S.), patron du pays de Galles, né vers 480, mort en 544, était fils d'un prince du Cardigan. Il prêcha le Christianisme dans la partie mérid. de la Grande-Bretagne, fonda 12 monastères, et fut évêque de Menevia, ville qui prit depuis le nom deSt-David. On l'honore le 1" mars.
  • david comnène, dernier empereur de Trébizonde, avait usurpé le trône après la mort de son frère. Il consentit à livrer ses Etats à Mahomet II, en 1458, à condition que ce sultan épouserait sa fille Anne, et que lui-même aurait la vie sauve. Le sultan observa la première condition; mais il fit tuer David avec sept de ses fils, en 1462.
  • david i et il, rois d'Ecosse. V. ëcosse et bruce.
  • david (J. L.), célèbre peintre français, né à Paris en 1748, était parent du peintre Boucher. lleutVien pour maître, remporta le grand prix en 1775 et fut admis à l'Académie de peinture en 1783. Il s'attacha à restaurer l'art en France, enfaisantrevivre le goût des beautés antiques. 11 pritaussjunegrandepartaux événements de la .Révolution. Passionné pour les républiques de la Grèce et de Rome, il espérait eïl transplanter chez nous les institutions. En 1791, il offrit à l'Assemblée constituante l'esquisse du tableau du Serment du jeu de paume; il exécuta deux ails après la Mort de Michel ùpelletier. Nommé membre de la Convention en 1792, il s'y fit remarquer par son ardeur républicaine, vota la mort de Louis XVI, siégea avec les Montagnards, et fut un moment président de l'assemblée. La.Jfoft de Marat lui fournit le sujet d'un tableau célèbre (1793). A partir de l'année 1796, il ne s'occupa plus de politique et s'adonna tout entier aux arts. De son atelier sont sortis, entre autres chefs-d'œuvre, Bélisaire, Brutus, les Boraces, la Mort de Socrate, VEnlèvement des Sabines, Bonaparte au mont Str-Bernard,.\& Couronnement de l'Empereur, la Distribution des aigles, léonidas aux Thermopyles, etc. À la Restauration, David fut exilé. Il mourut en 1825 à Bruxelles. Le gouvt d'alors ne permit pas qu'on rapportât ses restes en France; les Belges lui érigèrent un momiment. On compte parmi ses élèves Gérard, Girodet. Gros, Ingres, Léopold Robert. M. Delécluze a publié L. David et son temps, 1854, in-12.
  • david (Ëmerio), savant, né à Aix en 1755, mort en 1839. D'abord avocat, puis maire d'Aix, en 1791, il fut appelé au Corps législatif en 1809 et nommé député en 1814. Quittant le barreau et la politique pour les lettres, il composa une Histoire de la peinture au moyen âge, 1842, une Histoire de lascuïp~
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  • titre française (posthume, 1853), l'Éloge de P. Pujet et celui du Poussin, une Introduction à l'étude de la Mythologie. On a aussi de lui de savantes recherches sur Jupiter, 1833, Vulcain, 1837, Neptune, 1839. II avait été admis en 1816 à l'Acad. des inscriptions.
  • DAVID (Pierre Jean), dit D. d'Angers, né en 1792, à Angers, mort en 1856, vint jeune à Paris, étudia sous Roland, remporta le grand prix et fut envoyé a Rome; exécuta, peu après son retour, la statue du Grand Condé, qui figure dans la cour d'honneur de Versailles; fut élu en 1826 membre de l'Institut, et nommé, la même année, professeur à l'Ecole de Peinture et de Sculpture. Il a produit une foule d'ouvrages de genres divers, monuments, tombeaux, statues, bustes, médaillons, bas-reliefs, qui tous sont empreints d'un talent vrai et énergique. Préférant le réel à l'idéal, il s'attacha surtout à la fidèle représentation des personnages illustres. On lui doit : le nouveau Fronton du Panthéon; les Tombeaux des généraux Foy et Gobert, au Père-Lachaise ; le Monument de Fénelon, à Cambray; le Mausolée de Marco Botzaris, à Missolonghi; Philopémen blessé, aux Tuileries; les statues de Corneille, à Rouen, de Racine, àla Ferté-Milon, à'Ambroise Paré, à Laval, de Larrey, au Val-de-Grâce, de Bichat, à l'École de Médecine, de Bernardin de St-Pierre et Delavigne, au Havre, de Cuvier, au Jardin des Plantes, de Talma, au Théâtre-Français; les bustes de La Fayette et Washington, dans la salle du congrès des États-Unis; de Gœthe, à Dresde, de Visconti, à l'Institut; de Grégoire, Sieyès, Barrère, Lamennais, etc. Ardent démocrate, il fut élu en 1848 représentant du peuple par le département de Maine-et-Loire. Il quitta la France en 1852, et se dirigea vers la Grèce; mais sentant ses forces décliner, il rentra dans sa patrie, où il ne tarda pas à succomber. M. Halévy a lu à l'Institut en 1857 une Notice sur sa vie et ses ouvrages.
  • DAVIES (John), critique anglais, né à Londres en 1679, mort en 1732, fut ministre à Fen-Ditton près de Cambridge, puis chanoine d'Ely, et devint en 1717 chef du Collège de la Reine à Cambridge. On a de lui des éditions estimées de César et de Maxime de Tyr, 1706; mais il est surtout connu par ses travaux sur les ouvrages philosophiques de Cicéron : on lui doit les Tuseulanes, Cambridge, 1709; De Finibus, 1715; De natura Deorum, 1718; les Académiques, 1725 ; De Legibus, 1727, avec d'excell. commentaires. On lui reproche d'être trop hardi dans ses corrections.
  • DAVILA (Henri Catherin), historien, né en 1576 près de Padoue, d'une famille originaire d'Avila en Espagne, et qui avait fourni plusieurs connétables au royaume de Chypre, fut amené de bonne heure en France, où son père jouissait de la faveur de Henri III et de Catherine de Médicis (en souvenir de quoi il reçut les noms de Henri et Catherin) ; fut d'abord page, puis prit du service sous Henri IV pendant la guerre civile , et se distingua à Honneur et devant Amiens (1597). Ala paix, il retourna à Padoue, qu'il fut obligé de quitter en 1606 à la suite d'un duel, et alla se fixer a Venise, où il reprit les armes et rendit de grands services à la république. Il périt assassiné près de Vérone en 1631. Depuis son retour de France, Davila n'avait cessé de travailler à une Histoire des guerres civiles de France depuis la mort de Henri 11 (1559) jusqu'à la paixde Ferrois(1598); il lapubliaen 1630à Venise^ en italien (il en a paru des éditions bien préférables," à Paris, 1644, et à Venise, 1733). Cet ouvrage est universellement estimé pour l'exactitude des faits et pour le mérite du style. On reproche cependant à l'auteur quelque partialité pour Catherine de Médicis. L'Histoire de Davila a été trad. par J. Baudouin, 1642, et par l'abbé Mallet, 1757.
  • DAVIS (John), navigateur anglais, fit, en 1585 et années suivantes, plusieurs voyages dans le but de chercher un passage aux Indes orientales par le N. O. de l'Europe ; visita les côtes du Groenland, découvrit le détroit qui porte son nom et l'île de Cum-
  • berland, mais ne put trouver le passage cherché. Il fit ensuite plusieurs voyages pour la Compagnie des Indes orientales, et fut tué, en 1605, près de Pa-tani, sur la Côte de Malacca, par des pirates japonais. La relation de ses voyages, écrite par lui-même, se trouve dans le t. III du recueil d'Hackluyt, celle de ses voyages aux Indes, dans les tomes I et III de Purchas et .dans Harris.
  • DAVIS (détroit, ou mieux canal de), bras de mer de l'Amérique du N., par lequel la'mer de Baffln est unie à l'Océan Atlantique, est situé entre le Groenland au N. E. et la terre de Cumberland au S. O., par 52°-68° 20' long. O., 63°-67° lat.N.
  • DAVOS, bourg de Suisse (Grisons), à 20 kil. S. E. de Coire; 1500 hab. Ch.-l. de la haute juridiction de Davos dans la Ligue des Dix Droitures.
  • DAVOUT (L. Nie), prince d'Eckmûhl, maréchal de France, né en 1770 à Annoux (Yonne), fut élève à l'école de Brienne en même temps que Napoléon, servit comme chef de bataillon sous Dumouriez à l'armée du Nord, fit, en qualité de général de brigade, les campagnes de 1793, 94 et 95 aux armées de la Moselle et du Rhin, où il se signala par sa bravoure et son audace ; fit ensuite partie de l'expédition d'Egypte et contribua puissamment à la victoire d'Aboukir; fut nommé général de division à son retour en France, et en 1804 maréchal de l'Empire; prit la part la plus glorieuse aux victoires d'Ulm, d'Austerlitz (1805), gagna lui-même celle d'Auer-stœdt (1806), contribua puissamment à celle d'Eck-mûlh (1809) et reçut en récompense les titres de duc d'Auerstsedt, de princed'Eckmûlh; futpeu aprèsnom-mé gouv. de la Pologne; montra un grand dévouement dans la campagne de Russie et battit Bagration à Mohilev (1812); défendit Hambourg en 1813 avec un talent, un courage et une persévérance qui mirent le comble à sa gloire. Il se retira dans ses terres au retour des Bourbons ; accepta de Napoléon pendant les Cent-Jours le portefeuille de la guerre, et reçut le commandement général de l'armée sous les murs de Paris après la bataille de Waterloo ; mais il se vit bientôt forcé de signer une capitulation (3 juillet 1815). Il ne parut à la cour de Louis XVIII qu'en 1818, fut nommé pair de France en 1819, et mourut en 1823.
  • DAVY (sir Humphry), chimiste anglais, né en 1778 à Penzance, dans le Co'rnouailles, mort à Genève en 1829. D'abord placé chez un pharmacien, il fit de bonne heure quelques découvertes, fut appelé à Londres où il fit avec succès des leçons de chimie à l'institution royale créée par Rumford, et fut ensuite chargé d'enseigner l'application de la chimie à l'agriculture. Il devint en 1803 membre de la Société royale, et en 1820 président de cette société. On lui doit plusieurs découvertes importantes, entre autres celles du protoxyde d'azote ou gaz hilarant, de la vraie nature du chlore, qu'on regardait à tort comme un composé, de la formation des acides sans oxygène. enfin celle de la décomposition des terres par la pile galvanique : c'est à l'aide de ce nouveau et si puissant moyen d'analyse qu'il put isoler le potassium, le sodium, le calcium, le magnésium. On lui doit aussi des recherches sur l'emploi comme force mécanique des gaz amenés à l'état liquide, sur le doublage des vaisseaux, et enfin l'invention d'une lampe de sûreté pour les mineurs qui porte sonnom(1817). On a de lui des. mémoires sur des sujets scientifiques, des Éléments de philosophie chimique, 1812 (trad. par Van Mans, 1813); des Éléments de chimie agricole, 1813 (trad. par Bulos, 1819), et un traité de la pêche à la ligne, intitulé Salmonia. Son frère, J. Davy, a publié en 1858 à Londres ses Opuscules. L'Institut de France lui décerna un grand prix eu 1807, au fort de la guerre, et le nomma en 1817 associé étranger. Cuvier prononça son Éloge à l'Institut.
  • DAWALAGHIRI. V. DAOUALAGHnu.
  • DAXouacqs, AquxTarbellicx, ch.-l.d'arr. (Landes), sur l'Adour. à 55 k. S. O. de Mont-de-Marsan : 9856 hab. Trib. de lre inst., collège. Murs flanqués
  • DEBR — 504 — DEÇA
  • de tours, château fort, pont hardi, belle cathédrale, i Sources thermales (dont une a 70° centigr.). Cabinet de minéralogie et de fossiles. Vins, grains, jambons dits de liayonne. Patrie de Borda. S. Vincent de Paul naquit à Pouy, lieu voisin.—Jadis ch.-l. des Tarbelli en Novempopuianie, Dax appartint ensuite aux différents maîtres de l'Aquitaine. Après l'expulsion des Anglais au xv° s., elle revint à la France. Dax avait jadis un évêché (auj. réuni à celui d'Aire), et était le ch.-l. d'une des 4 vicomtes des Landes en Gascogne.
  • DA YAKS, peuple de l'île de Bornéo, se trouve répandu dans toute l'étendue de cette île, spécialement au S. On suppose que ce peuple, assez industrieux et fort supérieur aux Malais, est la souche des hab. des îles de la Polynésie. 11 a une langue à part.

[modifier] DE

[modifier] DEA

  • DEA, v. de la Gaule Viennaise, auj. Die. '
  • DEAL, v. d'Angleterre (Kent), à 22 kil. S. E. de Cantorbéry, sur la Manche; 7000 hab. Cette ville, qui est une dépendance de Sandwich, est comptée au nombre des Cinq-Ports (P. ce mot); cependant elle n'a pas de port proprement dit; elle n'a qu'un mouillage, qui du reste est sûr et très-fréquenté. Château fort, tours, batteries. César débarqua aux environs lors de sa 1" descente.
  • DEBA, v. sainte du Thibet, par 77° 42' long. E., 31° H' lat. N., est la capit. du pays à'Urna-Desa. Lav. se divise en trois parties : le collège du Lama et de ses prêtres, le couvent des femmes et la ville proprement dite. On remarque parmi beaucoup d'autres temples celui de Narayana. Dans les env., on élève les chèvres qui fournissent le meilleur duvet du Thibet.
  • DE ISAY, nom d'une famille d'artistes français : J.-B. Joseph, sculpteur, 1779-1863; J.-B. Joseph, son fils aîné, 1802-1862, sculpteur; Aug. Hyacinthe, frère du préc, 1804-1865, sculpteur et peintre.
  • DEBEIXE (Jean Franc.), général d'artillerie, né en 1767 à Voreppe (Isère), se distingua dans les premières guerres de la République, contribua puissamment à la victoire de Fleurus (1794), et à la prise de Dusseldorf (1795), dirigea la retraite de l'artillerie après la malheureuse affaire de Novi, accompagna le général Leclerc à St-Domingue, battit Dessalines (1802), et mourut peu après d'u ,e blessure. Delielle est un des créateurs de notre artillerie légère.
  • DEBKLLOY, poSte tragique. 7. bellot (de).
  • DÉBONNAIRE (Louis), oratorien, docteur de Sor-bonne, et ardent janséniste, né près de Troyes, mort à Paris en 1752. On a de lui : Parallèle de la morale des Je'suites et de telle des Païens, Troyes, 1726; Examen critique, philosophique et théokgique des Convulsions, 1733; Leçons delà sagesse^ 1737 ; Traité de la fin du monde, 1737; la Religion chrétienne méditée, 1745; Règle des devoirs, 1758.
  • DËBORA, prophétesse juive, gouverna le peuple hébreu comme juge pendant 40 ans (1396-1356 av. J -C). Elle accompagna à la guerre le général Barac, qui délivra les Juifs de la captivité dans laquelle les retenait Jabin, roi des Chananéens (1392) : après la victoire, elle chanta le beau cantique qui se trouve dans la Bible {Jug., ch. v) et qui porte son nom.
  • DEBRAUX (Paul Emile), chansonnier, né en 1798 àAncerville(Meuse), mort en 1831, futquelque temps bibliothécaire à l'École de Médecine. On lui doit nom- ' bre de chansons populaires et nationales, qui eurent une grande vogue et qui ont été réunies par Béran-ger (1835, 3 vol. in-32). On connaît surtout Fanfan la Tulipe, llarengo, la Colonne, le Prince Eugène, le Mont St-Jean, Soldat, t'en souviens-tu ?
  • DEBRECZIN, v. de Hongrie, ch.-l. du comitat de Bihar, à 60 k. au N. de Grand-Varadin; 62 000 hab. Grande, mais mal bâtie. Cour d'appel, collèges pour les divers cultes. Industrie active et variée : imprimeries, fabriques de savon, lainages dits guba. Prise par les Turcs en 1684. Ville libre depuis 1715. Le gouvernement hongrois s'y réfugia en 1849 après la prise de Pesth par l'armée austro-russe.—Les env., dans un rayon de près de 100 k., forment des landes stériles.
  • DEBROSSE (Jacques), architecte du xvi«s., m. en 1626, était'calviniste. 11 bâtit pour Marie de Médicisde 1615 à 1620 le calais du Luxembourg, à Paris. On lui doit aussi la salie des Pas-perdus au Palais de justice de Paris, le temple de Charenton , le portail de St-Gervais, le nouvel aqueduc diArcueil, etc.
  • DEBROSSES (Charles), premier président au parlement de Bourgogne, né à Dijon en 1709, mort en 1777, cultiva les lettres avec distinction tout en remplissant ses fonctions avec zèle. On a de lut des Lettres sur flerculanum, 1750, le premier ouvrage qui ait été publié sur ce sujet; une Histoire des navigations aux terres australes, 1766; une Dissertation sur les dieux Fétiches, 1760; un traité de la. formos-tion mécanique des langues, 1765, ouvrage précieux pour les étymologistes et le plus important de ses écrits; l'Histoire du viv siècle de la République romaine, 1777 : danscedernierouvragû, ilseproposade suppléer à la grande histoire de Salluste que nous avons perdue : pour cela il traduisit tous les morceaux qui nous restent de cette histoire, et les enchâssa dans son travail. De Brosse;s fut reçu à l'Académie des inscriptions en 1758. Des démêlés qu'il eut avec Voltaire l'empêchèrent d'entrer à l'Académie française. On a publié en l'an toi et en 1836 ses Lettres d'Italie (écrites en 1739).
  • DEBRY (Théodore), graveur et libraire, né à Liège en 1528, mort en 1598, est connu, ainslque son fils Jean Théodore (1561-1623), par plusieurs publications utiles, notamment une collection de Grands et Petits voyages intitulée : Peregrinaliénés in In-diam orientalem et Indiam occîdenlalem, Frjincfort-sur-le-Mein, 1590-1634, 25 part, in-l'ol., aveçjîgures.
  • de bry (Jean), né en 1760 à Vervins (Aistil), mort en 1834 à Paris, était avocat au moment de la Révolution. Il fut successivement élu membre de l'Assemblée législative, de la Convention et du Conseil des Cinq-Cents, se signala par un ardent républicanisme, et fit partie des comités de Sûreté générale et de Salut public. Nommé en 1797 plénipotentiaire à Rastadt avec Bonnier et Roberjot, il échappa par miracle au massacre dont ses deux collègues furent victimes (1799), et vint demander vengeance de cet attentat. Il seconda Bonaparte au 18 brumaire et fit partie du Tribunal Sous l'Empire, il fut préfet du Doubs et du Bas-Rhin et se montra bon administrateur : il fut en récompense créé baron. Exilé en 1816, il ne rentra en Françj, qu'en 1830. On a de lui un Essai sur l'éducation nationale et un Éloge de Mirabeau, 1790.—Son fils, le baronDeBry, alongtemns administré comme préfet le dép. de la Côte-d'Or.
  • DEBURE, famille de libraires de Paris, s'est fait un nom dans la bibliographie. Lés plus connus sont : Guillaume-François D., né en 1731, mort en 1782, à qui on doit : 'Musœum, typographicum, seu Col-lectio in qua omnes fere librï rarissèmi...recensenlur, 1755, tiré seulement à_12 exemplaires et publié sous le nom de G. F. Rebude, anagramme du sien; Bt-bliographie instructive, ou Traité de la connaissance des livres rares et singuliers, 1763-1768, 7ypl. in-8; et plusieurs Catalogues de bibliothèques que l'on recherche pour la manière dont ils sont rédigés,.Guillaume D., cousin-germain du'préc, 1734-1820, libraire de l'Académie des inscriptions, membre de la commission des monuments pendant la Révolution, s'est surtout recommandé aux bibliophiles, ainsi que ses deux fils, J. J. et Marie Jean D., par d'excellents catalogues, parmi lesquels on remarque ceux des Bi-bliolhèques du duc de La Valliire, de Briejine, de Randonde Boisset, du duc d'Aumont, de d'Holbach.

[modifier] DEC

  • DECAEN (Ch. Math. Isidore), général français, né en 1769 à Caen, mort en 1832, était fils d'un huissier au bailliage. II s'enrôla en 1792, se signala l'année suivante à Mayenee sous les yeux de Kléber, qui le fit capitalne, seconda Moreau avec Une rare intelligence dans ses opérations sur le Rhin, fut en récompense élevé rapidement aux grades de général de brigade (1796), de général de division (1800),
  • DEÇA — 505 — DECE
  • emporta Munich par un coup de main, et décida la victoire de Hohenlinden; fut chargé en 1802 d'aller commander les établissements français dans l'Inde, déploya dans cette difficile mission les qualités de l'administrateur aussi bien que celles du guerrier, et défendit pendant 8 ans les Iles de France et Bourbon contre tous les efforts des Anglais; fut, à son retour, mis à la tête de l'armée de Catalogne, et gagna l'estime des vaincus mêmes par sa justice et son désintéressement. Après avoir vainement tenté, au commencement deJ814, de repousser les Anglais de Bordeaux, il reconnut Louis XVIII. Nommé gouverneur de la 11" division militaire (Bordeaux), il s'efforça, mais sans succès.d'ymaintenirl'autorité royale après le débarquement de Napoléon; il n'en fut pas moins incarcéré au retour des Bourbons. Il recouvra sa liberté au bout d'un an, mais fut'laissé sans emploi. Il fut rappelé à l'activité par Louis-Philippe en 1830. Decaen avait.été fait comte sous l'Empire.
  • DECAMPS.(Gabriel), peintre, né à Paris en 1803, mort en 1860, élève d'Abel de Pujol, se distingua de bonne heure par l'originalité de ses productions. A la suite d'un voyage en Orient, il exposa des tableaux de gejîre et des paysages empruntés aux contrées orientais qu; attirèrent l'attention : Souvenir de la Turquie^_pa]jsage en Anatolie, les Anes d'Orient, le Cafë'ïuni la Uonde de Smyrne, etc. Il a aussi traité quelques sujels historiques {iloise sauvé des eaux, JQsevh vendu par ses frères, le Siège de Clermont, M-'Waitedes Cimbres); mais il se plaisait surtout à peindre des animaux (chevaux, ânes, chiens, singes) etdes scènes de chasse : il périt à Fontainebleau d'une chute de cheval, en suivant une chasse de la Vénerie. Decamps excellait par l'énergie du colons, les effets de lumière, la vérité, et accusait fortement les contrastes, au risque de forcer l'expression.
  • NECAN outûekkan, c-à-d. en sanscrit Sud, le pays nés Vackinatades des anciens, partie méridionale de 1 Inde en deçà du Gange, est bornée au N. par le Ner-Imdda et le Kasiacl,, et ne se termine au S. qu'au oiip Comorin,comme ia péninsule elle-même. Il se divisait jadis etiDécan septentrional, qui comprenait le Kandeich, l'Awengabad, le Bedjapour, l'Haïde-laûad, le Bider, le Bérar, le Gandouana, l'Orissa, ios urcarsîsgptentr., et en Décan méridional (le Karnatic actuel), ou se trouvaient le Kanara, le Ma-laoar le Kotchin, le Travancore, le Koïmbetour, le Aarnatic, le Salem ou Barramahal, le Maïssouret le tiaiaghan. Aùj. ]s nom je Decan ne s'applique plus qu a la contrée comprise entre la Nerbuddah au N. O. et Ja&istnanauS. E. — Cette immense contrée forma longtemps un Etat particulier; elle fut conquise au xvn siècle par Aureng-Zeyb ; après la mort de ce prince, elle se partagea en un nombre infini de petites principautés; les Mahrattes y avaient la prépondérance. Après eux, les Anglais ont peu à peu réuni tout le Décan à leurs possessions. Il y forme la plus prande partie de la présidence de Bombay et la partie 0. de la présid. de Calcutta. On y compte env. 50 000 000 d'hab.
  • DECAPOLE, c-à-d. dix villes, nom que portaient divers pays qui comprenaient sans doute dans l'origine dix villes seulement ; mais le nom et le nombre de ces villes ont souvent varié. La Décapole de Palestine, ¦autour du lac de Génésareth, avait pourv. princ : Ga-dara, Gérasa, Canatha, Damas, Panéas, Philadelphie
  • DECAZES (Ëlie, duc), homme d'État, né en 1780 à St-Martin-de-Laye près de Libourne, m. en 1860, fut d abordavocatàLibourne. devinten 180ôjuge au tribunal delaSeine, en 1811 conseiller àlaCourimpér., fut en même temps attaché comme conseil au jeune roi de Hollande, Louis, et à l'impératrice mère; n'en accueillit pas moins la Restauration avec empressement, refusa de signer une adresse de félicitation à Napoléon après son retour de l'île d'Elbe; fut nommé par Louis XVIII préfet de police le 7 juill. 1815, et bientôt après ministre de la police et pair de France; prit sur «e prince un grand ascendant, qu'il devait à l'aménité de ses manières et au charme de son esprit tout autant qu'à l'accord des vues; s'opposa de toutes ses forces aux excès de la réaction ultraroyaliste, fit rendre dans ce but la célèbre ordonnance du 5 sept. 1816, qui dissolvait la Chambre introuvable; fit abolir la plupart des lois d'exception et modifier la loi électorale dans un sens libéral en abaissant l'âge et le cens (1817); remplaça en 18L8 le duc de Richelieu au mi-nistère de l'intérieur; prit plusieurs mesures réparatrices et brisa l'opposition de la Chambre des pairs par une fournée de 60 pairs nouveaux (5 mars 1819); mais devint par là en butte auxplus violentes attaques des royalistes. Il recourut pour se maintenir à un.sys-tème de bascule qui laissait dominer alternativement chaque parti : il consentit même à abandonner sa propre loi électorale et à constituer unministère royaliste, 'dont il fut le président (19 nov.). Malgré cesconces-sions, il se vit, après l'assassinat du duc de 'Berry (1820), que des royalistes exaltés ne craignirent pas de lui imputer, contraint de quitter le ministère Louis XVIII, dont il emportait les regrets, le créa duc et le nomma ambassadeur- en Angleterre. Rappelé de ce poste en 1821 sous le ministère Villèle, il prit place, à la Chambre des Pairs, parmi les libéraux modérés. Après la révolution de 1830, il se rallia au.roi Louis-Philippe et fut nommé en 1834 grand référendaire de la Chambre des Pairs. Il quitta entièrement les affaires en 1848. Indépendamment de son rôle politique, Decazes signala son administration par des mesures favorables aux arts, à l'agriculture et à l'industrie : il rétablit en 1819 l'exposition quinquennale des produits de l'industrie. Il créa en 1825, avec ses ressources privées, un des plus importants établissements métallurgiques de France. V. decazeville.
  • DECAZEVILLE, bourg de l'Aveyron, à 40 kil. N. E. de Villefranche, dans une vallée,-*près (lu Lot; 8842 h. Chemin de fer. Houille, minerai*de fer. Immense fabrication de rails pour chemins de fer. Ce lieu était inhabité lorsque le duc Decazes y créa en 1825 une usine qui est auj. une des plus importantes.
  • DÈCE, Cn. Messius Decius, empereur romain, né en 201 près de Sirmium en Pannonie, dans un rang-obscur, était gouverneur de la Mésie peur Philippe l'Arabe, lorsque ses soldats le proclamèrent .empereur, en 249. Philippe vint lui livrer bataille près de Vérone : Dèce le tua de sa propre main. Après avoir remporté plusieursavantagessurles Goths, qui avaient envahi'l'empire,il périt, au bout de 2 ans dé règne, dans un dernier combat livré en Thrace contre ces barbares. Quelques historiens disent que* ce fut. par la trahison de Gallus, un de ses lieutenants. Dèce est surtout fameux par une terrible persécution qu'il ordonna' contre les Chrétiens et qui commença dès la lro année de son règne (c'est la 7° persécution) Malgré ses cruautés, le sénafromain ne rougit pas de lui décerner les surnoms d'Optimus et de Trqjanus. •
  • DÉCÉBALE, roi desDaces, lit avec succès laguerr.e aux Romains sous Domitien qui consentit .à lui payer, tribut (89), mais fut vaincu par Trajan (106).
  • DÉCÉLIE, v. d'Attique, au N. O.deMar.athon.
  • DECEMBRE (deux:). Le 2:décembre 1.851, eut lieu un coup d'État par lequel leprince L. Napoléon'sup-prima l'Assemblée législative, et se fit autoriser par un plébiscite à promulguer une constitution. •• »
  • DÊCEMVIRS, magistrats qui furent créés à Rome au nombre dédia;, l'an 451 ay. J.-C.,pourrédigeruD. code de lois, étaient tirés de l'ordre des:.pàtricien's. On suspendit en les créant toutes les autres magistratures, et on leur donna un pouvoir absolu, ils rédigèrent leurs lois sous dix titres, ei les firent grayer'-sur dix tables d'airain. Pour, compléter ces lois, dn, élut l'année Suivante de nouveaux décemvirs7 qui ajoutèrent deux nouvelles tables aux précédentes,,ce qui fit appeler ce code Lois des Douze Tables. Pendant cette seconde année, ces magistrats abusèrent du pouvoir et exercèrent un odieux despotisme : Ap-pius Claudius, le plus puissant d'entre eux, s'attira surtout la haine du peuple. Au bout de l'année, ses
  • DECO
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  • DEPE
  • collègues, excités par ses avis, gardèrent le pouvoir de leur propre autorité, s'entourèrent d'une garde nombreuse, et étouffèrent toutes les plaintes. La mort tragique de Virginie, que son père immola pour la soustraire aux violences d'Appius Claudius, et le meurtre du brave Sicinius Dentatus firent éclater le mécontentement. L'armée, puis la cité, se révoltèrent : le décemvirat fut aboli; les décemvirs emprisonnés, et l'on rétablit les consuls (449).
  • DECIUS MUS (P.), Romain célèbre par son dévouement. En 343 av. J.-C., étant tribun militaire, il sauva Cornélius Cossus, qui s'était laissé enfermer par les Samnites dans les gorges de Saticule. 11 fut nommé consul deux ans après. Dans une bataille qu'il livra aux Latins à Veseris, près du Vésuve, avec son collègue Manlius Torquatus, il se dévoua aux dieux infernaux afin d'assurer la victoire aux Romains, et se jeta au milieu des rangs ennemis où il périt percé de coups. — Décius eut un fils et un petit-fils qui, dit-on, imitèrent son dévouement, le 1er à la bataille de Sentinum, livrée aux Gaulois et aux Samnites, 295 av. J.-C. ; le 2e à la bataille d'Ascu-lum, dans la guerre contre Pyrrhus, 279.
  • decius (Cn. Messius), empereur. V. dècb.
  • DECIZE, Decelia, ch.-l. de c. (Nièvre), dans une Ile de la Loire, à 34 k. S. E. de Nevers; 3195 h. Station. Houille, forges. Pat. de Guy Coquille et de St-Just.
  • DÉCLARATION des droits, acte par lequel une assemblée nationale tenue à Westminster le 22 janv. 1689 proclama les bases de la constitution anglaise, que Guillaume III jura d'observer : le roi reconnaissait au parlement le droit de se réunir, de voter l'impôt et de veiller à l'exécution des lois, et aux citoyens le droit d'élire leurs représentants et d'être jugés par le jury. — On connaît en France sous le nom de Déclaration des droits de l'homme et du citoyen un acte célèbre par lequel l'Assemblée constituante proclama, le 1" oct. 1789, toutes les libertés nouvelles, l'égalité de l'impôt, ainsi que l'admissibilité de tous aux fonctions publiques.
  • DÉCLARATION DU CLERGÉ. F. GALLICANE (ÉGLISE).
  • DÉCRÈS (Denis), amiral français, né à Château-Villain (Hte-Marne) en 1765, mort en 1820, s'engagea dans la marine à 14 ans, et passa par tous les grades jusqu'à celui de vice-amiral. Échappé au désastre d'Aboukir, où il avait commandé l'escadre légère, il revenait à Toulon avec le Guillaume Tell, lorsqu'il fut rencontré par une escadre anglaise; il ne se rendit qu'après une glorieuse défense. Il fut ministre de la marine de 1802 à 1815, réorganisa la flotte, fit exécuter de grands travaux à Venise, Anvers, Fles-singue et Cherbourg. Il fut fait duc par Napoléon.
  • DÉCRÉTALES, recueil des lettres écrites par les papes des premiers siècles en réponse aux questions qui leur étaient adressées par des évêques ou de simples particuliers. Le 1er recueil de ce genre est dû au moine Denys le Petit, qui vivait à Rome vers 550. Au vm°et au x° siècle, des compilateurs insérèrent dans ce recueil des lettres qui exagéraient la puissance des papes : on connaît ces lettres sous le nom de Fausses Décrétâtes. Parmi les recueils des Décrétâtes, il faut citer celui de Gratien, communément appelé le Décret, formé en 1151, et le code supplémentaire que Grégoire IX fit rédiger par le dominicain Raimond de Pennafort, et qu'on appelle Extra, o.-à-d. en dehors du Décret de Gratien : U se compose de 5 livres, que Boniface VIII augmenta d'un 6°, connu sous le nom de Sexte. On y ajoute encore deux autres recueils, l'un, dit Clémentines, contenant les lettres de Clément V, l'autre, dit Extravagantes (c.-à-d. restées en dehors du code principal), contenant les décisions des papes depuis Urbain IV jusqu'à Sixte IV.— Le recueil des Dèerétales a été plusieurs fois imprimé. V. gratien.
  • DECUMATES agri, à peu près le Brisgau, territoire situé à l'angle S. O. de la Germanie, entre le Nicer (Necker) et le Rhin, était ainsi nommé par les Somains, parce qu'au m* siècle on y établit des vétérans comme colons, à la seule charge de payer au trésor la dîme Çdecimam partem) du revenu.
  • DÉCURIE, division civile chez les Romains, foi> maitle 10° de la centurie et se composait, dans l'origine, de lOhommes, lorsque la centurie était de cent hommes. Mais le nombre des citoyens qui formaient une centurie ayant augmenté dans la suite, la décurie s'accrut dans la même proportion. Ce nom s'appliquait aussi à une subdivision de la milice. — Le chef d'une décurie , civile ou militaire, était nommé décurion. On donnait aussi ce nom aux sénateurs des colonies romaines et des municipes.
  • DÉDALE, personnage fabuleux, natif d'Athènes, est célèbre comme mécanicien et statuaire. Il inventa, dit-on, le vilebrequin, la scie, la hache, le niveau, les mâts et les voiles de vaisseaux. Ayant tué par jalousie son neveu Talus, qui promettait de le surpasser un jour, il fut exilé par l'aréopage et se retira dans l'Ile de Crète. Là il bâtit, parles ordres de Minos, le fameux Labyrinthe; mais ayant favorisé les amours criminelles de Pasiphaé, épouse de Minos, ce prince l'enferma lui-même dans cet édifice avec son fils Icare. Il fabriqua, pour s'échapper, des ailes formées de cire et de plumes d'oiseaux, et traversa ainsi les airs avec son fils; Icare ayant péri dans la mer par son imprudence, Dédale arriva seul à Cumes en Italie. Il y bâtit un temple à Apollon; de là il passa en Sicile, où Cocalus, foi de la contrée, le reçut d'abord très-bien ; mais 'ensuite, craignant que Minos ne lui déclarât la guerre, ce roi le fit tuer. —Les Grecs ont donné depuis le nom de de Dédale à plusieurs autres artistes habiles.'
  • DEE, nom commun à plusieurs riv. delà Grande-Bretagne, dont une dans le pays de Galles (Mério-neth) : elle passe à Chester et se jette dans la mer d'Irlande (c'est l'anc Deva ou Seteia); et une autre en Ecosse : elle sort du mont Cairntoul, coule au S. et tombe dans la mer du Nord près d'Aberdeen (à laquelle elle donne son nom), après 150 kil. de cours : c'est la Devana des anciens.
  • DEE (J.), astrologue et illuminé, fils d'un marchand de vin de Londres, né en 1527, mort en 1607, avait des connaissances en mathématiques et en astronomie, mais donna dans les rêveries de l'astrologie, de la cabale et de la magie, chercha la pierre philosophale, et prétendit avoir des entretiens avec les esprits malins. Il parcourut l'Europe, s'introduisit auprès de plusieurs souverains, tels que la reine Elisabeth, l'empereur Rodolphe, Etienne, roi de Pologne ; jouit d'un moment de faveur, puis se fit chasser, et mourut dans la misère. 11 a publié de 1564 à 1591 un grand nombre d'écrits où sont consignées ses folies. Méric Casaubon a donné ses OEuvres, Londres, 1659. On a publié à Londres la même année une Relation fidèle du commerce de Dec avec les esprits. — Son fils, Arthur Dee (1579-1651), médecin de Charles I, a aussi écrit sur la philosophie hermétique.

[modifier] DEF

  • DEFAUCONPRET (Aug. J. B.), célèbre traducteur, né à Lille en 1767, mort à Fontainebleau en 1843, remporta en 1786 le prix d'honneur au concours général de l'Université, fut quelques années notaire à Paris, mais quitta de bonne heure une profession qui lui convenait peu et alla se fixer à Londres, où il se livra tout entier à ses goûts littéraires. Il a publié des tableaux de mœurs anglaises et a composé des romans historiques (Jeanne Maillotte oui'Héroïne lilloise, 1824; WatTykr, 1825; Masaniello, 1827); mais c'est surtout par ses traductions de l'anglais qu'il est connu : il a-traduit les œuvres complètes-de Wal-ter Scott et de Fenimore Cooper, ainsi qu'un grand nombre d'ouvrages de Marryat, Washington Irving, lady Morgan, Maria Edgeworth, etc. Ses traductions se distinguent par l'exactitude, l'élégance, et par une connaissance profonde du génie de la langue anglaise.
  • DEFENDERS, association politique secrète qui se forma en Irlande après la victoire de la Boyne (1690), remportée par Guillaume III d'Orange, avait pour but de défendre les Catholiques opprimés. Elle était opposée à la faction des Orangistes. Elle joua un grand rôle dans les soulèvements de 1798 et de 1803.

DEGD — 507 — DEJE

  • DÉFENESTRATION de Prague, nom donné à un acte de violence exercé à Prague le 23 mai 1618 par les États de Bohême contre les gouverneurs impériaux Slavata et Martiniz, et leur secrétaire Fabricius. L'empereur Mathias ayant violé les privilèges de la Bohême, les mécontents, guidés par le comte de Thurn, se présentèrent en armes au château du Hradcbine à Prague, résidence des gouverneurs impériaux; et comme ces derniers, qui ne pouvaient sans un ordre de l'empereur satisfaire à leurs demandes, imploraient un délai, ils les précipitèrent par les fenêtres; mais tous trois échappèrent à la mort. Cet événement fut le signal de la guerre de Trente ans.
  • DEFOE (Daniel), auteur du Robinson, né à Londres vers 1663, mort en 1731, était fils d'un boucher et exerça lui-même l'état de bonnetier ; mais, entraîné par son goût pour la politique et la littérature, il ne s'occupa guère que d'écrire. Appartenant au parti des Whigs et des Non-Conformistes, il combattit dans plusieurs pamphlets virulents le gouvernement impopulaire de Jacques II, et prépara de tout son pouvoir la révolution de 1688. Il jouit de quelque faveur auprès de Guillaume d'Orange, et obtint alors des emplois lucratifs. Mais sous le règne moins libéral de la reine Anne, il fut condamné en 1704 au pilori et à la prison pour avoir écrit contre l'intolérance de l'église anglicane. Il publia de sa prison une Revue, ouvrage périodique qui eut un grand débit, 1704-1713. Rendu à la liberté, il fut employé par le gouvernement à travailler à l'union de l'Ecosse et de l'Angleterre et réussit dans cette mission. Mais de nouveaux pamphlets lui ayant attiré de nouvelles disgrâces, il se dégoûta de la politique et ne s'occupa plus que de littérature ; il publia dans les quinze dernières années de sa vie plusieurs ouvrages fort originaux qui obtinrent pour la plupart beaucoup de succès : l'Instituteur de famille, 1715, qui eut une vingtaine d'éditions ; la Vie et les Aventures de Robinson Crusoé, 1719, que tout le monde a lu; la Yie du capitaine Singleton; Histoire de Duncan Campbell, — de Molly Flanders, — du colonel Jack, — de Roxane; Mémoires d'un cavalier, 1720-24; Histoire politique du Diable, 1726; Système de Magie, 1729. Le Robinson Crusoé a été traduit dans toutes les langues; la première traduction française, par St-Hyacinthe et Van Effen, parut dès 1720; une des plus fidèles est celle de Mme Tastu, 1833.
  • DEFORIS (J. P.), bénédictin de la congrégation de St-Maur, né à Montbrison en 1732, guillotiné à Paris en 1794, continua la collection des Conciles des Gaules, et publia : Réfutation d'un nouvel ouvrage de J. J. Rousseau (L'Emile), 1762; Réponse à la lettre de J. J. Rousseau à M. de Beaumont, 1764 ; De la Vie monastique, 1768; Doctrine de l'Église sur les vertus chrétiennes, 1776. Il a continué la belle édition de Bossuet commencée par Lequeux.
  • DEFTERDAR, c-à-d. garde-rôle, grand officier chargé, en Turquie et en Perse, de tenir les rôles de la milice et des revenus de l'État. Comme nos anciens surintendants des finances, il dispose des revenus de l'empire et reçoit les comptes de tous les agents du fisc. Il siège au Divan.
  • DEGO, bourg du Piémont, à 25 kil. S. d'Acqui, sur la Bormida. Victoire de Bonaparte sur les Autrichien^ 15 avril 1796.
  • DEGUERLE (J. N. Marie), littérateur, né en 1766 à Issoudun {Indre) , mort à Paris en 1824, fut professeur de rhétorique au Prytanée et au Lycée Bonaparte, puis censeur au Lycée impérial (Louis-le-Grand). On a de lui : Éloges des perruques (jeu d'esprit qui parut sous le nom supposé du docteur Aker-lio), Paris, an vu (1799); la Guerre civile, imitation libre de Pétrone (en vers français), imprimée avec le texte latin en regard, an vii;" et une traduction en prose de l'Enéide, Pans, 1825,2 vol. in-8, posthume.
  • BEGUIGNES (Jos.), savant orientaliste, né en 1720 à Pontoise, mort en 1800, étudia les langues orientales, spécialement le chinois, sous Fourmont; fut nommé en 1745 secrétaire-interprète pour ces langues, en 1753 membre de l'Académie des inscriptions, en 1757 professeur de syriaque au Collège de France, et en 1769 garde des antiques du Louvre. Ses principaux ouvrages sont : l'Histoire des Huns, des Turcs, des Mogols et autres Tartares, 1756-1758, 5 vol. in-4, et un Mémoire dans lequel on prouve que les Chinois sont une colonie égyptienne, 1769 : ce système, établi fort ingénieusement par l'auteur, a été fortement attaqué et paraît auj. abandonné.
  • DEHLI, v. de l'Inde. 7. delhi.
  • DÉIDAM1E, fille de Lycomède, roi de Scyros, fut aimée d'Achille, alors caché à la cour de Scyros sous des habits de femme, et devint mère de Néop-tolème. Stace a chanté cette aventure dans son poème d'Achille à Scyros.
  • DEINSE, v. de Belgique (Flandre orient.), sur la Lys, à 20 k. N. E. de Courtray; 3700 hab. Toiles, grains, bière, genièvre, bestiaux. Les Normands la ravagèrent en 880. Philippe IV, roi d'Espagne, l'é-rigea en marquisat en faveur de Diego de Guzman, qui la vendit à Florent de Mérode en 1632.
  • DÉIPHOBE, Deiphobe, sibylle de Cumes. Aimée d'Apollon dans sa jeunesse, elle lui avait demandé de vivre autant d'années qu'elle tenait de grains de sable dans ses mains, mais elle oublia de demander en même temps une jeunesse inaltérable. Quand Énée vint en Italie, elle avait déjà 700 ans : c'est elle qui le guida aux Enfers ; c'est elle aussi, suivant Servius, qui vendit à Tarquin les livres Sibyllins.
  • deiphobe, Deiphobus, princeTroyen, filsdePriam, et d'Hécube, épousa Hélène après la mort de Paris. II fut poignardé pendant son sommeil par Ménélas,. qu'Hélène même avait introduit dans sa maison.
  • DEIR-EL-KAHAR, c.-à-d. maison de la lune, 7i de Syrie (Acre), à 90 kil. N. E. d'Acre; 2000 hab., Druses et Chrétiens. Eglise et couvent catholiques. Les Chrétiens y furent égorgés en 1860 par les Druses, quifurent bientôt après châtiés-par les Français. Au» env., château fort, résidence de l'émir des Druses.
  • DÉIRIE, roy. fondé par les Augles dans la Grande -Bretagne au vi" s., fut réuni à celui de Bernicie en 547, et forma le roy. de Sorthumberland, un des sept de l'Heptarchie.
  • DEJANIRE, fille d'Œnée, roi de Calydon, en Éto-lie, fut épousée par Hercule qui en eut Hyllus. Le centaure Nessus, qui la portait pour lui faire traverser le fleuve Événus, ayant voulu l'enlever, Hercule-tua le ravisseur en lui lançant une flèche envenimée. Avant de mourir, Nessus, pour se venger, donna àDéjanire sa tunique teinte de son sang empoisonné, en lui assurant que c'était un talisman propre à ramener son époux s'il était infidèle. Quelque temps après, Hercule s'étant attaché à Me, fille d'Euryte,, roi d'Œchalie, Déjanire voulut faire l'essai de la tunique fatale, mais le poison qu'elle contenait fit mourir le héros dans des souffrances cruelles. Déjanire se tua de désespoir. Cet événement a fourni le-sujet des Trachiniennes de Sophocle et de l'Hercule au mont OEta de Sénèque. L'Enlèvement_ de Déjanire est un des plus beaux tableaux du Guide.
  • DEJAURE (J. bedenc), poète dramatique, né en 1761, mort à Paris en 1799, a donné de 1789àl79S-18 pièces, comédies, opéras, opéras-comiques, qui, pour la plupart, ont eu du succès, entre autres : Ln-do'iska, musique de Kreutzer, 1791; la Dot deSu-zette, comédie en un acte, mêlée d'ariettes,_ musique de Boïeldieu, 1798; Montano et Stéphanie, opéra, musique de Berton, 1799; Imogène, imitée de la Cymbeiine de Shakespeare.
  • DEJEAN (P. Franc., comte), général du génie, né en 1749 à Castelnaudary, mort à Paris en 1824; fut chargé de différentes missions sous le Consulat; tint de 1802 à 1809 le portefeuille de la guerre; adhéra au gouvernement de Louis XVIII en 1814, et fut nommé pair de France; se rallia à l'Empereur après;
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  • 1rs Cent Jours; fut néanmoins rappelé à la pairie ¦en 1819.
  • deiean (P. F. Aug., comte), lieutenant général et entomologiste, né en 1780 à Amiens, m. en 1845, était fils du précédent. Général de brigade à 30 ans, il fut dès 1813 aide de camp de Napoléon, prit une part glorieuse aux bat. de Ligny et de Waterloo, fut exilé par les Bourbons de 1815 à 1818, et ne reprit d'activité qu'en 1830. E" même temps il se plaçait parmi nos premiers entomologistes par une collection d'insectes la plus complète que l'on connaisse, dont il a publié le Catalogue, 1821-33, et par d'importantes publications : Species général des coléoptères, 1825-1839, 7 vol. in-8; Iconographie et histoire naturelle des coléoptères d'Europe, avec Bois-duval et Aube, 1829 et suiv.
  • DÉJOCÈS, d'abord juge, puis roi des Mèdes (de 733 à 630 selon les uns, de 710 à 657 selon d'autres). Il fonda Ecbatane, et réunit en un seul peuple toutes les tribus de la Médie.
  • DÉJOTARUS, roi de GaJatie, avait été dépouillé de ses Étals par Mithridate et rétabli parles Romains; embrassa le parti de Pompée; fut dépouillé de ses lîtats par César, qui les lui rendit bientôt; fut dans la suit" accusé d'avoir conspiré contre le dictateur, mais défendu par Cicéron et acquitté; mourut vers l'an 42 av. J.-C.
  • DEKEN (Agathe), née nn 1741 à Amsterdam, m. en 1804, a publié en société avec Elizabetn Bekker des romans hollandais qui eurent une grande vogue, entre autres Sara Burgerliart , 1782; Histoire de Wilhem Leerenp, 1784-1785- Agathe De-ken et Elizabetb Bekker sont regardées comme avant créé le roman hollandais. "DEKKANfrov. de). V. décan. DELABORDÈ, nELACHAMBRE, etc. V. laborde, etc. DELACROIX (Eugène), peintre français, né à Charenton-St-Maurice (Seine) en 1798, m. en 1863; «Hait fils d'un conventionnel; fut élève de Guérin, niais abandonna bientôt la tradition académique, sacrifia le dessin à la couleur, et, suivant un mouvement semblable à celui qui s'accomplissait alors dans la poésie, produisit une foule d'œuvres fort admirées des uns, fort critiquées des autres, qui lirent de lui le chef de l'école romantique dans la peinture, et dont les incontestables mérites lui ouvrirent, après bien des résistances, les portes de l'Institut (1857). Les principales sont Dante et Vir-ijile, Manno Faliero, le Christ au Jardin des Oliviers, Justinien, Méphistophélès et Faust, la Mort de Sardanapale, le Combat du giaour et du pacha, la Liberté guidant les peuples sur les barricades, la Mort de l'Evéque de Liège, la Bataille de Nancy, les Femmes d'Alger, le Prisonnier du Chillon, la Bataille de Taillebourg, Médée, Hamletet Horatio, ta Prise de Constantinople par les Croisés, la Mort de Marc Aurèle, le plafond de la Galerie d'Apollon, ¦¦u Louvre, des peintures décoratives pour la Chambre des Députés, le palais du Sénat et diverses églises, etc. Quelles que soient les objections que soulèvent, pour le dessin, plusieurs des toiles d'E. Delacroix, on est aujourd'hui d'accord pour y reconnaître une composition dramatique , un pinceau vigoureux, une rare puissance de coloris.

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  • DELAFORGE (L.), médecin de Saumur, ami de Descartes, a donné un Traité estimé de l'âme et de non union avec le corps, d'après les principes de Descartes, en latin, 1666.
  • DELAHAYE, graveur-géographe, né en 1725 à Paris, mort en 1802, élève de Uelisle, grava les cartes de d'Anville et deRob rtde Vaugonay. On le regarde comme le créateur de la gravure topographique.
  • [François Delaistre|DELAISTRE (Franc. Nie)], statuaire, né a Paris en 1746, m. en 1822, a exécuté des œuvres qui le placent à côté des Pajnu, des Cartelier, entr'autres : L'Amour et Psyché, Phocion, Joseph Bonaparte, les Quatre évangélistes, e plusieurs bas-reliefs pour le Panthéon et la Colonne Vendôme.
  • DELAMALLE (Gaspard Gilbert), avocat, né en 1752, m. en 1834; fut: sous, l'Empire conseiller de l'université et conseiller d'État; a laissé un Essai d'institutions oratoires, 1816.
  • DELAMALLE (dURKAU-). V. DUREAtt.
  • DELAM >.RCHE (Ch. Fr.), géographe, nê„en 1740, mort en 1811, acquit en 1786 le fonds de Robert de Vaugondy, et fit aux traités classiques de géographie des améliorations qui rendirent longtemps ses ouvrages populaires. On estime surtout son Traité de la sphère il de l'usage des globes, 1790.
  • DELAMARCHE (Olivier). V. LA MARCHE.
  • DI3LAMBRE (J. B. Joseph», astronome, né en 1749 à Amiens, mort en 1822; fut d'abord professeur de belles lettres, et ne commença à étudier l'astronomie qu'à l'âge de36 ans; dénuta par la construction, des tables d'Uranus (planète récemment découvert" par Herschell), et publia plusieurs Mémoires qui firent faire de grands progrès à la science ; lut nommé (1792) membre et plus tard secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, et fu,t chargé avec Méchain de la mesure de la méridienne de France; entra au Bureau des Longitude! (1795); fut nommé (1802) inspecteur général des études; succéda (1807)à Lalande dans la chaire d'astronomie au Collège de France; devint (1808) membre du conseil de l'Université, d'où il se vit écarté en 1815. Ses principaux ouvrages sont : Base du système métrique, 1810; Abrégé d'astronomie, 1813; Traité complet d'astronomie théorique et pratique, 1814; Histoire de l'astronomie, en 3 parties {ancignpe, moderne, et du moyen âge), 1817-1827, 5 vol, in-4.
  • DELANDINE (Ant. : François), littérateur, né à Lyon en 1756, m. en 1820; fut membre da l'Assemblée constituante, et s'y montra fort opposé aux républicains ; fut incarcéré sous la Terreur. On a de lui : Btblioth. des histor. de Lyon, ,1787; et une édition augmentée du Dictionnaire de Chau-don, 13 vol. in-8, Lyon, 1804.
  • DELANNEAU. Y. LANNEAU.
  • DELAROCHE (Paul), peintre d'histoire, né à Paris en 1797, mort en 1856, était fils d'un expert en tableaux et eut Gros pour mattre. U ne commença à être remarqué qu'au salon de 1824, où parurent S. Vincent de Paul préchant pour les enfants trouvés et Jeanne d'Arc dans sa prison. Il exposa, dans les années suivantes : la Mort d'Elisabeth, Miss Mac-donald secourant le Prétendant, les Enfants d'Edouard, le plus populaire de ses tableaux., Richelieu trainant ses prisonniers sur le Rhône, Mazarin mourant, Strafford marchant au supplice, Charles I" insulté par dès soldats, Cromwell regardant le cadavre de Charles Ier,, le Supplice de Jane Gray, l'Assassinat du duc de Guise. A partir dé_ 1837, il cessa d'exposer, mais n'en continua pas moins à travailler sans relâche : il termina en 1841, après quatre années d'assiduité, l'Hémicycle de l'École des beaucc-arts, admirable peinture à fresque, qui rassemble les plus grands artistes de toutes les époques (on y compte 75 figures). Parmi les autres fruits,de.sa retraite, on remarque Bonaparte franchissant tes Alpes, Napoléon à Sle-Hèlène, Marie-Antoinette après sa condamnation, la Cenci marchant au supplice, le Dernier adieu des Girondins, et plusieurs sujets religieux : Moïse exposé sur le Nil, le Christ à Geth~ semani, le Christ sur la croix, le Chiist #poi> des affligés, l'Ensevelissement du Christ, la Vierge au pied de la croix, la Vierge chez les saintes femmes, la Vierge en contemplation devant la couronne d'épines, une Jeune martyre. Paul Delaroche a peint en outre, pour le musée de Versailles, le Baptême de devis, le Sacre de Pépin, le Passage des Alpes par Charlemagne et son Couronnement à Romex et a exécuté un grand nombre de portraits, parmi lesquels on admire ceux de MM. Guisot, Salwndy, Rémusat elThiers. Il fut admis en 1832 £ l'Institut et nommé, peu après, professeur à. l'Ecole dés beaux-arts. Il avait épousé une fille d'Horace Vernet, dont
  • DELÀ — 509 — * DELE
  • la mort prématurée assombrit ses dernières années. P. Delaroche rajeunit l'art en traitant des sujets modernes. II s'attachait à la représentation du vrai plutôt qu'à celle de l'idéal et de l'héroïque; il se. plut surtout dans le choix de sujets dramatiques, et fut le Casimir Delavigne de la peinture. On s'accorde à louer en lui la parfaite intelligence de la composition, la correction du dessin, un goût exquis et un rare talent d'exprimer par les traits de la physionomie le caractère et les sentiments les plus intimes de ses personnages. N'ayant guère traité que des anecdotes historiques et exécuté que des tableaux de petite dimension, il se place entre les peintres de genre et les vrais peintres d'histoire. Ses plus belles œuvres ont été gravées par Henriquel Dupont, Calamatta, Mercuri, Prudhomme, Martinet, François. M. Halévy a lu en 1858 à l'Académie des beaux-arts une Notice sur ce peintre.
  • DELA TOUCHE. V. LATOUCHE et GU1MOND.
  • DELA TOUR.' V. LATOUR
  • DELAUNAY ou delauney .(jourdan), gouverneur de la Bastille sous Louis XVI, défendit cette forteresse contre le peuple de Paris au 14 juillet 1789. Etant tombé entre les mains des insurgés, il fut massacré.
  • delaunay (Mlle). V. staal (la baronne de).
  • DELAVIGNE (Casimir), né au Havre en 1793, mort en 1843, était fils d'un négociant et étudia au lycée Napoléon. Il composa, étant encore sur les bancs, un Dithyrambe sur la naissance du roi- de Rome (1811), qui lui valut, avec un prix, la protection de Français (de Nantes) et une place dans les droits réunis.Il disputa pendant quelques années les palmes académiques, et présenta aux concours plusieurs pièces de vers qui furent remarquées (Charles XII à Narva, la Vaccine, les Charmes de l'étude), mais dont une seule, l'Enseignement,mutuel, fut couronnée; puis il se fraya une route nouvelle en consacrant sa muse,après les désastres de 1815, à des sujets nationaux, et pleura les malheurs de la France dans d'admirables élégies, qu'il intitulait Messéniennes, assimilant nos malheurs à ceux de l'antique Mes-sénie. Il se tourna enfin vers le théâtre pour lequel il s'était .senti une vocation précoce. Il donna en 1819 la tragédie des Vêpres siciliennes, qui fut re-*Erésentée à l'Odéon avec un succès extraordinaire, ien qu'elle eût été refusée au Théâtre-Français; il fit jouer l'année suivante, au même théâtre, une comédie en vers, les Comédiens, qui ne fut pas moins bien accueillie; puis, en 1821, une nouvelle tragédie, le Paria, également remarquable par la nouveauté des situations, par la générosité des sentiments et la perfection de la poésie. Le ministère d'alors, irrité de l'esprit libéral qui perçait dans ses écrits, lui enleva une modeste place de bibliothécaire; le duc d'Orléans (roi depuis) s'empressa de le dédommager en lui confiant sa bibliothèque du Palais-Royal. En 1823 parut l'École des Vieillards, qui fut représentée au Théâtre-Français. Le succès de cette œuvre détermina l'admission" de son auteur à l'Académie (1825). Au retour d'un voyage en Italie, il fit jouer la Princesse Aurélie (1828), comédie qui fut froidement accueillie, puis Marino Faliern (1829), tragédie en cinq actes, qui réussit beaucoup mieux. En 1830, C. Delavigne improvisa, ie lendemain des journées de juillet, la Parisienne, chant patriotique, qui fut bientôt répété d'un bout de la France à l'autre. Retournant bientôt à ses travaux dramatiques, il donna successivement quatre grands ouvrages, où son talent flexible se mortra sous des faces toutes nouvelles : Louis XI (1832), les Enfants d'Edouard (1833), don Juan d'Autriche (1835), drame en prose, la Popularité (1838), comédie en 5 actes et en vers, indépendamment de plusieurs pièces moins importantes : une Famille au temps de Luther (1836), tragédie en un acte; la Fille du Cid (1840), tragédie en 3 actes; le Conseiller rapporteur (1841), comédie en prose; Charles VI (1841), opéra fait en société avec son frère Germain. Epuisé par tant de travaux, il quitta Paris en 1843 po.ïr aller chercher le repos en Italie; mais il ne put arriver au terme-de son voyage, et mourut à Lyon. Ses Œuvres complètes ont été réunies en 6 vol. in-8,1846, avec une Notice par son frère. — C- Delavigne est le plus pur et le plus classique des poètes de notre époque- il rappelle la perfection de Racine. Tout en se garantissant des écarts du romantisme, il n'a pas craint, surtout dans la dernière moitié de sa arrière, d'emprunter à l'école nouvelle plus de hardiesse dans les situations, plus de liberté dans l'allurtet de familiarité dans-le style. Voué au culte de%n art, ce poète refusa constamment les honneurs %les fonctions qui l'en auraient détourné ; il vécut fart.retiré, offrant le modèle des vertus privées et domestiques! Son mérite littéraire a été apprécié par M.\j3ainte-Beuve, qui le remplaça à l'Académie française. Le Havre lui a élevé une'statue. Son buste à'été placé au Théâtre-Français et au lycée Napoléon.
  • DELA VILLE, auteur comique. V. laville.
  • DELAWARE (lord), gouverneur de Ja Virginie sous Jacques I, rendit à cette colonie les plus grands services. On a depuis donné par reconnaissance son. nom à une rivière et à un Etat de l'Union.
  • DELAWARE, riv. des Etats-Unis, naît dans l'État de New-York, coule au S., arrose Philadelphie, et se jette dans la baie de Delaware après un cours do 400 kil. Elle sépare la Pensylvanie des États de New-York et de New-Jersey. Elle tire son nom d'un comte Delaware. V. ci-dessus.
  • delaware, un des États-Unis de l'Amérique sep-tentr., entre 77° 16'-78°long. O. et38"27'-39" 50'lat. N., dans une presqu'île, a pour bornes au N.la Pensylvanie, à l'O. et au S. le Maryland à l'E. la riv. et la baie de Delaware; env. 155Vil- sur 40 et 100 000 hab. ; ch.-l., Dover. Sol plat, climat tempéré. Beaucoup de marais; quelques districts très-fertiles, superbes pâturages ; mines exploitées. Ce pays fut occupé dès 1623 par les Hollandais; les'Suédois y formèrent en 1627 un établissement, laNoiv.-Suède; la guerre s'étant allumée entre les deux peuples en 1651, les Suédois furent expulsés. Les Anglais dépos-sédèrent à leur tour les Hollandais en 1664. Charles II donna la colonie à son frère (Jacques II), qui la vendit en 1682 à W. Penn; elle fit partie"de la Pensylvanie jusqu'en 1701. Ce pays prit une part active à la guerre de l'indépendance : c'est sur son territoire qu'eut lieu la bataille de Brandywine (1777). État libre dès 1776, il se donna une constitution en 1792.
  • DELEBOÉ, médecin. V. sylvius.
  • DÉLÊMONT, Delsberg en allemand, v. de Suisse (Berne), à 48 kil. N. de Berne, sur la Soroe; 20QOh. Château, jolis édifices. Horlogerie, toi/es peintes, blanchisseries. Délémontest lech.-l. dïm bailliage qui dépendait jadis de l'évêché de Bâfet qui a fait partie du dép. français du H.-Rhin jusqu'en 1815.
  • DE LENS (Jacques), savant médecin, né .à Paris en 1786, mort en 1846, fut membre.de l'Académie de médecine dès sa fondation, fut nomméjeh 1823 agrégé de la Faculté de Paris et devint bientôt après inspecteur général de l'Université. Il perdit cette position en 1830, et se livra dès lors tout entier à la pratique de la médecine et à la littérature'médicale. Il est surtout connu par le Dictionnaire de matière médicale et de thérapeutique, qu'il publia avec Mé-rat ( V. ce nom), ouvrage qui fait autorité et auquel l'Acad. des sciences décerna un des prix Montyon.
  • DELESSERT (Etienne), banquier, né à Lyon en 1735, mort à Paris en 1816, d'une honorable famille de Calvinistes, vint en 1777 se fixer à Pans, y fonda un établissement de banque qui devint bientôt l'un des plus importants, contribua au uévelop-pement de l'industrie des tissus de gaze, forma la première compagnie d'assurances contre l'incendie. provoqua en 1782 la création de la caisse d'escompte, germe de la banque de France; fut, malgré ses services, emprisonné en 1792; s'occupa dès qu'il fut libre de perfectionner l'agriculture et améliora nos
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  • troupeaux en introduisant en France 6000 mérinos. ¦ Amateur éclairé des arts, il forma une belle galerie t de tableaux, agrandie par ses fils, et riche surtout en chefs-d'œuvre des écoles hollandaise et flamande. 11 lniwa plusieurs enfants, dont trois sont connus: Beniamln (dont l'art, suit); François, banquier, déçu?! membre libre de l'Institut (né 1780, m. 1867); Gabriel, pair de France, m. en 1858, préfet de police de 1836 à 1848, à qui Paris doit d'utiles réformes.
  • delessert (Benjamin), fils du préc, né à Lyon en 1773, mort en 1847 en Angleterre, prit dès 1795 la direction de la maison de banque de son père, fonda en 1801 à Passy une raffinerie de sucre où il introduisit des procédés nouveaux, réussit le premier en France à fabriquer le sucre de betterave, et reçut en récompense la croix d'honneur de la main de Napoléon (1812); importa d'Angleterre l'institution de la caisse d'épargne (1818); siégea 25 ans à la Chambre des Députés, et en fut deux fois élu vice-président : c'est lui qui proposa de décerner une récompense nationale au duc de Richelieu après la iibération du territoire français, et qui fit abolir la ioterie, ainsi que les maisons de jeu. H fut un des principaux membres de la Société philanthropique, «tl'un des fondateurs de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale ; fervent propagateur de l'instruction primaire, il fut surtout le patron des salles d'asile. Justement surnommé le Père des ouvriers, il légua 160000 fr. à la caisse d'épargne, à la charge de donner des livrets de 50 fr. S 3000 ouvriers choisis chaque année. B. Delessert était membre libre de l'Académie des sciences ; il a formé de magnifiques collections botaniques et conchyliolo-giques; son herbier se compose de 80000 espèces, qui ont été décrites par de Candolle dans ses Icônes sélectes plantarum. On a de lui, outre des discours politiques et des écrits sur les caisses d'épargne, le Guide du bonheur, 1839. L'Académie de Lyon a couronné en 1850 l'Éloge de B. Delessert par M. Cap.
  • DELEUZE (J. Ph. Fr.), aide-naturaliste, puis bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle, né à Sisteron en 1753, mort en 1835, est surtout connu par son zèle pour la propagation du magnétisme animal. Il avait des connaissances également étendues dans les lettres et dans les sciences, et y joignait des qualités morales qui le firent universellement aimer et respecter. On a de lui : Hist. critique du magnétisme animal, 1813, 2 vol. in-8 (réimprimée en 1819); Instruction pratique sur le magnétisme ¦mimai, 1819 et 1836; et plusieurs autres écrits sur le même objet. Il a traduit les Amours des plantes de Darwin, 1799, les Saisons de Thompson, 1801, et a donné en 1810 Eudoxe, ou Entretiens sur l'étude des sciences, excellent guide pour l'étudiant.
  • DELEYRE (Ant.), littérateur, né aux Portets,près de Bordeaux en 1726, mort à Paris en 1797, étudia chez les Jésuites et fut d'abord d'une dévotion outrée ; se jetant ensuite dans l'incrédulité, il se lia avec les philosophes. Protégé par le duc de Nivernais, il fut nommé bibliothécaire du duc de Parme. A la Révolution, il fut envoyé à la Convention par le dép. de la Gironde, et s'y occupa surtout d'instruction publique. Deleyre a publié une Analyse de laphilosopnie de Bacon, 1755, élégamment écrite, mais où il mêle trop souvent ses idées à celles de l'auteur; le Génie de Montesquieu, 1758; l'Esprit de Str-Évremond, 1761, et plusieurs articles dans l'Encyclopédie.
  • DELFT, v. forte de Hollande (Holl. mérid.), àl3 k. N. O. de Rotterdam; 18000 hab. Murs flanqués de vieilles tours; canaux; belle place du Marché;église neuve dont la tour a 100m de haut (cette tour renferme les mausolées de Guill. d'Orange, de Grotius et de Leuwenhœck) ; hôtel de ville, dit Prinsenhof ; grand arsenal, école d'artillerie. Faïenceries, fabriques de draps et lainages jadis en renom. Aux env., fonderie de canons et poudrière. — Delft fut fondée, dit-on, en 1704, par Godefroy le Bossu, duo de*Basse-Lotharingie. Patrie de Leuwenhœck, et do Grotius. C'est à Delft que Guillaume de Nassau fut assassiné, eu 1584.
  • DELFTSHAVEN. v. maritime de la Hollande mérid. , à 8 k. de. Delft, dont elle est comme le; port; 4000 h. Chantiers de construction.
  • DELHI, primitivementIndra-Prast'ha {c-k-i, demeure d'Indra), grande v. de l'Hindoustan, ch.-l. du district de Delhi, dans la présidence de Calcutta, jadis capit. du roy. du Delhi et de toute la monarchie des grands Mogols, à 1300 kil. N. O. de Calcutta, à 180 kil. N. O. d'Agra, sur la r. dr. de la Djomnah, iar 28° 42' lat. N., 74" 46' long. E. Cette viila a eu, it-on, près de 2 000000 d'bab.; eEe n'en compte plus guère que 2000001 Quoique déchue, elle a de superbes édifices, notamment la grande mosquée et la Kottab-Minar, tour de .80" de haut. A Delhi résida jusqu'en 1858 l'héritier nominal des Grands Mqgols; un agent anglais était chargé de le surveiller,"- Des souverains hindous régnèrent à Delhi jusqu'en 1101. Elle fut alors conquise par Mahmoud le Gaznévide; en 1193, elle tomba aux mains de princes afghans ou patans. Tamerlan la prit et la pilla en 1398. Elle ne se releva qu'en 1631, époque où Chah-Djihan en fit de nouveau le siège de l'empire. Très-florissante sous Aureng-Zeyb, Delhi commença à déchoir à la mort de ce prince. Elle fut prise et inondée de sang en 1739 par Nadir à la tête des Persans,en 1760 parles Mahrattes : le premier pillage valut, dit-on, aux vainqueurs plus de 10 milliards de francs. Les Anglais s'en emparèrent une 1" fois en 1761, et une 2° en 1803. Elle s'insurgea en 1857, mais fut réduite la même année. — L'ancprov. de Delhi, entre le La-hore au N., l'Agrah au S., l'Aoude au S. E., le Moultan au S. O., avait 500 kil, sur 270, et env. 6 millions d'hab. ; elle est arrosée par le Gange et la Djomnah; le sol en est très-fertile. Ce pays a été le centre de la monarchie des Grands Mogols;, auj. il appartient presque en entier aux Anglais et forme 6 districts de la présidence de Calcutta.
  • DELILLE (Jacq.), ppëte didactique, né à Aigue-perse en 1738, était fils naturel d'un avocat du pré-sidial de Clermont. Il fut successivement professeur à Beauvais, à Amiens, puis au Collège de la Marche à Paris. Il donna en 1769 une trad. des Gèorgiques en vers qui fut reçue avec une admiration universelle et qui lui valut la chaire de poésie latine auCollége de France. Il fut admis à l'Académie française en 1774. Il publia en 1782 son poème des Jardins, qui eut aussi beaucoup de succès. En 1784, il accompagna Choiseul-Goufner dans son ambassade à Constan-tinople : en visitant le beau sol de l'Asie et les ruines de la Grèce, il conçut le plan du poème de l'Imagination. Ruinéparla Révolution, il s'éloigna de Paris, alla d'abord en Lorraine, puis parcourut la Suisse, l'Allemagne, l'Angleterre, marquant son séjour dans chaque pays par quelque œuvre nouvelle. Il revint en France en 1802, s'y maria, reprit sa chaire au Collège de France, publia plusieurs ouvrages, fruit de son exil, et mourut en 1813, travaillant au poème de la Vieillesse. Il était depuis plusieurs années affligé d'une cécité complète. On refuse généralement à De-lille le génie et l'invention, maison le met au premier rang pour l'art de la versification et pour le talent descriptif. Outre les Gèorgiques (1769), et les Jardins (1782), on a de lui : l'Homme des Champs, 1800; un Dithyrambe sur l'immortalité deVâme, 1802; la Pitié, 1803; une trad. en vers de l'Enéide, inférieure à celle des Gèorgiques: la trad. en vers du Paradis Perdu, de Milton, 1805; Vlmaginatioii, 1806; les trois Règnes de laNature, 1809, la Conversation, 1812; des Poésies fugitives; une trad. de l'Essai sur l'Homme, de Pope, 1821, posthume. Ses œuvres ont été publiées par Michaud, 1824, 16 vol. in-8, et éditées par Lefèvre, avec notes, 1833, 1 vol. grand in-8. On les a réunies en un seul vol. compacte dans le Panthéon littéraire. Delille porta quelque temps le titre à'abbé parce qu'il possédait l'abbaye de
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  • St-Séverin ; mais il ne suivit pas la carrière ecclésiastique et même obtint une dispense pour se marier.
  • DELISLE (Guill.), géographe du roi, né à Paris en 1675, mort en 1726, reçut les leçons de Cassini et publia un grand nombre de cartes fiien préférables à toutes celles qu'on avait alors. Il entra en 1702 à l'Académie des sciences, et fut chargé d'enseigner la géographie à Louis XV encore enfant. Outre ses cartes, on a de lui un Traité du cours des fleuves. Delisle est le premier qui ait réformé la géographie d'après les observations modernes des voyageurs et des astronomes. Fontenelle a écrit son Éloge.Claude Delisle, père du préc (1644-1720), a laissé plusieurs ouvragesd'histoireet de chronologie; Joseph Nicolas Delisle, frère cadet de Guill., astronome distingué, membre de l'Acad. des sciences (1714), professeur au Collège de France, eut pour élèves Lalande et Messier.
  • delisle de sales (J. B. isoard, dit), écrivain médiocre, né à Lyon en 1743, mort à Paris en 1816, quitta l'Oratoire pour vivre dans le monde, se lia avec les philosophes et publia un grand nombre d'écrits dont les plus connus sont : Philosophie de la nature, 1769 et 1804, ouvrage qui fut poursuivi et brûlé au Châtelet; Philosophie du bonheur, 1796; Mémoire en faveur de Dieu, 1802; Histoire desHom-ines (continuéepar Mercier), 1781 et années suiv., 52 vol. On l'a surnommé le Singe de Diderot. Il a cependant combattu le matérialisme et l'athéisme. On trouve dans ses écrits quelques idées neuves et brillantes, mais un style diffus et emphatique. Outre ses ouvrages originaux, il a donné unetrad. de Suétone.
  • DELIUM, v. de Béotie, vis-à-vis del'Eubée, au S. E. d'Aulis. Il s'y livra en 424 av. J.-C., entre les Thé-bains et les Athéniens, un combat où Socrate sauva la vie à Alcibiade et à Xénophon.
  • DELLA-MARIA (Domenico), compositeur, d'origine italienne, né à Marseille en 1764, m. en 1800, passa dix ans en Italie, reçut les leçons de Paesielio, débuta en 1796 par le Prisonnier (paroles d'Al. Du-val), opéra-comique qui excita un véritable enthousiasme, et donna en quatre ans 6 autres opéras qui, bien que moins connus, eurent aussi du succès. Son mérite réside surtout dans la naïveté.
  • DELLA-ROBIA. T. LUCA DELLA ROBIA.
  • DELLE, ch.-l. dec (terr. de Belfort), à 21 kil. S. E. de Belfort, au pied d'un rocher qui portait un château détruit par les Français en 1674; 1100 h. Douane.
  • DELLEY (de), famille noble et anc du pays de Vaud, s'établît en France au xvn" siècle et y forma les branches d'Agier, de Blancmesnil et d'Avaize. — Pierre de Delley d'Agier, né à Romans en 1750, m. en 1827, député de la noblesse du Dauphiné aux Etats généraux de 1789, puis membre du Conseil des Cinq-Cents et du Corps législatif, qu'il présida en 1800, sénateur sous l'Empire, pair sous LouisXVIII, donna un grand essor à l'agriculture dans la Drôme, et fonda à ses frais un hospice au Bourg-du-Péage, une caisse de secours pour les ouvriers sans ouvrage, et plusieurs autres établissements philanthropiques. Il fut fait comte par Louis XVIII.
  • DELLYS, v. et portd'Algérie (prov.d'Alger), à 95 k. E. d'Alger (par terre); 1069 h. Beaucoup de pirates jadis. Bâtie sur les ruines de l'anc Rusucurru; occupée par les Français en 1844. Paquebots pour Alger.
  • DELME, ch.-l. de cant. (Meurthe-et-Moselle), à 12 kil. N. O. de Château-Salins; 666 hab.
  • DELMINIUM, auj. Douvno ? capit. de l'anc. Dal-matie, au S. E. de Salone et au N. O. de Narona. Prise en 155 av. J.-C. par Scip. Nasica Corculum.
  • DELOLME (J. L.), publiciste de Genève, né en 1740, mort en 1806, exerça la profession d'avocat dans sa patrie, puis voyagea pour étudier la constitution de divers Etats, et se fixa en Angleterre où il resta presque jusqu'à la fin de sa vie, composant des écrits politiques ou écrivant dans les journaux. Son traité de la Constitution d'Angleterre, 1771, est l'ouvrage le plus propre à faire connaître et apprécier le gouvernement de ce pays. Malgré son mérite, il
  • mena une vie misérable, ce qu'il dut à sa passion pour le jeu et le plaisir; il ne fréquentait que la so» ciété la moins relevée.
  • DELORME (Philibert), architecte français, né à Lyon vers 1518, mort à Paris en 1570, étudia en Italie, et fut attiré à Paris en 1537 par le cardinal Du Bellay, qui le fit connaître à la cour de François I et de Henri II. Il y fut comblé de faveurs et reçut même en don plusieurs abbayes, quoiqu'il ne fût que tonsuré. Delorme donna pour Henri II les plans des châteaux d'Anet et de Meudon, et plus tard, pour Catherine de Médicis, ceux du palais des Tuileries, dont il fut nommé gouverneur Ùapublié un Traité complet de l'Art de bâtir, suivi de Nouvelles Inventions pour bien bâtir et à petits frais, Paris, 1561; il a laissé son nom à une espèce de couverture en charpente de son invention. Enthousiaste de l'architecture antique, Ph. Delorme s'efforça de l'adapter au climat et aux moeurs de la France!
  • delorme (Marion), fameuse courtisane, néeenl612 ou 1615 à Blois, d'une famille bourgeoise, brillait par l'esprit autant que par la beauté. Elle eut pour premier amant le poète Desbarreaux, et après lui Cinq-Mars, le duc de Buckingham, ainsi que plusieurs autres jeunes seigneurs de la cour. Louis XIII lui-même fut, dit-on, un des premiers à lui offrir ses hommages. Liée avec Ninon de Lenclos, elle partagea avec eEe les suffrages de tout ce que Paris avait de plus galant et de plus spirituel. Après l'arrestation des princes de Condé et de Conti pendant les troubles de la Fronde, elle fut sur le point d'être arrêtée elle-même; mais sa mort, qui survint inopinément, empêcha l'exécution de l'arrêt (1650). Selon une version romanesque, qui ne mérite aucune créance, elle ne serait réellement pas morte à cette époque, mais elle aurait fait répandre le bruit de sa mort, afin de fuir plus aisément. Elle aurait eu depuis une foule d'aventures et n'aurait cessé de vivre qu'en 1706. Tallemant des Réaux, son contemporain, la fait mourir à 39 ans et donne sur sa mort des détails qui ne peuvent laisser aucun doute. La vie singulière de cette femme a fourni en 1804 à Dumersan et Pain le sujet de la Belle Marie, vaudeville, et à M. V. Hugo l'idée du beau drame de Marion Delorme.
  • delorme (P. Cl. Franc.), peintre d'histoire, né à Paris en 1783, mort en 1859, eut Girodet pour maître et suivit les traditions classiques de l'Empire. Après avoir passé plusieurs années en Italie, il exposa, à son retour, en 1810, la jlfort d'Abel, où se révèle déjà la puissance de son pinceau. Il produisit ensuite un grand nombre d'oeuvres remarquables : Héro et Léan-dre, 1814; la Résurrection de la fille de Jaïr, 1817 (à St-Roch); Jésus dans les limbes, 1819 (à Notre-Dame); Céphale enlevéparVAurore, 1822(auLuxembourg); Sapho et Phaon, 1833 ; Ève cueillantle fruit défendu, 1834; la Madeleine au tombeau du Christ, 1835 ; le Repos en Egypte, 1850. En outre il exécuta de nombreuses peintures pour les palais de Versailles, de Fontainebleau, de Neuilly, de CompiègDe, décorala chapelle de la Vierge àSt-Gervais, celle de St-Pierre à St-Eustache, et peignit pour la coupole de Notre-Dame-de-Lorette la Translation de la Ste Maisonpar les anges. Ce maître alliait avec un goût parfait le choix des formes et l'expression qui donne le charme.
  • DÉLOS, une des Cyclades, au N. O. de Naxos, entre Mycone et Rhénée, renfermait le mont Cyn-thus et était consacrée à Apollon et à Diane. Suivant la Fable, Neptune la fit sortir des eaux pour que La-tone, poursuivie sur terre et surmer par la jalousie de Junon, trouvât enfin un asile où elle pût mettre au monde ses deux enfants. Depuis, cette île fut un lieu sacré : il n'était pas permis aux femmes d'y accoucher ; on ne pouvait non plus y enterrer les morts : on les transportait dans l'île de Rhénée qui en étaijt voisine. Tous les 4 ans les Athéniens envoyaient à Délos une théorie ou députation sacrée.—Sur la côte O. de l'île de Délos était une v. du même nom, avec un magnifique temple d'Apollon, où le dieu rendait des oracles
DELU — 512 — DÉMA
  • célèbres. — Darius etXerxès avaient respecté Délos
  • fendant les guerres raédiques, mais les généraux de [ithridate la dévastèrent; depuis ce temps elle est restée fort pauvre; elle est auj. presque inhabitée.
  • DELPECH (Jacq. Matthieu), savant médecin, né à Toulouse en 1772, mort assassiné en 1832, fut nommé en 1812 professeur de chirurgie à Montpellier, et rivalisa pendant 20 ans avec les professeurs les plus célèbres. On a de lui : Précis des maladies chirurgicales, 1815; Chirurgie clinique de Montpellier, 1823; Orthomorphie, 1829; Mémorial des hôpitaux du Midi ,1831.
  • DELPHES, Delphi, auj. Castri, v. de Phocide, sur la pente S. O. du Parnasse, fut d'abord nommé Pythn, du serpent Python, tué, dit la Kable, parles flèches d'Apollon, sur le lieu même qu'occupa depuis la ville. Les anciens regardaient Delphes comme une ville sacrée et la plaçaient au centre de la terre (ombilicus terrx). Son temple etson oracle d'Apollon la rendirent célèbre dans tous les pays habités par des Grecs (V. pythie). Elle était le centre d'une puissante amphictyo-nie. Les villes grecques, et même les princes étrangers, envoyaient à Delphes de riches présents, ou y mettaient leurs trésors en dépôt, en les plaçant sous la protection du dieu. Aussi les richesses ne cette ville lentèrent-ellessouvent la cupidité : pendant la guerre sacrée (de355à345 av. J.-C.),Philomèle, Onomarque, Phaytle, Phalèqueles enlevèrent presque toutes; en 278 av. J.-C., les Gaulois, conduits par Brennus, marchèrent sur Delphes, qui ne fut préservée que par la déroute qu'ils éprouvèrent au passage du mont Parnasse.
  • DELPUINATUS, nom latinisé du dauphiné.
  • DELRIEU (E. J. Bapt.), auteur dramatique, né en 1760, mort en 1836, fut professeur de rhétorique à Versailles. Il a composé une foule de pièces : tragédies, comédies, drames, opéras, mélodrames, il a tout tente. Ses meilleurs ouvrages sont : le Jaloux malgré lui, comédie en un acte, et Artaxerce, 1808, tragédie en 5 actes, où il imita Métastase; Démétrius, 1815; Léonide, 1836. En 1793, il faisait des Couplets en l'honneur de lalfon(agne;enl811, il fit une Ode sur la naissance du roi de Rome,
  • DELRIO (Mart. Ant.), savant jésuite, né à Anvers en 1551, mort en 1608. Il remplit d'abord de hautes fonctions publiques, fut sénateur au conseil de Bra-bant et vice-chancelier; mais dégoûté des affaires par les guerres civiles, il se fit jésuite en Espagne. Il enseigna les saintes lettres à Salamanque, à Douay, à Liège, à Louvain. Il a donné des notes estimées sur C. Solin, Claudien etSénèque le Tragique, 1674, et a laissé 6 livres de Disquisitiones magies:, 1599, où il montre une grande crédulité : cet ouvrage a été trad. en français par A. Duchesne, 1611.
  • DELTA DU nil, grand territoire triangulaire de l'Egypte, était compris entre les deux brasdu Nil dits branches Canopique et Agathodémon ou Pélusiaque, et la Méditerranée; un autre bras, l'Athribitique, le divisaiten Grand-Delta àl'O. et Petit-Delta-à TE. Le nom de Delta avait été donné au pays à cause de la ressemblance de la configuration avec la lettre grecque A. — Par suite, on a donné le nom de Delta aux contrées situées de même entre les 2 bouches extrêmes de plusieurs grands fleuves, tels que le Danube, le Pô, le Rhin, l'Indus, le Gange, le Niger, le Missouri
  • DELUC (J. André), savant, né à Genève en 1727, mort à Windsor en 1817, était fils d'un horloger. Nommé en 1768 délégué de Genève à Paris, il devint en 1770 membre du grand Conseil de Genève. Il s'est surtout occupé de physique et de géologie, a parcouru presque toute l'Europe pour recueillir des observations, et s'est efforcé de faire cadrer ses découvertes avec le texte de la Genèse. Il passa une partie de sa vie en Angleterre, et fut nommé lecteur de la reine (1773). Ses principaux ouvrages sont : Théorie des baromètres et des thermomètres; Nouvelles idées sur la météorologie, 178H; Lettres à la reine d'Angleterre sur les montagnes et l'histoire de la Terre, 1778-80; Éléments de géologie , 180!), Voyages géologiques, 1810. Il donna en 1801 un Précis de la philosophie de Bacon, dans le but de combattre Lasalle, traducteur infidèle du philosophe anglais; cet ouvrage est peu digne de lui. On doit à J. A. Deluc des perfectionnements importants dans le baromètre, le thermomètre et l'hygromètre. de luc (lecomte), ambassadeur. V. Luc (comte de).
  • DÉLUGE. Suivant la Genèse, Dieu submergea toute la terre en punition des crimes toujours croissants de ses habitants. Noé y échappa seul avec sa famille, en se réfugiant dans l'Arche (V. noé). On place cet événement l'an du monde 1656, 3308 av. J.-C. (2348 selon Usserius). — On trouve chez presque toutes les notions anciennes le souvenir d'un cataclysme analogue. Les annales de la Grèce ont conservé la mémoire de plusieurs déluges partiels : les deux principaux arrivèrent sous Ogygès et sous Deucalion : ce dernier inonda la Tnessalie l'espace de trois mois.
  • DELVIXCOURT (CUmde Etienne), jurisconsulte, néà Reims en 1762, mortà Paris en 1831, était avant la Révolution agrégé à la Faculté de droit de Paris. Il y rentra dès que les écoles furent rouvertes, devint doyen, et fut des premiers a commenter le nouveau Code : il publia dans ce but des Institutes de Droit civil (1808, 3 vol, in-8), et de Droit commercial (1810, 2 vol. in-8L Malgré des vices de rédaction, ces ouvrages rendirent service parce qu'ils défrichèrent le terrain. Légitimiste ardent, Delvincourt fut nommé censeur en 1814, et membre du Conseil de l'instruction publique en 1824; il perdit ce dernier poste en 1830.
  • DELVINO ou delonia, Gythanœ,v. de Turquie d'Europe (Roumélie), dans l'anc Albanie, ch.-l. de sandjak, à 64 kil. S. O. de Janina; 12000 hab.—Le sandjak de Delvino s'étend le long de l'Adriatique et est traversé par les monts de la Chimère (montes acroceraunii). II répond à l'anc Chaonie.
  • DEL Y-IBRAHIM, commune d'Algérie, à 11 kil. S. S. O. d'Alger; env. 1500 hab. C'est notre premier essai de colonisation en Algérie.

[modifier] DEM

  • DÉMADE, orateur d'Athènes, qui de simple matelot s'éleva par son éloquence aux premiers emplois de la République. Fait prisonnier par Philippe à la bataille de Chéronée (338 av. J.-C.), il sut se, concilier l'estime du vainqueur par sa franchise e( obtint sa liberté. Il resta depuis toujours attaché à la Macédoine, soit par conviction, soit plutôt par vénalité, et fit prévaloir à Athènes les propositions les plus favorables au parti macédonien. Adversaire acharné de Démosthène, il proposa, à l'approche d'An-tipater, le décret qui condamnait à mort ce. grand orateur. Ayant plus tard trahi Antipater pour Perdic-cas, il fut mis à mort par Cassandre, fils d'Antipater, (318). Il ne reste sous son nom qu'un seul discours (dans les Oratoresgrseci de Reiske, tome IV, etdans ia Bibliothèque grecque de Didot), dont l'authenticité n'est même pas démontrée.
  • DÉMARATE, Corinthien, fut chassé de sa patrie lors de l'usurpation de Gypsélus, et vint en 658 av. J.-C. s'établir à Tarquinies en Italie. Son fils, qu'il nomma Tarquin, régna sur Rome.dêmarate , roi de Sparte de 520 à 492, fut exilé par les intrigues de son collègue Cléomèné qui le fit passer pour bâtard, et se réfugia à la cour.de Darius. La franchise de ses discours ayant irrité légrand roi, celui-ci le fit mettre à mort. On dit qu'ayant eu connaissance des projets du roi de Perse contre la Grèce, il en avait donné avis à ses compatriotes.
  • DEMARNE (J. L.), peintre flamand, né à Bruxelles en 1744, mort en 1829, a produit une foule de charmants tableaux de genre dans lesquels les personnages, les animaux et le paysage se disputent l'intérêt. Le Musée de Paris en possède trois (une A'oce de village, une Diligence sur une route, une Foire), qui peuvent faire apprécier cet éminent artiste. Le ion vigoureux de ses jolies figures ne nuit jamais à l'harmonie de l'ensemble. DÉMARQUE (c.-à-d. chef de déme), magistrat
  • DEME — 513 — DEMI
  • placé à la tête d'un des démes ou communes de l'At-tique, était analogue à nos maires.
  • DEMAVEND, v. de Perse, ch.-l. du Tabaristan, à 45 kil. N. E. de Téhéran, au pied des monts Elbourz ; 3000 hab.— Près de cette v. et sur la limite du Tabaristan et du Mazanderan s'élève le pic volcanique de Demavend, qui a environ 6600m de hauteur.
  • DEMBÉA, prov. du roy. de Gondar en Abyssinie, faisait jadis partie de l'Amhara; elle est très-fertile. Gondar en est la capitale.—Le lac de Dembéa, dans l'État de même nom, situé à peu près au centre de l'Abyssinie et à 75 kil. S. O. de Gondar, a 700 k. de tour. Le Bahr-el-Azrek le traverse.
  • DÉMÉRARYou démérara, riv. de la Guyane anglaise, tombe dans l'Atlantique un peu à l'E. del'emb. de l'Esséquébo. Elle donne son nom à un gouvt de la Guyane anglaise, qui s'étend sur une longueur de 75 k. env. le long de l'Atlantique, depuis l'embouchure de l'Abary jusqu'à celle de l'Esséquébo, par 59" 71'-61° 42' long. 0., 4° 10'-6° 50' lat. N. ; 180 850 hab., dont 75000 esclaves. ; ch.-l., Stabrœk et Georgetown. Sucre et autres denrées coloniales ; beaucoup de bétail dans les savanes. — Les Hollandais occupèrent ce district dès 1740. Parle traité de 1814, ils le cédèrent à l'Angleterre avec les établissements voisins de Berbice et d'Esséquébo.
  • DÉMÉTER (c.-à-d. Terre-if ère), nom grecdeCérès.
  • DÉMETRIADE, Demeirias, v. de Magnésie, au S. O. de Cynocéphales, sur le golfe Pélasgique, fut fondée par Démétrius Poliorcète, et devint la résidence des rois de Macédoine. C'était une des clefs du pays.—V. de Phénicie, sur la côte, est auj. Akkar.
  • DÉMÉTRIUS I, surnommé Poliorcète (c.-à-d. preneur de villes), roi de Macédoine, né en 337 av. J.-C., était fils d'Antigone, un des généraux et des successeurs d'Alexandre. Il servit d'abord sous son père, défendit pour lui, mais sans succès, la Syrie contre Ptolémée et la Babylonie contre Séleucus, s'empara d'Athènes, sous prétexte d'y assurer la liberté (308), en chassa Démétrius de Phalère et s'y fit proclamer roi. Il enleva à Cassandre toute l'Atti-que, la Béotie, et une partie du Péloponèse, y joignit Chypre, Tyr, Sidon, mais assiégea inutilement Rhodes, fut battu, avec Antigone, à la bat. d'Ipsus (301 av. J.-C.), et réduit pendant quelque temps à mener la vie d'un aventurier. Cependant, ayant rassemblé de nouvelles troupes, il réussit, après la mort deCassandre, à s'emparer de la Macédoine et s'y maintint de 295 à 287. Détrôné par Pyrrhus, il envahit l'Asie où régnait Séleucus ; mais celui-ci le prit (286) et le tint captif jusqu'à sa mort (283). Plutarque a écrit sa Vie. Son surnom vient du grand nombre de villes qu'il avait prises.
  • démétrius ii, roi de Macédoine, 242-232, était fils d'Antigone Gonatas et petit-fils du précédent. Il fit la guerre aux Étoliens, aux Achéens, à Alexandre II, roi d'Épire, et conquit la Cyrénaïque.
  • démétrius i, Soter (sauveur), roi de Syrie, fils de Séleucus Philopator, fut envoyé dans sa jeunesse en otage à Rome, s'échappa après la mort de son père, chassa Antiochus Eupator qui avait usurpé le trône et se fit reconnaître roi (162 av. J.-C.). Il fit la guerre aux Juifs avec des succès variés, et eut à combattre Judas et Jonathas Machabée; il conquit la Cappadoce. Il fut détrôné et mis à mort par l'usurpateur Alexandre Bala, que soutenait le roi d'Egypte, Ptolémée Philométor (149). Il avait reçu le nom de Soter des Babyloniens, parce qu'il les avait délivrés de deux tyrans, Timarque et Héraclide.
  • démétrius n, Nicator (vainqueur), roi de Syrie de 144 à 125 av. J.-C., fils aîné de Démétrius Soter, épousa Cléopâtre, fille de Ptolémée VI, chassa, avec le secours de son beau-père, l'usurpateur Alexandre Bala, et fit la guerre aux Parthes, mais il tomba entre leurs mains. Mithridate, leur roi, le traita avec douceur et lui fit épouser sa fille Rodogune. Cléopâtre, sa lre femme, irritée de se voir répudiée, -épousa Antiochus Sidète, frère de Démétrius, qu'elle
  • fit reconnaître roi. Cependant Démétrius Nicator, s'é-tant échappé de chez les Faunes, réussit à remonter sur son trône ; mais il se rendit odieux à ses sujets et fut détrôné par Alexandre Zébina. H «-yait pris le nom de Nicator après sa victoire sur Alex. Bala. _ démétrius ni, Eucxrus (VUeureux), 4e fils d'Antiochus VIII ou Grypus, monta sur le trône de Syrie avec son frère Philippe, l'an 95 av. J.-C. Les deux frères se firent la guerre; Philippe ayant appelé les Parthes à son secours, Démétrius fut fait prisonnier par eux. Il fut traité avec douceur par Mithridate leur roi ; mais il resta captif jusqu'à sa mort, en 87.
  • démétrius de Phalère, orateur et homme d'État d'Athènes, s'attacha au parti des Macédoniens et fut élu par leur influence archonte décennal, l'an 318 av. J.-C. Il gouverna sagement, et les Athéniens charmés de son gouvernement lui élevèrent 360 statues de bronze. Il y avait dix ans qu'il gouvernait la république au nom de Cassandre, roi de Macédoine. lorsque Démétrius Poliorcète s'empara de la ville, et proclama la liberté des Athéniens pour les soustraire à l'influence macédonienne. Démétrius de Phalère perdit dès lors toute autorité- il se retira en Egypte, où Ptolémée Lagus l'accueillit avec honneur. On dit que le musée et la célèbre bibliothèque d'Alex»ûdrie furent créés par son conseil. A la mort de Ptolémée Lagus (283), Ptolémée Philadelphe, successeur de ce prince, irrité contre Démétrius, qui avait voulu le faire éloigner du trône, le relégua dans la H.-Égypte et le fit garder à vue. Démétrius, ne pouvant supporter sa captivité, se donna la mort en se faisant piquer par un aspic. Il avait composé des harangues et des histoires dont on n'a plus rien auj. Il nous reste sous son nom un Traité de Vélocution, publié par Schneider, Altenbourg, 1779, et par Gcel-îer, Leips., 1837, qui paraît être l'œuvre d'un Démétrius d'Alexandrie, grammairien du il" siècle. Bonamy a donné une excellente' dissertation sur la Vie et les écrits de Démétrius (Mém. de l'Âc. des inscr.).
  • démétrius ou dmitri, princes russes. V. dmitri.
  • DÉMÉTRIUS CANTACUZÊNE, CANTEMIR. V. CANTACU-ZÈNE, CANTEMIR.
  • DEMIDOFF, riche famille russe, a pour tige De-mide, armurier fondeur à Toula, qui fut chargé par Pierre le Grand de fondre les canons dont ce prince avait besoin pour ses nombreuses expéditions militaires , et qui fut anobli pour avoir puissamment secondé l'activité du czar. Il établit en 1699 la première fonderie de fer à Neviansk en Sibérie et découvrit en 1725 les mines de Koliwan, dont l'exploitation l'enrichit. — Son fils Nikita et ses petits-fils se distinguèrent dans la même carrière et finirent par amasser une fortune colossale. On connaît surtout : Procope Demidoff, né à Moscou vers 1730, qui exploita avec un grand profit les mines de fer, de cuivre et d'or des monts Ourals; et Nicolas Nikitich, comte Demidoff, zélé philanthrope, né en 1774 à St-Pétersbourg. Après avoir combattu l'invasion française à la tête d'un, régiment qu'il avait levé lui-même, il dota sa patrie de plusieurs industries, y créa des établissements d'utiliSL publique, perfectionna l'exploitation des mines, et se fit par son industrie un revenu qui s'élevait a 5 millions. C'est lui qui acclimata en Crimée les vignes de Bordeaux et de Champagne, ainsi que l'olivier de Lucques. Il passa ses dernières années en France et en Italie, vivant dans la société des savants et répandant autour de lui d'innombrables bienfaits. Il mourut à Florence en 1828. — Il a laissé deux fils, Paul et Anatole Demidoff, qui, en héritant de sa fortune, ont conservé sa bienfaisance et son goût éclairé pour les lettres. L'un d'eux, le comte Anatole, s'est allié à la famille de Napoléon en épousant une de ses nièces, la princesse Mathilde,-fille de Jérôme (1840). Il a publié en 1839 un savant Voyage dans la Russie méridionale et la Crimée.
  • DEMIR-HISSAR, c.-à-d. château de fer, jadis Heraclea, ville de Turquie d'Europe (Roumélie), à
  • h. 33
  • DEMO — 514 — DEMO
  • 90 kil. N. E. de Salonique, sur un mont au haut duquel est un vieux château fort ; 8000 hab.
  • DEMIR-KAPOU, c-à-d. porte de fer, défilé très-important de la Turquie d'Europe, dans leBalkan, mène de Selimnia en Roumélie à Staréka en Bulgarie. —Ville du Daghestan. V. derdend.
  • DÉMOCËDE, médecin de Crotone, né vers 558 av. J.-C., vivait à la cour de Polycratef, tyran de Samos, dont il gagna la faveur. Après la fin tragique de ce prince, il devint esclave de Darius. Le grand roi s'étantluxé le pied, Démocède put seul le guérir ; il fut dès lors rendu à la liberté et comblé de richesses et d'honneurs par ce prince, qui voulut le retenir à sa cour. Néanmoins, il renonça à tous ces avantages pour retourner dans sa patrie.
  • DÉMOCRITE, philosophe grec, né à Abdère vers l'an 490, ou, selon d'autres, 470av. J.-C., fut élevé par des mages qui étaient restés dans son pays après l'invasion de Xerxès ; étudia sous Leucippe et voyagea en Egypte et en Asie pour augmenter son instruction. if avait dissipé son patrimoine dans ces voyages, ainsi que dans les expériences qu'il fit en étudiant la nature, et il avait pour ce fait encouru une peine: afin de se justifier, il lut devant les Ab-déritai ns un traité qu'il avait composé sur le Monde; ses concitoyens en furent tellement charmés qu'ils lui firent présent de 50 talents. On raconte que la bizarrerie de son genre de vie le fit plus tard passer pour fou, et que les Abdéritains ayant appelé Hip-pocrate pour le guérir, le sage médecin, après l'avoir entendu, déclara aux Abdéritains qu'ils étaient plus-fous que lui. Il vécut, dit-on, 109 ans. Démocrite riait sans cesse des folies humaines; on l'oppose à Heraclite qui, dit-on, pleurait toujours. Comme Leucippe, son maître, Démocrite expliquait tout par les atomes, le mouvement et le vide. Il admit pour expliquer la perception des corps des images ou idoles qui, émanant des objets, sont reçues par nos sens. MuÛach a recueilli les Fragments de D., Berlin, 1843. G. Ploucquet a écrit : De Plaeitis De-mocrili, 1767. On doit à M. Lafaye une dissertation sur la Philosophie atomistiqùe, 1833.
  • DÉMON (le), y. satan. — F. aussi l'art, démons au Dict. univ. des Sciences, des Lettres et des Arts.
  • DEMONA (val m), une des 3 anc divisions de la Sicile, ainsi nommée de ce qu'elle renfermait l'Etna. qui, dans les superstitions vulgaires, était regarde comme le séjour des démons; elle comprenait le N. E. de la Sicile et avait pour ch.-l. Messine. Auj. elle forme l'intendance de Messine et une partie de celles de Païenne et de Catane.
  • DÊMONAX, philosophe cynique, né en Chypre, contemporain d'Adrien et de Marc-Aurèle, vécut 100 ans et se laissa mourir de faim. Il était d'un caractère fort gai; on cite de lui plusieurs bons mots. Au moment de rendre le dernier soupir, il dit à ceux qui l'entouraient : œ Retirez-vous ; la farce est jouée ; » mot qu'on attribue aussi à Au-uste. Les Athéniens voulant établir un spectacle e gladiateurs, il leur dit: « Renversez donc d'abord l'autel que vos ancêtres ont élevé à la Pitié. »
  • DÉMOSTHÈNE, le prince des orateurs grecs, né à Athènes en 381 ou 385 av. J.-C., suivit les leçons d'Isée et de Platon. Il plaida dès l'âge de 17'ans contre ses tuteurs qui voulaient le dépouiller de son bien, et gagna sa cause; mais lorsqu'il voulut parler dans l'assemblée du peuple, il fut loin d'avoir le même succès : l'imperfection de son style et plus encore un vice de prononciation le rendirent ridicule et le firent couvrir de huées. Il alla vivre alors pendant plusieurs années dans une retraite profonde, se mit à lire et à relire les grands maîtres, surtout Thucydide; lutta contre les vices de son organe, en s'exer-çant à parler avec des cailloux dans la bouche et au bruit des vagues de la mer, parvint à force de constance à corriger tous ses défauts et reparut en public à l'âge de 27 ans : il emporta aussitôt tous les suffrages. Après avoir passé quelques années au bar*reau, il entra dans l'administration publique et fut bientôt porté aux plus hautes charges. Il_ employa tout son crédit et toute son éloquence à combattre les projets ambitieux de Philippe, roi de Macédoine, qui méditait l'asservissement de la Grèce ; prononça contre ce prince ces admirables harangues que l'on connaît sous le nom de PMHppiques et à'OIynthien-nes, et réussit enfin à former contre lui une ligue à la tête de laquelle étaient Athènes et Thèbes. Il combattit lui-même à Chéronêe contre le roi de Macédoine dans les rangs des Athéniens (338 av. J.-C.), mais, moins brave qu'éloquent, il prit, dit-on, la fuite dès qu'il vit la victoire se décider pour Philippe. Il n'en conserva pas moins toute son influence A la mort de Philippe, il chercha à rallumer la guerre; maïs Alexandre, déjà vainqueur de Thèbes, se fit livrer les orateurs d'Athènes, et Démosthène ne dut sa liberté qu'à la générosité du jeune prince. Quelques années après, il fut exilé sur l'accusation de s'être laissé corrompre par Harpalus, qui s'était révolté contre Alexandre, et cherchait à soulever les Athéniens; mais dès que le roi fut mort, on le rappela. D reprit tout son ascendant, et fit déclarer la guerre à Antipater, gouverneur de Macédoine. Les Athéniens ayant encore échoué, Antipater, vainqueur à Cranon, exigea qu'on lui livrât Démosthène, ains que tous les orateurs. Il se réfugia dans l'Ile de Ca-laurie, dans le temple de Neptune; mais se voyant près de tomber entre les mains de soldats, qui avaient violé son asile, il s'empoisonna, 322. On admire surtout dans Démosthène la concision, l'énergie, le mouvement, le sublime; Longin le compare à la foudre qui éclate et tue. Ce grand homme travaillait beaucoup ses ouvrages, ce qui faisait dire à ses envieux que ses harangues sentaient l'huile. Ceux de ses discours que l'on estime le plus, avec les PhilippiquesetlesMynthiennes, sont le discours sur l'Ambassade d'Eschine, dans lequel.il accusait cet orateur de s'être laissé corrompre par Philippe, et le discours pour la Couronne, où il justifie Ctésiphon poursuivi par Eschine pour avoir proposé de lui décerner à lui-même une couronne d'or en récompense de ses services et où il fait l'apologie de toute sa vie politique. On a de Démosthène 61 discours, 65 exordes, et 6 lettres écrites au peuple d'Athènes pendant son exil. Les éd. les plus estimées de ses œuvres sont celles de Jér. Wolff, avec version latine, Baie, 1549, souvent réimprimée; deReiske, dans ses Oratores grœci, Leipsick, 1770-75," de Bek-ker,dans les Oratores Attici, Oxford, 1822, Leipsick, 1823, tomes I-IV; de G. Dindorf, 1825 et 1855, celle qui a été publiée à Londres, 1827,10 vol. in-8, avec les notes des commentateurs, et celle de la Biblioth. grecque de Didot. Ses harangues ont été trad. en français par Tourreil (les Philippîques seulement), 1701, in-4; par l'abbé Auger, 1777 (nouv. éd. revue parJ.Planohe, aveclegrec,1819-21,10vol.inr8); par Stiévenart, 1842,gr. in-8; par Plougoulm, sous le titre à'OEuvres politiques, 1862-64. Sa fie a été écrite par Plutarque et Libanius; son Éloge, par Lucien.
  • démosthène, général athénien, remplaça Alci-biade dans le commandement de la flotte qui devait conquérir la Sicile (416 av. J.-C.). fut chargé avec Nicias de la conduite de cette expédition. e| attaqua Syracuse. Après de nombreux revers, il fût enfin complètement battu et se tua de désespoir; d'autres disent qu'il tomba entre les mains des Syracusains qui le firent périr cruellement (413).
  • DEMOTIKA. F. dimotKA.
  • DEMOURS (Pierre), oculiste, né à Marseille en 1702, mort en 1795, fils d'un pharmacien de Marseille, était déjà un chirurgien distingué lorsque, par le conseil d'Ant. Petit, il se livra au traitement des maladies des yeux. Il y obtint bientôt un grand succès et enrichit de plusieurs découvertes la chirurgie oculaire. —Son fils, Ant. Pierre, né a Paris en 1762, mort en 1836, poussa au dernier degré l'habileté dans son art : il fit la 1" opération de pupille
  • DENH — 515 — DENT
  • artificielle. Il a laissé un Traité des maladies des yeux, Paris, 1818, où sont consignés les fruits de l'expérience du père et du fils.
  • DEMOUSTIER (Ch. Albert), écrivain, né à Villers-Cotterets en 1760, mort en 1801, exerça quelque temps avec distinctionla profession d'avocat, etse livra ensuite à la littérature. On a de lui: Lettres à Emilie sur la mythologie, 1786-98, ouvrage mêlé de prose et de vers qui eut un succès prodigieux, mais auquel on reproche de l'afféterie ; le Conciliateur, comédie en 5 actes; les Femmes, comédie en 5 actes; Air ceste à la campagne, comédie; le Divorce, l'Amour filial, Agnès et Félix, opéras; le Siège de Cythère, la Liberté du cloître, poèmes, 1790, etc. — Son oncle, P. Ant. Demoustier, 1755-1803, fut un de nos meilleurs ingénieurs1 : c'est lui qui construisit le pont Louis XV, ainsi que le pont des Arts , en fer fondu.

DEMPSTER (Thomas), savant écossais, né en 1579, mort en 1625, quitta son pays à cause de son attachement au Catholicisme, enseigna les humanités à Louvain, à Paris, à Rome et à Bologne, où il mourut. On a de lui : Etruria regalis, composée par ordre de Cosme II de Mêdicis, et publiée seulement en 1723 ; Antiquitatum romanarum corpus post Rosinum, 1613; Apparatm ad historiam scoticam, 1622; Hist. ecclesiastiçn Scotorum, 1627 : dans ces deux derniers ouvrages il montre une grande partialité: DENAIN, vge dudép. du Nord, dans l'anc Hai-naut, à 9 kil. O.deValenciennes; 9496 h. Mines de houille; forges' importantes, laminoirs, fonderies. Station de chemin de fer. Villars y remporta en 1712, sur les Impériaux-et les Hollandais, commandés par le prince Eugène, une victoire qui sauva la France d'une invasion": un obélisque rappelle cette victoire. D'ÉNAMBUC. V. BNAMBUC (d'). DENBIGH, ^d'Angleterre (pays de Galles), ch.-l. de comté, à 330 k.N. O. de Londres; 3800 h. Ruines d'une anc. abbaye de Bénédictins et d'un château bâti par Edouard 1. _ Le comté de Denbigh, entre la mer d'Irlande et les comtés de Flint et de Caer-•narvon, a75 kil. sur 25, et 97000 hab. Pays montagneux,belles et fertiles vallées; plomb, houille.

  • DENDERAH, Tentyra ou Tentyris,y. delà Hte-Égypte, à 80 k, S. E. de Djirdjeb, à l'O.du Nil.Rui-nes magnifiques, parmi lesquelles on distingue celles d'un grand temple où se trouvait le fameux zodiaque transporté en France en 1822 et à l'aide duquel on a voulu, ^bien £fort, faire remonter très-haut l'origine de l'astronomie égyptienne. Il parait que ce zo-*lSe ne rem(% pas au delà des Ptolémées. DENDERMONBe ou termonde, V. de Belgique (Flandre orientale), à 26 k. E. de Gand, au confluent de la Dender et de l'Escaut; 6000 hab. Château fort dont on peut inonder les approches. Louis XIV l'assiégea en 1667, mais ne put le prendre; les Français s en emparèrent en 1745.
  • DENDRE, riv. de Belgique, prend sa source auN. deMons,passe àAth, Lessines, Grammont, Alost, et se jette dans l'Escaut à Dendermonde; 75 k. de cours. DENHAM (J.), poète irlandais, né à Dublin en 1615, mort en 1668, étudia à Oxford où il se fit la réputation de joueur et de dissipé, puis réforma sa conduite et écrivit même un Essai sur le jeu, 1636. Jl donna en 1641 le Sophi, tragédie qui eut du succès, et publia deux ans après la Colline de Cooper, le premier poème descriptif qui ait été publié en anglais et le meilleur de ses ouvrages. Pendant la guerre civile, il prit parti pour Charles I et l'aida à correspondre avec la reine. II obtint à la Restauration un emploi lucratif. Denham est un de ceux qui ont le plus contribué à former la langue poétique.
  • denham (le major), officier anglais, né à Londres en 1786, visita de 1822 à 1825 le Bournou, le lac Tchad, et le pays des Fellatahs, fut ensuite nommé directeur de Sierra-Léone sur la côte occidentale d'Afrique, et y mourut des fièvres en 1828. Il avait publié en 1825 à Londres la relation de ses voyages avec celle de Clapperton : elle a été trad. par Eyriès.
  • DENIA,.Hemeroscopium, Dianium, v. murée d'Espagne (Alicante), à 81 kil. N. E. d'Alicante, près de la Méditerranée; 3000 h. Port d'un accès dangereux. Forte tour.—Ville très-anc ; elle avait jadis un temple consacré à Diane, d'où son nom latin.
  • DENIER, monnaie romaine et française. V. ce mot au Dict. univ. des Sciences, des Lettres et des Arts.
  • DENINA (Carlo), littérateur italien, né à Revel en Piémont en 1731, mort en 1813, enseigna d'abord la rhétorique au collège de Turin, puis obtint la chaire d'éloquence italienne et de langue grecque à l'uni' versité de lamème ville. Frédéric II l'appela àBerlin en 1782, et le fit entrer dans son Académie. Napoléon le nomma en 1804 son bibliothécaire; il vint alors se fixer à Paris. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, la plupart en italien; les principaux sont : Discours sur les vicissitudes de la littérature, 1760; Ré-volutions d'Italie, 1769 et 1820 (trad. par Jardin, dès 1770) ; Histoire politique et littéraire de la Grèce, 1781 ; Essai sur la vie de Frédéric II, 1788 (en français); la Prusse littéraire sous Frédéric II, 1790; Révolutions de la Germanie, 1804; "Hist. du Piémont, 1805; la Clef des langues {en français), 1805; Hist. de l'Italie occid., 1809. Cet auteur écrit avec indépendance, mais il manque de style.
  • DENIS. V. DENYS et SAINT-DENIS.
  • DENISART (J. B.), procureur au Châtelet, né près de Guise en 1712, mort en 1765, a donné une Collection de décisions, plusieurs fois réimprimée de 1754 à 1771. Cet ouvrage renfermait aes inexactitudes qu'on a cherché à faire disparaître dans le Nouveau Denisart, publié de 1783 à 1808.
  • DENNER (J. Chr.), né à Leipsick en 1655, mort à Nuremberg en 1707, est l'inventeur de la clarinette. — Un autre D. (Balthazar), né à Hambourg en 1685, s'est distingué comme peintre de portraits.
  • DENNEWITZ, vge de Prusse (Brandebourg), près de Potsdam : 250 h. Bernadotte et le général prussien Bulow y défirent en 1813 le maréchal Ney; Bulow reçut en récompense le titre de comte de Dennewitz.
  • DENNIS (J.), critique anglais, né à Londres en 1657, mort en 1733, fut le Zoïle des poètes contemporains, et attaqua surtout Pope, qui se vengea en lui donnant place dans sa Dunciade. Il finit ses jours dans la misère et l'isolement. On a de lui, outre des pamphlets oubliés auj., deux tragédies: la Liberté défendue et Appius Claudius; des comédies ; un Essai sur la critique.
  • DENON (le baron Dominique vivant) , célèbre par son goût pour les arts, né à Chalon-sur-Saône en 1747, mort à Paris en 1825, puisa le goût de l'antique dans les entretiens de Caylus, fit établir sous LouisXV un cabinet de pierres gravées, dontil reçut la direction ; puis entra dans la diplomatie, fut sept ans chargé d'affaires à Naples (1782), entra en 1787 à l'Académie de peinture, accompagna Bonaparte en Egypte, fut à son retour nommé directeur général des musées et conserva cette place jusqu'en 1815. Il recueillit dans les pays conquis un grand nombre d'objets d'art dont il enrichit les musées français. Denon était lui-même habile dans le dessin et la gravure : il donna les dessins de plusieurs monuments, entre autres celui de la colonne de la place Vendôme, On a de lui : Voyage en Sicile, 1788, Voyage dans la Haute et la Basse-Egypte pendant les campagnes de Bonaparte, 1802; Monuments des arts du dessin, publiés et décrits par Amaury Duval, 1829.
  • DENTATUS Y. curius et sicinius.
  • DENTELIN (duché de), ancien pays de France, situé en partie dans la Normandie actuelle, s'étendait, à ce qu'on croit, le long des côtes de la Man ¦ che entre la Seine et la Somme, ayant l'Oise au S. E. Ce duché forma sous les Mérovingiens, aux vi" et et vne siècles, un grand fief qui appartint d'abord aux rois de Neustrie ; mais l'an 600, Clotaire II fut obligé de le céder à Théodebert II, roi d'Austrasie. Les successeurs de ce dernier le conservèrent jusqu'au règne de Dagobert qui, de son vivant (634), le donna en
  • DENY — 516 — DENI
  • partage à son jeune fils Clovis II, plus tard roi de Neus-trie. Depuis cette époque, le duché de Dentelin reste uni à la Neustrie et cesse de figurer dans l'histoire.
  • DENYS, Dionysius, surnommé l'ancien ou le Tyran, tyran de Syracuse, était fils d'un homme obscur et fut d'abord soldat. Il se signala par ses exploits dans les guerres des Syracusains contre les Carthaginois; pais, profitant de l'empire qu'il avait sur les soldats, '1 se fit proclamer souverain par l'armée, 405 av. J. C. : il n'avait encore que 25 ans. Il repoussa les Carthaginois qui avaient envahi la Sicile; mais, ayant laissé prendre la v. de Géla(403), les Syracusains se révoltèrent contre lui. Il réussit à étouffer la sédition, et reprit bientôt l'avantage sur l'ennemi, auquel il enleva successivement Enna, Catane, Léon-tium, Messine, Taurominium, Sélinonte; il porta même ses armes en Italie, prit Locres, Crotone et ravagea jusqu'aux côtes de l'Étrurie. En butte à de nombreuses conspirations, Denys devint inquiet, cruel, et se rendit odieux à ses sujets. Il était si soupçonneux, qu'il n'admettait jamais sa femme et ses enfants dans son appartement sans les fouiller. Il fit, dit-on, creuser dans le roc, pour servir de prison, d'immenses souterrains, dont un était disposé de manière à ce qu'il entendît tout ce qui s'y disait : c'est ce qu'on appelait l'oreille de Denys. Il recherchait lus philosophes, appelait Platon à la cour, protégeait les poètes, et faisait lui-même des vers, quoiqu'il y réussît peu 'Y. philoxène). Une de ses tragédies ayant été couronnée à Athènes, il fut plus flatté de cette victoire que de toutes celles qu'il avait remportées sur les champs de bataille ; il ordonna que l'on rendît aux dieux de solennelles actions de grâces, et fit préparer un festin magnifique. Il se modéra si peu dans ce repas qu'il mourut d'indigestion, l'an 368 av. J.-C. Il était âgé de 63 ans, et en avait régné 38.
  • denys le Jeune, fils du préc, lui succéda l'an 368 av. J.-C., sous la tutelle de son beau-frère Diou' Il appela le philosophe Platon à la cour et parut vouloir se conduire par ses conseils; mais il le chassa bientôt pour se livrer sans frein à la débauche et à la cruauté. Ayant banni Dion, celui-ci reparut bientôt avec quelques troupes, emporta Syracuse en trois jours, et en chassa le tyran,357. Denysyrentra lOans après, mais comme il opprimait encore les Syracusains, il fut de nouveau chassé par Timoléon, général des Corinthiens. Alors il se réfugia à Corinthe, où il se fit, dit-on, maître d'école.
  • denys de Milet, logographe grec an v"s. av. J.-C., avait écrit un Cycle mythique, recueil de traditions des anciens poètes, et un Cycle historique, où il traitait sans doute des âges postérieurs au siège de Troie. Il n'en reste que des fragments, dont l'authenticité même est douteuse (dans les Historié. grœc. fragm. de la colleot. Didot).
  • denys d'Halicarnasse, historien et critique, né à Halicarnasse en Carie, vint à Rome l'an 30 av. J.-C., et y publia vers l'an 7 av. J.-C.,sous le titre d'Antiquités romaines, un savant ouvrage en 20 livres, qui contenait l'histoire des premiers temps de Rome jusqu'à l'an 266 av. J.-C., et où l'on trouve sur l'histoire, le culte et les institutions des Romains des renseignements que l'on chercherait vainement ailleurs. H ne nous en reste malheureusement que les 11 premiers livres avec des extraits et des fragments des autres. Denys a aussi laissé des ouvrages de critique et de rhétorique très-estimés : De l'arrangement des mots ; Rhétorique (ouvrage d'une authenticité douteuse); Ju-Hements sur les anciens écrivains; Examen deLysias, Isocrate, Isée, Dinarque; Examen du style de Thucydide, de l'Eloquence de Démosthène, etc. Toutes les œuvres de Denys d'Halicarnasse ont été publiées par Sylburge, grec-latin, Francfort, 1586, in-fol.; par Reiske, gr.-Iat., Lepisick, 1774, 6 vol. in-8.Les Antiquités romaines ont été trad. en français par le P. Lejay, 1722, et par l'abbé Bellenger", 1723; le traité de l'Arrangement des mots, par Le Batteux, 1788; les Jugements sur les orateurs, par M. Gros, sous le titre d'honte» critique des écrivains de la Grèce, avec le texte, 1827-28.
  • denys le Grammairien, était originaire de Thrace, mais né à Alexandrie vers 100 av. J.-C. Il fut disciple d'Aristarque et enseigna les belles-lettres à Rome du temps de Pompée. On lui doit une Grammaire grecque, longtemps classique, qui a été publiée par Fabriciusdans le tome VII de sa. Bibliothèque grecque, et par Bekker, Anecdota grxca, t. II, Berlin, 1816. Il en existe une trad. arménienne, publiée parCirbied.
  • denys le Périégète, écrivain grec, né àCharax en Susiane, auteur d'un poème sur la géographie, intitulé : Periegesis, ou Voyage autour du monde, vivait, à ce qu'on croit, dans le Ier siècle de notre ère. Son poème a été trad. en vers latins par Priscia-nus, Avienus et Papius, en prose latine par H. Etienne, et en vers français par Bénigne Saumaise, 1597. Les meilleures éditions du Periegesis sont celled'Oxfoid, 1717. (avec le commentaire d'Eustathe et les trad. lat.), et celle donnée par Passov/j Leips., 1825.11 se. trouve aussi dans les Geographi minores de Bern-hardy, Leips., 1828, et dans la collect. Didot, 1855.
  • denys (S.), dit l'Aréopagite, était un des juges de l'Aréopage quand S. Paul comparut devant ce tribunal ; il fut converti par le discours de l'apôtre, fut établi par lui premier évêque d'Athènes, et fut brûlé vif vers l'an 95. L'Eglise l'hon. le 3 oct. — On. a sous son nom des écrits mystiques qui paraissent avoir été fabriqués vers le v" siècle par des Néo-platoniciens. Ces ouvrages sont au nombre de quatre : De la Hiérarchie céleste; De la Hiérarchie ecclésiastique; Des Noms divins; De la Théologie mystique. Envoyés en présent à Louis le Débonnaire par un empereur d'Orient, ces livres obtinrent un grand crédit et devinrent un des éléments de laphilosophie scolastique. Ils contenaient une application du Platonisme et de la doctrine de l'émanation au Christianisme. L'édition la plus estimée de ces ouvrages est celle de B. Corder, Paris, 1644, in-fol., gr.-lat. Ils-ont été trad. en français par M. 1 abbé Darboy (1844, in-8), qui paraît croire à leur authenticité. On peut consulter sur la valeur de ces livres Ch. Hersent (In Dionysii areop. librum apparatus, 1626), Daillé (De scriptis quse sub Dionysii areop. nomine circum-feruntur, 1666), et la thèse de M. Montet sur Les livres du pseudo-Denys l'Aréopagite, Paris, 1848.
  • denys (S.), l'apôtre des Gaules, fut envoyé de Rome dans les Gaules vers 250 pour y prêcher la foi, devint le premier évêque de Paris, fonda plusieurs églises en France, et souffrit le martyre avec Rustique et Éleuthère ses compagnons vers 272, pendant la persécution de Valérien. C'est, selon les uns, à Montmartre (mons Martyrum), selon les autres &u lieu où s'élève auj. la ville de St-Denys, qu'ils furent mis à mort. On l'honore le 9 ôct. Dans les temps d'ignorance, on crut qu'après son martyre il avait marché, portant son chef dans ses mains : cette ridicule tradition vient de ce que, pour rappeler son supplice, on le représentait la tête séparée du tronc, et qu'on plaçait sa tête entre ses mains.
  • denys (S.), pape de 259 à 269, tint à Rome en 261 un concile où fut anathématisée l'hérésie de Sa-bellius. On l'hon. le 26 déc
  • denys, surn. le Petit à cause de sa taille, moine originaire dé Scythie, vint à Rome vers 500, y fut fait abbé d'un monastère, s'acquit une grande réputation par des ouvrages sur la discipline ecclésiastique et la chronologie, et mourut en 540. On a de lui des recueils de Canons apostoliques (publiés pour la 1™ fois en 1628, in-8, par Juste!); de Décrâales (dans la Bibliothèque du droit canon); des versions latines des ouvrages de S. Pacéme et autres Pères. Ce fut Denys le Petit qui introduisit l'usage décompter les années _à partir de la naissance de J.-C, qu'il plaça à l'année 753 de Rome (4 ans trop tard, à ce qu'il paraît). Il trouva une période de 532 ans qui commençait à l'année même de l'incarnation, et qu'on appela, d'après son nom, période dionysienne.
  • DERB
  • — 517 —
  • DERO
  • dfnys, roi de Portugal, né à Lisbonne en 1261, mort en 1325, succéda en 1179 à son père Alph. III, et mérita les beaux noms de Père'de la patrie, de Roi libéral, de Jîoi laboureur, par les chartes qu'il octroya à ses sujets, chartes qui protégeaient le peuple contre les seigneurs et encourageaient les arts ¦et l'agriculture. Il fit avec avantage la guerre contre la Castille et l'Aragon, pour défendre les droits des infants de Lara. En 1310 il embrassa avec chaleur la cause des Templiers, soutenant leur innocence. Quand l'ordre eut été détruit, il en recueillit les débris et les admit dans un ordre nouveau, qu'il créa en Portugal sous le nom d'Ordre du Christ (V. ce mot). Denys fonda en 1291 la lr* université du Portugal, celle de Coïmbre, et créa la marine du pays.
  • denys le Flamand, peintre. V. calvart.
  • DÉOLS ou bourg - dieu , bourg du dép. de l'Indre, sur l'Indre, à 2 kil. N. E. de Châteauroux; 2355 hab. Jadis ch.-l. de principauté. On attribue la fondation de cette v., jadis plus importante, à Léo-cade, préfet de la Gaule Lyonnaise sous les premiers empereurs, dont on voit encore le tombeau. Ane abbaye de Bénédictins, sécularisée en 1613.
  • DEOULINAou divilino, bourgde Russie (Moscou), à 62 kil. N. de Moscou. Il y fut signé, en 1618, entre la Russie et la Pologne, un traité par lequel le prince Wladislas, fils de Sigismond III, roi de Pologne, renonçait à la couronne de Russie.
  • DEPARCIEUX (Ant.), mathématicien, né près de Nîmes en 1703, mort en 1768, se fit d'abord remarquer par son habileté à exécuter les cadrans solaires •et devint membre de l'Académie des sciences. Il est surtout connu par un Essai sur les probabilités de la durée de la vie humaine (1746), où il donna des Tables de mortalité qui ont longtemps servi de base aux placements viagers. — Son neveu, Ant. D., 1753-99, a donné un traité estimé des Annuités, 1781, et a laissé des mémoires sur les Moyens d'élever l'eau et sur les Globes aérostatiques.
  • DEPPIN& (G. Bernard), historien, né à Munstei en 1784, mort en 1853, vint de bonne heure se fixer en France, et consacra toute sa vie à des recherches historiques. On lui doit une Histoire des expéditions maritimes des Normands au xe siècle, couronnée en 1820 par l'Académie des inscriptions, une Histoire de la Normandie depuis Guillaume le Conquérant, une Hist. des Juifs au moyen âge, enfin une Hist. du commerce entre le Levant et l'Europe, couronnée en 1828. Il a publié dans la collection des Documents de l'Hist. de France le Livre des Métiers d'Est. Boyleaux et la Correspondance administrative sous Louis XIV.
  • DEPTFORD, v. d'Angleterre (Kent), au confluent de la Tamise et de la Ravensbourne, à 9 k. S. E. de Londres, dont elle touche même deux quartiers, Greenwich et Southwark; 25 000 hab. Chantier royal de construction où Pierre le Grand travailla comme ouvrier en 1698; hospices pour les maîtres d'équipage, les pilotes et leurs veuves.
  • DE PURE (Michel), abbé, né à Lyon on 1634, mort en 1680, était un faible.prédicateur^et n'est guère connu que par le ridicule dont Boileau l'a couvert, pour se venger d'un pamphlet que cet abbé avait fait contrelui.il a traduit Quintilien, 1663, l'Hist. des Indes de Maffei, 1665, la Vie de Léon X, de Paul Jove, a donné lui-même la Vie du maréchal de Gassion, 1673, et a risqué au théâtre quelques pièces médiocres.
  • DÉPUTÉS. V. CHAMBRE DES DÉPUTÉS. DER OU DEIR. V. DEIR.
  • DERBEND ou derbent, VAlbana des anciens, le Demir-Kapou des Turcs, v. de la Russie d'Asie (Pays du Caucase)' jadis ch.-l. du Daghestan, près de la côte O. de la mer Caspienne, à 300 k. N. E. deTiflis; 10 000 h. Murs flanqués de tours, citadelle. Aspect oriental, bazars, belle mosquée. Soie, safran, bon vin. Non loin de là, on voit les débris d'une grande muraille qui, dit-on à tort, allait de la mer Noire à la mer Caspienne, et que coupait un défilé célèbre,
  • le défilé de Derbend (Albanix pylss), fermé par des portes de fer. — Suivant les traditions, Alexandre serait le fondateur de Derbend. Chosroès le Grand la fortifia • les Arabes s'en emparèrent au yrx* siècle. Haroun-al-Raschid y séjourna plusieurs fois. Les Russes l'ont prise aux Persans en 1722, rendue en 1735, et reprise en 1795; ils la possèdent depuis.
  • DERBY, v, d'Angleterre, ch.-l. de comté, sur la Derwent, à 178 k. N. O. de Londres; 44 000 hab. Arsenal; magasin à poudre; fabrique de tissus; orfèvrerie; station. — Le comté, entre ceux de Chester, Stafford, Leicester, Nottingham et York, a 88 kil. sur 35, et 300 000 hab. Surface inégale, montagnes, étangs; sol assez fertile dans les parties basses. Plomb, fer, houille, spath, pierre à chaux, marbre; usines àfer, toiles, soieries, lainages. Antiquités romaines et Saxonnes. Ce pays, anciennement habité par les Coritani, fut compris sous les Saxons dans le roy. de Mercie.
  • DERCÉTO, grande divinité des Syriens, adorée dans Ascalon et Joppé, était fille de Vénus. On la représentait sous la figure d'un homme dont la partie inférieure se terminait en queue de poisson. On pense que Dercéto était la mère de Sémiramis, que cette reine divinisa. Elle avait un temple célèbre àHiéra-polis, àl'O. de l'Euphrate.
  • DERCYLLIDAS, général lacédémonien, dirigea, de 399 à 397 av. J.-C., une expédition en Asie-Mineure pour défendre contre le grand roi les colonies grecques de cette contrée, défit les Perses en plusieurs rencontres, prit sur eux en un seul jour 3 V., Arisbé, Hamaxite et Colones en Troade, fît signer à Tissapherne un traité qui garantissait la paix des colonies et éleva un mur entre la Thrace et la Cbersonèse.
  • DERHAM (Will.), né en 1657 à Stowton près de Worcester, mort en 1735, fut recteur ou curé d'Up-minster près de Londres, puis chapelain du prince de Galles et chanoine de Windsor. Chargé en 1711 et 1712 des sermons pour la fondation de Boyle, il prononça à cette occasion sur la théologie naturelle 16 discours qui donnèrent naissance à deux ouvrages fort estimés: Physico-Theology, 1713, et Astro-Theo-logy, 1714. Il y ajouta plus tard la Chrislo-Theo-logy, 1730, où il expose les preuves du Christianisme. Derham était à la fois versé dans la théologie et dans la physique, l'astronomie, éttoutes les sciences naturelles ; il était membre de la Société royale; il fut très-lié avec Ray et publia les ouvrages posthumes de ce savant. Sa Théologie astronomique a été trad. par Bellanger, 1726, et E. Bertrand, 1760; sa Théologie physique a été trad. en 1730.
  • DERJAVINE (Gabriel), poète russe, né en 1743 à Kasan, mort en 1816, fut successivement militaire et magistrat, devint ministre de la justice en 1801, et se retira des affaires en 1803, pour cultiver les lettres. On a de lui des poésies lyriques, parmi lesquelles on remarque l'Hymne à Dieu (1775), trad. dans presque toutes les langues de l'Europe, et que l'empereur de Chine même fit traduire, et l'Ode sur l'expulsion des Français (1813); des compositions dramatiques et des écrits en prose. Ses Mémoires ont paru à Moscou en 1860. Ses ouvrages dénotent un esprit fécond et original. Ils ont été trad. enfrançais en 1861.
  • DERNEH, Darnis, v. d'Afrique, dans l'État de Tripoli, sur la Méditerranée, à 890 kil. E. de Tripoli et à 225 kil. E. N. E. de Bengazy. Aux env., grande fertilité. Cette v. est souvent ravagée par les invasions de Bédouins et infestée par la peste, qui a réduit la population de 5000 à 1000 hab. L'amiral Gan-theaume y débarqua en 1799.
  • DEROSNE (Ch.), industriel, né à Paris en 1780, mort en 1846, exerça d'abord la pharmacie et s'associa avec Cadet-Gassicourt, fut des premiers en France à fabriquer le sucre de betterave (1811), obtint le noir animal par la fabrication des os, reconnut la propriété décolorante du charbon et l'appliqua à la purification des sirops de sucre (1813), et fonda en 1825 à Chail-lot, avec Cail, une usine pour la construction des
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  • machines et des locomotives, qui ne tarda pas à devenir une des plus importantes du monde. Il a trad. del'allem. le Traité d'Achard sur lesucre de betterave.
  • DEIU'T, v. de Russie. V. dorpat
  • DERREYEH, v. de l'Arabie centrale, capit. du Nedjed, sur le golfe persique, à 750 kil. N. E. de La Mecque, par25° 15'lat. N., 44° 10' long. E. Cette ville, qui est très-forte, était le ch.-l. des"Wahabites. Ibrahim-Pacha, filsdeMéhémet-Ali, s'en empara en en 1819 et la dévasta: elle avait alors 15000 hab.; auj. elle est presque déserte.
  • DERTONA, auj. Tortone, v. de la Ligurie, entre Gênes et Plaisance. Colonisée par iEmilius Scaurus.
  • DERTOSA, auj. Tortose, v. d'Hispanie (Tarraco-naise), ch.-l. des llercaones, sur l'Bbre, près de la côte, reçut une colonie romaine sous Auguste.
  • DERVAL, ch.-l. de c (Loire-Inf.), à 23 kil. S. O. de Châteaubriant; 2520 hab. Ane château fort.
  • DERVICHES, c-à-d. pauvre en persan, espèce de moines musulmans. Ils font vœu de pauvreté et de chasteté, mais observent fort peu ces deux points. Ils s'imposent tous les jeudis un jeûne complet : ce qui ne les empêche pas de faire un grand usage d'opium et môme de liqueurs fortes. Pour obtenir les aumônes des fidèles, ils exécutent sous leurs yeux une foule de jongleries et de tours d'adresse : quelques-uns tournent des heures de suite sur eux-mêmes, répétant sans cesse le nom d'Allah. Les derviches vivent en commun dans des espèces 4e couvents. On en compte dans l'empire ottoman 32 ordres, dont le plus ancien date de l'an 759 deJ.-C. Leur établissement principal est à Konieh, dans la Caramanie.
  • DERIVENT, riv. d'Angleterre, dans le comté de Derby, passe à Derby et se joint au Trent après un cours" de 90 kil. — Riv. du comté de Cumberland, traverse un lac de même nom et se jette dans la mer d'Irlande à Workington.

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  • DESAGUADERO, riv. de Bolivie, naît dans les Andes, sur la limite des dép. de Chuquisaca et de Potosi, coule au N., et tombe dans le lac Titicaca, après un cours de 250 kil.
  • DESAGULIERS (J. Théoph.), physicien, né à La Rochelle en 1683, mort en 1743, était fils d'un ministre protestant, qui, à la révocation de l'édit de Nantes, passa en Angleterre. Il étudia à Oxford sous Keill, et reçut les ordres en 1717. Il fit différents cours à Oxford, puisa Londres , de 1710 à 1740, poursuivit les expériences de Newton et fut reçu à la Société royale. Il publia en anglais son Cours de physique expérimentale, Londres, 1719, 2 vol., trad. par le P. Pézenas, et traduisit en français plusieurs ouvrages de Gregory, d'Ozanam et de Sg'ravesande.
  • DESAIGNES, bourg du dép. del'Ardèche, à 30 k. O. N. O. de Tournon; 3800 han. Antiquités romaines.
  • DESAIX (L. Ch. Ant.), général français, né en 1768, d'une famille noble, à St-Hilaire-d'Ayat en Auvergne, était lieutenant au régiment de Bretagne lorsqu'éclata la Révolution. Il en adopta les principes, fut nommé aide de camp du général de Bro-glie, se signala aux combats de Wissembourg et de Lauterbourg et fut promu au grade de général de division à 26 ans. Il se distingua en cette qualité à l'armée du Rhin en 1796, et défendit avec un rare courage le fortdeKehl. En 1798, il accompagna Bonaparte en Egypte, se rendit maître de la Hte-Egypte, et y exerça le pouvoir militaire avec tant de modération et d'équité, que les Musulmans eux-mêmes ne l'appelaient que le Sultan juste. Rentré en France en 1800, il reçut le commandement de deux divisions à l'armée d'Italie : il contribua puissamment à la victoire de Marengo en rétablissant le combat avec sa réserve (14 juin 1800); mais E y perdit la vie. De-saix était.un caractère antique : aune bravoure àtoute épreuve il joignait une probité rigide et un complet désintéressement. Napoléon fit placer son tombeau dans la chapelle du grand St-Bernard. Deux monuments ont été élevés en son honneur, l'un à Paris (place Dauphine), l'autre à Clermont. — V. dessaix.
  • DESARGUES (Gérard), géomètre et architecte,, né à Lyon en 1593, mort en 1662, servit quelque-temps, quitta les armes pour la science et se lia-avec Descartes, qu'il défendit en toute occasion. Il s'occupa surtout de la métaphysique de la géométrie, sans cependant négliger les applications pratiques, et créa la stéréotomie scientifique. On a de lui un Traité de Perspective (1636), qui a permis de perfectionner la peinture, et des traités estimés De la Coupe des pierres, des Sections coniques;'11 est à regretter que la rédaction en soit fort négligée.
  • DÉSAUGDERS (Marc Ant.), chansonnier, fils d'un compositeur auquel ou doit les Jumeaux de Ber-game, les Deux Sylphes, Florine, etc., naquit à Fré-jus en 1772, et m. en 1827. Use trouvait à St-Do-mingue lors de l'insurrection et faillit y perdre la vie. De retour en France, il se fit bientôt connaîtra par ses chansons et ses vaudevilles. Il fut longtemps '*¦ l'âme du Caveau moderne; et devint en 1815 directeur du théâtre du Vaudeville. On a de lui un recueil de chansons pleines d'esprit et de gaieté, parmi lesquelles on distingue l'Épicurien, Ma fortuneest faite, Cadet Buteux, laparodie de la Vestale, M. et Mme Denis. Il adonné une foule de petites pièces, vaudevilles, comédies ou parodies, dont quelques-unes, comme les Petites Danaïdes, la Chatte merveilleuse, il. Vautour, Je fais mes farces, ont eu une vogue prodigieuse. Un recueil complet de ses Chansons a été publié en 1827. 3 v. in-18. -Son frère aîné, Auguste Désaugiers, 1770-1836, consul à Copenhague pendant 20 ans, a composé des odes qui furent peu remarquées, et des tragédies lyriques, qui n'ont pu être représentées.—Un frère cadet, Jules-Joseph Désaugiers, 1775-1855, consul, puis directeur des affaires commerciales , a traduit de Heeren les Idées sur les relations commerciales des anciens peuples de l'Afrique, 1820.
  • DESAULï (P. Joseph), chirurgien, nê'en 1744,. au Magny-Vernois, en Franche-Comté (Hta-SaÔne), vint en 1764 à Paris, _et, tout en suivant lès leçons de Petit et des chirurgiens célèbres de i'époquet commença dès l'âge de 22 ans à faire des cours qui attirèrent bientôt Ta foule. Il fut nommé successivement professeur à l'école pratique, membre du collège de chirurgie en 1776, chirurgien en chef delà Charité en 1782, puis de l'Hôtel-Dieu en" 1788. II fut élu en 1792 membre du comité de santé des armées, devint professeur de clinfque chirurgicale à la nouvelle école de santé, et fut chargé en/1795 de donner des soins au jeune fils de Louis XVI. U mourut lui-même pendant ce traitement, à l'âge de 51 ans, Desault était également remarquable comme professeur et comme opérateur. U a fait faire un j|rand pas à l'anatomie chirurgicale. La chirurgie lui doit un grand nombre d'inventions ou de perfectionnements importants, parmi lesquels on remarque ses appareils pour les fractures et pour les maladies des voies urinaires. U n'a presque rien publié lui-même : Chopartj son ami, a donné un Traité des maladies chirurgicales fait en commun avec lui, 1780'; Bichat, l'un de ses élèves les plus distingués, a publié sous son nom 4 vol. à'OEuvres chirurgicales, 1798-99.
  • DESBARREAUX (Jacq. vallée), fameux épicurien, né à Paris en 15t)9, mort en 1673, était fils d'un président au grand conseil. Pourvu de bonne heure d'une charge de conseiller au parlement de Paris, il s'en démit pour se livrer plus librement à son goût pour la bonne obère et le plaisir. Il changeait de climat selon les saisons. Desbarreaux fut lié avec les beaux esprits de son temps, avec Balzac, avec Chapelle et même avec Descartes. Il avait composé un assez grand nombre de chansons et de poésies fugitives dans lesquelles il affichait l'incrédulité et même l'athéisme; on n'a conservé de lui que ce fameux sonnet où il chante la palinodie :
  • Grand Dieul tes jugements sont remplis d'équité, etc.
  • il le composa dans une maladie, mais il le désavoua, dit-on, quand il fut revenu à. la santé. Voltaire as-
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  • sure que ce sonnet n'est même pas de lui, et l'attribue à l'abbé de Lavau.
  • DESBASSYNS de richemont (Ph. panon), administrateur, néenl774àSt-Paul (Ile Bourbon), d'une riche famille de colons, mort en 1840, fut chargé sous le Consulat et l'Empire, de négociations avec l'Angleterre qu'il mena à bonne fin, fit relâcher en 1811 nos soldats retenus sur les pontons, obtint à la paix la restitution de plusieurs colonies, fut successivement administrateur de nos établissements dans l'Inde, intendant de l'île Bourbon, membre du conseil de l'amirauté, et membre de la Chambre des Députés. Possesseur d'une grande fortune, il en fit un noble usage : il légua 140 000 fr. aux pauvres.
  • DESBILLONS (le P. Fr. Jos. terrasse), poète latin moderne, né en 1711 à Châteauneuf en Berry, mort en 1789, entra chez les Jésuites, enseigna les humanités avec distinction à Nevers, à Caen, à La Flèche, puis vint à Paris afin de s'y livrer à son goût pour la littérature. Lors de la dissolution de la société des Jésuites, il se retira à Manheim où il resta jusqu'à sa mort. On a de lui 15 livres de fables latines fort estimées, sous le titre de Fabulai Msopicx, Manheim, 1768; deux poèmes: Ars bene valendi, 1788; De Pace christiana, 1789; des Miscellanea, 1792, où l'on trouve des odes, des lettres et deux nouveaux livres de fables. Il s'est beaucoup rapproché de La Fontaine.
  • DESBORDES-VALMORE (Mme) , femme poète, née à Douai en 1787, morte en 1859, était fille d'un doreur. Luttant contre l'adversité, elle se fit actrice, épousa le tragédien Valmore, puis quitta le théâtre pour les lettres. Elle publia en 1818 un recueil intitulé Élégies et Romances, en 1824 des Élégies nouvelles, en 3833 les Pleurs, en 1839 Pauvres fleurs, toutes poésies remarquables par une émotion vraie ainsi que par un heureux tour d'expression, et qui lui valurent une pension de 1500 fr. et plusieurs ccuron-nes académiques. Elle a aussi donné quelques romans et a composé des Contes pour les enfants.
  • DESBOULMIERS (J. Aug. julien), homme de lettres, néàParisen 1731, mortenl771, avait été capitaine de cavalerie. On a de lui une Histoire du Théâtre-Italien, 1769; une Histoire de l'Opéra-Comique, 1769, et quelques autres œuvres médiocres.
  • DESCAMISADOS, nom donné en Espagne, de 1820 à 1823, à la fraction la plus violente du parti démocratique; ce mot, qui veut dire sans chemise, répond à notre mot sans-culotte.
  • DESCAMPS (JeanBaptiste), peintre, membre de l'Académie, néàDunkerque en 1714, mort en 1791, avait étudié sous L. Coypel, son oncle maternel, et sous Largiliière. Il fonda à Rome une école gratuite de dessin. Comme peintre, il excella dans les scènes de village. Il a publié une Vie des peintres flamands, allemands et hollandais, 1753-63, et le Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant, 1769.
  • DESCARRIÈRES, littérateur. V. hérissant.
  • DESCARTES (René), Cartesius, philosophe français, né à La Haye en Touraine l'an 1596, d'une famille noble, étudia à La Flèche sous les Jésuites, se distingua surtout en philosophie et sentit dès lors le vide des doctrines qui étaient en honneur. Il suivit d'abord la carrière des armes et servit comme volontaire sous Maurice de Nassau (1617) et sous le duo de Bavière (1619); mais il quitta le service au bout de peu d'années (1620), se mit à voyager, parcourut l'Allemagne, la Hollande, l'Italie et vint à plusieurs reprises à Paris, où il se lia avec les savants, particulièrement avec Mersenne, Mydorge, Sor-bière, Clersellier. Après être resté plusieurs années indécis sur le choix d'un état, il résolut de se livrer tout entier à la méditation. Pour y mieux réussir, il quitta la France, où il eût trouvé trop de distractions, et se retira en Hollande (1629), où il vécut dans la retraite, habitant tantôt Amsterdam, Deventer, La Haye ou Leyde, tantôt les délicieuses solitudes d'Eyndegeest ou d'Egmont. Le premier fruit de ses travaux avait été un Traité du Monde, dans lequel il admettait, comme Galilée, le mouvement de la terre ; mais il supprima prudemment cet ouvrage dès qu'il connut la condamnation du philosophe italien (1633). En 1637 il publia le Discnun de la Méthode, avec la Dioptrique, les Météores et ta Géométrie, rédigés en français; il y enseignait une méthode nouvelle qui devait faire révolution dans la philosophie, et il présentait comme applications de cette méthode plusieurs de ses plus admirables découvertes. En 1641 parurent les Méditations sur la philosophie première, qu'il rédigea en latin, et qu'il dédia à la Sorbonne ; elles furent suivies en 1644 des Principes de la philosophie, écrits aussi en latin, qt où l'auteur présentait l'ensemble de sa doctrine. Ces ouvrages attirèrent à Descartes un grand nombre d'admirateurs, mais ils lui suscitèrent aussi de vives contradictions et même des persécutions. A la tête de ses adversaires se plaça un théologien d'Utrecht, Gisbert Voët, qui l'accusa'd'athéisme : peu s'en fallut que ses livres ne fussentbrûlésparlamain du bourreau (1643); quelques-uns furent mis à l'index à Rome, notamment les Méditations (toutefois, la condamnation ne fut prononcée que longtemps après sa mort, en 1663). Il eut aussi à répondre aux objections toutes philosophiques de Hobbes, de Gassendi, d'Amauldet d'un grand nombre d'autres. Mais d'un autre côté il comptait d'illustres suffrages : ses principes étaient enseignés dans plusieurs universités; la princesse Elisabeth, fille de l'électeur palatin Frédéric V, recherchait ses entretiens; Mazarin lui accordait une pension de mille écus (1647) ; enfin la reine Christine le pressait de se rendre à sa cour. Flatté de cette invitation, Descartes partit pour Stockholm à la fin de 1649, mais au bout de peu de mois il succomba à la rigueur du climat. Il mourut en 1650, âgé de près de 54 ans. Ses restes furent rapportés en France en 1667, et déposés avec honneur à Ste-Geneviève, mais il ne fut pas permis de prononcer son oraison funèbre. Descartes est regardé comme le rénovateur des sciences. Sentant combien étaient peu solides la plupart des connaissances que les anciens nous ont transmises , il résolut de douter provisoirement de tout et de reconstruire l'édifice entier sur de nouvelles bases en ne se fiant qu'à l'évidence, et en suivant une méthode toute nouvelle. Dans les travaux qu'il entreprit pour opérer cette grande restauration, il faut distinguer le métaphysicien, le mathématicien, le physicien et l'astronome. En Métaphysique il prit pouT point de départ ce célèbre enthymème, Je pense, donc je suis, et se servit de cette première vérité pour établir et l'existence de l'âme, à laquelle il donne pour essence la pensée, et l'existence de Dieu, qu'il fonde sur l'idée même que nous en avons, et celle des corps, qu'il fonde sur la véracité de Dieu; il distingua nettement l'esprit de la matière (à laquelle il donne pour essence l'étendue), mais sans expliquer l'action réciproque des deux substances ; il plaça le siège de l'âme dans la glande pinéale et lui donna pour agents les esprits animaux ; il réduisit les animaux à n'être que de pures machines; enfin il admit des idées innées. En Mathématiques, il fit faire un pas immense par l'invention d'un nouveau mode de notation en algèbre, celui des exposants, et par l'application de cette science à la géométrie des courbes; ce qui lui permit de résoudre comme en se jouantles problèmes regardés jusqu'alors comme insolubles. En Physique, il découvrit la véritable loi de la réfraction, et proposa la plus exacte théorie de l'arc-en-ciel qu'on pût donner alors; mais il se livra aussi trop souvent, dans l'explication des météores aux hypothèses les plus gratuites. En astronomie, et en cosmologie, il imagina ce fameux système des tourbillons , suivant lequel le soleil et les étoiles fixes sont le centre d'autant de tourbillons de matière subtile qui font circuler autour d'eux les planètes ; mais, moins hardi ou moins franc que Copernic, il ajsutait que
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  • tous ces tourbillons circulaient eux-mêmes autour de la terre. Il s'occupa aussi beaucoup de physiologie etd'anatomie. Les ouvrages de Descartes, outre ceux que nous avons déjà cités, sont les Passions de l'âme, Amsterdam, 1649 ; le Monde ou Traité de la lumière, 16S4 (posthume) ; Traité de l'homme et de la formation du fœtus, 1664, Compendium musicx, 1650; la Mécanique, 1668 ; et de nombreuses Lettres, 1657-ti7. Plusieurs de ses ouvrages, qui avaient été écrits en latin, ont été traduits par Clersellier, notamment : les Lettres, 1667, 3 vol. in-4; les Méditations, 1673 (déjà trad. dès 1647 par le duc de Luynes) ; le Traité de l'Homme, 1677; tes Principes, 1681. L'édition de ses OEuvres la plus complète est celle de M. V. Cousin, en 11 volumes in-8, Paris, 1824-1826; M. Ad. Garnier a donné à part les œuvres purement philosophiques, 1835, 4 vol. in-8, avec des notes ; M. Fou-cher de Careil a publié en 1859-60 deux volumes d'OEuvres inédites. La Vie de Descartes.a été écrite parBaillet, 1691; son Éloge, par Thomas et par Gaillard, 1761. — Malgré l'opposition que la philosophie de Descartes avait rencontrée à son début, elle ne laissa pas de se propager dans toute l'Europe, et d'y obtenir, sous le nom de Cartésianisme, un grand nombre de partisans, qui furent appelés Cartésiens. Parmi ceux-ci, les uns, comme Dela-forge, Clersellier, Clauberg, Sylvain Régis, Jacques Rohault, se contentèrent de reproduire la doctrine du maître, et de la commenter timidement; les autres, comme Malebranche, Spinosa, Fardella, en tirèrent des conséquences chacun à leur manière, et bâtirent des systèmes qui s'en écartaient fort; d'autres enfin n'empruntèrent à Descartes que son esprit et sa méthode, dont ils se servirent, tantôt pour défendre les vérités religieuses et morales , comme Arnauld, Bossuet, Fénelon, Nicole, et la plupart des Jansénistes de Port-Royal; tantôt, comme Bayle, pour battre en brèche toutes les croyances. Après une vogue de plus d'un demi-siècle, le cartésianisme s'éclipsa rapidement devant la faveur qui s'attachait aux systèmes nouveaux de Locke, de Newton, de Leibnitz; cependant il continua d'être en France la philosophie dominante jusqu'à Con-dillac Voltaire lui porta les derniers coups. M. Fr. Bouillier a donné l'Histoire de la philosophie cartésienne, 1854.
  • DESCHAMPS (Eustache), dit Morel, à cause de son teint basané ou parce qu'il aurait été prisonnier chez les Maures, vieux poète français, né vers 1325 à Vertus en Champagne, mort en 1421, fut huissier d'armes de Charles V et Charles VI. On le regarde comme le créateur de la ballade et de la chanson à boire. Son ouvrage le plus étendu est intitulé : Miroir du mariage, satire fort hostile aux femmes. Il a écrit un grand nombre de fables; La Fontaine en a imité quelques-unes, notamment la Cigale et la Fourmi et le Conseil tenu par les Rats. La Bibliothèque impériale possède toutes ses œuvres en manuscrit. M. Crapelet a publié en 1832 un choix de ses poésies, quia été complété en 1850 par M. Tarbé-
  • deschamps (Chrétien), poète, né près de Troyes en 1683, mort en 1747, fut abbé, militaire et enfin financier : devenu premier commis du célèbre Paris-Duverney, il ne tarda pas à faire fortune. On a de lui plusieurs tragédies médiocres : Caton d'Utique, \H5;Antiochus et Cléopâtre, mi;Médus, 1739. On lui doit aussi des Recherches historiques sur le théâtre français, 1735.
  • DESCOUTURES, traducteur. V. couture? (des).
  • DESCROIZIIXES (Fr. Ant H.), chimiste, né à Paris vers 1750, inOrt en 1825, se forma sous Rouelle et fut successivement professeur de chimie à Rouen et secrétaire du Conseil des manufactures à Paris. Ou lui doit plusieurs applications importantes de la science t entre autres l'AÎcalimètre, l'Alambic d'essai (perfectionné par Gay-Lussac), et une méthode très-simple pour conserver les grains (1819).
  • UESENNE (Alex.), dessinateur, né à Paris en 1785, mort en 1827, était fils d'un libraire. Il se consacra de bonne heure à la vignette et orna les plus belles éditions de nos classiques, Boileau, Racine, Molière, J. J. Rousseau, Voltaire, etc., de dessins qui se distinguent par la simplicité, le naturel et la grâce.
  • DESENZANO, v. de Lorabardie, à 63 k.. E. S. E. de Brescia, sur le lac de Garda; 3500 h. Bon port. Pêche active. Vins estimés.
  • DES ESSARTS (Pierre), surintendant des finances sous Charles VI, dut son.élévation à la protection du duc de Bourgogne Jea.il sans Peur. En 141-1 il était prévôt de Paris : les Parisiens lui donnèrent le titre de Bere du peuple pour avoir assuré les approvisionnements de la capitale au milieu des troubles qui l'agitaient; mais il ne.sut pas conserver longtemps leur amour. On l'accusa d'avoir dilapidé les finances ; il fut obligé de fuir, et demeura quelque temps caché dans ses terres. Il chercha à rétablir son crédit en s'attachantauduede Guyenne, et s'empara, au nom de ce seigneur, de la Bastille, qu'il voulait livrer aux Armagnacs. Mais il y fut assiégé, obligé de se rendre, poursuivi comme dilapidateur par les Cabo-chiens, accusé d'avoir voulu enlever le roi, condamné à mort et pendu à Montfaucon en 1413.
  • des essarts (Charlotte),_ comtesse de Romorantin, devint maîtresse de Henri IV en 1590, en eut deux filles. Elle vécut ensuite dans la plus grande intimité avec Louis de Lorraine, cardinal de Guise, et, après la mort de ce prélat, épousa, en 1630, le maréchal de l'Hôpital, alors connu sous le nom de Du Hallier. Elle mourut en 1651.
  • desessarts (n. leiuoyne), bibliographe, né en 1744, mort en 1810, d'abord avocat, puis libraire, est auteur ou éditeur de volumineuses compilations, dont les plus connues sont : Causes célèbres, 1773-89,196 vol. in-12; Bibliothèque de l'Iwmme de goût, 1798, 3 vol. in-8 (refondu en 1808, avec Barbier); Siècles littéraires de la France, 1800-1803,7lvol. in-8.
  • DESESSARTZ (Jean Charles), docteur régent de la faculté de Pans, membre de l'Institut, né en 1729 à Bragelogne (Aube), mort en 1811, devint en 1776 doyen de la faculté, il a donné : un Traité sur l'éducation corporelle des enfants en bas âge, 1760, qui servit à J. J. Rousseau dans la composition de son Emile; Discours sur les inhumations précipitées; Traité sur le crou^, 1807; et une édit. des Fun-damenta materix medicx de Cartheuser, 1769.
  • DE SÈZE (Raym.), célèbre avocat, né à Bordeaux en 1748, d'une famille ancienne, mort en 1828; plaida d'abord dans sa ville natale ; fut appelé à Paris par le ministre Vergennes; défendit à son début la cause des filles d'Helvétius; fut choisi pour être le conseil de Marie-Antoinette dans l'affaire du Collier, fit acquitter Besenval, accusé de haute trahison (1789); fut désigné par Louis XVI, au refus de Target, pour être adjoint à ses défenseurs Tronchet et flaleslier-bes, et prononça avec courage la défense du roi devant la Convention, le 26 déc. 1792, fut par suite arrêté comme suspect, et ne sortit de prison qu'après le 9 thermidor. En. 1815, il fut nommé président de la Cour de cassation et pair de France; il fut élu à l'Académie franc, en 1816, et fait comteen 1817.
  • DESFA0CHERETS (J. L. brousse), né à, Paris en 1742, mort en 1808', a donné plusieurs comédies qui brillent par l'esprit et la gaieté. La meilleure est le Mariage secret, 178G, en 3 actes'et en vers, Il remplit avec intégrité de? fonctions municipales pendant la Révolution et fut censeur sous l'Empire.
  • DESFONTAINES (P. guyot, abbé), critique, né à Rouen en 1685, mort à Paris en 1745, était fils d'un conseiller. Il entra d'abord chez les Jésuites, mais il les quitta en 1715. Il prit alors le rôle d'aristarqua et publia, soit seul, soit avec Fréron, Grasset, etc., différents recueils périodiques, notammenlle Jour-nal des Savants, auquel il rendit quelque, éclat; le Nouvelliste du Parnasse (ïl3l};Obsematiohs sur les écrits modernes; Jugements sur les écrits nouveaux,*1745. Ses critiques pleines d'âpreté lui firent de
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  • nombreux ennemis; le plus redoutable fut Voltaire, qui l'accabla d'épigrammes et même d'invectives. Il parait, au reste, que l'abbé Desfontaines était un homme dépravé : il eut plusieurs aventures fort scandaleuses. On a de lui, outre les écrits périodiques déjà cités, une édition de la Henriade, avec la critique de ce poème, Ï728; un Dictionnaire néologique . 1726; la traduction de Gulliver, 1727; une traduction de 7ir-gile, 1743, longtemps estimée, quoique fort prosaïque.
  • DESPONTAINES (G. Fr. FOL'QUES LESHAYES, dit), écrivain, né à Caen en 1733, mort en 1825, avait été avant la Révolution censeur royal, secrétaire et bibliothécaire de Monsieur (Louis XV M). Il coopéra à la publication de la Nouvelle Bibliothèque des romans, composa lui-même quelques romans, entre autres : Lettres de Sophie et du chevalier de***, 1765, et donna soit seul, soit en société avec Barré et Ra-det, un grand nombre de pièces dont les plus goûtées sont : la Cinquantaine ; la Dot; le Droit du Seigneur; Arlequin afficheur; la Chaste Suzanne; l'Amant statue; la Fête de l'Égalité; le Rêve; M. Du-relief; Petit Voyage du vaudeville, etc. Il fut un des fondateurs des Dîners du Vaudeville et du Caveau.
  • desfontaines (René louiohe), botaniste, né à Trembley (Ille-et-Vilaine) en 1750, mort en 1833, fut reçu membre de l'Académie des sciences en 1783, alla en Afrique pour étudier la flore des côtes de Barbarie, y resta jusqu'en 1786 et publia après son retour la .Flore Atlantique, 1798, 2 vol. in-4, avec planches. On lui doit des observations nouvelles sur le dattier, le ïofos de Libye, le chêne à glands doux, sur l'irritabilité des plantes; l'Histoire des plantes et des arbrisseaux qui peuvent être cultivés en France en pleine terre, 1809; des Expériences sur la fécondation artificielle des plantes, 1831. Le premier il présenta l'organographie et la physique végétales comme devant être l'introduction nécessaire de la botanique.
  • DESFORGES (P. J. B. choudard), acteur et auteur, né à Paris en 1746, mort en 1806, joua d'abord à la Comédie-Italienne, fut engagé à St-Pétersbourg en 1779, revint à Paris en 1782, abandonna la scène et se livra dès lors tout entier à la littérature. Ses principales pièces sont: Tom Jones à Londres, 1782; la Femme jalouse, 1785; le Sourd ou l'Auberge pleine, Joconde, opéra-comique, 1790. Il a publié en 1798 des Mémoires où il affiche l'immoralité.
  • DESFORGES-MAiLLARn (P.), poète, né au Croisic en Bretagne en 1699, mort en 1772. Du fond de sa province, il adressait de mauvais vers au Mercure : le rédacteur du journal lui ayant signifié qu'il n'insérerait plus rien de lui, il imagina d'adresser ses poésies sous le nom d'une muse bretonne imaginaire, Mlle Malcrais de La Vigne. Elles furent dès ce moment reçues avec empressement; le rédacteur s'éprit même d'une belle passion pour la nouvelle Sapho. Desforges mit un terme à cette mystification en se faisant connaître. Cette aventure a fourni à Pi-ronle sujetdesaJlfetroTOar.i'e. LesPoési'es deMlleMal-crais ont été publiées en 1735.
  • DESFOUL ou oespoul, v. de Perse (Khousistan), à 60 kil. O. de Chouster; 15 000 hab. Etoffes de soie et de laine. Aux env., ruines d'une ville ancienne, qu'on croit être Suse ou Elymaïs.
  • DESGENETTES (René Nie dufriche, baron), médecin, né à Alençon en 1762, mort en 1837, fut dès 1793 médecin ordinaire à l'armée d'Italie, s'éleva bientôt au grade de médecin en chef, fit partie de l'expédition d'Egypte (1798), eut à combattre la peste à Jaffa, et ne craignit point, pour relever le courage du soldat, de s'inoculer le virus pestilentiel. Nommé à son retour professeur à la Faculté de Paris, il devint en 1804 inspecteur général du service de santé : il fit en cette qualité toutes les campagnes de l'Empire. Disgracie sous la Restauration, il devint en 1830 médecin eh chef de l'hôtel des Invalides, place qu'il conserva jusqu'à sa mort. On lui doit une Histoire médicale de l'armée d'Orient, 1812, et des Essais de Biographie médicale, 1835.
  • DESGODETS (Antoine), architecte, né à Paris en 1653, mort en 1728, était contrôleur des bâtiments du roi. Il fut reçu à l'Académie d'architecture enl694 et y devint professeur en 1719. Il publia par ordre de Colbert les Édifices antiques de Rome, dessinés et mesurés très-exactement, 1682, in-fol. On a aussi de lui un traité des Lois des bâtiments (1748, avec des notes de Goupy), ouvrage souvent réimprimé et qui fait encore autorité.
  • DESHAUTERAYES (Michel Ange André Leroux), orientaliste, néàConflans-Ste-Honorine vers 1724, m. en 1795, était neveu d'E. Fourmont, qui lui enseigna l'hébreu, le syriaque et l'arabe. Il fut nommé interprète à la bibliothèque du roi et professeur d'arabe au Collège royal, où il enseigna 32 ans. Il a publié l'Histoire générale de la Chine, 1777-84, trad. du chinois par le P. de Mailla, et a formé de savants élèves.
  • DESHAYES (Louis), baron de Courmenin, né à la fin du xvi° siècle, fut chargé par Louis XIII de plusieurs missions dans le Levant, en Danemark, en Perse et en Moscovie. Étant entré dans une conspiration contre le cardinal Richelieu, il fut arrêté et décapité à Béziers, 1632. On a publié sous son nom : Voyage du Levant, fait par le commandement du roien 1621, Paris, 1624, Voyages au Danemark, 1664.
  • DESHOULDÏRES (Antoinette du ligier de la garde, dame), femme remarquable à la fois par son esprit et par sa beauté, née à Paris en 1633 ou 34, morte en 1694, épousa en 1651 G. de Lafon de Boisguérin, seigneur Deshoulières, officier distingué, qui avait suivi la fortune du grand Condé et qui mourut en 1693, la laissant sans fortune. Elle était liée avec les deuxCorneille,avecFJéchier, Mascaron, Pélisson,etc. Ses contemporains la surnommèrent la Dixième Muse, la Calliope française. M™ Deshoulières s'essaya dans presque tous Tes genres, depuis la chanson jusqu'à la tragédie; mais elle ne réussit que dansl'i-dyllé et l'églogue. On a surtout admiré son idylle des Moutons, touchante allégorie où elle déplore enbeaux vers le sort de ses enfants qui avaient perdu leur père. Une des meilleures éditions de ses OEuvres est celle de Crapelet, Paris, 1799, 2 vol. in-8.
  • DESIMA, c-à-d. {le avancée, îlot artificiel du Japon, au S. O. de la v. de Nagasaki, avec laquelle il communique par un pont. Résidence des Hollandais qui font commerce avec le Japon.
  • DESIO, bourg de Lombardie, à 17 k. N. de Milanj 2200 hab. Les Visconti y remportèrent sur les Torriani en 1277 une vict. qui leur assura le duché de Milan.
  • DÉSIRADE (la), une des Petites-Antilles françaises, à 9 k. N. E. de la Guadeloupe, n'a que 17 k. sur 9, et 1250 h. Cette île est d'origine volcanique. Elle fut découverte par Colomb en 1493. Les Français s'y établirent les premiers. Les Anglais s'en emparèrent en 1762 et pendant la Révolution; ilslarendirentenl815.
  • DÉSIRÉ (S.), Desideratas, Desiderius. V. didier.
  • DESJARDINS (Martin bogaert), sculpteur, né à Bréda (Hollande), en 1640, mort à Pans en 1694, devint recteur de l'Académie de sculpture, 1686. Il se rendit célèbre par ses monuments en bronze : c'est lui qui exécuta en 1686 le beau monument de la place des Victoires, à Paris, où Louis XIV était représenté couronné par la Victoire, et tenant sous ses pieds Cerbère, dont les trois têtes figuraient trois nations vaincues. Ce monument, qui avait été commandé par La Feuillade, a été brisé dans la Révolution.
  • DESLANDES (André Franc, boureau), né à Pon-dichéry en 1690, mort à Paris en 1757, fut commissaire de la marine, puis se démit de ses fonctions pour cultiver les lettres. Il a laissé entre autres ouvrages : Histoire critique de la philosophie, 1737 et 175.6, ouvrage médiocre et superficiel; Essai sur la marine et le commerce, 1743; Essai sur la marine des anciens, 1748; Des différents degrés de la certitude morale, 1750, etc. il affectait l'incrédulité.
  • DESLAURIERS, acteur. V. broscambille
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  • DESLON (Charles), médecin de la Faculté'de Paris, mort jeune en 1786, fut un des plus zélés défenseurs du système de Mesmer, dont il avait suivi les leçons; il a composé quelques ouvrages sur le Magnétisme animal, publiés de 1780 à 1782.
  • DËSMAtlIS (Ed. de corsembleu) , poète. né à Sully-sur-Loire eu 1722, mort en 1761, se fit d'abord connaître, sous les auspices de Voltaire, par des pièces fugitives, dont les plus estimées sont le Voyage de St-Germain, l'Heureux amant qui sait te plaire, et fit jouer en 1750 l'Impertinent, comédie en un acte, qui pétille d'esprit, mais qui manque d'action. On a recueilli ses OEuvres en 2 vol. in-12, 1778.
  • DKSMAISEAUX (Pierre)1, né en Auvergne en 1666, mort en 1745 à Londres, membre de la Société royale de cette ville, était lié avec Bayle et St-Évre-moud. Il est l'auteur, l'éditeur ou le traducteur d'un grand nombre d'ouvrages qui intéressent l'histoire littéraire, tels que: Vie de Boileau, 1712; Recueil de plusieurs pièces de J. Locke, 1720; Recueil de diverses pièces sur la philosophie, par Leibnitz, Clarke et Newton, 1720; Vie de St-Évremond; OEuvres diverses de Bayle, 1727; Lettres de Bayle, 1729; Vie de Bayle, 1732; Scaligerana, Thuana, etc.
  • DESMARAIS (Régnier-). V. Régnier
  • DESMARES (Jos.), oratorien, né à Vire en 1599, mort en 1669, était janséniste et fut toute sa vie inquiété pour ses opinions. C'était un des meilleurs prédicateurs du temps; Boileau a dit de lui :*Desmares dans St-Roch n'aurait pas mieux prêché. *0 publia un grand nombre d'ouvrages de controverse, oubliés aujourd'hui.
  • DESMARETS (Jean), avocat général au parlement de Paris, fut l'un des plénipotentiaires qui signèrent le traité de Brétigny (1360), et le seul magistrat qui osa rester dans Paris lors de la révolte des Maillo-tins, 1381. Il avait refusé en 1359 l'entrée delà ville à l'évêque de Laon et aux partisans du roi de Navarre : il se fit ainsi de nombreux ennemis, qui le calomnièrent auprès de Charles VI; ce prince le fit décapiter en 1382, lors de son retour à Paris.
  • desmahets de st-sorlin , l'un des premiers membres de l'Académie française, né à Paris en 1596, mort en 1676, travailla d'abord pour le théâtre et donna plusieurs pièces, entre autres les Visionnaires, qui eurent du succès, grâce à la faveur de Richelieu; puis, passant tout à coup d'un relâchement extrême à une dévotion outrée, il tomba dans une espèce de folie fanatique, et proposa au roi dans un écrit apocalyptique, intitulé Avis du St-Esprit, de lever une armée pour exterminer les hérétiques. Il est surtout connu par le poème intitulé Clovis ou la France chrétienne, qui fut beaucoup loué par Chapelain et que Boileau a livré au ridicule. Ce poëme, publié d'abord en 26 chants (1657), fut refondu par l'auteur et réduit à 20 chants dans une édition de 1673. Dans la querelle des anciens et des modernes, Desmarets se montra un des plus acharnés contre les anciens.
  • desmarets (Nie), contrôleur général des finances, né vers 1650, mort en 1721, était neveu deColbert, et père du maréchal de Maillebois. Il succéda en 1708 à Chamillard, remit l'ordre dans les finances, et se fit estimer pour sa modestie, son intégrité et son urbanité. Injustement attaqué après la mort de Louis XIV (1715), il rédigea pour se défendre un Mémoire sur l'administration des finances depuis le 20/8». 1708iMsgu'en 1715.
  • desmarets (Nie); physicien, membre de l'Académie des sciences, né en 1725 à Soulaines en Champagne, mort en 1815, exerça de 1757 à 1792 les fonctions d'inspecteur général des manufactures. Il a publié en grandepartieleDictionnaire de géographie physique, dans l'Encyclopédie méthodique, 1798-1828, 5 vol. in-4. On lui doit un grand nombre de mémoires, parmi lesquels nous citerons ceux qu'il a écrits : Sur l'origine et la nature du basalte, Sur la constitution pfiysique de la colline de Montmartre.
  • Il a rédigé des Notes sur les Questions naturelles de Sénèque, pour la traduction de Lagrange.
  • DESMASURES (L.), poSte, né à Tournay vers 1523, mort à Metz en 1580, était pasteur protestant dans cette ville. Il est l'auteur d'une trad. en vers de VÉ-néide (1560), de tragédies saintes : David combat* tant; David triomphant ; David fugitif, 1565, et de quelques autres poésies françaises et latines.
  • DESMICHELS (le général), né à Digne en 1779, m. en 1845, avait fait avec distinction la plupart des campagnes de la République et de l'Empire. Envoyé en 1833 en Algérie, il prit le gouvernement d'Oran, battit la tribu des Garabas et Abd-el-Kader lui-même, s'empara de Mostaganem et d'Arzew ; mais, au retour d'une expédition contre les Smélas, il fut si vivement pressé par les Arabes qu'il signa, le 26 février 1834, le traité désavantageux d'Oran, qui le fit momentanément disgracier. Néanmoins, il fut dès l'année suivante élevé au grade de général de division et chargé du gouvernement de la Corse.
  • DESMOLETS (P. Nie), oratorien, né en 1678, mort en 1760, a donné des éd. et des recueils faits avec soin, entre autres :3e 1° vol. de l'Historiaeccle-sise pûrisiensis, du P. Gérard Dubois, 1710; divers Traités du P. Lami, 1720; une éd. de la Bibliotheca sacra du P. Lelong, 1723; 2 vol. in-fol. Il a dirigé la suite des Mémoires de littérature et d'histoire de Sallengre, 1726, 11 vol. in-12, et l'éd. de l'Histoire de l'empire ottoman, par Jonquières, 1743.
  • DESMOU1INS (Camille), conventionnel, néà Guise (Aisne) en 1760, fils d'un magistrat de cette ville, était avocat à Paris lorsqu'éclaia la Révolution. Il en adopta les principeslaveo chaleur et fut un des principauxorateursdu club des Cordeliers. Le' 12 juillet 1789, lendemain du renvoi de Necker, il harangua la multitude au Palais-Royal, et, après avoir donné aux insurgés une feuille verte pour signe de ralliement, il entraîna J. la Bastille cette armée improvisée qui le 14 juillet força les murailles de la forteresse. De 1789 a 1791 Desmoulins rédigea avec une extrême vigueur de pensée et de style un journal intitulé : Révolutions de France et de Bràbant; en 1792 il fut nommé député à la Convention. Il s'y lia avec Danton, vota comme lui toutes les mesures violentes qui furent prises à cette époque; mais comme lui il chercha à arrêter l'effusion du sang aussitôt qu'il pensa qu'elle n'était plus nécessaire, il publia même dans ce sens, vers la fin de 1793, quelques numéros d'un nouveau journal intitulé : le Vieux Cordetier. Sa perte fut dès ce moment résolue par Robespierre, alors tout-puissant : ilfutjugéavecDanton, condamné sans avoir été entendu, et monta sur l'échafaud le 5 avril 1794. Sa femme, à peine âgée de 23 ans, y porta elle-même sa tête huit jours après, accusée Savoir voulu le délivrer. Ses OEuvres ont été recueillies en 1828; sa Correspondance eîî 1846. Ed. Fleury a publié une Etude sur G. Desmoy,lins.
  • DBSNA, riv. de Russie, sortdu gouvt de Smolensk, traverse ceux d'Orel et de ïchernigov, et tombe dans le Dniepr à 9 k. de Kiev, après un cours d'env. 800 k.
  • DESNOYERS (L. boucher), graveur, né à Paris en 1779, mort en 1857, étudia le dessin sous Lethière, la gravure sous Alex. Tardieu, et publia depuis 1796 une foule d'œuvres remarquables qui lui valurent, avec l'aisance, un fauteuil à l'Académie des beaux-arts (1816), et les titres de premier graveur du roi (1825) et de baron (1828). Ses Vierges de Raphaël surtout eurent un grand succès.
  • DÉSOLATION (île de la). V. kjerguelen.
  • DESOTEUX (Franc.), médecin, né en 1724àBou-logne-sur-Mer, mort en 1803, devint en 1760 chirurgien-major du régiment du roi et fit établir par Louis XVI l'école de chirurgie militaire de Paris. Il donna en 1801 un Traité historique sur l'Inoculation, et combattit les adversaires de cette découverte.
  • DESPAUTËRE (J.), en flamand, Van Pauteren, grammairien, né vers 1460 à Ninove (Brabant), m. à Commines en 1524, professa successivement à. Lou-
  • ÛESS - 523 — DEST
  • vain et à Bois-Ie-Duc. On a de lui une Grammaire latine, Commentant grammatici, Paris, 1537,in-fol., qui malgré ses nombreuses imperfections, a été longtemps classique dans les écoles.
  • DESPÉRIERS (Bonaventure), écrivain français, né à Arnay-le-Duc en Bourgogne, était valet de chambre de Marguerite de Valois, sœur de François I. On croit qu'il se donna la mort en 1544. On'a de lui : Cymbalum Mundi ou Dialogues satiriques sur différents sujets (1537) où éclate un scepticisme effréné; Nouvelles récréations et joyeux devis. Ses OEuvres ont été publiées en 1544 et rééditées en 1858, par L. Lacour, 2 vol. in-16.
  • DESPORTES (Phil.), poëte et abbé, né à Chartres en 1546, m. en 1606, était oncle du poète Régnier. Il s'attacha au duc d'Anjou, qu'il suivit en Pologne, et fut comblé de bienfaits par ce prince devenu roi (Henri III); il en reçut plusieurs abbayes qui lui formaient un revenu de 10000 écus. Boileau, dans son Art poétique, lui donne le même éloge qu'à Bertaut (V. ce nom). Ses Poésies, en partie galantes, en partie dévotes, 1575-1591, eurent un grand succès : il y imite avec bonheur Marot et les poètes italiens. M. A. Michiels a réimprimé ses OEuvres, 1858, avec notes. M. P. Gaudin a donné en 1862 ses Chefs-d'œuvre.
  • desportes (Franc), peintre français, né en 1661 à Champigneul (Marne), mort à Paris en 1743, excella surtout dans la peinture des animaux et des chasses. Il fut reçu à l'académie de peinture en 1699. Le musée du Louvre possède son portrait peint par lui-même et plusieurs de ses meilleurs tableaux.
  • DESPOTO-DAGH, le mont Rhodope, chaîne de mont, de la Roumélie, se rattache au Balkan et s'étend entre les sandjakats de Sophia et de Gallipoli jusqu'à la Maritza, sur une longueur de 270 kil.
  • DESPOUL, v. de Perse. F. desfoul.
  • DESPRÉAUX, F. boileau et cousin.
  • DESPRETZ (César Mansu'ete), physicien français, né à Lessines (Hainaut), mort en 1863, vint jeune à Paris pour étudier la physique et la chimie, professa à l'École polytechnique et à la Faculté des sciences, et devint membre de l'Académie des sciences, pour laquelle il a fait de savants Mémoires. Il a publié de bons Traités de physique et de chimie, et attaché son nom à la cristallisation du charbon.
  • DESROCHES (J. B.), né à la Rochelle, mort en 1766, aidaBruzen de LaMartinière dans la composition de son Dictionnaire géographique, traduisit i'Hist. de Suède, de Pui'endorf, la continua jusqu'en 1730, et donna lui-même une Hist. du Danemark, 1730, etnneHist. de Pologne sous Auguste II, 1733.
  • DESRUES (Ant. Fr.), empoisonneur, était marchand épicier à Paris. Il s'enrichit par des escroqueries et des crimes, et sut par son hypocrisie se faire une telle réputation de vertu que pendant longtemps on ne put le soupçonner. S'étant fait vendre par M. de La Motte, écuyer du roi, la terre de Buisson-Soëf, qu'il devait payer 130 000 fr;, il résolut de faire mourir toute la famille de son créancier afin de s'emparer du bien sans rien débourser : il avait déjà empoisonné la femme et le fils, lorsque son crime fut découvert. Il fut roué vif en 1777.
  • DESSAIX (Jos. Marie), général, né à Thonon en Savoie, en 1764, mort en 1834, avait d'abord étudié la médecine. En 1792, il proposa à la Convention la création de la légion des AÙooroges: il fut envoyé à Grenoble pour l'organiser et en eut le commandement. Il fut en 1803 élevé au rang de général de brigade, et en 1809 à celui de général de division. Il avait fait avec éclat les campagnes d'Italie et d'Allemagne ; il fit aussi celle de Russie et perdit un bras à la Moskowa. Chargé en 1814 de défendre une partie des Alpes, il repoussa les Autrichiens et mérita par sa bravoure d'être surnommé Ze Bayard de la Savoie. Il quitta la France en 1816 et se retira d'abord en Suisse, puis en Piémont, où il fut arrêté par ordre du roi de Sardaigne. Rendu à la liberté au bout de cinq mois, il vécut dans la retraite jusqu'en 1830, époque-à laquelle il fut appelé au commandement de la-garde nationale de Lyon. — V. desaix.
  • DESSALINES (Jacq.), 1er empereur d'Haïti, né en 1758 aux Cormiers (Haïti), était noir et fut d'abord esclave à St-Domingue. Dans les troubles de l'île, il devint lieutenant de Toussaint Louverture, et combattit le général mulâtre Rigaud et le général français Leclerc, 1802; mais après la déportation de Toussaint, il se soumit à la France. S'étant insurgé peu après, il se retira auN. de l'Ile; il réussit à repousser Rochambeau dans le sanglant combat de-St-Marc Alors il se fit déclarer empereur sous le nom de Jacques I (1804) ; mais son gouvt ayant bientôt dégénéré en une tyrannie insupportable, les généraux Christophe et Pétion se révoltèrent : en marchant contre eux, il périt dans une embuscade, 1806.
  • DESSAU, capit. du duché d'Anhalt-Dessau,, sur la Mûlde, près de son confluent avec l'Elbe, à 120 kil. S. O. de Berlin; 15 000 hab. Elle est divisée en trois parties: vieille ville, Villeneuve, Sand. Station du ch. de fer de Berlin à Leipsick. Château du prince, nouvelle chancellerie, manège, arsenal, observatoire, galerie de tableaux. Maison d'orphelins, célèbre institut pédagogique ditPhilanthropinon (V. basedow). Draps,bonneterie, chapeaux, passementerie, fabrique de tabac; banque, fondée en 1847; commerce de grains. Patrie de Moïse Mendelssohn. Aux env., jolis châteaux des ducs, beau parc de Wœrlitz, sépulture ducale, Stieglizberg, digue de l'Elbe. Wallenstein battit Mansfeld au pont de Dessau, 1626.—F. ANhalt.
  • DESSOLES (le marquis), général, né à Auch en 1767, mort en 1828, fit sous Bonaparte la campagne-d'Italie, se distingua dans la Valteline contre les Autrichiens (1800), commanda en Espagne et en Russie, se prononça en 1814 en faveur des Bourbons, fut nommé pair et major général des gardes nationales, et devint en 1S18 ministre et président du-conseil; mais il se retira deux mois après, dégoûté des exigences du parti réactionnaire. Il se montra-toujours depuis partisan des libertés publiques.
  • DESTIN, Fatum, divinité aveugle des païens, n'est autre chose que cette fatale nécessité suivant laquelle tout arrive dans le monde. Toutes les autres divinités étaient soumises au Destin, et rien ne pouvait changer ce qu'il avait résolu. On le représentait ayant sous ses pieds le globe de la terre, et tenant dans ses-mains l'urne qui renferme le sort des mortels.
  • DESTOUCHES (Ph. néricault), auteur comique, né à Tours en 1680, mort à Paris en 1754, fut dans-sa jeunesse acteur, puis militaire, s'attacha enfin à Puysieux, ambassadeur en Suisse, qui le fit entrer dans la diplomatie. Tout en travaillant pour le théâtre, il remplit avec succès plusieurs missions importantes, particulièrement en Angleterre où il accompagna le cardinal Dubois (1717). Aprèslamort du Régent, il se consacra tout entier aux lettres. Il fut reçu à l'Académie en 1723. Sa 1™ pièce fut le Curieux impertinent, comédie en 5 actes et en vers, qu'il composa en Suisse (1709); il donna ensuite l'Ingrat, l'Irrésolu, leMédisant (1715), le Triple Mariage, l'Obstacle imprévu, le Philosophe marié (1727), le Glorieux (1732), le Dissipateur (1736), imité du Timon de Shakespeare, etc. Il laissa en manuscrit plusieurs pièces-dont deux furent jouées avec succès après sa mort : la Fausse Agnès (1759), et le Tambour nocturne (17 62). Ses chefs-d'œuvre sont le Philosophe marié et le Glorieux, tous deux en 5 actes et en vers. Destouches est un de nos bons comiques du second ordre ; on lui reproche de manquer de gaieté et de naturel. A la fin de sa vie, il ne s'occupa que de théologie et écrivit contre les philosophes. Les meilleures éditions de ses OEuvres ont été publiées par sonfils en 1757, 4 vol. in-4, et par Crapelet, 1822, 6 v. in-8. Auger a donné en 1810 un choix de ses pièces, 2 vol. in-18.
  • destouches (L. Camus), dit Destouches-Canon, officier distingué d'artillerie 1668-1726, devint eu
  • DÊTR — 524 — DEUX
  • 1720 contrôleur général de l'artillerie. Adonné au plaisir, il eut avec Mme de Tencin une liaison secrète dont le célèbre d'Alembert fut le fruit.
  • DESTRÉES (l'abbé Jacq.), critique, né à Reims vers 1700, était prieur de Neufville. Il fut le collaT liorateur de l'abbé Desfontaines. Il a publié avec lui pt Fréron : Observations sur les écrits modernes, 1735 etann. suiv., 34 vol. in-12; le Contrôleur du Parnasse, Berne, 1745, 3 vol. in-12. On a aussi de lui : Mémorial de chronologie généalogique et historique, de 1752 à 1755, et l'Europe vivante et mourante, 1759-60, sans nom d'auteur : c'est la continuation de l'ouvrage précédent. — Y. estrées.
  • DESTCTT-TRACY. V. TRACY.
  • DES VIGNES lPierre), Pelrusa Vineis, chancelier de Frédéric II, né à Capoue vers 1190, d'une famille pauvre, s'éleva par son savoir et ses talents, acquit le plus grand crédit sous l'empereur Frédéric II, améliora la législation et l'administration; excita Frédéric à se rendre indépendant des papes, et indisposa vivement par cette conduite la cour de Rome. Frédéric finit pourtant par se croire trahi par lui, l'accusa d'avoir voulu l'empoisonner, et ordonna de lui crever les yeux : Pierre Des Vignes, dans son désespoir, se brisa la tête contre les murs de sa prison (1246). On pensa généralement qu'il était innocent. On a sous son nom un recueil de Lettres, publ. pour la 1" fois en 1566, et souvent réimpr. ; mais l'authenticité de la plupart est contestée. M. Durand a écrit : P. Des Vignes,sabiographie, sesletlres, 1848.
  • DES VIGNOLES (Alph.), savant cbronologiste, né en 1649 au château d'Aubais (Gard), mort en 1744, fut d'abord ministre protestant, émigra à la révocation de l'éditde Nantes, séjourna successivement à Genève, à Lausanne, à Berne et à Berlin, où il obtint une cure avantageuse; fut nommé en 1701 membre, puis directeur de l'Académie de Berlin (1721), et prit la plus grande part à la rédaction de la Bibliothèque germanique. On a de lui: Chronologie de l'histoire sainte et des histoires étrangères depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la captivité de Babylone, Berlin, 1738, 2 vol. in-4, ouvrage plein d'érudition et qui fait encore autorité.
  • DESVRES, ch.-l. de c (Pas-de-Calais), à 18k. S. E. de Boulogne; 2750 h. Gros draps, faïence, tanneries.
  • DES YVETEAUX (Nicolas vauquelin, seigneur), poète épicurien, né en 1567, près de Falaise, d'une tamille noble et ancienne, mort en 1649, fut lieutenant général au bailliage de Caen, vint à Paris dans les dernières années de Henri IV, et fut précepteur du duc de Vendôme, fils naturel du roi et de Ga-brielle, puis du Dauphin (Louis XIII) ; mais les désordres d'une vie licencieuse le firent éloigner de la cour en 1611. On a de lui un poème intitulé : De l'Institution du prince, composé pour le duc de Vendôme, des Stances, des Sonnets et autres pièces de vers. Ses OEuvres poétiques ont été réunies pour la 1" fois par Pr. Blanchemain, Paris, 1854, gr. in-8.
  • DETMOLD, capit. de la principauté de Lippe-Det-mold, à 90 kil. S. O. de Hanovre, sur la Werra; 4000 hab. Toiles, tanneries. Aux env., carrières de marbre et de gypse.
  • DÉTROIT, v. des États-Unis (Michigan), sur le De-troit-River, entre le lac St-Clair et le lac Erié, à 600 kil. N. O. de Washington ; 35 000 hab. Evêché catholique. Belle cathédrale, arsenal, entrepôt d'artillerie, belles casernes, lycée, banque, etc. Commerce actif avec l'Ohio, la Pensylvanie, l'Etat de New-York et les postes militaires du lac Supérieur. — Les Français fondèrent cette ville en 1683 sous le nom de Fort-Pontchartrain ; les Anglais la leur enlevèrent en 1759 et la conservèrent jusqu'en 1795, époque où elle fut cédée aux Etats-Unis.
  • detroit-river. V. saint-clair (détroit de).
  • DETROITS (traité des), traité codcIu le 13 juill. 1841 entre l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse, la Russie et la Turquie, par lequel le sultan s'engageait à fermer à toutes les nations indistinctement le Bosphore et les Dardanelles, révoquant le privilège accordé à la Russie par le traité d'Unkiar-
  • Cï^plpÇQT
  • DETTÏNGEN, vge de Bavière (Bas-Mein), à 14 k. N. O. d'Aschafïenbourg, sur le Mein ; 500 hab. Vict. des Anglo-Autrichiens, commandés-par George II sur les Français, conduits par le maréchal de Noailles, 1743.
  • DEUCALION, ancien roi de Thessalje, était, selon la Fable, fils de Prométhée et mari de Pyrrha. Sous son règne eut lieu le déluge qui porte son nom, et que l'on place en 1600 ou 1500 av. J.-C. Deucalion et Pyrrha, conservés seuls à cause de leur justice, se réfugièrent sur le Pâmasse et reçurent de l'oracle de Thémis l'ordre de jeter derrière eux les os de leur grand'mère afin de repeupler la terre. Comprenant qu'il s'agissait de la terre, dont les pierres sont les os, ils ramassèrent, des pierres et les jetèrent derrière eux : celles que jetait Deucalion se changèrent en hommes; et celles que jetait Pyrrha, en femmes. Cette fable paraît fondée sur le double sens du mot grec foos, qui signifie à la fois pierre et peuple. Deucalion fut père d'Hellen etd'Amphictyon.
  • DEULE, riv. de France, naît dans le Pas-de-Calais, arrose Lens, Lille, Quesnoy et s'unit à la Lys. — Le Canal dé la Deuîe commence à 2 kil. N. de Douai, et joint la Scarpe à la Lys après avoir reçu par le canal de Lens les eaux de la Deule ; 73 kil.
  • DEUTÉRONOME, le V livre du Pentateuqûe, contient ce qui s'est passé dans le désert pendant la 40' année à partir delà sortie d'Egypte, et récapitule les prescriptions de Moïse; d'où son nom, qui veut dire en grec : loi donnée une 2° fois. On en faisait lecture au peuple tous les sept ans à la fête des Tabernacles.
  • DEUTZ, v. forte des Etats prussiens (prov. Rhénane), sur le Rhin, riv. dr., vis-à-vis de Cologne, avec laquelle elle communique parun pont de bateaux et dont elle est comme le faubourg; 4000 hab., en partie Juifs. Cette v. souffrit beaucoup de la guerre de Trente ans. Ses fortifications, détruites à la paix de Nimègue (1678), furent relevées en 1816.
  • DEUX-AMANTS (la Côte des), au confluent de la Seine et de l'Andelle (Eure), tire son nom, selon la tradition, de ce que deux amants, contrariés dans leur projet d'union, se donnèrent la mort en se précipitant de son sommet.
  • DEUX-PONTS, Zweybrûcken en allemand, Bi-pontum ou Bipontium en latin moderne, ville de la Bavière (cercledu Rhin), ch.-l. de district, sur l'Erl-bach, à 77 kil. O. de Spire; 8000 hab. Imprimerie renommée, de laquelle est sortie, entre autres éditions, une célèbre collection des classiques latins, connue sous le nom de_Collection des Deux-Ponts, publiée à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci. Fabriques de mousseline et de lainages, usines, haras célèbre. Cette ville était jadis ch.-l. de la principauté de deux-Ponts.
  • deux-ponts (Principauté de). Cette principauté, dont les limites ont souvent varié, se composait de la v. de Deux-Ponts et de celles d'Anweiler et de Berg-Zabern avec leurs env. ; plus tard elle s'accrut du comté de Spanheim et de la plus grande partie de celui de Veldenz.—Son existence date du p' s. ; à cette époque elle portait le titre de comté et appartenait à des seigneurs vassaux de l'évêque de Metz. En 1390, cette 1" maison s'étant éteinte, le comté passa, d'abord par moitié, au comte palatin du Rhin de la maison de Wittelsbach, et au comte de Hanau, Philippe V; mais bientôt après, tout le comté fut réuni par Louis le Noir; comte palatin, mort en 1489, et 2° fils d'Etienne, électeur palatin du Rhin. Louis prit le premier le titre de duc Les descendants de ce prmce se partagèrent en plusieurs branches, dont les plus importantes sont celles de: Deux-Ponts proprement dite, érigée en principauté, de Neubourg, et de Birkenfeld. La 1" s'éteignit au xvm» siècle, après avoir fourni 4 électeurs palatins. La 2e donna trois rois à la Suède : Charles X (Charles-Gustave), élu après l'abdication de Christine.
  • DEVO — 525 — DEY
  • 1654, Charles XI et Charles XII. Celui-ci étant mort sans enfants, 1718, la principauté de Deux-Ponts passa à la branche des Bintenteld, 1731, à laquelle appartient Charles Théodore, électeur palatin, et souverain de la Bavière (1777), tige de la maison de Bavière auj. régnante. Les Français s'emparèrent en 1792 de la principauté de Deux-Ponts; après le traité de Lunéville ils la comprirent dans ledép. du Mont-Tonnerre; ils la perdirent en 1814, et la plus grande partie fut donnée à la Bavière; le reste fut partagé entre les ducs de Saxe-Cobourg, de Hesse-Hombourg et d'Oldenbourg.
  • FEUX-ROSES (Guerre des). V. roses.
  • DEUX-SÈVRES (Dép. des). Y. sèvres. DEUX-SICILES (Roy. des). V. naples et sicile.
  • DEVA, fi. etv. de la Bretagne romaine : c'est auj. la riv. de Dee et la v. de Chester. — Riv.' d'Espagne (Guipuscoa). Pelage, roi des Asturies, y battit les Arabes en 719. —V. maritime d'Espagne (Guipuscoa), à 27 k. O. de St Sébastien, à l'emb. de la Devadansle golfe de Gascogne; 3000 hab. Importante autrefois. deva, Decidava, bourg de Transylvanie, ch.-l. du comitat de Hunyad, sur le Maros, à 100 k. S. È. de Klausenbourg; 4000 hab.
  • DEVANA, nom latin de la ville d'ABERDEEN.
  • DEVAPRYAGA (c-à-d. le divin confluent), v. de l'Inde anglaise (Calcutta), dans le district de Si-rinagor, au confluent des fleuves Alakananda et Bagirathi, qui en se réunissant forment le Gange; env. 1500 hab. C'est une des cinq cités saintes des Bramines; temple fort ancien, où se font de nombreux pèlerinages. Presque toute la population permanente est composée de brahmes.
  • DEVENTER, ville de Hollande (Over-Yssel), sur l'Yssel, à 30 k. S. de Zwoll; 16 000 h. Rues étroites, bel hôtel de ville, beau pont. Athénée, académie de dessin, écoles diverses. Fonderie de fer; pain d'é-pices renommé. Patrie de Gronovius. Deventer eut del559àl591 unévêché catholique et fut longtemps la capitale de l'Over-Yssel.
  • DÉVEREUX, famille noble de l'Angleterre, dont l'origine remonte à la conquête normande, paraît tirer son nom de la v. d'Évreux en Normandie. Elle a fourni plusieurs comtes d'Essex (V. essex), et plusieurs vicomtes d'Hereford.
  • DEVÉRIA (Achille), peintre, élève de Girodet, né à Paris en 1800, mort en 1857, s'exerça dans les genres divers. On lui doit plusieurs tableaux religieux, et des aquarelles fort recherchées. Il est le 1" qui ait su appliquer la couleur à la lithographie.
  • DEVILLE (Ant.), ingénieur, né à Toulouse en 1596, m. en 1657, fut chargé par Louis XIII de défendre les places fortes de la Picardie contre les Espagnols. On lui attribue une grande part dans la construction de la fameuse machine de Marly (F. rennequin). Il a laissé plusieurs ouvrages estimés, entre autres l'exposé d'un système de fortification (1672, avec 63 pi.).
  • DÉVILLE-LÈS-ROUEN, village de la Seine-Inf., à 3 k. O de Rouen, sur le Cailly ; 3916 h. Toiles peintes, plomb laminé • filatures, teintureries, blanchisseries. DEVINS, r. divination au Dict. univ. des Sciences.
  • DEVOLUTION (Guerre de). On donne ce nom à la guerre que Louis XIV déclara à l'Espagne en 1667 pour faire valoir les prétentions qu'il formait au nom de Marie-Thérèse, son épouse, sur une partie des Pays-Bas espagnols. Ces prétentions étaient fondées sur le droit de dévolution en usage dans les Pays-Bas, et qui voulait que les immeubles apportés en mariage par l'un des époux devinssent la propriété des enfants du premier lit lorsque le père ou la mère contractaient un second mariage. Or, Marie-Thérèse était fille du premier lit de Philippe IV, tandis que Charles II, successeur de ce prince, était né du second lit. Cette guerre fut terminée par le traité de paix d'Aix-la-Chapelle (2 mai 1668), par lequel l'Espagne cédait à la France presque toute la Flandre.
  • DE VON, devonshire, comté méridional de l'Angleterre, borné à l'O. par le comté de Cornouailles, à l'E. par celui de Dorset, au S. par la Manche, au N. et au N. O. par le canal de Bristol : 115 kil. sur 100; 491 000 H. ; ch.-l., Exeter. Sol plat en général; quelques vallées. Climat doux, moins humide que dans les comtés environnants; tout le S. est un pays charmant; cependant les habitants sont sujets à une maladie endémique dite colique du Devon. Marbre, gypse, houille, plomb, étain, cuivre, fer, un peu d'or et d'argent. Rivières poissonneuses, grands bancs d'huîtres. Moutons, bœufs estimés. — Ce comté, anciennement habité par les Dumnonii, fit partie du roy. de Wessex. Il a donné son nom à deux familles nobles d'Angleterre, dont l'une a pris le titre de comtes de Devon et l'autre de comtes de Devonshire.
  • devon septentrional, contrée peu connue de l'Amérique du Nord, fait partie des Terres Arctiques anglaises. Ce ne sont que des îles glacées et inhabitées, comprises entre 75°-77° lat. N. et 80°-95° long. O.
  • DEVON (comtes de), illustre famille d'Angleterre issue de la maison française des Courtenay. Hugh, 5° baron de Courtenay, fut le premier membre de cette famille qui porta le titre de comte de Devon (1335). Dans la guerre des Deux-Roses, Thomas de Devon périt sur l'échafaud, en 1466; son frère John fut tué à la bataille de Tewkesbury, 1471. Après leur mort, le titre passa à une branche collatérale ayant pour chef sir Edouard de Courtenay de Boconnoc; mais cette branche cessa de le porter en 1656. Il a été repris en 1768 parW. Courtenay, baronnet d'Irlande et pair d'Angleterre.
  • DEVONPORT, v. et port du comté de Devon, à l'emb. du Tamar dans la Manche, à l'O. dePlymouth, et contiguë à cette ville; 45000 hab. Avant 1824, De-vonport n'était qu'un faubourg de Plymouth; il a dû son accroissement rapide à la création de son port et de ses immenses docks, ainsi qu2à celle de vastes chantiers de construction.
  • DEVONSHIRE, comté d'Angleterre. T. devon.
  • DEVONSHIRE (ducs de), titre que porte depuis 1618 la famille des Cavendish, a été emprunté au comté de Devon, mais diffère de celui des comtesde Devon.
  • devonshire (Georgina spencer, duchesse de), célèbre par sa beauté et son esprit, née à Londres vers 1746, morte en 1806, était fille du comte Spencer, et épousa en 1774W. Cavendish, duc de Devonshire. Elle se mêla aux luttes politiques, soutint Fox, et écrivit plusieurs poésies, dont la principale est le Passage du mont St-Gothard, trad. par Delille, 1802.
  • DEVRIENT (Dan. Louis), acteur allemand, né à Berlin en 1784, mort en 1833, quitta l'état de passementier pour la scène, entra au théâtre de Berlin en 1814, et y joua jusqu'à sa mort. Il créa plusieurs rôles, dont le plus important est celui de Franz dans les Brigands de Schiller, et fitgoûter aux Allemands les pièces de Shakespeare.
  • DEVRIGHI, Nicopolis, v. de Turquie d'Asie (Ca-ramanie), ch.-l. de livah, à 142 kil. S. E. de Sivas. Mines de fer et d'aimant. Pompée fonda cette ville en mémoire d'une victoire qu'il avait remportée sur Mi-thridate : de là son nom grec (ville de la victoire).
  • DEVS ou darvands, nom donné dans le Zend-Avesta aux génies malfaisants, dont Ahriman est le chef. Ils accablent l'humanité d'une foule de maux, malgré les efforts des Izeds ou génies bienfaisants qui obéissent à Ormuzd ou Oromase.
  • DEWINTER, amiral hollandais. V. winter.
  • DEWSBURY, v. d'Angleterre (York), sur la Cal-der,à 11 k. S. O. de Leeds; 24000 hab. Filature de laine, draps, tapis.
  • DEXIPPE (P. HerenniusJ, général grec, repoussa en 269 les Goths qui avaient envahi l'Attique. Il avait rédigé une Histoire universelle, dont il reste quelques fragments dans les Excerpta de legationibus, imprimés au Louvre, 1648, et dans le Corpus scrip-torum oysantinorwm de Niebuhr, Bonn, 1829.
  • DEY, nom que portait, avant la conquête française, le chef de l'État musulman d'Alger, veut dire,
  • D'HOZ — 52$ — DIÀM
  • à ce qu'on croit, oncle ou tuteur. Vers 1600, la milice turque qui résidait à Alger, et qui avait été jusque-là sous l'autorité d'un pacha envoyé de Constan-tinople, obtint du sultan la permission de se donner un dey, pour lui servir d'appui contre la tyrannie des pachas gouverneurs. Le pouvoir de ces chefs s'accrut rapidement; enfin Baba-Aly, élu en 1710, déposa le pacha, et obtint du sultan Achmet III l'inves-titurede la régence. Comme leur pouvoir était électif, les deys restèrent toujours à la merci de la soldatesque, qui les élevait ou les déposait à son gré : on en vit six installés et assassinés le même jour (1732). Baba-Mohammed eut seul le privilège de régner 25 ans (1760-91). Le dernier dey d'Alger, Hussein, régnait depuis'12 ans au moment de l'occupation française, en 1830. V. Hussein.
  • DÊYEUX (Nie), chimiste, né à Paris en 1744, m. en 1837, dirigea pendant 20 ans une officine privée à Paris, devint successivement pharmacien de l'empereur Napoléon I, professeur à l'École de pharmacie, professeur de.chimie à la Faculté de Médecine, membre du conseilde salubrité, membre de l'Institut et de l'Acadêmiêïde médecine. Deyeux avait publié, avec Parmentiër, des recherches sur le lait, le sang, la noix de gaU8; j'acide gallique. On lui doit, en outre, des travaux sur l'éther nitreux, sur l'huile de ricin, l'acide toenzoïque. l'acide pyroligneux, les eaux minérales de Passy, l'extraction du sucre de betterave, etc. 11 consigna le fruit de ses recherches dans de nombreux mémoires publiés dans les recueils scientifiques du temps.
  • DEZALLDjR D'ARGENVILLE (Ant. Jos.), naturaliste, né à Paris en 1680, mort en 1765, fut maître des comptes, çonseiUer du roi, et se lia avec d'Agues-seau. On a dçjjji . j0 Théorie et la pratique du jardinage, 1747^ia Conchyliologie ou Traité sur la nature des coquillages, 1752; Dénombrement de tous les fossiles de France; l'Oryctologie ou Traité des pierres, des minéraux et autres fossiles, 1755 (ces 2 derniers ouvrages en latin). Il s'occupait aussi de beaux-arts, et a composé un Abrégé de la vie de quelques peintres célèbres, 1762.
  • DEZÈDE, compositeur, né à Lyon vers 1740, de parents inconnus, m.en 1792, fit représenter sur la scène italienne à Paris un grand nombre d'opéras-comiques, dont plusieurs ont eu la vogue. Les principaux sont tes Trois Fermiers (1777) ; Biaise et Babet (1783) ;Alexis et Justine (1785). Il excellait dans le genre pastoral, ce qm le fit surnommer l'Orphée des champs. DEZOTEUX. y. desoteux.
  • DHAHfiR, cheik de Palestine, né en 1689, se revaît indépendant et soutint avec succès pendant 30 ans des guerres continuelles ; il battit les armées du sultan de Constantinople, et sut se faire respecter de ce prince. Ses Etats ayant été envahis par Mohammed Aboudhaliab, begierbeg d'Egypte, il se jeta dans la place de St-Jean-d'Acre et s'y défendit quelque temps, mais fut tué dans une sortie, 1775. On trouve de grands détails sur Dhaher dans le Voyage en Egypte et en Syrie de Volney. — Plusieurs califes d'Egypte ont aussi porté, le nom de Dhaher et de Dhaher-Billah. V. la liste des Califes.
  • DHARA ouuharanagor, v. de l'Inde, dans l'anc Malwa, à 80 kil. s. O. d'Oudjein, était importante avant Tamerlan, et est auj. la capit. de la principauté de Dhara, vassale des Anglais ; env. 15000h. — Contrée d'Algérie. 7. dahra.
  • ,D,I??ZIER (P-), sieur de La Garde, généalogiste, né à Marseille en 1592, d'une famille noble, mort en 1660, jouit de la faveur de Louis XIII et de Louis XIV, fut juge d'armes, commis pour certifier la noblesse !î?J,pag<;set1écuyers> et devint en 1654 conseiller ai\ est Premier qui ait débrouillé l'histoire généalogique et qui en ait fait une science. Il a composé la Généalogie des principales familles de France, ouvrage immense, en 150 vol. in-fol., resté manuscrit et conservé à la Bibliothèque royale. Il a en outre dressé à part et fait imprimer la généalogie de plusieurs familles, telles que celles de Bretagne, de La Rochefoucauld, etc., et a donné l'Eist. de l'ordre du St-Esprit, 1634.Son fils, Ch. René d'H., l'aida dans ses recherches, lui succéda dans la charge de juge d'armes et fut nommé généalogiste du roi.L. P. d'H., neveu de Ch. René, fut aussi juge d'armes et rédigea, avec son fils, Ant. Marie d'H. de Sérigny, l'Armorial de France, 1738-86, 10 v. in-fol.

[modifier] DI

[modifier] DIA

  • DIABLE (le Mur du), Pfahlgraben en ail., grande muraille qui traversait une partie de l'Allemagne, s'étendait entre le Danube et le Rhin, et avait plus de 500 kil. Elle fut élevée par les Romains pour préserver leurs possessions dans le S. de la Germanie des incursions des Teutons et des Germains, et fut commencée vers le temps d'Adrien. On en voit encore des restes entre Abensberg en Bavière et Cologne, et à Dinkelsbuhl.
  • diable (Pont du), pont construit sur un précipice du mont St-Gothard, au fond duquel la Reuss roule ses eaux; ce pont a une seule arche de 25" d'ouverture. Il est dans le canton d'Uri, à l'issue de la vallée d'Urseren. — Pont de l'Angleterre, dans le Cardigan (Galles), est aussi jeté sur un précipice, au fond duquel coule le Mynach ou Monk's brook.
  • DIABLERETS (Monts), petite chaîne secondaire des Alpes, en Suisse, à l'extrémité occid. des Alpes bernoises, entre le Valais et le canton de Vaud. Leur plus haute cime a 3000™. Glaciers.
  • DIABLINTES (AULERCl). V. AULERQUES.
  • diablintes ou noiodunum, auj. Jubleins, eh.-l. des Aulerques Diablintes. n'est plus qu'un bourg.
  • DIACRE, diaconesse. V. ces mots au Dict. univ. des Sciences, des Lettres et des Arts.
  • DIAD1N, Daudyana, v. forte de Turquie d'Asie (Erzeroum), à 97 kil. N. de Van; 500 maisons. Près de là, couvent d'Arméniens, bâti par Héraclius, prince de Géorgie.
  • DIADUMENIANUS (M. Opelius Macrinus Antoni-nus), fils de l'empereur Macrin, né en 202, fut associé par son père à l'empire après la mort de Cara-calla, en 217, et périt l'année suivante, massacré par ses propres soldats.
  • DL3EUS, dernier chef de la Ligue achéenne ( 147 av. J.-C.), tenta vainement de défendre Corinthe, fut battu par le consul Mummius à!eMcopetra(146), et se réfugia dans Mégalopolis, sa v. natale, où il s'empoisonna après avoir égorgé sa femme et ses enfants.
  • DIAGORAS, philosophe de Mélos, disciple de Dé-mocrite, avait été esclave, puis affranchi. Ayant été victime d'un parjure qui resta impuni, il s'en prit aux Dieux et passa de la superstition à l'athéisme; ce qui le fit appeler Diagoras l'Athée. Il fut chassé d'Athènes vers 415 av. J.-C., pour avoir tourné en ridicule les mystères d'Eleusis. Les Athéniens ayant mis sa tête à prix, il quitta la Grèce et périt dans un naufrage, vers 400. Suivant une autre version, il mourut à Corinthe. Diagoras avait cultivé la poésie lyrique; des fragments de ses poésies se trouvent dans les Poetx lyrici greeci de Th. Bergk, 1838. M. Mounier a publié : De Diogora melio, Leyde, 1838.
  • diagoras, athlète de Jalyse dans l'île de Rhodes, qui florissait vers 470 av. J.-C., remporta de nombreuses couronnes dans les jeux publics de la Grèce et eut en outre la gloire de voir ses- deux fils couronnés en même temps. Pindare l'a célébré dansune de ses odes.
  • DLALA, Delas, riv. de la Turquie, sort du Djebel-dagh (Zagros), et tombe dans le Tigre à 13 kil. S. E. de Bagdad, après un cours d'env. 270 kil.
  • DIALMATH, v. et fort de Sênégambie, capit. du Dimar, au bord d'un bras du marigot de N'Dor; 50000 hab. Prise parles Français en 1854.
  • DIAMANT (le) , bourg et petit port de la Martinique, sur la côte mérid., à 13 kil. de Fort-Royal; 1550 hab. Sucreries.  ?
DIAN -   527   — DIBD
  • DIAMANTE (J. B.), auteur dramatique espagnol qui florissait au milieu du xvn* siècle, a donné entre autres pièces : El honrador a su padre (le Vengeur de son père), qui n'est autre que notre Cid; l'Hercule d'Ocana, les Amours d'Alphonse VIII, la Juive de Tolède, Madeleine de Home. Son Théâtre a paru à Madrid en 2 vol., 1670-74. Son Cid est imité et quelquefois traduit de Corneille, dont la tragédie avait été représentée dès 1636 ; c'est par un anachronisme auj. reconnu que quelques critiques ont pu dire qu'il avait servi de modèle à Corneille.
  • DIAMANTIN (District), au Brésil, dans la comar-que du Cerro-Frio, qui fait partie de la prov. de Mi-nas-Geraës : il a 70 kil. du S. au N., 35 de l'E. àl'O. ; ch.-l., Sto-Antonio-de-Tijuco. Riche en diamant : dans les 20 premières années de la découverte, au xvi" s., on en exporta, dit-on, 35 kilog. de diamants. Le produit annuel, quoique riche encore, est séduit auj. à 5 kilogrammes. Le district des Diamants renferme en outre des saphirs, des émerau-dss et des mines d'or et d'argent.
  • DIANA (Antonin), casuiste, né à Palerme vers 1590, mort en 1663, jouit d'une grande réputation de son temps, et fut examinateur des évêques sous Urbain VIII, Innocent X et Alexandre VIII. Il a laissé douze livres de Résolutions morales, Palerme, 1629-56, réimpr. à Lyon, 1667, sous le titre de Diana coordinatus. Il en a été fait de nombreux abrégés.
  • DIANE, Artémis chez les Grecs, fille de Jupiter et de Latone, était sœur d'Apollon et comme lui née s. Délos. Elle avait à remplir trois rôles distincts, sur la terre, au ciel et dans les enfers, et recevait en conséquence trois noms différents : sur la terre, elle était connue sous le nom de Diane et était la déesse de la chasse et de la chasteté; elle était aussi invoquée par les femmes enceintes. Dans le ciel, elle s'appelait Phébé, et était la déesse de la lune, comme Apollon, son frère, était le dieu du soleil. Dans les enfers, on la nommait Hécate ; là elle présidait aux enchantements et aux expiations. Diace changea en cerf le chasseur Actéon qui avait eu l'imprudence de la regarder lorsqu'elle était au bain. Quoiqu'elle fût si fière de sa chasteté, elle avait aimé Endymion, l'an et Orion. Cette déesse était surtout adorée à Éphèse, où elle avait le plus beau temple de l'univers (ce temple fut brûlé par Erostrate) ; en Tauride, où on lui immolait les étrangers que la tempête jetait sur la côte; à Aricie près de Rome, où son temple était desservi par un prêtre qui ne pouvait parvenir à cette fonction qu'en tuant son prédécesseur. On la représente vêtue d'une tunique courte et légère, un arc à la main, le pied chaussé d'un brodequin, accompagnée d'une biche ou d'un chien de chasse, et suivie de nymphes, chastes comme elle.
  • diane de poitiers, duchesse de Valentinois, fille aînée de Jean de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, née en 1499, morte en 1566, fut mariée dès l'âge de 13 ans à LouisdeBrézé, comte de Maulévrier, grand sénéchal de Normandie, perdit son mari en 1631 et devint, quelques années après, la maîtresse du duc d'Orléans, fils de François I, et roi depuis sous le nom de Henri II. Dianepartagea d'abord l'influence avec la duchesse d'Étampes, maîtresse de François I : chacune d'elles eut son parti à la cour, et leur rivalité occasionna plusieurs scènes scandaleuses. Mais à l'avènement de Henri II, Diane fit exiler la duchesse d'Étampes et devint toute-puissante : Catherine de Médicis, femme de Henri II, dut elle-même céder à l'ascendant de la favorite, qui fut faite duchesse de Valentinois, et qui s'entoura d'une cour brillante. C'est pour elle que fut construit, par Philibert De-lorme, le château d'An et, un desplus beaux ouvrages de l'époque. Après la mort de Henri II (1559), elle s? retira à Anet. Un beau monument lui fut érigé par J. Goujon dans l'église du château. Ses Lettres ont été publiées (1866) par G. Guiffrey.
  • dune de France, duchesse d'Angoulême, née en 1538, morte en 1619, était fille naturelle du Dauphin Henri (Henri II) et d'une Piémontaise, ou, suivant Brantôme, de Diane de Poitiers. Elle fut légitimée et • pousa Horace Famèse, puis François de Montmorency, fils du connétable (qu'elle sauva de la St-Barthélemy). Après le meurtre de Henri de Guise, 1588, elle négocia la réconciliation de Henri III son frère avec Henri roi de Navarre. Elle jouit d'un grand crédit auprès de ce dernier, devenu roi de France.
  • DL4NIUM, Dénia, v. de la Tarraconaise, chez les Contestant, sur la mer, près du cap Dianium- (auj. cap Martin), était une colonie de Marseille. V. dénia.
  • DIARBEK ou durbékir, autrement Kara-Amid, l'Amida des anciens, v. forte de la Turquie d'Asie, ch.-l. du pachalik de Diarbékir, sur le Tigre, r. dr., par37° 31' long. E., 37° 55' lat. N.j sa population est évaluée à 40000 h. par les uns, et à 80000 par les autres. Archevêché nestorien, évêchê chaldêen etEatriarcat jacobite. Murailles épaisses et très-élevées, anquées détours, cathédrale arménienne,mosquées remarquables, fontaines, bazar, caravansérail, couvent de Terre sainte, Où les voyageurs reçoivent l'hospitalité. Maroquins renommés; tissus de soie, laine, coton; poterie, Ustensiles de cuivre. Grand commerce avec Smynie, Alep, Bassora, Constanti-nople. Aux env., beaux jardins, fruits exquis.— On ignore l'époque de la fondation de l'antique Amida. Elle fut plusieurs fois détruite; sa dernière restauration date de Valens et de Yalentinie». Après avoir subi diverses dominations, elle finit par tomber en 958 au pouvoir des Turcs, qui la possèdent encore auj.— Le pachalik de* D., un des 4 de l'AIdjézirèh, est situé au S. de celui d'Erzeroum et au N. de celui de Bagdad : 324 kil. sur 169; env. 400 000 h. C'est la partie N. O. de l'anc. Mésopotamie. Sa population se compose de Kourdes, de Turcs, d'Arabes, d'Arméniens et de Juifs. Au N. s'élèvent les-monts Nimrod et Bareina, d'où sortent un grand nombre de riv. ; au S. les monts Karadjadagh et Giondi-dagh, et àl'O. la partie du Taurus qui donne naissance au Tigre. Ce fleuve reçoit dans la Diarbékir un grand nombre d'affluents, dont les principaux sont le Khabour et l'Erzen. Climat chaud et sec dans les vallées, froid dans les montagnes, sol fertile. Mines d'or, d'argent, de cuivre, d'étain, de fer; marbre, albâtre, obaux, etc. Le commerce se fait surtout par des caravanes de mulets et de chameaux.
  • DIAZ (Barthélémy), navigateur portugais, découvrit en 1486 le cap qui termine l'Afrique au S.; il le nomma cap des Tourmentes à cause des tempêtes qu'il y avait essuyées ; mais le roi Jean II préféra l'appeler cap de Bonne-Espérance, parce qu'il espérait, à juste titre, que cette découverte ouvrirait la route des Indes. Diazpérit en 1500 dans une tempête.
  • diaz (Michel), Aragonais, un des compagnons de Christophe Colomb, découvrit en 1495 les mites d'or d'Hayna dans l'Ile St-Domingue,.et fut nommé en 1509 gouverneur de Porto-Rico.
  • diaz (Balthazar), poète portugais du rvii" siècle, né à Madère, était aveugle de naissance. Il a composé un grand nombre .de ces œuvres dramatiques que les Espagnols.et lés Portugais appellent autos (actes), entre autres : l'Acte du roi Salomon, 1612 ; — de la Passion, 1613; — de S. Alexis; —de Ste Catherine;—de la Malice des Femmes; Conseil pour se bien marier, 1633. — T. sous-(Diaz de).
  • DD3BIE, dit aussi Bahr-Tieb (lac noir), lac du Soudan, vers 16° lat. N. et 3° long. O., au S. O. de Tombouctou, est traversé par le Djoliba. Sou.éten-due n'est pas connue.
  • DIBDIN, auteur dramatique anglais, né en 1748 à Southampton, mort en 1815, créa à Londres_, dans le Leicester-square, un petit théâtre où il était à la fois auteur, compositeur et acteur. Ce théâtre acquit une vogue immense, grâce à la gaieté de Dibdin et à l'à-propos de ses chansons contre la France, qui lui valurent même une subvention de la part de Pitt. A la mort de ce ministre, Dibdin, né pouvant couvrir ses frais, ferma son théâtre. Ses pièces sont auj. oubliées, ainsi que plusieurs romans qu'il avait composés. Il a écrit une Histoire duthédtre anglais,1793.
DICT                       — 528 —                       D1DE
  • dibdin (Thomas Frognall), bibliophile anglais, né en 1773, mort en 1847, 'était ministre anglican et bibliothécaire de lord Spencer. Il débuta par une Introduction à la connaissance des éditions rares et précieuses des classiques grecs et latins^ 1802: donna en 1809 Bibliomania ou la Folie des livres, en 1810 et années suivantes les Antiquités bibliographiques, en 1815 Bibliolheca Spenceriana, magnifique catalogue de la collection confiée à sa garde, en 1817 le Décatnéron bibliographique, où l'on trouve les renseignements les plus curieux sur la calligraphie, la peinture des manuscrits, les origines de l'imprimerie, la reliure et l'ornementation des livres; en 1821 un Voyage bibliographique en France, en Allemagne, etc., 3 vol. grand in-8, exécuté avec un grand luxe (la partie qui concerne la France a été trad. par Liquet et G. A. Crapelet, 1825). Ses ouvrages abondent en documents intéressants et sont écrits d'un style piquant et original; mais l'auteur est quelquefois tombé dans de fâcheuses excentricités et dans des erreurs qui sont l'effet d'un examen superficiel *
  • DIBUTADE, potier de Sicyone ou de Corinthe, qui vivait à une époque incertaine, mais fort reculée. Sa fille ayant imaginé de tracer l'ombre de son amant, dont le profil était dessiné sur une muraille par la lumière d'une lampe, ce fut là, dit-on, l'origine de la peinture. Le père appliqua de l'argile sur ces mêmes traits en observant leurs contours, et fit cuire ce profil de terre : ce fut là l'origine de la sculpture en relief.
  • DICÉARQUE, disciple d'Aristote, de Messine en Sicile, ou plutôt de Messène en Péloponèse, fut à la fois philosophe, historien, géographe, et fleurit vers l'an 320 av. J.-C. Il avait écrit, sous le titre de Co-rinthiaques et de Lesbiaques, des dialogues où il traitait de l'âme et où il soutenait que la matière a par elle-même la faculté de sentir et que l'âme n'est qu'une force vitale naturelle au corps. Il avait aussi composé une histoire de Sparte qu'on lisait tous les ans en public à Sparte même pour l'instruction de la jeunesse. Cicéron, Varron et Pline le citent avec honneur. Il ne reste de lui que des fragments d'un ouvrage sur la Grèce, que l'on trouve dans les Petits Géographes grecs et dans les Historié, grœc. fragmenta de fa Bibliothèque grecque de Didot, 1848.
  • D1CQUEMARE (l'abbé J. Franc.), naturaliste, né au Havre en 1733, enseigna la physique et l'histoire naturelle dans cette ville, et y mourut en 1789. -1 a fait de nombreuses observations sur les animaux marins sansvertèbres,particulièrement sur les orties de mer, les actinies ou anémones de mer, les poules, les huîtres, etc., que l'on trouve consignées ans le Journal de Physique, 1772-89. Il s'occupa aussi d'astronomie et de géographie, inventa un cosmoplane pour résoudre les problèmes d'astronomie nautique et publia la Connaissance de l'astronomie mise à la portée de tout le monde, 1771.

*DICTAMNUM, v. de Crète. V. mctynna.

  • DICTATEUR, magistrat extraordinaire que l'on investissait à Rome de l'autorité suprême dans les moments difficiles, surtout dans les cas urgents de guerre. Il était nommé par les consuls. La durée de son commandement était de 6 mois au plus. A l'exception des tribuns du peuple, tous les autres magistrats étaient suspendus pendant cet espace de temps. Il nommait pour commander la cavalerie sous ses ordres un lieutenant qu'on appelait le maître de la cavalerie (magister equitum). Il marchait précédé de 24 licteurs, faisait la paix et la guerre et avait droit de vie et de mort, sans appel au peuple. Il ne pouvait toutefois disposer des deniers publics sans l'autorisation du peuple, ni s'éloigner de l'Italie, et il rendait compte de sa gestion à l'instant où 11 sortait de charge. La dictature fut créée l'an 498 av. J.-C., sur la proposition de T. Lar-tius, qui en fut le premier revêtu. Primitivement, les patriciens seuls exercèrent cette magistrature, mais ensuite les plébéiens l'obtinrent (356 av. J.-C.). Parmi les plus célèbres dictateurs on cite Cincinna-lus, Camille, Papirius; Sylla (82) et César (48-44) eu furent les derniers revêtus; ils se firent nommer
  • dictateurs perpétuels, titre qui équivalait à celui de roi. La dictature fut abolie avec la république, ou plutôt les empereurs ne furent de fait que des dictateurs perpétuels.
  • DICTYNNA ou dictamnum, v., promontoire et mont, de Crète, au N. O. L'herbe merveilleuse appelée dictamney croissait en abondance. Pour cette herbe, V. dictamne au Dict. univ. des Sciences.
  • DICTYS de Crète, l'un des compagnons d'Idomé-née au siège de Troie. On a donné son nom à l'auteur inconnu d'une Hist. de la guerre de Troie en 6 livres. On conte qu'à son retour de Troie le compagnon d'Idoménée écrivit en phénicien l'histoire du siège, que son ouvrage fut mis avec lui dans son tombeau, et qu'il y resta jusqu'au règne de Néron, époque àlaquelle il auraitété découvert par l'efletd'un tremblement de terre, et traduit en grec, puis en latin. Toutes ces circonstances sont autant de fables : VUistoire de Dictys, que nous n'avons auj. qu'en latin, parait avoir été traduite ou fabriquée au m0 ou au iv s. par un certain Q. Septimius. Quelques-uns prétendent même que le texte latin ne remonte pas au delà du xvr s. Cet ouvrage, qui du reste n'est pas sans intérêt, fut imprimé pour la 1" fois vers 1477 il est généralement joint à Darès de Phrygie. Dede-rich en a publié à Bonn, en 1833, une édition séparée. Il a été trad. enfrançaispar Achaintra, 1813.
  • DICUIL, géographe irlandais du rx" siècle, était un moine sorti de Luxeuil. Il a composé un traité De iiensura Orbis, publié par Walckenaër, Paris, 1807 (texte seul), et par Letronne en 1814, avec de savants commentaires. Cet ouvrage a permis de fixer l'époque de la découverte de l'Islande et des îles Féroé, et celle de la rupture du canal entre le Nil et la mer Rouge.
DIDO — 529 — DÏDY
  • DIDEROT (Denis), philosophe du xvuv siècle, né à Langres en 1712, mort en 1784, était fils d'un coutelier. Destiné à l'état ecclésiastique t il fut envoyé à Paris pour étudier en théologie, puis il entra chez un procureur; mais n'ayant de goût que pour les sciences et les lettres, il renonça à prendre un état, et se livra tout entier à l'étude, embrassant tout à la fois littérature, métaphysique, morale, physique, géométrie. Il se mit en même temps à donner des leçons et à faire des livres pour vivre. Il débuta par des traductions de l'anglais; il publia en 1745 un Essai sur le mérite et la vertu, imité de Shaftes-bury ; en 1746, des Pensées philosophiques, qui commencèrent à attirer sur lui l'attention, et qui furent condamnées au feu par le parlement; en 1749, la Lettre sur les aveugles, à l'usage de ceux qui voient, qui renfermait quelques paradoxes impies et quelques allusions hardies à des personnages puissants. ce qui le fit enfermer à Vincennes, Devenu libre, il conçut le projet de ^Encyclopédie, et s'étant associé d'Alembert et quelques autres gens de lettres,,il réussit, à travers mille obstacles que lui suscitaient le clergé et l'autorité civile, à mettre à fin cette grande entreprise (1751-72, 28 vol. in-ibl., savoir", 17 de texte et 11 de planches). Il s'y réserva les articles su r la philosophie ancienne et ceux sur les arts et métiers , et les traita avec un talent supérieur. En même temps, il composait divers ouvrages, les uns sérieux, tels que les Pensées sur l'interprétation de la nature, 1754, inspirées par le Novum Orgànum de Bacon ; les autres frivoles, tels que Jacques le Fataliste, la Religieuse, romans licencieux qui déshonorèrent sa plume; il donnait deux drames, le Fils naturel, 1757, et le Père de Famille, 1758, pièces d'un genre tout nouveau; il faisait connaître et goûter Richardson; il jugeait dans ses Salons les ouvrages de peinture exposés en 1765 et 1767. Cependant, tous ces travaux ne l'enrichissaient pas, et il se vit réduit en 1765 à vendre sa bibliothèque : l'impératrice de Russie, Catherine II, qui favorisait les philosophes, l'acheta 50000 francs, à la condition qu'il continuerait d'en jouir, et dès es moment elle se. chargea de pourvoir à ses besoins, En 1773, Diderot fit le voyage de St-Pétersbourg pour visiter sa bienfaitrice ; après avoir passé quelques mois auprès d'elle, il revint à Paris où il vécut fort retiré jusqu'à sa mort. Il publia dans ses dernières années un Essai sur les règnes de Claude et de Néron, 1779, qui n'est autre chose qu'une apologie déclamatoire de Sénèque, avec une appréciation de sa philosophie et de ses écrits. Outre les ouvrages qu'il publia sous son nom, Diderot a beaucoup contribué à l'Histoire pliilosophique des deux Indes de Raynal, au Système de la nature de d'Holbach, et à quelques autres publications antireligieuses. On lui attribua, mais à tort, le Code de la nature (Y. morelly) et autres écrits du même genre. Diderot était un des ennemis les plus acharnés du christianisme, et même de toute idée religieuse; il professait ouvertement le matérialisme et l'athéisme, et prêchait ces doctrines désolantes avec une sorte d'enthousiasme et de fanatisme. Comme écrivain, il brille par le mouvement, la chaleur, l'abondance, la hardiesse; mais il ne sait pas tempérer son imagination et tombe souvent dans la déclamation. On a dit de lui : « Il a écrit de belles pages, il n'a jamais su faire un livre. » Diderot fut lié avec les principaux écrivains du^xvm0 s., avec J. J. Rousseau, qui plus tard devint son ennemi, ¦avec Voltaire, d'Alembert, d'Holbach. Il eut pour amis particuliers Grimm et Naigeon. Il s'était marié de bonne heure, et il eut une fille qu'il chérit tendrement (Mme de Vandeuil). Naigeon publia en 1798 une édition de ses œuvres en 15 vol. in-8. Il en a été donné en 1821, parBrière, une édition plus complète, en 22 vol., avec les Mémoires de Naigeon sur Diderot. Enfin il a paru en 1830, chez Paulin, des Mémoires et OEuvres inédites de Diderot, 4 vol. in-8, précédés de Mémoires sur sa vie par sa fille. Génin a réuni les Romans et les Contes de Diderot, avec un extrait de sa Correspondance, chez Didot, 1854, 2 v. in-12. Pour l'appréciation de ce philosophe, on peut surtout consulter MM. Bersot et Damiron.
  • DIDIER (S.), Desiderius, évêque de Langres, subit le martyre en 264. L'Église le fête le 23 mai.Archevêque de Vienne en Dauphiné (596), assassiné •en 608 ou en 612 près de Lyon par ordre de la reine Brunehaut. On le fête aussi le 23 mai.
  • didier, dernier roi des Lombards, était d'abord duc d'Istrie. Astolphe, roi des Lombards, étant mort sans enfants, Didier rassembla une armée et força Ra-chis, frère d'Astolphe, à lui céder ses droits, 757. Il attaqua ensuite le pape Etienne II: mais fut repoussé par Pépin. En 770, il donna sa fille à Charlemagne ¦espérant avoir en ce prince un allié sûr; mais dès l'année suivante, il eut la douleur de voir sa fille répudiée, et en 773 ses propres États furent envahis par son gendre, qu'avait appelé le pape Adrien, menacé par les Lombards. Assiégé et pris dans Pavie (774), il fut relégué au monastère de Corbie, où il m.
  • diwer (J. P.), né en 1758 dans le Dauphiné, avocat, puis professeur de droit à Grenoble, était en 1814 maître des requêtes au Conseil d'État. Destitué en 1815 pour s'être rallié à Napoléon pendant les Cent-Jours, il entra dans une conspiration tramée à Lyon contre les Bourbons, tenta de soulever Grenoble, fut repoussé et vivement poursuivi par le général Donnadieu, se réfugia en Piémont, mais fut livré au gouvt français, condamné à mort par une cour pré-vôtale et exécuté aussitôt, 1816.
  • DIDIUS JULIANUS, empereur romain, né à Milan en 133, avait servi avec distinction sous Commode, et avait subjugué les Cattes, peuple germain. Après la mort de Périmais: (30 mars 193), il acheta l'empire, mis à l'encan par les prétoriens. Il se rendit bientôt odieux par son luxe et son extravagance; ayant d'ailleurs refusé de payer la somme qu'il avait promise aux prétoriens, il fut tué par ses soldats, à rapproche de Septime Sévère, 2 juin 193.
  • DLDJEL OU PETIT-TIGRE. V. TIGRE.
  • DIDON, nommée aussi Élise, princesse de Tyr, fille de Bélus, était sœur de Pygmalion et épouse de Sichée. Forcée de quitter sa patrie à cause des cruautés de son frère, qui avait fait périr Sichée pour s'emparer de ses trésors, elle s'enfuit en Afrique, où elle fonda Carthage, vers 860 ou 880 av. J.-C. On raconte que, pour se soustraire aux poursuites d'Iarbas, roi des Gétules, qui voulait la forcer à l'épouser, elle se précipita sur un bûcher et s'y frappa d'un poignard. Virgile, par un anachronisme permis au poète, fait vivre Didon du temps d'Énée (auquel elle est postérieure de 300 ans), et feint qu'éprise du héros troyen, elle ne put survivre à son départ. Didon a fourni à Jodelle, à Scudéry, à Lefranc de Pompi-gnan, à Marmontel, des sujets de tragédie, et à P. Guérin le sujet d'un de ses meilleurs tableaux.
  • DIDOT, famille d'imprimeurs-libraires, qui a beaucoup contribué 'au progrès de la typographie en France. Le premier qui se soit distingué est François Ambroise D., né à Paris en 1730, mort en 1804 : il établit chez lui une fonderie d'où sortirent les plus beaux types qu'on eût vus jusque-là, inventa un instrument propre à donner au corps des caractères une juste proportion, et publia des éditions admirables par la correction du texte, entre autres la collection dite d'Artois, en 64 vol. in-18, et une Collection de classiques français, imprimée par ordre de Louis XVI, dans les trois formats in-4, in-8 et in-18.Pierre D., sonfilsaîné, 1760-1853, mérita que ses presses fussent placées au Louvre comme récompense nationale, et donna la magnifique collection in-fol. dite du Louvre, où l'on admire, entre autres ouvrages, le Virgile, in-fol. (1798), l'Horace, in-f. (1799), le Racine, 3 v. in-f., avec gravures d'après les plus grands maîtres (1801-5), et le La Fontaine.Firmin D., 2efils de Fr. Ambroise, 1764-1836, travailla, de concert avec son frère Pierre, à perfectionner son art, se distingua surtout comme graveur et fondeur, et fit le premier des éditions stéréotypes, 1797. Parmi les éditions des deux frères, on distingue, outre les ouvrages déjà cités, le Ca-moêns, en portugais, 1817; laHenriade, 1819, in-4, et les Tailles de logarithmes de Callet, dont la correction est devenue irréprochable. Firmin D. cultivait les lettres : on lui doit de bonnes traductions en vers des Bucoliques de Virgile, 1806, des Idylles de Théocrite, 1833, et une tragédie â'Ânnibal. Elu député en 1827, il défendit les intérêts de la librairie et de la presse. — Ses 2 fils, Ambr. et Hyac Firmin D., qui ont dirigé la maison depuis 1827, ont soutenu l'honneur du nom. Outre leurs grandes publications (Thésaurus Grsecx linguse, Glossarium médise et infimx Latinitatis, Bibliothèques des auteurs grecs, etc.), on leur doit d'importants perfectionnements dans la fabrication du papier : ils ont les premiers fabriqué le papier sans fin. M. Am-broise-Firminadonné, entre autres écrits, une nouvelle traduction de Thucydide, 1833, et un curieux Essai sur la typographie, 1852.
  • DIDYME, c-à-d. jumeau, nom ou surnom de plusieurs personnages anciens : de S. Thomas, un des apôtres ; — d'un martyr, mis à mort à Alexandrie en 304 et honoré le 13 avril;Didymus Chalcenterusd'un grammairien d'Alexandrie, contemporain d'Auguste, travailleur infatigable, surnomme pour ce motif Chalkenteros (aux entrailles de fer), qui, selon Athénée, composa plus de 3500 ouvrages, tous perdus auj. On lui attribue cependant un traité De Marmoribus et lignis, publié à Milan en 1817, grec-lat., et des Scholies sur Homère, dans l'édition d'Homère d'Elzévir, Leyde, 1656, et réimpr. à Leips. en 1845, par Ritter, et en 1855 par Schmidt.
  • didyme, docteur de l'Église d'Alexandrie, né en 308, mort martyr en 395, était aveugle et n'en devint pas moins un profond théologien. S. Jérôme et S. Isidore vinrent l'entendre. Il composa des écrits fort estimés, entre autres des traités du St-Esprit, contre les Macédoniens, de la Trinité, et une réfutation des Manichéens. Ce qui reste de lui a été publ. dans la Patrologie de l'abbé Migne, 1858.
  • h. 34
DÏEP                     - 530 —                     D1ET
  • D1DYMOTICHOS, v. de Thrace, auj. Dimotika.
  • DIE, Dea, Yocontiorum ou Augusta Dea, ch.-l. d'arr. (Drôme), à46 kil. S. E. de Valence: 3900 hab. Tribunal, église calviniste. Porte St-Martin, ancien hôtel de l'gvêché. Draps, tanneries, soie. Bon vin blanc mousseux, dit clairette de Die. — Cette v. était jadis le ch.-l. des Voconces; elle reçut sous Auguste une colonie romaine, devint ensuite le ch.-l. du pays de Diois (Diensis tractus), et fut jusqu'au xm" siècle le siège d'un évêché, suffragant de Valence. Avant la révocation de l'édit de Nantes, les Calvinistes y étaient en grand nombre.
  • DIÉ (S.), Deodatus, évêque de Nevers au vn s., mort vers 680, fonda l'abbaye de Jointure dans les Vosges, autour de laquelle se forma la ville qui porte son nom (V. st-dié). On l'honore le 19 juin.
  • DIEBITSCH-ZABALKANSK.I (Frédéric, comte de), général russe, né en 1785 d'une famille noble de Si-lésie, entra des 1805 au service de la Russie, fut blessé à Austeriitz, se distingua à Eylau et à Fried-land (1807), puis à Dresde (1813), et commanda une division lors de l'invasion de la France. On prétend que c'est lui qui donna le premier l'idée de marcher sur Paris. A l'avènement de Nicolas I, 1826, il réprima la conspiration tramée contre l'Empereur. Dans la guerre contre les Turcs (1828), il se signala par le passage du Balkan et prit Varna, ce qui lui valut le surnom de Zabalkanski et le bâton de feld-maréchal. Il commanda l'armée russe dans la guerre de Pologne, en 1831, et vainquit à Ostrolenka, mais il éprouva ensuite des revers et mourut peu après. Los uns attribuent sa mort à un suicide, d autres au choléra ou aux excès.
  • DIEFFENBACH (le Dr J. Fréd.), chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité à Berlin et professeur de clinique chirurgicale, né à Kœnigsberg en 1792, mort en 1847, est le premier qui ait pratiqué la section des muscles de l'œil pour la guérison du strabisme, et la section du tendon d'Achille pour la guérison du pied bot. On lui doit aussi des méthodes nouvelles pour guérir le bagayement, pour former artificiellement des nez, des lèvres, des paupières. Il a laissé une Chirurgie opératoire et des Essais de Chirurgie, trad. par Philippe, 1840.
  • DD2GO, corruption de Jacobus, Jacques, prénom commun en Espagne. 7. le nom qui suit Diego.
  • DIËMEN (Ant. van), gouverneur général des établissements hollandais dans les Indes orientales, de 1636 à 1645, avait d'abord été simple commis. Il s'empara des établissements portugais à Ceylan et à Malacca, introduisit le commerce hollandais au Ton-uuin, contracta plusieurs alliances avantageuses, et ht faire des voyages de découvertes. V. l'art, suiv.
  • DIEMEN (terre de van) , dite aussi diéménie et tasmanie, grande tle de l'Océanie, au S. de l'Australie (ou Nouv.-Hollande), dont la sépare le détroit ds Bass, a 280 kil. sur 240; env. 80000 hab. européens. Les indigènes, de race nègre, sont peut-être les hommes les plus stupides du globe; ils ont presque tous disparu. Villes principales : Hobart-town, Launceston. C'est depuis 1804 le lieu où sont déportés les Conviets anglais. — La Diéménie fut découverte en 1642 par Abel Janssen Tasman, Hollandais, qui l'appela Terre de Van Diémen, dunom d'Ant. Van Diémen, gouverneur de Batavia. Cook en visita la côte méridionale en 1776; en 17841e chirurgien Bass découvrit le détroit qui porte son nom et constata que la Terre de Diémen était une île. Les Anglais s'y établirent en 1804 et ne tardèrent point à y fonder les villes de Hobart-Town et de Georges-Town ou Port-Dalrympie.
  • diémen (détroit de), dans la mer du Japon, entre les îles de Ximo, de Tanega-Sima et de Jakuno-Sima, par 128° 20' long. E., 30° 51' lat. N., a31 k. de large.
  • DEEPHOLZ, v. de Hanovre, ch.-l. du comté de Diephoiz, à 55 kil. S. de Hoya; 3000 hab. — Le comté, situé entre le comté de Hoya au N. et à l'E., les États prussiens au S., la prov. d'Osnabruck et le
  • grand-duché d'Oldenbourg à l'O., a 44 kil.,sur 20,. et 22000 hab. Ce comté, longtemps indépendant, passa en 1585 à la maison de Zelle, en 1675 à celle de Brunswick-Lunebourg, fit partie en 1806 du roy. de Westphalie et fut donné au Hanovre en 1814.
  • DIEPPE, ch.-l. d'arr. (Seine-Inf.), à 167 kil. N. O. de Paris par route, et 201 par chemin de fer, sur la Manche, à l'emb. de l'Arques; 20000 hab. Cette ville se divise en 2 parties r la ville proprement di te et le Pollet (c-à-d. port de l'Est), qui sont séparées par le port et réunies par un pont volant. Port sûr, mais étroit à l'entrée; chemîndefer, télégraphe sous-marin, aboutissant à New-Haven ; vieilles murailles, anc château fort; églises St-Remi et St-Jacques; 68 fontaines; statue de Duquesne et de J. Bouzard, pilote célèbre par le dévouement avec lequel il sauva nombre de naufragés. Bains de mer très-fréquentés. Tribunaux de 1" instance et de commerce; collège; école-de navigation, biblioth.; chantiers, corderie, etc. Ouvrages d'os et d'ivoire. Armements pour la pêche;. commerce d'importation et d'exportation. Patrie de l'armateur Ango, de Duquesne, Pecquet, Lamarti-nière, etc. —Dieppe, au xr3siècle, n'était,encore qu'un village habité par des pêcheurs. On fait dériver son nom de Deep (profond), anc nom de la rivière d'Arqués. Les Dieppois s'illustrèrent au moyen âge par leurs entreprises maritimes, visitèrent les côtes d'Afrique, où ils bâtirent Petit-Dieppe à l'emb. de la Gambie, reconnurent les Canaries, créèrentplusieurs-établissements dans l'àmérique du Nord, notamment au Canada, et fondèrent Québec, La prospérité du Havre a presque anéanti le commerce de Dieppe et les galets ont envahi son port. Cette v. fut prise et reprise par les Anglais et les Français pendant les xi° et xir siècles, et bombardée par les Anglais et les Hollandais en 1694. Tourville battit les flottes anglaise et hollandaise devant Dieppe en 1690.
  • DDSRNSTEIN, vge d'Autriche, sur le Danube, à. 5 kil. O. de Krems; 500 hab. Aux env., ruines du château où fut retenu Richard Cœur de Lion. 4000-Français y battirent 30000 Russes le 11 noy. 1805.
  • DIÉSBACH (famille de), noble famille de Suisse, a fourni au canton de Berne plusieurs avoyers, dont le plus connu est Nie D., né en 1431, mort en 1475, qui fut nommé avoyer en 1465. H s'allia avec Louis XI contre Charles le Téméraire, 1474, fit la guerre à ce dernier, à cause des exactions du sire de Ha-genbach, gouverneur du comté de Ferrette, remporta plusieurs victoires en Franche-Comté et mourut en 1475, laissant sa dignité àson cousin Guillaume, dont l'influence fit encore dominer le parti français à Berne. Ce dernier mourut en 1517.—RochusdeD., n'ayant pas adopté la réforme, se retira en 1532 a Fribourg, où il devint la tige d'une nouvelle branche.
  • DIEST, v. murée de Belgique (Brabant mérid.), sur la Demer, à 26 Kl. N. Ë. de Louvain; 8000 h. La ville est grande, mais elle renferme des jardin» et des terres labourées. Distilleries, brasseries.
DIGB                       — 531 —                        DUO
  • DDÎTE (de diaita, conduite, régime, ou de dies indicta, jour désigné), est le nom que l'on donne aux assemblées nationales dans plusieurs contrées de l'Europe, et spécialementen Allemagne, en Suisse et en Pologne. — La Diète germanique ou D. de l'Empire est chargée de veiller sur les affaires générales de l'Allemagne et de concilier les différends qui pourraient s'élever entre les Etats confédérés. Le président est toujours un représentant de l'Autriche ; les décisions de cette assemblée portent le nom de recès. Cette diète existe depuis les temps les plus anciens et a subi pendant le cours des siècles une foula de transformations. Longtemps la diète n'eut pas de siège fixe, se tenant tantôt à Nuremberg, tantôt à Augsbourg ouàRatisbonne; auj. ellesetientàFrane-fort-sur-le-Mein. Elle se réunit, selon les circonstances, soit en séance ordinaire (alors chaque Etat n'a qu'une voix et les décisions sont prises à la majorité absolue), soit en séance générale (le nombre des voix des divers Etats est alors fixé selon l'importance politique de chacun d'eux). —La Diète helvétique ou Assemblée fédérale date du XVe siècle : dissoute en 1797 par l'invasion française, elle fut rétablie en 1803 par Napoléon, et confirmée1 par le congrès de Vienne. Elle se rassemble tous les ans pendant un mois; longtemps elle se réunit alternativement dans un des cinq cantons directeurs (Fribourg, Soleure, Bâle, Zurich et Lucerne) ; depuis 1848, c'est à Berne qu'elle se tient constamment. Elle se compose de 24 députés; elle est chargée de toutes les affaires extérieures et de tout ce qui peut être d'un intérêt général. — En Pologne la diète se composait généralement de la noblesse polonaise, et n'était réunie que sur l'invitation du souverain et pour lui donner son avis sur les mesure5 qu'il voulait prendre. Elle avait le droit d'élire le roi de Pologne ; elle prenait alors le titre dediète d'élection. Ses décisions devaient être prises à l'unanimité. Les diètes se tenaient en plein champ, à Wola près de Varsovie ; tous les mem-res y assistaient à cheval
  • DIETZ, Theodissa, v. des Etats prussiens, à 9 k. N. E. de Nassau; 3000 hab. Pépinière d'arbres à fruits. Elle a donné son nom à la branche des Nassau qui obtint le stathoudérat en Hollande et qui occupe encore auj. le trône des Pays-Bas.
  • DIEU ou d'yeu (île), Ogia insula, île de France, dans l'Atlantique, sur lacôte du dép. de la Vendée, en-treBelle-îieetLaRochelle, àl9k. du continent; 13 k. sur 4; 2600 hab. Ce n'est qu'un vaste rocher granitique, défendu par un fort et des batteries. Elle ne renferme qu'un petit bourg. Ses hab. sont tous pêcheurs. Son nom semble venir de celui du dieu Hésus. Le comte d'Artois (Charles X), voulant débarquer en Vendée, y vint avec les Anglais en 1795, mais il n'exécuta pas son projet.
  • DIEUDONNÉ, nom francisé de deux papes : l'un, Deus-Dedit (615-618), est le \" qui ait scellé ses bulles en plomb; l'autre, Adeocîatus (672-676), est le 1" qui ait daté par les années de son pontificat.
  • DIEU-LE-FIT, ch.-l. de cant. (Drôme), à 29 k. E. de Montélimar; 4135 hab. Eglise calviniste. Eaux thermales. Poteries, draps, lainages; fileries et mou-lineries de soie.
  • DIEULOUARD, bourg du dép. de la Meurthe, à 21 kil. N. O. de Nancy; 1390 hab. Station.
  • DIEUX. Les Païens les divisaient en Grands dieux (DU majorum gentium) et Dieux subalternes {DU mi-norum gentium). Les premiers, au nombre de 12, étaient Jupiter, Neptune, Mars, Mercure, Apollon, Vulcain, Vesta, Junon, Minerve, Cérès, Diane, Vénus. Les autres étaient innombrables. »
  • D1ECZE, Decem Pagi, ch.-l. de c (Meurthe-et-Moselle), à 15 k.E. de Château-Salins, sur la Seille et le canal des Salines- 3965 hab. Collège. Grande saline exploitée depuis le xi8 s. qui produit 500000 quintaux de sel par an. Fabrique de soude et de produits chimiques. —Ville très-ancienne : sous les Romains c'était déjà un poste militaire important.
  • DIGBA, ville d'Assyrie, auj. Corna.
  • DIGB Y (Éverard), gentilhomme anglais, zélé catholique, né en 1581, prit une part très-active à la conspiration des Poudres (1605), dont le but était de faire sauter le Parlement le jour où le roi (Jacques I) y viendrait : arrêté les armes à la main dans le Staffordshire, où il préparait un soulèvement, il fut pendu le 30 janv. 1606. ainsi que ses complices.
  • digbï (Kenelm), fils du précédent, célèbre par son esprit et sa science, né en 1603, mort en 1665, jouit de la faveur de Charles I et s'attacha à ce prince pendant la guerre civile. Il fut emprisonné par ordre du Parlement; ayant obtenu sa liberté, il vint en France et fut chargé par Charles I de plusieurs missions. Cependant il se rallia à Cromweil et resta sans emploi à la Restauration. Après la fin tragique de son père, on l'avait fait élever dans la religion protestante, mais il l'abandonna pour le Catholicisme, et même écrivit en faveur de sa nouvelle foi. On a de lui un traité De la nature des corps, un autre De la nature et des opérations de l'âme (1644), des Institu-tiones peripaleticse, 1651. Il partageait en physique les erreurs de son temps et crut aux rêveries de l'alchimie; il prétendait guérir les blessures par une poudre sympathique ; il écrivit en 1658 un Discours sur la guérison des plaies et lapoudre de sympathie. -Il a légué 238 mss. à la bibliothèque Bodleienne.
  • digby (John), comte de Bristol, de la même famille, né en 1580, m. à Paris en 1653, était membre du conseil de Jacques I. Il fut envoyé en Allemagne en 1620 pour intercéder auprès de Ferdinand II en faveur de l'électeur palatin;à Madrid en 1622 pour préparer le mariage du prince Charles avec l'infante d'Espagne. Cette négociation, qu'il avait menée à bien, échoua par les fautes de Buckingham, qui lui imputa tous ses torts Jt le fit emprisonner à son retour. Il n'en prit pas moins parti pour Charles I. et fut contraint à s'exiler pendant les troubles de la révolution, après avoir perdu toute sa fortune
  • digby (George), comte de Bristol, fils du préc.nê en 1612, mort en 1676, avait d'abord figuré parmi les adversaires de Charles I. Attaqué par ceux de son parti pour avoir refusé de voter le bill d'attainder, il passa dans le parti opposé et devint un des royalistes les plus fougueux. Il porta une funeste atteinte à la cause royale, qu'il croyait servir, en conseillant à Charles I l'arrestation de six membres du Parlement accusés de haute trahison. Après avoir porté les armes pour la défense de Charles I, il appuya, sous son successeur, le projet de rétablir la religion catholique et se rendit par là si odieux qu'il fut obligé de prendre la fuite.
  • DIGESTE, recueil de lois. V. ce mot au Dict. univ des Sciences, des Lettres' et des Arts.
  • DIGNE, Dinia, ch.-l. du dép. des Basses-Alpes, à 764 kil. S. E. de Paris; 5500 h. Ëvêché, cour d'assises, tribunal, collège communal. Vieux murs, flanqués de tours; cathédrale, hôtel de la préfecture, statue de Gassendi (né près de là), bibliothèque publique. Commerce de fruits secs, etc. Ville très-anc, saccagée pendant les guerres de religion en 1562 et en 1591, dévastée par la peste en 1629. A 2 k. delà, établissement d'eaux thermales sulfureuses.
DINA                     — 532 —                    BINT
  • DIGOIN, ch.-l. de c (Saône-et-Loire),àl9kil. O. de Charolles, sur la Loire, au lieu où le canal du Centre s'unit à la Loire; 3090- h. Hôpital. Faïence, sel. DIJON, Divio, ch.-l. du dép. de la Côte-d'Or, sur l'Ouche, à 271 k. S. E. de Paris; 304 par Troyes; 323 par Auxerre; 315 par chemin de fer; 37 074 hal>. Évêché, cour d'appel, cour d'assises, tribunaux de lp= inst. et-de commerce; académie universitaire, fa-; cultes de sciences et de lettres, écoles de droit, aè médecine, lycée; société académique; bibliothèque publique, riches archives de la Bourgogne; jardin botanique, etc. Rues larges et bien pavées, beau Parc, attenant à la ville, promenades du Cours fleuri, des Marronniers et de l'Arquebuse; château fort, bâti par Louis XI et qui servit souvent de prison d'État. Quelques beaux édifices, notamment la cathédrale, dont la flèche a 100°, et l'ane. Palais des États de Bourgogne, belle place Royale, quartier St-Bernard, au milieu duquel s'élève la statue du saint (né à Fontaine-lès-Dijon). Quelques monuments antiques. Chemin de fer. Commerce actif : vins, grains, moutarde renommée, etc. Â Dijon sontnés Bossuefc, Créhillon, Longepierre, Piron, Rameau, Bouhier, De Brosses, La Monnoye, Cazotte, Guyton de Morveau, Clément, Maret, Bnfaut.—Dijon doit son origine à un camp retranché établi par César. Son nom lui vint d'un temple que l'empereur Aurélien y avait élevé aux dieux (Divis). Elle ne prit quelque importance qu'au iv° siècle. Aux env., Clovis vainquit le roi burg_unde Gondebaud en 500. Dijon fut entièrement détruite en 1137 par un incendie. Rebâtie 20 ans après, elle devint bientôt la capitale du duché de Bourgogne. En 1477, après la réunion du duché à la couronne, elle resta la capitale de la Bourgogne et le siège des états de la prov. ainsi que d'un célèbre parlement. En 1513 les Suisses vinrent l'assiéger et le gouverneur La Trémouille ne put les éloigner qu'en leur comptant 400000 écus. Belle défense contre l'armée allemande (31 oct. 1870).
  • DIJONNAIS, partie du duché de Bourgogne, contenait, outre le bailliage de Dijon, les 4 bailliages de Beaune, Nuits, Auxonne et St-Jean de Losne. Il est aussi compris dans le dép. de la Côte-d'Or.
  • DILEM, partie mérid. du Ghilan. V. ghilan.
  • DELLEN (J. J.), Dillenius, botaniste, néàDarm-stadt en 1687, mort à Oxford en 1747, se fit de bonne heure connaître par ses travaux sur les cryptogames etétablit la possibilitéde tirer l'opium dupavot d'Europe. En 1721, il quitta sa patrie pour se fixer en Angleterre où l'appelait un riche amateur, W. Sherard, qui pritsoindesa fortune et qui créapour lui une chaire de botanique à Oxford. Il publia en 1724 une éd. du Synopsis planlarum Angliœ de Ray; en 1732, l'Iïor-tus elthamensis, où il décrit les plantes du jardin de Sherard à Eltham, et en 1741 l'Histoire des mousses, son chef-d'œuvre ; il en avait lui-même dessiné et gravé les figures. Dillenius fut recherché de Linné qui lui dédia un de ses écrits et qui donna en son honneurlenomdedi7le»joàungenredesmagnoliers.
  • D1LLENBURG, v. des États prussiens, à 30 k. N. E. de Nassau,_ sur la Dille; 3200 h. Cour d'appel, direction des mines; manufactures de tabac, fabriques de potasse ; haras; fonderies de fer et de cuivre, bonneterie , etc. Ane château des princes de Nassau-Dillenburg.—Comprise en 1806 dans le grand duché de Berg, elle fut depuis le ch.-l. du dép. de la Sieg.
  • DILLINGEN, v. de Bavière, ch.-I. de district, sur le Danube, r. g., à 35 kil. N. O. d'Augsbourg; 4500 h. Ane résidence des évêques d'Augsbourg ; anc université, créée en 1554, supprimée en 1804. Gymnase et autres écoles.
  • DILLON (Arthur, comte de), général, d'une famille noble d'Irlande, né en 1670 dans le comté de Ros-common, mort en 1733, s'attacha à la fortune de Jacques II, prit du service en France, fut nommé colonel d'un régiment irlandais que son père avait levé à ses frais et qui portait son nom, devint maréchal de camp à 34 ans et lieutenant général à 36, fit avec gloire les campagnes de Vendôme en Espagne, de Villeroi en Italie, servit sous Villars (1708), sous Berwick (1709), et s'empara en 1713 de Kaiserslautern. — Son petit-fils, Arthur D., fut aussi colonel du régiment Ditlon. Il servit d'abord dans les îles et fut gouverneur de St-Christophe. Chargé en 1792 d'un commandement en Champagne, il battit les Prussiens; mais sa conduite ayant dans la suite paru équivoque, il fut rappelé et condamné à mort en 1794.Théobald D., son frère, maréchal de camp, fut employé en 1792 sur la frontière de Flandre, sous les ordres de Rochambeau, et périt victime de la défiance et de l'indiscipline des troupes : ayant, d'après ses instructions, évité le combat que lui offrait une division ennemie, ses soldats crurent qu'il trahissait et ils le massacrèrent (28 avril 1792). La Convention punit de mort ses assassins et lui décerna les honneurs du Panthéon.

[modifier] DIM

  • DIMAR, contrée du Sénégal, limitrophe du Fouta-Toro, a pour lieu principal Dialmath. V. ce nom.
  • DÎME. V. ce mot au Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts.
  • DIM1TIU OU DMITRI. V. DÉMÊTRIOS et DMITRI.
  • DIMOTIKA, Didymotichos, v. de Turquie (Rou-môlie), à 42 kil. S. d'Andriiiople, sur la Maritza; 8000 hab. Archevêché grec. Érigée en seigneurie par les Croisés et donnée au comte de St-Pol. Charles XII y séjourna après sa défaite à Pultava.
  • DINA, fille de Jacob et de Lia. V.JACOBetsiCHEM.
  • DMABOCRG, v. de Russie. V. dunaboubg.
  • DINADJPOUR, v. de l'Inde anglaise (Calcutta), par 25° 36' lat. N., 86° 26' long. E. ; 30 000 hab. ; ch.-l. d'undistrictdemême nom qui a près de 3 000 000 d'h. Commerce considérable en riz, indigo et tabac ; cul-iare du coton et de la canne \ sucre.
  • DINAN, Dinellum au moyen âge, v. de France, ch.-l. d'arr. (Côtes-du-Nord), à 59 kil. E. de St-Brieuo, sur la r. g. de la Rance; 8237 h. Petit port, épaisse muraille, vieux château fort, tour St-Vincent» statue de Du Guesclin, érigée en 1823. Trib., collège; soc d'agriculture. Toiles, flanelles, basins, souliers de pacotille, etc. On trouve près de Dinan une source minérale. Dinan était jadis une ville des Diaulites; au moyen âge et jusqu'en 1280, elle eut des seigneurs particuliers qui prenaient le titre de vicomtes. Du Guesclin la défendit contre le duc de Lancastre qui l'assiégeait en 1359. Patrie de Duclos.
  • DINANT, Dinandium, au moyen âge, v. forte de Belgique (Namur), à 23 kil. S. de Namur, sur la Meuse ; 3700 hab. Belle cathédrale gothique avec un riche jubé. Chaudronnerie et quincaillerie renommées; exploitation de marbre noir. — Philippe le Bon, duc de Bourgogne, la détruisit en 1466; elle fut reconstruite aussitôt, mais Jean, duc de Nevers, la prit et la pilla en 1554; Les Français s'en emparèrent en 1675 et 1794 et en firent un ch.-l. d'arr. du dép. de Sambre-et-Meuse,
  • DINARIQUES (monts), parfois nommés^tpes Dinariques, chaîne de montagnes qui traverse l'Illyrie, la Croatie, la Dalmatie, l'Albanie et la Bosnie, joint les Alpes Juliennes au Balkan. Elle doit son nom au mont Dinara, son pic le plus élevé, qui aenv. 2000™. L'Unna, la Bosna, la Drina et la Moràva, y ont leur source.
  • DINARQUE, orateur grec, né à Corinthe vers 360 av. J.-C., vint s'établir à Athènes et y gagna de grandes sommes d'argent à composer pour les autres des harangues que sa qualité d'étranger ne lui permettait pas de prononcer lui-même. Accusé, ainsi que plusieurs citoyens d'Athènes, d'avoir contribué à mettre cette ville sous le joug des Macédoniens, il prit la fuite et se réfugia à Chalcis en Euhéé (322 av. J.-C.); il fut rappelé 15 ans après. Des nombreux discours qu'il avait composés, trois seulement nous sont parvenus ; ils se trouvent dans les Qratores grasci de Reiske, Leipsîck, 1770, dans la Biblioth. grseca de Didot, ont été publiés à part à Léipsick, en 1827 par Schmidt, en 1842 par Matzner, et ont été trad. par Ath. Auger. Plusieurs lui attribuent l'Accusation contre Théocrine, qui est dans les œuvres de Démosthène.
  • DINDYME, Dindymus, mont.de k Grande-Phry-gie, dans la presqu'île de Cyzique, doit son nom à sa cime double (dtdymos en grec). On y rendait un culte particulier à Cybèle, de là le surnom de Dyn-dimène donné à cette déesse.
  • DINGWALL, v. et port d'Ecosse (Ross), sur le golfe de Cromarthy, à l'emb. du Conan, à 30 kil. N. O. d'Inverness; 2000 hab. Obélisque élevé sur un caveau qui était autrefois destiné à la sépulture des comtes de Cromarthy.
  • DINIA, v. de Gaule (Narbonnaise2°), auj. Digne.
  • DDiKELSBUHL, v. de Bavière (Rezat), surla'Wœr-nitz, à 34 kil. S. O. d'Anspaob; 6500 hab. Murs flanqués de tours (restes du fameux Mur du Diable). Lainages, chapeaux, papeteries, brasseries. Jadis v-impériale; elle appartient à la Bavière depuis 1803.
  • DEMOCRATE, architecte macédonien, releva le temple d'Ephèse incendié par Erostrâte, et fut appelé en Egypte par Ptolémée Philadêlphe pour embellir Alexandrie. On lui a prêté le projet gigantesque de tailler le mont Athos en forme d'homme tenant une ville dans sa main.—Préteur des Messéniens, détacha ses compatriotes de la Ligue Aohéenne, combattit les Achéens, fit prisonnier Philopémen et l'empoisonna dans sa prison (183 av. J.-C.). Lycortas, successeur de Philopémen, étant arrivé peu après avec une armée à Messène, Dinocrate se tua de peur de tomber entre ses mains.
DIOD — 533 — DIOG
  • DINTER (Edm.), chanoine de St-Pierre de Louvain, mort en 1448, vécut à la cour des ducs de Bourgogne, et fut chargé par Philippe le Bon, de rédiger les chroniques du Brabant. On lui doit: Genealogia ducum Burgundix, Brabantise, Flandrix, Francfort, 1529, in-fol., et une Chronique des ducs de Lorraine et de Brabant, jusqu'en 1445, restée manuscrite.
  • Gust. Fréd. Dinter, né en 1760 à Borna (Saxe), mort en 1831, fut successivement pasteur à Kitzscher près de Borna, directeur du séminaire normal de Friedrichstadt près de Dresde (1797), ministre évangélique à Gœritz (1807), et membre du conseil de l'instruction publique à Kœnigsberg (1816). On lui doit une foule d'écrits sur l'instruction primaire, qui sont populaires en Allemagne, principalement ses Règles de la pédagogie, 1806.
  • DIOCËSARÊE. V. séphoris.
  • DIOCÈSE, Dicecesis, c-à-d. gouvernement, nom donné aux subdivisions des préfectures dans l'organisation de l'empire romain qui eut lieu depuis Constantin ; le diocèse à son tour se décomposait en provinces. Le diocèse était régi par un vicaire du préfet. L'empire romain comptait en tout 14 diocèses : 4 dans la préfecture d'Italie: Italie, Rome, Illyrie occidentale, Afrique; 3 dans la préfecture des Gaules : Gaule, Hispanie, Bretagne; 2 dans la préfecture d'IHyrie: Dacie, Macédoine; 5 dans la préfecture d'Orient : Thrace, Asie, Pont, Orient, Egypte (V. ces noms). — On n'entend plus auj. par diocèse qu'une division ecclésiastique : c'est le territoire soumis à la juridiction d'un même évêque.
  • DIOCLÈS, médecin grec, de Caryste en Eubée, que l'on place après Hippocrate, s'occupa un des premiers d'anatomie, mais n'étudia que sur les animaux. Il perfectionna la thérapeutique et composa sur son art des écrits qui ne nous sont pas parvenus.
  • lioclès, citoyen de Syracuse, donna à sa patrie, peu après la malheureuse expédition des Athéniens en Sicile, des lois renommées par leur sagesse (412 av. J.-C.). Une de ces lois punissait de mort quiconque se présentait en armes dans l'assemblée publique : ayant lui-même enfreint cette loi par mégarde, il se frappa de son épée pour se punir. On raconte le même fait de Charondas.
  • DIOCLÉTIEN. C Valerius Jovius Aurelius Dio-cletianus, empereur romain, né près de Salone, en Dalmatie en 245, était fils d'un greffier. Il commença par être simple soldat et s'éleva par degrés aux premières charges : il était commandant des officiers du palais à la mort de Numérien, 284. Il tua de sa propre main Aper, meurtrier de ce prince, et se fit proclamer empereur à Nicomédie, malgré l'opposition de Carin, frère de Numérien. Deux ans après (286), il s'associa Maximien Hercule, et l'envoya commander en Occident, en se réservant l'Orient. Il marcha contre les Perses, leur reprit la Mésopotamie, puis, tournant ses armes contre la Germanie, il vainquit les Barbares. Outre Maximien, auquel il donna le nom d'auguste, Dioclétien s'adjoignit en 292 deux autres collègues, qu'il nomma césars (titre qui équivalait à celui d'héritier présomptif de l'empire) : ce furent Constance Chlore et Galérius; il assigna des provinces à chacun d'eux, en se réservant la suprématie. Ces quatre princes obtinrent des succès chacun de leur côté; Dioclétien, pour sa part, réduisit l'Egypte révoltée, et tous les quatre triomphèrent à Rome l'an 303. En cette même année Dioclétien, à l'instigation de Galérius, commença contre les Chrétiens une terrible persécution qui dura dix ans (c'est en souvenir de cette persécution qu'on a donné le nom d'ère des martyrs à l'ère qui commence avec le règne de Dioclétien). L'année suivante il tomba dans une grave maladie qui affaiblit sa raison. Cet affaiblissement, joint aux menaces de Galérius, l'engagea à abdiguer, 305. Il se retira à Salone, où il cultivait lui-même son jardin; il disait n'avoir commencé à vivre q:ie du jour de son abdication. On ajoute même que, Maximien ayant voulu l'engager à reprendre la couronne, il se borna, pour toute réponse, à l'inviter à venir voir ses jardins de Salone. Il mourut en 313.
  • DIODORE de Sicile, historien grec, né à Agyrium en Sicile, vivait du temps de César et d'Augusta. Après avoir visité les principaux pays de l'Europe et de l'Asie, il s'établit à Rome et y publia sous le titre de Bibliothèque historique un ouvrage en 40 livres qui contenait l'histoire universelle depuis le commencement du monde jusqu'à la 180' olympiade (60 av. J.-C.). Il ne nous en reste malheureusement que 15 livres, savoir : les 5 premiers, qui traitent de l'Egypte, de l'Assyrie et despremiers temps de la Grèce; le XPet suivants jusqu'au XXe, qui vont jusqu'à la bataille d'Ipsus (301 ans av. J.-C.). Photius et Constantin Porphyrogénète nous ont conservé des fragmentsdes VI", VIP, V IIP, IX'.et X°livres, ainsi que des 20 derniers. Cet historien montre peu de critique, il parait n'avoir pas puisé aux meilleures sources; néanmoins son ouvrage est fort précieux et contient des détails qu'on ne trouve pas ailleurs. Son style est simple et clair, mais peu élégant. Les éditionsles plus estimées de Diodore sont celles de H. Etienne, Paris, 1559, in-fol., toute grecque et la première qui soit complète; de Wesseling, grec-lat., Amsterdam, 1746, 2 vol. in-fol. ; deHeyne, Deux-Ponts. 1790-1806,11 v. in-8, et celle de L. Dindorf, Leipsick, 1828-32, 6 vol. in-8, reproduite dans la Bibliotheca grxcade Didot, avec tous les fragments et une trad. latine, 1843, 2 voL grand in-8- Diodore a été trad. en français, en partis-. par Amyot, 1554, en totalité par Ad. Terrasson, 1737, et plus récemment par A. F. Miot, 1834, 7 vol. in-8, et par M. Hœfer, 1846, 4 vol. in-18-
  • DiOGÈNE d'Apollonie (en Crète), philosophe ionien disciple et successeur d'Anaximène, flonssait vers 500 av. J.-C. 11 se distingua parmi les philosophes qui enseignaient en Ionie avant que Socrate philosophât à Athènes; il croyait, comme son maître, que l'air est la matière première de tous les êtres; mais il attribuait à ce principe primitif une vertu divine. Il fut accusé d'impiété et courut risque de la vie. Diogène Laërce nous a conservé le début de son traité De la nature. Les fragments qui restent de lui ont été publiés à Leipsick en 1830 par Panzerbutter.
  • DiOGÈNE, philosophe cynique, né à Sinope 413 ans av. J.-C., mort en 324 à Corinthe. Accusé avec son père d'avoir fabriqué de la fausse monnaie, il quitta sa patrie de bonne heure et vint à Athènes, où il étudia la philosophie sous Antisthène. Il y vécut dans la plus grande misère, ne subsistant guère que d'aumônes. Dans la suite, ayant été fait prisonnier par des pirates, il fut vendu comme esclave à Corinthe, et acheté par le philosophe Xéniade, qui, frappé de son mérite, lui confia l'intendance de ses biens et l'éducation de ses enfants. Diogène avait ordonné qu'on jetât son corps à la voirie; mais-ses amis lui firent des funérailles magnifiques. On plaça sur son tombeau un chien en marbre de Paros. Ce philosophe outra les austérités de la secte cynique. Il logeait, dit-on, dans un tonneau, n'ayant pour meubles qu'une besace, un bâton et une écuelle. Il jeta même son écuelle après avoir vu un jeune enfant boire dans le creux de sa main. On conte que, plein de mépris pour ses contemporains, il se promena un jour en plein midi une lanterne à la main, répondant à ceux qui l'interrogeaient : a. Je cherche un homme. » Un partisan de Zenon d'Élée niait devant lui le mouvement : il se leva, et se mit à marcher, réfutant ainsi en action les ridicules, arguties du sophiste. Ayant entendu. Platon définir l'homme un animal à deux pieds et sans plumes, il jeta dans son auditoire un coq plumé en disant : «Voilà l'homme de Platon. j> Il y avait dans sa pauvreté volontaire beaucoup d'orgueil et de vanité. Alexandre le Grand, étant à Corinthe, eut la curiosité de le voir, et lui demanda ce qu'il pouvait faire pour lui : et Te retirer de mon soleil, » répondit le philosophe. On assure qu'Alexandre s'écria : « Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène. » Toutes ces anecdotes, et une foule d'autres, que l'on raconte de Diogène, sont loin d'être authentiques. On a sous son nom des Lettres qui sont évidemment,supposées. Elles ont été imprimées dans Epistolse cyntex et trad. en français en 1545 par'L. Dupuis.
:DION                   — 534 —        \-       DION
  • diooëne le Babylonien, philosophe du ni" s. av. J.-C., natif de Séleucie, était stoïcien. Envoyé en en ambassade à Rome par les Athéniens, avec Carnéade et Critolaûs, il y ouvrit une école.
  • diogéne laerce, laertius, natif de Laêrte en Cilieie, vivait l'an 190 de J.-C, et appartenait, à ce qu'on croit, à la secte épicurienne. On a de lui, sous ce titre. De vitis, dogmatibus et apophthegmatibus cla-rorum philosopliorum, un ouvrage en 10 livres, fort précieux pour l'histoire de la philosophie. Il est à regretter que l'auteur manque de critique; il s'attache plus aux anecdotes qu'aux vues scientifiques, vise au bel esprit et mêle des épigrammes en vers de sa façon aux récits historiques. Les éditions les plus estimées de Diogène Laërce sont celles de Meibomius, grec-lat., avec notes de Ménage, Casaubon, etc., Amsterdam, 1692, 2 vol. in-4; celle de Hûbner, Leipsick, 1828, toute grecque, et celle qui fait partie de la Bi-blioth. grxca de MM. Didot, collationnée sur de nouveaux mss. par G. Cobet, Paris, 1852. Gassendi a donné à part le X" livre (Êpicure), avec un commentaire. Tout l'ouvrage a été trad. en français par Gilles lioileau, 1668; par un anonyme, en 1758, et par M. Zévort dans la Bibliothèque Charpentier, 1846. Klipper a donné une dissertation DeDiogenis Laertii vita, scriplis, etc., Nordhausen, 1831.
  • DIOIS (pays de), Dieniis tractus, petite prov. de l'anc. France, comprise aui. dans le dép. de la Drôme, faisait partie du Bas-Dauphiné, et était située entre le Valentinois et le Gapençais; 40 k. sur 30; ch.-l., Die; autres places, Aoust,Luc, Saillans,etc Le Diois était jadis habité par les Voconlii et les Tricastini, peuple de la Viennaise; ce fut dès le x" s. un comté vassal des comtes de Toulouse, marquis de Provence : en 1189, ceux-ci le donnèrent en fief à Aymar II de Poitiers, qui le réunit au comté de Valentinois: 11 fut vendu à Charles VI en 1404. Les évêques de Die avaient depuis 1178, par don de l'empereur Frédéric I, le domaine direct de cette ville.
  • DIOLTBA, dioliba, riv. d'Afrique. V. NIGER.
  • DIOMÈDE, roi fabuleux des Bistones, peuple de Thrace, est célèbre par sa cruauté : il nourrissait ses chevaux de chair humaine. Hercule le vainquit et le fit dévorer lui-même par ses chevaux.
  • diomêde, héros grec, fils de Tydée et roi d'Étolie, se distingua parmi les plus braves au siège de Troie, livra des combats singuliers à Hector, à Énée, accompagna Ulysse à Lemnos, où il réussit à se saisir des flèches de Philoctète, s'empara des chevaux de Rhésus, s'enferma dans le cheval de bois pour pénétrer dans Troie et y enleva le palladium. Conduit par Pallas, il combattit les dieux eux-mêmes : il blessa Mars et Vénus qui venaient secourir Enée. Au retour de Troie, trahi par son épouse Ëgialée, il s'éloigna de sa patrie, et alla se fixer en Italie, où il fonda Argos-Hippium, Vennsie, Canusium, Bénévent, etc. Homère l'a surtout célébré dans le V° chant de l'Iliade.
  • diomêde, grammairien latin du v" siècle, auteur d'un traité DeOralione et partibus oratoriis, publié par Putsçhius dans ses Grammatici veteres, 1605.
  • DIOMÈDE (Champs de), plaines de l'Apulie orientale ou Daunie, entre l'Aufide et le Cerbale : c'est là que se livra en 216 av. J.-C. la bat. dite de Cannes.
  • Iles de diomêde, auj. îles Tremiti, lies de l'Adriatique, sur la côte du roy. fondé par Diomêde dans la Daunie, vis-à-vis de l'emb. du Tiferne.
  • DION de Syracuse, disciple et ami de Platon, était gendre de Denys l'Ancien. 11 jouit de la confiance de ce prince, fut exilé par son fils Denys le Jeune, jaloux de ses vertus et de son crédit, rentra dans Syracuse à la tête des mécontents, 357 av. J.-C., et y fut revêtu de l'autorité souveraine. Il périt en 354, assassiné par l'Athénien Calippe, qu'il avait comble de bienfaits. Sa Vie a été écrite par Plutarque et par Cornélius Népos.
  • mon chrysostôme, c-à-dire Bouche d'or, ainsi surnommé à cause de son éloquence, rhéteur grec, né à Pruse en Bithynie vers l'an 30 de J.-C.,' mort vers 116, se fit admirer à Rome et dans tout l'empire sous Néron et ses successeurs.. Consulté en Syrie par Vespasien, qui venait d'être proclamé empereur, il l'engagea, mais vainement, à rétablir la république. Impliqué sous Domitien dans une conspiration, il se réfugia dans le pays des Gètes où il resta longtemps ignoré. A la nouvelle de la mort de Domitien, l'armée romaine campée sur les bords du Danube était sur le point de se révolter : Dion, qui se trouvait dans le camp, déguisé en mendiant, se fait aussitôt connaître, harangue les troupes et fait proclamer Nerva. Il jouit de la faveur de ce prince et de Trajan. Il reste de lui 80 discours, parmi lesquels on remarque 4 Discours sur la royauté, qui sont un panégyrique détourné de Trajan. Cet écrivain est en général élégant et ingénieux ; cependant on trouve chez lui des traces du faux goût qui plus tard caractérisa les sophistes. Ses écrits ont été publiés par P. Morel, gr.-îat., Paris, 1604; Reiske, Leipsik, 1784; Emperius, Brunsw., 1844. Bréquigny a traduit trois de ses discours dans ses Vies des orateurs grecs, 1751-52.
  • dion cassios, historien grec, né à Nicée vers l'an 155, était fils de Cassius Apronianus (consul en 191), et descendait par sa mère de Dion Chrysostôme. Il occupa les plus hauts emplois, fut sénateur sous Commode, préteur sous Pertinax, consul sous Alexandre Sévère (229), gouverneur en Asie-Mineure et en Afrique. Il renonça aux affaires vers 235 et se retira à Nicée pour s'y livrer à l'étude. Il avait composé entre autres écrits une Histoire romaine depuis l'arrivée d'Enée en Italie jusqu'à l'année de son consulat, en 80 livres. Il ne nous en reste que 19 (XXXVI0 à LIV), et quelques fragments. On supplée as reste par l'Abrégé as Xiphilin. M. Morelli a retrouvé quelques fragments des livres LVC et LVI8 (Bassano, 1798). Dion Cassius est en général exact; on lui reproche cependant sa partialité contre quelques-uns des plus plus grands hommes de Rome, notamment contre Pompée, Brutus, Cicéroh, Sénèque. Les meilleures éd. de Dion Cassius sont celles de Rob. Etienne. Paris, 1548, in-f.; deReimar, gr.-lat., Hambourg, 1750-52, 2 vol. in-f.; de F. G. Sturzius, Leipsick, 1825-1843,9 vol. in-8 (avec de nouveaux fragments); de Bekker, Leipsick, 1849, 2vol. in-8. Il a été trad. en Iat. par Xylander, Bâle, 1558, in-fol., et en français par CI. d'Eroziers, Paris, 1542, in-fol. M. Et. Gros" en avait entrepris en 1845 une nouvelle édition, avec, trad. française ; cette édition, interrompue par sa mort (1856"), a été continuée par Boissée, 1863-66.
  • DIONÉ, mère de Vénus, fille de l'Océan et de Téthys, fut aimée de Jupiter. C'est d'elle que Vénus tire le surnom de Dionée, que lui donnent les poètes.
  • DIONIS (Pierre), chirurgien e\anatomiste, né à Paris en 1673, mort en 1718, fut médecin de la reine Marie-Thérèse (femme de Louis XIV), du Dauphin et de plusieurs princes du sang. Il professa l'anato-mie et la chirurgie au Jardin des Plantes. On a de lui : Anatomie de l'homme suivant la circulation du sang, 1690, ouvrage traduit en plusieurs langues et même en chinois; Cours de chirurgie, 1707 • Traité des accouchements, 1718.
  • dionis du séjour (Ach. Pierre), géomètre, parent éloigné du préc, né à Paris en 1734, mort en 1794, était conseiller au parlement et devint en 1765 membre de l'Académie des sciences. Il appliqua avec succès l'analyse aux phénomènes célestes, surtout aux éclipses. On a de lui : Traité des courbes algébriques (avec Goudin), 1756; Recherches sur le gnomonique et les rétrogradations des planètes, 1761 ; Traité des mouvements apparents des corps célestes, 1774; Essai sur les comètes, 1775; Essai sur les disparitions périodiques de l'anneau de Saturne, 1776, etc.
DIPP — 535 — DIST
  • DIONYSIAQUES, fêtes de Bacchus (qui se nom-maiten grec Dionysos). Ces fêtes se célébraient tous les ans, avec une grande magnificence, à Athènes. On y faisait dés processions où l'on portait d'immenses vases remplis de vin et couronnés de pampres, des corbeilles d'or pleines de fruits et d'où s'échappaient des serpents apprivoisés; ony voyait des Silènes, des Faunes et des Phallophores, hommes portant un phallus, emblî'rae de la fécondité de la nature. On y représentait les comédies et les tragédies nouvelles.
  • DIONYSIENNE (période). V. denys le petit.
  • DIONYSIUS (c-à-d. consacré à Bacchus), forme grecque du nom de Denys. T. denys.
  • DIONYSOS, nom grec de Bacchus.
  • Diophante, mathématicien d'Alexandrie, vivait sous Néron, selon les uns, sous Antonin ou même sous Julien, selon d'autres. Il est regardé comme l'inventeur de l'algèbre. Nous avons sous son nom le traité le plus ancien de cette science ; il ne nous en reste que les 6 premiers livres sur 13. Ils ont été publiés, gr.-lat., avec des notes de Bachet de Meiziriac et de Fermat, Toulouse, 1670, et ont été trad. en français par Simon Stévin et AÎb. Girard, 1625.
  • DIOSCORE, patriarche d'Alexandrie, succéda à S. Cyrille en 444, adopta les principes d'Eutychès, soutint cette hérésie dans le faux concile d'Êphèse, connu sous le nom de brigandage d'Éphèse (449), et osa excommunier le pape S. Léon. Le concile général de Chalcédoine, tenu en 451, le déposa de l'épiscopat et du sacerdoce, et l'empereur Mareien l'exila a Gangres en Paphlagonie, où il m. en 454.
  • D1OSCORIDE (Pedanius), médecin grec, d'Anazarbe en Cilicie, vivait dans le i" siècle de notre ère. Il a laissé six livres sur la Matière médicale, qui sont la source la plus abondante pour les connaissances botaniques des anciens. Les meilleures éd. de cet ouvrage sont celles des Aides, Venise, 1499 et 1518; de Marcellus Vergilius, Cologne, 1529, gr.-lat.; de Sprengel Leipsick, 1828, 2 vol. in-8. Ha été commenté par Matthiole, Venise, 1554, et trad. en français par Mart. Mathée, Lyon, 1559.
  • DIOSCORIDIS insulAj île de la mer Erythrée, dans le golfe Avalites, est au). Socotora.
  • DIOSCURES, c-à-d. enfants de Jupiter, surnom de Castor et Pollux, dieux tutélaires de l'hospitalité et delà navigation. Ils présidaient aussi aux jeux gymniques.
  • DIOSCURIADE, depuis Sebastopolis, auj. Isgaur ou hkuriah,v. de Colchide, sur le Pont-Euxin, était une colonie grecque. Elle doit son nom aux Dioscu-res, Castor et Pollux, qui y abordèrent, sous la conduite de Jason, lors de l'expédition des Argonautes.
  • DIOSPOLIS, c-à-d. ville de Jupiter, nom commun à plusieurs villes anciennes dont les principales sont : 1° Diospolis, dans la B.-Ëgypte, au S. de Men-dès, qu'on croit être la même que Panephysis; — 2° Diospolis Magna, dans la H.-Ëgypte, la même que Thebes(V. thèbes); —3° Diospolis pana, dans la H.-Ëgypte, au N. O. de Tentyra, auj. Hou; — 4° une ville d'Asie-Mineure, plus connue sous le nom de Sébaste. — 5° une v. de Palestine. V. lydda.
  • DIPHILE, poète comique grec, né à Sinope, contemporain de Mênandre, florissait vers 300 av. J.-C. H avait composé cent comédies, dont il ne nous reste que de courts fragments, qu'on trouve dans les recueils de G. Morel et de Grotius, ainsi que dans les Comicorum fragm. de Meinecke, et qui ont été trad. dans les Soirées littéraires de Coupé. Plusieurs ont été imitées par Plaute, notamment dans la Ca-sina et le Rudens, et par Térence, dans les Âdelphes.
  • DIPPEL (J. Conrad), théologien et chimiste, né en 1672 près de Darmstadt, mort en 1734, était fils d'un ministre protestant. Il s'occupa d'abord de théologie et fut un adepte du piétiste Spener. Quoique protestant, il écrivit contre ses coreligionnaires un petit traité intitulé : Papismus Protestantium, qui lui fit beaucoup d'ennemis. Dégoûté de la théologie, il s'occupa de médecine et d'alchimie, et mena une vie errante et persécutée, résidant tantôt en Allemagne, tantôt en Hollande ou en Suède. Au milieu de ses extravagances, il fit quelques découvertes utiles, entre autres celle du bleu de Prusse et de l'huile animale qui porte son nom, qu'on employa longtemps contre l'épilepsie et le ver solitaire. Il a laissé 70 ouvrages, la plupart oubliés, parmi lesquels on remarque cependant son traité De vitx animalis morbo et medicina. Les principaux ont été réunis sous le titre de Christianus Democritus, 1747.
  • DIRCÉ, 2e femme de Lycus, roi de Thèbes, fit par jalousie enfermer dans une prison Antiope, que Lycus avait répudiée pour l'épouser elle-même; mais Jupiter délivra Antiope, qui bientôt donna le jour à deux fils, Amphion et Zéthus. Ceux-ci devenus grands firent mourir Lycus, et attachèrent Dircé à la queue d'un cheval indompté, qui l'emporta sur des rochers où elle fut mise en pièces. Les dieux, touchés de son malheur, la changèrent en une fontaine qui porta son nom et qui coulait près de Thèbes.
  • DIRE, v. et promontoire d'Ethiopie, à l'entrée du détroit appelé auj. de Bab-elrSIandel.
  • DIRECTOIRE, nom donné en France au pouvoir exécutif qui, d'après la constitution de l'an ni, devait régir l'État, conjointement avec le Conseil des Cinq-Cents et celui des Anciens. Il fut installé le 27 oct. 1795 (5 brumaire an iv). Le Directoire se composait de 5 membres, nommés par les deux Conseils; il se renouvelait par cinquième d'année en année, et ses membres ne pouvaient être réélus ; il nommait les ministres, les généraux en chef, mais l'initiative en fait de mesures gouvernementales et législatives appartenait au Conseil des Cinq-Cents; les directeurs pouvaient seulement inviter ce Conseil à prendre un objet en considération. Les premiers directeurs furent LaRevellière-Lepeaux, Letourneur,Rewbell, Barras et Carnot (ce dernier nommé en remplacement de Sieyès qui avait refusé). Ceux qui furent nommés après eux sont : Barthélémy, Merlin de Douay, François de Neufchâteau, Treilhard, Roger-Ducos, Gohier, Moulin, Sieyès, qui accepta en 1799. Le Directoire fut, au commencement surtout, une époque de gloire pour nos armées : toute l'histoire militaire de ce temps est dans les noms de Bonaparte, de Kléber, de Desaix, de Masséna, de Moreau. A l'intérieur, le travail du Directoire tendit à rapprocher peu à peu les intérêts, à éteindre les passions et les haines, à asseoir le nouveau gouvernement, sans employer de moyens odieux et criminels; cependant il se vit dans la nécessité de recourir à une banqueroute,qui fut déguisée sous le nom de tiers consolidé. A la suite de quelques échecs, on ne tarda pas à accuser les Directeurs d'incapacité ; d'ailleurs ils étaient sans cesse en lutte entre eux. Après avoir subi plusieurs révolutions intérieures (V. fructidor, prairial), le Directoire fut renversé par le général Bonaparte, dans la célèbre journée du 18 brumaire an VIII. Il avait duré 4 années. Cette époque fut signalée par la corruption des mœurs et par un agiotage effréné. M. de Barante (1855) et M. Granier de Cassagnac (en 1863) ont écrit l'Hist. du Directoire.
  • DIRSCHAU, v. de la prov. de Prusse, sur la Vis-tule, à 31 k. S. S. E. de Dantzick; 3000 h. Navigation active. Patrie du voyageur Forster.
  • DISCORDE, divinité malfaisante, fille de la Nuit, était la compagne de Mars, de Bellone et des Furies. Jupiter l'exila des cieux, parce qu'elle ne cessait d'en brouiller les habitants. Piquée de n'avoir point été invitée aux noces de Thétis et de Pelée, la Discorde jeta au milieu des déesses lafatalepomme d'or, cause de cette fameuse contestation dont Paris fut le juge. Les poètes anciens donnent à cette déesse une chevelure hérissée de serpents et nouée avec des bandelettes sanglantes. Les poètes modernes ont aussi personnifié la Discorde : elle figure dans la Jérusalem délivrée, le Lutrin et la Henriade.
  • DISSENTIS vge de Suisse (Grisons), à 52 kil. S. O. de Coire, dans la vallée du Rhin, à 1300'° au-dessus de la mer; 1200 h. Abbaye fondée au vn° s. par Sigebert, bénédictin écossais, et dont les abbés étaient princes d'empire et présidents de la diète de la Ligue-Grise. Les Français brûlèrent cebourg en 1799.
D1VI                     — 536 —                     DJAU
  • DISTRICT FÉDÉRAL, nom donné, dans les républiques fédératives de l'Amérique, au territoire qui contient ;la capitale générale de la fédération, sans appartenir à aucun Etat particulier. Aux Etats-Unis Washington et son territoire forment le District fédéral, nommé aussi district de Colombia.
  • DITHMAR, évêque de Mersebourg, né en 976, d'abord moine au couvent de Bergen, fut sacré évêque m 1009 et mourut en 1018. Il eut à soutenir de longues guerres avec les margraves de Misnie. On lui doit une Chronique de l'histoire d'Allemagne, en 8 livres, qui s'étend de 876 à 1018 et comprend les règnes de Henri I, Othon I, II et III et Henri II. Elle a été publiée par Reineccius, 1580, par Leib-nitz, dans son recueil d'écrivains'pour l'histoire de Brunswick et se trouve dans les Monumenta germa-norum historicor. de Pertz, Hanov., 1839. Wagner l'a réimprimée en 1808, Nurenberg, in-4.
  • DITHMARSHS (Pays des), petite contrée de l'Allemagne septentrionale (Holstein), entre l'Elbe, l'Eyder et la mer du Nord, occupe 40 kil. sur 25; v. princ, Meldorf et Luden. Les Dithmarses, quoique nominalement soumis à l'empire d'Allemagne, ont presque toujours vécu indépendants. Leur pays a fait successivement partie du comté de Stade, du duché de Saxe (1144-80), de l'archevêché de Brème (contre lequel ils se révoltèrent pour se donnera l'évêché de Sleswig). En 1474, Christian I, roi de Danemark, obtint de l'empereur Frédéric III la réunion du Holstein, du Sleswig et du pays des Dithmarses en un duché relevant de la couronne de Danemark : mais bientôt les Dithmarses se révoltèrent ; le roi de Danemark Jean I leur fit en vain la guerre (1500) ; Frédéric II les soumit en 1559, à l'aide des ducs de Holstein : le pays fut alors partagé entre le duché de Holstein et le Danemark. En 1773, il fut réuni tout entier au duché de Holstein.
  • DITTERS de mttersdorf (Charles), compositeur allemand, né à Vienne en 1739, mort en 1797, montra dès l'âge de 7 ans sa vocation pour la musique et acquit sur le violon un talent extraordinaire. Il parcourut l'Allemagne, accompagna Gluck en Italie, résida plusieurs années à Berlin et à Vienne et fut maître de chapelle à Breslau. Il était lié avec Haydn, Métastase et Martini. Ses princ. ouvrages sont : les Métamorphoses d'Ovide, composées de 15 symphonies, Vienne, 1785; les oratorios d'isaac, de David, de Job, d'Esther (ce dernier est son chef-d'œuvre) : il a aussi donné plusieurs opéras-comiques, où il imite le genre de Grétry. L'Histoire de sa vie, par lui-même, a été publ. par son fils, Leips., 1801.
  • DIU, île de la mer des Indes, au S. du Guzzerat. a pour ch.-l. une ville de même nom, bâtie par les Portugais; 5000 hab. — L'Ile Diu renfermait jadis le temple le plus riche de l'Hindoustan, temple que pilla en 1025 Mahmoud le Gaznévide. Les Portugais la prirent en 1535. En 1670 leur établissement fut pilfé par les Arabes de Maskat; ils l'ont repris en 1710, mais il ne s'est pas relevé.
  • DIUM, auj. ilalathria, v. de Macédoine, dans la Piérie, sur le golfe Thermaïque, au S. d'Haliacmon. — Y. d'Eubée, sur la côte N. O., est auj. Agia.
  • DIVE, riv. de France, naît dans le dép. de la Vienne, sépare ce dép. de celui des Deux-Sèvres, et se jette dans le ThouetàSt-Hippolyte, après un cours de 65 kil. Elle est en partie canalisée.
  • DIVES, riv. qui arrose les dép. de l'Orne et du Calvados, et se jette dans la Manche : cours de 90 k.
  • dives, bourg du Calvados, canton de Dozulé, sur la Dives, à 19 kil. O. de Pont-l'Êvêque; 600 hab. Petit port, où s'embarqua Guillaume le Conquérant.
  • DIVILINO, v. de Russie, la même que moulina.
  • DIVIO, v. de Gaule, auj. Dijon.
  • DIVITIAC, chef des Ëduens, membre du collège des Druides, fut envoyé à Rome par ses compatriotes pour demander du secours contre les Séquanais et les Arvernes et s'y lia avec César et Cicéron. Il introduisit le premier les Romains dans la partie des Gaules où il commandait, et rendit de grands services à César dans sa guerre contre les Belges.
  • DIVODURUM, v. de Gaule, auj.ifet*.
  • DITONA, v. de Gaule, auj. Cahors.
  • D1VONNE, bourg du dép. de l'Ain, à 10 kil. de Gex ; 1800 hab. Établissement hydrothérapique.
  • DIX (Conseil des), à Venise. V. conseil.
  • mx droitures (Ligue des). V. grisons.
  • Dix Mille-dix mille (retraite des), retraite célèbre que fit à travers l'Asie-Mineure, sous la conduite de Xénophon, un corps de 10000 Grecs qui avaient combattu à Cunaxa pour Cyrus le Jeune (401 av. J.-C.). Après la défaite et la mort de ce dernier, Cléarque, qui commandait les Grecs, refusa de déposer les armes et traita avec le grand roi, qui s'engaga à lui fournir des vivres jusqu'aux cotes du Pont-Ëuxin ; mais, trois jours après s'être mis en marche, il fut mis à mort par trahison, dans une conférence qu'il eut avec le satrape Tissapherne. Les Grecs, "réduits au désespoir, allaient se rendre, lorsque Xénophon, qui n'était encore que simple officier, se mit a leur tête. Après mille fatigues et des dangers inouïs, il les conduisit jusqu'à Chrysopolis, sur la côte orientale du Bosphore, où ils s'embarquèrent pour Byzance. Xénophon nous a, dans son Anabase, raconté lui-même cette admirable retraite.
  • DIXMUDE, v. de Belgique (Flandre occid.), sur l'Yser, a 13 kil. S. E. de Furnes; 4000 h. Raffineries de sel. Prise en 1647 par Rantzau et en 1658 par Turenne. "
  • DIX-SEPT PROVINCES (les), nom donné quelquefois aux possessions suivantes de Charles-Quint ; Franche-Comté, Flandre, Artois, Malines, Anvers, Hainaut, Namur, Brabant, Limbourg, Luxembourg, Hollande, Zélande, Gueldre (avec Zutphen), Utrecht, Over-Yssel, Frise, Groningue (avec Drenthe). Cambray y fut joint plus tard. Ces 17 prov. furent divisées par la trêve d'Anvers (1609) et formèrent deux masses : les 7 Provinces de Hollande, Zélande, Utrecht, Oaeldre, Over-Yssel, Groningue et Frise furent déclarées indépendantes sous le nom de Provinces-Unies ; les dix autres formèrent les Pays-Bas espagnols. ' DJ. Pour les mots qui commencent ainsi, et qui ne seraient pas ci-après, cherchez m, g et i.

[modifier] DJ

  • DJAFAR. V. GIAFAR.
  • DJAFNA, v. de l'île de Ceylan, ch.-l. d'un district de même nom, à l'extrémité sept, de l'île, à 300 kil. N. de Colombo; 8000 hab. Forteresse.
  • DJAGATHAI, 2e fils de Gengis-Khan, mort en 1248, donna son nom à l'un des empires formés à la mort du conquérant. Cet empire était- compris entre les États de Kaptchak au N. O., de Cachemire au S. E., de Delhy et des Beloutchis au S., des Mongols de Perse à l'O., et avait pour villes principale! Kach-gar et Aksou. Auj. le nom de Djaggathaï s'applique encore à une partie du Turkestan.
  • DJAGUERNAT, jagerhaut, ou pouhy, ville de l'Inde anglaise (Orissa), à, 480 kil. S. O. de Calcutta, par 81° 25' long. E., 19"49' lat. N., près du golfe de Bengale et du lac de Chilka, sur une branche du Ma-hanaddy; env. 36000 hab. Temple immense où l'on vient en pèlerinage de toutes les parties de l'Inde; 1200000 pèlerins s'y rendent annuellement, et l'on prélève sur eux des sommes qui montent à plus de 22 millions de francs. Jadis beaucoup de fanatiques se faisaient écraser dans les fêtes solennelles qui s'y célèbrent, en se jetant sous les roues du char sacré qui porte la statue de Vichnou; mais ce zèle a beaucoup diminué depuis la domination anglaise,:
  • DJALAOUAN, une des prov. de la confédération des Béloutohis, entre le Saraouan au N., le Lous au S., les monts Brouhiesà l'E., a pour capit. Khozdar
DJEM— 537 —DJIM
  • DJAMY (Abd-al-Rahmân), poète célèbre de Perse né en 1414 au bourg de Djam dans le Khoraçan, m. en 1492, fut appelé à la cour du sultan Aboû-Sâïd. et y fut nommé yûsts royal. Les plus remarquables de ses nombreux ouvrages sont: la Chaîne d'or; Selman et Absal; le Rosaire des justes; Yusuph et Soleika; Medjoun et Leïïa, poëme trad. parCJîézy, I Paris, 1807; le Beharistan (Séjour du printemps), Poëme moral, mêlé de prose et de vers; et ses fa-les, trad. par Langlès, 1788. Djamy appartenait à la secte des Sophis : il a exposé leur doctrine dans un de ses ouvrages et a donné la vie de 619 sophis. La Bibliothèque impériale possède en ms. un grand nombre de ses ouvrages. ,
  • DJANIK, v. de Turquie d'Asie (Sivas), à 100 kil. N. O. de Rivas, est le ch.-l. d'un livah de même nom qui s'étend le long de la mer Noire, entre les pachaliks d'Anatolie et de Trébizonde. Pays montagneux et humide ; beaucoup de grains et de chanvre.
  • DJAPARA, v. de l'île de Java, sur la côte N., ch.-L d'une prov. de même nom, qui compte 150000 hab.
  • DJÉANGIR. V. GÉANGIR.
  • DJEBEL, gebel ou gibel, c-à-d. en arabe montagne. Pour ceux des mots commençant ainsi qui ne seraient pas ici, cherchez Gibel ou le mot qui suit.
  • djebel ou djebaïl, Byblos, v. et port de la Syrie (Tripoli), à 53 k. S. O. de Tripoli; 6000hab., Druses et Maronites. Évêché maronite. Fort où réside l'émir des Maronites, église chrétienne, d'architecture byzantine; belles ruines. — Les Arabes s'en emparèrent sous le califat d'Omar; les Chrétiens la prirent en 1100 et la conservèrent pendant les croisades : on l'appelait alors Gebelet ou Bersabêe. Elle tomba ensuite au pouvoir des Turcs, qui la possèdent encore. Les Anglais l'enlevèrent en 1840 à Méhémet-Ali.
  • djebel-el-kamar ou koumr. Y. lune (monts de la).
  • DJEBEL-EL-TARIX. Y. GIBRALTAR.
  • djebel-nour , mont de la lumière, mont. d'Arabie (Hedjaz), près de La Mecque. C'est là, selon les Musulmans , que l'ange Gabriel apporta le premier chapitre du Coran à Mahomet.
  • djebel-selseleh, Silsilis, mont. d'Egypte, voisines de Koum-Ombou, et dont les vastes carrières ont fourni ces blocs énormes qui ont servi aux constructions colossales de Thèbes.
  • DJEDDAH, v. et port d'Arabie (Hedjaz), sur lamer Rouge, à 90 k. O. de La Mecque; 15000 h. Elle est regardée comme le port de La Mecque. Parfums, café; tissus, marchés d'esclaves. Port sûr et très-fréquente avant les conquêtes des Wahabites. Résidence d'un pacha turc et de consuls européens. Elle a été le ch.-l. d'un des 4 pachaliks turcs de l'Arabie. Conquise sur les "Wahabites en 1811 par Méhémet-Ali. Djeddah est une ville sainte, où règne un violent fanatisme : le consul français Eveillard y fut assassiné en 1858, ce oui attira sur la v. un sévère châtiment.
  • DJELALABAD, v. de l'Afghanistan, ch.-l. du Seistan, sur un canal dérivé de l'Helmend, à 1050 k. E. de Kaboul et à 520 k. de Kandahar.—Une autre v. de l'Afghanistan, du nom de Djelalabad, sur la riv. le Kaboul, a été saccagée en 1842 par les Anglais.
  • DJELAL-EDDIN , c-à-d. Gloire de la Religion, sultan seldjoucide de Perse. Y. mélik-chah.
  • Djelal-eddin-roumy, poète persan, de la secte des sophis, né à Balkh en 1203, mort vers 1271, était issu du sang royal. Il quitta sa patrie pour se soustraire à la jalousie du sultan, vint se fixer à Konieh dans le Roum (Asie-Mineure), d'où son nom de Roumy, et y tint une école célèbre. On a de lui le Metsnevi, poème moral, allégorique et mystique de 40000 strophes, et le Divan, recueil de poésies lyriques. Les Persans le regardent comme un saint. Il fonda un ordre de derviches, les Mevlevis.
  • DJELALPOUR, v. de l'Indostan, dans l'État fédératif des Seikhs, à 142 k. N. O. de Lahore. On croit que c'est près de là qu'eut lieu la célèbre bataille entre Alexandre et Porus. — Plusieurs autres villes de l'Inde portent le nom de Djelalpour : une d'elles, dans la présidence de Calcutta, à 30 k. de Kalpi, donne son nom au district anglais de Dakka-Djelalpour.

*DJELEM, Hyàuspes, riv. de l'Inde, une des cinq grandes rivières du Pendjab, sort de l'Himalaya, dans la prov. de Cachemire, traverse le roy. de Lahore, et se jette dans le Tchenab, affluent du Sind, à 130 k. N. E. de Moultan; cours, env. 700 k. *DJEM, prince turc. Y. zizim. *DJEMALABAD, v. forte de l'Inde anglaise (Madras), dans le district de Kanara, par 13° 3' lat. N.,. 73" 5' long. E. Fort bâti par Tippou-Saîb et pris par les Anglais après la chute de Seringapatam.

  • DJEMCHID, ancien roi de la Perse ou Iran, de la race des Pichdadiens, est un personnage à la fois fabuleux et historique. Il est regardé comme le père de la civilisation en Perse : il régnait à une époque fort incertaine : selon les uns vers l'an 1890, selon les autres seulement vers 800 av. J.-C. Il agrandit Istakhar (Persépolis), inventa plusieurs arts et fonda plusieurs institutions utiles. Il fut détrôné par Zohak, venu d'Arabie, et laissa un fils, Féridoun, qui remonta dans la suite sur le trône. — Les Grecs ont changé son nom de Djemchid en celui d'Achéménès et ont donné le nom d'Achéménides aux rois de Perse qu'ils regardaient comme ses descendants.

*DJEMMA-GHAZOUAT (c-à-d. Assemblée de Pirates) , dit aussi nemours , v. et port d'Algérie (Oran), ch.-l. de cercle, à 1G2 k. N. O. d'Oran, près du Maroc. Poste fortifié en 1844. Monument en mémoire des Français massacrés près de là, à Sidi-Brahim. *DJENGIS-KHAN. V. gengis-khan.. *DJENNY, v. de l'Afrique centrale, capit. du Bas-Bambarra, sur le Djoliba, à 180 k. N. E. de Ségo; 10000 h. Commerce d'esclaves et de poudre d'or. Visitée par Caillié en 1828. *DJESSALMIRE, principauté de l'Inde,' dans le Radjepoutanah, est comprise dans les domaines médiats de la Grande-Bretagne, et a pour ch.-l. Djessalmire, v. de 20 000 h., à 130 k. N. O. de Bikanir. *DJESSORE, district de l'Inde anglaise (Bengale), borné à l'E. par le district de Dakka-Djelalpour, au N. par le Gange, au S. par le golfe de Bengale, à l'O. par l'Hougly; env. 12000 hab.; ch.-l. Moorlay. Indigo, riz, tabac, vers à soie. *DJEYPOUR, v. de l'Inde anglaise, ch.-l. d'une principauté de même nom, dans le pays des Radjepoutes, à 240 kil. S. O. de Dehli; env. 60000 hab. Belle et bien bâtie. On y remarque le palais du Radjah dont l'architecture représente une queue de paon. Fabriques de drap, de tissus de coton. Commerce considérable, surtout en, chevaux.— La principauté est située dans la partie S. E. du Guzzerat ; 800 000 h.

  • DJEZZAR (Ahmed), pacha de St-Jean-d'Acre, né vers 1720 en Bosnie, mort en 1804. Vendu comme esclave en Egypte, il s'éleva successivement du rang de simple Mamelouk à la dignité de gouverneur du Caire, puis de Beyrouth, 1773. Nommé ensuite pacha de St-Jean-d'Acre, 1775, il s'y rendit indépendant lors de l'expédition des Français en Egypte, 1799. Enfermé dans St-Jean-d'Acre, il soutint contre les Français un siège mémorable, où la fortune de Bonaparte éprouva son premier échec. Sa cruauté lui avait valu le surnom de Djezzar (boucher).

*DJIGELLI ou gigeri, Igilgilis des anc, v. d'Algérie (Constantine), à 100 kil, N. O. de Constantine, à l'entrée du golfe de Bougie. Petit château fort. Les Français s'emparèrent de cette v. en 1664, mais ils l'abandonnèrent la même année, décimés par le climat. Duquesne y fonda le Fort-français, qui existe encore auj: Les Français l'ont prise de nouveau et occupée définitivement en 1839. Elle a été presque ruinée en 1856 par un tremblement de terre. *DJ1HAN. Y. CHAH-DJIHAN et GÉANGIR. *DJUIOUN, dit aussi Amou, Amou-Daria, l'ancien Oxus, un des plus grands fleuves de l'Asie, naît par 69° 30' long. E., 38° 25' lat. N., dans la chaîne du Belour, traverse le Badakchan et les pays de Bokhara et de Khiva, reçoit le Kai'ernihan, le Toupabak, le Golam, le Termêdz-roud ; se divise dans le khanat de Khiva en 2 bras, et se perd dans la mer d'Aral après un cours d'env. 1600 kil. On présume que le cours du Djihoun a changé par l'effet d'un tremblement de terre, et que ce fleuve se jetait autrefois dans la mer Caspienne. DLUG — 538 - DNIE *DJLUILLAH. Gemellas ou Cuiculum, V. d'Algérie, entre Constantine et Sétif. Ruines romaines, théâtre, bel arc de triomphe. Les Français y ont établi un camp retranché en 1839.

  • DJINNS, esprits malfaisants dans l'antique religion des Arabes et des Persans, sont des êtres d'une nature éthérée ou ignée. S'étant révoltés contre Dieu ou ayant refusé de reconnaître la suprématie d'Adam, ils furent maudits, chassés du ciel et relégués à l'extrémité du monde. On leur attribue tout le mal qui arrive sur la terre. Les Perses modernes en font des génies femelles et les disent maudits par Salomon.

*DJIRDJF.H ou girgeh, v. de Hte-Bgypte, sur la r. pr. du Nil, à 420 kil. S. E. du Caire: 12000 hab. Jadis capit. de la Hte-Ëgypte, auj. cn.-l. de dép. Évôché copte. Aux env., ruines de PtoUmais. *DJIRGENTI. V. girgenti. *DJIZEH, v. de la Moyenne Egypte, oh.-l. de dép., sur la r. g. du Nil, presque vis-à-vis du Caire, entre les grandes Pyramides à l'O. S. O., ,et les ruines de Memphis au S. Cette ville est regardée comme la plus agréable de l'Egypte. *D.IOCJOKARTA, v. forte de l'île de Java, ch.-l. d'un État de même nom soumis aux Hollandais, à 400 kil. E. S. E. de Batavia et à 22 kil. de la mer; 100000 hab. Palais avec fossé; murailles, artillerie. Résidence du prince javanais. L'Etat de Dj. , qui compte plus de 600000 hab., relève de la Compagnie hollandaise depuis 1755. *DJOHORE, v. de la presqu'île de Malacca, à 200 k. S. E. de Malacca et près de Singapour, est la capit. d'un petit État de même nom. Gutta-percha. — L'Etat de Djohore, puissant jadis, est auj. faible et dépeuplé. Il dépend des Anglais. Aux xvi" et xvn° siè--cles, il avait dépendu des Portugais, qui y fondèrent en 1511 la ville actuelle. — On donne aussi le nom de Djohore à un archipel voisin, qui dépend du sultan de Djohore. *DJOLIBA OU NIGER. V. NIGER. *DJOM, nom de l'Hercule égyptien. *DJOMNAH, le Jomanes des anciens, riv. de l'Hin-doustan, sort du montYamounavatari, sur le versant S. de l'Himalaya, par 76° long. E.. 30° 38' lat. N.; traverse les prov. de Delhi, Agra, Allahabad, et y baigne les trois villes du même nom; reçoit le Tcnam-bal, le Betouah, la Kiane, et joint le Gange sous les murs d'Allahabad. Cours, 1350 kil. *DJONK.SEILON ou salanga , île de l'Océan indien, sur la côte S. O. de la péninsule de Malacca, dépend do l'empire birman et compte env. 15 000 hab. Importante par sa position et ses mines d'étain; très-llorissante avant l'invasion des Birmans en 1810, elle a beaucoup déchu depuis. *DJORDJAN, Syringis, v. de Perse (Mazanderan), près de l'emb. du fleuve Djordjan dans la mer Caspienne. On y cultive les lettres. *DJORHAT, v. de l'Inde Transgangétique anglaise, à 300 kil. N. E. de Calcutta, dans l'anc roy. d'Assam, dont elle a été la capit. Thé, caoutchouc. *DJOUANPOUR, v. de l'Inde anglaise (Calcutta), ch.-l. de district, dans l'anc. Allahabad, à 65 kil. IN'. O. de Bénarès, sur le Goumy. Beau pont, belles ruines. Le district fournit beauc de canne à sucre. *DJOUBOULPOUR, v. forte de l'Inde Anglaise (Calcutta), à 200 kil. N. E. de Nagpour. Résidence d'un gouverneur, cour de justice. Manuf. de tapis. *DJOUNYR, v. de l'Inde anglaise (Bombay), ch.-l. de district, dans l'ancien Aurengabad, à 132 k. E. de Bombay. Ruines d'édifices turcs taillés dans le roc — Le district, à l'E. de la chaîne des Ghattes occid., a pour ch.-l. Pouna. *DJOWAR, v. de l'Inde anglaise (Bombay), ch.-l. de district, dans l'ancien Aurengabad, par 71" 20' long. E., 19° 55' lat. N.—Le district est borné au N. par le Guzzerat, et à l'O. par la mer d'Oman.

[modifier] DL

  • DLUGOSZ (Jean), dit aussi Longinus, historien polonais, né à Brzeznicen 1415, d'une famille noble, fut précepteur des enfants de Casimir IV, remplit diverses missions diplomatiques en Prusse, en Hongrie et an Bohême, fut nomme au retour d'un voyage en Palestine archevêque de Lemberg, et mourut à Cracovie en 1480, avant d'avoir été consacré. On a de lui : Historia Polonica usque ad annum 1480, Leip-sick, 1711, 2 vol. in-fol.

[modifier] DM

  • DMITRI, dimitri, ou démbtrius, nom de plusieurs souverains russes : Dm. I, fils d'Alexandre Newsky, régna de 1276 à 1294 à Vladimir avec le titre de grand-prince, eut à combattre son propre frère, André, avec lequel il finit par se réconcilier, vit ses États désolés par les Tartares de la Horde d'Or et, désespérant de leur résister, se fit moine.—Dm. II, 4e Tver, grand-prince de Vladimir, 1323-26, ne régna que sous le bon plaisir des Tartares et fut mis à mort par Usbek, leur khan, pour avoir tué Iouriê, l'assassin de son père et son compétiteur.—Dm. III, de Souzdal, régna à Moscou de 1359 à4362, mais fut contraint de céder le trône à son cousin Dmitri, fils d'Ivan II, qui suit. — Dm. IV, surn. Donskoy, né en 1349, régna à Moscou de 1362 à 1389, se fil; céder la couronne par Dmitri IH, en épousant sa fille, fit la guerre aux princes de Tver et de Riazan, qui lui disputaient le trône, fortifia Moscou (1367), construisit le Kremlin, et battit les Tartares en 1380 à Koulikof, près des bords du Don (d'où son surnom de Donskoy) ; mais deux ans après, il vit sa capitale prise et pillée et fut forcé-de payer tribut. Un dernier prince du nom de Dmitri, fils puîné d'Ivan IV, et dernier rejeton de la race de Rurik, né en 1581, était en bas âge quand son père mourut : seul frère de Fédor, qui avait succédé à Ivan sous la tutelle de Boris Goâounov, il était destiné au trône; mais il fut mystérieusement assassiné en 1591 : on accusa de ce^meurtre Godounov, à qui sa mort assurait le trône. La disparition du jeunB Dmitri fournit à plusieurs imposteurs l'occasion de se faire passer pour l'héritier du trône. Le plus remarquable parut en Pologne 6n 1603 : il disait avoir été soustrait à l'attentat commis par Godounov, dont un enfant substitué avait seul été victime. Il se vit promptement entouré d'une nombreuse armée, battit Godounov, qui mourut peu après d'apoplexie, et fut universellement reconnu pour czar en 1605; mais il indisposa ses sujets par son mépris pour leurs usages et sa prédilection pour les Polonais, et périt l'année suivante, victime d'une conspiration ourdie par Chou-isky. On l'a identifié, mais à tort, avec un certain Grégoire Otrepiev, moine apostat, qui à la même époque avait soulevé les Cosaques contre Boris Godounov. — Les faux Dmitri ne cessèrent de paraître qu'après l'établissement définitif de la maison Ro-manov (1613). M. Mérimée a écrit leur histoire.
  • DMITRIEFF (Ivan Ivânovitch), poëte russe, né en 1760 dans le gouvt de Simbirsk, mort en 1837, servit d'abord dans l'armée et parvint jusqu'au rang de colonel, remplit sous Paul I" les fonctions de procu-' reur général, et fut, sous Alexandre, ministre de lajustice. D'occupé comme fabuliste la première place après Krylof, comme notre Florian après Lafoataine. Ses œuvres ont paru à St-Pétersbourg, en 1823.
  • DMITROV, v. de Russie (Moscou), à 65 k. N. de Moscou; 3200 hab. Fondée en 1154 par le grand-duc Iourie Vladimirovitch ; elle a plusieurs fois seryi d'apanage à des princes rûlses.

[modifier] DN

  • DNIEPER ou Dniepr fDampris ou Borgsiîienes, fleuve de la Russie d'Europe, sort du gouvt de Smo-lensk, arrose les gouvernements de Mohilev, Minsk, Tchernigov, Pultawa, îêkatérirtoslav, Kherson, et tombe dans la mer Noire par une large emb, entre Otchakov et Kinbourn, après un cours d'env. 1600 k. Ses principaux affluents sont : la Bérézina et le Pri-petz à droite; la Desna et le Psioul à gauche. Son cours est rapide et embarrassé par des blocs de granit et des bancs de craie qui donnent naissance à plusieurs cataractes. Le Dniepr n'a qu'un pont, celui de Kiev; encore s'enlève-t-il l'hiver. Ses eaux sont très-poissonneuses. Ce fleuve communique par des canaux avec le Niémen, la Vistule. et la Dwina.
  • DNIESTER ou Dniestr, Danaster ou Tyras, fleuve de la Russie d'Europe, sort des monts Krapacs en Galicie, coule d'abord au N., puis au N. E., et ensuite au S. E.; passe à Sambor, Halicz, Mariampol, Zaleszczyski, Mohilev, Bender, et tombe dans la mer Noire au-dessous d'Ovidiopol, après avoir reçu le Sered, la Podharca, le Reout. On lui donne env. 1500 kil. de cours.
DODD — 539 — DODW

[modifier] DO

[modifier] DOB

  • DOBBERAN, bourg du grand-duché de Mecklem-bourg-Schwérin, sur la Dobber, à 58 k. N. E. de Schwérin, à4kil. de la mer Baltique; 2400 h. Église gothique où sont les tombeaux des grands ducs. Pillée en 1637 par les troupes de Wallenstein, puis par les Suédois.
  • DOBOKA, comitat de la Transylvanie, dans le Pays des Hongrois, borné au N. par le district de Bistritz, au sud par le comitat de Klausenbourg, et à l'O. par celui de Krasna, a 160 kil. sur 15, et env. 110000 hab. ; ch.-l., Szek. Depuis 1848 une portion du territoire à l'E. a été incorporée au district de Reteg, une portion à l'O. à celui de Klausenbourg.
  • DOBROUTCHA, contrée marécageuse de la Turquie d'Europe (Bulgarie), s'étend le long de la mer Noire depuis la branche la plus mérid. du Danube jusqu'au mur d'Adrien, au N. de Varna. Elle comprend les villes de Babadagh, Bazardschik, Kus-tendji, Hirsova, Rassova, Toulcba, et Matschin. Elle fut envahie en 1854 par les Russes, contre lesquels le général Espinasse dirigea une expédition que l'insalubrité du climat fit échouer.
  • DOCËTES (du grec dokein, paraître), hérétiques des premiers siècles qui contestaient la vie réelle de J.-C. et prétendaient qu'il n'avait eu qu'une chair apparente, qu'il n'était né, n'avait souffert et n'était mort qu'en apparence.
  • DOCTRINAIRES, ordre religieux. V. noCTRiNE (Prêtres de la). —On a aussi désigné par ce nom depuis 1815 quelques hommes d'État et publicistes qui ont surtout travaillé à établir en France le gouvernement constitutionnel, pensant que l'on peut concilier le pouvoir et la liberté. Ils reconnaissaient pour chef M. Royer-Collard. On les nomma ainsi soit parce qu'ils avaient une doctrine politique arrêtée, soit parce que leur chef était un élève des Pères de la Doctrine. On comptait parmi eux Camille Jordan, de Serre, Guizot, de Broglie, Duchâtei, Rémusat, Jaubert, Duvergier de Hauranne. Bien que peu nombreux, les Doctrinaires exercèrent par l'ascendant du talent une grande influence sous les deux monarchies de 1814 et de 1830.
  • DOCTRINE (Prêtres de la) ou nocTRiNAiRES, congrégation religieuse fondée en 1592 par César de Bus, à Avignon, et approuvée par le pape en 1597, avait pour but de catéchiser le peuple des campagnes. Elle accepta depuis la direction de plusieurs collèges et eut des établissements florissants. Une fraction des Doctrinaires, ayant refuse de faire des vœux, se sépara en 1619 de César de Bus et se réunit aux Oratoriens. — César de Bus forma aussi une congrégation de Filles de la Doctrine (Vrsulines).
  • DODART (Denis), médecin de Louis XIV, né à Paris en 1634, mort en 1707, avait été élu en 1673 membre de l'Académie des sciences. Il a rédigé un grand nombre de mémoires sur la médecine, l'histoire naturelle et la physique médicale; on remarque surtout ses expériences sur la transpiration insensible et ses recherches sur la production de la voix. Fon-tenelle a prononcé son Eloge.
  • DODDRIDGE (Philippe), théologien anglais non conformiste, né à Londres en 1702, mort à Lisbonne en 1751, se consacrait à l'éducation et travailla surtout pour l'enfance. Ses principaux ouvrages sont : Sermons sur l'éducation des enfants, 1732; Sermons aux jeunes gens, 1735 ; VInterprète des familles, paraphrase de l'Écriture, 1739-56; la Naissance et les progrès de la religion dansl'dme, 1754; Lectures sur différents sujets, 1763, et un recueil d'Hymnes, remarquables par le sentiment et par une poésie facile. La plupart de ses ê>,rits ont été trad. en français.
  • DODE oe la brunerie (Guillaume), maréchal de France, né en 1775, mort en 1851, était fils d'un notaire de Geoire (Isère). Officier du génie, il fit les campagnes d'Egypte, d'Allemagne, d'Espagne, dirigea les sièges de Saragosse (1809) et de Badajoz (1810), s'enferma dans Glogau après le désastre de Russie et s'y maintint jusqu'à la paix, commanda le génie dans l'expédition d'Espagne en 1823, emporta le Trocadéro, assiégea Cadix, et fut à son retour créé pair de France et vicomte. Nommé en 1840 président du conseil des fortifications, il 'eut en cette qualité à diriger la construction des fortifications de Paris, et acheva en cinq années cette œuvre immense : il reçut en récompense le bâton de maréchal (1847). Doâe a rédigé les travaux de siège dans l'Expédition d'Egypte et a publié un Précis des opérations devant Cadix.
  • DODÉCARCHIE, gouvernement des douze rois qui se partageaient l'Egypte vers l'an 680 av. J.-C. La do-décarchie ne dura qu'environ 18 ans.
  • DODOENS (Rembert), Dodonxus, savant hollandais, né dans la Frise en 1517, mort àLeyde en 1585, cultiva avec succès l'astronomie, la médecine et surtout la botanique, et devint médecin des empereurs Maximilien II et Rodolphe II. On distingue dans le nombre de ses ouvrages : Frumentorum et legumi-numhistoria, Anvers, 1566; Florumhistoria, 1568; Purgantium, radicum et herbarum hisloria, 1574; Stirpium hisloria, 1576, ouvrage qui résume tous ses travaux et qui'a été traduit par L'Écluse, sous le titre d'Histoire des plantes; Historia vitis, 1580. Il travailla en commun avec L'Ecluse et Lobel.
  • DODONE, Dodona (auj. Heloni-Mon ou Gardiki, auN. de Janina), v. d'Épire, en Chaonie, sur les confins de la Thesprotie, au pied du Tomarus, au milieu de vastes forêts, était le sanctuaire du culte pélasgique, et avait un oracle de Jupiter, l'un des plus' célèbres comme des plus anciens de la Grèce. Les prophéties étaient rendues par un chêne, nommé l'arbre fatidique : la prêtresse interprétait tantôt le bruissement des branches, tantôt le son rendu par des vases de cuivre suspendus à l'arbre sacré, tantôt le chant des colombes cachées dans son feuillage ou le murmure d'une source voisine.
  • DODSLEY (Robert), littérateur et libraire anglais, né en 1703 à Mansfield (Nottinghamshire), mort en 1764, fut d'abord laquais et commença à se faire connaître par un petit recueil en vers intitulé : la Muse en livrée, qui lui concilia l'estime de Pope. On a de lui en outre : la Boutique de bijoux,, comédie satirique, 1735, trad. en 1767; le Roi et le Meunier de Mansfield, 17-36, farce qui eut un grand succès (trad. avec d'autres pièces par Patu, 1756); Cléone, tragédie, 1758; l'Économie de la vie humaine ou le Bramine inspiré, 1748, traité de morale en style oriental (plusieurs fois trad., notamment par Des-tournelles, 1812), et des Fables en vers qui ont été aussi traduites, il publia à partir de 1758 VAnnual Register, qui est le type de nos annuaires historiques.
DOGE                        — 540 —                       DOLA.
  • DODWELL (Henri), savant philologue, né à Dublin en 1641, mort en 1711, se livra avec ardeur aux sciences ecclésiastiques, quoiqu'il fût laïque. Il se lia étroitement avec Lloyd, évêque de St-Asaph, et fut nommé en 1688 professeur d'histoire, à Oxford;mais il se fit destituer pour avoir refusé le serment d'allégeance : il écrivit à cette occasion un pamphlet qu'il intitula Non-jurors (1701). On a de lui de savantes dissertations sur S. Cyprien, S. Irénée, Sanchonia-thon; des notes sur Velléius Paterculus, Xénophon, Denys d'Halicarnasse; une belle éd. des Petits Géographes grecs, Oxford, 1698; un traité estimé de chronologie : Beveterïbus GrxcorumRomanorumque cyclis, Oxf., 1703 ; mais il est surtout connu par des opinions singulières qui l'engagèrent dans de vives disputes avec Clarke, Norris, Baxter, Burnet : il soutenait, entre autres paradoxes, quel'âme est mortelle de sa nature et que l'immortalité ne lui est conférée que par un don de Dieu et, depuis les Apôtres, par le ministère des êvêques ; que les quatre Evangiles avaient été rédigés du temps de Trajan, etc. — Son fils aîné, Henri D., publia en 1742 le Christianisme non fondé en preuves, pamphlet anonyme, où il attaquait la révélation, tout en affectant du zèle pour le Christianisme.W. D., frère du préc, 1709-88, entra dans le clergé anglican et devint archidiacre de Berks. On a de lui une £i'bre réponse aux Libres recherches du docteur Middleton, et un grand nombre de Sermons, dont un contre le livre de son frère, le Christianisme non fondé.Edouard D., 1737-1832, s'est fait connaître comme antiquaire. On a de lui : Classical tour in Greece, 1819, et Tues et description des constructions cyclopéennes de la Grèce et de VItalie, avec un texte franc., Paris, 1834, ouvrages très-estimés.
  • DOEBEREINER (J. Wolfgang), chimiste, né en 1780 àHof (Bavière), mort en 1849, enseigna àpar-tir de 1810 la chimie à l'Université d'Iéna. On lui doit, entre autres découvertes, celle des chlorures alcalins, des propriétés désinfectantes du charbon, des procédés propres à extraire la soude du sel de Glauber, de la singulière propriété qu'a le platine à l'état spongieux d'enflammer l'hydrogène au contact de l'air, propriété qu'il appliqua à la construction de briquets , de veilleuses et d'eudiomètres de platine. Il a laissé, outre de nombreux mémoires, des Éléments de chimie pharmaceutique, Iéna, 1819; des Essais de chimie pneumatique, 1821, et des Principes de chimie générale, 1826.
  • DOERING (Wilh. Asmus), poète allemand, né en 1789 à Cassel (Hesse), mort en 1833. On a de lui 2 drames : Cervantes, 1809, et Albert le Sage, 1825 ; 4 tragédies : Posa et le Fidèle Ecfcer(,1822; Zénobie, 1823; le Secret du tombeau, 1824; plusieurs opéras, plusieurs romans etdes nouvelles en prose et en vers : c'est dans ce dernier genre qu'il réussit le mieux. 11 fournit ua grand nombre d'articles aux journaux littéraires de l'Allemagne, et fonda lui-même deux journaux, l'Iris, en 1816, et le Kaléidoscope, en 1819.
  • DOES (van der). Y. nousA et van der iioes.
  • DOESBURG, v. forte de Hollande (Gueldre), à 13 k. S. de Zutphen, au confluent des deux Yssel; 2400 h. Prise par Louis XIV en 1672.
  • DOFRINES, dites aussi Alpes Scandinaves, chaîne de mont, qui traverse dans toute sa longueur la péninsule Scandinave en séparant la Norvège de la Suède, et en formant la ligne de partage des eaux entre fa Baltique et la mer du Nord. Son point culminant, le Sneehaettan (Bonnet de neige), a 2500". Les Doîrines sont les mont. les plus riches de l'Europe en mines de fer et de cuivre. On y trouve aussi du plomb, de l'arsenic, 'du cobalt et de l'argent.
  • DOGADO (c-à-d. État du doge), anc prov. de l'Ë-tat de Venise, entre la Polésine au S., le Padouan à l'O., le Trévisan au N., et l'Adriatique à l'E., comprenait les nombreux îlots qui formentlav.de Venise, plus Giudeca, St-George, St-Rasmo, Malamocco, et un peu de terre ferme. Venise en était le ch.-lieu.
  • DOGES. On appelait ainsi le premier magistrat de plusieurs républiques italiennes, particulièrement de Venise et de Gênes. A Venise, le doge avait pour attributions principales : de décider la guerre ou la paix, de commander les armées, de nommer aux fonctions civiles et ecclésiastiques, de présider le sénat: mais il De pouvait.prendreaucune résolution sans l'assentiment du Conseil des Dix. La monnaie était frappée au nom du doge, mais non à ses armes; il ne pouvait choisir une épouse ailleurs qu'à Venise. En entrant en charge il se fiançait avec la mer Adriatique, usage qui faisait sans doute allusion à l'empire que Venise avait sur les mers. Le l"doge fut Pauluoci Anafesto (697), et le dernier, Ludovico Marini, qui était en exercice lorsque la république de Venise fut conguise par les armes françaises (1797). Les doges vénitien